BACTERIES ENTOMOPATHOGENES
Plus d’une centaine de bactéries ont été identifiées
comme ayant un potentiel d’utilisation en lutte
biologique (Starnes et al., 1993).
Les bactéries entomopathogènes appartiennent
surtout à trois grandes familles (Greathead et al.,
1994):
- Bacillaceae,
- Enterobacteriaceae
- Pseudomonaceae
ANATOMIE
ANATOMIE
ANATOMIE
ANATOMIE
TOXINES
Les toxines bactériennes sont des protéines
sécrétées par les germes infectieux qui se
développent dans notre organisme et dont les
effets sont pathogènes.
Ces toxines se lient aux gangliosides (molécules
glucidiques) de la membrane plasmique et
pénètrent dans les cellules.
TOXINES
gangliosides
TOXINES
ANATOMIE
Les bactéries sont des êtres unicellulaires qui
possèdent les éléments essentiels à la vie cellulaire.
La plupart des bactéries sont de très petite taille (de 1 à
3 micromètres). Toutefois, certains spirochètes peuvent
atteindre 500 micromètres alors que les mycoplasmes
ne dépassent guère 0.1 micromètre. Elles ne sont donc
visibles qu'au microscope optique ou au microscope
électronique .
ANATOMIE
Elles peuvent être désintégrées par divers procédés physiques et
chimiques, ce qui permet d'étudier les constituants bactériens
ainsi libérés.
Quelques chiffres concernant une bactérie-type, Escherichia coli
Poids d'une cellule : 10-12g
Eau : 70 %
Poids sec d'une cellule : 3 × 10-13g
Proportion du poids sec : protéines 55 %,
lipides 10 %,
lipopolysaccharides (LPS) 3 %,
peptidoglycane 3 %,
ribosomes 40 %,
ARN 20 %, ADN 3 %.
ANATOMIE
Les bactéries prennent essentiellement trois formes : sphérique ou
coccoïde, en bâtonnet et en spirale.
La forme sphérique caractérise les cocci ou coques. Leur mode de
division conduit à des groupements typiques en chaînette
(streptocoques), en grappe de raisin (staphylocoques), en cubes
(sarcines), etc.
La forme en bâtonnets caractérise les bacilles. Quelquefois les
bâtonnets sont incurvés (vibrions) ou prennent la forme d'une
massue (corynébactéries). Parfois les bâtonnets sont tellement
courts qu'on pourrait les confondre avec des coques (coccobacilles).
Les formes spiralées se rencontrent chez les tréponèmes, les
leptospires et les spirochètes.
D'autres formes existent : pédonculées (Caulobacter), filamenteuses
(bactéries ferrugineuses, Sphaerotilus), mycéliennes (mycobactéries)
ou nettement ramifiées (actinomycètes).
ANATOMIE
La cellule bactérienne est entourée par une enveloppe rigide (la paroi) qui lui
garde sa forme, lui donne sa résistance et entoure une autre enveloppe plus
mince, la membrane cytoplasmique.
Le cytoplasme homogène contient des ribosomes, des substances de réserve,
des pigments, des vacuoles à gaz, mais aucun des organites décrits dans la
cellule eucaryote (réticulum endoplasmique, chloroplastes, mitochondries, etc.).
L'appareil nucléaire est un filament d'ADN non entouré par une membrane
(cellule procaryote). Il forme un chromosome unique. La cellule bactérienne est
haploïde.
À côté de ces éléments constants, la cellule bactérienne peut posséder une
capsule, des flagelles, un pilo ou fimbriae. Certaines bactéries produisent des
spores.
ANATOMIE
La paroi est l'enveloppe caractéristique de la cellule procaryote.
C’ est un véritable exosquelette qui lui confère sa forme et lui
permet de résister à la forte pression osmotique interne
comprise entre 5 et 20 atmosphères.
La paroi est notamment formée d'un polymère : le
peptidoglycane, encore appelé mucopeptide, muréine ou encore
muco complexe.
Certaines couches de la paroi sont le site de nombreux
déterminants antigéniques majeurs. Le lipopolysaccharide, par
exemple, propre aux bactéries Gram négatif n'est autre que
l'endotoxine douée de propriétés pharmacologiques puissantes.
ANATOMIE
La distinction entre bactéries Gram positif et bactéries Gram
négatif repose sur une différence de composition pariétale ou de
la PAROI.
bactéries Gram positif : paroi riche en acide teichoïque et en
acide diaminopimélique.
Bactéries Gram négatif: paroi plus riche en lipides.
absence de acide teichoïque
acide diaminopimélique moins abondant
ANATOMIE
Les différents constituants de la paroi sont à
l'origine de nombreuses propriétés
antigéniques.
Ces propriétés permettent la distinction
sérologique d'espèces bactériennes proches
aussi bien chez des Gram positif (Streptococci)
que Gram négatif (Salmonella, Proteus, etc.).
La carte d'identité antigénique d'un genre
bactérien s'appelle sérotype.
ANATOMIE
Certains constituants de la paroi sont des sites
privilégiés de fixation des bactériophages.
cas des acides teichoïques des bactéries Gram
positif.
La fixation de la bactérie sur la paroi constitue la
première phase de l'infection bactérienne.
La fixation peut être suivie par la lyse de la cellule.
Cette propriété peut être utilisée pour différencier
certaines espèces bactériennes. Cette carte d'identité
est appelée lysotype.
ANATOMIE
La paroi bactérienne peut être perméable ou non aux
solvants.
Cette propriété est utilisée dans la coloration de Gram. On
utilise le violet de gentiane (colore le cytoplasme en
violet).
La paroi des bactéries Gram négatif, perméable à l'alcool,
permet à celui-ci de décolorer le cytoplasme (onc absence
de coloration violette)
alors que la paroi des bactéries Gram positif, est
imperméable à l'alcool, ces bactéries ont un cytoplasme qui
reste de couleur violette.
ANATOMIE
La synthèse de la paroi bactérienne peut être
inhibée par certains antibiotiques (Bacitracine,
Pénicillines).
Certaines bactéries ne possèdent pas de parois.
C'est le cas des mycoplasmes (Mycoplasma
pneumoniae) (bactéries normalement présentes
dans la flore des muqueuses chez l'homme).
ANATOMIE
Le cytoplasme
Il est contenu dans une membrane cytoplasmique.
C’est un hydrogel colloïdal comprenant une phase dispersante
(sels minéraux et composés solubles de nature lipoprotéique) et
une phase dispersée formée de nucléoprotéines et de lipides.
pH est compris entre 7 et 7.2.
Le cytoplasme contient des ribosomes, des acides ribonucléiques,
des substances de réserves et quelques organites spécialisés.
Parmi les substances de réserves, l'amidon et plus souvent le
glycogène, l'acide hydroxybutirique, des polyphosphates
organiques, du soufre, du fer, etc.
ANATOMIE
Le cytoplasme
Certaines bactéries possèdent des chromatophores: bactéries
photosynthétiques. Ces bactéries jouent le rôle des chloroplastes
chez les plantes vertes. Toutefois, l'ultrastructure et la nature des
pigments de ces organites en sont différents.
Certaines bactéries possèdent des vacuoles à gaz (cyanobactéries,
bactéries pourpres et bactéries vertes). Ces bactéries sont
photosynthétiques. Ces vacuoles à gaz permettent à ces bactéries
de rester à différentes profondeurs dans les masses d'eau qu'elles
fréquentent.
ANATOMIE
L'appareil nucléaire
L'appareil nucléaire bactérien n'est pas entouré d'une
membrane.
Comme tous les protistes procaryotes, les bactéries
possèdent un appareil nucléaire constitué d'acide
desoxyribonucléique (ADN) qui est le support de
l'information génétique.
Il n'y ait qu'un chromosome. La cellule serait donc haploïde.
ANATOMIE
L'appareil nucléaire
La molécule d'ADN des bactéries est de grande taille.
L'ADN chromosomique est constitué d'une double hélice d'ADN
circulaire.
Cette double hélice est pelotonnée, surenroulée dans le cytoplasme
grâce à l'action des topoisomérases (au nombre de 4 chez les
bactéries).
Déplié, le chromosome bactérien a près de 1 mm de long (1000 fois
la longueur de la bactérie) et 3 à 5 nanomètres de large.
E. coli : le chromosome est circulaire et comprend 5 106 paires de
bases échelonnées le long d'une double hélice.
ANATOMIE
L'appareil nucléaire
• il est composé de
• 80 % d'ADN (le chromosome),
• 10 % d'acide ribonucléique ou ARN (rôle de structuration)
• 10 % de protéines.
• Les protéines sont représentées en particulier par:
• les ADN polymérases qui copient les doubles brins d'ADN,
• les topoisomérases,
• les ADN gyrases, qui les déroulent pour permettre l'action des
polymérases,
• des ARN polymérases qui assurent la synthèse des divers ARN.
ANATOMIE
L'appareil nucléaire
• Les constituants de l'appareil nucléaire sont la
cible d'action de plusieurs antibiotiques :
• les quinolones inhibent les topoisomérases
• les rifamycines inhibent les ARN polymérases,
• les nitromidazolés entraînent la
fragmentation de l'ADN chez les anaérobies
stricts.
ANATOMIE
L'appareil nucléaire
• L'appareil nucléaire est en relation avec les
invaginations de la membrane plasmique appelées
mésosome.
• Il semble que c'est au niveau du mésosome que
soient concentrées les sites enzymatiques qui
permettent à l'ADN d'exprimer ses différentes
fonctions (ADN polymérases, ADN ligases,
déroulases, gyrases, etc.)
ANATOMIE
Les plasmides
Les plasmides sont des éléments génétiques extrachromosomiques capables
d'autoréplication.
Les plasmides sont des petits fragments d'ADN, environ cent fois moins
volumineux que l'ADN chromosomique.
Parmi leurs propriétés: l'une d'elle, très importante, est de conférer aux
bactéries des résistances aux antibiotiques ou aux métaux lourds (sels
mercuriels, de cadmium, de bismuth ou de plomb, composants fréquents des
antiseptiques).
ANATOMIE
Les plasmides
Escherichia coli, hôte normal de l'intestin des êtres vivants
homéothermes peut s'avérer pathogène pour les enfants ou les
personnes âgées (E. coli entéro-toxinogène, maladie du hamburger).
La variété E. coli 0157 : H7 sécrète une toxine qui peut être mortelle
par les dégâts irréversibles qu'elle cause sur le foie ou les reins.
Cette pathogénie est liée à l'existence de plasmides responsables de
la synthèse de cette entérotoxine et de substances appelées
facteurs de colonisation qui favorisent l'adhérence des bactéries sur
les cellules de l'épithélium intestinal.
ANATOMIE
Les plasmides
Les plasmides sont aussi responsables de la synthèse
des bactériocines (colicines, vibriocines, pyocines, etc.).
Ces substances de nature protéique ont un pouvoir
bactéricide puissant.
Certains plasmides (transposons) peuvent s'intégrer au
chromosome bactérien et ainsi lui conférer les
propriétés dont ils sont porteurs (résistance aux
antibiotiques surtout).
ANATOMIE
Les éléments inconstants
La capsule
De nombreuses bactéries élaborent des substances organiques
visqueuses qui entourent leur paroi d'une couche plus ou moins
compacte: la capsule.
Toutes les bactéries ne produisent pas de capsule.
Au sein d'une espèce, certaines souches en produisent, d'autres
pas.
L'élaboration de la capsule est influencée par certaines conditions
du milieu. Les glucides jouent un rôle important dans la présence
ou non de la capsule.
ANATOMIE
Les éléments inconstants
La capsule joue un rôle important dans la défense des
bactéries, d'abord contre la dessiccation, mais aussi contre les
prédateurs (protozoaires) ou les parasites (les bactériophages
sont incapables de se fixer sur une bactérie capsulée).
La capsule empêche les bactéries d'être phagocytées dans
l'organisme
Par ailleurs, elle est le support de nombreux antigènes. Ainsi,
les pneumocoques capsulés se révèlent pathogènes, alors que
les pneumocoques non capsulés ne le sont pas.
ANATOMIE
Les cils et les flagelles : Les bactéries mobiles se déplacent soit
par glissement (cyanobactéries), soit par rotation autour d'un axe
central (spirochètes), soit au moyen de cils ou de flagelles.
Les cils et les flagelles sont des filaments invisibles au microscope
optique sur les bactéries vivantes.
Le point d'insertion des cils et des flagelles se situe dans le
cytoplasme, au contact de la membrane plasmique. Cette
insertion diffère selon que les bactéries sont Gram positif ou
Gram négatif.
Il existe quatre grands types d'insertion des cils ou des flagelles
sur les bactéries : monotriche, lophotriche, amphitriche et
péritriche.
ANATOMIE
Les cils et les flagelles :
Les cils et les flagelles confèrent une certaine
mobilité aux bactéries qui peuvent se déplacer
dans les milieux liquides ou à la surface des
géloses.
La mobilité: pour se nourrir (s'approcher des
substances nutritives) ou pour fuir les
prédateurs ou les molécules toxiques
(antibiotiques, antiseptiques, etc.).
ANATOMIE
Les cils et les flagelles :
Les flagelles de certaines bactéries sont porteurs
de propriétés antigéniques.
La spécificité de ces antigènes flagellaires permet
de distinguer entre elles des espèces très
proches, indistinctes autrement, par sérotypage.
C'est ainsi que l'on procède pour les Salmonella,
par exemple.
ANATOMIE
Les pili ou fimbriae :
Les bactéries Gram négatif, surtout, possèdent, à leur surface, des
appendices filiformes très courts, rigides et cassants.
Ces pili ou fimbriae confèrent aux bactéries des propriétés
hémagglutinantes. Certains de ces pili, renflés, appelés pili
sexuels, joueraient un rôle dans l'échange d'ADN entre deux
bactéries quand elles rentrent en conjugaison.
Enfin, chez les Streptococcus, une couche de protéines
filamenteuses (protéines M), représentant l'essentiel des
antigènes de surface qui joueraient un rôle essentiel dans
l'adhésion de la bactérie sur les cellules de l'hôte.
LES SPORES
L’endospore ou spore est une structure qui se forme au sein
du cytoplasme de certaines espèces de bactéries lorsque les conditions
environnementales sont défavorables (stress nutritif, dessiccation,
chaleur…). L’endospore permet à la bactérie de survivre à ces conditions
défavorables dans un état de vie ralentie (état de dormance). L’endospore
représente donc une forme de résistance mais aussi une forme de
dissémination.
• Les bactéries des genres Clostridium, Bacillus, Sporosarcina sont des
exemples de bactéries pouvant sporuler. Dans certaines classifications
taxonomiques les bactéries pouvant sporuler sont regroupées dans un
seul sous-embranchement : les endobactéries(ou Endobacteria).
• Les endospores sont très résistantes : elles résistent à la dessiccation, à
la chaleur (thermorésistance), aux radiations, aux antibiotiques,
aux antiseptiques… De plus leur longévité peut être importante (elles
pourraient atteindre plusieurs milliers d’années pour certaines espèces
de Bacillus).
LES SPORES
La spore contient notamment des acides nucléiques (ADN et ARN) et des protéines.
La spore est entourée d’une paroi sporale, d’un cortex (composé
d’un peptidoglycane spécifique et de dipicolinate de calcium), d’une double tunique
constituée de protéines fibreuses. La couche la plus externe est l’exosporium.
La sporulation est le phénomène de formation de la spore.
La germination est le phénomène inverse de retour à la cellule active, lorsque les
conditions redeviennent favorables. La germination ne peut se produire qu’en milieu
hydraté. Bien souvent, une activation par la chaleur est nécessaire ainsi que la
présence de certains nutriments (sucres, acides aminés). La spore se réhydrate, les
enveloppes se rompent, l’activité métabolique augmente ; la germination aboutit à
la naissance d’un hyphe qui subira plusieurs mitoses pour former un nouveau
mycélium.
LES SPORES
La sporogenèse (formation de l’endospore) débute
par une division cellulaire asymétrique.
Après la duplication du chromosome, la membrane
plasmique s’invagine et forme un septum transversal
qui divise la cellule en deux parties inégales. La plus
petite correspond à la préspore. Ensuite la préspore
s’enkyste, il y a formation du cortex et de la tunique
sporale (phase de maturation). La partie la plus
grande de la cellule (sporange) est lysée ce qui
permet la libération de la spore.
LES SPORES
LES SPORES
LES SPORES
Outre leur faible teneur en eau, les parois des spores
contiennent un sel de l'acide dipicolinique
(dipicolinate de calcium). Ce sel, qui constitue plus de
15% du poids sec de la spore, lui confère
l'imperméabilité de sa paroi, sa faible teneur en eau
et participe aux mécanismes de résistance des
spores. Par ailleurs, l'acide N succinyl-glutamique,
inexistant chez les cellules végétatives, mais
synthétisé dès le début de la sporulation, contribue
aussi aux mécanismes de thermorésistance.
LES SPORES
La spore n'est pas seulement thermorésistante, elle
survit plutôt bien aux attaques des acides, des bases,
des antiseptiques, des rayons UV ou X, des
antibiotiques, etc.
Les actinomycètes, bactéries filamenteuses proches
des champignons, fréquentes dans les sols et l'eau,
produisent aussi des spores, à partir de conidies ou
sporanges. Celles-ci ne sauraient être confondues
avec des spores de résistance des eubactéries.
Les bactéries intracellulaires
Certaines bactéries sont des parasites obligatoires des
cellules. Ce sont les Rickettsies et les Chlamydies.
Les Rickettsies parasitent naturellement des
arthropodes : tiques, puces et poux, sans leur être
nuisibles. Transmises à l'homme, par piqûre, elles sont
responsables d'infections, souvent graves, voire
mortelles (Typhus épidémique, fièvre Q, fièvre pourprée
des montagnes Rocheuses, etc.).
Les bactéries intracellulaires
Les Chlamydies n'infectent que des vertébrés.
Elles sont responsables de deux types d'infection chez
l'homme :
les psittacoses ornithoses transmises par des oiseaux
(perroquets, pigeons, etc.)
et les lymphogranulomatoses vénériennes, trachomes et
conjonctivites à inclusion.
Les lymphogranulomatoses vénériennes se caractérisent par
des lésions génitales et des adénopathies.
Les trachomes sont des atteintes graves de la cornée.
Les conjonctivites à inclusions sont des affections plutôt
bénignes.