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Le document aborde la question du régionalisme en France, mettant en lumière les tensions entre jacobinisme et aspirations séparatistes. Il souligne la nécessité de reconnaître la diversité culturelle des régions tout en préservant l'unité nationale, et questionne le rôle de l'État français face à ces revendications. Les contributions de divers auteurs illustrent les débats contemporains sur l'identité régionale et européenne.

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Le document aborde la question du régionalisme en France, mettant en lumière les tensions entre jacobinisme et aspirations séparatistes. Il souligne la nécessité de reconnaître la diversité culturelle des régions tout en préservant l'unité nationale, et questionne le rôle de l'État français face à ces revendications. Les contributions de divers auteurs illustrent les débats contemporains sur l'identité régionale et européenne.

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Un véhicule blindé des forces de*Tordre devant le siége de PARC, é Bastia, quelques heures aprés la dissolution du mouve ‘ment par le gouvernement francais La France, les régions et I’Europe Reveillée par les fusillades ) qu'une certaine vérité puisse @'Aléria et de Bastia, durcie | se dégager de cette contron. par les récentes arrestations | tation parfois passionnée de militants bretons, la ques- | (page 13). tion régionale bouleverse le jeu politique traditionnel et révle Vimpuissance des partis A maitriser la réalité de Ia France. Dans son éditorial (page 2), Robert de Herte lbve le débat : entre le risor- gimento culturel des régions et laspiration & la conscience européenne, quelle est la res- ponsabilité de Etat fran sais? La réponse est une affaire de-courage et de luci- dité, Et de synthése. C'est la | Hervé Glot et Jean Mabire raison pour laquelle Eléments | revendiquent la qualité a demandé au Breton Hervé | @’autonomistes. “Ils _n'envi Glot, au Normand Jean Ma- | Sigent pas pour autant toute bire ‘et & l'Angevin Michel | Tupture avec la France. Jean Marmin de confronter leurs | Mabire récuse a la fois le wco- points de vue. Dans Tespoir | lonialismey et le «sépara Na OLN Ree oem ute et nt FORUM Pour Hervé Glot, «beau: coup de jeunes et de moins jeunes deviennent auto: omistes par refus dune cer: laine société, dite libérale, qui n'a pas de projet politique fondamental face aux grands problémes de civilisation». De son coté, Jean Mabire affirme: «L'ethnisme de- meure la seule réponse au marxismen. Michet Oe eee ee ae ey eae eae cee a oer ns Cue reas tr emer cent n emcee ei ere eae tre tt aera an ary Co aa Tet Peer ea HOTEL SHERATON-MONTPARNASSE tismen, mais, selon lui, Aléria ‘a sonné le glas d'une certaine idée de la France : «Ce qui ne sera pas grignoté par les ré- gions, dit-il, sera happé par TBuropey. Tout ‘en déplorant tes erreurs du_jacobinisme, Mi hel Marmin oppose, quant & Iu, Ia réalité organique de la France a la sbalkanisation» de V’hexagone. Pare que, précise-il, «la France n'est pas une mais plurielle». Pour ‘constituer la nation francaise, il a fallu une: volonté histo: rique (done un Etat) que Mi- chel Marmin, loin de renier, croit capable d’inspirer une volonté européenne. Pour compléter ce débat, est. Didier Patte, président. du Mouvement notmand, qui nous livre en derniére page son humeur, Enfin Patrice Sicard_nous parle du dernier live €’Olier Mordrel : La vaie brefonne (page 20). «Histoire d’O Deux couvertures spéciales. Plusieurs reproductions en couleur. Un grand article de Madeleine Chapsal. Et la pu- blieation, en feuilleton, du texte (hypocritement expur- 6) de Pauline Réage, préfacé par Jean Paulhan, Le journal de Jd.S.S. et de Frangoise Giroud’ a mis tes petits plats dans les grands pour saluer la sortie du film de Just Jaekin. Le Dr, Gérard Zwang a éi voir le film. Il a bien rigolé Liauteur de La fonction éro- tigue explique (page 44) en quoi ce film constitue une trahison grotesque du roman de Pauline Réage qui, Iui- méme, mélait rien d'autre qu'une chronique _psycho- pathologique portée par le «On lui tia ‘aussi les mains et les pieds, Perdue dans son épouvante, elle sentit. la main @’Anne-Marie ‘sur ses reins, qui indiquait oi: poser les fers. Une seule abominable douleur 1a transperea, la jeta hurlante et raidie sur ses liens... Pauline Réage, «Histoire dO» Un conte de mauvaises fées vent du conformisme intel lectuel, Dans la lignée du mal heureux Georges Bataille que le Dr. Zwang épingle au pas- sage. Selon le journal de, Frangoise Giroud, Histoire d°O ne serait rien moins qu'un ouvrage prophétique quant & Pavenir des fommesy. Les chaines et Te fouet... curieuse concep- tion de ia condition. femi- rime, Madame le ministre ! En tout cas, notre nouvelle (et ravissante) collaboratrice, Laurence ‘Terry, n’a pas du tout apprécié ce programme, A tout prendre, elle préfére Lienfer pour Miss Jones, un petit hard-core sans préten- 5 excessives (page 45). éditorial Entre jacobinisme et séparatisme La France est une nation qu’un Etat a créé. Pour «agrandir le pré carré», ila fallu soumettre des peuples différents, fondre des cultures différentes au sein d'une méme civilisation. La centralisation, entreprise par la monarchie, poursuivie par la République, s'est faite au détriment des régions dont elle a provoqué Pappauvrissement culturel et humain. En méme temps, elle est apparue comme la condition de Vunité nationale, celle-ci étant par ailleurs confortée de mythes, d'images glorieuses et de projets exaltants, Ia nation redécouvre sa diversité. Individus et collectivités recherchent dans leur héritage ce qu’ils ne trouvent plus a Péchelle nationale. Derriére le peuple francais, réapparaissent les peuples de France. Le probleme «régionalisten est posé. A Ia base du régionalisme, une attitude fondamentalement saine : le désir @'enracinement. Dans une civilisation toujours plus cosmopolite, toujours plus ézalitariste, et done toujours plus anonyme, il est inévitable et méme souhaitable que naissent des il6ts de résistance locale et que se répande peu a peu lidée dune Europe des régions. Mais comme tout mouvement, le mouvement régionaliste a ses limites. Le pouvoir régional, ne Poublions pas, n’est pas le pouvoir de diriger les affaires d'une région dans n’importe quel sens, ‘mais de les diriger dans le sens des intéréts de cette région, en conformité avec ses valeurs spécifiques. Le pouvoir politique ne peut avoir de signification que s'il est la consécration, l'aboutissement d’un pouvoir culture! attestant l'unité organique de la communauté populaire. De leur cété, certains refont Europe en chambre. Ils dressent des cartes idéales, ot chaque région coincide avec une culture ethnique. Leurs vues sont aussi merveilleuses qu'impraticables, pour la simple raison qu’elles partent tou- jours de Tidéal, jamais du possibie, et ne sont nourries d’aucune réflexion stratégique sur les «voies de passage». Parler de fédération européenne est excellent. Mais il n'y a pas de fédération sans fédérateur. Qui sera donc le féérateur de l'Europe? Et dans quelles circonstances ? L’Europe est actuellement constituée d’Etats nationaux. Or, aucun de ces Etats n’a jamais paru plus éloigné de Vidée de se défaire de ses prérogatives. Comment I’y contraindre ? Du reste, existence des Etats nationaux n'a pas que des inconvénients, dans la mesure oit lun de ces Etats peut étre un foyer de résistance aux superpuissances. L’Europe n’est pas une idée abstraite C'est une piéce de la géopolitique mondiale, qui, comme telle, s’apprécie en termes de puissance. L’Europe n’a de sens que si elle devient une puissance, c’est-A-dire, non un ensemble dépendant (un grand marché, par exemple), mais une force autonome, Une Europe «a la Suisse», oi1 les’ Européens, tels les Helvates, ne parviendraient a harmonie de leurs diversités que par la renonciation implicite a tout grand projet politique, serait la proie du premier conquérant venu. (Ce n’est pas un hasard si les superpuissances se font une certaine idée de Europe unie... dans leur giron). Nous sommes en face d'une double exigence. D’une part, donner satisfaction aux légitimes revendications des peuples de France dépossédés depuis toujours de leurs valeurs et de leurs cultures. D’autre part, ne pas entamer les chances de faire un jour de l'Europe, non une assembiée «idéaley de petites enclaves rousseauistes soumises au contrdie des superpuissances, mais une véritable force a destinée mondiale. L’articulation de ces deux projets n’est malheureusement pas évidente. Les frontiéres du sang et les frontiéres de histoire sont les unes et les autres des réalités, Il faut faire en sorte qu’elles puissent coincider, et non pas nier ’exis- tence de la nation au profit des seules régions, ou l’existence des régions au profit de la seule nation. Entre jacobinisme et séparatisme, un choix reste possible. Robert de HERTE éléments pour la civilisation européenne Journal bimestriel publié par le Groupement de Recherche et d'Etudes pour la Cwilisation Européenne ([Link].) direction générale = Roger Lemoine, responsable de la publication, Jean-Claude Bardet et Jean-Claude Valla rédacteur en chet : Jean-Claude Valla éditorialiste Robert de Herte rédaction : Lucien Chanteloup Frangois Dirksen Guillaume Faye ‘Joa Lecrozet Jean Mabire Brie Saint-Léger Patrice Sicard Laurence Terry Jean-Louis Voisin réalisation technique : «La Source d'Or» ‘A Marsat (Puy-de- Dome) Commission paritaire : 55291 rédaction-administration : 130, rue de la Pompe 75116 PARIS (él, :727.66.54 conditions d’abonnements : volr page 26 grece - informations HOTEL SHERATON-MONTPARNASSE PEC UCU CMe me Ed SUR DEUX JOURS : c fi Ce ee to Cr a is Ce ee nC ee nice ut Cea eC ee ENT aaa PN ae UL ee OC ch eee eee ara Bee rT s Sere ulead es) Oecd Le Space Opera et I'Heroic Fantasy ae a eeu ern eT | @ Lovecraft et la S.F. mythologique @ Le folklore et le merveilleux @ Gustav Me) Ce ee Lire a UT Ce em gi rrr ae wet : ches PROGRAMME, DETAILLE DE CE FOR 1 Baa) (“A CHRISTIAN DURA Ela Sa) Leds of es re Cit oes dite aA ht can eed grece - informations Aix-en-Provence : premiére université dété L’6té dernier, du 28 juillet au 3 aoa, s'est déroulée, dans la région Aix-en-Provence, la premiére université d’été du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (G.R.E.C.E.). Cette manifestation ouverte un petit nombre d'adhérents, & leurs épouses et d leurs enfants, a permis aux participants, venus de régions différentes, de mieux se connaitre, é travers les séances. de travail matinales et les activités culturelles de Vaprés-midi. Une seconde université d'été ‘aura lieu Van prochain, @ la méme époque. La troisiéme conférence {fédérale des responsables du [Link]. sest tenue a Paris, les 4 et 5 octobre derniers. Une eentaine de responsbley venue de toutes ns de France et de Belge, ont pest. ‘Sur notre photo (de gauche droite) : Philippe Conrad, secrétaire général adjoint ; Roger Lemoine, président ; Jean-Claude Valla, seerétaire général (pendant son allocution d'ouverture) ; Michel Marmin, secrétaire général adjoint ; et Lionel Rondouin, seerétaire études et recherches, D’importantes décisions ‘ont été prises au cours de cette conférence. grece - informations Lyon : exposition Trémois Du 21 mai au 4 juin s'est tenue Lyon une exposition des oeuvres de Pierre- ‘Yves Trémols, organisée con. jointement par la Galerie Ma- laval, l'une des plus impor. tantes de la ville, et Unité régionale du [Link]. La réussite s'est affirmée dés le vernissage, of se succédérent environ cing cents personnes, ans un local devenu trop exi: gu. Trémois, qui s’était dépla. cé spécialement, eut occa. sion de dédicacer de nom- breux ouvrages et de nouer un-contact amical avec. nos amis Iyonnas, L'afluence ne Se démentit pas pendant les aquinze jours que dura la ma nifestation. accueil de. ln critique fui en général favora ble, si Yon excepte les réac- tions boudeuses de quelques journalistes trop volontiers Portés sur les snobismes arti tiques coupés du contact avec Je: public. Bdifiant contraste enite le succés populate. de ‘Trémois ot les mages éehos rencontrés par les tenants de Vart- désincaré et déraciné | =I est vrai, explique M. Pierre Vial, président. de VUnité Régionale du GRECE. que Trémois ne parle pas d'abord @ l'esprit, mais aux entrailles. Et c'est pourquoi il représente la veri: table avant-garde. Ces hommes et ces femmes nus et fiers, splendides et alters, ces membres élancés, cambrés, exaltés, ces couples furieuse- ‘ment enlacés, ces regards d'0- Cteontre : un compte-rendu de la réunion de rentrée de P'Unité régionale d’Awvengne du [Link]., publié par «La Montagne» du 24 septembre, A Loceasion de ‘cette manifestation, le Corele Wittgenstein, ‘membre correspondant du GRECE., a publié Te numéro quatre de son bulletin «Etat de choses». Au sommaire «L Européen du future (Jean-Paul Bourre), es intellectuels, de droite» (Entretien avec Mickel de Kerenner), «Demain, !Burope des patries charnelles» (André Janin), ete. Dans son édition du mois d'actobre, «Auvergne Magazine» a consacré plusieurs lignes aux activités du [Link]. en Auvergne seaux de proie, ces grices féli- nes, ces t6tes uiriles sont oeu- wre annonciatrice, celle d'un temps @ naitre fondé sur la écouverte de valeurs étouf- {fées par la société de domest cation. Beauté sacralisée du corps en mouvement, prise de conscience de la dimension animale de Uhomme, sexua- lité magnifiée a travers un érotisme a état brut, lidéré lant des sentiments de culpa- bilité que de ta pornographie, telles en sont les lignes-forces. L'émotion violente que fait naftre le premier contact avec Trémois est le gage de la profondeur de son art: une vérité jetée & notre face, un ux réve enfoui resurgi de nos viscéres, un torrent qui n'a pas fini de dévaler sur nos cervelles embrumées. Le pu- blic, lui aussi, 'a compris, informations est le dimanche 7 septembre, par une journée médiévale, que Unité régionale Flandre-Artois-Hainaut du G.R-E. 1 inauguré ses activités pour année 1975-1976, particuliéroment réussie, A laquelle La Voix du nord du 18 septembre ‘a consteré le compte-rendu ct-joint, a été sulvle, le samedi 25 octobre, par 'assemblée générale des adhérents de Ia région, qui s'est tenue & Phalempin, ‘a Pauberge Saint-Hubert. Au cours de cette réunion, |. Gérard Landry, seerétaire général de [Unité régionale, a fixé les objectits du G.R.E.C.E, pour l'année a venir, landis que M. Christian Durante, membre de la commission exéeutive de l'association, intervenait sur le théme : Stratégie et ‘métapolitique, Une premiére conférence est prévue courant novembre sur ’éducation et la pédagogie. libres propos Lespoir dun pessimiste Création de «L’arrestation» a I’Athénée, avec Claude Dauphin et Jacques Francois. Reprise d’«Antigoney aux Mathurins, C'est toujours la saison Anouilh, Et toujours, aussi, Phostilité tenace des faiseurs d’opinion Végard du grand auteur dramatique francais. Mais en dépit de leurs efforts, opinion reste fidéle celui qui, dans ses pieces, viole allégrement, conformismes et tabous. Dans Pentretien exclusif qu'il aaccordé & Aldo de Quarto, Jean Anouilh montre que Pespoir n’a pas déserté l'un des esprits les plus lucides, les plus critiques et Tes plus caustiques de notre temps. Musset, Marivaux «mille fois relu», Claudel, Pirandello, Shaw et naturelle: ment 'Moliére. Les maftres de Jean Anouilh : ceux qui Tont initié au thédtre, comme Pitooff et Barsacq Vont initié a la mise en scdne. Né & Bordeaux en 1910, il passe un an ot demi a la faculté de droit de Paris, deux ans dans tune agence de publicité, et devient secré. taire “de Jouvet. Aprés le succés de LHermine (1932), un pari: celui de vivre au theatre, pour le théatre, et seu- Tement de théétren. Le Siegfried de Giraudoux, eréé par Jouvet en 1928, lui a révélé sa vocation : ‘Anouilh est. ‘convaincu. de pouvoir cobtenir au théatre un langage poétique et artificiel qui parait plus vrai que la conversation sténogtaphique». Presque toutes ses oeuvres offrent un dosage variable de «rose» et de «noir», avec une note d’«obscur» ; l'ensemble exprime une révolte contre ce qui corompt la pureté ft les idéaux ~ contre argent, qui force & wbaisser le dos». Dans les oeuvres bril- lantes, Ia satire devient fouettante et Anouilh parait céder & la tentation du théitre d’idées pour critiquer le confor- misme social, la corruption de l'armée, le parlementarisme, le capitalisme et une certaine idée de la démocratie, Ce gentil: homme de esprit, «d’instinet se trouve & droite, et par réaction, anti-bourgeois lorsqu'll sapergoit que cette bourgeoisie 1’a plus de drapeaus. Mes personages, affirme-til, laisent aux owvriers, aux paysans, au ‘petit peuple, comme on 'appelle stupide- ‘ment. Ils ne plaisent pas aux bourgeois conformistes de gauche, qui se retrouvent et se revolent ridiculisés sur la scéne du thédtre, qui est scéne de vie. Quand il sirrite, Anouilh se déclare aanarchiste de droite» et «mauvais catho- liquer. Calmé, i précise : Je ne suis pas conservateur, mais siirement réactionnaire. Car Vavenir, c'est la réaction contre tout ce quill y a aw Jourd’hui de négatif. STaccepte--l comme ule plus fécond des architectes dramatiquesy ? —Fécond, peut-étre. Quarante ‘oeuvres. Saurais préféré en écrire seule- ment six ou sept —mais immortelles Sans fausse modestie, la fécondité devrait étre expliquée par ce phénoméne : les vieilles oeuvres qui reviennent sur scéne grace @ la «fureur du peuplen. Bt puis je ‘miamuse, quand je eréé une pidce ; mais sans oublier 'époque oi j'étais obligé d’en faire une par an pour vivre. C'est ensuite devenu une habitude. Un métier. Comme un fabricant qui ne peut pas fer- ‘mer boutique, méme pendant les vacances @'Eté, parce quil a une grande famille & nourrir. Puis, le succés. aCeluici, il faut le dire, m'a été accordé @ Wétranger. En Allemagne. En Angleterre. En Italie. Mais pas en France ‘ca haine politique, qui prime tout», miavait relégué dans un ghetto. Penser que dans aucune de ces nombreuses Mai- sons de la culture disséminées dans toute 1a France, je n'ai jamais pu présenter une de mes piéces!”Le veto continue au- Jourd’hui, Rancune, peur de mes person- rnages, peur de leur langue ? ‘»Sur le mot d'architecte, je ne suis pas accord, Je dirais plutot : magon. Cons- ftructeur. Dans le sens pirandellien du terme. Je découvre une situation, j'y in- clus des caractéres... et voi. = Vous étes devenu un Maitre. Vous reconnaissez-vous tel ? —Non, Je crois seulement avoir bien fait mon métier. Je préférerais étre consi- déré comme un mature d’oeuvre, un brave magon de ma corporation. Prés de Mari- vaux, de Claudel ou de Pirandello, Péprowve un trés fort sentiment d’humi- Tite. Souvent, a Bordeaux, quand des Paysons me rencontrent, ils me saluent d'un: bonjour, Maftre. Et moi je leur réponds toujours: bonjour a vous, Mattres | = Btes-vous iste ? —Crest une question @ poser aux opti ‘istes. Souvent, le soir, je me sens décou ragé. Le matin suivant je ne m'en sowviens plus. Le monde d'aujourd hui — tel que je le vois— est dégueulasse et me donne la nausée. Mais le lendemain, je me lave les mains de la saleté de la veille et je souris 6 nouveau, — Au fond, votre théatre est d’idées et de critique. On vous prétend incapable de vous évader de vousméme. Qui étes- —Je miapercois des idées que j'si exprimées aprés avoir écouté dialoguer ‘mes personages. Je n'ai pas d'idées, Seu- Tement des humeurs, des instincts, des attitudes de Vesprit. Je me méfie de Vintelligence, et je cherche a m'en servir le moins possibie, Je ne me définis pgs comme un intellectuel ; surtout de nos Jours. Ce vocable est devenu une étiquette pour imbéciles. Je fabrique des piéces art, En ce qui concerne mon incapacité & mévader de moi-méme, je dirai que ceux qui peuvent Ie faire sont des superficiels qui s'évadent grice & la rumeur des réellement un pest (suite page 8) libres propos autres, Je ne peux. pas, moi, m’évader de ‘ma vision du monde et de Vhomme. Me définir ? Un homme honnéte. Ou ie préfere— un homme ayant le goat de Thonnéteté. Bt sans fausse modestie ‘encore, le gofit du courage. I en faut, ‘actuellement ! Quel jugement portez-vous sur la culture contemporaine, et sur la société occidentale ? Culture et société occidentale res- semblent & un train sorti des rails. Déral lement complet, désastreux, tragique, an- goissant. Je ne désespére pas que la ligne soit rétablie un jour, avec de meilleurs ‘machinistes et une locomotive plus puis sante, La société et la culture ont été cor rompues et empoisonnées par les rats, sortis de leurs égoiits, qui sont entrés dans nos foyers @ travers les canaux de la télévision : ce cancer de Uesprit. La TV. ‘est devenue Vinstrument de corrosion et de lavage de cerveau le plus subtil et le plus rapide des nouvelles générations. Elle diffuse quotidiennement la fausse culture ‘du mensonge, la fausse vérité historique, Vanti-humanité, Le spectateur est pass: vement assis, la bouche grande ouverte comme chez le dentiste, avec cette Cicontre : Georges Staquet, le premier garde dans «Antigone» Cidessous : Jean Anouilh et Jacques Francois pendant une répétition de «L'arrestationy. Cette piece a fait grincer les dents de la plupart des critiques parisiens. Annick Blancheteau ‘et Francois Siener dans «Antigone. Créée en 1944, Ia pidce reste contemporain. seule différence qu'on va chez le dentiste ‘se faire soigner Ia carie, tandis que les faméliques personnages. télévisuels, mi- homme mi-femme, copies conformes de VantiHomme (de "homme des cavernes), propagent la carie des cerveaux. »Regardez les enfants d'aujourd hui. Corrompus par les parents inconscients et permissifs, et par Ia télévision. Tis n'ont pplus aucune imagination, aucune poésie, ‘aucune fantaisie. Ils ne savent plus ni jouer, ni sourire. Ils n'ont pas encore toutes leurs dents, et ils sont déja viewx ; quand ils les auront toutes, personne ne leur aura appris & mordre : mordre n'est plus de mode. On leche. »Et lorsque lenvahisseur viendra — il y en @ toujours un dans histoire du ‘monde — ce sera trop tard. Les hommes de demain, sortis des enfants d’au Jourd’hui made in T.V., pourront seule- ‘ment lui lécher les bottes en braves uca marades» ! On vous accuse de fustiger une cer taine bourgeoisie Hiche, un certain monde politique pharisaique. Quel est au fond votre credo ? —dJe ne fouette personne. Je prends a coups de pied un tas de gons qui mérite- raient bien pire. Suisje idéaliste ? Je ‘garde Villusion prolongée d'un gosse, les idéaux de mes vingt ans. —Et selon vous, pourquoi fl surtout aux jeunes ? —Peut-étre parce que, dans certaines de mes oeuvres, ils retrouvent un des leurs. Sai toujours eu la satisfaction d’avoir autour de moi, sur scéne et dans les salles, la jeunesse : malgré le boycott et le sabotage de la mafia en place et des ‘mass medias (quel terme idiot). Les Jeunes ont un précieux don naturel; ils sentent, de loin, certaines odeurs. Et réagissent. Il suffit de leur insuffler un certain idéalisme sain, viril, fort. —En vous situant comme un «magon @oeuvre d'art», vous avez dit : «Ma cor poration». Btes-vous corporatiste ? =Pourquoi pas! Une synthése capi: taltravail, dans Vintérét de la société tout entiére, ne peut réussir sans un systéme corporatiste qui élimine Vanarchie rouge et blogue les appétits égoistes du grand capital, rang SOPH HOWS au FBarope pour se Ce sera plus facile de eréer !'Burope politique que Europe du marché. On convainct plus aisément un eitoyen idéa liste de défendre so civilisation, qu'un boucher de baisser ses prix. Mais [' Europe politique, c'est aussi une rude téche, parce qu’on ne peut fédérer des nations que contre quelque chose de dangereus. Et dire que depuis trente ans, l'Europe est ‘menacée par le plus grand danger de son histoire, c'est défendu : tabou ! »Pouurtant ce quelque chose, ce quel: quun de dangereux, est déja'dans nos ‘murs. Comme le cheval de Troe. Nous ne le considérons plus comme un ennemi, ‘mais, comble dimbéeilité, comme un adversaire constitutionnel et national ! Le cycle de Vintolérance au nom de la «libertén de gauche est peut-étre, ‘malgré tout, & sa fin. On note deja un réveil de la vraie culture. Ses meilleurs représentanis sortent des ghettos oit Ils étaient tenus enfermés. Culture de adroitey, proteste-ton : et alors? La droite a tes mémes droits que la gauche & existence ! »En fait, voici la vérité. La renaissance de la culture, c'est la renaissance de Cart, de la pensée des hommes libres, Vous voyer : Je suis un pessimiste ; mais j'ai de pesrorr Aldo de QUARTO Aldo de Quarto est né en 1927. Journa- liste et éerivain italien, il a 6té envoys spécial permanent au Proche-Orient et en Asic, avant de sinstaller & Paris, oi i est correspondant, de Pagence de presse NEA, du Giornale d'Ttalia et du Borghese. Colla borateur de La Destra et de plusieurs pu. bllcations frangaises anti-marxistes, il est auteur du livre, Giscard d’Bstaing,tibéral européen, publié & Florence, aux éditions Sanson votre faits et gestes Le 6 décembre, a Paris : Journée pour la défense de la Culture ‘Jean Raspail (ci-contre) et le sculpteur Pierre Sulmon (ci-dessous). Ils participeront | 4G la Journée pour la défense de la culture du 6 décembre. ‘Auee : Pierre Bercot, Pierre de Boisdeffre, Jacques Chastenet, Pierre Gripari, Serge Dalens, Jean Mabire, Thomas Molnar, Louis Pauwels, René Sédillot, Pierre Chaunu, Louis Rougier, le pasteur Viot, Michel Mourlet, Dominique de Roux, Pierre | Debray-Ritzen, etc. | Le 6 décembre prochain, Vhétel Sheraton-Montpar. | vains ont été invités & dédica- nasse sera le cadre d'une Jour- | cor leurs livres. Mais Ia culture née pour la défense de la Cul- | n’est pas seulement le do- ture, organisée par I’Asso- | maine de intellect : c'est ciation Frangaise pour la | aussi celui des oeuvres d'art, Défense de la Culture. celles de Pierre Sulmon ou = Cette journée, explique | d’Alain Bar. La culture n’est ‘M. Chollet, secrétaire général | pas davantage un domaine de association, sera noire | réservé aux adultes : une salle premiére grande manifesta- | spéciale aménagée pour les tion depuis le congrés interna- | enfants, avec atelier de tional qui s’était tenu & Nice | masques’ et de peinture, leur sous la présidence de | permettra, a leur rythme et & ‘M. Jacques Médecin, et qui | leur mesure, de participer ‘ait réuni une soixantaine | d'une maniéte adaptée. Plu- d'intellectuels venus de | sieurs conférences-débat _per- douze pays. Notre ambition | mettront d'aborder les pro- ‘ma pas changé : nous voulons | blémes de Vavenir de I'Bglise, rowver qu'un courant impor- | de la liberté de la presse, de ‘ant, parmi les intellectuels, | Vuniversité de demain, du Tes universitaires et les écri. | marxisme dans la bande dessi- vains francais, se site en | née, du terrorisme intellec- dchors des modes éphéméres | tuel, etc. et de leur dictature feutrée. | Nous avons voulu aussi Notre but est done d’oeuurer | renower avec la tradition du 4 la promotion de ce courant | théatre populaire, ajoute dont la voix est aujourd'hui | [Link]. C'est la raison étouffée. pour laquelle nous présen- terons une courte piéee de Dominique Mauriés sur la mort de ta culture. Cette piece sera jouée, parmi la foule, dans te style de fa Com- ‘media del arte. Joumée pour la Défense de la Culture, hotel Shera- ton-Montparnasse, _same- di6 décembre de 10h 419 h. Pour tout renseignement M. Claude Chollet, Associa. tion Francaise pour la Dé fense de Ia Culture, 39 rue Copernic, 75116 Paris. Nice, capitale de la préhistoire importance des sites pré- et protohistoriques déeou- verts ees demiéres années en Provence, notamment dans la région de Nice (grotie du Lazare, site de Terra Amata), 4 conduit les organisateurs dt prochain Congres de l'Union Internationale des sciences préhistoriques et protohisto- Fques & choisir la ville de Nice comme siége de catte manifestation, qui aura lieu du 13 au 18 septembre 1976. Ce sera la premiére fois qu'un congrés préhistorique @une telle importance se tiendra en France. Déja, prés 4e 3.500 inscriptions ont été enregistrées. Au total, on attend plus de 4 000 partic. pants. Les débats se déroule- ront six jours durant dans les amphithéatres du_pare Val: roxe de l'Université de Nice, sous la présidence du doyen Lionel Balout, directeur de Tinstitut de’ patéontotogie humaine de Paris. Des excur- sions sont aussi prévues, afin de permotire aux participants de visiter les sites les plus imn- portants du territoire na tional. Nous en reparlerons. Lidée de race dans la pensée politique francaise Ungimportant colloque sur 17dge de race dans la pensée politique francaise jus- qu’en 1914» s'est déroulé vor- i quelques mois & Aix, sous Péglde du Centre d'études de la pensée politique eontempo- vine (UER. d'Histoire) de Université de Provence. Les professeurs Giraud et Mattei, de la faculté de Méde- cine de Marseille, ont proposé uune «définition génétique de la race». Aprés quoi, les parti- cipants ont entendu des expo- sé de MM. Léon Poliakov (Sources idéologiques de la notion de race), Dunand (Widée de race ‘chez La- marek), Guiral (Un théoricien de V'inégalité des races : Mon- tesquiew), Jean Boissel (La droite et Mdée de race), Léger (Taine et Ia notion de’ race), Deprun (L'idée de race dans oeuvre de Renan), Sternhell (Le déterminisme ' physiolo- gique et théorique a la base ‘du racisme de Barrés), Paz (La notion de race ’ chez Blangui et les révolution: naires de son temps), Pierre Thuillier (Va cher de Lapouge et Vidée de race), Reborioux (Elie Faure et le probléme racial), Jardin (Liidée de race chez Tocque- ville), Temime (Nationalisme et régionalisme sur Vidée de race), Liens (Le stéréotype du ‘Méridional vw par les Francais ‘du nord, de 1815 4 1914), Stengers (Race et nationalité chez’ Emile de Laveleye), ete. La plupart de ces eommunica- tions devraiont étre publiées ultérieurement. Hérédité ou milieu ? La prochaine réunion orga- nisée & la Sababurg, prés de Hofgeismar, en Allemagne fedérale, par la Deutsch- Europiische Studiengesell- schaft (DESG) aura lieu les 8 et 9 novembre prochains. Le théme rotenu est le suivant Les dons — hérédité ou liew?» Les organisateurs, M. Heinz-Dieter Hansen (Hambourg) et Klausdie- ter Ludwig (Darmstadt), ont adressé aux participants une bibliographic compléte des livres “et des articles. parus récemment sur la question, La DESG est proche notam: ment de la revue Junges Fo: rum et. des livres de la sére adunge Keitiky. 10! nouvelles du Goulag Les drogues du KGB En URSS, les adversaires du régime ne sont plus seule- ment internés dans des asiles psyehiatriques. On leur admi- nistre aussi des drogues, dont Peffet équivaut a de. wrk tables «labotomies chi miqueso. C'est ee qu’a déclaré lun psychiatre canadien, le Dr, Norman Hirt, professour & [Université de Vancouver, aprés s'étee livré pendant plu- sleurs mois & une enquéte sur Je sort des 8 000 opposants actuellement détenus en Russi Les_médecins du KGB, ail préecisé, ont d’abord em- ployé la réserpine, substance qui, administrée “en abon: dance, provoque une atrophie du cerveau. Ils se servent maintenant de ritaline, tran- uillisant plus classique, mais dui, & larges doses, xprovoque la destruction des cellules du tissu cérébral, de telle sorte que le sujet ‘est rapidement plongé dans un état assez sembiable & une démence sénile précoce», Un nouveau Lyssenko Aprés accalmie qui avait fait suite a Vaffaire Lyssenko, la génétique sovietique tra verse A nouveau des heures difficiles. Pour de nombreux chereheurs, il ne fait pas de doute qu’un nouveau dicta teur s'est révélé, en la per- sonne de Nikolai Doubinine, chef de’Institut de génétique générale (Tune des plus im- portantes sections de I'Acadé- ile des sciences ¢URSS), ‘Tout commence il y a dix ans, au moment oi, Khrouchtehev, qui avait été le protecteur attitré de Lyssen- ko, tombe en disgrice. Deux reseapés des «purges scienti fiques» reviennent de Sibérie. L'un, Nikolai'Doubinine, se voit ‘confier la direction de Vinstitut de génétique ; autre, Boris Astaurov, prend la téte de Mnstitut de bio: logie du développement. Mais Vikolar Doubinine, directeur de Institut de génétique générale de Académie des sciences d’'URSS. Communiste de fraiche date, mais nouveau Lyssenko. A Voccasion dune réunion solen. nelle de "Académie, qui s'est tenue au début du mois d'octobre ‘au Palais des congrés du Kremlin, Léonid Brejnev a déclaré que le parti communiste entendait controler les orientations essen- tielles du travail scientifique. Trofim Lyssenko assistait a cette réunion. Le seul génélicien soviétique d’envergure, Alexan dre Bayev, est en Sibérie, bientét, entre les deux | dant ainsi plus salés et plus hommes, une compétition | agréables & manger ! Cette in- sfengage : leurs services tra- | formation plutét comique est illent plus ou moins sur les | purement fantaisiste. Il mémos sujets, En 1966, ils | semble que Doubinine Tait font leur entrée le méme jour } recopiée dans un journal po- a l'Académie des sciences, pulaire soviétique, Chimie et ‘Ne parvenant pas a surclas- | vie, sans méme se donner la ser son rival, Doubinine trans- | peine de la vérifier. Du coup, plante alors la compétition | un vaste éclat de rire secoue sur le plan politique. En | la communauté scientifique. 1969, & Tage de Glans, il | Quelques mois plus tard, la adhére au parti communiste, | section de chimie et de dont il n’avait jamais été | logie de [Académie des membre auparavant. En l'es- | sciences, réunie & Moscou, pace de quelques mois, il | exprime sa réprobation acquiert Ia réputation d’étre | Doubinine. Celui-ei réplique un administrateur poli- | en exigeant qu’Astaurov. se tiquen, qui n’hésite pas a ren- | débarrasse de ceux de ses col: voyer ‘ceux de ses assistants | laboratours qui se sont com. qui s‘opposent au régime, | promis avec opposition. Pen: Astaurov, au_contraire, est | dant quelque temps, Astaurov plus souple. De ce fait, entre | tergiverse, mais il doit finale- 1971 et 1973, un certain | ment s’incliner. 11 entre alors nombre de chercheurs de va- | luiméme en disgrice. En leur quittent les services de | décembre 1974, il meurt, Doubinine pour entrer dans | d'une crise cardiaque, & Page ceux d’Astaurov. L'institut | de 70 ans. Sur sa tombe, un de biologie du développement | académicien déclare que ses acquiert alors une renommée | deniers jours ont été un internationale. «veritable calvairen. En 1973, Doubinine fait | Mais 'yaffaire Doubinine» uun faux pas, qui va le couvrir | n'est pas finie. Le P. C. sovie de ridicule.’ Il affirme, dans | tique semble en effet décidé & tun magezine scientifique, que | exploiter la situation pour re- son Institut a découvert une | prendre en main l'Académie méthode permetiant de faire | des sciences, & laquelle il re- passer du sodium dans [Link]- | proche de manifester des vel- Tules des concombres, les ren- | léités d’indépendance. (Des, ‘opposants comme Sakharov y conservent leurs postes). Lrenjeu est d’importance vee ses 250 Instituts, abri tant 40 000 chercheurs, 1’A- cadémie des sciences controle toute Ia recherche scientifi que et technologique en URSS. Or, elle vient de ‘6ébrer le 2508me anniversai re de sa fondation par Pierre le Grand. (Les mem. bres fondateurs étaient au nombre de seize: 13 Alle mands, un Frangais et deux Suisses). Cette commémora tion aurait d'ailleurs di avoir liew en mai 1974. Bile a été ajouée pour ne pas inter forer avec les élections au So viet. supreme. Elle a eu lieu finalement &'la fin du mois doctobre. L’Académie doit ‘maintenant désigner un now- vveau président, en remplace. ment de Mstislav Keldysh, qui occupe ce poste depuis 1961. Tl y a quatre candidats éventuels : Nikolai Basov, [Link], prix Nobel de physi- que; " Boris Paton, 56 ans, spécialiste de la métallurgie ; Vactuel vice-président, Viadi mir A. Koteinikov, ‘68 ans, qui est radio-astronome, et le jeune biochimiste Youri Ov- chinnikov, 41 ans. Mais ils cnt tous des handicaps. Basov ‘a beaucoup d’ennemis person: nels, Paton n’est pas suffisam ment. connu, Kotelnikov est trop vieux, Ovchinnikov est trop jeune. Pour le P.C., ce serait done l'occasion d’impo: ser un outsider. Une déclara- tion faite en mai dernier par économiste Mikhail Sousov membre du Politburo, donne a penser qu’on s’en occupe au Kremlin, Liaffaire (sur laquelle la preste occidentale reste étran- gement_muette) est done & suivre de prés. En ce qui con- cere plus particuliérement la biologie, son avenir parait assez ‘sombre. D'anciens clyssenkistes», comme Vasily Remeston ont été 6 cemment réhabilités. Dans les milieux scientifiques, Vopi- nion qui prévaut est qu’en dehors d’Astaurov, il n'y a guére qu'un généticien den: vergure en URSS. Il s'agit d’Alexandre Bayev. Mais celui-ci se trouve en Sibérie, et il est peu probable qu’ puisse résister A Doubinine, Les fausses cartes de presse du «Nouvel Obs» Peut-étre avez-vous recu, voici quelques semaines, une circulaire de prospection du Nouvel Observateur. Sous la plume de son directeur général, M. Claude Perdriel, ‘«Phebdomadaire le plus dyna: miquey offre ses abonnés en puissance une ulecture en avant-premiéren. C’est-i-dire que le journal leur sera en- voyé le samedi matin, au liou du lundi. «Vous compren drez, écrit M. Perdriel, que cette possibilité ne soit ou verte qu’a un petit nombre de personnes qui considérent, comme vous, que linforma: tion est un élément de déci- Cette petite phrase, a ca- ractére «élitistey, ne manque pas de saveur lorsque l'on sait que ce type de prospections est envoyé a des dizaines de millers d’exemplaires et, qui plus est, que le Nouvel’ Obs est actuellement en vente dés le samedi matin dans tous les Kkiosques parisiens ! Mais co n'est pas tout. A ses futurs lecteurs, M. Perdriel propose également un gadget fen prime, un peu dans Fesprit de Pif Ce gadget est une carte d'information prior!- tairey, nantie dun talon a renvoyer & lhebdomadaire et @un «timbre de validation 75-16». Cette carte, vinces- sible, porte Ia ‘mention obscure: «Madame, Mon. siour X... est habilité a reee- voir un service prioritaire de presse». ‘A premiére we, une telle carte n'a aucune utilité, dans quelque domaine que ce soit. Erreur ! Ce carton jaune, bar- ré de tricolore, porte en larges capitales rouges le mot PRESSE. La confusion avec une veritable carte profession- nelle de journaliste est. vou- ue. Dans quel but ?-M. Per- driel cherche-til a susciter chez ses abonnés des satistac- tions infantiles, peu compa- Lubles avee les ambitions de son journal, ou faut-il voir, dans ces caries, une riposte 2 la répression? Certains membres de la police natio- nale exhibent, dit-on, des brassards PRESSE de nature fallacieuse, voire meme de fausses cartes professionnelles de journalistes, qui leur servent & gtrompery et & aru doyer» dans la rue les journa- listes. Grice aux cartons de M. Perdriel, il y aura désor- mais de faux journalistes de gauche face aux faux journa- listes de la préfecture. Ceci aidera la transparenee des rapports sociaux. / Cidessous : la fausse carte de presse du «Nouvel observateury. Le nowvel attrappe-nigaud de M. Perdriet, Passionnante, ta lecture des petites annonces du «Nouvel Observateury. Annonceur attitré: le club Joie de vivre de Grenoble, spécialisé, comme en témoigne - son bulletin (ci-dessous), dans Véchangisme de luxe et 1a flagellation. Ce club dont la clientele semble beaucoup tenir son standing, ne pouvait trouver de meilleur support on cel ‘que le journal de M. Perdriel i 12, religion Prétres communistes Dans Le Monde (18 mai 1975), Vabbé Jean Baptiste pose la ques- tion : «Un prétze peut-il étre communiste?» Il répond lui-méme, de la facon la plus nette: «Cette question, qui provoque dans I'Eglise de vits ‘débats théoriques, ne se pose plus pour certains d’entre hous puisque, pratiquement, nous partageons les analyses Gconomico-politiques du parti communiste et nous en soute- rhons les actions». Il ajoute «Le cardinal Suhard parlait, ya trenteans, de mur a abattre entre I'Bglise et la classe ouvriére ; aujourd"hui, est surtout un mur de pré: jugés qui reste & démoli ‘entre IEglise et le parti com- muniste francais «Notre choix du P.C. poursuit-il, est un choix poli fique basé sur des analyses conerétes». Exemple: «Le PCF est de loin le premier parti par le nombre et Penra- inement populaire de ses mi- litants, qui sont des gens con- vaincus, tenaces et dévoués, Auprés ‘deux, le mot «cama mden a pris pour nous, prétres, une signification ef lune profondeur qui n’ont equivalent que dans le afrérep de I"Bvangile..0 Tout en déplorant que des théologiens dits «avan- césy qualifient le marxisme de doctrine largement dépas- sée ot adhésion au P.C. de combat d’arriére-garden, Pabbé Jean Baptiste conclut ? «Prétres-ouvriers, nés dans la classe ouvriére,’ nous nous sentons comme des prétres dans une Eglise de Blancs». «Dieu est mort !» Le R. P. Cardonnel_a publié récemment un livre au titre parlant, qui mérite d’étre lu: L'nsurrection chrétienne (Stock, 1975). Rejoignant assez’ prés les états dame d'un Roger Garaudy, ily affirme son amour passionné pour 'eénorme grouillement de Ia masse des hommes» idéal négateur de toute indivi. dualitg, totalitaire au sens propre, 3 En réponse & une ques tion, Ie Pére Cardonnel pré- cise ‘par ailleurs qu'il eroit en ‘Jésus-Christ, mais qu'il ne feroit pas en Dieu. «L'idée de Dieu est profondément réac- tionnaire et régressive, ex- plique-il. Diew qui reste Diew ne peut rien devenir(..) Dieu est bien mort en Jésus- Christ». Les fous de Dieu Y¥ aurait-il une prédisposi- tion aux troubles meniaux chez les Témoins de Jého- yah? Crest ce qu’on peut se demander a la lecture dune tude du Dr. John Spencer, parue dans le British Journal of Psychiatry, selon laquelle sur 7546 malades entrés en janvier 1971 et décembre 1973 dans les _hopitaux psyehiatriques de M'Australie occidentale, cinguante étaient des membres actifs de la sec- te, Parmi eux se trouvaient 39 sehizophrénes, 10 névrosés et un aleoolique. A en juger par ces chiffres, les risques pour un Témoin de Jéhovah @étre atteint de schizophes- nie seraient égaux & 1,83 p. 1000 contre 0,61 p. 1 000 pour la population générale Le Dr. Spencer va mainte. nant tenter de savoir si c'est la secte qui attire particule. ment les malades mentaux, ou si c'est la fréquentation de la secte qui joue un role dans Péclosion “et le développe- ment de Ia maladie, En Grande-Bretagne, les Témoins de Jéhovah comptent 75.000 adhérents, «Hello, pélerin !>| Radio-Vatican se met au got du jour, Cette station, fondée sous le fascisine (et sous Ie pontificat de Pie X1), en 1981, vient d’inaugurer deux programmes résolument dans le vent». Le premier, uStudio A», que dirige un prétre américain, le R. P. John St. George, est en- tlérement consaeré au jazz, Le second, destiné aux tou- ristes, est diffusé en plusieurs langues. Son titre: «Hello, pélerin 1 Allemagne: le fisc et le goupillon Détail insolite : quis soient croyants ou non, les Allemands de ouest sont considérés par I'Etat comme appartenant & une confession religicuse et sont taxés en conséquence. A la naissance, on effet, enfant est en général déclaré comme appar- fenant. & Véglise (catholique, luthérienne, Gvangélique ré- formée, ete.) dont son pére fait pane, Arrive & Pige adulte, il est imposé sur ses revenus en fonction de cette déclaration, car "Etat (comme en France, en Alsace) est chargé. d’assurer Trentretien du personnel ecclé- siastique (salaire hebdoma- daire, logement de fonction). Ce prélévement d’ottice a rap- porté en 1974 Véquivalent de plus de dix miliaris de franes aux églises eatholiques et pro- testantes. Pour éviter cette taxe, qui f été instituée en 1918, les habitants doivent entamer tune procédure officielle de ‘renonciation», par laquelle ils déclarent ne plus étre afi igs & T'église au profit de la- quelle ils sont imposés. Beau- coup, bfen entendu, hésitent A faire cette démarche qui indépendamment des compli- cations qu'elle implique, les exclut des sacrements. rel: gieux. On estime qu’a Pheure actuelle 200000 ex-protes: tants et 65000 ex-catholi- ques ont cependant décidé de ne plus contribuer au finance. ment d'une institution & la- quelle ils ne se sentaient pas Femmes-prétres L’Bglise d’Angleterre a pris, au mois de juillet une déci- sion historique : celle @admettre désormais les femmes a la prétrise. La déci sion a été aequise a une faible majorité, et il a ét6 précisé quelle ne se conerétiserait qu’au fur ot mesure de Vévolution des esprits. Deja, en juin dernier, MBglise ‘anglicane du Canada avait précédé celle d’Angle- terre dans cette voie. Plus tot encore, en mai 1973, une convention épiseopalienne américaine avait décidé de laisser & chaque paroisse le soin de se prononcer sur 1a lgitimité de Vordination des femmes ; le 21 juillet 1974, ix femmes ont d’ailleurs été ‘ordonnées & Philadelphie, en présence de Mgr Antonio Ra- mos, évéque épiscopalien de la Costa Rica. Par ailleurs, fin juin dernier, la premiere Temme-rabbin d’Angleterre, Jacqueline Tabick, 26 ans, a pris ses fonctions a la syna- gogue libérale de St. John’s Wood, Londres ; elle est la quatriéme femme au monde & avoir accédé & cette charge (les trois autres wexercenty aux Etats-Unis, it elles ont toutes été ordon nées depuis 1972). L'évolution des églises an glieanes et épiscopaliennes revét une certaine impor- tanee, du fait que ces deux ‘confessions sont trés proches du. rite catholique. Pour Theure, toutefois, Véglise de Rome (comme Véglise ortho- doxe) reste hostile a Pordina tion des femmes. Mais la question a été débattue au synode de 1971. Et le RP, Pierre Gallay, _ assomp- tionniste, a récemment publié chez Bordas un livre intitulé Des femmes-prétres ? Faudra-t-il détruire la France pour édifier VEurope ? Telle est la question qui se pose & Theure du réveil régionaliste, Interrogés par Jean-Claude Valla, Hervé Glot, Jean Mabire et Michel Marmin affrontent leurs points de vue personnels dans un débat contradietoire. Une question aussi grave et aussi complexe ne peut étre tranchée par des formules unilatérales. La solution, comme toujours, nait de la rencontre des contraires. Crest cette rencontre quia été provoquée ar wElémentsy. Chacun, ici, ne s'exprime qu’en son nom propre. LA FRANCE, LES REGIONS Jean-Claude Valla: Les événements qui se sont déroulés en Corse, & la fin de été, ont fait couler beaucoup d’enere. Et Ggalement du sang. Quelle est votre opi- Jean Mabire : On peut déplorer te ca- ractére sanglant de cette aventure, mais il est dans les traditions de toutes les Gmeutes et de toutes les résistances. La République est née dans le sang des gardes sulsses. On ne respecte finalement que ceux qui tuent, et non pas ceux qui se font tuer. Un peuple qui veut vivre a davantage besoin de héros que de martyrs. Si la solidarité corse a joué a fond en faveur des autonomistes, c'est que le commando de I'ARC s'est posé en justicier, et non en victime. Jean-Claude Valla : Je suppose, quand méme, que les autonomistes corses n’ont pas voulu ce qui est arrivé Jean Mabire : C’est le gouvernement franeals qui a accumulé les maladresses. Que voulez-vous, on discute avec les séquestreurs, les’ malandrins ou les re- belles du Tibesti, mais on s‘empresse de donner Tassaut ‘quand il s'agit d’auto- nomistes, c'est-a-dire de patriotes, et non ppas de gangsters, ; ‘Jean-Claude Valla : Ces événements de Corse vous paraissent-ils importants ? Jean Mabire : Ni plus ni moins que la prise de la Bastille, mais le 14 juillet 1789 Jes_parisiens ont ‘assisté, sans bien s'en rendre compte, au début d'une révo- lution. Pour la promiére fois, aujourd'hui, Je gouvernement francais est confronté, au grand jour, avec le probléme des mino” rités ethniques. Et c'est un probléme que Yon ne pourra plus escamoter. La France devra accepter l'autonomisme, si elle veut Gviter le séparatisme... Jean-Claude Valla : Vous avez parlé de récolution. Le mot n'est-il pas un peu fort? Jean Mabire : Je ne crois pas. Prou- dhon et Gobineau commencent a triom- pher de Marx, On commence a se rendre compte que le ressort final des conflits, ce nest pas la lutte des classes, mais le choe des peuples. Ga ne vous parait pas trés important ? ‘Jean-Claude Valla : Peut-étre, mais je ne vois pas trés bien ce que vient faire Gobineau dans cette affaire, Il s'est pas ‘mal trompé, lui aussi. Jean Mabire: Beaucoup moins que pourraient le penser ceux qui ont Iu un peu trop rapidement. Ce qul rassemble les hommes, en tout cas, ce ne sont pas des liens économiques, mais des liens ethniques. La, se situe la révolution des 4vénements de Corse, Pour la premiére fois depuis bien longtemps, c'est une révolution qui va dans le sens d'un plus grand enracinement... Je me souviens du temps oi Eléments avait fait voter Giscard. Moi, je vote Siméoni Jean-Claude Valla: Il n’était pas candi dat ! Jean Mabire : C'est une formule, Au- jourd’hui, ce sont deux conceptions de Etat qui s'affrontent. C’est plus impor- tant, me semble-til, que les élucubrations Ggalitaires des deux duettistes Mitterand ct Marchais, Jean-Claude Valla: Btes-vous auto- nomiste ? Jean Mabire: Absolument. Bt cela veut dire, en clair, que je récuse tout autant le colonialisme que le séparatisme, Je pourrais également me définir comme régionaliste. C'est un terme qui ne me déplait pas, mais qui est plus ambigu. J'ai ET LEUROPE Iu nagudre dans un journal breton qui devait étre Breiz Atao : «Un nationaliste breton est un homme qui nomme un chat lun chat. Un régionaliste est un homme qui appelle un chat un félin domestique de petite taille, et a encore peur de se compromettrey, Cela dit, je préfére de beaucoup des régionalistes durs a des autonomistes. mous. Je me méfie, en effet, des propos extrémistes d’aprés- boire, et ma confiance va & ceux qui restent modérés mais tenaces. D'ailleurs, il n’est que d’attendre : tous les régiona. listes sériewx que j'ai connus sont devenus autonomistes, Sauf ceux qui, entre temps, Gtaient tombés dans un bénitier ! ‘Jean-Claude Valla : Je voudrals main tenant m’adresser & Hervé Glot. Vous étes directeur d’une revue qui s'appelle La Nation bretonne, qui est d’ailleurs fort bien faite, mais qui se réclame du «natio- nalisme breton». Vous étes done de coux qui appellent un chat un chat, Btes-vous séparatiste ? Hervé Glot : Je suis d'abord breton, La Bretagne est un pays qui a une histoire, des traditions et une originalité. Toutes ‘choses dont los Francais ont du mal & admettre les conséquences. Nos deux pays n’ont uni leurs destins que depuis quatre cents ans. Et encore la Bretagne est restée autonome jusqu’en.1789 ! Tout cela laisse des traces et m’améne A consi- dérer mon pays comme une nation sans Biat. Je suis done nationaliste breton, ‘Mais je constate que la France et Ia Bro- tagne ont eu des dizaines d'années de vie commune: et que ces années ne peuvent pas, non plus, s’effacer. Méme en me for- cant, je ne ressens aucune haine a l'égard de la France. J'ai simplement ehoisi de me battre pour un mode de gouverne- 13 14 débat ‘ment dans lequel nous puissions vivre cBte & cdte, en conjuguant nos efforts et en respeciant nos diftérences. Jean-Claude Valla : Pour vivre cote & edie, il faut étre un peu séparés... Hervé Glot : La sagesse, pour la Bre tagne, est d’étre bretonne dans le cadre francais, bretonne dans le cadre européen, condition, bien sir, que I’on ne cherche pas & nous contraindre a renoncer a ce que nous sommes. Au-dela des mots, ce que nous cherchons, c'est une identité. Et C'est un «nationaliste francais», Jean Cau, qui écrivait dans L'agonie de’la vieille : «A tout prix, les hommes ont besoin une identité, ils mendient des raisons de vivre, ils quétent leur étre. Comme ils ne sont plus rien, ni en Dieu ni en Homme, ils se déclarent basques, bretons, wallons, flamands, écossais, occidentaux, ukrai niens, moldaves, gabonals, kurdes, bia- frais,’ ete.» Cos divisions sont saines, parce-qu’elles correspondent & des terri- toires. A défaut de celles-i, d'autres divi- sions apparaitront et suivront les fron- tiéres artificielles des classes sociales, des religions ou des ages. Jean-Claude Valla : Le particularisme breton est-il aussi aecusé que le particula- risme corse? Hervé Glot : Avant les événements @Aléria, bien peu de Francais. s'ima inaient’ qu’il puisse y avoir un particu- Tarisme corse, et beaucoup de Corses, eux-mémes, qui se retrouvent aujourd'hui solidaires de ARC, ne s'étaient jamais posé la question. Tis vivaient leur parti- cularisme, sans bien s'en rendre compte. En Bretagne, c'est un peu la méme chose Et comme le pouvoir central accumule les ‘maladresses et semble incapable de com- prendre le mal de I'éme dont souffre la le Ler septembre 1975 4 toute solution séparatist. province, les Bretons prennent de plus en plus conscience de leur identit. Jean-Claude Valla : Vous venez. de par- Jer des maladresses du pouvoir contral. Pouvez-vous en donner quelques exemples ? Hervé Glot : Je vais vous en donner deux, qui peuvent paraitre dérisoires & Paris’ mals qui, chez nous, font Veffet d'une provocation permanente : c'est 4une part le refus du gouvernement fran- ‘ais de reconnaitre le bilinguisme de PPenseignement dans la partie bretonnante du pays, et cst, d’autre part, le maintien du département de la Loire-Atlantique et dde Nantes en dehors de la région de pro- gramme Bretagne. Ce sont des mala- dresses comme celies-ci qui alimentent le ‘mythe national breton dont 'ampleur ne manquera pas de srprendre dans ls pro- ‘Jean-Claude Valla : Peut-on fonder une nation sur un mythe ? Hervé Glot : Avant 4’étre une nation, ou un Etat, la France a d’abord été un mythe. I ne faut pas. sous-estimer les mythes, Pour Instant, le dynamisme bre- ton est plus ou moins canalisé par une sorte de erévolution culturelley qui se réfugie dans la marginalité : c'est le mou- vement des chanteurs, des poétes, des Gcologistes... Ce n'est pas toujours @excellente qualité, mais c'est porteur de mythes, Et quand les mythes deviennent populaires, ils engendrent des coups de sang! Jean-Claude Valla : Vous venez de par- ler des chanteurs. Alan Stivell ait & la derniére féte de Huma. L’approuvez- vous ? Hervé Glot : Pas du tout ! Mais Stivell {ait ce qu'il veut et je constate qu’ila fait, Cisdessus : Edmond Siméoni, chef du «commando» autonomiste Aleria, Pun des chefs de ARC. Aujourd hui en prison. Le 20 octobre, trois mille Corses de la région parisienne 4 sont retrouvés & la Mutualité pour demander sa libération. A gauche : un groupe d’enfants avec l'embléme a téte de Maure, symbole de la Corse, lors du rassemblement de Ghisonaccia, Cicontre le journal de !'ARC, qui continue & parattre ‘comme publication indépendante («Arrittiv, B.P. 7, Bastia) Max Siméoni, frére d’Edmond, a annoneé, pour le mois de novembre, tune journée d'action en Corse et sur le ucontinent». Ta réaffirmé également son hostilité beaucoup pour l'idée bretonne... Jean Mabire: Les chanteurs ne sont pas des hommes politiques. Fort heureu- sement ! Leur comportement n’est pas toujours trés cohérent. Il est sir que Sti- vell aurait mieux fait, ce jour-a, de rester chez, lui, surtout aprés ce qui s'est passé fen Corse ot aprés les réactions du Parti ‘eommuniste (qui ont fait tomber un sacré masque). Derriére Ia facade de ’Union des républiques, nous pouvions encore croire que l’impérialisme rusco-tsariste s'était estompé. L’Humanité est venue & temps nous rappeler qu’un Paris rouge traiterait la Corse, I’Alsace ou la Bretagne comme Moscou ‘traite la Lituanie, la Lettonie ou 'Ukraine, Nous voila. pr. venus ! J'ai ailleurs beaucoup ri lorsque les communistes ont dénoneé la main de Vétranger & propos des événements dAléria, Soutenir que le Dr. Siméoni a ‘mené st campagne avec argent des néo- fascistes du MSI, c'est aussi grotesque que de laccuser d'etre un agent du PSU ou de Septembre noiz, comme on a pu le dire dans Minute. Cela dit, il est asser réjouis- sant de voir enfin ressoudés, pour la ci constance, les jacobins de droite et les jacobins’ de gauche. La sérénade ‘Marchais-Brigneau-Debré vaut son pesant de cacahuétes, soit dit sans allusions cistes aux propagateurs de cet oléa- gineux ! ‘Jean-Claude Valla : Pulsque nous vol revenus au probléme corse, j’simerais sa- voir ce qu’en pense Hervé Giot ? Hervé Glot : Je ne veux pas répéter co qu'a dit Jean Mabire. Jajouteral simple. ‘ment que I'Etat francais a tort lorsqu’ll s'imagine que les problémes politiques de la Corse pourront étre réglés par de Var gent. En Algérie — et sans vouloir pousser débat la comparaison trop loin— le plan de Constantine n’a pas empéché le dévelop- pement de la rébellion. Beaucoup de jeunes et de moins jeunes deviennent au- tonomistes par refus d'une ceriaine so. ciété, dite «libérale», qui n’a pas de projet politique fondamental face aux grands problemes de civilisation, La ot il faudrait audace et Vopiniatreté des grands batisseurs, on ne rencontre que la bonne volonté, mais une bonne raccom- modeuse ne ‘fait pas forcément une grande couturiére, L'Etat francais a laisse Gelore, dans V'enseignement ou dans les mass-media, le dégo0t ot le refus de Ia France. II ne faut done pas s’étonner que certains aillent chercher un idéal ailleurs, Il est frappant de voir la place tenue chez les autonomistes des diverses ethnies par des «nationalistes frangaisy décus. ‘Jean-Claude Valla : C'est le cas, je ‘rois, du Dr. Siméoni. Mais, alors, com- ‘ment expliquer, dans le cas de la Corse, Yéyolution de Fautonomisme vers des po- sitions gauchisantes, voire gauchistes ? Hervé Glot : Le gauchisme fait feu de tous bois. On I’a vu soutenir la revendica- tion poujadiste du CID-UNATI ou re- prendre @ son compte les thémes {ainistes de certaines organisations écolo- sistes. Pour les mouvements régionalistes, ily a un risque évident de récupération, mais je crois que les dirigeants de l'ARC sont conscients du danger. Ils ont, dail: leurs, sous les yeux exemple d'un parti breton de rassemblement, le Strollad Ar Vro (SAV), qui, aprés un démarrage élec- toral et militant tris encourageant, s'est transformé en groupuscule gauchisant, Quil y alt radicalisation de l'ARC, et que cette radicalisation soit le reflet de la croissance de son audience, notamment auprés des jeunes, cest certain, La jou nnesse, meme lorsqu’elle n'est pas gau- chiste, se contente rarement de solutions araisonnables» ! ‘Jean Mabire : Si vous le permettez, je voudrais répondre également la ques- tion de Jean-Claude Valla, et étre encore plus net, Voila plusieurs années déja ‘qu’on agite I’épouvantail gauchiste, mais i my a plus guére que Francois Brigneau pour y eroire vraiment. Il faut tout de méme s‘intéresser aux réalités plutot gu'aux communiqués — soigneusement tiés— du Monde. La pénétration gau chiste, finalement, ne concerne que cer- taines’ organisations bretonnes et oc tanes, et, pour en revenir a la Corse, js 1u un communiqué particuliérement signi fleatif de Lutte oceltane. Ce mouvement, qui est incontestablement gauchiste, a ‘dénoneé weertaines orientations nationa- listes, voire racistes et petites bourgeoises apparues dans l'ARC». Il est de notoriété publique, dans la nébuleuse des mouve- ments régionalistes, que I'ARC se distin- guait justement ‘par son refus du marxisme et par sa volonté constante de faire passer la lutte de libération avant le triomphe du socialisme. De la, la furie des communistes et Ia géne des socialistes ! ‘Jean-Claude Valla : Génés ou non, les socialistes ont tout de méme adhéré au Comité anti-réprossion qui est Iui-méme, semble-il, dirigé par des gauchistes, et qui a regu un appui presque incondition. nel du quotidien d'extréme gauche Libé ration ! iehel Marmin: C'est bien possible u'll y ait dos «gauchistesy a la téte du comité. Ils ont profité de la dissolution de ARC pour occuper les places qu’ils navaient pas réussi & conquérir aupa avant. Quant aux socialites, ils ont effectivement adhéré au comité, Mais ce sont des socialistes corses. C'est-a-dire des socialistes qui, parce qu’lls ont corses, ne sont pas tout a fait les mémes que ceux du continent. A Paris, les socialistes ont préféré manifester leur solidarité aux mili- tants antifranquistes. Jean-Claude Valla : Ce qui me frappe, dans la terminologie de beaucoup de ‘mouvements régionalistes, c'est uti sation qui est souvent faite du mot auto- gestion. Hervé Glot ; Je erois que cela tient davantage & la confusion des mots qu’a Vidéologie. Chacun a son autogestion seeréte : pour les régionalistes, elle est le terme a la mode qui exprime leur désir Folklore traditionnel et folksongs celtiques. Ci-dessus les soeurs Logadec. Cidessous ‘Alan Stivell, que beaucoup de Bretons auraient préféré ne pas voir @ la féte de wLHumnay. Les chantewrs sont é Yavant-garde de la arévolution culturelle» bretonne. Le meilleur et le pire, ‘au service du mythe national breton, autonomic, de self-government. Ca n'a rien a voir avee les théories de la CFD? ou du CERES Jean Mabire : Dans tous les pays, ily a des gons de droite et des gens de gauche, des dirigistes et des libéraux, des arma. teuts et des bergers, des gendarmes et des curés... Il est normal que tous les courants soient représentés au sein d’un mouve- ment autonomiste. Co que refusent les Corses, c'est que leur fle soit un champ clos oi s‘affrontent les partis politiques du continent... La seule riposte a la pénétration gauchiste en milieu auto. nomiste, c'est ce que j'appellerai-le «dur- cissement nationaly de la lutte. En ce sens, Vatitude de l'ARC me parait exem- Plaire. Cela dit, pour en revenir & aspect plus général di probléme, les gauchistes nroccupent que les places laissées vides par les non-marxistes. L'exemple vient de hhaut et de loin. Maurras et Daudet ont tout simplement trahi leur patrie char- nelle au profit de Midée abstraite du na- tionalisme intégral. Derriére eux, toute une droite, sans imagination et sans ra cines, ne pouvait que surenchérir sur le tricolore, sans se rendre compte que Vethnisme demeure la seule réponse au marxisme, Cette droite reste encore pri sonnigre de la «certaine idée de la France», chére au général de Gaulle, apros 15 16 ORGANISONS fA Rea SLANE Poing levé et triskel : embléme du trés gauchiste Stourm Breizh. A droite : une affiche du Parti populaire corse, groupuseule marxiste eréé pour tenter de concurrencer le ‘mouvement des freres Siméoni. En dépit des efforts de Vextréme gauche, le régiona- lisme reste inconciliable avec ia lutte des classes ; il vise en effet a défendre des peuples, non au sens marxiste (peuple (peuple = totalité de la communauté). avoir été au maréchal Pétain.. ‘Michel Marmin : De Gaulle avait tout de méme proposé, en 1969, un projet de réforme régionale qui a été refusé par les Frangais, mais dont le contenu devrait, me semble‘til, vous inciter plus dé ‘nuances lorsque vous évoquez l'idée que le général se faisait de la France. Ce pro- jot, ’allours, était fort intéressant dans la mesure ol de Gaulle y avait joint celui @une réforme du Sénat. Crest-A-dire une Chambre qui, du fait de son mode @lection, a toujours représenté les inté réls des notables. Or, chacun sait que les notables sont la béte noire des régio- nalistes ! Jean Mabire : Je sais. é V'un des chefs du mouvement breton Mordrel, qui a @avant-guerre, avait méme fait voter oui ‘au referendum, ce qui lui a été suffisam- ment reproché... ‘Jean-Claude Valla : N’engageons pas, sur ee point, un débat qui risquerait de nous faire sortir de notre sujet... Il y a lune question que je voudrais poser jean Mabire, puisqu’ll a 6té le plus sévére 4B Végard de la France, Crest celle-ci : Disque tous les régionalistes se déclarent européens, que devient la France dans cette Burope des régions? Bst-elle con- damnée a disparaitre ? Jean Mabire : Tous les régionalistes ne se déclarent pas européens, loin de 1a! (On peut méme établir un clivage tris net entre ceux qui se disent socialistes et ceux ui se disent européens. Ce sont rarement les mémes. Les premiers sont justement gauchistes. Tl a finalement deux espces totalement différentes de régionalistes : les universalistes déguisés qui mettent sur le méme pied de combat: des Basques, des Kurdes et des Toubous ; et les partisans de l'Europe aux cent drapeaux. Je suis bien entendu de ces demiers. Je crois que VBurope doit eréer son unité, tout en respectant sa diversi... classe ouvriére), mais au sens le meilleur Jean-Claude Valla : Mals que devient la France dans votre Europe aux cent dra eaux’? Jean Mabire : L’Etat francais va perdre de son pouvoir par les deux bouts : ce qui ne sera pas grignoté par les régions, sera happé par I'Burope. Economiquement, militairement et politiquement, la France va perdre une partie de son indépendance. (Crest une évolution néeessaire. Nous par- lions tout & Pheure de séparatisme. Bh ben, je crois qu'il est temps que la nee, par rapport a l'Europe, évolue du séparatisme 4 'autonomisme, tandis que les régions évolueront. du régionalisme & Vautonomisme. Le role des. vieilles nations est, & mon sens, d’ordre plus cul- tturel que politique. L’Btat francais par- viendrait a sauver Ia civilisation francaise que ce ne serait déja pas si mal ! Michel Marmin : Tout ceci me parait un peu fumeux.. Jaurais aimé que Jean Mabire réponde clairement a la ques: tion... quitte @ appeler un chat un chat ! Jean-Claude Valla : C’était une réponse de Normand... Michel Marmin : Moi, ce qui me parait grave, c'est que l'on envoie la France au. Fencart sous prétexte qu’elle a opprimé certaines cultures minoritaires & la péri- pphérie de son terzitoire. Je reconnais cette oppression et, comme Jean Mabire et Hervé Glot, je la déplore, Mais cela me parait insuffisant pour effacer la France ‘Au profit de quoi? D'une Europe aux cent drapeaux qui n'est peut-tire qu'une dangereuse utopie ? Il y a des régions trés personnalisées et d'autres qui le sont ‘moins, Ce qui pourrait étre valable pour les unes, ne Vest pas foreément pour les autres.... PlutOt que de supprimer Ia France ou de la reléguer au role de gar- lenne de musée, mieux vaudrait songer & la régionaliser et, peut-éire, accorder un statut spécial A certaines minorités ethniques car on ne peut pas, non plus, proposer une réforme d'ensemble qui ne Conviendrait qu’ quelques as part Jean Mabire : Je ne suis pas du tout accord. Tl n'y a rien de plus dangereux aque les statuts particulies. Cela eonsiste ait. privilgier certaines minorités. en Teur accordant ce que Yon refuserait & autres. Crest co que j'appelle la loi du tout ou rien, En Algérie il y avait une solution possible, mais qui demandait un peu dimagination: exéor une France fédérale dont chaque composante aurat, ppu trouver a solution a ses problémes. On a prétéré larguer quelques départe- ments de la «France une et indivisible», pour pouvoir poursuivre plus que jamais Ia politique d’autoritarisme, de ceniralisa- tion et de technocratisme sur ce qui restait. Aujourd’hui, certains Francals sont préts & wbrader» la Corse plutot que @'accepter V'autonomie dont la contagion pourzalt sétendre en Bretagne ou en Nor Tandie. Il n'existe pas de peuples pr 16s dans 'hexagone, des gens wintéres- sants», paree quis. parlent une langue particuliere ou parce qu'il prolongent sur hotre sol une ethnie voisine. Tl y a des peuples qui souffrent tous de la central- sation, de Passimilation et de la décultu- ration, Ceux qui semblent les moins touchés sont justement les plus atteints ! Michel Marmin : Ils sont. tellement atteints, quis sont morts et qu'on ne les ressusciiera pas. Je veux bien que Von parle de peuple breton, de peuple basque 6u de peuple corse, mais, je suis désol, il n'y a pas —il n'y a plus— de peuple auvergnat, de peuple picard ou de peuple ourguignon. Quant au peuple occitan dont on no cesse de nous rebattre les orcilles, il na jamais existé. Je viens de lire un livre fort interessant de M. Louis Bayle : Procés de loceltanisme (1). Bayle, rassurez-vous, nest pas un jacobin 5 i ditt. ge une revue régionaliste provencale, EAstrado, Son livre démonire assez bien la supercherie du. mouvement occitan LOecitanie, ou ee que Yon désigne sou ent abusivement sous ee vocable, est composante de la Franee. Enfantée dans le sang au croisement des antagonismes européens, Ia France’n’est pas une mais plurielle. Gest évident, elle est contrastée et méme assez violemment contradictoire, historique en somme, et c'est & cela réme que tiennent son génie et sa vitali- {é. La France, c'est la France du nord et la France du sud, c'est la France d’ofl et la France d'oc, et dauires peut-ére en- core, Ce n'est en tout cas pas seulement Tle de France, la doulce France, comme certain réductionnisme historique vou- drait le faire accroire. D'autant que la malheureuse Tle de France esten passe de (1) Louis Bayle «Procés de Voccita- hisme», coll. Felibrige, éditions de L’Astrado (2 rue Vincent-Allegre, 83100 Toulon). 1975. 21 F. débat devenir la moins francaise des régions de Franee. Jean Mabire : Je n'ai pas une opinion trés arrétée sur le probléme oceitan, J’ lu dans Le Monde un écho sur une pol mique @ cé Sujet, que nos braves journa- listes parisiens ont intitulé : Les enfants de papa d’oc. Que les douze millions Occitans soient trds disparates, c'est bien possible, mais c'est leur affaire, et pas la mienne. On a bien connu une na- tion qui allait naguére de Dunkerque a ‘Tamanrasset. Celle-ci, aussi, était bien un peu disparate! Le ‘probléme, je erois, ‘’est pas tant la réalité de V'Oceitanie que la force de V'oceitanisme. Peu importe que POccitanie soit un mythe. Tout est mythe tant que des hommes ne prennent pas un fusil pour l'inearner. Comme si hexa- gone n’avait pas été, d’abord, un mythe. Bt une volonté, Michel Marmin : On ne ressuscite pas les morts, méme a coups de fusils ! Je prendrai un exemple, qui est celui de Pirlande. Les combaitants de l'Armée républicaine irlandaise se sont battus héroiquement. Ils ont apparemment ga- sgné, puisqu'lls ont obtenu l'indépendance politique de leur patrie, Il n'empéche que la culture irlandalse, rendue a sa liberté, semble avoir connu une véritable régres. sion. En tout cas, elle n'a pas connu de nouveau développement. En France, vous auriez beau détruire I'Btat franctis et donner T'indépendanee & la Normandie, yous ne pourriez pas empécher que la Normandie soit de culture francaise, Qu’il ¥ alt par ailleurs des cultures opprimées, je veux bien et je suis accord pour quon leur redonne leur liberté, mais Yalmerais que Von me démontre que ces cultures n’ont rien de commun avec la culture francaise, et qu’inversement, la richesse de la culture francaise ne procéde pas de la substance des cultures qu'elle a dominées sinon absorbées. Jean-Claude Valla: Je vois que Jean Mabire n’est pas du tout d’accord. Je ‘als lui laisser la parole, mais sur un autre sujet, car nous sommes tenus par le temps. Tl y a, en effet, une question que nous n’avons’ pas encore abordée et qui me parait trés importante : Vhistoire ne cconnait que des vainqueurs et des vaincus. Les cultures ne sont pas immuables. Le régionalisme n’estil pas, d'une certaine {fagon, un rousseauisme ? ‘Jean Mabire : Je n’étais effectivement pas accord avec Michel Marmin qui a ‘mal posé le probléme des cultures régio- nales et qui, de sureroft, a voulu me faire passer pour ce que je ne suis pas, & savoir lun adversaire de Ia culture frangaise. ‘aurais aimer préciser ma pensée, mais ii me faut répondre a votre question : il est bien évident que [histoire n'est ni immuable, ni statique, qu'elle n’est ni bonne ni mauvaise, Celui qui gagne a rai son. Tous ees Bretons ou ces Occitans qui gémissent parce qu’on leur a fait du tort, me donnent envie de vomir. Ce sont ailleurs tous des chrétiens ou des mar- xistes, c'est-A-dire de la méme engeance de pleurnicheurs messianiques devant un perpétuel mur des lamentations. $'ils ont requ une belle branlée, tant pis pour eux. Is ravaient qu’a mioux se battre. Je Vai dit au début : la Corse va se libérer parce qu’elle a tué dos gondarmes, mais ’Occi- tanie ne va pas fatalement en faire autant parce qu’on lui a naguére brilé ses Ca- thares. La, je préfére Nietzsche Proudhon. " Avant-guerre, il y avait Karl Roos en Alsace, Jean-Marie Gantois en Flandre, Olier Mordrel en Bretagne, Petru Rocea en Corse. De saerés bonshommes qui ne gémissaient pas, saut ce qu'il fallait pour émouvoir les bigotes & qui on demandait des bulletins de vote Aujourd’hui, c'est différent. Par chance, il ya les fréres Siméoni. Les Corses, ce ne sont pas des rigolos... On en revient & cette affirmation évidente: la vie est conflit. Mais od est la force ? Du cdté de la France qui est incapable de surmonter ses defaites, ou du cdté de ces «petits peuples qui se révellent ? L'histoire a rouvé que la force était, en Algérie, du 66 du FLN, comme elle Pest ‘au- jourd’hui, en Corse, du c6té de I"ARC. Si la France était capable de juguler les auto- nnomistes, cela se saurait ! C'est parce que je crols & la force, a la force éternelle et tellurique, que je crois & Siméoni plutot qu’ Chirac. La France n’est plus eapable de se faire respecter ni aimer. Ble ne eroit plus en elle, Je n’y peux rien, c'est ainsi Nous payons enfin le prix de nos guerres eiviles, Les Francais se sont assez dénon- és la Gestapo, puis aux Fifis; ils ont assez joué au SAC ou a OAS, Quils ccontinuent maintenant & jouer leur petit jou pipé gauche-droite, Mitterand-Giscard, paille-foin.... mais quills foutent In paix aux autres. On ne les empéchera pas de ‘mourir tranquilles, Jean-Claude Valla : meme ! Jean Mabire: Attendez, je n'ai pas tout fait fink... La force de la France, ce n’était pas seulement un principe. Cait tune fidelité. La fidélité des matelots bre- tons, des tirailleurs algétiens, des fone- tionnaires corses, ete. L'Etat francais vivait de leur courage, de leur réve, de leur civisme. Il les a dégus, et ce ne sont pas les CRS, qui ont prévenu quills ne voulaient pas mourir pour la France, qui leur redonneront confiance ! Hervé Glot: Je suis entiérement accord avec Jean Mabire. Nous ne sommes pas des rousseauistes et nous sa vons trés blen que histoire n'a que le sens que lui impriment les hommes de volonté. Nous avons 616 battus par la France, il y a quelques siécles ? Soit. Mais les victoires ne sont jamais acquises ‘Merci quand Cicontre : le journal autonomiste alsacien-lorrain du Dr. Marcel Iffrig. En couverture, la photo du Dr. Karl Roos, fondateur en 1927 du Landespartei, {fusillé par les Francais le février 1940, 4a ge de 61 ans. Cisdessous : une classe maternelle dans lune des dix-huit ikastolas du Pays basque nord (francais) Quatre cents enfants, de 2 & 6 an ‘AN FRANKREICHS HANDEN KLEBT ELSASSISCHES BLUT sont inserits dans ces écoles privées ou enseignement est fait en langue basque. Cette année, deux ikastolas rimaires vont s‘ouvrir & Anglet et a SaintsJean-de-Luz. Le francais y sera enseigné de facon progressive afin que les enfants arrivent au méme niveau que ceux de léeole francaise

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