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Indicateurs clés de la macroéconomie

Le document présente les principaux indicateurs de la macroéconomie, notamment le PIB, le RNB et le RNBD, ainsi que leurs méthodes de calcul et leur importance pour évaluer la performance économique d'un pays. Il aborde également les différences entre le PIB et le RNB, ainsi que des concepts comme l'épargne nationale brute et la balance des paiements. Enfin, il introduit des notions d'équilibre macroéconomique keynésien et les modèles économiques associés.

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Indicateurs clés de la macroéconomie

Le document présente les principaux indicateurs de la macroéconomie, notamment le PIB, le RNB et le RNBD, ainsi que leurs méthodes de calcul et leur importance pour évaluer la performance économique d'un pays. Il aborde également les différences entre le PIB et le RNB, ainsi que des concepts comme l'épargne nationale brute et la balance des paiements. Enfin, il introduit des notions d'équilibre macroéconomique keynésien et les modèles économiques associés.

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Macroéconomie II Partie 1

Section : A

Responsable de la Matière : Pr. OUAHKKI GHIZLANE


Chargé de TD : M. NAMRI TAHA

Année universitaire: 2024- 2025


I. Les indicateurs de la macroéconomie ( Les agrégats)
• Le produit intérieur brut (PIB)
• Le revenu national brut (RNB)
• Le revenu national brut disponible (RNBD)
• Epargne nationale (EB)
• La depense nationale brute (DNB)
• La demande finale (DF)
Les agrégats
• Les agrégats sont des grandeurs synthétiques donnant des informations statistiques globales qui mesurent les
performances d'une économie nationale. Ils peuvent également permettre des comparaisons dans l'espace ou dans
le temps (pour calculer par exemple la croissance économique mesurée par le taux de variation du Produit
intérieur brut).
• Ce sont des grandeurs économiques globales très significatives lorsqu'il s`agit d'analyser I ’évolution économique
d'un pays et d'exprimer les réalisations d‘un pays en volumes ou en valeurs.
• Les agrégats du Système de comptes nationaux (SCN), par exemple, la valeur ajoutée, le revenu, la
consommation ou L'épargne, sont des valeurs composites (regroupant des données hétérogènes) qui mesurent le
résultat de l’activité de l'ensemble de l'économie, selon un point de vue particulier.
On distingue
• Les agrégats du produit (output ou résultat) : qui sont liés à la formation de la production de biens et services.
• Les agrégats du revenu : qui appréhendent les revenus reçus par les agents économiques en contre partie de leur
contribution à la production.
• Les agrégats de la dépense des revenus dégagés pour acquérir la production réalisée.
Les indicateurs de la macroéconomie
Comment mesurer la performance macroéconomique d’un pays?

les économistes et les institutions (OCDE, FMI, banques centrales, etc.) considèrent le produit
intérieur brut (PIB) comme le meilleur indicateur de performance.

• Le produit intérieur brut (PIB) mesure la production globale d’une économie, c’est-à-dire
l’ensemble des richesses créées.

• Il est calculé pour une zone géographique donnée et pour une période de temps.
Le produit intérieur brut (PIB)
• Selon la comptabilité nationale, le PIB peut se calculer selon trois approches (optiques): l’approche (l’optique)
de la production, l’approche (l’optique) de la demande et l’approche (l’optique) des revenus.

• Ces optiques ou approches permettent d’analyser la production globale sous différents angles.
L’optique de la Production

PIB aux prix du marché = ∑ valeurs ajoutées + impôts sur les produits - subventions sur les produits.

VA = P − CI

La valeur ajoutée d’une industrie correspond à la richesse qu’elle crée durant le processus de
production. Cette valeur ajoutée se mesure donc comme la différence entre la valeur de la
production de l’industrie et la valeur de ses consommations intermédiaires.

Les valeurs ajoutées sont évaluées aux prix de base, c'est-à -dire sans les impôts sur les produits
dont, notamment, la TVA. Les valeurs ajoutées étant calculées hors taxes, il faut ajouter les
impôts sur les produits pour avoir le PIB « aux prix du marché ».
On soustrait le montant des subventions car ces subventions permettent aux entreprises de
diminuer leurs prix.
L’optique de la Demande

PIB aux prix du marché = Dépenses de consommation finale + FBC + exportations - importations

La demande provient soit des unités résidentes pour la consommation ou pour l'investissement,
soit des unités non résidentes (cette demande correspond donc à l'exportation qu'il faut ajouter à
la demande intérieure).
Cependant, une partie de la demande intérieure peut être satisfaite par des unités non résidentes
(il s'agit donc des importations qu'il faut enlever de la richesse créée par les unités résidentes).
L’optique du Revenu

PIB aux prix du marché = Rémunération des salariés + EBE (et revenus mixtes) + Impôts (sur la production
et les importations) - subventions.

les revenus primaires proviennent du partage de la valeur ajoutée calculée au prix de base; pour
obtenir la somme des valeurs ajoutées au prix du marché, il faut rajouter à la somme des
revenus primaires le supplément payé du fait de ces impôts (nets des subventions) sur la
production et les importations.
Récapitulatif
Les trois optiques du PIB
Exercice 1

Calculer le PIB selon les trois optiques


Correction

PIB approche demande = 1381,6 + 344,7 + 446,3 – 462,6 = 1710


PIB approche production = 1531,3+ 196,9 - 18,1 = 1710,1
PIB approche revenu = 891,1 + 582 + 270,6 – 33,7 = 1710
Le produit intérieur brut (PIB)

PIB réel (en volume) PIB nominal (en valeur)


La somme des quantités des biens finaux produits La somme des quantités des biens finaux produits
multipliées par un prix constant (Année de base) multipliés par leur prix courant.
(Il ne prend pas en compte l’effet de inflation) (Il prend en compte l’effet de inflation)
PIB =
PIB =

Déflateur du PIB
C’est le rapport entre les prix courants et les prix de l’année de base.
(Il reflète ce qui se passe au niveau général des prix dans un pays)
Déflateur du PIB =
Visualisation des graphiques du PIB réel et nominal pour le Maroc
( [Link] )
La croissance économique
La croissance économique mesure l’augmentation de la richesse produite pendant une période
donnée.
Le taux de croissance correspond au taux de variation entre le produit intérieur brut (PIB) au
début de la période et le PIB à la fin de la période considérée. La croissance est donc exprimée
en pourcentage.

Taux de croissance = =
tout accroissement du PIB réel correspond uniquement à une augmentation des quantités produites
(il s’agit alors d’une progression en volume).
La croissance économique
• Les périodes où le taux de croissance est positif sont appelées des périodes d’expansion
• les périodes où le taux de croissance est négatif sont appelées des périodes de récession

la récession économique correspond à une situation où le taux de croissance du PIB est négatif pendant au moins deux trimestres
consécutifs.

Le taux d’accroissement du déflateur du PIB

Taux de variation du déflateur du PIB = Taux de croissance du PIB nominal – Taux de croissance du PIB réel

Taux de croissance du PIB nominal = Taux de croissance du PIB réel + Taux de variation du déflateur du PIB
Visualisation et Analyse du graphique de la croissance du PIB réel et nominal pour le Maroc
( [Link] )
Critiques du PIB comme mesure de l’activité

Le PIB réel, indicateur phare de la performance économique d'un pays, permet de mesurer la quantité physique de biens et de
services produits sur une période donnée, corrigée de l'inflation. Si son taux de croissance renseigne sur l'évolution de la
production globale, il ne livre qu'une vision partielle de la richesse et du bien-être d'une nation.

Plus la population d'un pays est nombreuse, plus son PIB est susceptible d'être élevé, tout simplement parce qu'il y a plus
de personnes pour travailler et produire. Cependant, cela ne signifie pas nécessairement un niveau de vie plus élevé pour tous.
Prenons l'exemple de deux pays avec un PIB réel de 1 000 milliards d'euros. Si l'un a une population deux fois plus grande
que l'autre, le niveau de vie par habitant sera nécessairement plus bas dans le pays le plus peuplé.
Indicateurs économiques du Maroc, Algérie et Tunisie en 2022
Pays PIB (Millions) Population (Millions) PIB/Habitant
Maroc 125 542,48 37 3 300,8 $
Algérie 179 602,02 45 3 999,8 $
Tunisie 48 116,78 12 3 894,2 $

Source : Banque Mondiale


Le Revenu National Brut (RNB)

• Le RNB est la valeur totale de la production finale de biens et de services des acteurs économiques d'un pays
donné au cours d'une année donnée.

• À la différence du PIB, le RNB inclut les revenus des facteurs en provenance du reste du monde et exclut les
revenus des facteurs versés au reste du monde.

Le RNB est national

RNB = PIB + ( revenus des facteurs en provenance de l’extérieur ) – ( revenus des facteurs versés à l’extérieur)
Exercice

Prenant l’exemple d’une économie qui a réalisé les opérations suivantes :


PIB = 1710
La rémunération des facteurs payée par le RDM : 740
La rémunération des facteurs Payée au RDM : 650

Question : Calculer le RNB de cette économie ?

RNB = 1710 + 740 – 650


RNB = 1800
Différence entre PIB et RNB
• La différence essentielle entre les deux agrégats, notamment le PIB et le RNB, est le critère de
la délimitation géographique. Pour le PIB, on retient la valeur ajoutée des agents résidents.
Pour le RNB le critère est celui de la nationalité (quelle que soit la résidence). Ainsi pour
passer du PIB au RNB, il faut ajouter le solde des revenus reçus ou versés au reste du
monde.

RNB = PIB
+ salaires reçus du RDM – salaires versés au RDM
+ revenus de la propriété reçus du RDM – revenus de la propriété versée au RDM
+ subventions reçus du RDM – impôts sur la production versée au RDM
Revenu National Brut Disponible RNBD

• C'est le revenu dont disposent les secteurs résidents pour la consommation et l’épargne, il
s’obtient en déduisant du RNB les transferts courants versés au RDM et en ajoutant les
transferts de même nature reçus du RDM

• RNBD = RNB + les transferts courants reçus du RDM - les transferts courants versés au RDM

• RNBD = Dépense de consommation finale + Epargne nationale brute


Epargne Nationale Brute (ENB)

C’est le solde final du compte de Revenu et dépense consolidé. Il mesure la fraction du RNDB
qui n’est pas utilisée par les résidents dans la consommation finale aussi bien sur le territoire
économique national que dans le reste du monde.

Ainsi, cet agrégat renseigne sur l’aptitude d’une économie à renouveler ses équipements et
financer ses investissements par ses propres moyens de financement.

• Epargne nationale brute = RNBD - Dépense de consommation finale


Dépense Nationale Brute (DNB)

Il s’agit d’un agrégat qui mesure la partie du PIB consommée, à titre final, par les nationaux aussi
bien que sur le territoire national que dans le reste du monde.

• DNB = CFN + FBCF + VS


Demande finale (DF)

Il s’agit d’un agrégat qui mesure la partie du PIB consommée, à titre final.

• DF = CFN + FBCF + VS + X
La balance des paiements

La balance des paiements est un document comptable qui enregistre de façon systématique
toutes les transactions économiques et financières d'un pays avec le reste du monde sur une
période donnée. Elle suit une logique de crédits (entrées de fonds) et de débits (sorties de fonds)
pour les différentes opérations internationales.

Composantes principales de la balance des paiements


[Link] compte des transactions courantes
[Link] compte de capital
[Link] compte financier
[Link] avoirs de réserve
[Link] et omissions nettes
Composantes principales de la balance des paiements

[Link] compte des transactions courantes : Inclut les échanges de biens et services, ainsi que les revenus primaires
(salaires, revenus d’investissements) et secondaires (transferts courants, tels que les envois de fonds des migrants).
Ce compte donne une vue d’ensemble de la balance commerciale et des transferts.

2. Le compte de capital : Regroupe les transferts en capital (ex. annulations de dettes) et les acquisitions d'actifs
non financiers non produits (comme les brevets). Il est souvent moins significatif mais permet de mesurer des
flux de capitaux liés aux investissements non financiers.

3. Le compte financier : Se compose des investissements directs, des investissements de portefeuille, des
instruments financiers dérivés, et des autres investissements (prêts, dépôts, crédits commerciaux). Ce compte
reflète les mouvements de capitaux entre résidents et non-résidents.

4. Les avoirs de réserve : Représentent les réserves détenues par la banque centrale pour stabiliser la monnaie,
notamment sous forme de devises étrangères et d'or monétaire.

5. Erreurs et omissions nettes : Ce poste d’ajustement compense les incohérences statistiques éventuelles entre les
données de différentes sources, assurant ainsi l’équilibre comptable de la balance.
Voir la structure de la balance des paiements du Maroc en 2023
[Link]
TAF pour la séance du 12 novembre (Décortiquer la balance des paiements)
Récapitulatif
Exercices
Partie II : l’équilibre macroéconomique keynésien

1. Le modèle AS- AD.


a) LE CIRCUIT ÉCONOMIQUE DÉTAILLÉ
b) LES ÉQUILIBRES COMPTABLES VS ÉCONOMIQUES
c) LA DEMANDE AGRÉGÉE
d) LES FONCTIONS DE COMPORTEMENT : C, I, G
e) LE MULTIPLICATEUR KEYNÉSIEN
f) L’OFFRE AGRÉGÉE DE COURT TERME ET DE LONG TERME
g) L’ÉQUILIBRE AS - AD
h) POLITIQUES DE STABILISATION
Le circuit économique

L,K, Terre
Marché des facteurs
RDM L,K, Terre
Salaires, π, Rente
Salaires, π, Rente
C Ménages
X-M Transferts
Marché des biens et
services Dépenses de C
C

Dépenses de C S
SNF
I Revenus
Marché financier Financiers
I
T T
G

G Etat
Flux réels
Flux Monétaires
LES ÉQUILIBRES COMPTABLES VS ÉCONOMIQUES

A- les équilibres comptables

Sur le marché des facteurs➔ Approche par les revenus : 1) Y= ∑R = w+ π+rente

Sur le marché des biens et services ➔ Approche par la Production : 2) Y = ∑VA +TN

Sur le marché des biens et services ➔ Approche par la Demande : 3) Y = C +I+G + X- M

Approche par les dépenses des revenus: 4) Y=C+S+ TN


En combinant les équations 3 et 4 nous obtiendrons

Y = C +I + G+ X- M = C+S+ TN

I + G + X = S + TN + M
la partie du revenu qui n’est ni consommée ni investie

A l’équilibre (S-I) = (G-TN) + (X-M)

(S-I) : Equilibre sur le marché de B&S privé (Offre/Demande)


(G-TN): Equilibre du Budget de l’Etat (Déficit/Excedent public)
(X-M): Equilibre extérieur (so𝐿_𝑑e BC)

Si S(OA) > I (DA) ➔ un excès d’offre => soit G > TN ou à X>M


A- l’équilibre économique Taux d’inflation
AS

C’est un équilibre qui mobilise l’offre globale et la 𝐴𝑆 𝐿𝑇


demande globale.

• La vérification d’un équilibre comptable ne signifie pas AD’


qu’automatiquement l’équilibre économique est vérifié,
car l’offre n’est pas complètement absorbée par la
demande, une partie est contenue dans la variation de AD
stocks.
Ype
Y*
• Pour que l’équilibre économique se réalises il faut que
PIB réel
OG= DG
Cet équilibre macroéconomique n’est pas forcément
l’équilibre de plein emploi
Chômage
Tensions
inflationnistes
L’équilibre de sous-emploi
L’équilibre de sous-emploi, qu’on nomme aussi l’équilibre keynésien, est «une tentative de modélisation de
l’intuition keynésienne » (Mankiw, 2010), stipulant que la demande cause l’offre et détermine le niveau d’emploi.

L’équilibre global L’équilibre général


Sur le marché des biens et services, l'équilibre est Une situation dans laquelle l’ensemble des marchés
atteint lorsque l'offre et la demande se rencontrent, de l’économie sont équilibrés.
déterminant ainsi un prix et une quantité d'échange.
Cependant, sur le marché du travail, un déséquilibre
peut subsister. Ce déséquilibre est caractérisé par L’équilibre de sous-emploi
des variations dans les quantités de travail offertes
et demandées, plutôt que par des fluctuations de Dans une configuration typiquement keynésienne, il est
prix comme observé dans le modèle classique où possible qu'un déséquilibre persiste sur le marché du
l'équilibre macroéconomique est défini comme un travail, marqué par une situation de sous-emploi, c'est-à-
équilibre général. dire un excès d'offre de travail. Cependant, cela peut
coexister avec un équilibre sur le marché des biens et
services. Ce déséquilibre de sous-emploi résulte d'une
demande effective insuffisante.
Le principe de la demande effective
Dans la perspective de Keynes, il y a une inversion du principe de la demande effective. Selon lui, c'est la demande
qui précède et stimule l'offre, contrairement à l'idée classique où l'offre crée sa propre demande. Keynes définit la
demande effective comme "le montant du produit attendu D au point où la courbe de demande globale croise celle
de l'offre globale" (Keynes, 1936).

La demande globale L’offre globale


La demande effective, notée D, se compose de L’offre globale correspond au niveau de production, noté Y, ce
la demande de biens de consommation (C) et de qui représente la quantité de biens et services produite par les
la demande de biens d'investissement (I). entreprises. Ce niveau de production est déterminé à partir de la
Ainsi: D = C + I fonction de production suivante :
Y = F(K,N), où K représente le capital et N représente le
travail.

Le principe de la demande effective peut être succinctement résumé ainsi : c'est la demande qui influence l'offre. La
demande totale, englobant la consommation finale et l'investissement privé, détermine le niveau de l'offre, c'est-à-
dire la production des entreprises. Ce même niveau d'offre, via la fonction de production des entreprises, définit la
quantité d'emploi nécessaire pour soutenir cette production.
L’équilibre sur le marché des biens et services est donc assuré lorsque:

Y=D

L'équilibre sur le marché des biens ne garantit pas le plein-emploi.


• Lorsque la demande globale est insuffisante, les entreprises réduisent leur production pour s'adapter.
• Cette baisse de production entraîne une diminution de la demande de main-d'œuvre, ce qui se traduit par une
hausse du chômage keynésien.
• Le chômage keynésien est dû à la rigidité des prix à court terme et à l'incapacité des entreprises à maintenir leur
niveau de production face à une baisse de la demande.

Cette situation caractérise un équilibre de sous-emploi.


Pour remédier au chômage keynésien, il est nécessaire de stimuler la demande globale.
Cela peut être réalisé par des politiques fiscales ou monétaires expansionnistes.
L’équilibre épargne-investissement
Quand Keynes affirme que la demande effective est "le montant du produit attendu D au point où la courbe de
demande globale croise celle de l’offre globale" (Keynes, 1936), cela implique que :

Y=D

D=C+I

En conséquence, la production, représentée par Y, génère divers revenus tels que les salaires, les dividendes, les
intérêts, etc. Ces revenus sont ensuite répartis entre la consommation (C) et l'épargne (S).

Y=C+S

C+S=C+I
S=I

Cette équation permet d’exprimer d’une autre manière l’égalité entre offre et demande globales
LA DEMANDE AGRÉGÉE (AD)

AD

Y = C+I+G+(X-M)
La demande agrégée (AD) indique la quantité de biens et services produits dans l’économie
domestique demandée par les consommateurs, les investisseurs, le gouvernement et le reste du
monde pour chaque niveau général des prix dans l’économie.

1/ pourquoi la DA est une fonction décroissante du niveaux global des prix?


2/ quels sont les facteurs qui motivent le déplacement de la courbe AD?
LES FONCTIONS DE COMPORTEMENT : C, I, G, X-M

A- La fonction de consommation

Il s'agit de la consommation finale des ménages et des institutions à but non lucratif. Cette composante représente la
part du revenu disponible (Revenu - Impôts) que les agents économiques consacrent à l'achat de biens et services. Il
est à noter que l'épargne est envisagée comme une forme de consommation différée dans le temps.

C = f ( Revenus, Impôts, Prix, confiance des ménages, richesse, taux d'intérêt)


La fonction de consommation keynésienne:

Motivé par la crise des années 30 et son impact dévastateur sur l'emploi, John Maynard Keynes s'est penché sur le
rôle crucial de la consommation globale dans la détermination du niveau de production.

Hypothèses clés de la théorie keynésienne de la consommation :

• Relation entre la consommation et le revenu disponible: La fonction de consommation keynésienne établit une
relation directe entre la consommation des ménages (C) et leur revenu disponible (Yd).
Formellement, cela se traduit par : C = f(Yd).

• Loi psychologique fondamentale: Keynes postule une loi psychologique fondamentale selon laquelle les individus
ont tendance à augmenter leur consommation à mesure que leur revenu disponible s'accroît. Cependant, cette
augmentation de la consommation n'est pas proportionnelle à l'augmentation du revenu. En d'autres termes, la
propension marginale à consommer (Pmc) est toujours inférieure à 1.
Trois implications sont à retenir :

• La fonction de consommation est une fonction croissante du revenu: 𝐶 = 𝑓( 𝑌𝑑) , f’>0


• Loi psychologique fondamentale de Keynes 𝑃𝑚𝐶 ∈ (0,1) , 𝑃𝑚𝐶 = 𝛥 𝐶/ 𝛥
𝑌d

revenu augmente. Autrement dit, il existe un minimum de subsistance (vital). 𝑃𝑀𝐶 = 𝐶 / 𝑌𝑑


• La part consommée du revenu, appelée propension moyenne à consommer, notée PMC, diminue à mesure que le

Une fonction simple satisfait ces 3 postulats : 𝐶 = 𝐶0 + 𝑐 𝑌𝑑. On peut remarquer que cette fonction vérifie le
troisième postulat

𝐶 = 𝐶0 + 𝑐 𝑌d Ainsi la propension moyenne à consommer


𝑃𝑀𝐶 = c + C / Yd
Consommation
Propension marginale
incompressible
à consommer
La fonction d’épargne Keynésienne :

Selon Keynes, l'épargne est considérée comme le reste du revenu après que les ménages ont déterminé leur niveau de
consommation. Elle est définie comme la différence entre le revenu et la consommation : S = Y - C. Contrairement à
la perspective néoclassique, chez Keynes, la fonction d'épargne est envisagée comme un so 𝐿_ 𝑑e : S = Yd - C.

La propension moyenne à épargner


PMS = (Yd-C)/Yd
PMS = 1- PMC
➔ PMS+PMC=1

La propension marginale à épargner


Pms = d(Yd-C)/d(Yd)
Pms = d(Yd-C)/d(Yd)
Pms = 1 – c = s
Des constats et implication en matière de politique économique

• Selon la fonction de consommation keynésienne, la propension moyenne à consommer (PMC) diminue à mesure
que le revenu augmente. Cela implique que lorsque les individus gagnent plus d'argent, ils consacrent une
proportion plus petite de celui-ci à la consommation et une proportion plus grande à l'épargne.

• Cette relation entre la PMC et le revenu a d'importantes implications pour les politiques économiques. Pour
stimuler la demande et la production, il est plus efficace de distribuer un revenu supplémentaire aux ménages à
faible revenu plutôt qu'aux ménages à revenu élevé. En ciblant les ménages à faible revenu avec des politiques de
relance économique, on peut obtenir un effet multiplicateur plus important sur la demande et la production.
Chaque euro supplémentaire accordé aux ménages à faible revenu est susceptible d'être dépensé plus rapidement
et de stimuler davantage l'activité économique que le même euro donné aux ménages à revenu élevé.

• En revanche, si l'augmentation du revenu bénéficie principalement aux groupes sociaux aisés, elle tend à accroître
l'épargne, risquant ainsi de laisser cette somme non dépensée, ce qui constitue une fuite du circuit économique.

• Par ailleurs, une comparaison entre les pays révèle que la propension moyenne à épargner est significativement
plus élevée dans les pays à revenu élevé que dans ceux à revenu faible.
B- La fonction d’investissement

L’investissement représente l’ensemble des acquisitions de biens de production par les


entreprises. Formes: FBCF et variation des stocks. FBCF: logements, travaux publics mais
essentiellement les biens d’équipement.
I = f ( taux d’intérêt , prix, anticipations)
Les dépenses publiques G

L’Etat agit économiquement par le biais du budget. Ce dernier est constitué de recettes et de
dépenses correspondant aux ressources et aux emplois publics.
G est une variable exogène (fixée par des décisions politiques) qui fait déplacer la courbe AD

Le so𝐿_𝑑e commercial

exportations nettes (X-M) = f (Y , Prix, Taux de change)


En synthèse, la fonction de demande agrégée (AD) présente une relation inverse avec les
niveaux de prix. En d'autres termes, lorsque les prix diminuent, la quantité demandée de biens et
services augmente, et vice versa. Cette relation découle de l'impact des prix sur les différents
déterminants de la demande agrégée :

Consommation : Une baisse des prix encourage la consommation des ménages, car elle leur
permet d'acquérir davantage de biens et services avec le même revenu.

Investissement : Les entreprises sont incitées à accroître leurs investissements en période de


baisse des prix, car cela entraîne une diminution des coûts de production et une augmentation
des marges bénéficiaires potentielles.

Exportations : Une baisse des prix rend les produits nationaux plus compétitifs sur les marchés
internationaux, ce qui stimule les exportations.

Importations : À l'inverse, les importations deviennent moins attrayantes lorsque les prix
nationaux baissent, car les consommateurs ont tendance à privilégier l'achat de produits
nationaux moins chers.
Le diagramme à 45 degrés
Samuelson (1948) est le premier à introduire une représentation graphique des idées de Keynes
concernant l'équilibre de sous-emploi, fournissant ainsi une détermination graphique du revenu
d'équilibre. Cette représentation graphique est connue sous le nom de diagramme à 45 degrés. Il
offre la possibilité de représenter simultanément l'offre globale et la demande globale sur un
même graphique.

Le diagramme se compose des éléments suivants :

• Un axe horizontal représentant le revenu national (Y), équivalent à la production des


entreprises, autrement dit, l'offre globale.

• Un axe vertical illustrant la fonction de consommation (C) et la fonction d'investissement (I).


Ces deux fonctions reflètent les dépenses respectives en biens de consommation et
d'investissement, et ensemble, elles forment la demande globale (D).
Pour construire le dit diagramme, nous utilisons:
• Une fonction de consommation affine : C = cY + ;
• Une fonction d’investissement exogène (ou autonome): I = .
La demande globale (D) dans une économie fermée s’écrit alors D = cY + +

La droite à 45 degrés (la bissectrice des axes) représente l'ensemble des points où l'offre et la demande globales sont
égales. Par conséquent, le long de cette droite, nous avons l'égalité suivante : Y = D.
En substituant l'expression de D, cela se résume à : Y = C + I.
Cette équation exprime la condition d'équilibre entre l'offre (les quantités produites) et la demande globale (les
quantités désirées).

La courbe de demande globale est obtenue en additionnant verticalement la droite associée à la fonction de
consommation et celle associée à la fonction d'investissement.

Enfin, nous pouvons faire apparaître sur la même figure la fonction d’épargne S puisque, par définition:
S=Y−C
S=Y − cY- = (1-c)Y –
La condition d'équilibre entre l'offre et la
demande globales (Y = D) est réalisée au point
E. À ce point, les quantités offertes et les
quantités désirées sont égales. Il représente le
point où l'équilibre est atteint sur le marché des
biens et services. Par conséquent, l'abscisse du
point E correspond au revenu d'équilibre,
désigné par Y*.

De plus, on peut également mettre en évidence l'égalité entre l'épargne et l'investissement. Cet équilibre macroéconomique est
réalisé au point E'. L'abscisse du point E' correspond au revenu qui équilibre l'épargne et l'investissement. Il est remarquable que
les points E et E' partagent la même abscisse : Y*. Cette concordance n'est pas surprenante.
Au point E', l'équilibre entre l'épargne et l'investissement est atteint. Or, nous savons que l'équilibre sur le marché des biens et
services est établi lorsque l'offre (Y) est égale à la demande (D), cette dernière étant composée de la consommation (C) et de
l'investissement (I). Ainsi, Y = C + I. Cette relation est cohérente avec ce que nous observons.
En outre, il est bien établi que la production (Y) engendre des
revenus (salaires, etc.), donc elle est équivalente au revenu
national. Ce dernier est distribué entre la consommation (C) et
l'épargne (S). Ainsi : Y = C + S. Nous avons déjà établi que S = I.

L'équilibre sur le marché des biens et services se caractérise


également par l'égalité entre l'épargne et l'investissement.

Cependant, il est important de noter que même si le point E (ou le


point E') assure l'équilibre sur le marché des biens et services
(c'est-à-dire l'égalité entre l'épargne et l'investissement), cela ne
garantit pas nécessairement un plein emploi. Un équilibre de
sous-emploi peut persister, indiquant une insuffisance de la
demande. Le chômage qui découle de cette situation de sous-
emploi est qualifié de chômage keynésien, car il résulte d'une
insuffisance de la demande.
Détermination analytique du revenu d’équilibre

 On peut, à présent, déterminer analytiquement le revenu d’équilibre. Pour cela, repartons de l’équation (13) qui
assure l’équilibre entre offre et demande globales: Y = C + I (16)
En remplaçant les fonctions de consommation (C) et d’investissement (I) par leurs expressions respectives, on
obtient: Y = cY + + (17)
Dès lors, le revenu d’équilibre, noté Y* , s’écrit: Y =
Conformément à l’approche graphique, on peut également déterminer le revenu d’équilibre à partir de l’égalité entre
l’épargne et l’investissement (équation (11)).

En effet, compte tenu des équations des fonctions:


• d’épargne : S = (1 − c)Y − ;
• d’investissement: I = I0 .
 On peut, afin de déterminer le revenu d’équilibre, réécrire l’équation (11) de la façon suivante :

S=I
(1 − c)Y − =

D’où: Y* =
5/LE MULTIPLICATEUR KEYNÉSIEN

𝐶 = + 𝑐 𝑌d
Consommation
Propension marginale
incompressible
à consommer

Yd= C + S
Pmc Pms

• Le but du multiplicateur est d'évaluer l'impact de l'augmentation des dépenses d'investissement sur le revenu.

• Il vise à déterminer dans quelle mesure le revenu pourrait augmenter suite à la réalisation d'un investissement
supplémentaire.

• Selon Keynes, plus la propension moyenne à consommer (PMC) est élevée, plus l'effet multiplicateur est
prononcé. Cela signifie que l'augmentation du revenu est proportionnellement plus importante que celle de
l'investissement qui l'a générée.
Le multiplicateur keynésien élémentaire

• Le multiplicateur étudié ici est connu sous le nom de multiplicateur d'investissement, car il
est basé sur le lien entre le revenu et l'investissement, tel que décrit par la relation d'équilibre
Y* =

• L'objectif de ce multiplicateur est d'analyser les effets d'une variation de l'investissement


autonome sur le revenu d'équilibre.

• Grâce à l'utilisation du multiplicateur, on démontre qu'une impulsion initiale de


l'investissement autonome entraîne une variation du revenu qui est plus que proportionnelle.
Cette variation du revenu se propage ensuite de manière cumulative et décroissante à travers
l'économie.
Supposons que l'investissement augmente, passant de à . représente le supplément d'investissement.

Les équations des fonctions de consommation et d'épargne demeurent inchangées ; seule l'équation de la fonction
d'investissement est modifiée, car elle s'exprime désormais comme suit :
Une hausse de l’investissement d’un montant de engendre une augmentation du revenu de :
=
Cette augmentation du revenu induit à son tour une augmentation de la consommation de ∆C
𝐶 = 𝐶0 + 𝑐 𝑌
=
=
Ce supplément de consommation entraîne une augmentation de la production pour répondre à la
demande accrue, ce qui génère à nouveau des revenus distribués supplémentaires.
Ce supplément de revenu provoque à nouveau un supplément de consommation égal à :
( = ==
Ces nouveaux revenus à leur tour suscitent une nouvelle augmentation de la consommation,
engendrant ainsi un nouveau cycle de production et de revenu. Comme l'explique Mankiw (2010),
ce processus forme une boucle "consommation-revenu-consommation".
Comme 0 < c < 1, le supplément de revenu a tendance à décroître au fil du temps.
<
Cependant, à chaque étape de ce processus, le supplément de revenu résultant décroît
progressivement, jusqu'à ce qu'il atteigne finalement zéro. Lorsque ce supplément de revenu
devient nul, l'effet multiplicateur cesse d'opérer.
Au final, on peut écrire le supplément de revenu comme la somme successive de ses variations:
== + + +
c== c++ +
- c= -
Lorsque n → ∞ , → 0. Alors - c=
Y=

Y=
Avec =
Le coefficient k, également appelé multiplicateur d'investissement ou multiplicateur keynésien élémentaire,
joue un rôle crucial dans l'analyse économique. En effet, lorsque l'investissement autonome augmente, cela
entraîne une augmentation du revenu d'équilibre qui est plus que proportionnelle, surtout lorsque 0 < c < 1.

L'ampleur de cet effet multiplicateur dépend largement de la propension marginale à consommer (c). Plus
cette propension est élevée, plus l'effet multiplicateur est important. Il est également remarquable que ce
multiplicateur fonctionne aussi bien en période de récession qu'en période d'expansion économique.
Exemple numérique

Soit une entreprise privée qui décide de réaliser un investissement initial (et unique) de 100 millions d’unités de
compte.
Calculez l’effet multiplicateur
L’équilibre macroéconomique avec l’État
Impôts
Dans une perspective à court terme, le montant des impôts est conditionné par l'évolution conjoncturelle de
l'économie, notamment par le produit intérieur brut (PIB), influençant à la fois les impôts directs et indirects. Par
exemple, en période de croissance économique, la consommation s'intensifie et les revenus distribués augmentent,
entraînant ainsi une augmentation des recettes fiscales provenant de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour la
consommation et de l'impôt sur le revenu (IR) pour les revenus distribués. Par conséquent, nous pouvons formuler
la fonction d'imposition comme suit :

T=tY+

• Où T est le montant total des impôts, t est le taux d’imposition marginal, avec 0 < t < 1, Y le PIB et le montant
d’impôt forfaitaire (autonome).
• Cette fonction d’imposition est qualifiée d’endogène.
• Une fonction d’imposition exogène s’écrirait : T = T0 .
• Des impôts totalement exogènes signifient qu’ils ne sont plus fonction du revenu. Un montant « forfaitaire»
(exogène) est décidé par l’État.
Dépenses publics

Outre les intérêts payés sur la dette, les dépenses publiques se répartissent en deux catégories :

• Les achats publics, englobant les consommations intermédiaires, la formation brute de capital
fixe (FBCF), etc.
• Les transferts vers les ménages (comme les salaires des fonctionnaires ou les allocations
chômage) ou les entreprises (par exemple, les subventions).

Les achats publics sont considérés comme exogènes, ce qui signifie que c'est l'État qui décide du
montant des biens et services qu'il souhaite acquérir. Si nous notons G les dépenses publiques,
alors : Cette équation indique que le montant des dépenses publiques, G, est déterminé de
manière exogène par les autorités publiques à un niveau .
Supposons que les impôts prélevés par l’État soient exogènes, i.e. . Ainsi, le revenu disponible des
ménages pour consommer est égal à . Dès lors, la fonction de consommation s’écrit:
𝐶 = + 𝑐 ()
Les dépenses publiques sont exogènes

Supposons que nous sommes dans une économie fermée (absence d’importations et
d’exportations). L’équilibre sur le marché des biens et services s’écrit alors:
Y=C+I+G
Y = + 𝑐 () ++
on peut définir le revenu d’équilibre, i.e. le revenu qui équilibre le marché des biens et services,
c’est-à-dire celui qui assure l’égalité entre l’épargne et l’investissement, comme :
Y* =
Y* =

multiplicateur fiscal
multiplicateur de budget équilibré
multiplicateur de dépenses publiques Y=
Si l'État opère selon un principe de budget
Y= Y= équilibré, alors il financera l'augmentation
Y= des dépenses publiques par une
augmentation strictement proportionnelle de
ses recettes fiscales. Donc =.

Y=
Y=
Les multiplicateurs keynésiens avec imposition endogène

En réalité, les impôts sont fonction du revenu. Afin d’en tenir compte, on peut écrire la fonction
d’imposition comme :
T=tY+
La fonction de consommation s’écrit désormais comme:
𝐶 = + 𝑐 ()

Le nouveau revenu d’équilibre est égal à :


Y* =
Y* =

multiplicateur de dépenses publiques multiplicateur d’investissement

multiplicateur fiscal
Y= Y=
Y= Y= Y=
Y=

Une fonction d'imposition endogène réduit l'efficacité du multiplicateur, quelle que soit sa valeur. Cela s'explique
par le fait qu'un supplément de revenu ∆Y entraîne un supplément d'impôts (égal à t puisque ∆T = t ∆Y ).
Cependant, ce supplément d'impôts "sort" du circuit économique car il ne contribue pas à alimenter la demande.
Ainsi, l'impôt agit comme une fuite qui diminue l'effet multiplicateur.
L’ouverture de l’économie

Supposons à présent que l'économie en question s'ouvre au commerce international, impliquant


des importations et des exportations. Pour simplifier, nous considérons les exportations, notées
𝑋 comme exogènes (X= ou, de manière équivalente, X = ) De plus, nous posons que les
importations, désignées par M, dépendent du revenu intérieur selon la fonction 𝑀= 𝑚𝑌. On
suppose également que les impôts sont exogènes: T =

l’équilibre sur le marché des biens et services s’écrit: Y + M = C + I + G + X

Soit Y+ m Y = + 𝑐 () ++ +

Le nouveau revenu d’équilibre est égal à :

Y* =
Y* =

multiplicateur d’investissement ( en présence d’impôts) multiplicateur d’investissement ( en absence d’impôts)

Y= Y=
Y= Y=

L'effet multiplicateur est atténué par rapport au


Lorsque la propension marginale à importer
multiplicateur d'investissement de base en raison de
(m) et la propension marginale d'imposition (t)
l'ouverture de l'économie.
sont élevées, le multiplicateur est d'autant plus
La présence de m dans le dénominateur du multiplicateur
affaibli par rapport à sa version précédente. En
diminue son effet.
effet, dans cette configuration, l'impôt
Les importations représentent une sortie de capitaux vers
endogène et l'ouverture de l'économie agissent
l'étranger, car une partie de la relance, égale à m puisque
comme des facteurs qui réduisent l'effet
∆M= m ∆Y , ne contribue pas à stimuler la demande
multiplicateur. Ces éléments constituent des
nationale mais plutôt la demande étrangère, étant dirigée
fuites du circuit économique, ne contribuant
vers le reste du monde.
pas à stimuler la demande.
L’offre globale
L'offre globale représente la relation entre les prix et la production totale de biens offerte par les
entreprises. Elle reflète les niveaux d'offre que les entreprises sont disposées à fournir pour
divers niveaux de prix. En complétant la demande globale, elle joue un rôle crucial dans
l'établissement de l'équilibre macroéconomique.

La distinction temporelle découle de la flexibilité des salaires nominaux. Il est généralement


reconnu que certains prix, en particulier les salaires nominaux, sont inflexibles à court terme
mais ajustables à long terme. Cette distinction conduit à l'émergence de deux courbes d'offre
agrégée : la courbe d'offre agrégée à court terme (OGCT) et la courbe d'offre agrégée à long
terme (OGLT).
L’offre globale à court terme

À court terme, lorsque les prix et les salaires nominaux


demeurent rigides, et au moyen terme, lorsque les prix
sont flexibles tandis que les salaires nominaux restent
inflexibles, l'offre globale est caractérisée par une
relation positive entre le niveau des prix (P) et la
production totale (Y). En d'autres termes, des prix plus
élevés génèrent des profits accrus pour les entreprises,
les incitant ainsi à accroître leur production et donc leur
offre de biens et de services.
L’offre globale à long terme
À long terme, l'offre globale est représentée par une
droite verticale, ce qui signifie que la production
globale devient indépendante du niveau des prix.
Dans cette configuration, la production globale,
appelée production potentielle ou production
naturelle, est symbolisée par Yp. La production
potentielle correspond au niveau de production que
l'économie pourrait atteindre si les salaires
nominaux étaient parfaitement flexibles. Lorsque la
production est égale à son niveau naturel, le
chômage est également à son niveau naturel.
La transition du court terme au long terme dépend de
du court terme au long terme l'horizon temporel. Initialement, sur une période très
courte, comme quelques semaines, il est justifié de
considérer que les prix et les salaires nominaux sont
rigides. Les variations de prix n'interviennent pas
quotidiennement, ce qui se traduit par une fonction d'offre
globale représentée par une droite horizontale.

Au fil de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois, les


prix deviennent moins rigides, bien que les salaires
nominaux demeurent inflexibles. En conséquence, l'offre
des entreprises réagit aux fluctuations de prix, conduisant à
une courbe d'offre globale croissante.

Enfin, à moyen et long termes, les prix et les salaires


nominaux deviennent parfaitement flexibles, ce qui se
traduit par une fonction d'offre globale représentée par une
droite verticale. Dans cette configuration, l'offre est
complètement indépendante du niveau des prix. Ainsi, la
courbe d'offre globale pivote progressivement à mesure
que la flexibilité des prix et des salaires nominaux s'accroît
avec le temps qui passe.
Les déplacements de l’offre globale

Variation des salaires nominaux Variation de la productivité du travail


L’équilibre de court terme et moyen terme

À court et moyen termes, l'équilibre


macroéconomique est réalisé au point , où
les courbes d'offre globale (OG) et de
demande globale (DG) se rencontrent.

À l'équilibre en , les marchés des biens et services, de la monnaie et du travail sont tous
équilibrés. Ainsi, l'équilibre macroéconomique à court terme permet de définir une production
agrégée d'équilibre (Y*) ainsi qu'un niveau de prix d'équilibre (P*).
L’équilibre de long terme

À long terme, l'offre globale est représentée par une droite


verticale, ce qui signifie qu'elle est indépendante du niveau
des prix.

L'équilibre entre l'offre globale et la demande globale à long


terme est réalisé au point .

L'équilibre à court terme est identique à l'équilibre à long


terme. Par conséquent, la production agrégée est égale à la
production potentielle.

Cependant, cette situation est rare, car il existe généralement


un écart entre la production agrégée à court terme et celle à
long terme, appelée production potentielle.
l’équilibre macroéconomique de court terme est
représenté par , tandis que l’équilibre de long terme est
représenté par . En observant cette relation, on constate
que la production potentielle (Yp), étant supérieure à la
production effective (Y*), place l'équilibre à long terme à
droite de l'équilibre à court terme.

La production effective est en deçà de la production


potentielle, ce qui indique un écart négatif. Ce
phénomène est souvent désigné par le terme d’output
gap, marquant ainsi une situation récessionniste.
La dynamique de l’équilibre : du court terme au long terme
Situation initiale :
•PIB effectif < PIB potentiel (écart récessionniste)
•Niveau d'emploi < Niveau d'emploi potentiel
•Excès d'offre de travail
•Chômage
•Salaires nominaux rigides à la baisse
Conséquences :
•Profit des entreprises faible
Ajustement à long terme :
•Chômage élevé => Diminution du salaire nominal
•Déplacement de la courbe d'offre globale de court terme
OGCT vers la droite (OG'CT)
•Augmentation de l'offre globale et diminution des prix
•Augmentation de la demande globale (déplacement le long
de la courbe DG)
•Convergence du produit effectif Y* vers le produit potentiel
Yp
Résultat final :
Points clés : •PIB effectif = PIB potentiel
•La rigidité des salaires nominaux à la baisse empêche un retour immédiat à •
Retour systématique du PIB effectif au niveau du PIB
l'équilibre.
•Le chômage joue un rôle crucial dans l'ajustement à long terme. potentiel
•L'économie dispose d'un mécanisme d'auto-correction qui la ramène à son •Mécanisme d'auto-ajustement permettant à l'économie de
équilibre de long terme. rejoindre l'équilibre de long terme
La dynamique de l’équilibre : du très court terme au long terme

1. à très court terme, lorsque les prix sont rigides


2. une baisse de la demande agrégée
3. réduit le niveau de la production
4. mais n’exerce aucun effet sur les prix

1. à long terme, un déplacement de la courbe de demande agrégée


vers la gauche
2. réduit le niveau général des prix
3. mais laisse inchangée la production
La dynamique de l’équilibre : du très court terme au long terme
1. Une baisse de la demande agrégée
2. diminue la production à très court terme
3. mais n’affecte à long terme que le niveau général des prix ( la
production s’ajuste pour revenir à son niveau naturel).

1. Une hausse de la demande agrégée


2. augmente la production à très court terme
3. mais n’affecte à long terme que le niveau général des prix ( la
production s’ajuste pour revenir à son niveau naturel).
La dynamique de l’équilibre : du très court terme au long terme

Les fluctuations de l’offre et de la demande agrégées suscitent les fluctuations économiques. On appelle politique de
stabilisation les mesures économiques visant à maintenir la production et l’emploi à leurs taux naturels (d’équilibre).

Le point B traduit la présence d’une stagflation, c’est-à-dire la


présence conjointe d’une baisse de la production et d’une
augmentation des prix. Quelle politique d’accompagnement
adopter?

1. Un choc négatif déplace la courbe OACT vers le haut (OA2


=DA1=> point B pbl stagflation)
2. mais la Banque centrale accompagne le choc en augmentant la
demande agrégée DA1=>DA2 (point C)
3. ce qui relève de manière permanente le niveau des prix
4. mais laisse inchangé le niveau de la production Y1 revient à
Ype d’équilibre.
L’analyse des politiques économiques
Une politique de demande expansionniste•Le modèle OG-DG (Offre Globale - Demande Globale) représente
l'équilibre macroéconomique à court terme.
•L'équilibre initial est situé au point E1, avec une production Y1 et un
niveau des prix P1.
Augmentation de la demande globale:
•Une augmentation de la demande globale déplace la courbe DG vers la
droite.
•Cela crée un déséquilibre entre l'offre et la demande, avec un excès de
demande.
Ajustement à court terme:
•Les prix augmentent (de P1 à P2) pour résorber l'excès de demande.
•Cette augmentation des prix a deux effets:
•Effet sur l'offre globale: Les entreprises augmentent la production (Y1 à
Y2) car leur profit augmente (salaire réel diminue).
•Effet sur la demande globale: Les encaisses réelles diminuent (effet
d'encaisses réelles négatif), ce qui réduit l'investissement et la demande
globale (A à E2).

Nouvel équilibre:
•Le nouvel équilibre s'établit au point E2, avec une production
plus élevée (Y2) et un niveau des prix plus élevé (P2).
L’analyse des politiques économiques
Une politique de demande expansionniste•Le modèle OG-DG (Offre Globale - Demande Globale) représente
l'équilibre macroéconomique à court terme.
•L'équilibre initial est situé au point E1, avec une production Y1 et un
niveau des prix P1.
Ajustement à long terme:
•Les prix et les salaires nominaux sont flexibles.
•L'augmentation des prix diminue le salaire réel, ce qui stimule la
demande de travail des entreprises et réduit l'offre de travail des ménages.
•Un excès de demande de travail se crée, entraînant un faible niveau de
chômage.
•Les salaires nominaux augmentent, ce qui réduit l'offre globale
(déplacement de OGCT vers OG'CT).
•L'ajustement se poursuit jusqu'à ce que l'économie atteigne le produit
potentiel (Yp).
Effets de la hausse des salaires nominaux:
•La hausse des salaires nominaux compense la hausse des prix, ramenant
le salaire réel à son niveau initial.
•L'économie retourne à l'équilibre macroéconomique de long terme (point
E3).
•La demande globale diminue (passage de E2 à E3).
Une politique d’offre expansionniste
Politique: Baisse des cotisations sociales pour les
entreprises.
Effets à court terme:
•Augmentation de l'offre globale: Les entreprises
produisent plus pour un niveau de prix donné
(déplacement de OGCT à OG'CT).
•Excès d'offre: Les prix diminuent (de P1* à P2*).
•Augmentation de la demande globale: Effet
d'encaisses réelles positif (déplacement le long de DG).
•Diminution de l'offre globale: Augmentation du salaire
réel (déplacement le long de OG'CT).
•Nouvel équilibre: E2 (production Y2*, prix P2*).
Effets à long terme:
•Déplacement de l'offre globale vers la droite: OGLT à
OG'LT.
•Baisse des salaires nominaux.
•Nouvelle diminution des prix: P2* à P3*.
•Augmentation de la demande globale.
•Nouvel équilibre de long terme: E3 (production
accrue, prix plus bas).
AD-AS et IS-LM

Les modèles AD-AS et IS-LM sont intimement liés. En particulier, il peut facilement être montré que la fonction de
demande agrégée capture tous les couples (Y, P) garantissant l'équilibre simultané du marché des B&S (courbe IS) et
du marché de la monnaie (courbe LM)

La principale différence entre ces deux modèles est que le modèle IS-LM considère le niveau général des prix
comme étant exogène et il n'est donc pas équipé pour analyser les effets de long terme des politiques
macroéconomiques. En revanche, le modèle AD-AS permet de montrer comment le niveau général des prix et le PIB
réel sont simultanément déterminés.
LE MODÈLE IS – LM

1. Présentation du modèle
2. L’équilibre sur le marché des biens et services et la construction de la courbe IS
3. Déplacement de IS suite à une politique budgétaire ou fiscale L’équilibre sur le marché de la
monnaie : la courbe LM
4. L’équilibre macroéconomique global : le diagramme IS-LM
5. L’analyse des politiques économiques
PRÉSENTATION DU MODÈLE

Le modèle en économie :

En économie, un modèle est une représentation simplifiée de la réalité économique ou d'une partie de celle-ci :
(la croissance, le commerce international, la monnaie, une entreprise ou un ménage.)

Les modèles économiques sont issus des théories pour synthétiser les relations entre variables économiques sous
forme mathématique dans l’objet de comprendre le monde réel.

Un modèle est composé d’une variable endogène Y (appelé aussi variable dépendante: déterminée par le modèle ou
variable expliquée : le phénomène à expliquer) et de variables exogènes Xi (variables indépendantes : ont une origine
extérieure , ou variables explicatives).

Un modèle peut être noté comme suit : Y = a Xi + b (a et b sont des paramètres)


PRÉSENTATION DU MODÈLE

➢Le modèle IS LM (I pour investissement = Investment, S pour épargne = Saving, L pour la demande de monnaie =
liquidity preference et M pour l’offre de monnaie = money supply) est une reformalisation néoclassique de l’approche
keynésienne développée par John Hicks (premier néokeynésien1904-1989) et Alvin Hansen (1887-1975).

➢C’est une approche de l’équilibre macroéconomique à court terme (prix rigides) qui insiste sur le rôle de la
demande agrégée et son impact sur l’équilibre macroéconomique à CT.

➢Le modèle montre comment le secteur monétaire (LM) et le secteur réel ou des B&S (IS) de l’économie
interagissent. Ainsi, il implique l’équilibre sur au moins deux marchés en même temps : sur le marché des biens et
services IS (la production de biens et services est égale à la demande de biens et services) et sur le marché de la
monnaie LM (c'est-à-dire l’offre de monnaie est égale la demande de monnaie).

➢En vertu de la loi de Walras, il suffit que ces deux marchés soient en équilibre pour obtenir l’équilibre
macroéconomique (l’équilibre sur tous les autres marchés notamment sur celui du travail et celui des capitaux).
PRÉSENTATION DU MODÈLE

Présentation des hypothèses du modèle IS – LM

Le modèle IS-LM est un modèle qui suppose les hypothèses suivantes :

➢analyse de courte période ;


➢rigidité des prix ;
➢rigidité du salaire nominal ;
➢principe de la demande effective : le niveau de la production des entreprises est déterminé par la
demande effective tandis que l’emploi correspond à la quantité de travail nécessaire pour produire
ce niveau de demande;
➢situation de sous-emploi : le chômage résulte de l’insuffisance de la demande adressée aux
entreprises. En cas d’insuffisance de la demande de travail, l’offre de travail est excédentaire,
d’où l’apparition d’un chômage keynésien.
L’ÉQUILIBRE SUR LE MARCHE DES BIENS ET SERVICES ET LA CONSTRUCTION DE LA COURBE IS

L’équilibre sur le marché des biens et services est synonyme


d’égalité entre épargne (S) et investissement (I).
Dans une économie fermée :
l’offre Y= C + S
et la demande D = C + I ainsi on obtient : S = I
La courbe IS représente la relation entre le taux d’intérêt et le
PIB (le niveau de revenu Y sur le marché des biens et
services);
IS représente l’ensemble des combinaisons de taux d’intérêt
(r) et de revenu (Y) qui assurent l’équilibre du marché des
biens et services;
Pourquoi IS est décroissante ?
L’ÉQUILIBRE SUR LE MARCHE DES BIENS ET SERVICES ET LA CONSTRUCTION DE LA COURBE IS

Dans une économie fermée : l’offre globale = demande globale, ainsi : Y= C + I + G

La fonction de consommation (rappel) :


la fonction de consommation est une fonction positive du revenu national (chez Keynes).
L’épargne est un résidu.
On écrira : C= f( ) , ∆C/ ∆ > 0 où = Y – T, C = + c = consommation autonome ,
c = PmC sachant que 0 < PmC
La fonction d’investissement :
Le niveau d’investissement dépend principalement et négativement du taux d’intérêt.
Plus ce dernier est élevé plus le niveau d’investissement est faible. On peut écrire alors :
I = f(i) = - ai ,
∆I/ ∆i < 0 et représente le niveau d’investissement autonome.

Les dépenses publiques : C’est une variable exogène


L’ÉQUILIBRE SUR LE MARCHE DES BIENS ET SERVICES ET LA CONSTRUCTION DE LA COURBE IS

Dans une économie fermée : l’offre globale = demande globale, ainsi : Y= C + I + G


Si on intègre les équations de C et de I on obtient :
= C() + I(r) +
= + c (Y-T) + - ai +
sachant que Co Io G et T sont des constantes
=
=
= k * (A - ai)
L’ÉQUILIBRE SUR LE MARCHE DES BIENS ET SERVICES ET LA CONSTRUCTION DE LA COURBE IS

= k * (A - ai)

A est la composante autonome de la demande, c’est-à-dire les déterminants de la demande qui ne


dépendent ni du revenu ni du taux d’intérêt.
Le terme k mesure l’impact d’une hausse de la demande autonome sur le revenu, toutes choses
égales par ailleurs.
Cette équation détermine la courbe IS avec : k>1 peut être considéré comme le multiplicateur
➔ainsi toute augmentation de la demande autonome A entraîne une variation plus que
proportionnelle du revenu Y de (1/1-c)
➔Toute augmentation (diminution) du taux d’intérêt i provoque une diminution (augmentation)
du revenu Y [ ∆Y/ ∆i= − ka = -a/1-c < 0] .
➔La pente de la courbe IS est donnée par : ∆ i/ ∆ Y e = (1-c)/-a
L’ÉQUILIBRE SUR LE MARCHE DES BIENS ET SERVICES ET LA CONSTRUCTION DE LA COURBE IS

Dès lors, on voit que la relation IS décrit une relation négative sur le marché des biens et services
entre le revenu et le taux d’intérêt. En effet, si le taux d’intérêt augmente, cela provoque, toutes
choses égales par ailleurs, une diminution de l’investissement privé.

L’investissement étant une composante de la demande globale, la diminution de l’investissement


provoque une diminution de la demande globale.

Si la demande globale diminue, les entreprises réduisent leur production et leur offre et, par
conséquent, le revenu diminue à son tour. Ce dernier point nous indique que la courbe IS est une
courbe décroissante dans le plan (Y, i).
LES DÉPLACEMENTS DE LA COURBE IS SUITE À UNE POLITIQUE BUDGÉTAIRE G OU FISCALE T

Supposons que l’État souhaite augmenter le niveau des


dépenses publiques. Il s’agit d’une politique budgétaire
expansionniste. Le déplacement de la courbe IS selon cette
politique est schématisé comme suit :

À taux d’intérêt donné, une augmentation des dépenses


publiques provoque, toutes choses égales par ailleurs, une
augmentation de la demande globale. Les entreprises
répondent à cette augmentation en produisant davantage
(donc elles augmentent leur offre). Ainsi le niveau de
l’activité est relancé suite à cette politique budgétaire
expansionniste.

Le nouveau revenu d’équilibre Y2 sur le marché des biens et services est donc supérieur à celui qui prévalait avant la
mise en place de la politique budgétaire expansionniste. Dès lors, la courbe IS se déplace vers la droite (de IS1 à IS2)
où le nouveau revenu d’équilibre (Y2) est supérieur au revenu d’équilibre antérieur (Y1).
Le point E2 correspond au nouvel équilibre sur le marché des biens et services. Ce nouveau point d’équilibre
correspond au couple (Y2 , i ) .
LES DÉPLACEMENTS DE LA COURBE IS SUITE À UNE POLITIQUE BUDGÉTAIRE G OU FISCALE T

Une augmentation des dépenses publiques : politique budgétaire expansionniste

Le multiplicateur des dépenses publiques :

La dépense publique G agit sur le revenu global de la même manière que l’investissement, toute chose égale par
ailleurs. Une augmentation de la dépense publique entraîne une augmentation plus que proportionnelle du revenu
grâce au multiplicateur des dépenses publiques :

Y=
LES DÉPLACEMENTS DE LA COURBE IS SUITE À UNE POLITIQUE BUDGÉTAIRE G OU FISCALE T

Supposons à présent que l’État augmente le niveau des impôts. Il s’agit ici d’une politique fiscale restrictive. Si l’État
augmente les impôts, le revenu disponible des ménages diminue. Cela provoque donc une diminution de la
consommation. À taux d’intérêt donné, une diminution de la consommation provoque, toutes choses égales par
ailleurs, une diminution de la demande globale.

Par conséquent, le niveau de l’activité se réduit suite à


cette politique fiscale restrictive (les entreprises s’ajustent
et diminuent leur offre).
Le nouveau revenu d’équilibre sur le marché des biens et
services est donc moins élevé que celui qui prévalait avant
la mise en place d’une telle politique.
Dès lors, la courbe IS se déplace vers la gauche (de IS1 en
IS2) où le nouveau revenu d’équilibre (Y2) est inférieur
au revenu d’équilibre antérieur (Y1).
Le point E2 correspond au nouveau point d’équilibre sur
le marché des biens et services. Il correspond au couple
(Y2 , i ) .
LES DÉPLACEMENTS DE LA COURBE IS SUITE À UNE POLITIQUE BUDGÉTAIRE G OU FISCALE T

Une augmentation des impôts : politique budgétaire restrictive

Le multiplicateur fiscal:

Le multiplicateur fiscal qui indique de combien se modifie le revenu suite à une variation d’une unité monétaire des
impôts est :

Y=
L’ÉQUILIBRE SUR LE MARCHÉ DE LA MONNAIE : LA COURBE LM
A- Définition et fonctions :

La monnaie joue un rôle très important dans l’activité économique. Elle est définie comme l’ensemble des moyens de
paiement immédiatement utilisable et accepté par la communauté pour le règlement des échanges.
Elle constitue donc un moyen de procéder à des échanges pour et entre les individus. Cependant, il est habituel
d’appréhender la monnaie à travers les trois fonctions qu’on lui attribue.
Ces trois fonctions sont : moyen de paiement, unité de compte et réserve de valeur.

Les trois principales fonctions de la monnaie:

Moyen de paiement: La monnaie sert pour le règlement des différentes transactions dans l’économie. On dit qu’elle
possède un pouvoir libératoire dans le sens ou elle est acceptée par tous. L’utilisation de la monnaie a supprimé le
troc.
Unité de compte: la monnaie est une unité de mesure de la valeur. C’est un moyen – un étalon – pour exprimer tous
les prix, les dettes et les créances dans une même unité. Ce qui permet de limiter le nombre de prix dans l’économie.
Réserve de valeur: La monnaie sert à reporter dans le temps un achat ou le paiement d’une dette : elle peut servir
pour l’épargne. Cependant, elle est un moyen imparfait de réserve dans la mesure où l’inflation diminue ce pouvoir
de report. Elle est concurrence par certains biens ou titres (biens immobiliers, œuvres d’art, or, bijoux, actions, etc.)
dont le pouvoir ne baisse pas avec le temps.
L’ÉQUILIBRE SUR LE MARCHÉ DE LA MONNAIE : LA COURBE LM

B- Les formes de la monnaie :

Dans les économies contemporaines, il existe, principalement, trois formes de la monnaie.


La monnaie métallique : La monnaie métallique est la monnaie constituée à partir de métal quelle que soit sa nature
: or, argent, cuivre, etc. Sa valeur repose sur le poids de métal qu’elle contient. De nos jours, la monnaie métallique
n’est plus utilisée dans les échanges marchands. Elle conserve toutefois une valeur en fonction du poids du métal
qu’elle contient.
La monnaie fiduciaire : Ce type de monnaie prend, essentiellement, la forme de billets de banque mais aussi de
pièces de monnaie émis par Bank Al Maghreb et vendus aux banques commerciales et au Trésor mais qui ne doivent
en aucun cas être confondues avec les pièces métalliques.
La monnaie scripturale : La monnaie scripturale repose sur l’écriture et comprend l’ensemble de dépôts a vue dans
les banques. Contrairement à la monnaie fiduciaire qui circule de main en main, la monnaie scripturale circule de
compte en compte.
L’ÉQUILIBRE SUR LE MARCHÉ DE LA MONNAIE : LA COURBE LM

C- Les agrégats monétaires:

Pour mesurer la quantité de monnaie en circulation dans l’économie, la banque centrale définit et utilise ce que l’on
appelle des agrégats monétaires. les agrégats monétaires ont été définis par ordre de liquidité : du plus liquide (M1)
au moins liquide (M3).

L’agrégat monétaire M1 : (monnaie fiduciaire + scripturale) est ce que l’on appelle la monnaie au sens strict. Il
s’agit de la mesure la plus étroite incluant : -le numéraire (les billets et les pièces) ; -les dépôts à vue (des ménages,
des entreprises, des administrations publiques, etc.).

L’agrégat monétaire M2 : est un agrégat intermédiaire entre M1 et M3. Il inclut M1 auquel s’ajoutent les dépôts a
vue non transférables par cheque (livrets d’épargne, etc.)

L’agrégat monétaire M3 : est l’agrégat monétaire au sens large. Il inclut M2 auquel s’ajoutent les dépôts a terme
sous forme de compte et bons a échéance fixe et certificat de dépôt (bons de trésor + titres OPCVM). Dans ce cours,
lorsqu’on parlera d’offre de monnaie ou de masse monétaire on fera référence a l’agrégat M3
L’ÉQUILIBRE SUR LE MARCHÉ DE LA MONNAIE : LA COURBE LM

D- L’offre et la demande de monnaie:

L’équilibre sur le marché de la monnaie est réalisé lorsque l’offre de monnaie notée Mo est égal a sa demande
notée . Avant de caractériser l’équilibre nous allons d’abord déterminer les variables économiques qui gouvernent
ce marché.

D 1: l’offre de monnaie

L’offre de monnaie (la quantité de monnaie en circulation) émane des autorités monétaires, à savoir la banque
centrale et les banques de second rang mais sous conditions fixées par la banque centrale. Cela signifie que la
banque centrale contrôle l’offre de monnaie.

Par conséquent, cette dernière est une donnée exogène. L’offre de monnaie est donc indépendante du taux d’intérêt
et du revenu. On peut établir l’équation suivante

est l’offre d’encaisse monétaire (exogène)


est le niveau général des prix (exogène par hypothèse dans la mesure où le modèle IS LM explique le court terme
dans lequel les prix sont rigides)
L’ÉQUILIBRE SUR LE MARCHÉ DE LA MONNAIE : LA COURBE LM

D 2: la demande de monnaie
La fonction de monnaie est tributaire des motifs pour lesquels les agents
économiques non bancaires détiennent la monnaie.
Pour Keynes, la monnaie est détenue pour trois motifs différents. Les agents
économiques détiennent la monnaie pour des motifs de transaction et de
précautions (fonction moyen de paiement). Le troisième motif est celui de
spéculation qui représente la fonction réserve de valeur de la monnaie.

Les motifs de transactions et de précaution L1 (Y) :


Les agents économiques détiennent la monnaie pour effectuer des achats courants,
des transactions ou pour faire face
aux dépenses imprévues. Ainsi, L1 (Y) est une fonction positive du revenu
national.
Les motifs de spéculations L2 (i) : Spéculer signifie acheter des biens et des actifs
à bas prix dans l’espoir de le vendre a un prix plus élevé dans le futur. Pour
Keynes la spéculation s’applique au revenu des actifs qui se fait sur le taux
d’intérêt. Ce dernier ce comprend alors comme le prix de renonciation a la
liquidité pour un motif de spéculation.
Détenir la monnaie coûte aux agents économiques. En effet, les actifs
(obligations) rapportent un revenu.
Ce dernier est d’autant plus important que le taux d’intérêt est élevé.
Ainsi, L2 (i) est une fonction négative du taux d’intérêt.
L’ÉQUILIBRE SUR LE MARCHÉ DE LA MONNAIE : LA COURBE LM

D 3: la confrontation de l’offre et la demande sur le marché monétaire


Après la spécification de l’offre et de la demande de monnaie, il est
possible maintenant d’examiner l’équilibre sur le marché de la
monnaie.
Ce dernier est atteint lorsque l’offre de monnaie est égale à la demande
de monnaie. = (Y, i)

Lorsque l’offre de monnaie augmente(diminue) le taux


d’intérêt diminue (augmente). Mais lorsque le taux
d’intérêt est à son minimum i0, une offre de monnaie
supplémentaire devient sans effet (trappe à liquidité)
L’ÉQUILIBRE SUR LE MARCHÉ DE LA MONNAIE : LA COURBE LM

Il existe deux cas particuliers de la courbe LM : une courbe LM horizontale et une courbe LM verticale.
• Une courbe LM horizontale correspond à une situation de trappe à liquidité. Dans ce cas, la demande de monnaie
est parfaitement élastique au taux d’intérêt. Il s’agit d’une situation où les agents économiques ont une préférence
absolue pour la liquidité (la monnaie). En effet, le taux d’intérêt est si bas qu’il ne peut plus diminuer. Les agents
anticipent alors qu’il ne peut que remonter (donc le prix des titres ne peut que diminuer ; il n’est pas intéressant
d’en acquérir).

• Une courbe LM verticale correspond à une situation où la demande de monnaie est insensible au taux d’intérêt.
La demande de monnaie est alors constituée uniquement par le motif de transaction, conformément à la vision
développée par les économistes classiques, en lien avec la théorie quantitative de la monnaie. On parle alors d’une
zone classique de la courbe LM.
L’ÉQUILIBRE SUR LE MARCHÉ DE LA MONNAIE : LA COURBE LM

Considérons l’équilibre représenté sur le marché de la monnaie et


représenté par le couple (Y, i).
Une augmentation de la masse monétaire signifie un excès de
l’offre de monnaie par rapport à la demande. Pour retrouver
l’équilibre, la demande doit augmenter de la même quantité.
Soit par une hausse du revenu soit par une baisse du taux
d’intérêt. Dans les deux cas on assiste à un déplacement de la
courbe LM vers la droite.
Dans le cas contraire (une destruction de la monnaie), la courbe
LM se déplace parallèlement vers la gauche.
L’ÉQUILIBRE MACROÉCONOMIQUE GLOBAL : LE DIAGRAMME IS-LM

Détermination de l’équilibre macroéconomique global


L’équilibre macroéconomique est réalisé lorsque le marché
des biens et services (représenté par la courbe IS) et le
marché de la monnaie (représenté par la courbe LM) sont
simultanément équilibrés.

L’équilibre économique global va donc permettre de


déterminer un couple unique de revenu, noté Y *, et de taux
d’intérêt, noté i *, qui assure un équilibre à la fois sur le
marché des biens et services et sur le marché de la monnaie.

Graphiquement ceci se réalise lorsqu’il y a intersection entre


les courbes IS et LM.
L’équilibre global est déterminé par le couple revenu-taux d’intérêt, solution du système composé de deux équations
de :
Y= (IS)
Y= + i (LM)
L’ÉQUILIBRE MACROÉCONOMIQUE GLOBAL : LE DIAGRAMME IS-LM
Si on considère une relation linéaire entre la demande de monnaie, le revenu national et le taux d’intérêt.
Elle s’écrira : (Y, i) = Y – i
et représentent respectivement la sensibilité de la demande de monnaie par rapport au revenu national et au taux
d’intérêt.

Offre de monnaie = demande de monnaie


Mo = Y – i
L’équation de la courbe LM est définie comme suit : Y= + i

Il s’agit donc de résoudre un système de deux équations (IS et LM) à deux inconnues (Y et i). La résolution de ce
système aboutit à un couple unique revenu-taux d’intérêt : Y* et i*. Ce couple assure l’équilibre simultané sur le
marché des biens et services et sur le marché de la monnaie. La résolution d’un tel système aboutit au résultat suivant
:

Y* =
Y= (IS) i* =
Y= + i (LM)
L’ÉQUILIBRE MACROÉCONOMIQUE GLOBAL : LE DIAGRAMME IS-LM

Attention: Si le revenu d’équilibre global correspond à l’intersection des courbes IS et LM,


c.à.d. à l’équilibre simultané sur le marché des biens et services et sur le marché de la monnaie,
il ne coïncide pas nécessairement à un revenu d’équilibre de plein-emploi. Il y a même de fortes
probabilités pour qu’il s’agisse d’un revenu d’équilibre de sous-emploi.
L’ANALYSE DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES

A- La politique budgétaire

Considérons une économie en équilibre initialement (point A).


Les pouvoirs publics décident d’une politique budgétaire expansionniste
(hausse de G par exemple).
Pour un taux d’intérêt constant le revenu augmente et on se trouve au point B
mais ce point n’est pas un équilibre macroéconomique puisqu’il ne se trouve
pas sur la courbe LM, cela signifie que le marché de la monnaie n’est pas en
équilibre.

En effet, la hausse du revenu accroît la demande de monnaie, pour une même


offre la demande devient excédentaire.
Les agents désirent plus de liquidités qu’ils n’en disposent d’où une offre plus
élevée de titre s’exerce alors une pression à la hausse sur le taux d’intérêt qui
commence à augmenter. Au fur et à mesure de cette augmentation la demande
de monnaie baisse et l’investissement ainsi que le revenu (effet d’éviction).
Ce processus se poursuit jusqu’à l’équilibre sur les marchés des biens et
services, de la monnaie (point c).
L’ANALYSE DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES

A- La politique budgétaire

L'effet d'éviction est un phénomène économique qui se


caractérise par une baisse de l'investissement privé et de
la consommation qui serait provoquée par une hausse des
dépenses publiques.

L’effet d’une augmentation des dépenses publiques sur le


revenu, mais aussi sur le taux d’intérêt, s’analyse à l’aide
des équations de IS et LM
Y* =
i* =
L’ANALYSE DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES
A- La politique budgétaire
Ainsi on a:
Kg correspond au multiplicateur de la dépense publique ou
multiplicateur budgétaire.
Ainsi, l’augmentation des dépenses publiques provoque une
augmentation du revenu d’équilibre dans une proportion
égale à Kg

Y* =
Kg =
L’ANALYSE DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES
A- La politique budgétaire
Ainsi l’effet de la politique budgétaire sera d’autant plus
important lorsque :
• La propension marginale à consommer (c) est élevée
• La demande de monnaie réagit peu au niveau de l’activité (l1 )
et fortement au taux d’intérêt (l2 )
• L’investissement est faiblement sensible au taux d’intérêt (a)

la politique budgétaire est d’autant plus efficace que la pente


de la courbe IS est forte et la pente de la courbe LM est
faible.
L’ANALYSE DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES

B- La politique monétaire

Une hausse de la masse monétaire a pour effet d’accroître la


liquidité, les individus voient leurs encaisses s’accroître et
deviennent supérieures aux encaisses désirées. Ce qui exerce une
pression à la baisse sur les taux d’intérêt.
On se déplace vers le bas sur la courbe LM. Au point B, le marché
de la monnaie et en équilibre mais pas celui des biens et services.
Le taux d’intérêt est bas par rapport aux taux d’intérêt d’équilibre
donc le niveau d’investissement est plus élevé.
La demande de bien et services est excédentaire le revenu
augmente (les entrepreneurs déstockent et produisent plus pour
satisfaire la nouvelle demande).
La hausse du revenu s’accompagne d’une hausse de la demande
de monnaie et d’une hausse du taux d’intérêt.
Ce processus se poursuit jusqu’au point C
L’ANALYSE DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES
B- La politique monétaire
L’effet de la politique monétaire est d’autant plus important
que :
• La sensibilité de l’investissement au taux d’intérêt (a) est
élevée
• La propension marginale à consommer (c) est élevée
• La sensibilité de la demande de monnaie par rapport au
revenu et au taux d’intérêt est faible (l1 et l2)
=

la politique monétaire est d’autant plus efficace que la courbe IS de faible pente et une courbe LM de forte pente
L’ANALYSE DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES
C- Le Policy-mix

Situation initiale: L'économie se trouve en situation de sous-emploi,


caractérisée par un chômage élevé et une production insuffisante.
Politique budgétaire expansionniste: L'État décide d'augmenter les
dépenses publiques pour stimuler la demande agrégée. Cela entraîne
une augmentation du revenu (Y1 vers Y2) et une diminution du
chômage. Cependant, cette politique a également pour effet de faire
augmenter le taux d'intérêt (i1 vers i2) en raison de l'effet d'éviction.
Effet d'éviction: L'augmentation des dépenses publiques accroît la
demande de fonds empruntables, ce qui fait monter les taux d'intérêt.
Cette hausse du taux d'intérêt peut freiner l'investissement et la
consommation, limitant ainsi l'impact positif de la politique budgétaire
expansionniste.
Politique monétaire expansionniste: Pour contrer l'effet d'éviction et
amplifier l'impact positif de la politique budgétaire, les autorités
monétaires décident de mettre en œuvre une politique monétaire
expansionniste. Cela se traduit par une augmentation de l'offre de
monnaie (LM1 vers LM2), ce qui fait baisser les taux d'intérêt (i2 vers
i3) et stimule davantage l'investissement et la consommation.
L’ANALYSE DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES
C- Le Policy-mix
Policy-mix: La combinaison de la politique budgétaire expansionniste et de
la politique monétaire expansionniste constitue un policy-mix.
Ce policy-mix permet d'atteindre les objectifs suivants :
•Augmenter le revenu (Y2 vers Y3): La stimulation de la demande agrégée
par les deux politiques conduit à une augmentation de la production et du
revenu.
•Réduire le chômage: L'augmentation de la production s'accompagne d'une
création d'emplois, ce qui contribue à réduire le chômage.
•Maintenir le taux d'intérêt stable (i3 = i1): L'action conjointe des deux
politiques permet de contrer l'effet d'éviction de la politique budgétaire et de
maintenir le taux d'intérêt à un niveau favorable à l'investissement et à la
croissance.
Point d'équilibre: Le nouveau point d'équilibre (E3) se situe à un niveau de
revenu plus élevé (Y3) et à un taux d'intérêt stable (i3) par rapport à la
situation initiale (E1).
Conclusion: Ce policy-mix illustre comment la combinaison judicieuse de
politiques budgétaire et monétaire peut permettre de sortir d'une situation de
sous-emploi tout en préservant la stabilité des prix. Il est important de noter
que l'efficacité d'un tel policy-mix dépend de divers facteurs, tels que la
sensibilité de l'économie aux changements de taux d'intérêt et la coordination
entre les politiques budgétaire et monétaire.
Bibliographie
• Olivier Blanchard et Daniel Cohen (2009). Macroéconomie, Edition Pearson Education.
• Bernier Bernard et Simon Yves (2009). Initiation à la macro-économie, Edition Dunod.
• Cyriac Guillaumin (2020). Macroéconomie , Edition Dunod.

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