Le registre pathetique
et tragique
Texte I
Ah ! Cruel, tu m'as trop entendue.
Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur.
Hé bien ! Connais donc Phèdre et toute sa fureur.
J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime,
Innocente à mes yeux je m'approuve moi-même,
Ni que du fol amour qui trouble ma raison
Ma lâche complaisance ait nourri le poison.
Objet infortuné des vengeances célestes,
Je m'abhorre encor plus que tu ne me détestes.
Les Dieux m'en sont témoins, ces Dieux qui dans mon flanc
Ont allumé le feu fatal à tout mon sang,
Ces Dieux qui se sont fait une gloire; cruelle
De séduire le cœur d'une faible mortelle.
Texte II
Ce fut une agonie effroyable, cette vieille bête, fracassée,
immobilisée :se débattant :à cette profondeur ;loin du jour. Son
cri de détresse ne cessait pas, le flot noyait sa crinière qu’il le
poussait plus rauque, de sa bouche tendue et grande ouverte. il
y’u un dernier ronflement, le bruit sourd d’un tonneau qui
s’emplit. Puis un grand silence tomba. « Ah !mon dieu
emmène-moi ; sanglotait Catherine. ah !mon dieu j’ai peur, je
ne veux pas mourir…. »
• Le registre pathétique : renvoie à la souffrance (pathos), ce
registre suscite la compassion du lecteur, il utilise le champ
lexical de la douleur, des procédés expressifs, une
ponctuation forte (exclamation par exemple) et des images
qui amplifient l’émotion du lecteur. Il est fréquent de recourir
au registre pathétique dans les documents présentés dans la
presse ou à la télévision qui cherche à toucher la sensibilité.
Le registre tragique : est associé à la mort ;
s’applique à des situation ou l’être humain est
confronté à des forces qui le dépassent souvent
des dieux et en proie à de passions dévorantes
• EXERCICE 1 : Précisez les registres dans les extraits suivants :
• 1- Dans un souk très fréquenté, tenait boutique Sidi... (J’en ai
oublié le nom). C’était un homme pieux, honnête et courtois
envers tout le monde. Chaque fois qu’un cortège funèbre
traversait le souk, ce saint personnage prenait ses babouches
les enfilait en hâte, et accompagnait le mort jusqu’au
cimetière. Un jour, vinrent à passer deux croquemorts
transportant la civière où gisait le cadavre d’un mendiant
que personne n’accompagnait. chap. 5
2- Elles étaient une vingtaine qui manifestait
bruyamment leur douleur. Par terre, il y avait des
matelas et des nattes. D’autres pleureuses arrivaient,
s’annonçaient dès l’entrée par des cris stridents. Celles
qui étaient déjà à la maison leur répondaient par
d’autres vociférations. La femme du coiffeur, la voix
enrouée, gémissait, se donnant de grands coups du
plat de la main, sur les joues et sur les cuisses. Le
spectacle me fascinait au point d’oublier le but de ma
visite. J’étais venu pour pleurer et je ne pleurais pas.
chap.5
• 3- La Chouafa choisissait ces quelques mois de trêve
pour s’occuper de sa santé propre. Elle se découvrait des
maux que sa science ne pouvait réduire. Les diables
l’hallucinaient, se montraient exigeants quant à la
couleur des caftans, l’heure de les porter, les aromates
qu’il fallait brûler dans telle ou telle circonstance. Et
dans la pénombre de sa grande pièce tendue de
cretonne, la Chouafa gémissait, se plaignait, conjurait, se
desséchait dans des nuages d’encens et de benjoin.