Sciences économiques et Sociales
Terminale Générale
Prof. Elie Jeudi le 2.9.2021
INTRODUCTION GÉNÉRALE AU PROGRAMME DE SES EN
TERMINALE
Le programme du cycle terminal vise à fournir
progressivement les outils nécessaires à la compréhension
des phénomènes sociaux et économiques, à différentes
échelles (micro et macro). Les élèves ayant suivi
l’enseignement de spécialité de sciences économiques et
sociales en classe de première ont abordé des éléments
fondamentaux de l’économie, de la sociologie et de la
science politique : la classe terminale permet de les
compléter et de les élargir.
Comme les autres disciplines scientifiques, les sciences économiques et
sociales articulent modélisation et investigations empiriques pour
rendre compte de façon rigoureuse de la réalité sociale et mettre en
question les prénotions. Cette démarche implique la formulation
d’hypothèses, la construction d’indicateurs de mesure pertinents et
leur soumission à l'épreuve des faits. Les élèves sont sensibilisés au fait
que le travail de modélisation ne vise pas tant à décrire la réalité qu'à
isoler certaines variables déterminantes pour analyser avec rigueur
certaines catégories de faits et de comportements économiques et
sociaux.
Ils ne confondent pas la construction de modèles avec une idéalisation
normative. Ils sont familiarisés avec les différentes modalités
d’investigation empirique utilisées en sciences sociales (méthodes
quantitatives et qualitatives).
Les sciences sociales s’appuient sur des faits établis, des
argumentations rigoureuses, des théories validées et non pas sur des
valeurs. L’objet de l’enseignement des sciences économiques et sociales
est le fruit des travaux scientifiques, transposés à l’apprentissage
scolaire. Il doit aider les élèves à distinguer les démarches et savoirs
scientifiques de ce qui relève de la croyance ou du dogme, et à
participer ainsi au débat public de façon éclairée ; il contribue à leur
formation civique.
Le programme du cycle terminal de sciences économiques et sociales
s’inscrit dans une logique d’approfondissement et de complexification
progressive de l’enseignement, entre la classe de première et celle de
terminale. Dans cette perspective, l’approche disciplinaire du
programme (économie, sociologie et science politique) a pour objectif
que les élèves puissent s’approprier les bases de chaque discipline
(objets, démarches et méthodes, problématiques, concepts,
mécanismes) avant que les différents regards disciplinaires ne se
croisent sur des objets d’étude communs.
Le programme fixe des objectifs d’apprentissage ambitieux qui ne
peuvent être atteints que grâce à des dispositifs qui engagent les élèves
dans une activité intellectuelle véritable. Les professeurs diversifient ces
dispositifs en prenant appui sur des supports variés (textes, tableaux
statistiques, graphiques, utilisation de jeux, comptes rendus d'enquêtes,
documents iconographiques et audiovisuels, monographies, …) et en
ayant recours, le cas échéant, aux outils et ressources numériques. Ils
s’attachent à donner du sens aux apprentissages et s’efforcent de susciter
la curiosité intellectuelle des élèves en montrant comment les sciences
économiques et sociales permettent de comprendre des situations
concrètes et les grands enjeux économiques, sociaux et politiques.
Les tableaux qui suivent précisent les savoirs et savoir-faire que les
élèves doivent avoir acquis à la fin de chaque année. Les élèves doivent
en effet être capables de définir et d’illustrer les différents concepts qui
figurent dans les objectifs d’apprentissage. Au-delà de ces savoirs et
savoir-faire spécifiques aux sciences économiques et sociales, les élèves
doivent maîtriser, à l’issue du cycle terminal, un certain nombre de
compétences transversales.
En fin de classe de première :
- mobilisation des connaissances ;
- résolution chiffrée et graphique d’exercices simples ;
- collecte et traitement de l’information ;
- analyse et mobilisation des données ;
- analyse et mobilisation de documents de natures diverses ;
- construction d’une argumentation / d’un raisonnement rigoureux ;
- maîtrise de l’expression écrite et orale.
En fin de classe terminale (en plus des compétences transversales acquises en fin de
première) :
- construction d’une problématique ;
- construction d’une dissertation.
Dans le cadre de ce programme, les professeurs exercent leur liberté pédagogique,
en particulier :
- pour organiser une progression de cours (économie, sociologie et science
politique) adaptée à leurs élèves sur l'ensemble de l'année scolaire ;
- pour articuler les différents apprentissages (savoirs, savoir-faire et compétences
transversales) ;
- pour adapter leurs pratiques pédagogiques aux besoins de leurs élèves.
Questionnements et objectifs d’apprentissage
Science économique.
• Quels sont les sources et les défis de la croissance économique ?
• Quels sont les fondements du commerce international et de
l’internationalisation de la production ?
• Comment lutter contre le chômage ?
• Comment expliquer les crises financières et réguler le système
financier ?
• Quelles politiques économiques dans le cadre européen ?
Sociologie et science politique
• Comment est structurée la société française actuelle ?
• Quelle est l’action de l’école sur les destins individuels et sur
l’évolution de la société ?
• Quels sont les caractéristiques contemporaines et les facteurs de la
mobilité sociale ?
• Quelles mutations du travail et de l’emploi ?
• Comment expliquer l’engagement politique dans les sociétés
démocratiques ?
Regards croisés
• Quelles inégalités sont compatibles avec les différentes conceptions
de la justice sociale ?
• Quelle action publique pour l’environnement ?
Partie 1: Économie
séquence 1: Croissance, fluctuations et crises
Chapitre 1: Quels sont les sources et les défis de la croissance
économique ?
Dans ce chapitre, nous allons remarquer que:
• Que la croissance résulte de l'accumulation des facteurs travail et
capital et de l'accroissement de la productivité globale des facteurs,
qui mesure le progrès technique.
• Que le progrès technique résulte de la dynamique de la croissance et
notamment de l'innovation.
• Comment les institutions influent sur la croissance.
• Que l'innovation s'accompagne d'un processus de destruction
créatrice.
• Que le progrès technique engendre des inégalités de revenus.
• Qu'une croissance économique soutenable se heurte à des limites
écologiques, mais que l'innovation peut faire reculer ces limites.
A. La mesure de la croissance économique
Croissance économique
La croissance économique désigne l'augmentation de la production de
biens et de services dans une économie sur une période donnée qui est
généralement une période longue.
En pratique, l'indicateur utilisé pour la mesurer est le produit intérieur
brut ou PIB. Il est mesuré « en volume » ou « à prix constants » pour
corriger les effets de l'inflation.
Le taux de croissance, lui, est le taux de variation du PIB. On utilise la
croissance du PIB par habitant Comme indication de l'amélioration du
niveau de vie.
La croissance est un processus fondamental des économies
contemporaines, lié à la révolution industrielle et à la notion de
progrès. Elle transforme la vie des populations en leur procurant
davantage de biens et services.
À long terme, le niveau de vie des sociétés (distinct de la qualité de vie)
dépend uniquement de cette croissance.
De même, l'enrichissement qui résulte de la croissance économique
peut permettre de faire reculer la misère matérielle.
Qu’est ce que le PIB ?
PIB : Produit Intérieur Brut
PIB est la valeur de marché de l’ensemble des biens et services finals
produits par un pays pendant une période donnée.
PIB est un agrégat (= indicateur macroéconomique) qui donne la
mesure officielle des richesses produites en un an dans un pays.
Que mesure le PIB ?
• Le PIB permet de mesurer la croissance économique.
• Le PIB permet de comparer les pays et leurs niveaux de vie.
D’où vient la croissance ?
La croissance est le résultat de la mobilisation des facteurs de production.
Pour répondre à la question, il faut s’intéresser aux facteurs de production,
et à l’efficacité de leurs combinaisons.
Les facteurs de productions qui sont traditionnellement le travail et le
capital.
L’impact sur la croissance d’une augmentation du facteur travail
• La croissance peut provenir d’une augmentation de la population
active.
• Population active : employés + chômeurs
La hausse de la population active agit sur l’offre de biens et services en
procurant une main-d’œuvre supplémentaire mais aussi sur la
demande de biens et services : elle provoque une augmentation des
débouchés.
L’accumulation du capital génératrice de croissance
Le capital est « un stock de richesses qui permet de produire d’autres
richesses et là son détenteur, de toucher un revenu appelé profit ».
La comptabilité nationale mesure l’investissement avec la Formation
Brute de Capital Fixe (FBCF) qui correspond à l’investissement brut,
c’est-à-dire sans tenir compte de la dépréciation du capital (donc la
perte de sa valeur).
L’accumulation du capital, permise par l’investissement est, avec
l’accumulation du travail, une des conditions de la croissance. Par
ailleurs, l’investissement est une composante de la demande qui a un
impact sur la croissance économique.
La croissance est dite extensive quant elle est liée à l’augmentation des
facteurs de production.
La théorie de la croissance endogène
La croissance endogène est une théorie évoquée par l'économiste Paul
Romer, et qui démontre comment des facteurs endogènes (internes)
peuvent amener la croissance. Elle explique le progrès économique par
la technologie et approfondit l'analyse de ce progrès par les politiques
que le gouvernement peut mener en matière de recherche et
développement ainsi que les aides et subventions apportées par l'État
pour le de développement technologique et humain.
Elle complète la théorie de la croissance exogène, développée par
Robert Solow.
Exemple
Un gouvernement qui investit dans la formation, la recherche
technologique, l'innovation, s'inspire de cette théorie de croissance
endogène. C'est ce que l'on peut constater dans les entreprises du
secteur pharmaceutique ou high-tech qui investissent des sommes
importantes dans la recherche afin d'être constamment compétitives
La croissance exogène
La croissance exogène est une théorie de croissance économique qui
considère le progrès technique comme exogène, c'est-à-dire dû à des
facteurs externes. Le modèle de croissance exogène le plus connu est
le modèle de Solow. C'est en 1981 que se sont développées les
premières théories de la croissance endogène qui ont tenté d'expliquer
la croissance du progrès technique.
Chapitre 2: Quels sont les fondements du commerce international et
de l’internationalisation de la production ?
Le commerce international
Le commerce international est l'échange de biens, de services et
capitaux entre pays. Ce type de commerce existe depuis des siècles
mais il connaît un nouvel essor du fait de la mondialisation
économique.
La théorie du commerce international est la branche de l'économie qui
étudie et modélise le commerce international.
Le commerce international n’est donc pas uniquement constitué
d’échanges de produits à destination des consommateurs finaux
(exemple : des voitures japonaises pour des clients français). Une
partie importante des échanges se fait dans le cadre du processus de
production.
Pourquoi les pays et les entreprises réalisent-ils des échanges ?
Si les échanges internationaux se sont ainsi développés comme nous
venons de le voir, c'est sans doute parce qu'il y a des gains importants
à commercer entre partenaires étrangers.
Les théories du commerce international insistent en particulier sur
l'effet des spécialisations internationales : c'est parce qu'il y a des
différences marquées entre nations, soit dans la manière de produire,
ce qui influe sur la productivité, soit en terme de facteurs de production
disponibles, ce qui détermine ce que les nations peuvent produire, que
l'échange est préférable à l'autarcie.
Dans l’analyse classique du commerce international, ce sont donc les
avantages spécifiques à chaque nation qui expliquent les spécialisations
internationales
A. Un panorama (vue) des évolutions du commerce international
1. Un essor des échanges
L'internationalisation des économies est un processus continu depuis
deux siècles. Les États ont largement fait le choix de l'ouverture de
leurs économies. Ce processus est dynamique : la nature des produits
échangés change progressivement, de même que le commerce
international laisse une plus grande place désormais à de nouveaux
pays, précédemment moins développés.
Le développement des échanges internationaux s’inscrit dans une
tendance historique longue : on a ainsi assisté à une forte croissance
du commerce international au XIXème siècle du fait de la révolution
industrielle, de la relative stabilité monétaire et des progrès importants
dans les moyens de communication (chemin de fer et navires à vapeur).
Au XXème siècle, hormis une période de repli dans l’entre deux guerre,
la croissance du commerce international est supérieure à celle de la
production, exprimée par le PIB.
Ce mouvement d’ouverture internationale s’est s’accéléré notablement
depuis ces cinquante dernières années, en particulier pour les PDEM
(Pays développes à économie de marché).
Cela signifie qu'une proportion croissante des productions nationales
est exportée, de même qu’une proportion de plus en plus grande de la
demande est satisfaite par des importations de biens et services : ainsi
la France exporte massivement des voiliers de plaisance, alors qu’elle
importe de nombreux bateaux à moteur, notamment italiens, pour
satisfaire le marché français. Les économies nationales sont ainsi de
plus en plus insérées dans l'économie mondiale : l’internationalisation
des échanges est un vecteur de la mondialisation, c'est-à-dire de la
constitution d'un marché mondial ayant une logique propre qui n'est
pas celle de chaque économie nationale.
Next time
2. Une évolution structurelle des changes
La mondialisation de l’économie s’accompagne d’une intensification
des changes internationaux et de leur diversification. Les changes se
caractérisent aujourd’hui par une présence forte des firmes
multinationale.
La mondialisation de l’économie a connu plusieurs phases:
* L’internationasation des changes commerciaux est caracterisée par
l’accroissement du volume des exportations.
*L’Internationalisation de la production ou transnationalisation se
manifeste par l’implantation d’usines à l’étranger. Il ya
multinationasation des firmes.
* La globalisation étape des annexes 90, conduit à un marché global
unique. Elle met en place des réseaux mondiaux de production, de
capitaux et de l’information.
De nombreuses multinationales définissent alors leur stratégie
productice et commerciale au niveau mondial.
Firmes multinationales
Une multinationale est une entreprise possédant ou contrôlant des
entreprises ( filiaires) dans plusieurs pays et en mesure d’élaborer une
stratégie globale tenant compte des differences entre cess pays. Une
multinationale est donc un groupe d’entreprises implanté dans
différents pays, parfois surtous les continents.
Exemples: Coca Cola, MsDonalard’s, Carrefour, IKEA, L’OREAL.
Le commerce international a fortement progress cess deniers annexes
et la structure de cess changes a considérablement change. L’essor de
firmes multinationales ( FMN) est particulièrement important.
Néamoins, tous les pays ne participant pas de manière équivalente à ce
processus d’ouverture des économies.
Les échanges internationaux sont mesurés par la balance des
paiements
La balance des paiements retrace l’ensemble des «échanges
économiques réalisés pendant un an entre les résidents et les non-
résidents (attention différent du concept de nationalité) à travers 3
comptes :
Le compte des transactions courantes :
• Échange de biens (balance commerciale)
• Échange de services
• Échange de revenus (revenus obtenus grâce aux IDE)
• Transferts courants (vers les ONG ou UE par ex)
3. Une nouvelle géographie des échanges
Jamais historiquement les économies n’ont autant échangé et n’ont été aussi
interdépendantes. Cette évolution est loin d'être achevée parce que :
- les coûts de transports et de communication peuvent encore décroître,
- la diffusion d’internet a à peine débuté alors qu'elle devrait générer un
potentiel de commerce extraordinaire,
- l’urbanisation est également loin d’être achevée dans de nombreux pays,
- la convergence des États vers des régimes démocratiques réduit les
obstacles institutionnels
- l'intégration mondiale de la production des firmes multinationales est encore
très récente.
Pourtant, la forte polarisation des échanges actuels signifie que la
géographie et l’histoire continuent à expliquer l’essentiel des échanges
dans le monde. Les dotations de facteurs des régions évoluent très
lentement et les spécialisations régionales ne peuvent connaître de
rapides et profonds bouleversements.
Le capital et le progrès technique ont tendance à demeurer dans les
pays dont le développement est déjà bien assuré alors que le facteur
travail tend à se concentrer de plus en plus dans le reste du monde.
La polarisation
La polarisation c'est d'abord l’attraction qu’exerce un lieu sur un espace
plus ou moins étendu et hétérogène se trouvant dans une situation de
dépendance à l’égard de ce centre. Mais c'est aussi l’effet d’entrainement
du pôle sur le développement d’un ensemble régional.
Les échanges internationaux sont surtout le fait des pays industrialisés.
Ils s’organisaient jusqu'à une date récente autour de trois zones qui
forment « la Triade » : États-Unis et Canada, Union européenne, Japon-
Corée. Le commerce avec les pays en voie de développement a régressé
en conséquence : il ne représente plus aujourd’hui qu’environ 15 à 20 %
du commerce mondial.
• La régionalisation des échanges est en partie un effet de la polarisation mais elle est surtout
la conséquence du processus d'intégration régionale engagée après la seconde guerre
mondiale.
• Pour l'Union européenne c'est près de 70% des échanges qui se font entre pays de la zone
contre moins de 30% en 1960.
• Des graphiques pour vérifier la régionalisation des échanges.
• cette carte pour la distinction commerce intra-branche et commerce extra-branche
• échanges tous produits en 2007 en pourcentage du commerce mondial de biens en valeur.
Délocalisations et pays émergents
L'évoution récente du commerce mondial est marqué par la très forte
croissance des exportations des pays émergents mais ce n'est pas cela
qui est inquiétant.
La redistribution des parts de marché bouleverse la hiérarchie des
puissances commerciales :
Comme il est évident que le commerce mondial ne peut être isolé de
la multinationalisation de la production, l'industrialisation de nouvelles
zones de développement rapide est couplée aux réorganistions de la
production qui prennent souvent la forme des délocalisations. Le
développement de la division internationale du processus productif
(DIPP) s'ajoutant à celui de la production réalisée dans les pays
émergents avec des coûts nettement plus faibles que dans les pays
riches conduit à poser la question de l'emploi.
L’analyse est complexe parce qu’il faut prendre en compte de très
nombreux éléments dont les évolutions ne sont pas les mêmes à court
et à long terme.
B. Pourquoi échanger ?
Nous allons ici aborder les justifications théoriques au libre échange.
Les raisonnements, même s’ils différent, ont pour point commun
d’être au niveau macroéconomique.
1. Des avantages absolus aux avantages comparatifs
a. Avantages absolus
Pour Adam Smith (1723-1790), économiste classique, chaque pays a
intérêt à se spécialiser dans la production et l’exportation de produits
pour lesquels il dispose d’avantages absolus ; c’est-à-dire des coûts de
production plus faibles que dans les autres pays.
Pour Smith, qui s’oppose donc au
protectionnisme(le protectionnisme est une politique
économique interventionniste menée par un État ou un groupe d'États,
consistant à protéger ses producteurs contre la concurrence des
producteurs étrangers)., le commerce international est un jeu à somme
positive puisque la spécialisation et l’échange font qu’il est possible
d’obtenir une production de biens supérieure à celle obtenue en
situation d’autarcie.
Smith affirme que les pays, dès lors qu’ils disposent d’un avantage
absolu, ont mutuellement intérêt à se spécialiser et à s’ouvrir.
Parallèlement, l’échange serait aussi, selon lui, un instrument de
pacification des rapports sociaux.
b. Avantages comparatifs
L'avantage comparatif est une théorie économique classique du
commerce international développée par l'économiste
britannique David Ricardo (1772-1823) dans son ouvrage "Principes
de l'économie politique et de l'impôt" publié en 1817.
Cette théorie stipule que, dans un contexte de libre-échange, si un
pays se spécialise dans la production pour laquelle sa productivité est
la plus forte (ou la moins faible) par comparaison avec ses partenaires,
il accroît sa richesse nationale. On dit que pour cette production, il
détient un "avantage comparatif".
Selon Ricardo, même si un pays dispose d’avantages absolus dans la
plus part des activités, il doit néanmoins se spécialiser dans les
activités pour lesquels il dispose d’avantages comparatifs. En
conséquence, il devra acheter les biens qu'il ne produit plus.
Selon cette théorie, chaque pays a intérêt à se spécialiser dans
les secteurs d'activité où son avantage relatif en terme de productivité
est le plus élevé ou bien où son désavantage est le plus faible. C'est-à-
dire que, même s'il est moins productif que ses partenaires sur tous ses
produits, il doit se spécialiser sur ceux où l'écart de productivité en sa
défaveur est le plus faible.
Exemple donné par David Ricardo : "les coûts de production du vin au
Portugal représentent 66 % des coûts anglais (c'est-à-dire que cela
revient moins cher d'un tiers de produire du vin au Portugal par rapport
à l'Angleterre).
De même, les coûts portugais pour le drap représentent 90 % des coûts
anglais. L'Angleterre n'a donc pas d'avantage absolu par rapport au
Portugal mais il est plus intéressant que l'Angleterre produise le drap et
le Portugal, le vin, car les facteurs de production seront affectés là où ils
sont relativement les plus efficaces."
La théorie de l'avantage comparatif est une variante plus large de celle
de l'avantage absolu du philosophe et économiste britannique Adam
Smith (1723-1790) qui affirme qu'un pays doit produire là où il est le
meilleur pour commercer avec un pays qui a un avantage absolu différent
du sien.
Le principal enseignement de l'avantage comparatif est que, quelle que
soit sa compétitivité nationale, dans une situation de compétition
idéale, un pays tirera toujours un avantage à s'ouvrir au commerce
international. C'est la raison pour laquelle, cette théorie est utilisée par
les partisans du libre-échange contre ceux du protectionnisme. Elle est
aussi le fondement de la doctrine de l'Organisation Mondial du
Commerce (OMC).
2. Echanger selon ses facteurs de production
La théorie des avantages comparés a été approfondie au XXème siècle
par les économistes Hecksher, Ohlin et Samuelson, pour qui la
spécialisation s’explique par les dotations factorielles de chaque pays.
3. Les nouvelles theories du commerce international
Les consommateurs souhaitent acheter des produits semblables mais
qui se différencient par leurs caractéristiques.
• Paul Krugman a ainsi dans les années 1980, mis en évidence que le
commerce international est un commerce intrabranche, c’est à dire
un commerce portant sur les échanges croisées de produits similaires
appartenant à une même branche.
• Le commerce intra branche est la partie des échanges internationaux
de produits qui a lieu à l’intérieur d’une même branche (de l’industrie
ou des services). En d’autres termes, le commerce intra-branche d’un
pays correspond aux exportations et importations de produits
appartenant à une même branche
Échanges intra-branches : commerce de marchandises ou de services qui
concerne les mêmes types de produits ou de services (exemple : en France
on achète des voitures allemandes et en Allemagne on achète des voitures
françaises). On dit aussi échanges croisés de produits similaires.
Ces nouvelles théories considèrent que les avantages comparatifs seraient
d’avantage une conséquence qu’une cause des échanges internationaux. En
effet, dans un univers très concurrentiel, la rentabilité de la production
serait permise par les économies d’échelle et les effets d’apprentissage.
D’autres part la concurrence est axée sur la différentiation des produits ce
qui explique ces échanges de produits similaires.
c. Intérêts et limites de l’échange international
1. Les avantages liés à l’échange
Quelles sont les avantages liés à l’échange ?
• Echange accroît le choix des consommateurs
• L’échange accroît la compétitivité des producteurs.
• L’échange est donc source de croissance
Le commerce international et le libre-échange génèrent des avantages
pour les producteurs puisqu’ils permettent d’accroitre la productivité.
En effet, en situation de libre échange la taille des marchés s’accroit
(suite à l’ouverture des frontières et l’abaissement des barrières aux
échanges), cela permet aux entreprises de vendre plus, et donc de
produire plus. Cette augmentation de la production entraine, dans
beaucoup de secteurs et notamment les secteurs industriels, la
réalisation d’économies d’échelle et donc la baisse des coûts de
production.
La baisse des couts de production permise par les économies d’échelle
permet la baisse des prix. Les consommateurs peuvent donc acheter une
plus grande quantité de biens et services, leur pouvoir d’achat s’est accru.
Les producteurs doivent donc répondre à cette nouvelle demande et donc
produire davantage. Cela renforce encore les économies d’échelle. On donc
un « cercle vertueux » qui s’enclenche entre le commerce international et
la croissance économique.
Qu’est ce que la compétitivité ?
La compétitivité est la capacité d’une entreprise, d’un secteur ou d’une
économie à faire face à la concurrence, tant sur les marchés extérieurs que
sur son marché interne.
La compétitivité prix
La compétitivité prix est la capacité à produire des biens ou services à des prix
inferieurs à ceux des concurrents.
• La compétitivité hors prix ou structurelle est la capacité à vendre des biens et
services pour d’autres motifs que leur prix (la qualité, innovation….)
• Selon les principes libéraux de libre échange serait donc favorable aux
consommateurs qui pourraient ainsi accéder à des produits plus variés et moins
coûteux. D’autres part le libre échange et la spécialisation en fonction des avantages
comparatifs permettrait aux entreprises de gagner en compétitivité
• Enfin de manière générale, le libre échange serait, d’après les économistes classiques
un « jeu à somme positive » c’est à dire que la production s’accroit. Le libre échange
est donc favorable à la croissance.
Echange comme source de croissance
On voit donc que le libre échange génère des effets économiques
favorables à croissance économique :
• Abaissement des coûts de production et des prix
• Economies d’échelle
• Diversité accrue des produits
On peut cependant constater que les pratiques protectionnistes demeurent.
Cette persistance indique que le libre-échange n’a semble-t-il pas que des effets
positifs.
La spécialisation des pays en fonction de leurs avantages comparatifs élargit les
débouchées (augmentation de la taille des marchés) et accroît les revenus
nationaux des pays.
Les économies d’échelle que dégagent les entreprises abaissent les coûts
unitaires permettant une baisse des prix, ce qui accroit la demande. Les revenus
des travailleurs peuvent augmenter grâce à l’accroissement des exportations, ce
qui stimule la demande intérieure. Les importations de biens de consommation à
bas prix relèvent leur pourvoir d’achat d’où la croissance de leur consommation.
Les importations d’intrants moins coûteux et/ ou de bonne qualité
accroissent l’efficience des appareils productifs et les investissements et
l’innovation sont stimulées du fait de la concurrence et de la croissance
de la demande.
Tous ces éléments montrent que le libre échange favorise la croissance
économique.
2. Les limites du libre échange
a. Libre échange, domination et dépendance
Les pays producteurs de matières premières sont dépendants de
l’évolution de la demande adressée principalement par les pays
développés. L’insertion des pays en développement dans le commerce
mondial, par l’application des principes du libre échange, se traduirait
par un renforcement de la dépendance de ces pays à l’égard des pays
développés à l’économie de marché, ce qui empêche la réduction des
inégalités de développement.
Le libre-échange aurait donc instauré une division internationale du
travail (DIT) conforme aux besoins des pays développés à économie de
marché qui dominent les pays en développement.
Arghiri Emmanuel utilise l’expression d’échange inégal, pour designer le
fait que la mondialisation maintient les pays en développement qui
sont aussi les moins productifs dans la production de produits de base
qu’ils échangent contre des biens et services incorporant une moins
grande quantité de travail. Les pays en voie de développement servent
dont de débouchés aux pays développés.
L’ouverture internationale diminue l’autonomie dans le choix des politiques
économiques. Ainsi un pays qui souhaite mener une politique économique
de relance de manière isolée (ses partenaires commerciaux menant une
politique de rigueur) verra ses capitaux fuir ce qui engendra
automatiquement une dévalorisation du taux de change et une dégradation
du solde commercial. Le pays sera alors rapidement contraint de mener une
politique économique similaire à celle de ses partenaires commerciaux.
L’ouverture crée également de la dépendance dans la mesure où les pays
sont désormais dépendants des autres tant pour leurs débouchés que pour
leur approvisionnements (on peut à la dépendance énergétique par
exemple) et donc pour leurs politiques économiques.
b. Le libre échange peut fragiliser l’économie nationale
La mondialisation serait source de destruction d’emplois en France. Il ya tout
d’abord une destruction directe d’emplois. En effet, du fait des délocalisations
certaines productions sont effectués à l’étranger, des emplois sont donc
détruits en France (et créés dans le pays où s’exercera la production).
Un des principaux éléments d’explications tient au coût des facteurs de
production.
Des effets indirects sur l’emploi existent aussi et amplifient les effets directs.
En effet les entreprises sont nombreuses à sous-traiter ou à externaliser une
partie de leur production. Si ces operateurs se font avec des entreprises
étrangères ce seront à encore des emplois en France qui seront détruits.
• Une délocalisation consiste à fermer une usine sur le territoire
national pour en ouvrir une autre à l’étranger où les conditions de
production sont jugés plus favorables.
• Une externalisation consiste à faire réaliser une tache par une autre
société plutôt qu’à l’intérieur de l’entreprise.
c. Le protectionnisme : une réponse aux limites du libre échange
Le protectionnisme est une forme de limiter certains produits à accéder
au marché international disant que ces produits ne remplissent pas les
normes.
Les avantages du protectionnisme
En présence d’économie d’échelle, les entreprises qui vendent le plus
sont les plus compétitives. Il peut donc être justifiée de protéger le
marchée intérieur, lorsque celui-ci est vaste pour permettre aux
entreprises locales d’atteindre une taille suffisante pour être
compétitives. Un cas de figure assez proche est celui où le cout d’entrée
sur un marché dépend de l’expérience acquise. Les nouveaux entrants,
qui ont du mal à être compétitifs, peuvent le devenir si un
protectionnisme temporaire leur donne la possibilité d’accumuler
l’expérience nécessaire.
Lorsque l’échelle nécessaire pour être compétitif est telle qu’il n’ya
place que pour un producteur sur le marché mondial, des subventions
à une entreprise nationale peuvent donner à cette dernière un
avantage qui la conduit à un monopole mondial.
Les risques du protectionnisme
Le principal problème soulevé par le protectionnisme est que les
mesures arrêtées ne le sont pas toujours en fonction de l’intérêt
général, mais en fonction des intérêts de groupes de pression
particuliers.
Faut-il refuser d’échanger ?si le commerce extérieur est globalement
favorable, mieux vaut indemniser les détenteurs du facteur perdant en
utilisant une partie du surplus obtenu grâce à l’échange. Cependant les
perdants préfèrent demander des mesures protectionnistes, plus faciles
à obtenir, car pénalisant en apparence les entreprises étrangères. C’est
évidement une illusion : le protectionnisme entraine la hausse des prix,
car des concurrents efficaces sont éliminées du marché ou pénalisés et
provoque un transfert de revenu des consommateurs vers les
entreprises protégées.
La situation est donc asymétrique : d’un coté, le protectionnisme est
vital pour certains groupes de producteurs, de l’autre, il coute cher à
l’ensemble des consommateurs, mais ne représente qu’une petite
somme pour chacun d’entre eux. Les premiers sont prêts à se battre
pour obtenir une protection, les seconds sont d’autant plus indifférents
qu’ils sont mal informés. Les groupes de pression seront d’autant plus
facilement entendus que leur capacité de nuisance ou leur poids
politique est élevée. Il est alors facile de comprendre qu’un état risque
de prendre des mesures protectionnistes contraires à l’intérêt général.
Même dans le cas où les décisions politiques sont motivés par l’intérêt
général, il n’est pas toujours facile de choisir quelles industries méritent
d’être protégés.
Enfin les méthodes protectionnistes concrètement employés, qui sont
choisies pour leur discrétion, sont aussi celles qui ont le plus
d’inconvénients. Ainsi, un droit de douane influe sur la concurrence, mais
ne la supprime pas ; il rapporte de l’argent à l’état, prélevé sur
l’importateur, c’est donc une bonne mesure. Mais malheureusement très
voyante et souvent interdite par les accords internationaux. Au contraire
imposer des normes sanitaires ou techniques élimine les concurrents
étrangers sans inciter les producteurs locaux à faire mieux.
Même dans le cas où les décisions politiques sont motivés par l’intérêt
général, il n’est pas toujours facile de choisir quelles industries méritent
d’être protégés.
Enfin les méthodes protectionnistes concrètement employés, qui sont
choisies pour leur discrétion, sont aussi celles qui ont le plus
d’inconvénients. Ainsi, un droit de douane influe sur la concurrence, mais
ne la supprime pas ; il rapporte de l’argent à l’état, prélevé sur
l’importateur, c’est donc une bonne mesure. Mais malheureusement très
voyante et souvent interdite par les accords internationaux. Au contraire
imposer des normes sanitaires ou techniques élimine les concurrents
étrangers sans inciter les producteurs locaux à faire mieux.
d. Les entreprises : des acteurs majeurs du commerce international
Le rôle prépondérant des firmes transnationales
Il existe différents types de filaires :
Les filiales de commercialisation : elles ont pour rôle d’importer et de
vendre les produits de la société-mère.
Les filiales de production qui peuvent être soit des filiales relais c’est à dire
qu’elles produisent la même chose que la maison mère soit des filaires
ateliers. Ces derniers sont spécialisés dans la production d’un élément de la
gamme ou dans un type de pièces détachés.
Les filiales-ateliers d’une FTN se livrent ainsi mutuellement leur
productions.
• Une firme transnationale (FTN) ou multinationale (FMN) est une
entreprise composée d’une société mère qui se situe dans le pays
d’origine et de l’ensemble des entreprises détenues ou contrôlées par
cette société mère et appelées filiales.
• L’investissement direct à l’étranger (IDE) est un des vecteurs d’action des
multinationales dans leurs stratégies internationales. Il ya IDE lorsqu’une
firme achète au moins 10 % du capital social d’une entreprise implantée à
l’étranger déjà existante, ou lorsqu’elle crée à l’étranger une unité de
production qui jusqu’alors n’existait pas.
2. L’essor du commerce intra-firme
Le commerce intra-firme désigne les échanges de biens à l’intérieur
d’une FTN, c’est à dire entre la maison mère et ses filiales ou entre ses
filiales.
Les prix auxquels sont facturés les biens ou services qui font l’objet de
transactions au sein d’une FTN sont déterminés par la firme elle-même
et peuvent donc être très différents des prix des exportations
identiques réalisées par d’autres entreprises. Ce prix appelé prix de
transfert ou prix de cession interne peut donc être modifié selon la
fiscalité ou la réglementation des différents pays.
Stratégies et localisation des FTN
La multinationalisation d’une entreprise peut donc se réaliser suivant quatre types de stratégie :
• Une stratégie d’approvisionnement qui consiste en ce qu’une firme décide de s’assurer de la régularité de ses
approvisionnements en produits primaires (matières premières, énergie).
• Une stratégie de marché qui consiste en ce qu’une firme cherche à se rapprocher de ses principaux marchés
par le biais de « filiales-relais » généralement spécialisés dans la commercialisation et la distribution.
• Une strategie de rationalisation de la production selon laquelle une firme décide de l’implantation
de « filiales atelier » qui peuvent être en charge de la production de la totalité du produit ou d’un de ses
composants. Ainsi dans le domaine de maroquinerie, Lancel exporte ses peaux découpées à l’Ile Maurice
pour les faire coudre sur place et les réimporter ensuite vers l’Europe. Lorsqu’une filiale atelier a pour seule
fonction le montage des différents composants d’un produit, on parle alors d’ « usine tournevis ».
• Une stratégie technico-financière par laquelle une firme prend en compte non seulement les données
technologiques et commerciales (qualité de la main d’œuvre, infrastructure, débouchés, transport..) mais
également les données financières (taux de change, niveau de prélèvement obligatoire…) avant de
s’implanter sur un territoire donné.
Les firmes cherchent à devenir transnationale du fait de la concurrence
qui les pousse à accroitre leur compétitivité. Elles cherchent ainsi à
réduire leurs coûts afin de gagner en compétitivité prix. Cependant, la
stratégie qui semble aujourd’hui essentielle est la différenciation des
produits. En effet, en proposant un produit inédit, ou tout du moins
distinct de ce qui existe déjà, l’entreprise accroit sa compétitivité hors
prix.
Pour s’internationaliser les firmes adoptent des stratégies qui visent à
rechercher de faibles coûts de production mais aussi une main d’œuvre
qualifiée et une technologie adaptée. Les objectifs sont aussi divers
puisqu’il peut s’agir de se rapprocher des consommateurs pour mieux
les connaitre (Peugeot s’est ainsi implanté au Brésil), se donner une
image de producteur national (Toyota à Valenciennes communique sur
cet aspect) ou encore bénéficier d’effet d’agglomération (c’est à dire
réaliser des gains de productivité grâce à la proximité géographique).
La réduction sur le long terme des coûts de transport et les facilités de
communication (liés à l’ère internet) ont été l’un des facteurs
importants de l’internationalisation des firmes. L’obstacle des distances
est largement réduit et les entreprises choisissent d’implanter leurs
filiales (ou de sous traiter) dans le monde entier en fonction, des coûts
de production mais également de la qualité de leurs produits, de leur
fiabilités.
L’augmentation des prix du pétrole accroit des coûts de production des
entreprises, et en particulier les coûts de transport. Elle pourrait
remettre en cause à plus ou moins long terme les stratèges des firmes
et plus globalement le processus d’internationalisation des échanges.
E. La variation des cours de change
La balance des paiements enregistre les opérations économiques d’un
pays avec le reste du monde. Or tous les pays ne possèdent pas la
même monnaie.
Par exemple si vous partez en vacances à l’étranger ( hors zone Euro), il
vous faudra changer vos euros contre des devises c’est à dire la
monnaie locale, vous aurez alors effectué une opération de change. Il
en est de même pour toutes les transactions effectuées avec l’étranger
puisque généralement la monnaie nationale doit être convertie dans la
monnaie du pays avec lequel s’effectue la transaction.
• Une opération de change consiste à échanger une monnaie dans une
autre monnaie (appelée devise).
• Les échanges de devises se réalisent sur le marché des changes
Les systèmes de change
Le marché des changes est le marché sur le quel s’échangent des devises
les unes contre les autres et se forment les taux de changes en fonction
des offres et des demandes des agents économiques et de l’intervention
des autorités monétaires.
1. Le taux de change (ou cours de change) est le prix d’une monnaie
exprimée par rapport à une monnaie étrangère.
Ce marche n’a pas d’existence matérielle et est constitué de l’ensemble
des operateurs qui sont connectés par les moyens informatiques.
Le taux de change est déterminé par la rencontre (au point d’équilibre)
entre l’offre et la demande sur le marché des changes. Si la demande
dépasse l’offre, le cours augmente et inversement si l’offre dépasse la
demande le cours baisse. Plus une devise est demandée, plus son taux
de change par rapport aux autres augmente.
3. L’impact d’une variation des cours de change
Le taux (ou cours) de change est le prix relatif d’une monnaie par
rapport à une autre (une monnaie étrangère s’appelle une devise). Le
cours de l'euro (par rapport au dollar) est par exemple de 1,3 $. Le
cours du dollar (par rapport à l'euro) est de 0,769 €.
L'appréciation du taux de change désigne l'augmentation de la valeur
d'une monnaie exprimée en devise. En d'autres termes, une unité de
monnaie nationale permet d'acquérir davantage d'unités de devise. Par
exemple, l'euro connaît depuis plusieurs années une appréciation par
rapport aux autres monnaies, et notamment par rapport au dollar.
Quel est l'impact de cette appréciation sur l'économie des pays de la zone euro ?
De façon générale, une hausse de la valeur de l'euro sur le marché des changes a
un impact plutôt négatif sur l'activité économique. En effet, elle se traduit par une
dégradation de la compétitivité prix des produits européens, à la fois sur les
marchés étrangers, mais aussi sur le marché intérieur. En effet, le prix des
exportations est augmenté (puisqu'il faut plus d'unités de devise pour acquérir la
même quantité de monnaie nationale), et à l'inverse, le prix des importations
diminue. À court terme, on peut assister à une amélioration du solde extérieur,
mais à moyen terme, les agents économiques adaptent leurs comportements aux
variations de prix, et le volume des importations augmente tandis que celui des
exportations diminue : le solde des échanges extérieurs a donc tendance à se
dégrader.
Chapitre2:Quelle est la place de l’union européenne dans l’économie
globale.
L'Union européenne est le résultat d'un processus d'intégration
original, doté d'un grand marché intérieur et d'une monnaie unique.
L'enjeu d'une intégration étroite des économies européennes réside
dans le développement d'une zone dynamique et compétitive.
L'intégration européenne rend interdépendantes les politiques macro-
économiques des États membres et complique la coordination de ces
politiques au sein de l'Union.
1. L'intégration européenne : une intégration originale
A. Un processus qui vient de loin
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux penseurs et
décideurs européens (les "Pères fondateurs" de l'Europe comme par
exemple le français R. Schuman, l'Allemand K. Adenauer ou l'italien De
Gasperi) poussent à la création d'une alliance d'états européens dans le
but de maintenir une paix durable.
L'accent est très vite mis sur un rapprochement culturel (échanges
universitaires, instituts culturels dans différentes capitales, etc.) et surtout
économique, via une intensification des liens commerciaux et des projets de
développement d'industries et de firmes européennes.
Les avantages attendus de l’adaption de l’euro
-La monnaie unique doit favoriser les échanges en raison de la disparition des
commissions de change et des risques de change au sein de la zone euro.
- Les entreprises réalisant du commerce intrazone n’ont plus à s’acquitter de
frais supplémentaires lors des transactions et leurs opérations sont
sécurisées.
- Les ménages bénéficient également de cet avantage dans la mesure
où cela facilite leurs achats dans l’ensemble de la zone euro. Au final,
les échanges commerciaux et le tourisme sont stimulés.
- Une même monnaie permet de comparer plus facilement les prix
d’un pays à un autre de la zone euro. Cette transparence des prix peut
ainsi stimuler la concurrence et inciter les entreprises de la zone euro
à produire des biens de consommation et de production avec des
conditions plus avantageuses pour les agents économiques.
- La suppression des coûts liés aux opérations de change et au risque de
change ainsi que la transparence des prix qui résultent de la mise en
place de l’euro permettent de renforcer les dispositions du marché
unique.