CHAPITRE 3: GESTION DU
PORTEFEUILLE TECHNOLOGIQUE.
PARTIE 1
INTRODUCTION:
Le portefeuille technologique : c'est l'ensemble des
technologies possédées par l'entreprise (qu'elles
soient ou non utilisées). L'entreprise a intérêt à
posséder un portefeuille équilibré : des
technologies positionnées de manière différente
sur le cycle de vie, les ressources dégagées par les
technologies en fin de cycle pouvant être investies
dans le lancement de nouvelles technologies.
Il faut analyser leur stade de maturité (inutile
d'investir dans une technologie obsolète).
• L'analyse technologique est donc l'ensemble des méthodes
permettant d'évaluer le potentiel technique d'une entreprise, son
savoir-faire, son positionnement technologique, sa capacité de
recherche et d'innovation. C'est l'évaluation de la position de
l'entreprise face aux nouvelles technologies tant au niveau des
produits que du processus de production.
• Un processus de production, fondé sur une technologie
particulière, est caractérisé par un un cycle de vie
technologique :
La mise au point : elle exige de forts investissements en
recherche développement.
L'industrialisation : c'est la maîtrise technologique, importants
gains de productivité.
La maturité technologique: stabilisation des procédés et des
coûts.
• A chaque stade, il faut une stratégie adéquate ce qui
veut dire que l'entreprise doit savoir gérer les ruptures
entre 2 technologies (quand une technologie 1 arrive à
maturité, elle est remplacée par une technologie 2) :
est-il justifié de continuer à investir ou est-il préférable
d'investir dans des technologies de substitution
émergentes ?
• En effet, la technologie devient un des fondements
essentiels de la compétitivité ; c'est pourquoi elle
représente pour l'entreprise un axe primordial de sa
stratégie. Les analyses financières et
commercialisations ne suffisent plus à la firme pour
définir sa stratégie.
• Le couple produit -- marché qui a longtemps servi
de clé d'analyse pour définir les axes stratégiques
doit être complété par une composante
technologique. Aujourd'hui, c'est plutôt le
vecteur Technologie -- Produit -- Marché qui doit
permettre d'appréhender la structure des
marchés et les stratégies des firmes présentes sur
ce marché.
• La prévision technologique constitue un exercice
désormais obligatoire pour définir les stratégies.
• Plusieurs spécialistes proposent une répartition des
technologies en trois grandes catégories :
Les technologies de base.
Les technologies clés.
Les technologies émergentes.
• Les technologies de base sont des technologies dont
l'entreprise a la maîtrise mais dont la concurrence a également
la maîtrise. Leur impact concurrentiel n'est donc pas très
significatif.
• Les technologies clés. sont celles dont l'entreprise a la maîtrise
mais pas la concurrence. Leur impact concurrentiel est, bien
entendu, beaucoup plus fort que celui des technologies de
base. L'avantage qui en résulte pour l'entreprise est certain.
• Les technologies émergentes sont des technologies en
développement appelées à remplacer à terme les
technologies clés.
• Le cycle de vie des technologies se caractérise
donc par une transformation des technologies
émergentes en technologies clés et une
transformation des technologies clés en
technologies de base .
• L'entreprise cherche donc à gérer les innovations
actuelles et potentielles en améliorant, en
enrichissant, en protégeant son patrimoine
technologique.
• La fonction MRT (Management des Ressources
Technologique) pourrait permettre d'optimiser,
d'enrichir et de protéger ce potentiel
technologique.
• Traditionnellement, l'on distingue 2 types
d'innovations : innovation de produits et
innovation de procédés en leur affectant un
but économique différent - l'amélioration de la
productivité est obtenue par une innovation
de procédé et l'élargissement des biens offerts
sur le marché correspond à une innovation de
produits .
• L'innovation doit donc être intégrée à
l'entreprise grâce à la Recherche-Développement
qui est une fonction vitale pour la compétitivité.
La RD a pour but la mise en place d'une nouvelle
méthode de fabrication ou l'élaboration d'un
prototype L'enrichissement et la protection du
patrimoine technologique de l'entreprise peut
mettre en oeuvre :
la veille technologique : surveillance de la
concurrence.
la sauvegarde et protection des innovations à
l'aide des brevets.
• Pour définir sa stratégie technologique, l'autre
grande question à laquelle doit répondre une
firme est de savoir si elle doit rechercher ou
non une avance technologique.
• En effet, la décision d'innover donc de
procéder à des investissements coûteux en
recherche- développement n'est pas toujours
très opportune. Il est parfois plus judicieux
d'adopter une "attitude de suiveur" que de
prendre un risque en cas d'échec de
l'innovation.
• En d'autres termes, faut-il être l'initiateur d'une
innovation dans l'une ou l'autre des activités
créatrices de valeur ou faut-il attendre que d'autres
aient lancé cette innovation ?
• En terme d'image de marque, la stratégie
d'innovation est certainement la meilleure. Par
contre, la stratégie de "suiveur" est
incontestablement plus pertinente pour tirer profit
de l'expérience de ceux qui ont pris de l'avance. En
bref, il vaut mieux parfois imiter pour éviter des
investissements coûteux en recherche-
développement ou pour mieux s'adapter aux
besoins réels du client.
• Classiquement, l'entrepreneur doit opter pour un
objectif de productivité lié à une production en série
homogène, ou pour un objectif de souplesse
permettant de répondre aux besoins précis de la
clientèle.
• Si bien qu'en période de saturation de la demande,
les entreprises se trouvent face à deux contraintes
contradictoires : pour préserver ou accroître leur
part de marché, elles cherchent à adapter leurs
produits aux désirs esthétiques ou techniques
particuliers à certains clients mais cette recherche
est contraire aux principes de la production de
masse qui privilégient les séries longues.
• Le conflit entre ces deux contraintes, adaptation à la
demande et séries longues , commence à être
partiellement résolu avec les techniques issues de
l'électronique.
• La technologie influe donc sur l'avantage concurrentiel
quand elle joue un rôle important dans les coûts de
production ou la différenciation d'une firme par rapport
aux autres.
• En fait les relations entre la technologie et l'avantage
concurrentiel sont réciproques.
• La maîtrise d'une technologie peut assurer un avantage
concurrentiel certain et l'avantage concurrentiel peut
favoriser l'émergence de nouvelles technologies. Une
sorte de cercle vertueux est ainsi mis en évidence.