Les étapes de laboratoire en
prothèse fixée
Elaboré Par :
Kaabachi Zeineb
Jerbi Salah
Plan
Introduction
Traitement de l’Empreinte Globale
Préparation du modèle de travail
Le découpage
Le détourage
Le traçage de la ligne de finition
Application du vernis d’espacement
La sculpture de la maquette en cire
La mise en cylindre
Elimination de la cire
La chauffe du métal
La coulée du métal
Démoulage des pièces prothétiques
Montage de la céramique pour une prothèse ceramo-métallique
Montage de la facette en résine
Introduction
An niveau du laboratoire, la recherche de la précision des pièces prothétiques
nécessite une bonne connaissance des matériaux utilisés et une bonne
maîtrise des différentes étapes de la chaîne prothétique .
Avant d’entammer ces étapes , on valide l’empreinte globale dont ses objectifs sont
l’enregistrement des préparations et leurs rapports avec les dents adjacentes , ainsi que
l’enregistrement de la partie au-delà de la ligne de finition appelée zone d’information
anatomique.
I. Traitement de l’Empreinte Globale
1- Désinfection
Avant la coulée, l’empreinte globale doit être nettoyée à l’eau courante
jusqu’à
disparition de toute trace de sang puis décontaminée à l’aide d’une
solution désinfectante soit par pulvérisation ou immersion. La
décontamination peut être faite en Clinique ou au laboratoire.
2- Coulée
La coulée des empreintes globales se fait en utilisant un plâtre dur ou
extra dur.
Un mélange trop liquide donne un plâtre poreux et fragile mais
lorsque il est épais , il va présenter une expansion très importante. Le
malaxage sous vide est recommandé en respectant les dosages.
Finalement , on obtiendra le modèle de travail
II. Préparation du modèle de travail
2-1- Caractéristiques du modèle de travail
Le modèle de travail occupe une place prépondérante dans la chaîne prothétique. Il sert non
seulement de point de départ à la réalisation des pièces prothétiques , mais aussi de moyen
de contrôle de certaines étapes.
- Il doit être exempt de bulles surtout au niveau des lignes de finition
- Il ne doit présenter aucune déformation
- Il doit être préparé pour permettre l’accès aux limites cervicales lors de
l’élaboration des maquettes en cire.
2-2- Taille du modèle:
- En fer à cheval au niveau maxillaire et mandibulaire
- Aplanir les bords du modèle.
- Meuler la base du modèle jusqu’à obtenir une surface plate lisse et régulière
- La hauteur du modèle de sa base aux limites cervicales des préparations doit
être au moins de 15mm.
2-3- Mise en place des dowel pins
2-3-1- Principe du système Pindex
- Le système Pindex consiste à forer sous l’arcade préalablement taillée
en « fer à cheval », deux pertuis parallèles par élément amovible.
- Des dowel pins en laiton sont par la suite collés à l’aide de la colle
cyanoacrylate au dépend de ces pertuis sur lesquels viennent s’ajuster
des gaines plastiques. Dans un second temps, un socle en plâtre est
réalisé dans lequel ces gaines seront emprisonnées. Les différents
éléments se séparent ensuite facilement après découpe à la scie
(découpage des MPU).
2-3-2- Précautions à prendre
a- Lors du forage des puits
- Le modèle doit être maintenu fermement sur le plateau de l’appareil.
- Le levier d’élévation du foret doit être actionné lentement.
- Les puits devront être forés successivement à leur profondeur maximale.
- Pour obtenir un bon résultat, le modèle doit être légèrement humide afin d’éviter
les éclats de plâtre autour des puits.
b- Lors de la mise en place des dowel pins métalliques
Chaque élément doit recevoir deux pins de longueurs différentes.
Ce procédé évite :
- Tout risque de rotation des MPU
- La possibilité d’insérer un MPU à l’envers.
Après avoir éliminé les débris de plâtre à l’air comprimé, les pins sont fixés à la colle
cyanoacrylate.
- Lors de la mise en place des dowels-pins, la principale erreur est leur
mauvaise orientation, celle-ci peut rendre impossible la désinsertion
du MPU et la réalisation de la maquette en cire
- La réalisation du socle
III. Le découpage
Impératifs:
1- les MPU doivent pouvoir s’insérer et se désinsérer aisément sans risque
d’erreur ou d’imprécision dans le repositionnement au sein du modèle.
2- Les MPU doivent être parallèles entre eux de façon à permettre la
désinsertion sans déformation des constructions plurales.
3- Les MPU doivent être compatibles avec les différents systèmes de mise en
articulateur.
4- les MPU doivent pouvoir résister à l’usure provoquée par les nombreuses
manipulations et garder très précisément leurs rapports avec les éléments adjacents.
Lors du fractionnement, une coupe de contre dépouille rend la désinsertion impossible
Le fractionnement des différents secteurs du modèle de travail s’effectue au moyen
d’une fine lame, afin de ne pas détériorer les limites des préparations même en cas de
proximité radiculaire.
La scie circulaire électrique offre l’avantage de réaliser rapidement des
fractionnements rectilignes et parallèles qui permet une désinsertion aisée
des différents éléments.
Lorsque le dowel-pin est placé dans un axe non identique à l’axe de la
préparation; la désinsertion du MPU devient impossible après découpage.
IV. Le détourage
Le détourage consiste à éliminer par un fraisage très délicat, l’empreinte des tissus
gingivaux autour de la ligne de finition. Ceci permet d’exposer la limite de la
préparation ainsi que la partie de la dent en dessous ou zone d’information anatomique.
1- Objectifs
C’est une étape clinique très importante qui doit être réalisée par le praticien lui-
même. En effet , Le détourage assure :
Une bonne visibilité de la ligne de finition.
Un bon accès aux instruments de modelage.
Le contrôle de l’adaptation cervicale de la pièce prothétique lors de la
sculpture et après la coulée du métal et l’application du matériaux cosmétique.
2-Technique : la gorge périphérique
Cette technique consiste à réaliser, à l’aide d’une fraise poire montée sur
pièce à main, une gouttière située à 1 mm de la ligne de finition, l’empreinte
de la gencive marginale est ensuite éliminée avec une lame de bistouri.
Il n’est pas conseiller de réaliser sous les limites cervicales, des zones de contre
dépouille ou une gorge très marquée car l’instrument utilisé pour la finition
prenant appui sur le socle du MPU peut laisser une épaisseur excessive de cire à
l’origine d’un profil peu favorable à la santé parodontale. De plus, il y a un
risque de fracture de l’MPU.
V. Le traçage de la ligne de finition
Une fois le détourage est terminé, les lignes de finition sont soulignées avec un crayon
exempt de graphite, dans le but de les visualiser aisément.
VI. Application du vernis d’espacement
Pour aménager l’espace nécessaire au matériau d’assemblage et permettre une insertion
complète de la prothèse, chaque moignon est enduit d’une couche de vernis d’espacement,
d’épaisseur réduite (20 μm environ). Ce dernier doit être sans interférence avec la ligne de
finition où la précision d’adaptation doit être maximale. Son application doit s'arrêter à
1mm de la ligne de finition .Quelle que soit la marque utilisée, le vernis d’espacement doit
être toujours coloré pour maîtriser parfaitement son application.
VII. La sculpture de la maquette en cire
La maquette en cire est la préfiguration de l’élément prothétique coulé; la bonne
qualité de la prothèse dépend de son élaboration
Elle peut être obtenue par :
Technique de la cire par soustraction
Technique de cire par addition
Les cires destinées à l'élaboration des maquettes présentent un potentiel de
déformation important d’origine physique, mécanique et structurale d’où
l’imprécision importante qui se répercutera sur l’adaptation marginale des éléments
prothétiques.
- Le comportement dimensionnel des cires implique les précautions suivantes :
Le travail de la cire en petites quantités et à une température bien contrôlée.
La remargination des lignes de finition à l’aide d’une cire spécifique dite inerte tout
en évitant le dépassement de la cire au-delà de la limite tracée.
Lors de la réalisation de la maquette en cire, un soin tout particulier doit être apporté
à la finition des bords cervicaux, afin d’éviter les corrections délicates et toujours
imparfaites lorsque la pièce est coulée.
La mise en revêtement le plus rapidement possible.
La cire inerte
L’obtention d’un élément prothétique coulé à partir d’une maquette en cire sous-entend 3
étapes :
1) La mise en revêtement de la maquette:
C’est l’étape qui consiste à enrober l’élément en cire d’un matériau capable de résister à de très
hautes températures, nécessaires à la fusion de l’alliage, dit
MATERIAU REFRACTAIRE
2) Elimination de la cire :
Cette étape a pour but de laisser un moule qu’occupera l’alliage.
3) La coulée de métal
Fonderie de précision à la cire perdue consiste à couler un alliage liquide dans
un moule reproduisant une pièce donnée
[Link] mise en cylindre
1- Le cylindre de coulée:
a- Rôle: il fait office de coffrage.
b- Taille: conditionnée par l’importance de la maquette en cire.
On distingue:
Des cylindres qui permettent l’expansion de prise du revêtement
- Ce sont des cylindres déformables (en caoutchouc, en carton, ou en plastique)
- Ils sont retirés avant la mise en four.
- L’expansion thermique se fera librement
Des cylindres en métal (cuivre, nickel, acier....)
Ce sont des cylindres rigides qui ne permettent pas l’expansion du métal, dans
ce cas il faut doubler l’intérieur du cylindre d’une feuille de fibre de silice
d’environ 1mm d’épaisseur.
2- Le cône:
a- Rôle :
sert de support à la maquette en cire
guide le métal en fusion pendant la coulée
b- Taille : fonction de la taille du cylindre.
c- Matière: il peut être en métal, en plastique en caoutchouc ou en cire.
3- La tige de coulée:
a- Rôle: elle sert d’axe de coulée pour le métal en fusion à travers le revêtement jusqu’à
la pièce à couler après élimination de la cire par chauffage.
b- Section: ronde
c- Diamètre: entre 3,5 et 5 mm (selon l’importance de la maquette à couler).
d- Trajet : doit être rectiligne
e- Positionnement sur la maquette: on place toujours la tige de coulée sur la partie la
plus haute de la face occlusale pour que le flux du métal frappe les parois du moule le
plus tangentiellement possible.
f- Le point de fixation : doit être renforcé pour éviter le détachement au moment de la
mise en revêtement et suffisamment fin pour ne pas trop endommager la sculpture de la
maquette.
g- La nourrice: il s’agit de la zone de ventilation de la tige de coulée
et c’est là ou le refroidissement s’effectue en dernier lieu ce qui
permet d’accumuler les impuretés en dehors de l’armature métallique.
4- La feuille de fibre de silice
a- Rôle
Sert d’amortisseur contre lequel le revêtement vient appuyer lors de son expansion
facilite la désinsertion de la masse de revêtement contenant les éléments
métalliques.
5- Le matériau de revêtement:
On distingue
- Les revêtements à liant de plâtre
- Les revêtements à liant phosphate
Rôle du revêtement:
Permettre une reproduction précise des détails morphologiques des maquettes en cire.
Pouvoir résister à l’élévation de température lors du chauffage du cylindre et
aux pressions dues à l’arrivée de l’alliage fondu dans le moule.
Compenser la contraction de solidification de l’alliage.
6- La mise en cylindre proprement dite
Avant la mise en revêtement, le badigeonnage au « débblublizer » est conseillé.
Il dégraisse et empêche la formation de bulles. Ceci facilite le mouillage de la
maquette par la première couche du matériau réfractaire
La maquette en cire est fixée au niveau du cône, la paroi interne du cylindre
est tapissée d'une feuille de matériau élastique (papier garniture).
Le socle est placé à la partie inférieure du cylindre, la maquette en cire se
retrouvant au centre du cylindre.
On prépare le revêtement et on commence par remplir d'abord la maquette en
cire en revêtement puis on remplit tout le cylindre jusqu'au bord supérieur. Le
remplissage peut se faire sous vide ou manuellement aidé par un vibreur
Une fois la prise du revêtement est terminée, on taille le fond du cylindre ce
qui favorise le dégazage et donc permet un meilleur écoulement de l’alliage.
Cela rend aussi le cylindre plus stable
IX. Elimination de la cire
Il existe différentes méthodes pour éliminer la cire des moules réfractaires avant leur
mise au four pour la coulée:
1ère méthode : Utiliser l’eau bouillante
2ème méthode : Chauffer le cylindre dans un four électrique
3ème méthode : Utiliser la vapeur d’eau
X. La chauffe du métal
L’alliage se présente sous forme de « plots». Au cours de la coulée, cet alliage doit se
transformer grâce à un apport calorique-de l’état solide à l’état liquide ; c’est la chauffe du
métal.
Plots de métal
Le cylindre porté à la température voulue est retiré du four puis placé dans une
centrifugeuse.
L'alliage placé dans un creuset qui fait face au cône de coulée du cylindre est fondu
rapidement au chalumeau puis injecté dans le moule grâce à la force centrifuge de la
centrifugeuse que l'on aura mis en marche.
Le chalumeau devra être bien réglé, c’est-à-dire le coeur de la flamme
(mélange proprane-oxygène) doit faire 5 mm de long environ.
Proprane : 1 bar
Oxygène : 2 à 3 bars environ
- L’idéal est d’utiliser un chalumeau avec bec « douchette ».
La désintégration des lingotins et l’agitation de la masse fondue sous l’effet de la flamme
sont le signe que c’est le moment de couler
XII. Démoulage des pièces prothétiques
1
Après centrifugation on récupère le cylindre et on le laisse refroidir avant de le
démouler.
Démoulage du cylindre 2
Apres démoulage, on coupe les tiges à ras en utilisant un disque. Il faut faire
attention de ne pas découper au dépend de l’épaisseur de l’armature.
3
Masselotte (tige coulée, cône coulée)
La sableuse permet de nettoyer les pièces prothétiques du revêtement
Armature métallique pour prothèse céramo métallique 4
[Link] de la céramique pour une
prothèse ceramo-métallique
1-Sablage de l’armature métallique
2-Application d’une 1ére couche d’opaque
3-Application d’une 2éme couche d’opaque
4-Application de la céramique: couche par couche
5-Four de cuisson
- La cuisson de la céramique obéit à un cycle bien déterminé passant par différents paliers de température.
- La liaison entre le métal et la céramique est de 3 types :
Chimique, Physique, Mécanique.
Une liaison chimique par échange ionique entre le métal, les oxydes de
l’interface, et la céramique
Une liaison physique due aux forces de Vander-Walls qui assurent le
mouillage du métal
Une liaison physicomécanique consécutive à la différence de dilatation
thermique entre l’alliage et la céramique; il en résulte un phénomène de
contraction de la céramique sur l’armature métallique (frettage) et un micro-
clavetage du verre dans les micro anfractuosités du métal
[Link] de la facette en résine
(prothèse métallo résineuse)
La rétention de la résine est purement mécanique assurée par des billes de
rétention. Elles sont mises en place dès l’étape de la maquette en cire.
- On commence par l’application d’une couche d’opaque suivie d’une cuisson qui s’effectue
pendant 12 min à 120°C.
- Le montage de la facette en résine se fait par l’application de 2 pates (incisale et dentine) à
l’aide d’une spatule.
- Une cuisson est effectuée à 120°C pendant 20 minutes.
- Un dégrossissage est réalisé après refroidissement à l’aide des meulettes et des disques suivi
d’un polissage.
Armature métallique d’un Application d’une couche
bridge métallo-résineux d’opaque
Montage de la facette en
Dégrossissage
résine
XV. La CFAO
1- Définition:
C’est la conception fabrication assistée par ordinateur; qui comporte 2 grandes étapes
qui sont la conception assistée par ordinateur (CAO) et la fabrication assistée par
ordinateur (FAO).
2- Principe:
Il s’agit d’une technique informatisée se basant sur une modélisation virtuelle(CAO)
associant une phase d’usinage où la pièce prothétique sera obtenue par fraisage dans un
bloc de céramique (FAO).
a- Etape1 : Scannage du modèle dans ; cas de CFAO indirecte
b-Etape 2: La conception assisté par ordinateur (La CAO)
c- Etape 3 : La fabrication assistée par ordinateur ( La FAO)
- La FAO est régie par un logiciel de FAO qui pilote la machine-outil.
- Ce logiciel programme le parcours des outils qui composent la machine en fonction des
outils qu’elle contient, de la vitesse de coupe et d’avance, et de la stratégie d’usinage
3- Exemples des matériaux usinables pour CFAO
Conclusion
Toute imperfection ou erreur de communication peut aboutir à un échec prothétique , c’est
pour cette raison le praticien doit avoir une bonne connaissance sur les étapes de
réalisation de la prothèse.