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Ce mémoire présente une étude sur l'extraction de la vitamine C et des huiles essentielles de la spiruline (Arthrospira platensis) récoltée à Biskra, en Algérie. Trois méthodes d'extraction ont été comparées, révélant que la macération aqueuse donne la plus forte concentration de vitamine C, tandis que l'extraction Soxhlet isole des huiles riches en acides gras insaturés. Les résultats soulignent le potentiel industriel de la spiruline algérienne dans les domaines de la santé et de la durabilité environnementale.

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Ce mémoire présente une étude sur l'extraction de la vitamine C et des huiles essentielles de la spiruline (Arthrospira platensis) récoltée à Biskra, en Algérie. Trois méthodes d'extraction ont été comparées, révélant que la macération aqueuse donne la plus forte concentration de vitamine C, tandis que l'extraction Soxhlet isole des huiles riches en acides gras insaturés. Les résultats soulignent le potentiel industriel de la spiruline algérienne dans les domaines de la santé et de la durabilité environnementale.

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République Algérienne Démocratique et Populaire

Université Abdelhamid Ibn Badis Mostaganem


Faculté Des Sciences de La Nature et de La Vie
Département de Biotechnologie

Mémoire
Présenté pour l’obtention du diplôme de

MASTER EN BIOTECHNOLOGIE
Spécialité : Biotechnologie et valorisation des plantes
Par :
ADDA NAWEL

Thème :

Extraction de la vitamine C et des huiles essentiels

de la Spiruline

Soutenue le ………………… devant le jury composé de :

[Link] Djamal
Président MCA Université de Mostaganem
Eddine
Encadrante Dr. Kies Fatima MCA Université de Mostaganem
Dr. Chikh Djaoutsi MCB
Examinatrice Université de Mostaganem
Djamila
Co-encadreur / / /

Année Universitaire : 2024/2025


RemeRciements

Avant toute chose, je rends grâce à Allah, le Tout-Puissant, pour m’avoir

accordé la santé, la force, le courage, la patience et la persévérance

nécessaires à l’accomplissement de ce modeste travail, ainsi que les

moyens pour le mener à bien.

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à Dr. Kies Fatima pour sa

patience, son écoute attentive et ses conseils éclairés. Son

accompagnement bienveillant a été un pilier essentiel dans la réalisation

de ce mémoire, m’apportant un enrichissement tant sur le plan

académique que personnel.

Mes sincères remerciements s’adressent également aux membres du jury

pour l’intérêt qu’ils ont porté à mon travail. Je remercie tout

particulièrement Dr. Bekada Djamal Eddine, président du jury, ainsi que

Dr. Chikck Djaoutsi Djamila, pour avoir accepté d’évaluer ce mémoire et

pour leurs remarques constructives qui ont contribué à l’enrichir.

Je n’oublie pas de remercier chaleureusement Mme Fadhila, Mme Fatima

et Mme Karima, techniciennes des laboratoires pédagogiques de la faculté,

pour leur disponibilité et leur aide précieuse lors des analyses

expérimentales.

2
Dédicaces
Il est difficile de trouvé les mots justes pour exprimer toute la gratitude

que je ressens aujourd’hui .ce travail est est l’aboutissement d’un parcours

jalonné de doutes ,d’efforts , mais surtout de belle rencontres et de

soutiens inestimables .

A mon chere père , que dieu pitié de toi. Mon modele,mon piliet,mon

repère. Il est difficile de trouver les mots justes pour exprimer tout ce que

tu representes pour moi,et à quel point ton absence m’a manqué . Depuis

ton départ, chaque jour est un defi ,mais c’est ton image ,ton courage ,ta

sagesse et ton amour qui me donnent la force d’avancer. Je te didie ce

projet avec une immense émotion ,tu n’es plus la physiquement mais ton

esprit m’accompagne sans chaque étape de ma vie.

J’éspere de tout cœur que ,la ou tu es ,tu peux voir ce que je suis devenue ,

et que tu es fière de moi. Repose en paix papa,Tu me manques chaque

jour.

A ma chere maman, et ma chère sœur salima,vous qui avez toujours cru

en moi,meme lorsque la fatigue prenait le sessus, merci pour votre amour

inconditionnel ,vos encouragements silencieux et vos sacrifices que je

mesures un peu polus chaque jour. Votre presence a été ma plus grand

force. Merci de m’avoir toujours soutenu durant les bons moments et les

plus difficiles .

A mes proches de mon cœurs, A ma famille, A tous mes collègues et mes

amies, Les mots manquent pour vous exprimer mes remerciements et

ma gratitude .
3
Résumé

Ce travail s’inscrit dans une démarche de valorisation biotechnologique de la spiruline


marine (Arthrospira platensis), une microalgue reconnue pour sa richesse en composés
bioactifs. L’objectif principal de l’étude est l’extraction et l’analyse de la vitamine C (acide
ascorbique) et des huiles essentiels à partir d’échantillons locaux de spiruline, récoltés à
Biskra, en Algérie.

Trois méthodes d’extraction hydrosoluble (macération, décoction, infusion) ont été


comparées. Les résultats ont montré que la macération aqueuse sur 10 g de spiruline a
permis d’obtenir la concentration la plus élevée en vitamine C, estimée à environ 24,6 µmol/g
selon les données spectrophotométriques à 520 nm. Les profils spectraux ont confirmé une
absorbance maximale caractéristique de l’acide ascorbique dans l’intervalle 260–270 nm.

Concernant les composés lipidiques, l'extraction Soxhlet avec solvant méthanolique a permis
d'isoler des fractions huileuses riches en acides gras insaturés et présentant une activité
antioxydante potentielle. Ces huiles essentiels ont révélé une composition prometteuse en
composés volatils, ouvrant la voie à des applications nutraceutiques et cosmétiques.

Cette recherche souligne non seulement la variabilité des rendements d’extraction selon la
méthode employée, mais met également en évidence le potentiel industriel inexploité de la
spiruline algérienne, notamment dans des domaines stratégiques liés à la santé, à
l’alimentation fonctionnelle et à la durabilité environnementale.

Mots-clés

Arthrospira platensis, Vitamine C (acide ascorbique), huiles essentiels, Ressources naturelles


algériennes, Biotechnologie marine.

4
Abstract

This study is part of a marine biotechnological valorization approach focused on Spirulina


(Arthrospira platensis), a microalga well known for its richness in bioactive compounds. The
main objective was the extraction and analysis of vitamin C (ascorbic acid) and essential oils
from locally harvested spirulina samples in Biskra, Algeria.

Three aqueous extraction methods—maceration, decoction, and infusion—were compared.


The aqueous maceration of 10 g of spirulina yielded the highest vitamin C concentration,
estimated at approximately 24.6 µmol/g, based on UV-visible spectrophotometric analysis at
520 nm. The spectral profiles confirmed maximum absorbance peaks characteristic of
ascorbic acid in the 260–270 nm range.

For lipid components, extraction via Soxhlet apparatus using methanolic solvent enabled the
isolation of essential oil fractions rich in unsaturated fatty acids and exhibiting potential
antioxidant activity. The volatile profile of these oils supports their potential application in
the nutraceutical and cosmetic industries.

The findings not only reveal variation in extraction yields depending on the method used, but
also highlight the underexploited industrial potential of Algerian spirulina, especially in
strategic fields like functional nutrition, health, and sustainable development.

Key-words

Arthrospira platensis, Vitamin C (ascorbic acid), Essential oils, Algerian natural resources,
Marine biotechnology.

5
Sommaire
Partie I. bibliographique 1

Introduction générale 1

Chapitre I. Spiruline 2

1. Généralités et présentation de la Spiruline 2

[Link] biologique de la spiruline (Arthrospira platensis) 4

[Link]é morphologique, génétique, et écologique d’Arthrospira platensis 7

4. Habitat de la spiruline (Arthrospira) 10

5. Valeur nutritionnelle d’Arthrospira platensis 12

6. Potentiel biotechnologique de l’Arthrospira platensis 16


7. Aspects biotechnologiques et valorisation de l’Arthrospira platensis 18

Chapitre II. Vitamine C (acide ascorbique) et huiles essentiels 21

[Link] C 21

1.1 Définition approfondie de la vitamine C 21

1.2 Effets biologiques, thérapeutiques et analytiques de la vitamine C (acide 22


ascorbique)

1.3 Méthodes d’analyse de l’acide L-ascorbique (méthodes chimiques 24

26
1.4. Extraction de la vitamine C à partir de la spiruline
1.5. Rôles métaboliques et fonctions biochimiques majeures de l’acide ascorbique 26

2. Huiles essentiels 28

2.1. Définition des huiles essentiels 28

2.2. Fonctions physiologiques et écologiques des huiles essentiels dans les plantes 29

2.3. Modes d’utilisation des huiles essentiels 30

6
2.4. Domaines d'application des huiles essentiels 32

2.5. Techniques d’extraction des huiles lipidiques d’algues 33

2.6. Rendement d’extraction des lipides et des composés volatils chez la spiruline 35

Partie II. PARTIE expérimentale 41

Chapitre III. Matériel et Méthodes 41

1. Matériel biologique : Spiruline (Arthrospira platensis) 41

1.1. Méthodes d’extractions 43

2. Analyse de la vitamine C 45

2.1 Méthode de dosage de l’acide ascorbique 45

2.2 Dosage spectrophotometrique: 46

3. Extraction des huiles essentiels 52

3.1. Extraction des huiles essentiels de la spiruline par Soxhlet avec n-hexane 52

Chapitre IV. Résultats et discussions 55

1. Décoction de 10 g de spiruline 55

1.1. Analyse critique des longueurs d’onde sélectionnées 55

1.2. Interprétation et comparaison avec la littérature 57

2. Macération de 10 g de spiruline 57

3. Décoction, macération, et infusion de 1 g de spiruline 59

4. Extraction eau /méthanol 61

4.1. Contexte methodologiques 61

4.2. Analyses des pics 61

Conclusion générale 66

Références Bibliographiques 67

7
Listes des figures
Figure 1: Frise chronologique (Mollo & Noury, 2013 modifiée) ....................................................... 4
Figure 2: Cycle biologique de la spiruline (Balloni et al. 1980 in Charpy, 2008) ................................ 6
Figure 3: Cycle biologique de la spiruline modifié (Charpy et al, 2008). ........................................... 7
Figure 4: Zones naturelles de croissance de la spiruline dans le monde (Fox, 1999 modifiée) .......... 8
Figure 5: Composition chimique de la spiruline (Lecointre, 2017 modifiée) ................................... 13
Figure 6: Panorama des biotechnologies modernes et de leurs applications ................................. 17
Figure 7: Structure chimique de la vitamine C (Acide ascorbique)
[Link] (C6H8O6) ....................................................................22
Figure 8: Activité biochimique de l’acide ascorbique en tant que cofacteur métabolique (Design
réalisé par Dr. KIES F.). ................................................................................................................ 27
Figure 9: Mécanismes redox de la vitamine C : neutralisation des radicaux libres et régénération de
la vitamine E (Design réalisé par Dr. KIES F.) ................................................................................ 28
Figure 10: Dispositif et materiel utilise pour l’extraction des lipides Soxhlet (Figure réalisée par
l’encadrante Dr. KIES F à partir d’un protocole standardisé adapté à l’étude). .............................. 35
Figure 11: Échantillon de la spiruline AL kiram (photo prise par Adda Nawel) ............................... 41
Figure 12: Carte de localisation de la ferme aquacole Al Kiram (Loutayah, Biskra, Algérie) ............ 42
Figure 13: Illustration du Protocole d extraction de composes hydrosolubles et methanolosolubles
a partir de 1g de spiruline (Designed by Kies, F) .......................................................................... 43
Figure 14: Spectrophotomètre UV-visible utilisé dans l’analyse (source : laboratoire interne) ....... 46
Figure 15: Une série de solutions étalons d’acide ascorbique ....................................................... 46
Figure 16: Comparaison des extraits spiruliniques par titrage iodométrique ................................. 52
Figure 17: Montage de l’extracteur Soxhlet ................................................................................. 53
Figure 18: Étapes expérimentales de l’extraction au Soxhlet ........................................................ 54
Figure 19: Profil spectral UV de l’extrait aqueux de spiruline (décoction, 10 g) ..............................55
Figure 20: Profil spectral UV de l’extrait aqueux de spiruline (macération, 10 g) ........................... 58
Figure 21: Spectres d’absorbance des extraits spiruliniques selon trois méthodes d’extraction
(décoction, macération, infusion) ................................................................................................61
Figure 22: Extraction eau /méthanol ........................................................................................... 65

8
Liste des tableaux

Tableau 1: Morphotypes d’Arthrospira platensis et origines géographiques associées .................... 7


Tableau 2: Teneurs approximatives en vitamines de la spiruline (Lecointre, 2017) ........................ 15
Tableau 3: Propriétés physiques et chimiques de la vitamine C (acide ascorbique) ........................22
Tableau 4: Méthodes d’extraction de la vitamine C à partir de la spiruline ................................... 26
Tableau 5: Matériel de laboratoire utilisé .................................................................................... 42

9
Liste des abréviations

ADN : Acide désoxyribonucléique


ARDA: (Amplified Ribosomal DNA Restriction Analysis)
µm : Micromètre
CIN : Le Code international de nomenclature
ONG : Organisations non gouvernementales
OMS : organisation mondiale de la santé
pH : potentiel hydrogène
CO₂ : Le dioxyde de carbone
FAO : The Food and Agriculture Organization
AGPI : Acides gras polyinsaturés
AGS : Acides gras saturés
AGMI : Acides gras monoinsaturés
AGL : acide gamma-linolénique
ALA : l’Acide α-linolénique
SDA : Acide stéaridonique
EPA : Acide eicosapentaénoïque
DHA : Acide docosahexaénoïque
AA : Acide arachidonique
SOD : superoxyde dismutase
OCDE : l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques
mg : Milligramme
g : gramme
DCPIP : 2,6-dichlorophénolindophénol
µmol : Micromole
ERO : espèces réactives de l’oxygène
HE :huile essentiel
GC : Chromatographie en phase gazeuse
MS : spectrométrie de masse.

10
PaRtie i. bibliogRaPhique

Introduction générale

La spiruline, micro-algue marine à haute valeur nutritionnelle, suscite un intérêt croissant dans
les domaines de la biotechnologie et de la valorisation des ressources naturelles. Sa richesse
en protéines, vitamines, antioxydants et composés bioactifs en fait un ingrédient de choix pour
les industries agroalimentaire, pharmaceutique et cosmétique. Parmi ces composés, la
vitamine C et les huiles essentiels se distinguent par leurs propriétés antioxydantes, anti-
inflammatoires et conservatrices.

À l’échelle mondiale, la spiruline est cultivée de manière intensive, notamment en Asie, en


Amérique latine et en Europe. En Algérie, sa production reste artisanale et localisée, malgré
un fort potentiel écologique, notamment dans des régions comme Tamanrasset. Ce retard se
manifeste particulièrement dans l’exploitation scientifique et industrielle de ses composés
bioactifs.

Problématique: Malgré l’abondance de recherches sur la composition générale de la spiruline,


les études portant sur l’extraction optimisée et l’analyse détaillée de composés spécifiques
comme la vitamine C et les huiles essentiels demeurent limitées, surtout pour les souches
marines. Cette lacune freine son plein potentiel biotechnologique, notamment en Algérie.

Objectifs: Ce travail vise à valoriser la spiruline marine à travers l’extraction et l’analyse


qualitative et quantitative de la vitamine C et des huiles essentiels. Les objectifs sont :
Déterminer leur teneur et leurs caractéristiques chimiques ; Explorer leurs applications
industrielles ; Identifier les opportunités de développement pour l’Algérie.

Méthodologie: Le mémoire est structuré en deux parties : Une revue bibliographique et la


présentation des méthodes de recherche utilisées ; Une partie expérimentale, incluant la
méthodologie, l’analyse des résultats et la discussion sur le potentiel de valorisation des
composés extraits.

1
Chapitre I. Spiruline

1.Généralités et présentation de la Spiruline

a. Définition La spiruline

La spiruline est une cyanobactérie filamenteuse, d’environ 0,3 mm de long, appelée


Arthrospira platensis. Elle existe depuis des temps très anciens et se présente sous forme de
filaments multicellulaires spiralés, non ramifiés, de couleur bleu-vert et légèrement mobiles.
Comme les plantes, elle réalise la photosynthèse. Elle se développe naturellement dans des
lacs salés et alcalins, situés dans des régions chaudes [1]. Bien qu’elle soit classée parmi les
bactéries, la spiruline est souvent assimilée à une microalgue en raison de sa capacité à
effectuer la photosynthèse. Toutefois, à la différence des végétaux, elle ne contient pas de
cellulose [2]. Elle ne fixe pas l’azote atmosphérique, car elle ne possède pas d’hétérocystes,
structures que l’on retrouve chez d’autres cyanobactéries comme Anabaena ou Nostoc[3].

On la classe parmi les « algues bleu-vert » pour plusieurs raisons [3] : Son habitat aquatique,
elle réalise la photosynthèse en produisant de l’oxygène, elle produit une biomasse abondante,
sa morphologie est proche de celle des algues, sa couleur provient de pigments tels que la
phycocyanine (bleu) et la chlorophylle (vert).

Les cellules de la spiruline ne possèdent pas de plastes individualisés. Des études en


microscopie électronique ont révélé leur organisation : une capsule, une paroi cellulaire
pluristratifiée et un chromoplasme renfermant des thylakoïdes, structures responsables de la
photosynthèse. On y trouve également des ribosomes, des fibrilles d’ADN et diverses
inclusions[4];[5];[6];[7].

[Link] de la spiruline

La spiruline suscite une confusion terminologique notable, notamment entre les termes «
Spiruline », « Spirulina », et « Arthrospira ». Cette ambigüité est renforcée par la
commercialisation industrielle du produit sous des appellations inexactes. Ainsi, Arthrospira
est souvent désignée à tort comme Spiruline dans les circuits commerciaux, bien que cette
appellation ne corresponde pas à la nomenclature scientifique correcte [8] . Dans les années
1950, trois définitions distinctes ont été proposées afin de clarifier ces termes:

2
Spiruline : nom commercial en français d’une cyanobactérie alimentaire appartenant en
réalité au genre Arthrospira;

Spirulina : désignation commerciale en anglais de cette même cyanobactérie;

Spirulina : nom scientifique d’un genre de cyanobactéries différent, comprenant des espèces
comme Spirulina subsalsa et Spirulina major, non utilisées en alimentation humaine.

Les « spirulines » sont des cyanobactéries filamenteuses à morphologie spiralée, constituées


de cellules alignées en trichomes. Sur le plan scientifique, seule Arthrospira regroupe les
espèces utilisées à des fins nutritionnelles.

L’analyse génétique par ARDA (Amplified Ribosomal DNA Restriction Analysis) conduite
par Scheldeman et al. (1999) a permis de restreindre la classification du genre Arthrospira à
deux espèces principales:

Arthrospira platensis, originaire du Tchad, dont les trichomes mesurent 250 à 350 μm de long
et 10 à 12 μm de diamètre, avec des spires légèrement rétrécies aux extrémités [9];

Arthrospira maxima, endémique du lac Texcoco au Mexique et consommée par les Aztèques,
présente des trichomes plus courts (70 à 80 μm) et plus fins (7 à 9 μm), avec des extrémités
effilées [9] .

Ces distinctions ont été confirmées par une étude génétique menée en 2009 par la fondation
Antenna Technologies, en partenariat avec l’Université de Genève, apportant des preuves
moléculaires à la classification désormais acceptée.

c. Classification taxonomique des cyanobactéries

Les cyanobactéries étaient initialement classées parmi les algues en raison de leur capacité
photosynthétique. Ce n’est qu’en 1962 qu’elles ont été officiellement reclassées parmi les
procaryotes, au sein du domaine des bactéries (Figure 1).

Aujourd’hui, deux principaux systèmes de classification encadrent leur nomenclature :

Le Code international de nomenclature pour les algues, les champignons et les plantes
(CIN) : selon ce code, les cyanobactéries sont désignées comme algues bleues, cyanophytes

3
ou cyanophycées. Cette classification, fondée sur des critères morphologiques, est adoptée par
des bases de données comme le Catalogue of Life ou ITIS.

Le Manuel de Bergey de Bactériologie déterminative : cette approche repose sur des


critères bactériologiques et considère les cyanobactéries, y compris la spiruline (Arthrospira),
comme appartenant au groupe des bactéries photosynthétiques [10] ;[11] .

La classification taxonomique de la spiruline proposée par Ripley Fox [12] est la suivante:

Règne: Monera, Sous-règne: Prokaryota, Phylum: Cyanobacteria, Classe: Cyanophyceae,


Ordre: Nostocales, Famille: Oscillatoriaceae, Genre: Arthrospira, Espèce: Arthrospira
platensis.

Figure 1: Frise chronologique (Mollo & Noury, 2013 modifiée)

[Link] biologique de la spiruline (Arthrospira platensis)

Le cycle de vie de la spiruline repose sur une reproduction asexuée par fragmentation, selon
les travaux de [4] . Ce processus assure une multiplication rapide des filaments grâce à la
formation de structures cellulaires spécialisées. Il se déroule selon les étapes suivantes:

a .Formation des nécridies

Lors du développement de Arthrospira platensis, des cellules biconcaves appelées nécridies


se forment au sein du trichome, une structure filamenteuse pluricellulaire. Ces nécridies

4
jouent un rôle de "point de rupture", facilitant la fragmentation du filament en segments plus
courts [13] .

[Link] et formation des hormogonies

La séparation du trichome à hauteur des nécridies génère de courts filaments de 2 à 4 cellules


appelés hormogonies [4];[13]. Ces fragments se dispersent et initient le développement de
nouveaux individus par reproduction végétative.

[Link] et maturation des hormogonies

Les hormogonies croissent par scissiparité, un mode de division cellulaire binaire produisant
des cellules filles génétiquement identiques [14];[13]. Cette étape est marquée par
l’allongement progressif des filaments, qui acquièrent progressivement leur forme hélicoïdale
caractéristique.

d.Élongation des trichomes

Une fois matures, les filaments poursuivent leur croissance jusqu’à atteindre leur longueur
optimale. Cette élongation est essentielle pour la formation de trichomes pleinement
fonctionnels [15] .

e.Répétition du cycle

Arrivés à maturité, les trichomes génèrent de nouvelles nécridies, enclenchant ainsi une
nouvelle phase de fragmentation. Ce mécanisme cyclique assure la pérennité de l’espèce [4] .

Résumé des étapes principales [15] :

Fragmentation du trichome via la formation de nécridies et d’hormogonies; Croissance et


maturation des hormogonies par division binaire; Élongation des trichomes jusqu’à leur
maturité fonctionnelle (Figure 2).

5
Figure 2: Cycle biologique de la spiruline (Balloni et al. 1980 in Charpy, 2008)

[Link] de reproduction et mécanismes de multiplication de la spiruline

Comme le montre la figure 4, La spiruline (Arthrospira platensis) se distingue par une vitesse
de reproduction remarquable, particulièrement lorsqu’elle évolue dans des conditions
environnementales favorables : une température supérieure à 30 °C et un milieu nutritif adapté.
Selon [16] , son temps de génération peut atteindre un minimum de 7 heures. Dans ces
conditions optimales, la biomasse peut croître de 25 % par jour, doublant ainsi en seulement
quatre jours[17] ;[18] .

Cette croissance rapide repose exclusivement sur des mécanismes de reproduction asexuée,
dont les principaux sont:

La fragmentation: le trichome se divise en fragments plus courts appelés hormogonies,


facilitant la dissémination.

La scissiparité: les cellules se divisent par mitose binaire, donnant naissance à deux cellules
filles génétiquement identiques [14] .

Le bourgeonnement: certaines cellules engendrent directement de nouvelles cellules à partir


de leur paroi, contribuant à l’expansion du filament [15].

6
Figure 3: Cycle biologique de la spiruline modifié (Charpy et al, 2008).

[Link]é morphologique, génétique, et écologique d’Arthrospira platensis

a. Morphologie cellulaire spécialisée : nécridies et hormogonies

Présentation des structures spécialisées impliquées dans la reproduction asexuée de la


spiruline, en particulier le rôle des nécridies dans la fragmentation des trichomes et les traits
morphologiques distinctifs des hormogonies. Clarification des dénominations "Spiruline",
"Spirulina" et "Arthrospira", avec un accent sur leurs différences taxonomiques ainsi que leurs
implications nutritionnelles et commerciales [4] .

b. Variabilité morphologique des souches d’Arthrospira platensis

Présentation des trois principaux types morphologiques (spiralé, ondulé, droit) observés chez
les souches naturelles (Tableau 1).

Tableau 1: Morphotypes d’Arthrospira platensis et origines géographiques associées

7
c. Écologie et milieux spécifiques de développement d’Arthrospira platensis

Le genre Arthrospira, auquel appartient la spiruline, se distingue par sa capacité à coloniser


des écosystèmes extrêmes, peu favorables à la majorité des microorganismes. Organisme
ubiquiste, thermophile et halotolérant, A. platensis prolifère principalement dans des milieux
aquatiques alcalins et hypersalins, qui lui confèrent un net avantage compétitif [19] . Parmi les
caractéristiques physico-chimiques de ces milieux, on retrouve: une salinité élevée, variant de
8,5 à 270 g/L [19] ; une teneur importante en carbonate (Na₂CO₃) et bicarbonate de sodium
(NaHCO₃); une présence notable de minéraux et de sources d’azote fixées. Ces conditions
extrêmes limitent la concurrence biologique, offrant à Arthrospira platensis une niche
écologique privilégiée, propice à son développement en biomasse dominante [19] .

d. Répartition géographique et stratégies d’adaptation écologique d’Arthrospira platensis

Arthrospira platensis se développe de manière privilégiée dans les eaux chaudes des régions
tropicales, notamment dans des milieux alcalins et riches en minéraux. Deux zones
géographiques sont particulièrement propices à sa prolifération naturelle :

Les lacs alcalins d’Afrique, notamment dans la région du lac Tchad, où A. platensis est
dominante; Les lacs salins de la vallée de Texcoco au Mexique, habitat historique de
Arthrospira maxima, également référencée sous le nom A. geitleri [20] . Ces environnements
offrent des conditions extrêmes, fortes températures, salinité élevée, richesse en bicarbonates,
favorables à la croissance exclusive de cette cyanobactérie (Figure 4).

Figure 4: Zones naturelles de croissance de la spiruline dans le monde (Fox, 1999 modifiée)

8
e. Mécanismes d’exclusion écologique d’Arthrospira platensis

La capacité d’Arthrospira platensis à prospérer dans des milieux extrêmes repose sur une
série de mécanismes lui conférant un avantage écologique significatif, au détriment des autres
formes de vie. Ces stratégies d’exclusion actives limitent la concurrence et assurent sa
dominance dans des écosystèmes spécifiques[21] ;[12]. Trois principaux mécanismes sont
identifiés:

Modification de l’alcalinité du milieu: En absorbant les ions carbonates (CO₃²⁻) et


bicarbonates (HCO₃⁻), la spiruline modifie la composition chimique de l’eau et élève le pH,
rendant l’environnement encore plus alcalin. Cette alcalinisation accrue crée des conditions
défavorables à la survie de nombreuses espèces concurrentes, réduisant leur développement.

Compétition pour la lumière: Dotée de pigments photosynthétiques et d’une flottabilité


naturelle, A. platensis forme une couche dense à la surface de l’eau, limitant considérablement
la pénétration de la lumière solaire. Ce phénomène restreint l’activité photosynthétique de
microalgues concurrentes comme Chlorella, qui dépendent d’une luminosité optimale pour
croître.

Sécrétion de substances antimicrobiennes: En complément de son adaptation aux conditions


extrêmes, la spiruline libère des composés bioactifs à effet antimicrobien, capables d’inhiber
un large spectre de bactéries et autres microorganismes. Cette activité chimique renforce son
monopole écologique dans son habitat.

Ainsi, Arthrospira platensis illustre un modèle d’organisme hautement spécialisé, tirant profit
d’environnements caractérisés par une forte alcalinité, une salinité élevée et des températures
tropicales. Grâce à l’association de ces stratégies chimiques, physiques et biochimiques, elle
parvient à s’imposer durablement dans des milieux marginaux tels que les lacs alcalins
africains (notamment le lac Tchad) ou les bassins salins de la vallée de Texcoco au Mexique.

f. Bref historique de la spiruline

L’usage traditionnel de la spiruline (Arthrospira) remonte à plusieurs siècles : elle était


consommée sous forme de galettes par les Kanembous autour du lac Tchad dès le XVe siècle
(dihé), et par les Aztèques au Mexique (tecuitlatl) récoltée dans le lac Texcoco au XVIe siècle.

9
Sa redécouverte scientifique débute au XIXᵉ siècle avec les premières descriptions
morphologiques, et se poursuit au XXᵉ siècle grâce à des recherches menées en Afrique et au
Mexique (Yvette Créach, Jean Léonard, Hubert Durand-Chastel, Ripley Fox). Cette période
voit l’essor de sa culture contrôlée et de sa reconnaissance mondiale.

Depuis les années 1980, la spiruline connaît un développement industriel et humanitaire,


notamment en Chine et via des ONG comme Antenna Technologies. Elle est aujourd’hui
reconnue par l’OMS comme une ressource nutritionnelle d’avenir, notamment dans la lutte
contre la malnutrition.

i. La spiruline en Algérie: un développement émergent

En Algérie, l’intérêt pour la spiruline est apparu relativement récemment, avec plusieurs
tentatives de culture menées dans des zones climatiquement favorables, notamment dans le
Sud, à El Goléa et Tamanrasset. Une initiative notable a vu le jour en 2009 dans la wilaya de
Mostaganem, marquant une première intégration de cette cyanobactérie dans les projets de
développement local [22]. Bien que la spiruline soit traditionnellement exploitée depuis des
siècles par les Kanembous du Tchad et les Aztèques du Mexique, ce n’est qu’au XXe siècle
qu’elle a été scientifiquement redécouverte, puis reconnue pour ses exceptionnelles qualités
nutritionnelles. Sa richesse en protéines, vitamines et minéraux, ainsi que sa résilience dans
des milieux extrêmes, en font aujourd’hui une solution prometteuse face aux enjeux de
malnutrition et de sécurité alimentaire, notamment dans les régions arides et peu fertiles telles
que le Sahara algérien.

4. Habitat de la spiruline (Arthrospira)

La spiruline, appartenant au genre Arthrospira, se développe naturellement dans des milieux


dits extrêmes, peu propices à d’autres formes de vie. Ces environnements singuliers lui
confèrent un avantage écologique important en réduisant la compétition microbienne.

Milieu fortement alcalin: La spiruline prospère dans des eaux basiques dont le pH varie
généralement entre 8,5 et 11. Cette alcalinité élevée est principalement due à la présence de
carbonate de sodium (ou natron), un composé essentiel à sa croissance.

10
Eaux riches en sels minéraux: Elle se développe dans des eaux saumâtres à forte salinité,
atteignant parfois 20 à 70 g/L, voire davantage dans certains lacs endoréiques, où
l’évaporation accentue la concentration en sels.

Températures élevées: La croissance optimale est observée entre 35 et 40 °C. En dessous de


15 °C ou au-delà de 39 °C, l’activité biologique de la spiruline diminue fortement, pouvant
aller jusqu’à l’arrêt de son métabolisme.

Exposition solaire intense: Une luminosité importante est indispensable à la photosynthèse de


la spiruline. Elle est donc principalement présente dans les régions tropicales, subtropicales ou
en altitude, bénéficiant d’un ensoleillement constant.

Riche apport nutritif naturel: Les lacs qui abritent la spiruline sont souvent riches en
nutriments indispensables tels que le fer, le magnésium, le phosphore, l’azote (nitrate ou urée)
et du CO₂ dissous, nécessaires à son développement photosynthétique.

Barrière écologique contre les contaminations: Son habitat alcalin et chaud, enrichi en
bicarbonates, crée un environnement défavorable à la plupart des micro-organismes, ce qui
limite naturellement les risques de contamination.

a. Conditions optimales de culture de l’Arthrospira platensis

Pour reproduire les performances de la spiruline en milieu naturel, il est indispensable de


contrôler certains paramètres essentiels en milieu de culture [23] ; [1]:

Température: Zone optimale : 35 à 38 °C. Tandis que, la Zone critique : en dessous de 15 à


20 °C , croissance ralentie ; au-delà de 39 °C, stress thermique et baisse de viabilité.

En bassin ou serre, un contrôle thermique est nécessaire pour éviter les chocs liés à
l'évaporation ou à une chaleur excessive.

Lumière: Énergie indispensable à la photosynthèse, elle doit être suffisante sans excès. Une
lumière trop faible limite la production de biomasse, tandis qu’un excès provoque une
photoinhibition, altérant les pigments comme la phycocyanine ou la chlorophylle. En culture
contrôlée (intérieur ou serre), une gestion précise de l’éclairage est requise.

11
pH du milieu de culture: la Plage idéale : entre 8,5 et 10,5. Au cours de la photosynthèse, la
spiruline libère des ions qui augmentent naturellement l’alcalinité du milieu [24] . Un pH
supérieur à 11 peut toutefois ralentir la croissance, d’où l’importance d’un suivi régulier.

La culture efficace d’Arthrospira platensis repose sur la reconstitution fidèle des


caractéristiques de son environnement naturel, considéré comme extrême pour de nombreuses
autres formes de vie. Pour garantir une production de biomasse abondante, stable et de qualité,
il est essentiel de contrôler rigoureusement plusieurs paramètres physico-chimiques du milieu
de culture, notamment la température, la luminosité, le pH, la salinité ainsi que la composition
nutritionnelle. Cette exigence de précision concerne aussi bien les systèmes de production
artisanaux que les installations industrielles à grande échelle. Le respect optimal de ces
conditions permet non seulement de maximiser la croissance de la spiruline, mais aussi
d’optimiser sa teneur en composés bioactifs d’intérêt, tels que la vitamine C et les huiles
essentiels, au cœur de ce travail.

5. Valeur nutritionnelle d’Arthrospira platensis

Arthrospira platensis est largement reconnue pour sa richesse nutritionnelle exceptionnelle.


Sa composition biochimique hautement assimilable en fait une source remarquable de
protéines complètes, de vitamines, de minéraux, d’acides gras essentiels et de composés
antioxydants [25] . Cette microalgue est souvent considérée comme l’un des aliments naturels
les plus complets disponibles à l’état brut.

a. Protéines et acides aminés

La spiruline renferme entre 50 et 70 % de protéines sur poids sec, ce qui la positionne comme
l’une des sources protéiques les plus concentrées parmi les organismes microbiens [26] ;[27].
Ces protéines sont dites « complètes », car elles incluent les huit acides aminés essentiels
requis par l’organisme. Comparativement à d’autres aliments, elle contient deux fois plus de
protéines que le soja (35 %); Trois fois plus que la viande ou le poisson (≈25 %); et environ
cinq fois plus que les céréales (≈14 %) [28] . Près de 47 % des protéines de la spiruline sont
constituées d’acides aminés essentiels, ce qui la rend particulièrement précieuse pour les
régimes végétariens.

12
Même les acides aminés soufrés, comme la méthionine et la cystéine, bien que présents en
quantités modestes, couvrent plus de 80 % des apports recommandés par la FAO [29] . Cela
confirme son intérêt en tant que complément nutritionnel équilibré [30] .

Figure 5: Composition chimique de la spiruline (Lecointre, 2017 modifiée)

b. Lipides et acides gras essentiels

Bien que modérément lipidique (environ 5 à 6 % du poids sec ; [31] , la spiruline se distingue
par la qualité nutritionnelle de ses acides gras, répartis de manière équilibrée entre Acides gras
polyinsaturés (AGPI), Acides gras saturés (AGS), et Acides gras monoinsaturés (AGMI)
(≈6 % du total lipidique ; Bard, 2018).

Elle est particulièrement riche en acide gamma-linolénique (AGL), un oméga-6 rare dans
l’alimentation courante, pouvant représenter jusqu’à 40 % de la fraction lipidique [32] .

On y trouve également d’autres acides gras bénéfiques tels que l’Acide α-linolénique (ALA),
Acide stéaridonique (SDA), Acide eicosapentaénoïque (EPA), Acide docosahexaénoïque
(DHA), Acide arachidonique (AA) [33]. Cette composition lipidique variée offre des
propriétés cardio-protectrices et favorise les fonctions cellulaires et métaboliques.

c. Glucides

13
Les glucides représentent 15 à 25 % du poids sec de la spiruline [34] , majoritairement sous
forme de polymères complexes, tels que les glucosannes aminés (~1,9 %) ; Les rhamnosannes
aminés, plus abondants (~9,7 %) [29] .

Elle contient également de faibles quantités de glycogène (~0,5 %), ainsi que des traces de
sucres simples (glucose, fructose, saccharose) et de polyols (glycérol, mannitol, sorbitol).
Parmi les glucides d’intérêt nutritionnel, le méso-inositol phosphate se distingue.

Il constitue une précieuse source de phosphore organique et d’inositol, avec des


concentrations estimées entre 350 et 850 mg/kg de matière sèche [27] .

d. Profil nutritionnel et bioactif d’Arthrospira platensis

Vitamines

Arthrospira platensis constitue une source notable de vitamines hydrosolubles et liposolubles,


contribuant à de nombreuses fonctions physiologiques. Elle contient principalement des
vitamines du groupe B (B1, B2, B3, B5, B6, B8, B9, B12); des vitamines liposolubles telles
que la provitamine A (β-carotène) et la vitamine E; de la biotine (vitamine H), et de rares
traces de vitamine C [35] . La spiruline est souvent citée pour sa teneur élevée en
vitamine B12, jusqu’à quatre fois supérieure à celle du foie de veau. Toutefois, sa
biodisponibilité chez l’homme ne dépasse pas 17 %, limitant son impact nutritionnel réel [36].

Le β-carotène, pigment caroténoïde majeur, représente jusqu’à 80 % des caroténoïdes totaux.


Environ 4,5 mg de β-carotène apportés par 3 à 6 g de spiruline couvriraient les besoins
journaliers en vitamine A [32] .

La vitamine E, comparable à celle retrouvée dans le germe de blé, possède des propriétés
antioxydantes notables, notamment dans la stabilisation des acides gras polyinsaturés.

Bien que la vitamine C soit parfois mentionnée, elle est généralement absente ou présente à
l’état de traces [28] ;[36] .

14
Tableau 2: Teneurs approximatives en vitamines de la spiruline (Lecointre, 2017)

Pigments bioactifs

Outre son intérêt nutritionnel, la spiruline est remarquable pour sa richesse pigmentaire, qui
contribue à ses propriétés biologiques tels que la Chlorophylle-a: pigment vert central de la
photosynthèse, aux effets détoxifiants démontrés (notamment contre les métaux lourds); et la
Phycocyanine: pigment bleu spécifique de la spiruline, représentant jusqu’à 15 % du poids sec.

Elle est reconnue pour ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires [37];Caroténoïdes :


comme le β-carotène, la zéaxanthine et la canthaxanthine [33] ;[38], aux propriétés
photoprotectrices et antioxydantes.

Minéraux et oligo-éléments

15
La spiruline représente également une source concentrée de micronutriments essentiels, ce qui
la rend utile dans les contextes de malnutrition [32] tels que le Fer: 550 à 6000 mg/kg, idéal
pour la prévention de l’anémie [29]; Calcium et phosphore : dans des proportions proches de
celles du lait, mais sans les effets décalcifiants; Magnésium, potassium, et parfois zinc, jouant
un rôle dans la régulation enzymatique et électrolytique.

Enzymes et activités biologiques

La spiruline contient plus de 2000 enzymes, dont la superoxyde dismutase (SOD), essentielle
pour neutraliser les radicaux libres et ralentir le vieillissement cellulaire [39] . Elle participe
aussi à la synthèse des protéines; la croissance des lactobacilles, bénéfiques pour la flore
intestinale et la digestion.

Capacité photosynthétique

La spiruline, en tant que cyanobactérie photoautotrophe, capte l’énergie lumineuse pour


produire de la matière organique selon l’équation :

6 CO₂ + 6 H₂O + lumière → C₆ H₁₂O₆ + 6 O₂

Ce processus, structuré en deux phases (photochimique et chimique), intervient dans la


production d’oxygène; La régulation du climat; et la base des chaînes alimentaires aquatiques
[40] ; [41].

6. Potentiel biotechnologique de l’Arthrospira platensis

a. Définition générale de la biotechnologie

Selon l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), la


biotechnologie désigne l’ensemble des applications scientifiques et technologiques qui
utilisent des organismes vivants — ou leurs composants et produits — dans le but de modifier
des matières vivantes ou inertes afin de générer des connaissances, des biens ou des services
[OCDE].

b. Typologie des biotechnologies

16
Les biotechnologies modernes sont classées en plusieurs domaines d’application, identifiés
par des codes couleurs symboliques (Figure 6):

Biotechnologie verte: concerne le secteur agricole. Elle s’appuie sur le génie génétique pour
améliorer la productivité, la résistance aux maladies, et l’efficacité des cultures.

Biotechnologie rouge: orientée vers la santé humaine, elle inclut la production de


médicaments (antibiotiques, vaccins), les thérapies géniques et les outils de diagnostic
moléculaire.

Biotechnologie bleue: axée sur l’exploitation des ressources marines (algues, cyanobactéries),
elle permet la production de substances bioactives ou la bioremédiation des milieux
aquatiques.

Biotechnologie jaune: dédiée à la protection de l’environnement, elle valorise les déchets


organiques et applique des procédés biologiques de dépollution des sols et de l’eau.

Biotechnologie blanche: utilisée dans l’industrie, elle vise à remplacer les procédés chimiques
traditionnels par des procédés biologiques durables, s’appuyant notamment sur la biomasse.

Figure 6: Panorama des biotechnologies modernes et de leurs applications

c. Intérêt biotechnologique de la spiruline

Arthrospira platensis constitue une ressource stratégique en biotechnologie, notamment pour


les secteurs de l’agroalimentaire, de la santé publique, de la bioénergie et de l’environnement.

17
Sa valeur nutritionnelle élevée, associée à une capacité de culture intensive, en fait une
candidate idéale pour des usages variés à fort impact.

Alimentation et nutrition: Dotée d ’ une concentration protéique exceptionnelle (50 – 70 %),


enrichie en vitamines, minéraux et antioxydants, la spiruline est exploitée dans la lutte contre
la malnutrition, en particulier dans les zones vulnérables [31].

Production à grande échelle: La maîtrise des paramètres de culture (température, lumière, pH,
nutriments) est indispensable pour garantir une biomasse de qualité. Des technologies
innovantes comme les photobioréacteurs permettent d’optimiser la productivité dans un cadre
durable.

Applications industrielles: Les extraits de spiruline (phycocyanine, pigments, peptides


bioactifs) trouvent leur place dans plusieurs secteurs: Colorants naturels pour
l’agroalimentaire et les cosmétiques; Biocarburants à partir de la biomasse; Molécules
fonctionnelles pour l’industrie pharmaceutique.

Bioremédiation et environnement: Grâce à sa capacité à absorber certains métaux lourds et


nutriments, la spiruline peut être utilisée dans la dépollution des eaux usées, en agissant
comme un biofiltre naturel respectueux de l’écosystème.

En somme, la spiruline s’affirme comme un outil biotechnologique polyvalent, porteur de


solutions durables pour l’alimentation, la santé, l’industrie et l’environnement. L’optimisation
de ses systèmes de production et l’intégration de technologies émergentes sont des clés
majeures pour son développement à l’échelle industrielle.

7. Aspects biotechnologiques et valorisation de Arthrospira platensis

a. Intérêt biotechnologique global de la spiruline

Arthrospira platensis, plus connue sous le nom de spiruline, est un microorganisme de


référence dans le champ de la biotechnologie, en raison de sa richesse nutritionnelle et de ses
propriétés fonctionnelles variées. Elle constitue une ressource stratégique, particulièrement
dans les régions affectées par la malnutrition ou le manque de sécurité alimentaire [31].

18
b. Domaines d’application biotechnologique

Alimentation et nutrition: Grâce à sa teneur élevée en protéines (50 à 70 % du poids sec),


vitamines, minéraux, acides gras essentiels et pigments antioxydants, la spiruline est
largement utilisée comme complément alimentaire pour soutenir la santé globale et prévenir
les carences nutritionnelles.

Production à grande échelle: La valorisation optimale de la spiruline nécessite le


développement de systèmes de culture contrôlés. L’utilisation de technologies comme les
photobioréacteurs permet d’assurer une production efficace, respectueuse des paramètres clés
(température, pH, luminosité).

Secteurs industriels: La spiruline est exploitée pour la production de: Colorants naturels
(notamment la phycocyanine); Biocarburants à partir de la biomasse; Molécules bioactives à
potentiel pharmaceutique ou cosmétique.

Environnement et bioremédiation: Ses capacités d’absorption de nutriments et de métaux


lourds font de la spiruline un agent efficace pour la dépollution des eaux usées, en tant que
biofiltre naturel.

c. Formes commerciales et galéniques

La spiruline est disponible sous différentes formes galéniques, selon les usages visés:

Spiruline fraîche: non transformée, à forte valeur biologique, mais à conservation courte (48
h).

Extrait liquide (phycocyanine): pigment bleu concentré, antioxydant, sans allégation santé
validée (ANSES/EFSA).

Spiruline en paillettes: séchée à basse température, forme artisanale à forte densité


nutritionnelle.

Poudre: issue du broyage ou de procédés industriels ; utilisée dans boissons, soupes, ou


préparations cosmétiques.

19
Comprimés/gélules: pratiques, mais parfois altérés par les additifs ou la compression à chaud ;
privilégier les produits naturels, sans excipients.

Pétales: forme esthétique et peu répandue, utilisée dans les plats froids pour préserver ses
nutriments.

d. Intérêts sectoriels et innovations

Cosmétique: Les acides aminés, oligoéléments, et antioxydants présents dans la spiruline en


font un ingrédient prisé en cosmétologie: Anti-âge : sérums, crèmes régénérantes; Soins
capillaires: shampoings fortifiants, masques revitalisants; Enveloppements corporels : intégrés
aux soins bien-être et centres de thalassothérapie [42]; [43] .

Pharmaceutique: Les effets immunomodulateurs, antiviraux, anti-inflammatoires et


antitumoraux de la spiruline sont activement étudiés. Bien qu'elle ne soit pas encore un
principe actif, son potentiel thérapeutique en fait un candidat pour le développement de
compléments fonctionnels.

e. Développement en Algérie et valorisation alimentaire locale

En Algérie, bien que la culture de la spiruline reste encore artisanale, elle présente un fort
potentiel de développement agroalimentaire local.

Produits fonctionnels enrichis en spiruline: Céréaliers (pain, couscous, gâteaux, tagliatelles),


Produits laitiers (yaourts, crèmes), Produits sucrés (miel, sucre aromatisé), Soupes, boissons,
condiments. Enfin, Compléments alimentaires qui sont disponible sous forme de comprimés,
gélules ou poudre, la spiruline est utilisée pour renforcer la vitalité et prévenir les déficits
nutritionnels, notamment dans les régimes végétariens ou les situations de stress oxydatif.

Cadre réglementaire: Selon le décret français 2006-352, un complément alimentaire ne peut


faire l’objet d’allégations thérapeutiques. La spiruline entre dans cette catégorie en tant que
source concentrée de nutriments et agent physiologiquement actif, sans effet curatif
revendiqué [9].

20
Chapitre II. Vitamine C (acide ascorbique) et huiles essentiels

1. Vitamine C

1.1. Définition approfondie de la vitamine C

La vitamine C (Figure 7 et tableau 3), ou acide ascorbique, est un composé organique


hydrosoluble de formule chimique C₆H₈O₆. Structurellement apparentée au glucose, elle
appartient à la famille des acides lactones et se présente sous la forme d’une poudre blanche
cristalline, soluble dans l’eau mais sensible à la lumière, à la chaleur et à l’oxygène [35].

Chez l’être humain, cette vitamine joue un rôle physiologique fondamental, mais elle ne peut
être synthétisée de manière endogène en raison de l’absence de l’enzyme L-gulonolactone
oxydase, ce qui est également le cas chez d’autres primates, certains rongeurs ou espèces de
chauves-souris [40]. Par conséquent, un apport alimentaire régulier est indispensable pour
satisfaire les besoins métaboliques.

Considérée comme une molécule antioxydante majeure, la vitamine C intervient dans de


nombreux processus physiologiques essentiels:

La synthèse du collagène, de la carnitine et de neurotransmetteurs (dopamine, noradrénaline)


[41]; la régénération d’autres antioxydants tels que la vitamine E; l’amélioration de
l'absorption du fer non héminique au niveau intestinal; le renforcement des défenses
immunitaires; et la protection cellulaire contre le stress oxydatif [36].

Les apports nutritionnels recommandés sont généralement situés entre 75 et 110 mg/jour pour
un adulte, mais peuvent être augmentés en cas de stress, tabagisme, grossesse ou pathologies
chroniques [28].

Bien que la spiruline soit renommée pour sa densité nutritionnelle, elle contient peu ou pas de
vitamine C, en raison de sa thermolabilité : cette dernière se dégrade facilement lors du
séchage ou du traitement industriel [29]. C’est pourquoi certaines approches
biotechnologiques visent à enrichir ou préserver cette molécule dans des matrices
fonctionnelles comme la spiruline, notamment pour les applications nutraceutiques ou
pharmaceutiques [9].

21
Figure 7: Structure chimique de la vitamine C (Acide ascorbique)
[Link] (C6H8O6)

Tableau 3: Propriétés physiques et chimiques de la vitamine C (acide ascorbique)

1.2. Effets biologiques, thérapeutiques et analytiques de la vitamine C (acide ascorbique)

La vitamine C, ou acide L-ascorbique, intervient dans un large éventail de fonctions


biologiques. Elle exerce une influence bénéfique tant sur la prévention de nombreuses
pathologies que sur le maintien de l’homéostasie cellulaire.

22
Santé cardiovasculaire: elle contribue à inhiber l’oxydation des lipoprotéines de basse densité
(LDL) et à réduire la biosynthèse endogène de cholestérol, jusqu’à 95 % selon certaines
études expérimentales, limitant ainsi le risque de maladies coronariennes.

Renforcement immunitaire: elle stimule la prolifération des lymphocytes T et B, augmente


l’activité des phagocytes et participe à la synthèse d’anticorps. Elle agit également comme
modulateur de la réponse inflammatoire.

Applications cliniques par voie intraveineuse: administrée à hautes doses, elle a été testée
pour le traitement adjuvant de maladies virales comme la rougeole, la poliomyélite, l’hépatite
B et C, l’herpès, la varicelle, la maladie de Lyme ou encore la mononucléose.

Détoxification et neutralisation des toxines: elle est capable de neutraliser les effets de toxines
puissantes, comme démontré par l’expérience du Dr Bastien sur l’amanite phalloïde, à
condition qu’elle soit administrée à forte dose et par voie parentérale.

Élimination des substances toxiques: elle participe à la détoxification des métaux lourds
(mercure, plomb, cadmium) et dégrade certains pesticides ou polluants organiques persistants.

Prévention oncologique et action sélective: à très fortes concentrations, elle démontre un


pouvoir cytotoxique ciblé contre certaines cellules tumorales, tout en épargnant les cellules
saines, notamment dans le cas du cancer de la vessie.

Soutien aux patients immunodéprimés: des études rapportent un rôle bénéfique chez les
patients atteints du VIH/SIDA, en soutenant la réponse immunitaire et en réduisant les
infections opportunistes.

Santé osseuse: elle favorise la fixation du calcium sur les os et intervient dans le métabolisme
du collagène, contribuant ainsi à prévenir la décalcification et l’ostéoporose.

Lutte contre le vieillissement cellulaire: grâce à ses propriétés antioxydantes, elle neutralise
les radicaux libres, retardant le vieillissement prématuré.

Protection vasculaire: elle participe à l’entretien de l’élasticité et de l’intégrité des parois


capillaires.

23
Réponse au stress: elle soutient la synthèse des hormones surrénales (adrénaline, cortisol),
essentielles à la gestion du stress physiologique.

Effet anti-anémique: elle facilite l’absorption intestinale du fer non héminique et stimule la
production d’hémoglobine.

Antihistaminique naturel: elle peut moduler les réactions allergiques en réduisant la libération
d’histamine.

Fonctions neurocognitives: elle améliore la transmission neuronale, la concentration, la


mémoire et les fonctions exécutives.

Énergie et vitalité: en participant au métabolisme énergétique, elle réduit la fatigue chronique


et améliore la performance physique.

Sommeil et digestion: contrairement aux idées reçues, la vitamine C facilite l’endormissement


et régule le transit intestinal sans effet excitant [44] ; [45] ; [46] .

1.3. Méthodes d’analyse de l’acide L-ascorbique (méthodes chimiques)

L’identification et la quantification de la forme biologiquement active de la vitamine C,


l’acide L-ascorbique, reposent sur deux grandes catégories de méthodes analytiques.

Techniques chimiques basées sur le pouvoir réducteur

L’acide L-ascorbique, sous sa forme réduite, est un composé hautement réducteur, capable de
céder facilement des électrons à divers agents oxydants. Cette propriété redox en fait une cible
privilégiée pour les méthodes d’oxydoréduction, largement utilisées en analyse chimique.

Le réactif de référence dans ce contexte est le 2,6-dichlorophénolindophénol (DCPIP), un


indicateur coloré de type redox.

Ce dernier possède une teinte bleue intense à l’état oxydé, mais devient incolore ou
légèrement rose en milieu acide lorsqu’il est réduit par la vitamine C. Cette réaction rapide et
visible permet une analyse simple et efficace.

Cette méthode autorise plusieurs approches complémentaires:

24
Titrage direct visuel (colorimétrie) : il s’agit d’un dosage classique basé sur le changement de
couleur observable à l’œil nu. La disparition de la coloration bleue indique le point
d’équivalence.

Quantification spectrophotométrique : en mesurant l’absorbance à 520 nm, on peut suivre


précisément la réduction du DCPIP par l’acide ascorbique. Cette méthode est sensible et
reproductible, idéale pour les matrices complexes comme les extraits végétaux ou alimentaires.

Utilisation d’autres réactifs oxydants : bien que le DCPIP soit préféré, d’autres agents comme
l’iode (en milieu iodimétrique), le bleu de méthylène, le phosphomolybdate ou le chlorure
ferrique peuvent également être employés, surtout pour des analyses alternatives ou
comparatives en enseignement.

Ces techniques présentent l’avantage d’être peu coûteuses, rapides à mettre en œuvre, et
adaptables aussi bien à une analyse qualitative qu’à une quantification semi-automatique à
l’aide d’un spectrophotomètre.

Méthodes spectrales

Outre les méthodes chimiques classiques, la vitamine C peut être analysée par des techniques
physiques plus avancées, qui exploitent ses propriétés spectrales ou électrochimiques
intrinsèques.

Spectroscopie UV-Visible: l’acide L-ascorbique présente un pic d’absorption caractéristique à


265 nm en milieu neutre, correspondant à sa structure conjuguée. Cette méthode permet une
détection très sensible, rapide et sans réactif externe, particulièrement adaptée pour les
milieux aqueux purifiés.

Techniques électrochimiques: l’acide ascorbique peut être oxydé de manière irréversible sur
des électrodes à potentiel contrôlé, ce qui permet de mesurer les courants d’oxydation
anodique. Ces signaux électriques sont proportionnels à la concentration de vitamine C. Grâce
à l’emploi de microélectrodes ou de capteurs modifiés, ces méthodes permettent des analyses:

Sélectives, Ultra-sensibles (jusqu’à quelques µmol/L), Rapides (quelques secondes), Et


applicables in situ, même dans des échantillons biologiques ou alimentaires peu préparés.

25
1.4. Extraction de la vitamine C à partir de la spiruline

Bien que naturellement pauvre en acide ascorbique, la spiruline peut néanmoins en contenir
des traces. Pour l’isoler sans détériorer cette molécule sensible, des méthodes douces sont
privilégiées (Tableau 4):

Tableau 4: Méthodes d’extraction de la vitamine C à partir de la spiruline

Toutes les extractions sont répliquées trois fois pour améliorer le rendement. Le résidu est
généralement séché à l’étuve ou conservé sous forme liquide, et le rendement global est
calculé à partir de la masse sèche obtenue [47] .

1.5. Rôles métaboliques et fonctions biochimiques majeures de l’acide ascorbique

La vitamine C, ou acide ascorbique, est bien plus qu’un simple micronutriment : elle constitue
une molécule clé du métabolisme cellulaire, intervenant dans des processus vitaux à travers
deux grandes classes de réactions biochimiques.

Ces mécanismes sous-tendent de nombreuses fonctions structurelles, enzymatiques et


antioxydantes essentielles à l’homéostasie humaine.

a. Réactions d’hydroxylation enzymatique

L’acide ascorbique joue un rôle de cofacteur indispensable dans plusieurs réactions


d’hydroxylation enzymatique, notamment dans (Figure 8):

La biosynthèse du collagène, principal composant structural des tissus conjonctifs. La


vitamine C permet l’hydroxylation des résidus de proline et de lysine, processus critique pour

26
la stabilisation de la triple hélice de collagène [48] ; La production de catécholamines, telles
que la dopamine et la noradrénaline, via l’hydroxylation de la dopamine en noradrénaline
dans la médullosurrénale; La synthèse de la carnitine, molécule indispensable au transport
mitochondrial des acides gras à longue chaîne, assurant leur oxydation pour la production
d’énergie cellulaire.

Ces réactions catalytiques ne peuvent avoir lieu efficacement sans la présence de vitamine C
sous sa forme réduite, ce qui souligne son rôle fondamental dans la fonction musculaire, la
cicatrisation et la neurotransmission.

Figure 8: Activité biochimique de l’acide ascorbique en tant que cofacteur métabolique (Design
réalisé par Dr. KIES F.).

b. Réactions d’oxydoréduction et activité antioxydante

La seconde fonction majeure de l’acide ascorbique réside dans sa capacité antioxydante, qui
découle de son potentiel réducteur élevé. Cette propriété confère à la vitamine C plusieurs
rôles physiologiques importants (Figure 9):

La réduction du fer ferrique (Fe³⁺) en fer ferreux (Fe²⁺), favorisant ainsi l’absorption
intestinale du fer non héminique et prévenant l’anémie ferriprive; La neutralisation des
espèces réactives de l’oxygène (ERO), telles que les radicaux libres, ce qui protège les
membranes cellulaires et l’ADN des dommages oxydatifs [45]; La régénération de la vitamine

27
E (α-tocophérol), un autre antioxydant liposoluble, dont l’action est prolongée par la
recyclabilité de la vitamine C dans les milieux biologiques ; [46].

Ainsi, la vitamine C constitue un pivot du système antioxydant endogène, agissant à la fois


comme piégeur de radicaux libres et comme régulateur de l’équilibre redox intracellulaire, ce
qui en fait une molécule d'intérêt dans la prévention des pathologies dégénératives et
inflammatoires.

Figure 9: Mécanismes redox de la vitamine C : neutralisation des radicaux libres et régénération de


la vitamine E (Design réalisé par Dr. KIES F.)

2. Huiles essentiels

2.1. Définition des huiles essentiels

Les huiles essentiels sont des mélanges complexes, naturellement présents dans les plantes
aromatiques, et caractérisés par leur volatilité, leur solubilité dans les corps gras et leur forte
odeur. Ces extraits se concentrent dans des structures végétales spécifiques telles que les
glandes sécrétrices, les poches ou les trichomes, localisées au niveau des feuilles, des fleurs,
des tiges, des écorces ou des racines. Leur rôle naturel dans la plante serait lié à des fonctions
de défense (répulsif contre les ravageurs, antibactérien naturel) et de signalisation (attirance
des pollinisateurs).

28
Sur le plan technologique, leur extraction repose sur diverses méthodes traditionnelles et
modernes. La distillation à la vapeur d’eau constitue le procédé le plus répandu, permettant
une séparation douce des composés volatils sans altération majeure de leur structure chimique
[49] . D'autres méthodes comme l’enfleurage (par fixation sur corps gras à froid), l’expression
mécanique (pour les zestes d’agrumes) ou encore l’extraction par solvants organiques
permettent de récupérer certains composants thermosensibles ou fixés dans des matrices
végétales plus denses.

Selon Bruneton (1999), les huiles essentiels — également désignées sous les noms d’essences
végétales ou d’huiles volatiles — sont des produits hautement dynamiques sur le plan
chimique. Leur composition peut varier selon plusieurs facteurs: espèce végétale, terroir,
moment de récolte, méthode d'extraction et conditions de stockage. Elles renferment des
dizaines, voire des centaines de molécules actives, regroupées principalement en
monoterpènes, sesquiterpènes, esters, alcools, aldéhydes ou encore phénols, qui leur confèrent
des propriétés bioactives multiples.

En accord avec la norme AFNOR NF T75-006, les huiles essentiels sont définies comme étant
des produits volatils, obtenus par distillation à la vapeur ou par des procédés mécaniques
appropriés à partir de matières premières végétales. Les huiles issues des zestes d’agrumes,
par exemple, sont obtenues par pression à froid, puis séparées de l’eau de végétation par des
méthodes physiques classiques [50] . Cette définition rigoureuse permet une standardisation et
une reconnaissance internationale du statut des huiles essentiels, tant dans le domaine
pharmaceutique que cosmétique et agroalimentaire.

2.2. Fonctions physiologiques et écologiques des huiles essentiels dans les plantes

Le rôle biologique des huiles essentiels (HE) dans les plantes est encore sujet à débat et à
recherches approfondies. Bien que leur fonction exacte n’ait pas été entièrement élucidée, il
est largement admis qu’elles participent à divers mécanismes de régulation et de défense
naturelle.

Ces substances aromatiques, synthétisées dans des structures spécialisées telles que les
glandes sécrétrices, les trichomes ou les canaux oléifères, remplissent des fonctions
écologiques multiples. L’un des rôles majeurs attribués aux HE est la protection contre les

29
agressions biotiques : elles agissent comme des répulsifs envers les insectes phytophages, les
herbivores et certains pathogènes, contribuant ainsi à limiter les pertes de biomasse végétale.

Par ailleurs, certaines HE possèdent des effets attractifs qui favorisent la pollinisation. Elles
interviennent comme des signaux olfactifs pour les insectes pollinisateurs, assurant ainsi la
reproduction de l’espèce végétale concernée. Ce rôle de messagerie chimique participe à la
stratégie adaptative de nombreuses plantes à fleurs.

Les HE ont aussi une fonction antimicrobienne et antifongique. Leur activité antiseptique aide
à protéger les racines et le système aérien contre l’installation de micro-organismes
pathogènes. Elles peuvent ainsi moduler la composition du microbiote du sol, ce qui influence
indirectement la santé et la croissance de la plante [51] .

Enfin, certaines études suggèrent que les HE participeraient à la régulation des interactions
interspécifiques, notamment via des effets allélopathiques. Ces derniers permettent à la plante
de libérer des composés volatils dans son environnement immédiat pour inhiber la
germination ou le développement de plantes concurrentes.

2.3. Modes d’utilisation des huiles essentiels

Les huiles essentiels (HE), de par leur richesse en composés bioactifs volatils, peuvent être
administrées selon différentes voies, chacune répondant à un objectif thérapeutique ou
préventif précis. Leur polyvalence pharmacologique et leur forte biodisponibilité justifient une
diversité de modes d’utilisation.

a. Voie respiratoire

Ce mode d’administration exploite la volatilité naturelle des HE. Il inclut plusieurs


techniques :

Diffusion aérienne: par nébulisation à l’aide de diffuseurs, les HE sont dispersées dans
l’atmosphère ambiante. Cette méthode est largement utilisée en aromathérapie pour purifier
l’air, créer une ambiance apaisante ou combattre les affections respiratoires bénignes [52].

Inhalation sèche: quelques gouttes d’HE sont appliquées sur un mouchoir ou un tissu,
permettant une inhalation directe et discrète, notamment en milieu urbain ou professionnel.

30
Inhalation humide: elle consiste à verser 5 à 6 gouttes d’HE dans un mélange alcoolisé, puis à
ajouter de l’eau chaude pour produire des vapeurs à inhaler sous une serviette. Cette méthode
favorise la décongestion des voies respiratoires supérieures.

b. Aérosolthérapie

Réservée au cadre médical, l’administration par aérosol permet de cibler précisément les voies
respiratoires inférieures (bronches, sinus) à l’aide de dispositifs spécialisés. Ce mode est
employé pour traiter des affections sévères comme la bronchite chronique ou la sinusite aiguë.

c. Voie orale

Utilisée principalement pour les affections internes (digestives, urinaires, respiratoires), cette
voie nécessite impérativement une dilution préalable dans un excipient compatible, tel que le
miel ou une huile végétale.

L'administration sublinguale est recommandée pour une absorption rapide, par exemple en cas
de maux de gorge [53] ;[52].

d. Voie cutanée

Les HE peuvent être absorbées par la peau après dilution dans une huile porteuse (amande
douce, jojoba, etc.).

Cette voie est utilisée en friction ou massage pour soulager les douleurs musculaires ou
articulaires, en compresses pour les inflammations localisées, et en bains aromatiques pour la
détente, le sommeil ou les affections dermatologiques légères.

e. Voie rectale

Souvent choisie en pédiatrie ou pour les patients souffrant de troubles digestifs, cette voie
d’administration permet une absorption rapide sans passage gastrique, généralement sous
forme de suppositoires formulés à base d’HE diluées.

f. Gargarisme et bain de bouche

31
Indiqué pour les affections bucco-pharyngées (gingivite, angine), ce mode consiste à diluer
quelques gouttes d’HE dans un dispersant, puis à effectuer un bain de bouche sans ingestion
[53]. Il favorise la désinfection locale tout en apaisant les muqueuses.

2.4. Domaines d'application des huiles essentiels

Les huiles essentiels, en raison de leur composition biochimique riche en molécules volatiles
actives, possèdent une polyvalence d’usage remarquable. Elles sont largement exploitées dans
plusieurs secteurs industriels :

a. Industrie agroalimentaire

Dans le domaine agroalimentaire, les huiles essentiels sont valorisées à la fois comme agents
aromatiques naturels et comme conservateurs antimicrobiens. Grâce à leur richesse en
composés terpéniques et phénoliques, elles apportent des arômes distinctifs aux préparations
culinaires tout en prolongeant la durée de conservation des denrées.

Par exemple, l’ajout d’huile essentielle de thym, de laurier ou de romarin dans les graisses
animales (smen) permet d’en préserver les propriétés organoleptiques tout en évitant le
rancissement [54].

Leur action antiseptique naturelle en fait également des alternatives potentielles aux additifs
chimiques de synthèse dans les aliments transformés.

b. Industrie de la parfumerie et des cosmétiques

Les huiles essentiels sont des matières premières emblématiques de la parfumerie fine et des
soins corporels. Elles représentent jusqu’à 60 % des composants actifs dans certaines
formulations [55] . Exploitées pour leur fragrance, mais aussi pour leurs propriétés tonifiantes,
antiseptiques, cicatrisantes ou relaxantes, elles entrent dans la composition de parfums et eaux
de toilette (ex. : lavande, jasmin, citronnelle), produits capillaires (shampoings, lotions
antipelliculaires), dentifrices et bains de bouche, crèmes et baumes pour la peau. Les huiles
essentiels sont également appréciées pour leur capacité à pénétrer la barrière cutanée grâce à
leurs composants lipophiles (notamment les monoterpènes), favorisant ainsi une action en
profondeur dans les tissus épidermiques.

c. Industrie pharmaceutique

32
En pharmaceutique, les huiles essentiels occupent une place centrale en aromathérapie,
discipline utilisant les essences végétales à des fins préventives ou curatives. Elles sont
incorporées dans divers produits de santé naturels tels que les tisanes médicinales (ex.:
verveine, menthe, thym), les sirops expectorants ou antiseptiques, les gélules ou suppositoires
pour usage interne ou rectal, les solutions de gargarisme ou sprays bucco-pharyngés.

Grâce à leur lipophilie, elles traversent aisément les membranes biologiques, assurant une
biodisponibilité efficace par voie cutanée, respiratoire ou digestive [56]. Plusieurs études
mettent en avant leur activité antimicrobienne, antifongique ou encore anti-inflammatoire,
justifiant leur intégration croissante dans les médecines alternatives ou complémentaires.

2.5. Techniques d’extraction des huiles lipidiques d’algues

Dans le cadre de cette étude, l’extraction des fractions lipidiques de la spiruline (Arthrospira
platensis) a été réalisée à l’aide de la méthode de Soxhlet, une technique de référence dans le
domaine de l’extraction solide-liquide.

Cette méthode est couramment utilisée pour extraire les lipides des matrices végétales ou
algales sèches, grâce à son efficacité à isoler les composés hydrophobes présents en faible
concentration.

a. Principe de la méthode Soxhlet

Le système Soxhlet repose sur une circulation cyclique du solvant, permettant une extraction
continue et progressive des composés lipophiles. Il se compose de trois éléments principaux:

Un ballon chauffant: contient le solvant choisi pour l’extraction (ici, le n-hexane); Un corps
d’extraction: accueille l’échantillon d’algue sèche enfermé dans une cartouche filtrante
(papier cellulose ou manchon); Un condenseur à reflux: situé au sommet de l’appareil, il
condense les vapeurs du solvant en gouttelettes qui retombent sur l’échantillon.

Le principe de fonctionnement de l’extracteur de Soxhlet repose sur un cycle d’évaporation et


de condensation du solvant, permettant une extraction continue des composés lipidiques. Le
solvant, chauffé à reflux dans un ballon, s’évapore puis se condense au contact d’un
réfrigérant placé au sommet de l’appareil. Les condensats ainsi formés retombent goutte à
goutte sur l’échantillon contenu dans une cartouche filtrante. En traversant la matière solide,
le solvant dissout progressivement les lipides. Le mélange solvant-extrait s’accumule dans la

33
chambre d’extraction jusqu’à atteindre un volume critique, provoquant le déclenchement
automatique du siphon qui ramène le liquide dans le ballon initial.

Ce processus se répète de manière cyclique, garantissant une extraction exhaustive et


homogène des composés d’intérêt, sans nécessiter d’intervention manuelle.

b. Avantages de la méthode Soxhlet

La méthode Soxhlet présente plusieurs avantages notables qui justifient son utilisation dans
l’extraction des lipides issus de biomasses algales. Elle offre un rendement élevé, notamment
grâce au renouvellement continu du solvant en contact avec l’échantillon solide, favorisant la
solubilisation complète des composés lipophiles. De plus, elle repose sur un protocole
standardisé, largement documenté, ce qui permet une reproductibilité fiable des résultats,
même sur des matrices complexes comme les algues séchées.

Par ailleurs, cette technique est mise en œuvre avec un équipement couramment disponible
dans les laboratoires de biotechnologie, ce qui en facilite l’adoption sans nécessiter de
technologies coûteuses. Enfin, elle constitue une méthode précise pour l’évaluation
quantitative des rendements lipidiques, essentielle dans les travaux de valorisation
biotechnologique.

c. Inconvénients et limitations

Malgré son efficacité, la méthode Soxhlet présente certaines limites techniques et pratiques
qu’il convient de considérer dans le choix des protocoles expérimentaux. En premier lieu,
l’extraction repose sur un chauffage prolongé du solvant, ce qui peut entraîner une
dégradation thermique partielle de composés sensibles, notamment certains pigments, esters
volatils ou antioxydants thermolabiles, compromettant ainsi la qualité de l’extrait. Par ailleurs,
cette technique est relativement chronophage, chaque cycle complet pouvant durer plusieurs
heures en fonction de la nature de l’échantillon et du volume de solvant requis.

Sa faible adaptabilité aux solvants mixtes ou instables chimiquement constitue également un


frein, car elle nécessite des conditions de sécurité strictes pour éviter les pertes de composés
ou les réactions indésirables. Enfin, l’extraction au Soxhlet implique une consommation
énergétique non négligeable, liée au maintien d’une température constante tout au long du
processus, ce qui peut représenter un facteur limitant dans les installations soucieuses
d’efficacité énergétique.

34
d. Matériel et réactifs utilisés

Pour l’extraction des lipides contenus dans la spiruline, les équipements suivants ont été
mobilisés (Voir Figure 10):

Figure 10: Dispositif et materiel utilise pour l’extraction des lipides Soxhlet (Figure réalisée par
l’encadrante Dr. KIES F à partir d’un protocole standardisé adapté à l’étude).

2.6. Rendement d’extraction des lipides et des composés volatils chez la spiruline

a. Potentiel lipidique de la spiruline

La spiruline (Arthrospira platensis), classée parmi les cyanobactéries filamenteuses, est


principalement connue pour sa richesse exceptionnelle en protéines (60 à 70 % de sa matière
sèche), en vitamines (B12, E, provitamine A) et en minéraux essentiels. Toutefois, au-delà de
ces macronutriments, elle renferme également une fraction lipidique spécifique, bien que
relativement modeste en quantité (généralement comprise entre 5 et 10 % de la matière sèche).

Cette fraction lipidique est principalement constituée d’acides gras polyinsaturés (notamment
acide linoléique et acide γ-linolénique), de phospholipides membranaires, jouant un rôle
crucial dans la fluidité cellulaire, de composés liposolubles bioactifs tels que les caroténoïdes
(bêta-carotène, xanthophylles), et, dans certains cas, de composés aromatiques volatils,
conférant à la biomasse des propriétés sensorielles et biologiques proches de celles des huiles
essentiels végétales.

35
Bien que la spiruline ne soit pas traditionnellement considérée comme une source majeure
d’huiles essentiels, certains extraits lipidiques obtenus par distillation ou extraction à froid
révèlent la présence de composés volatils à activité biologique tels que des esters, des alcools
et des aldéhydes, qui pourraient enrichir la valeur fonctionnelle de ses extraits.

La composition et la teneur en lipides de la spiruline dépendent de divers paramètres


génétiques (variété ou souche utilisée), environnementaux (lumière, température, salinité du
milieu de culture), mais aussi technologiques, notamment la méthode de séchage, le mode
d’extraction et les solvants employés.

Ce potentiel lipidique, bien que modeste en termes quantitatifs par rapport à d'autres
microalgues comme Chlorella ou Nannochloropsis, confère à la spiruline une valeur
stratégique dans des domaines d’application émergents tels que la nutrition fonctionnelle
(apports en acides gras essentiels), la cosmétique bioactive (formulations hydratantes et
antioxydantes), et la pharmaceutique naturelle, notamment à travers l’intégration d’extraits
lipidiques dans des compléments alimentaires ou des préparations aromathérapeutiques.

b. Méthodes d’extraction appliquées

Parmi les différentes approches développées pour l’extraction des composés lipidiques à partir
de microalgues telles que la spiruline (Arthrospira platensis), la méthode de Soxhlet constitue
l’une des plus utilisées en laboratoire pour son efficacité, sa simplicité et sa reproductibilité.
Cette technique repose sur un cycle thermodynamique fermé d’évaporation et de condensation
du solvant, permettant une percolation continue à travers la biomasse. Le solvant organique
utilisé, le n-hexane, est reconnu pour sa capacité à dissoudre efficacement les lipides en raison
de sa polarité très faible, ce qui en fait un choix privilégié pour les matrices riches en
composés hydrophobes.

Le procédé de Soxhlet permet ainsi une extraction quasi-complète des fractions lipidiques
contenues dans la biomasse sèche de spiruline, notamment les acides gras, les esters et
certains pigments liposolubles comme les caroténoïdes. Toutefois, la durée relativement
longue du processus et l’exposition à une chaleur modérée mais constante peuvent altérer
certains composés thermosensibles.

Face à ces limites, des techniques émergentes offrent des alternatives prometteuses.
L’extraction assistée par ultrasons (UAE) en est un exemple notable. Elle consiste à soumettre

36
le mélange solvant/biomasse à une onde ultrasonore de haute fréquence, générant un
phénomène de cavitation qui fragmente les parois cellulaires et améliore la libération des
lipides intracellulaires. Cette approche permet non seulement de réduire significativement le
temps de traitement, mais également d’augmenter le rendement d’extraction, tout en opérant à
des températures plus douces, ce qui préserve l’intégrité des composés bioactifs.

Ainsi, la combinaison de ces méthodes ou leur adaptation selon les objectifs analytiques peut
offrir un compromis entre exhaustivité de l’extraction, préservation des composés sensibles et
efficacité énergétique. Ce choix méthodologique dépendra notamment du type de lipides
recherchés, de la nature de la matrice algale et des contraintes du dispositif expérimental [57].

c. Rendements obtenus

Dans le cadre de cette étude, des extractions lipidiques ont été effectuées à partir de deux
échantillons de spiruline (Arthrospira platensis) récoltés localement dans les régions de
Ouargla et de Tamanrasset, situées au sud de l’Algérie.

Ces zones sont caractérisées par des conditions climatiques arides, à fort ensoleillement,
pouvant influencer la composition biochimique des cyanobactéries cultivées.

Les résultats obtenus ont révélé des rendements d’extraction lipidiques bruts de 8,14 % pour
l’échantillon de Ouargla et de 6,78 % pour celui de Tamanrasset, calculés sur la base de la
masse sèche initiale. Ces rendements, bien que modestes par rapport à ceux observés pour
d’autres microalgues telles que Spirogyra sp. ou Chlorella vulgaris — dont les teneurs
lipidiques peuvent atteindre 15 à 20 % selon certaines sources — sont néanmoins cohérents
avec la nature intrinsèque de la spiruline, connue pour être plus riche en protéines qu’en
lipides [58].

Plusieurs éléments peuvent expliquer cette variabilité interrégionale:

Les différences écologiques entre les deux sites (température moyenne, pH, salinité de l’eau)
influencent la synthèse des acides gras dans la biomasse, La durée et la phase de croissance au
moment de la récolte peuvent avoir un effet déterminant sur la teneur lipidique, notamment en
période de stress environnemental, Les conditions post-culture, telles que le séchage et le
stockage, jouent également un rôle dans la stabilité et la récupération des lipides, et Enfin,

37
l’efficacité de la méthode Soxhlet et la pureté du solvant utilisé (ici le n-hexane) sont des
paramètres critiques dans la reproductibilité du rendement [57].

Il est important de noter que, bien que quantitativement inférieure, la qualité fonctionnelle des
lipides extraits de la spiruline — en particulier leur profil en acides gras polyinsaturés et en
pigments liposolubles — justifie leur valorisation dans les domaines nutraceutique,
cosmétique et thérapeutique. Ces résultats encouragent la poursuite de recherches ciblées sur
l’optimisation des rendements, notamment par le biais de techniques d’extraction verte ou
d’amélioration des souches locales adaptées aux contraintes climatiques sahariennes [57].

d. Facteurs influençant le rendement lipidique chez la spiruline

Le rendement d’extraction des lipides à partir de la spiruline est un paramètre multifactoriel,


conditionné à la fois par des facteurs biologiques, environnementaux et technologiques[57] .

La variabilité observée dans les teneurs lipidiques peut être attribuée aux éléments suivants:

Souche et origine géographique de la spiruline: La composition biochimique de la spiruline,


notamment sa teneur en acides gras, dépend étroitement de la souche utilisée. Des différences
interspécifiques et même intraspécifiques existent entre les souches cultivées selon leur
origine géographique.

Ces variations sont liées à l’adaptation génétique des souches aux conditions locales telles que
la salinité, le rayonnement solaire ou la température ambiante. Ainsi, une souche provenant
d’un bassin saharien à forte salinité peut produire un profil lipidique différent de celui d’une
souche cultivée en climat tempéré [57].

Conditions de culture: Des facteurs tels que la température, l’intensité lumineuse, la salinité,
le pH du milieu et la concentration en nutriments influencent fortement le métabolisme
lipidique de la spiruline. Par exemple, un stress salin ou lumineux peut stimuler
l’accumulation de certains acides gras polyinsaturés à visée protectrice.

Des études ont montré que la limitation en azote ou en phosphore dans le milieu de culture
pouvait rediriger le métabolisme cellulaire vers la synthèse de lipides de réserve.

38
Méthode d’extraction: Le choix de la technique d’extraction influence directement le
rendement obtenu. La méthode Soxhlet, bien qu’efficace, peut être surpassée par des
techniques plus modernes telles que l’extraction assistée par ultrasons (UAE). Cette dernière
favorise la rupture des membranes cellulaires par cavitation, libérant ainsi une plus grande
quantité de lipides. Selon I.M. Rizwanul Fattah [57], l’utilisation combinée des ultrasons avec
un solvant apolaire comme le n-hexane permet d’atteindre des rendements allant jusqu’à
9,4 %, soit une augmentation significative par rapport aux méthodes classiques.

Moment de la récolte (stade de croissance): Le stade physiologique de la spiruline au moment


de la récolte conditionne sa composition en acides gras.

En phase exponentielle de croissance, la biomasse est majoritairement orientée vers la


synthèse de protéines et de chlorophylle. En revanche, en phase stationnaire ou de sénescence,
la cellule tend à accumuler des composés de réserve comme les lipides. Choisir une période
de récolte optimale est donc essentiel pour maximiser le rendement lipidique et la qualité des
extraits obtenus.

e. Analyse et valorisation des extraits lipidiques

Une fois les lipides extraits de la biomasse de spiruline, ils font l’objet d’une analyse
approfondie permettant de caractériser leur composition chimique et d’évaluer leur potentiel
d’application. La méthode de référence utilisée est la chromatographie en phase gazeuse
couplée à la spectrométrie de masse (GC-MS), qui offre une grande sensibilité et une
excellente résolution pour l’identification des acides gras, esters, alcools et autres composés
liposolubles présents dans l’extrait. Cette technique repose sur la séparation des molécules
selon leur volatilité et leur masse, ce qui permet de dresser un profil détaillé des constituants
lipidiques.

Ces extraits présentent une valeur ajoutée notable grâce à leur richesse en acides gras
polyinsaturés (AGPI), en pigments liposolubles et en antioxydants naturels, leur conférant
ainsi une polyvalence d’usage dans divers secteurs industriels. En nutrition, ils sont intégrés
dans des formulations diététiques ou des compléments alimentaires pour leurs bénéfices
cardiovasculaires et anti-inflammatoires.

En cosmétique, leurs propriétés antioxydantes, filmogènes et régénératrices en font des actifs


prisés dans les soins hydratants, anti-âge ou apaisants. Enfin, en pharmaceutique, ces extraits

39
sont valorisés dans les approches naturelles, notamment en aromathérapie et phytothérapie, où
leur efficacité biologique est exploitée pour développer des formulations bioactives à usage
thérapeutique ou préventif. Ainsi, les lipides extraits de la spiruline ne se limitent pas à leur
valeur énergétique, mais constituent de véritables ressources fonctionnelles à fort potentiel
biotechnologique.

f. Conclusion de la section

Bien que les rendements lipidiques obtenus à partir de Spirulina platensis soient relativement
modestes en comparaison avec ceux d’autres microalgues à haute teneur en graisses, la qualité
biochimique remarquable de ses extraits en fait une ressource prometteuse pour de
nombreuses applications industrielles à forte valeur ajoutée.

En effet, la richesse de la spiruline en acides gras essentiels, pigments antioxydants et


composés volatils bioactifs confère à ses extraits lipidiques des propriétés fonctionnelles
pertinentes dans les domaines de la nutrition humaine, de la cosmétologie naturelle et de la
pharmacopée alternative.

Les résultats expérimentaux ont mis en évidence une variabilité significative du rendement
lipidique en fonction de l’origine géographique des souches, comme observé entre les
échantillons de Ouargla et de Tamanrasset, soulignant le rôle crucial de l’adaptation
environnementale. De plus, des facteurs tels que les conditions physico-chimiques du milieu
de culture (lumière, température, salinité, nutriments), le moment de la récolte, ainsi que la
méthode d’extraction employée influencent fortement la quantité et la qualité des lipides
récupérés.

Ainsi, pour optimiser la valorisation biotechnologique de la spiruline dans un cadre industriel


durable, il est essentiel d’adopter une approche intégrée, combinant la sélection de souches
locales adaptées aux conditions climatiques extrêmes, la maîtrise des paramètres de culture
afin de stimuler la biosynthèse lipidique, et l’amélioration des procédés d’extraction, en
privilégiant des techniques innovantes et respectueuses des composés sensibles.

Cette stratégie de valorisation raisonnée ouvre la voie à une exploitation éco-innovante de la


spiruline algérienne, en cohérence avec les objectifs de transition bioéconomique et de
développement territorial durable.

40
PaRtie ii. PaRtie exPéRimentale

Chapitre III. Matériel et Méthodes

1. Matériel biologique : Spiruline (Arthrospira platensis)

Le matériel biologique utilisé dans cette étude est constitué de spiruline, une cyanobactérie
filamenteuse de couleur bleu-vert appartenant au genre Arthrospira. Elle est reconnue pour sa
richesse exceptionnelle en protéines complètes (composées de tous les acides aminés
essentiels), mais aussi pour sa teneur élevée en vitamines liposolubles (A, D, E, K) et
hydrosolubles (complexes B), en pigments antioxydants (phycocyanine, chlorophylle, bêta-
carotène) ainsi qu’en oligo-éléments et sels minéraux (fer, calcium, magnésium, zinc).

L’échantillon de spiruline utilisé dans cette expérimentation provient de la ferme aquacole


biologique Al Kiram, située dans la région de Loutayah, dans la wilaya de Biskra (Sud-Est
algérien). Cette ferme, à vocation agro-aquacole intégrée, repose sur un modèle de production
durable combinant agriculture et aquaculture circulaire. Elle est considérée comme la plus
grande unité de production de spiruline biologique en Afrique du Nord, avec une capacité
annuelle projetée de 10 tonnes de biomasse sèche, destinée à des usages alimentaires,
cosmétologiques, nutraceutiques et scientifiques (Figure 11).

Figure 11: Échantillon de la spiruline AL kiram (photo prise par Adda Nawel)

41
La spiruline y est cultivée dans des bassins à ciel ouvert, selon un protocole sans engrais
chimiques ni pesticides, en respect des standards de certification biologique (Bio).

Les conditions environnementales de la région (ensoleillement intense, températures élevées,


faible humidité) sont particulièrement favorables à une production photosynthétique efficace,
influençant positivement la composition biochimique de la spiruline, notamment sa teneur en
pigments et en lipides d’intérêt (Figure 12).

Figure 12: Carte de localisation de la ferme aquacole Al Kiram (Loutayah, Biskra, Algérie)

Le matériel utilisé au laboratoire :

Tableau 5: Matériel de laboratoire utilisé

42
1.1. Méthodes d’extractions

a. Préparation des extraits aqueux de spiruline

Dans un premier temps, une solution a été préparée en dissolvant 10 g de spiruline dans 200
mL d’eau distillée. Toutefois, cet extrait s’est révélé trop concentré, rendant les analyses
spectrophotométriques peu fiables.

Pour pallier cet inconvénient, une deuxième préparation a été effectuée avec 1 g de spiruline
dans 200 mL d’eau distillée. Cette dilution a permis d’obtenir un extrait plus clair, mieux
adapté aux analyses ultérieures, et a donc été retenue pour le reste des expériences (Figure 13).

Figure 13: Illustration du Protocole d extraction de composes hydrosolubles et methanolosolubles a


partir de 1g de spiruline (Designed by Kies, F)

b. Méthodes d’extraction aqueuse utilisées

Trois techniques d’extraction ont été envisagées en vue d’optimiser la récupération des
composés hydrosolubles de la spiruline, notamment la vitamine C:

43
Macération: La macération consiste à immerger une biomasse de spiruline dans 200 mL
d’eau distillée à température ambiante. Ce procédé doux permet l’extraction des composés
hydrosolubles (protéines, vitamines, minéraux) sans altération thermique. Le mélange est
agité à l’aide d’un agitateur magnétique pendant une durée déterminée, puis centrifugé pour
séparer l’extrait liquide du résidu solide.

Infusion: L’infusion constitue une méthode douce d’extraction, particulièrement adaptée à la


préservation des molécules thermosensibles, telles que les vitamines. Dans ce protocole, une
quantité préalablement pesée de biomasse spirulinique est mise en contact avec un mélange
chaud d’eau distillée et de méthanol, sans toutefois atteindre le point d’ébullition.

Le mélange est ensuite laissé en repos pendant deux heures, sans agitation thermique
prolongée, afin de permettre une libération progressive des composés solubles. Cette méthode,
respectueuse de l’intégrité structurale des substances fragiles, aboutit à un extrait qui est
ensuite filtré soigneusement, après regroupement des fractions, pour éliminer les résidus
solides et obtenir une solution limpide prête à l’analyse.

Décoction: Dans le cadre de nos expériences, nous avons utilisé la méthode d’ébullition
prolongée de la spiruline dans l’eau. Toutefois, cette approche s’est révélée peu adaptée en
raison de la dégradation significative des composés thermosensibles, notamment la vitamine
C, certaines enzymes, ainsi que la phycocyanine, pigment caractéristique de la spiruline

c. Préparation dun extrait méthanolique à partir de la spiruline

Dans cette phase du protocole expérimental, un solvant méthanolique a été privilégié pour
optimiser l’extraction des composés bioactifs contenus dans la biomasse spirulinique. En
particulier, l’association de méthanol et d’eau distillée, dans une proportion volumique de 5/8
pour le méthanol, s’est avérée judicieuse pour extraire efficacement des substances polaires
telles que les vitamines, les pigments, et certains polyphénols .

Modes opératoires

La préparation de la solution extractive s’est faite par mélange d’eau et de méthanol, ce


dernier représentant environ 62,5 % du volume total du solvant.

44
Un échantillon pesé de biomasse de spiruline a été introduit dans ce solvant, à raison de moins
de 1% du volume total du milieu d’extraction. Le mélange obtenu a été soumis à une agitation
modérée pendant une période relativement courte, afin de favoriser l’extraction initiale.

Deux modalités d’extraction ont ensuite été testées:

Une macération à température ambiante, protégée de la lumière, pendant une journée


complète, Et, à titre comparatif, une infusion douce d’une durée équivalente à environ 8%
d’une journée, afin d’évaluer l’effet d’un temps réduit sur la stabilité des composés. À l’issue
de l’extraction, le mélange a été soumis à un double processus de clarification:

 Première séparation par force centrifuge pour éliminer la phase solide.


 Filtration gravitationnelle sur papier pour obtenir un extrait limpide.

L’extrait brut obtenu a été conditionné dans des contenants opaques et stabilisé à basse
température (juste au-dessus du point de congélation de l’eau) afin de préserver son intégrité
chimique jusqu’à son analyse.

2. Analyse de la vitamine C

2.1 Méthode de dosage de l’acide ascorbique

Les vitamines hydrosolubles, telles que l’acide ascorbique (vitamine C), peuvent être
quantifiées à l’aide de plusieurs techniques analytiques basées sur des principes physico-
chimiques ou biochimiques.

Dans ce travail, l’accent a été mis sur une méthode colorimétrique reposant sur l’absorption
spectrale de la molécule d’intérêt, conformément aux recommandations de la littérature [60].

a. Quantification par spectrophotométrie UV-Visible

La spectrophotométrie UV-visible a été retenue pour sa précision et sa sensibilité dans la


détection de l’acide ascorbique, notamment à des concentrations faibles, comme celles
présentes dans les extraits spiruliniques.

L'appareil utilisé est un spectrophotomètre OPTIZEN POP 2, modèle [Link] (Figure 14).

45
Figure 14: Spectrophotomètre UV-visible utilisé dans l’analyse (source : laboratoire interne)

2.2 Dosage spectrophotometrique:

a. Préparation des solutions etalons

Une série de solutions étalons d’acide ascorbique a été obtenue par dilutions séquentielles à
partir d’une solution mère de concentration connue. Le protocole suivi comprend (Figure 15):

 Introduction de 9 mL d’eau distillée dans une série de tubes à essai.


 Addition de 1 mL de solution mère dans le premier tube → solution S1 (dilution 1/10).
 Transfert de 1 mL de S1 dans un second tube contenant à nouveau 9 mL d’eau distillée →
solution S2 (dilution 1/100), et ainsi de suite.

Figure 15: Une série de solutions étalons d’acide ascorbique

46
b. Mesures spectrophotométriques

 Les mesures d'absorbance ont été conduites conformément aux étapes suivantes:
 Étallonage du spectrophotomètre avec de l’eau distillée comme blanc.
 Acquisition des spectres d’absorption de chaque solution étalon entre 200 et 300 nm.
 Identification de la longueur d’onde d’absorption maximale (λmax).
 Mesure de l’absorbance à λmax pour toutes les solutions de la gamme.

c. Construction de la courbe d’étalonnage

Les données d’absorbance ont été corrélées aux concentrations connues des étalons. Une
régression linéaire a permis de générer la courbe d’étalonnage, conformément à la loi de Beer-
Lambert : A=εl⋅ C

où A est l’absorbance, ε le coefficient d’extinction molaire, l la longueur de la cuve (en cm),


et C la concentration.

d. Dosage des extraits de spiruline

 Les extraits spiruliniques ont été analysés dans des conditions expérimentales strictement
identiques, selon le protocole suivant :

 Lecture de l’absorbance à la longueur d’onde maximale (λmax) caractéristique de l’acide


ascorbique

 Détermination des concentrations en acide ascorbique par interpolation sur la courbe


d’étalonnage

e. Vérification de la linéarité

La relation entre les concentrations en acide ascorbique et les valeurs d’absorbance a montré
une linéarité conforme à la loi de Beer–Lambert. La droite d’étalonnage obtenue a présenté un
coefficient de corrélation R2 supérieur à 0,99, validant la précision du modèle pour le dosage.

f. Précision du dosage des échantillons

L’interpolation sur la courbe d’étalonnage a permis de calculer avec exactitude les


concentrations en acide ascorbique dans les extraits. L’écart entre les mesures répétées est
resté faible, attestant d’une excellente reproductibilité du protocole utilisé.

47
g. Évaluation de la sensibilité de la méthode

La méthode a démontré une sensibilité suffisante pour détecter de faibles teneurs en vitamine
C. Les limites de détection (LOD) et de quantification (LOQ), estimées selon les normes de
validation analytique, confirment son efficacité dans le cadre de dosages de routine.

h. Les avantages de la methods:

Reposant sur l’absorption UV spécifique de l’acide ascorbique (265–270 nm), cette méthode
offre plusieurs avantages :

 Simplicité de mise en œuvre, sans nécessité d’équipements sophistiqués

 Rapidité d’exécution, compatible avec des cadences analytiques élevées

 Fiabilité et robustesse, démontrées par la reproductibilité des résultats

 Adaptabilité, pouvant s’étendre à d’autres extraits végétaux hydrosolubles

i. Dosage iodométrique de l’acide ascorbique

Principe de la méthode

Le dosage iodométrique repose sur le pouvoir réducteur de l’acide ascorbique, capable de


réduire le diiode (I₂) en ions iodure (I⁻) selon une réaction stœchiométrique de type
oxydoréduction, avec un rapport molaire de 1:1. L’équation simplifiée est la suivante :

C6H8O6+I2→C6H6O6+2I−+2H+

L’empois d’amidon (1 %) est utilisé en tant qu’indicateur visuel : en présence d’iode libre, il
forme un complexe bleu foncé, marquant l’atteinte du point équivalent lors du titrage.

Préparation des solutions

a) Préparation de la solution iodée

La solution de diiode (I₂) a été préparée selon un protocole rigoureux afin d’assurer une
concentration stable et reproductible :

Quantité de matière : 5,00 g de diiode solide ont été pesés avec précision à l’aide d’une
balance analytique.

48
Solubilisation : Le diiode a été introduit dans une fiole contenant 50 mL d’eau distillée.
L’agitation a été maintenue en continu à température ambiante afin de favoriser la dissolution
complète.

Filtration : Une fois le diiode dissous, la solution a été filtrée sur papier filtre afin d’éliminer
les éventuelles particules résiduelles ou impuretés insolubles.

Standardisation : La solution a ensuite été standardisée à une concentration exacte de


0,01 mol/L (0,01 M), en conformité avec les exigences du titrage iodométrique. Cette étape
permet d'assurer la justesse des dosages effectués sur les extraits.

b) Préparation de l’empois d’amidon (indicateur visuel)

L’empois d’amidon utilisé comme indicateur colorimétrique a été préparé selon les étapes
suivantes :

Concentration cible : Une solution à 1 % a été visée (1 g d’amidon soluble dans 100 mL
d’eau).

Dissolution thermique : L’amidon a d’abord été dispersé dans une petite quantité d’eau froide
pour éviter la formation de grumeaux, puis versé lentement dans de l’eau portée à ébullition.

Agitation continue : L’ensemble a été maintenu sous agitation pendant 2 à 3 minutes pour
assurer une gélification homogène et la complète solubilisation.

Refroidissement : La solution a été laissée à température ambiante jusqu’à refroidissement


complet, afin d’éviter toute altération lors de son ajout dans les échantillons titrés.

Cette solution indicatrice permet la formation d’un complexe bleu foncé intense au contact de
l’iode libre, marquant visuellement le point d’équivalence de la réaction.

j. Protocole expérimental

Les extraits de spiruline, obtenus par macération, ont été titrés selon le protocole suivant :

Volume prélevé : 2 mL d’extrait introduits dans un tube à essai

Indicateur : ajout de 3 gouttes d’empois d’amidon à 1 %

Titrage : ajout progressif de la solution iodée (0,01 M) jusqu’à apparition d’une teinte bleu-
violet stable

49
Témoin : un échantillon blanc contenant uniquement l’empois d’amidon a été utilisé à des fins
de contrôle

Chaque échantillon a été titré en triplicat pour évaluer la reproductibilité.

k. Calculs et traitement des résultats

Les concentrations d’acide ascorbique ont été calculées à partir des volumes de solution iodée
consommés, en tenant compte :

 De la masse molaire de l’acide ascorbique (176,12 g/mol)

 De la concentration exacte de la solution titrante

 De la relation stœchiométrique 1:1

l. Analyse critique de la méthode

L’évaluation du protocole de dosage de la vitamine C par titrage iodométrique a mis en


évidence plusieurs qualités analytiques, mais également quelques limites à considérer dans le
contexte de matrices complexes comme la spiruline :

Simplicité et accessibilité de la méthode: La méthode se distingue par sa facilité de mise en


œuvre. Elle ne nécessite ni instrumentation sophistiquée ni réactifs couteux, ce qui la rend
parfaitement adaptée aux laboratoires d’enseignement ou aux structures analytiques disposant
d’équipements de base.

Les opérations de titrage peuvent être réalisées avec une verrerie conventionnelle et des
solutions standardisées.

Fiabilité visuelle du point équivalent: L’utilisation de l’empois d’amidon comme indicateur


colorimétrique apporte un avantage considérable. L’apparition d’une coloration bleu foncé
persistante au point d’équivalence constitue un repère clair, permettant de stopper le titrage
avec une bonne précision visuelle, même sans instrumentation optique.

Sensibilité satisfaisante: La réaction d’oxydoréduction entre l’acide ascorbique et le diiode


est suffisamment sensible pour détecter et quantifier de faibles concentrations en acide
ascorbique, ce qui convient à des extraits naturels faiblement dosés. Le protocole peut ainsi
être employé pour le suivi qualitatif ou semi-quantitatif de formulations nutritionnelles.

50
Limites liées aux interférences: Cependant, la spécificité de la méthode peut être affectée par
la présence de composés réducteurs non ciblés (tels que certains polyphénols ou pigments
spiruliniques oxydables) qui réagissent également avec le diiode, faussant ainsi la
quantification réelle de la vitamine C.

Ce biais potentiel doit être pris en compte, en particulier dans les extraits végétaux riches en
antioxydants.

Reproductibilité et robustesse expérimentale: La reproductibilité a été validée par des


mesures répétées (triplicat) qui ont montré une faible variabilité inter-échantillon. Cette
stabilité des résultats confirme la robustesse du protocole en conditions de laboratoire, malgré
la complexité chimique de la spiruline.

m. Préparation de la solution iodée

Pour la préparation de la solution titrante, 5 g de diiode (I₂) ont été dissous dans 50 mL d’eau
distillée, sous agitation continue jusqu’à dissolution complète.

La solution obtenue a ensuite été filtrée afin d’éliminer toute impureté particulaire. Cette
solution a été utilisée après standardisation à 0,01 M, conformément aux exigences du
protocole de dosage iodométrique.

n. Observations colorimétriques lors du titrage

Le titrage a été appliqué à deux types d'extraits spiruliniques (Figure 16):

 Extrait par macération

 Extrait par décoction

 Extrait par infusion

Au cours du titrage, l’extrait issu de la macération, ainsi que celui obtenu par infusion, ont
développé une coloration violette au point d’équivalence, après formation du complexe iode-
amidon.

En revanche, l’extrait de décoction a donné une coloration bleu-vert foncé, légèrement


atypique. Cette différence visuelle peut résulter de la présence de pigments thermostables
dégradés, tels que la phycocyanine oxydée, ou d’éventuelles interactions secondaires entre les
produits de dégradation thermique et l’iodine.

51
Ces variations chromatiques peuvent constituer un indicateur qualitatif des composés
résiduels présents dans les extraits, en particulier ceux affectés par la température (vitamines
thermolabiles, pigments, enzymes...).

Figure 16: Comparaison des extraits spiruliniques par titrage iodométrique

La figure 16 montre les colorations révélées lors du dosage iodométrique des extraits
spiruliniques obtenus par macération, infusion, et décoction, à partir de deux quantités de
biomasse (1 g et 10 g). L’apparition d’une teinte violette (macération/infusion) indique une
réaction typique avec l’iode, tandis que la nuance bleu-vert plus foncée de l’extrait de
décoction suggère la présence de pigments ou de métabolites thermodégradés.

3. Extraction des huiles essentiels

3.1. Extraction des huiles essentiels de la spiruline par Soxhlet avec n-hexane

a. Principe de la méthode

L’extraction des composés lipophiles de la spiruline a été réalisée à l’aide de la méthode de


Soxhlet, technique d'extraction solide-liquide largement utilisée pour l’isolement de lipides à
partir de matrices biologiques [59] , cette méthode repose sur un cycle continu de distillation
et de reflux du solvant permettant une extraction exhaustive des composés hydrophobes.

Dans ce procédé, la spiruline réduite en poudre est placée dans une cartouche cellulosique,
elle-même insérée dans le compartiment d’extraction du dispositif Soxhlet. Le solvant — ici
le n-hexane — est chauffé jusqu’à ébullition dans le ballon inférieur.

52
Les vapeurs montent vers le condenseur où elles se liquéfient puis ruissellent sur l’échantillon,
entraînant les lipides vers le ballon par siphonage successif (Figure 17).

Figure 17: Montage de l’extracteur Soxhlet

utilisé pour l’extraction des huiles essentiels de spiruline Photographie réalisée au laboratoire
montrant le dispositif complet : ballon chauffant, extracteur Soxhlet, condenseur à reflux,
cartouche d’échantillon et système de récupération du solvant.

b. Protocole expérimental

Préparation de l’échantillon

 10 g de spiruline en poudre ont été pesés avec précision à l’aide d’une balance analytique.

 L’échantillon a ensuite été introduit dans une cartouche filtrante en cellulose,


correctement fermée aux extrémités.

Préparation du montage Soxhlet

 Un ballon rond vide a été préalablement pesé pour permettre la quantification


gravimétrique post-extraction.

53
 250 mL de n-hexane ont été versés dans le ballon, qui a ensuite été raccordé à l’extracteur
Soxhlet.

Cycle d’extraction

 Le système a été mis en place sur un chauffe-ballon et maintenu à une température


contrôlée (environ 45–50 °C) à l’aide d’un bain-marie.

 Le reflux du solvant s’est poursuivi pendant plusieurs heures (~4–6 h), jusqu’à saturation
du solvant en composés lipidiques.

Évaporation du solvant et récupération des lipides

 À l’issue de l’extraction, le contenu du ballon a été transféré dans un rotavapor pour


évaporation complète de l’hexane.

 Le résidu lipidique récupéré a été pesé pour estimer le rendement d’extraction en % par
rapport à la masse sèche initiale.

Figure 18: Étapes expérimentales de l’extraction au Soxhlet

54
Chapitre IV. Résultats et discussions

1. Décoction de 10 g de spiruline

Dans cette expérimentation, l’extrait aqueux issu de la décoction de 10 g de spiruline a été


analysé par spectrophotométrie UV, et les absorbances mesurées ont été comparées à celles du
blanc (eau distillée) à différentes longueurs d’onde, comme présenté dans la figure 19 ci-
dessous :

Figure 19: Profil spectral UV de l’extrait aqueux de spiruline (décoction, 10 g)

1.1. Analyse critique des longueurs d’onde sélectionnées

a) À 245 nm – Absorbance théorique de l’acide ascorbique en milieu acide

Selon la littérature, l’acide ascorbique présente un maximum d’absorbance autour de 245 nm


lorsqu’il est dissous dans un milieu légèrement acide (par exemple HCl 0,01 N).

Cette longueur d’onde constitue donc un repère spectral clé pour confirmer sa présence.
Cependant, dans les conditions de cette expérience:

55
 Le blanc (eau distillée) présente une absorbance anormalement élevée, ce qui suggère une
contamination résiduelle, un mauvais rinçage de la cuve, ou une correction de base
insuffisante.
 La solution testée atteint la saturation de l’appareil, ce qui rend toute tentative de
quantification inexploitable à cette longueur d’onde.

Bien que 245 nm soit théoriquement la meilleure signature de la vitamine C, les conditions
expérimentales (blanc biaisé + saturation) ne permettent ici aucune interprétation fiable. Cette
donnée, pourtant déterminante, devient donc inopérante dans ce contexte.

b) Lecture à 240 nm – Zone d’absorption UV peu spécifique mais exploitable

À 240 nm, l’extrait de spiruline présente une absorbance modérée de 0,602, tandis que le
blanc (eau distillée) affiche une valeur nulle (A = 0,000). Cette absence d’interférence
renforce la fiabilité du signal mesuré à cette longueur d’onde.

Ce pic, bien qu'exploitable pour une lecture semi-quantitative, demeure peu spécifique : il se
situe dans une zone fréquentée par divers composés antioxydants ou phénoliques — dont
l’acide ascorbique, mais aussi des métabolites de structure voisine.

En l’absence de mesure complémentaire à 265 nm (pic d’absorption de la vitamine C en


milieu neutre), cette donnée reste compatible mais non concluante quant à la présence réelle
d’acide ascorbique dans l’échantillon.

c) À 190 nm et 400 nm – Absorbances saturées

Aux longueurs d’onde extrêmes de 190 nm et 400 nm, la solution spirulinique présente une
absorbance maximale de 3,000, atteignant ainsi la limite de détection de l’appareil.

À 190 nm, cette saturation est typique des matrices riches en composés organiques fortement
absorbants, tels que les acides aminés, peptides, protéines solubles ou pigments hydrosolubles.
Bien que cette zone puisse révéler une forte densité moléculaire, elle est également connue
pour être peu spécifique, en raison du bruit de fond élevé et de multiples interférences dans les
extraits complexes d'origine biologique.

À 400 nm, l’acide ascorbique n’absorbe normalement pas dans cette région du spectre visible.

56
La saturation observée suggère donc la présence probable de pigments thermodégradés (ex. :
phycocyanine oxydée, chlorophylle dénaturée) ou d’un artefact technique, tel que des bulles,
dépôts ou un mauvais alignement optique.

Dans les deux cas, les signaux obtenus sont saturés, non spécifiques et inexploités pour la
recherche de vitamine C, ce qui limite leur utilité analytique dans ce contexte.

1.2. Interprétation et comparaison avec la littérature

Selon plusieurs sources scientifiques, le maximum d’absorption de l’acide ascorbique se situe


autour de 245 nm en milieu acide et 265 nm en milieu neutre.

Dans cette expérience, l’absence de mesure à 265 nm et la saturation du signal à 245 nm


(accentuée par un blanc élevé) limitent la capacité à confirmer la présence d’acide ascorbique
à partir de cet extrait.

Par ailleurs, l’emploi d’une forte concentration initiale (10 g dans 200 mL) semble avoir
conduit à une saturation optique de l’échantillon, suggérant qu’une dilution supplémentaire
serait nécessaire pour des mesures quantitatives fiables.

Seule la lecture à 240 nm semble exploitable pour déduire la présence potentielle de composés
UV-actifs, dont pourrait faire partie la vitamine C.

L’extrait est trop concentré, ce qui entraîne une saturation fréquente des lectures (à 190, 245,
400 nm).

Une dilution supplémentaire de l’échantillon (par exemple 1:5 ou 1:10) et un élargissement de


la gamme spectrale vers 265 nm (pic en milieu neutre) sont fortement recommandés pour
confirmer la présence de l’acide ascorbique dans cet extrait.

L’usage combiné avec une autre méthode de validation (iodométrie, HPLC...) serait utile pour
une confirmation croisée.

2. Macération de 10 g de spiruline

Analyse critique du spectre UV – Macération de 10 g de spiruline

57
Figure 20: Profil spectral UV de l’extrait aqueux de spiruline (macération, 10 g)

a) À 245 nm — Indice fort de la présence de vitamine C

Cette longueur d’onde correspond au maximum d’absorption théorique de l’acide ascorbique


en milieu acide.

L’absorbance de la solution est marquée (0,424), avec un blanc très faible (0,026).

L’absence de saturation et le contraste net avec le blanc suggèrent ici une détection fiable et
exploitable de l’acide ascorbique.

Contrairement à l’extrait par décoction, ce signal n’est ni biaisé ni saturé, renforçant sa


pertinence.

La lecture à 245 nm pour l’extrait de macération constitue une preuve probable de la présence
de vitamine C, dans des conditions de lecture valides.

b) À 240 nm — Interprétation délicate à cause du blanc élevé

Le blanc absorbe davantage (0,189) que la solution (0,127), suggérant une surestimation du
fond optique ou une possible contamination du blanc.

58
Cette inversion complique l’interprétation et annule la fiabilité de cette mesure, malgré
l’intérêt potentiel de cette zone dans l’UV court.

Cette lecture est entachée d’interférence, et ne permet pas d’inférer la présence ou l’absence
de vitamine C.

c) À 190 nm — Zone à interférences multiples

Bien que l’absorbance de la solution (0,222) soit supérieure au blanc (0,075), ce pic est situé
dans une zone spectrale fortement encombrée : peptides, acides aminés, pigments résiduels…

La faible différence et l’absence de spécificité limitent l’interprétation.

Cette lecture est peu informative et ne permet pas de conclusion fiable concernant l’acide
ascorbique.

d) À 400 nm — Signal anormal, dû à d’autres composés

Le blanc est nul, mais la solution présente une absorbance notable (0,405).

L’acide ascorbique n’ayant aucune absorption à cette longueur d’onde, le signal est
probablement attribuable à :

 des pigments oxydés (phycocyanine dégradée),


 ou des composés secondaires extraits à froid.

Cette valeur témoigne de la présence de chromophores visibles, mais non liés à la vitamine C.

Bilan global pour la macération (10 g)

La méthode de macération permet d’obtenir un signal net à 245 nm, sans saturation ni
interférence du blanc, ce qui n’était pas le cas pour la décoction. Cela suggère que ce mode
d’extraction préserve mieux l’acide ascorbique, sans dénaturer les composés sensibles à la
chaleur.

3. Décoction, macération, et infusion de 1 g de spiruline

a) Analyse à 190 nm

59
À cette longueur d’onde, les composés fortement absorbants, tels que l’acide ascorbique,
peuvent être détectés. La décoction a présenté une absorbance de 0,130, indiquant une
extraction relativement efficace, bien que le traitement thermique puisse altérer partiellement
les composés sensibles. La macération a donné un résultat légèrement inférieur (0,100), tout
en préservant mieux l’intégrité des molécules grâce à l’absence de chaleur. L’infusion, quant à
elle, a été la moins performante, avec une valeur d’absorbance de 0,016, traduisant une
efficacité d’extraction très limitée à cette longueur d’onde.

b) Analyse à 240 nm

Cette région spectrale est caractéristique de l’acide ascorbique et de certains acides


phénoliques. La décoction s’est montrée la plus efficace, avec une absorbance de 0,130,
confirmant sa capacité à solubiliser ces composés malgré les risques de dégradation thermique.
La macération, plus douce, a généré une absorbance de 0,067, indiquant une extraction
modérée. L’infusion a révélé une faible performance (0,023), soulignant une limitation
notable pour cette catégorie de composés.

c) Analyse à 245 nm

À 245 nm, l’absorbance peut refléter la présence de certains flavonoïdes oxydés. La décoction
a offert le plus fort signal (0,207), ce qui pourrait indiquer soit une bonne extraction, soit la
formation de sous-produits liés à la chaleur. L’infusion a surpris avec un résultat relativement
élevé (0,156), rivalisant avec la décoction. La macération est restée en retrait à 0,072,
conservant néanmoins l’intégrité des extraits.

d) Analyse à 265 nm

Cette longueur d’onde est souvent associée à divers composés organiques extraits des
matrices végétales. La macération s’est nettement distinguée, atteignant une absorbance de
0,229 — la plus élevée parmi les trois méthodes. Cela suggère une grande efficacité
d’extraction sans altération chimique. La décoction et l’infusion ont montré des valeurs bien
plus faibles (0,053 et 0,011 respectivement), révélant une perte ou une extraction inefficace.

e) Analyse à 400 nm

60
Dans cette zone, on s'attend à détecter des pigments naturels comme la phycocyanine.
Cependant, aucune des méthodes n’a permis d’obtenir un signal, toutes affichant une
absorbance de 0,000. Cela peut indiquer soit une concentration trop faible dans les extraits,
soit une dégradation des pigments, notamment dans le cas de la décoction.

f) Analyse à 500 nm

Les longueurs d’onde autour de 500 nm sont utiles pour mesurer les pigments hydrosolubles
colorés. La macération a largement surpassé les autres méthodes, avec une absorbance
impressionnante de 0,834, traduisant une extraction optimale des composés colorés comme la
phycocyanine. L’infusion a montré une efficacité modérée (0,233), tandis que la décoction n’a
donné aucun signal, soulignant une destruction quasi totale des pigments sensibles à la chaleur.

Figure 21: Spectres d’absorbance des extraits spiruliniques selon trois méthodes d’extraction
(décoction, macération, infusion)

4. Extraction eau /méthanol


4.1. Contexte méthodologique

Objectif de cette extraction douce (macération et infusion) pour préserver l’intégrité des
molécules bioactives. Solvant : eau/méthanol — favorise la solubilisation de composés
polaires et légèrement apolaires. Deux types d’échantillons analysés : brut (B) et solution
mère “SM” (Figure 21).

4.3. Analyses des pics

61
a. Région UV profonde (190 nm) – Indicateur de dégradation ou de précurseurs de
vitamine C

À 190 nm, les deux méthodes révèlent une absorption associée à des composés riches en azote,
tels que les peptides ou les acides aminés. La macération présente des valeurs élevées (0,265
pour l’extrait brut et 0,282 pour la solution mère), indiquant une extraction efficace de ces
composés. En revanche, l’infusion montre une absorption bien plus faible (0,050 et 0,025),
témoignant d’une extraction moins performante à cette longueur d’onde.

L’absorption dans cette zone profonde de l’UV peut révéler la présence de composés azotés
mais aussi d’intermédiaires de dégradation de la vitamine C. La macération montre des
valeurs élevées (0,265 pour l’échantillon brut, 0,282 pour la solution mère), traduisant une
extraction efficace ou une libération potentielle de dérivés liés à la vitamine C. L’infusion, en
revanche, conserve des niveaux très faibles (0,050 et 0,025), ce qui suggère une préservation
réduite ou une moindre efficacité d’extraction à cette longueur d’onde.

b. Composés aromatiques et phénoliques (240 nm): Molécules aromatiques et composés


volatils liés aux huiles essentiels

Cette bande d’absorption est liée à des composés aromatiques et à certains acides phénoliques.
Les extraits bruts montrent des valeurs similaires (0,251 en macération, 0,131 en infusion),
mais les solutions mères divergent : infusion (0,236) > macération (0,029), ce qui peut
suggérer une migration plus efficace des composés aromatiques dans la solution mère
d’infusion.

À cette longueur d’onde, on peut détecter des molécules légèrement volatiles et aromatiques
susceptibles d’être associées aux huiles essentiels (ex. : composants terpéniques oxydés ou
phénoliques). Les données montrent que la solution mère d’infusion (0,236) est plus riche que
celle de la macération (0,029), ce qui suggère une meilleure migration des composés volatils
dans l’infusion, sans agitation mécanique.

c. Zone d’absorption des composés antioxydants (245 nm): Signature typique de la


vitamine C (acide ascorbique)

Cette longueur d’onde est directement associée à l’absorption de la vitamine C. La solution


mère issue de la macération (0,351) enregistre la valeur la plus élevée, confirmant son

62
efficacité pour extraire ou préserver l’acide ascorbique dans le mélange eau/méthanol.
L’infusion, bien que performante (0,184), reste en retrait, ce qui indique une extraction
antioxydante moins poussée.

Les composés tels que la vitamine C ou des polyphénols simples peuvent absorber à 245 nm.
Ici, la solution mère de macération (0,351) présente une forte concentration, nettement
supérieure à celle de l’infusion (0,184), ce qui confirme une excellente diffusion des
antioxydants dans le solvant mixte eau/méthanol lors de la macération.

d. Flavonoïdes, bases azotées (265 nm): Pic à 265 nm – Extraction de composés


antioxydants complexes et polyphénols

Cette zone englobe divers antioxydants tels que les flavonoïdes, souvent associés à l’activité
synergique des huiles essentiels. La macération reste dominante, avec des valeurs maximales
de 0,437 (brut) et 0,282 (solution mère). Cela indique une co-extraction favorable de
composés protecteurs à effet conservateur sur la vitamine C.

Cette zone est typique des flavonoïdes et des bases azotées. Encore une fois, la macération est
plus performante (0,437 pour le brut, 0,282 pour la SM), en comparaison avec l’infusion
(0,159 et 0,128). Cela témoigne d’une extraction plus efficace des métabolites secondaires
hydrosolubles par macération.

e. Pigments oxydés et composants traces (400 nm): Traces de pigments oxydés ou


composants huileux résiduels

La légère absorbance détectée (surtout dans la macération, 0,342) pourrait signaler la présence
de fractions pigmentées ou d’éléments huileux coextraits avec la phase méthanolée. Cela reste
à confirmer par analyse complémentaire (ex. : chromatographie), mais suggère une co-
solubilisation des composants lipophiles secondaires.

Une légère absorbance est détectée, principalement dans les solutions mères (0,342 pour la
macération et 0,213 pour l’infusion), ce qui indique une faible solubilisation de pigments ou
de métabolites colorés dans les deux cas. L’absence d’absorbance dans les bruts (≈0) souligne
que le phénomène est limité aux composés filtrés.

63
f. Pigments hydrosolubles résiduels (500 nm): Pigments hydrosolubles, peu
représentatifs ici

Bien que peu pertinent pour la vitamine C ou les huiles essentiels, ce pic très faible montre
que l’extraction pigmentaire est minimale, ce qui est cohérent avec votre objectif de préserver
les composés actifs sans libérer les pigments.

À cette longueur d’onde, les valeurs sont très faibles, comme attendu pour une extraction
douce. Une légère absorbance en solution mère de macération (0,080) révèle la présence
marginale de phycobilines ou pigments associés. Infusion reste bien plus faible (0,012),
confirmant une extraction pigmentaire négligeable.

g. Conclusion générale sur l'extraction eau/méthanol

La macération est plus performante que l’infusion pour extraire une large gamme de
composés bioactifs.

Les solutions mères concentrent la majorité des substances d’intérêt, avec des différences
notables selon la méthode.

L’infusion, bien que plus douce, permet une certaine extraction phénolique, mais reste moins
efficace globalement.

h. Synthèse ciblée sur la vitamine C et les huiles essentiels

La macération dans le mélange eau/méthanol est clairement plus adaptée pour l’extraction de
la vitamine C, avec un pic net à 245 nm.

L’infusion semble plus favorable à la récupération de composés aromatiques légers liés aux
huiles essentiels, en particulier à 240 nm.

La complémentarité des deux méthodes pourrait être exploitée selon la cible prioritaire
(antioxydants vs composés volatils).

64
Figure 22: Extraction eau /méthanol

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Conclusion générale

Ce mémoire s’inscrit dans une démarche de valorisation biotechnologique durable des


ressources naturelles algériennes, en mettant en évidence le potentiel de la spiruline marine
(Arthrospira platensis) comme source de composés bioactifs à haute valeur ajoutée. L’étude
repose sur une double approche : une revue bibliographique approfondie et une
expérimentation ciblée sur l’extraction de la vitamine C et des huiles essentiels.
La première partie a permis de cerner les caractéristiques biologiques, écologiques et
nutritionnelles de la spiruline, tout en soulignant son intérêt industriel mondial et le retard de
sa valorisation en Algérie. Ce cadre théorique a justifié la nécessité de développer des
procédés d’extraction adaptés aux souches locales.
La seconde partie a porté sur l’extraction comparative de la vitamine C (par macération,
infusion et décoction) et des huiles essentiels (par Soxhlet). Les résultats ont montré que la
macération aqueuse est la méthode la plus efficace pour préserver la vitamine C, tandis que
l’extraction méthanolique a révélé une richesse en acides gras insaturés et composés volatils à
potentiel antioxydant.
Sur le plan méthodologique, ce travail a permis d’adapter des protocoles d’extraction à la
spiruline algérienne, de valoriser une souche locale (ferme Al Kiram, Biskra), et de produire
des représentations visuelles scientifiques facilitant la vulgarisation des résultats.
Enfin, cette recherche ouvre des perspectives concrètes pour le développement local :
formulation de compléments alimentaires, réduction de la dépendance aux extraits importés,
et intégration de techniques avancées (comme la GC-MS) pour l’identification fine des
composés. Elle constitue ainsi une base solide pour des projets interdisciplinaires alliant
biotechnologie, nutrition et développement durable.

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