République de Côte
D’Ivoire
Union-discipline-Travail
MODULE SUR L’ANDRAGOGIE ET
L’ALPHABÉTISATION
PLAN DE LA SECTION SUR
L’ANDRAGOGIE
Module I: L’alphabétisation
1. Les défis de l’alphabétisation
2. La définition des concepts
3. Les types d’alphabétisation
4. Les Etapes d’alphabétisation
Modules II: l’Andragogie
5. La pédagogie
6. L’andragogie
7. Les principes de l’andragogie
8. les caractéristiques de l’adulte
Module III. Gestion des centres
d’alphabétisation
1. Le centre d’alphabétisation
2. L’animateur
3. L’apprenant
4. le comité de gestion
5. Les outils de gestion du centre
Module IV: Suivi et évaluation
6. Le suivi
7. L’évaluation
8. La gestion d’un centre
9. Les outils de gestion du centre
Module V: Méthodologie et fiches
1. Pré-alphabétisation
2. Alphabétisation
Quelques conseils
MODULE 1:
I- L’ALPHABETISATION
1. Les défis de l’alphabétisation
L’alphabétisation est un devoir pour l’Etat, un droit
pour le citoyen non alphabétisé et une nécessité de
développement.
Les femmes représentent la très grande majorité
des analphabètes. Cet état aggrave leur
vulnérabilité et la possibilité que leurs filles ne
bénéficient d’une éducation est grande.
Or, le droit de l’alphabétisation est implicitement
compris entre le droit à l’éducation reconnu par la
déclaration universelle des droit de l’homme.
2. Les objectifs de l’alphabétisation
- Répondre à la demande des jeunes et des
adultes.
- Assurer l’éducation de base des enfants de
9à 15 ans non scolarisés ou déscolarisés
précoces
- promouvoir l’environnement lettré pour
garantir le non retour à l’analphabétisme
- Rendre autonome les néo-analphabètes
pour réduire les inégalités entre sexes,
régions et zones, urbaines et rurales.
II- LES MÉFAITS OU CONSÉQUENCES
DE L’ANALPHABÉTISME
On constate les méfaits de
l’analphabétisme sur plusieurs plan.
1. individuel et social
2. politique et administratif
3. Culturel
4. Santé et éducation des enfants
5. Économique
6. Spirituel
1. Individuel et social
L’analphabète est dépendant, il n’est pas
autonome. Il est complexé limité dans son
argument et dans l’appréciation des faits.
2. Politique et administratif
Il peut être un véritable suiveur. Il n’a aucun esprit
critique et est incapable d’assurer ses choix
politiques. Sur le plan juridique, il n’est pas
conscient de ses droits. Sur le plan administratif il
ne peut pas déceler les fautes et les erreurs sur les
documents ( extraits de naissance, carte nationale
d’identité, ...)
3. Culturel
Il est attaché à sa culture.
4. Santé et éducation des enfants
La femme analphabète ignore ou néglige les
consultations prénatales. Elles ne maitrise pas le
calendrier de vaccination des enfants, n’a aucune notion
de la planification familiale et règles élémentaires
d’hygiène ( environnementale, nutritionnelle, corporelle,
bucco-dentaire, vestimentaire, ….)
La femme analphabète ne peut suivre les études de ses
enfants.
5. Economique
L’analphabète gère mal ses revenus. Il effectue des
dépenses non prévues. Il est exposé au vol des acheteurs
de produits.
6. Spirituel
L’analphabète est fanatique. Il est exposé au
changement de religion car il n’a pas d’évolution
spirituelle suffisante.
En conclusion , l’analphabète est un être dépendant, il vit
III- LES BIENFAITS DE L’ALPHABÉTISATION
1. Les bienfaits de l’alphabétisme
L’alphabétisme apporte une série de
bienfaits aux individus, aux familles, aux
communautés et aux nations .
2. Les bienfaits humains
Les bienfaits humains sont intimement liés
à l’estime de soi à la confiance en soi et à
l’autonomisation.
Les hommes et les femmes inscrits dans des
programmes d’alphabétisation manifestent
une meilleure connaissance de la politique
locale et un plus grand intérêt pour être
candidats à des fonctions civiques.
3. Les bienfaits culturels
L’accès des femmes à la lecture, à l’écriture et au
calcul peut générer de nouvelles attitudes et de
nouvelles normes . (changement de comportement
devant l’excision , le mariage précoce le mariage
forcé…)
4. Les bienfaits sociaux
Les femmes qui participent à des programmes
d’alphabétisation ont une meilleure connaissance de
la santé et de la planification familiale et elles ont plus
de chances d’adopter des mesures de santé préventive
comme la vaccination ou de demander des avis
médicaux pour elle - même et leurs enfants .
5. Les bienfaits économiques
Les bienfaits économiques procurés sont surtout en
termes d’accroissement des revenus individuels et de
croissances économiques.
IV- LA DÉFINITION DES CONCEPTS
1. L’analphabétisme
C’est l’état d’une personnes qui ne sait ni lire, ni
écrire, ni faire un calcul dans une langue donnée.
Les analphabètes sont généralement des jeunes
gens peu ou pas scolarisés et des adultes.
Cette tranche de la population éprouve de réelles
difficultés pour communiquer, pour échanger lors
des transactions commerciales et pour participer
à la vie civique de la communauté. Ceci a pour
conséquences de les maintenir dans état de
pauvreté quasi permanent. En Afrique 15 pays sur
41 présente un taux supérieur 50% selon les
études récentes de la Banque mondiale. Et dans
la plupart de ces pays le taux d’analphabétisme
est plus élevé chez les femmes .
1. L’alphabétisation
L’alphabétisation est un processus qui consiste
à enseigner les mécanismes de la lecture, de
l’écriture, et du calcul à des personnes (adultes
ou jeunes) peu ou pas scolarisés. En plus de
l’écriture, de la lecture, et du calcul, les
programmes d’éducation des adultes prennent
en compte l’apprentissage de compétences
pratiques liées aux activités des participants;
l ’acquisition ou l’amélioration de certaines
habiletés en matière de santé, de nutrition, de
coopérative, …..
V- LES TYPES
D’ALPHABÉTISATION
1. L’alphabétisation traditionnelle
C’est l’alphabétisation classique qui consiste à
faire acquérir les mécanismes de la lecture, de
l’écriture et du calcul sur le modèle de
l’éducation formelle. Ainsi, dans les
programmes, on utilise très souvent les
manuels du cycle primaire pour apprendre à
lire à écrire et à calculer aux adultes.
2.L’alphabétisation fonctionnelle
Ce concept d’alphabétisation fonctionnelle a été lancé en
1965 à TEHERAN à la conférence des Ministère de
l’Education Nationale. Ici, l’alphabétisation s’étend au-delà
de l’apprentissage à la lecture, de l’écriture, et calcul et
ouvre d’autres champs d’intérêt.
Il peut s’agir de l’apprentissage de compétences pratiques
liées aux activités, à l’environnement, à la santé, à la
nutrition, ou aux soins des enfants.
L’alphabétisation fonctionnelle cherche à améliorer la
productivité (quantité et qualité des produits, la
compétitive (rapport qualité/prix) des apprenants à travers
les différents apprentissages. Les programmes sont dès
lors intégrés aux projets ou aux opérations de
développement. C’est une alphabétisation sélective qui
s’adresse à public cible ou organisé ayant les mêmes
activités les mêmes besoins.
3. L’alphabétisation de conscientisation
Elle se propose comme finalité la libération
politique des couches analphabètes
opprimées, en les amenant à prendre
conscience de leur condition de vie et de
travail le programme élaboré à partir des
préoccupations quotidiennes et des aspiration
des populations concernées va incorporer
l’éducation civique ou aborder les aspects
juridiques, l’enseignement des attitudes, et
des valeurs comme la confiance en soi, la prise
de conscience et sa place dans la
communauté.
VI. LES ÉTAPES EN ALPHABÉTISATION
1. La pré-alphabétisation
C’est la phase qui précède l’alphabétisation. Elle permet de
développer chez l’apprenant les capacités d’observation et
de sélection, les capacités à appréhender les représentations
graphiques; la latéralisation et les capacités gestuelles. C’est
l’ensembles des activités éducatives qui préparent à la
lecture, à l’écriture et au calcul.
Elle se compose de trois parties : la pré-lecture, la pré-
écriture, et le pré-calcul.
Ces sous étapes permettent à l’apprenant:
De distinguer les images identiques et les images
différentes, les sons identiques et les sons différents;
De reconnaitre les lettres et les chiffres à partir des objets
du milieu ( la calebasse, le pilon, le citron et le grain de
mil);
D’effectuer des exercices d’assouplissement des mains
Reproduire les symboles de base
LA POST-ALPHABÉTISATION
C’estl’ensemble des actions
entreprises pour permettre aux
personnes nouvellement alphabétisées
d’accroitre les connaissances acquises
pendant la phase d’application , de les
consolider et de s’ engager dans des
nouvelles acquisitions en vue d’un
perfectionnement continu. Cette phase
lorsqu'elle est bien menée prévient le
retour à l’alphabétisation
MODULE 2: L’ANDRAGOGIE
1. La pédagogie
La pédagogie est la science de
l’éducation des enfants; c’est une
méthode d’enseignement en direction
des enfants.
2. l’andragogie
l’Andragogie c’est l’art et la science
d’aider un adulte à apprendre. Elle a
quelques principes que doivent
maitriser les animateurs des centres
d’alphabétisation.
3. Les principes andragogiques
La motivation
Un adulte apprend mieux que lorsqu’il est motivé. L’animateur doit
donc entretenir cette motivation pour éviter que l’adultes ne déserte
ou abandonne le centre.
Le respect.
Un adulte voudrait être respecté, accepter tel qu'il est. Il ne doit en
aucun cas être ridiculisé, frustré ou infantilisé, parce qu'il possède
déjà une somme d’expériences et de valeurs acquises au sein de la
famille ou de la communauté.
Le respect et la considération doivent toujours marquer les relations
entre l’animateurs et les apprenants
Le dialogue
La pratique du dialogue favorise la participation des apprenants, ce
qui les encourages à poser des questions à propos des solutions aux
problèmes soulevés qui les concernent.
La responsabilité
Dans l’éducation des adultes, l’animateur doit associer , impliquer, et
responsabiliser les apprenants pour qu’ils sachent qu’ils participent à
leur formation.
4. LES CARACTÉRISTIQUES DE L’ADULTE
Eléments de Enfant Adulte
différenciation ou
de distinction
Réalisation de soi On l’aide à se Se réalise lui même
réaliser
Capacité d’assimilation Rapide Lente
Physique En bonne santé La vue et l’audition baissent
Développement Croissance Vieillissement
corporel
Ouverture au Largement ouvert Fermé
changement
Apprentissage Acquisition des Apport de nouvelles
connaissances connaissances sur les acquis
de leurs expériences
Travail Préoccupation Préoccupation immédiate
future
Besoin d’apprentissage On lui impose ce Défini lui-même ses besoins,
qu’il doit apprendre ce qu’ il veut apprendre
Evolution On l’évalue Il s’auto évalue
5. L’ANIMATEUR
Il est chargé de la formation de l’adulte est
appelé animateur, facilitateur ou
alphabétiseur.
Le rôle de l’animateur
Aider les apprenants à acquérir de nouvelles
connaissances et des compétences sur la
base de leurs expériences.
Aider à développer les habilités chez l’adulte
pour le rendre plus autonome dans l’exercice
de ses activités ou responsabilités,
faciliter les échanges entre les apprenants et
lui, entre les apprenants eux-mêmes.
N.B: il n’est le maitre qui détient tout le savoir
et le dispensé.
6. LES QUALITÉS D’UN ANIMATEUR
Compte tenu de sa position d’animateur, il doit
posséder : un savoir, un savoir-faire et un savoir-
être.
Le savoir
L’animateur doit:
Posséder des connaissances relatives à son
domaine d’intervention;
S’informer et se former;
Maitriser les méthodes d’animation;
Disposer des outils de gestion adaptés;
Planifier ses activités.
en un mot l’animateur doit être compétent
6. LES QUALITÉS D’UN ANIMATEUR
(SUITE)
o Savoir-faire
o l’animateur doit:
Utiliser la méthode participative et des
techniques d’animation
Créer un climat convivial dans le groupe;
Favoriser les travaux de groupe
Motiver les apprenants et encourager les
volontaires;
Adapter le niveau de langage (parler
simplement pour se faire comprendre);
Savoir écouter, observer, coordonner, évaluer;
Savoir gérer les bavards et les timides;
6. LES QUALITÉS D’UN ANIMATEUR (SUITE)
Savoir être
L’animateur doit:
avoir une bonne présentation (hygiène vestimentaire et
corporel)
En un mot , il doit être un modèle.
o Ses rapports avec les apprenants
être assidu et ponctuel.
appeler chaque apprenants par son nom quand cela est
nécessaire;
éviter les préjugés et éviter de faire de l’exclusion;
sonner une seule consigne à la fois et l’expliqué
Se faire entendre;
connaitre suffisamment l’apprenant pour faciliter
l’apprentissage;
o Ses rapport avec la communauté
L’animateur est un agent de développement. Son action ne doit
pas s’arrêter pas dans le centre . Il également aux service de la
communauté. Il doit être disponible et entreprenant.
Fiche de pré-lecture
Séance : la découverte des symboles Date :
Fiche N° 1 Durée : 45 mn
Matériels : la calebasse, le citron, le grain de maïs ou mil, le pilon
Objectifs :
Etapes Activités de l’Animateur Activités des Apprenants
Motivation
Manipulation
Schématisation
Evaluation
Je vous remercie