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Un 3

Le rapport du Secrétaire général des Nations Unies pour l'année 2024 souligne les défis mondiaux tels que les conflits, le changement climatique et les inégalités, tout en mettant en avant les efforts de l'ONU pour soutenir le développement durable et la paix. Il présente des initiatives clés comme le Pacte pour l'avenir et le Pacte numérique mondial, visant à revitaliser le système multilatéral et à promouvoir l'inclusion numérique. Malgré des obstacles, des progrès ont été réalisés dans divers domaines, notamment la protection sociale et l'éducation, avec un appel à renforcer la coopération mondiale pour atteindre les objectifs de développement durable d'ici 2030.

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Le rapport du Secrétaire général des Nations Unies pour l'année 2024 souligne les défis mondiaux tels que les conflits, le changement climatique et les inégalités, tout en mettant en avant les efforts de l'ONU pour soutenir le développement durable et la paix. Il présente des initiatives clés comme le Pacte pour l'avenir et le Pacte numérique mondial, visant à revitaliser le système multilatéral et à promouvoir l'inclusion numérique. Malgré des obstacles, des progrès ont été réalisés dans divers domaines, notamment la protection sociale et l'éducation, avec un appel à renforcer la coopération mondiale pour atteindre les objectifs de développement durable d'ici 2030.

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A/80/1*

Nations Unies

Rapport du Secrétaire général


sur l’activité de l’Organisation

Assemblée générale
Documents officiels
Quatre-vingtième session
Supplément nº 1
A/80/1*
Assemblée générale A/80/1*
Documents officiels
Quatre-vingtième session
Supplément nº 1

Rapport du Secrétaire général


sur l’activité de l’Organisation

Nations Unies • New York, 2025

* Nouveau tirage pour raisons techniques (28 août 2025).


Note

Les cotes des documents de l’Organisation des Nations Unies se composent de


lettres et de chiffres. La simple mention d’une cote renvoie à un document de
l’Organisation.

ISSN 0252-0052
[18 juillet 2025]

Table des matières


Chapitre Page

I. Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
II. Activité de l’Organisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
A. Action en faveur d’une croissance économique soutenue et du développement durable . . 6
B. Maintien de la paix et de la sécurité internationales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
C. Développement en Afrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
D. Promotion et protection des droits humains . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
E. Efficacité de la coordination des opérations d’assistance humanitaire . . . . . . . . . . . . . . . . 19
F. Promotion de la justice et du droit international . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
G. Désarmement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
H. Lutte antidrogue, prévention de la criminalité et lutte contre le terrorisme . . . . . . . . . . . . 24
III. Bon fonctionnement de l’Organisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28

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Chapitre I
Introduction
1. Le présent rapport dresse le bilan d’une année qui a été marquée par des vents
contraires, mais qui a également été source d’espoir pour l’humanité. En 2024, des
conflits meurtriers ont continué de provoquer de terribles souffrances et des
déplacements de masse. De nouveaux records de chaleur ont été battus. La pauvreté
et la faim se sont aggravées, les inégalités se sont creusées, des technologies porteuses
de transformation telles que l’intelligence artificielle se sont développées sans
véritables garde-fous, et le droit international et les droits humains ont été bafoués.
2. Face à l’ampleur des difficultés, l’ONU s’est attachée à traduire nos valeurs
communes en mesures concrètes sur le terrain au profit des populations du monde
entier.
3. En 2024, par l’intermédiaire de nos 40 bureaux et missions politiques spéciales
et de nos 11 opérations de maintien de la paix, nous avons contribué à prévenir
l’éclatement, l’escalade et la poursuite des conflits.
4. En collaboration avec nos partenaires, nous avons apporté une aide et une
protection vitales à plus de 116 millions de personnes. Dans des pays et des régions
en proie à des conflits, notamment la Corne de l’Afrique, le Soudan, le Territoire
palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, l’Ukraine ou le Yémen, nous avons
fourni aux populations des aliments, des produits nutritionnels et de l’eau, mais aussi
des services d’assainissement, des soins de santé, des services éducatifs, des abris et
une protection.
5. Nous sommes intervenus à la suite de catastrophes, notamment dans le contexte
des inondations en Asie du Sud-Est et au Soudan, de l’ouragan Beryl dans les
Caraïbes, du séisme à Vanuatu et de la sécheresse en Afrique australe et en Afrique
de l’Est.
6. En septembre 2024, les États Membres ont adopté le Pacte pour l’avenir, qui
prévoit des mesures essentielles pour revitaliser le système multilatéral et donner un
souffle nouveau aux solutions dont il est porteur pour les populations et la planète.
7. Dans le Pacte, les États Membres ont souligné qu’il importait de renforcer les
mécanismes de paix en privilégiant les outils de prévention, de médiation et de
consolidation de la paix. En 2024, nous avons entrepris d’examiner nos opérations de
paix – notamment les missions de maintien de la paix et les missions politiques
spéciales – afin de répondre plus efficacement aux menaces complexes qui pèsent
aujourd’hui sur la paix et la sécurité.
8. Le Pacte a également été l’occasion pour les États Membres d’appuyer
l’établissement d’un plan de relance des objectifs de développement durable et
d’appeler à la réforme de l’architecture financière internationale. En collaboration
avec des banques multilatérales de développement et des gouvernements, nous
plaidons en faveur de changements dans des domaines essentiels de la gouvernance
économique mondiale, notamment l’allègement de la dette, la coopération fiscale et
la représentation des pays en développement dans les instances de décision.
9. En ce qui concerne la lutte contre la crise climatique, nous avons aidé 170 pays
à préparer ou à mettre en œuvre leurs contributions déterminées au niveau national
en vue de réduire leurs émissions. Par l’intermédiaire du Fonds pour l’environnement
mondial, nous avons également apporté un financement et un soutien à 35 pays en
développement afin d’accélérer la mise en œuvre d’initiatives de développement à
faible intensité de carbone, notamment dans les domaines de l’électrification, de
l’efficacité énergétique et des infrastructures.

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10. L’adoption du Pacte numérique mondial, qui est annexé au Pacte pour l’avenir,
constitue un événement majeur. Outre qu’il illustre la capacité de l’ONU de répondre
de façon proactive aux enjeux contemporains, cet instrument symbolise notre volonté
collective de combler le fossé numérique, de promouvoir l’inclusion numérique et de
protéger les droits humains à l’ère du numérique. En s’attaquant aux problèmes les
plus pressants de notre temps, l’Organisation ouvre la voie à un avenir plus équitable
et plus durable, dans lequel les technologies numériques seront mises au service de
l’humanité tout entière.
11. Nous avons entrepris d’élaborer un rapport sur les formules novatrices de
financement volontaire dans le domaine de l’intelligence artificielle afin que tous les
pays puissent bénéficier de cette technologie, et nous nous attachons à aider les États
Membres à créer un groupe scientifique international indépendant de l’intelligence
artificielle et à instaurer un dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence
artificielle en vue de mettre en place des garde-fous efficaces qui protègent les
populations de la planète à mesure que les technologies évoluent.
12. Nous avons accompli des progrès au regard des engagements pris dans le Pacte
en faveur des jeunes et des générations futures. Entre autres initiatives, nous avons
commencé à mettre au point une plateforme mondiale d’investissement pour les
jeunes afin que les mécanismes de financement nationaux et les plateformes
d’investissement soient mieux adaptés à leurs besoins.
13. Conformément à la Déclaration sur les générations futures, également adoptée
en septembre, nous avons eu recours à la prospective stratégique dans le cadre de la
planification et de l’élaboration de politiques et d’initiatives, notamment en adoptant
des plans stratégiques pluriannuels pour l’ONU, et créé un réseau de prospective
stratégique et une communauté de pratique afin de veiller à ce que nos politiques, nos
programmes et nos opérations sur le terrain nous permettent de relever les défis que
nous anticipons pour les années à venir.
14. Dans toutes les dimensions de ce travail important, nous avons consolidé notre
initiative Nations Unies 2.0 de manière à améliorer notre efficacité et à introduire de
nouvelles innovations dans l’ensemble de l’Organisation en tirant parti de
l’analytique des données et de la transformation numérique.
15. Pour pouvoir mener à bien nos activités vitales, nous devons cultiver un
environnement de travail propice, où règne un climat de respect et où les peuples du
monde entier se sentent véritablement représentés. Nous sommes parvenus à la parité
des genres aux postes de haute direction et parmi les coordonnatrices et
coordonnateurs résidents en 2020 et, pour la première fois de notre histoire, nous
l’avons désormais atteinte dans la catégorie des administrateurs et des fonctionnaires
de rang supérieur.
16. En 2024, dans le cadre de l’action menée par notre réseau de championnes et
champions de la lutte antiraciste, nous avons poursuivi notre dialogue avec le
personnel et les équipes dirigeantes de l’ensemble de l’Organisation et continué de
dispenser des formations, de mener des activités de sensibilisation et d’examiner
l’application du principe de responsabilité afin de veiller à ce que l’ONU respecte
toujours ses propres valeurs – au sein de ses services comme à l’extérieur.
17. Le présent rapport montre que, bien que nous vivions actuellement une période
extrêmement difficile – et précisément pour cette raison –, nous pouvons et devons
continuer d’œuvrer en faveur du monde meilleur dont nous savons qu’il est à notre
portée. Nous redoublerons d’efforts pour parvenir à la paix, pour favoriser le
développement durable et pour défendre et promouvoir les droits humains au profit
de l’humanité dans son ensemble.

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Chapitre II
Activité de l’Organisation
A. Action en faveur d’une croissance économique soutenue et du
développement durable

Le contexte
18. À cinq ans de l’échéance de 2030, les progrès accomplis sur la voie de la
réalisation des objectifs de développement durable sont trop lents et ont été encore
entravés par les inégalités persistantes, le fardeau croissant de la dette, les tensions
commerciales, les conflits et les dérèglements climatiques. À ce jour, la promesse de
ne laisser personne de côté n’a pas été tenue. L’égalité des genres peine à se
concrétiser dans tous les domaines, notamment en ce qui concerne les droits
économiques, la participation, l’accès aux nouvelles technologies et la représentation
politique.

Nos objectifs
19. Malgré un contexte mondial difficile, l’Organisation et ses partenaires restent
déterminés à appuyer l’action menée pour réaliser les objectifs de développement
durable. Mettant à profit le nouvel élan suscité par le Pacte pour l’avenir, les équipes
de pays des Nations Unies, sous la houlette des coordonnatrices et coordonnateurs
résidents, s’attachent à renforcer le soutien qu’elles apportent aux pays dans le respect
des priorités nationales.

Nos réalisations
Mise en œuvre du Programme 2030
20. À l’occasion du forum politique de haut niveau pour le développement durable
de 2024, nous avons réuni plus de 90 hauts responsables pour examiner les progrès
accomplis dans la mise en œuvre du Programme de développement durable à
l’horizon 2030 et mettre en commun des solutions novatrices permettant d’accélérer
l’obtention de résultats.
21. Malgré plusieurs revers, les dernières données sur la réalisation des objectifs de
développement durable mettent en lumière quelques progrès encourageants. En 2023,
pour la première fois, plus de la moitié de la population mondiale (52,4 %) a bénéficié
d’au moins une prestation de protection sociale, contre 42,8 % en 2015. Le
pourcentage de jeunes ayant achevé le deuxième cycle de l’enseignement secondaire
est passé de 53 % en 2015 à 60 % en 2024. Le taux d’alphabétisation s’améliore, et
les disparités fondées sur le genre dans le domaine de l’éducation se réduisent. Des
avancées notables ont été observées au regard de divers indicateurs de santé,
notamment la mortalité des enfants de moins de cinq ans et le nombre de personnes
atteintes de maladies transmissibles. L’innovation dans le domaine des énergies
renouvelables a fait un bond en avant à la faveur d’investissements records. Le niveau
de desserte numérique est passé de 40 à 68 % au cours de la dernière décennie, et le
taux d’accès à l’électricité de 87 à 92 % entre 2015 et 2023.
22. Nous avons intensifié notre soutien à l’action menée pour réaliser les objectifs
de développement durable au niveau local et appuyé des centaines de projets mis en
œuvre sur le terrain. Par l’intermédiaire de la coalition Local2030, nous avons
également soutenu 30 initiatives locales et un programme de renforcement des
capacités visant à mobiliser les connaissances et les investissements nécessaires à la
réalisation du développement durable.

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Accroissement du financement du développement


23. Le renforcement des coalitions et des plateformes à l’appui d’un financement
plus inclusif, plus résilient et plus durable est essentiel à la réalisation du Programme
2030. Dans le Pacte pour l’avenir, les États Membres ont appelé à la réforme de
l’architecture financière internationale, et les préparatifs de la quatrième Conférence
internationale sur le financement du développement ont été l’occasion de s’attaquer
aux difficultés économiques mondiales et aux questions liées à la soutenabilité de la
dette, à la coopération fiscale et à l’investissement dans les objectifs de
développement durable.

Un pacte pour un avenir durable


Adopté par consensus lors du Sommet de l’avenir en septembre
2024, le Pacte pour l’avenir marque une étape décisive dans le
renforcement de la coopération mondiale et l’accélération de l’action
menée pour réaliser les objectifs de développement durable. Afin de faire
face aux réalités d’aujourd’hui et de relever les défis de demain, les États
Membres se sont de nouveau engagés à accélérer la mise en œuvre du
Programme 2030 en demandant notamment que la tech nologie soit mise
au service du développement durable et que le système financier mondial
soit réformé de façon à mieux servir et représenter les intérêts des pays en
développement.

24. Les chefs d’État et de gouvernement ont manifesté leur soutien au groupe de
dirigeantes et de dirigeants créé par le Secrétaire général dans le cadre du plan de
relance des objectifs de développement durable, ce qui a permis de revoir à la hausse
les ambitions politiques en matière de réforme de l’architecture financière et de mise
en œuvre du plan de relance.
25. Afin de renforcer la gouvernance économique mondiale, l’Assemblée générale
a adopté le mandat pour l’élaboration d’une convention-cadre des Nations Unies sur
la coopération internationale en matière fiscale, qui jouera un rôle déterminant dans
la mise en place d’un système fiscal mondial plus inclusif et plus équitable.
26. Les initiatives visant à mobiliser des investissements ont également pris de
l’ampleur, en particulier sur les axes de transformation essentiels que sont les
systèmes alimentaires, l’énergie, la transformation numérique, l’éducation, l’emploi,
la protection sociale et la lutte contre les changements climatiques, la perte de
biodiversité et la pollution, qui sont autant de catalyseurs de la réalisation des
objectifs de développement durable. Des projets de partenariat entre gouvernements
et milieux industriels d’un montant supérieur à 13 milliards de dollars ont été
présentés lors de la neuvième Foire de l’investissement en faveur des objectifs de
développement durable.

Ne laisser personne de côté


27. Nous avons continué d’accorder une attention particulière aux groupes
marginalisés et aux personnes en situation de vulnérabilité, notamment en fournissant
un appui aux personnes déplacées, aux enfants, aux jeunes, aux personnes âgées, aux
peuples autochtones et aux personnes handicapées. L’édition 2024 du World Social
Report a montré que les chocs convergents avaient des effets disproportionnés sur les
populations défavorisées et qu’une action rapide s’imposait pour assurer une
croissance inclusive et résiliente. Il ressort également de l’édition 2024 de l’étude des
Nations Unies sur l’administration en ligne qu’il faut accélérer au plus vite la

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transformation numérique, considérée comme un levier essentiel d’un développement


équitable et durable.
28. Les dispositions du Programme d’action de Doha en faveur des pays les moins
avancés ont été prises en compte dans les plans nationaux visant à renforcer la
résilience face aux chocs et à faciliter une transformation structurelle dans les pays
les moins avancés. Plusieurs de ces pays, à savoir le Bangladesh, le Cambodge, les
Îles Salomon, le Népal, la République démocratique populaire lao et le Sénégal,
devraient sortir de cette catégorie d’ici à 2029.
29. Nous avons défini un axe de travail particulier dans le cadre du Programme
d’Antigua-et-Barbuda pour les petits États insulaires en développement en vue
d’appuyer la création d’un centre de formation supérieure. Nous avons également tiré
parti du Cadre de partenariats pour les petits États insulaires en développement et du
Réseau d’affaires mondial des petits États insulaires en développement pour
promouvoir une action durable en matière de climat, de tourisme, d’énergie et de
financement.
30. À la douzième session du Forum urbain mondial, tenue au Caire, les parties
prenantes ont adopté un appel à l’action visant à faire face à la crise mondiale du
logement et à transformer les établissements informels afin d’accélérer la mise en
œuvre du Programme 2030.
31. Dans le rapport sur le handicap et le développement de 2024, des mesures
urgentes sont préconisées pour combler les écarts persistants entre les personnes
handicapées et non handicapées en matière de sécurité alimentaire et d’accès à la
santé, à l’énergie et aux technologies.
32. En Haïti, par l’intermédiaire du Président du Conseil économique et social, nous
avons lancé un appel à l’action en vue de répondre aux besoins des enfants et des
jeunes touchés par la violence, la pauvreté et la malnutrition.

Action climatique
33. L’action climatique a été renforcée en 2024 sous l’effet du nouvel élan politique
lié aux progrès accomplis par les pays dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris.
L’ONU a aidé 64 pays à élaborer leurs premiers rapports biennaux relatifs à la
transparence et 170 pays à préparer les contributions déterminées au niveau national
qu’ils devront présenter en 2025. L’Organisation a également fourni un soutien ciblé
en matière de mise en œuvre dans 30 pays.
34. La Coalition pour le climat et la qualité de l’air en vue de réduire les polluants
atmosphériques à courte durée de vie a facilité l’élaboration par 30 pays d’un plan
d’étapes pour la réduction du méthane, l’objectif étant de parvenir à une réduction de
30 % des émissions d’ici à 2030. Au total, 8 pays ont ratifié, accepté ou approuvé
l’Amendement de Kigali au Protocole de Montréal relatif à des substances qui
appauvrissent la couche d’ozone, et 70 autres ont progressé dans la mise en place de
systèmes de refroidissement à haut rendement énergétique grâce à notre Fonds
multilatéral aux fins d’application du Protocole de Montréal.
35. En 2024, les subventions octroyées par le Fonds pour l’environnement mondial,
d’un montant supérieur à 200 millions de dollars, ont permis d’aider 35 pays en
développement à accélérer le développement à faible intensité de carbone, d’atteindre
plus de 17 millions de personnes et de réduire les émissions dans des proportions
équivalant au retrait de 65 millions de voitures de la circulation. Des initiatives
d’adaptation lancées dans 50 pays devraient également bénéficier à 3,5 millions de
personnes touchées par les effets des changements climatiques, notamment la
sécheresse et l’élévation du niveau de la mer, et aboutir à la restauration de 241 000
hectares de terres.

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36. La présidence de la vingt-neuvième session de la Conférence des Parties à la


Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques a lancé le
Dialogue sur l’initiative de Bakou pour le financement, l’investissement et le
commerce afin d’aider les pays en développement à améliorer leurs contributions
déterminées au niveau national, leurs plans d’adaptation et leurs stratégies de
développement à faible taux d’émission sur le long terme. Le Rapport mondial des
villes de 2024 présente des stratégies destinées à faciliter l’intégration de l’action
climatique dans les politiques et les budgets de développement urbain aux niveaux
local et régional.
37. En 2024, l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement du Programme
des Nations Unies pour l’environnement a favorisé la prise en compte des
connaissances scientifiques dans l’élaboration des politiques environnementales en
adoptant 15 résolutions visant à promouvoir l’action multilatérale en matière de lutte
contre les changements climatiques, la perte de biodiversité et la pollution.

Les négociations sur la lutte contre la pollution plastique progressent


En novembre et décembre 2024, l’ONU a appuyé les négociations
relatives à l’établissement d’un instrument juridiquement contraignant
visant à mettre fin à la pollution plastique. Lors de pourparlers tenus en
République de Corée, plus de 3 300 représentantes et représentants de plus
de 170 pays ont participé à la cinquième session du comité
intergouvernemental de négociation et adopté un texte de la présidence q ui
servira de point de départ à la reprise des négociations en 2025.

Égalité des genres


38. En 2025, 30 ans après l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de
Beijing, l’égalité des genres reste l’un des grands défis de l’humanité, mais aussi l’un
des principaux vecteurs de transformation à l’échelle mondiale. En dépit d’obstacles
persistants, des progrès décisifs ont été accomplis en 2024 grâce au leadership local,
à l’amélioration des cadres politiques et à l’établissem ent de nouveaux partenariats
mondiaux.
39. Le Fonds pour les femmes, la paix et l’action humanitaire a mobilisé plus de
250 millions de dollars et soutenu plus de 1 400 organisations locales dans des
environnements sensibles depuis 2016. Huit nouveaux plans d’action nationaux pour
les femmes et la paix et la sécurité ont été adoptés en 2024, ce qui porte le total à 112.

Agir pour l’égalité des genres à l’échelle du système


Lancé par le Secrétaire général en 2024 à l’occasion de la Journée
internationale des femmes, le Plan pour l’accélération de la réalisation de
l’égalité des genres dans le système des Nations Unies vise à accélérer les
progrès en la matière dans toutes les entités du système. Il s’articule autour
de cinq piliers conçus pour faciliter de véritables changements
institutionnels. Au cours de la première année d’exécution, 75 % des
entités avaient mis en place des mécanismes de pilotage de haut niveau en
matière de genre, et 86 % avaient assuré la participation d’organisations
représentant des femmes et des filles aux échanges stratégiques et aux
réunions organisées par les Nations Unies, comme le montrent le rapport
d’activité publié en 2025 et le recueil des pratiques prometteuses qui
l’accompagne. À l’occasion de l’édition 2025 de la Journée internationale
des femmes, le Secrétaire général a lancé un appel en faveur de l’égalité

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des genres, dans lequel il a réaffirmé notre volonté collective de parvenir


à cet objectif malgré des difficultés croissantes et des reculs manifestes,
en nous concentrant sur quatre priorités urgentes : promouvoir le
leadership, enrayer la régression, mettre fin aux inégalités et protéger les
défenseuses des droits humains.

40. Nous avons appuyé la mise en œuvre de politiques et de pratiques en matière de


soins et la fourniture de services connexes dans 50 pays et 6 régions, et avons soutenu
l’action menée pour mettre fin à la violence fondée sur le genre dans le cadre de la
nouvelle Convention de l’Union africaine sur l’élimination des violences à l’égard
des femmes et des filles.
41. Notre investissement dans les systèmes statistiques nationaux a permis
d’accroître l’utilisation de données relatives au genre dans plus de 76 pays et
d’orienter l’élaboration de plus de 38 politiques et programmes. Le Plan d’action pour
l’égalité des genres visant à soutenir la mise en œuvre du Cadre de Sendai pour la
réduction des risques de catastrophe (2015-2030) a en outre été lancé à l’issue de
consultations avec 70 États Membres et plus de 500 parties prenantes.
42. Sachant que moins de 27 % des parlementaires dans le monde étaient des
femmes en 2023, les auteurs du rapport intitulé « Gros plan sur l’égalité des sexes
2024 » estiment que la parité des genres dans les parlements pourrait ne pas être
atteinte avant 2063. Au rythme actuel, il faudra encore 137 ans pour mettre fin à
l’extrême pauvreté des femmes. En dépit de ces difficultés, nous avons aidé plus de
3 500 organisations de la société civile et organisations dirigées par des femmes et
plus de 1 000 partenaires à renforcer leur leadership et leur capacité de promouvoir
la prise en compte des questions de genre dans les lois et les politiques, preuve de
notre engagement en faveur de l’égalité des genres et des droits des femmes dans le
monde.

Appui régional
43. Les cinq commissions régionales ont tenu des forums annuels sur le
développement durable qui ont servi de plateformes intergouvernementales et
multipartites permettant de faciliter les débats et d’évaluer les progrès accomplis au
niveau régional dans la mise en œuvre du Programme 2030. Ces forums, qui ont réuni
des milliers de participantes et de participants, ont été l’occasion de lancer des
réflexions régionales en amont du forum politique de haut niveau pour le
développement durable, de faciliter la transmission du savoir entre pairs par
l’intermédiaire des examens nationaux volontaires et de donner forme aux
perspectives régionales concernant le Pacte pour l’avenir. Les commissions
régionales ont également procédé au suivi et à l’examen régionaux des pro grammes
d’action mondiaux en faveur des pays les moins avancés, des pays en développement
sans littoral et des petits États insulaires en développement. Dans le cadre de leurs
travaux, elles ont en outre appuyé la mise en œuvre de 38 projets axés notamment sur
la transformation numérique, le renforcement des capacités et la résilience aux
changements climatiques.
44. Les plateformes de collaboration régionale, qui fournissent une assistance
stratégique et technique intégrée en temps voulu aux coordonnatrices et
coordonnateurs résidents et aux équipes de pays des Nations Unies, se sont révélées
essentielles pour faire le lien entre les mandats de portée mondiale et l’action menée
au niveau national. Leurs activités ont notamment consisté à mobiliser les capacités
et les ressources du Fonds commun pour les objectifs de développement durable afin
d’envoyer des renforts stratégiques et transfrontières supplémentaires aux équipes de
pays des Nations Unies au Sahel central. Ces efforts ont abouti au lancement,

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conjointement avec les autorités de transition, de 10 programmes au Burkina Faso, au


Mali et au Niger.

Système des coordonnatrices et coordonnateurs résidents


45. En 2024, le système des coordonnatrices et coordonnateurs résidents a mené ses
activités dans plus de 160 pays et territoires, coordonnant et supervisant le soutien
apporté au niveau national. Des enquêtes indépendantes sur l’incidence et la
performance montrent que l’action menée à l’échelle du système a donné lieu à des
progrès substantiels, 89 % des gouvernements hôtes ayant estimé que l’Organisation
avait fourni des services consultatifs de manière intégrée, contre 88 % l’année
précédente.
46. Les coordonnatrices et coordonnateurs résidents dirigent les équipes de pays des
Nations Unies qui aident les gouvernements à élaborer des politiques et des cadres
réglementaires intersectoriels. Ces politiques recensent les possibilités
d’investissement public et privé et prévoient la mobilisation de divers acteurs à
l’appui de la conception de solutions de financement sur mesure permettant
d’accélérer la réalisation des objectifs de développement durable. Les
coordonnatrices et coordonnateurs résidents s’attachent également à renforcer les
capacités des institutions publiques et de la société civile.

B. Maintien de la paix et de la sécurité internationales

Le contexte
47. L’action multilatérale en faveur de la paix et de la sécurité est soumise à des
pressions d’une ampleur sans précédent. Les conflits ont des coûts humains et
économiques majeurs, et les tensions géopolitiques croissantes sont source
d’incertitude et font obstacle aux initiatives multilatérales. En adoptant le Pacte pour
l’avenir, les États Membres ont réaffirmé leur attachement à la Charte des Nations
Unies et leur volonté de renforcer la gouvernance mondiale en vue de bâtir un monde
juste, sûr et durable. Dans le cadre de la mise en œuvre du Pacte, l’ONU s’emploie à
examiner l’avenir des opérations de paix sous toutes leurs formes afin de trouver les
moyens d’adapter les futurs efforts de paix et de sécurité des Nations Unies à
l’évolution des besoins.

Nos objectifs
48. Nous soutenons les États Membres en nous attachant à promouvoir la paix et la
sécurité internationales, conformément à la Charte et aux mandats émanant de
l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité. En ayant recours à tous les outils
diplomatiques offerts par la Charte et aux bons offices du Secrétaire général, nous
aidons les gouvernements à faire face aux crises politiques et à prévenir, gérer et
régler les conflits. Nous œuvrons en faveur d’une participation pleine, égale et
effective des femmes et des jeunes aux processus politiques et aux processus de paix.
La prévention des génocides et d’autres atrocités criminelles, des violences sexuelles
liées aux conflits, des violations des droits de l’enfant dans les situations de conflit
armé et de l’exploitation et des atteintes sexuelles restent au cœur de notre action.

Nos réalisations
Prévention, maîtrise et règlement des conflits
49. Le soutien apporté au Conseil de sécurité demeure une composante essentielle
de nos activités. En 2024, nous avons appuyé la tenue de 429 réunions formelles et
informelles, ainsi que l’adoption de 46 résolutions et de 7 déclarations de la

25-07881 11/29
A/80/1

présidence. Nous avons également contribué à l’organisation de 115 réunions des


organes subsidiaires du Conseil.
50. En dépit de menaces croissantes, nous avons poursuivi notre action sur le
terrain, protégeant chaque jour des centaines de milliers de civils et œuvrant en faveur
des processus de paix. Par l’intermédiaire de nos 40 missions politiques spéciales et
de nos 11 opérations de maintien de la paix, nous avons contribué aux initiatives mises
en œuvre par les États Membres pour prévenir le déclenchement, l’escalade, la
poursuite et la reprise des conflits.
51. En République arabe syrienne, durant la phase de transition politique, nous
avons travaillé aux côtés d’un large éventail de parties prenantes, y compris les
autorités intérimaires, conformément aux principes énoncés dans la résolution
2254 (2015) du Conseil de sécurité, afin de désamorcer la violence, de protéger les
civils et de prévenir le risque de débordement régional. Dans le Territoire palestinien
occupé, y compris Jérusalem-Est, Gaza et la Cisjordanie, et dans l’ensemble de la
région, nous avons coopéré étroitement avec l’ensemble des parties pour mettre fin à
la violence, améliorer l’accès humanitaire et faire en sorte qu’une aide continue d’être
fournie aux populations touchées. Nous avons intensifié les activités de plaidoyer en
faveur de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de
Palestine dans le Proche-Orient, dont le rôle crucial en matière d’aide humanitaire et
de développement humain est gravement menacé. Au Liban, l’ONU a appuyé la
désescalade et la reprise de la cessation des hostilités, conformément au mandat
énoncé dans la résolution 1701 (2006), ce qui a permis aux populations de rentrer
chez elles de part et d’autre de la Ligne bleue. Ces efforts n’auraient pu aboutir sans
la mobilisation continue des pays fournisseurs de contingents ou de personnel de
police.
52. Au Soudan, nos initiatives diplomatiques visant à mettre un terme au conflit et
à ouvrir la voie à un processus politique ont notamment consisté à créer le Groupe
consultatif pour le Soudan en vue d’intensifier les efforts de médiation. Nous avons
également organisé des pourparlers indirects afin d’améliorer l’accès humanitaire et
de protéger les civils. À Abyei, les mesures que nous avons prises pour promouvoir
la coexistence pacifique ont contribué à faire reculer la violence intercommunautaire.
53. Le Secrétaire général a réuni le dirigeant chypriote grec et le dirigeant chypriote
turc pour la première fois depuis 2021 afin d’encourager les progrès et de relancer le
dialogue. Malgré des difficultés persistantes dans la zone tampon, notre mission de
maintien de la paix a continué d’appuyer les mesures destinées à promouvoir la
confiance entre les communautés chypriotes. Au Kosovo 1, nous avons contribué au
dialogue entre communautés et favorisé les échanges interculturels entre jeunes en
vue d’apaiser les tensions et de promouvoir la cohésion sociale.
54. Afin de consolider la paix en Colombie, de défendre les droits humains et de
permettre aux victimes du conflit armé d’obtenir justice, nous avons appuyé les
efforts nationaux visant à mettre en œuvre l’Accord final pour la fin du conflit et la
construction d’une paix stable et durable, notamment par l’accélération de la réforme
rurale intégrale et de la redistribution des terres.
55. En ce qui concerne l’Afghanistan, nous avons organisé une réunion des envoyés
spéciaux sur la lutte contre les stupéfiants et le secteur privé dans le cadre du
processus de Doha afin de répondre aux besoins essentiels et de renforcer la
coordination entre la communauté internationale et les autorités de facto. En Libye,
nous avons facilité l’instauration d’un climat de confiance entre les acteurs de la
sécurité réunis au sein d’une nouvelle équipe technique conjointe chargée d’appuyer
__________________
1
Toute mention du Kosovo doit s’interpréter à la lumière de la résolution 1244 (1999) du Conseil
de sécurité.

12/29 25-07881
A/80/1

la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu de 2020. Nous avons également


redoublé d’efforts pour favoriser le règlement de la crise politique au Myanmar,
notamment en recherchant des solutions durables pour les réfugiés rohingya.
56. En République démocratique du Congo, nous avons continué d’appuyer le
dialogue et l’instauration des conditions nécessaires au désarmement, à la
démobilisation et à la réintégration afin de contrer les menaces émanant des groupes
armés et de protéger les civils. Au Soudan du Sud, nous avons renforcé le règlement
des conflits locaux en soutenant les initiatives de paix mises en œuvre par les
communautés et en formant les dirigeants locaux à la médiation.
57. Les partenariats que nous avons noués avec des organisations régionales
demeurent essentiels pour avancer sur la voie de la paix et parvenir à des solutions
politiques, notamment au moyen d’une action conjointe visant à faire appliquer la
résolution 2719 (2023) du Conseil de sécurité, qui autorise le financement des
opérations de paix menées par l’Afrique. En collaboration avec nos partenaires, nous
avons accompagné des transitions politiques dans plusieurs pays d’Afrique de
l’Ouest, du Sahel et d’Afrique centrale et contribué à une sortie de l’impasse post-
électorale en Sierra Leone.

Les femmes et la paix et la sécurité


58. En 2025, 25 ans après l’adoption de la résolution 1325 (2000) du Conseil de
sécurité, l’égalité des genres et la participation des femmes restent des éléments
essentiels des processus politiques et des processus de paix. En octobre 2024, le
Secrétaire général a invité les acteurs de la médiation à prendre des engage ments
communs en faveur de mesures visant à accroître la participation des femmes à ces
processus. En Afghanistan, nous avons fermement défendu les droits humains et la
liberté des femmes et des filles. Nous avons également appuyé la participation des
femmes aux premières élections locales tenues en République centrafricaine depuis
37 ans, en contribuant à assurer la parité des genres sur les listes électorales et en
apportant notre soutien au premier Observatoire national de la parité. En Haïti, nous
avons facilité les consultations avec des centaines de femmes et de représentantes et
représentants de la jeunesse en vue de promouvoir la participation des femmes à la
vie politique.

Appui à la consolidation de la paix


59. En 2024, avec l’appui du Secrétariat, la Commission de consolidation de la paix
a examiné la situation de 34 pays et régions dans le cadre de ses activités et fourni
des orientations au Conseil de sécurité à 11 reprises. La Commission a également aidé
les pays à mettre en commun les enseignements tirés de l’exécution de leurs plans
nationaux de prévention et de consolidation de la paix, notamment au Guatemala, au
Kenya, en Mauritanie, en Norvège et au Timor-Leste. Le Fonds pour la consolidation
de la paix a alloué plus de 116 millions de dollars dans 32 pays et territoires, dépassant
ainsi l’objectif qu’il s’était fixé de consacrer 30 % des fonds à l’égalité des genres et
à l’autonomisation des femmes. Le quart des fonds déboursés a servi à faciliter les
phases de transition d’opérations de maintien de la paix et d’opérations de paix dans
huit pays, dont la République démocratique du Congo.

Assistance électorale
60. En 2024, 4 milliards de personnes environ étaient appelées à voter lors
d’élections tenues dans plus de 70 États Membres, notamment dans certains des pays
les plus peuplés au monde. Afin d’aider les États à organiser des élections crédibles,
pacifiques et ouvertes à toutes et à tous, nous leur avons fourni une assistance
technique sur diverses questions, notamment les enjeux liés à la participation et

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A/80/1

l’évolution rapide de l’écosystème de l’information. Nous avons également consolidé


les partenariats mondiaux dans le cadre d’initiatives conjointes de renforcement des
capacités. En collaboration avec l’Union africaine, nous avons organisé un atelier à
l’intention des femmes présidentes d’organes électoraux en Afrique. Nous avons en
outre contribué à l’organisation de la deuxième session de l’Académie de formation
des femmes au leadership, tenue à Doha en novembre 2024, et d’un atelier sur le rôle
des médias sociaux dans les processus électoraux, organisé en collaboration avec la
Ligue des États arabes.

État de droit et institutions chargées de la sécurité


61. Nos activités de soutien à l’état de droit, à la justice et aux institutions chargées
de la sécurité, qui ont notamment consisté à apporter une aide en matière de gestion
des détenus à haut risque, ont facilité la mise en œuvre de processus politiques et d e
processus de paix qui ont donné lieu à plus de 3 000 condamnations pour des
infractions ayant alimenté des conflits partout dans le monde. Plus de 7 700 membres
de la police des Nations Unies répartis dans 14 missions ont renforcé les capacités
nationales en matière de maintien de l’ordre afin d’accroître l’efficacité des initiatives
axées sur les populations, d’améliorer la protection des civils et de consolider les
dispositifs nationaux d’application du principe de responsabilité.
62. Dans le cadre de l’action menée en matière de réforme du secteur de la sécurité,
nous avons aidé les autorités nationales de 6 pays à élaborer 12 instruments de sécurité
nationale. En outre, l’Organisation a synthétisé les données provenant de 55 États
Membres dans son premier rapport sur les femmes dans le secteur de la défense.
63. Les initiatives mises en œuvre dans le domaine du désarmement, de la
démobilisation et de la réintégration en République centrafricaine et en République
démocratique du Congo ont bénéficié à environ 12 000 personnes, notamment dans
le cadre de programmes de lutte contre la violence au sein de la collectivité et de
gestion des armes.
64. Grâce au travail de coordination du Service de la lutte antimines, plus de
4,4 millions de mètres carrés de terrains contaminés par des engins explosifs ont été
nettoyés en Afghanistan entre juin et octobre 2024. Nous avons également retiré plus
de 5 000 engins explosifs au Soudan du Sud, sécurisant ainsi 500 dispensaires, zones
agricoles, sources d’eau et écoles.

La violence contre les enfants, les enfants et les conflits armés, les violences
sexuelles en période de conflit et la prévention du génocide
65. Afin de combattre la violence sans précédent à laquelle font face des millions
d’enfants de par le monde, l’ONU a mobilisé les volontés au plus haut niveau en
organisant la première Conférence ministérielle mondiale sur l’élimination de la
violence contre les enfants en novembre 2024. Cette manifestation, à laquelle ont
participé 120 États Membres, a donné lieu à un élan politique exceptionnel. Elle a
également vu le lancement de la nouvelle Alliance mondiale pionnière pour
l’élimination de la violence contre les enfants, avec le soutien de 44 États. Les
membres de cette initiative se sont engagés à accélérer l’action menée pour mettre fin
à la violence contre les enfants d’ici à 2030 grâce à des mesures stratégiques, limitées
dans le temps et adaptées au contexte qui s’appuient sur une collaboration entre pairs.
66. En 2024, les droits de l’enfant ont été bafoués de manière flagrante dans les
situations de conflit. En collaboration avec nos partenaires sur le terrain, nous avons
confirmé plus de 41 000 violations graves commises contre des enfants dans 25 pays
et une région. Des enfants ont été recrutés et utilisés, tués ou mutilés, soumis à des
violences sexuelles, enlevés ou privés d’accès à une aide humanitaire, et des
établissements scolaires et des hôpitaux pour enfants ont été pris pour cible. L’ONU

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et ses partenaires ont plaidé en faveur de la libération des enfants détenus par des
parties à un conflit et demandé que soient adoptés des plans d’action visant à prévenir
et à faire cesser les violations graves contre des enfants. Grâce à ces activités d e
plaidoyer, près de 16 500 enfants précédemment associés à des forces ou groupes
armés ont bénéficié d’une protection ou d’une aide à la réintégration en 2024.
67. La violence sexuelle continue d’être utilisée comme tactique de guerre dans un
contexte de multiplication des conflits et d’intensification des déplacements forcés.
Des femmes et des filles ont été victimes de viol, d’esclavage sexuel et de traite de la
part de parties à un conflit, en particulier dans des situations d e déplacement et tandis
qu’elles menaient des activités de subsistance essentielles. Des garçons et des
hommes ont également été pris pour cible, principalement dans des situations de
détention. Le respect par les parties aux conflits des obligations que l eur impose le
droit international, notamment le droit international humanitaire, reste très
insuffisant. Des services de réadaptation complets ont continué d’être offerts aux
personnes rescapées dans le cadre de la Campagne des Nations Unies contre la
violence sexuelle en temps de conflit, notamment au Soudan, au Soudan du Sud et en
Ukraine. Un soutien a également été apporté aux autorités nationales par l’Équipe
d’experts de l’état de droit et des questions touchant les violences sexuelles commises
en période de conflit afin d’améliorer le respect du principe de responsabilité.
68. L’ONU a continué de s’employer à renforcer la prévention du génocide au
niveau mondial en aidant la Zambie à créer son Comité national pour la prévention et
la répression du génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ainsi
que de toute forme de discrimination, et à assurer la formation des membres de cet
organe comme suite à l’adhésion du pays à la Convention pour la prévention et la
répression du crime de génocide en 2022. L’Organisation s’est également attachée à
combattre les discours de haine et la négation du génocide, notamment en participant
à la trentième commémoration du génocide commis contre les Tutsis au Rwanda en
1994 et en publiant de nouveaux documents d’orientation et un cours de formation en
ligne à l’intention du personnel de toutes les entités des Nations Unies.

C. Développement en Afrique

Le contexte
69. L’Afrique vit un moment décisif. De formidables perspectives de croissance
s’offrent au continent, qui est prêt à relever les défis liés aux crises climatiques et
énergétiques, à la dette, aux conflits et à un apport d’aide limité. Cette vision de
l’avenir repose sur une innovation portée par les jeunes, des plans de croissance
nationaux ambitieux, un financement stable et un leadership audacieux. Le
Programme 2030 et l’Agenda 2063 de l’Union africaine continuent d’éclairer la voie
à suivre, et l’action visant à atteindre ces objectifs constitue une priorité urgente pour
l’ONU.

Nos objectifs
70. Nous contribuons aux plans de développement durable de l’Afrique en appuyant
la transformation économique, la paix et la stabilité, en réduisant la fracture
numérique et en promouvant la sécurité alimentaire, l’accès à des programmes de
financement équitables, l’éducation, l’acquisition de compétences numériques, la
création d’emplois, la transition vers les énergies renouvelables et la résilience
climatique. En partenariat avec l’Union africaine, les communautés économiques
régionales, le système des coordonnatrices et coordonnateurs résidents et les États
Membres, nous nous employons à décloisonner les activités menées dans les
domaines du développement social, économique et environnemental et de la

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A/80/1

consolidation de la paix afin d’assurer la réalisation des objectifs de développement


durable.

Nos réalisations
71. Consciente qu’il est urgent de répondre aux priorités de développement de
l’Afrique, l’ONU a intensifié son plaidoyer en faveur de la réforme de l’architecture
financière internationale. Notre action consiste en particulier à renforcer la
mobilisation des ressources nationales afin d’aider les pays à investir dans leur
population et à façonner leur propre avenir en limitant les flux financiers illicites et
en améliorant l’accès au financement du développement. En réponse à l’appel visant
à assurer à l’Afrique un accès équitable au financement, nous avons aidé les
gouvernements à mettre en place des outils numériques novateurs pour améliorer
l’administration de l’impôt et la prévisibilité des recettes. En Égypte, en Libye et en
Mauritanie, par exemple, nous avons contribué au renforcement des capacités
institutionnelles de modernisation des systèmes fiscaux. Le coût du service de la dette
étant supérieur aux dépenses de santé dans 40 % des pays d’Afrique, nous avons
également appuyé la mise en œuvre de réformes financières dans six pays en vue de
promouvoir une bonne gestion budgétaire et de préserver les investissements
essentiels dans les services sociaux.
72. Les solutions intégrées que nous avons proposées ont permis de promouvoir
l’innovation numérique, la croissance verte et des politiques sociales inclusives. Nous
avons également contribué à réduire la fracture numérique et à ouvrir de nouvelles
perspectives de croissance grâce au soutien actif que nous avons apporté au
programme de transformation numérique de l’Afrique.
73. Au total, 19 pays ont été en mesure d’intégrer la croissance verte dans leurs
stratégies relatives à la Zone de libre-échange continentale africaine. Au Ghana, nous
avons participé à l’élaboration d’un plan national en faveur des énergies
renouvelables, tandis qu’au Kenya et à Madagascar, nous avons appuyé les mesures
prises pour renforcer les cadres politiques en vue d’attirer des investissements du
secteur privé dans les énergies propres.
74. Nous avons contribué à faire en sorte que les questions démographiques soient
prises en compte dans le cadre de l’établissement du budget au Burkina Faso et au
Niger, fourni des orientations au Gouvernement kényan concernant une politique
nationale de soins et appuyé l’élaboration du quatrième plan national de
développement en Ouganda. Nous nous sommes également attachés à promouvoir
l’investissement dans l’éducation dans le cadre du Cycle de conférences sur l’Afrique
de 2024, partant du principe que des jeunes qualifiés et autonomes constituent le socle
de la future population active du continent.
75. Dans des situations de fragilité et de conflit, nous avons appuyé la mise en œuvre
de solutions durables au profit des populations déplacées dans des pays tels que
l’Éthiopie, la Libye, le Mozambique, le Nigéria, la République centrafricaine, la
Somalie et le Tchad. Au Sahel, une approche régionale renforcée et coordonnée a
permis d’améliorer la résilience face aux difficultés liées aux systèmes alimentaires,
au climat, à la santé, à la sécurité et à l’eau. Des initiatives locales novatrices, telles
que le modèle de village Faim zéro, ont également été mises en œuvre dans ce
contexte.
76. Nous avons resserré notre collaboration avec l’Union africaine, notamment en
contribuant à l’élaboration du deuxième plan décennal de mise en œuvre de l’Agenda
2063. Le dialogue stratégique de haut niveau sur le développement durable et les cinq
consultations thématiques « entre collèges » ont été l’occasion d’harmoniser encore
les approches institutionnelles en matière de développement. La décision d’associer
le Réseau des femmes d’influence en Afrique à l’action menée pour assurer la prise

16/29 25-07881
A/80/1

en compte des questions de genre à toutes les étapes du processus de coordination


Union africaine-ONU est venue appuyer les efforts déployés dans ce domaine.
77. Nous avons renforcé notre partenariat avec des organismes clés de l’Union
africaine tels que l’Agence de développement de l’Union africaine, le secrétariat de
la Zone de libre-échange continentale africaine et l’Institut de statistique de l’Union
africaine. Cette collaboration renforcée continue d’avoir des effets notables sur les
progrès accomplis par le continent dans les domaines du commerce et de l’intégration
régionale, du développement des infrastructures, ainsi que des données et des
statistiques.
78. À chaque étape de son action, l’Organisation reste déterminée à œuvrer en
faveur d’un développement dirigé par l’Afrique, au profit de l’Afrique.

L’Afrique et le Pacte pour l’avenir


L’Afrique a joué un rôle majeur dans l’élaboration et la
concrétisation du Pacte pour l’avenir en lançant un appel urgent en faveur
de la réforme de l’architecture financière internationale en vue de
débloquer des investissements adaptés aux priorités africaines. Compte
tenu de l’importance que le continent accorde à la jeunesse et à la
valorisation du dividende démographique, nous avons aidé les jeunes
Africains à faire entendre leur voix lors du Sommet de l’avenir, ainsi qu’à
harmoniser leurs positions sur les questions de politique générale et leurs
contributions au Pacte pour l’avenir et ses annexes. Afin d’accélérer les
progrès dans le domaine du numérique, nous avons mis au point un plan
directeur pour une infrastructure publique numériqu e plus solide et plus
résiliente et aidé 19 pays à obtenir une note « élevée » ou « très élevée »
au regard de l’indice de développement de l’administration en ligne pour
2024. En collaboration avec nos coordonnatrices et coordonnateurs
résidents sur le terrain, nous continuons de nous attacher à aider l’Afrique
à mettre en œuvre le Pacte et à tirer parti du potentiel de transformation
dont il est porteur.

D. Promotion et protection des droits humains

Le contexte
79. L’ONU reste guidée par la vision d’un monde dans lequel les droits humains
sont une force génératrice de solutions aux nombreuses difficultés rencontrées au
niveau mondial. En 2024, nous avons contribué à la protection des personnes
vulnérables dans de nombreux contextes en aidant les États Membres à passer de la
parole aux actes et à prendre des mesures concrètes pour améliorer l’existence des
populations.

Nos objectifs
80. Nous appuyons les mécanismes internationaux de protection des droits humains
et la prise en compte de ces droits dans les domaines de la paix et de la sécurité et du
développement ; nous appliquons également les principes d’égalité, de non -
discrimination, de participation et de responsabilité. Le Pacte pour l’avenir et l’appel
à l’action lancé par le Secrétaire général renforcent encore le rôle que jouent les droits
humains dans l’ensemble de l’Organisation.

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A/80/1

Nos réalisations
81. Dans le prolongement du soixante-quinzième anniversaire de la Déclaration
universelle des droits de l’homme, dont les célébrations ont duré toute l’année, nous
avons aidé les États Membres à respecter les engagements pris en matière de droits
humains. Dans ce contexte, 22 pays ont modifié leur législation pour la mettre en
conformité avec les normes internationales. Avec notre soutien, 12 pays ont adopté
des mécanismes de mise en œuvre des traités, de communication de l’information et
de suivi, ou amélioré les mécanismes dont ils disposaient déjà. Les États Membres
ont renforcé leurs institutions nationales des droits humains, deux pays ayant créé de
nouvelles structures et trois ayant obtenu une certification attestant du plus haut degré
d’indépendance et d’impartialité.
82. En dépit des crises, de la violence et de l’instabilité qui ont marqué la période,
notre engagement en faveur des droits humains et de la paix et de la sécurité n’a
jamais faibli. Grâce à l’utilisation d’outils numériques sophistiqués, et dans le cadre
de plus de 10 900 missions de surveillance, nous avons documenté plus de 14 700 cas
de violation des droits humains. Ces travaux ont ouvert la voie à un processus
d’établissement de la vérité, au respect du principe de responsabilité et à l’octroi de
réparations aux personnes touchées. Nous avons déployé sept équipes d’intervention
d’urgence en Afrique, dans les Amériques et dans la région de l’Asie et du Pacifique
pour répondre à des besoins urgents et apporter un appui indispensable aux équipes
de pays des Nations Unies. Nous sommes également venus en aide à plus de 15 000
personnes vivant dans des situations d’extrême violence en leur facilitant l’accès à
une assistance juridique et à des services de réinstallation et de regroupement familial.
83. Nos activités de recherche, d’analyse et de sensibilisation ont été essentielles
pour assurer l’intégration des droits humains dans les initiatives de développement.
Nous avons appuyé la tenue de la vingt-cinquième session du Groupe de travail sur
le droit au développement. Dans le domaine de la biodiversité, nous avons contribué
à la création d’un organisme international chargé de mettre en œuvre des mesures de
conservation en faveur des populations locales et autochtones des Amériques, ce qui
a permis de mettre en lumière l’importance des connaissances locales dans les grands
débats sur l’environnement.

Centre d’innovation et d’analyse


La mise en service d’un centre d’innovation et d’analyse par le Haut-
Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a permis de
renforcer l’utilisation des technologies numériques, de l’analytique des
données et de la prospective stratégique afin d’assurer un suivi, une
analyse et des interventions plus efficaces dans le cadre des activités que
nous menons à l’appui des droits humains partout dans le monde.
L’analyse géospatiale des attaques contre des infrastructures énergétiques
menée par le centre a été utilisée pour mieux comprendre les répercussions
des conflits sur les civils et les services essentiels.

84. En 2024, nous avons accompli des progrès notables dans la promotion de
l’égalité et la lutte contre la discrimination. Nos travaux ont permis à plus de 12 600
victimes de violence fondée sur le genre d’accéder à une aide d’urgence. Nous avons
donné suite à 130 communications sur les droits des femmes et des personnes
d’ascendance africaine. Notre programme de bourses de perfectionnement relatif aux
droits humains, mis en œuvre avec le soutien de nos partenaires, a permis à plus de
100 boursières et boursiers issus de communautés autochtones, de groupes

18/29 25-07881
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minoritaires et de populations d’ascendance africaine de 68 pays de défendre plus


efficacement les droits humains.
85. Nous avons renforcé la participation et la mobilisation de la société civile,
notamment au Conseil des droits de l’homme, où près de 2 400 déclarations ont été
faites par des organisations non gouvernementales. À l’échelle mondiale, nous avons
documenté près de 2 000 cas de représailles contre des personnes ayant coopéré avec
l’ONU. Lors de notre Forum social annuel, nous avons réuni 650 participantes et
participants, dont plus de 400 représentantes et représentants de la société civile, en
vue de promouvoir un financement du développement axé sur les droits humains.
86. Nos activités ont contribué au renforcement du principe de responsabilité en
matière de droits humains. Au niveau mondial, nous avons appuyé 14 mandats
d’enquête, notamment des missions d’établissement des faits, des commissions
d’enquête et des procédures spéciales. Au Bangladesh, le Gouvernement intérimaire
a invité le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme à enquêter sur
les événements violents de 2024 et à formuler des recommandations visant à remédier
aux causes recensées. Nos travaux ont également été cités dans plusieurs décisions
importantes adoptées par la Cour internationale de Justice, la Cour pénale
internationale et des tribunaux régionaux.
87. Au cours de l’année écoulée, nous avons travaillé sans relâche pour protéger et
rétablir la dignité humaine. Nous avons obtenu la libération de plus de 3 100
personnes détenues arbitrairement et contribué à l’amélioration des conditions de vie
dans des centaines de centres de détention. Nous sommes également venus en aide à
plus de 10 000 personnes rescapées de formes contemporaines d’esclavage dans
35 pays et avons apporté une assistance essentielle à plus de 49 000 personnes ayant
survécu à la torture dans 92 pays.

E. Efficacité de la coordination des opérations d’assistance


humanitaire

Le contexte
88. Le système humanitaire a été mis à rude épreuve en 2024. L’intensification des
conflits a eu des répercussions sur la vie de millions de personnes et menacé la
sécurité humaine. Au cours de l’année la plus chaude jamais enregistrée, des
catastrophes liées au climat ont eu des effets dévastateurs sur des populations du
monde entier. Les violations du droit international humanitaire et du droit
international des droits humains se sont poursuivies en toute impunité. Les attaques
contre les civils, les travailleurs humanitaires, le personnel médical, les hôpitaux, les
établissements scolaires et les infrastructures se sont multipliées et ont souvent
empêché les organisations humanitaires de venir en aide aux personnes dans le besoin.
L’année 2024 a également été la plus meurtrière jamais enregistrée pour le personnel
humanitaire, qui a déploré 373 morts dans ses rangs 2.

Nos objectifs
89. Avec nos partenaires, nous coordonnons des interventions humanitaires neutres,
impartiales et indépendantes face aux pires crises que connaît le monde. Nous
soulageons les souffrances humaines et apportons rapidement une aide et une
protection vitales. Nous nous employons à faire prévaloir les principes humanitaires
et à faire respecter le droit international humanitaire et le droit international des droits
humains. Nous veillons à assurer des approches anticipatives et fondées sur des
__________________
2
Base de données sur la sécurité du personnel humanitaire ([Link]
consultée le 25 juin 2025.

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données probantes afin d’agir le plus tôt possible et d’intervenir de façon rapide et
efficiente en cas de crise. Nous mobilisons également les gouvernements, les
partenaires et les acteurs de la vie publique afin de réduire les pertes et les risques
liés aux catastrophes.

Nos réalisations
90. Malgré le sous-financement, l’insuffisance des ressources et les attaques, nos
partenaires humanitaires et nous-mêmes avons travaillé sans relâche pour fournir une
aide et une protection vitales. Les donateurs ont versé 25 milliards de dollars sur les
50 milliards nécessaires. Bien qu’il s’agisse d’une somme importante, le déficit de
financement nous a contraints à réduire l’aide apportée dans de nombreux pays.
91. Aux quatre coins du monde, l’ONU et ses partenaires ont été une bouée de
sauvetage pour des millions de personnes vivant dans des situations de conflit et de
crise prolongées qui ont mis en péril le développement.

Fonds pour l’analyse des risques complexes


Le Fonds pour l’analyse des risques complexes, qui investit
20 millions de dollars par an dans des données permettant de sauver des
vies, renforce l’efficacité des interventions d’urgence partout dans le
monde. En tant que partenariat multilatéral, le Fonds finance la production
de données et d’analyses qui donnent aux équipes d’intervention en cas
d’urgence les moyens de fournir une aide plus efficace avant et pendant
les catastrophes. Grâce à un écosystème mondial regroupant plus de 120
partenaires, le Fonds fournit un soutien en matière de données qui permet
d’utiliser les plus de 12 milliards de dollars d’aide internationale de façon
optimale et d’accroître l’efficacité de l’aide humanitaire. Résultat : cette
aide parvient aux populations vulnérables plus tôt, plus rapidement et de
manière plus ciblée, ce qui permet de maximiser l’incidence des
interventions lorsque chaque minute et chaque dollar comptent.

92. Face à l’intensification du conflit au Soudan, nous avons contribué à accroître


l’assistance afin d’atteindre 14 millions de personnes. Lorsque le risque de famine est
devenu imminent, nous avons appuyé de nouveaux programmes de prévention et
d’intervention d’urgence. En Ukraine, nous avons coordonné la fourniture d’une aide
vitale à 8,5 millions de personnes, dont 58 % des fonds alloués à la fourniture d’une
aide par des partenaires locaux et nationaux. Au Yémen, l’aide humanitaire a
bénéficié à près de 8 millions de personnes. En Afghanistan, nos activités ont permis
d’aider 18,4 millions de personnes vulnérables, principalement des femmes et des
filles.
93. En République arabe syrienne, nous avons contribué au maintien des opérations
transfrontalières depuis la Türkiye de manière à ce qu’une aide indispensable puisse
parvenir à 4,2 millions de personnes en 2024.
94. Dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem -Est, nous avons
négocié l’accès à une aide et à une protection vitales dans des conditions aussi
éprouvantes que dangereuses. En Haïti, nous avons coordonné l’action menée par plus
de 160 organisations humanitaires pour venir en aide à 1,9 million de personnes.
95. Nous avons continué d’innover afin d’accroître la rapidité, la rentabilité et
l’efficacité de nos interventions. Notre Fonds central pour les interventions
d’urgence, les fonds de financement commun pour les pays et les fonds de
financement commun régionaux ont déboursé plus de 1,5 milliard de dollars pour

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faire face aux crises les plus graves et les moins financées. Ces mécanismes ont
notamment permis d’intervenir en réponse à des sécheresses, à des inondations, à des
situations d’insécurité alimentaire et à des épidémies amplifiées par le phénomène
El Niño, qui ont touché des dizaines de millions de personnes.

Des mesures d’anticipation pour l’avenir


Le Pacte pour l’avenir renforce les engagements pris en matière de
prévention et d’anticipation des situations d’urgence et d’atténuation de
leurs effets. En 2024, 20 de nos cadres d’action visant à anticiper les
sécheresses, les inondations, les tempêtes et les épidémies étaient actifs
dans 17 pays, grâce notamment à une allocation de 123 millions de dollars
provenant du Fonds central pour les interventions d’urgence. En 2024
également, des mesures d’anticipation des inondations ont permis de venir
rapidement en aide à plus de 800 000 personnes au Bangladesh, au Népal,
au Niger et au Tchad. Par ailleurs, nous avons alloué 64 millions de dollars
à des initiatives prévoyant des stratégies d’anticipation ou des
interventions rapides.

96. Nous avons intensifié la mise en œuvre de mesures d’anticipation afin


d’intervenir en amont des catastrophes naturelles et d’autres aléas et de sauver des
vies. En 2024, 4 de nos 20 cadres d’action anticipative ont été activés, ce qui a donné
lieu à la mise en œuvre d’activités d’assistance vitales préapprouvées en prévision
d’inondations. Au Népal, nous avons alloué 3,4 millions de dollars aux équipes
d’intervention humanitaire six minutes seulement après l’émission d’avis de crue
confirmés.
97. Nous avons poursuivi nos campagnes de sensibilisation aux risques et contribué
à l’adoption de la toute première déclaration ministérielle du Groupe des 20 sur la
réduction des risques de catastrophe. En collaboration avec nos partenaires, nous
travaillons sur six priorités à fort impact, notamment l’amélioration des
infrastructures et du financement, afin que la résilience s’impose comme une pierre
angulaire du développement durable.

Protection en cas de catastrophe


Dans sa résolution 79/128, adoptée en 2024, l’Assemblée générale a
décidé d’élaborer et de conclure un instrument juridiquement contraignant
sur la protection des personnes en cas de catastrophe. La possibilité
d’inscrire dans le droit international l’obligation de prévenir et de réduire
les risques de catastrophe et de renforcer la coopération entre États
sinistrés et acteurs de l’aide humanitaire internationale ouvre la voie à une
meilleure protection de toutes les personnes dans le besoin, où qu’elles se
trouvent.

F. Promotion de la justice et du droit international

Le contexte
98. Les buts et principes des Nations Unies sont consacrés par la Charte, dont les
deux premiers articles traitent notamment du maintien de la paix et de la sécurité
internationales et du règlement pacifique des différends conformément aux principes

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de la justice et du droit international. Ces principes constituent le fondement de la


coopération entre les membres de la communauté internationale.

Nos objectifs
99. L’ONU s’emploie à promouvoir la justice et le droit international dans le cadre
de ses activités et mandats, notamment ceux qui concernent le commerce
international, les océans et le droit de la mer, les traités et accords internationaux, les
opérations de paix, les tribunaux internationaux et autres mécanismes internationaux
de responsabilité et les sanctions. En outre, la Cour internationale de Justice, principal
organe judiciaire de l’Organisation, est chargée de régler les différends d’ordre
juridique qui lui sont soumis par les États et de rendre des avis consultatifs sur des
questions juridiques.

Nos réalisations
100. La Cour internationale de Justice a examiné plusieurs affaires en 2024. Elle a
rendu des arrêts sur des exceptions préliminaires dans l’affaire relative aux
Allégations de génocide au titre de la Convention pour la prévention et la répression
du crime de génocide (Ukraine c. Fédération de Russie) et dans les affaires
Arménie c. Azerbaïdjan et Azerbaïdjan c. Arménie. Dans l’affaire relative à
l’Application de la Convention pour la prévention et la répression du crime de
génocide dans la bande de Gaza (Afrique du Sud c. Israël), elle a indiqué des mesures
conservatoires additionnelles. Elle a également statué sur la recevabilité des
déclarations d’intervention dans l’affaire relative à l’ Application de la Convention
pour la prévention et la répression du crime de génocide (Gambie c. Myanmar ;
7 États intervenants).
101. En réponse à la demande présentée par l’Assemblée générale, la Cour a rendu
un avis consultatif relatif aux conséquences juridiques découlant des politiques et
pratiques d’Israël dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem -Est.
102. Par ailleurs, la Cour a tenu des audiences publiques sur la demande d’avis
consultatif présentée par l’Assemblée générale concernant les obligations des États
en matière de changement climatique, auxquelles ont participé 96 États et
11 organisations internationales.
103. En décembre 2024, l’Assemblée générale a demandé à la Cour de produire un
avis consultatif sur les obligations d’Israël en ce qui concerne la présence et les
activités de l’Organisation des Nations Unies, d’autres organisations internationales
et d’États tiers dans le Territoire palestinien occupé et en lien avec celui-ci. Le
Secrétariat a transmis à la Cour un dossier contenant des documents destinés à l’aider
à répondre à la question posée par l’Assemblée.
104. En septembre 2024, le mandat de l’Équipe d’enquêteurs des Nations Unies
chargée de concourir à amener Daech/État islamique d’Iraq et du Levant à répondre
de ses crimes est arrivé à échéance.

G. Désarmement

Le contexte
105. Dans un contexte d’escalade des tensions mondiales, les civils continuent de
subir les conséquences des conflits armés. La menace que représentent les armes
nucléaires et d’autres armes de destruction massive persiste, tandis que les dépenses
militaires augmentent et que les armes classiques, en particulier les armes légères et
de petit calibre illicites, prolifèrent. Les progrès technologiques rapides ne font
qu’exacerber les problèmes de sécurité existants.

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Nos objectifs
106. Notre travail rend possibles des négociations internationales et des efforts de
désarmement concrets sur le terrain, l’objectif étant d’éliminer les armes nucléaires,
de faire respecter l’interdiction d’autres armes de destruction massive, de réglementer
l’utilisation des armes classiques, de répondre aux problèmes posés par les nouvelles
technologies d’armement, de promouvoir les initiatives régionales de désarmement et
de sensibiliser le public.

Nos réalisations
107. L’ONU a fait progresser les travaux menés au titre des principaux traités de
désarmement en réunissant les États pour examiner les progrès accomplis dans
l’application du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et du Traité sur
l’interdiction des armes nucléaires. Nous avons également réuni les États Membres
du Moyen-Orient dans le cadre de la cinquième session de la Conférence sur la
création au Moyen-Orient d’une zone exempte d’armes nucléaires et d’autres armes
de destruction massive.
108. Nous avons aidé les États à accélérer la mise en œuvre du Programme d’action
en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous
tous ses aspects et de l’Instrument international visant à permettre aux États de
procéder à l’identification et au traçage rapides et fiables des armes légères et de petit
calibre illicites. Nous avons également réuni des spécialistes des aspects techniques
de la fabrication, de la technologie et de la conception des armes. En Afrique et dans
les régions de l’Asie et du Pacifique et de l’Amérique latine et des Caraïbes, nous
avons contribué à la lutte contre le trafic d’armes, à la prévention de la violence armée
et de la violence fondée sur le genre et à l’amélioration de la maîtrise des armes de
petit calibre et de la gestion des munitions, notamment au moyen de la Feuille de
route pour l’exécution durable des mesures prioritaires des Caraïbes contre la
prolifération illicite des armes à feu et des munitions dans les Caraïbes à l’horizon
2030 et du plan d’action centraméricain pour la prévention et la répression du trafic
et de la prolifération illicite des armes à feu et des munitions. Nous avons en outre
continué d’appuyer la mise en œuvre et l’universalisation des traités de désarmement
humanitaire visant à éliminer les mines antipersonnel et les armes à sous-munitions
et à encadrer l’utilisation d’autres armes inhumaines.
109. Nous avons soutenu le Groupe de travail sur le renforcement de la Convention
sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes
bactériologiques (biologiques) ou à toxines et sur leur destruction, et facilité les
discussions en vue de la mise en place de mécanismes de coopération et d’assistance
internationales et de dispositifs en matière de science et de technologie. Par
l’intermédiaire du Mécanisme permettant au Secrétaire général d’enquêter sur les
allégations d’emploi d’armes chimiques et biologiques, nous avons renforcé les
compétences de spécialistes originaires de diverses régions du monde dans les
domaines des sciences biologiques et médico-légales et des techniques
d’interrogatoire afin de les aider dans leurs enquêtes.
110. Pour contribuer à un cyberespace plus sûr et plus pacifique, nous avons créé un
répertoire mondial d’interlocuteurs à l’intention des autorités nationales, qui regroupe
112 États Membres. Cet outil a pour objet de faciliter la coopération, notamment en
cas de problème de sécurité lié aux technologies de l’information et de la
communication. Nous avons également facilité l’adoption d’un rapport final par le
groupe d’experts gouvernementaux sur de nouvelles mesures concrètes visant à
prévenir une course aux armements dans l’espace extra-atmosphérique.

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111. Nous avons appuyé l’action menée pour élaborer un instrument relatif aux
systèmes d’armes létaux autonomes au titre de la Convention sur l’interdiction ou la
limitation de l’emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées
comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans
discrimination, et avons soutenu de nouvelles initiatives portant sur le rôle de
l’intelligence artificielle dans les applications militaires.

Désarmement et mise en œuvre du Pacte


Dans le Pacte pour l’avenir, les États Membres ont demandé au
Secrétaire général de fournir une analyse de l’impact de l’augmentation
globale des dépenses militaires sur la réalisation des objectifs de
développement durable. Les entités des Nations Unies s’emploient à
élaborer un nouveau rapport assorti de recommandations dans le cadre
d’un effort collectif visant à orienter l’action mondiale pour les années à
venir.

112. Notre initiative Les jeunes pour le désarmement a permis à de jeunes leaders de
s’exprimer lors de réunions intergouvernementales sur le désarmement nucléaire et
les armes légères et de petit calibre illicites. En août, grâce à notre Fonds des jeunes
leaders pour un monde exempt d’armes nucléaires, des jeunes de 37 pays se sont
rendus au Japon pour y rencontrer des étudiants, des représentants des autorités et des
Hibakusha (terme désignant les personnes rescapées des bombardements atomiques).
Leur visite a débouché sur la publication d’une « DéclarACTION pour un monde
exempt d’armes nucléaires ».

H. Lutte antidrogue, prévention de la criminalité et lutte contre le


terrorisme

Le contexte
113. La criminalité transnationale organisée et le terrorisme continuent de faire peser
de graves menaces sur la paix et la sécurité internationales ; ils nuisent à la sécurité
et à la résilience des populations, portent atteinte à la cohésion sociale et metten t en
péril les droits humains fondamentaux. Si l’accès généralisé à Internet favorise le
progrès, la cybercriminalité est également devenue un problème mondial pressant.

Nos objectifs
114. L’ONU est déterminée à rendre le monde plus sûr en le préservant de la drogue
et de la criminalité et en bâtissant un avenir dans lequel le terrorisme n’aura plus sa
place. Dans le cadre de l’action que nous menons, nous aidons les gouvernements à
lutter contre ces menaces par la prévention, les mesures de justice pénale et la
coopération internationale. Nous contribuons à l’élaboration et à la mise en œuvre de
normes et de règles internationales et appuyons l’exécution des obligations prévues
par les instruments internationaux relatifs à la lutte contre les drogues, la corruption,
la criminalité transnationale organisée et le terrorisme.

Nos réalisations
115. L’ONU a apporté son concours à plus de 150 États Membres et territoires en
menant des recherches, en élaborant des orientations normatives et en fournissant une
assistance opérationnelle afin de renforcer les systèmes judiciaires et la sécurité des
frontières et de veiller à ce que les interventions soient conformes aux normes

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internationales et aux normes relatives aux droits humains. Par notre action, nous
avons contribué à faire en sorte que les initiatives mises en œuvre en réponse à des
défis mondiaux interconnectés soient axées sur l’être humain et fondées sur les droits.
116. En ce qui concerne les drogues et la criminalité, nous avons facilité l’élimination
sans risque de plus de 1 000 tonnes de drogues et de produits chimiques, notamment
du fentanyl. Dans le cadre de l’action menée pour lutter contre les troubles liés à
l’usage de substances, nous avons formé 17 000 agentes et agents de santé,
responsables politiques et représentantes et représentants de la so ciété civile afin
qu’ils puissent appuyer la fourniture de traitements par agonistes opioïdes. Nous
avons également apporté une assistance technique à 5 000 parties prenantes dans 156
pays au titre de la Convention des Nations Unies contre la criminalité t ransnationale
organisée.

Intensifier la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée


Le Pacte pour l’avenir a donné un nouvel élan à des stratégies de
lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée qui
mobilisent l’ensemble des pouvoirs publics et de la société. L’ONU
s’attache à renforcer la coordination entre ses entités afin d’aider les États
Membres à élaborer des stratégies de lutte antiterroriste intégrées et
respectueuses des droits humains. Le Pacte vient également appuyer les
efforts déployés à l’échelle mondiale pour combattre la criminalité
transnationale organisée et ses liens avec le terrorisme en encourageant la
coopération internationale, en renforçant la répression et la détection et en
s’attaquant aux flux financiers illicites. Ces efforts illustrent la volonté de
l’Organisation d’adopter des approches globales, coordonnées et durables
face à des problèmes de sécurité mondiaux en constante évolution.

117. L’action que nous menons a eu pour effet de renforcer les procédures d’enquête
et les poursuites dans les affaires de traite des personnes et de trafic de migrants, mais
aussi de permettre une identification plus rapide des victimes et leur orientation vers
des services d’assistance. En outre, la formation que nous avons organisée à
l’intention de praticiens a abouti à l’identification de 633 victimes de la traite et à
l’ouverture de 449 enquêtes, lesquelles ont donné lieu à 14 condamnations en 2024.
118. Nous avons aidé plus de 40 États Membres à combattre la criminalité liée aux
espèces sauvages et aux forêts, le trafic de déchets et les infractions relatives aux
minerais et à la pêche en renforçant les cadres juridiques et institutionnels, les
capacités d’enquête nationales, les procédures judiciaires et la coopération
internationale. Nous avons également contribué à l’élaboration de 19 lois
anticorruption et de 12 politiques nationales dans 17 pays, sur l’intégrité publique, la
déontologie judiciaire, la passation des marchés publics, les conflits d’intérêts, la
prévention de la corruption dans le sport, le contrôle de supervision et la coordination.
119. Nous avons axé nos activités de lutte contre le terrorisme sur la construction de
sociétés résilientes et le renforcement de l’action multilatérale. À cet égard, nous
avons aidé 77 États Membres à renforcer leurs systèmes judiciaires en veillant à ce
qu’ils respectent les normes internationales et les normes relatives aux droits
humains.

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La Convention des Nations Unies contre la cybercriminalité


À l’issue de cinq années de négociation, l’Assemblée générale a
adopté en 2024 la Convention des Nations Unies contre la cybercriminalité
en vue de renforcer la coopération internationale pour la lutte contre
certaines infractions commises au moyen de systèmes d’information et de
communication et pour la communication de preuves sous forme
électronique d’infractions graves, premier traité international de lutte
contre la criminalité adopté depuis 20 ans. Il s’agit là d’une étape décisive
dans la lutte contre des infractions telles que les atteintes sexuelles
commises contre des enfants en ligne, les escroqueries en ligne et le
blanchiment d’argent, qui ont des répercussions graves sur les droits
humains et détournent chaque année des milliers de milliards de dollars de
l’économie mondiale.

120. La formation spécialisée de 11 semaines sur les enquêtes antiterroristes


dispensée par le Programme mondial d’enquêtes antiterroristes a été accréditée par la
Commission de l’enseignement supérieur de la Nouvelle-Angleterre.
121. Lors de la Conférence internationale sur les victimes du terrorisme, tenue en
Espagne, nous avons réaffirmé notre solidarité avec les victimes du terrorisme dans
le monde entier et salué le rôle qu’elles jouaient dans la consolidation de la paix et
l’éducation. Avec notre soutien, le Nigéria et les Philippines ont également élaboré
des plans nationaux d’aide aux victimes du terrorisme.
122. En 2024, le Programme des Nations Unies pour les établissements humains
(ONU-Habitat) a adhéré au Pacte mondial des Nations Unies de coordination contre
le terrorisme, renforçant ainsi l’action menée pour combattre le financement du
terrorisme et protéger les espaces publics. Les huit groupes de travail du Pacte se sont
attachés à promouvoir la coopération multipartite, avec la participation de
23 organisations de la société civile, de 9 organisations régionales et de 5 États
Membres.

La coopération régionale au service de solutions optimisées


L’ONU et le Gouvernement ouzbek ont organisé la première réunion
du Conseil régional d’experts pour l’Asie centrale sur la réadaptation et la
réintégration des personnes de retour de zones de conflit. Cette
manifestation a été l’occasion d’échanger des expériences et de mettre en
commun les enseignements tirés par les pays d’Asie centrale du retour de
leurs citoyens de zones de conflit ainsi que des mesures prises pour
institutionnaliser la coopération régionale sur ces questions et en accroître
l’efficacité.

123. Lors de la réunion africaine de haut niveau sur la lutte contre le terrorisme, tenue
à Abuja, les États Membres ont souligné qu’il était urgent de mettre en place des
solutions dirigées et prises en main par les Africains face à la menace croissante du
terrorisme, tout en appelant au renforcement de la coopération régionale et à la
création d’institutions. Parallèlement à cela, la Conférence de haut niveau tenue sur
le thème « Renforcement de la coopération internationale en matière de lutte contre
le terrorisme et mise en place de mécanismes souples de sécurisation des frontières
– Phase koweïtienne du Processus de Douchanbé » a abouti à l’adoption de la
Déclaration de Koweït sur la sécurité et la gestion des frontières, dans laquelle les

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participants ont mis l’accent sur l’importance de la sécurité et de la gestion souples


des frontières s’agissant d’empêcher les mouvements de terroristes transfrontières.
124. Notre Conférence mondiale des femmes parlementaires, tenue à Doha, a été
l’occasion de formuler des recommandations essentielles visant à renforcer le rôle
joué par les parlementaires dans la promotion de lois, de politiques et de stratégies de
lutte contre le terrorisme qui tiennent compte des questions de genre et de la
dimension de genre.

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Chapitre III
Bon fonctionnement de l’Organisation
Le travail de l’Organisation et celles et ceux qui le font
125. Plus de 35 000 personnes travaillent pour le Secrétariat de l’ONU dans 459 lieux
d’affectation à travers le monde. Le Secrétariat s’applique à faire respecter les normes
les plus strictes en matière d’intégrité et de déontologie, de gestion des ressources et
d’exécution des mandats.

Nos réalisations
126. Le principe d’efficacité guide l’élaboration et l’exécution du budget de l’ONU.
Cette approche s’est révélée cruciale au cours d’une période de difficultés financières
prolongée, l’Organisation devant continuer d’exécuter ses mandats dans un contexte
de diminution des liquidités. Les améliorations apportées à nos opérations ont rendu
l’Organisation plus efficace et plus efficiente. Pour veiller à ce que l’ONU reste
adaptée aux besoins du XXI e siècle, le Secrétaire général a lancé l’Initiative ONU80
à l’échelle du système en vue d’améliorer l’efficience opérationnelle, de réexaminer
l’exécution des mandats et de recenser les possibilités de réformes structurelles.
127. L’ONU a accompli des progrès sur la voie d’une répartition géographique
équitable, d’une représentation géographique équilibrée et de la parité des genres
parmi son personnel. Nous avons continué de lutter contre le racisme et de
promouvoir la dignité de chacun et de chacune dans le cadre d’un dialogue avec le
personnel du Secrétariat, les équipes dirigeantes et les championnes et champions de
la lutte antiraciste.

Sélection du personnel 2.0


Afin de doter l’Organisation d’une main-d’œuvre adaptée aux défis
de demain et de promouvoir la mise en œuvre du Pacte pour l’avenir, nous
nous employons à remanier le dispositif de sélection du personnel. La
procédure de recrutement est réexaminée pour passer d’un modèle fondé
sur l’expérience à une approche basée sur les compétences, de nouvelles
méthodes sont mises au point, et des évaluations et des outils sont adoptés
en vue d’améliorer l’accessibilité, l’équité et l’efficacité, l’objectif étant
de disposer d’effectifs venus d’horizons divers qui soient en mesure
d’exécuter les mandats évolutifs que leur confie le Secrétariat.

128. Nous avons jeté les bases d’une utilisation responsable de l’intelligence
artificielle et des capacités de nouvelle génération en mettant à niveau notre progiciel
de gestion intégré Umoja. Le déploiement d’Umoja Analytics a eu pour effet de
renforcer l’efficacité, la transparence et l’accessibilité des données et de permettre la
prise de décisions fondée sur les données. Nous avons également élargi le réseau
NewWork – initiative lancée par le personnel en vue de promouvoir une culture plus
collaborative, plus souple et davantage tournée vers l’avenir –, qui compte désormais
plus de 3 700 membres dans plus de 100 lieux d’affectation.
129. Les nouvelles technologies ont été utilisées de façon stratégique à l’appui du
multilinguisme dans les services de conférence. Une interprétation simultanée a été
assurée dans le cadre de plus de 6 000 réunions, et des documents totalisant plus de
1,3 milliard de mots ont été traités dans les 6 langues officielles.

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130. Nous restons déterminés à renforcer les mesures de lutte contre l’exploitation et
les atteintes sexuelles en encourageant un leadership fort et visible dans le cadre d’une
démarche inclusive et collective. Des travaux sont en cours pour mettre au point une
approche normalisée à l’échelle du système des Nations Unies en matière d’assistance
aux victimes et aux personnes rescapées d’exploitation et d’atteintes sexuelles,
notamment les enfants nés des suites d’actes d’exploitation ou d’atteintes sexuelles.
Toutefois, il reste difficile d’assurer le financement suffisant et durable des
programmes de prévention et de répression et des services d’aide aux victimes.
131. L’année 2024 a été l’une des plus meurtrières jamais enregistrées pour le
personnel des Nations Unies. Les membres de notre système de gestion de la sécurité
ont contribué à la fourniture d’une aide humanitaire à des millions de personnes,
concouru à l’exécution des mandats de paix et de sécurité et sécurisé des conférences
des Nations Unies qui ont attiré un nombre record de participants.
132. Afin d’atténuer les risques d’atteinte à la réputation de l’ONU, nous avons
continué d’aider les membres de notre personnel à s’acquitter de leurs fonctions avec
toute l’intégrité, l’indépendance et l’impartialité que leur impose la qualité de
fonctionnaire international. À cet égard, nous avons prodigué des conseils
confidentiels en réponse à quelque 1 800 demandes émanant de membres du
personnel au niveau mondial, administré l’examen annuel prévu dans le cadre du
dispositif de transparence financière, donné suite à quelque 220 demandes liées à la
protection contre les représailles et fixé des normes déontologiques dans le cadre d’un
dialogue en cascade organisé à l’intention de plus de 30 000 membres du personnel.
133. L’Organisation a supervisé la mise en œuvre d’initiatives novatrices telles que
le projet de télémédecine du programme de partenariat triangulaire, qui permet au
personnel de maintien de la paix des Nations Unies d’accéder plus rapidement à des
soins médicaux de qualité. Une nouvelle stratégie environnementale a également été
lancée pour les opérations de paix afin de réduire notre empreinte écologique sur le
terrain. Un fonds d’affectation spéciale a en outre été créé pour soutenir la Mission
multinationale d’appui à la sécurité en Haïti.
134. Nos équipes de communication ont braqué les projecteurs sur les activités
vitales que mène l’ONU dans le cadre des crises et des conflits, mobilisé le public en
faveur de l’action climatique et défendu la coopération multilatérale à l’heure où
l’Organisation se prépare à célébrer son quatre-vingtième anniversaire. L’ONU a
également communiqué avec les médias, les partenaires et le public en menant des
campagnes de sensibilisation et en diffusant des contenus multilingues en ligne, tout
en dirigeant les efforts visant à faire face aux menaces qui pèsent sur l’intégrité de
l’écosystème de l’information.
135. Consciente qu’il importe d’accélérer la mise en œuvre de la Stratégie des
Nations Unies pour l’inclusion du handicap, l’ONU a pris des mesures décisives pour
combler les lacunes dans des domaines tels que l’accessibilité et l’emploi des
personnes handicapées.

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