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Temps du récit et du discours selon Benveniste

Ce document analyse la distinction entre les temps du récit et les temps du discours selon Benveniste. Le récit utilise principalement le passé simple et comporte une objectivité où les événements se racontent eux-mêmes, tandis que le discours emploie tous les temps et implique une subjectivité avec la présence d'un locuteur.

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Temps du récit et du discours selon Benveniste

Ce document analyse la distinction entre les temps du récit et les temps du discours selon Benveniste. Le récit utilise principalement le passé simple et comporte une objectivité où les événements se racontent eux-mêmes, tandis que le discours emploie tous les temps et implique une subjectivité avec la présence d'un locuteur.

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Analyse du discours

Les temps du récit et du discours


( Emile Benveniste)

Travail realisé par : Zainab OUMZITI


Plan:

01. Introduction ( rappel de quelques no- 02. L’objectivité du récit


tions de bases )

03. Les temps du récit 04. La subjectivité du discours

05. Les temps du discours 06. Conclusion


Introduction
Les temps d'un verbe français se distribuent en deux systèmes distincts
et complémentaires et qui à leur tour manifestent deux plans d'énon-
ciation différents celui du récit et du discours.
En effet au sujet de cette relation des temps, Benveniste privilégie
l'emploi particulier du passé simple dans un type particulier d’énoncé
qu'il appelle "le récit historique". Il fera des formes verbales (l’impar-
fait, le plus-que-parfait et le conditionnel) qui gravitent autour du pas-
sé simple, tout un système.
A) La notion de l’objectivité du récit :
Pour Benveniste le passé simple reste le temps principal auquel serait rattachée la notion d'objectivité du récit qui se définit,
selon les linguistes, par l'absence de toute référence au narrateur "les événements sont racontés comme ils se sont produits à
mesure qu'ils apparaissent à l'horizon de l'histoire". Personne ne parle ici ; les événements semblent se raconter eux-mêmes.
 Exemple illustratif :
"Après un tour de galerie, le jeune homme regarda à tour à tour le ciel et sa montre, fit un geste d'impatience, entra dans un
bureau de tabac, il alluma un cigare, se posa devant une glace, et jeta un regard sur son costume, un peu plus riche qui ne le
permettent en France les lois du goût. Il rajusta son col et son gilet de velours noir sur lequel se croisait plusieurs fois une de ces
grosses chaînes d'or fabriquées à Gênes ; puis, après avoir jeté par un seul mouvement sur épaule gauche son manteau doublé
de velours en le drapant avec élégance, il reprit sa promenade sans se laisser distraire par les œillades bourgeoises qu'il rece-
vait. Quand les boutiques commencèrent à s'illuminer et que la nuit lui parut assez noir, il se dirigea vers la place du Palais-Royal
en homme qui craignait d'être reconnu, car il côtoya la place jusqu'à la fontaine, pour gagner à l'abri des fiacres l'entrée de la
rue
Froidemanteau......"
 L'extrait de Gambara, une nouvelle de Balzac parue en 1837.

• Le texte est là, sous nos yeux, sans être proféré (raconté /dit) par personne, et aucune des informations qu'il contient n'exige,
pour être comprise ou appréciée, d'être rapportée à sa source, évaluée par sa distance ou sa relation au locuteur.
 Les temps du récit (histoire), selon Benveniste :
Le plan d'énonciation historique caractérise le récit des événements passés, et comporte trois temps :

1- L’aoriste (= le passé simple ou passé défini « action achevée ponctuelle. »


2- L’imparfait (y compris la forme en -rait- du conditionnel)
3- Le plus-que-parfait

Remarque :
Faut-il, en l'occurrence, signaler qu'au niveau du mode d'énonciation d'un récit autobiographique, on peut rencontrer le présent
de l'énonciation qui renvoie au moment de l'écriture, comme c'est le cas dans "la Boîte À Merveilles" d'Ahmed Serfoui ou l'em-
ploi du présent dans ce récit de vie permet aussi à l'auteur d'intervenir dans ce dernier pour commenter des faits passés.

• Exemple tiré du chapitre 9 de la B.A.M:

"Je me souviens, je le souviens de…«

Ce qui marque une polyphonie/ double énonciation dans le récit, celle du "je" du jeune narrateur(l'enfant) qui raconte et le "je"
du narrateur adulte qui commente.
 Les temps du discours, selon Benveniste :
Inversement, l'énonciation du discours suppose, selon Émile Benveniste, « un locuteur et un auditeur (interlocuteur) et chez le
premier l'intention d'influencer l'autre en quelque manière. » Elle, l’énonciation du discours, regroupe tous les genres (discus-
sion, débat, conversation, discours politique, discours publicitaire) où quelqu'un s'adresse à une ou à plusieurs personnes et or-
ganise ce qu'il dit selon la situation de communication :

1)Qui ?
2)À qui ?
3)Où ?
4)Quand ?
5)Comment ?
6)Pourquoi ?

Dans ce cas. Tous les temps sont possibles (sauf l'aoriste "passé simple").

• Exemple illustratif :

J'attendais pour vous écrire que j'eusse un séjour fixe. Enfin je suis décidé je passerai l'hiver ici.

Remarque :
L’emploi d’un nombre de temps (passé composé, l’imparfait, le futur simple, le subjonctif imparfait) mais pour ce qui concerne
la signification, au par opposition au récit qui est autonome, de ce discours, elle dépond (est lié) de la situation dans laquelle il a
été produit.
Les déterminations essentielles (qui est le « je » ? qui est le « vous » ? quel lieu désigne « ici » ?) ne peuvent être déchiffrées que
grâce à la situation d’énonciation.
B) La notion de subjectivité du discours:
D’où en jargon linguistique la subjectivité du discours qui marque explici-
tement la
présence ou la référence "je" qui se définit comme personne qui tient ce
discours, de même le présent, qui est le temps par excellence du mode
discursif qui se définit et
marque la coïncidence de l'événement décrit avec le discours qui le
décrit .
(au même moment).
Conclusion :
Pour conclure faut-il ajouter, par la même occasion, que ces deux
systèmes concernant les temps verbaux du récit et du discours ne se
trouvent presque jamais à l’état pure dans un texte : Il y a souvent une
dose de discours dans un récit et une certaine proportion de récit dans un
discours.
Ce qui peut justifier cette approche de l’analyse du discours et du récit
de ces accidents parfois microscopiques des exigences du récit et les
nécessités du discours.
Sitographie:

 « La théorie de Benveniste et l’organisation des


systèmes verbaux. » (Persée).

 Benveniste.E,1959 « Les relations de temps dans le


verbe français » dans les Problèmes de linguistiques
générale ; pages :237.250 .

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