Jeunes consommateurs de substances
psychoactives : articulation entre les services
d’urgences et les dispositifs spécialisés en
addictologie
Module de formation
Déploiement régional
Programme de formation :
Tour de table
Rappel des missions des différents acteurs
Historique de la démarche
Données épidémiologiques
Concepts clé
Présentation du kit
Adapter le kit à son établissement
Importance du référent
Intervention brève : théorie et pratique
Tour de table
Rappel des missions des différents
acteurs
• Mission des services d’urgences
• Mission des équipes de liaison et de soins en addictologie (ELSA)
• Mission des consultations jeunes consommateurs (CJC)
Mission des structures d’urgences
Prise en charge des venues non programmées, dans un
établissement de santé public ou privé, 24 heures sur 24,
tous les jours de l'année, de toute personne sans sélection,
se présentant en situation d'urgence, y compris psychiatrique
Généralement organisée en filières de prise en charge
Mission des structures d’urgences
En France : 655 établissements de santé assurent la PEC
24h/24h dont 80% = service public
En Nouvelle-Aquitaine : 66 services d’urgences
Missions des Équipes de Liaison et de
Soins en Addictologie (ELSA)
Former, assister et conseiller les équipes des différents services ou structures
de soins non addictologiques de l’établissement de santé sur les questions de
dépistage, de diagnostic, de prise en charge et d’orientation des patients
ayant une conduite addictive ;
Intervenir auprès des patients aux urgences et pendant l’hospitalisation en appui
et en soutien des équipes soignantes ;
Développer des liens avec les différents acteurs intra et extrahospitaliers pour
améliorer la qualité de la prise en charge des patients et leur suivi.
Composante des structures d’addictologie hospitalière de niveau 1, 2 et 3.
ELSA = au sein de tout établissement disposant d’une structure des urgences définie
par le décret 2006-576 du 22 mai 2006
En Nouvelle-Aquitaine : 26 ELSA
Missions des Équipes de Liaison et de
Soins en Addictologie (ELSA)
Aider au repérage précoce des problèmes addictifs (alcool, tabac, substances
illicites, médicaments, addictions sans produit).
Contribuer à l’évaluation de l’addiction, à l’élaboration du projet de soins et à
la mise en place d’une prise en charge médico-psychosociale au cours de
l’hospitalisation
Aider les équipes soignantes lors de la réalisation des sevrages, de la mise en
place des traitements de substitution pour les opiacés ou des substituts
nicotiniques
Préparer la sortie de l’hospitalisation et orienter la personne vers le dispositif
spécialisé hospitalier, médico-social, vers les partenaires de la ville et l’aide du
réseau de santé s’il existe sur le territoire.
Missions des Consultations Jeunes
Consommateurs (CJC)
Dispositif spécifique de consultations destinées aux
jeunes consommateurs de cannabis et autres substances
psychoactives et leur famille (circulaire 23/09/2004)
L’objectif des CJC est de repérer le plus tôt possible les
comportements présentant des risques d’addiction.
Nouvelle-Aquitaine : environ 70 points de consultation
(permanences et antennes comprises)
Missions des Consultations Jeunes
Consommateurs (CJC)
Favoriser une évaluation partagée de la situation du jeune consommateur et
un diagnostic de l'usage nocif
Évaluer l’état psychique du jeune
Offrir une information et un conseil personnalisés aux usagers à risque
Offrir une prise en charge brève aux jeunes ayant un usage nocif
Accompagner ou proposer une orientation aux jeunes lorsque la situation le
justifie
Offrir un accueil aux parents en difficulté du fait de la consommation de leurs
enfants
Proposer un accueil conjoint parents-enfants
Susciter la motivation au changement en matière de comportements de
consommation.
Historique de la démarche
Genèse
CONSTAT
Une augmentation des venues de jeunes dans le cadre d’une intoxication aigüe et/ou poly-
consommations aux urgences
ENJEU
Un passage aux urgences d’un jeune (présence de sa famille ou pas) dans le cadre d’une
intoxication aigüe et/ou poly-consommation et conduite à risque = un facteur de gravité qui
nécessite une intervention adaptée : « Ni banalisation – ni dramatisation »
HYPOTHESE
Vulnérabilité psychique ?
OBJECTIF DU PROJET
Améliorer la prise en charge des jeunes en intoxication aiguës en région Nouvelle-Aquitaine et
favoriser la coordination des différents acteurs de cette prise en charge
ACTEURS CONCERNES
Les services d’urgences, les services psychiatriques, les services pédiatriques, les Equipes de
Liaison et de Soins en Addictologie (ELSA), les Consultations Jeunes Consommateurs (CJC),
les CSAPA/CAARUD, les maisons des adolescents, les médecins généralistes
Travailler à partir de l’existant
■ Les médecins urgentistes sont les seuls à voir tous les jeunes
Les jeunes et/ou leur famille ne verront pas forcément quelqu’un d’autre
■ Les ELSA ne sont pas présentes en continu
- vecteurs de la spécificité addictologique (évaluation, formation, sensibilisation),
vecteurs de l’orientation vers CJC, CSAPA, lieux ado,…
■ Les Consultations Jeunes Consommateurs (CJC) / CSAPA
- Mission spécifique des CSAPA pour les jeunes et leur entourage (CJC/INPES)
- Autre contexte / temporalité que les Urgences
- Accompagnement et soin dans la durée et la proximité - transdisciplinarité (secteur
médico social) (prévention, réduction des risques, soin, accompagnement, orientation)
■ Les médecins généralistes
- Voient une grande partie des jeunes
- Proximité familles : atout / inconvénient
Un projet mené depuis 2012
Depuis 2012, la Fédération Addiction pilote le projet « jeunes consommateurs
de substances psychoactives ».
Déployé en Aquitaine, puis à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine.
Le projet initial a permis l’élaboration du kit « jeunes et urgences » et sa
diffusion aux hôpitaux ayant un SAU, toutes les ELSA et CJC d’ex-Aquitaine.
Puis il a fallu mobiliser les ex-régions Poitou-Charentes et Limousin, via
l’organisation de 2 séminaires.
Une réunion bilan avec les sites ayant déployé le kit a permis d’identifier un
certain nombre de leviers (automatisation des documents du kit, simplification
d’utilisation des documents, désignation d’un référent au sein du SAU…) et de
freins (turnover, manque de disponibilité des urgentistes, documents trop
lourds à remplir…) au déploiement de cet outil
2019 : nouveau projet qui s’inscrit dans la continuité des actions déjà
déployées
Le KIT actualisé
Le kit « jeunes et urgences »
a été actualisé en fonction
des leviers et freins
identifiés
Données épidémiologiques
L’alcool
Source : OFDT, 2017
En France, l’alcool est le produit psychoactif le plus consommé par les jeunes.
En 2017, 87% des jeunes de 17 ans ont déjà bu de l’alcool au cours de leur vie.
Environ 8,4% buvait régulièrement (au moins 10 fois dans le mois) et 44% ont connu
une alcoolisation ponctuelle intense (API) au cours du mois écoulé.
L’âge moyen de la première ivresse est de 15,2 ans.
C’est le produit psychoactif expérimenté le plus tôt :
50% des jeunes de 13 ans y ont déjà goûté (position supérieure aux autres pays
européens).
Les premières expérimentations ont le plus souvent lieu dans le cadre familial. Puis
au lycée, les consommations se font majoritairement sans adulte.
Les garçons commencent à boire de l’alcool un peu plus tôt que les filles.
Les consommations des jeunes sont devenues moins fréquentes que leurs ainés,
mais plus importantes, rapides et centrées sur l’ivresse (binge drinking). La moitié
des jeunes de 17 ans ont pratiqué le binge drinking au cours des 30 derniers jours
(phénomène qui augmente, notamment chez les filles).
Le tabac
Source : OFDT, 2017
1er produit psychoactif consommé quotidiennement : 25% des jeunes de
17 ans disent fumer tous les jours.
Environ 60% des jeunes de 17 ans ont expérimenté le tabac.
Premières expérimentations lors des années collège et lycée :
14% des jeunes ont fumé une cigarette à l’âge de 13 ans
33% l’ont déjà fait à 15 ans
L’usage quotidien reste rare au collège, et débute plutôt au lycée.
Le tabac est consommé autant par les filles que par les garçons.
Le pourcentage de jeunes qui fument des cigarettes a fortement diminué ces
dernières années. Parallèlement, le nombre de fumeurs de cigarettes
électroniques a augmenté : 50% des jeunes de 17 ans l’ont expérimenté mais
seuls 2% l’utilisent tous les jours)
Le cannabis
Source : OFDT, 2017
Le cannabis est le 1er produit psychoactif illicite consommé à l’adolescence.
France = parmi les pays où prévalence de conso est la plus élevée
A 17 ans : 4 jeunes sur 10 en ont déjà consommé et 3% en fument
quotidiennement.
Parmi les jeunes de 18/25 ans : plus de la moitié en ont déjà consommé et 5% en
font un usage quotidien.
Premières expérimentations plus tard que l’alcool et le tabac = très rares à
l’entrée au collège. Les jeunes de 15 ans sont 16,5% à l’avoir expérimenté.
Usages réguliers (10 fois / mois) =
2% des élèves de 3ème
6% des élèves de seconde
7% des élèves de terminale
En 2011 : parmi les ados de 17 ans, 5% risque d’usage problématique voire
dépendance (7% garçons, 3% filles)
Autres substances psychoactives
Source : OFDT, 2017
L’expérimentation des autres produits illicites sont plus tardives et plus rares.
• Les produits les plus expérimentés (par 3% des jeunes de 17 ans, et par environ
6% des 18-25 ans, pour chaque produit) = ecstasy (MDMA), cocaïne,
champignons hallucinogènes. Contexte festif.
• Plus rarement = amphétamines, LSD, héroïne, crack.
Plus d’un jeune de 17 ans sur cinq déclarait avoir utilisé un médicament psychotrope
au cours de sa vie (tranquillisants et somnifères étaient les plus cités).
A 17 ans, quasiment pas d’usage répété dans le mois de substances illicites autres
que le cannabis.
Seuls les produits à inhaler (colles, solvants, poppers, ampoules de protoxyde
d’azote) = niveaux d’expérimentation élevés à cet âge (9%)
Poly-consommations
Source : Santé Publique France
Les deux substances les plus associées par les jeunes à 17 ans sont tabac et
cannabis (4,4 %) puis tabac et alcool (2,8 %).
Presque 2 % des jeunes sont polyconsommateurs réguliers à la fois de tabac,
de cannabis et d’alcool.
Nouveaux Produits de Synthèse (NPS)
Source : OFDT, 2017
NPS = toute substance psychoactive utilisée comme « drogue » et non inscrite
dans les conventions internationales des Nations-unies de 1961 et 1971.
Substances synthétiques, modifiables à l’infini et donc potentiellement
innombrables
Usage récréatif, en milieu festif conventionnel ou alternatif. Caractère caché d’une
parties des usages de NPS (achat sur internet).
En 2017, environ 4% des jeunes de 17 ans déclarent avoir déjà consommé un
NPS.
Seuls 12 % d’entre eux ont précisé de quel produit il s’agissait (principalement un
cannabinoïde de synthèse).
Rôle intéressant des forums d’usagers (représentations, RDR)
Un besoin d’informations sur les NPS (Effets, Risques… )
40% des répondants ont connu des effets indésirables
Dont 17% durant consommation seuls chez eux
Concepts clés
Les intoxications aiguës (IA) sont particulièrement fréquentes chez les
jeunes.
• Pas forcément inscrite dans le cadre d’une addiction déjà établie mais
accroissent le risque d’en développer une (si les facteurs causaux ne
sont ni dépistés ni pris en compte).
Addiction
Processus dans lequel est réalisé un comportement qui peut avoir pour
fonction de procurer du plaisir et/ou de soulager un malaise intérieur, et qui se
caractérise par l’échec répété de son contrôle et sa persistance en dépit des
conséquences négatives
[Link], psychiatre, 1990
• Prises de risque (souvent impulsives) à l’origine de l’essentiel de la morbi-
mortalité chez les jeunes (accidents, suicides…)
Concepts clés
• Important d’évaluer les IA de manière globale : contexte
psychologique, social, familial.
• D’éventuelles comorbidités psychiatriques sont à rechercher :
TDA/H, trouble des conduites, troubles de l’attachement, trouble
anxieux, trouble de l’humeur, trouble psychotique, etc.
• Un soutien à la fois individuel et familial est pertinent chez les
jeunes.
PLACE AUX QUESTIONS ET AUX
ÉCHANGES !
PAUSE
Présentation du kit opérationnel
- Un support matérialisé (clé USB), commun,
personnalisable
- Classé par département
- Divisé en 2 onglets : les outils et ressources de base
et ceux pour aller plus loin
- Qui nécessite un accompagnement et un référent
- Évolutif
La clé USB contient un 4 pages de présentation qui reprend l’historique du projet, les
constats et les enjeux, et qui détaille les outils proposés dans le kit.
Quels outils et ressources dans le kit ?
Un corpus commun, composé d’outils et de ressources « de base » :
- Un outil de suivi urgences/ELSA (fiche reporting adaptable au logiciel de
l’hôpital)
- Un arbre décisionnel de l’accueil d’un jeune aux urgences
- Le corpus de documents à remettre au jeune et/ou à sa famille
(comprenant un courrier de sortie à destination du jeune, le compte-
rendu de passage aux urgences, un autoquestionnaire, un flyer)
- Une synthèse des principes clés de l’intervention brève
Un corpus de documents pour aller plus loin :
- Guide opérationnel (« protocole » suite expérimentation)
- Références / documents officiels (Recommandations HAS,…)
- Des supports de communication (affiches et cartes)
- Les outils de repérage et orientation (ADOSPA, BITS, TSTS CAFARD)
- Des supports de sensibilisation et de formation
Les documents de base
Objectifs :
L’outil de suivi - Intégrer les éléments de la fiche reporting au logiciel de l’hôpital
urgences/ELSA pour faciliter le suivi du parcours du jeune
( ou fiche reporting)
- Favoriser la traçabilité (papier / informatique) de la file active jeunes
- Favoriser la coordination et l’articulation entre services
Adaptable aux outils de l’hôpital
Objectifs :
- Définir les circuits possibles selon l’organisation interne de l’hôpital
L’arbre décisionnel et selon la présence ou l’absence de l’ELSA, pour que la prise en
charge du jeune soit optimale
- Favoriser la coopération entre les services d’urgences et les
services spécialisés
Objectifs :
Points clés de - Synthétiser les principes clés de l’intervention brève
l’intervention brève
Les documents de base
Courrier à destination du jeune :
- Préciser le contexte d’admission
- Présenter les outils à disposition du jeune
Le compte-rendu de passage aux urgences :
- Informer du passage aux urgences
- Transmettre les informations sur les étapes du parcours au sein de
l’hôpital au médecin traitant
Le courrier de sortie
(à destination du jeune) Autoquestionnaire : (ADOSPA/BITS)
- Permettre au jeune d’évaluer ses consommations et ses
vulnérabilités psychologiques s’il le souhaite
ADOSPA : repérage des consommations d’alcool et d’autres substances
psychoactives
BITS : repérage des fragilités psychologiques (mal-être, risque suicidaire…)
Le flyer jeune :
- Quelque soit le parcours, proposer au jeune les coordonnées de la
CJC et des dispositifs spécialisés les plus proches
- Personnalisé en fonction du département
Il est remis aux familles venues chercher un jeune (mineur ou non) et
Le flyer famille contient les mêmes informations que le flyer jeune.
Pour aller plus loin
Le guide d’accompagnement et de bonnes pratiques, élaboré
dans le cadre du premier kit. Il décrit les étapes de la prise en
charge (accueil => sortie)
Historique La synthèse des expérimentations en ex-Aquitaine
Elle reprend l’ensemble de la réflexion et présente les résultats
de l’expérimentation menée sur les trois sites pilotes : CH St
André à Bordeaux (33), CH de Dax (40), CH de Villeneuve sur Lot
(47).
ANAES ; Les recommandations pour la pratique clinique :
orientations diagnostiques et prise en charge au décours d’une
intoxication éthylique aigüe, des patients admis aux urgences des
établissements de soins.
Documentation HAS ; Note de cadrage : repérage précoce et intervention brève
en alcoologie en premier recours
Outils d’aide au repérage précoce et principes de
l’intervention brève
Ce module de formation qui est le support utilisé par les ELSA
Le module de formation référentes, mais qui est également un support commun pour les
SAU et les ELSA afin de s’approprier au mieux le kit
Pour aller plus loin
Les tests permettent d’aborder la situation d’un jeune, et servent
de support d’entretien. Ils peuvent aussi de faire en auto-
questionnaire.
Les test ADOSPA/TSTS Le test de l’ADOSPA permet d’évaluer les consommations du
CAFARD/BITS patient.
Le test TSTS CAFARD permet de repérer les fragilités
psychologiques, le test BITS également, mais il intègre davantage
les nouveaux comportements (harcèlement scolaire, etc).
Affiche personnalisable en fonction de son département
Supports de Cartes à distribuer au jeune et/ou sa famille avec les
communication coordonnées des CJC
Flyer jeune en version PDF et en version avec traits de coupe
Flyer famille en version PDF et en version avec traits de coupe
Adapter le kit à son établissement
• Le compte-rendu de passage aux urgences est adaptable, il est
possible d’intégrer les éléments qui le composent à l’outil utilisé
dans votre établissement.
• Il existe des flyers différents en fonction des départements.
Importance et rôle du ou des référent.s
- Référent.s issu.s des urgences ou de l’ELSA
Missions :
- Faire le lien entre les professionnels mobilisés
- Dynamiser la démarche
- Veiller à l’intégration des nouveaux professionnels dans
le processus
- Evaluer régulièrement l’action et sa mise en œuvre
- Améliorer en continu les articulations entre les services
et dispositifs
PLACE AUX QUESTIONS ET AUX
ÉCHANGES !
L’intervention brève : théorie et
pratique
Principes et objectifs
• Feed-back: aider le jeune à identifier ce qui
fait problème
• Responsabiliser
• Advice : Donner son avis sur les
changements que le jeune souhaite opérer
• Menu: Par quels moyens possibles
• Empathie: bienveillance, ne pas juger
• Self-efficacy: encourager
1. Restituer le repérage
F
E • Le jeune est invité à reprendre les
E problèmes qu’il vient d’identifier.
D • Il est invité à évoquer les
désagréments, les risques encourus.
B
A • L’intervenant partage le diagnostic
C avec le jeune.
K
2. Si problème.s
R • Qu’est ce que le patient identifie
E
S vraiment comme un problème,
P pour lui ? A
O
N D
S • Est-il prêt à changer quelque V
A I
B chose ?
C
I
E
L
I • Le changement de comportement
S appartient au patient.
E
R
A ce stade
Il est possible de situer la motivation à changer du jeune
Persévère dans son
Changement
sans tentation,
Tente de maintenir certain à 100 %
son changement de
comportement Accomplissement
Maintien
Consommateur
Action Rechute satisfait ou indécis
Change son Pré-intention
comportement de Pré-contemplation
consommation
Envisage de changer
Décide de son comportement de
changer consommation (ambivalent)
Préparation Intention
Contemplation
3. « Comment changer »
• Le jeune a-t-il des idées pour
changer ?
E
• Comment peut-il diminuer les M
M risques encourus? P
E – Je ne bois plus avant d’entrer en A
N boite, T
U – Je ne fume plus seul des pétards, H
– Je vais en parler à un psy ou à….. I
– Je vais faire du sport E
– Je ne bois plus à la maison….
4. Si résistance « En reparler ? »
Donner la possibilité d’en reparler lors d’une
prochaine consultation :
• Si vous avez bien conscience des risques encourus et si
vous jugez que cela en vaut la peine, je respecte votre
choix.
• Mais, vous pouvez toujours en reparler
• Je vais vous donner un document, au cas où vous
souhaiteriez aller plus loin
Documents d’information
5. Résumer et encourager
S • Résumer ce qui a été dit au cours de
E la consultation:
L – Redéfinir ce qui fait problème,
F – Intérêt de changer pour le patient,
– Reformuler ce que le patient a prévu pour
E diminuer les risques
F
– Proposer de refaire le point lors d’une
F
prochaine consultation (on donne le RV)
I
C
A
C Donner une documentation
Y
L’orientation est possible si:
• Le jeune est volontaire et préparé,
• L’intervenant lui a bien expliqué l’intérêt de
cette orientation et ses objectifs,
• L’intervenant, si c’est possible, propose de
rester disponible si le jeune le souhaite (en
consultation ou par téléphone)
• L’intervenant connait les ressources
disponibles sur son territoire et les met à
disposition du jeune
En résumé :
• Toujours partir de ce qui est un problème
pour le jeune, selon lui, et non selon nous.
• Lui permettre, grâce à l’ADOSPA, grâce
au BITS, grâce à l’écoute, d’identifier son
ou ses problèmes.
• L’inciter à chercher les solutions pour agir
sur son ou ses problèmes, s’il le souhaite.
• L’accompagner, l’aider et éventuellement
l’orienter.
L’intervention brève en pratique
Exercice de posture
Exercice entre 2 personnes (patient.e et soignant.e):
Sujet A : Vous imaginez une situation que vous aimeriez (devriez) changer comme, arrêter de fumer,
manger mieux, boire moins, etc. L’idéal est de partager quelque chose de vrai, que vous pourriez
entreprendre et que, pour toutes sortes de bonnes et mauvaises raisons, vous n’avez pas encore
entrepris
Sujet B : Vous écoutez [Link] patient.e
- Le sujet B - posture 1 : Entretien jugeant
Attitude du soignant.e :
Prendre son téléphone portable, air désintéressé, ton jugeant, questions fermées avec
ton jugeant, dur, rapide, posture debout, fait comprendre au patient qu’[Link] n’a pas de
temps à perdre avec [Link] patiente, orientation vers quelqu’un d’autre sans donner de
références…
Que retenir de l’entretien ?
- Le sujet B - posture 2 : Entretien motivationnel
Attitude du soignant.e :
Position basse et adaptée, écoute, reformulation, empathie, questions ouvertes, pas de
jugement, valorisation.
48
Que retenir de l’entretien ?
L’intervention brève en pratique
Cas cliniques
Cas clinique 1 :
Jeune fille de 13 ans arrivée un soir d’août 2013 au SAU à 00h54 amenée par les
pompiers. Des passants l’avaient trouvée assise par terre ne pouvant se relever lors
d’une fête de village.
A 1h08 elle fugue, l’éthylotest est à 0,57, l’alcoolémie sera à 1g28. Le médecin des
urgences note « qu’elle est fatiguée car n’a pas assez dormi depuis 5 jours », GCS
15/15, rien à l’examen, tableau d’ivresse chez une mineure. Toxiques sanguins négatifs
(BZD, Phénobarbital, antidépresseurs tricycliques).
Le médecin de l’ELSA la voit le matin vers 10h, elle veut bien discuter et se
comporte normalement durant l’entretien qui dure plus d’une demi-heure.
Son aspect surprend par sa tenue et son maquillage, elle fait bien 2 ans de plus
physiquement et semble plus mature également. Elle dit qu’elle était à une fête seule,
sa mère est à la montagne avec son frère et son père CRS est en déplacement
professionnel. Elle devait dormir chez un ami à ses parents…
Elle est la dernière d’une fratrie de 3 enfants, elle a une sœur de 16 ans et un frère de
14 ans. Elle a également deux demi-frères du côté de son père
Elle est en 5ème au collège, dit bien travailler.
50
Au niveau des SPA, elle dit fumer occasionnellement et boire de l’alcool en
famille 1 à 2 UI par occasion, et dans les fêtes elle dit contrôler sa consommation.
Elle a eu une ivresse l’été 2012 ( à 12 ans).Elle ne prend aucun autre produit ni
médicament.
Elle dit que l’alcool la détend, lui permet d’oublier ses soucis et d’être
euphorique. Elle ressent aussi les effets négatifs : vertiges, nausées et
vomissements. Il n’y a pas d’éléments en faveur d’une dépendance.
L’ADOSPA présente une seule réponse positive.
Au niveau psychique on retrouve 2 éléments difficiles passés :
- à 8 ans ses parents ont failli divorcer et sa mère très en souffrance l lui a expliqué
la situation très précisément,
-d’autre part en colonie de vacances elle a vu une scène de violence et s’est
battue avec un enfant de son âge.
Elle n’a pas commencé sa vie sexuelle.
51
Elle donne l’impression d’être isolée dans sa famille, et elle a pas mal de libertés, elle
dit être attirée par les personnes plus âgées qu’elle.
Elle banalise cette alcoolémie, dit ne pas savoir pourquoi elle a autant bu. Elle n’a
aucune plainte, aucune demande. Elle me semble néanmoins en souffrance
psychique et n’a évoqué ses parents que par le fait qu’ils étaient absents ;il n’y a pas
d’évocation de ses relations avec eux.
En conclusion, je l’ai avertie des méfaits de l’alcool sur le cerveau des moins de 16
ans, et lui ai proposé de venir en consultation pour voir une psychologue, lui ai laissé
les coordonnées du service d’addictologie.
La sortie du service des urgences se fait avec une voisine nommée par le père
joint au téléphone.
Pas de passage aux urgences depuis cette date.
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Cas clinique 2 :
Jeune fille de 14 ans arrivée l’après-midi du 4 décembre 2020 au SAU.
Elle était déjà venue en février pour des douleurs abdominales mais rien à signaler.
Elle a pris du THC, de la cocaïne et du Lyrica 300mg dans la nuit du 1 au 2 décembre,
et a fait un malaise 2 jours après dans l’après-midi (14h le 4 décembre).
Elle consomme du tabac depuis l’âge de 12 ans, et du cannabis quotidiennement
depuis cet été (1 à 2 joints par jour avec des amis adultes et plus lors de soirées).
Au niveau de ses relations familiales : elle a perdu ses 2 grands-parents maternels à 4
mois d’intervalle quand elle avait 9 ans et elle affirme qu’ils lui manquent beaucoup.
Ses parents ont divorcé à ses 10 ans, depuis elle vit avec son père, tandis que son
frère et sa sœur vivent avec sa mère, qu’elle voit tous les 15 jours.
Elle est souvent seule car son père travaille.
Elle va souvent chez une amie majeure qui traine avec d’autres adultes et ils
consomment des produits psychoactifs.
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Elle a des difficultés scolaires depuis 4 ans;
Elle faisait du basket mais elle a arrêté et ne fait plus de sport.
Elle semble être en détresse sur son physique (elle fait 1m80 à 14 ans).
Son test ADOSPA révèle un score de 4/6 et son test BITS un score de 6/8.
Elle estime son moral à 4/10 lors de sa venue.
Elle n’a pas d’idée suicidaire (mais en avait eu au moment du décès de ses grands-
parents)
En conclusion : un entretien a eu lieu avec son père et la médecin de l’ELSA :
orientation vers une CJC (notamment la psychologue), rendez-vous téléphonique
prévu la semaine d’après sa venue
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