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Types de devoirs et réflexions morales

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Module 3 La morale/le

devoir
Peut-on savoir ce qui
est bon ou mauvais ?
Qu’est-ce qui fait
qu’une action est
morale ou immorale ?
A partir du questionnaire, dégage les
critères qui t'ont permis à qualifier les
actions morales ou immorales et les
questions que l'on peut se poser à
propos de la morale. Place les dans un
tableau et formule des questions à partir
de ces différents critères.
Les différents types de devoir
1. Le devoir moral vocation
Sens : Ce que je dois faire pour être moralement bon. Sens : Ce que je ressens intimement comme ce que je
Exemple : Dire la vérité, respecter autrui, aider dois accomplir.
quelqu’un en danger. Exemple : L’artiste qui sent qu’il doit créer, ou
Philosophes associés : Kant (impératif catégorique), quelqu’un qui estime devoir se consacrer à une cause.
Rousseau (obligation sociale et politique). Lien : On se rapproche de l’idée de responsabilité ou
Formulation typique : « Tu dois… », « Il faut… ». de mission personnelle.

2. Le devoir social / juridique 4. Le devoir scolaire


Sens : Ce que je dois parce que la société l’exige (lois, Sens : Ce qu’on appelle communément un « devoir »,
règles, conventions). c’est-à-dire un exercice demandé par l’enseignant.
Exemple : Payer ses impôts, respecter le code de la Exemple : Dissertation, commentaire, explication de
route, aller à l’école jusqu’à 16 ans. texte.
Particularité : Ce devoir peut varier selon les sociétés Intérêt pédagogique : Jouer sur le double sens du
et les époques. mot devoir : ce qu’on doit moralement et ce qu’on doit
scolairement.

Devoir = contrainte ou obligation ?


Les différents types de devoir
Exemples à classer
« Je dois dire la vérité, même si cela
« Je dois aider mon ami qui est en me coûte. »
danger. »
« Je dois respecter les limitations de
« Je dois rendre une dissertation de vitesse. »
philosophie lundi. » « Je dois peindre : c’est plus fort que
moi, je ne peux pas m’empêcher de
« Je dois payer mes impôts. » créer. »

« Je dois travailler pour payer mon « Je dois ranger ma chambre parce


loyer, même si je n’aime pas ce que mes parents me l’imposent. »
travail. »
La morale se réduit-elle aux mœurs ?
Est-elle seulement un produit
culturel ?
La question de savoir ce qui rend une action bonne ressort du domaine de la réflexion morale.
A l'origine les deux termes désignaient la même chose, dérivant du mot « mores » qui signifie mœurs, la
manière de vivre de façon réglée. La seule différence entre eux, c'était que le terme d'éthique était grec et le
terme de morale était latin.

Les mœurs désignent l'ensemble des valeurs établies et transmises par la société. On parle
d'ailleurs autant de morales que de sociétés et d'époques. Les valeurs morales issues des mœurs sont
ainsi relatives et variables et non pas universelles et absolues. Mais est-ce à dire que la morale se réduise
aux mœurs, et donc constitue un simple conformisme (conventionnalisme)? C'est la position du relativisme
moral.
Ne peut-on pas espérer, tendre vers une universalisation de la morale, (et plus généralement du juste par
exemple avec des institutions comme la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ou même le tribunal
pénal international ?)
C'est ce que pourrait permettre l'éthique, c'est-à-dire la réflexion sur la morale. La morale dit par exemple, :
« il ne faut pas tuer ». L'éthique demande : « pourquoi ne faut-il pas tuer ? »; sur quoi est fondé ce précepte en
l'homme ? » et plus généralement elle pourra se demander : comment définir une action bonne ? qu'est-ce qui
fait qu'une action est morale ?; d'où vient la morale?...

Ainsi si on considère que la morale se réduit à des préceptes appris, à une certaine culture, l'éthique n'a pas
lieu d'être puisque la réponse sera toujours relative à une certaine société. C'est l'usage ou la coutume qui
justifieront un comportement. Il suffirait alors pour être moral de se conformer sans réfléchir à ce que l'on doit
faire, sans autre raison qu'il en a toujours été ainsi.

En revanche, si l'on s'indigne, si l'on est choqué par un comportement de sa propre culture ou d'une autre, c'est
que l'on refuse de le justifier par le fait, de confondre être et devoir-être.

C'est ce à quoi s'oppose la guillotine de Hume (Traité de la nature humaine) : principe qui établit une
coupure entre les faits et les normes sociales.

Mais est-ce si simple de trouver un fondement sûr à la morale ? Peut-il exister une morale universelle ? N'y a-t-
il pas des dérives possibles ? Le relativisme est entre autres parfois un moyen de critiquer l’ethnocentrisme.
Fais l'exercice 3 p.108 du manuel
Rapport initial individuel

Examinez de façon critique chacune des questions ci-dessous individuellement et


réalisez un rapport initial qui doit comporter des justifications, des explications les plus
précises possibles.

-Est-ce immoral d’être infidèle ? Y a-t-il un devoir de fidélité amoureuse ?


-Si on est infidèle faut-il le dire ? Si on découvre une infidélité chez un couple d’amis
faut-il le dire ?
-La consommation de viande pose-t-elle un problème moral ?
-Que faut-il penser de la corrida ?
-La gestation pour autrui est-elle acceptable moralement ?

Gardez précieusement cette feuille. Elle vous servira pour faire votre rapport révisé.
Critiques du relativisme moral
Le relativisme moral est la position selon laquelle les normes et les jugements moraux varient en
fonction des cultures, des sociétés, ou des individus, et qu'il n'existe pas de vérités morales
absolues ou universelles. Cette approche est souvent critiquée pour plusieurs raisons, dont les
principales sont les suivantes :
Absence de normes morales universelles :
L'une des critiques majeures du relativisme moral est qu'il nie l'existence de principes moraux
universels applicables à tous. Cela conduit à une situation où des pratiques moralement
problématiques, comme l'esclavage, la discrimination ou la torture, peuvent être justifiées si elles
sont acceptées par une culture donnée, sans possibilité de critique externe.
Relativisme et tolérance excessive :
En affirmant que toutes les normes morales sont relatives, le relativisme moral peut promouvoir
une forme de tolérance excessive qui empêche de condamner les pratiques moralement
répréhensibles. Si tout est acceptable en fonction du contexte culturel ou individuel, cela pourrait
justifier des comportements violents ou inhumains sous prétexte qu'ils sont normaux dans une
société particulière.
Impossibilité de juger des comportements moralement répréhensibles :
Le relativisme moral rend difficile, voire impossible, de condamner objectivement des pratiques
immorales d'autres cultures ou sociétés, même lorsqu'elles violent des droits humains
Incohérence interne : Certains philosophes soutiennent que le relativisme moral est
intrinsèquement contradictoire. En effet, si le relativisme moral prône que toutes les
croyances morales sont également valables, il devrait aussi accepter la validité des
croyances qui affirment qu'il existe des vérités morales absolues. Cela semble créer une
incohérence, car il reconnaît la validité d'une position qui s'oppose à lui-même.

Problème de la réforme sociale : Le relativisme moral pose problème lorsqu'il s'agit de


justifier des réformes sociales. Si les normes morales sont relatives à une culture, alors toute
tentative de changer une pratique culturelle existante pourrait être considérée comme
immorale par cette société. Cela rendrait difficile, voire impossible, toute réforme morale
progressive au sein d'une culture (comme l'abolition de l'esclavage ou l'égalité des droits).

Manque de fondement pour résoudre les conflits moraux : Dans un monde où


différentes cultures ou groupes individuels ont des valeurs morales contradictoires, le
relativisme moral ne fournit pas de méthode pour résoudre ces désaccords. Cela pourrait
conduire à une impasse morale où chaque groupe revendique la validité de sa propre
position sans qu'il soit possible d'arbitrer entre elles.
Critiques du déontologisme
La morale déontologique, fondée principalement par des penseurs comme Emmanuel Kant, met
l'accent sur les devoirs moraux, les principes, et les règles absolues, indépendamment des
conséquences. Cependant, elle fait l'objet de plusieurs critiques principales :

Rigidité et inflexibilité : La déontologie peut sembler trop rigide, car elle impose des règles
morales absolues. Cela peut mener à des situations où suivre la règle morale engendre des
résultats moralement problématiques. Par exemple, si une règle morale interdit de mentir, il
faudrait dire la vérité même si cela met en danger la vie de quelqu’un.

Manque de prise en compte des conséquences : Contrairement aux approches


conséquentialistes (comme l'utilitarisme), la déontologie néglige les résultats des actions. Elle
peut ainsi encourager des comportements moralement douteux si la règle en question est suivie
aveuglément, même si les conséquences sont catastrophiques.

Conflit de devoirs : Les situations où des devoirs ou obligations morales entrent en conflit
sont problématiques pour la déontologie. Par exemple, si on a à la fois l'obligation de dire la
vérité et celle de protéger une personne, ces deux impératifs peuvent se contredire dans
certaines circonstances.
Critiques de l’éthique de sensibilité
L'éthique de la sensibilité morale, souvent associée à des penseurs comme David Hume ou à des
théories contemporaines centrées sur les émotions et l'empathie (comme l'éthique du care), met
l'accent sur l'importance des sentiments moraux et des réponses empathiques aux situations
éthiques. Cette approche n'est pas exempte de critiques, dont voici les principales :
Subjectivité excessive :
L'éthique de la sensibilité morale repose fortement sur les émotions et les sentiments personnels,
qui sont par nature variables d'une personne à l'autre. Ce qui éveille la compassion ou l'empathie
chez une personne peut laisser quelqu'un d'autre indifférent, rendant difficile l'établissement de
principes moraux universels.
Absence de règles claires :
Contrairement à des éthiques déontologiques ou conséquentialistes, l'éthique de la sensibilité
morale n'offre pas de règles strictes ou de lignes directrices objectives pour orienter les actions.
Cela peut créer un manque de cohérence ou de prévisibilité dans les prises de décision morale.
Manque de rationalité ou de justification logique :
Les décisions morales basées sur la sensibilité sont souvent jugées comme insuffisamment
justifiées de manière rationnelle. Les émotions peuvent fluctuer en fonction de facteurs
personnels ou contextuels, ce qui peut mener à des jugements moraux perçus comme irrationnels
ou incohérents.
Risque de partialité ou de favoritisme :
L'éthique de la sensibilité morale peut favoriser des réponses émotionnelles envers ceux qui nous
sont proches ou qui déclenchent notre empathie, conduisant à des biais dans nos jugements
moraux. Par exemple, on peut être plus enclin à aider ceux pour qui on ressent une connexion
émotionnelle, au détriment de ceux qui en auraient davantage besoin mais qui n’éveillent pas la
même réponse émotionnelle.
Dépendance à la sensibilité individuelle :
Certaines personnes peuvent avoir une sensibilité morale plus développée que d'autres, tandis que
d'autres peuvent être plus détachées émotionnellement. Cela crée un problème de diversité dans la
capacité à ressentir ou à réagir aux émotions morales, compromettant l'idée d'une norme morale
partagée.
Manipulation des émotions :
Les émotions peuvent être influencées par des facteurs externes, y compris la manipulation sociale
ou psychologique. Par exemple, des campagnes médiatiques peuvent susciter des émotions fortes
comme la peur ou la pitié, faussant les jugements moraux et rendant les individus vulnérables à la
manipulation.
Ignorance des principes moraux universels :
Certains critiques estiment que l'éthique de la sensibilité morale sous-estime la valeur des
principes moraux universels et des normes communes. Le fait de s'appuyer uniquement sur les
sentiments peut affaiblir la possibilité d'établir une justice ou des droits qui transcendent les
différences culturelles ou personnelles.
Instabilité émotionnelle :
Les émotions humaines sont par définition volatiles. Une approche morale fondée sur ces émotions
Consignes pour le colloque
Chaque groupe examine les questions à partir du courant éthique attribué. Il faut que vous
endossiez le rôle d’un philosophe appartenant à ce courant et défendiez votre position.

Lisez la fiche soigneusement et demandez-vous ce que serait sa réponse. Trouvez plusieurs


arguments, sur quoi se fondent-ils ? Trouvez des exemples, des contre arguments.
Rapport révisé individuel

A la lumière du travail effectué en petits groupes à partir des fiches de chaque courant (ci-
dessus) puis du colloque des philosophes (prise de notes pendant le débat à 4 courants),
effectuez votre rapport révisé sur la même feuille que votre rapport initial.

Reprenez votre rapport initial et choisissez 3 questions parmi les 6 travaillées : Avez-vous
changé d’avis ? Avez-vous nuancé votre position ? Avez-vous de nouveaux arguments ou contre-
arguments ? Si vous ne changez pas d’avis général, pourquoi ?

Indiquez dans quel courant vous étiez pendant le colloque.

Vous devez faire apparaître les positions des autres courants en prenant soin de définir leur
thèse et leurs principaux arguments. Servez-vous des exemples et idées des autres élèves
pendant le colloque.

Explicitez le plus précisément possible en prenant soin de bien argumenter.

Ce travail sera ramassé et noté.

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