S E X E E T P H I LOS OP H I E
Cours 2 : Introduction et origines du
féminisme moderne
Étymologie du mot « féminisme »
Du latin femina.
XIXe siècle : sens
médical/péjoratif.
1872 : Dumas fils → insulte.
1882 : Hubertine Auclert →
militantisme.
XXe siècle : stabilisation.
Plusieurs préjugés et idées toutes faites
existent sur la notion de féminisme.
Pourtant, le féminisme est un vaste
champ de connaissances et de luttes,
qui a profondément transformé la
société, qui continue de le faire, au
bénéfice de toutes et de tous.
Définition du Définition : le féminisme est un
mouvement social qui lutte pour
féminisme l’atteinte de l’égalité de droits et
de fait entre les femmes et les
hommes.
On remarque qu’il ne s’agit pas
seulement de théories, mais de
pratiques et d’actions voulant amorcer
un changement social en faveur de
l’établissement de l’égalité entre les
femmes et les hommes.
1. Exiger et soutenir d’abord et
avant tout l’égalité entre les
femmes et les hommes en
prônant l’égalité de fait
Être féministe,
c’est … 2. Reconnaître la capacité des
femmes à déterminer leurs luttes
et à contribuer à leur
émancipation
3. Agir collectivement pour que
cesse toute situation de
discrimination et de violence
systémique
L’éducation et le travail : à travail et études égales,
les femmes n’ont pas le même salaire (75% du salaire
des hommes au Qc.)
La famille : le travail invisible (éducation, soins des
enfants, tâches domestiques) majoritairement
assumé par les femmes
Les violences: violence conjugale, harcèlement,
agressions sexuelles, exploitation sexuelle, etc.,
Principaux champs souvent banalisée, niée, impunie.
La lutte à la pauvreté : beaucoup plus de pauvreté
d’action des luttes chez les femmes, tout au long de leur existence
féministes La participation des femmes aux sphères du
pouvoir : sous-représentaion dans les lieux du
pouvoir
La santé : accès inégal à la contraception, maternité
difficile, soins psychologiques inégaux
Les stéréotypes sexuels et sexistes :
objectivation des femmes, dans la publicité par
exemple
Ouverture du champ des possibles pour les
femmes
Élaboration de modes de gestion et de
pratiques démocratiques plus égalitaires
Contributions Diversification des modèles et des rôles
sexuels pour les femmes et les hommes
du féminisme
Amélioration des conditions de travail en
exigeant des mesures de conciliation
travail/famille, en développant des modes de
gestions démocratiques/féministes
Construction de rapports conjugaux et
parentaux plus égaux, basés sur le partage
des responsabilités, le dialogue et le respect
mutuel.
Bref, le féminisme contribue à la
construction d’une société plus juste,
égalitaire et solidaire.
« NOUS DEVRIONS TOUS ÊTRE
FÉMINISTES »
CONFÉRENCE DE L’AUTRICE
CHIMAMANDA NGOZIE ADICHIE
[Link]
chimamanda_ngozi_adichie_we_should_all_be_feminists/up-
next
Figures historiques
marquantes : Olympe
de Gouges (1748-1793)
Femme de lettres
autodidacte.
Dramaturge, pamphlétaire,
engagée dans les débats
publics.
Abolitionniste (L’Esclavage
des Noirs, 1788).
Actrice de la Révolution
française.
« La femme naît
libre et demeure
Article I
égale à l’homme en
droits. »
Extrait de la
Déclaration des « Le principe de
toute souveraineté
réside dans la
droits de la femme Article III Nation, qui n’est
que la réunion de la
et de la citoyenne femme et de
l’homme. »
(1791) « La femme a le
droit de monter sur
l’échafaud ; elle
Article X doit avoir
également celui de
monter à la Tribune.
»
« La libre
communication des
pensées et des
Article XI opinions est un des
droits les plus
précieux de la
femme… »
Figures historiques
marquantes : Mary
Wollstonecraft (1759-1797)
• Philosophe et écrivaine
britannique.
• Œuvre majeure : A Vindication of
the Rights of Woman (1792).
• Répond aux thèses de Jean-
Jacques Rousseau (Émile), qui
réservait l’éducation des filles à
des rôles subordonnés.
• Défense de l’éducation, de la
raison et de l’autonomie féminine.
•L’éducation est la clé de l’égalité
entre les sexes.
•Les femmes doivent être
Idées citoyennes actives, non pas
confinées à l’ornement ou à la
principales domesticité.
•Critique de la « cage dorée » → les
femmes sont enfermées dans leur
beauté et leur dépendance.
•Défend une morale universelle
fondée sur la raison accessible à
toutes et tous.
« Élevées dès l’enfance dans l’idée que
la beauté est le sceptre des femmes,
Extrait de l’esprit se façonne au corps, et, tournant
l’œuvre: A en rond dans sa cage dorée, ne
cherche qu’à orner sa prison.
Vindication of the
Privées des moyens de développer leur
Rights of Woman raison, les femmes deviennent des
(1792) créatures fragiles et séduisantes, et leur
faiblesse, avivée par une dépendance
forcée, rend leur conduite futile et
bornée.
Je ne souhaite pas qu’elles aient du
pouvoir sur les hommes, mais sur elles-
mêmes. »
Figures historique
marquantes : Simone de
Beauvoir (1908-1986)
Lecture individuelle de l’introduction du
Deuxième sexe (1949)
« On ne naît pas femme : on le devient.
Aucun destin biologique, psychique,
économique ne définit la figure que revêt
au sein de la société la femelle humaine ;
c'est l'ensemble de la civilisation qui
élabore ce produit intermédiaire entre le
mâle et le castrat qu'on qualifie de
féminin. Seule la médiation d'autrui peut
constituer un individu comme un Autre. »
Simone de Beauvoir écrit Le Deuxième Sexe en
1949, une époque où les droits des femmes
commencent à émerger dans les sociétés
occidentales, mais où les inégalités restent
largement ancrées.
Le livre s’inscrit dans une réflexion existentielle et
féministe, influencée par des courants
Contexte de philosophiques tels que l’existentialisme, auquel
Simone de Beauvoir est liée via Jean-Paul Sartre.
l’œuvre L’existentialisme place la liberté individuelle au
cœur de ses préoccupations, affirmant que
l’existence précède l’essence. Cela signifie que
l’être humain n’est pas défini par une nature ou
un destin préétabli, mais qu’il se construit par ses
actions.
Simone de Beauvoir applique cette perspective à
la condition des femmes, en rejetant l’idée que la
féminité soit une essence naturelle ou biologique.
1. La « femelle humaine » est-elle
nécessairement une femme?
2. Par quoi serait « sécrétée » la féminité?
Questions de 3. Qu’est-ce que ça veut dire, « la femme
est l’Autre »?
lecture à préparer 4. Les femmes ont-elles du mal à dire
« nous »? Pourquoi?
pour le prochain
5. La femme est-elle déterminée par sa
cours biologie?
6. D’où pourrait provenir la féminité?
7. La domination masculine est-elle
nécessaire ou bien transformable?
Pourquoi?