CHAPITRE1.
STRATÉGIE ET TECHNOLOGIE.
INTRODUCTION GÉNÉRALE
L’entreprise pour anticiper sur ces produits, ses
marchés, son organisation, doit évaluer en
permanence ses ressources technologiques (moyens
humains et matériels mais aussi connaissances et
savoir-faire) pour bâtir une stratégie de progrès.
Les ressources technologiques ne sont pas seulement
les techniques et les outils et les machines acquis pou
produire des biens et services. Elles comprennent
l’ensemble des équipements mais aussi toutes les
techniques, expertises, méthodes, approches et
routines de travail utilisées dans l’entreprise.
En effet, outre les instruments et la machinerie, les
ressources technologiques traduisent l’ensemble des
savoir-faire et les pratiques (parfois des brevets) ayant
cours dans le processus d’organisation et de production.
Elles traduisent le mode d’organisationnel et opératoire
construit par les employés à l’occasion de leur échanges
et productions quotidiens.
Face aux changements techniques, parfois majeurs, les
entreprises sont constamment sollicitées à revoir et si
nécessaire, à renouveler leurs outils, appareils et mode de
production.
Le management de la technologie est en cohérence avec la
stratégie de l’entreprise et consiste à mettre en place :
[Link] moyens (financiers et humains).
2. Des processus( gestion des projets, planification de la
recherche…).
3. Des routines et habitudes (veille, étude du marketing, qualité et
feed-back).
En vue de canaliser les énergies des inventeurs, des ingénieurs, du
personnel de l’entreprise pour construire et faire évoluer un
patrimoine technologique (par achat, par partenariat ou par effet
interne).
A partir duquel on pourra élaborer des produits et des services et de
développer une activité durablement durable.
I.3. QU’EST-CE QUE LA STRATÉGIE ?
I.3.1. Stratégie et tactique
Étymologiquement, la stratégie est ce que
fait le chef. La conception la plus courante
est que le chef décide de ce qu’il faut faire,
où il faut aller, et délègue à ses
subordonnés l’exécution, la tactique, c’est-
à-dire l’art de faire le mieux possible ce
qu’il a décidé de faire.
Cette définition implique que le contenu de la
stratégie dépend du niveau de l’observateur, ce qui
n’est que tactique pour le grand chef (comment
atteindre au mieux l’objectif qu’il a fixé) peut être
stratégique pour son subordonné (quelle route
emprunter pour aller avec efficience vers cet
objectif).
Le besoin de stratégie vient du fait qu’une
organisation fait face à des opportunités et à des
risques nombreux et pas toujours manifestes
(clairs) et qu’elle ne dispose que de ressources
limitées (ou de coût croissant) pour tenter de saisir
ces opportunités ou de parer à ces risques.
Ces ressources limitées peuvent être financières : après avoir utilisé
sa capacité d’autofinancement, on peut emprunter, mais à des taux
croissants, et finalement on ne peut plus lorsqu’on est trop endetté
et que les investisseurs et prêteurs n’ont plus une confiance
suffisante, ou que les banques sont plombées par la crise des
subprimes. Il peut aussi s’agir de ressources humaines et de
compétences : on peut certes recourir à la sous-traitance ou aux
partenariats pour compléter ses propres forces, mais au prix d’une
complexité et de difficultés de coordination croissantes, en
supposant que les compétences requises puissent être disponibles et
mobilisées rapidement, alors que certaines demandent de longues
études et une longue pratique. C’est aussi l’attention disponible des
dirigeants , qui est une ressource souvent négligée, alors que
« l’implication personnelle et visible des hauts dirigeants » est
souvent invoquée comme un facteur critique pour la réussite de
nombreuses actions possibles de l’entreprise.
Plusieurs raisons font que les dirigeants d’entreprise ne consacrent
pas toujours à la stratégie l’énergie souhaitable.
Le cas de l’Algérie où les élites sont sélectionnées sur leurs
compétences tactiques : leur capacité d’analyse, l’efficacité avec
laquelle elles résolvent un problème dont l’énoncé leur est imposé.
C’est le cas notamment pour ceux qui passent par la fonction
publique, voie royale dans notre pays, puisqu’un fonctionnaire est
théoriquement destiné à appliquer loyalement une politique qu’il n’a
pas à définir et qu’il est souvent encouragé à ne pas discuter. On lui
demande d’être fiable et loyal, pas de prendre des risques ni
d’improviser. De plus, les critères de gestion des carrières dans
l’administration privilégient la gestion thermodynamique (ne pas
faire de vagues, éviter l’exposition médiatique, ne pas être pris en
faute, choisir la solution de moindre remords) à la gestion
dynamique (tenter de saisir les opportunités, éviter les regrets, faire
« en moyenne » le mieux possible, quitte à déplorer des échecs).
D’autre part, on peut bien souvent se passer de stratégie ou de
décisions stratégiques. D’autant plus facilement que le chef est
souvent le seul à pouvoir faire sens des signaux indiquant une
opportunité ou un risque
La stratégie est enfin une remise en cause des choix
antérieurs, et peut donc menacer l’identité de
l’entreprise. Plus précisément, l’identité d’une
organisation conditionne en grande partie les choix
qu’elle peut faire, tout en étant la résultante de ses
choix antérieurs. Nous avons déjà vu que l’entreprise
repose sur une coalition « politique » de nombreuses
parties prenantes, et tout changement de cap peut
mettre en danger cette coalition.
II. LE CONCEPT DE LA TECHNOLOGIE
II.1 DEFINITIONS.
Le terme de technologie est très employé, mais paradoxalement
sa signification est très variée. Les définitions de la technologie
sont nombreuses.
Pour Mansfield (1970) c’est “un ensemble de connaissances
sociales concernant les arts industriels” et Mélèse (1972) la
considère comme un sous-système d’une entreprise et la définit
sur le plan opérationnel, c’est-à-dire aux niveaux des ateliers de
production, la force de vente, etc.
D’après Hawthorne (1971), “La technologie est un ensemble
de procédés méthodiques fondés sur des connaissances
scientifiques employé à la production”. Judet et Perrin (1971)
définissent “la technologie comme un ensemble complexe de
connaissances scientifiques, de machines et d’outils mais aussi
de maîtrise systématique d’une organisation efficace de la
production”.
Pour Nicolas et Tronchon (1979) : “La technologie est une
réflexion sur la technique”, c’est-à-dire “un discours sur
l’explication de la technique et les données de sa mise en
œuvre”.
Salerni (1979) la caractérise comme étant “un complexe de
techniques, machines, instruments utilisés pour transformer les
matières premières et les informations… Elle contient dans sa
structure… une partie des informations, nécessaires au
processus de transformation. Les informations devant être
élaborées par le travail humain”.
Bizec (1981) la désigne comme “l’ensemble des méthodes et
de l’outillage nécessaires pour fabriquer, utiliser et faire des
choses utiles”.
Enfin, Le Duff et Maisseu (1991) la décrivent comme
“l’ensemble cohérent organisé des techniques, outils,
matériaux, méthodes et savoir faire, toutes applications du
contenu des sciences employées à des fins le plus souvent
économiques, dans le but de produire des biens ou des services
marchandes”.
Nous venons ainsi d’énumérer un certain nombre de définitions
portant sur la technologie. Chaque auteur définit ce concept
d’une manière plus ou moins précise, certaines définitions ayant
un sens plus large que d’autres. Nous pourrions continuer à citer
d’autres définitions, mais notre intention n’est pas de constituer
un catalogue exhaustif. L’intérêt est de se rendre compte
qu’elles sont nombreuses et que nous retrouvons néanmoins
dans la plupart les termes d’outils, de machines, de
connaissances scientifiques et des méthodes qui sont destinés au
processus de production ou de transformation..
Retenons donc que le concept de technologie est un ensemble
complexe de connaissances, de moyens et de savoir faire,
organisé pour une production.
Selon Ribault, Martinet & Lebinois (1991) la technologie n’a
de sens que pour un résultat dont la réalisation repose
nécessairement sur ces trois composantes : connaissances -
moyens - savoir faire.
La technologie apparaît donc à la fois comme une réflexion
sur les techniques au sens traditionnel du terme (procédé,
etc.) et la façon de s’en servir, c’est-à-dire “la manière de
l’intégrer dans le processus de production” (Jehl, 1977). Du
fait de ce troisième élément, il apparait que la technologie
n’est pas un produit simple à acquérir.
Cooper et Sercovitch (1971) ont constaté que pour les pays
en voie de développement la difficulté est double. “En plus
du problème de l’acquisition des connaissances techniques,
il y a celui de l’acquisition de la capacité d’utiliser ces
connaissances”.
II.2 ÉLÉMENTS DE TECHNOLOGIE
Hawthorne (1971) distingue les éléments de la technologie en y
incluant des techniques de management, et les caractérise par
leurs fonctions.
Le tableau suivant illustre les éléments de technologie:
TABLEAU 1. ELÉMENTS DE TECHNOLOGIE
Atamer (1980) en développant les trois types de
technologies proposés par Perrin (1980) a considéré la
technologie en termes de “système technologique”.
Afin de mieux comprendre ce concept, nous nous
proposons de reprendre l’analyse de Perrin. L’auteur
propose de distinguer les éléments de technologie
suivant trois types d’opposition. (voir. le tableau 2)
TABLEAU 2 : LES COMPOSANTES D’UN SYSTEME
TECHNOLOGIQUE AU NIVEAU MICRO-ÉCONOMIQUE
Premier type : Non organisé – Organisé
Il s’opère autour de la notion d’organisé. Le terme organisé se réfère
à la disponibilité des connaissances, à la possibilité pour chacun de
pouvoir se procurer ces informations, par exemple en acquérant
des publications et des ouvrages spécialisés.
Deuxième type : Non codifiable – Codifiable
C’est l’opposition qui permet de différencier le savoir-faire de la
connaissance qu’il est possible de décrire dans un texte, par
exemple les descriptions figurant dans un brevet.
Troisième type : “Software” – “Hardware”
Au “software” correspond le savoir-faire et la connaissance, tandis
que le “hardware” comprend les produits technologiques.
L’étude concernant les problèmes de transfert de technologie doit
donc concevoir la technologie en tant que système technologique.
Atamer (1980) définit ainsi la technologie comme “un complexe
de connaissances technologiques, de connaissances techniques, de
savoir-faire technique et de produits technologiques. ”