Le plan:
• Introduction
• Genèse et définition
• La théorie de Jean Piaget :
Stades du développement cognitif chez
l’enfant.
Processus d’apprentissage chez l’enfant.
Conflit cognitif
• Constructivisme et apprentissage :
Principes du constructivisme
• Apports et limites du constructivisme
• Conclusion
Introduction:
• Dans les théories d’apprentissage des sciences de
l’éducation, bon nombre de modèles se sont succédés
pour venir en réaction au modèle béhavioriste où se
situent les méthodes mécanistes conditionnées et la
maîtrise aveugle des apprentissages.
• Le modèle gestaltiste qui apparaîtra par la suite, édifie
la base de sa théorie sur la perception globale d’une
forme qui précède les détails où la société et le groupe
sont des entités supérieures qui priment sur l’individu
favorisant ainsi la subjectivité du sujet apprenant et le
refus du seul impact des effets extérieurs.
• Ce paradigme va commencer la révolution scientifique
pour permettre aux modèles axés sur l’apprenant de se
mettre en place tel le cognitivisme, le constructivisme
etc.
• Le constructivisme se situe dans le
prolongement du modèle gestaltiste, mais se
démarque de lui par l'importance qu’il accorde
au processus de genèse de ces structures
cognitives qu’il appelle schèmes et que J. Piaget
décrit comme « une gestalt qui a une histoire »
signifiant par là que, contrairement aux
«bonnes formes» les schèmes sont des
structures acquises existant en chacun d’entre
nous.
Genèse et définition
• Le constructivisme, en épistémologie, est une
approche de la connaissance reposant sur l’idée que
notre image de la réalité ou les notions structurant
cette image, sont le produit de l’esprit humain en
interaction avec la réalité, et non le reflet exact de
la réalité elle-même.
• Pour Jean Michel Besnier, le constructivisme désigne
d’abord : "La théorie issue d’Emmanuel Kant selon
laquelle la connaissance des phénomènes résulte
d’une construction effectuée par le sujet". Ensuite, il
note qu’en un sens voisin" les travaux de Jean
Piaget ont mis en lumière […] les opérations de
l’intelligence dont résultent les représentations du
monde".
• Les constructivistes épistémologiques, s’ils
dérivent largement d’Emmanuel Kant prolongent
leurs racines dans des traditions philosophiques
plus anciennes, depuis le scepticisme de
l’antiquité jusqu’aux nominalistes du moyen
âge.
• Cette conception constructiviste s’oppose à une
certaine tradition dite réaliste et marque, selon
Ernest Von Glasersfeld " une rupture avec la
notion traditionnelle selon laquelle toute
connaissance humaine devrait s’approcher d’une
représentation plus ou moins « vraie » d’une
réalité indépendante ou « ontologique » […] toute
connaissance est considérée comme un outil
dans le domaine de l’expérience ".
La théorie de Jean Piaget :
• Le constructivisme, théorie de l’apprentissage a
été donc développée par le philosophe suisse
Jean Piaget (1896-1980) qui après la création,
en 1955, du centre international pour
l’épistémologie génétique, à Genève, est le
premier à utiliser l’expression «épistémologies
constructivistes » (au pluriel) en 1967 dans
« logique et connaissance scientifique ».
• Stade du développement cognitif chez l’enfant :
Piaget énumère quatre stades :
Stade sensori-moteur de 0 à 2 ans
Période préopératoire de 2 à 6 ans
Opérations concrètes de 6 à 12ans
• Pour Piaget les connaissances chez l’être humain se
développent à travers ces quatre stades de la sorte:
- Le stade sensori-moteur se met en place à la naissance
jusqu’à 2ans. Le bébé utilise les sens et la motricité pour
découvrir le monde qui l’entoure.
- Après ses 2 ans et aux alentours de 5 ou 6 ans, il traverse le
stade préopératoire. Ce stade marque l’apparition du
langage dominé par un égocentrisme naturel. C’est le stade
où se développent l’imitation, la représentation, ainsi
que la réalisation d’actes fictifs.
- le stade opératoire concret vient lorsque l’enfant a entre 7
et 12ans. Il raisonne concrètement, peut classer et
grouper. Il se socialise, prend en compte ce que disent les
autres.
- Enfin, le stade opératoire formel concerne l’enfant à partir
de 12 ans. C’est l’accès véritable à l’abstraction où il peut
combiner des idées, raisonner par des hypothèses et des
déductions. Le langage chez lui, devient plus mobile et
amène à des réflexions construites.
• Processus d’apprentissage chez l’enfant :
Piaget émet la théorie qu’un individu confronté à une situation
donnée va mobiliser un certain nombre de structures
cognitives, qu’il nomme schèmes opératoires. L’apprentissage
c’est-à-dire le développement de schèmes opératoires est le
résultat d’un processus dynamique de recherche d’équilibre
entre le sujet et son environnement à travers deux
processus complémentaires :
- L’assimilation correspond à l’incorporation d’un objet ou
d’une situation à la structure d’accueil du sujet sans modifier
cette structure mais avec transformation progressive de
l’objet ou de la situation à assimiler. Le sujet transforme les
éléments provenant de son environnement pour pouvoir les
incorporer à sa structure d’accueil.
- L’accommodation : Lorsque l’objet ou la situation résiste, le
mécanisme d’accommodation intervient en entraînant une
modification de la structure d’accueil de l’individu de
manière à permettre l’incorporation des éléments qui font
l’objet de l’apprentissage. Dans ce cas le sujet est
transformé par son environnement.
• Le conflit cognitif :
La mise en œuvre du mécanisme
d’accommodation implique qu’il y ait d’abord
tentative d’assimilation afin que les structures
cognitives soient déjà mobilisées.
L’assimilation crée une perturbation au sein
des structures cognitives que Piaget nomme
« conflit cognitif » qui est elle-même régulée
afin d’arriver à une nouvelle forme
d’équilibre, on considère à ce niveau qu’il y a
eu une progression au sein des stades ou des
sous-stades de développement.
Exemple de conflit
cognitif
L’enfant est confronté à une situation pour créer
chez lui un conflit cognitif, on régule les démarches
de l’enfant par des interventions adéquates pour le
dépasser. L’enfant verse une même quantité de
liquide dans deux récipients de formes
identiques.
On transvase ensuite devant l’enfant le
contenu d’un des deux récipients dans
un autre de forme différente.
On demande à l’enfant si la quantité de
liquide reste la même ou si elle est
différente dans les récipients A et C.
Spontanément l’enfant répond que
c’est dans le récipient A que la quantité
est la plus importante. Dans ce cas
l’enfant est considéré comme non
conservant.
Pour être capable de conclure qu’il y a la
même quantité de liquide dans A et C,
l’enfant doit dépasser sa centration sur la
hauteur du liquide en ignorant la largeur ce
qui crée chez lui un conflit cognitif.
Ce conflit peut être réglé à l ’intervention
d’un processus de rééquilibration qui
conduira à l’intégration d’un nouveau
schème opératoire par l’enfant et permettra
la modification de sa structure cognitive par
accommodation.
L’enfant qui déclarera après
accommodation que A et C contiennent la
même quantité de liquide sera qualifié de
conservant. Pour cela, il faut que l’enfant
puisse tenir compte en même temps de la
hauteur et de la largeur du récipient
(profondeur identique).
Pour Piaget, la maîtrise de la conservation
caractérise le stade pré-opératoire.
Les principes du constructivisme:
• Apprendre est une recherche de sens autour duquel
l’apprenant construit activement ses apprentissages
• Comprendre le sens, exige de comprendre le tout comme
ses parties. Par conséquent, l’apprentissage se concentre
sur des concepts primaires, non sur des faits isolés.
• Pour enseigner correctement, il faut comprendre les
modèles mentaux utilisés par les apprenants pour
percevoir le monde et les hypothèses effectuées pour
soutenir ces modèles.
• Le but de l’apprentissage pour un individu, est de
construire sa propre signification, au lieu d’apprendre
par cœur les « bonnes » réponses, et de pouvoir évaluer
la qualité de son apprentissage.
Les apports du constructivisme:
• Pour les apprenants : « Le chemin se fait en marchant »
- Les apprenants apprennent mieux quand ils s’approprient la
connaissance par l’exploration et l’apprentissage actif.
- Les mises en pratiques remplacent les manuels et les
apprenants sont encouragés à penser et à expliquer leur
raisonnement au lieu d’apprendre par cœur et d’exposer
des faits.
- L’éducation est centrée sur des thèmes, des concepts et
leurs liens, plutôt que sur l’information isolée.
- Cette approche tend à l’élimination des catégories et des
tests standarisés, l’évaluation devient partie prenante de
l’apprentissage de sorte que les apprenants jouent un plus
grand rôle en jugeant leurs propres progrès.
- « Les apprenants apprennent mieux en faisant » Jean Piaget
- Les apprenants sont actifs dans la construction des
connaissances en interagissant avec leur
environnement, en donnant du sens à leurs
expériences et en développant leurs
représentations
- Les apprenants participent activement à des
situations réelles et développent certaines
compétences.
- Les apprenants sont plus autonomes dans leurs
tâches (recherches d’informations, projet
personnel, enquête, visite de terrain etc.).
- Les apprenants développent une expertise
individuelle sur un sujet qui les intéresse, ils sont
donc plus motivés.
- Les apprenants développent par le biais de
l’argumentation leur point de vue dans la
production de la connaissance.
• Pour l’enseignant :
- Sa tâche est très réduite, il se contente
de :
Présenter simplement le matériel
Annoncer les situations problèmes et
les consignes
Recevoir des réponses
- Il se concentre sur l’établissement de
rapport entre les faits et les nouvelles
compréhensions des apprenants.
- Il adapte leur enseignement aux réponses
des apprenants et les encourage à
analyser, interpréter et prévoir
l’information.
Les limites du
constructivisme:
- Ce modèle situe l’apprenant dans l’axe
Apprentissage/Contenu du triangle didactique
et ne favorise que la relation d’apprentissage,
ignorant de ce fait, la relation d’enseignement
et la relation curriculaire de la didactique
générale.
- Il ignore donc les interactions avec le groupe-
classe.
- Il n’est pas un processus de communication
assez raffiné pour un apprentissage efficace.
- Il est centré sur l’activité de l’apprenant qui
agit seul et non sur l’action de l’enseignant et
dans ce cas l’enseignant aura moins de
- La vérité est définie comme « construction »
sociale qui dépend donc de l’environnement
où elle apparaît et tout ce qui est considéré
comme « vrai » est relatif ; car ce qui est vrai
pour l’un est faux pour l’autre. Consolidant
l’axiome suivant:
« Si une proposition est à la fois vraie et non
vraie, elle est non vraie ».
- Certains apprenants peuvent se sentir perdus
face au travail réalisé seuls.
- La gestion des tâches et l’accompagnement
individuel peuvent prendre beaucoup de
temps.
- Ce processus ne peut pas convenir à tous les
niveaux scolaires et à tous les âges.
Suggestions
Pour améliorer la situation d’enseignement-
apprentissage à partir de ce modèle, il est
recommandé de:
• Clarifier le plus possible les consignes dés
le départ de l’activité pour une meilleure
orientation des apprenants dans leurs
travaux individuels pour un gain de temps
et d’efforts.
• Alterner le processus de l’apprentissage
avec d’autres méthodes et stratégies
d’enseignement proposées comme étapes
intermédiaires de travail en fonction des
différents objectifs d’apprentissage.
Conclusion
En définitive, les critiques fondamentales
résident dans le fait que le courant
constructiviste refuse d’accorder une place
importante à des facteurs extrinsèques à la
connaissance. Dans ce sens, le socio-
constructivisme reprend à son compte le fait
que les connaissances se construisent par
l’activité, mais en introduisant une dimension
sociale : On apprend mieux au contact des
autres et en échangeant nos expériences
avec eux. C’est l’avènement du
socioconstructivisme.
Bibliographie:
PIAGET Jean, Psychologie et
pédagogie,Barcelone,folio essais, 2011.
Sitographie:
[Link]
[Link]
rique/tice-et-mod%C3%A8les-d-enseignement
-apprentissage/
[Link]
Constructivisme_(psychologie)