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Mariage des Marocains à l'Étranger : Guide

Le document traite des procédures et du cadre juridique du mariage pour les Marocains résidant à l'étranger, en se basant sur le Code de la famille de 2004. Il aborde les conditions de forme et les formalités administratives nécessaires pour que le mariage soit reconnu au Maroc, ainsi que les exigences d'enregistrement et de vérification par les autorités compétentes. Les nouvelles dispositions visent à faciliter la reconnaissance des mariages tout en renforçant le contrôle administratif sur les actes de mariage.

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Mariage des Marocains à l'Étranger : Guide

Le document traite des procédures et du cadre juridique du mariage pour les Marocains résidant à l'étranger, en se basant sur le Code de la famille de 2004. Il aborde les conditions de forme et les formalités administratives nécessaires pour que le mariage soit reconnu au Maroc, ainsi que les exigences d'enregistrement et de vérification par les autorités compétentes. Les nouvelles dispositions visent à faciliter la reconnaissance des mariages tout en renforçant le contrôle administratif sur les actes de mariage.

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LA PROCÉDURE DU MARIAGE

RELATIVE AUX MAROCAINS


RÉSIDENTS À L’ÉTRANGER
PLAN :

INTRODUCTION
I-le cadre juridique du mariage des Marocains résidant à l'étranger
A-Le mariage (civil) des ressortissants marocains résidant à l'étranger (articles
14 et 15 du code de la famille )
B- Les conditions de forme du mariage (articles 16 et 17 du code de la famille)

II- Les formalités administratives et les procédures préalables au mariage


A- Constitution du dossier de mariage et vérification par le juge (articles 65 et
66 du code de la famille)
B-Enregistrement et mentions obligatoires de l'acte de mariage (articles 67 à
69 du code de la famille)
Conclusion
INTRODUCTION
Les relations familiales sont régies actuellement au Maroc par le nouveau Code de la
famille du 3 février 2004. Ce code a remplacé l'ancienne Moudawwana de la fin des
années 1950 (1957-58) qui avait soulevé nombre de critiques depuis son entrée en
vigueur. La nouvelle Moudawwana prévoit également plusieurs dispositions qui
s'adressent plus en particulier aux ressortissants marocains qui résident à l'étranger
(MRE) et cherchent à régler certains aspects spécifiques de leur vie de famille.
L’ouverture des frontières et l’augmentation des déplacements ont intensifié les flux
migratoires et encouragé la croissance des mariages mixtes. De nombreux Marocains
Résidant à l’Étranger (MRE) ont acquis la nationalité de leur pays d’accueil, rendant plus
complexe l’application du principe de personnalité du droit, qui exige que les tribunaux
appliquent les lois propres à chaque individu, quel que soit son lieu de résidence. Ces
évolutions ont amplifié les difficultés autour du mariage, de la filiation, de la répudiation
et de la polygamie, tandis que les solutions traditionnelles du droit international privé
sont devenues inadaptées
Avec l’aggravation des inégalités entre le Nord et le Sud, les règles d’application des lois
ont été réajustées au profit des pays les plus influents. Le mariage musulman a fait
l’objet de nombreuses définitions dont l’unanimité s’est établie autour de son caractère
consensuel. Le mariage est un contrat civil doté d’une grande valeur religieuse, sans
constituer pour autant un sacre, dans la mesure où il est dissoluble, même si cela reste
la chose licite la plus détestable. Le nouveau code de la famille définit le mariage (art 4),
comme étant un pacte fondé sur le consentement mutuel et une union légale et
durable entre un homme et une femme, pour vivre dans la fidélité, la pureté et fonder
une famille sous la direction des deux époux .Lorsque deux marocains se marient à
l’étranger, leur contrat de mariage doit réunir toutes les conditions de fond et de forme
auquel se contrat est soumis au Maroc. Ce qui veut dire qu’il doit être conforme à la
Moudawana en ce qui concerne le mariage des marocains musulmans et au statut
personnel hébraïque en ce qui concerne les juifs marocains. Ainsi selon l’article 2 du
code de la famille : « Les dispositions du présent Code s’appliquent : 1- A tous les
marocains même ceux portant une autre nationalité, 2- Aux réfugiés y compris les
apatrides, 3- à toute relation entre deux personnes lorsque l’une d'elles est
marocaine ,4- à toute relation entre deux personnes de nationalité marocaine lorsque
l’une d'elles est musulmane. Les Marocains de confession juive sont soumis aux règles
du statut personnel hébraïque marocain. »
À cet égard, Quel est le cadre juridique du mariage des Marocains résidant à
l'étranger ? Quelles sont les formalités administratives et les procédures
préalables au mariage ?
Nous verrons dans une première partie le cadre juridique du mariage des
Marocains résidant à l'étranger(I) , puis nous aborderons dans une seconde
partie les formalités administratives et les procédures préalables au
mariage(II) ?
I-le cadre juridique du mariage des Marocains résidant à
l'étranger
A-Le mariage (civil) des ressortissants marocains résidant à l'étranger
(articles 14 et 15 du code de la famille )
Avant l’adoption du code de la famille, les marocains résidant à l’étranger
célébraient leur mariage devant les autorités consulaires et diplomatiques
marocaines, investis de la fonction « d’adel », par un arrêté conjoint du Ministre de la
justice et celui des affaires étrangères, en vertu du décret du 29 janvier 1970. La seule
célébration des marocains devant les autorités civiles du pays d’accueil serait vicié au
regard du Droit marocain. Aussi, le mariage des marocains résidents à l’étranger sous
le code de statut personnel consistait-il en une double célébration du mariage.
Le nouveau code de la famille reconnaît la forme civile des mariages conclus à
l’étranger . On assiste à un certain assouplissement de la procédure et à une
consécration de la règle soumettant l’acte juridique, quant à sa forme à la loi du lieu
où il a été établi.
.
Le législateur n’a pas omis les Marocains résidents à l’étranger et dont il admet qu’ils
puissent conclure le mariage < conformément aux procédures administratives de leur
pays de résidence > (art.14) .Mais pour que ce mariage soit valable au Maroc (entre les
parties ) et opposable aux tiers dans ce pays, il devient nécessaire de :
1- remplir les conditions prévues à l’article 13 et qui sont les conditions de fond du
mariage en droit marocain, à savoir : l’échange des consentements, dix-huit ans de
majorité matrimoniale des futures époux , la présence d’un tuteur matrimonial en cas de
besoin, l’absence d’empêchement au mariage , l’inexistence de clause excluant la dot , la
présence de deux témoins musulmans au moment de la conclusion de l’acte, et, si l’un
des fiancés a moins de 18 ans révolus, le consentement du tuteur, conformément à
l’article 21
2- déposer une copie de l’acte de mariage aux services consulaires marocains dont relève
le lieu de la conclusion du mariage, et ce, dans un délai de trois mois, à compter de la
date de l’acte.
À défaut de ces services , envoyer une copie de l’acte de mariage , dans le même
délai, au ministère des affaires étrangères à Rabat. le législateur laisse à ce ministère
le soin de faire parvenir la copie en question à l'officier d'état civil et au service de la
justice de famille du lieu de naissance de chacun des époux .Il faudrait ajouter que
si le Marocain est résident dans un pays non francophone, l'acte doit à tout le moins
être traduit en français.
Si l'un des époux ou les deux époux n'ont pas leur lieu de naissance au Maroc, la
copie est envoyée (par le ministère des affaires étrangères) au service de la justice
de famille à Rabat et au procureur du Roi près le Tribunal de Premier instance de
Rabat.
Cet ensemble de mesures, destinées en toute bonne foi à aider les marocains
résidents à l'étranger à faire reconnaître leur mariage au Maroc, va sans doute,
outre compliquer l'existence à certains, même sur le très long terme, desservir les
intérêts du Maroc.
B- Les conditions de forme du mariage (articles 16 et 17 du code de la
famille)
Selon l’article 16 du code de la famille « Le document portant acte de mariage
constitue le moyen de preuve dudit mariage. Lorsque des raisons impérieuses ont
empêché l’établissement du document de l’acte de mariage en temps opportun, le
tribunal admet, lors d’une action en reconnaissance de mariage, tous les moyens de
preuve ainsi que le recours à l’expertise. Le tribunal prend en considération,
lorsqu’il connaît d’une action en reconnaissance de mariage, l’existence d’enfants
ou de grossesse issus de la relation conjugale et que l’action a été introduite du
vivant des deux époux. L’action en reconnaissance de mariage est recevable
pendant une période transitoire ne dépassant pas cinq ans, à compter de la date
d’entrée en vigueur de la présente loi ».
L’article 17 dispose : « le mariage est conclu en présence des parties contractantes. Toutefois,
une procuration peut être donnée à cet effet, sur autorisation du juge de la famille chargé du
mariage, selon les conditions suivantes : 1) l’existence de circonstances particulières empêchant
le mandant de conclure le mariage en personne ; 2) le mandat doit être établi sous la forme
authentique ou sous-seing privé avec la signature légalisée du mandant ; 3) le mandataire doit
être majeur, jouir de sa pleine capacité civile et réunir les conditions de tutelle au cas où il
serait mandaté par le tuteur matrimonial (Wali) ; 4) le mandant doit indiquer dans le mandat le
nom de l’autre époux, son signalement et les renseignements relatifs à son identité, ainsi que
tout renseignement qu’il juge utile de mentionner ; 5) le mandat doit mentionner le montant
du Sadaq (la dot) et en préciser, le cas échéant, ce qui doit être versé d’avance ou à terme. Le
mandant peut fixer les conditions qu’il désire introduire dans l’acte et les conditions de l’autre
partie, acceptées par lui ; 6) le mandat est visé par le juge de la famille précité, après qu’il se
soit assuré de sa conformité aux conditions requises. »
Il est encore une autre série de dispositions qui illustrent la volonté du
codificateur marocain de ne pas perdre le contrôle sur la vie de famille que
mènent les MRE. Il s'agit des dispositions inscrites aux articles 65 à 69 du
nouveau code régulant les formalités administratives et les procédures
préalables au mariage.
II- Les formalités administratives et les procédures préalables au
mariage
A- Constitution du dossier de mariage et vérification par le juge (articles 65
et 66 du code de la famille)
Le nouveau Code de la famille marocain prévoit pour tout acte de mariage
contracté par des ressortissants marocains la constitution d'un dossier. La création du
dossier de mariage semble traduire de la part du législateur marocain un souci de
précision dans l'établissement de l'acte de mariage et la conservation sous contrôle judiciaire
des documents y afférent. L'article 65 prévoit effectivement la création d'un dossier de l'acte de
mariage qui doit être visé par le juge, avant l'octroi de l'autorisation de consigner l'acte. Les dossiers
de mariage seront désormais conservés aux greffes des juridictions de la famille du lieu de la
célébration du mariage. Chaque dossier doit contenir les documents précisés à l'article 65. Il s'agit,
entre autres, d'un extrait des deux actes de naissance ; d'un certificat médical pour chacun des deux
futurs époux, d'une autorisation de mariage dans le cas de mariage avant l'âge légal, de polygamie,
ou de mariages de convertis à l'islam ou d'étrangers (article 65, 5°) ; d'un certificat de capacité pour
les étrangers (article 65, 6°). Il appartient au juge de la famille compétent pour autoriser les adoul à
consigner le mariage de vérifier préalablement les documents qui composeront le dossier.
Les formalités administratives préalables au mariage, et qui désormais sont
obligatoires pour tous les fiancés, peuvent paraître lourdes. Le but semble clair : il
devrait dorénavant être très difficile pour un ressortissant marocain de frauder en
matière d'état matrimonial. L'enregistrement des actes de mariage (et de
dissolution du mariage) a pour but notamment de permettre aux administrations et
instances judiciaires compétentes au Maroc de connaître avec certitude l'état civil
d'une personne. C'est du moins l'ambition. Cette ambition n'aboutira qu'à la
condition que les services de l'état civil soient opérationnels sur l'ensemble du
territoire du Royaume du Maroc et effectivement accessibles. Une autre forme de
contrôle est l'obligation pour les adoul (témoins notaires) de consigner dans l'acte
de mariage la déclaration de chacun des fiancés précisant s'il a déjà été marié ou
non (article 65). Dans l'hypothèse où un mariage antérieur aurait été contracté, la
déclaration doit être accompagnée de documents « justifiant la situation légale à
l'égard de l'acte à accomplir » (article 65, in fine). Enfin, il est également prévu que
les fraudes seront sévèrement punies (article 66) ; l'époux lésé a le droit de
demander la dissolution du mariage, avec une compensation pour le préjudice subi
(article 66, in fine).
B-Enregistrement et mentions obligatoires de l'acte de mariage (articles 67 à
69 du code de la famille)
L'article 67 précise les mentions qui, obligatoirement, figureront sur l'acte de mariage.
Il doit comporter : 1) la mention de l'autorisation du juge, le numéro de celle-ci et sa
date ainsi que le numéro d’ordre du dossier contenant les pièces fournies pour le
mariage et le tribunal près duquel il est déposé ; 2) les nom et prénom des deux époux,
le domicile ou le lieu de résidence de chacun d'eux, le lieu et la date de naissance, les
numéros de leur carte d’identité nationale ou ce qui en tient lieu et leur nationalité ; - 3)
le nom et le prénom du tuteur matrimonial (Wali) , le cas échéant ; 4) le consentement
mutuel des deux contractants jouissant de la capacité, du discernement et de la liberté
de choix ; 5) en cas de procuration donnée pour conclure un mariage, le nom du
mandataire, le numéro de sa carte d’identité nationale et la date et le lieu
d’établissement de cette procuration ;
6) la mention de la situation juridique de celui ou celle ayant déjà contracté un
mariage ; 7) le montant du Sadaq lorsqu’il est fixé, en précisant la part versée à
l’avance et celle à terme, et si sa perception a eu lieu devant les adoul ou par
reconnaissance ; 8) les conditions convenues entre les deux parties ; 9) les
signatures des époux et du Wali, le cas échéant ; 10) les nom et prénom des
adoul et la signature de chacun d'eux et la date à laquelle ils en ont pris acte ;
11) l’homologation du juge, avec l’apposition de son sceau sur l’acte de mariage.
La liste des documents constitutifs du dossier de l'acte de mariage, ainsi que son
contenu, peuvent être modifiés et complétés par arrêté du ministre de la justice
L'original est remis à l'épouse, une copie à l'époux. Le code sur ce dernier point
reconduit l'ancien article 43.
Ces dispositions destinées à renforcer le contrôle des formalités de mariage auront des
effets positifs en droit international privé puisqu'elles faciliteront la reconnaissance des
actes de mariage. Reste à voir comment les nouvelles dispositions sur les formalités
administratives préalables au mariage seront appliquées dans le cas de (re)mariages
impliquant des MRE. Il ne fait pas de doute qu'à moyen terme le contrôle administratif
renforcé au Maroc en matière d'établissement de l'acte de mariage facilitera, également
en Europe, dans le cas de mariages civils de MRE, l'examen des conditions de fond, pour
chacun des fiancés, avant de leur donner permission de contracter mariage. Cela vaut
notamment dans le cas de MRE qui doivent se faire procurer au Maroc un extrait de leur
acte de naissance ou, le cas échéant, la preuve de l'enregistrement d'un acte de divorce.
Selon l’article 68 du code de la famille : « Le libellé de l’acte de mariage est
transcrit sur le registre tenu à cet effet, à la section de la justice de la famille.
Un extrait en est adressé à l’officier d’état civil du lieu de naissance des époux,
accompagné d’un certificat de remise et ce, dans un délai de 15 jours courant à
compter de la date d’homologation de l’acte de mariage par le juge. Toutefois,
si l’un des deux époux ou les deux à la fois ne sont pas nés au Maroc, l’extrait
est transmis au procureur du Roi près le tribunal de première instance de
Rabat. L’officier d’état civil est tenu de porter toutes les mentions de l’extrait, en
marge de l’acte de naissance de chacun des époux. La forme, le contenu du
registre prévu au premier alinéa ci-dessus, ainsi que les mentions précitées,
sont fixés par arrêté du ministre de la justice. »
Conclusion
À la lumière de notre analyse, le cadre législatif entourant le mariage civil des
ressortissants marocains résidant à l’étranger, instauré par le Code de la famille,
représente une avancée notable vers une reconnaissance légale plus inclusive
et accessible. Bien que les nouvelles dispositions facilitent les procédures tout
en imposant des exigences pour garantir la validité des mariages au Maroc,
elles peuvent également introduire des complexités administratives. L’efficacité
de cette législation dépendra de sa mise en œuvre pratique, visant à protéger
les droits des individus tout en renforçant la confiance dans le système
juridique marocain.
BIBLIOGRAPHIE :
Code de la famille marocain (la Moudawana) (art :2 ,14,15,16,17,65,66,67,68,69)
[Link] Mounir la Moudawana le nouveau droit de la famille au Maroc, Marsam, Najah Al Jadida, 2005, P.42-43
[Link]-Claire Foblets, Professeur à la Katholieke Universiteit,[Link] Loukiliv, Professeur à la Faculté de
droit de Leuven ,Rabat, [Link] et divorce dans le nouveau Code marocain de la famille:Quelles
implications pour les Marocains en Europe? Revue critique de droit international privé 2006,[Link]
M .Oufaa Essalhi ,Droit International Privé ,P.4-5
[Link] Ayoubi Idrissi,Cours « Droit de la famille » ,mis à jours,2019-2020.P30-31
La loi n° 37-99 relative à l'état civil, promulguée par le Dahir n° 1-02-239 du 3 octobre 2002 (Bulletin officiel, 7
novembre 2002) et le décret d'application n° 2-99-665 du 9 octobre 2002 (Bulletin officiel, 7 novembre 2002)
Fondation Hassan II pour les Marocains Résidant à L'Étranger, Déclaration du Mariage, MRE pensez-y, 28 mars
2013
La circulaire du 13 avril 2004 du ministère de la Justice marocain
[Link]
[Link]

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