1- qu’est-ce qu’un modèle de développement
2- Ce que signifie le nouveau modèle de développement marocain
voulu par Mohammed VI
3 -Nouveau modèle de développement : les 4 grands axes de
transformation proposés par la CSMD
4- Les quatre limites du modèle de développement actuel
POURQUOI LE CHOIX DE NMD?
AVANT NMD , CAD POURQUOI CE
MODEL ?
LE CAS DU MAROC
L'économie marocaine de l'indépendance à nos jours
Après son indépendance, le Maroc a dû faire face
-à l’absence d’une industrie de base,
-à la faiblesse de ses investissements,
-au chômage
-et au manque de cadres
-et de main-d’œuvre qualifiée.
Une intervention urgente de l’État était nécessaire
-pour dynamiser l’économie nationale,
-préserver l’intérêt général
-et satisfaire les besoins sociaux du pays.
Le Royaume a ainsi mis en place différents programmes s’alignant sur les principes du libéralisme.
L’État a par la suite décidé d’intervenir en adoptant une série de mesures inscrites dans le cadre de
plusieurs plans, et ce dès 1958.
De 1958 à 1959, le Royaume a adopté un plan biennal, considéré
comme une base assurant la transition vers un autre plan :
le plan quinquennal 1960-1964. Ce dernier fixait trois objectifs fondamentaux,
- à savoir l’industrialisation,
- le développement du secteur agricole
-et la formation des cadres.
Ce programme traduisait la poursuite des efforts de réaménagement de l’économie
marocaine sur la base de deux idées maîtresses :
- raffermir l’indépendance économique du Maroc
- et promouvoir son développement ;
-remettre en mouvement une économie qui a tendance à se maintenir dans une certaine
stagnation.
Le plan triennal 1965-1967 a été validé par la suite
- pour favoriser la croissance du secteur agricole jugé prioritaire (politique des barrages),
- développer des industries légères exportatrices,
- développer le tourisme
-et assurer la formation de davantage de cadres.
Ce plan n’a toutefois pas abouti, car il s’est achevé par une dette extérieure lourde et une structure agraire
stagnante.
Le pays a mis ensuite en œuvre d’autres plans quinquennaux (1968-1972 et 1973-1977).
Celui qui a couvert la période 1973-1977 a été qualifié de «plan de développement
économique et social»,
- et avait pour objectif d’accélérer la croissance du
Maroc de 7,5% par an -et d’accroitre ses investissements de 18%
par an.
Cependant, les objectifs de ce plan n’ont pas été réalisés, notamment en raison de
la chute du prix des phosphates sur le marché mondial, qui a d’ailleurs affecté
profondément l’économie nationale.
Le Royaume a poursuivi ses efforts de reconstruction économique, et a ainsi acté le plan triennal 1978-
1980. Ce programme cherchait
- à réduire les importations par l’interdiction de l’importation des produits susceptibles
d’être fabriqués localement,
- à améliorer les équilibres fondamentaux internes et externes,
- et à poursuivre une politique sociale et d’aménagement du territoire en faveur
d’une répartition équitable des bénéfices de la croissance.
Puis, entre 1981 et 1985, c’est un plan quinquennal de relance économique et sociale qui a été adopté
par le pays. Parmi ses objectifs,
- il y avait la consolidation de la défense de l’intégrité territoriale
- et la relance de l’activité économique,
et ce par;
- la mobilisation de l’épargne privée,
- l’augmentation des investissements,
- l’amélioration de l’équilibre extérieur en augmentant les exportations,
- la lutte contre le chômage
- et la réforme fiscale.
Le plan d’orientation 1988-1992 a, quant à lui, dressé les bases de la stratégie de développement
en s’articulant autour
-de la libéralisation de l’économie,
-le désengagement de l’État et la privatisation.
Avec le lancement de son processus de libéralisation, le Maroc a abandonné la planification de
son activité économique entre 1992 et 1996. Mais l’apparition de quelques contraintes socio-
économiques a poussé les autorités publiques à élaborer un plan quinquennal 1996-2000.
un plan quinquennal 1996-2000. Ce programme qui visait la promotion du secteur privé, le maintien des
équilibres fondamentaux, le développement des exportations et le développement du monde rural,
n’a toutefois pas vu le jour. Pour cause : l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement d’alternance et la
régionalisation.
Le Maroc post-libéralisation
le Maroc a adopté depuis les années 80 une politique d’ouverture économique et financière.
Pour ce faire,
- il a simplifié les procédures du commerce extérieur,
- réduit la protection tarifaire,
- éliminé les mesures non tarifaires,
- amélioré le climat des affaires et des investissements
- et élargit ses relations économiques et commerciales.
Cette ouverture s’est d’ailleurs traduite par la signature de différents accords de libre-échange
- avec les États-Unis,
- l’Union européenne
,- la Turquie,
- les pays membres de la Ligue arabe (dans le cadre de la Grande Zone de Libre-Échange
arabe),
-et les pays arabes méditerranéens dans le cadre de l’ALEPAM (Accord d’Agadir).
De plus, grâce à la mise en place de nouvelles politiques sectorielles basées sur
l’avantage comparatif de l’économie marocaine :
-Plan Émergence Industrielle,
-Vision 2010 puis 2020 pour le tourisme,
-Vision 2015 pour l’artisanat,
-Plan Rawaj pour le commerce,
-Plan Maroc Vert pour l’agriculture,
-Plan Halieutis pour la pêche...),
le pays a pu assurer une croissance soutenue et
durable pendant plusieurs années.
Aujourh’hui plus que jamais ,
Enfin, aujourd’hui, bien que le Maroc, comme le reste du
monde, est confronté à une récession en raison de la
pandémie du nouveau coronavirus et de ses
répercussions, tout porte à croire qu’il remontera
éventuellement cette pente. Certes, les séquelles ne seront
pas des moindres, mais le Royaume a prouvé de par sa
persévérance et sa résilience au fil des années qu’il saura
relever ce nouveau défi et protéger les intérêts de ses
citoyens.
Ce serait carrément une crise de la « gouvernabilité » qui renvoie plus
simplement à l’utopie du « gouvernement sans les gouvernants »
C’est dans ce contexte que le concept de gouvernance refait surface.
Ainsi, l’apparition d’une logique de la gouvernance serait le résultat d’un
bouleversement dans les rapports entre le politique, l’économique et la société
civile .
Le mot anglais governance a été remis à l’honneur dans les années 1990
- par des économistes et politologues anglo-saxons
- et par certaines institutions internationales (ONU, Banque mondiale et FMI, notamment),
de nouveau pour désigner :
« l’art ou la manière de gouverner »,
mais avec deux préoccupations supplémentaires;
-d’une part, bien marquer la distinction avec le gouvernement en tant qu’institution;
-d’autre part, sous un vocable peu usité et donc peu connoté, promouvoir un nouveau
mode de gestion des affaires publiques fondé sur la participation de la société civile à
tous les niveaux.
Qu'est-ce que la gouvernance ?
La gouvernance désigne ;
-l'ensemble des mesures et
- des règles qui permettent d'assurer le bon fonctionnement
- et le contrôle d'un Etat,
d'une institution ou d'une organisation qu'elle soit publique ou privée.
Apparus en France dans les années 1990 et utilisés au départ
-pour évoquer le pouvoir politique et étatique,
-aujourd'hui été étendus à la sphère économique et à la gestion des entreprises.
Selon l'IT Governance Institute, la gouvernance a "pour but
-de fournir l'orientation stratégique,
-de s'assurer que les objectifs sont atteints,
-que les risques sont gérés comme il faut
-et que les ressources sont utilisées dans un esprit responsable".
La gouvernance veille au respect des intérêts des "ayants droits", à savoir les citoyens, les
pouvoirs publics, les partenaires et les actionnaires.
La gouvernance est une forme de pilotage multi parties prenantes. Les décisions ne sont plus le fait d'un
unique décideur (ou groupe de décideurs) omnipotent, mais bien le fruit de la concertation après avoir pesé le pour
et le contre en fonction des différents intérêts des parties prenantes.
1- qu’est-ce qu’un modèle de développement
2- Ce que signifie le nouveau modèle de développement marocain
voulu par Mohammed VI
3 -Nouveau modèle de développement : les 4 grands axes de
transformation proposés par la CSMD
4- Les quatre limites du modèle de développement actuel
1- qu’est-ce qu’un modèle de développement
un modèle
un modèle, en général, est un exemplaire à suivre du fait de sa perfection. Il
concerne à la fois les êtres humains et les choses.
Le dictionnaire Larousse :Un modèle est également un schéma théorique d’un
système ou d’une réalité complexe.
un modèle de développement
Par extension, « un modèle de développement est un schéma à suivre afin
de promouvoir le progrès d’un peuple. Il s’agit d’un cadre de référence pour
ceux à qui il appartient d’élaborer les politiques publiques d’un pays »
(PNUD).
Il est clair qu’il ne s’agit nullement d’élaborer
- ni un projet de société (sur lequel il est difficile de dégager un consensus),
-ni encore moins un plan d’action ou de rentrer dans les détails à travers
un catalogue de mesures.
1- qu’est-ce qu’un modèle de développement
Il s’agit de tracer la voie à suivre pour mener le pays vers le progrès social et
améliorer le sort de la population.
C’est exactement comme un voyageur qui se trouve à la croisée des chemins et ne
sait plus quel chemin il doit emprunter pour se rendre au bon endroit.
Le modèle de développement donne justement les signaux et les informations
nécessaires qui aideraient les politiques et les décideurs à prendre les bonnes
décisions en mettant en œuvre des politiques publiques judicieuses, tenant
compte de l’étape historique et des ressources disponibles et potentielles.
LE REPORTAGE SUR
NMDM
2- Ce que signifie le nouveau modèle de
développement marocain voulu par Mohammed
VI
Le Nouveau modèle de développement (NMD), présenté au Roi, le mardi 25 mai
2021, par Chakib Benmoussa, énumère les enjeux, les priorités ainsi que la manière
d’atteindre le changement escompté à l’horizon 2035.
le changement escompté ?
-Prospérité,
-capacitation (empowerment),
-inclusion,
-durabilité,
-et leadership régional,
tels sont les objectifs de développement fixés par les 35 membres de la CSMD pour changer
la face du Maroc d’ici 2035.
Un document de 170 pages, consultable sur le site web de la Commission
([Link] jouera le rôle d’une « boussole », constituant ainsi un point de
départ vers une nouvelle étape, pour aller de l’avant dans le projet sociétal du royaume, sous
la conduite de Mohammed VI. -
2- Ce que signifie le nouveau modèle de
développement marocain voulu par
Mohammed VI
Ayant interagi directement avec 9.719 personnes et 20,3 millions de personnes via les
réseaux sociaux,
les membres de la commission consacrent une partie du rapport
-aux préoccupations
-et propositions des citoyens,
qui sont principalement en rapport avec la qualité des services publics, l’accès à des
opportunités économiques
-L’éducation, et à l’emploi, et l’ancrage des principes de bonne gouvernance.
-la santé,
- le transport et
les opportunités d’ouverture et d’épanouissement, notamment à travers
-la culture
- et le sport,
voici les principaux domaines qui cristallisent les attentes des citoyens. Pour les auteurs
de ce rapport, ces domaines doivent être « appréhendés en termes de qualité de l’offre et
d’accessibilité dans des conditions favorables ».
Concrètement, et en chiffres, le Maroc de 2035 aspire à atteindre :
-le doublement du PIB par habitant,
- une maîtrise des apprentissages de base à la fin du cycle primaire par plus de 90%
des élèves,
-l’augmentation du nombre de médecins par habitants pour atteindre les normes de
l’OMS,
-la réduction à 20% de la part de l’emploi informel,
-l’élargissement du taux de participation des femmes à 45%,
- un taux de satisfaction des citoyens envers l’administration et les services publics
de plus de 80%.
Nouveau modèle de développement : les 4
grands axes de transformation proposés
par la CSMD
1-Diversifier l’économie :
Premièrement, le Maroc doit aller vers une
économie productive et diversifiée créatrice de
valeur et d’emplois de qualité, recommande la
commission spécialisée du modèle de
développement (CSMD).
2-Renforcer le capital humain: Deuxièmement, la CSMD préconise de
renforcer le capital humain
-“pour donner à tous les citoyens les capacités de
prendre en main leur devenir,
-de réaliser leur potentiel en toute
autonomie, - et de participer au
développement du pays - et à son
intégration dans l’économie du savoir et de l’immatériel, portées
par les compétences”.
3-Inclure tout le monde:
Troisièmement, la CSMD prône une transformation par l’inclusion
et la solidarité.
Objectif : la participation de tous les Marocains à la dynamique
nationale de développement.
“Toutes les populations (…) doivent être incluses dans l’effort
collectif, principalement à travers la participation et l’accès égal
aux opportunités économiques, à travers la protection sociale, et à
travers l’ouverture et l’acceptation de la diversité de la société
marocaine”, note la CSMD.
4-Place aux territoires:
Cet axe de transformation devra passer par l’émergence d’un “Maroc des régions”
prospère et dynamique,
-la réorganisation innovante des échelons territoriaux,
- l’aménagement intégré des territoires,
- l’amélioration de l’habitat,
- du cadre de vie,
-de la connectivité et de la mobilité,
- la préservation des ressources
naturelles, - le renforcement de la
résilience des territoires au changement climatique, -et enfin la
4- Les quatre limites du modèle de développement
actuel
Le rapport général de la Commission spéciale sur le modèle de développement
(CSMD), présenté mardi 25 mai 2021 par Chakib Benmoussa au Roi Mohammed VI,
relève quatre nœuds qui ont été identifiés comme étant à l’origine de l’essoufflement
du modèle actuel. Ainsi, le rapport souligne :
1/ Le manque de cohérence verticale entre la
vision de développement et les politiques
publiques annoncées et la faible convergence
horizontale entre ces politiques. L’absence d’une vision stratégique globale e
long terme, partagée et assumée par tous les
2/ La lenteur de la transformation structurelle
acteurs, de
l’économie affectée par les coûts élevés des facteurs de
production et freinée par la faible ouverture sur de nouveaux
acteurs innovants et compétitifs.
3/ Le secteur public fonctionne selon un mode centralisé, top-down, à faible
logique de résultat, et ne développe pas une vision stratégique qui lui permettrait de
jouer son rôle dans l’amorçage et l’accompagnement des multiples chantiers de
transformation.
4/ Un sentiment d’insécurité judiciaire et d’imprévisibilité qui
limite les initiatives, en raison d’un décalage entre certaines
lois comportant des «zones grises» et les réalités sociales
vécues, d’une justice qui pâtit d’un manque de confiance,
d’une bureaucratie tatillonne et de recours inopérants.
23 + 14 = 37
En 2035