Formation SIG-Santé
Introduction à la télédétection
Marc SOURIS
Florent DEMORAES
cnrs.f
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[Link]
Master Géographie de la Santé Laboratoire de Cartographie Appliquée
Paris X. Nanterre IRD - Bondy
Sommaire
► Télédétection : Concepts généraux
Processus de télédétection
Spectre électromagnétique
Interaction des éléments de la superficie terrestre avec la
radiation
► Les satellites et les capteurs
Les satellites
Les capteurs
► L’image numérique
Résolution des images
Corrections des images
Techniques de filtrage
Traitements d’images : indices y néo-canaux
Classifications
Applications
Télédétection : concepts généraux
Télédétection : définition
Science dont l’art est d’obtenir de l’information sur la superficie de la
Terre sans entrer en contact avec elle. Réalisé en détectant et
enregistrant l’énergie émise ou réfléchie, et en traitant, analysant et
utilisant cette information.
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La télédétection
La télédétection spatiale utilise les radiations émises par les objets au
sol (soit à partir de la lumière du soleil, soit à partir de lumière émise par
le satellite).
Un exemple de ce processus, avec l’utilisation de systèmes de capture
d’images, est illustré ci-dessous.
A. Source d’énergie ou illumination
B. Radiation et atmosphère
C. Interaction avec l’objet
D. Détection de l’énergie par le capteur
E. Transmission, réception et traitement
F. Interprétation et analyses
G. Applications
Spectre électromagnétique
Un spectre électromagnétique est la décomposition d'un rayonnement
électromagnétique en fonction de sa longueur d'onde, ou de sa
fréquence.
Les ondes électromagnétiques sont désignées par différents termes, en
fonction des gammes de fréquence (ou de longueur d'ondes). Par
longueur d'onde croissante, ce sont :
Rayons y
Rayons x
Ultra violets
Lumière visible
Infra rouge
Micro-ondes
Ondes radar
Ondes radio
Radiation électromagnétique
► Le spectre visible ne représente qu’une petite portion de l’ensemble du
spectre électromagnétique.
► Les longueurs d’onde du visible vont de 0,4 à 0,7 μm. C’est la seule
partie du spectre que nous pouvons associer à des couleurs.
Violet : 0.4 - 0.446 μm
Bleu : 0.446 - 0.500 μm
Vert : 0.500 - 0.578 μm
Jaune : 0.578 - 0.592 μm
Orange : 0.592 - 0.620 μm
longueurs d’onde
Rouge : 0.620 - 0.7 μm
Interaction des éléments de la superficie
terrestre avec la radiation
Chaque type de matériau, sol, végétation, eau, etc. reflète la radiation
incidente de façon différente, ce qui permet en principe de les distinguer
sur une image, en mesurant cette réflexion.
La signature spectrale d’un objet est le pourcentage de radiations
réfléchi par l’objet, pour l’ensemble des longueurs d’onde du spectre
électromagnétique.
Dans le cas du visible, les
différences de réflexion sont
traduites par le cerveau en
perception de couleurs
différentes. Par exemple, un
objet est vert s’il reflète la
lumière de façon importante
dans la longueur d’onde
correspondante.
Les satellites et les capteurs
Les satellites
La trajectoire d’un satellite autour de la Terre s’appelle “orbite”. Il existe
deux types de satellites, les géosynchrones ou géostationnaires, et les
héliosynchrones.
► Géostationnaires :
Il doivent se situer sur la ligne équatoriale à une orbite de 36000 Km de la
Terre. Ils restent en permanence à la verticale d’un point donné,
accompagnant la Terre dans son mouvement de rotation. Ex: Les satellites
de communication et les satellites d’observation météorologique.
Les satellites
► Héliosynchrones :
Ils se déplacent en orbites généralement circulaires et polaires (le plan de
l’orbite contient l’axe de rotation de la Terre), de façon à ce que, utilisant le
mouvement de rotation de la Terre, ils puissent capturer des images de
différents points à chaque fois qu’ils passent par le même point de l’orbite.
L’altitude de telles orbites est comprise entre 300 et 1500 km d’altitude.
L’orbite est définie de façon à ce que le satellite passe toujours au-dessus du
même point à la même heure.
Les capteurs
Un capteur est un appareil qui réunit la technologie nécessaire à l’acquisition
d’images à distance et qui est transporté par le satellite. Il permet de capturer
l’information pour différentes régions du spectre. Chacune de ces régions
donne lieu à une image, appelée alors canal ou bande.
Deux types de capteurs :
► Actifs : Produisent leur propre radiation et reçoivent la
radiation réfléchie par la surface terrestre
radar
lidar (technologie laser)
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u
► Passifs : reçoivent la radiation électromagnétique réfléchie par la surface
terrestre
Photographiques
Optico-électroniques qui combinent une optique et un système de détection
électronique, comme SPOT
Spectromètres d’images et d'antenne (radiomètres de microondes).
L’image numérique
Résolution des images
L’émission de radiation (émise ou réfléchie) à partir de la superficie terrestre
est un phénomène continu en 4 dimensions (espace, temps, longueur
d’onde et intensité). On définie :
la résolution spatiale : taille du pixel
la résolution spectrale : nombre et largeur des régions du spectre
capturées
la résolution radiométrique : nombre d’intervalles des intensités qui
peuvent être capturées
la résolution temporelle : intervalle de temps entre deux captures d’une
même région
L’image numérique
Pour chaque canal, le capteur convertit les valeurs réfléchies et capturées
en valeurs numériques (appelées radiométriques), avec une précision
habituelle de 256 niveaux. Ces valeurs sont conservées sous la forme
d’images matricielles, composées de pixels (généralement carrés). Il y a
donc une image par canal.
Le pixel est défini par sa position (ligne, colonne) et sa valeur.
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L’image numérique
4 12 11 5 203 225 205 221 ► Valeurs radiométriques entre 0 y 255:
9 8 10 214 221 222 218 219 0 (0% de réflexion): Noir
12 10 55 212 225 230 244 210
255 (100% réflexion): Blanc
9 8 70 210 220 224 221 220
► Ces matrices de valeurs radiométriques
11 7 146 214 218 227 230 219 peuvent être visualisées :
6 122 125 146 222 235 249 231 En matrices de gris
En compositions colorées (par une
78 114 120 135 138 139 140 146
combinaison de plusieurs bandes)
123 132 135 138 141 132 134 129
L’image numérique
Images satellites : exemples
Image Spot 5 du 23/11/2003
L’image numérique
Images satellites : exemples
Image Spot 5 du 23/11/2003
Panchromatique Multi spectral: composition colorée
L’image numérique
Images satellites : exemples
Image Landsat
(Thaïlande)
L’image numérique
Images satellites : exemples
Pétrolier qui coule
Rio de Janeiro.
IKONOS Pan: resolution 1
metre
(15/10/2002)
Source: NASA
L’image numérique
Images satellites : exemples
Spaceborne Imaging Radar-
bands C & X - Synthetic
Aperture Radar
“Phu Kradung” nord-est
Thaïlande (03/10/1994)
Source: NASA
Corrections préliminaires dans une image
Une image satellite est soumise à une série de facteurs qui
perturbent la réception et introduisent des erreurs dans
l’image.
Erreurs des capteurs, qui introduisent des pixels
incorrects (correction radiométrique)
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Erreurs dans le mouvement du satellite ou du
mécanisme de réception, qui génèrent des distorsions
dans l’image (correction géométrique)
L’atmosphère, qui modifie de façon systématique les
valeurs des pixels (correction atmosphérique)
Techniques de filtrage
Méthodes destinées à augmenter ou supprimer, de façon sélective,
l’information contenue dans une image, afin de mettre en évidence
certains éléments de l’image, ou au contraire de supprimer des valeurs
anormales.
Les filtres les plus utilisées sont :
passe-bas (pour diminuer le contraste)
passe-haut (pour augmenter le contraste)
directionnels (détectent des structures qui suivent une direction
donnée)
détection de contours (permettent d’identifier et d’isoler des objets
homogènes dans une image)
Techniques de filtrage
Pour filtrer une image, on applique à chaque pixels de l’image une matrice
multiplicative de taille N x N (fenêtre mobile, généralement de 3x3). Le
résultat de la combinaison linéaire est divisée par un scalaire (en général la
somme des coefficients de la matrice).
Techniques de filtrage
Filtres passe-bas : élimination du bruit (filtre de la médiane)
Techniques de filtrage
Détection de contours (filtre de Prewitt)
Techniques de filtrage
Détection de contours (filtre Laplacien)
Traitement d’image : indices
Lorsque l’on souhaite détecter un aspect spécifique de la superficie
terrestre, on peut utiliser des indices construits à partir de plusieurs canaux.
Indices de végétation : calculés à partir de la radiométrie de différents
canaux, ils permettent de mettre en évidence la quantité et l’état de
végétation. Ils sont basés sur les propriétés radiométrique de la végétation.
La signature spectrale caractéristique de la végétation saine montre un fort
contraste entre la faible réflectance dans le rouge (0,6 μ – 0,7μ) et la haute
réflectance dans l’infrarouge de longueur d’onde plus courte (0:7 μ – 1,1μ).
La différence est d’autant plus grande que la densité de végétation est forte
et que son état sanitaire est satisfaisant.
Traitement d’image : indices
La plupart des indices de végétation sont
basées sur ce principe. L’indice le plus
connu est l’Indice Normalisé de
Végétation (NDVI) dont l’équation est :
où ρir est la réflectance dans l’infrarouge
proche (bande 4 de landsat TM, par
exemple) y ρr est la réflectance dans le
rouge (bande 3 de landsat TM).
Traitement d’image : néo-canaux
Une image satellite contient plusieurs canaux, correspondant chacune à une
région du spectre électromagnétique. Dans certains cas ces canaux
correspondent à des sous-régions du spectre visible.
D’un autre coté, les cartes graphiques utilisent trois entrées correspondant
aux trois couleurs de base (R,V,B) pour représenter l’ensemble des
couleurs. En assignant une couleur à un canal, on peut ainsi obtenir une
composition colorée.
Traitements d’image : néo-canaux
La composition colorée la plus simple consiste à simuler les vraies couleurs.
Par exemple, avec Landsat :
[Link]
b1 -> B
b2 -> G
b3 -> R
Mais comme on dispose de plus de trois canaux, rien n’empêche de les
utiliser pour créer des images en fausses couleurs. Ces compositions sont
utilisées pour mettre en évidence des éléments dont la réflectance est plus
forte dans certains canaux.
Traitements d’image : néo-canaux
LANDSAT : Il est possible de créer une composition colorée à partir des
canaux 3-2-1 de Landsat TM. Dans ce cas, le résultat se rapproche d’une
photographie en vraies couleurs.
Traitements d’image : néo-canaux
Une composition colorée RGB de la même scène, utilisant les canaux 4
(proche infrarouge), 5 (infrarouge moyen) et 3 (rouge du spectre visible).
Cette région du spectre permet de mettre en évidence des différences dans la
couverture végétal. On peut différencier clairement les différents types de
forêts, et, avec quelques données de terrain, avoir des informations sur l’age
et la gestion de chaque espèce.
Classification
La classification répond à l’idée qu’une classification des valeurs des pixels
permet de différencier des objets.
La classification en télédétection est un cas particulier du problème général
de classification de N individus (pixels) provenant d’un échantillon en un
ensemble de M < N classes en fonction d’une série de k variables (X1,
X2,...,Xk). Ce problème peut se résoudre de deux façons :
Déterminer le nombre de classes et les propriétés de ces classes par rapport aux
k variables,
Affecter chaque pixel à l’une des M classes en utilisant des règles de décision
basées sur les propriétés du pixel et des classes, en utilisant les k variables
Classification
La détermination des classes peut utiliser deux méthodes : la classification
supervisée et la classification non supervisée.
Classification supervisée : utilise des zones dites d’entrainement. Ces zones dont
on connaît la nature réelle des objets permettent de générer des signatures
spectrales caractéristiques de chacune des classes et d’affecter à chaque classe des
règles de sélection des pixels.
Les zones d’entraînement doivent être les plus
homogènes possibles. La vérification sur le
terrain doit être effectuée le jour du passage du
satellite.
La figure ci-dessous montre les
caractéristiques spectrales d’un ensemble de
classes d’usage du sol, définies à partir de
valeurs de réflectance de différents canaux de
Landsat MSS.
Classification
Classification non supervisée. Aucune classe n’est établie à priori. Il suffit de
préciser le nombre de classes désiré, et un processus de classification automatique
permet de regrouper les individus pour définir des classes. Différents algorithmes de
regroupement peuvent être utilisés. Le plus courant en télédétection est le
regroupement hiérarchique (ISODATA).
Classification
Après la définition des classes, il faut affecter une classe à chaque pixel.
Plusieurs méthodes sont utilisées :
Non statistiques (arbres de décision,
distance, parallélépipèdes)
Statistiques classiques (probabilité
maximum)
Techniques d’intelligence artificielle (logique
floue, réseau neuronaux)
Algorithmes utilisant l’information
contextuelle
Classification: évaluation des erreurs et validation
Deux possibilités:
► évaluer une estimation théorique de l’erreur en fonction des
caractéristiques de l’algorithme de classification
► analyser une série zones « test » obtenues de la même façon que
les zones d’entraînement
La deuxième possibilité permet d’obtenir une estimation plus réaliste
des erreurs si l’échantillon de pixels pour l’estimation de l’erreur est
suffisamment grande et représentative
Quelques applications
► Planification territoriale
► Actualisation de fonds cartographiques
► Suivi de l’évolution du tissu urbain
► Gestion de risques naturels
► Suivi environnemental
► Prévision météorologiques, analyses hydrologiques ENSG-IGN
► Gestion des forêts et de la production agricole
► Prévention des incendies
► Gestion côtière et pêche
► Prospection géologique et minière, ressources naturelles
► Epidémiologie et environnement ENSG-IGN
Fin
M. Souris, F Demoraes, 2010