Master I
Génie Chimique
Cours
Distillation & Rectification
I.1 Généralités
La distillation est une opération unitaire permettant de séparer les
constituants d’un mélange liquide dont les températures d’ébullitions
sont différentes en mettant à profit la différence de volatilité (capacité
à s'évaporer selon la température) des constituants.
Cette technique repose sur la vaporisation partielle du liquide
suivie d’une condensation de la vapeur ainsi formée.
Il résulte:
Distillat : vapeur condensée riche en composé le plus
volatil.
Résidu : liquide pauvre en composé le plus volatil.
On distingue deux procédés de distillation:
Distillation simple (flash) mono-étage.
Distillation fractionnée (multi-étages)
Ces deux procédés peuvent être continues ou
discontinues.
La rectification est une série de distillations dans une colonne
de manière à provoquer des échange thermiques et de
matières entre les deux phases liquide et vapeur circulant à
contre courant.
Fig.I.1: Schéma d’une colonne de
distillation
4
I.2. Diagrammes de phases binaires Liquide-
vapeur
Dans un mélange simple de composition complètement miscible en toute
proportions, le diagramme isobare à l’allure de la figure (I.2).
Fig. I.2: Diagrammes de phases liquide-vapeur.
Dans le cas des diagrammes isothermes, les courbes de rosée et d’ébullition
sont inversées (Fig. I.3)
6
Fig. I.3: Diagrammes binaires isobare et
isotherme
Dans le cas réel, on peut avoir les allures suivantes (fig. I.4)
(a) (b (C
) )
(d (e) (f)
)
Fig.I.4: Diagrammes binaires (a) zéotrope, (b) azéotrope
minimum, (c) azétrope maximum, (d,e,f) courbes
I.2.1. Règle des
moments
Soit un mélange représentant par le point (M) dont les compositions du liquide et
de vapeur sont représentées par (A) et (B) respectivement .
𝐿𝑖𝑞𝑢𝑖𝑑𝑒 𝑀𝐵 𝑥 − 𝑧
= =
𝑉𝑎𝑝𝑒𝑢𝑟 𝑀𝐴 𝑧 − 𝑦
𝑚𝐿 𝑀𝐵 𝑥 − 𝑧 ( I.1)
= =
𝑚𝑡 𝐴𝐵 𝑥− 𝑦
𝑚𝑉 𝑀𝐴 𝑧 − 𝑦
= =
𝑚𝑡 𝐴𝐵 𝑥−𝑦
y z x
I.3. Volatilité relative
()
I.3.1. Volatilité absolue
(Ki )
A l’équilibre, la distribution du composé i d’un mélange liquide entre les deux phases
liquide et vapeur est exprimée par le coefficient de distribution Ki , appelé aussi
volatilité absolue, dépend uniquement de la température et de la pression.
𝑦𝑖
𝐾 𝑖= (I.2)
𝑥𝑖
yi: La fraction molaire du composé i dans la phase vapeur.
xi: La fraction molaire du composé i dans la phase liquide.
Elle peut être calculée Expérimentalement, analytiquement ou
graphiquement 9
Méthode
Analytique
Les lois qui régissent les équilibres liquide-vapeur sont décrites pour les systèmes
idéaux par les lois de Raoult et Dalton. L’expression de la volatilité absolue devient:
0
𝑦𝑖 𝑃𝑖
𝐾 𝑖= = (I.3)
𝑥𝑖 𝑃
La pression de vapeur saturante (mmHg) peut être calculée à partir de l’équation
d’Antoine.
𝐵𝑖
𝑙𝑛 𝑃 0𝑖 = 𝐴 𝑖 − (I.4)
𝐶𝑖 +𝑇
10
Méthode Graphique (Diagramme de
Depriester)
P=200 Psi, T = 60
°F
P=70Psi, T =30 °F
11
Figure I.5: Diagrammes de Depriester
La volatilité relative, notée (), nous renseigne sur la difficulté de séparation de
deux constituants (i et j) dans un mélange liquide. Elle est exprimée par:
0
𝐾 𝑖 𝑃𝑖
𝛼 𝑖𝑗= = 0 (I.5)
𝐾𝑗 𝑃𝑗
Plus la volatilité relative est élevée, plus la séparation est facile:
La distillation sera rarement envisagée pour les mélanges dont la volatilité
relative est proche de l’unité.
12
Les données des équilibres liquide-vapeur d’un mélange binaire peuvent être
calculées en se basant sur :
Les pressions de vapeur
saturantes: ( 𝑃 − 𝑃 0𝑖 )
𝑥𝑖 = (I.6.a
( 𝑃 0𝑖 − 𝑃 0𝑗 ) )
( )
0
𝑃𝑖
𝑦 𝑖= 𝑥 𝑖 (I.6.b)
𝑃
La volatilité relative
:
𝛼𝑖𝑗 𝑥 𝑖
𝑦 𝑖= (I.7)
1+ ( 𝛼𝑖𝑗 − 1 ) 𝑥 𝑖
13
I.4. Types de colonne à distiller
I.4.1. Colonnes à plateaux
Plateaux à Plateaux perforés Plateaux à
cloches soupapes
14
Fig. I.6: Colonne à plateaux
I.4.2. Colonnes à garnissage
Garnissage
Garnissage structuré
structuré
Garnissage en
vrac
Fig.I.7: Colonne à
Garnissage en vrac garnissage
I.5. Problèmes rencontrés dans une colonne à distiller
Engorgement: L’écoulement de la vapeur bloque celui du
liquide.
Pleurage: Une fraction du liquide passe par les orifices normalement utilisés
par la vapeur au lieu des déversoirs.
Primage: Le liquide monte avec la vapeur .
Moussage.
Mauvaise distribution des fluides
16
QV trop important,
entrainement des gouttes
dans les zones supérieures
Débit du
Vapeur
Entrainemen
t
QL est insuffisant, la
colonne se remplit
complètement de
Assèchemen
Engorgemen
vapeur
QL trop important, la
colonne se remplit
complètement de
liquide
t
Pleurage
QV trop faible, l’ écoulement
du liquide par les orifices
Débit du liquide
17
Fig,I.9: Domaine de fonctionnement d’une colonne
18
Distillation Flash
19
II.1. Introduction
La distillation flash est l’opération de distillation la plus simple. Elle consiste à
mettre la vapeur produite par vaporisation partielle du mélange liquide en
équilibre avec le liquide résiduel sous certaines conditions de température et
de pression.
L’appareil utilisé pour la distillation flash est équivalent à
un étage théorique.
Elle sert comme un prétraitement des charges avant
l’introductions dans les colonnes à distiller.
Fig II.1: Distillation
flash.
II.2. Modes de fonctionnement de la distillation V, y
flash
Flash isotherme: le
liquide passe dans un Echangeur
Charge liquide
échangeur de chaleur où une
F, z,Tz,Pz
vaporisation partielle se
Q
produite. Les deux phases
liquide et vapeur sont séparées
dans le réservoir (flash Drum) .
L, x
[Link].2: Flash 21
isotherme
V,
Flash adiabatique: le liquide y
chauffé passe par une vanne de
détente et la baisse de pression
Charge liquide Vanne
provoque la vaporisation partielle
du mélange liquide. F, z,Tz,Pz
L, x
Fig. II.3: Flash 22
adiabatique
V, y
Condensation partielle: le
Condenseur
courant de vapeur est introduit Charge Vapeur
dans un condenseur partiel et F, z,Tz,Pz
le mélange liquide-vapeur est Q
séparé dans le réservoir.
L, x
[Link].4: Condensation
partielle
II.3. distillation flash d’un mélange
binaire
On considère une distillation d’un mélange liquide binaire
Le bilan de matière
s’écrit: V, y, HV
Bilan de matière
global:
Bilan de matière partiel: F, z, HF
L, x, HL
[Link].5: Distillation flash système
binaire
Si on introduit la fraction vaporisée dans l’équation (II.3), on trouve :
C’est une équation d’une droite opératoire de pente passant par le
point (z , z).
La résolution de l’équation (II.4) ( deux inconnus), nécessite une deuxième
équation, appelée courbe d’équilibre (y= f (x)).
La solution graphique est donnée par l’intersection de la droite
opératoire et la courbe d’équilibre.
Cas
particuliers
𝛙= 𝟎
𝛙
−൬ ൰
𝟏−𝛙
y
Si , la pente tend (a)
vers l’infini , la droite est une (b)
verticale et l’alimentation est un 𝛙= 𝟏
.
liquide saturée. (c)
Si , la pente tend vers
zéro , la droite est horizontale et
l’alimentation est une vapeur
saturée. z x
26
Figure II.5-
[Link].6: Résolution
Résolution graphiqued’un
graphique d’un flash
flashbinaire
binaire
La solution analytique revient à résoudre le système d’équation suivant:
On trouve après réarrangement
La solution de l’équation (II.6) est la solution analytique de la distillation
flash d’un mélange binaire.
II.3. Distillation flash isotherme
multicomposant
Soit un mélange multicomposant pour lequel les volatilités sont indépendantes
des compositions (figure II.7). V, yi
Bilan de matière partiel:
F, zi
On remplace yi par son expression dans l’équation (II.7):
On trouve: L, xi
Fig II.7 : Flash multi
composant
On a
La résolution de l’équation (II.13), appelée équation de RachFord-Rice , se fait par
plusieurs techniques numériques.
Une fois la fraction vaporisée est déterminée, les autres termes à savoir : V, L,
xi , yi et Q sont évaluées.
Pour une solution idéale:
HiL et HiV sont les enthalpies des composants purs dans les deux phases (liquide et
vapeur)
On peut aussi exprimer les enthalpies des phases liquide ou vapeur à l’aide des
relations suivantes
CpLi : Capacité calorifique de i en phase liquide
CpVi : Capacité calorifique de i en phase vapeur
Avec
HLVi : chaleur latente de vaporisation de i à Tref
Tref : Température de référence
II.4. Points de bulle et de rosée
Il est important , dans tout problème de distillation, de connaître:
Les conditions de Température et de Pression sous lesquelles les phases
liquide et vapeur coexistent.
Les conditions limites du domaine correspondent aux point de bulle et de
rosée du mélange à traiter.
On considère un mélange, contenant n constituants, de compositions
respectives zi
II.4.1. Point de bulle
Au point de bulle, le mélange est un liquide saturé en équilibre avec les premières
bulle de vapeur. La composition du liquide (xi) est celle du mélange initial (zi)
La relation d’équilibre est donnée par l’expression suivante:
Et la condition qui doit être vérifiée s’écrit:
L’équation (II.19) représente le critère du point de bulle.
Dans le cas où la température est connue, on détermine la pression sous laquelle
les premières bulles de vapeur vont apparaître.
Dans le cas où la Pression est connue, on détermine la température de bulle. La
résolution nécessite une procédure itérative.
II.4.1. Point de rosé
Au point de rosé, le mélange est une vapeur saturante est en équilibre avec les
premières gouttes de liquide. La composition de vapeur est celle du mélange
initial.
La relation d’équilibre est donnée par l’expression suivante:
Et la condition qui doit être vérifiée s’écrit:
L’équation (II.21) représente le critère du point de rosé.
Dans le cas où la température est connue, on détermine la pression sous laquelle
les premières gouttes du liquide vont apparaître.
Dans le cas où la Pression est connue, on détermine la température de rosée. La
résolution nécessite une procédure itérative.
II.5. Détermination des phases d’un courant
Liquide sous refroidi <1 >1
Liquide saturé =1 >1
Mélange liquide- >1 >1
vapeur
Vapeur saturée >1 =1
Vapeur surchauffée >1 <1
Distillation continue des
mélanges binaires
III.1-
Introduction
La distillation des mélanges binaires est un cas idéal utile pour présenter les
principes de la distillation mais peu souvent rencontrés dans les procédés
industriels.
Les différents calculs dans une colonne de distillation se basent sur:
Equilibres liquide-vapeur
Bilans massiques
Bilans énergétiques
III.2- Bilans massique et énergétique
Le bilan total , à l’état stationnaire, sur toute la colonne de distillation s’écrit:
Bilan massique global (BMG):
Bilan massique partiel (BMP):
Bilan énergétique(B.E):
Quantité de Quantité de
chaleur apportée chaleur soutirée
au rebouilleur du condenseur
[Link].1: Colonne à distiller
Les bilans peuvent être faites sur des sous
Zone de
sections:
rectification
Bilan massique global (BMG):
Bilan massique partiel (BMP):
Bilan énergétique(B.E):
[Link].2: Bilans dans la zone de
rectification
Zone d’épuisement
Bilan massique global (BMG):
Bilan massique partiel (BMP):
Bilan énergétique(B.E):
[Link].3: Bilans dans la zone
d’épuisement
Etage d’alimentation
Bilan massique global (BMG):
𝐿𝑛
Bilan énergétique(B.E): 𝑉𝑛
𝐿𝑚
(III,11)
Si on suppose que la variation des enthalpies sont faibles, 𝑉𝑚
alors:
(III,12)
Figure
[Link].5: Bilans III.3 : sur
dans Bilanle
massique
plateau sur le plateau
d’alimentation d’alimentation
La relation (III.11) devient en tenant compte de la relation
(III.10):
(III.13)
Fraction non
vaporisée
,
III.3. Détermination du nombre d’étages théoriques
(NET)
Méthode de
Lewis Sorel •Colonne adiabatique;
•Les chaleurs de mélange sont nulles;
• les chaleurs de vaporisation sont
N proches.
E Méthode de
T Mac Cabe &
Thiele
Méthode de Poncho
Savarit
III.3.1. Méthode de Lewis
Sorel
D’après les bilans massiques (III.5) et (III.8)
On tire:
L’ équation (III.14) représente la droite opératoire de la zone de rectification
passant par le point (xD, xD).
L’ équation (III.15) représente la droite opératoire de la zone d’épuisement
passant par le point (xB, xB).
On part de la composition du distillat ( yD = xD =y1).
La courbe d’équilibre permet d’accéder à x1, la composition du liquide qui
retourne au plateau 2
La droite opératoire de rectification permet alors de déterminer y2.
Connaissant y2 la courbe d’équilibre permet de déterminer x2….
Après l’alimentation, on utilise l’équation de la droite opératoire
d’épuisement au lieu de la droite opératoire de rectification.
On arrête lorsque la composition xi du liquide atteint ou dépasse la
composition souhaitée xB (xi xB).
NET = (Nombre d’équations – 1)
III.3.2. Méthode de Mac Cabe & Thiele
La méthode de Mac Cabe & Thiele se base sur la représentation graphique des équations des
droites opératoires et d’équilibre.
DOE
DOA 1
3 DOR
xB zF xD
[Link].6: Construction de Mac Cabe &
Thiele
III.3.2.1. Droite
d’alimentation
Selon les conditions thermodynamiques, l’alimentation peut être
1. Liquide sous 2. Liquide saturé
refroidi l’alimentation, à son
Entraîne la condensation
point d’ébullition, descend
d’une partie de la vapeur
dans la zone d’épuisement.
présente dans le plateau
d’alimentation.
4. Vapeur saturée
L’alimentation monte dans
la zone de rectification
3. Mélange Liquide-
vapeur
L’alimentation se
répartie entre chacune des
deux zones. [Link] surchauffée
Entraîne la vaporisation
d’une partie du liquide
présente dans le plateau
d’alimentation.
D’après les conditions d’alimentation 2-4,on peut écrire les relations entre les débits du
liquide et de la vapeur dans les deux zones ( rectification et épuisement):
𝐿 𝑚= 𝐿 𝑛 +𝑞𝐹 ( 𝐼𝐼𝐼 , 16 )
𝑉 𝑛= 𝑉 𝑚 +(1 − 𝑞) 𝐹 ( 𝐼𝐼𝐼 , 17)
Si l’alimentation est une vapeur saturée (q=0), les équations précédentes
deviennent: 𝐿 𝑚= 𝐿 𝑛 ( 𝐼𝐼𝐼 , 18 )
𝑉 𝑛= 𝑉 𝑚 + 𝐹 ( 𝐼𝐼𝐼 , 19 )
Si l’alimentation est un liquide saturé(q=1), les équations précédentes deviennent:
𝐿 𝑚= 𝐿 𝑛 + 𝐹 ( 𝐼𝐼𝐼 , 20 )
𝑉 𝑛 = 𝑉 𝑚 ( 𝐼𝐼𝐼 , 21)
L’équation (III.24) est, appelée «q-
line», une droite de pente (q/q-1)
passe par le point (zF,zF) et le point
d’intersection des droites
opératoire de rectification et
d’épuisement respectivement.
[Link].7: Droites opératoires d’alimentation « q-
line »
Le tableau III.1 donne les différentes relations de q selon les conditions
thermodynamiques de la charge (alimentation).
Alimentation q Relations
Liquide sous refroidi <0 >1
Liquide saturé 0 1 1
Mélange liquide-vapeur 0<<1 0<q<1
Vapeur saturée 1 0 0
Vapeur surchauffée >1 <0
III.3.2.2. NET en fonction du taux de
reflux
Le taux de reflux est défini comme:
La droite opératoire de rectification en fonction du taux de reflux s’écrit:
III.[Link]. Taux de reflux total (NETmin)
Le nombre d’étage théorique minimum (NETmin) s’obtient lorsqu’on travail à reflux total.
F = D= B =0
Ln=Lm =Vm=Vn
La pente des DO coïncide
avec la première bissectrice.
[Link].7: NET à taux de reflux total
III.[Link]. Taux de reflux minimum
Le taux de reflux minimum correspond à une production maximale du distillat
et un nombre d’étages théoriques infini.
Le point d’intersection des
DOR, DOE et DOA devient un
point de la courbe d’équilibre.
[Link].8: Taux de reflux minimum
III.[Link]. Equation de
Fenske
L’équation de Fenske permet une estimation rapide du nombre minimum
d’étages requis.
Si la volatilité relative varie dans la colonne son expression est:
III.[Link]. Multi-
Alimentations
Zone de rectification
Zone de
intermédiaire
Le courant le plus riche en
élément le plus volatil est
introduit en haut.
Zone d’épuisement
[Link].9 : Colonne à distiller avec deux
alimentations
(BMG) et (BMP) de la colonne:
D, xD
n
L
V
n+1
F1 z1
(BMG) et (BMP) de la zone
k
L’
intermédiaire: V’
k+1
F2 z2
m
Lm
Vm
m+1
B, xB
L’équation (III.33) représente la droite opératoire de la zone intermédiaire de
pente (L’/V’)
On peut aussi établir un bilan de matière pour la partie inférieure de la colonne.
D, xD
n
L
V
n+1
F1 z1
k
L’
V’
k+1
F2 z2
BMG et GMP des zones de rectification et L’’
m
V’’ m+1
d’épuisement restent les mêmes
(équations (III.14) et (III.15)). B, xB
III.[Link].
Soutirage
Un courant latéral peut être retiré de la phase liquide ou de la phase vapeur à
partir de n’importe quelle zone de la colonne.
BM des courants liquide et vapeur s’écrivent.
Soutirage de la phase liquide:
Soutirage de la phase vapeur:
Le bilan de matière sur la zone intermédiaire dépend de la position du soutirage
par rapport à l’alimentation.
Le soutirage est au dessus de l’alimentation.
Le soutirage est au dessous de l’alimentation.
III.3.3. Efficacité de la colonne
Le nombre de plateaux réels (NER) supérieur au nombre de plateaux théoriques
(NET).
Pour tenir compte du fait que les fluides quittant un plateau ne sont pas en
équilibre. On affecte à chaque plateau de la colonne une grandeur appelée
efficacité de Murphree.
Phase vapeur: La composition d’une vapeur
qui serait en équilibre avec
le liquide Li
Phase liquide:
La composition d’un liquide
qui serait en équilibre avec
69 la
vapeur Vi
L’efficacité de Murphree est une information précise mais difficile à calculer.
On utilise généralement le concept d’efficacité globale définit comme
suit:
Dans le cas d’une colonne à garnissage, on exprime l’efficacité en hauteur
équivalent d’un plateau théorique (HEPT:
III.3.3. Méthode de Ponchon-
Savarit
Lorsque les hypothèse de Lewis ne sont pas applicables (chaleurs des mélanges
sont importantes, les plateaux ne sont pas adiabatiques), la résolution graphique
d’un problème de distillation se fait à l’aide d’un diagramme enthalpie-
concentration.
[Link]. : Diagramme Enthalpie -
Zone de
rectification
Bilan massique partiel (BMP):
Bilan énergétique(B.E):
Energie thermique extrait en tête
de la colonne par mole de distillat
On élimine le terme D des équations (III.5) et (III.41), on trouve l’expression du taux de
reflux interne:
Le rapport entre les deux équations précédentes donne:
Dans un diagramme Enthalpie- Composition, les trois points (xn ,HLn) , (yn+1, HVn+1) et (xD,
QD) sont alignés.
Pole
(P)
Si on note: n=0 et HL0 = HD
Le taux de reflux est défini comme:
H (J/mol)
.P - (xD , QD)
. V1 - (y1, HV1)
.L 0 - (xD, HD)
x, y
xD
P
L0
Zone d’épuisement
Bilan massique partiel (BMP):
Bilan énergétique(B.E):
Energie thermique
extrait en tête de la
colonne par mole
de distillat
On élimine le terme B des équations (III.8) et (III.47), on trouve l’expression du taux de reflux
interne:
Le rapport entre les deux équations (III.49) et (III.50) donne:
Dans un diagramme Enthalpie- Composition, les trois points (xm ,HLm) , (ym+1, HVm+1) et (xB,
QB) sont alignés.
P
P’
Droite
d’alimentation
Bilan massique partiel (BMP):
Bilan énergétique(B.E):
On élimine le terme F des équations (III.2) et (III.52), on trouve
D’après les équations (III.53) et (III.54), on peut écrire:
Dans un diagramme Enthalpie- Composition, les trois points P(xD ,HD) , (zF, HF) et P’ (xB,
QB) sont alignés.
Pole
(P’)
H (J/mol)
V6
P . - (xD , QD)
V5
V4
V3 V2
.V 1 - (y1, HV1)
5 1
4 2
L5 3
(xB , HB) - B
. L4
L3
L1
L2
. L0 . - (xD, HD)
x, y
xB
xD
zF
(xB , QB) - P‘ .
x
A reflux total : F, D, B sont nuls. QD et QB tend vers l’infini.
Toutes les droites opératoires sont verticales.
H (J/mol)
.
P(+)
P(-) .
x, y
Rmin: Droite opératoire peut se superposer à une conodale passant
par F.
IV- Distillation &
Rectification discontinue
Distillation discontinue
IV.1- Introduction
La distillation discontinue (distillation batch) est une
opération évoluant dans le temps. Le mélange à
séparer est chargé une fois dans l’installation, Elle
est fréquemment employée dans la production des
produits chimiques, biochimiques et les industries
pharmaceutiques et agroalimentaires.
La vapeur produite est en équilibre avec le
liquide restant dans le ballon ( étage
théorique).
Le bilan de matière en régime transitoire
s’écrit:
- Ce qui entre = ce qui s’accumule
[Link].1: Distillation discontinue
Utilisation des fractions
molaires:
Soit Bo le nombre total de mole dans le ballon, D la quantité de matière sortant du
rebouilleur:
𝜕 𝐵
Bilan massique total: − 𝐷= ( IV , 1)
𝜕𝑡
𝜕 ( 𝐵 𝑥 𝐵) 𝜕𝑥𝐵 𝜕𝐵
Bilan massique partiel: − 𝐷 𝑥𝐷 = =𝐵 + 𝑥𝐵 ( IV , 2)
𝜕𝑡 𝜕𝑡 𝜕𝑡
D’après l’équation (IV,1), on peut écrire: 𝜕𝐵 𝜕𝑥𝐵
( 𝑥 𝐷 − 𝑥 𝐵 ) =𝐵
𝜕𝑡 𝜕𝑡
)( )
𝜕 𝑥𝐵 𝜕 𝑥𝐵
( 𝜕𝐵
𝜕 𝑥𝐵 𝜕𝑡
( 𝑥 𝐷 − 𝑥 𝐵 ) =𝐵
𝜕𝑡
Après un arrangement, on trouve l’équation différentielle suivante:
𝜕 𝑥𝐵
( 𝜕𝐵
𝐵 ) =
( 𝑥𝐷 − 𝑥𝐵)
( IV , 3 )
En intégrant la relation précédente entre le début et la fin de l’opération:
𝐵 𝑥𝐵
∫( )
𝜕𝐵 𝜕 𝑥𝐵
=∫ ( IV , 4 )
𝐵0
𝐵 𝑥 ( 𝑥𝐷 − 𝑥𝐵)
𝐵0
L’équation est connue sous le nom d’équation de Rayleigh (IV.4), avec B le contenu résiduel
du rebouilleur récupéré à la fin de l’opération de composition et : la charge initiale de
composition.
A partir de l’équation de Rayleigh (IV.4), on peut calculer la quantité du liquide qui doit être
distillé pour obtenir un liquide de composition () dans le rebouilleur.
La résolution de l’équation de Rayleigh se fait soit graphiquement soit
analytiquement.
Résolution
graphique
1
𝑥𝐷 − 𝑥𝐵
𝑎𝑖𝑟𝑒
𝑥𝐵 𝑥𝐵0 𝑥
[Link].3: Résolution graphique de l’équation de
Raleigh
Résolution Analytique
Pour une distillation simple ( un seul étage, k =constant): xB est en équilibre avec
yD=xD 𝑥 𝐷 =𝑘 𝑥 𝐵
L’équation de Rayleigh s’intègre:
𝑥𝐵 𝑥𝐵
( )
𝐵 𝜕 𝑥𝐵 1 𝜕 𝑥𝐵
𝑙𝑛 =∫ = ∫
𝐵0 𝑥 𝐵0
( 𝑘 −1) 𝑥𝐵 ( 𝑘 − 1) 𝑥 𝑥𝐵 𝐵0
𝑙𝑛 ( )
𝑆
𝐹
=
1
(𝑘−1 )
𝑙𝑛
( 𝑥𝑆
𝑧𝐹 ) ( IV , 5 )
Volatilité relative
𝛼𝑥𝐵
constante 𝑥 𝐷 = 𝑦 𝐷=
1+ ( 𝛼 − 1 ) 𝑥 𝐵
L’intégral de l’équation de Rayleigh devient:
𝑙𝑛 ( )
𝑆
𝐹
=
1
( 𝛼 −1) [ ( )
𝑙𝑛
𝑥𝑆
𝑧𝐹
− 𝛼 𝑙𝑛
1 − 𝑥𝑆
1− 𝑧 𝐹 ( )] ( IV , 6)
Utilisation des nombres de
moles:
Soit n le nombre de moles total de la charge (n= nA + nB, dn: variation
𝑦 𝐴=𝑘 𝐴 𝑥 𝐴
{
élémentaire). 𝑦 𝐴 𝑘𝐴 𝑥 𝐴 𝑛𝐴
= =𝛼 𝐴𝐵
𝑦 𝐵 =𝑘𝐵 𝑥 𝐵 𝑦 𝐵 𝑘 𝐵 𝑥𝐵 𝑛𝐵
{
𝑑𝑛 𝐴 =𝑦 𝐴 𝑑𝑛 𝑑𝑛𝐴 𝑛𝐴
=𝛼 𝐴𝐵
𝑑𝑛 𝐵= 𝑦 𝐵 𝑑𝑛 𝑑 𝑛𝐵 𝑛𝐵
𝑑 𝑛𝐵 1 𝑑 𝑛𝐴
Après un réarrangement, on trouve: =
𝑛𝐵 𝛼 𝐴𝐵 𝑛 𝐴
( ) ( )
1
𝑛𝐵 𝑛𝐴 𝛼 𝐴𝐵
Après une intégration de l’expression précédente, il vient: = ( IV , 7)
𝑛𝐵 0
𝑛𝐴 0
L’expression (IV,7) est utilisée uniquement dans le cas d’une distillation différentielle à un
seul étage théorique.
La séparation complète par la distillation différentielle est impossible à moins que la volatilité
relative tend vers l’infini.
Son utilisation est limitée:
Aux mélanges dont les constituants possèdent des température d’ébullition éloignées.
Elle est utilisée à l’échelle laboratoire où des puretés élevées ne sont pas requises.