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Adénopathies cervicales chroniques : diagnostic et étiologie

Les adénopathies cervicales chroniques, fréquentes chez les patients de plus de 40 ans, peuvent indiquer des pathologies graves telles que des cancers ou des infections comme la tuberculose. Le diagnostic repose sur une évaluation clinique minutieuse, des examens biologiques et d'imagerie, ainsi que sur des explorations histologiques si nécessaire. Le traitement varie selon l'étiologie, allant de la surveillance à des interventions chirurgicales ou des traitements médicaux spécifiques.

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Adénopathies cervicales chroniques : diagnostic et étiologie

Les adénopathies cervicales chroniques, fréquentes chez les patients de plus de 40 ans, peuvent indiquer des pathologies graves telles que des cancers ou des infections comme la tuberculose. Le diagnostic repose sur une évaluation clinique minutieuse, des examens biologiques et d'imagerie, ainsi que sur des explorations histologiques si nécessaire. Le traitement varie selon l'étiologie, allant de la surveillance à des interventions chirurgicales ou des traitements médicaux spécifiques.

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LES ADENOPATHIES CERVICALES

CHRONIQUES

DR REMICHI
LES ADENOPATHIES CERVICALES
CHRONIQUES
I -INTRODUCTION
I I- RAPPEL ANATOMIQUE
III - DIAGNOSTIC POSITIF
A - Diagnostic clinique
B - Diagnostic paraclinique
VI - DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
A - Pièges anatomiques
B - Région cervicale médiane
C - Région sous-mandibulaire
D - Région latérocervicale
V - DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
A - Adénopathie d’origine infectieuse
B- Adénopathie d’origine hématologique
C - Adénopathies d’origine inflammatoire immunoallergique
D - Adénopathies d’origine métastatique
VI-CONCLUSION
I-INTRODUCTION

Les adénopathies cervicales chroniques, évoluant depuis plus de 4


semaines, sont un motif de consultation fréquent. Il s’agit souvent de
maladies infectieuses chez l’enfant et l’adulte jeune, mais elles font
craindre des pathologies cancéreuses au pronostic péjoratif après 40ans.
A tout âge, la tuberculose reste d’actualité.
La confrontation entre les données cliniques, les explorations
biologiques, voire l’examen histologique, permet de poser le diagnostic
positif, de déterminer la cause et d’indiquer le traitement
I-INTRODUCTION

Anatomie descriptive:
Les Ganglion de la tête : sont groupés en cercle à la base de la tête:
cercle de poirier et Cuneo

Les ganglions du cou: Au dessous de l’os hyoïde entre les paquets


vasculonerveux du cou
II-RAPPEL ANATOMIQUE
II-RAPPEL ANATOMIQUE

Il existe une classification topographique clinique et radiologique des


groupes ganglionnaires cervicaux, selon l’OMS, les répartissant en 6
groupes :
I - groupes sous-mental et sous-mandibulaire.
II - groupes jugulaire supérieur, spinal supérieur.
III - groupe jugulaire moyen.
IV - groupe jugulaire inférieur.
V - groupe du triangle postérieur.
VI - groupe antérieur, pré-laryngé.
II-RAPPEL ANATOMIQUE

Adénopathies et territoires de drainage


Groupe I :Lèvres, pyramide nasale, plancher buccal, langue mobile
Groupe II: Rhino, oro et hypopharynx, larynx, cavité buccale, glande thyroïde
Groupe II: bis Cavum, glande parotide et oreille
Groupe III :Oro et hypopharynx, larynx, cavité buccale et glande thyroïde
Groupe IV: Hypopharynx, larynx, glande thyroïde
A gauche : territoire thoracique, abdominal et génital
Groupe V:Parotide, rhino et oropharynx
A gauche : territoire thoracique, abdominal et génital (groupe sus
claviculaire)
Groupe VI: Larynx
III. DIAGNOSTIC POSITIF

Toute adénopathie nécessite une démarche diagnostique rigoureuse


reposant sur une anamnèse et un examen clinique minutieux, orientant
l’indication des examens complémentaires, un geste chirurgical à visée
diagnostique parfois nécessaire ne s’impose qu’en dernier recours.
III. DIAGNOSTIC POSITIF

A- diagnostic clinique
1. Interrogatoire
- Age.
- Profession.
- Origine ethnique (tuberculose, cancer du cavum).
- Intoxication alcoolique(en g /j), tabagique(en paquet-année), Toxicomanie.
- Antécédent de cancer cutané ou de VADS, œsophage, pulmonaire, d’hémopathie maligne.
- Antécédent personnel ou dans l’entourage de tuberculose.
- Antécédent de radiothérapie (cancer de la thyroïde).
- Antécédent de maladie systémique.
- Immunodépression : infection par le VIH, transplantation ….
- Contage sexuel.
- Voyage en pays tropicaux.
- Traitements actuels.
III. DIAGNOSTIC POSITIF

Adénopathie(s) :
- Date d’apparition.
- Mode évolutif : croissance lente, progressive, stable, régression.
- Caractère douloureux.
Signes associes :
- Orientant parfois vers une étiologie : dysphonie, parfois dyspnée,
dysphagie, obstruction nasale, surdité (otite seromuqueuse dans le
cadre de cancer du cavum), toux.
- Etat général du patient (fièvre, asthénie, anémie, anorexie,
amaigrissement,
sueurs nocturnes, insomnie).
III. DIAGNOSTIC POSITIF

2. Examen clinique
a. Examen local
Conduite de l’examen : Patient torse nu
- Inspection : recherche de déformation ; de fistulisation ; de cicatrices ; de tatouages
ou de pigmentation témoin d’une radiothérapie antérieure; état des téguments
(normaux ou inflammatoire).
- Palpation : tête fléchie en avant pour un relâchement musculaire.
Les aires sous-mentales et sous-mandibulaires s’explorent par un palper bidigital face
au patient (un index sur la face cutanée et un index protégé d’un doigtier refoulant le
plancher buccal).
- La région sous-mandibulaire est examinée par des doigts en crochet en faisant glisser
les parties molles sur le rebord basilaire.
III. DIAGNOSTIC POSITIF
III. DIAGNOSTIC POSITIF

Les caractéristiques de l’ADP sont définies et consignées sur un schéma daté :


- Nombre.
- Uni- ou bilatéral.
- Siège anatomique (groupe).
- Taille mesuré en centimètre selon le grand axe.
- Sensibilité spontanée et a la palpation.
- Consistance : élastique ferme à dure voire ligneuse, rénitentes à liquidienne
- Mobilité par rapport au plan superficiel cutané et profond (musculaire et vasculaire).
- Limites nettes ou imprécises.
- Aspect de la peau en regard (inflammation, fistulisation, ulcération, en « peau
d’orange»).
III. DIAGNOSTIC POSITIF

- Pour examiner la chaîne jugulocarotidienne, l’examinateur se place


derrière le patient dont la tête est fléchie en avant et en légère rotation
homolatérale. Faire tousser le patient permet de palper les aires sus-
claviculaires.
III. DIAGNOSTIC POSITIF

b. Examen locorégional :
- Examen (avec nasofibroscopie) de la cavité buccale, de l’oropharynx, du
rhinopharynx, de l’hypopharynx, du larynx (avec recherche de la mobilité
laryngée).
- Palpation endobuccale.
- Examen des fosses nasales et cavum.
- Examen des tympans (otites séro--muqueuse dans le cadre du cancer du cavum).
- Palpation de la glande thyroïde et des glandes parotides.
- Examen cutané de la face et cuir chevelu.
c. Examen général :
Examen des autres aires ganglionnaires, recherche d’une hépato-splénomégalie,
de troubles de l’hémostase…
III. DIAGNOSTIC POSITIF

B. EXAMENS COMPLEMENTAIRES :
- NFS, plaquettes et VS.
- IDR à la tuberculine.
- Tests sérologiques (orientés par la sémiologie) : mononucléose
infectieuse,
toxoplasmose, rubéole, syphilis, VIH, EBV, CMV, tularémie,, brucellose.
- Radio de thorax : face + profil (recherche de lésion tuberculeuse,
d’opacité
parenchymateuse, d’adénopathie médiastinale…).
III. DIAGNOSTIC POSITIF

2. Imagerie :
Est directement orientée par l’examen clinique
 Echographie cervicale : Permet d’affirmer la présence d’adenopathie,
d’en déterminés la taille, le siège ; le caractère solide ou liquide, les
rapports vasculaires, permet dans le même temps d’examiner les
glandes thyroides, parotides et sous mandibulaires.
 TDM cervico-facial : plus sensible avec plus de précisions
 IRM cervico-faciale :
 PET ou TEP scann
III. DIAGNOSTIC POSITIF
III. DIAGNOSTIC POSITIF
III. DIAGNOSTIC POSITIF

3. Autres explorations :
- La PAN endoscopie :

- Ponction cytologique (a l’aiguille fine, + /- échoguidée)


- Cervicotomie exploratrice :
IV. DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
Le diagnostic différentiel se pose essentiellement devant une tuméfaction du cou isolée,
unique et évoluant depuis plus d’un mois, il est fonction du siège de l’adénopathie et
correspond aux différentes causes des tuméfactions cervicales.
Les pièges anatomiques: Sont facilement éliminés par un examen clinique bien conduit
- La grande corne de l’os hyoïde.
- Le cartilage thyroïde.
- Le tubercule latéral de l’Atlas.
- L’apophyse transverse de C6 (tubercule de Chassaignac).
- Une côte cervicale.
- Un bulbe carotidien athéromateux.
IV. DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL

Tuméfaction Médiane
- Kyste du tractus thyréoglosse +++
- Tumeurs thyroïdiennes ++ (isthmiquemédiane, lobaire paramédiane)
- Laryngocèle (paramédiane)
- Sus-hyoïdiennes : kyste dermoïde, grenouillette sub-linguale
IV. DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL

Tuméfactions Latérales:
-Tumeur de la glande sous-mandibulaire
- Tumeurs parotidiennes ++
- Parotidite, lithiase parotidienne ++
- Tumeur glomique = paragangliome carotidien ++
- Kyste congénital de la 2ème fente branchiale ++
- Fistule du 4ème arc branchial
- Lymphangiome kystique,
- Tumeur nerveuse
- Anévrisme carotidien
- Tumeur nerveuse
- Tumeurs thyroïdiennes
- Tumeur nerveuse (plexus brachial)
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

Pathologies infectieuses:
1. Bactérienne :
a. Tuberculose +++ :
- Maladie bactérienne due à Mycobacterium tuberculosis (hominis+++ ; bovis±).
- Endémique
- - Terrain :
• Homme < femme.
• Milieux sociaux défavorisés.
• Immunodeprimes, infection par le VIH.
- Localisation ganglionnaire : 10% de tuberculose, dont 80% sont de localisation
cervicale.
- Antécédents de tuberculose pulmonaire ou ganglionnaire correctement traitée dans
25% des cas.
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

Présentation clinique :AEG, anorexie et sueurs nocturnes


PolyADP, à distance de la primo-infection, chroniques, fermes, indolores évoluant
vers l’abcès froid avec fistulisation +++ .
-Le diagnostic repose sur :
• IDR à la tuberculine : test positif, voire phlycténulaire dans 90% chez les
patients non immunodéprimés.
• Radiographie pulmonaire : anormale dans 25-50% des cas.
• Prélèvements à visée bactériologique (ED : BAAR ; culture sur milieu de
Löwenstein en 3 semaines) : crachats et tubage gastrique (+ dans 5-10%).
• Cytoponction.
• Examen histologique d’une adénectomie (granulome épithelio-giganto-cellulaire avec
nécrose caséeuse) et/ou surtout l’isolement de BAAR +++.
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

Traitement :
• Médical par les antituberculeux pendant 9 mois par l’Isoniazide et la
Rifampicine associés au Pyrazinamide ou à l’Ethambutol pendant les 2
premiers mois.
• Chirurgical, il s’agit de curage ganglionnaire souvent difficile du fait de
l’adhérence inflammatoire aux tissus de voisinage, réservé si échec du
traitement médical.
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

B-Syphilis :
- IST due à un spirochète, Treponema Pallidum.
- Enquête épidémiologique +++.
- Présentation clinique :
o Dans la syphilis primaire :
ADP cervicale isolée, apparues 1 semaine après le chancre d’inoculation et persistantes
après cicatrisation du chancre (2 à 4 mois sous traitement,
1 à 2 ans sans traitement).

o Dans la syphilis secondaire : micropolyADP, prédominant sur les aires occipitales et


mastoïdiennes.
- Le diagnostic de certitude est bactériologique : Tests sérologiques (TPHA, VDRL).
- Traitement par Pénicilline ou Macrolides
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

C-Maladie des griffes du chat :


- Lymphoréticulose bénigne d’inoculation, due à une bactérie, Rochalimaea henselae.
- Age < 18 ans (90%).
- Contamination par griffure, morsure ou contact avec chat, chien, lapin...ou piqure (épine…).
- Lésion d’inoculation : papule ou vesiculopustule (membre inferieur ++).
- Volumineuse ADP satellite du point d’inoculation, évoluant vers la guérison spontanée parfois
après fistulisation.
- Le diagnostic se fait par :
• Sérologie à la recherche d’Ac anti- Rochalimaea henselae.
• Prélèvements bactériologiques.
• Immunohistochimie.
-Le traitement : abstention thérapeutique et surveillance ou antibiothérapie par Macrolides
Cyclines
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

D-Brucellose :
- Contamination par l’alimentation (fromage frais).
- Fièvre oscillante avec adénopathies basicervicales et splénomégalie.
- Diagnostic par sérodiagnostic de Wright, IDR a la Melitine.
- Traitement par Cyclines.
autre:
Actinomycose
Pasteurellose
Tularémie
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

2-Virales :
Plus rares que les bactériennes, elles ont peu de caractéristiques
spécifiques
d’où l’importance du contexte.
a. Mononucléose infectieuse +++ :
- Due au virus Epstein-Barr (EBV) par contamination salivaire.
- Age : 15-25 ans (15 à 20% de porteurs sains).
- Le tableau clinique associe :
• Atteinte ganglionnaire précoce uni ou bilatérale, sensible.
• Une angine, splénomégalie, asthénie importante et durable
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

Le diagnostic repose sur :


• NFS : hyperleucocytose et mononucléose.
• Cytolyse hépatique parfois.
• MNI-test (8% de faux positifs).
• Sérologie EBV.
- Traitement symptomatique, avec repos au lit ; ATB en cas de
surinfection ( !
Ampicilline contre-indiquée).
- Guérison spontanée en 3 à 6 semaines
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

B-Syndrome d’immunodéficience acquis (SIDA) :


- Primo-infection au VIH : polyadenopathie cervicale dans le cadre d’un syndrome
mononucleosique, recherche d’une candidose muqueuse buccale aigue.
- Syndrome de lymphadenopathie généralisée persistante (20 a 50%) : adénopathies
centimétriques persistant plus de 3 mois dans au moins 2 territoires ganglionnaires
extra-inguinaux : adénopathies souvent axillaires, cervicales (sous mandibulaires,
spinales et occipitales++).
- L’apparition d’une adénopathie de plus de 3 cm doit faire rechercher une infection
opportuniste (les plus souvent tuberculose), une hémopathie maligne (lymphome
malin non hodgkinien ou hodgkin) ou sarcome de Kaposi.
- Un prélèvement ganglionnaire pour étude histologique et bactériologique est
indispensable
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

3. Parasitose :
a. Toxoplasmose acquise +++ :
- Infection très répandue, en général infra clinique (90% de séropositifs avant 30
ans),due à un parasite intracellulaire, Toxoplasma gondii.
- Contage par déjections de chat ou d’aliments contaminés (viande crue,
légumes).
- ADP multiples, fermes, indolores, mobiles, occipitales et spinales, souvent isolées
- (syndrome grippal ±), persistant 6 à 12 mois.
- Diagnostic sérologique.
- Risque de toxoplasmose congénitale transmise par voie placentaire par la mère
pendant la grossesse.
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

[Link] viscérale (Kala Azar) :


- Réticuloendothéliose parasitaire transmise par les phlébotomes.
- Forme chronique chez l’enfant essentiellement viscérale, contrairement à l’adulte,
chez qui l’atteinte ganglionnaire peut être isolée et parfois spontanément
résolutive.
- Diagnostic histologique avec recherche de corps de Leishman-Donovan.
- Traitement médical.

c. Echinococcose

d. Mycosique
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
HEMOPATHIES MALIGNES :
1. Maladie de Hodgkin +++ :
- Adulte jeune (20-30 ans).
- Adénopathie(s) cervicale(s)basse(s) (sus claviculaires) et médiastinales souvent révélatrices avec
signes généraux (asthénie, sueurs nocturnes, fébricule).
- Diagnostic histologique +++.
- La classification d’Ann Arbor (4 stades), après bilan d’extension, établit le pronostic et la
stratégie thérapeutique (chimio- radiothérapie).

2. Lymphomes non hodgkiniens +++ :


- Homme 50-70 ans.
- ADP multiples, précoces, le plus souvent sous-claviculaire, avec des manifestations extra
ganglionnaires dans 20-40%
- Signes généraux (20% des cas).
- Diagnostic histologique +++.
- Chimiothérapie
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

3. Autres
- Leucémies aigues.
- Leucémie lymphoïde chronique.
- Leucémie myéloïde chronique.
- Maladie de Waldenstrom.
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

ADENOPATHIE D’ORIGINE INFLAMMATOIRE IMMUNOALLERGIQUE :


Résultat de l’activation du système immunitaire
Diagnostic différentiel des ADP malignes d’origine hématologique.
1. La sarcoïdose ++ :
- ADP cervicales sus-claviculaires, sous-mentales ou rétroauriculaires, de petite taille, non
inflammatoires.
- Atteinte du parenchyme pulmonaire (syndromeinterstitiel, fibrose).
- Recherche d’une atteinte extra-pulmonaire.
- Diagnostic s’effectue sur des arguments cliniques, biologiques, radiologiques et histologiques
(granulome epithelioide giganto-cellulaire sans necrose caseeuse, non spécifique).
- Traitement corticoïde en fonction du stade.
2. L’histiocytose sinusale avec ADP massive de Rosai Dorfman :
- Enfant de race noire.
- ADP cervicales volumineuses bilatérales, syndrome fébrile et inflammatoire.
- Guérison spontanée.
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

AUTRES :
1. Maladies systémiques :
- Polyarthrite rhumatoïde.
- Lupus.
- Maladie de Still.
2. Causes medicamentes :
- Rifampicine, Hydantoine, Penicilline, Carbamazepine, Methyldopa, Captopril…
- La physiopathologie reste inconnue.
3. Certaines hyperplasies :
- La lymphadénopathie angio-immunoblastique.
- L’hyperplasie angiofolliculaire de Castelman.
- La transformation progressive des centres germinatifs.
- La maladie de Kimura.
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

ADENOPATHIES METASTATIQUES
1. Cancer des VADS et cervico-faciaux :
- Evoquer systématiquement chez un homme >50 ans, alcoolo-
tabagique.
- ADP dures, ligneuses, indolores, fréquemment sous-digastriques,
initialement mobiles puis fixées aux plans superficiels et profonds lors de
l’augmentation de volume, avec parfois un aspect inflammatoire et une
évolution vers la fistulisation.
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

Examen clinique de la sphère ORL, avec nasofibroscopie, révèle le plus souvent la


tumeur primitive. Parfois, sa mise en évidence ne se fait qu’après panendoscopie.
- Examen clinique permet d’effectuer une classification N :
o N0 : Absence de signes d’atteinte des ganglions.
o N1 : ADP homolatérale, unique, inférieure ou égale à 3 cm.
o N2a : ADP homolatérale, unique, comprise entre 3 et 6 cm.
o N2b : ADP homolatérales multiples, toutes inférieures à 6 cm.
o N2c : ADP controlatérale(s) ou bilatérales, inférieure(s) à 6 cm.
o N3 : ADP mesurant plus de 6 cm.
- Diagnostic histologique fait sur les biopsies de la lésion tumorale.
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

- Dans 5% des cas, la lésion tumorale initiale n’est pas retrouvée (le
bilan ayant inclus la recherche de lésion thoracique, mammaire,
abdominale, pelvienne et /ou au mieux un PET scann) on parle alors
d’ADP cervicale primitive métastatique, on réalise une cervicotomie
exploratrice avec adénectomie première et examen extemporané

- si un carcinome épidermoïde est retrouvé, un évidement


ganglionnaire cervical homolatéral.
- Traitement des ADP métastatiques est indissociable de celui du site
tumoral primitif et sera donc fonction de la classification TNM.
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

[Link] thyroïdiens :
- Surtout de type papillaire, se révèlent dans 10% des cas par une ADP cervicale.
- Le traitement comprend la thyroïdectomie avec évidement ganglionnaire suivie du
traitement par iode radioactif.
[Link] :
 L’adénocarcinome donne des métastases plus volontiers sus - claviculaires. La lésion
primitive peut être un épithélioma glandulaire sus et sous- diaphragmatique.
 Les mélanomes cervico-faciaux cutanés ou muqueux, des cancers des glandes
salivaires, peuvent donner des métastases ganglionnaires cervicales.
 De nombreux autres sites tumoraux primitifs sont possibles, notamment en cas d’ADP
sous-claviculaire gauche : thoracique, voire sous- diaphragmatiques (tube digestif, rein,
prostate…)
VI-CONCLUSION

Nous rappelons qu’en cas d’ADP cervicales chroniques : L’anamnèse et


l’examen clinique permettent souvent une orientation diagnostique. Les
examens complémentaires sont pratiqués pour étayer le diagnostic et
établir une stratégie thérapeutique.
Le recours à l’adénectomie à visée histologique est souvent nécessaire.
Chez l’enfant ou l’adulte jeune, les ADP d’origine infectieuse
prédominent.
Après 40 ans, la hantise est celle d’une affection maligne, de pronostic
souvent péjoratif

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