Sujet: Les principes juridiques
relatifs à la méditation en droit
marocain.
Préparé par: Encadré par:
MOHAMED AGHALI Mr. KARIM BENZIANE
HAIDARA
Introduction:
L’expression « Modes alternatifs de règlement des conflits » est
récente, mais la réalité contemporaine qu’elle désigne à de très
vieilles racines, désignée par l’acronyme MARC, est apparue au
milieu des années 1990 comme un équivalent français à la notion
américaine d’Alternative Dispute Résolution (ADR).Cette
expression a fini, progressivement, par s’imposer dans le discours
des juristes, de préférence à des expressions concurrentes comme
« Solutions de rechange au règlement des litiges » (SORREL),
retenue par les juristes québécois, « Résolution amiable des
Les modes alternatifs de règlement des conflits permettent aux
parties de renouer les dialogues au lieu de les enfermer dans une
logique de confrontation dont sortira normalement un vainqueur.
L’importance d’une telle demande est prévisible par exemple en
matière de conflits familiaux mais son utilité potentielle est
beaucoup plus large pour d’autres types de litige. Les parties
contractantes peuvent décider d’un commun accord de ne pas
Elles s’accordent ainsi pour s’en remettre à une justice privée dont
elles estiment qu’elle sera plus efficace et répondra mieux à leurs
attentes, la médiation en est une, et qui se caractérise qu’a la fin
du processus de médiation, il n’y aura pas un gagnant et un
perdant, mais deux parties qui seront satisfaites quant au
dénouement de leur différend, ce qui pourrait même avoir
l’avantage de préserver leurs relations. Les MARC sont moins une
catégorie juridique qu'un état d'esprit. Ils désignent, de manière
Dans le cadre de notre exposé nous nous intéresserons à la
médiation, il est donc judicieux de s’interroger :
Quels sont les principes juridiques qui encadrent la pratique de la
méditation au Maroc ?
Plan
Partie 1:Notion de la médiation:
A-Définition et loi réagissant la médiation au
Maroc.
B-Fondement contractuelle de la médiation
Partie 2:La médiation conventionnelle au Maroc
A-Définition de la médiation conventionnelle
B-Le contenu de la médiation conventionnelle au
Maroc
Partie 3:Les conditions de validités de la
convention de médiation et L’organisation de la
médiation
A-Les conditions de validités de la convention de
médiation
B-L’organisation de la médiation
Partie 1:Notion de la médiation:
nition et loi réagissant la médiation au Maroc:
a-Définition:
La médiation est un point de rencontre de la pédagogie, de la
créativité, du coaching et d’une douce normativité, là où le droit se
nuance à la lueur de l’éthique, de la déontologie et de
l’observation du monde. La médiation et le droit dans leur objectif
global : l’une et l’autre visent à stabiliser les relations humaines,
malgré les intérêts divergents possibles entre membres d’une
famille, d’un voisinage, d’une organisation humaine de loisirs ou
Comme le droit, la médiation poursuit un objectif stratégique de
justice. D’un coté la médiation vient écouter et questionner les
sentiments d’injustice, qu’elle veut traiter au moyen d’une solution
négociée ; de l’autre coté, le droit impose une solution adjudicative
et légaliste. Comme le droit, la médiation met en œuvre des
objectifs opérationnels de pacification .Pour cette raison, la
légitimité des différentes pratiques médiationnelles dépendront des
valeurs éthiques autour desquelles s’articuleront les méthodes
L’intervention du médiateur ne doit pas être orientée uniquement
vers le succès (activité stratégique), mais doit surtout s’orienter
vers l’intercompréhension (activité communicationnelle).De
manière générale la médiation peut être définie comme un
processus structuré consistant à confier à un tiers impartial,
qualifié et sans pouvoir de décision sur le fond, la mission
d’entendre les parties en conflit et confronter leurs points de vue
au cours d’entretiens confidentiels, afin de les aider à rétablir une
Elle vise à la restauration de la qualité partenaires à ceux qui, pour
des raisons diverses, sont devenus des adversaires. Dans la pureté
des principes, la médiation est donc un mode purement
conventionnel de résolutions des conflits, reposant sur l’autonomie
de la volonté des parties en conflits, auxquelles le médiateur n’a
pas le pouvoir d’imposer sa propre vision des choses. Il s’agit d’un
mode de « justice » privée, qui repose sur l’adhésion des parties à
la solution trouvé. La solution n’est nullement imposée mais
Nous sommes, en effet, entrés dans une ère juridique nouvelle, qui
se caractérise notamment par l’abandon relatif de la logique
hiérarchique et pyramidale au profit d’une logique de régulation
plus horizontale. En passant du mode impératif et strictement
contraignant à un mode de régulation plus négocié, le droit
postmoderne fait place à l’adhésion, à l’implication de ses
destinataires. Ce droit caractérisé par sa souplesse et sa
flexibilité , favorise tout naturellement l’émergence des modes
alternatifs de règlement des conflits, qui reposent sur un
b-Loi régissant la médiation au Maroc:
La médiation est régit au Maroc par le code de la procédure civile
et la loi 08-05 de 2007 sur l’arbitrage et la méditions
convetionnelle,cette dernière a été abrogé par la loi 95-17 relative
à l’arbitrage et la médiation conventionnelle publié au BO 7099 du
13 juin 2022 et est entrée en vigueur le 14 juin 2022.
B-Le fondement contractuel de la médiation
La médiation s’inscrit dans un mouvement de contractualisation et
de privatisation du droit. Elle constitue, par définition un processus
consensuel de résolution des conflits. Tous repose sur le bon
vouloir des parties, sur leur liberté de s’engager dans un processus
de médiation et de recherche en toute indépendance d’un
règlement amiable à leur conflit. Si la justice étatique vient d’en
haut, la médiation, quant à elle, surgit de la base en dehors de
toute orchestration publique. Elle s’inscrit dans un mouvement
alternatif, c’est-à-dire non institutionnel, en entrant en contact
avec la justice un statut légale et réglementaire, tandis que les
Du coté des parties à la médiation, il va de soi que comme tous les
modes alternatifs de règlement des conflits, le processus de
médiation ne peut en aucun cas leur être imposé. La volonté des
parties est souveraine, aussi bien pour l’entrée en médiation que
lors de la clôture du processus. La nature de la médiation est donc
essentiellement conventionnelle. Si la médiation, par son
fondement contractuel, se présente comme un mode de résolution
des conflits caractérisé par sa souplesse, force est de constater
que, lorsque les parties entament un processus de médiation, elles
aliènent une part de leur liberté. Ainsi, le fondement contractuel
a)La médiation judicaire
S’agissant de la médiation judicaire, il est possible de s’interroger
sur l’étendue réelle de la liberté des parties, En France le juge peut
après avoir obtenu l’accord des parties, désigner une tierce
personne remplissant les conditions fixées par décret en Conseil
d’Etat pour procéder à une médiation à tout moment de la
procédure, y compris en référé, pour tenter de parvenir à un
accord entre les parties. Certes la médiation judicaire ne peut, à
b) La médiation familiale
En matière familiale, le juge peut enjoindre aux parties de
rencontrer un médiateur chargé de les informer sur l’objet et le
déroulement de la procédure de la médiation, il est vrai qu’il ne
s’agit que d’une injonction de s’informer et non d’une obligation
de participer à une tentative de médiation. Sur ce point, il convient
de préciser que les anglo-saxons sont encore plus audacieux, car
le juge a la possibilité de prononcer des sanctions pécuniaires
c) La médiation pénale
La médiation pénale est, en effet, une mesure alternative aux
poursuites pénales, il s’agit d’un mécanisme para-judicaire,
intervenant par définition en dehors de tout procès, mais qui
entretient néanmoins des liens forts étroits avec la justice. Certes
les parties doivent là encore consentir à une telle mesure, qui ne
peut concerner que des infractions de gravité légère. Cependant,
ou est la liberté de celui qui a le choix entre une poursuite pénale
d) La médiation conventionnelle
Dans le cadre de la médiation conventionnelle, les parties peuvent
là encore s’enchainer par le biais du contrat. Dans cette
hypothèse, c’est pourtant le contrat, et lui seul, qui fonde le
processus initial de médiation et le parachève. Deux pactes sont
généralement conclus : le pacte initial, par lequel les parties
acceptent l’entrée en médiation ; le pacte final, constituant le
dénouement heureux du processus de médiation, qui constitue un
accord transactionnel. Toutefois, les parties peuvent anticiper la
naissance d’un éventuel litige en insérant, par avance, une clause
Les parties renoncent ainsi à leur droit d’agir en justice (qui est
pourtant d’ordre public) tant que la voie amiable n’a pas été
explorée. C’est donc dire que si l’une des parties décide de saisir
la justice, elle peut se voir opposer une fin de non recevoir. Dès
lors, même si la médiation anticipée par une clause d’arrangement
amiable tire sa nature conventionnelle de l’accord initiale des
parties, celles-ci aliènent nécessairement une part de leur
rtie 2:La médiation conventionnelle au Maro
A) Définition de la médiation conventionnelle
Au Maroc le législateur n’a pas donné une définition exacte de la
médiation conventionnelle, il s’est contenté de définir seulement
la convention de médiation(art 87 de la loi 95-17). Tandis qu’il a
précise que la transaction issue d’une médiation a la force de la
chose jugée dés qu’elle est conclue entre les parties. En France
L’ordonnance n° 2011-1540 du 16 novembre 2011 définit la
médiation conventionnelle comme suite : « Il s’agit d’un processus
extrajudiciaire par lequel deux ou plusieurs parties tentent de
La médiation est une pratique ou une discipline qui vise à définir
l’intervention d’un tiers pour faciliter la circulation d’information.
On peut dire que la médiation est un art exercé non seulement par
le médiateur mais aussi par les parties puisque ; la médiation est
aussi un agir communicationnel à trois pôles; On dit aussi que
c’est un processus, qui nécessite l’adhésion des parties en
désaccord qui s’obligent à contractés un accord appelé «
convention » pour régler se désaccord « litiges » grâce à un tiers «
médiateur », un guide qui ne juge pas, mais qui rapproche les
L’objet de la procédure de médiation est d’aboutir à une
transaction, cette procédure a une finalité et une fonctionnalité,
une finalité qui vise l’instauration, des relations entre deux ou
plusieurs parties, et une fonctionnalité par la coordination des
échanges conflictuels entre les parties, d’aider à ce qu’elles
s’écoutent, de vérifier qu’elle se comprennent mutuellement, de
déceler et hiérarchiser avec elles leurs besoins respectifs, de leur
faire imaginer le plus grand nombre de solutions possibles, de les
On dit que l’apaisement du conflit est généralement préférable à
la sanction du comportement parce que la poursuite de la relation
est souhaitée. Si l’on y ajoute une incontestable rapidité, un cout
limité, la confidentialité et la préservation de la liberté des
intervenants, le processus ne peut qu’apparaitre séduisant.
-Le contenu de la médiation conventionnelle au Maroc
Afin de prévenir ou de régler un différend, les parties peuvent
convenir de la désignation d'un médiateur qui sera chargé de
faciliter la conclusion d'une transaction(art 86). Par rapport à
l’arbitrage, la différence réside dans le fait que les parties ne
confient pas au médiateur le soin de trancher le litige mais
d’officier auprès des parties afin d’atteindre une transaction. La
convention de médiation peut être contenue dans la convention
La convention de médiation doit toujours être établie par écrit et,
sous peine de nullité, désigner le médiateur ou prévoir les
modalités de sa désignation(art 88). La partie qui entend voir
appliquer la clause de médiation en informe immédiatement
l'autre partie et saisit le médiateur désigné dans la clause(art 92).
Un dispositif semblable à celui qui est mis en place pour l’arbitrage
protège les parties de l’introduction de procédures parallèles
devant une juridiction. A cet effet, la juridiction saisie d'un litige
Si le médiateur n'est pas encore saisi, la juridiction doit également
déclarer l'irrecevabilité à moins que la convention de médiation ne
soit manifestement nulle. Dans les deux cas, la juridiction ne peut
déclarer d'office l'irrecevabilité. Au terme de sa mission, il propose
aux parties un projet de transaction ou un compte rendu de ses
activités signé par lui et les parties.
En cas de non aboutissement à une transaction pour quelque
cause que ce soit, le médiateur délivre aux parties le document de
non transaction portant sa signature(art 99). La transaction a,
entre les parties, la force de la chose jugée et peut être revêtue de
l’exequatur(art 100). A cette fin, le président du tribunal
territorialement compétent pour statuer sur l'objet du litige est
compétent pour donner la mention d’exequatur.
1)La convention de médiation
La convention de médiation est le contrat par lequel les parties
s'accordent pour désigner un médiateur chargé de faciliter la
conclusion d'une transaction pour mettre fin à un litige né (le
compromis de la médiation), ou à naître (clause de médiation)(art
87 loi 95-17).Les partis s’inscrivent dans un mouvement de
contractualisation et privatisation du droit, elles aliènent une part
de leur liberté, une liberté qui s’enchaine dans l’acte même par
Le législateur dans l’art 327-55 du CPC a mentionné le caractère
préventif de la médiation, cela est évidement le point de
distinction entre les MARC et la justice traditionnelle, par la
possibilité de prévoir le règlement d’un différend avant sa
réalisation, un élément moral qui accentue la possibilité de
survenance de litige et qui ouvre une démarche propre aux parties
pour gérer leur propre différend. On assiste ici à l’adoption de la
médiation par conviction en s’interférant à l’adage « mieux vaut
prévenir que guérir » de tell manière à prévenir le différend, par la
l’insertion d’une clause de médiation ou l’élaboration d’un
La convention de médiation est un contrat qui est régie par le droit
civile, c’est un accord en toute liberté qui adhère au principe de la
force obligatoire dans l’Art 230 du DOC, et précité clairement dans
son Art 1er, c’est la traduction de l’engagement réciproque des
parties qui a la valeur d’une contrainte qui s’oppose à eux et au
juge sauf dans quelques exceptions prévue, ce principe qui appelle
l’intervention du juge pour réviser le contrat ou une clause afin de
protégé la partie la plus faible. Ici on ressent la liberté de se
soumettre à la loi par conviction, c’est la volonté croissante de
Néanmoins la convention de médiation doit se soumettre aux
dispositions de l'article 62 du DOC sur la légitimité de la cause et
le respect de l’ordre public sous condition d’être frapper de nullité.
Article 89 loi 95-17 dispose que « La convention de médiation doit
toujours être établie par écrit, soit par acte authentique ou sous-
seing privé, soit par procès-verbal dressé devant le tribunal. La
convention de médiation est réputée établie par écrit lorsqu'elle
est consignée dans un document signé par les parties ou dans un
échange de lettres, de télégrammes ou de tout autre moyen de
Le renvoi dans un contrat à un document contenant une clause de
médiation vaut convention de médiation, à condition que ledit
contrat soit sous forme écrite et que le renvoi soit tel qu'il fasse de
la clause une partie non équivoque du contrat. Par contre en
raison du caractère accessoire de la convention de médiation, il y
a lieu de se demander si son extinction résulte nécessairement de
celle de la convention principale à laquelle elle s’applique ou biens
les causes d’extinction lui sont propres ?La convention de
médiation ayant pour seule objet d’organiser le règlement des
Toutefois les praticiens doivent apporter une attention toute
partiale à la rédaction des clauses(a) et des compromis(b).
a)La clause de médiation
C’est la forme de la clause considérée comme une stipulation
inscrite et contenue dans le contrat principal, par laquelle chacune
des parties s’engage, lors de la survenance d’un conflit entrant
dans le champ d’application de celle-ci, à mettre en œuvre un
processus de médiation afin de négocier sous l’égide d’un tiers
médiateur, les termes d’une solution amiable à leur conflit. Article
327-62 du code procédure civile dispose que « La clause de
médiation doit, à peine de nullité, être stipulée par écrit dans la
convention principale ou dans un document auquel celle- ci se
L’Article 327-64 du code procédure civile et l’article 93 loi 95-17
dispose que la juridiction saisie d'un litige sur une question au
sujet de laquelle les parties ont conclu une convention de
médiation conformément aux dispositions de la présente section
doit déclarer l'irrecevabilité jusqu'à épuisement de la procédure de
médiation ou annulation de la convention de médiation. La clause
de médiation est stipulé dans le contrat de fond, et la convention
peut être dans un acte séparé, avant tout litige, c'est-à-dire
En droit international la médiation comme l’arbitrage, la clause
compromissoire ou de médiation qu’elle soit conclue séparément
ou inclue dans l’acte juridique, présente toujours sauf circonstance
exceptionnelles, une autonomie juridique, par rapport au contrat
principal auquel elle se réfère c’est une règle matériel du droit. En
réalité, l’examen de la jurisprudence montre que l’affirmation de
l’autonomie de la convention par rapport à toute loi étatique n’a
Au Maroc l’Art 19 du DOC dispose que « La convention n'est
parfaite que par l'accord des parties sur les éléments essentiels de
l'obligation, ainsi que sur toutes les autres clauses licites que les
parties considèrent comme essentielles ».La clause qui fait partie
intégrante de la convention n’est licite qu’a travers l’accord des
parties, le législateur a mis le point ici sur le principe de
l’autonomie de la volonté et les conditions prévues par l’Art 2 du
DOC.
b) Le compromis de médiation
L'article 327-57 du CPC offre la possibilité aux parties dans un
conflit de conclure la convention de médiation, même après la
naissance du litige. Elle est alors dénommée compromis de
médiation(art 88). C'est un recours conventionnel à la médiation
sans clause contractuelle préalable. Elle peut intervenir en cours
d'instance l’article 327-59 du CPC dispose que « Le compromis de
médiation est la convention par laquelle les parties à un litige déjà
Le compromis est l’acte juridique qui permet d’accéder à la
médiation, et la convention par laquelle les parties à un litige né
soumettent celui-ci à la médiation. En l’absence de la clause de
médiation il est donc le seul acte permettant aux parties de ne pas
voir leur litige soumis à l’appréciation du juge étatique. Les parties
ont d’ailleurs la faculté de choisir la médiation même au cours
d’une instance déjà engagée devant une autre juridiction. L'article
327-57 du CPC dispose dans son alinéa 3 que « Elle peut intervenir
en cours d'instance. Dans ce cas, elle est portée à la connaissance
de la juridiction dans les plus brefs délais et interrompt la
Utilisé en droit interne comme en droit international, le compromis
est un contrat aux termes duquel deux personnes ou plus décident
que leur différend sera porté non devant les juridictions ordinaires,
mais devant un ou plusieurs médiateur de leur choix. Il se
distingue de la clause compromissoire, qui est en quelque sorte
une « promesse de compromis » signée en l'absence de tout
différend, par laquelle des contractants conviennent de soumettre
leurs litiges éventuels à la médiation et s'engagent à signer, le jour
où surviendront ces litiges, un compromis. Si le compromis a
toujours été considéré comme valable, la question de la validité de
Enfin, le compromis doit respecter des conditions de forme, autre
précaution prévue par la loi car c’est un contrat consensuel,
valable du seul fait de l'échange des consentements ; mais la loi
exige qu'il soit constaté par écrit (acte sous seing privé ou devant
notaire) de manière à éviter qu'un tel contrat puisse être prouvé
par témoins. En outre, l'acte doit indiquer, à peine de nullité, les
objets litigieux et le nom du ou des médiateurs(art 90 loi 95-17).
Le compromis peut être passé à tout moment, avant ou même
après l'ouverture du procès ; toutefois, sa durée doit être limitée
l’Article 94 loi 95-17 dispose que « La durée de la mission de
médiation est initialement fixée par les parties sans qu'elle puisse
excéder un délai de trois mois à compter de la date à laquelle le
médiateur a accepté sa mission. Les parties peuvent toutefois
prolonger ce délai par un accord conclu dans les mêmes formes
que celles retenues pour la convention de médiation ».Le
compromis doit à peine de nullité de :
1.déterminer l'objet du litige
Partie 3:Les conditions de validités
de la convention de médiation et
L’organisation dedelavalidités
A:Les conditions médiationde la
convention
L'article de médiation
89 loi 95-17 exige l'établissement de la clause de
médiation par écrit. Celle-ci peut prendre soit la forme d'un acte
authentique ou sous seing privé, soit d’un procès verbal dressé
devant le tribunal. Dans le souci d'encourager les entreprises à
insérer les clauses de médiation dans leurs contrats, le législateur
marocain a diversifié les moyens d'écriture. C'est ainsi que sont
considérés comme valables, conformément à l'article 327-58
alinéa 2, les moyens d'écriture suivants :
-L'échange de lettres ;
- Télégrammes ;
Outre l'exigence de l'écrit, d'autres conditions doivent être réunies
sous peine de nullité. Ces conditions se différencient selon qu'il
s'agisse de compromis de médiation ou de clause de médiation, et
aussi selon que les parties ont prévu une médiation institutionnelle
ou ad hoc. Pour le compromis de médiation :
Les parties ayant convenu de recourir la médiation pour régler le
litige doivent impérativement déterminer dans le compromis de
Pour la clause de médiation :Par application de l'article 91, la
clause de médiation doit être stipulée dans le contrat principal ou
dans un document auquel celui-ci se réfère. Elle doit aussi, soit
désigner le ou les médiateurs, soit prévoir les modalités de leur
désignation en se référant à un centre de médiation ou à une
institution pour désigner le médiateur.
Le principe de validité connait en effet des limites. Dans la mesure
ou le but recherché par la mise en place de la médiation est
d’aboutir à une solution conventionnelle du litige, donc à une
transaction et la clause ne sera licite que si le ou les litiges qu’elle
vise sont susceptible d’être réglés par transaction. La notion
d’ordre public vient restreindre le champ de la « transigeabilité
».ces restrictions apparaissent tout particulièrement dans le
champ des relations du travail, beaucoup moins, évidemment,
La médiation est implicitement organisée par les parties qu’elle
soit Ad hoc ou institutionnelle elle émane de leur volonté, par
ailleurs la médiation comme dispose l’Article 97 de loi 95-17 « ..
peut être confiée à une personne physique ou à une personne
morale ».
B:L’organisation de la médiation
a)La médiation AD-HOC
Expression utilisée pour désigner une personne, physique ou
morale, créée (pour les personnes morales) ou désignée avec un
but précis, pour une affaire, une mission ou une fonction
particulière : par exemple société ad hoc, mandataire ad hoc. Le
mandat ad 'hoc est l'une des deux procédures qui, peuvent être
mises en place dans le cadre de la prévention des conflits entre
parties. L'intervention d'un mandataire ad 'hoc peut être demandé
au président du tribunal de commerce compétent. Il s'agit donc
"Ad hoc " caractérise aussi une procédure d'arbitrage dont les
parties n'ont pas confié l'organisation à une institution permanente
spécialisée mais qui l'ont organisée eux mêmes, en général, en
suivant les conseils de leurs avocats. Dans l'hypothèse de la mise
en œuvre d'une médiation ad hoc les parties décident de ne pas
recourir à un centre de médiation, le cas échéant, il est conseillé
de faire établir entre elles un accord préalable rappelant les règles
essentielles de la procédure (confidentialité, rôle du médiateur,
durée de la médiation ...)
Les principales clauses du contrat de médiation.
-La confidentialité (étendue, manquement),
-Déroulement du processus de médiation,
-Calendrier,
-Suspension et fin du processus,
-Rédaction de l’accord,
-Homologation de l'accord,
-Coûts et leur répartition entre les parties. Le choix
du médiateur.
Le médiateur peut être choisi de trois manières :
• Soit par les parties directement, si elles désignent un médiateur
sur l'identité duquel elles sont d'accord,
• Soit par l'intermédiaire de leurs conseillers qui peuvent choisir
entre eux un médiateur qui emporterait l'agrément des deux
parties,
• Soit par l'intermédiaire d'une association de médiation qui peut
proposer une liste de médiateurs.
L'association de médiateurs n'organise pas la médiation et n'aide
pas non plus dans le choix du médiateur mais se contente de
proposer des noms. Aucune exigence technique ou morale ne peut
être requise pour le médiateur ad hoc. C’est pourquoi le choix du
ou des médiateurs ad hoc devrait privilégier l’expérience, et se
porter sur des médiateurs à même de respecter et faire respecter
très scrupuleusement les règles fixées par les parties et de
b) La médiation institutionnelle
La "médiation institutionnelle" consiste à désigner au sein d'une
organisation un "médiateur maison"; La médiation est dite
institutionnelle dès lors que ladite institution publique ou privée
s'est approprié le concept de "médiation" pour l'intégrer dans son
organisation comme un outil de gestion interne et externe des
conflits. Les centres en institution de médiation aident les parties à
organiser la médiation en leur apportant :
• un règlement de procédure qui leur garantie la tenue de celle-ci,
• une assistance dans la sélection et la désignation du médiateur,
Les parties, comme leurs conseils, peuvent s'en remettre au centre
pour toute la gestion de la procédure et aussi pour le choix du
médiateur. Exemples de centres Marocain de médiation : CMAC...
(Centre de médiation et d’arbitrage de Casablanca).La loi 95-17
dispose « Lorsque l'arbitrage est porté devant une institution
d'arbitrage, celle-ci se chargera de l'organiser et d'en assurer le
bon déroulement conformément à son règlement ».Cela s’impose
aussi à la médiation. Parmi les nombreux avantages que présente
la médiation institutionnelle, l’on retiendra ici les deux plus
L’appel à un centre de médiation est généralement la garantie
d’une bonne organisation de la procédure, car la médiation faite
pas un centre spécialisé dans le cadre d’une médiation
institutionnelle est réputé plus ‘’sécurisé’’ en ce que l’institution
aurait effectué un contrôle de l’accord et la transaction, et au bon
déroulement du processus.
4e partie: Le Déroulement de la médiation.
A-Le processus de médiation et son organisation
Le processus de médiation est engagé soit par une décision
judicaire, soit par une convention. Sur ce support juridique
intervient un médiateur en définitive seul « maitre du jeu ».Sans
doute sa mission s’exercera-t-elle dans un cadre contrôlé si l’on
est dans l’hypothèse d’une médiation judicaire, mais même dans
ce cas, il va devoir agir, prendre des initiatives, car le succès ou
l’échec dépendra, pour une bonne part, de ses qualités
a)Liberté des parties et autorité du médiateur.
A la liberté des parties d’avoir accepté de soumettre leurs
différends à la médiation, répond une égale liberté d’en organiser
le déroulement sauf pour elle d’avoir accepté de s’entremettre a
l’application du règlement d’une institution spécialisé dans la
médiation, a l’image de ce qui existe pour l’arbitrage. Les parties
doivent, cependant, compter avec la présence du tiers choisi ou
désigné qui, s’il n’a pas de pouvoir, ne saurait être passif et
soumis à leur seul bon vouloir. Les qualités personnelles du
b) Protocole de mission
Ces modalités d’organisation pourront être consignées dans un
document écrit, signé des parties et du médiateur, véritable
contrat de mission de médiation à l’image de ce qui existe dans
l’arbitrage. Plus dense si la médiation est conventionnelle ce
document devrait au moins porter sur quelques questions
importantes telles que:
-Le lieu de la médiation sauf si la liberté est laissé au médiateur de
le choisir ;
- Les modalités de communication, de convocation, de
-Les obligations d’informations loyales du médiateur sur les
actions (notamment judicaire)Dont les parties pourraient prendre
l’initiative en cours de médiation,
- Pour les médiations conventionnelles, les conditions de fixation
de la rémunération du médiateur (taux horaires, provision,
répartition...) et les hypothèses de fin de la médiation.
A ces exemples on peut rajouter:
-Le rappelle de l’obligation de confidentialité et de la possibilité,
pour le médiateur, de rencontré les parties séparément. Cette
c) Fixation de délai
Le protocole de mission prévoira également les délais dans
lesquels la médiation conventionnelle devra se déroulera la
différence de se qui est prévu dans la médiation judicaire la liberté
des parties est, dans le cas d’une médiation conventionnelle,
entier. Il faut, en effet prendre garde aux risques potentiellement
encourus si une médiation se prolongeait Inconsidérément, qu’il
s’agis de l’effet de courte prescription, de l’aggravation des
préjudices, de l’insolvabilité éventuelle d’une parties des
dépérissements des preuves, etc....Il faut également être attentif
aux faits que le médiateur pourrait manquer de diligence dans
l’accomplissement de sa mission est donc la contenir dans
certaines contraintes temporelles. Les moyens d’organisation
d) Analyse de la situation
L’objectif de la médiation est de penser les blessures avant de
pouvoir réunir les intérêts. Le médiateur doit donc comprendre la
nature, le contour du conflit et souvent bien au delà de la
présentation qu’en fond les parties. Il doit avant tous savoir
écouter et donc savoir faire parler. Le médiateur doit savoir rétablir
le dialogue, la compréhension mutuelle, pacifier le litige. Le
médiateur doit être un accoucheur de pensées et des intentions
Il n’est naturellement pas inutile de connaitre la position officiel
des parties mais il est sans doute stérile de s’y tenir et de se
laisser enfermer dans ce cadre. C’est fréquemment dans la
découverte de la vérité de la situation que se révèle la possibilité
d’une issue positive du conflit. Combien d’affrontements technique
ou juridique cachent, en réalité, de « simples » conflits de
personne? On comprendra sans peine que cet exercice maïeutique
n’est concevable que dans le cadre de rencontres séparer avec les
B-Le Médiateur et les avantage de la médiation
a)Le Médiateur
« On ne choisit pas son juge mais on peut choisir son médiateur
».Contrairement aux dispositions relatives aux arbitres, le
législateur n’a pas édicté, en détail, de disposition concernant les
conditions requises dans la médiation. Un médiateur est une
personne physique qui intervient pour faciliter une
communication, rétablir une relation, ou transmettre une
doléance, transférer un savoir ou une connaissance. Ces différents
champs de l'intervention de cet intermédiaire relationnel, entre
des personnes mêmes (impliquant personnes morales) ou des
personnes et des choses, nécessitent chez le médiateur des
compétences en communication (diplomatie, pédagogie,
La professionnalisation de l'activité de médiateur a commencé à la
fin des années 1990. Elle a été conduite séparément d'un côté,
dans le secteur social et familial, avec une recherche
d'institutionnalisation et d'une reconnaissance par l'État, d'un
autre côté, dans le secteur d’entreprise, avec le développement
d'une démarche qualité et un ancrage dans le secteur privé,
associé à une organisation professionnelle.
Au Maroc Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a nommé le 18 mars
2011, M Abdelaziz BENZAKOUR, pour une période de 5 ans,
renouvelable une seule fois, à la tête de « l’institution du
Médiateur », instance marocaine nationale indépendante et
spécialisée, créée en remplacement de «DiwanAlMadhalim». La
création de « l’institution du Médiateur », s’inscrit dans le cadre de
la mise en œuvre de la réforme institutionnelle globale vouée
essentiellement à doter le Royaume d’un dispositif national des
droits de l’Homme cohérent, moderne et efficient pour la
préservation de la dignité du citoyen, et la protection et la
promotion de ses droits, et ce en harmonie avec les standards
Selon le standard international le Rôle du médiateur est de
• Favoriser la communication entre les parties ;
• Aider les parties en clarifiant la définition des enjeux et les objets
de la médiation ;
• Favoriser l’exploration de diverses avenues et d’options pour
discussion et évaluation ;
• Aider les parties à évaluer les conséquences probables des
différentes options envisagées ;
• Aider les parties à atteindre une entente découlant d’un
consentement libre et éclairé.
Le médiateur en est le gardien. Il cadre la médiation afin que le
processus se déroule de façon fluide et harmonieuse. Il détermine
avec les parties : lieu de rencontre, durée et planning des
rencontres, règles de communication, règles de fonctionnement
(moment de réunion plénière ou en aparté), etc.
Le médiateur est responsable de la qualité de communication
entre les personnes présentes. Il restaure la communication en
créant un climat d'écoute, de respect et de confiance mutuelle, par
l'attention qu'il porte aux émotions et aux sentiments de chacun
b) Avantage de la médiation
Il existe plusieurs avantages à la médiation. Etant un processus de
recherche de solutions amiables, c’est la façon la plus rapide et la
moins chère de résoudre un conflit. En effet, il est du sens
commun qu’une procédure contentieuse est longue, coûteuse et
stressante. Aussi, deux tiers des médiations connaissent une issue
favorable et il est possible de recourir à la médiation dès les
premières manifestations d’un litige. De plus, rien ne peut vous
Dans le cadre de projets de construction, la médiation peut être
proposée dès le début des conflits sur chantier. Il s’agit d’un
processus libre et volontaire, flexible et confidentiel, réalisé dans
un cadre sécuritaire et respectueux. Il est d’ailleurs possible d’être
accompagné et consulté dans ce cadre afin de préserver ses droits
et de trouver une issue favorable dans un délai court (3 mois à
compter de la désignation du médiateur sauf prolongation validée
Merci pour votre attention