EHS DRID HOCINE « KOUBA »
Service de pédopsychiatrie
Le développement psycho-affectif
selon WINNICOTT
Réalisé par: Dr. TIFOUR
Sous la supervision de: Dr. KRIKA
PLAN:
I. Introduction.
[Link].
III. Le fonctionnement de l’environnement.
IV. L’évolution de la relation mère/enfant.
V. Le processus de maturation.
VI. Conclusion.
VII .Bibliographie .
I/ Introduction
Le développement de l’enfant est un processus complexe et continu
qui comprend des aspects moteurs, cognitifs, affectifs et langagiers
C’est un ensemble de transformations progressives, influencées à la
fois par des facteurs biologiques, psychologiques et
environnementaux
Winnicott étudie le développement affectif de l’enfant en se référant à
sa relation avec l’environnement
Il évoque que le développement de l’enfant dépend de la qualité de
l’environnement en particulier de la relation avec la mère
Estime que «le potentiel inné d’un enfant ne peut devenir un enfant
que s’il est couplé à des soins maternels»
II/ Biographie
•[Link] est un pédiatre et psychanalyste anglais né à plymouth en
1896, et mort à Londres en 1971
•Il a commencé ces études médicales en 1914
•Après une formation médicale, il devient, en 1923, chef de service de
l'hôpital d'enfants de « Paddington Green », à Londres, où il exercera
pendant quarante ans.
•Il entreprit, la même année une longue analyse personnelle, qui dura 10 ans,
avec James Strachey, le traducteur anglais de Freud.
•WINNICOTT fit ensuite des supervisions, avec Mélanie Klein en 1935
•En 1927 il devient membre de la « Société psychanalytique britannique »
mais il ne rallia ni le groupe des kleiniens ni celui des freudiens orthodoxes
réunis autour d'Anna Freud.
•WINNICOTT rejoindra le « Middle Group », un «troisième groupe
caractérisé par son éclectisme et une démarche plus empirique que
dogmatique, un groupe qui refusa de s'inféoder aux deux groupes opposés des
Kleiniens et des Anna Freudiens
III/ Le fonctionnement de
l’environnement:
1/La préoccupation maternelle primaire (PMP):
Winnicott définit cet état en terme de « maladie normale» permettant à
la mère d’atteindre progressivement un degré de sensibilité accrue qui
dure pendant les premières semaines qui suivent la naissance.
Cela suppose donc de la part d’une femme qui à un nouveau né d’avoir
le désir et la capacité de se détacher de certains de ses intérêts
personnels afin de les diriger sur l’enfant.
2/La mère: fonction de miroir:
La mère joue un rôle de miroir pour l’enfant: il s’agit de la fonction de
support que le Moi de la mère assure auprès du Moi de l’enfant.
Quand le bébé au sein regarde le visage de la mère, il se voit en quelque sorte
« en reflet » dans le visage maternel, cela correspond au stade de
l’identification primaire,
Un bébé se reconnait dans le regard aimant et attentionné de sa mère, si
cette dernière est occupée par autre chose ou son regard est vide la
perception du moi de l’enfant sera perturbée ;
L’expérience que l’enfant est en train de vivre se répétera et prendra de
plus en plus de sens, passant progressivement d’une dimension
symbolique au sentiment de réalité.
3/la mère suffisamment bonne:
La mère, après avoir été très investie dans les besoins de l’enfant, va
permettre à l’enfant à s’autonomiser , se retire progressivement en
reprenant ses investissements personnels,
Elle peut le faire attendre, ce qui lui permet de faire l’expérience de la
frustration, et découvre que la réalité externe ne se plie pas entièrement à
son désir
C’est un moment clé du développement psychique
4/ Les trois perspectives dans lesquelles l’environnement doit intervenir :
a. Le Holding :
Le portage de l’enfant sur le plan psychique et physique (la façon de le
porter).
b. Le Handling :
les différents soins apportés par la mère (changer, laver, toucher..), et La
manipulation du corps du bébé.
c. L’objet presenting :
C’est la capacité de la mère de mettre à la disposition de son bébé l’objet au
moment précis où celui-ci en a besoin---- ni trop tard ni trop tôt de telle sorte
que l’enfant a le sentiment tout puissant d’avoir créé l’objet
IV/ L’évolution de la
relation mère/enfant
1. La phase de dépendance absolue :
elle correspond aux cinq premiers mois. À ce stade l’enfant est en fusion
avec sa mère, et plus celle-ci comprend exactement les besoins de son
enfant, mieux cela vaut.
2. La phase de «dépendance relative»:
elle s’étend entre le sixième mois et la fin de la première année; C’est au
cours de cette période que l’enfant se différencie progressivement de sa
mère il ne s’attend plus à une compréhension et à une satisfaction magique
de ses besoins par la mère; il devient capable d’établir une relation
objectale et de ce fait c’est à lui de donner un signal pour appeler sa mère
3. La troisième phase: au début de la deuxième année, l’enfant évolue
petit à petit vers l’indépendance.
Il affronte progressivement le monde et s’identifie à la société.
Parallèlement se développe la socialisation et l’acquisition du sens social.
V/ Le processus de
maturation
1. L’intégration de Moi:
a. La première organisation du moi:
Au départ en fusion avec sa mère, le nourrisson perçoit des objets subjectifs
(comme le sein) comme faisant parti de lui-même.
Lorsque la mère satisfait suffisamment les besoins du nourrisson crée une
illusion d’omnipotence.
La répétition de ces expériences donne à l’enfant un sentiment d’exister,
l’enfant manifeste un geste qui exprime une pulsion spontanée et chaque fois
que la mère répond à ce geste de façon immédiate et parfaite ,elle donne à
l’enfant le sentiment qu’il crée lui-même l’objet de satisfaction et donne de la
force à son Moi faible.
b. La constitution du self:
Définition du self:
Pour Winnicott : « le self » désigne le moi mature unifié et différencié de
l’environnement.
Il émerge après cinq mois; lorsque l’enfant passe de la fusion (objet
subjectif) à la perception de l’objet objectif (reconnaissance de l’autre
comme séparé).
c. Le faux self:
Provient du fait que la mère au stade primitif de non intégration primaire
n’est pas capable de rendre effective l’omnipotence du nourrisson et qu’elle
lui fait tout le temps défaut au lieu de répondre à son geste
À la place du besoin du nourrisson, elle substitue le sien propre ,ce qui
implique de la part du nourrisson une attitude de soumission.
Cette soumission est le tout premier stade du «faux-self».
Il y ’a tous les degrés possibles de ce fonctionnement:
le «faux-self» dit «physiologique» ou «normal» :Le vrai «self»
évolue, protégé par un «faux-self» qui se soumet aux exigences de
l’environnement;
Dans ce cas, le «faux-self» exerce une fonction défensive pour
protéger le vrai «self»; et il n’est rien de plus qu’une conduite sociale
acquise et une adaptation par compromis.
2. L’interrelation psychosomatique ou la personnalisation:
a. La personnalisation:
C’est le processus psychosomatique par lequel le Moi se fonde sur un Moi
corporel
Le handling et les expériences instinctuelles établissent le sentiment que l’on
a de sa personne dans son corps (aident l’enfant à habiter son corps).
Aident aussi à élaborer une représentation imaginaire des parties du corps et
leur fonction.
L’enfant apprend à distinguer intérieur ( Moi/ dedans) et extérieur (dehors / le
monde).
b. L’esprit et l’association psychosomatique:
• l’esprit s’élabore au fur et à mesure à partir de la partie psychique du
psyché-soma, en liaison étroite avec l’apport de l’environnement : C’est la
constitution de l’élaboration mentale.
• À la phase de dépendance absolue, l’enfant jouit de l’expérience de
l’illusion qu’il a créé l’objet désiré; cet objet désiré est un fantasme qui a sa
correspondance dans le corps et qui apparaît dès le départ;
• c’est l’illusion du contrôle omnipotent qui est l’élément fondamental dans
la maturation du fonctionnement mental; elle est à l’origine de l’activité de
penser.
• Entre 6 mois et 2 ans, grâce à la quantité suffisante d’illusion qui a été
vécue, le nourrisson peut alors utiliser les objets extérieurs pour fantasmer,
en hallucinant la réalisation de son besoin par l’intermédiaire d’une activité
auto-érotique quelconque.
• Ainsi au stade de la dépendance relative, l’activité mentale de
l’enfant permet de pallier les déficiences de sa mère en transformant un
manque relatif d’adaptation en une adaptation réussie.
• À ce stade les frustrations brèves sont donc nécessaires car elles stimulent
le développement du fonctionnement mental venant en partie remplacer
la bonne mère.
3. Relation d’objet:
La manière dont la mère et l’environnement proposent le monde à l’enfant
détermine l’établissement de la relation d’objet qui se fait à travers deux
schémas: le phénomène transitionnel et l’agressivité.
a. le phénomène transitionnel et l’objet transitionnel:
Il s’agit d’un objet qui fait le lien entre le corps de la mère le corps du bébé et
le monde extérieur.
Il vient se placer en tant que substitut de la mère.
L’enfant l’investit selon Winnicott entre 4 et 12 mois mais un investissement
tardif est possible
Cet objet peut avoir des formes diverses : couverture, vêtements de la mère,
Peluche, poupée
Les différentes fonctions de l’objet transitionnel:
1)Rassure l’enfant lors des moments de separation avec la figure
maternelle.
2)Une fonction symbolique
3)Il assure la transition entre le monde intérieur de l’enfant et le monde
des objets externes;
b. L’agressivité:
L’enfant a un certain potentiel inné de motricité primitive et d’agressivité
variable selon les enfants.
Il considère que le comportement agressif est presque synonyme d’activité.
L’agressivité selon Winnicott est une force vitale une énergie pulsionnelle
qui se manifeste dès les premiers mois
C’est un moyen de tester l’objet ,de s’affirmer et d’exister comme sujet
distinct et de mettre à l’épreuve l’environnement
c. La perception de l’objet conduit à l’utilisation de l’objet:
Pour passer de la relation d’objet à l’utilisation de l’objet il faut que l’enfant
détermine l’objet.
Si l’enfant attaque l’objet et ce dernier survit à cette agression sans
appliquer de représailles, l’enfant émerge de fonctionnement primaire et
peut exister en tant que tel.
La qualité «d’être toujours entrain d’être détruit » établit la constance de
l’objet et celui-ci peut être utilisé.
Dans cette perspective Winnicott souligne l’importance capitale du rôle de
la mère qui doit tolérer l’impulsion effective de son nourrisson à détruire, et
survivre aux attaques répétées pour que la destruction soit aisément
surmontée
4/La capacité être seul:
• cette notion est l’un des signes les plus important d’une maturation réussie
et pourrait presque être synonyme de maturité affective.
• Apparait comme un phénomène des premiers moments de la vie.
Elle prend source à partir de l'expérience d’ être seul en tant que nourrisson
et petit enfant
• A ce stade la continuité d’existence de la mère est indispensable et la
sécurité qu’elle offre rend possible une expérience positive de solitude
pour un temps limité.
Plus tard l’enfant progresse vers l’indépendance et ça lorsque le Moi a mûri,
c’est-à-dire à peu près vers 6 mois, l’enfant arrive à un stade où il intériorise
cette mère, support du Moi, ce qui lui permet d’être effectivement seul sans
recourir à tout moment à la mère ou au symbole maternel
VI. Conclusion.
Donald Winnicott a apporté des notions importantes pour la compréhension
du développement de l’enfant.
Ces notions rappellent que le développement affectif de l’enfant ne se
résume pas à une organisation intrapsychique, mais qu’il se joue avant tout
dans la relation, dans l’aire transitionnelle, entre dedans et dehors, entre
l’enfant et l’environnement
« le fondement de la santé mentale est dans l’expérience vécue d’un
environnement maternel suffisamment bon »
VII .Bibliographie