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La Conscience : Nature et Dimensions

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La Conscience

Conscience de soi

De plus, la conscience est une mise à distance de l’homme par rapport à lui-
Relation intériorisée immédiate ou médiate qu'un être
même.
est capable d’établir avec le monde où il vit ou avec lui-
· Elle peut être ce qui lui inflige des expériences douloureuses : ex : la
même.
conscience morale, la culpabilité, le remords
· Par la conscience morale, l’homme fait l’épreuve d’actes dans lesquels il a du
Elle représente le trait distinctif caractérisant mal à se reconnaitre
l'humanité d'un sujet .elle désigne la totalité formée
par l'ensemble des représentations d'un sujet conscient En quoi la conscience fait elle la grandeur et la misère de l’homme ?
· La conscience : ce qui permet la connaissance
le sentiment qu’il y a un arrière-plan en nous qui · La conscience permet à l’homme de répondre de ce qu’il est. Ceci l’élève au-dessus de l’animal.
« voit », · ce phénomène est aussi ce qui le sépare de l’immédiateté et de l’innocence de l’instant.
· La conscience est donc synonyme de dignité, elle est ce qui permet à l’homme de penser le
Sens psychologique : connaissance, intuition ou monde et de se penser lui-même. Mais cette dignité a un prix, elle est une libération qui impose la
sentiment qu’un sujet possède de lui-même, de ses nécessité de devoir répondre de ses actes et de les assumer.
états et de ses actes, L'introspection est la réelle source · Parallèlement à cela parce qu’elle permet la pensée, elle est ce qui permet le questionnement
de connaissance sur la conscience philosophique

La conscience est un lieu abstrait, car impossible à La conscience s'accompagne de souvenirs, de sentiments, de sensations et
localiser quelque part dans le corps, qui apparaît à de savoir que nous nous rapportons à une réalité intérieure que nous
chaque instant au moment exact où fusionnent les nommons moi. Cette conscience est appelée conscience de soi, et est
perceptions des sens et de l'esprit, l’écran sur lequel se structurée par la mémoire et l'entendement. Elle est en ce sens une unité
déroulent toutes les activités intellectuelles de l’esprit, synthétique sous-jacente à tous nos comportements volontaires. Les éléments
en grande partie imaginaires (les représentations qu'elle contient, souvenirs, sentiments, jugements, dépendent d'un contexte
mentales : conscience du monde, des autres, du moi..) culturel, ce qui fait de la conscience de soi une réalité empirique
changeante et multiple.
Conscience de soi (2)

Si la conscience de soi semble être un état spontané, La conscience de soi est aussi la conscience d’être et de demeurer la même personne, identique à
naturel, la connaissance de soi en revanche requiert travers le temps. Et ce, malgré les changements qui affectent mon corps.
un effort, car il ne me suffit pas de savoir que j’existe en
tant qu’individu pour connaître la nature qui me
constitue. Si je ne suis que mon corps, et que mon corps ne cesse de changer, comment puis-je affirmer que
je reste la même personne ?
Pour autant, conscience de soi et connaissance de soi - Locke répond à cette interrogation par la thèse selon laquelle la conscience de nos actions
sont complémentaires : l’une a besoin de l’autre pour et de nos états présents et passés, conscience elle-même conservée par la mémoire, assure
s’accomplir entièrement la continuité de l’identité personnelle. L’identité, c’est la conscience de soi, qui est aussi
mémoire de soi.
C’est notre existence empirique qui est pour nous le - Kant, en revanche, présente le « je pense » comme ce qui garantit la cohérence passée et
premier moyen d’accéder à ce que nous sommes. Cette présente de toutes nos représentations, intellectuelles et sensibles, et cette forme se
existence implique que nous sommes des êtres manifeste aussi à travers l’unité de notre pensée.
incarnés, des êtres de chair, qui possèdent un corps
capable d’agir et d’éprouver des sensations ou
des émotions. Si l’on peut affirmer que la connaissance de soi mène à la sagesse, il y a des façons de se tourner
vers soi qui s’apparentent au narcissisme, et ne conduisent qu’à l’effacement du monde et d’autrui
Notre corps est une réalité matérielle, instable et au profit de l’adoration d’une image déformée de ce que nous sommes.
changeante, comme le sont nos émotions, alors que
notre identité demeure malgré les changements. on pourrait supposer l’existence d’un noyau stable, que l’on pourra appeler le moi. L’identité est
ainsi à chercher dans la conscience plutôt que dans le corps.

ma véritable personnalité s’identifie avec la partie la plus intime, la plus cachée de moi-même, celle
que moi seul puis connaître : l’intériorité de ma conscience
Conscience du
monde

Activité psychique qui fait que je pense le monde et Selon Husserl, qui reprend un concept médiéval, toute conscience est conscience de
que je me pense moi-même. Et ce parce que la quelque chose. Cela suppose que la conscience soit un effort d'attention qui se concentre
conscience est une mise à distance autour d'un objet. Cette concentration est structurée par l'expérience ou par des
catégories a priori de l'entendement, structures que l'on considère parfois comme les
La conscience est mise à distance de l’homme face au fondements de toute connaissance du monde extérieur. Dans l'idéalisme moderne
monde et de l’homme face à lui-même la conscience est ainsi la source et l'origine de la science et de la philosophie.

La conscience du monde implique un ensemble


de phénomènes liés au contexte sociologique,
politique, économique, la notion de conscience du
monde pourrait aussi être rapprochée de celle
de culture, en tant que cette dernière est un système
de représentation

un phénomène plutôt passif et global contrairement


aux activités purement intellectuelles de l’esprit, actives
et localisées, et qui sont liées à l’action (par exemple la
projection, l’anticipation, l’histoire, le temps, les
concepts..).
Conscience morale

Elle désigne la capacité mentale à porter des jugements


de valeur moraux sur des actes accomplis par soi ou par
autrui. Conscience morale = respect des règles
éthiques

Capacité de formuler des jugements sur le bien et le


mal

« Agir en son âme et conscience », « le poids de la


conscience », sont des expressions qui traduisent
l’impact que la conscience peut avoir sur nos choix et
nos attitudes d’un point de vue moral.

Une personne « inconsciente », cela peut désigner une


personne évanouie. Cela peut aussi désigner une
personne imprudente, ou quelqu’un qui ignore
involontairement ou délibérément les conséquences
morales de ses actions

la raison nous permet seulement de connaître le bien et


le mal, sans influencer nos choix à leur égard, tandis
que la conscience est ce grâce à quoi nous pouvons
aimer le bien, rejeter le mal, et agir en conséquence.
Conscience de
classe
4. plutôt que de comprendre chaque moment spécifique comme une portion d'un processus
Concept socialiste et provenant surtout de la historique censément déterminé, telle classe universalise et pense comme éternel tel moment
théorie marxiste, qui se rapporte à la possibilité pour 5. Ainsi le capitalisme n'est pas considéré par la bourgeoisie comme une phase spécifique de
une classe sociale de se rendre compte par elle-même l'histoire, au contraire elle le naturalise et le conçoit comme une partie solidifiée, fondamentale
de sa position sociale et de sa capacité à agir pour et éternelle de l'histoire. La théorie de l'aliénation de Marx expliquait la séparation qui s'opère
promouvoir ses intérêts. chez le travailleur entre son être et son travail dans le système capitaliste. Cette séparation tend
à déshumaniser l'homme social et le conduire à un individualisme qui va lui laisser croire que
La conscience collective est une notion qui se rapporte son travail a une place prépondérante dans sa vie, encouragé en cela par l'idéologie bourgeoise
aux croyances, comportements et objets mentaux dominante.
partagés dans une collectivité et fonctionnant comme 7. la conception idéaliste de l'esprit abstrait faisant l'histoire est remplacé chez Lukács par
une force séparée et généralement dominante par une conception matérialiste basé non pas sur l'esprit abstrait, mais sur un concept concret : le
rapport à la conscience individuelle. prolétariat, à la fois « objet » de l'histoire et « sujet » de l'histoire. Objet (passif) par sa place
Selon cette théorie, une société, une nation, un groupe créée dans le système capitaliste, sujet (actif) par son travail qui forme le monde
constituerait une entité se comportant comme un 8. Le rôle spécifique du prolétariat est une conséquence de sa position spécifique dans le
individu global système capitaliste. Ainsi, pour la première fois selon Lukács, la conscience de sa classe est aussi
la conscience de la totalité (du processus social et historique)
Elle s'oppose notamment aux conceptions libérales de 9. Grâce au matérialisme dialectique, le prolétariat comprend que ce que le bourgeois,
la conscience, qui prône la conscience individuelle individuel, conçoit comme une loi de la nature, une loi physique immuable (le capitalisme), n'est
comme base de la liberté individuelle et du contrat en fait que le résultat d'un processus social et historique
social 10. De plus, selon Lukács, seul le matérialisme dialectique permet de lier tous les domaines
2. la conscience de classe prolétarienne est le issus de la spécialisation de la société moderne, alors que le rationalisme moderne ne fait
résultat d'une lutte permanente pour la qu'analyser les domaines séparément, sans pouvoir comprendre la totalité.
compréhension du processus de l'histoire. 11. Pour Lukács, l'« idéologie » est en réalité une projection de la conscience de classe de
3. Toutes les autres classes, y compris la bourgeoisie, la bourgeoisie, qui fonctionne pour empêcher le prolétariat d'atteindre une conscience réelle de
sont limitées par la fausse conscience qui les empêche sa position sur le plan politique et révolutionnaire
de comprendre la totalité de l'histoire
Concepts

Entité qui, selon les traditions, est source de vie (un « corps sans âme » : un corps inanimé, mort), ou principe de pensée et
Ame d’existence spirituelle, distincte du corps et de ses mouvements propres (impulsions, passions, instincts, etc.).

Signifie en latin « je pense ». Désigne le sujet tel qu’il est découvert par le « cogito ergo sum » (« je pense donc je suis ») de
Cogito Descartes, c’est-à-dire non pas l’individu (René Descartes) mais en général la chose pensante qui est, selon Descartes, au fondement
de toute connaissance possible

État mental qui étymologiquement signifie « avec savoir », ou « savoir avec ». La conscience est ce par quoi l’individu se représente
Conscience lui-même comme un sujet présent dans le monde, et se sent exister à travers ses pensées, ses états ou ses actions.

Relation entre deux êtres identiques, ou fait pour un sujet de demeurer le même au travers des modifications extérieures de son
Identité apparence.
Concepts (2)

Inconscience Privation de conscience, à différents degrés. On est inconscient lorsqu’on est imprudent ou immoral ; on l’est également, mais en
un autre sens, lorsque l’on est endormi ou assommé. L’inconscience peut être la non-conscience absolue ; elle est à distinguer de
l'inconscient.

Toute réalité possédant une certaine unité, dont la division entraîne la dégradation ou la destruction (un corps vivant par exemple).
Individu L’individu est aussi l’être particulier qui présente les traits de son espèce, et possède en outre des caractères qui le différencient de
tous ses congénères.

Qualité d’une conscience qui vise un objet qui lui est transcendant. Chez Husserl, la conscience se constitue au travers de cette
Intentionnalité visée elle-même. Transcendant veut dire ici extérieur (et non pas supérieur) à lui-même.

Désigne l’activité mentale qui se déroule en-dehors de la sphère lucide ou consciente de l’esprit. La psychanalyse n’a pas inventé ce
Inconscient terme, mais en a exploré les structures et les mécanismes d’un point de vue thérapeutique (névrose, refoulement, transfert, etc.).
Concepts (3)

Subjectivité On qualifie souvent de « subjectif » un discours partial, où les préférences personnelles l’emportent sur le souci de vérité. Mais la
subjectivité n’est pas le parti-pris : elle désigne d’abord l’ensemble des qualités qui constituent le sujet, en tant qu’il se distingue de
l’objet qu’il perçoit.

C’est celui qui dit « je », celui qui agit (cf. le sujet d’une phrase), et qui possède un certain nombre de qualités. Il ne s’agit pas de
Sujet qualités individuelles : le sujet est considéré d’un point de vue général comme l’instance qui rattache nos pensées les unes aux
autres dans un ensemble unifié
Vade Mecum

• Attitude subjective qui consiste à remarquer, prendre garde à quelque chose, s’orienter vers un objet. Elle présuppose d’être
Attention conscient.
• L'attention est la faculté de l'esprit de se consacrer à un objet : d'utiliser ses capacités à l'observation, l'étude, le jugement
d'une chose quelle qu'elle soit, ou encore à la pratique d'une action.

• L’attention sépare la conscience en 2 niveaux, celui de la réceptivité passive à un champ et celui de l’orientation volontaire et
sélective au sein de ce champ. Pq s’orienter vers tel objet et pas l’autre ? Quels sont les critères de sélection ? Les réponses sont
au niveau de la polarisation inconsciente de l’attention, dans le cadre de processus cognitifs.

• L’action a un impact important sur le champ de la conscience, car le sujet est présent à ce qu’il fait. Le sujet est inscrit dans une
temporalité propre. Son esprit est tourné vers l’avenir, de ce qui va être. L’attention est donc une attente. Il n’y a pas
conscience sans une attention à la vie. L’avenir exerce une traction sans interruption, qui fait avancer le temps et qui nous fait
agir.

Intentionnalité • Action de tendre vers quelque chose. Il est utilisé par Husserl pour désigner l’acte par lequel ma conscience se rapporte à
l’objet qu’elle vise. Pour lui, c’est une visée et non une chose pensante (Descartes).
• L’intentionnalité est transcendante, cad, elle se rapporte à ce qui n’est pas elle, elle tend vers un ailleurs, un au-delà d’elle-
même. La conscience du temps vise le futur qui n’est pas encore ou le passé qui n’est plus (Husserl, Sartre)
• Elle implique pour le coup le dépassement du donné, du présent, donc une signification. C’est par la façon dont la conscience se
rapporte à ses objets qu’elle leur donne sens.
Vade Mecum

• Action de regarder à l’intérieur. Fait pour une conscience de s’observer elle-même. Activité mentale qui vise à l’étude de soi-
Introspection même. Elle vise à une connaissance intérieure de nos états mentaux, perceptions, actions, émotions, connaissances, différente
en ce sens de celle que pourrait avoir un spectateur extérieur.
• C’est la conscience comme perception de soi ou rapport à une intériorité.

Perception • Recueil par le corps des impressions sensibles. Rapport d’un sujet à un objet. Il faut être conscient de sa perception.

• Rapport étroit entre temporalité et conscience. C’est l’expérience du déroulement du cours de l’existence dans l’apparition du
Temporalité flux des vécus. Tout ce dont on a conscience est temporalisé.
• La temporalité s’oppose à l’eternité, ce qui est en dehors du temps. Le fait d’exister comme conscience temporelle implique ainsi
la finitude.
• Sartre explique que la conscience engagée dans la temporalité ne peut ni s’appuyer sur son passé, ni s’en délivrer : c’est
seulement au futur que nous pouvons former le projet d’être ce que nous voulons être.
• La temporalité confère une dimension éthique à la conscience : donner consistance au passé contre le présent par exemple.
Idées

Scission sujet/objet :
Introduction - La conscience est un pouvoir de représentation.
- La conscience est un savoir accompagnant ma pensée, mes actions, mon être au monde.
- Par elle, s’opère la scission sujet/objet. On se représente un objet, et on est un JE en face.
- Le sujet est face au monde et ce qui le constitue.
- Moi, autrui, les choses existent comme objets de représentation.

- L’immédiat échappe donc à l’expérience humaine. La chose est à distance et est médiatisée par une représentation.
- La conscience essaye de se l’approprier symboliquement à travers des signes.

- La temporalisation est une dimension fondamentale de l’expérience. La conscience s’accompagne d’une


scission mémoire/projet. Ce que je ne suis plus est passé, ce qui n’est pas encore est avenir.

- Perception : Le monde est jugé. La conscience critique ce qu’elle perçoit

- Humanité : la conscience est ce qui fait la supériorité de l’homme sur l’animal. L’homme est et il le sait.
o L’homme est conscient pour le meilleur comme pour le pire.
Idées

Tradition • Dans la tradition biblique, l’homme est fait à l’image de Dieu. La conscience est la marque du créateur sur la créature et
le support de domination qu’il est appelé à exercer sur le monde.
• Dans la tradition grecque, les dieux ne sont pas créateurs. Lorsqu’il faut créer l’homme, il nait nu, sans chaussure, sans
couverture et sans arme (à cause d’Epiméthée). Pour réparer cela, Prométhée, va voler à Héphaïstos et Athéna l’aptitude
technicienne, et à Zeus l’aptitude morale.
 Les prérogatives humaines que sont l’intelligence, la technique et la morale sont d’origine divines , mais volées par
Prométhée et données à l’homme. Il y a du divin en l’homme.

• Dans la modernité juridique, la chose et la personne sont distingués


Modernité • La chose est un objet dont on dispose, comme un instrument. On peut le vendre, acheter. C’est un moyen
• La personne ne peut être un moyen. Elle dispose de choses mais on ne peut en disposer, hors commerce. La personne est
hors circulation (footballeurs) car elle échappe à l’emprise de la volonté.
• La chose à un prix, la personne a une valeur (prépare le capitalisme ?) (Le frein à la marchandisation est le kantisme : on
ne peut traiter une personne comme un moyen mais comme une fin en soi).
• Un homme est une personne non plus parce qu’il y a du divin en lui, mais par convention, avec les seules ressources de
la raison.
Idées

Kant
L’homme est une personne car il possède le pouvoir de dire JE. Il l’élève au-dessus de tous les êtres vivants.
Cette faculté de penser est l’entendement.
• L’homme à une unité de la conscience et une identité personnelle. Chaque individu se pense identique à lui-même et distinct
des autres. Ce qui fait que l’on reste le même malgré les changements perpétuels, c’est l’unité de notre conscience. Le sujet est
présent à lui-même par la conscience. Elle est aussi mémoire : on se souvient de ce que l’on a été. Un jeune enfant qui est
capable de dire JE est capable de se penser, cad, de dépasser l’immédiateté de ses sensations pour les rapporter à un sujet qui
sent. Son expérience n’est plus éclatée en une multiplicité de vécus sans liens les uns aux autres. Le je accompagne toutes les
représentations et élève l’homme à la dignité de personne.
• L’unité/l’identité du sujet n’est pas une donnée empirique. La conscience de soi accompagne nos représentations mais ne peut
s’en détacher pour devenir son propre objet.
• Ce sujet gagne en dignité car il échappe au déterminisme, à la loi du devenir. Il échappe à la loi de l’être pour se représenter la
loi de ce qui doit être. Il a une capacité à se représenter la loi morale et de sentir tenu de soumettre sa conduite à son exigence.
Il s’arrache au règne de la nature et du déterminisme pour rendre possible le règne du devoir être et de la moralité (il exerce
donc sa liberté).
• La morale et l’agir libre inspirent le respect en l’homme. C’est la moralité qui fait qu’un être est une fin en soi.
• L’identité religieuse, géographique, nationale, sexuelle ne définit plus l’être humain, mais uniquement le fait qu’il est un sujet
moral.
• Comme les hommes sont moraux, ils sont égaux. La morale fonde l’unité du genre humain universel, et abolit les séparations
induites par la religion, la nation, le sexe, la langue.
• La fraternité vient du fait que nous sommes tous capables de nous représenter notre devoir.
Idées

La Conscience est une activité


Kant (2) - La conscience : une activité qui accompagne mes représentations
Contrairement à Descartes qui définit la conscience comme une chose, Kant la présente comme une activité. La conscience est une
fonction nécessaire de la pensée mais ne me donne pas la connaissance de ce je que je suis. Pour identifier ce moi, il est nécessaire
que le pouvoir d’indentification soit initialement dans la conscience, pouvoir d’identification qui permet d’établir la relation entre
sujet et objet. Kant distingue la « représentation » de la « connaissance », la « matière » de l’ « intuition », la « sensibilité », la
« forme », l’ « entendement ».
Selon Kant, la connaissance procède de deux sources : la sensibilité et l’entendement : sans la sensibilité l’entendement est vide,
sans l’entendement, la sensibilité est aveugle. (cf. La Critique de la Raison Pure)
Sensibilité : faculté par laquelle les objets me sont donnés : réceptivité, sensation.
Entendement : faculté intellectuelle par laquelle les objets sont pensés : faculté de connaitre. Faculté intellectuelle qui produit les
concepts à partir desquels des intuitions sensibles sont reliées entre elles et ordonnées car subsumées.
Subsumer: ranger une intuition sensible sous un concept, donc identifier, connaitre.
Ex : celui qui voit une maison pour la première fois : simple intuition.
Celui qui voit une maison et qui a déjà dans son entendement le concept de maison en a la représentation. Le « je » accompagne
toutes mes représentations et les unifie. La conscience, le « je » est originaire. Il est ce qui permet cette unification et la conscience
de soi procure aux représentations leur cohérence. Pour que les représentations soient unifiées, il faut admettre ce pouvoir
unificateur comme ce qui permet la connaissance, donc le penser comme originaire. La conscience est donc une activité, elle est un
pouvoir de synthèse. Le sujet ne peut prendre conscience de lui-même qu’à travers cette activité. Comme, la conscience de soi ne
peut apparaitre que lorsqu’elle se réalise, elle ne peut pas être une connaissance de soi car elle est ce qui permet la connaissance.
La conscience, lorsqu’elle se prend elle-même pour objet de pensée ne peut se penser à vide. Elle se pense à partir des contenus de
pensée qui l’investissent. La conscience présente ainsi un caractère paradoxal, elle est ce qui permet la connaissance de l’objet, mais
elle ne peut être elle-même objet de connaissance.
Idées

La conscience immédiate et la conscience réfléchie, la connaissance du monde, la connaissance de soi. La conscience de soi se
Kant (3) définit comme la possibilité pour le sujet de prendre pour objet de connaissance ses états de conscience : la conscience se retourne
sur elle-même pour penser ses contenus de pensée. La conscience participe ainsi de deux mouvements :
· La conscience immédiate : elle est celle qui accompagne les actes du sujet : avoir conscience de quelque chose
· La conscience réfléchie : celle dans laquelle le sujet se pense lui-même comme conscient de quelque chose.
Exemple :
Kant : le passage de la simple conscience de soi « Charles veut manger » à « je veux manger » : la conscience de soi : Kant : « Avant il
se sentait, maintenant il se pense »
Les deux mouvements fonctionnent ensemble : toute conscience est toujours conscience de quelque chose et je ne peux prendre
conscience de ce que je suis qu’en me regardant au travers des actes accomplis : la conscience réfléchie présuppose la pensée
immédiate. De la même façon, le sujet ne peut avoir conscience de quelque chose que parce qu’il s’y sait présent : je n’ai conscience
du monde que parce que je suis conscient d’y être : la conscience immédiate présuppose la conscience réfléchie. Elles sont donc
inscrites dans une activité, dans un mouvement, donc dans une temporalité qui entrelace la conscience immédiate et celle réfléchie
sans pour autant les faire coïncider.
Le mouvement effectué inscrit la conscience dans la durée. La conscience établit une relation entre le passé, le présent et l’avenir.
Idées
Les choses de la nature existent immédiatement et d’une seule façon. L’homme par contre, qui est esprit existe aussi en soi car il se
Hegel contemple, se représente lui-même grâce à la conscience. Il est conscience de soi
• Théoriquement par la travail d’introspection : il se penche sur lui-même, prend conscience de ses faits et gestes, ses pensées
• Pratiquement, car il se reconnait lui-même dans ce qu’il est capable de façonner à l‘extérieur. Il se retrouve lui-même. Le monde
ne lui est donc plus étranger, car il exerce sa liberté de sujet.
Il faut donc distinguer deux modalités : L’en soi et le pour soi.
• La chose est en soi car elle est une donnée immédiate et perceptible d’une seule façon. Un stylo sur le bureau et en soi car il n’a
pas le pouvoir de se séparer, de se diviser pour se représenter lui-même. Il ne peut être autre chose que ce qu’il n’est. Son
mouvement, sa forme sont l’effet nécessaire des lois qui le régissent.
• L’être doué de conscience n’est pas clos en soi, il est ouvert au monde et à lui-même. Il peut se représenter, refuser ou consentir
à ce qu’il est. Il est sur le mode du pour soi. Il n’est pas de l’ordre de ce qui est donné.
• Sartre parle de transcendance au sens phénoménologique, dans le sens où l’homme peut se dépasser, nier ce qui est et se
projeter vers ce qui n’est pas : D’où l’ambiguïté : « L’homme est l’être qui est ce qu’il n’est pas et n’est pas ce qu’il est ».
• La conscience, c’est le choix, donc la liberté. Disposer du pouvoir de s’échapper de soi et du monde et donc échapper à
la nécessité de l’en soi.
• Exister dans l’ordre du pour soi, c’est être condamné à être libre. L’homme doit se déterminer lui-même.
• Hegel parle de négativité de la conscience, en ce sens qu’elle nie ce qui n’est pas elle. « La liberté est la négation constante de
tout ce qui conteste la liberté ».
• Le précepte socratique « connait toi toi-même » est réinterprété : il ne faut pas considérer sont existence comme soumise au
déterminisme ou à la nécessite mais prendre conscience de sa liberté. L’ordre du pour soi est universel.
• Une fois que Hegel défini les 2 concepts, il explique comment l’homme prend conscience de son être pour soi.
• L’introspection, la réflexion sur soi
• L’action sur le monde. Transformer la nature par le travail, se transformer soi-même par l’éducation, transforme les
institutions par la politique. L’homme entretient un rapport spécifique avec son dehors, cad, le donné, la nature, le corps,
qui est étranger à la conscience. Ce dehors est imprimé de la marque de l’homme qui y manifeste sa négativité.
• Toute activité humaine est une liberté qui inscrit dans l’extériorité le signe de l’intériorité spirituelle. Cette image
extérieure de lui-même qu’il façonne lui permet la prise de conscience de soi. Le travail est dévoilé comme manifestation
de la liberté contre les anciens pour qui c’était la servitude.
Idées
« Toute conscience est conscience de quelque chose » : Husserl.
Tout cogito porte en lui son cogitatum auquel elle se relie et dont il se distingue. La conscience est toujours relation avec autre
Husserl chose qu’elle-même. Il y a toujours une distance entre la conscience et l’objet qu’elle vise. Même lorsque la conscience prend pour
objet de pensée ses contenus de pensée (ex : ses souvenirs …) elle ne parvient pas à les penser tels qu’ils étaient au passé parce
qu’elle ne peut les appréhender que relativement au présent dans lequel elle est.
La conscience est projet, visée du monde, elle est « intentionnalité ». Intentionnalité : visée, projection vers le monde. La
conscience n’est plus lue comme une intériorité close sur elle-même, elle est visée, projection. Avant d’être réflexive, retour sur elle-
même, la conscience est initialement relation au monde en tant que je suis un être qui désire, qui agit et qui anticipe. Parce qu’elle
s’anticipe, la conscience est donc toujours déjà au-delà d’elle-même, elle est visée d’un ailleurs pour orienter son agir dans le
monde. La conscience est donc donatrice de sens, de signification. La signification n’est pas dans la chose, c’est la conscience qui
donne leur sens aux choses qu’elle vise et qu’elle perçoit.
Mais si la conscience est donatrice de sens, si elle ne se règle plus sur l’objet pour le connaître mais fournit un sens à l’objet, alors la
conscience ne peut plus être pensée comme le lieu d’une vérité unique, absolue. Il apparait alors légitime de se poser la question
suivante : penser la conscience comme prévalant sur la conscience, est-ce une vérité ou une simple interprétation ?
La conscience est la clé pour accéder à la vérité des choses. Dans Idées directrices pour une phénoménologie, Husserl l’analyse du
point de vue de la phénoménologie (la science des phénomènes) plutôt que celui de la psychologie, c’est-à-dire qu’il ne se limite pas
à l’étude des expériences intérieures. Son ambition lui demande d’abandonner l’attitude naturelle consistant à confondre
spontanément la représentation et l’essence des objets.
La conscience est liée à la perception. Husserl a décrit celle-ci comme un flux se produisant dans la celle-là. Cette conception
implique de ne pas confondre la perception et la chose perçue, quoiqu’elles soient inextricablement liées. Le philosophe compare le
processus cognitif de la perception à une esquisse, dans la mesure où l’élément perçu n’apparaît que progressivement, par touches
successives. Par exemple, lorsque le sujet fait le tour d’une table, sa perception en change continuellement selon ses angles de vue,
alors que l’objet demeure strictement le même. « La perception, explique Husserl, est entraînée dans le flux incessant de la
conscience et est elle-même sans cesse fluante : le maintenant de la perception ne cesse de se convertir en une nouvelle conscience
qui s’enchaîne à la précédente, la conscience du vient-justement-de-passer ; en même temps s’allume un nouveau maintenant ».
Lorsque la conscience porte son attention sur un objet, celui-ci se détache de l’arrière-plan, et elle renonce ce faisant à tout un
champ de perceptions potentielles. Percevoir une chose, c’est donc n’en avoir qu’une vue partielle, mais avec la potentialité d’autres
vues, comme toute face d’un cube en laisse deviner les autres. Husserl distingue ainsi la perception de l’affection, qui est, elle,
ressentie en totalité.
Idées

Husserl identifie une objectivité dans l’intentionnalité de la conscience


Husserl (2) La conscience est intentionnelle. Husserl montre que, contrairement aux phénomènes physiques, les phénomènes psychologiques
visent toujours une chose précise, car l’acte de conscience (perception, mémoire, sentiment, etc.) et son objet sont liés de manière
très particulière. Pour la conscience, l’objet visé, ou noème, n’est pas l’objet tel qu’il existe objectivement, dans son essence ; il n’est
que le contenu qu’elle produit par l’acte de conscience, ou noèse. Si celle-ci est un processus cognitif réel, auquel correspondent des
sensations, le noème est lui un contenu irréel, fruit de l’intentionnalité. « Le mot intentionnalité, écrit Husserl, ne signifie rien
d’autre que cette particularité foncière et générale qu’à la conscience d’être conscience de quelque chose, de porter, en sa qualité
de cogito, son cogitatum en elle-même ». Ainsi, elle se définit fondamentalement comme un acte de relation par lequel le sujet se
rapporte au monde. Chaque élément qu’elle vise est perçu et vécu d’une façon particulière. Cependant, si le sujet corrige sa
propension naturelle à porter des jugements sur les objets en soi (tels qu’ils seraient objectivement, indépendamment du biais de la
perception), alors il pourra observer sa conscience dans sa pureté – cet effort d’objectivité s’appelle, dans la terminologie de
Husserl, la réduction phénoménologique.
La conscience donne un sens possible à l’objectivité. Husserl affirme que si, en constituant l’objet qu’elle vise pour le sujet, elle ne
fait pas naître une réalité, elle lui donne tout de même un sens. Le noème n’est pas une imitation de l’objet visé considéré
objectivement ; il est l’objet lui-même pour l’esprit du sujet, tel qu’il est pensé par le sujet. L’acte de conscience rend donc possible
une forme d’objectivité à l’intérieur même de la conscience. « L’ego transcendantal, pose Husserl, résulte de la mise entre
parenthèses du monde objectif dans son ensemble. J’ai alors pris conscience de moi-même comme d’un ego transcendantal qui […]
constitue tout ce qui peut être objectif pour moi ». Dans le détail, le philosophe distingue deux types de sens donnés par le sujet à
l’objet : il peut d’une part se focaliser sur certaines de ses propriétés objectives (comme la couleur, la dureté, etc.) ; il peut d’autre
part se rapporter à lui selon différentes formes propres à sa subjectivité (la mémoire, le désir, la morale, etc.). Or, conclut Husserl, la
connaissance ne peut être constituée, au sens scientifique, que par rapport au premier sens : il faut que les propriétés perçues par le
sujet correspondent effectivement à celles de l’objet réel.
Idées
La conscience et la temporalité
Bergson Texte de Bergson : l’énergie spirituelle
1. La conscience est conservation du passé.
2. La conscience est mouvement vers l’avenir.
3. Donc la conscience est un lien entre le passé et l’avenir car c’est le rapport à la mémoire et au projet qui caractérise la
conscience.
Bergson lie le savoir à la mémoire et à l’anticipation. La mémoire est une fonction du passé.
1. La conscience est attention portée au présent. Elle est donc fondamentalement pratique.
2. La conscience chez Bergson est une chose concrète, c’est-à-dire une réalité dont nous faisons l’expérience à chaque instant.
Elle apparait d’autant plus clairement qu’elle se réalise à chaque rapport au monde car elle accompagne chacune de nos perceptions
et chacun de nos actes.
3. La conscience se caractérise par la mémoire : une conscience sans mémoire serait une conscience « inconsciente », une
conscience sans conscience d’elle-même (une conscience qui ne pourrait jamais rien identifier et serait ainsi confrontée à un
perpétuel inconnu). Or la conscience est le lieu dans lequel les événements s’impriment. Elle se définit d’abord par la perception des
objets qui nous environnent et cette perception implique la mémoire : « percevoir, c’est se souvenir » (Bergson) « Être conscient »,
signifie être capable d’effectuer le lien entre un événement présent et un événement passé afin que celui présent puisse être
identifié, reconnu et que je puisse agir dans le monde et donc y vivre.
4. La conscience est aussi tension vers l’avenir, anticipation car agir dans le présent signifie nécessairement s’engager dans ce
que ce présent va devenir.
Si la conscience rapporte l’événement présent à celui passé pour pouvoir identifier celui présent, si la conscience est relation à
l’événement présent à partir de l’avenir qu’il annonce, quelle relation la conscience peut-elle avoir avec le présent ?
Si la conscience est en relation avec ce qui n‘est plus (le passé), et ce qui n’est pas encore (l’avenir) quelle relation a-t-elle avec ce qui
est (l’instant présent) ?
L’instant présent est par nature fugace, fugitif : commencer à percevoir l’instant présent signifie qu’il n’est déjà plus du présent mais
déjà du passé car la pensée s’y applique (l’instant est alors déjà un souvenir). De la même façon, anticiper le présent est impossible.
L’instant n’existe pas : dès qu’il apparait, il n’est déjà plus(il est déjà du passé), aussi longtemps qu’il est attendu, il n’est pas (c’est de
l’avenir). Dès lors, le présent n’est qu’une durée participée par le passé immédiat et l’avenir imminent. Le présent, c’est quelque
chose qui dure.
Idées

Là où Descartes voyait la conscience comme une chose qui pense, Bergson voit une chose qui dure, qui s’écoule. Pour Bergson, la
Bergson (2) conscience est progrès et son inspiration dans la durée fait que l’homme est ce qu’il fait et fait ce qu’il est. Si la conscience est
happée par le passé et tendue vers l’avenir, la conscience est mouvement, visée.
Explication 2 :
« Conscience signifie d’abord mémoire ».
Toute conscience est donc mémoire, - conservation et accumulation du passé dans le présent
Mais toute conscience est anticipation de l'avenir
Considérez la direction de votre esprit à n'importe quel moment: vous trouverez qu'il s'occupe de ce qui est, mais en vue surtout de
ce qui va être. L'attention est une attente , et il n'y a pas de conscience sans une certaine attention à la vie. L'avenir est la; il nous
appelle, ou plutôt il nous tire à lui: cette traction ininterrompue , qui nous fait avancer sur la route du temps, est cause aussi que
nous agissons continuellement. Toute action est un empiétement sur l'avenir. Retenir ce qui n'est déjà plus, anticiper sur ce qui n'est
pas encore, voilà donc la première fonction de la conscience
Explication :
La conscience est une chose dont on pourrait dégager l’essence est d’abord l’objet d’une expérience « constante », subjective, mais
néanmoins universellement partagée
Idées
Il ne faut pas perdre de vue que Descartes médite (exercice spirituel pratiqué dans la solitude, par un esprit faisant retour sur lui-
Descartes même pour se pénétrer d’une vérité. Son projet est de trouver une certitude susceptible de résister aux plus extravagantes
objections des sceptiques. Une certitude est l’état d’un esprit qui adhère à un contenu de pensée qu’il croit ou qu’il sait être vrai.
• La majeure partie de mes certitudes sont sensibles. Mes sens sont les médiateurs entre le monde et moi. On doute du
plus simple au plus complexe : le plus simple : douter des 5 sens : plutôt que de douter de chacune de mes perceptions ce
qui serait infini, il faut douter de ce qui permet la perception : les 5 sens Cf texte du morceau de cire et de la tour qui
semble carrée et qui en fait est ronde. Les sens sont donc trompeurs, il ne faut pas leur faire une total confiance.
• Si les sens sont trompeurs, il est nécessaire de douter ce qui fonde mes 5 sens : le corps. Descartes doute de l’existence
de son propre corps. La certitude sensible devient un doute. Les sens m’abusent comme durant mes rêves. En s’en tenant
aux seules certitudes sensibles, on ne ferait pas de distinction entre l’imaginaire et le réel.
• Mais si mes sens sont trompeurs, mes pensées peuvent aussi l’être :doute quant aux vérités mathématiques. Comme
celles-ci ne procèdent pas de l’expérience et sont dans mon esprit, il faut bien qu’un être les y ait mises. Douter de ces
vérités, c’est donc nécessairement poser l’hypothèse de l’existence d’un Dieu qui ne cesserait de me duper. D’où
l’hypothèse de l’existence d’un malin génie. Le doute devient hyperbolique. Qu’est-ce qui nous démontre que la raison est
plus fiable que les sens ?
• je puis douter de tout mais pour douter il faut que je pense et pour penser il faut que je sois : je pense, je suis. Dès que
je pense et aussi longtemps que je pense, je suis. L’unique certitude qui résiste au doute : « je pense donc je suis ». Mais
cette vérité affirme le fait que j’existe, elle ne me dit pas la nature de ce que je suis
Le cogito répond à la question : que puis-je tenir pour certain ? Il affirme l’existence et l’essence.
• L’existence est le fait d’être. Elle s’éprouve, se constate. Elle ne se démontre pas et ne se déduit pas. Je suis, j’existe.
• L’essence d’un être est sa nature, ce qui fait qu’il est ce qu’il est. Après avoir douté de tout, Descartes affirme que je suis
une substance pensante, dont l’essence/nature est de penser. Pour être, cette substance, l’âme, n’a pas besoin d’aucun
lieu et ne dépend d’aucune chose matérielle = scission âme/corps. Mon être est une réalité ontologique, une substance.
Une substance, c’est ce qui existe en soi, ce qui sert de substrat à des qualités accidentelles, ce qui ne dépend pas d’autre
chose que de soi pour exister. L’homme est donc une substance pensante. Elle doute, conçoit, nie, veut, ne veut pas,
imagine et sent.
• Avec le concept de substance pensante, Descartes établi le dualisme de l’âme et du corps, de l’esprit et de la matière, de
la substance pensante et la substance étendue.
Idées
Il ne faut perdre de vue que cette scission est purement spéculative et abstraite. L’homme concret est évidemment une union de
Descartes(2) l’âme et du corps, mais l’entendement n’arrive pas à se représenter cela. C’est donc une distinction de méthode, dont l’enjeu est
épistémologique et moral
• Épistémologique car Descartes cherche à fonder les sciences de la matière et les connaissances de l’esprit à partir de 2
idées claires et distinctes de pensée et d’étendue, dont notre entendement a l’intuition dès qu’il pense. Il rompt avec le
finalisme aristotélicien et de sa distinction entre âme nutritive et âme sensitive pour expliquer le vivant. Descartes accuse
de projeter sur la matière des opérations n’ayant de sens que pour une réalité psychique. Descartes est le fondateur de la
science moderne via son modèle mécanique.
• Physique, car l’âme est plus aisée à connaitre que le corps. L’ âme ou la conscience à l’intuition d’elle-même. Je ne peux
pas sentir sans savoir que je sens, vouloir sans savoir que je veux. Nous apercevons tout ce qui se fait en nous. La
conscience est transparente à elle-même. Elle a même conscience de ce qui la traverse mais qu’elle ne connait pas. Une
telle intuition du corps n’existe pas. L’esprit ne saisit le corps que par la médiation d’images, de concepts.
• Moral, car étant une chose qui pense, je sais tout ce qui se passe en moi, même si je ne peux tout expliquer. Je ne peut
être pris de désir sans m’en rendre compte. Scission âme/corps, donc ce qui rend possible le sujet est la pensée. Vocation
éthique de la pensée.
Ce qui est confus chez moi, est due à la passivité de l’âme devant les mécanismes corporels. Pour Freud, il y a une intentionnalité
psychique inconsciente, un autre moi qui parle.
- Passions de l’âme : imagination, désir, confusion
- Actions de l’âme : pensée d’entendement
Il faut rompre avec la passivité de l’âme et nous réapproprier l’action de penser. Il fonde une morale de la liberté et de la
responsabilité s’accomplissant dans la vertu de générosité. Il fonde la modernité en tant que la raison est son principe. C’est un
héros pour Hegel.
Idées

Critiques du SI le cogito est l’affirmation d’une existence, pas de problème. Par contre, si l’existence ayant l’intuition d’elle-même se dévoile
comme substance pensante, problème. Les critiques concernent les impacts du cogito.
cogito 1. L’illusion substantialiste : Si le sujet est possible par une opération mentale, ok. S’il devient substance, not ok. Une substance
c’est ce qui existe en soi et n’a pas besoin d’autre chose que de soi pour exister.
- Sans cerveau, pas de pensée. Pour la neuroscience, la substance pensante est un principe métaphysique contraire à leur
mécanisme et matérialisme. Pour elles, les opérations mentales sont régis par des mécanismes cérébraux.
- Pour Nietzsche, il y a de la pensée, mais qu’est-ce qui pense ? JE n’ai que de la grammaire/conjugaison. Cela ne suffit pas à
définir qui pense. Le sujet pensant n’est pas une évidence. La pensée n’est pas le point de départ, mais le point d’arrivée. Pour
cela, il faut reconstituer sa généalogie = philosophie du soupçon. Descartes surestime l
- Le pouvoir de la conscience n’est en fait que la manifestation superficielle d’une physiologie ; il faut donc aller dans les
entrailles de notre corps pour comprendre ce qui s’y passe. La conscience/pensée n’est pas une instance autonome, mais
l’expression d’un flux d’affects de vitalité. L’âme n’est qu’une parcelle du corps. Le corps est une grande raison.
- Pour Husserl, la conscience est intentionnalité, visée, projection relation à un objet. Ce n’est que comme cela qu’elle existe. il
est impropre de parler de conscience de soi. Elle n’est pas un être, elle est un acte, un mouvement, une intentionnalité.
- Si pour Descartes, l’idée de permanence de l’être, de consistance le substantialise, il doit faire face aux doutes :
o Doute kantien : le JE accompagne mes représentations ne peut s’en détacher. Il n’a aucune réalité empirique.
o Doute hégélien : la conscience est négativité. Être ne suffit pas, pas de quiétude de soi, mais travail, action pour passer au pour
soi.
o Doute humien : l’unité et l’identité personnelle sont des fictions de l’imagination.
2. L’illusion intellectualiste : S’il est défini comme substance pensante, Descartes ampute le corps. La projection, l’action de la
conscience et de l’être est liée à son corps. Ce n’est pas un corps objet, mais un corps sujet. L’être est au monde par son corps. Il dit
je suis une âme (Descartes), je suis mon corps (Husserl) mais en fait, je suis l’union de l’âme et du corps. Pour les
phénoménologues, la perception n’est pas un acte de l’entendement, mais l’opération d’un corps en débat avec le monde. La
perception de l’espace se fait par rapport au corps. C’est grâce au corps qu’on identifie ce qui est hors de soi. Comme le dit merleau
ponty : « l’esprit n’utilise pas le corps mais se fait à travers lui ». Il peut y avoir des choses qui se passent dans le corps que la
conscience ne saisit pas. Descartes intellectualise à tort le sujet, mais il pense que la conscience est transparente à elle-même.
Idées

Critiques du 3. L’illusion solipsiste : L’expérience de Descartes ne permet de s’assurer que de sa propre existence. Et autrui ? et le monde ? Si
le sujet pensant est principe de toute existence, alors on tombe dans le solipsisme. C’est la dérive de l’idéalisme. On peut s’assurer
cogito (2) de son existence seule, mais pour s’assurer de celle d’autrui, il faut être autrui = impossible. Ce solipsisme est infidèle au vécu. La
subjectivité se construit avec et par opposition à autrui. L’intersubjectivité permet la subjectivité. Ce qui est premier, n’est pas le
sujet pensant, c’est l’être avec. Autrui me permet d’accéder à ma vérité, à la connaissance de moi-même.
4. L’illusoire prétention morale : Le cogito fonde un projet moral. L’obligation d’exercer le pouvoir, inhérent au sujet pensant, de
juger et vouloir librement. La vocation spirituelle et morale de l’homme est de remplacer les pensées d’imagination par les pensées
d’entendement = se gouverner, refuser de s’abandonner à soi-même, aux mouvements du corps, à l’extériorité. C’est la vertu de
générosité.
a. Descartes ne sur estime-t-il pas le sujet ? Freud conteste ce pouvoir. Le Moi doit se contenter de rares informations. La
conscience n’est qu’un effet de la surface de l’inconscient. Il est le jouet de son inconscient. Exit le libre arbitre. Blessure
narcissique.
Idées
La conscience fait la grandeur de l’homme mais aussi sa petitesse
Pascal • La conscience permet de se représenter sa petitesse, sa fragilité, sa misère. L’homme est un petit rien, enfermé entre
l’infiniment grand et petit. Condamné à l’ennui, la mélancolie, l’absurde, le tourment.
• La conscience permet de se représenter sa finitude. L’angoisse est la première pensée de l’homme. C’est une peur sans objet.
• La conscience est au principe de l’impuissance de l’homme à être heureux.
• Le besoin se transforme avec la conscience en désir. Le désir est illimité et infini. Il vise la possession d’un objet fantasmé
source de plaisir. Cet objet est représenté dans l’imaginaire et amène l’homme à lui courir après.
• L’homme n’arrive pas à être au présent. Il ne cesse d’introduire dans sa vie l’inquiétude de la fuite du temps. Il s’échappe
vers des temps imaginaires. Il se souvient du passé et vit de nostalgie. Il anticipe l’avenir et vit des espérances de
lendemains qui chantent. Le présent est sacrifié. Hors, l’homme ne voit pas que la source de son insatisfaction est
précisément cette fuite en avant.
• Le passé est glorifié, mais parce qu’on en retire les mauvais souvenirs. L’avenir décevra lorsqu’il cessera d’être un rêve.
• Pascal : « nous ne vivons jamais, nous espérons vivre, et nous disposant toujours a être heureux, il est inévitable que nous
ne le soyons jamais ».
• Pour Pascal, c’est comme s’il y avait logé en nous le souvenir d’un paradis perdu, d’un bonheur parfait. Cette misère de notre
condition, c’est celle d’un être privé de son créateur, Dieu.
• La conscience retrace le malheur d’un être se sentant toujours en déficit de l’idéal qu’il intentionne.

Cayla Dignité humaine, le plus flou des concepts.


Le respect de la dignité commande de ne jamais instrumentaliser la personne humaine. Exception : la prostitution. Qui est
responsable ?
· Le client, qui exploite la détresse de ces femmes ?
· La prostituée, qui choisit de se dégrader ? N’est-elle pas libre de faire ce qu’elle veut de son corps ?

· Celui qui veut s’euthanasier, méprise-t-il son humanité ?


· Le clonage est-il un crime contre l‘humanité ? L’humain est-il instrumentalisé ? Les risques pour l’embryon sont réels. Faut-il
invoquer le concept de dignité ou de précaution ? De plus, le clonage est artificiel et donc non naturel.
Idées

• La conscience est essentielle au dévoilement de l’être mais inessentielle à son existence. La conscience et le monde sont
Sartre données en même temps. Toute conscience est conscience de quelque chose. La conscience n’est pas un être, elle est un acte,
celui de se projeter, de transcender vers ce qu’elle n’est pas et de lé dévoiler.
• Dans sa manière de se projeter, c’est la conscience qui configure le monde d’objets, rapports, paysages, sens). Elle donne telle
ou telle former et le fait signifier. Dévoiler = faire surgir le monde d’une certaine manière. La conscience s’empare du monde et
le façonne. La conscience fait sortir l’homme de l’en soi.
• La conscience fait exister une chose en néantisant les autres. A la campagne, le philosophe, le géologue, l’artiste ne verront pas
le paysage de la même manière. Percevoir, c’est tirer du néant pour faire venir à l’existence. Il n’y a pas de paysage en soi, mais
que du pour soi.
• Percevoir consiste à se représenter des objets dans l’espace mais ni l’espace, ni la nature ne sont des données absolues. Ils
sont relatifs à la position du sujet percevant en eux, à sa perspective sur eux, ses intérêts, la symbolisation qu’il opère.
• La conscience discrimine les objets perçus, c’est un filtre.
• L’objectivité n’est que la somme d’une infinité de visions subjectives. « A chacun de nos actes, le monde nous révèle un
visage neuf »
• La conscience fait apparaitre le monde, mais ce dernier existe sans elle.
• La conscience dévoile et configure le monde, l’artiste cherche plus, il veut produire. L’artiste refuse le fait que la
conscience soit inessentielle à l’être, et qu’elle soit juste essentiel au dévoilement de l’être. Son œuvre d’art est un être en
soi, mais réussi à dévoiler le monde et passe dans le mode du pour soi.
Idées

Nietzsche La conscience n’est que le simple écho du corps qui la porte au monde. Plus que cela, ne serait-ce pas une simple interprétation que
l’on aurait posée comme vérité pour des raisons morales, pratiques ? Si la conscience est donatrice de sens, penser la conscience
comme supérieure au corps, n’est-ce pas une simple interprétation plutôt qu’une vérité, une croyance et non un état de fait ?
2. Avec le cogito, Descartes avait signalé la séparation de l’âme et du corps. Cependant, Descartes, affirmant par la suite que « je
ne suis seulement logé dans mon corps ainsi qu’un pilote en son navire », il finit par réunir l’âme et le corps car l’expérience de la
faim et de la douleur physique montre que le corps peut troubler la pensée. Et cette réunion n’est pas sans conséquences car elle
conduit nécessairement à s’interroger sur l’influence du corps sur la conscience et de la conscience sur le corps. Cette interrogation
est fondamentale dans l’œuvre de Nietzsche.
La conscience selon Nietzsche
Traditionnellement, la métaphysique et la philosophie ont toujours pensé la conscience comme ontologiquement supérieure au
corps. Ceci n’est qu’un postulat avancé pour des raisons pratiques et morales (elles servent à responsabiliser l’homme quant à ce
qu’il est et ce qu’il fait, à le rendre coupable et justifie ainsi le châtiment…). Avant cela, la métaphysique avait déjà posé tout ce qui
est immatériel comme ontologiquement supérieur au sensible : l’âme, l’esprit, la conscience sont donc valorisés et le corps, le
sensible déprécié.
Nietzsche opère un reversement de cette hiérarchie : il pose la conscience comme dérivative du corps : « la conscience est une
évolution dernière et tardive du système organique ». Selon Nietzsche, le corps est premier, il est pluralité de forces, de pulsions qui
luttent les unes contre les autres, les unes avec les autres. Ces forces constituent ce que Nietzsche appelle « la volonté de
puissance » : force qui cherche son propre accroissement, qui est toujours en devenir… Le Moi est donc multiple et l’individu vit une
pluralité de sensations, d’identités, de rôles. Réduire la conscience à une unité, c’est vouloir enfermer l’homme dans une identité
unique, c’est vouloir le réduire à un seul rôle et ce rôle est défini par la philosophie comme celui de l’« animal rationnel ». Or, selon
Nietzsche
« Tout acte de volonté comporte premièrement une pluralité de sentiments ».
Idées

Nietzsche (2) L’unité du « je pense » n’est donc qu’un préjugé, une illusion de la grammaire qui laisse croire que le « je » décide de la pensée alors
qu’en fait le « je » n’est que la conséquence d’une multitude de luttes continuelles entre les différentes forces qui animent le corps.
L’unité de la conscience est donc une illusion pratique car face à la pluralité du monde, il est rassurant de se penser comme une
unité plutôt que de se penser comme pris dans un devenir permanent et donc d’être toujours autre à soi-même.
Première illusion de la conscience : la conscience se pose comme cause d’elle-même, elle se croit substance et se pense comme
étant à l’origine de ses pensées. Or, la conscience n’est pas ce qui donne des ordres mais qui ne fait qu’obéir à ce que le corps
impose : « les pensées viennent à moi quand elles le veulent et non quand je le décide ». La conscience n’est que le simple écho du
corps. La conscience n’a accès qu’à la surface des choses. Penser que l’on connait les raisons qui nous font agir, c’est en fait se
méprendre car ces raisons fondamentales sont en profondeur et échappent à la surface.
La croyance en l’ego n’est donc qu’une illusion, le Moi rationnel n’est qu’un mythe, une fiction métaphysique et la souveraineté de la
conscience sur le corps, un fantasme. On peut alors comprendre le sens du « cogito brisé » chez Ricoeur : le moi n’est pas
transparent à lui-même. Le Moi n’est pas une identité qui est donnée de façon définitive au départ, une fois pour toutes ; mais une
identité qui ne cesse de se construire au fur et à mesure (ce qu’il nomme identité narrative). La conscience se manifeste ainsi par
une certaine opacité à elle-même.
Est-ce dans la solitude que l’on prend
conscience de soi ?

• Puis-je avoir la certitude de mon existence si j’étais seul ? Autrui joue-t-il un rôle dans la constitution de la conscience,
Descartes conscience de soi ? L’idée de prendre conscience de soi suppose un processus dynamique. Cette donnée n’est finalement pas
originaire, innée. Descartes affirme que la conscience que le sujet prend de lui-même est une expérience solitaire.
• Lorsqu’il se demande qu’est-ce que je peux tenir pour certain, il est seul avec lui-même. Il effectue un exercice spirituel dans
lequel il fait retour sur lui-même pour se pénétrer d’une vérité. La conscience seule avec elle-même constate l’évidence de son
existence.
· Il est tellement seul qu’il va jusqu’à nier les certitudes du monde.
· En faisant le vide autour de lui, il observe qu’il peut douter, donc penser donc être. Le sujet doute mais au moins il sait
qu’il existe, qu’il est une substance pensante.
· La prise de conscience de soi est une opération solitaire et solipsiste.
· En l’absence d’autrui, elle ne prend conscience que d’elle-même

• Si l’objet est anéantit, n’existe pas, le sujet l’est aussi, car la conscience doit se projeter vers lui. Sans autrui, pas de conscience.
Husserl Autrui est supposé être un donné, une évidence préréflexive. Comment devenir conscient, être subjectif, sur de son identité
dans autrui ? Le sujet cartésien est abstrait et construit, culturellement déterminé, contextuel. Avant de commencer à raisonner,
il faut reconnaitre l’existence d’autrui. L’être solitaire est condamné à l’hébétude d’une condition sauvage .
Est-ce dans la solitude que l’on prend
conscience de soi ?
Pour développer ses aptitudes humaines (bipédie, hygiène, parole, pensée, conduite), il est nécessaire d’être inséré dans un milieu
Benveniste social. Il apprend par mimétisme, par transmission. Advenir à la dimension de la subjectivité et à la conscience nécessite la maitrise
du langage. Le langage permet à la conscience de distinguer le moi et le monde. Il médiatise nôtre rapport à nous-mêmes et notre
rapport au monde.
· Le langage permet de se représenter le monde et de construire son identité. Le langage permet de constituer la psyché et la
morale.
· La conscience de soi ne s’éprouve que par contraste.
· La présence d’autrui donne une distance sur soi-même. Je rumine. L’autre affine ma connaissance de moi-même, par son
jugement. Et inversement, mon jugement sur autrui renforce ma connaissance de moi-même.
· Dès l’enfance, on intériorise l’image que les autres nous renvoient. La subjectivité est pénétrée d’intersubjectivité.
· Le jugement doit obéir à une norme de vérité et d’objectivité.
· L’homme à la capacité de penser en se mettant à la place de l’autre, de tout autre (Kant) et donc peut élargir sa pensée à la
dimension de l’universel.
· Le rapport dialogique est la condition de possibilité de la pensée vraie, que ce soit Je et un autre, ou un dialogue avec l’âme,
avec soi-même. La vérité émerge du dialogue, car la raison de l’autre agit comme un miroir de notre conscience.

• Dépassement
Hegel Une conscience ne prend conscience de son identité que par médiation avec autrui, dans un mouvement réflexif, mais elle ne prend
conscience d’elle-même que dans la solitude, au cours d’un effort personnel. Autrui est un catalyseur, un déclencheur, une aide,
mais le reste du travail est à faire seul, en se jugeant soi-même.
· Cette solitude délivre du désir de paraitre, de jouer des rôles convenus, d’être de mauvaise foi, de céder à l’amour propre. « on
peut tout fuir sauf sa conscience ». La solitude est nécessaire à une certains sincérité.
La conscience de soi est-elle une
connaissance de soi ?

• La conscience est un pouvoir de représentation permettant à l’homme d’avoir la connaissance des choses et de lui-même. Il sait
Introduction qu’elles existent et il a la connaissance immédiate de sa propre existence, de ses états et de ses actes. Pourtant, suffit-il de
s’apercevoir, de se donner la représentation de soi-même pour prétendre avoir une véritable connaissance de soi ?
• La notion de connaissance connote l’idée d’un savoir obéissant à une exigence de lucidité et d’objectivité. Connaitre, c’est
déjouer les puissances trompeuses, par un effort d’intelligibilité, un travail de recherche. De ce point de vue, la conscience est
plus opaque qu’on le croit.
• On découvre avec stupéfaction des parts d’ombres dans notre être, une image que l’on pense de soi différente de celles que les
autres ont. La médiation d’autrui est essentielle pour se connaitre. La conscience de soi est est une condition nécessaire à la
connaissance de soi mais non suffisante.

• La conscience est la modalité d’existence de l’être humain. Dès qu’elle s’éveille, c’est le monde qui surgit avec moi et autrui
THESE situés en lui. Impossible d’échapper à l’intuition de son existence, de ses états et de ses actes. Dès qu’il y a conscience, il y a
connaissance. Elle est une forme immédiate de connaissance. Mais n’est-ce pas sa faiblesse aussi ?N’est-t-elle pas exposée au
préjugé, à l’illusion, à la naïveté, aux pièges des fausses évidences. Cette connaissance immédiate n’est t-elle pas l’apparence des
choses ? C’est pourquoi, il est nécessaire de lier le sujet et l’objet pour tendre vers l’objectivité. Le but est de ne pas tomber dans
me piège d’ l’amour propre lors d’une introspection.

ANTITHESE • Pascal : critique de l’amour propre. La conscience immédiate est investie par des affects, des désirs, des intérêts sensibles. Ses
représentations sont construites sur d’autres exigences que le souci de la vérité. On se forge une bonne image de soi. « Notre
propre intérêt est encore un merveilleux instrument pour nous crever les yeux agréablement. Il n’est pas permis au plus équitable
homme du monde d’être juge en sa propre cause ». L’amour propre fait que le MOI s’aime lui-même, et ne considère que lui. « Il
veut être l’objet de l’amour et de l’estime des hommes, et il voit que ses défauts ne méritent que leur aversion et leur mépris ».
Cruelle vérité que le MOI essaye de détruire dans sa connaissance et dans celle des autres.
La conscience de soi est-elle une
connaissance de soi (2) ?

• Sartre : la mauvaise foi. Mensonge à soi et aux autres. Notre liberté suppose un sens de la responsabilité. Mais certaines choses
ANTITHESE nous dérangent que l’on souhaite cacher. Difficile sincérité. La société nous assigne à des rôles. Lorsqu’ils sont gratifiants, on
existe par ce rôle. En dehors, nous ne sommes plus rien, nous sommes dépossédés (garçon de café).
• Descartes : opacité de l’union de l’ame et du corps + phénoménologie (opacité du corps). J’ai conscience d’une souffrance dans
mon ame, mais je ne sais pas les causes liées au corps. Mes états d’ame sont subits dans la confusion. Je n’ai pas la connaissance
de mon corps, j’ai besoin d’un médecin.
• Spinoza : le rapport imaginaire à moi-même. Les hommes ont conscience de leurs actes mais ignorent les causes qui les
déterminent. Seule la connaissance rationnelle peut déraciner les préjugés en permettant une connaissance adéquate.
L’objectivité est une conquête de la raison et non un donné.
• Sartre : la nécessaire médiation d’autrui. Sans la distance que me donne sur moi-même le regarde de l’autre, je ne suis guère en
situation de rompre, l’intimité de moi avec moi afin de me voir comme une conscience peut me voir. Le regard d’autrui, en me
chosifiant me met en demeure d’advenir à la dimension de la conscience. Elle s’actualise que dans ce mouvement de division de
soi à soi.
• Saint Exupéry : Seule l'épreuve de la réalité nous permet de prendre la mesure de notre courage ou de notre lâcheté et la marge
de manœuvre de notre liberté. « La terre nous en apprend plus long sur nous-même que tous les livres, parce qu’elle nous
résiste. L’homme se découvre lorsqu’il se mesure avec l’obstacle ».
• Sartre : « L’homme n’est rien d’autre que son projet, il n’existe que dans la mesure où il se réalise, il n’est rien d’autre que
l’ensemble de ses actes, rien d‘autre que sa vie » (critique : il est aussi membre d’une famille, d’une nation, d’une religion …)

SYNTHESE • Vanité d’une connaissance de soi qui n’est pas conscience de la distance séparant le sujet de toutes ses expressions provisoires
et inaccomplies. La connaissance de soi est une entreprise qui excède les possibilités de la conscience de soi immédiate. Elle
requiert des médiations, elle se construit en fonction des leçons de l’expérience, de son projet d’existence et de la
transformation de son identité. L’existencialisme pousse à l’action, et refuse le cantonnement et l’enfermement. La connaissance
de soi n’est passive, n’est pas uniquement réceptrice. Le MOI n’est pas un objet hors de soi qu’il faut connaitre, mais un sujet
prenant consistance par le mouvement de nier tout ce en quoi il ne se reconnait pas. Son être, c’est la liberté.
Un sujet pour unifier l’expérience
consciente ?

Descartes • La conscience renvoi d’abord au registre de l’expérience. Parler de la conscience, c’est supposer un principe d’unité et d’unicité.
C’est au sujet de garantir cette unité. De quoi la conscience est-t-elle l’expérience ? Est-ce intérieur ou extérieur ? Est-ce objectif
ou subjectif ?
• Vertus et limites du cogito : La modernité vient de Descartes. Il pose le problème de savoir de quoi la conscience peut être
connaissance. Pour fonder la spécificité de l’expérience consciente par un sujet et l’unifie, Descartes fait de ce sujet une
substance, cad, une chose qui est caractérisée par cela qu’elle pense. Puisque l’expérience consciente est immédiate, elle ne
peut qu’être connaissance de soi, saisie immédiate du sujet de la conscience par lui-même. Conscience = pensée = perception
de soi comme esprit = sujet. Je suis d’abord conscient de moi-même avant d’être conscient du monde. Ce qui apparait à la
conscience, c’est d’abord le sujet de cette conscience.
• Descartes : La conscience, connaissance immédiate de sa nature pensante par le sujet. Descartes a une stratégie substantialiste
pour la conscience. La modernité nait de l’assimilation de la conscience à la pensée comme attribut d’un esprit substantiel.
Pensée = conscience. L’esprit est sujet substantiel car il a immédiatement conscience du fait qu’il existe comme esprit, comme
chose pensante. Il a conscience de lui car il sait qu’il pense. La conscience est perception immédiate. Elle est une expérience
formelle, générale, enveloppée dans la perception de chaque pensée. C’est parce que l’esprit a conscience de la nature formelle
de telle pensée, cad, du fait qu’elle est une pensée en général, qu’une pensée est une idée. Percevoir des idées témoigne de ma
nature pensante. Lorsque j’ai conscience immédiate d’une idée, cette conscience est expérience de ma nature d’esprit. Je suis
une chose qui pense. Quoique je pense, j’existe sous l’attribut de la pensée. Lorsque Descartes parle du morceau de cire, il
explique que pour connaitre cet objet sensible, la perception sensible ne suffit pas, car elle illusionne Il faut conceptualiser le
morceau de cire via son intellect.
• Texte de Descartes : Méditations métaphysiques.
• « N’y a-t-il pas quelques dieu ou quelques puissance, qui me met en l’esprit ces pensées ? Cela n’est pas nécessaire, car
peut-être que je suis capable de les produire moi-même. »
• « Il n’y a donc point de doute que je suis, s’il me trompe, et ce qu’il me trompe tant qu’il voudra, il ne saura jamais faire
que je ne sois rien, tant que je penserais être quelque chose »
Un sujet pour unifier l’expérience
consciente ?

• «Mais qu’est-ce donc que je suis ? Une chose qui pense. Qu’est-ce qu’une chose qui pense ? Une chose qui doute, qui
conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi et qui sent »
• « Qu’est-ce donc que l’on connaissait en ce morceau de cire avec tant de distinction ? Certes ce ne peut être rien que j’y ai
remarqué par l’entremise des sens »
• « Or quelle est cette cire, qui ne peut être conçue que par l’entendement ou l’esprit ? »
• « Si par hasard je ne regardais d’une fenêtre des hommes qui passent dans la rue, à la vue desquels je ne manque pas de
dire que je vois des hommes, tout de même que je dis que je vois de la cire. Et cependant que vois-je de cette fenêtre,
sinon des chapeaux et des manteaux qui peuvent couvrir des spectres ou des hommes feints qui ne se remuent que par
ressorts ? Mais je juge que ce sont de vrais hommes; et ainsi je comprend par la seule puissance de juger qui réside en
mon esprit, ce que je croyais voir de mes yeux ».
• « Nous ne concevons les chose que par la pensée, car il n’y a rien qui me soit plus facile à connaitre que mon esprit ».

• Malebranche critique Descartes en ce sens que l’expérience consciente dans sa singularité n’implique pas de thèse
Malebranche métaphysique sur la nature substantielle du sujet pensant. L’ambition cartésienne d’égaler l’expérience consciente à une
connaissance immédiate de la nature du sujet de la pensée, qui devait permettre d’assurer l’autonomie de la sphère
d’expérience proprement consciente, est illusoire.
• La conscience n’implique pas intrinsèquement de thèse métaphysique sur la nature de son sujet., qui en ferait un sujet de
connaissance requérant un esprit qui serait pure pensée. Ce n’est pas parce que quelque chose en nous pense que l’on peut
saisir sa nature. Un sujet qui pense n’est pas forcément une substance (influence sur Locke et Kant).
• Ce n’est pas en partant de la conscience de sa propre nature d’esprit telle qu’elle est impliquée dans la perception de chaque
idée qu’on atteindra la nature profonde de l’expérience consciente.
• L’expérience consciente est propre à une âme et non à un esprit. L’esprit est indépendant du corps, l’ame est liée au corps.
Malebranche appelle la conscience un sentiment intérieur, composé d’âme et de corps, et non les deux cloisonnés.
• La conscience ne connait pas plus l’âme que le corps : »je ne suis que ténèbres à moi-même ».
• C’est par les sentiments reçus par le corps et ressentis par l’âme que l’on prend conscience de notre existence incarnée.
Un sujet pour unifier l’expérience
consciente ?
• Texte de Malebranche : De la recherche de la vérité
• L’esprit a 4 manières de connaitre :
• Connaitre les choses par elles-mêmes. (Dieu)
• Connaitre par leurs idées (les corps)
• Connaitre par conscience/sentiment intérieur
• Connaitre par conjecture
• « Il n’est pas de même de l’âme, nous ne la connaissons point par son idée : nous ne la voyons point en Dieu. Nous ne la
connaissons que par conscience, et c’est pour cela que la connaissance que nous en avons est imparfaite. »
• « Nous ne savons de notre âme que ce que nous sentons passer en nous. »
• « Nous n’avons pas une connaissance si parfaite de la nature de l’âme que de la nature du corps ».
• « La connaissance que nous avons de notre âme par conscience est imparfaite, il est vrai, mais elle n’est point fausse »
• « La connaissance que nous avons des corps par sentiment ou conscience, n’est pas seulement imparfaite, mais elle est
fausse ».

• La critique de Malebranche a été prolongée par Locke. Il a cherché à unifier la sphère consciente pour qu’elle puisse continuer à
Locke être autonome
• Le sujet de la conscience ou Soi ne serait rien d’autre que l’identité perçue de chaque sphère mentale, qui sous-tend toute
expérience consciente et que celle-ci manifeste donc à chaque moment.
• Il est d’accord avec Descartes lorsqu’il dit que lorsque j’ai conscience d’avoir une idée, cette conscience prouve que j’existe.
Cependant, pour Locke, le Soi est conscient que lorsque sa réflexion saisit l’unité de la vie mentale. Le soi est une sphère
mentale composée d’un flux d’idées en perpétuelle évolution dont l’unité repose sur la perception que l’on en a. Locke introduit
la notion de conscience de soi.
• Il n’y a pas de substance préalable à mon identité, mais mon identité est le fruit de ma conscience comme perception
englobante de l’unité concrète de mon espace mental, où les idées défilent. C’est l’esprit qui se connait lui-même.
Un sujet pour unifier l’expérience
consciente ?

• La conscience accompagne nos sensations et nos perceptions présentes. Nous connaissons les choses par expérience, à mesure
que l’on fait, que l’on agit.
• Il y a unité du sujet que parce qu’il perçoit que chaque pensée se rapport à un même pole. On l’observe par introspection, par
retour sur soi-même où on observe que c’est un même sujet qui fait toutes ces opérations.
• Locke prolonge Malebranche dans une approche immanentiste du sujet. Il fonde donc le concept d’identité personnelle. Locke
fonde l’espace personnel dans lequel le sujet peut se déployer.
• Texte de Locke : Essai sur l’entendement humain
• Locke pose la question : en quoi consiste l’identité personnelle ?
• « Une personne est un être pensant et intelligent, capable de raison et de réflexion, et qui se peut consulter soi-même
comme le même, comme une même chose qui pense en différents temps et en différents lieux »
• « Lorsque nous voyons, que nous entendons, que nous flairons, que nous goutons, que nous sentons, que nous méditons
ou que nous voulons quelque chose, nous ne le connaissons qu’à mesure que nous le faisons ».
• « Cette conscience accompagne toujours nos sensations et nos perceptions présentes, et c’est par là que chacun est à lui-
même ce qu’il appelle soi-même »
• « c’est aussi en cela seul que consiste l’identité personnelle, ou ce qui fait qu’un Être raisonnable est toujours le même »

Leibnitz • Leibnitz critique la position de Locke, selon laquelle la conscience est une perception de Soi. Il ne va pas assez loin, il reste à
l’apparence des choses, cad, au phénomène, et ne voit pas la substance, définir par son activité et qui fonde l’identité
personnelle. Cette identité a un fondement, une substance spontanément active qui perçoit et signifie le dehors sensible.
• Le problème de l’empirisme est qu’il ne distingue pas le sujet (ce qui permet d’unifier la conscience) de l’objet (le contenu de la
conscience). Pour Leibnitz, le sujet de l’expérience consciente est une substance dont la nature est d’unifier ce qu’elle perçoit.
Cette substance est la condition de possibilité de toute perception.
• Là où pour Locke, on a la conscience comme perception interne, elle est réflexion immédiate pour Leibnitz, donc pas perception.
Un sujet pour unifier l’expérience
consciente ?

• Leibnitz postule une identité réelle substantielle, au fondement de l’unité du champ de l’expérience consciente perçue comme
subjective. Il faut séparer entre la conscience comme perception (phénomène) et la conscience comme aperception (saisie
réflexive immédiate de soi comme identité réelle. La conscience est une substance qui unifie les perceptions extérieur grâce à
une activité spirituelle et intellectuelle.

• Inspiré par Malebranche et Leibnitz, Kant effectue un renversement dans le domaine de la connaissance. Il n’y a guère besoin de
Kant postuler une substance qui fonde l’unité de l’expérience consciente. Il suffit de le caractériser par ses opérations d’unification et
d’organisation du donné perceptif extérieur. Cette faculté intellectuelle, c’est l’entendement. Plus de problème pour articuler
perception et aperception. L’aperception est une conscience de soi en tant que sujet, qui se manifeste en tant que pouvoir
d’organisation et d’unification de l’expérience perceptive.
• C’est parce que l’expérience a a priori une unité synthétique consciente en vertu de l’activité spontanée de l’entendement, que
la conscience de soi comme pole subjectif d’identité de l’expérience est possible.
• L’objectivité, est ce qui est synthétisé par l’entendement du sujet après perception. Le sujet est celui dont l’activité spontanée
organise l’expérience consciente. L’entendement perçoit une unité subjective et introduit une unité logique, ce qui l’objective.
• Le sujet doit pouvoir penser objectivement, par son entendement, tout ce que les sens peuvent lui donner à élaborer.
• C’est parce que je peux saisir le divers de ces représentation en une conscience, cad, les synthétiser, les ajouter les unes aux
autres pour leur donner une objectivité, que je les nommes toutes mes représentations.
• Texte de Kant : Critique de la raison pure
• « La représentation qui peut être donnée avant toute pensée s’appelle intuition. »
• « Les diverses représentations qui sont données dans une certaine intuition ne seraient pas toutes ensembles mes
représentations si elles n’appartenaient pas toutes à une conscience de soi »
• « La pensée selon laquelle toutes ces représentations données dans l’intuition m’appartiennent toutes équivaut par
conséquent à dire que je les réunis dans une conscience, ou du moins que je peux les réunir ».
• « C’est seulement parce que peux saisir le divers de es représentations en une conscience que je les nomme toutes mes
représentations. »
Un sujet pour unifier l’expérience
consciente ?

• « L’unité synthétique du divers des intuitions, en tant que donnée a priori est donc le fondement de l’identité de l’aperception
elle-même, qui précède a priori toute ma pensée déterminée. »
• « J’ai conscience d’une synthèse nécessaire a priori de ces représentations »

En soi et pour soi : l’expérience dialectique de la raison.


Hegel
Hegel voulais décrire le processus dans lequel nous progressons dans la connaissance de notre esprit, notre conscience. La
conscience est la faculté de se rapporte au monde qui nous entoure, le ciel, la terre … La conscience est donc un outil de
connaissance du monde.
La conscience est donc toujours en interaction avec le monde extérieur, elle progresse de fil en aiguille jusqu’à accéder au savoir
absolu.
- Supposons une conscience qui nait. Elle perçoit, sens, observe le monde extérieur, mais n’est pas capable de comprendre ce
qui l’unit au reste du monde.
- Le sujet n’est même pas conscient que ce qu’il perçoit est le fait de sa conscience. Pas de conscience d’être une conscience. La
conscience ne se dissocie pas du monde qui l’entoure. Pas de séparation avec le monde, pas de point de vue particulier et subjectif
sur le monde
- 1er mouvement de la conscience : prise en compte de l’extériorité du monde. J’ai conscience d’un monde auquel je m’en
dissocie. Moi et le monde. En disant MOI, je prends conscience de moi-même, conscience de soi.
- Pour devenir consciente d’elle-même, la conscience a commencé par être dans l’illusion de son individualité. Elle s’est
trompée puis s’est corrigée. Elle s’en est aperçue et a pris conscience d’elle-même par contradiction.
o Supposons une perception première d’une idée, d’un courant de pensée auquel je m’identifie. Sans contradiction, j’adhère à
cette pensée. Il a fallu la contradiction d’autrui pour prendre conscience des limites de ma pensée = prise de conscience de la
relativité de sa perception.
Un sujet pour unifier l’expérience
consciente ?

La conscience sort de son état d’ignorance et observe qu’elle peut faire exister le monde.
§ Double mouvement, l’un tend vers l’objet extérieur, l’autre est un retour sur soi-même.
§ Construction de soi par opposition. Chaque conscience construit son identité par opposition à l’autre.
o La conscience est désormais plus riche car non spontanée. Elle est désormais capable de se confronter à d’autres consciences =
dialectique du maitre et de l’esclave. Lutte pour la reconnaissance entre 2 consciences. Chacune prétend à la supériorité. C’est la loi
humaine du désir de reconnaissance qui passe inévitablement par l’autre. Pour être elle-même, chaque chose doit se confronter à
l’autre, qui n’est pas elle. L’autre témoigne de mon être. Chacune essaye de s’affirmer.
o La conscience esclave est celle qui a eu peur de la mort et se soumet à la conscience victorieuse.
o Cependant, les 2 consciences sont co dépendantes. L’un a besoin de l’autre. Le maitre est maitre que grâce à l’esclave et à son
travail. La conscience atteint le stade de la liberté.
- La dialectique est le mécanisme au cours duquel chaque conscience ne peut se construire que dans son rapport conflictuel
par rapport au monde et aux autres. chaque idée rencontre des ennemis sur son chemin.
- La pensée est le mouvement par lequel on intègre l’opposition à soi. La pensée se définit par d’autres pensées qui ne sont pas
elles. L’identité inclut l’altérité. Faire l’épreuve de la contradiction renforce mon idée. Je me confronte à la contradiction tout en
l’intégrant.

Conscience et temporalité : l’identité personnelle.


Locke
Il s’oppose à la l’idée cartésienne de substance de la conscience. L’identité est suspendue à la possibilité de se ressouvenir
consciemment d’évènements passés. Elle est expérience du sujet comme temporalité. La conscience est identifiée à la mémoire,
possibilité concrète de faire ressurgir un évènement ou une action passée.
Là où Descartes dit : l’âme pense toujours Locke dit que l‘esprit se souvient toujours d’avoir pensé. L’identité personnelle vient que
de la conscience, et que les zones de la vie passée inaccessibles au souvenir ne font pas partie de la personne. Le sujet est contraint
et construit par sa seule mémoire.
Un sujet pour unifier l’expérience
consciente ?

Bergson
La Conscience et choix

La conscience a une dimension pratique : plus j’ai conscience de ce que je fais, plus ce que je fais est libre, cad, que je peux dire que
c’est véritablement de moi qu’il s’agit dans cette action ; que je l’ai choisi. On appelle liberté le rapporte du moi concret à l’acte qu’il
accomplit. L’intensité de la conscience que j’ai de ce que je fais, volontairement ou involontairement, mesure mon degré de liberté.
- « Qu’arrive-t-il quand une de nos actions cesse d’être spontanée pour devenir automatique ? La conscience s’en retire.
(moi :ouvrier et division du travail)
- « l’apprentissage d’un exercice par exemple, nous commençons par être conscients de chacun de nos mouvements que nous
exécutons, parce qu’il vient de nous, parce qu’il résulte d’une décision et implique un choix ».
- « Quels sont d’autre part, les moments où notre conscience atteint le plus de vérité ? les moments de crise intérieure, où nous
hésitons entre 2 ou plusieurs partis à prendre ».
« Si conscience signifie mémoire et anticipation, c’est que conscience est synonyme de choix ».
Un sujet pour unifier l’expérience
consciente ?

Pour ce qui est du thème de la mauvaise foi, il suppose la connaissance de l’idée-force de l’anthropologie sartrienne selon laquelle
Sartre l’homme est fondamentalement libre. L’homme est “condamné à être libre” car par sa conscience, il a la capacité d’échapper à toute
forme figée de son être. Ce que dans un esprit hégélien, Sartre établit en approfondissant l’ambiguïté de la condition humaine.
L’homme est à la fois une facticité et une transcendance ayant à assumer cette double dimension avec authenticité.
Mais il est difficile d’assumer la responsabilité de la liberté, aussi est-il tenté d’échapper à ses multiples responsabilités dans des
stratégies de mauvaise foi. Par exemple, comme on le voit souvent au tribunal, il cherche à s’exonérer du mal qu’il a fait en
prétendant qu’il était débordé par une pulsion ou aveuglé par une passion
Or écrit Sartre dans “l’existentialisme est un humanisme”: « On peut juger un homme en disant qu’il est de mauvaise foi. Si nous
avons défini la situation de l’homme comme un choix libre, sans excuses et sans secours, tout homme qui se réfugie derrière
l’excuse de ses passions, tout homme qui invente un déterminisme est un homme de mauvaise foi […] Ainsi, au nom de cette
volonté de liberté, impliquée par la liberté elle-même, je puis former des jugements sur ceux qui visent à se cacher la totale gratuité
de leur existence, et sa totale liberté. Les uns qui se cacheront, par l’esprit de sérieux ou par des excuses déterministes, leur liberté
totale, je les appellerai lâches; les autres qui essaieront de montrer que leur existence était nécessaire, alors qu’elle est la
contingence même de l’apparition de l’homme sur la terre, je les appellerai des salauds. Mais lâches ou salauds ne peuvent être
jugés que sur le plan de la stricte authenticité. »

Comme Descartes, comme Hegel, Sartre considère qu’ « avec la conscience de soi alors nous sommes entrés dans la terre natale de
la vérité » (Phénoménologie de l’esprit, Aubier, t 1, p. 146) mais à la différence de Descartes, le moi ne peut jamais être pour Sartre
l’objet d’une intuition. Définie par son intentionnalité, la conscience n’a pas d’être. Elle est mouvement de s’éclater vers, distance
entre moi et moi-même. En ce sens elle est un néant. « L’être de la conscience, en tant que conscience, c’est d’exister à distance de
soi comme présence à soi et cette distance nulle que l’être porte dans son être, c’est le Néant » r qu’est-ce qui me donne cette
distance sur moi en me faisant exister simultanément comme objet regardé et comme sujet capable d’objectivation ? C’est le regard
d’autrui. Celui-ci me relie à moi-même.
Un sujet pour unifier l’expérience
consciente ?

Il m’arrache à l’engluement de la conscience irréfléchie de telle sorte que le moi (qui ne peut se donner comme un objet qu’à la
Sartre conscience réflexive) vient « hanter la conscience irréfléchie ». « Or, la conscience irréfléchie est conscience du monde. Le moi existe
donc (dans la honte) pour elle sur le plan des objets du monde ; ce rôle qui n’incombait qu’à la conscience réflexive : la
présentification du moi, appartient à présent à la conscience irréfléchie. Seulement, la conscience réflexive a directement le moi
pour objet. La conscience irréfléchie ne saisit pas la personne directement et comme son objet : la personne est présente à la
conscience en tant qu’elle est objet pour autrui » C’est en ce sens qu’il faut comprendre l’affirmation sartrienne. Je n’existe pour moi
et ne peux me connaitre comme tel ou tel que par la médiation d’autrui. L’intersubjectivité est fondatrice de la conscience de ma
propre existence et de la connaissance que je prends de moi-même même si le moi est donné inadéquatement sous le regard
d’autrui. En ayant honte, je reconnais que c’est bien moi qui suis cet objet qu’autrui regarde et juge mais ce moi qui est objet pour
autrui je ne peux que le vivre sans pouvoir en disposer librement comme du moi-sujet que je suis.

Quelle vanité incarnent à mes yeux toutes les entreprises consistant à faire du moi le centre de ses intérêts! La moindre action, le
moindre engagement dans le monde sous la forme d’un métier, d’une responsabilité familiale ou politique exige de s’oublier un peu
soi-même pour faire de ceux qui dépendent de nous le centre de notre attention et de nos obligations. L’essentiel est sans doute de
comprendre que la liberté et le bonheur sont des tâches personnelles dont on ne doit pas attendre des autres l’accomplissement

La conscience, sentiment du Bien


Rousseau On est qualifié de sujet responsable dès le moment où on est conscient de ce qu’on fait. Les actes se trouvent déterminés selon le
bien et le mal, le juste et l’injuste.
Il y a donc instauration d’une intériorité qui permet une distance et donc un jugement vis-à-vis des situations pratiques, ancrés dans
les principes du juste et de l’injuste.
La raison conditionne l’apparition de la conscience, mais la conscience, étant un sentiment, ne s’y réduit pas. Nous ne pouvons taire
ce sentiment, juste l’ignorer, mais cela est contre nature et nous dénature.
Un sujet pour unifier l’expérience
consciente ?

Rousseau La conscience nous fait juger la bonté ou la malice de nos actions et de celles des autres, elle est au principe des jugements . Il est
au fond des âmes un principe inné de vertu et de justice sur lequel nous jugeons nos actions et celles d’autrui comme bonnes ou
mauvaises. »
L’amour du bien et la haine du mal est inhérente à la nature humaine. La conscience est un sentiment partagé par tous les hommes
originaires, non tributaires de leur éducation.
« Il doit y avoir une conscience morale chez tout homme car il existe des valeurs universellement partagées par chacun en tant
qu’être défini par une nature proprement humaine.
Ce sentiment fait que la conscience est naturelle, innée et préexiste à l’éducation et au travail de la raison. La raison ne fait
qu’éclairer la conscience, elle ne la fonde pas.
Ce que la conscience morale nous fait aimer n’intérresse pas seulement notre individu mais toute l’humanité. Puisque chaque
humain aime le bien, l’homme ne peut être dit uniquement mu par son intérêt propre, puisqu’en chacun, la voix de la conscience
exprime l’intérêt de tous à titre originaire et naturel. Il y a une inclinaison universelle au bien.
Les intérêts qui ne seraient qu’égoistes se trouvent mis en perspective, à l’échelle de l’humanité, comme partiels et immoraux.
Texte de Rousseau : Emile ou de l’éducation
Il est au fond des âmes un principe inné de vertu et de justice sur lequel nous jugeons nos actions et celles d’autrui comme bonnes ou
mauvaises, et c’est à ce principe que je donne le nom de conscience ».
« S’écrient-ils tous de concert : Il n’y a rien dans l’esprit humain que ce qui s’y introduit par l’expérience, et nous jugeons d’aucune
chose que les idées acquises ».(critique des empiristes)
« O Montaigne, toi qui te pique de franchise et de vérité, sois sincère et vrai, si un philosophe peut l’être et dis moi s’il est quelque
pays sur la terre où ce soit un crime de garder sa foi, d’être clément, bienfaisant, généreux; où l’homme de bien soit méprisable et le
perfide honoré ».
« Ce serait une abominable philosophie où l’on serait embarrassé des actions vertueuses ».
« SI jamais de pareilles doctrines pouvaient germer parmi nous, la voix de la nature, ainsi que celle de la raison, s’élèveraient
incessamment contre elles, et ne laisseraient jamais à un seul de leurs partisans l’excuse de l’être de bonne foi ».
Un sujet pour unifier l’expérience
consciente ?

« Nous sentons avant de connaitre, et comme nous n’apprenons point à vouloir notre bien et fuir le mal, mais que nous tenons cette
volonté de la nature, de même l’amour du bon et la haine du mauvais nous sont aussi naturels que l’amour de nous-mêmes »
« Les actes de la conscience de sont pas des jugements, mais des sentiments »
« Quoique toute nos idées nous viennent du dehors, les sentiments qui les apprécient sont au-dedans de nous » … et c’est par eux
que nous distinguons ce qu’il faut respecter ou fuir.
« Exister pour nous, c’est sentir »
« Notre sensibilité est incontestablement antérieure à notre intelligence et nous avons eu des sentiments avant des idées »
« Ces sentiments sont l’amour de soi, la crainte de la douleur, l’horreur de la mort, le désir du bien-être ».
« Connaitre le bien ce n’est pas l’aimer : l’homme n’en a pas la connaissance innée, mais sitôt que sa raison le lui fait connaitre, sa
conscience le porte à l’aimer: c‘est ce sentiment qui est inné ».

La conscience morale, désespoir de l’homme devant le choix. Père de l’existentialisme


Kierkegaard C’est à l’individu de construire un sens e de déterminer une orientation pour sa vie car ils n’existent pas a priori. L’homme vit dans
un monde où les valeurs objectives n’existent pas pour l’orienter et garantir la moralité de son action.
Philosophie inquiète, où la responsabilité est telle que l’intégralité du sujet se trouve engagée dans chaque action. Le sujet se fait
lui-même, sans repères préalables. Il n’a pas de nature et n’agit pas selon elle. Devant l’action comme devant les évènements qui
m’entourent, je suis désespéré par la liberté que j’ai en partage et dont je ne sas que faire , puisque je ne suis pas doté d’une nature
qui m’oriente et me guide. La conscience morale est expérience du sujet comme finitude, au sens d’incomplétude, cad, d’incapacité
à se déterminer soi-même dans l’action, appel désespéré au divin comme seule issue devant l’absence de mobile proprement
moraux d’action dans le monde.
On est responsable de son désespoir car on est responsable de soi. Il montre qu’il n’y a plus de valeurs mondaines pour orienter le
sujet, cad, la foi en Dieu, seule solution pour que nos actes soient orientés vers le Bien. La nature humaine n’enveloppe pas un
sentiment de bien, elle est peccamineuse, structurellement capable de pécher. L’homme est discordant : il ne sait même plus ce
qu’est pécher ou bien agir. Il lui faut obligatoirement un guide moral. Plus il cherche en lui-même comment agir, plus il est
désespéré, cad, écartelé entre l’ampleur de sa liberté et l’absence de principe de celle-ci en lui-même.
Un sujet pour unifier l’expérience
consciente ?

La conscience morale est l’opérateur par lequel l’homme fait l’expérience du désespoir inhérent à son moi fini. Elle est la mesure de
son moi.

« Plus l’homme est conscient de lui-même, pus il se vit intérieurement comme sujet désespéré devant l’ampleur de sa volonté libre
et de son absence de principes certains » (critique : dans un 1er temps, cette liberté est vu comme une émancipation, un progrès,
puis ensuite, elle se retourne et devient un enfer. Dialectique temporelle)
« Chez un homme sans vouloir, le moi n’existe pas ; mais plus il en a, plus il a également conscience de lui-même ».

Plus il est conscient, plus il est désespéré, et plus il essaye de fuir ce désespoir, et donc fuir son moi ou bien y chercher un
apaisement. La conscience morale, expérience de l’intériorité désorientée propre à la nature humaine est également l’opérateur de
la conversion, cad, du passage du moi à la perspective de la foi. La prise de conscience de la finitude de son moi implique le passage
à la perspective de Dieu sur le moi. Pour l’homme, devenir un sujet moral par la conscience de soi, c’est cesser de vivre sa finitude
comme désespoir, et se placer par la foi du point de vue du créateur du moi, porteur des valeurs providentielles qui peuvent guider
l’action.
Ce passage st important, car l’homme va vire son désespoir comme péché, et légitime sa conversion à Dieu. Le désespoir nous fait
demeurer dans la finitude de notre moi. Avec Dieu, le Moi devient infini. Le moi augmente avec l’idée de Dieu et inversement. La
conscience devient théologique et permet de sortir des apories du désespoir.

Nietzsche La mauvaise conscience, intériorisation des règles sociales.


Il critique la conscience morale comme mauvaise conscience. Il n’y pas d’action mauvaise en soi. Le partage du bien et du mal vient
de la contrainte qu’exerce la société sur chacun de ses membres pour qu’il n’effectue pas certaines actions incompatibles avec
l’ordre social, cad, la paix. Il faut préserver la cohésion du groupe et donc construire une grille de valeur qui le permette. La
mauvaise conscience est l’inscription de ces règles en nous. Cette conscience ne va pas de soi, il faut explorer ses causes = méthode
de généalogie historique
Un sujet pour unifier l’expérience
consciente ?

Qu’est-ce qui a pu expliquer la construction de ce que nous tenons aujourd’hui pour inné et naturel et a priori, légitime et
incontestable.
Commettre un faute, c’est commettre un tors à l’encontre de l’ordre social, qu’elle déséquilibre et dont elle compromet la
continuité. Contre Rousseau, la conscience n’est pas innée, elle est acquise, par intériorisation des contraintes sociales. La
conscience morale est l’expérience par laquelle l’homme devient sujet, responsable de ses actes et comptable auprès du groupe
auquel il est assujetti. C’est un besoin de communiquer qui conditionne son intersubjectivité, car il a besoin de se préserver La
conscience n’est qu’un réseau de communication entre hommes.
Le bien et le mal ne sont donc pas des valeurs transcendantes présentes dès l’origine dans le sujet humain, mais les indices de a
détermination sociale de sa subjectivité. La conscience est le stigmate de l’arrachement à ses propres besoins égoïstes et est donc
nécessaire à la vie en société, afin de se protéger du besoin et de la mort.
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Une problématique est un ensemble de problèmes s’articulant de manière précise et ayant pour fonction de préciser le sens d’une question. Se demander si l’on peut
substantialiser la conscience (il s’agit ici d’une question. A distinguer des notions de problèmes et de problématique) revient à se demander s’il faut la concevoir
comme un être, une réalité qui existerait en soi, comme l’envisage Descartes avec la distinction d’une substance pensante et d’une substance étendue, ou comme un
acte, une intentionnalité, comme l’analysent les phénoménologues. Les notions de sujet et de substance se rencontrent dans la mesure où étymologiquement les
deux connotent l’idée de “se tenir dessous”. En logique le sujet (opposable à prédicat) est le terme dont on nie ou l’on affirme quelque chose. En métaphysique on
l’oppose aux attributs. Il est donc synonyme de substance. Le sujet est ce dont on prédique quelque chose ou ce qui sert de substrat aux attributs. Dans la
métaphysique hégélienne la substance est définie comme sujet. Dans la pensée moderne, le sujet est surtout ce que l’on oppose à l’objet. Or comme un être ne peut
se poser comme sujet par rapport à des objets que par une opération de la conscience, les philosophies du sujet sont des philosophies de la conscience, quelle que
soit la manière dont on entend ce sujet: sujet épistémique, sujet transcendantal, moi transcendantal. La notion engage la distinction de la subjectivité et de
l’objectivité, de l’intériorité et de l’extériorité, etc.. Dire moi, je, revient à s’attribuer une permanence, une unité et une identité en-deçà des changements qui ne
cessent de nous affecter en tant que notre existence se déploie dans le temps. La question est de savoir si cet être auquel je rapporte tous ces changements est une
réalité ou une fiction.

Les problèmes liés au thème du sujet moral impliquent ceux qui concernent l’idée même d’un sujet même si celui-ci est ici envisagé dans sa dimension morale. La
question est de savoir si l’on a affaire:
a. – à une réalité ou une fiction, [Link]
b. – s’il est une instance originaire, sui generis ou s’il est une production secondaire (un simple effet de surface comme l’analysent Nietzsche ou Freud),
[Link]
c. – s’il est opaque ou transparent à lui-même, [Link]
d. – s’il appartient à l’ordre phénoménal ou nouménal [Link]://[Link]/libertedeterminisme-laquestion-epineuse/ Bien à vous.
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Il y a des degrés du fait de conscience. Mais sous sa forme immédiate (conscience immédiate) comme sous sa forme réfléchie (conscience réfléchie), la conscience
enveloppe le savoir d’elle-même. Elle a l’intuition d’elle-même, sous une forme vague, confuse, dans la conscience immédiate, sous forme précise, claire dans la
conscience réfléchie
a. EX; je perçois qu’il pleut=ma conscience de la pluie ou l’intuition que j’ai de cette conscience sont une seule et même chose. Si la conscience n’avait pas la
connaissance immédiate d’elle-même, dans tous les états de conscience (du plus spontané au plus réfléchi), il y aurait inconscience, il n’y aurait pas conscience

On appelle, en psychologie, stade du miroir, le moment où l’enfant se reconnaît dans l’image que lui renvoie le miroir, autrement dit prend conscience de son identité
et de sa différence d’avec les autres. Il témoigne qu’il a conscience de soi comme distinct du monde des choses et des autres

Il ne suffit pas d’être fait de quarks et d’électrons pour disposer d’une conscience. L’extension arbitraire de cette faculté aux minéraux et aux plantes vide le mot et ce à
quoi il renvoie de sa substance
a. La conscience, comme capacité de se représenter, est aussi une possibilité animale. Ce qui est en débat c’est la réalité ou non d’une conscience de soi. Il semble
que les animaux supérieurs et les grands singes en soient capables
b. Quant à l’intelligence artificielle, on distingue l’IA faible et l’IA forte. Je ne crois pas à la possibilité de cette dernière. Qu’une machine puisse exécuter les
opérations mécaniques, fussent-elles extrêmement complexes, de l’intelligence humaine ne fait pas difficulté mais qu’elle soit dotée de la conscience de soi et de la
capacité d’éprouver des émotions, me semble relever du fantasme
i. L’IA forte peut non seulement reproduire des aptitudes à la réflexion et à l’interaction intelligente (analyser, raisonner, effectuer
des actions rationnelles), mais également avoir une conscience, des émotions et comprendre ses propres raisonnements. Certains algorithmes permettent déjà
d’appréhender ces notions.
ii. Le programme démontre l’impression d’une réelle conscience de soi, de vrais sentiments. La machine serait donc apte à avoir
un certain recul sur ce qu’elle fait.
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Ce n’est pas parce que l’animal n’a pas le statut de personne que notre propre humanité n’exige pas de nous certains égards à son endroit
a. il serait souhaitable de se prémunir contre la tendance consistant à projeter sur l’animal les sentiments humains .

Il n’y a pas plus de sens à faire de Socrate un penseur du déterminisme qu’il n’y en a à en faire un tenant du libre arbitre. Le concept de volonté est absent de la
pensée antique. Avec Aristote seulement on commence à penser l’idée de l’acte volontaire mais il n’est encore question ni de volonté ni de libre arbitre
a. C’est surtout le christianisme qui rend possible la découverte de la subjectivité conduisant à définir l’homme comme un individu singulier et non plus
génériquement comme une âme ou un esprit. Il ne faut donc pas interpréter la position intellectualiste de Socrate avec des catégories appartenant à un autre champ
culturel.

Avec le cogito, Descartes établit que je peux douter de tous les contenus de ma pensée, mais je ne peux pas douter que je doute ou que je pense, (le doute est en effet
une opération de la pensée). Peu importe que mes pensées soient produites en moi par autre chose que l’activité de ma pensée, cela ne m’empêche pas de savoir que
je les pense, et au moment où je les pense je suis certain d’être cet être qui les pense. La distinction que Descartes va faire entre les pensées d’imagination et les
pensées d’entendement, ou entre les actions de l’âme et les passions de l’âme n’entre pas en considération ici.

Toute notre tradition philosophique et même religieuse répond: l’important n’est pas de disposer d’une âme, c’est de se disposer à en faire un bon usage. Et cela
met en jeu la responsabilité humaine, une responsabilité pondérée par un “je ne sais quoi” que certains déclinent comme grâce (St Augustin, Pascal) ou comme
nature, sans que dans l’un et l’autre cas la liberté humaine ne soit exonérée de sa responsabilité

La volonté est un pouvoir de se déterminer en dehors de toute détermination mais elle se détermine d’autant plus librement qu’elle comprend clairement (qu’elle
juge adéquatement).
a. Les pensées d’entendement ne sont pas des pensées d’imagination qui, elles, sont conditionnées par l’enfance et les influences diverses. Les premières
impliquent l’exercice méthodique de la faculté de distinguer le vrai du faux, le bien du mal, c’est-à-dire de la raison. (Cf. la distinction entre les actions de l’âme et les
passions de l’âme)
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Kant reproche à Descartes de se rendre coupable d’une faute logique. J’ai conscience de moi-même comme sujet auquel je rapporte toutes mes représentations, mais
ce “je pense” qui accompagne toutes mes représentations ne peut être détaché d’elles comme c’est le cas dans l’analyse cartésienne où il est substantialisé. Il
s’aperçoit dans son activité mais cette aperception est transcendantale, elle n’est pas empirique
a. Il est ce qui ne renvoie pas à un fait d’expérience mais ce qui rend possible l’expérience et la connaissance qu’on en élabore. L’activité de l’esprit (le je pense)
implique l’aperception de soi-même comme sujet transcendantal. Elle ne me donne pas la connaissance de moi-même comme un objet. La faute logique consiste à
transformer la conscience du sujet en connaissance de soi-même comme objet. « Le je pense doit pouvoir accompagner toutes mes représentations; car autrement
serait représenté en moi quelque chose qui ne pourrait pas du tout être pensé, ce qui revient à dire ou que la représentation serait impossible, ou que, du moins, elle
ne serait rien pour moi » Kant signifie donc que l’unité ou l’identité du sujet n’est pas une donnée empirique. La conscience de soi ne peut pas se saisir séparément et
devenir à elle-même son propre objet. Voilà pourquoi Kant dit que la personne ou le sujet sont saisis dans une aperception originaire ou transcendantale. L’unité de la
conscience ou du je pense est la condition de possibilité de l’expérience du sujet mais elle n’est pas donnée dans l’expérience. Elle est consubstantielle à l’activité de ce
même sujet ayant l’aperception de lui-même au sein même de son activité
b. La critique kantienne de la substantialisation du sujet se fonde dans le procès que Kant instruit de la métaphysique classique dont Descartes est un illustre
représentant (avec son dogmatisme et ses illusions transcendantales)
c. Kant reconnaît à Descartes le mérite d’avoir fait du sujet le principe de la connaissance, sa condition de possibilité mais son tort est de confondre la pensée et
l’être. C’est une erreur logique de croire qu’on peut inférer de la seule pensée l’existence du sujet
d. C’est faire un usage illégitime de la raison de croire qu’on peut dépasser les limites de l’expérience possible pour accéder aux choses telles qu’elles sont en soi.
e. l’identité, l’unité du Je ne sont pas des données empiriques
f. Toutes les philosophies existentielles permettent d’étayer une critique du cogito car l’existant a une chair dont fait l’économie le principe de la substance
pensante. Il ne faut pas identifier l’analyse cartésienne au solipsisme. Sa fonction sert seulement à répondre à la question: puis-je étendre la certitude de ma propre
existence à celle des autres? Il est question ici d’une certitude absolue, non d’une certitude pragmatique, immédiate que ne remet pas en question sérieusement
Descartes.

Par exemple, comme toute institution une entreprise, une administration, un commerce, un atelier, etc., formulent des règles. Celles-ci régissent les horaires, les
rythmes de travail, les conditions de productivité, les principes de convenance et de sociabilité, etc., que doit respecter tout travailleur. Le principe de réalité, ce sont
aussi les contraintes économiques
Citations

1. L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant, Pensées
Pascal 2. La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connait misérable. Un arbre ne se connait pas misérable. C’est donc être
misérable que de se connaitre misérable. Mais c’est être grand que de connaitre qu’on est misérable. Penser fait la grandeur de
l’homme.

Sartre L’homme est l’être qui est ce qu’il n’est pas et n’est pas ce qu’il est

Hegel La liberté est la négation constante de tout ce qui conteste la liberté

– “Toute conscience est conscience de quelque chose“


Husserl – “La conscience, c’est le moi phénoménologique en tant que faisceau ou entrelacement des vécus psychiques”
– “La conscience, c’est la perception interne des vécus psychologiques propres”
– “Le mot intentionnalité ne signifie rien d’autre que cette particularité foncière et générale qu’à la conscience d’être conscience de
quelque chose, de porter, en sa qualité de cogito, son cogitatum en elle-même”
Connaissance
pensée
La mémoire
La
La subjectivité
temporalité

Psychisme Intuition

Conscience

L’intentionna
Existence
lité

Unité et Emotion
synthèse de
l’expérience Sensation

Le
Phénomène
Descartes (1596 – 1650)
• Démarche pratique : La bourgeoisie exige la raison, mais elle n'est alors pas du tout en mesure de s'affirmer seule, elle est prisonnière du fait que l'union de la
nation est en train de se réaliser par la monarchie absolue. Elle n’a pas encore établi sa domination réelle. René Descartes est le fruit du rationalisme semi-
bourgeois qui se développe sous la monarchie absolue. Il n'est pas que le théoricien d'un rationalisme bourgeois en général. Il est, plus particulièrement, le fruit de
la situation française.
• La situation française était que, ne pouvant mettre en avant une morale immédiate, sensible, comme le fit le protestantisme, la bourgeoisie française se
réfugia dans l'affirmation de la logique de cette morale.
• La bourgeoisie française ne pouvait pas prendre les commandes, elle obéissait à la monarchie absolue. Alors, elle a affirmé en théorie ce qu'elle ne pouvait
mettre en pratique.
• Au lieu de l'éthique individuelle bourgeoise, on a un repli complet sur sa propre conscience qui devient une totale abstraction, un solipsisme, la négation
absolue de la réalité.
• Démarche théorique :
• Rejet de la scolastique et du scepticisme de Montaigne.
• fonder la connaissance sur des certitudes rationnelles, c’est-à-dire rejeter tout ce qui est incertain pour ne conserver que ce qui est parfaitement certain
• doute méthodique et hyperbolique, mais provisoire, en attendant de découvrir une première certitude absolue.
• méditation = introspection
• Argumentaire :
• Je doute de mes sens = sens trompeurs
• Je doute de mon corps = je suis en train de rêver
• Je doute de mes pensées = le malin génie trompe ma raison
• Comme je pense douter, je pense, donc je suis. Certitude de soi. L’existence est prouvée. L’homme est une substance pensante. Être = penser
• Dualisme esprit/corps et substance pensante/étendue.
• Acquis historiques
• Révolution rationaliste. toute idée parfaitement claire et distincte peut être tenue pour vraie.
• Fonde la science sur la pensée et l’étendue. Conscience = pensée et pensée = existence.
• L'unité du sujet repose sur ce qui la rend possible : la conscience de soi
• La conscience est transparente à elle-même. En considérant que le monde extérieur au sujet est une étendue mesurable dont les mouvements obéissent à
la mécanique Descartes supprime le paganisme et nous propose de s'approprier le monde par la science et la technique.
• La conscience fonde une éthique de la liberté et de la responsabilité
• Il fonde la modernité en tant que la raison est son principe premier. Il détruit donc les bases aristotéliciennes de la scolastique.
Descartes (1596 – 1650) - 2

• Limites :
• Descartes prend le « cogito ergo sum » comme un point de départ alors que c’est un résultat. Car pour cela il utilise une langue qui existe déjà. De plus pour
dire je il faut que l’individu advienne, c’est le détachement de la communauté substantielle(le monde grecque). En cela Descartes exprime l’individualisme
d’une bourgeoisie montante. Le Discours de la méthode de Descartes reflète la révolution épistémologique bourgeoise qui suit la révolution économique
qui la détermine.
• Quand Descartes pose le cogito il pose de quoi penser la subjectivité (qui a déjà été produite), Tristan et Iseult, les modifications au sein de la famille,
Michel Ange avec David affirme l'homme et la République florentine et donc les avancées économiques et techniques qui produisent ces conditions. Mais
Descartes nie que le langage qui lui permet de penser le cogito est une production historique et nécessairement sociale, Ainsi il s'enferme dans un
solipsisme, qu'heureusement il dépasse au contraire de Berkeley.
• Ce qui permet a Descartes de penser "Je" en premier, a titre illustratif de ce mouvement d'apparition de l'individualité/subjectivité en tant que
représentation. Le développement des forces productives permet a une certaine classe sociale la réflexion sur elle-même. Des romans épiques, surnaturels,
vers le roman psychologique (15-16-17em siècle), modification des représentations suite aux modifications des forces productives.
• Le principe de substance pensante pose la conscience comme absolu, n’ayant besoin de rien d‘autre qu’elle-même.
• Le sujet pensant n’est pas une évidence. La pensée n’est pas le point de départ, mais le point d’arrivée
• La conscience/pensée n’est pas une instance autonome mais fait partit d’un corps sujet.
• La conscience est intentionnalité, acte, projection vers autrui.
• Oubli de l’autre

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