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Introduction

La santé reproductive et la prévention des maladies génétiques sont cruciales, avec la consultation prénuptiale jouant un rôle clé dans le dépistage des risques pour la grossesse. En Turquie, 96 % des participants souhaitent des conseils prénuptiaux, tandis qu'au Maroc, seulement 13 % des femmes en bénéficient, malgré des lois en place. L'étude vise à évaluer l'intégration des sages-femmes dans ces consultations dans la province de Taza pour améliorer les pratiques et renforcer leur rôle.

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Introduction

La santé reproductive et la prévention des maladies génétiques sont cruciales, avec la consultation prénuptiale jouant un rôle clé dans le dépistage des risques pour la grossesse. En Turquie, 96 % des participants souhaitent des conseils prénuptiaux, tandis qu'au Maroc, seulement 13 % des femmes en bénéficient, malgré des lois en place. L'étude vise à évaluer l'intégration des sages-femmes dans ces consultations dans la province de Taza pour améliorer les pratiques et renforcer leur rôle.

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I- INTRODUCTION :

La santé reproductive et la prévention des maladies génétiques sont des priorités mondiales de
santé publique, soutenant la mise en place de programmes de dépistage et de conseil
prénuptial pour promouvoir la santé familiale (OMS, 2018).

Dans ce contexte, la consultation prénuptiale constitue une étape incontournable avant le


mariage, permettant de dépister les pathologies ou facteurs de risque susceptibles d’affecter
une future grossesse. Elle offre ainsi une occasion privilégiée pour identifier les risques pour
le couple et proposer des interventions préventives appropriées [1].

Toutefois, le non-respect des normes de cette consultation peut avoir de lourdes répercussions
sanitaires et économiques, telles que l’accroissement du risque de transmission verticale
d’infections comme le VIH ou l’hépatite B, ainsi que la naissance d’enfants atteints de
malformations congénitales ou de maladies chroniques invalidantes. Ces conséquences
entraînent une détresse psychologique pour les familles et génèrent un coût considérable pour
le système de santé (WHO, 2020).

Face à ces enjeux, la sensibilisation à l’importance des examens prénuptiaux apparaît comme
un pilier central de la médecine préventive [2].

En Turquie (2022), une étude a montré que la période précédant le mariage est stratégique
pour les interventions en santé reproductive, avec 96 % des participants souhaitant recevoir
des conseils [3].

L’étude a souligné également l’importance centrale de la sage-femme dans l’éducation


prénuptiale et préconceptionnelle, à travers l’identification des risques biomédicaux et
sociaux, ainsi que la promotion de la préparation psychologique et de l’équilibre conjugal.
Elle préconise d’intégrer de manière systématique ces consultations au sein des services de
soins primaires [3]

En France, la Haute Autorité de Santé (HAS), a recommandé d’intégrer systématiquement les


consultations préconceptionnelles dans les services de soins primaires, en y incluant des
messages de prévention et des examens adaptés afin d’optimiser la santé des futurs parents
[4].

1
Au Congo, où les mariages consanguins sont fréquents, les examens prénuptiaux sont
essentiels pour prévenir les maladies génétiques (thalassémie, drépanocytose, troubles du
développement) et les complications liées à certaines infections (hépatite B, rubéole), souvent
évitables grâce à la vaccination prénuptiale [5].

L’expérience de l’Arabie Saoudite illustre également l’efficacité de ces mesures : le


programme national de dépistage prénuptial a réduit significativement les mariages à risque
liés aux hémoglobinopathies et limité la transmission des infections sexuellement
transmissibles (Alhamdan et al., 2007).

Au Maroc, la situation reste préoccupante : selon l’enquête nationale sur la population et la


santé familiale (ENPSF ,2018), seules 13 % des femmes ont bénéficié d’une consultation
prénuptiale, tandis que les soins préconceptionnels et l’éducation à la santé reproductive
demeurent insuffisamment développés (HCP, 2019) [6,7].

Cette faiblesse s’inscrit dans un contexte marqué par une consanguinité élevée (15 à 20 % en
moyenne, dépassant 30 % dans certaines zones rurales), favorisant l’émergence de maladies
autosomiques récessives (Jaouad et al., 2009).

Bien que la loi impose un certificat médical avant le mariage, plusieurs études, dont celle
d’Ouldim et al. (2012), montrent que le dépistage reste limité et que la consultation est
souvent perçue comme une simple formalité administrative.

Pour combler ces lacunes, le ministère de la santé et de la protection sociale, en partenariat


avec le FNUAP, a lancé en 2023 un projet visant à renforcer l’organisation des unités de SSR
et à mettre en place un nouveau modèle de consultation prénuptiale aux niveaux national et
régional [8].

Dans la même logique, Doukkali (2020) a souligné que le bien-être maternel et néonatal ne
peut être garanti qu’à travers une approche renouvelée de la consultation prénuptiale et le
développement des soins préconceptionnels [9].

A l’échelon national, sur le plan réglementaire, la consultation prénuptiale est encadrée par le
Bulletin officiel n°5358 (2005), qui impose un examen clinique avant la délivrance du
certificat médical. Toutefois, ce cadre se limite à l’aspect médico-légal et ne définit ni

2
l’organisation de la consultation ni le rôle des autres professionnels de santé, notamment des
sages-femmes.

Or, celles-ci disposent de compétences reconnues en matière d’information, de conseil et de


prévention, et leur implication est déterminante pour assurer une prise en charge complète et
adaptée aux besoins des couples.

Cependant, l’application du programme demeure variable selon les structures de soins, cette
variabilité étant étroitement liée aux connaissances, attitudes et pratiques des sages-femmes.

Dans la province de Taza, aucune donnée ne permet d’évaluer leur niveau de maîtrise du
programme, ce qui limite l’identification des besoins en formation et complique l’analyse du
terrain.

La présente étude s’inscrit donc dans cette perspective : elle vise à examiner l’intégration des
sages-femmes dans le programme de consultation prénuptiale, à identifier les insuffisances
éventuelles et à proposer des pistes pour renforcer leur rôle et améliorer les pratiques
professionnelles.

Question de recherche

Quel est l’état de l’intégration des sages-femmes dans la consultation prénuptiale au sein des
structures de soins de santé primaires de la province de Taza ?

3
Modèle conceptuel

4
II - OBJECTIFS DE L’ETUDE :

Objectif général :

Réaliser un état des lieux de l’intégration des sages-femmes dans la consultation prénuptiale
au sein des structures de soins de santé primaires de la province de Taza

Objectifs spécifiques :

 Évaluer les connaissances des sages-femmes sur le programme de consultation


prénuptiale et ses protocoles de mise en œuvre.

 Identifier les attitudes des sages-femmes vis-à-vis de leur rôle dans la consultation
prénuptiale.

 Identifier les pratiques professionnelles des sages-femmes dans la réalisation de la


consultation prénuptiale.

 Déterminer les obstacles et les facteurs facilitant leur intégration effective dans ce
programme.

 Proposer des recommandations visant à renforcer l’implication des sages-femmes et


l’efficacité de la consultation prénuptiale au sein des RSSP de la province de Taza

5
Références APA :
1. Goaziou, M.-F., & Figon, S. (2003, 1 janvier). Examen prénuptial [Article]. Université
Claude Bernard Lyon 1.
2. World Health Organization. (2014). Preconception care: Maximizing the gains for
maternal and child health. Geneva: WHO.
3. Güner, S., Karaca Saydam, B., Çeber Turfan, E., Soğukpınar, N., & Ekti Genç, R.
(2022). The importance of pre-marriage preconceptional care and the counseling role
of midwives. Gevher Nesibe Journal of Medical and Health Sciences, 7(15).
[Link]
4. Haute Autorité de Santé. (2013). Projet de grossesse : Informations, messages de
prévention, examens à proposer (Recommandation de bonne pratique).
[Link]
5. Ngalamulume, L. L., Sobolayi, S. B., Ntuba, N. M., Katangala, J.-P. B., Kande, D. K.,
Kabamusu, G. T., Ntumba, C. K., Kabunjiki, E. M., & Tshibuabua, F. B. (2023).
Perception et opinion des couples de la zone de santé urbano-rurale de Lukonga sur les
examens prénuptiaux / Kasaï-Central. Revue de l’Infirmier Congolais, 7(1), 36–46.
[Link]
6. Ministère de la Santé (Maroc). (2019). Enquête nationale sur la population et la santé
familiale (ENPSF 2018). Haut Commissariat au Plan (HCP), OMS, UNICEF,
UNFPA.
7. Haut Commissariat au Plan (HCP). (2019). Rapport de l’Enquête nationale sur la
population et la santé familiale. Rabat, Maroc.
8. Ministère de la Santé et de la Protection Sociale. (2021). Stratégie nationale de santé
sexuelle et reproductive 2021-2030 (Version PDF). Gouvernement du Maroc.
[Link]
9. Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP). (2023). Promotion des droits à
la santé sexuelle et reproductive des femmes et des filles et de l’égalité des genres au
Maroc : Principales réalisations au terme de l’année 2023.

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