:Module
Introduction aux sciences juridiques
Pr: EL MEHRAZI Mohamed
Suph’Droit 2020
• les sources modernes
Chapitre I. Les sources internationales
• Le droit international public, est le droit des relations interétatiques. Il englobe l’ensemble des
règles et des principes qui régissent les relations entre les États souverains et qui les engagent de
manière réciproque.
• Les sources formelles du droit international, (selon l’art. 38 du Statut de la Cour internationale de
justice) sont:
les traités et les conventions internationales,
, la coutume internationale
les principes généraux de droit, et l’équité.
Les décisions judiciaires et la doctrine,
• En cas de conflit entre la législation internationale et la législation interne, faut-il donner
la suprématie au droit international ou au droit interne ?
• L'article 27 de la convention de Vienne de 1969, sur le droit des traités, dispose : « Une
partie ne peut invoquer les dispositions de son droit interne comme justifiant la non
exécution d'un traité »
Chapitre II. Les sources nationales
• Source fondamentale de la règle de droit, la loi dans son sens large,
désigne toutes les règles émanant de l’autorité publique, et qui présentent
un caractère général, impersonnel et obligatoire.
I. Quelles sont alors les composantes de la
notion générale de la loi ?
• les constitutions marocaines distinguent nettement, depuis 1962, la loi « stricto
sensu » du règlement. La loi dans son sens étroit est l’œuvre du pouvoir
législatif, avec ses deux chambres - la chambre des représentants et celle des
conseillers. Alors que le règlement relève du pouvoir exécutif et des autorités
administratives.
II. la distinction de la loi et du règlement
• *Elargissement du domaine de la loi
• L’article 71 de la nouvelle constitution a élargi le domaine réservé à la loi pour
atteindre le nombre de 31 matières réservées à la compétence du Parlement.
D’autres dispositions de la constitution de 2011 font état des matières
attribuées au Parlement. Il s’agit d’une trentaine d’articles portant sur des
matières variées tel : la loi de finances (art. 75), la constitution des
organisations syndicales et leur financement (art. 28) ; la liberté de concurrence
; l’accès aux médias publics, etc
II- les conditions d’application de la loi
A- l'entrée en vigueur de la loi
B- Domaine d'application des lois dans le temps
A. l’entrée en vigueur
• Quand la loi entre-t-elle en vigueur ? L’entrée en vigueur de la loi suppose que soient
remplies deux formalités :
la promulgation, et
la publication de la loi.
B. Domaine d'application des lois dans le temps
• -L’entrée en vigueur d'une législation nouvelle, soulève le problème du conflit dans le temps, entre cette
loi nouvelle et la loi ancienne.
• -Afin de résoudre ce genre de conflit de lois, il faut déterminer le domaine d'application dans le temps des
lois successives.
• -Pour ce faire, il convient dans chaque cas, de savoir quelle est l'étendue exacte de l'application de la loi
nouvelle, et de rechercher si la loi antérieure ne conserve pas un certain empire, qu’il est nécessaire de
déterminer précisément, le cas échéant .
• À cet égard, la doctrine a donné naissance à trois principes, reconnus par le droit marocain, à savoir :
• le principe de la non rétroactivité de la loi,
• le principe de l’effet immédiat de loi nouvelle,
• et le principe de la survie de la loi ancienne dans le cadre contractuel
1. le principe de la non rétroactivité de la loi,
• Le principe de non rétroactivité des lois est énoncé par l'article 6 de l’actuelle
constitution : « …La loi ne peut avoir d'effet rétroactif »
• Il assure la sécurité et la stabilité des droits subjectifs, en les mettant à l'abri des
modifications que peut entraîner une loi nouvelle.
Exceptions du principe de la non rétroactivité
• En dépit de sa consécration constitutionnelle, le principe de non rétroactivité des lois
subit quelques exceptions;
• Il n'est pas applicable dans le cas où les considérations de justice de sécurité d'ordre
social sont susceptibles d'être compromises.
• La rétroactivité de la loi est permise dans les cas suivants :
• lorsqu’il s’agit de lois pénales plus douces.
• lorsque la loi nouvelle le permet expressément.
• lorsque la loi nouvelle est une loi interprétative de la loi ancienne.
• (Une autre exception permet « de faire rétroagir les rectificatifs qui corrigent une erreur
matérielle ou une omission évidente affectant un texte publié au B.O. ».
• Il en va de même des lois qui sont adoptées pou abroger « rétroactivement ou annuler
des textes antérieurs pris par une autorité illégitime »).
2. l’application immédiate de la loi nouvelle
- Le principe de l'effet immédiat des lois nouvelles, mis en valeur par le doyen P. Roubier, implique
qu'une loi nouvelle s'applique sans restriction dès le moment où elle entre en vigueur.
- Cela n'exclut aucunement, que cette entrée en vigueur soit elle-même retardée, par la volonté du
législateur lui-même.
- (Si, par exemple les conditions du mariage sont modifiées, ces conditions doivent être remplies, sans
distinction, par tous les couples qui désirent se marier après l'entrée en vigueur de la loi).
• Pour justifier l'application de ce principe, la doctrine avance deux arguments :
la loi nouvelle est présumée meilleure que la loi ancienne ;
il faut assurer l'unité de législation, en évitant de faire coexister la loi ancienne et la loi
nouvelle.
• Ce principe n'est cependant pas absolu, la complexité de certains faits et actes juridiques,
nécessite le maintient ou « la survie de la loi ancienne ».
2. la survie de la loi ancienne
• -Le maintien ou la survie de la loi ancienne vaut pour toutes les situations contractuelles en cours au
moment de l'entrée en vigueur de la loi nouvelle, dès lors qu'elles ont été constituées avant celle-ci.
• -Ce principe s'explique par le fait qu'il s'applique à des situations dont la loi laisse ordinairement la
maîtrise aux volontés individuelles, il est normal que ce que ces volontés ont légitimement établi ne puisse
pas être ensuite remis en cause .
C. l’abrogation de la loi
• -L’abrogation de la loi consiste donc à lui retirer sa force obligatoire, soit en la
supprimant purement et simplement, soit en la remplaçant par une loi nouvelle.
• Elle peut-être expresse ou tacite.
1. l’abrogation expresse
• -L’abrogation est expresse lorsque la loi nouvelle, décide, en termes formels, de mettre fin à
l’application matérielle de la loi ancienne.
• -L’étendue de cette abrogation est généralement déterminée par le texte même qui l’édicte
formellement. Celle-ci peut-être totale ou partielle.
• -Selon l’article 474 du DOC : « Les lois ne sont abrogées que par des lois postérieures, lorsque
celles-ci l’expriment formellement, ou lorsque la nouvelle loi est incompatible avec la loi
antérieure, ou qu’elle règle toute la matière régie par cette dernière ».
2. l’abrogation tacite ou implicite
• L’abrogation est tacite lorsque la loi nouvelle, ne fait aucune référence à l’abrogation du
texte antérieur, mais se révèle incompatible dans son esprit est dans sa lettre avec la loi
ancienne. L’application simultanée des deux lois (ancienne et nouvelle) se révélant
impossible, c’est la loi exprimant la plus récente volonté du législateur qui est appliquée.