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Diagnostic du Cancer de la Prostate

C'est un cours sur cancer de la prostate

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Cancer de la Prostate: Diagnostic

Traitement

Dr Ibrahima Bah
Dr Thierno Mamadou Oury Diallo
Cours d’Uro, UKAG 2015
1. GÉNÉRALITÉS:

1-1. Définition:
 Néoformation maligne développée aux

dépens du parenchyme prostatique.

→ Nous nous intéresserons aux néoformations


primitives
1-2. Intérêt :
 Epidémiologique:
• Cancer le plus fréquent chez l’homme
• 2ème cause de décès par cancer chez l’homme

 Diagnostique:
• diagnostic précoce (PSAt et TR), découverte tardive
dans les PSD
 Thérapeutique : Seuls les cancers LOCALISES peuvent
être GUERIS
1-3. Rappels :

1-3-1 Rappel Anatomique


 Organe situé dans le petit bassin à la croisée des voies

séminales qui s’y rendent et des voies urinaires qui la


traversent

 Rapports importants surtout pour l’examen clinique, l’imagerie


et la chirurgie (Rectum, vessie, vésicules séminales, urètre et
sphincter strié, bandelettes vasculonerveuses, plexus
veineux de Santorini
Anatomie zonale selon Mc Neal
1-3-2 Rappel physiologique:
Métabolisme intraprostatique des
androgènes
1-4 Facteurs étiologiques :

 Age : CaP corrélé à l’âge. Faible avant 50 ans, son


incidence augmente après 50 ans.
 Facteurs hormonaux : cancer hormono-dépendant,
sous la dépendance des androgènes. Pas de Cap
chez l’eunuque.
 Facteurs génétiques et héréditaires :
• Le cancer est plus fréquent dans certaines familles
(prédisposition génétique).
• Risque de développer un CaP plus élevé s’il existe un
ou plusieurs antécédents familiaux
• Chez les jumeaux : risque plus élevé chez le frère d’1
jumeau atteint en cas d’homozygotie qu’en cas
d’hétérozygotie
 Facteurs raciaux : CaP plus fréquent chez les afro-antillais et
les caucasiens, très rare dans les régions asiatiques.
 Facteurs environnementaux (alimentation, mode de vie...) :
• consommation de graisses animales = facteur de risque de CaP

• incidence plus élevée chez les Asiatiques vivant aux USA comparés
à ceux vivant en Asie.

 Facteurs de croissance: FGF, EGF, TGF alpha, TGFß1,


TGFß2
2- ANATOMIE PATHOLOGIQUE :

 Type histologique :
• Adénocarcinome (99 %), développé à partir des cellules
glandulaires prostatiques.
• Autres types : sarcomes (rhabdomyosarcomes et les
leiomyosarcomes) de très mauvais pronostic ; les
localisations secondaires des hémopathies (lymphomes ;
leucémie).
 Score de Gleason :
• Repose sur une description architecturale de la
glande prostatique tumorale
• Somme du grade de la composante tumorale la plus
représentée et du grade de la composante tumorale
la plus indifférenciée.
• Peut aller d'un score 2 (noté 1+1), tumeur très
différenciée à un score 10 (noté 5+5), tumeur très
indifférenciée.
• Plus le score de Gleason est élevé, plus la tumeur
est indifférenciée, plus le pronostic est mauvais.
• Interprétation du Score de Gleason:
• Tumeur bien différenciée : Gleason 2-5

• Tumeur moyennement différenciée : Gleason 6-7

• Tumeur peu différenciée : Gleason 8-10


 Voies de dissémination :
• Extension locale vers l'urètre, la capsule
prostatique et après perforation de cette dernière
vers les vésicules séminales, le trigone et les
uretères. Rectum reste longtemps protégé par le
Denonvilliers.
 L’extension se fait ensuite par dissémination :
• lymphatique : ganglions iliaques externes et obturateurs,
ganglion hypogastrique et présacré ; puis ganglions
lombo-aortiques;
• hématogène, par ordre de fréquence décroissante :
métastases osseuses, pulmonaires, hépatiques, et
neurologiques.
 HBP et Cap sont 2 pathologies différentes
qui peuvent coexister. Le cancer n'est pas
une dégénérescence de l'HBP.
3. DIAGNOSTIC

3.1 Diagnostic Positif:


3.1.1 Circonstances de découverte
 Découverte fortuite à l’examen: TR+++
 Dépistage: Dosage de PSA et/ou TR
 Symptômes liés à la prostate : prostatisme, hématurie
 Signes génitaux : hémospermie, douleur périnéale
 Signes d’extension de la maladie :
• insuffisance rénale ou anurie

• Grosse jambe unilatérale par compression veineuse ou


lymphatique ;
• Evènements osseux: douleurs, fracture pathologique,
compression médullaire ou radiculaire;
• Autres localisations secondaires: pulmonaire, cérébrale,
hépatique…
3.1.2 Examen clinique :
 Interrogatoire: âge du patient, notion de SBAU, ATCD
familiaux de Cap
 Examen physique:
 Appareil urogénital +++, il doit être complet
• Examen des fosses lombaires : gros rein

• Hypogastre : globe vésical


• TR + palper hypogastrique +++ :
→ Signes suspects au TR:
o nodule (s),
o induration de taille variable réalisant au maximum un blindage
pelvien: carcinose prostato pelvienne de Guyon

→ Toute anomalie au TR impose une biopsie prostatique


même si le taux de PSA est normal

→ Le TR apprécie les vésicules séminales, l’état de la


capsule et l’envahissement local (classification du cancer
de la prostate)

→ Un TR normal n’exclue pas un cancer!!!


• Evaluation de la fonction érectile (choix thérapeutique)
 Examen des autres appareils: système spléno ganglionnaire,
appareil locomoteur, poumons, foie, SN …
 Examen général : AEG (score ECOG)
3.1.3 Paraclinique:
 Biologie :

 PSA:

• Seuil classique: 4 ng/ml


• Entre 4 et 10 ng/ml :
o PSA libre / PSA total

o Densité PSA (PSA total / Volume prostatique)

o Cinétique du PSA (vélocité et temps de doublement du PSA)

o PSA correlé à l’âge (entre 50 et 59 ans : PSA < 3,5 ng/ml; entre 60 et
69 ans : PSA < 4,5 ng/ml; entre 70 et 79 ans : PSA < 6,5 ng/ml).
 PCA3:
• Détection dans le 1er jet urinaire après massage prostatique

• ARNm urinaire du PCA3 / ARNm urinaire du PSA

• Seuil = 35

• Sensibilité et spécificité supérieures au PSA

 Fonction rénale : Créatininémie, Urée


 BU ± ECBU
 Bilan du malade: NFS, Hémostase, Glycémie, …
 Ponction Biopsie prostatique :

 Préalables :
• Information du patient : objectifs, modalités pratiques et risques

• Recherche de contre indications (infection active, risque hémorragique)

• Antibioprophylaxie en prise unique

 Voies d’abord :
• Trans-rectale écho-guidée après préparation rectale

• Transpérinéale avec guidage échographique en cas d’accès rectal impossible.


 Prélèvement à l'aide d'une aiguille 18 G
 Nombre de biopsie : 10 à 12 + biopsie de toute lésion
suspecte (nodule, lésion hypoéchogène).
• Une biopsie sur chaque lobe suffit si TR manifeste
 Complications de la biopsie (voie trans-rectale +++).
• Hémorragique : hématurie, rectorragie, uréthrorragie, hémospermie

• Infectieuse : prostatite, septicémie

• Rétention urinaire aigue

• Malaise
 Bilan d’extension :
 Extension locale:
o TR +++
o IRM avec antenne endorectale (envahissement extra-
capsulaire et des VS)
o Échographie endorectale peu sensible : volume prostatique,
zones hypoéchogènes suspectes, rupture de la capsule
prostatique, un envahissement des vésicules séminales
o Echographie rénale : dilatation urétéro-pyélocalicielle
 Extension ganglionnaire :
 TDM pelvien ou IRM : ganglions ilio-obturateurs.
 Curage ilio-obturateur par voie sus-pubienne ou par voie
cœlioscopique.
 Extension métastatique à distance:
 Atteinte osseuse:
• ASP

• Scintigraphie osseuse au te 99 recherche des zones d'hyperfixation


(non spécifique),
• IRM squelette axial: supérieur à la scintigraphie

• Les métastases osseuses des cancers prostatiques touchent bassin


et vertèbres lombo-sacrées (80 %) ; le plus souvent condensantes.
 Compression médullaire : IRM siège et mécanisme de la
compression (épidurite, fracture-tassement).
 Métastase pulmonaire: RX poumons (nodule ou « lâcher
de ballons »), TDM thoracique
 Métastase hépatique: échographie hépatique
 TDM cérébrale réalisée s'il existe des signes d'appel
neurologiques.
 CLASSIFICATION TNM 2009

T = Tumeur primitive :
 TX : tumeur primitive non évaluée
 T0 : tumeur primitive non retrouvée
 T1 : tumeur ni palpable au toucher rectal (TR) ni visible en
imagerie
• T1a : tumeur occupant moins de 5 % du tissu réséqué

• T1b : tumeur occupant plus de 5 % du tissu réséqué

• T1c : tumeur découverte sur une biopsie prostatique en raison d’une


élévation du taux des PSA.
 T2 : tumeur limitée à la prostate
• T2a : tumeur atteignant la moitié d’un lobe ou moins

• T2b : tumeur atteignant plus de la moitié d’un lobe mais sans atteindre
les deux lobes
• T2c : tumeur atteignant les deux lobes

 T3 : extension au-delà de la capsule


• T3a : extension extra-capsulaire uni- ou bilatérale

• T3b : extension aux vésicules séminales uni- ou bilatérale

 T4 : tumeur fixée ou atteignant d’autres structures que les


vésicules séminales (sphincter externe, rectum, muscles
releveurs de l’anus ou paroi pelvienne)
N = Ganglions régionaux :
 NX : ganglions régionaux non évalués
 N0 : absence de métastase ganglionnaire régionale
 N1 : atteinte ganglionnaire régionale
 N1 mi : métastase ganglionnaire < 0,2 cm (optionnel)
M = Métastases à distance :
 MX : métastases à distance non évaluées
 M0 : absence de métastase à distance
 M1 : métastases à distance
 M1a : atteinte des ganglions non régionaux
 M1b : atteinte osseuse
 M1c : autres sites
3.2 Diagnostic Différentiel :
 Hypertrophie bénigne de la prostate: Possibilité de
coexistence même si TR et taux de PSA normaux, nécessité
d’une surveillance prolongée en cas d’HBP.

 Prostatite chronique: Induration au TR parfois augmentation


du taux de PSA = biopsie +++
4. TRAITEMENT

4.1 But
• Guérir le patient

• Eviter les récidives

• Améliorer la survie et la qualité de vie


4-2 Moyens et méthodes :
4-2 -1 : Surveillance :
• Surveillance simple = abstention-surveillance : traitement
palliatif chez les patients symptomatiques avec un CaP
localisé mais une espérance de vie limitée
• Surveillance active = Traitement différé : sélection des
patients avec un CaP localisé à très faible risque de
progression chez des patients demandeurs sans
polypathologie associée.
4-2-2 : Moyens médicamenteux :

4-2-2-1 Analogues de la LH-RH :


 Triptoreline (Decapeptyl) IM : 3 mg; 11,25mg; 22,5mg
 Gosereline (Zoladex) SC : 3 ,6mg; 10,8 mg
 Effets secondaires : flare up, bouffées de chaleur,
ostéoporose, anémie, troubles de libido et de l’érection
 4-2-2-2 Antagonistes de la LH-RH :
 se fixe de façon compétitive sur les récepteurs
hypophysaires de LH-RH
 Molécules : Degarelix (Firmagon 80mg/120mg)
 Posologie : 240mg en 2 injections s/c en traitement
d’attaque ; 80mg en s/c mensuel en traitement d’entretien
 Effets secondaires identique avec les agonistes
[Link] Anti-androgènes :
 Anti-androgènes non stéroïdiens dits purs :
 Mode d’action : Action périphérique sur le récepteur aux
androgènes intra cytoplasmique
• Flutamide – (Eulexine cp à 250 mg fois 3 /j)

• Bicalutamide - Casodex cp à 50mg : 1cp/j ou 1cp fois 3/j

 Effets secondaires : Baisse libido, DE, gynécomastie,


Hépatotoxicité +++ (bilan hépatique nécessaire)
 Antiandrogène Stéroïdiens :
 Mode d’action : Centrale (action antigonadotrope) et
Périphérique
 Molécules : Acétate de ciprotérone (Androcur) cp de 50
à100mg : 200-300 mg / j en 2 ou 3 prises
 Effets Secondaires : Diminution libido, DE, arrêt de la
spermatogénèse ,gynécomastie rare.
 4-2-2-3 Œstrogènes :
 Mode d’action : freine la libération des gonadotrophines par
l’hypophyse
• Diethylstilbestrol = Distilbène cp 1mg (posologie 1mg /j)

• Estramustine = (Estracyt gelule de 140mg). Posologie : 1 gel fois 2 /j


puis passer jusqu’à 2 gel fois 3/j

 Effets secondaires : Cardiovasculaire (Distilbène), Accidents


thrombo-emboliques; digestifs : nausée et vomissements
(Estracyst +++); effets secondaires des antagonistes de la
LH-RH
[Link] Inhibiteurs de la biosynthèse des androgènes :
 Acétate d’abiratérone = Zytiga cp à 250mg
 Corticothérapie : Predisolone ou prednisone (Solupred
60mg)

[Link] Nouveaux anti androgènes: RD 162 et MDV 3100:


antagonistes du RA: Enzalutamide®
[Link] Inhibiteurs de la résorption osseuse : Biphosphanates
(acide zoledronique = zometa)

[Link] Chimiothérapie (Taxane)


 1ère ligne : Docetaxel = taxotère ; Posologie : 75mg/m2
toutes les 3 semaines
 2ème ligne : Cabazitaxel

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