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Rire et savoir à la Renaissance

Le document traite de la littérature d'idées entre le XVIème et le XVIIIème siècle, en se concentrant sur le parcours 'Rire et savoir' à travers l'œuvre de Rabelais, notamment 'Gargantua'. Il explore les bouleversements techniques, culturels et esthétiques de la Renaissance, ainsi que l'importance de l'humanisme et des nouvelles formes littéraires. Enfin, il souligne le rôle du rire comme outil critique et éducatif dans la pensée humaniste.

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Rire et savoir à la Renaissance

Le document traite de la littérature d'idées entre le XVIème et le XVIIIème siècle, en se concentrant sur le parcours 'Rire et savoir' à travers l'œuvre de Rabelais, notamment 'Gargantua'. Il explore les bouleversements techniques, culturels et esthétiques de la Renaissance, ainsi que l'importance de l'humanisme et des nouvelles formes littéraires. Enfin, il souligne le rôle du rire comme outil critique et éducatif dans la pensée humaniste.

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Objet d’étude : La littérature d’idées du XVIème au

XVIIIème siècle
Parcours 2 : Rire et savoir
Introduction
Quels rapports les
hommes et les
femmes de la
Renaissance
Analyse de l’intitulé du
entretiennent-ils avec
parcours : une vidéo
le savoir ?
> 3’44
[Link]
m/watch?v=XjTEm10hK
bs
- rire

- savoir

- problème?
I) Les bouleversements techniques et
culturels du XVIème siècle
Exercice de prises de notes :
Regardons ensemble la vidéo créée par
Le Grand Palais => à partir des notes
prises, fabriquez en groupe un arbre
de pensée en guise de synthèse sur
l’histoire politique, technique,
[Link]
religieuse et sociale de la [Link]/watch?v=D
Renaissance BYAvpL6Xww
Zoom sur l’humanisme …

Les intellectuels de la Renaissance appartiennent à un


mouvement appelé l’humanisme : quels en sont les
critères ?

Prenez des notes à partir du visionnage de cette vidéo

[Link]
e-4ffc-95d0-c88644f0c05e-renaissance-et-humanisme-en-italie-
14e-16e-siecles/video/ff7c60f7-2901-4d93-9f76-8dae665e775a-
education-nouvel-enjeu
Puis parcourez le dossier sur l’humanisme pour compléter
votre compréhension de ce mouvement et vos notes.

(dans google, taper humanisme BNF et suivre le lien


[Link] )

Quelques
humanistes
célèbres…
Reprise =>
- replacer l’humain et ses sentiments au centre des préoccupations,
après le Moyen Âge tourné vers la religion (d’où humanisme)
- goût pour le romanesque (Gargantua, premier roman moderne) et
apparition des premières utopies (Utopia de Th. More, source de
Rabelais)
- culture de l’esprit critique (vs érudition qui est critiquée) et du corps (cf:
poète latin Juvénal, « mens sana in corpore sano. »)
- désir de classer les connaissances (naissance de la démarche
encyclopédique > mot inventé par Rabelais)
- création de sociétés savantes (en réaction contre les enseignants de
l’époque, tous religieux) qui donneront naissance plus tard à l’académie
=> en somme, L'humanisme propose un modèle de perfection humaine
intellectuelle, morale, religieuse et même physique.
Bilan sous forme de paragraphe argumenté : D’après ces
documents, en quoi peut-on dire que la Renaissance est un
siècle où l’érudition et la science tiennent une grande part ?

Devoirs : compléter cette réflexion par la lecture stylo en main des


pages 112, 113 et 122 du manuel.
II) Les bouleversements esthétiques de la Renaissance, un
gros plan

A- La peinture : proportion et raffinement


Exercice de prises de notes :
Regardons ensemble la vidéo créée par
Le Grand Palais => prenez des notes
sur l’histoire et les évolutions
artistiques de la Renaissance

Devoirs : compléter cette réflexion par


la lecture stylo en main des pages 120, [Link]
wxg
121 du manuel .
B- Et en littérature, quelques principes : retour à l’Antique, rupture
avec les formes médiévales, défense et illustration de la langue
française

● Sur le retour à l’antique : voir l’histoire, notamment, du genre de


l’épopée, dont Gargantua est en partie une parodie, aux pages 16 et
17 du manuel
● Sur la défense et illustration de la langue française :

> à la maison, lire le texte de Joachim Du Bellay intitulé Défense et


illustration de la langue française et traiter les questions

> en classe, point sur la créativité lexicale de Rabelais qui a


grandement contribué au projet des poètes de la Pléiade, théorisé par
Du Bellay : [Link]
● Sur la distance avec les modèles médiévaux, chez Rabelais cela
correspond à la distance avec les formes brèves de narration comme
le fabliau, avec les romans de chevalerie, et au choix de la prose où
de véritables personnages évoluent et prennent de l’épaisseur ;
le monde renaissant met également au placard de nombreuses
formes notamment poétiques (ballades, lais, virelais, rondeaux,
chants royaux etc disparaissent du paysage).
Objet d’étude : La littérature d’idées du XVIème au
XVIIIème siècle
Parcours 2 : Rire et savoir

Séquence 2 : « Pour ce que rire est le


propre de l’homme », rire et savoir
dans: Entrons
Introduction le Gargantua de
dans l’oeuvre au Rabelais
programme par le
prologue du Gargantua et son poème liminaire

A- François Rabelais, qui es-tu ?


[Link]
= prenez en notes les éléments importants de cette vidéo
Vous
compléterez
vos notes en
lisant ce
dossier BNF
sur l’auteur
[Link]
[Link]/dos
sitsm/b-rab
[Link]
- passe toute sa jeunesse au couvent où il reçoit une
éducation assez grossière : il quitte le froc rapidement.
- enchaîne sur des études de médecine (Rabelais lecteur de
Galien), mais aussi le droit, et la théologie : ce sont les 3
facultés supérieures ouvertes aux maîtres es arts.
- humaniste de premier ordre : érudition de Rabelais qui
connaît le grec et le latin qu’il maîtrise à un très haut
niveau,
« J’apprends de tout » dit Rabelais, c’est-à-dire des savants, du
peuple et des choses, dans un besoin d’universalisme.
- puis carrière éditoriale et littéraire : il édite des oeuvres
scientifiques, Galien et Hippocrate notamment, et de la
poésie.
B- La fresque des géants de Rabelais Suivis de :

=> Votre édition de


Gargantua est une
édition bilingue. Il
s’agit de la dernière
version du livre que
Rabelais a réédité
plusieurs fois en le
modifiant. Celle de
1532 1534 1542.
C- Lecture analytique du « Aux
lecteurs » et du prologue :

● Que nous apprend la lecture du


poème liminaire ? Faites-en, en
une phrase, la paraphrase.

=> thème du rire est présent


immédiatement, avec l’idée qu’il peut
être porteur de scandale, qui nous
emmène vers la notion de satire d’un
monde perçu et présenté comme
insatisfaisant, voire, source
d’accablement. Mise en garde visant
à anticiper les critiques.
● Cette illustration de G. Doré vous
semble-t-elle une juste illustration
du prologue (qui est, plutôt, une
préface) ? Soulignez les éléments
du texte vous permettant de
répondre.
● Il s’agit du prologue de « l’auteur
» : que sait-on de lui ?
Commentez le titre et le pseudo
de l’auteur :

La vie trèshorrificque du Grand


Gargantua, pere de Pantagruel,
jadis composée par M. Alcofribas,
abstracteur de quinte essence,
● Que sait-on des lecteurs du Gargantua dans
les premières lignes ? Soulignez les éléments
du texte vous permettant de répondre.

=> l’appellation est infamante, les lecteurs


semblent de moeurs douteuses, plaçant
l’ouvrage sous le signe de la légèreté ou de la
subversion. Mais le rapprochement avec la figure
de Socrate-silène (référence antique !) jette
immédiatement le doute sur le propos de l’auteur.

● Comment comprenez-vous cette métaphore ?


Commentez-la soigneusement en vous
appuyant sur le reste du texte.
=> Vu de l’extérieur, Socrate est laid et repoussant, voire immoral,
comme les Silènes, mais à l’intérieur gît un contenu de haute science : le
livre est placé sous le signe d’une opposition entre
l’apparence/l’extérieur des choses et leur substance/intérieur. La
vérité serait de l’ordre de l’intérieur et l’extérieur serait trompeur car
faussement frivole et immoral. Il s’agit apparemment d’un texte
programmatique qui formule le mode d’emploi de lecture de l’oeuvre,
grâce à une comparaison : « C’est pourquoi faut ouvrir le livre et
soigneusement peser ce qui y est déduit. Lors connaîtrez que la drogue
dedans contenue est bien d’autre valeur que ne promettait la boîte. »
L’invitation d’« à plus haut sens interpréter ce que par aventure vous
cuidiez dit en gaieté de coeur » recoupe une nouvelle métaphore : celle
du chien. Au « sens littéral » s’oppose donc un « sens transcendant »,
c’est-à-dire une vérité supérieure transmise dans le livre, ce qui sera
précisé à la fin de l’extrait par l’image de la « substantifique moelle ».
● Interviennent en effet ensuite les métaphores du chien, et du vin :
comment comprenez-vous ces métaphores ? Quelle relation
induisent-elles entre Rabelais et ses lecteurs ? Commentez-les
soigneusement en vous appuyant sur le reste du texte.

=> Le lecteur est apostrophé par Rabelais et comparé sur le mode


burlesque et affectueux à un chien ou à un ivrogne : une relation de
proximité double, à la fois plaisante et sérieuse, s’instaure donc
entre eux. Ce sont à la fois les fous de la fête des fous, les amis avec
lesquels se divertir par le biais d’un rire libérateur, et les bons
disciples capables de découvrir la portée mystique et sacrée de la
lecture. La lecture est en rapport avec le plaisir du corps (celui du
manger et du boire) étroitement lié aux plaisirs de l’esprit : « or
esbaudissez-vous mes amours et gaiement lisez le reste tout à l’aise du
corps et au profit des reins. »
● Lecteur à double visage pour un livre à double visage, ce prologue
donne aussi le ton sur le plan du style : comment se traduit cet
aspect duel de l’oeuvre dans les choix d’écriture du prologue ?

=> Mélange du registre familier et même grossier (« écoutez vits d’ânes,


quele maulubec vous trousse ! ») et du registre soutenu (« espoir certain
d’être fait escort et preux à ladite lecture »), des références populaires
(usage de proverbes …) et élevées (Gallien, Socrate …) : style héroï-
comique du récit (genre qui consiste à traiter sur un mode élevé des
thèmes relevant du bas corporel ou d’une culture populaire) et style
burlesque (qui consiste à traiter sur un mode bas des thèmes relevant
du genre élevé). Vertige du sens souvent présent chez Rabelais ! Dans
l’art de la Renaissance et le cadre de la pensée humaniste, l’art devient
un jeu sérieux où le fou tient une place importante.
Séance 1 = Un traité d’éducation drolatique
Support = EL 5 chap 15 + Don Quichotte de la Manche extrait
du chap 1 + Essais, I, 26 de Michel de Montaigne, extrait.
● ANDI
● Qui est Cicéron ?
Marcus Tullius Cicero (106-43
avant J.-C.) est un orateur,
philosophe, avocat et homme
d’état romain. Il est l’auteur
d’un célèbre traité de
rhétorique (ou art de la
parole éloquente) intitulé De
oratore (De l’orateur) que
connaît très bien Rabelais, en
Un corps sain, un enfant bien mis et
à l’hygiène irréprochable

Un lieu propice à l’étude, ouvert sur


l’extérieur et plein de livres, de
cahiers…

Un enfant à l’étude, dans un rapport


intime au livre, empreint de plaisir

Globalement, esthétique renaissante


de l’oeuvre :

● En quoi peut-on dire que cette


représentation présente un idéal
d’éducation humaniste ?
=> Cette oeuvre est représentative d’une idée de l’éducation qui
accompagne l’élève pour le rendre autonome et en faire un citoyen apte
à s’intégrer dans la cité et à en gérer les affaires, tout l’inverse d’une
éducation verticale et livresque dans un seul but de discussion
théologique.

● Que nous dit Cicéron sur l’art de la parole éloquente dans son De
Oratore ?
Exposé des élèves d’HLP - fiche synthèse ZOOM sur… La rhétorique
antique

=> Cet héritage se retrouve clairement chez Rabelais : chap. 19


présentant la harangue anti-cicéronienne que Janotus de Bragmardo fait à
la cour de Grandgousier, à lire en regard des harangues parfaitement
cicéroniennes aux chap. 50 ou 31
I ) EL 5 : Chapitre 15 Comment Gargantua fut mis sous la tutelle
d’autres pédagogues, p. 147 à 149, de « Le soir au souper … » à
« … un pet d’un âne mort. »

Avant le débat de compréhension :

● Lecture du passage

● Situation du passage dans le roman

● Travailler la compréhension : par groupes de 4, proposez un


tableau immobile, mais vivant et à taille humaine, de ce texte.
10’ (il vous faudra pour cela, percevoir un certain nombre des
enjeux fondamentaux du texte ! Si si !)
Débat de compréhension :

Faites toutes les remarques que vous jugez pertinentes pour


comprendre et rentrer dans l’analyse du texte en 10
minutes.

Le premier élève à avoir la parole enclenche le débat. C’est


l’élève qui parle qui donne la parole au suivant (l’élève de
son choix parmi les élèves qui lèvent la main).

Je n’interviens pas. Je suis le maître du temps. Je prends


des notes.
Entrez plus avant dans l’analyse : À partir de nos
discussions, réfléchissez à :

● la caractérisation des personnages


● la narration, la description, le discours
● la question de l’éloquence
● la question de l’humour
● la question du savoir et de l’éducation
10’
● Traitez un sujet en particulier en groupe d’experts. 10’

● Formulez un projet de lecture, par groupe. 5’

● Dites quels sont les mouvements du texte, par groupe. 5’

● Formulez pour chaque partie des sous-parties en mélangeant les


thèmes. Individuel. 10’

Reprise.

Explication de texte polyphonique


II ) La bonne éducation à la Renaissance

A- Textes échos : Montaigne et Cervantès

Quels ingrédients d’une bonne éducation peut-on tirer de ces


deux textes ?
B- Dans Gargantua

Comme nous le comprenons dans notre EL, le thème de l’éducation,


bonne ou mauvaise, est centrale à la Renaissance en général et en
particulier dans le roman. La bonne éducation se dévoile par un jeu
d’oppositions apparemment transparent entre chapitres :
- comme nous venons de le voir, chap 14 s’oppose clairement au chap
15
- chap 21-22 s’opposent aux chap 23-24 : dormir trop, manger, boire,
jouer, prier mal, laisser aller son corps (“le vicieux mode de vie de
Gargantua”), temps mal employé et vain vs pas de paresse, purgation du
corps et de l’esprit, émulation intellectuelle avec le maitre, avec les
voisins, avec Rhizotome, répétition fondée sur la compréhension et le
plaisir, piété sincère et relation intime avec Dieu, hyperactivité et
hyperorganisation, équilibre corps et esprit pendant les repas, culture
utile du corps avec Gymnaste (le noble doit être prêt pour la guerre)
Cependant, 3 autres passages viennent troubler ce jeu limpide
d’oppositions :
- chap 4 à 13 de l’enfance de Gargantua où la nourriture abonde et où
Gargantua ne suit que son plaisir mais le ton est jubilatoire et célèbre
le corps et tous ses plaisirs.
- chap 39 à 41 où Frère Jean prend le contre-pied des enseignements
de Ponocratès sans que celui-ci n’en dise rien d’autre que des
plaisanteries (“Par ma foi mon petit couillaud, tu vaux ton pesant
d’or ! - En cela, dit le moine, je vous ressemble.”)
- Les chap sur Thélème où les contraintes sur le temps sont abolies
: “Fais ce que voudras”

=> un livre non dogmatique, dont la vérité est complexe et où le rire


sert toujours, en dernier ressort, à aiguiser l’esprit critique du
lecteur ! Et c’est cela, le coeur de la bonne éducation selon Rabelais.
III ) La question de grammaire : L’expression de la négation,
atelier grammatical
ACRONYME : D.R.A.S.E

[Link]
watch?v=-RsguJF3Qxo

Exercices du manuel p.
Séance 2 = Étude transversale : langue et corps en joie
dans le roman, une thérapeutique du rire
Support : chap 4, 5, 11, 13, 27, 35, 39 et 41
I ) Quand la langue s’emballe…

A- La polyphonie dans le roman :


Le chap.4 racontant l’abus de tripes par Gargamelle (source de nombreuses
plaisanteries scatologiques > p. 75 « Oh ! la belle matière fécale qui devait
boursoufler en elle ! ») ouvre sur une scène étonnante de banquet >
Relisez ce chapitre 5 :
● quels motifs régissent la progression de ce dialogue ?
=> boire, manger, les excréments, le sexe, la religion > quel point commun ?
Le bas (corporel), avec le détournement parodique, à plus bas sens donc
cette fois, de la matière biblique. Ex. p. 83 « J’ai la parole de notre seigneur à
la bouche : J’ai soif. » et note 54.
● selon quel principe progresse ce dialogue ? Appuyez-vous, par
exemple, sur les pages 82 à 85, si possible sur la version
originale.

=> le moteur de la progression du dialogue est un principe oral


consistant à sauter d’un sujet à un autre par des jeux sur les sens
propres et figurés des mots (« - Ah! le petit vin blanc ! - Sur mon
âme, c’est un vrai velours ! Hé, hé ! Il est bien ourlé ; il tombe bien,
c’est pure laine ! »), et par le biais de citations dont le sens est
détourné parodiquement (« La nature a horreur du vide. »), grâce à
un ensemble de jeux de mots et d’équivoques, de glissements de
sens (« Dieu tout-puissant a fait les planètes, et nous, nous faisons
les plats nets. », « Buvez toujours avant la soif et jamais elle ne vous
tourmentera. »).
● Quel est l’effet produit par ce chapitre ?

=> Indécision sur l’origine des paroles = triomphe de la


polyphonie qui est, dans le roman, une des formes de
l’éloquence. Genre du dialogue revivifié avec un principe de
progression empreint d’une vitalité inarrêtable (ce chap des
Bien-Ivres a été augmenté à chaque réédition du recueil par
Rabelais).
=> En creux se dessine un art de vivre joyeux, entre bons
amis, où sont célébrés les plaisirs du corps et du langage :
c’est le modèle du Pantagruélisme.
Fait écho à ce chapitre de manière très claire le chapitre 39.
B- Les listes dans le roman

On retrouve les mêmes principes d’une langue revivifiée dans


les chap 11 et 13 consacrés à la jeunesse de Gargantua :
présence de listes tantôt de verbes d’action (chap 11), tantôt de
noms communs (chap 13). Une langue drôle et érudite (la
liste des plantes choisies comme torcheculs p. 135 témoigne
par exemple d’une connaissance aiguë de la botanique chez
Rabelais) met en scène un corps qui exulte, un corps en
joie, déchaîné.

Cette jubilation de la langue et du corps est-elle gratuite ?


II) Le corps dans le roman, porte ouverte sur le plus haut sens ?
A- Le corps érudit

Au chap 35, Gymnaste déploie un savoir corporel pour effrayer ses


adversaires : p. 265 « Merde, dit Gymnaste ! J’ai raté ! Je vais
reprendre ce saut. » La démarche est méthodique, la description
des gestes effectués est très technique et témoigne d’un savoir
chez Rabelais acquis dans un ensemble de traités de Pietro del
Monte, célèbre condottiere humaniste.
Ce corps est mis en scène à la manière des diables des mystères
pour terroriser l’ennemi : le savoir ici est mis au service de la
guerre mais exposé de manière comique. Et encore une fois, le
corps est un corps en joie, même lorsqu’il est érudit. Valorisation du
corps.
B- Le corps démembré

Relisez les pages 225 à 227 chap 27 (de “Ce disant, il mit bas…” à
“qu’on ait jamais vu.”) :
● comment les corps sont-ils montrés dans ce passage ?

=> les corps sont montrés sous un angle médical : le massacre des
ennemis est raconté grâce à un lexique médical particulièrement
savant (« cervelle, vertèbres du cou, omoplates, fémurs, fauciles, la
suture occipitopariétale, le médiastin »)
=> et comique : vocabulaire médical mêlé à un vocabulaire
particulièrement scatologique (« il l’empalait par le fondement ; à
d’autres, il perçait le boyau du cul (savant) entre les couilles
(scatologique)»)
● Comment comprenez-vous le jeu de mots p. 227 « - Je me
rends (...) tu rendras du même coup ton âme à tous les diables
»?
À méditer en parallèle avec la conclusion du chapitre 35, qui fait
le même jeu sur le mot rendre : « [Tripet] rendit en tombant plus
de quatre potées de soupe, et l’âme mêlée parmi les soupes. »

=> ces passages mêlent la tonalité comique et le savoir comme


en de nombreux autres endroits, dans une réflexion sur l’âme,
le corps et la mort > chez lui, la vie de l’âme implique le corps
et inversement. L’inquiétude n’est donc pas de mise, et on
comprend bien, dans cette perspective, qu’il faut se rire de la
mort.
CCL : Le lecteur, en côtoyant une oeuvre qui fête le corps
dans ses instincts les plus bas, et, à la fois, d’une grande
érudition, bénéficie d’un rire qui a un rôle thérapeutique : il
s’agit de se réconcilier avec notre corporéité et de soigner
nos âmes inquiètes ; ce rire a également un rôle
ontologique : pour Rabelais, nous sommes des homo
ludens et les agélastes sont donc des êtres contre-nature.
Séance 3 = Le bon et le mauvais prince
Support = EL 6 chap 26 + Don Quichotte de la Manche extrait
des moulins à vent

I) Le contexte
géopolitique à la
Renaissance : un
conflit entre deux
puissants. Voir doc
contexte historique.
II) Les miroirs aux princes

Dans les chapitres 28 à 31, Grandgousier incarne le modèle du


bon prince tel qu’Érasme l’a défini dans son recueil. Le chapitre
32 montre le bon conseiller (Ulrich Gallet « Je me demande si
l’on n’aurait pas fait outrage à ses fouaciers »), le chapitre 33 le
mauvais conseiller (Toucquedillon « empoisonna de plus en
plus [les] sentiments [de Picrochole] »). Le chapitre 43 donne à
entendre les règles d’une guerre qui connaît les limites de la
raison par la bouche de Grandgousier quand Picrochole et ses
hommes, eux, « s’en remettent au hasard plus qu’ils n’obéissent à
la raison. » Picrochole est d’ailleurs prédisposé à ce type de
débordements, comme l’indique son nom.
III) La théorie des humeurs, un rappel

Pour les Anciens, il existe quatre humeurs :

● le sang : produit par le foie et reçu par le cœur (caractère sanguin ou


jovial, chaleureux) ;
● la pituite ou phlegme ou lymphe : rattachée au cerveau (caractère
lymphatique) ;
● la bile jaune : venant également du foie (caractère bilieux, plutôt enclin
Picrochole = bile amère = bile
à la violence) ;
jaune > colérique ● l'atrabile ou bile noire : venant de la rate (caractère
mélancolique/anxieux).
IV ) EL 6 : Chapitre 26, p. 219 à 221, de « Tout en dînant … » à «
… manger de la fouace. »

Avant le débat de compréhension :

● Lecture du passage

● Situation du passage dans le roman

● Travail individuel : 10’


Débat de compréhension :

Faites toutes les remarques que vous jugez pertinentes pour


comprendre et rentrer dans l’analyse du texte en 10
minutes.

Le premier élève à avoir la parole enclenche le débat. C’est


l’élève qui parle qui donne la parole au suivant (l’élève de
son choix parmi les élèves qui lèvent la main).

Je n’interviens pas. Je suis le maître du temps. Je prends


des notes.
Pour aller plus loin :
● Par groupe, cherchez des thèmes pour entrer dans l’analyse du texte
10’
● 50% de chaque groupe migrent vers une autre table : mettez en
commun/améliorez les thèmes 5’
● Formulez un projet de lecture pour le texte 5’
● Travail individuel : trouvez les 3 mouvements du passage, choisissez le
mouvement sur lequel vous travaillerez le plus. 5’
● Travail individuel : appropriez-vous une sous-partie dans la partie
choisie et préparez votre passage à l’oral. 20’

V ) La question de grammaire

Faites toutes les remarques qui s’imposent sur l’expression de la


négation dans la phrase suivante : « C’était un tohu-bohu innommable
que leurs agissements, et ils ne trouvaient personne qui leur résistât. »

VI ) Approfondissement

Le passage donné en conclusion de notre EL au chapitre 46 témoigne


d’une prise de distance par rapport aux modèles d’héroïsme du passé.
On retrouve cette parodie du genre épique dans l’extrait de Don
Quichotte de la Manche, manuel p. 43

=> dans cet extrait relevez au moins deux éléments qui participent de la
parodie du genre épique/du roman de chevalerie.
Séance 4 = Une profession de foi évangélique sur le mode comique
Support = EL 7 chap 45 + Les Simulachres et Histoires facées de la
Mort, « Le vendeur ambulant », Hans Holbein
I) Une foi tournée vers la mort : A- Représentations de la mort
Au Moyen-Âge et à la Renaissance, la foi du croyant est tournée vers la
mort, réalité omniprésente à l’origine d’un genre : la danse macabre.
Ici, reproduction d’un fragment de la Danse macabre de Bernt Notke,
aujourd'hui dans l'ancienne église Saint-Nicolas de Tallinn.
=> la danse macabre est une étape de la représentation de la mort. Dans
cette œuvre, comme dans toutes les danses macabres qui ont suivi, les
vivants défilent par ordre hiérarchique, avec tous les insignes de leur
rang, alors que les cadavres qui se saisissent d'eux sont tous égaux et
anonymes. On présente la mort comme le sort commun des princes et
des manants qui seront également la proie des vers. Les morts
l’emportent sur la dignité des humains : le triomphe des vivants sur la mort
n’aura pas lieu. C’est un phénomène urbain qui donne à voir le défilé de
toutes les catégories sociales de l’époque.
Le cimetière des Saints-Innocents à Paris, mentionné dans notre EL 7,
contient l’une des danses macabres les plus célèbres du XVème siècle, sous
la forme d’une fresque ornant le mur du charnier. On y trouvait aussi une
sculpture (Allégorie de la mort dite la mort Saint Innocent) :
représentation d’un transi, debout, c’est-à-dire d’un mort dans sa
réalité biologique. Omniprésente, la mort et la question du
salut de l’âme est une source d’angoisse pour le Moyen-Âge
● ANDI ?
En 1538, Les Simulachres et Histoires facées de la
Mort est publié. C’est recueil de gravures : le
thème macabre accessible dans un rapport
individuel à un livre. Ici, représentation d’un
vendeur ambulant : La Mort intervient
directement dans des scènes de la vie
quotidienne.
● Quelle différence avec le thème de la danse
macabre ?
Il y fait basculer la représentation de la Danse
macabre d'une farandole tragi-comique à la portée
symbolique, vers l'idée d'une lutte individuelle et
quotidienne avec la Mort. Si la danse macabre
domine le Moyen-Âge tardif, l'oeuvre de Holbein
devient la référence à partir de 1538.
Zoom sur … Le Cimetière des Saints-Innocents à Paris,
mentionné dans notre texte :

[Link] <
3’35
B - La réforme et les Évangélistes

Cette inquiétude concernant la vie après la mort est


instrumentalisée à l’époque de Rabelais à travers le très
controversé trafic des indulgences : il s’agit de vendre des passe-
droits pour raccourcir le séjour de l’âme du chrétien décédé au
purgatoire.

[Link]
web_button_share_sheet&igsh=ZDNlZDc0MzIxNw==

Les humanistes souhaitent mettre un terme à ces abus et critiquent


le clergé pour ce trafic des indulgences, mais aussi pour son
ignorance, sa paillardise, sa cupidité, son paganisme même, selon
Pour ces intellectuels de la Renaissance, il existe une nécessité
d’intérioriser la foi pour se rapprocher du créateur (vivre dans l’exemple
du Christ, dans une vie simple qui se distingue grandement de l’image
renvoyée par le clergé ), et, pour cela, il faut avoir accès au texte
biblique intimement, donc que les intellectuels humanistes en
proposent dans un premier une excellente traduction, afin de diffuser
la bible au plus grand nombre de fidèles. Ce sont des réformateurs,
mais pas des réformés : ils ne franchissent pas le pas de la réforme
luthérienne ou calviniste, mais certains sont plus proches que d’autres de
leurs idées.

Qui sont-ils ? l’ecclésiastique Guillaume Briçonnet, Marguerite de


Navarre, soeur de François Ier, Lefèvre d’Étaples, Etienne Dolet, ou
encore François Rabelais. En 1534, un événement politique donne
naissance à une répression des protestants par François Ier, et tend les
relation du pouvoir avec les évangélistes : l’affaire des placards.
II) EL7, p. 317 À 321, de « Puis ils se mirent à banqueter joyeusement
… » à «… le textile et la génération. »

Avant le débat de compréhension :

● Lecture du passage

● Situation du passage dans le roman

● Travail individuel : 10’


Débat de compréhension :

Faites toutes les remarques que vous jugez pertinentes pour


comprendre et rentrer dans l’analyse du texte en 10
minutes.

Le premier élève à avoir la parole enclenche le débat. C’est


l’élève qui parle qui donne la parole au suivant (l’élève de
son choix parmi les élèves qui lèvent la main).

Je n’interviens pas. Je suis le maître du temps. Je prends


des notes.
Pour aller plus loin :
● Par groupe, cherchez des thèmes pour entrer dans l’analyse du
texte 10’
● Formulez un projet de lecture pour le texte 5’
● Travail individuel : trouvez les 3 mouvements du passage,
choisissez le mouvement sur lequel vous travaillerez le plus. 5’
● Travail en binômes : rédigez entièrement une sous-partie dans la
partie choisie en suivant le modèle proposé sur le document
partagé. 25’ ⚠ 10’ dans le cahier, 15’ sur le doc partagé

III) Éloge de la vraie foi : analyse du chap 54

Lecture du chapitre : Il s’agit de l’inscription décidée par FJ pour la


porte de l’abbaye de Thélème =

● comment fonctionne le poème ? quelle est sa structure ?


● quel passage est particulièrement important pour notre sujet ?

IV) La question de grammaire : révision, la proposition subordonnée


conjonctive complétive

Dans la phrase suivante, faites l’analyse de la subordination :

Ainsi, à Cinais, un cafard prêchait que saint Antoine donnait


l’inflammation aux jambes.
IV) La question de grammaire : révision, la proposition
subordonnée complétive interrogative indirecte

Dans la phrase suivante, faites l’analyse de la subordination :

Grandgousier demandait aux pèlerins de quel pays ils étaient, d’où


ils venaient et où ils allaient.
Séance 5 = L’utopie thélémite et le discours sérieux en question
dans le roman,
Support = étude transversale chap 52 à 58

I ) L’utopie,
une notion
neuve à la
Renaissance ?
L’histoire de l’utopie comme genre à proprement parler, ne commence qu’au
début du XVIe siècle : en 1516, Thomas More fait paraître Utopia, son «
court traité sur la meilleure forme de gouvernement », qu’il situe sur une «
île nouvelle, appelée Utopie ». Avec ce texte, le grand humaniste anglais
invente le mot et, du même coup, fonde un genre littéraire dont la source est
cependant beaucoup plus lointaine (mythe de l'Atlantide chez Platon et de la
cité idéale dans La République, mythe de l'Eden etc). Si l’utopie proprement
dite naît à la Renaissance, c’est parce qu’elle traduit une manière de penser
caractéristique de l’humanisme : chez More comme chez la plupart de ses
successeurs, la société idéale peut être une construction humaine.
C’est sur terre que l’utopie peut être envisagée, en prenant les
humains comme ils sont.

Quelles sont les caractéristiques de la proposition de Rabelais, dans les


chapitres consacrés à Thélème ? Le rire a-t-il toujours sa place dans cette
proposition savante ?
II ) Lecture analytique du chapitre 57, de « Toute leur vie … »
jusqu’à « aux premiers temps de leurs noces. », p. 375 à 377.

● Quels éléments témoignent de l’utopie dans le texte ?


Le choix de ses membres (caractéristiques : origine sociale élitiste
car ce sont des bien nés, optimisme philosophique car foi en l’humain
tendant naturellement au bien) + vie monacale : normalement idée
d’enfermement = espace fermé et protégé, hors du monde +
mode de vie gouverné par la notion de liberté (champ lexical de la
liberté + THÉLÈME en grec signifie « volonté » + devise de l’abbaye :
« fais ce que voudras » + une vie de loisirs et plaisirs = activités
héritées du moyen-âge + un idéal communautaire concrétisé dans
une vision très moderne pour l’époque du mariage fondé sur le choix
● Quels éléments inscrivent ce texte dans un idéal humaniste ?

abbaye dont le rôle est plus éducatif que religieux (foi en l’humain à
condition d’une éducation humaniste) + défense d’un idéal de
gouvernement non coercitif (lieu clos certes, mais pas prison > on peut
en partir) + mixité étrange pour une abbaye = le propos n’est pas
religieux mais en rapport avec l’existence humaine.
● Le texte et l’ensemble des chapitres consacrés à Thélème
relèvent-ils uniquement du discours sérieux ?

À nuancer ! D’abord, Thélème est le contraire de l’éducation reçue par


Gargantua, ce qui crée un effet de distance complexifiant le propos.
Ensuite, le fait que cette abbaye soit confiée à Frère Jean,
personnage hautement comique et pas vraiment connu pour sa
tempérance, à qui est confié par ailleurs le dernier mot du roman (« Et
grand’ chère ! »), incite à la prudence.
Enfin, le dernier chapitre de l’énigme en prophétie, et l’interprétation
contradictoire qu’en font Gargantua (« c’est le cours et la persistance
de la vérité divine !» = interprétation humaniste et évangéliste) et Frère
Jean (« aucun autre sens n’y est enclos qu’une description du jeu de
paume. »), ramènent du comique dans ce qui ne l’était pas.
Ajoutons que cette discussion finale remet en cause la démarche
même préconisée par le prologue de lecture à plus haut sens (« je
pense qu’aucun autre sens n’y est enclos… ») ! Alors, discours
sérieux, l’abbaye de Thélème ?
=> Discours défenseur d’un gai savoir : c’est un serio ludere.
Séance 6 = Un vernis de savoir que dénonce un éclat de rire
Support = dossier + Arrias EL8
I) La France du roi soleil : l’époque classique et
l’idéal de l’honnête homme

A- Louis XIV
Vidéo :
[Link]
g&t=4s
et dossier :
[Link]
4c-8863-deeeec98cc88-louis-xiv-1

Éléments de biographie :
slides 1, 2, 4, 7, 9, 11, 19
B- La société de Cour, rappels

Faites la synthèse, en quelques tirets,


des éléments de compréhension
importants de cette vie à la Cour au
temps de La Bruyère :

[Link]
ciete-cour
C- L’idéal de l’honnête homme

● Lisez la synthèse proposée par un


collègue de l’académie de Versailles
en surlignant l’essentiel.

● Speed writing : Faites le portrait


satirique, en une dizaine de lignes, [Link]
eculture/podcasts/a-la-source/l-
de l’anti-honnête homme du 21è honnete-homme-ideal-de-cultur
siècle. e-et-de-civilite-7657139
=> choix de la cible ? procédés de la
satire ? quelle(s) transgression(s) par
l’humain du XXIè siècle ?
REF
N B
E
Pour aller plus loin … Manuel p. 48-49 (querelle
Anciens/Modernes), p. 130-131 (les moralistes de l âge
classique), manuel numérique 2nde p18-19 (
[Link]
D- Les procédés de la tonalité satirique

=> les procédés littéraires fréquents dans la satire : procédés


d’opposition (antithèse, antiphrase, oxymore), procédés d’atténuation
(euphémisme, litote, périphrase), procédés d'exagération (hyperbole,
énumération)…
II) EL8, Les Caractères de La Bruyère,

Avant le débat de compréhension :

● Lecture du passage

● Situation du passage

● Travail individuel : 10’


- La théâtralité
- La parole
- Le savoir
- Le rire
- La bienséance et le vivre ensemble
Débat de compréhension :

Faites toutes les remarques que vous jugez pertinentes pour


comprendre et rentrer dans l’analyse du texte en 10
minutes.

Le premier élève à avoir la parole enclenche le débat. C’est


l’élève qui parle qui donne la parole au suivant (l’élève de
son choix parmi les élèves qui lèvent la main).

Je n’interviens pas. Je suis le maître du temps. Je prends


des notes.
Pour aller plus loin :
● Formulez un projet de lecture pour le texte 5’
● Travail en binômes : trouvez les 3 mouvements du passage, et
découpez chaque mouvement en 2 ou 3 sous-parties auxquelles
vous donnerez un titre. 10’
● Travail individuel : rédigez entièrement une sous-partie. 10’
● Explication de texte par moi complétée par vos propositions (vous
m’interrompez, me complétez, me corrigez…)
Pour approfondir … Manuel p. 48-49 (querelle
Anciens/Modernes), p. 130-131 (les moralistes de l âge
classique), manuel numérique 2nde p18-19 (
[Link]
III) Elargissement : l’esprit du Grand siècle
● Visionnons l’extrait du film de Patrice Leconte, Ridicule
[Link]
=> quels liens pouvez-vous faire entre cette scène et le texte de La
Bruyère ?
IV) Entraînement à la dissertation
Séance 6 = EL8, « Arrias », La Bruyère
Support =

La Bruyère dénonce un vide qui, à l’opposé de la phrase classique montre que tout se défait, que les mots ne
peuvent rien synthétiser, parce qu’il n’y a rien à synthétiser, plus d’intériorité à faire apparaître, mais juste des
choses, une réification de l’humanité. Aussi est-ce pour cela qu’on a pu dire de La Bruyère « est le premier écrivain
français pour qui le monde extérieur existe », et du reste, un « caractère » au sens propre n’est-ce pas une surface
tout en dehors et superficie ? Et c’est dans cette superficialité qu’il faut chercher la vraie substance de son écriture
(Brody). Ainsi le style est le sens même du propos moral. La Bruyère a bien montré sa manière de dire propre, c’est-
à-dire sa propre vision du monde, (et une vision du monde encore plus négative que celle de ses prédécesseurs).
Mais en réalité le caractère ne se laisse pas prendre si facilement quand les hommes sont justement si
changeants : l’essence de la nature humaine, c’est d’être sensible à toutes les modes, c’est l’[Link] constate
le caractère mécanique de certains comportements. Et il va appliquer à l’homme dans son ensemble ce que
Descartes n’avait appliqué qu’aux machines. Par un renversement bizarre, ce qui va sauver l’homme de cet
automatisme répétitif, c’est l’inconstance, qui devient principe de salut (cf De l’homme 157), et c’est même
l’instabilité qui va - enfin - montrer l’homme dans la machine si bien huilée du courtisan. Ainsi l’inconstance comme
l’automatisme détruisent les distinctions, les marques, les remarques, les caractères qui permettraient de
différencier les hommes entre eux et de faire le tableau de la société de l’époque. Ce qui garantit alors le
fonctionnement juste de l’écriture, (c'est-à-dire qu’elle atteint le vrai), c’est une ironie constante : la forme imite
l’objet dans sa versatilité constante, mais cette forme est figure : elle est là comme une citation que ne prendrait
pas en charge le moraliste ; certes le style colle à l’objet, mais l’objet est vu de loin, dans une distance ironique qui
incite le lecteur à retrouver l’ordre véritable des choses.
La question de gram la negation:
- inverse la valeur de vérité d’une proposition : si “il est là” est vrai alors “il n’est pas là” est faux et
inversement > négation ici purement descriptive (negation descriptive)
- elle peut aussi constituer le rejet d’une assertion : nier c’est refuser, s’opposer à un fait ou une idée :
si je dis “je n’ai pas cassé ton vase” je réponds à une accusation du type “tu as cassé mon vase”
(negation polémique)

Pbs : variation expression negation oral/ecrit donc niveaux de langues (pas de ne vs ne expletif) + il faut
s’interrogersur la portée de la negatipon

2 dimensions
- negation lexicale reposant sur la relation d’antonymie contradictoire : savoir/ignorer,
possible/impossible, long/pas long ou violent/non-violent (ici proche negaiton syntaxique)
- negation syntaxique fabrique des propositions s’opposant à la forme affirmative correspondante :
pronoms personne rien, déterminants aucun, adverbes ne pas point non etc

3 portées de la negation
- négation totale porte sur la proposition entière avec pas ou point : Claire n’est pas rentrée = il est faux
que claire soit rentrée et inverse de claire est rentrée
- negation partielle porte sur une partie seulement de la proposition : mot negatif vise le constittuan en
question personne rien aucun jamais
ne guère indique une quantité très minime ne plus une rupture temporelle distinguan un anat et un apres
une éducation libérale aspirations d’une nouvelle classe dominante de grandes familles issues de la bourgeoisie
marchande
perfectionner l’homme et de le rendre capable de participer à la vie de la Cité
formation des futurs citoyens à participer à la vie de la Cité par l’exercice de la belle [Link] propédeutique à la discussion
théologique
la nouvelle éducation libérale apprend à ceux d’une large élite les arts de l’éloquence (les trois matières du trivium) en leur associant la
poésie, l’histoire et la philosophie morale. Elle les enseigne à travers la lecture des auteurs antiques comme Homère, Virgile, Quintilien
et Cicéron – cités comme modèles par l’humaniste florentin Leon Battista Alberti (1404-1472) dans son traité De Familia, rédigé en
1434 et véritable synthèse des considérations pédagogiques de la première modernité.
L’éducation humaniste ne renonce pas pour autant à la dimension religieuse. Elle christianise au contraire l’idéal antique de la pietas et
des vertus, et fait des auteurs classiques (latins, grecs et hébreux) un moyen de mieux comprendre les textes sacrés. En somme, elle
cherche à réunir harmonieusement sagesses chrétienne et antique, amour de Dieu et des belles lettres, pour faire de l’enfant un
homme complet.
Historiquement destinés à préparer le corps des garçons à la guerre, les exercices physiques deviennent un temps de pause pour
détendre et régénérer l’esprit entre les moments d’études, mais aussi pour développer l’harmonie du corps et des mouvements. La
pratique du sport possède enfin une portée morale : écarter l’oisiveté, vice ultime pour tous les pédagogues humanistes.
Montaigne n’a pas une vision optimiste de l’enfance, qui serait associée à l’innocence. Au contraire, il y voit un âge d’imperfection qui
nécessite une éducation équilibrée et fondée sur la raison pour être corrigée et complétée. Il partage cependant avec les pédagogues
humanistes l’idée d’une éducation qui accompagne l’élève pour le rendre autonome et en faire un citoyen apte à s’intégrer dans la cité
et à en gérer les affaires, tout l’inverse d’une éducation verticale et livresque.

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