SÉMINAIRE SECTORIEL :
PSYCHOLOGIE PSYCHODYNAMIQUE
PSY7129
Conception freudienne (suite)
Sexualité, désir,
pulsions et libido
La sexualité humaine
D’après le sens commun, la sexualité renvoie à toute activité centrée sur les organes génitaux
Or, dans la psychanalyse freudienne, la sexualité a un sens beaucoup plus large :
Excitations et activités procurant du plaisir, et qui sont reliées
à l’assouvissement d’un besoin physiologique fondamental,
mais qui ne sont pas réductibles à l’assouvissement de ce
besoin (il y a donc plaisir sexuel lorsque l’activité ne répond
pas à un besoin)
Qu’est-ce donc qu’un plaisir sexuel?
Le plaisir est dit sexuel lorsqu’il se détache du plaisir purement organique
Ainsi :
Plaisir organique de boire le lait maternel
Plaisir de téter le sein
Plaisir de téter son pouce
Plaisir sexuel d’embrasser la personne aimée
Les tendances qui naissent d’une zone érogène et aspirent à l’idéal
inaccessible d’une satisfaction sexuelle absolue (qui se buttent au
refoulement, ce qui les obligent à se rabattre sur des actes
substitutifs) sont les pulsions sexuelles
Freud décompose les pulsions sexuelles en quatre éléments
Source : La zone érogène d’où la pulsion provient
Force : Ce qui meut la pulsion
But : Ce qui attire la pulsion
Objet : Moyen grâce auquel la pulsion cherche à atteindre son but idéal
Les trois principaux destins des pulsions sexuelles
(Voir la diapositive suivante)
Refoulement : Les pulsions du Moi visent le refoulement des pulsions sexuelles
Sublimation : Changement du but des pulsions sexuelles vers un but qui n’est pas sexuel
(mais qui a une valeur sociale, comme les réalisations culturelles et artistiques, les relations
de tendresses parents-enfants, les sentiments d’amitié, etc.)
Fantasme : Changement de l’objet, c’est-à-dire que le Moi impose un objet fantasmé pour
remplacer l’objet réel
Selon Freud, nos actes ont donc un sens… sexuel! Ils sont l’expression
d’un désir inavoué / inavouable
L’acte est le substitut de ce qui n’a pas eu lieu
À noter que, comme pour d’autres aspects de sa conception, Freud
modifia grandement sa théorie des pulsions au fil des années
D’abord, il importe de ne pas confondre instinct et pulsion : le premier
désigne un comportement héréditaire qui appartient à l’espèce, tandis
que la seconde renvoie à une « poussée qui fait tendre l’organisme vers
un but »
Donc, sur le plan des pulsions, nous en retrouvons plusieurs dans les écrits
de Freud : pulsion d’agression, pulsion de destruction, pulsion d’emprise,
pulsion partielle, pulsions d’autoconservation, pulsions du Moi… parfois
au singulier, d’autres fois au pluriel!
Ici, nous insisterons plus particulièrement sur les pulsions de vie ainsi que
les pulsions de mort
Pulsions de vie
Parfois désignées par Éros
Notion introduite dans Au-delà du principe de plaisir (1920)
Force de liaison, et ce, à l’échelle intrapsychique comme à l’échelle interpersonnelle
Visent l’abaissement des tensions
Recouvrent les pulsions sexuelles et les pulsions autoconservations
Pulsions de mort
Parfois désignées par Thanatos
Notion introduite dans Au-delà du principe de plaisir (1920)
Force de déliaison, et ce, à l’échelle intrapsychique comme à l’échelle interpersonnelle
Visent l’abolition des tensions
Les pulsions de mort regroupent la pulsion d’agression et la pulsion de destruction
Pour clore cet exposé, abordons brièvement une notion difficile à définir,
notamment parce qu’elle revêt un sens particulier dans la vie courante,
la libido
Libido
Énergie fondamentale de l’individu, à la base des pulsions sexuelles
La tension libidinale accumulée et non déchargée devient angoisse
RÉFÉRENCES
De Mijolla, A. (2002). Dictionnaire international de la psychanalyse. Calmann-Lévy / Hachette.
Nasio, J.-D. (1994). Le plaisir de lire Freud. Payot, 1999.
Hergenhahn, B. R., & Henley, T. B. (2016). Introduction à l’histoire de la psychologie (2 e édition). Modulo.
Laplanche, J. et Pontalis, J.-B. (1967). Vocabulaire de la psychanalyse (8e édition). PUF, 2007.
Roudinesco, É. et Plon, M. (1997). Dictionnaire de la psychanalyse. Fayard.