Coût de Production en Comptabilité Analytique
Coût de Production en Comptabilité Analytique
Comptabilité
Analytique
Formateur : ABDELILAH
ANI
Année : 2024-2025
CHAPITRE 2 LE COUT DE PRODUCTION EN PRESENCE DE CAS PARTICULIERS :
Déchets, Rebuts, Encours, Sous-produits
Le calcul du coût de production d’un produit, pour une période déterminée, peur soulever un
certain nombre d’interrogations :
- Le processus de production, a-t-il pris en considération les quantités de matières non
retrouvées ?
- Les produits fabriqués, font-ils l’objet dans leur totalité d’une utilisation ou d’un écoulement
normal ?
- Y a-t-il des produits accessoires au produit principal ?
- La production est-elle totalement achevée ?
Eléments Q PU MT
En cours initial +6 000
Charges de production de la période 220 000
En cours final -6 400
Ce sont des produits résiduels ne pouvant être ni vendus ni utilisés. Ils sont sans valeur mais leur
évacuation (enlèvement) de l’entreprise peut entraîner des frais (frais d’enlèvement, frais de
transports, frais de nettoyage, frais de lutte anti-pollution…).
- MP 1.500 15 22.500
- MOD 600 30 18.000
Charges indirectes :
Ce sont des déchets qui peuvent constitués une MP à une nouvelle production.
Au cours de la transformation d’une MP « M » dans l’atelier A pour avoir un produit fini « P1 », une
entreprise obtient en même temps un déchet, ce déchet permet d’obtenir après addition d’une MP « N
», un produit « P2 » au niveau de l’atelier « B ».
- Consommation de « M » : 2.000 kg à 20 dh le kg
- Consommation de « N » : 100 kg à 8 dh le kg
- MOD :
Atelier A : 1.500H à 60 dh l’heure
Atelier B : (transformation) 50H à 10dh l’heure
- Frais :
Atelier A : 10.000 dh
Atelier B : 800 dh
- Frais de distribution : 6.000dh dont 1/6 pour P2
- Le produit « P2 » est vendu au prix de 20dh le kg avec un bénéfice de 10% du prix de vente.
- Production de P2 : 300
CP de « P1 »
Eléments Quantité Prix unitaire Montant
CSMP 2.000 20 40.000
Mod. 1.500 60 90.000
Frais atelier A - - 10.000
(-)Déchet 200 11.5 2.300
CP du produit 137.700
3) Les rebuts et les sous produits :
Les rebuts sont des produits comportant des défauts et par conséquent impropre à l’utilisation normale.
Les sous produits sont des produits finis mais qui n’ont pas la même importance que le produit principal.
Traitement comptable : Même raisonnement pour les déchets vendables et réutilisables.
Exercice :
La société anonyme « SOFAP » a été constituée début 1975 avec un capital formé de 6.000 actions de
100dh l’une. Elle fabrique et vend :
- un produit principal : la farine de poisson FP
- un produit dérivé (sous produit) : l’huile de poisson HP
Ces produits sont élaborés dans deux ateliers : At. broyage et At. séchage.
La fabrication se fait à partir de poisson de basse qualité (MP1) et des déchets des conserveries de poisson
(MP2). Ces deux matières premières ne sont pas stockables. L’entreprise calcule ses coûts
mensuellement. Pour le mois de Janvier 2005, on vous fournit les informations suivantes :
1) Stock au début du mois :
- farine de poisson : 360sacs de 50kg chacun pour une valeur globale de 17.860
- huile de poisson : 70 litres à 13,15dh le litre
2) Achat du mois :
- MP1 : 1.500 quintaux à 0,50dh le kilo (le quintal = 100kg)
- MP2 : 1.000 quintaux à 0,30dh le kilo
3) Ventes de la période :
- farine de poisson : 4.000 sacs de 50kg chacun à 1,50dh le kilo
- huile de poisson : 250 litres à 20dh le litre.
1) Charges directes de MOD :
- l’atelier broyage : a utilisé 1.600 h à 7dh l’heure
- l’atelier séchage à utilisé 1.400h à 6dh l’heure
2) La production du mois :
- farine de poisson : 3.900 sacs de 50kg chacun
- huile de poisson : 250 litres
3) Autres renseignements :
- Les charges de la CG autres que les achats pour la période s’élèvent à 116.140dh.
- Les dotations à caractère exceptionnel pour janvier sont de 4.000dh.
- La rémunération théorique du capital social est estimée à 14% l’an.
Remarque :
Le coût de production du sous produit est obtenu à partir de son prix de vente en tenant compte d’une
déduction de 20% du prix représentant le bénéfice à réaliser et les frais de distribution
• Les sorties du magasin sont évaluées au coût unitaire moyen pondéré avec cumul du stock initial.
TAF :
1. Compléter le tableau de répartition de charges indirectes ;
2. Calculer les coûts d’achats des MP ;
3. Calculer le coût de production global après séchage ;en déduire le coût de production sous
produit) ;
4. Présenter l’inventaire permanent de ce produit ;
5. Calculer le coût de revient et le résultat analytique du produit principal.
Solution :
CAE = 116.140 - 4.000 + (6.000 x 100 x 14% X 1/12)
CAE = 119.140 - MOD
CAE = 119.140 - [(1.600 x 7) + (1.400 x 6)]
CAE = 99.540
Broyage = 99.540 - (22.000 + 6.000 + 12.000 + 4.000 + 24.800 + 6.740)
Broyage = 24.000
1. Tableau de répartition:
3. Coût de production :
Elément Quantité Prix unitaire Montant
Charges directes :
- MP 1 1.500 56,4 84.600
- MP2 1000 36,4 36.400
- MOD
At. broyage 1.600 7 11.200
At. séchage 1.400 6 8.400
Charges indirectes :
At. broyage 1.600 20 32.000
At. séchage 1.400 22 30.800
Déchet - 250 16 - 4.000
Coût de production 3900 199.400
4. Inventaire permanent « FP »
Libellés Quantit Prix Montant Libellés Quanti Prix Montant
és unitaire té unitaire
- Stock 360 - 17.860 - Sorties 4.000 51 204 000
initial - Stock
- Entrée 3.900 - 199.400 final 260 51 13260
Total 4.260 51 217 260 Total 4.260 51 217260
5. Inventaire permanent « HP » :
Libellés Quantit Prix Montant Libellés Quantité Prix Montant
és unitaire unitaire
- Stock 70 13,15 920,5 - Sorties 250 15,37 3.842,5
initial - Stock
- Entrée 250 16 4.000 final 70 15,37 1.075,9
Total 320 15,37 4920,5 Total 320 15,37 4.290,5
7. Cout de revient :
Elément MP HP
Quantité PU Montant Quantité PU Montant
- CPPV 4.000 51 204000 250 15,37 3.842,5
- frais de dist. 3.000 6,8 20.400 50 6,8 340
Elément MP HP
Quantité PU Montant Quantité PU Montant
- prix de vente 4.000 75 300.000 250 20 5.000
- Coût de revient 4.000 59.28 237120 250 16,73 4182,5
Coût de revient 4.000 15.72 62880 250 3,27 817,5
1,5dh 1kg
X 50kg X = 75dh
RAG = 75.600 + 817, 5 = 76.417,5
L’une des plus fortes critiques adressées à la méthode des coûts complets est qu’elle fait supporter
la totalité des charges enregistrées par une entreprise, au cours d’une période, aux seuls produits
qu’elle fabrique.
Ainsi vaut-il mieux recourir parfois à des méthodes de coûts partiels qui n’intègrent qu’une partie
des charges totales.
Dans ce cadre, la méthode des coûts variables (ou le direct costing) se présente comme une
méthode d’évaluation des coûts qui permet de calculer des marges par produit en séparant :
Les éléments de coûts variables propres au produit (dont la somme est appelée coût direct du
produit)
Des coûts fixes (de production, d’administration et de vente) qui sont rattachés, dans une même
masse, à une période de temps donnée.
Au terme du plan comptable marocain, les charges fixes sont des : « Charges liées à l’existence
de l’entreprise et correspondent, pour chaque période de calcul, à une capacité de production
déterminée. L’évolution de ces charges avec le volume d’activité est discontinue. Ces charges
sont relativement fixes lorsque le niveau d’activité évolue peu au cours de la période. »
Les charges fixes –dont le total est appelé coût fixe– ne restent constante que pour une
structure donnée de l’entreprise, et varient par palier ; d’où une autre appellation : charges de
structure (Dotations aux amortissements ; Primes d’assurance).
Elles sont unitairement variables.
Exemple : pour une structure donnée, les charges fixes sont égales à 60 000 DH ; et par suite :
Si la production = 10 000 unités Coût Fixe unitaire = 6
Si la production= 15 000 unités Coût Fixe unitaire= 4
Si la production= 20 000 unités Coût Fixe unitaire= 3
Entre les deux catégories de charges présentées, on trouve une troisième catégorie de
charges qu’on appelle charges semi -variables, composées d’une partie fixe et d’une partie
variable.
IV/Compte de résultat différentiel ou tableau de résultat par
variabilité
Etape 1 ; Chiffre d’Affaires net
Charges variables marge sur CV
Coût total
Chiffre d’Affaires
- Coût Variable
=Marge/Coût Variable
- Coût Fixe
= Résultat
Exemple : soit une entreprise pour laquelle C. A. pour un exercice est de 100 000dhs et dont les
charges correspondantes sont analysées comme suit : C. V. = 62 500 DH ; C. F. = 26 250 DH, le
résultat de l’entreprise sera calculé comme suit :
Elément Montant %
Dans la méthode du Direct Costing simple, on n’incorpore dans les coûts d’un produit que les
charges variables.
Les charges fixes ne sont pas réparties entre les différents produits et activités élémentaire mais
supportées par la période.
La marge de contribution, appelée également marge sur coût variable est calculée au niveau de
chaque activité élémentaire, elle résulte de la différence entre le chiffre d’affaires généré par
l’activité et les charges variables directement identifiables à cette activité.
Exemple : Une entreprise, qui produit des lessives, vend trois marques par l’intermédiaire de
trois canaux de distribution différents :
Résultat 20 000
VI/ Direct costing évolué
Cette méthode est un perfectionnement de la précédente, elle est basée sur une analyse
plus fine des charges fixes en les répartissant en :
• charges fixes spécifiques : c.à.d. propres à chacun des produit, services…et qui y sont
affectables.
• charges fixes communes à l’ensemble des services, produits (frais d’administration
générale…)
N. B. : La contribution de chaque produit est mesurée par « la marge sur coût spécifique »
Exemple : Reprenons l’exemple précédent de la société qui produit la lessive, le service
Eléments Canal 1 Canal 1 Canal 1
contrôle de gestion a mené une étude lui permettant
Marque A deMarque
distinguer
A les charges
Marque A fixes
spécifiques (directes).
Chiffre d’affaires 150 000 200 000 250 000
Résultat 20 000
-Modèle du compte de produits et de charges différentiel de l’entreprise commerciale :
Montant %
Chiffre d’affaires hors taxes
- Rabais, remises et ristournes accordes
I
= Chiffre d’affaires net hors taxes
Achats de marchandises
- R. R. R. obtenus
= Achats nets
+ charges variables d’approvisionnement
= coût d’achat variable des marchandises achetées
II + ou – variation de stocks
III = Coût d’achat variable des marchandises vendues
IV
V Marge sur coût d’achat variable (I – II)
VI - Charges variables de commercialisation
Marge sur coût variable (III – IV)
-Charges fixes
.d’approvisionnement
.de commercialisation
.d’administration
Résultat courant (V – VI)
Application :
Au 31/12/2018, le reclassement par variabilité des charges d’une entreprise commerciale a
donné les résultats suivants :
Total des charges courantes 21 865 dh dont 14 586 dh de frais fixes et 7 279 de frais variables.
Les frais variables concernant les achats de marchandises pour 1 753 et les ventes pour 5 526.
Par ailleurs le CPC établi à la même date donne les renseignements suivants :
-achat de m/ses : 30 200 DH
-S. I. de m/ses : 1 650 DH
-vents de m/ses net : 52 550 DH
-S. F. de m/ses : 2 400 DH
-R.R.R obtenus : 995 DH
TAF :
Etablir un C. P. C. différentiel faisant apparaitre :
Marge sur cout variable
Résultat courant
Modèle du compte de produits et de charges différentiel de l’entreprise industrielle :
Montant %
Chiffre d’affaires hors taxes
- Rabais, remises et ristournes accordes
I = Chiffre d’affaires net hors taxes
Achats de matières premières
- R. R. R. obtenus
= Achats nets de matières premières
+ charges variables d’approvisionnement
= coût d’achat variable des matières premières achetées
+ ou – variation de stocks des matières premières
II
III = Coût d’achat variable des matières premières consommées
IV
V + Frais variables de production
VI = Coût variable de production des produits finis fabriqués (II +III)
VII + ou – variation de stocks des produits finis
VIII
IX = Coût de production des produits finis vendus (IV +/- V)
X + Frais variables de distribution
= Coût variable (VI + VII)
Marge sur coût variable (I – VIII)
-Charges fixes
.d’approvisionnement
.de production
.de commercialisation
.d’administration
Résultat courant (IX – X)
APPLICATION.
Pour l’exercice N+1, l’entreprise CYCLO envisage d’acquérir de nouvelles machines afin d’accroître
ses capacités de production, ce qui entraînerait :
- Une augmentation des ventes en quantités de 10%
- Une baisse du prix de vente unitaire de 15 dh
- Une baisse des charges variables de production de 5%
- Une hausse des charges fixes d’exploitation de 180 000 dh.
Éléments Montant % du CA
- Une augmentation des ventes en quantités de 10% è ventes N+1 = 45 000 * 1,10 = 49 500 VTT
- Une baisse du prix de vente unitaire de 15 DH è prix de vente N+1 = 250 -15 = 235 dh
- Une baisse des charges variables de production de 5% charges unitaires = 18 * 0,95 = 17.1 dh
- Une hausse des charges fixes d’exploitation de 180 000 DH. charges fixes d’exploitation N+1 =
5 400 0000 + 180 000 = 5 580 000 dh
Tout chiffre d’affaires supérieur au seuil de rentabilité implique des bénéfices et dans le cas
contraire des pertes.
Le niveau d’activité peut être exprimé soit par le chiffre d’affaires ou encore le volume de
production
II. Calcul du seuil de rentabilité :
On a :
M/CV – Charges Fixes = Résultat
(Taux M/CV x C. A.) – Charges Fixes = Résultat
Par définition, au seuil de rentabilité, le bénéfice est nul. On peut dès lors relever que :
(Taux M/CV x S. R.) – Charges Fixes = 0
(Taux M/C. V. x S. R.) = Charges Fixes
(Avec taux de marges/ CV = Marges sur coût variable/chiffre d’affaires)
Charges fixes x Chiffre d’affaires
Seuil de rentabilité =
Marge sur coût variable
Charges fixes
Seuil de rentabilité =
Taux de marge sur coût variable
Y =X
Bénéfice
Perte CT Y=ax+b
x
SR CA
Bénéfice
CF y=b
Perte
SR X=CA
R Y= a’’ x - b
Bénéfice
x ( CA)
Perte SR
La marge de sécurité est l’excédent du chiffre d’affaires de l’entreprise sur son S. R. ; c’est
donc l’importance du bénéfice de l’entreprise après avoir couvert l’ensemble de ses
charges.
Elle représente le montant en valeur absolue de chiffre d’affaires dont l’entreprise supporte
la baisse avant de devenirMarge de sécurité (MS) = CA - SR
déficitaire.
L’entreprise DELL fabrique des ordinateurs portables. Le comptable vous fournit le détail des
charges de l’exercice N :
- Matières premières : 40% du chiffre d’affaires
- Autres charges variables de production : 12% du chiffre d’affaires
- Charges variables de distribution : 10% du chiffre d’affaires
- Charges fixes: 11 900 000 DH
Au cours de l’exercice N, l’entreprise DELL a vendu 70 000 ordinateurs portables au prix unitaire
de 500 dh HT.
1) Présentez le compte de résultat différentiel de l’entreprise DELL pour l’exercice N (en milliers
DH)
2) Calculez le seuil de rentabilité en valeur
3) Retrouvez le seuil de rentabilité que vous avec calculé à la question 2 de façon graphique.
1) Présentez le compte de résultat différentiel de l’entreprise DELL pour l’exercice N (en milliers d’euros)
T. A. F. : Calculer le coût de production total et unitaire ainsi que le coût variable et le coût
fixe unitaires.
Solution :
I : Présentation de la méthode :
L’inconvénient de la méthode des coûts complets est que le coût de revient varie en fonction
du niveau d’activité.
La méthode d’imputation rationnelle est utilisée pour apporter une solution à cette difficulté
en éliminant l’effet du volume de production sur le jugement des performances. Elle rend,
ainsi, l’appareil de production responsable de ses coûts (notamment en cas de saisonnalité de
l’activité ou d’existence d’importantes charges de structure).
En effet, dès que l’activité s’éloigne de son niveau normal, il n’est pas forcément rationnel de
supporter aux coûts l’intégralité des charges fixes qui représentent bien souvent, une forme
d’investissement de capacité et dont l’évaluation est effectuée pour un niveau d’activité dite
normale.
La méthode d’imputation rationnelle consiste, alors, à inclure dans les coûts non pas les
charges fixes réelles, mais des charges fixes adaptées au niveau de production ou au niveau
d’activité de la période.
II : Etapes de la méthode :
1- Définir une activité normale : L’activité normale correspond à l’activité théorique maximale
diminuée des déperditions incompressibles de l’activité liées aux temps de congé, d’arrêt de
travail, de réparations (entretien, pannes, réglages) statistiquement normales et aux
contraintes structurelles de l’organisation (changements d’équipes, goulots d’étranglement).
En pratique, le niveau normal d’activité est déterminé :
Soit d’après les capacités des facteurs de production (on prend la capacité théorique
optimale de production dont on déduit un % censé représenter les aléas de production) ;
Soit d’après une moyenne mensuelle de l’activité réelle de l’année précédente.
2- Répartir les charges en charges fixes et variables ;
3- Déterminer le coefficient d’imputation rationnelle (C. I. R.) :
Coefficient d’activité = Activité réelle / Activité normale
T. A. F. :
-Calculer le coût d’imputation rationnelle pour une activité réelle de 500 U et 1 200 U.
-Calculer la différence d’imputation rationnelle.
Solution :
--Charges variables unitaires : 15 200/1 000 = 15,20
Exemple