Psycho-sociologie/ Anthropologie de la santé
Malang Ngningue
Première Partie: Psycho-sociologie
Chapitre I: Généralités en psycho-sociologie
Chapitre II: L’influence sociale
Chapitre III: Perception et Cognition sociale
Chapitre I: Généralités en psycho-
sociologie
I. Qu’est-ce que la
psychologie?
II. Qu’est-ce que la
sociologie
IV. La psycho-sociologie ou psychologie
sociale
I. Qu’est-ce que la
psychologie
Psukhé: âme / Logos : science (étude
raisonnée)
• Jusqu’à la fin 19ème siècle:
psychologie=étude du processus mental
(activité mentale)
• Début 20ème siècle elle commença à
s’intéresser aux phénomènes du
comportement: étude du comportement
L’être humain?
Corps (Physique/Somatique)
Esprit (Psychique/Mental)
Social (groupe/société)
« La santé est un état de complet bien-être
physique, mental et social et ne consiste pas
seulement en une absence de maladie ou
d’infirmité » (OMS, 1946)
Définition actuelle:
La psychologie est l'étude scientifique
des processus mentaux et des
comportements des êtres humains et de
la manière dont ceux-ci sont affectés par
des dynamiques internes et externes.
Processus mental: comportement qui n'est pas
directement observable. Ex: intelligence, attention,
mémoire, émotions, sentiments.
Comportement: manière d’être observable, par
observation directe ou par l’entremise d'instruments de
mesure. Ex: Agression, serviabilité et même le sommeil.
Dynamique interne et externe: Processus d’influence
relevant de l’inné (hérédité et caractéristiques biologiques) et
de l’acquis (apprentissage, influence de l’environnement, etc.)
Grands domaines de la psychologie
Psychologie cognitive
Psychopathologie
La psychophysiologie
La psychologie clinique
La psychologie du développement
La psychologie sociale
II. Qu’est-ce que la
sociologie
La paternité du terme sociologie est attribué
Auguste Comte qui l’inventa en 1839 pour
désigner la science de la société.
Cependant,
La sociologie naîtra comme discipline à part
que quelques années plus-tard avec un auteur
du nom d’Emile Durkheim qui, non
seulement, définit ce qu’est la sociologie, mais
donne aussi son objet d’étude, sa
méthodologie, entre autres tous les éléments
nécessaires pour qu’une discipline soit
reconnue comme une science à part entière.
Ainsi, Durkheim définit la sociologie dans
son célèbre paru en 1895, intitulé Les
Règles de la Méthodes Sociologique
comme une discipline ayant pour objet
d’étude le fait social.
Qu’est-ce qu’un fait social ou faits
sociaux ?
« manières d’agir, de penser et de
sentir, extérieurs à l’individu et qui son
douées d’un pourvoir de coercition en
vertu duquel ils s’imposent à lui »
(Durkheim, 1895).
Durkheim père de la sociologie
explicative ou holisme
méthodologique.
« Le nous prime sur le je »
Selon cette approche:
La société qui détermine nos conduites
individuelles.
Expliquer un fait social revient à chercher sa
cause qui est elle-même un fait social
antérieur.
Un fait social explique un fait social
A côté de la sociologie explicative
de Durkheim, nous avons la
sociologie compréhensive de Max
Weber.
M. Weber définit la sociologie comme:
« une science qui se propose de
comprendre par interprétation l’activité
sociale et par là d’expliquer causalement
son déroulement et ses effets »
M. Weber est souvent opposé à
Durkheim puisque mettant l’acteur au
cœur de son analyse.
« Le je prime sur le nous »
Il est le père de la sociologie
compréhensive ou de
Structuralisme Constructiviste de
Pierre Bourdieu
L’école de Chicago
III. La psycho-sociologie ou
psychologie sociale
Les origines de la psychologie sociale remontent
entre le 19e et le 20e S siècle.
C’est, en effet, en 1908 que sont publiés les
premiers manuels nord-américains de psychologie
sociale rédigés respectivement par Mac Dougall et
Ross.
En Europe, Gabriel Tarde apparait comme l’un
des principaux fondateurs de la discipline
pour avoir été le premier à utiliser la notion
de psychologie sociale (Etudes de Psychologie
sociale, 1898) pour désigner les processus
psychologiques à l'oeuvre dans la société.
Chez Tarde la Psychologie sociale représente
la synthèse de la rencontre entre la
psychologie et de la sociologie, rencontre
qu’il appréhende aussi avec la notion
complémentaire d’« interpsychologie », qui
possède à ses yeux un sens plus limité et
surtout plus interactionnel.
En combinant la sociologie et la psychologie,
la Psychologie sociale opère un dépassement
qui rompt avec le cloisonnement disciplinaire.
Ce qui lui permet de bénéficier des apports
de ces deux disciplines.
Avec la sociologie, elle se tourne vers la
société, les institutions, les groupes, mais en
considérant surtout le fait qu'ils sont
composés d'individus concrets.
Avec la psychologie, elle met le focus sur les
individus mais en tenant compte
particulièrement de leurs déterminations
sociales, du fait qu'ils vivent en groupe.
Du fait de sa double référence à l'individu et
au groupe, au psychologique et au
sociologique, à la personnalité et à la culture,
la psychologie sociale se voit volontiers
attribuer un statut, une position hybride.
C’est donc une discipline intermédiaire, au
mieux, une science interdisciplinaire, qui se
situe au carrefour de la psychologie et de la
sociologie.
Néanmoins, elle est considérée comme une
sous discipline de la Psychologie eu égard à
l’ancrage psychologique des publications qui
s’y inscrivent et aux spécialités qui lui sont
réservées dans les parcours de formation en
psychologie.
Définition de la psychologie
sociale
La psychologie sociale analyse la façon par laquelle
nos pensées, sentiments et comportements sont
influencés par l’environnement social ou par la
présence imaginaire, implicite ou explicite des
autres.
Et comment nos propres composantes
psychologiques et biologiques personnelles
influent sur notre comportement social.
Allport (1985).
La psychologie sociale affirme que l’homme est par nature
un être social. Elle développe une conception spécifique de
l’homme dans la société. Elle considère la situation de
l’homme à travers deux aspects qui structurent sa vie et
ses activités : l’individuel et le collectif. La tâche de la
psychologie sociale est de les prendre en compte dans
l’étude des phénomènes sociaux qui résultent de leur
relation.
Pourquoi étudier le
comportement?
Les valeurs, l’identité sociale, la motivation,
la situation etc… influencent notre
comportement social.
Dans le domaine de la santé?
L’empathie et la connaissance des normes
culturelles sont le moteur de la relation.
Quatre centres d’intérêts
• La pensée, les sentiments, les
comportements
• Les interactions sociales
• La présence imaginaire
• La notion d’influence
Quatre niveaux d’analyse
Niveau intra-personnel (intrapsychique)
Niveau interpersonnel (plusieurs individus)
Niveau intergroupe (entre des groupes )
Niveau sociétal (Société dans son ensemble)
Chapitre II: L’influence
sociale
INFLUENCE = POUVOIR ?
Un individu A exerce une influence sur l’individu B s’il
est en mesure de conduire B à une action conforme à
ce que A souhaite.
La différence entre Influence et Pouvoir est
que:
L’influence ne repose pas sur le recours (ou
menace de recours) à la contrainte physique
(légitime ou pas) mais sur la persuasion, la
L’influence sociale doit être considérée à travers
le système de relations qui la sous-tend. On ne
peut pas étudier les phénomènes sociaux sans
considérer les types d’influence qui s’y exercent.
Comprendre le fonctionnement social comme un système
d’influences permet de saisir la nature dynamique du social à
travers deux aspects complémentaires : la malléabilité de
l’individu pris dans le tissu social et sous la pression des
normes, d’un côté, et le poids des déterminations ainsi que du
contrôle social, dont l’individu n’a pas forcément conscience.
II. 1. Normes et coutumes en
société
Une norme sociale est une règle de conduite implicite
fondée sur des valeurs qui nous fait penser, agir sans
pour autant qu’elle ait un quelconque critère de vérité.
Les valeurs représentent ce qui est désirable ou juste.
Les normes sociales portent sur :
des comportements, des conduites (normes
de comportement).
La société détermine les normes de la
maladie (exemple de la grossesse).
des jugements, des attitudes, des opinions,
des croyances (normes de jugement).
Elles sont diverses :
religieuses (dogmes/commandements),
morales ( règles, le bien, le mal.…),
culturelles (les pratiques, l’éducation.…),
traditionnelles (les coutumes, les mœurs ),
politiques (prise de décision)
Une norme sociale :
émane toujours d’un groupe social ou d’une
société.
fait l’objet d’un apprentissage social, d’une
transmission sociale (socialisation)
dit implicitement ce qu’il convient de faire ou de
ne pas faire.
renvoie à de la valeur (du groupe)
est désirable mais ne renvoie pas à un critère de
vérité
La notion de coutume sert à désigner les
normes traditionnelles. Elles jouent les
mêmes fonctions que les normes. La
transgression des normes ou des
coutumes peut aboutir à un rejet ou à des
sanctions plus graves selon la nature de la
transgression.
Exple: Maladie dans le cas de certaines
traditions
II. 2. Communication sociale
Ensemble des actes réalisés en vue d’influencer
les comportements des individus relatifs à des
sujets d’intérêt général (Par ex. santé).
Elle vise à transmettre un message afin de
changer le comportement de chacun d’eux.
Elle diffère de la communication
commerciale/publicitaire ou de la communication
politique.
Elle poursuit trois objectifs:
Informer sur des problèmes sociaux, afin de faire
prendre conscience, de redonner du pouvoir aux
individus.
Transmettre des valeurs pour renforcer des
réseaux de solidarité.
Modifier des idées ou des comportements à risque
pour les personnes ou la collectivité.
Communication sociale en santé
Sensibiliser le grand public sur une pathologie
Faire prendre conscience des risques associés à
des
pratiques ou à des comportements pour la santé
Informer sur l’accessibilité aux soins
Inciter à des bonnes pratiques santé
Etc.
Quelques conseils
Diversifier les situations évoquées ou les personnes
représentées dans les campagnes,
Respect du choix de chacun et du libre arbitre, en
n’imposant ni norme sociale, ni discours moralisateur ;
Ne stigmatiser et ne culpabiliser personne
Savoir interpeller les individus pour les inciter à avoir
leurs propres réflexions et les faire réagir ;
Ne pas négliger les aspects culturels, qui se traduisent
principalement dans la forme du message,
Ne pas négliger les inégalités d’accès à l’information et
adapter les supports et les canaux aux cibles.
II.3. Les aspects psychosociaux
de la pratique médicale
II.3.1 L’accueil en milieu
hospitalier
Définition et fonction de l’accueil
L’accueil c’est l’ensemble des comportements et
attitudes mis en œuvre lors de l’approche du
patient et/ou ses proches dans le sens d’une
relation humaine de qualité afin de comprendre
et satisfaire ses besoins.
L’accueil est un facteur d’image de soi et de la
structure.
L’accueil du patient et de son entourage est le
premier soin. Sa qualité influence la relation
future.
C’est un moment privilégié d'écoute et
d'informations.
La qualité de l’accueil est un gage de
confiance, de satisfaction et d’adhésion au
traitement.
Attitude positive: disponibilité, tolérance,
patience, courtoisie, empathie, etc.
NB: Dans chaque rencontre, l’autre (le patient
ou l’accompagnant) est toujours une nouvelle
personne et la situation toujours renouvelée.
C’est pourquoi, l’acte d’accueillir ne peut être
une pratique standardisée.
II.3.2. La psychologie du
malade
La maladie en Psychologie:
C’est un état pathologique lié au dysfonctionnement, ainsi
qu’à la modification des organes et des cellules du corps,
mais aussi un événement déterminé par les facteurs
psychologiques et sociaux qui interviennent dans le fait
d’être malade. C’est un événement stressant souvent
vécu comme un ébranlement.
Les attitudes possibles du
patient
Suggestible
Emotif et dépendant: quête
affective
Dramatique
Rigide et méfiante
Le transfert
Mécanismes de défense:
évitement, rationalisation, la
projection
Mensonges
Réactivation des angoisses
antérieures
L’attachement à la maladie:
bénéfices secondaires
Favoriser une relation thérapeutique
positive
La rencontre entre souffrance et savoir/ 2
personnalités
Accueil et mise en confiance
Ecoute et empathie
Le contre transfert: neutralité
bienveillante, sérénité et la maitrise des
sentiments
La gestion de l’annonce: patient et non la
maladie
II.3.3. L’éducation
thérapeutique
L’éducation thérapeutique consiste à mettre
à la disposition des patients les
compétences dont ils ont besoin pour gérer
au mieux leur vie avec une maladie
chronique.
Elle fait partie intégrante et de façon
permanente de la prise en charge du
patient.
Elle comprend des activités organisées (y
compris un soutien psychosocial) conçues
pour rendre les patients conscients et
informés de leur maladie, des soins, de
l’organisation et des procédures hospitalières,
et des comportements liés à la santé et à la
maladie.
Ceci a pour but de les aider, ainsi que
leurs familles, à comprendre leur
maladie et leur traitement, à
collaborer ensemble et à assumer
leurs responsabilités dans leur propre
prise en charge, dans le but de les
aider à maintenir et améliorer leur
qualité de vie.
Les étapes d’une éducation
thérapeutique
Élaborer un diagnostic éducatif :
connaissance du patient, ses
besoins/attentes ;
Définir un programme personnalisé
d’éducation thérapeutique du patient:
formulation des compétences à acquérir par
le patient;
Planifier et mettre en œuvre les séances
d’éducation thérapeutique du patient
(collective et/ou individuelle);
Réaliser un suivi et une évaluation
individuelle : Faire le point sur les acquis et
Quelques critères de qualité :
être centrée sur le patient, élaborée
avec le patient, et impliquant autant
que possible les proches et intégrée à
sa vie quotidienne ;
être issue d’une évaluation des besoins
et de l’environnement du patient
(diagnostic éducatif);
faire partie intégrante de la prise en
charge de la maladie;
être scientifiquement fondée et enrichie par
les retours d’expérience des patients et des
proches ;
être définie en termes d’activités et de
contenu, être organisée dans le temps;
être accessible et s’adapter au profil éducatif
et culturel de chaque patient.
Chapitre III: Cognition sociale et
Perception
La cognition sociale peut être définie comme un
domaine d’étude ayant pour objet la pensée
humaine et les relations que cette pensée
entretient avec le comportement social.
Autrement dit, il s’agit à travers ce domaine
d’analyser les processus mentaux impliqués
dans la perception, l'interprétation et l'analyse
des signaux sociaux.
La cognition sociale est dimension
essentielle dans l’analyse des
interactions sociales aussi bien en
psychologie qu’en médecine.
La cognition sociale constitue une
approche de la psychologie sociale dans
le sens où les chercheurs s’intéressent à
de nombreux phénomènes étudiés dans
cette discipline, avec pour objectif de
déterminer les processus cognitifs qui les
sous-tendent.
Ric & al, 2017
En médecine, la cognition sociale est importante
en ce sens où elle influence directement la
manière dont les professionnels de santé
interagissent avec leurs patients. Une
compréhension approfondie des processus
cognitifs sociaux améliore la qualité des soins et
la satisfaction des patients.
C’est un domaine utilisé par les médecins pour :
Comprendre les expressions faciales et le langage
corporel pouvant révéler des symptômes que le
patient n’arrive pas à exprimer de façon verbale;
Obtenir un historique médical précis et détaillé du
patient à travers son récit;
Tout ceci dans le but d’obtenir un diagnostic plus
précis de la maladie du patient mais également
d’établir une relation de confiance avec lui.
En effet, établir une relation de qualité avec son patient
dépend de la capacité du médecin à faire usage de ses
compétences en cognition sociale afin de:
Faire preuve d’empathie envers son patient et instaurer
une communication efficace;
Adapter ses interactions en fonction des besoins et
spécificités de chaque patient.
De meilleurs résultats et une meilleure adhésion aux
traitements sont notés lorsque le médecin ou le praticien
sait faire usage de la cognition sociale.
Autrement dit, une formation des praticiens
en cognition entraine une diminution du
stress, de l’anxiété, des conflits et des plaintes
chez le patient. Le stress pouvant accentuer
les symptômes chez le patient et rendre
compliquer le processus de rétablissement, la
cognition sociale est d’une grande importance
dans le milieu hospitalier.
Concepts clés en cognition
sociale
Perception: Comment vous percevez les
émotions et les intentions des autres.
Empathie: La capacité d'aider à comprendre
et partager les sentiments des autres.
Influence sociale: L'impact des actions et
croyances des autres sur votre propre
comportement.