MÉTHODOLOGIE
DE LA
RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
POUR LES ORGANISATIONS
DE LA SOCIÉTÉ CIVILE
Réponses
pratiques à des
MÉTHODOLOGIE
DE LA
RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
POUR LES ORGANISATIONS
DE LA SOCIÉTÉ CIVILE
Réponses
pratiques à des
questions essentielles
TABLE DES MATIÈRES
1. Introduction 3
2. Qu’est-ce que la recherche en sciences sociales ? 4
Qu’est-ce que la connaissance scientifique ? 5
Fonctions et objectifs de la recherche scientifique 6
Caractéristiques des connaissances scientifiques 6
Étapes de la recherche scientifique 7
Objectivité et subjectivité 9
Ethique de la recherche scientifique 10
Recherche scientifique dans les zones de conflit et de guerre 13
3. Quelle est la méthodologie de la recherche scientifique ? 15
Déterminer la méthodologie de recherche 15
La recherche quantitative comparée à la recherche qualitative 15
Triangulation 16
L’évaluation du comportement comparée à celle des attitudes 16
Utilisation de sources secondaires 17
La démarche comparative 17
Étude de cas 18
Echantillonnage 19
Types d’échantillons 19
Étapes d’examen de l’échantillon 22
Déterminer le nombre approprié d’échantillons 22
4. Qu’est-ce que la recherche qualitative ? 24
Caractéristiques de la recherche qualitative 24
Stratégies de recherche qualitative : une étude de cas 24
Méthodes de collecte d’informations dans la recherche qualitative 25
Rédaction des questionnaires d’entretien ou d’enquête 27
L’analyse des données 30
Erreurs courantes dans la formulation des résultats 33
de recherche qualitative
5. Qu’est-ce que la recherche quantitative ?__________________34
Caractéristiques de la recherche quantitative___________________34
Quelles sont les hypothèses de recherche ?____________________34
Quels sont les avantages des hypothèses ?___________________35
L’hypothèse nulle et l’hypothèse alternative____________________35
Caractéristiques des hypothèses________________________________36
Variable quantitative et variable qualitative 37
Statistiques descriptives ou inférentielles_______________________38
6. Comment analyser les données quantitatives ? 39
Les conditions de la causalité 39
7. Comment la recherche scientifique est-elle_________________41
rédigée et publiée ?
Déterminer le produit final 41
Méthode scientifique et méthodologique de formulation 41
Respecter les règles de citation, d’attribution____________________42
et de documentation
Structure du rapport / de la recherche 42
Références____________________________________________________46
INTRODUCTION
1. Introduction
La méthodologie scientifique constitue l’épine dorsale de toute recherche en
sciences sociales qui vise à produire des connaissances ou aspire à observer et à
comprendre les comportements ainsi que les changements sociaux et politiques.
Les études scientifiques jouent aussi un rôle fondamental dans la planification
gouvernementale et l’organisation des institutions et peuvent être une source
d’informations importante pour le travail des partis politiques, des organisations
non gouvernementales, des syndicats et de la société civile en général. Il est
par conséquent important d’adopter une méthodologie scientifique dans toute
recherche visant à comprendre la société et à développer des politiques, des
programmes ou des projets afin d’apporter un développement ou un
changement positif dans les sociétés.
Ce guide vise à aider les activistes de la sphère publique à réaliser des études
scientifiques qui les aident à définir les priorités, à planifier leurs projets et à
proposer des solutions et alternatives possibles. Le travail de recherche sociale
est très similaire au travail médical car il commence par diagnostiquer le cas en
suivant des méthodes scientifiques systématiques, puis passe à l’identification
des causes et à la compréhension des interactions, pour enfin trouver des
solutions et prescrire les traitements disponibles.
Par conséquent, ce guide constitue une introduction à la compréhension du
processus de recherche scientifique et à son utilisation dans le travail d’intérêt
public. Le guide est divisé en cinq sections couvrant les aspects essentiels des
méthodologies de la recherche scientifique.
Le guide commence par définir la recherche en sciences sociales, ainsi que les
fonctions et les objectifs de la recherche scientifique, puis il aborde les étapes de
la recherche et traite le thème de la subjectivité et de l’objectivité dans la
recherche. Cette section s’intéresse également à l’éthique de la recherche
scientifique et met en particulier en évidence la possibilité de recherche scientifique
dans les zones de conflit et de guerre. Dans sa deuxième section, le guide présente
les méthodologies de la recherche scientifique, compare la recherche
quantitative avec la recherche qualitative et énumère les meilleurs types
d’échantillons et de méthodes de sélection pour la recherche. Quant aux deux
sections suivantes, à savoir la troisième et la quatrième, elles passent en revue à
la fois la recherche qualitative (dans la troisième section) et la recherche
quantitative (dans la quatrième section). Elles indiquent aussi comment analyser les
données et faire la distinction entre corrélation et causalité. Enfin, la cinquième
section traite du thème des méthodes de rédaction de la recherche
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FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
scientifique. SCIENTIFIQUE
Il est nécessaire de souligner que ce guide constitue une introduction aux sujets
de base de la méthodologie de la recherche scientifique, mais que la maîtrise de
ces méthodologies nécessite une connaissance plus approfondie de la
méthodologie spécifique utilisée dans la recherche ainsi qu’une expérience
scientifique à même de permettre l’acquisition des compétences pour le
chercheur ou la chercheuse.
4
INTRODUCTION
2. Qu’est-ce que la
recherche en sciences
sociales ?
La recherche scientifique académique repose sur le recours systématique à
des méthwodes et procédures spécifiques pour obtenir des informations ou
pour révéler les relations entre les variables de la société. La recherche
scientifique vise à mettre en lumière de nouvelles informations ou à en vérifier
d’anciennes afin d’augmenter ou de vérifier les connaissances. Par conséquent,
la recherche scientifique repose sur l’examen d’hypothèses afin de
comprendre ou d’analyser un phénomène donné au sein de la société.
La connaissance scientifique est une connaissance organisée, soumise à des
règles et des principes méthodologiques, à laquelle nous ne pouvons accéder
sans suivre ces principes et y adhérer. Par conséquent, nous constatons que les
connaissances scientifiques diffèrent dans de nombreux cas des analyses et des
idées qui prévalent dans la société car les travaux de recherche s’efforcent
d’approfondir le sujet, de collecter des informations objectives et de les
analyser en dehors des idées préconçues, des analyses étroites et des
stéréotypes.
Le sociologue Anthony Giddens (2013 : 38) décrit le processus de recherche
en sociologie, comme dans d’autres sciences, comme « l’art du possible ».
Cette description est basée sur la prise de conscience que la connaissance
scientifique est soumise à des barrières morales et à des conditions d’accès
direct à l’information. Toutes les informations ne sont pas disponibles pour le
chercheur ou la chercheuse et toutes les méthodes de recherche ne sont
pas possibles et acceptables au regard du respect de l’éthique de la
recherche scientifique. Par exemple, si le chercheur/la chercheuse s’intéresse
aux motifs qui poussent certaines personnes à se suicider, l’idéal serait de
5
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
parler à des personnes qui se seraient suicidées si cela était possible. Or ce
SCIENTIFIQUE
n’est pas possible car elles sont mortes. Alors dans ce cas, le chercheur/la
chercheuse recourt à des méthodes alternatives qui peuvent le rapprocher
le plus possible de l’information, telles que des entretiens avec la famille ou les
[Link] du suicide, etc.
6
QU’EST-CE QUE LA RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES ?
Qu’est-ce que la connaissance scientifique ?
Les scientifiques disent souvent qu’ils ne parlent pas sans fondement mais
s’appuient sur des faits certains. Ils entendent dire par là que les
connaissances scientifiques qu’ils avancent ne viennent pas du néant, mais
sont plutôt bâties sur la base de théories existantes et d’études
antérieures. Les études scientifiques sélectionnent les théories en
rassemblant et en analysant des données et des preuves, puis en
reformulant les théories en fonction des résultats de l’analyse des nouvelles
informations et données. Ainsi les connaissances s’accumulent et la science
progresse. Certaines hypothèses sont donc exclues, tandis que d’autres
sont examinées pour s’assurer de leur capacité à expliquer certains
phénomènes de société.
Examen de la théorie
Le théorique Les données
L’analyse des données
En ce sens, la connaissance scientifique est un savoir fondé sur
l’interprétation de la société qui s s’appuie sur des preuves et des données
matérielles et objectives dans un cadre théorique spécifique. Les études
théoriques qui traitent des idées et des opinions sans les étayer par des
preuves et des données ne sont pas considérées comme « scientifiques ».
Les études qui collectent des statistiques et des preuves sans les
interpréter et analyser systématiquement les données ne sont pas non plus
considérées comme des études
5
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
« scientifiques » parce SCIENTIFIQUE
que l’interprétation et l'analyse scientifiques font
défaut. On peut donc dire que la connaissance scientifique se situe au point
de jonction de la théorie et de la pratique.
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QU’EST-CE QUE LA RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES ?
Fonctions et objectifs
de la recherche scientifique
La recherche scientifique peut comporter six fonctions ou objectifs principaux :
• Diagnostic : Le diagnostic est l’une des fonctions les plus
importantes de toute recherche scientifique car la caractérisation de la
population étudiée et le diagnostic du phénomène sur lequel se
concentre la recherche est la première étape, voire la plus importante,
de la recherche scientifique.
• Exploration : L’une des fonctions de la recherche scientifique est également
de rechercher des informations, d’explorer des faits et de recueillir des
preuves et des données.
• Interprétation : Basée sur le diagnostic et l’exploration,
l’interprétation est le troisième objectif de la recherche scientifique.
Déterminer un phénomène ou un modèle dans la société et rechercher
des informations suffisantes pour le comprendre amènent le
chercheur/la chercheuse à fournir une interprétation ou une analyse
précise du phénomène étudié.
• Prévision : La prédiction ou l’extrapolation est la cible de nombreuses
études scientifiques qui surveillent l’évolution temporelle des
phénomènes sociaux ou celles qui étudient les relations entre différents
facteurs de la société et l’étendue de leur influence les uns sur les
autres. Dans ces cas, la prévision scientifique est basée sur l’étude des
modèles sociaux et l’observation stricte des phénomènes et des
comportements dans la société.
• Contrôle : En raison de la nature du travail de recherche et de sa
capacité à détecter des modèles sociaux ainsi qu’à prédire sur la base
des données et des informations du groupe d’une manière scientifique
précise, le contrôle, la maîtrise et la planification deviennent des
fonctions de base de la recherche scientifique.
• Archivage : Enfin, la sixième fonction de la recherche scientifique est
de créer une banque de données et des archives de données dont
d’autres chercheurs peuvent bénéficier.
Caractéristiques
des connaissances scientifiques
Il existe six caractéristiques de la connaissance scientifique, à savoir :
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FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
• L’accumulation : SCIENTIFIQUE
La recherche scientifique ne part pas de zéro mais
bénéficie plutôt de ce qui a été précédemment publié dans son
domaine. Elle apporte une alternative ou une nouveauté, ou encore
prouve des connaissances antérieures. C’est ainsi que les
connaissances scientifiques augmentent et s’accumulent avec chaque
nouvelle recherche ajoutée à la littérature scientifique.
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QU’EST-CE QUE LA RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES ?
• L’organisation : La connaissance scientifique est une connaissance
organisée et systématique qui peut être évaluée avec des preuves qui
soient claires et spécifiques.
• La causalité : La causalité est une question complexe en sciences
sociales, et il convient de vérifier qu’il existe une relation causale et pas
seulement une corrélation entre deux variables.
• La précision : Précision dans le choix de la méthodologie de la
recherche scientifique et dans l’utilisation des termes et concepts.
• L’objectivité : Le chercheur/la chercheuse doit être neutre, faire
abstraction autant que possible de lui/elle-même, et étudier les faits et
les données tels qu’ils sont en réalité.
• La généralisation : La généralisation n’est possible que si
l’échantillon est représentatif. Ainsi, les résultats d’une recherche
qualitative ne peuvent pas être généralisés car l’échantillon est
souvent de petite taille et non représentatif.
Chacune de ces caractéristiques sera examinée plus largement dans les sections suivantes.
Étapes de la recherche scientifique
La recherche scientifique comprend huit étapes :
Étape de sélection du sujet
Étape de lecture et de recherche de sources et de
références
Étape de définition de la question et des hypothèses
Étape de sélection de la méthode de recherche
Étape de préparation à la recherche sur le terrain
Étape de collecte des informations
Étape d’analyse des informations
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Étape de rédaction et de publication
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
• Étape de sélection du sujet :
La recherche scientifique
commence par la sélection d'un sujet. Habituellement, ce choix
résulte d'un intérêt personnel pour un sujet spécifique, ou d'un
changement de société, ou encore de l'intérêt du bailleur de fonds
pour un sujet spécifique, ou enfin de la disponibilité de nouvelles
informations (comme Wikileaks). La motivation pour la recherche peut
avoir une raison politique. Comme le sujet de recherche est
d’habitude général et vaste, il est nécessaire de définir un angle
spécifique pour la recherche et de passer du sujet à la question de la
recherche.
• Étape de définition de la question et des hypothèses :
La question et les hypothèses de recherche sont déterminées sur la
base de lectures préalables et d’une réflexion. La question de
recherche doit être claire, précise et il doit être possible d’y répondre.
Les hypothèses doivent être spécifiques, vérifiables et réversibles. Il
existe quatre types de questions de recherche : la question descriptive,
la question comparative, la question évolutive et la question théorique.
Plus d’une question peut être incluse dans une recherche.
Types de questions de recherche
Les résultats des filles
Qu’est ce qui aux examens en pays
Question descriptive
s’est passé ? X sont- ils meilleurs
que ceux des garçons
?
Est-ce que cela s’est
passé ailleurs ? Cela s’est-il
Question comparative
produit dans
d’autres pays ?
Est-ce que cela s’est Cela s’est-il produit
Question évolutive
passé à travers le avant ?
temps ? Pourquoi les résultats
des filles aux
Question théorique
Pourquoi cela examens sont
s’est-il passé ? meilleurs que ceux
des garçons ?
• Étape de sélection de la méthode de recherche : Cette étape
1
0
QU’EST-CE QUE LA RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES ?
comprend le choix de la méthodologie qualitative ou quantitative en
fonction de la question posée ainsi que la répartition des thèmes
principaux et sous-thèmes sur des fondements et des critères clairs.,
Une structure est construite à ce stade également pour la recherche et
la classification des informations (assignation de titres principaux, sous-
titres et titres partiels : parties, sections, chapitres, branches, etc.).
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1
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
• Étape de préparation à la recherche de terrain : Cette étape
comprend la sélection de l’échantillon et la rédaction du questionnaire
(recherche quantitative) ou la préparation des questions de recherche
(recherche qualitative). C’est à ce moment qu’il convient de réfléchir à
des plans alternatifs, travailler en réseau et contacter des personnes qui
peuvent faciliter la recherche et aider à atteindre l’échantillon souhaité.
• Étape de collecte d’informations : La recherche sur le terrain
commence alors ; le chercheur/la chercheuse collecte des informations
selon la méthodologie utilisée et ce dans le cadre de l’éthique de la
recherche scientifique convenue.
• Étape d’analyse des informations : A l’issue de sa recherche
sur le terrain, le chercheur/la chercheuse se retrouve au milieu d’une
pléthore d’informations. Alors que doit-il/elle faire ? La première étape
consiste à passer au crible les informations obtenues, en donnant la
priorité aux sources originales, en scrutant les informations fiables de
plus d’une source et en se concentrant sur les références les plus
récentes, que ce soit pour leurs statistiques, leurs chiffres, ou leur
documentation. Ce faisant il/elle devra écarter les informations qui ne
sont pas directement liées au sujet de recherche afin de ne pas prendre
de direction erronée et de gagner du temps et des efforts. Certains
programmes peuvent être utilisés pour l’analyse scientifique. Ainsi :
• Pour la recherche quantitative, on peut utiliser Excel, SPSS, STATA, Matlab
• Pour la recherche qualitative, on peut utiliser Nvivo, MAxQDA, Atlas
• Étape de rédaction et de publication : Il existe certaines
méthodes de formulation et d’édition des résultats de l’étude et certains
moyens de diffusion des travaux de recherche scientifique.
Objectivité et subjectivité
La subjectivité et l’objectivité ont été parmi les sujets qui ont suscité de vifs
débats parmi les chercheurs/chercheuses au tournant du XXe siècle. Malgré
le désir d’impartialité et d’objectivité totales dans la recherche scientifique,
les sociologues admettent qu’il est très difficile d’éliminer complètement la
subjectivité ; De ce fait, une distinction est faite entre l’objectivité
scientifique et la recherche subjective.
L’objectivité scientifique consiste à restreindre le chercheur/la chercheuse à la
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QU’EST-CE QUE LA RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES ?
méthodologie scientifique de la recherche. Il doit collecter des données et les
traiter telles quelles, et sans modification, en fonction des opinions ou
penchants En ce sens, l’objectivité consiste à ne
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FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
pas inclure les opinions et les points de vue du chercheur/de la chercheuse
dans le processus de recherche qui doit suivre les règles qui lui sont
spécifiques. Quant à la subjectivité, c’est le facteur humain dans l’étude, car
le chercheur/la chercheuse est un être humain et a des tendances
personnelles, des croyances et des opinions qui peuvent être une
motivation première pour choisir un sujet de recherche ou pour choisir un
cadre théorique d’analyse et d’interprétation. Par conséquent, les
chercheurs/chercheuses s’efforcent de réduire leur subjectivité et de faire
preuve du plus d’objectivité possible pour aborder la question de recherche
mais il reste toujours une marge de subjectivité dans le choix du sujet et la
rédaction de l’étude.
Par conséquent, une distinction peut être faite entre l’objectivité de la méthode
de recherche et l’objectivité de la rédaction de la recherche. L’objectivité de
la méthode scientifique est l’une des caractéristiques les plus importantes et
l’une des constantes fondamentales de tout travail de recherche sérieux qui
aspire à présenter de nouvelles connaissances scientifiques. Quant à la
subjectivité de l’écriture, elle se limite au style de l’écrivain.e, aux sujets sur
lesquels il/elle choisit de se concentrer et à la manière d’interpréter les
indices et les données. La subjectivité peut être contrôlée et réduite en
clarifiant les limites et en en discutant dans le cadre de la méthodologie. La
possibilité de subjectivité dans la rédaction de l’étude n’exclut pas que des
limites et des méthodes spécifiques soient requises pour la rédaction de la
recherche scientifique qui nécessite l’utilisation d’une terminologie précise
et d’analyses systématiques, en écartant toute pensée et opinion qui ne sont
basées sur des données et analyses scientifiques.
La subjectivité peut être réduite par la présence de plus d’un chercheur
dans le projet de recherche ou en sollicitant l’aide de chercheurs/chercheuses
et de collègues afin qu’ils lisent la recherche et fassent des observations sur la
méthode de traitement du sujet et de rédaction de l’étude. Il est également
important que le chercheur ou la chercheuse se forme à toujours se poser la
question inverse : pourquoi pas ? Les efforts fournis par le chercheur/la chercheuse
pour aborder la question sous différents points de vue et de l’extraire du
domaine privé, qui est affecté par ses opinions et ses penchants, peut
grandement aider à réduire la subjectivité et à renforcer l’argumentation et
l’analyse du chercheur/de la chercheuse.
Éthique de la recherche scientifique
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QU’EST-CE QUE LA RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES ?
Le premier objectif de tout.e chercheur/chercheuse est d’obtenir des informations et
des données. Or toutes les méthodes d’obtention d’informations ne sont pas
légales et éthiques. L’éthique de la recherche scientifique exige le respect de la
vie privée des [Link] à la recherche, la préservation de leurs droits et le
respect de leurs opinions, ainsi que la préservation de la sécurité des [Link]
et du chercheur/de la chercheuse, et ce à n’importe quel prix ! Il est vrai que
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FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
l’éthique de la recherche scientifique limite souvent l’accès à l’information.
Cependant, la recherche scientifique s’accorde aujourd’hui à donner la priorité
au respect de l’éthique de la recherche, même au détriment de l’accès à
l’information.
Cet aspect a émergé à la suite de l’étude publiée par Laud Humphreys
(Humphreys 1970)1. Dans cette étude, Humphreys a pu étudier des aspects
importants du comportement des hommes dans les toilettes publiques et la
relation entre la sexualité et le genre aux États- Unis en observant les
usagers des toilettes publiques en Louisiane et en collectant des
informations importantes et nouvelles qu’il aurait été impossible de
collecter par d’autres moyens. Cette étude a toutefois déclenché un grand débat
dans les cercles académiques car le chercheur observait les gens à leur insu et
sans leur consentement ; ce qui était considéré comme une violation claire et
flagrante de leur vie privée.
Il y a débat concernant la dégradation de la qualité de la recherche lorsque les
[Link] savent qu’ils sont surveillé.es car la plupart des comportements
humains changent lorsqu’ils/ elles se rendent compte qu’ils/elles sont
observé.es. Les informations que le chercheur/la chercheuse obtient ou «
arrache » lorsque les [Link] ne savent pas qu’il/elle les observe
sont beaucoup plus riches que les informations recueillies « de manière éthique
». Cependant, il y a un coût moral considérable à ne pas informer et obtenir
le consentement des personnes surveillées car il y a atteinte à leur intimité et
à leur vie privée, ce qui peut leur nuire lorsque l’étude est publiée.
Par conséquent, afin de préserver le respect des droits des individus et groupes qui
participent aux études scientifiques, nous ne pouvons aujourd’hui faire aucun
travail de recherche qui ne respecte pas les règles de l’éthique de la
recherche mentionnée ci-dessous :
• Honnêteté : Le chercheur/la chercheuse doit être honnête et clair.e
avec les [Link] à la recherche. Il/elle doit leur expliquer la
recherche et son objectif et leur donner accès aux informations de
base qui constituent le fondement de sa recherche. Le chercheur/la
chercheuse doit également être honnête avec ses lecteurs/ lectrices en
transférant des informations de manière honnête et véridique sans falsifier
aucune information ou compléter des informations partielles basées sur
des théories antérieures ou ses opinions personnelles.
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QU’EST-CE QUE LA RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES ?
• Anonymat : L’une des conditions de base pour respecter l’éthique de
la recherche scientifique est de protéger l’identité des [Link] à
la recherche en ne donnant pas leur vrai nom ou en n’utilisant pas
d’indices qui pourraient conduire à révéler leur véritable identité.
1 Pour plus d'informations sur le thème de l'éthique de la recherche scientifique, voir Homan (1991).
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FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
• Confidentialité : La question de la vie privée concerne la protection des
données que le chercheur/la chercheuse a collectées pendant la période de
recherche. Les données contiennent de nombreuses informations privées et
précises. Le chercheur/la chercheuse doit garantir la confidentialité des
informations et les conserver dans un endroit sûr de sorte que personne
ne puisse y accéder ou y consulter les données. Habituellement, les
informations sont détruites une fois la recherche terminée, surtout si
elles contiennent des informations confidentielles et sensibles.
• Confiance : Le chercheur/la chercheuse doit essayer de construire
une relation de confiance avec les participants à la recherche afin
d’obtenir une plus grande coopération et des résultats plus précis et
crédibles. Ainsi, lorsque le/la participant.e fait confiance au chercheur/à la
chercheuse, il/elle est généralement plus généreux/généreuse, franc/
franche et précis.e dans ses réponses et ses informations.
• Consentement : Le chercheur/la chercheuse doit toujours s’assurer
d’obtenir le consentement des [Link] avant de commencer tout
travail de recherche sur le terrain. Le consentement est généralement
écrit en demandant au participant/à la participante de signer une
déclaration de consentement pour participer à la recherche. Cette
déclaration comprend une explication claire du but de l’étude et de ce qu’elle
exigera du/de la participant.e. De plus, cette déclaration doit expliquer au/à
la participant.e quels sont ses droits pendant et après l’étude. Le
chercheur/la chercheuse ne doit, à aucun stade de la recherche, utiliser la
méthode de l’intimidation pour obtenir des informations ou pour faire
pression sur le/la participant.e pour qu’il/elle ne se retire pas de la
recherche.
• Retrait : Le retrait est considéré comme l’un des droits les plus importants
des participant. es à toute recherche scientifique. Le temps que le/la
participant.e consacre à la recherche relève de sa décision personnelle,
d’autant plus que la plupart des [Link] à l’étude sont
généralement des volontaires. Le consentement à participer à la recherche
ne garantit pas que le/la participant.e restera jusqu’à la fin et le retrait
est un droit que le chercheur/la chercheuse doit respecter. Par
conséquent, il est toujours conseillé au chercheur/à la chercheuse d’essayer
d’atteindre le plus grand nombre possible d’individus dans l’échantillon en
s’assurant que son étude couvre un groupe d’individus suffisant car il est
attendu que certains des [Link] se retireront pendant la
recherche.
• Enregistrement audio ou photographie : Le chercheur/la
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QU’EST-CE QUE LA RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES ?
chercheuse n’a pas le droit d’enregistrer des voix ou de prendre des
photos ou des vidéos sans que les [Link] ne soient informés et
consentants. Il n’est pas correct que le chercheur/ la chercheuse
demande le consentement du/de la participant.e après avoir terminé
l’enregistrement ou pris la photographie, car l’approbation doit toujours
avoir lieu avant de commencer la recherche.
• Tromperie ou faux espoirs : Dans de nombreux cas, les [Link]
à la recherche pensent que leur participation leur permettra d’améliorer
leurs conditions de vie. Par
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FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
conséquent, le chercheur/la chercheuse doit s’assurer qu’aucun faux espoir ou
promesse ne se fasse en dehors du cadre de la recherche. Si la participation à
la recherche comprend une compensation financière pour le temps
consacré, le chercheur/la chercheuse doit souligner que celle-ci n’est pas
liée aux résultats de la recherche. Il a été observé que les [Link] qui
reçoivent une allocation en espèces pour leur contribution ont tendance à
donner des réponses qui, selon eux/elles, satisferont le chercheur/la
chercheuse. Il s’agit d’un risque majeur pour la fiabilité et l’exactitude de
la recherche.
• Prendre en compte les sentiments des autres
(vulnérabilité) : L’une des règles de l’éthique de la recherche
scientifique est aussi de prendre en compte les sentiments des autres et
de respecter les croyances et opinions de tous les [Link], même si elles
sont fondamentalement incompatibles avec les croyances du chercheur/de
la chercheuse.
• Sécurité : Il n’y a aucune information qui ne mérite de mettre en
danger le chercheur/ la chercheuse lui/elle-même ou les [Link] à sa
recherche. La sécurité est un aspect essentiel de la recherche et il est
contraire à l’éthique de placer quiconque dans une situation qui pourrait
menacer son intégrité physique ou psychologique. Par conséquent, le
chercheur/la chercheuse doit s’assurer que l’environnement dans lequel la
recherche est menée n’est pas dangereux et ne menace pas sa sécurité ou
celle des [Link].
• Accès à l’étude (feedback) : Enfin, les [Link] à la recherche
ont le droit de revoir l’étude avant sa publication pour s’assurer que le
chercheur/la chercheuse n’a pas interprété ce qui a été dit ou fait de
manière incorrecte ou d’une manière qui pourrait causer un préjudice
au/à la participant.e.
Recherche scientifique dans
les zones de conflit et de guerre
Il y a un intérêt particulier à comprendre et à étudier les zones affectées par les
conflits et les guerres. Cependant, cela pose de nombreux défis éthiques et
méthodologiques2 en termes de possibilité de mener des études scientifiques
dans de telles circonstances.
La principale préoccupation de la recherche scientifique dans les zones de
conflit est la sécurité du chercheur/de la chercheuse et celle des [Link]
à la recherche. Comme nous l’avons déjà dit, aucune recherche ne mérite
2
0
QU’EST-CE QUE LA RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES ?
de mettre en danger notre vie ou celle des [Link]. Cependant, cela
ne signifie pas qu’il n’est pas important de mener des études dans les
zones de conflit s’il est possible de garantir un niveau minimum de sécurité
pour l’équipe et les [Link]. En cas de conduite de recherches dans
des zones de guerre, nous devrons toujours nous assurer que le bénéfice de
cette étude sera
2 Pour plus d'informations sur le thème de la recherche scientifique dans les zones de conflit, voir les
études suivantes : Goodhand (2000), Bois (2006).
13
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
bien supérieur au risque auquel le chercheur/la chercheuse et les
[Link] peuvent être exposé.es. Par conséquent, le sujet de recherche
doit être important et lié au conflit, la recherche doit ajouter des
connaissances nouvelles et précieuses et le chercheur/la chercheuse doit
publier ses recherches et utiliser ses résultats dans le plus grand nombre de
plateformes possible.
Il n’est pas recommandé de mener des études qui ne sont pas directement liées
au conflit ou des études d’importance secondaire en raison de la situation
sécuritaire critique dans les zones de conflit. Outre les défis sécuritaires qui
s’imposent la plupart du temps au chercheur/à la chercheuse et son recours à
des méthodologies de recherche compatibles avec le danger et les obstacles,
il existe des défis éthiques que le chercheur/la chercheuse doit également
prendre en compte. Or, la plupart du temps, les chercheurs/chercheuses
traitent les sociétés dans lesquelles ils/elles interagissent comme un champ
d’informations et d’expériences pour eux/elles ; ce qui est contraire à
l’éthique.
Les gens qui vivent dans des zones de guerre souffrent suffisamment et le
chercheur/ la chercheuse ne doit donc pas s’attendre à ce que ses
recherches soient intéressantes ou prioritaires pour eux. Le
mécontentement s’exprime souvent à propos des chercheurs/ chercheuses
qui viennent collecter des informations et rédiger des études sans maintenir
le contact avec les [Link] des zones qu’ils/elles étudient et sans les
informer de la publication de la recherche ou les aider à utiliser les résultats de
la recherche pour améliorer leurs conditions de vie. Il est par conséquent
utile que chaque chercheur/chercheuse se pose cette question avant de
quitter le terrain : qu’est-ce que j’ai fait pour eux/elles ? Les personnes qui
aident pendant la recherche apportent beaucoup au chercheur à la chercheuse
(temps, informations, etc.), mais peu de chercheurs/chercheuses en revanche
pensent à ce qu’ils/elles offrent aux communautés dans lesquelles ils/elles
mènent leurs recherches. Ce sujet devient plus délicat encore en temps de
crise parce que les moyens de subsistance ne sont pas garantis aux populations
et que la recherche scientifique devient alors un luxe si elle ne se traduit par
aucun avantage direct et tangible.
De plus, il existe d’autres défis éthiques liés à la santé mentale des personnes
participant à la recherche. Par conséquent, le chercheur la chercheuse doit
avoir une vaste expérience des travaux de recherche sur le terrain et savoir
14
QUELLE EST LA MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
faire face à des cas exceptionnels. ? Par exemple, il n’est pas permis au
chercheur/à la chercheuse de mener des entretiens avec des personnes qui ont
subi la perte d’un proche ou une blessure qui a causé un handicap, ou
encore un viol ou toute atrocité de guerre, sans la présence d’un.e
psychologue. En effet le simple fait de poser une question au/à la
participant.e peut l’exposer à une crise psychologique dont il/ elle se passerait
volontiers. Il n’est pas éthique pour le chercheur/la chercheuse de rouvrir des
plaies sans s’assurer qu’elles peuvent être refermées. Il doit s’assurer que la
recherche n’ait pas de répercussions négatives sur les [Link].
15
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
3. Quelle est la méthodologie
de la recherche
scientifique ?
Déterminer la méthodologie de recherche
Il existe deux types de méthodes de recherche utilisées en sciences sociales
: l’approche quantitative et l’approche qualitative. Le choix de la
méthodologie dépend du type de question de la recherche et des moyens
disponibles compte-tenu de la situation sécuritaire, de l’accès à l’échantillon ou
de la présence d’une équipe de chercheurs/chercheuses pré- paré.es, etc. Le
financement joue également un rôle fondamental dans la détermination de
la méthodologie de recherche car le coût de la recherche varie selon la
méthodologie utilisée et, généralement, le coût de la recherche quantitative
est plus élevé que celui de la recherche qualitative.
La recherche quantitative
comparée à la recherche
qualitative
La recherche qualitative comprend différents types de méthodologies, telles
que l’enquête sociale ou statistique ou l’étude des réseaux sociaux. Quant à
la recherche qualitative, elle peut inclure l’approche ethnographique
(observation et entretiens), l’approche expérimen- tale ou la méthode d’étude
de cas. Le tableau ci-dessous montre une comparaison entre la recherche
quantitative et qualitative.
Recherche quantitative Recherche quanlitative
S’appuie sur la méthode Des normes et des tests ou des
d’observation, d’entretien et de listes d’évaluation sont utilisés
références, loin des méthodes pour collecter des données et des
statistiques informations avec des méthodes
statistiques
16
QUELLE EST LA MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
?
Des informations riches et approfondies Informations générales, pas toujours
La collecte et la classification des exactes
informations prennent du temps La collecte et la transcription des
informa- tions sont plus rapides et
plus faciles
17
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
Le chercheur/la chercheuse ne Le chercheur/la chercheuse exerce
contrôle aucune des variables un contrôle complet sur toutes les
variables liées à la variable
dépendante
Biais : Biais :
Biais du chercheur/de la Biais de non-
chercheuse Biais de réponse Effet de la
l’observateur/de l’observatrice formulation
Un petit échantillon non Échantillon représentatif
représentatif Il ne peut pas être Peut être généralisé
généralisé
Les rapports sont rédigés dans un style Les données sont utilisées dans la
analy- tique et narratif rédaction de rapports, de tableaux et
de graphiques
Triangulation
La triangulation dans la recherche scientifique signifie l’utilisation de plus d’une
méthodologie (ou source ou chercheur/chercheuse) au cours du processus de
recherche. La triangulation comprend toutes les informations que le
chercheur/la chercheuse a collectées à partir de différentes sources ou
méthodologies pour déterminer la cohérence des preuves entre les sources
d’informations et des données.
Dans de nombreux cas, les données de la méthode quantitative sont
insuffisantes à elles seules pour comprendre certains phénomènes sociaux
ou certains de leurs aspects, tels que les attitudes, les opinions et les
valeurs sociales. En effet, ces données n’offrent pas une compréhension
approfondie mais alertent plutôt [Link] chercheurs/chercheuses sur la
nécessité d’utiliser la méthode qualitative en plus de la méthode
quantitative étant donné qu’elle est plus complète et plus approfondie que la
vision globale ; ce qui contribue à la précision de l’analyse. Par conséquent,
la combinaison de méthodes quantitatives et qualitatives est très utile pour
une étude plus complète.
L’évaluation du
comportement comparée à
celle des attitudes
Il existe une grande différence entre l’étude des situations et l’étude du
18
QUELLE EST LA MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
comportement. Les attitudes et ?les opinions sont étudiées au moyen
d’entretiens, de questionnaires et d’enquêtes (questions directes), tandis
que le comportement est étudié par l’observation et la collecte de documents
(étude indirecte). Par exemple, les schémas de manifestations dans la société
peuvent être étudiés en observant des manifestations ou en compilant des
articles,
19
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
des photos ou des vidéos prises lors de manifestations et en étudiant les
comportements. L’étude du comportement évite au chercheur/à la
chercheuse de se heurter à de nombreux problèmes méthodologiques liés à
la validité des réponses dans les études mesurant les attitudes et les
opinions. L’évaluation du comportement peut être une approche scientifique
plus appropriée aux circonstances de guerre ou de conflit car elle n’inclut
pas de relation directe entre le chercheur/la chercheuse et les membres de la
communauté à étudier ; ce qui réduit les obstacles éthiques à la recherche
dans le contexte des guerres et des conflits.
Utilisation de sources secondaires
L’utilisation de sources secondaires peut être très importante, en particulier
dans les études axées sur l’évaluation du comportement. Les sources
secondaires comprennent les archives de journaux et de magazines, des
documentaires ou des programmes d’information, des photos, des
déclarations officielles, des rapports d’organisations locales ou
internationales, etc. Les sources secondaires de recherche peuvent
constituer une partie essentielle de la recherche en termes d’informations, ou
bien elles peuvent être utilisées pour vérifier et valider les informations
recueillies par d’autres moyens.
La démarche comparative
Cette approche de recherche se concentre sur la comparaison des
similitudes et des différences entre les phénomènes sociaux afin de
découvrir les facteurs ou les conditions qui accompagnent l’émergence d’un
phénomène social ou d’un modèle de comportement spécifique. La
comparaison peut être :
• Longitudinale : On compare un phénomène dans plus d’une
communauté/région au cours d’une même période.
• Transversale : On compare un phénomène dans une seule population
sur une longue période de temps afin d’étudier le développement du
phénomène et son évolution dans le temps.
L’analyse comparative se fait selon quatre cas de comparaison qui sont les suivants :
• Comparer une variable dans des sociétés similaires, comme étudier le
niveau de scolarité de la classe ouvrière dans deux sociétés industrielles.
20
QUELLE EST LA MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
?
• Comparer plusieurs variables dans des sociétés similaires, comme l’étude
de la situation économique (taux de revenus, taux de chômage, prix des
matières premières, etc.) dans les pays qui ont connu les « révolutions
arabes ».
21
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
• Etudier la relation entre plusieurs variables dans une société, comme l’étude
de la relation entre taux de fécondité, classe sociale et zone géographique
(urbaine et rurale) dans la société algérienne.
• Etudier la relation entre plusieurs variables dans des sociétés différentes,
comme l’étude de la relation entre le genre et le revenu par habitant dans
les sociétés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord en comparaison avec les
sociétés scandinaves.
La recherche comparative se distingue des autres sur plusieurs aspects.
Premièrement, la recherche comparative aide à accroître la capacité du
chercheur/de la chercheuse à fournir des explications plus solides du phénomène
étudié, car ces explications sont basées sur des preuves recueillies auprès de
plusieurs sociétés ou sur une longue période ce qui réduit l’influence des
facteurs de hasard et des biais culturels. Deuxièmement, la recherche
comparative renforce la capacité du chercheur/de la chercheuse à élargir la
gamme des variables étudiées qui sont incluses dans la conception de la
recherche. Il/elle utilise à cet effet divers indicateurs tirés de plus d’une société,
tels que les indicateurs qui sont utilisés pour mesurer le statut social et qui
comprennent le revenu et la profession. Dans certains pays, ils incluent
également le lieu de résidence et la lignée familiale. Troisièmement, la
recherche comparative permet d’utiliser des facteurs et des aspects culturels et
sociaux de chaque société ; ce qui renforce également le pouvoir des
interprétations et augmente leur résilience face à la critique.
Étude de cas
Contrairement à l’approche comparative, l’étude de cas constitue un type de
recherche scientifique qui se concentre sur une communauté ou un cas.
Cette approche fournit au chercheur/à la chercheuse des données
quantitatives et qualitatives sur plusieurs facteurs liés à des individus, des
institutions ou des groupes sociaux dans des situations spécifiques. Ces
données comprennent à la fois des aspects personnels et environnementaux ;
ce qui permet au chercheur/à la chercheuse de mener une description
approfondie et détaillée du cas sur lequel se concentre la recherche. Si le sujet
d’étude se consacre aux institutions sociales, alors chaque institution sociale est
considérée comme un cas, tandis que les individus deviennent de simples
parties ou facteurs impliqués dans la formation du cas.
L’étude de cas est un examen approfondi d’une situation ou d’un cas
22
QUELLE EST LA MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
spécifique. L’idée principale d’une? étude de cas est d’étudier un cas de
manière détaillée et approfondie, à travers toutes les méthodes appropriées et
disponibles. Il peut y avoir une variété de questions pour les études de cas, mais
l’objectif général reste de parvenir à une compréhension la plus complète
possible du cas social analysé.
23
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
Pour parvenir à étudier les modèles sociaux et leur évolution historique, la
méthode de l’étude de cas peut se consacrer à une étape spécifique de
l’histoire de la société ou à toutes les étapes que la société a traversées. Les
outils de cette méthode comprennent l’entretien personnel, l’étude des
documents et registres officiels, des notes personnelles, l’analyse des
statistiques et des données quantitatives disponibles, etc.
Échantillonnage
L’examen de l’échantillon est une partie essentielle et très importante de la
recherche scientifique, eu égard à la difficulté d’atteindre tous les membres
de la société (en raison du coût élevé et du temps requis). Le chercheur la
chercheuse doit choisir un échantillon ou un sous-groupe de la population
étudiée qui l’aide à comprendre les schémas et la dynamique de la population
concernée. Par conséquent, un échantillon peut être défini comme un segment
ou une partie de la communauté étudiée qui porte les caractéristiques de
cette communauté et qui la représente en ce qui concerne l’objet de la
recherche. Ainsi, les définitions suivantes peuvent être fournies :
• Société étudiée : Tous les individus, événements ou observations qui
constituent le sujet de la recherche. Par exemple : les élèves des écoles en
Algérie.
• Échantillon : Un groupe partiel de la population étudiée. Par exemple :
200 élèves de 10 écoles en Algérie répartis dans différentes régions.
• Unité d’échantillonnage : L’un des individus ou observations
choisis dans l’échantillon. Par exemple : un élève d’une école de la
wilaya d’Oran.
La sélection précise et appropriée de l’échantillon donne des résultats
largement similaires à ceux que l’on peut obtenir lors de l’étude de la
population étudiée. Une erreur dans la sélection d’un échantillon peut conduire
à des résultats de recherche inexacts ou complètement faux.
Types d’échantillons
Il existe deux principaux types d’échantillons3 : les échantillons aléatoires et
les échantillons non aléatoires.
Le type d’échantillon est choisi en fonction de la capacité à déterminer la
24
QUELLE EST LA MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
population de l’étude. Si la population
? étudiée est définie et connue, le
chercheur/la chercheuse doit prélever un échantillon aléatoire pour qu’il soit
représentatif. Par exemple, si le chercheur/
3 Pour plus d'informations sur les types d'échantillons, consultez Cochran (2007).
25
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
la chercheuse mène une étude sur les élèves des écoles publiques, la
population étudiée sera définie car il peut obtenir une liste de tous les
élèves inscrits à l’école publique. Par conséquent, le chercheur/la chercheuse
doit, dans ce cas, prélever un échantillon aléatoire.
Si la population étudiée n’est pas spécifiée, le chercheur/la chercheuse doit
choisir un échantillon non aléatoire. Cela se produit dans les cas où il est
difficile de connaître le nombre total des membres de la communauté
qu’il/elle veut étudier. Par exemple, si le chercheur/ la chercheuse
s’intéresse à l’étude du phénomène de l’abus de drogues, il est difficile de
déterminer le nombre de consommateurs de drogues parce que ces listes
n’existent pas et que peu de gens déclarent consommer de la drogue (dans
les hôpitaux, par exemple), en particulier dans les pays qui criminalisent la
consommation de drogues. Par conséquent, le chercheur/la chercheuse ne
peut pas choisir un échantillon aléatoire parce que la population étudiée n’est
pas définie et l’accès à celui-ci n’est pas facile. Dans un tel cas, le chercheur/la
chercheuse a recours au choix d’un échantillon non aléatoire parce qu’ils
Aléatoire
Homogèn simple et
e aléatoire
Définir
systématiqu
l’échantill
on
aléatoire
Hétérogèn Stratifié
e
Communauté
étudiée
Accidentel ou
Homogèn
e par grappes
Indéfini
Echantillon
non
aléatoire
Hétérogèn Par quotas
e
• Échantillonnage aléatoire : Les échantillons aléatoires sont ceux
dans lesquels il y a une chance égale pour chaque élément de la
population étudiée de faire partie des unités de l'échantillon. Un
échantillon aléatoire est choisi lorsque la population étudiée est définie
26
QUELLE EST LA MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
et connue et la méthode de sélection
? est non sélective car les items
sont choisis au hasard en fonction du type d'échantillon, en tenant
compte de l'homogénéité et de l’hétérogénéité dans la communauté.
27
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
Si la population étudiée est définie et homogène, un échantillon aléatoire simple
peut être prélevé (en établissant des tableaux de chiffres pour tous les
membres de la population étudiée et en tirant le nombre d'échantillons
requis par lot aléatoire). Un échantillon aléatoire systématique peut aussi
être prélevé (en prenant, par exemple, un élément sur cinq dans le tableau
des numéros de série de la population étudiée).
Dans le cas où la population étudiée est hétérogène, un échantillon aléatoire
stratifié doit être prélevé. Dans ce type d'échantillon, la population étudiée
peut être divisée en groupes ou strates en fonction de cette variance. Par
exemple, lorsque vous étudiez le travail bénévole parmi les é[Link]
universitaires, on constate qu'il vaut mieux diviser les é[Link] en strates
par année scolaire, ou selon le genre (hommes ou femmes), etc. Lorsque
cela est possible, l'échantillon aléatoire simple est le meilleur type
d'échantillons car il donne la meilleure représentation de la population
étudiée. Les résultats de la recherche sur la base d'échantillons aléatoires
peuvent être généralisés pour parler de la population étudiée.
• Échantillonnage non aléatoire : L’échantillonnage non aléatoire
est utilisé lorsqu'il est difficile d'accéder à un échantillon aléatoire parce
que la population de recherche n'est ni déterminée ni définie. Par exemple,
nous ne connaissons pas le nombre exact et les caractéristiques de la
population des [Link] de l'Organisation État Islamique en Irak et
au Levant (EIIL). Nous ne pouvons donc pas prendre un échantillon
aléatoire si nous voulons les étudier. Nous pouvons donc prélever un
échantillon accidentel (de commodité) ou un échantillon par grappes si
nous considérons que la population EIIL est homogène, ou bien un
échantillon de quota si nous décidons de diviser les [Link] de
l’EIIL en Arabes et en étrangers. Les échantillons non aléatoires sont
caractérisés par le fait qu'ils ne donnent pas la même possibilité à tous
les membres de la population étudiée d'apparaître dans l'échantillon. Par
conséquent, nous ne pouvons pas généraliser sur la base d'échantillons
non aléatoires.
28
QUELLE EST LA MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
?
Choisissez un type d'échantillonnage pour chacune de ces
recherches :
1. Étude sur les [Link] en A. Aléatoire
Syrie simple
2. Étude sur les travailleurs/travailleuses du B. Aléatoire
textile enregistré.es dans un syndicat systémique
en Egypte
3. Étude sur les é[Link] universitaires C.
au Liban Stratifié
4. Étude sur les é[Link] de l’Université D. Accidentel ou par
libanaise grappes
5. Étude sur l’homosexualité en Jordanie E. Par
(comparaison hommes/femmes) quotas
1. (D ou E) ; 2. (A ou B) ; 3. (C) ; 4. (A ou
B) ; 5. (E)
Étapes d‘examen de l’échantillon
Le processus d’examen des échantillons passe par plusieurs étapes :
1. Définir clairement et précisément la population de l'étude en fonction des
caractéristiques qui distinguent ses membres car cela affecte le nombre
de membres de l'échantillon et la qualité de l'échantillon que le
chercheur/la chercheuse doit choisir ;
2. Déterminer les membres de la population d'origine à étudier. Le chercheur/la
chercheuse doit si possible les organiser en tableaux (selon les numéros de
série) car cela facilite la sélection d'un échantillon représentatif de la
communauté.
3. Déterminer les variables de l'étude afin de contrôler le plus grand
nombre possible de variables non étudiées.
Déterminer le nombre approprié d'échantillons
Le nombre approprié d'individus dans l'échantillon est déterminé en fonction
de plusieurs critères :
• Homogénéité ou hétérogénéité de la population : Plus
29
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
l'homogénéité entreSCIENTIFIQUE
les membres de la population est grande, plus le
nombre nécessaire à la représentation est petit, et vice versa.
30
QUELLE EST LA MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
?
• La méthode de recherche utilisée : Les études d'enquête
nécessitent le plus grand nombre possible de membres de la
communauté, tandis que les études expérimentales ou qualitatives
dépendent d'un plus petit nombre d'individus.
• Le degré de précision requis : Si l'étude nécessite un haut degré
de précision, par exemple s'il y a des décisions à prendre en fonction des
résultats de la recherche.
Nous aurons besoin d'un plus grand nombre d'individus de l'échantillon pour
garantir la confiance nécessaire pour généraliser les résultats.
Il est très important d'attirer l'attention sur le fait que le nombre d'individus dans
l'échantillon n'est pas toujours le facteur le plus important dans la sélection
des échantillons. Malgré l'importance du nombre, la représentation de
l'échantillon par rapport à la population étudiée demeure le facteur le plus
important pour déterminer l'échantillon approprié. Par exemple, vous
constaterez que la plupart des sondages électoraux dépendent de la taille
d'un échantillon de mille personnes, quel que soit le nombre d'électeurs.
31
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
4. que
Qu'est-ce
la recherche qualitative ?
Caractéristiques de la recherche qualitative
Outre le fait de collecter et d'analyser la documentation, la recherche
qualitative s'appuie sur des entretiens ou des observations sur le terrain
naturel de la vie sociale quotidienne.
Parmi les caractéristiques de la recherche qualitative figurent les éléments suivants :
• La recherche qualitative accroît notre compréhension de tout
phénomène social dont nous ne savons guère de choses ou corrige notre
connaissance de phénomènes sociaux répandus mais non expliqués avec
précision.
• La recherche qualitative permet d'accéder à des informations
approfondies difficiles à exprimer de manière quantitative ou statistique.
• La recherche qualitative se caractérise par une flexibilité et une ouverture
aux variables car les entretiens et les observations ne sont pas codifiés ou
standardisés pour tous les cas.
• Dans la recherche qualitative, le chercheur n'a pas de contrôle préalable sur
le domaine de la recherche et les méthodes de collecte d'informations.
Stratégie de recherche
qualitative : une étude de
cas
L'étude de cas est l'une des stratégies les plus importantes de la recherche
qualitative. Cette stratégie est basée sur l'exploration et l'examen d'une
situation spécifique ou d'un cas particulier.
32
QUELLE EST LA MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
L'idée de base dans une étude de? cas est d'étudier un cas (ou peut-être
plusieurs cas) d'une manière détaillée et précise, en utilisant tous les moyens
appropriés et disponibles.
33
QU'EST-CE QUE LA RECHERCHE QUALITATIVE ?
Il peut y avoir une variété d'objectifs ou de questions pour l'étude de cas
mais le but général est d'atteindre la compréhension la plus complète et la
plus globale possible de ce cas.
L'étude de cas se distingue des autres types de recherche en ce qu'elle
approfondit la compréhension d'un cas particulier dans son état et contexte
naturels, sans se préoccuper de généraliser les résultats à d'autres cas. Les
avantages de l'étude de cas sont qu’elle met la lumière sur un sujet spécifique
en approfondissant un cas (ou plusieurs cas spécifiques). et se spécialise
subtilement sur la question. Les études de cas comportent une richesse
importante de connaissances scientifiques car elles analysent les détails de
cas et éclairent les interactions sociales et les dynamiques qui ne peuvent
être saisies par la plupart des autres stratégies de recherche.
Méthodes de collecte
d'informations dans la
recherche qualitative
Il existe quatre méthodes de base pour collecter des informations dans la
recherche scientifique qualitative : entretien individuel, entretien de
groupe, observation et analyse de documents.
Entretien individuel : Les entretiens individuels sont généralement
utilisés pour des sujets sensibles, des expériences personnelles ou pour
approfondir la compréhension des opinions et des positions des individus dans
la société car à travers l'entretien, le chercheur/ la chercheuse, peut identifier
les idées, les sentiments et les points de vue des autres. De plus, il/elle peut
reconstruire des événements sociaux à travers les réponses obtenues lors
d'entretiens individuels. Cette méthode repose sur l'établissement de la
confiance entre le chercheur/la chercheuse et le/la participant.e à la
recherche afin d'assurer la fiabilité et l'exactitude des réponses.
Il existe deux types d'entretiens :
– Un entretien structuré dans lequel on pose une série de questions préparées
à l'avance au participant/à la participante. Tous les [Link]
reçoivent les mêmes questions, dans le même ordre et de la même
manière. Le rôle du chercheur/de la chercheuse est neutre et de par sa
nature, ce type d'entretien se concentre sur des questions rationnelles
25
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
et non émotionnelles. Les réponses peuvent être des modèles prédéfinis
SCIENTIFIQUE
(avec peu de diversité de et des réponses variées). Des questions
ouvertes peuvent également être utilisées pour permettre au
participant/à la participante de répondre comme il/elle le souhaite, sans
restriction ni protocole.
26
QU'EST-CE QUE LA RECHERCHE QUALITATIVE ?
– Un entretien semi-structuré est un entretien non codifié avec des
questions ouvertes et approfondies. Le rôle du chercheur/la chercheuse
est alors plus proche de celui d’un.e régulateur/régulatrice de dialogue
que d'un équivalent. Ce type d’entretien permet au chercheur/à la
chercheuse de comprendre la pensée et le comportement du/de la
participant.e sans abandonner les idées préconçues ou les classifications du
chercheur/de la chercheuse, ce qui peut limiter les déclarations et
l’interaction du/de la participant.e.
Groupe de discussion (focus group) : Lorsque le chercheur/la
chercheuse travaille lors de l’entrevue avec un groupe de [Link] en
même temps, il s’agit d’un groupe de discussion. Dans ce type d'entretien,
le rôle du chercheur/de la chercheuse est de gérer et de faciliter le dialogue,
et sa tâche est d'enregistrer l'interaction qui a lieu entre les [Link].
Des compétences pour gérer le dialogue et orienter la discussion dans la
direction souhaitée sont alors requises.
Le groupe de discussion peut faire ressortir des aspects du cas étudié qui
peuvent ne pas apparaître dans d'autres types d'entretiens, et ce, grâce à
ce qui résulte de l'interaction entre les opinions des [Link].
Observation : Dans la méthode d'observation, l'étendue de la participation
du chercheur/de la chercheuse avec les membres de l'étude varie selon le
type et la nature de la recherche. L'étude peut adopter l'observation
participative, de sorte que le chercheur/ la chercheuse rejoint le groupe cible
et partage sa vie quotidienne. Le chercheur/la chercheuse peut aussi
s'éloigner des [Link] et agir en spectateur/spectatrice pendant la
période de collecte d'informations.
L'observation peut être quantitative et structurée, ou qualitative et non structurée.
– Lors de l’observation quantitative, le chercheur/la chercheuse observe et
recueille des informations numériques grâce à des outils préparés à
l’avance (par exemple, le nombre d'élèves qui interagissent en classe, le
nombre de personnes déplacées franchissant les frontières, le calcul du
temps nécessaire pour terminer le passage de la frontière, etc.).
– Quant à l'observation qualitative, elle est moins structurée car le chercheur/la
chercheuse n'utilise pas de classifications et de modèles prédéterminés
mais enregistre plutôt ses observations automatiquement et
27
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
ouvertement, de sorte qu'il/elle enregistre la réalité telle qu'elle se
SCIENTIFIQUE
produit. L'idée de base ici est que la classification et la description à
laquelle les informations résultant de l'observation sont soumises
apparaîtront après la collecte et l'analyse des informations, plutôt que de
figurer dans l'information pendant le processus d'observation.
28
QU'EST-CE QUE LA RECHERCHE QUALITATIVE ?
Analyse du contenu : La collecte et l'analyse de documents est l'un
des principaux moyens d'accéder à l'information dans la recherche qualitative
car les documents historiques ou contemporains peuvent être une source
importante de recherche. L'importance de cette méthode de recherche
s’accroît car la documentation est devenue l'une des caractéristiques
fondamentales des sociétés modernes. Grâce aux documents existants, le
chercheur/la chercheuse peut étudier et analyser une réalité et obtenir des
résultats importants et utiles sans avoir besoin de recourir à des recherches
sur le terrain.
Rédaction des questionnaires
d'entretien ou d'enquête
Le chercheur/la chercheuse doit suivre des règles et des protocoles précis lors de la
rédaction des questionnaires d'entretien ou d'enquête, notamment :
– La clarté dans la formulation de la question ;
– La concision : toute question ne doit pas dépasser une ligne et il ne doit
pas y avoir d'introduction à la question car cela pourrait affecter la
réponse du/de la participant.e ;
– La présence d'une variable dans chaque question : chaque question doit
aborder un aspect (variable) du sujet pour maintenir l'exactitude. Chaque
question doit faire l’objet d’une seule interrogation.
– Habituellement, le questionnaire commence par des questions générales
avant d'entrer dans les détails et les questions directement liés à la
question de recherche ainsi qu’aux hypothèses.
– Lorsque le chercheur/la chercheuse commence à rédiger le
questionnaire ou les questions de l'entretien, il/elle doit s’efforcer de
réduire les risques d'influence sur la réponse des répondants. Par
conséquent, l'étape de rédaction des questions est considérée comme
l'une des étapes les plus sensibles et les plus difficiles.
Il existe trois sources principales qui peuvent influencer les réponses :
L'effet de la formulation des questions et le choix du
vocabulaire : Il ne fait aucun doute que la façon dont la question est
formulée à un impact sur la réponse. Le vocabulaire que nous choisissons
pour la question peut pousser le/la participant.e à chercher la réponse dans
29
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
une direction spécifique. C'est un problème grave mais il n'a pas été
SCIENTIFIQUE
soigneusement étudié. Par exemple, la question suivante a été posée au
même échantillon, et voici les résultats des réponses :
30
QU'EST-CE QUE LA RECHERCHE QUALITATIVE ?
A)Pensez-vous que les États-Unis devraient permettre une rhétorique anti-
démocratique ?
– 21% des réponses sont pour la liberté d'expression
B) Pensez-vous que les États-Unis devraient empêcher la rhétorique anti-
démocratique ?
– 39% des réponses sont pour la liberté d'expression
Par conséquent, vous pouvez voir comment le vocabulaire choisi dans nos
questions peut affecter les réponses.
De plus, dans les questionnaires, les chances que nous donnons au
répondant/à la répondante dans les réponses peut influencer son choix.
Dans l'exemple ci-dessous, on voit que dans le premier cas, les probabilités
de réponse à la question : Combien d'heures regardez-vous la télévision par
jour ? « Entre une demi-heure et une heure et demie » ; adressent un
message indirect au/à la participant.e, à savoir que ce laps de temps est une
durée en moyenne "normale" passée à regarder la télévision
quotidiennement. Dans ce cas, la plupart des [Link] répondent
généralement qu'ils/elles regardent la télévision tous les jours entre une
demi-heure et une heure et demie (réponses du milieu).
Dans le second cas, vous voyez que les possibilités suggèrent que le temps «
normal » moyen passé à regarder la télévision quotidiennement se situe entre
une heure et demie et deux heures et demie. Ici, nous constatons que si le/la
participant.e est exposé à ces probabilités au lieu des probabilités du premier
cas, le nombre moyen d'heures quotidiennes passé à regarder la télévision
augmentera automatiquement dans les réponses. Cette augmentation est
précisément due à l'effet de la formulation des probabilités et pas
nécessairement à une augmentation réelle des heures de télévision.
Exemple : Combien d'heures regardez-vous la télévision par jour ?
Possibilités de réponse dans le Possibilités de réponse dans le
cas 1 cas 2
o Moins d’une demi-heure o Moins d’une heure et demie
oEntre une heure et une heure et oEntre deux heures et deux heures et
demie demie
31
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
oEntre une heure et une heure et oEntre deux heures et deux heures et
demie demie
o Plus d’une heure et demie o Plus de deux heures et demie
32
QU'EST-CE QUE LA RECHERCHE QUALITATIVE ?
L'effet de l'ordre dans la succession des questions ou des
réponses : Tout comme la formulation des questions et réponses affecte
le résultat de la recherche, il en est de même pour l'ordre dans la succession
des questions et réponses. Dans l’exemple ci-après, nous constatons que
l’ordre des questions (du général au spécifique, ou vice versa) peut affecter
la réponse. Si le/la participant.e à la recherche est une personne
relativement heureuse mais éprouve des problèmes conjugaux, l’ordre des
questions peut influencer ses réponses. Si nous l’interrogeons d'abord sur son
niveau de bonheur général, il/elle peut répondre qu'il/elle est heureux/se ou
même très heureux/se. Cependant si nous commençons par la question sur
le bonheur conjugal, l‘élément négatif dans la réponse peut affecter sa
mesure de son bonheur général parce qu'il l’aura incité à réfléchir à la
relation conjugale dans sa mesure du bonheur général.
Exemple : l’ordre dans la succession des questions (effet d’ordre)
Question 1 Question 2
Comment décririez-vous votre Comment décririez-vous votre
niveau de bonheur général ? niveau de bonheur conjugal ?
Très heureux Très heureux
Heureux Heureux
Pas heureux Pas heureux
Pas heureux du tout Pas heureux du tout
Question 3 Question 4
Comment décririez-vous votre Comment décririez-vous votre
niveau de bonheur général ? niveau de bonheur conjugal ?
Très heureux Très heureux
Heureux Heureux
Pas heureux Pas heureux
Pas heureux du tout Pas heureux du tout
Il en va de même pour l'ordre des réponses (pas seulement les questions). Si
les probabilités sont positives (très heureux) ou négatives (pas du tout heureux),
cela peut affecter les choix des [Link].
33
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
Exemple : l'ordre dans la succession des réponses
Question 1 Question 2
Comment décririez-vous votre Comment décririez-vous votre
niveau niveau de bonheur conjugal ?
de bonheur général ?
Très heureux Très heureux
Heureux Heureux
Pas heureux Pas heureux
Pas heureux du tout Pas heureux du tout
L'effet du chercheur sur les réponses : Enfin, le chercheur/la
chercheuse doit également considérer sa propre influence sur les réponses
et essayer de la réduire. On sait que la présence du chercheur/de la
chercheuse a un impact sur la manière dont les réponses sont choisies et
sur la fiabilité des informations collectées car l'apparence du chercheur/de
la chercheuse et la manière dont il/elle se présente peuvent affecter les
réponses et la manière dont les [Link] interagissent avec les questions
de recherche. Les [Link] répondent généralement en fonction de ce
qu'ils/elles pensent que le chercheur/la chercheuse veut entendre, ou
encore en fonction de ce qui est socialement acceptable. Les réponses ne
reflètent donc pas nécessairement la vérité. De ce fait, il est important que
le chercheur/la chercheuse essaie de rassurer l’interlocuteur sur le fait qu'il
n'y a pas de jugement de valeur sur les [Link]. De même il doit le
convaincre de la nécessité de donner la réponse la plus proche de la vérité
et non de ce qui est forcément compatible avec les valeurs de la société.
Par exemple, si le sujet de la recherche porte sur les relations sexuelles
prénuptiales dans les sociétés arabes, et que l'équipe de travail compte deux
chercheuses, l’une voilée et l'autre vêtue d'une robe courte, alors il y a une
forte probabilité que cela affecte les réponses que chacune des
chercheurs/chercheuses recueillera. La tenue vestimentaire de la chercheuse peut
en effet inciter les participants à répondre dans une direction spécifique pour «
satisfaire » la chercheuse ou pour être en harmonie avec les valeurs
dominantes dans la société.
L'analyse des données
34
QU'EST-CE QUE LA RECHERCHE QUALITATIVE ?
La phase de collecte des données recueille généralement une quantité
importante et variée de données, notamment des transcriptions
d'entretiens, des notes de terrain et des commentaires préliminaires, en
plus de nombreux documents divers liés au sujet de
35
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
recherche. À première vue, il semble que l'analyse, l'interprétation et l'extraction des
significations du matériel collecté soit une tâche ardue. Le chercheur/la
chercheuse se trouve souvent dans un état de frustration face à l'énorme
quantité de données. Cependant, avec l'expérience, la richesse informationnelle
devient une source de créativité et d'analyse approfondie.
La phase d'analyse des données comprend leur organisation et leur
répartition en unités qui peuvent être traitées et synthétisées afin de
rechercher des modèles et des tendances permettant de découvrir ce qui est
important et ce qui peut être appris de ces données.
Il y a six étapes à suivre pour analyser les données qualitatives : transcrire
les entretiens, organiser les données, désagréger les données, enregistrer
les données, identifier les modèles et les tendances et vérifier les résultats.
• Transcription des entretiens : Il est très important que les
entretiens soient rédigés afin de faciliter le processus d'analyse. Si l'entretien
est enregistré, il est possible de télécharger et d'écrire uniquement les parties
importantes directement liées à la recherche.
• Organisation des données : À ce stade, le chercheur/la chercheuse
dispose d'une grande quantité de données, entre entretiens, observation,
les documents, etc. Il/elle a également fait quelques observations
initiales lors de la collecte d'informations. Ces informations doivent être
organisées et arrangées de manière à y revenir rapidement et à les
traiter de manière à faciliter leur analyse. Il n'y a pas de modèle
d'organisation unique mais le chercheur/la chercheuse peut organiser
les données en fonction de la méthode de collecte des informations
(observation, entretien ou documents). Le classement peut aussi
s’opérer, en fonction des individus avec qui il/elle a mené la recherche,
ou autrement, selon ce que le chercheur/la chercheuse jugera approprié
pour lui et pour la méthode qu'il adoptera dans l'analyse.
Cette organisation peut être faite manuellement, en plaçant les données dans
des fichiers. Sinon, des programmes automatisés peuvent être utilisés pour
les classer et les indexer sur l'ordinateur. Il existe également des
programmes de recherche qualitative dédiés qui facilitent l'organisation
36
QU'EST-CE QUE LA RECHERCHE QUALITATIVE ?
des données et les processus d'analyse, tels que NVIVO.
• Codage des données : Lors de la lecture initiale des données, le
chercheur/ la chercheuse commence à pratiquer un système de
classification qui l'aide lors de l'analyse. Ce type de classification
consiste à donner des titres aux informations contenues dans les
données collectées.
37
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
Cette classification consiste à donner un titre ou un nom aux parties qui,
selon le chercheur/la chercheuse, sont significatives dans sa recherche. Les
questions de recherche sont considérées comme un facteur fondamental
dans la définition et l'orientation du système de classification car le
chercheur/la chercheuse élabore des questions de recherche à la lumière
des sujets et des facteurs importants de sa recherche.
• Enregistrement des données : Après l'étape de classification, le
chercheur/ la chercheuse doit relire les données et enregistrer ses
observations après avoir établi dans son esprit une structure pour ce
système de classification. Il procède ainsi après avoir donné un titre, en
fonction du sujet traité aux nombreuses unités de données dont il/elle
dispose et que des points qui représentent des repères aient commencé
à voir le jour, bien que pas totalement clairs au début de leur formation
et pas visibles lors de la collecte initiale des informations.
Ces notes se présentent sous la forme de questions qui mènent à des
recherches plus poussées, que ce soit à partir des informations
disponibles ou pour la recherche d’informations complémentaires. Lesdites
notes peuvent revêtir la forme d'enregistrement des relations entre les
catégories qui ont été définies mais qui doivent être vérifiées.
Plus la lecture est répétée, plus la probabilité de découvrir de nouveaux
éléments dans les données est grande. Le chercheur/la chercheuse doit donc
lire ses données plusieurs fois et ne pas se contenter d’une ou deux lectures.
Chaque fois qu'il y a de nombreuses questions sans réponse ou qu'il n'est
pas possible de construire un bon système de classification, cela est un
indicateur de la faiblesse de l'échantillon et du besoin de disposer de
plus de données.
• Déterminer les tendances et les modèles : La détermination
des tendances et des modèles est un type de classification mais il s’agit
d’un niveau d'abstraction plus élevé. Par conséquent, certains
chercheurs/chercheuses l'appelleront codage axial parce qu'il fait tourner les
catégories sur un seul axe. D'autres le nommeront familles de codage car
il regroupe un certain nombre de catégories dans une même famille. On
peut également la qualifier de classification déductive (par opposition à la
classification descriptive).
38
QU'EST-CE QUE LA RECHERCHE QUALITATIVE ?
Une fois la classification ouverte effectuée et les notes placées dessus, les
données classifiées sont relues pour classer à nouveau les catégories sous
la forme de modèles et de tendances à un niveau d’abstraction supérieur
à la classification ouverte qui consiste à attribuer des titres pour les
unités d'information.
39
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
Ce type de classification nécessite une réflexion approfondie et une
lecture attentive en vue de trouver des relations et de faire des
comparaisons entre les ensembles de données. Ainsi, le chercheur
déterminera les modèles et tendances qui ont été formés à partir de la
classification des données et commencera à intégrer certains d’entre eux
tout en les comparant.
• Recoupement : À la fin de la phase d'analyse, le chercheur/la
chercheuse peut revenir aux études précédentes pour vérifier les
résultats de son étude. Contrairement à la méthode de recherche
quantitative, l'accent doit être mis sur les études antérieures à ce stade
et non au début de la recherche (car la recherche quantitative sélectionne
des hypothèses). Le recoupement durant cette étape diffère de celui qui
s’opère dans la recherche quantitative où le chercheur/la chercheuse
arrive avec des hypothèses qu'il/ elle veut examiner. Les hypothèses de la
recherche qualitative naissent généralement du processus d'analyse et non
avant lui. Le processus d'analyse est un processus échelonné qui se poursuit
jusqu'au dernier moment de la rédaction du rapport de recherche.
Erreurs courantes dans la
formulation des résultats de la
recherche qualitative
Il faut veiller à ne pas tomber dans les trois erreurs courantes lors de la
formulation des résultats d'une recherche qualitative :
1. Utilisation de pourcentages : Il n'est pas approprié d'utiliser des
pourcentages lorsque l'on contredit les résultats d'une recherche
qualitative car l'échantillon utilisé par ce type de recherche est
généralement limité et non représentatif.
2. Généralisation : La généralisation n'est pas requise lors de la
rédaction des résultats d'une recherche qualitative car un échantillon
limité ne représente pas l’ensemble de la population.
3. Ne pas discuter des défis : Une erreur courante lors de la
rédaction d'études de recherche est de ne pas discuter des défis qui
pourraient affecter les résultats ou l'analyse. Le chercheur/la chercheuse
devrait consacrer un paragraphe dans son étude aux défis et obstacles.
40
QU'EST-CE QUE LA RECHERCHE QUALITATIVE ?
5. que
Qu'est-ce
la recherche quantitative ?
Caractéristiques de la recherche quantitative
La recherche quantitative repose sur la collecte et la mise en rapport
d'informations et de faits qui peuvent être quantifiés et mesurés ou de faits
sociaux qui peuvent être convertis en chiffres, statistiques et données
graphiques. Ce type de recherche est basé sur la mesure des opinions à
travers une enquête, un questionnaire ou bien la mesure du comportement
par l'observation et la collecte d'informations enregistrées. La recherche
quantitative est particulièrement importante pour les études
démographiques ou les études liées au vote et au comportement politique
ou social en général.
Quelles sont les hypothèses de recherche ?
La recherche scientifique quantitative est basée sur les tests d'hypothèses. Une
hypothèse est une supposition, une affirmation ou une prédiction qui décrit la
relation possible ou attendue entre les variables de la recherche. On peut
donc dire qu'une hypothèse scientifique est une explication possible d'une
question de recherche qui peut être testée statistiquement. Habituellement,
il existe plusieurs hypothèses dans la recherche scientifique quantitative, et
le chercheur/la chercheuse sélectionne des hypothèses en fonction des
informations et des données collectées. Si l'on suppose, par exemple, que le
taux d'échec aux examens officiels en Algérie a considérablement
augmenté cette année et que des chercheurs/ chercheuses ont voulu
analyser ce phénomène, les hypothèses peuvent examiner la relation entre
plusieurs variables sur la base des théories et analyses présentées précédemment.
Par exemple, on peut choisir l'effet du nombre d'heures d'étude, la difficulté
des examens, la compétence des professeurs, la situation politique, etc. sur
41
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
les résultats aux examens. L’hypothèse comprend généralement deux
SCIENTIFIQUE
variables de base (pas plus) :
– La variable indépendante qui est la cause. Par exemple, lors de l'étude
des résultats d'exmens, la variable indépendante peut être le nombre
d'heures d'étude.
42
QU'EST-CE QUE LA RECHERCHE QUANTITATIVE ?
– La variable dépendante qui est affectée par la variable indépendante
et en est le résultat, comme les examens officiels.
La variable indépendante dans une recherche peut être la variable dépendante dans une autre.
Quels sont les avantages des hypothèses ?
Parmi les avantages des hypothèses, il y a le fait qu'elles contribuent à :
– Déterminer de manière exacte l’étendue du problème de recherche ;
– Organiser la recherche car les hypothèses représentent l’élément de
base du sujet de recherche ;
– Relier la question de recherche aux théories présentées ;
– Guider le chercheur/la chercheuse dans le choix du type d'observations, de
procédures et de questionnaires ;
– Guider le chercheur la chercheuse dans l'analyse des résultats et
expliquer scientifiquement les phénomènes ;
– Tester les méthodes statistiques appropriées afin de tester les
relations entre les variables de recherche.
L'hypothèse nulle et l'hypothèse alternative
La recherche quantitative comprend deux types d'hypothèses :
• Hypothèse nulle : C'est l'hypothèse qui considère qu'il n'y a pas de
relation entre la variable indépendante et la variable dépendante. Par
exemple, l'hypothèse nulle considère qu'il n'y a pas de relation entre le
nombre d'heures d'étude et le résultat à l'examen.
• Hypothèse alternative : C'est l'hypothèse de la recherche qui
considère qu'il existe une relation entre la variable indépendante et la
variable dépendante. Par exemple, l'hypothèse alternative considère que
les résultats à l'examen sont susceptibles de s’améliorer avec
35
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
l'augmentation du nombre d'heures de préparation pour l'examen.
SCIENTIFIQUE
36
QU'EST-CE QUE LA RECHERCHE QUANTITATIVE ?
La méthode quantitative consiste à tester l'hypothèse nulle et à essayer de
l’infirmer. La logique scientifique est basée sur l’infirmation des hypothèses,
et non sur leur affirmation. La connaissance scientifique est exacte mais
non absolue (il n'y a pas de vérité à 100% dans la science) car il y a
toujours une marge d'erreur dans la recherche scientifique.
Caractéristiques des hypothèses
L'hypothèse devrait être :
• Spécifique : Chaque hypothèse doit être spécifique et tester la
relation entre une variable indépendante et la variable dépendante.
Ainsi, les hypothèses scientifiques ne peuvent pas examiner plus qu’une
relation d'une variable à la fois. Par exemple, l'hypothèse suivante ne
peut pas être considérée comme une hypothèse scientifique car elle
n'est pas spécifique et comprend plus d'une variable :
« En raison de leur statut de réfugié.es et de l'importance des appareils
électroniques pour communiquer avec la famille et les amis, les
[Link] dépensent aujourd'hui plus qu'auparavant pour ces
appareils. »
Il y a dans cette hypothèse plus d'une variable indépendante (l'effet du statut
de refugié.e, l'importance des appareils électroniques pour la
communication) et le libellé n'est ni spécifique ni précis car l'expression «
plus qu’auparavant » est vague et non quantifiable.
• Précise et mesurable : L'hypothèse doit être précise pour décrire la
relation entre la variable dépendante et la variable indépendante.
L'utilisation d'expressions inexactes et pas claires doit être évitée. Par
exemple si l'hypothèse est la suivante :
« Les [Link] dépensent beaucoup pour les appareils électroniques. »
Comment « beaucoup » est-il mesuré ? Ici également, il est difficile de
mesurer la variable, car l'hypothèse est imprécise et non
scientifiquement mesurable. Il en va de même pour l'hypothèse suivante
:
– Les [Link] dépensent plus en appareils électroniques qu'auparavant.
37
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
À quoi correspond « auparavant » ? Est-ce le mois dernier, l'année dernière
ou la dernière décennie ? La réponse peut changer complètement en
fonction de la période de temps que nous adoptons pour désigner le «
auparavant », car cette hypothèse n'est ni claire, ni précise.
38
QU'EST-CE QUE LA RECHERCHE QUANTITATIVE ?
• Falsifiable : Le philosophe Karl Popper (2005) dit que la connaissance
scientifique est sujette à la falsifiabilité car la science ne traite pas de faits
fiables à 100% mais introduit plutôt de nouvelles connaissances avec une
marge d'erreur ; ce qui permet de progresser dans les connaissances et la
science. Par exemple, la recherche de l'existence de la vie sur la planète Terre
n'est pas une recherche scientifique parce qu’il s’agit d’une connaissance
évidente. La recherche de l'existence de la vie sur d'autres planètes est
cependant une recherche qui nécessite une méthode scientifique pour la
découvrir ou la nier.
• Liée à un phénomène social et non pas à une relation
personnelle : L'hypothèse doit refléter un modèle ou une relation
sociale générale et non une relation personnelle ou entre certains
individus. Donc, si l'hypothèse est la suivante :
– J'ai dépensé plus en appareils électroniques que mon voisin.
Cette hypothèse est mesurable, testable et falsifiable mais ce n'est pas
une hypothèse scientifique pour une étude en sciences sociales parce
qu’elle n'ajoute rien à notre connaissance de la société.
Exercice
Choisissez la bonne hypothèse :
Les [Link] dépensent beaucoup en appareils
électroniques. J'ai dépensé plus en appareils
électroniques que mon voisin turc.
En raison de leur statut de réfugiés et de l'importance des appareils
électroniques pour communiquer avec la famille et les amis, les
[Link] dépensent aujourd'hui plus qu'auparavant sur ces appareils.
Les [Link] dépensent plus en appareils électroniques qu'auparavant.
La dernière hypothèse est la bonne réponse, car elle est spécifique, liant
une variable indépendante (nationalité) et une variable dépendante (dépenses en
appareils électroniques). De plus, cette hypothèse est précise, mesurable et
falsifiable.
Variable quantitative et variable qualitative
Il existe quatre types de variables qui peuvent être utilisées dans la recherche
39
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
scientifique : SCIENTIFIQUE
• La variable quantitative/numérique : Par exemple, âge, prix,
nombre de manifestations, etc.
40
COMMENT ANALYSER LES DONNÉES QUANTITATIVES ?
• La variable qualitative/catégorielle : par exemple, sexe
(homme/femme), nationalité (allemande/française/ britannique), etc.
Il existe deux types de variables qualitatives :
• La variable qualitative nominale : Il s'agit d'une variable
qualitative qui n’est pas hiérarchisée, telles que : le sexe ou la
nationalité, car il n'y a pas de hiérarchie ou d’ordre pyramidal dans ces
catégories. Les réponses à la variable nationalité peuvent donc être
présentées comme suit : (Allemand/ Français/Britannique), ou bien
(Français/ Britannique / Allemand) sans que cela n’affecte le résultat de
la recherche.
• La variable qualitative ordinale : C'est une variable qualitative
hiérarchique qui répond à un ordre pyramidal spécifique. Par exemple, les
variables relatives à l'opinion. Les réponses se présentent comme suit :
tout à fait d'accord, d'accord, pas d'accord, pas du tout d’accord ; et la
hiérarchie de ces réponses ne peut pas être modifiée.
Le type de variables affecte les types de statistiques qui peuvent être utilisées dans
l'analyse des données4.
Statistiques descriptives
ou statistiques inférentielles
Il existe deux types de statistiques de base5 :
• Statistiques descriptives : La description peut se faire de
différentes manières. Il y a d’une part la description par l'image (les
diagrammes, le dessin avec des points, les colonnes, les courbes, les
secteurs circulaires) et d’autre part la description par le nombre, c'est-
à-dire la description d'un groupe de données en nombres. Cette
description peut aussi s’articuler autour d'une certaine valeur
(centralisation) ou être en désaccord sur une certaine valeur
(dispersion).
• Statistiques inférentielles : Elles sont liées au test de l'hypothèse
et de la relation des variables entre elles (causale ou corrélation) et sont
basées sur une analyse de régression. 41
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
4 Nous n'entrerons pas ici dans les détails, mais vous pouvez consulter les références suggérées à la
fin de ce guide pour plus d'informations sur les types de statistiques et leur utilisation en sciences
sociales.
5 Pour plus d'informations sur les types de statistiques utilisées dans la recherche scientifique, consultez les
références
suivantes : Agresti/Finlay (2008), Aron et al. (2010)
38
COMMENT ANALYSER LES DONNÉES QUANTITATIVES ?
6. analyser
Comment
les données quantitatives ?
Souvent, le chercheur/la chercheuse veut présenter plus qu'une simple
description du phénomène étudié à travers les données collectées. Il/elle
essaie donc de déduire ou d'expliquer la relation entre deux variables en
recherchant une corrélation ou une causalité. Ceci est difficile et pas du tout
aisé en sciences sociales car il est rare qu'il y ait une cause unique pour un
phénomène particulier. Il existe souvent plusieurs causes qui se chevauchent et
qui sont difficiles à analyser. Il faut donc faire une distinction entre corrélation
et causalité.
Dans de nombreux cas, la corrélation entre deux variables dans la société est
une corrélation fictive et il y a une troisième variable qui contrôle les deux
variables. Par exemple, le chercheur/ la chercheuse remarque à travers les
données statistiques disponibles que la proportion de la consommation de
crème glacée augmente avec l'augmentation du nombre de touristes :
il/elle conclut donc qu'il existe une corrélation entre la consommation de la
crème glacée et le tourisme. Néanmoins, si le chercheur/la chercheuse creuse
davantage dans l’étude, il/elle constaterait que la raison de l'augmentation de la
consommation de glaces n'est pas l'augmentation des touristes mais
simplement le temps chaud qui, à son tour, est la raison pour laquelle on prend
des congés en été et que le nombre de touristes augmente. Ainsi, la météo
devient la variable constante, qui provoque le changement de consommation
de crème glacée et le départ en vacances. La relation apparente et superficielle
entre la consommation de la crème glacée et le tourisme est illusoire et non
causale.
Les conditions de la causalité
Il y a cinq conditions de base pour la causalité :
• Corrélation : Il doit y avoir une corrélation entre les deux variables.
Par exemple, dans un article publié dans un journal américain, l'auteur
39
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
affirme qu'une nouvelle étude confirme que les voitures rouges sont plus
SCIENTIFIQUE
sujettes aux accidents de la circulation que celles d’autres couleurs.
Même s'il est possible que le nombre d'accidents de voitures rouges au
cours d'une année donnée soit le plus élevé, cela ne signifie pas pour
autant qu'il y a un lien de causalité car il n'y a pas de corrélation entre la
couleur de la voiture et la possibilité d'une collision routière.
40
COMMENT ANALYSER LES DONNÉES QUANTITATIVES ?
• La relation ne doit pas être fictive : Par exemple, on parle
beaucoup de la relation entre la saison (généralement l'hiver) et le taux
de suicide. Mais en réalité cette relation est illusoire, car la variable
causale n'est pas la « saison » mais plutôt la basse température.
• Le résultat doit précéder la cause : La succession dans le temps
est un facteur clé pour déterminer la causalité. Lorsque le phénomène existe
avant la cause, la relation ne peut pas être causale. Par exemple, dire que
le confessionalisme est la cause de la révolution syrienne est une
conclusion erronée car il semble que le confessionalisme est plus un
résultat qu'une raison parce qu'il est apparu de manière claire après la
révolution et non avant.
• Pas de cause, pas de résultat : Si le résultat existe sans la
présence de la cause, alors la relation n'est pas causale. Par exemple, s'il
y a des taux élevés de suicide en été, on ne peut pas conclure une
causalité entre basse température et suicide, même si les taux de
suicide sont plus élevés en hiver. À la rigueur, on peut dire qu'il y a une
corrélation, mais pas nécessairement une causalité. Il en va de même
pour la relation entre le tabagisme et le cancer du poumon. S'il y a des
personnes diagnostiquées avec un cancer du poumon alors qu'elles ne
fument pas ou des personnes qui fument et n'ont pas développé de
cancer, la cause du cancer du poumon ne peut pas être réduite au
tabagisme. Des études peuvent prouver néanmoins une certaine
association entre le tabagisme et le cancer.
• Pas d'alternative : Habituellement, le chercheur/la chercheuse
doit essayer de trouver des alternatives pour expliquer un certain
résultat avant de confirmer la causalité. Par exemple, les [Link]
supposent généralement que la raison pour laquelle les élèves ne
réussissent pas bien aux examens est qu'ils n'étudient pas suffisamment.
Cette causalité ne peut toutefois être prouvée que si nous excluons tous
les autres facteurs qui pourraient affecter les résultats de l'examen. Par
exemple, la difficulté de l’examen, l’incapacité de l’enseignant.e à bien
expliquer la matière, la température (le temps trop chaud ou trop froid
qui a affecté les performances des élèves), la situation sécuritaire et
politique (si l’examen était dans une zone de guerre ou une crise avec
41
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
des réfugié.es, par SCIENTIFIQUE
exemple), etc. Ce n'est que lorsqu'il n'y a pas
d'alternative pour expliquer les mauvais résultats aux examens que nous
pouvons dire qu'il y a une cause entre le temps alloué à la révision et le
résultat aux examens.
42
COMMENT LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE EST-ELLE RÉDIGÉE ET PUBLIÉE ?
Comment la recherche
7
scientifique est-elle rédigée et
.
publiée ?
Déterminer le produit final
La méthode de formulation des résultats de la recherche est basée sur le public
cible et la partie qui finance ou soutient la recherche. Les résultats de toute
recherche scientifique peuvent être formulés sous la forme d'un rapport,
d'un document de recherche ou d'une étude de politique.
Les organisations de la société civile ou les organisations internationales
adoptent généralement le rapport comme forme de base du produit final de
la recherche. Le rapport traite du sujet et de la question de la recherche,
présente et explique les résultats et contient des recommandations. Dans
l'ensemble, le rapport n'entre pas dans des discussions théoriques sur le
sujet étudié et il ne prête aucune attention aux écoles de pensée et aux
études universitaires car il se concentre davantage sur l'aspect scientifique.
Quant au document de recherche, il prend la forme d'une recherche
académique car il alloue un espace important à la revue de la littérature et
à l'explication de la méthodologie de recherche, contrairement à un rapport
(voir la section sur la structure de la recherche scientifique ci-dessous).
Quant à l'étude de politique, elle se base principalement sur la lecture et la
description d'un cas spécifique pour présenter des propositions de politiques
spécifiques.
Méthode scientifique
et méthodologique de formulation
41
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
Le chercheur/la chercheuseSCIENTIFIQUE
doit adopter une méthode scientifique dans la
formulation de ses recherches qui comprenne les éléments suivants :
42
COMMENT LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE EST-ELLE RÉDIGÉE ET PUBLIÉE ?
– Un langage clair ;
– Brièveté et concision ;
– Non-redondance ;
– La capacité d'organiser les informations et les idées et de les présenter de manière
logique ;
– Précision, clarté et exactitude loin du flou et de la généralité ;
– Soutenir les idées avec les preuves les plus appropriées ;
– Cohésion et séquence entre les parties, les sections et les éléments du sujet ;
– Forte connexion dans le processus de passage d'un mot à un autre
et d'un para graphe à un autre ;
– Ne pas accepter et croire que les jugements et opinions qui doivent être
cités sont des arguments et des axiomes absolus et définitifs mais
toujours considérer que ce ne sont que des hypothèses qui peuvent être
analysées, discutées, critiquées et réfutées.
Respecter les règles de
citation, d'attribution et de
documentation
Un certain nombre de règles doivent être respectées lors de la rédaction de la
recherche :
– Ne pas accepter que les jugements et opinions qui doivent être cités
soient des arguments et des axiomes absolus et définitifs, mais veiller à
ce qu’ils soient toujours considérés comme de simples hypothèses
sujettes à analyse, discussion et critique.
– Tenir à la précision dans le choix de ce qui est cité et prendre au
sérieux la sélection d'échantillons dignes d'être cités dans la
recherche scientifique.
– Rechercher l’objectivité dans l'analyse et la formulation de la recherche ou du
rapport.
– Éviter les erreurs et les omissions dans le processus de citation.
– Ne pas exagérer ou allonger la citation.
Structure du rapport / de la recherche
Toute recherche scientifique possède une structure que le chercheur doit adopter :
– Page de titre
– Table des matières
43
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
– Résumé ou sommaire exécutif
SCIENTIFIQUE
– Introduction
– Revue de la littérature
44
COMMENT LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE EST-ELLE RÉDIGÉE ET PUBLIÉE ?
– Méthodologie
– Analyse des données : sous-sections
– Résultats et recommandations
– Conclusion
– Annexes
– Bibliographie
Page de titre : Le choix du titre est sujet à plusieurs règles et
dispositions objectives, formelles et méthodologiques, notamment les
suivantes :
– Exactitude et clarté : Le titre doit être précis, spécifique et facile à
comprendre, éviter les généralités et le flou.
– Brièveté : Le titre ne doit pas être trop bref au point de ne pas saisir les
dimensions ; ni trop long et vague au point de prêter à toutes sortes
d’interprétations ;
– Il doit indiquer le contenu : Le titre doit refléter le contenu de
l'étude dans le cadre de la spécialisation spécifique. Ceci est essentiel
pour augmenter le nombre de lecteurs/lectrices et faciliter le processus
d'interaction avec l'étude par d'autres chercheurs/chercheuses
travaillant dans le même domaine et sur le même sujet.
– Modernité, originalité et attractivité : Le chercheur/la
chercheuse doit choisir un titre qui le distingue des autres
chercheurs/chercheuses et qui attire l'attention des lecteurs/lectrices et
des autres chercheurs/chercheuses.
Table des matières : Cette page contient une liste qui identifie toutes les
sections et tous les axes, en spécifiant le numéro de page sur lequel
commence chaque section.
Sommaire exécutif : Le sommaire exécutif doit inclure des réponses aux cinq
questions disponibles dans chaque article scientifique :
– Quoi : Quel est le sujet/question de recherche ?
– Pourquoi : Quelle est l'importance du sujet ?
– Quand/Où : Quelle est la période étudiée et où ?
– Comment : Quelle est la méthodologie utilisée ?
– Et nous revenons enfin à la question « Quoi ? » pour définir les résultats de la
recherche.
45
FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
Introduction : L'introduction est l'ouverture générale au sujet de la
recherche et à ses divers aspects. L'introduction doit ouvrir directement la
recherche en introduisant le sujet de l'étude de manière claire et concise.
Dans l'introduction, le chercheur/la chercheuse
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COMMENT LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE EST-ELLE RÉDIGÉE ET PUBLIÉE ?
résume ses idées et l'orientation du sujet de recherche en théorie et définit
la question de recherche, son importance et les objectifs qu'elle vise à
atteindre, ainsi que les domaines de recherche et les hypothèses à tester
qu'il/elle s'est fixés. L'introduction est une fonction essentielle pour préparer
l’esprit du lecteur/de la lectrice et fournir la structure de la recherche. Ainsi,
l'introduction convainc le lecteur/la lectrice de continuer ou d'arrêter de lire
la recherche.
L'introduction doit se caractériser ainsi :
– Brièveté (ne pas dépasser 10% de la recherche)
– Précision
– Clarté
– Indication du sujet
L'introduction doit expliquer ce
qui suit :
– Le sujet de la recherche
– L'importance et les raisons de la recherche
– La question de recherche
– Les problématiques et hypothèses
– La structure de la recherche
Revue de la littérature : La revue de la littérature est une section
essentielle car elle définit le cadre théorique de la recherche et présente au
lecteur/à la lectrice les idées de base, les hypothèses et les théories
avancées sur le sujet de la recherche. Ce passage permet de connaître et de
comprendre les différents avis et recherches sur le sujet. La revue de la
littérature permet de dégager des hypothèses et de déterminer les théories
qui seront examinées dans la recherche. La revue ne doit pas être
simplement un résumé des recherches antérieures, mais plutôt un examen
complet, une évaluation et une discussion des études à la lumière du sujet
de recherche présenté dans l'étude.
Parmi les caractéristiques de la revue de la littérature figurent :
– Exhaustivité dans la présentation de toutes les théories sur le sujet ;
– Analyse et discussion, et pas seulement résumer et mentionner ;
– Pensée critique et évaluation des théories avancées ;
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FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
– Analyse et mise en rapport.
SCIENTIFIQUE
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COMMENT LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE EST-ELLE RÉDIGÉE ET PUBLIÉE ?
Méthodologie de la recherche : Le chercheur/la chercheuse doit
consacrer une section pour discuter de la méthodologie utilisée dans la
recherche et des outils qui ont été utilisés pour collecter les informations.
En outre, cette section devrait discuter de la manière dont l'échantillon a
été sélectionné et les données collectées et analysées. De plus, le
chercheur/la chercheuse devrait discuter dans ce paragraphe des difficultés
et obstacles qu'il/elle a rencontrés au cours de la recherche. Enfin, ce
paragraphe comprend une discussion sur l'aspect éthique adopté dans la
recherche.
Analyse des données : L'analyse des données est la partie la plus
importante de la recherche scientifique car elle comprend toutes les sections liées
à l'analyse des informations et des données collectées lors de la recherche sur le
terrain. Cette section traite des résultats principaux et secondaires de la
recherche scientifique. Les données sont analysées en détail et de manière
précise, les résultats discutés et les hypothèses testées. Cette analyse suit la
méthode scientifique de rédaction, d'édition et de formulation des résultats,
les règles de citation, les règles d'attribution, de définition des marges et
d'intégrité scientifique.
Résultats et recommandations : Sur la base des résultats présentés
et analysés dans la section précédente, le chercheur/la chercheuse peut
tirer certaines conclusions et émettre des recommandations spécifiques.
Conclusion : La conclusion est généralement la réponse courte à la question
de recherche. La conclusion réitère le sujet de recherche et la question de
recherche rapidement et succinctement. Ensuite, la conclusion résume les
principaux résultats de la recherche sur la base d'une analyse des
informations. Tout comme l'introduction, la conclusion ne doit pas dépasser
10% de la recherche. Une bonne conclusion ne doit rien avancer de nouveau ou
fournir des informations et des analyses qui n'ont pas été mentionnées dans les
sections précédentes. La conclusion peut terminer la recherche en mettant la
lumière sur un nouvel aspect du sujet de recherche ou en proposant de
futurs sujets liés à la recherche.
Annexes : La recherche scientifique propose souvent une ou plusieurs
annexes contenant des informations supplémentaires qui ne peuvent pas
être présentées dans les sections principales de la recherche. L'Annexe peut
inclure des documents officiels ou constitutionnels, des questions du
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FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
questionnaire sur lesquelles le chercheur/la chercheuse s’est appuyé.e, ou
SCIENTIFIQUE
des photos détaillées, etc.
Références : Le chercheur/la chercheuse doit spécifier toutes les
références qui ont été utilisées dans la recherche.
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COMMENT LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE EST-ELLE RÉDIGÉE ET PUBLIÉE ?
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FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG - MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
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SCIENTIFIQUE
حسـن كوجك وولـيم تامـروس عبيـد .مراجعـة سـعد لـوبي أحمـد .القاهـرة :الـدرا العربية.
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IMPRESSION
IMPRESSION
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Version originale, Friedrich-Ebert-Stiftung (2016) :
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Traduction de l’arabe : Noureddine Bessadi
Relecture : Amel Lafif-Jedidi
Design et mise en page : Atelier Graphèmes
L’utilisation commerciale des médias
publiés par la Friedrich-Ebert-Stiftung (FES)
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sans autorisation écrite de la FES
ISBN : 978-9931-551-20-1
MÉTHODOLOGIE
DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
POUR LES ORGANISATIONS
DE LA SOCIÉTÉ CIVILE
Réponses pratiques
à des questions essentielles
• Qu'est-ce que la recherche en sciences sociales ?
• Quelle est la méthodologie de la recherche scientifique ?
• Qu'est-ce que la recherche qualitative ?
• Qu'est-ce que la recherche quantitative ?
• Comment les données quantitatives sont-elles analysées ?
• Comment la recherche scientifique est-elle rédigée et publiée ?
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