SEMIOLOGIE
RADIOLOGIQUE DES
AFFECTIONS OSSEUSES ET
ARTICULAIRES
Mr ZIALY TABUGUIA FRANCK ARNAUD: INGENIEUR EN
IMAGERIE MEDICALE
D.u en échographie obstétricale et gynécologique
PLAN
INTRODUCTION
RAPPELS ANATOMIQUE ET HISTOLOGIQUE
TECHNIQUES EN RADIOLOGIE OSSEUSE
SEMIOLOGIE OSSEUSE
SEMIOLOGIE ARTICULAIRE
SEMIOLOGIE RACHIDIENNE
CONCLUSION
2
OBJECTIFS
• Citer 4 moyens d’imagerie appropriés à
l’étude ostéoarticulaire et 2 indications pour
chacune
• Reconnaitre 3 types d’ostéolyse
• Reconnaitre 3 types de réactions périostées
• Décrire les principales étapes de l’analyse
d’une tumeur osseuse
• Décrire 2 syndromes articulaires
• Reconnaitre 4 lésions élémentaires de 3
l’espace intervertébral
INTRODUCTION
L’os est un tissu vivant, siège de pathologies
diverses dont le diagnostic nécessite une
démarche rigoureuse.
Intérêt: affections osseuses fréquentes,
analyse fine, orientation diagnostique et
thérapeutique attendue par clinicien.
4
RAPPELS ANATOMIQUES ET
HISTOLOGIQUES
Rôle du squelette: soutien, mouvement,
protection, hématopoièse
L’os = tissu conjonctif : os compact 80% et os
spongieux 20%.
4 types d’os : long, court,plat et irréguliers (massif
facial), accessoires/ wormiens, sésamoides et os
hétérotopiques
2 composantes: ostéocytes et substance
intercellulaire calcifiée (collagène, matrice riche en
mucopolysaccharides).
Remaniement perpétuel: ostéoblastes et
ostéoclastes 5
6
TECHNIQUES EN IMAGERIE
OSSEUSE
Radiographie standard++
Imagerie scanographique
IRM
Echographie: étude des tissus mous
Scintigraphie
Pour les articulations:
- Arthrographie
- Arthro scan; Arthro IRM
7
RADIOGRAPHIE STANDARD
1ère intention
Critères de réussite:
Au moins 2 incidences orthogonales
Bonne vue des structures de l’os et parties
molles
Cliché en contrainte (debout) mieux pour
recherche de pincement.
Clichés comparatifs (enfants++)
8
RADIOGRAPHIE STANDARD
Radioanatomie normale:
Périoste et cartilage articulaire :
radiotransparents
Os spongieux radiotransparent avec des travées
réparties selon les lignes de force.
Corticale : radio opaque
Epiphyse: ossification, nombre, régularité,
alignement, épaisseur
Diaphyse: épaisseur, contours externe et interne
cortex, travées médullaires
Métaphyse: angle d’évasement
Cartilage de conjugaison: bande claire, bande
calcifiée
9
Epiphyse
Metaphys
e
CORTICALE
Diaphyse
Travees
SPONGIEUX
10
RADIOGRAPHIE STANDARD
A rechercher:
OS: ostéocondensation, déminéralisation, apposition
périostée, syndrome tumoral ou dysplasique).
ARTICULATIONS (érosion, pincement,
chondrocalcinose, désaxation, épanchement).
PARTIES MOLLES (recherche de calcifications extra-
articulaires).
11
IMAGERIE TDM
Distinction nette os spongieux et cortical.
Périoste et cartilage non étudiables.
Différencie les structures liquidiennes 10-20UH,
musculaires (50UH), tendineuses (70UH),
graisseuses (négatives).
Densitométrie:
Avec injection: mise en évidence des processus
hypervascularisés.
12
13
IRM
Performance +++, pT1, pT2, Gd
Corticale : pas de signal
Spongieux et médullaire sont riches en
graisse: signaux élevés.
Contraste ++: structures osseuses, muscles,
ligaments, disques, ménisques.
Variations de signal :processus
inflammatoires, infectieux, tumoraux,
traumatiques.
14
spongieux
Corticale
15
SCINTIGRAPHIE
Réalisée au technétium 99
Étude complète du squelette en 1 examen.
Sensibilité très grande pour
foyer inflammatoire
tumoral (hyperfixation)
traumatique
nécrose avant l’apparition des signes
radiologiques (hypofixation).
+: Recherche de pathologie avant apparition
des signes radiologiques.
16
HYPERFIXATION
17
EXPLORATION ARTICULAIRE
Arthrographie : analyse la cavité
articulaire ie cartilages, ménisques,
dégâts ligamentaires, corps étrangers,
recherche de distension capsulaire
Arthro scan: Modifications
épiphysaires, cavité articulaire et
parties molles.
Arthro IRM: région sous chondrale,
périchondrale, cartilage articulaire,
parties molles para articulaires
18
Anomalies de forme
Anomalies de densité
Anomalies de structure
SÉMIOLOGIE OSSEUSE
ELEMENTAIRE
19
ANOMALIES DE FORME
Les fractures et les déformations
Fractures: Solution de continuité osseuse
5 Rôles de l’imagerie: fracture ouverte?
Lésions associées? Articulation? Lésions
subtiles? Surveillance de consolidation
Fracture de fatigue/ de Fracture pathologique
stress
Contraintes mécaniques Adulte: métastatique
répétées et excessives sur os Enfant: tumeur 1tive bénigne
sain Os malade: ostéoporose,
métabolique, endocrinienne
MI: pieds, tibia, péroné, col fonction du type d’atteinte
fémur, bassin, côtes. 20
Signes précoces IRM et
scintigraphie
ANOMALIES DE DENSITÉ
Densité : fonction de la charge calcique
osseuse
Appréciation qualitative et quantitative
3 méthodes d’appréciation de charge
calcique par:
Rapport cortico-medullaire du tibia (D-M/D).
Ostéodensitométrie au scanner.
DEXA Dual energy X-ray Absorptiometry.
21
ANOMALIES DE DENSITÉ: DIMINUTION
Ostéopénie: perte calcique visible sur les
clichés si > 30%. Rapport CM< 0.5
Processus généralisés: affections générales
Processus localisé: au contact de lésion
infectieuse, tumorale, parasitaire,
traumatique ou autre.
4 types: ostéoporose,ostéomalacie,
hyperpararthyroidie, infiltration
médullaire diffuse
22
ANOMALIES DE DENSITÉ: DIMINUTION
OSTÉOPOROSE
Généralisée: Congénitale
Osteogenesis
Vasculaire
anémie imperfecta
Médicaments/
Toxique
Alcoolisme
déficits
Hepatopathie chronique
médicaments
Stéroïdes ++ Endocrine/
Héparine Métabolique
Déficit alimentaire sénile ++++
scorbut postménopausique +
Malnutrition +++
calcium ++ grossesse
diabète sucrée
Idiopathique
hyperparathyroïdie
Cushing 23
acromégalie
hypogonadisme
Ostéopénies
24
OSTÉOPOROSE
25
ANOMALIES DE DENSITÉ:
AUGMENTATION
Ostéosclérose:
Diffuse (affections sanguines, métastases,
dysthyroidie, syphillis, intoxication aux métaux
lourds, affections congénitales) ou localisée.
Condensations particulières
caractéristiques
Ostéopoecilie: condensations épi/
métaphysaire arrondies, ovalaires ou striées.
Mélorrhéostose: condensation intra/ extra
médullaire en coulée polyostotique.
Ostéosclérose phalangienne distale:
26
Vertèbre ivoire
OSTÉOCONDENSATION
infarctus
27
ANOMALIES DE STRUCTURE
Unique ou multiples.
Anomalies des travées osseuses
localisées ou généralisées
Anomalies périostées
Isolées ou associées
28
Syndrome destructif
Syndrome constructif
Syndrome mixte
LES GRANDS
SYNDROMES OSSEUX
RADIOLOGIQUES
29
SYNDROME DESTRUCTIF
Regroupe les images élémentaires de
déminéralisation et de destruction osseuse
Expression principale = LACUNE
Lacune = zone sans calcium contenant du
tissu vivant ou mort
Il est important de déterminer ses caractères
30
SYNDROME DESTRUCTIF: LA LACUNE
1. Siège
Sur l’os:
Diaphysaire: métastases, tumeur hématologique, infection
métaphysaire: tumeur primitive
Épiphysaire: tumeur à myeloplaxes, chondroblastome
bénin
Aux cartillages de conjugaison et articulaires:
rarement pas franchis par les tumeurs, mais plutôt
par les infections.
A la corticale: à n’affirmer que sur 2 clichés
orthogonaux. Lésion d’origine médullaire ≠ origine
extra osseuse. 31
Centrale sans et avec
Corticale amincie.
32
Intracorticale
33
Juxta-corticale
SYNDROME DESTRUCTIF: LA LACUNE
2. Forme:
Ovalaire, arrondie, polycyclique ou arciforme =
kystique souvent.
3. Taille:
Pour étendue (bilan prétherapeutique).
Pour évolutivité.
RX: sous estime.
TDM et IRM mieux.
34
SYNDROME DESTRUCTIF: LA LACUNE
4. Limites : Classification de LODWIG
Géographique: type 1
Limite nette sclérotique = lésion très
lente souvent bénigne IA
(ostéomyélite chronique, tumeur benigne)
Limite nette sans sclérose = lésion lente
IB (Kahler, réticulose)
Limites en halo ou discontinus = lésion
rapide ( tumeurs malignes, infection
aigues) IC
35
IA
IB
IC 36
SYNDROME DESTRUCTIF: LA LACUNE
Mitée: type 2
Lacunes à l’emporte-pièce avec limites souvent nettes
sans réaction périlésionelle = lente.
Perméative: type 3
Multiples microgéodes à contours très flous et lacunes
mal vues = lesion très rapide.
Myelome multiple, Ewing, lymphome hystiocytique,
métastase, infection aigue aggressive.
37
II
III
38
normale Geographique net et flou
39
permeative
mitee
SYNDROME DESTRUCTIF: LA LACUNE
5. Matrice ou plage de projection:
Homogène
Cloisonnée: tumeur à myeloplaxes,
lésions kystiques
Piquetée (microcalcifications): origine
cartilagineuse
Avec opacité centrale: infection
chronique avec sequestre central,
nécrose aseptique
40
Lacune centrale régulière au centre d’une ostéocondensation
c’est l'abcès central de l'os de BRODIE
scanner et l'IRM montrent que cette lacune est remplie de liquide
Matrice
osteoformatrice en
verre depoli
42
trice cartilagineuse avec calcifications et lobulee
43
T1
Matrice kystique
T2
44
Matrice graisseuse
45
T1
T2
TDM
Matrice avec niveau liquide-liquide
46
SYNDROME CONSTRUCTIF
1. Processus réactionnel:
Néo-osteogénèse à partir des travées
osseuses.
Epaississement et déformation de l’os.
Définit selon la forme, contours, siège, limites,
étendue.
2. Réaction périostée ou apposition périostée
Néo-osteogénèse à partir du périoste par sa
face profonde, due à une agression (déchirure,
refoulement, inflammation ou tumoral).
Permet de déterminer la rapidité de croissance
47
de la lésion.
APPOSITION PÉRIOSTÉE
Croissance lente: apposition periostée continue.
Croissance rapide: par poussées, on a une
réaction lamellaire ou multilamellaire (bulbe
d’oignon).
Croissance en poussée constante: étirement des
fibres de Sharpey perpendiculairement et
ossification donnant l’aspect en ‘poil de brosse’ ou
en ‘rayon de soleil’.
Croissance trop rapide: le périoste est soulevé par
une masse tissulaire et seules ses berges
s’ossifient: le triangle de Codman (pointe vers la
malignité). 48
Régulière Unique
Irrégulière Lamellaire
En poils de brosse En rayon de soleil
49
Eperon de Codmann
50
51
52
53
APPOSITION PÉRIOSTÉE
Réaction Periostée Réaction periostée
solide aggressive
infection ostéomyélite
néoplasie bénigne malignité
ostéome ostéosarcome
ostéoide
chondrosarcome
granulome
éosinophilique fibrosarcome
ostéoarthropathie lymphome
pulmonaire leucémie
hypertrophique métastase
TVP des membres
inférieurs
54
PATHOLOGIE OSSEUSE TUMORALE: ANALYSE D’UNE
IMAGE RADIOLOGIQUE EN 10 POINTS
1- Age
2- atteinte des parties molles
3- caractères de l’ostéolyse
4- taille de la tumeur
5- localisation squelettique
6- zone de transition entre tumeur et os sain
(large, étroite)
7- bordure lésionnelle condensée ou non (type I, II,
ou III)
8- matrice tumorale
9- réaction périostée: continue, discontinue 55
(Codman),
10- atteinte osseuse: mono ou polyostostotique
RÉPARTITION DES LÉSIONS SUR UN OS 56
LONG
57
INDICATIONS
Radiographies standard:
- caractéristiques de la tumeur: diagnostic positif
- diagnostic d’évolutivité
- diagnostic de nature dans les cas typiques
- bilan d’extension ( radio pulmonaire)
Scanner:
- étude de la matrice tumorale
- agressivité de la tumeur
- extension extra-osseuse
- extension intra-médullaire
IRM:
- extension extra et intra-médullaire
- étude multiplanaire
- efficacité locale de la chimiothérapie
Angiographie: but thérapeutique: 58
embolisation pré-chirurgicale, chimiothérapie intra-tumorale
Scintigraphie
Lésions élémentaires
Syndromes articulaires
SEMIOLOGIE
ARTICULAIRE
59
60
IMAGERIE ARTICULAIRE
61
SEMIOLOGIE ARTICULAIRE
Elle repose sur l’analyse :
-de l’interligne articulaire
-des structures osseuses,
-des sites d’insertion ligamentaire,
-des tissus mous péri-articulaires
62
1. INTERLIGNE ARTICULAIRE
espace articulaire constitué par les épaisseurs
des cartilages articulaires;
Elargissement: épanchement intra articulaire
hypertrophie cartilage
(acromégalie) rare
Pincement: amincissement du cartilage
articulaire - diffus arthrite
- localisé: arthrose (artic. d’appui)
Disparition de l’interligne: ankylose ie travées
osseuses passant à travers l’interligne
63
2. LESIONS OSSEUSES
La plaque osseuse sous chondrale
ligne continue < 1mm d’ep sur laquelle repose
le cartilage épiphysaire
Perte de substance? Condensation?
déformation
L’os sous chondral
Déminéralisation (inflammation locale),
ostéocondensation (mécanique) et lésions
destructrices .
La zone périchondrale
Zone d’insertion de la synoviale 64
Erosions précoces, ostéophytes
GRANDS SYNDROMES
ARTICULAIRES
Articulations
périphériques
Arthrose : cartilage
Arthrite : synoviale
infectieuse
rhumatismale
Microcristalline
Algodystrophie
Les arthropathies
périphériques
3. LESIONS
LIGAMENTAIRES:ENTHESOPATHIES
Tuméfaction: augmentation de la densité
locale, effacement des lignes graisseuses
Calcifications périarticulaires
Ossification: ostéome, syndesmophyte
Epanchement: IRM
4. LESIONS MENISCALES:
Fissures verticales ou horizontales
Lésions radiaires
Lésions dégénératives
Kystes 67
PATHOLOGIE ARTICULAIRE
12/04/2024 68
Apports de l’IRM
en plus des lésions des cartilages, l’IRM montre :
04/12/2024
69
Lésions méniscales Œdème Epanchement
Documents Y Carillon
CALCIFICATIONS DES PARTIES
MOLLES
70
Cause Semiologie %
Dystrophique Calcification avec ossification 95 - 98
CPPD chondrocalcinose; parfois 1-2
calcifications des PM
paravertebrales
Metastatique Fines 1-2
calcinose Gros, periarticulaire 1-2
Tumorale
Osteosarcome Amorphe, popcorn, confluent <<<1
Metastatique
Osteosarcome Amorphe, popcorn, confluent <<<1
primaire des
tissus moues
Tendinite calcifiée
Calcinose tumorale en pop
corn (large globulaire) 72
ANOMALIES DE L’ESPACE INTERVERTEBRAL
73
LÉSIONS ÉLÉMENTAIRES À
RECONNAÎTRE
syndesmophites ostéophites
CONCLUSION
L’analyse sémiologique ostéoarticulaire fine
permet une orientation diagnostique ciblée.
La radiographie standard est l’examen de 1ère
intention.
Les lésions à caractère agressif doivent faire
évoquer: tumeurs osseuses, et ostéomyélite.
75
RÉFÉRENCES
JP Monnier, Pratiques des techniques de
radiodiagnostic, Masson,1994, P 82-85
M Runge, Radiologie de l’appareil
locomoteur, Pathologie osseuse, Masson,
2000 P 1-5, 7-12
[Link] [Link]
76
Merci
77