Procédure Civile : Concepts Clés
Procédure Civile : Concepts Clés
Assuré par:
Dr. JDAINI Bouchra
Professeur en Droit Privé à
La Faculté des Sciences Juridiques, Economiques
et Sociales-Agadir
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L’application des règles de procédure civile ne s’arrête
pas dès que la première décision est prononcée. Le
principe du double degré de juridiction et le contrôle qui
peut être exercé par la juridiction suprême sur les
différentes juridictions de fond, ont pour conséquence de
faire prolonger son domaine d’intervention au de-là de la
prononciation du jugement par la juridiction du premier
degrés.
La procédure civile régit, aussi l’exécution des
décisions rendues par les différentes juridictions. Elle
prévoit, a cet effet, les moyens susceptibles de prendre
aux litigants, dont la cause a été rendue, d’obtenir
l’exécution de la décision rendue en leur faveur.
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Les caractéristiques de la procédure civile
L’instance civile est en grande partie, dirigée par les
parties du litige. En effet, c’est cet élément qui constitue
la principale caractéristique de cette discipline dont tous
les actes doivent être formulés par écrit.
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Le caractère accusatoire: امي3الته3 ا3لطابع33ا
La procédure est dite inquisitoire, quant l’instance est
entièrement dirigée par la juridiction compétente. En
revanche, elle est dite accusatoire quand la juridiction
saisie se contente de trancher en fonction des éléments
versés par les litigants qui se chargent dans ce genre de
procédure de la direction de l’instance.
De nos jours la procédure civile est devenue hybride. Elle
est accusatoire dans certaines phases et inquisitoire
dans d’autres. En effet, ce sont les parties qui dirigent
principalement l’instance qui déterminent sa portée.
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Néanmoins la juridiction compétente joue, de tout même
un rôle dont l’importance ne peut être négligée. Ce rôle
trouve son fondement dans l’exercice du pouvoir
d’appréciation souverain que la loi accorde aux juges
ainsi que dans la possibilité d’agir d’office sans qu’il y ait
une requête spéciale des parties.
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Le caractère écrit:
La procédure en matière civile est, en principe écrite. Par
conséquent, tous les actes de procédure, produits par
les parties, accomplis par les juridictions ou réalisés par
les auxiliaires de justice doit faire l’objet d’un écrit.
Même l’enquête, qui est une mesure d’instruction
basée sur l’audition des parties et des témoins, donne
lieu à la rédaction d’un procès verbal.
Néanmoins, par dérogation à ce principe, l’oralité
demeure applicable devant les tribunaux de première
instance dans le cadre des affaires limitativement
déterminées par la loi (Art: 45 du CPC).
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Cette dérogation s’étend aux cours d’appel et la cour de
cassation devant lesquelles la procédure est toujours
écrite
Le caractère écrit de la procédure engendre l’obligation
pour les justiciables d’être assisté d’un avocat. Cette
obligation découle du fait que seules les personnes qui
exercent cette profession sont habilitées à introduire des
requêtes, des mémoires et des conclusions en justice.
Les litigants peuvent choisir un mandataire autre qu’un
avocat à condition d’obtenir une autorisation du président
du tribunal de première instance.
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Les parties de l’action civile:
L’action civile met en opposition deux parties
principales.
D’un côté celui qui saisit, par le biais d’une requête ou
d’une déclaration, une juridiction déterminée et celui
qui lui soumet une ou plusieurs demandes en vue
de leur examen, qui est dit le demandeur. De
l’autre, celui contre lequel les demandes sont
présentées et dont la condamnation est requise, qui
est dit le défendeur.
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Le cas échéant, le demandeur et le défendeur peuvent
faire intervenir dans le litige un tiers s’il estime que sa
présence peut leur être bénéfique.
Par ailleurs, un tiers peut aussi intervenir de lui-même
dans une action s’il estime que la décision qui sera rendu
risque de porter atteinte à ses intérêts.
De son côté, le ministère public peut aussi intervenir
dans une action civile. Cette intervention peut être soit
imposée par la loi soit décidée par le ministère public lui-
même
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Le demandeur:
Toute personne prétendant à un droit peut saisir la justice
et lui demander d’examiner le bien-fondé de sa
prétention. La recevabilité de cette saisine est, tout de
même, subordonnée à la réunion de trois conditions qui
sont l’intérêt, la capacité et la qualité.
Le demandeur est celui qui a usé de son droit d’accès à
la justice. C’est lui qui prend l’initiative du procès et qui
déclenche l’action par le dépôt d’une requête ou par
déclaration faite au greffe.
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En contrepartie, le demandeur doit supporter la triple
charge de l’allégation des faits, de leur preuve et de leur
pertinence.
Une action en justice est, en principe exercée par un
seul demandeur. Néanmoins, rien n’empêche plusieurs
demandeurs de présenter une requête commune
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Le défendeur:
Le défendeur est celui contre lequel une action est
intentée. Des trois conditions devant se réaliser
chez le demandeur, le demandeur ne doit avoir que
les deux dernières.
En effet, la requête introductive d’instance ne peut
pas être présentée à l’encontre d’un incapable ou
d’une personne qui n’est pas habilitée à ester en
justice.
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Le demandeur peut adresser sa requête à l’encontre
de plusieurs défendeurs. La recevabilité de cette requête
exige la réunion de deux conditions supplémentaires :
- La première est une condition de fond. Elle
nécessite que toutes les personnes attaquées soit ,liées
au même litige;
- La seconde est une condition de forme. Elle
consiste en l’obligation de présenter autant de copies de
la requête s’il y a de défendeur.
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Le ministère public:
L’intervention du ministère public dans un procès civil
peut se faire soit comme:
-Partie principale: Il agit d’office comme demandeur ou
défendeur, dans les cas expressément déterminés par
la loi. Le ministère est tenu dans ce cas d’assister à
toutes les audiences, en vertu des dispositions de
l’article 10 du CPC. Les décisions rendues en violation
de cette formalité s’exposent à l’annulation.
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-Intervention comme partie jointe :peut être soit
obligatoire soit facultative. Le ministère public agissant en
cette qualité ne dispose pas des voies de recours. Sa
présence aux audiences n’est pas obligatoire. Ses
membres ne peuvent pas être récusés par les parties.
-Intervention obligatoire: Dans toutes les causes qui
doivent lui être communiquées en vertu de la loi (art 9 du
CPC). La violation de ces disposition peut être évoqué en
tant que motif de cassation.
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-Intervention facultative: le ministère public peut
prendre connaissance de toutes les causes et demander
à intervenir dans certaines d’entre elles, s’il estime que
son intervention est nécessaire
La juridiction de fond peut aussi en dehors des cas
prévus à l’article 9 , décider, d’office, de communiquer
une cause au ministère public. Aussi bien dans le premier
que le second cas, le ministère public ne dispose
d’aucune voie de recours.
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Première partie:
l’action en justice
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Chapitre I: La notion d’action en
justice
Section I: Définition
Le code de procédure civil marocain n’a pas défini
l’action contrairement au nouveau code de procédure
civil français qui prévoit dans son article 30:«L’action est
le droit pour l’auteur d’une prétention d’être entendu
sur le fond de celle-ci afin que le juge la dise bien ou
mal fondé.
Pour l’adversaire, l’action est le droit de discuter le
bien fondé de cette prétention ».
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Mais la définition du législateur français n’est pas
parfaite car:
-Elle a limité le domaine de l’action aux cas ou l’on veut
être entendu sur le fond ce qui est faux (exemple: le
référé)
-Elle a utilisé le terme droit qui est impropre, car il s’agit
d’une faculté pour le demandeur et d’un droit vis-à-vis du
défendeur.
Aussi la jurisprudence française a retenu la définition
suivante: « l’action est le pouvoir reconnu aux particuliers
de s’adresser à la justice pour obtenir le respect de leur
droit et de leur intérêt légitime ».
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Section II: Les caractères de l’action
L’exercice de l’action est facultatif et libre.
-L’exercice de l’action facultatif: ce qui signifie que le
demandeur n’est pas obligé de l’exercer. Il a un pouvoir
d’appréciation. Ce n’est pas le cas concernant la
procédure pénale où l’action publique est exercée par le
Ministère public sans l’accord de l’intéressé.
Le caractère facultatif n’est pas retenu en matière
commerciale notamment en matière de difficulté de
l’entreprise et la liquidation judiciaire où l’action peut
être engagée par le tribunal ou le Ministère public à
l’insu des personnes concernées.
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-L’exercice de l’action libre: Il ne constitue pas une
faute en soi-même en cas d’ échec, et par conséquent
son auteur n’a pas à payer des dommages-intérêts.
Toutefois, le droit d’agir est libre à condition qu’il n’y soit
pas abus de ce droit. D’autres part, le plaideur qui agit en
justice d’une manière dilatoire ou abusive peut être
condamné au paiement d’une amende civile ( article 163,
305, 407 du code de procédure civile).
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Chapitre II: Les conditions d’exercice
de l’action
Selon une conception traditionnelle, le droit d’agir
suppose quant à la personne qui en est titulaire un intérêt,
une qualité et la capacité. En fait, la capacité n’est pas
une condition de l’action mais plutôt une condition de
régularité de l’exercice de celle-ci.
Les deux conditions générales du droit d’agir sont
l’intérêt et la qualité, mais le code de procédure civile
marocain a retenu la conception traditionnelle puisque
l’article premier a prévu également la capacité.
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Section I: L’intérêt
Pour exercer une action en justice, il faut avoir
un intérêt à agir. C’est ce qu’expriment les
deux adages: « Pas d’intérêt pas d’action »,
« L’intérêt est la mesure de l’action ».
Il est toutefois admis qu’une personne n’a un
intérêt à agir que si cet intérêt présente trois
caractères: il doit être juridique, direct et
personnel, né et actuel.
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Paragraphe I: L’intérêt doit être juridique
L’intérêt juridique: pécuniaire ou moral, doit
être fondé sur un droit et tendre à la
protection de ce droit.
Pécuniaire: exemple: réclamer le paiement
d’une créance ou moral; la personne
demande, dans ce cas, réparation non pas
du dommage matériel qu’elle a subi dans
son patrimoine, mais réparation du préjudice
qu’elle éprouve dans des affections ou par
suite d’une atteinte à sa réputation.
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Paragraphe II: L’intérêt doit être direct et
personnel
L’exigence du caractère direct de l’intérêt est une
condition qui vise à limiter le nombre de personnes
pouvant ester en justice en raison de la même
prétention. Cette condition, concerne notamment les
personnes morales, telle que les associations, qui ne
peuvent pas demander réparation pour le dommage
personnel subi par l’un de leur membre.
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Le caractère direct de l’intérêt a pour conséquence de
réserver ce droit au membre concerné.
De même, les syndicats peuvent ester en justice en
vue de la réparation du préjudice subi par l’intérêt collectif
de la profession qu’ils représentent. En revanche, ces
organisations ne peuvent pas agir en justice pour
défendre un intérêt individuel propre à l’un de leur
adhérent.
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Paragraphe III: L’intérêt doit être né et actuel
Le droit d’action suppose un intérêt né et actuel ce qui
signifie que l’intérêt qui est en considération ne peut
être que celui qui existe au moment où l’action est
exercée. Un intérêt futur ou éventuel ne saurait en
principe être suffisant, ce qui conduit à déclarer
irrecevables les actions préventives et provocatoires.
Les actions préventives sont celles qui tendent à obtenir
du tribunal qu’il se prononcent alors que le procès ne
procure aucun avantage au demandeur.
Les actions provocatoires sont celles par lesquelles le
demandeur force une personne qui se vante d’avoir un
droit à justifier ses allégations
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Section II: La qualité
La qualité qualifie le rapport liant le demandeur à la
chose objet du litige. C’est ce rapport qui lui procure le
droit d’agir en justice.
Cette condition doit se réaliser aussi bien chez celui qui
soulève une prétention que chez celui qui veut la
combattre. Ainsi, le paiement d’une créance ne peut
être exigé que par le créancier et à l’encontre du
débiteur.
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De même, l’action civile en réparation ne peut être
exercée que par la victime qui a subi un dommage et
contre l’auteur de l’acte préjudiciable ou celui qui est
considéré par la loi comme étant civilement responsable.
La qualité doit être clairement précisée dans la requête.
Le demandeur doit dire s’il s’agit en son nom en vertu
d’un mandat légal, en tant que tuteur, en vertu d’un
mandat conventionnel, entant que mandataire ou entant
qu’avocat.
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Section III: La capacité
La capacité est la possibilité d’avoir des droits et de
répondre à des obligations. Elle peut être de jouissance
ou d’exercice. La capacité de jouissance est l’aptitude
d’une personne à jouir de tous les droits qui lui sont
reconnus par la loi. La capacité d’exercice peut être
définie comme étant l’aptitude d’une personne à exercer
les droits dont elle a la jouissance. Cette capacité est
reconnue à toute personne dès sa naissance.
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Le droit d’agir en justice est subordonné à la capacité
d’exercice. Celui qui ne dispose pas de cette capacité
pour cause de minorité ou de démence ne peut pas
intenter une action en justice. C’est son représentant
légal, qui doit agir en son nom
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Chapitre III: La classification des actions
La classification des actions peut être faite soit en
fonction des objectifs que les demandeurs visent à
atteindre soit en fonction du droit qui leur sert de
fondement.
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Section I: Les actions personnelles,
réelles et mixtes
L’action est réelle quand elle concerne un droit réel
(revendiquer le droit de propriété d’un
bien).
L’action est personnelle quand elle concerne un droit
personnel (revendiquer une créance).
L’action est mixte lorsque le titulaire du droit est en
mesure d’invoquer à la fois un droit
réel et un droit personnel.
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Cette classification permet de déterminer le tribunal
compétent et les règles de procédure.
-L’action personnelle est portée en principe devant le
tribunal du domicile du défendeur.
-L’action réelle est de la compétence du tribunal de
la situation du bien litigieux.
-L’action mixte peut être portée au choix du
demandeur devant le premier ou le second tribunal.
Sur le plan de la procédure, l’action réelle peut être
intentée contre tout détenteur de la chose, alors que
l’action personnelle ne peut être engagée que contre les
sujets passifs du droit d’obligation.
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Section II: Les actions mobilières et les
actions immobilières
Cette classification
s’inspire de l’obligation de droit
revendiqué. L’action qui a pour objet
de procurer un meuble est mobilière,
alors que l’action qui a pour objet de
procurer un immeuble est immobilière.
L’action mobilière est toujours de la compétence du juge de
proximité lorsque la demande
n’excède pas la valeur de 5000 DH, et
est de la compétence du tribunal de
première instance lorsque la valeur est
supérieure à cette somme.
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Le tribunal de première instance connaît:
-En premier ressort à charge d’appel devant les chambres
d’appel de première instance, les demandes jusqu'à la
valeur 20 000 DH.
-En premier ressort à charge d’appel devant la cour
d’appel les demandes supérieures à 20 000 DH.
L’action immobilière est la compétence du tribunal de
première instance qui rend sa décision en premier
ressort à charge d’appel devant la cour d’appel.
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Section III: Les actions pétitoires et les
actions possessoires
Cette distinction concerne les actions immobilières.
L’action pétitoire est destinée à protéger le titulaire d’un
droit réel immobilier, par exemple:
l’action en revendication d’un
immeuble est une action pétitoire, elle
doit être exercée par le propriétaire.
L’action possessoire est destinée à protéger le
possesseur d’un bien, elle est exercée
en cas de trouble à la possession.
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L’intérêt de la distinction réside dans le régime
juridique des actions concernées. L’action pétitoire est
soumise au régime du droit commun des actions en
justice. L’action est soumise à des règles particulières
(article 166 à 170 du CPC).On distingue 3 sortes
d’actions possessoires:
La complainte: C’est une action qui peut être exercée
par le possesseur d’un immeuble. Elle tend à faire cesser
un trouble grave et actuel de la possession.
Les troubles ordinaires ne peuvent pas justifier
l’exercice de cette action. Ils permettent seulement à
celui qui en a souffert d’exercer une action en vue de la
réparation du préjudice qu’il a subi.
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Le trouble justifiant l’exercice de cette action est celui qui se base sur la
manifestation d’une prétention quelconque à un droit sur l’immeuble.
La dénonciation de nouvel œuvre :C’est une action possessoire à
caractère préventif. Elle vise à faire cesser les travaux effectués par un
voisin dont l’achèvement risque de provoquer un trouble grave pour le
demandeur. Elle représente l’un des rares cas où seule l’existence d’un
intérêt éventuel, voire , même futur suffit pour que l’action soit déclarée
recevable.
La réintégrante: C’est une action dont bénéficie la victime d’une voie de
fait, accompagnée ou non d’une violence. Elle a pour objet de permettre au
demandeur de réintégrer l’immeuble dont il a été dépossédé brutalement.
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Section IV: L’action paulienne et l’action
oblique
L’action Paulienne, que certains auteurs nomment aussi
action révocatoire, est celle par
laquelle le créancier demande
la révocation d’un acte conclu
par son débiteur qui est
susceptible de lui porter
préjudice. Ceci est le cas de
l’action visant à annuler la
vente d’un immeuble consenti à
vil prix par le débiteur.
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L’action Oblique, dite aussi l’action indirecte, est une
action exercée par le créancier contre le débiteur de son
débiteur. Mais contrairement à l’action paulienne, l’action
oblique ne vise pas à annuler un acte. Elle est un moyen
qui permet au créancier de se substituer au débiteur
négligeant dans l’exercice des différents recours à
l’encontre de ses débiteurs de ce derniers.
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Deuxième partie:
L’instance
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On entends par instance une suite d’actes de
procédure allant de la demande en justice jusqu’au
jugement. Ces actes diffèrent d’une procédure à une
autre et d’une juridiction à une autre. En effet, on
distingue la procédure ordinaire des procédures en cas
d’urgence.
Le procès ne se déroule pas uniquement dans le
cadre de ces procédures, il est souvent nécessaire de
recourir à des mesures d’instruction pour éclaircir
certains faits.
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Chapitre I: Les demandes
Les demandes sont les moyens utilisés par celui qui
déclenche le procès civil. Elles peuvent soit constituer
l’objet de la requête introductive d’instance soit
présentées dans des requêtes incidentes.
Dans le premier cas, elles sont dites principales ou
initiales. Dans le second, elles sont dites incidentes,
qu’elle que soit sa nature, la demande ne peut conclure
que si elle est fondée en fait et en droit.
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Section I: Les demandes principales
Devant le TPI, la demande initiale peut être présentée,
en vertu de deux modalités de saisine. Elle peut soit
être contenue dans un acte écrit, soit faire l’objet d’une
déclaration.
Dans le premier cas, le demandeur présente une
requête introductive d’instance. Dans le second, il se
contente de faire une déclaration auprès du greffe.
Cette déclaration doit être consignée dans un procès
verbal dressé par le secrétaire greffier conformément
aux dispositions légales. Cette deuxième modalité ne
peut être utilisée qu’en les matières dans lesquelles la
procédure est orale.
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Paragraphe I: La requête introductive
d’instance
Elle doit contenir plusieurs mentions dont le défaut est
sanctionné d’irrecevabilité. Elle doit déterminer clairement
le nom, la qualité et la profession du demandeur. Cet acte
doit aussi énoncer sommairement l’objet et la cause de la
demande ainsi que les fais et les moyens sur lesquels il
compte s’appuyer pour défendre sa prétention
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La détermination des parties, de l’objet et de la
cause permet de vérifier si un jugement ayant acquis
autorité de la chose jugée a déjà été rendu à propos du
même litige, l’objet correspond à la prétention soulevée
par le demandeur. La cause est constitué des éléments
sur lesquels la prétention est fondée.
Enfin le demandeur doit joindre à sa demande les
pièces dont il entend éventuellement se servir.
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Paragraphe II: La déclaration
Contrairement à la requête écrite, la déclaration est une
voie de saisine verbale. Elle doit être effectuée par le
demandeur en personne devant les agents
assermentés du greffe de la juridiction compétente. Le
secrétaire greffier qui a reçu la déclaration doit dresser
un procès verbal la constatant.
Le demandeur qui s’est contenté d’une déclaration doit
par la suite présenter un mémoire supplétif. Cet acte
écrit sert à exposer les causes de la demande et les
arguments sur lesquels le demandeur compte
s’appuyer.
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Section II: Les demandes incidentes
Les demandes incidentes sont introduites au courant de
l’instance. Elles viennent se greffer sur la demande
initiale et constituent en sa compagnie un atout
indissociable. Leur introduction permet aux parties de
modifier leur prétention et l’objet initial du litige en vue
d’adapter l’instance à l’évolution que les faits ont
connue.
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Paragraphe I: Les demandes additionnelles
Les demandes additionnelles sont celles par
lesquelles une partie modifie ses prétentions
antérieures. Cette demande peut émaner de toutes
les parties du procès. Elle peut être présentée par le
demandeur en vue de modifier la demande initiale,
comme elle peut être présentée par le défendeur qui
a présenté une demande reconventionnelle ou même
par le tiers qui a présenté une demande en
intervention.
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Paragraphe II: Les demandes reconventionnelles
Les demandes reconventionnelles sont des demandes
qui émanent du défendeur originaire et par le biais
desquelles ce dernier tente d’obtenir un avantage
quelconque. Leur prétention le transforme partiellement
en demandeur. Il est dit dans ce cas demandeur à la
reconvention. Le demandeur initiale devient, quant à
lui, défendeur de la reconvention.
La demande reconventionnelle est soumise aux mêmes
conditions exigées pour la recevabilité de la demande
additionnelle.
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Paragraphe III: Les demandes en intervention
Les demandes en intervention sont des demandes
incidentes émanant d’un tiers ou dirigées contre lui. La
demande présentée par un tiers qui désire intervenir
dans un litige est dite; demande en intervention
volontaire. Celle présentée contre un tiers afin de
l’impliquer dans le litige est dite demande en
intervention forcée.
La recevabilité des demandes additionnelles est
subordonnée à l’existence d’un lien suffisant avec la
demande initiale. La notion de lien n’a pas été définie
par la loi. L’appréciation de son existence est laissée au
pouvoir d’appréciation des juridictions de fond. La cour
suprême n’exerce, à ce titre, aucun contrôle.
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Chapitre II: Les mesures
d’instruction
Les mesures d’instruction sont les moyens auxquels
peut recourir les juridictions de fond, d’office ou à la
demande de l’une des parties.
Les conclusions tirées de ces mesures permettent à la
juridiction de fond de se constituer une idée claire à
propos d’une affaire. Elles peuvent aussi apporter la
preuve de certains faits ou leur négation pouvant
permettre à l’une des deux parties d’obtenir gain de
cause.
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Les mesures pouvant être effectuées au courant de
l’instruction d’une affaire ont été énumérées par l’article
55 CPC. Ces dernières sont respectivement, la visite des
lieux, l’enquête, la vérification d’écriture et le serment.
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Section I: L’expertise
L’expertise est une mesure d’instruction dans laquelle il
est fait appel à une personne de l’art. Sa réalisation
permet à la juridiction saisie de disposer de l’avis d’un
spécialiste sur une question à caractère technique dont
dépend la solution du litige. La mission de l’expert
consiste souvent en la déduction d’un résultat inconnu
d’un événement connu.
L’expert est désigné par le juge rapporteur ou par la
juridiction du jugement statuant ou en chambre du
conseil. Cette désignation est effectuée d’office ou à la
demande de l’une des parties.
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L’expert doit être inscrit au tableau des experts
judiciaires. A défaut, il doit à peine de nullité prêter
serment devant la juridiction qui l’a désigné avant le
début de sa mission.
L’expert doit se limiter à donner des réponses aux
questions techniques qui lui ont été posées par l’autorité
de désignation. A défaut son rapport sera frappé de
nullité.
L’expertise doit être réalisée contradictoirement. Les
parties ont le droit d’assister à son déroulement. Le juge
peut permettre à l’expert de passer outre leur présence
en cas d’urgence.
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L’expert doit procéder à la convocation des parties et
de leurs conseils. Il doit dresser un procès verbal relatant
les circonstances dans lesquelles cette mesure était
effectuée et consigner les observations que les parties
ont formulé lors de son déroulement.
Le rapport d’expertise ne s’impose pas à la juridiction
qui a ordonné cette mesure. Cette dernière n’est pas
obligée de suivre l’avis qui y est formulé. Cependant, il est
nécessaire, au cas où ce rapport sera écarté, que la
décision prononcée soit suffisamment motivée sur ce
point sous peine d’annulation ou de cassation.
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Section II: La visite des lieux
La visite des lieux est une mesure qui permet au juge,
pour les besoins de l’instruction, de se transporter sur
des lieux ayant abrité le litige afin de constater, par lui-
même, l’existence ou l’absence d’un fait. De même que
l’expertise, cette mesure peut être ordonnée soit
d’office soit à la demande des parties.
Le juge rapporteur ou le juge chargé d’affaire dispose de
tous les pouvoirs d’investigations. Ils peuvent, en cas
de besoin entendre toutes les personnes se trouvant
sur les lieux. Après la clôture de cette mesure, un
procès verbal, relatant son déroulement, doit être
dressé par le secrétaire greffier. Une copie de ce PV
doit être mise à la disposition des parties.
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Section III: L’enquête
L’enquête est une mesure d’instruction qui permet au juge
d’entendre les témoins et les parties du litige. Cette
mesure peut être ordonnée soit d’office, soit à la
demande de l’une des parties. La jurisprudence de la
cour suprême a tendance à attribuer à cette mesure un
caractère obligatoire en certaines matières.
Le témoignage peut être défini comme étant le fait pour
un tiers au litige d’informer le juge, après avoir prêté
serment, des éléments dont il a eu connaissance.
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Cette mesure peut être ordonnée pour permettre aux
juridictions de fond de vérifier la réalisation d’un fait
déterminé. Cependant, il ne peut, en aucun cas, être
ordonnée pour prouver une obligation dont la valeur est
supérieur à 10 000 DH.
Toute personne, quelle que soit sa qualité, peut être
entendue en tant que témoins à l’exception de celles
déterminées à l’article 75 du CPC, Ces dernières sont
exclues en raison de leur parenté ou de leur alliance avec
l’une des parties.
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La présence des témoins convoqués est obligatoire. La
défaillance est sanctionnée, si elle n’est pas motivée,
d’une amende qui ne peut excéder 50 DH. Le jugement
rendu dans ce cas est susceptible d’exécution,
nonobstant opposition ou appel. Les témoins défaillants,
après une nouvelle convocation, peuvent être condamnés
au paiement d’une amende qui ne peut excéder 100 DH.
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Section IV: Les mesures relatives à la preuve
écrite
les justiciables peuvent prouver la véracité de leurs prétentions
en produisant des actes écrits qui
peuvent être soit authentiques soit
sous seing privé. Les actes
authentiques sont ceux établis par
les soins d’un notaire. Les actes sous
seing privé sont ceux établis par les
intéressés ou par toute autre
personne autre qu’un notaire.
La différence entre ces deux catégories d’actes demeure dans
la portée de leur force probante:
- Les actes authentiques ne perdent leur force qu’en cas de
faux.
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-Les actes sous seing privé peuvent être écartés soit
par le biais d’une demande en faux soit par le déni de
l’écriture ou de la signature.
La vérification d’écriture et le faux incident ne
constituent pas réellement des mesures d’instruction. Ce
sont des moyens de défense qui peuvent être évoqués
par la partie contre laquelle un acte écrit est produit. Leur
classification parmi les mesures d’instruction se justifie
par le fait que leur évocation peut aboutir à la réalisation
d’une enquête ou d’une expertise.
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Section V: Le serment judiciaire
Le serment est régi par les dispositions des articles 85 à
88 du CPC, C’est un moyen de preuve qui peut être
qualifié d’extraordinaire, car il ne peut être utilisé qu’à
défaut des autres moyens ou qu’en cas de leur
insuffisance.
Le code de procédure civile distingue entre deux types de
serments.
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Paragraphe I: Le serment décisoire
Le serment décisoire ne constitue pas réellement une
mesure d’instruction. Il est seulement un moyen de
preuve. Ce serment peut être déféré par une partie à
son adversaire. Il ne peut être utilisé que par la partie
qui ne dispose d’aucun moyen de preuve et dont la
position se caractérise par sa grande faiblesse.
Le serment décisoire constitue une partie de la décision
rendue sur le fond. Il doit être prêté, conformément
aux dispositions de l’article 85 du CPC, à l’audience
par la partie concernée en personne. L’autre partie
doit être présente, ou, du moins dûment appelée.
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Paragraphe II: Le serment supplétoire
Contrairement au serment décisoire, qui ne peut être
déféré que sur la requête de l’une des parties, le
serment supplétoire est déféré d’office par le juge. Ce
serment ne constitue pas un moyen de preuve entier
mais seulement un complément de preuve.
Le serment supplétoire constitue une mesure
d’instruction. Il doit être ordonné par le biais d’un
jugement avant dire droit. La décision qui l’ordonne doit
déterminer les fais sur lesquels cette mesure doit
porter.
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