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INTRODUCTION GÉNÉRALE
En vogue depuis quelques dizaines d’années, la notion d’environnement
et celle de développement durable sont des notions récentes faisant
actuellement partie des expressions de la vie courante, aussi bien dans
les discours que dans les écrits de professionnels tant de la
communication que ceux de la scène politique et de la communauté
internationale.
Ces deux notions sont introduites dans la politique de la quasi-totalité
des pays du monde et ont fini par devenir une partie intégrante de nos
enseignements et ce, à partir de l’école primaire.
L’observation courante de notre environnement écologique et les
éléments qui le constituent (air, eau, terre..), nous invitent à réfléchir sur
son avenir, et surtout sur le capital naturel que nous léguerons aux
générations futures : des ressources hydrauliques surexploitées, de l’air
pollué, des zones rurales détruites par l’envahissement de l’urbanisation,
des océans et des mers pollués, des ressources minières et
énergétiques maladroitement utilisées, de la faune et de la flore en voie
d’extinction.
C’est malheureusement, le souvenir d’une terre agréable à vivre qui sera
décrite par nos historiens et scientifiques, et constituera, à cette lancée,
l’unique richesse de nos générations futures.
La protection de l’environnement est devenue une des préoccupations
majeures des citoyens dans de nombreux pays. Pourtant l’action en
faveur de l’environnement est encore trop souvent considérée comme un
frein au progrès et au développement économique et rarement comme
une opportunité.
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Le monde d’après a souvent été imaginé comme différent suite à la crise
du COVID-19 en 2020 ; pourtant au-delà des annonces il ressemble fort
– sur la question de la protection de l’environnement – au monde
d’avant. Plusieurs consultations citoyennes et pétitions lancées pendant
cette crise par des associations mais aussi par des parlementaires ont
montré le souhait de nombreux citoyens de mieux prendre en compte les
questions environnementales. La Convention citoyenne sur le climat va
dans le même sens. Malheureusement en temps de crise économique la
protection de l’environnement passe souvent au second plan.
Parmi les préoccupations environnementales, on peut mettre l’accent sur
le lien entre l’environnement et la santé qui fait aujourd’hui l’objet d’une
attention soutenue mais pas toujours efficace : le quatrième Plan
national santé environnement (PNSE), pour la France, « Mon
environnement, ma santé » (2020-2024) a enfin été adopté... Ses axes
portent sur la formation et l’information ; la réduction des expositions
environnementales affectant la santé humaine et celle des
écosystèmes ; la démultiplication des actions concrètes menées par les
collectivités dans les territoires ; une meilleure connaissance des
expositions tout au long de la vie et la compréhension des effets de
l’environnement sur la santé des populations et sur les écosystèmes.
Pour rappel, le 3e PNSE avait de grandes ambitions mais le rapport
d’évaluation du CGEDD et de l’inspection générale des affaires sociales
est sévère concernant la réalisation de ses objectifs : « Un PNSE 3 peu
opérationnel, au positionnement et aux moyens non définis » (CGEDD,
rapport nº 011997-01 ; IGAS, rapport nº 2017-176R).
La lutte contre le changement climatique est également le grand défi
environnemental du début du XXIe siècle et est annoncée comme étant
une priorité nationale pour la France. C’est d’ailleurs à Paris que s’est
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tenue la COP 21 (Conférence des parties à la Convention-Cadre des
Nations-Unies sur les changements climatiques) en décembre 2015 qui a
abouti à l’adoption de l’Accord de Paris. Malheureusement, les suites de
cet accord ne semblent pas à la hauteur des enjeux. Mais l’union
européenne a lancé son très ambitieux Pacte vert (chapitre 1) afin que
l’Europe devienne « le premier continent neutre pour le climat ».
Après la sensibilisation de l’homme à tous ces problèmes
environnementaux et aux dégâts de ses activités économiques sur son
environnement, le passage aux actions correctives s’est avéré
nécessaire. Les actions préventives à toute éventuelle destruction de
notre environnement écologique sont encore plus importantes et
commencent notamment par l’enseignement de l’environnement et des
actions socio-économiques, dites de développement durable.
Ce tome vise, entre autres objectifs, de :
- Donner un aperçu global sur l’évolution de la notion
d’environnement ainsi que le rôle de l’homme dans la
modification de son environnement écologique à travers l’étude
des phénomènes/faits sociaux/historiques ayant abouti à la
construction du cadre juridique global de lutte contre la
dégradation environnementale.
- Définir les principaux éléments qui constituent l’environnement
écologique et expliquer le fonctionnement des écosystèmes.
- Présenter les différentes formes de pollution ainsi que leurs
conséquences sur l’environnement.
- Proposer les mécanismes de régulation de
l’environnement.
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PREMIERE PARTIE. INTRODUCTION AUX CONCEPTS ET
PRINCIPES DU DROIT DE L’ENVIRONNEMENT
Droit de compromis, droit récent et encore relativement hétéroclite ou
éclaté, où les intentions affichées restent parfois au seul niveau d’un
affichage sans que les moyens ne suivent, le droit de l’environnement
vise à mettre en œuvre des concepts à vocation universelle en
s’appuyant sur des principes qui n’ont été reconnus que
progressivement.
Se référant à CONDILLAC (La logique ou les premiers développements
de l’art de penser, seconde partie, chapitre sixième), on doit distinguer
les grands principes du droit de l’environnement des concepts inspirant
les propositions qui peuvent être élaborées pour la mise en œuvre de ce
droit de l’environnement.
CHAPITRE PREMIER. LES CONCEPTS
SECTION I. Notion
Les concepts sont des idées générales, des objectifs visant à permettre
une gestion de qualité à défaut d’une absolue protection de notre
environnement entendu comme « le milieu global au contact duquel sont
affrontées les collectivités humaines et avec lequel elles se trouvent
placées dans une situation de rapports dialectiques d’actions et de
réactions réciproques qui mettent en jeu tous les éléments du milieu »
(définition proposée par Pierre GEORGE en 1971 dans le premier Que
sais-je ? consacré à l’environnement, en remarquant que le Que sais-
je ? publié en 1993 sous la signature de Jacques VERNIER énumère
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des enjeux environnementaux, présente des leviers pour l’action mais se
garde bien de proposer une définition).
Autre définition possible : « L’environnement est l’ensemble, à un
moment donné, des agents physiques, chimiques et biologiques et
des facteurs sociaux susceptibles d’avoir un effet direct ou indirect,
immédiat ou à terme, sur les êtres vivants et les activités humaines
» (MTP, Terminologie de l’environnement, 06/05/1972, p. 41)
Le plus connu de ces concepts est celui de développement durable ou
soutenable, énoncé en 1980 par l’UICN – quand elle a adopté le texte
proposant une Stratégie Mondiale de la Conservation rédigée en anglais
et prônant « a sustainable development » - et repris dans le rapport
publié dans sa version française en 1987 sous la direction de madame
BRUNDTLAND avec pour titre Notre avenir à tous. En prônant un
développement soutenable (ou durable), il est question de subvenir aux
besoins du présent sans compromettre la capacité des générations
futures de répondre à leurs propres besoins. Belle déclaration, très
difficile à mettre en œuvre tant elle est ambigüe : d’une part, au niveau
du globe terrestre les besoins de l’espèce humaine sont très loin d’être
satisfaits et nécessitent de consommer toujours plus de ressources non
renouvelables, entraînant parallèlement la disparition totale d’une partie
de la faune et de la flore, tandis que d’autre part il est extrêmement
délicat de prévoir ce que pourraient être les besoins de nos descendants
dont nous ne savons en rien quelles seront qualitativement et
quantitativement les attentes par rapport aux ressources disponibles
dans le futur.
Notre avenir à tous, Commission mondiale sur l’environnement et le
développement, Québec : Editions du Fleuve, 1987.
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Décliné en trois dimensions au départ - économique, environnementale
et sociale - le concept de développement durable est affirmé comme un
but à atteindre par la Loi Barnier (article L110-1-II du Code de
l’Environnement calqué sur le texte adopté à la Conférence de Rio en
1992). En juin 2003, à cette fin, a été présentée une stratégie nationale
du développement durable se déclinant par exemple en divers cas
comme la préconisation en février 2008 d’une « charte du
développement durable de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle » ou
l’adoption de la loi du 12 juillet 2010 (dite Loi Grenelle 2).
Appréhendé sans illusions, le concept de développement soutenable (ou
durable) reste néanmoins indispensable pour mieux concevoir ce que la
construction du droit de l’environnement peut préparer. Il propose un
nouveau cadre d’explication de l’action de l’espèce humaine sur le globe
terrestre et induit – si l’on tente réellement de le mettre en œuvre – une
révolution sociétale totale en obligeant à de nouvelles définitions des
idées de croissance et de responsabilité, dans le cadre de l’émergence
d’autres équilibres, basés sur le respect plus que sur le marché.
Autre concept obligeant à s’interroger, en lien évidemment avec celui de
développement durable (ou soutenable) : le concept de droit des
générations futures. Il a commencé à être énoncé en 1972 à Stockholm
avec l’affirmation du « devoir solennel de protéger et d’améliorer
l’environnement pour les générations futures » en ajoutant que « les
ressources naturelles doivent être préservées dans l’intérêt des
générations présentes et à venir ».
Vingt ans plus tard, à Rio, il a été précisé que « le droit au
développement doit être réalisé de façon à satisfaire équitablement les
besoins relatifs au développement et à l’environnement des générations
présentes et futures ». Il est également mis en avant dans le Code de
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l’Environnement français, par exemple en son article L.542-1 : « la
recherche et la mise en œuvre des moyens nécessaires à la mise en
sécurité définitive des déchets radioactifs sont entreprises afin de
prévenir ou de limiter les charges qui seront supportées par les
générations futures ». La Charte de l’Environnement, dans son septième
considérant, pose aussi le problème de la « capacité des générations
futures à satisfaire leurs propres besoins » en affirmant qu’elle ne doit
pas être compromise par les choix destinés à répondre aux besoins du
présent. Se pose alors la question de la définition des générations
futures : à quelle échéance temporelle réfléchit-on et donne-t-on une
limite à ce futur ? Parallèlement, ne faut-il pas se demander qui a
légitimité pour s’exprimer au nom de ces générations futures et défendre
leurs intérêts, alors même qu’on ne sait quels intérêts elles
souhaiteraient potentiellement protéger ?
Troisième concept pouvant être considéré comme justifiant l’émergence
du droit de l’environnement, celui de patrimoine commun à la totalité
de l’espèce humaine dans un sens très vaste ou bien limité à un sous-
ensemble comme la seule Nation française. Il ne s’agit pas dans ce
cadre de remettre en question, lorsqu’elle existe, l’appropriation de ce
qui peut être présenté par certains comme relevant du patrimoine
commun mais, parallèlement, d’affirmer qu’il y a obligation de bonne
conservation ou raisonnable gestion ou protection pour certains
éléments de notre environnement (comme la ressource hydrique telle
que l’entend l’article L.210-1 du Code de l’Environnement) quand on
n’envisage pas, tout simplement, un élargissement total de cette
patrimonialisation.
C’est en ce sens qu’on peut analyser l’article L.110-1 du Code de
l’Environnement quand il affirme : « Les espaces, ressources et milieux
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naturels, les sites et paysages, les espèces animales et végétales, la
diversité et les équilibres biologiques auxquels ils participent font partie
du patrimoine commun de la Nation ». Pour ce qui est de la Charte de
l’Environnement, dans son préambule elle va encore plus loin puisque
son troisième considérant formule que « l’environnement est le
patrimoine commun des êtres humains ».
Belles énonciations que celles du Code et de la Charte mais restant bien
trop vagues aux yeux de certains qui voudraient pouvoir s’appuyer sur
des notions précises : sur le territoire métropolitain français, par exemple,
que sont des espaces ou des milieux naturels ?
Comment utiliser le concept de patrimoine dont on note qu’il n’apparait ni
dans le Dictionnaire de l’Ecologie préfacé par François RAMADE, ni
dans Les 100 mots de l’environnement ? Une part de réponse existe
dans la définition proposée par Henry OLLAGNON, à l’occasion d’une
étude portant sur la pollution de la nappe phréatique alsacienne : «
l’ensemble des éléments matériels et immatériels qui concourent à
maintenir l’identité d’un individu dans un univers variant ». Une autre part
de réponse réside dans la mobilisation possible de tout ou partie de
l’espèce humaine pour maintenir les liens affectifs et économiques
qu’elle a constitués avec son environnement. Enoncé différemment, le
concept de patrimoine commun implique quasi toujours des efforts, des
contraintes ou des obligations ce qui conduit le plus souvent à une
régulation, justifiant donc l’émergence du droit de l’environnement et
même d’un droit à l’environnement.
Quatrième concept donc : le droit à l’environnement. En reconnaissant
que la patrimonialisation de l’environnement est d’intérêt général et si
l’on admet que cet intérêt est actuel mais aussi avec une inscription dans
le futur impliquant que l’on tente de bâtir une politique de développement
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soutenable (ou durable) aussi bien localement que globalement, on
énonce que l’organisation juridique d’une bonne gestion ou efficace
protection de l’environnement est d’intérêt général. Homo Sapiens
Sapiens a droit à un environnement de la meilleure qualité possible, une
qualité qui peut être déclinée par éléments comme l’air, l’eau, le sol (ce
qui explique l’adoption progressive de lois thématiques comme les textes
du 02/08/1961 puis du 30/12/1996, une codification partielle par les
articles L220-1 à L229-24 du Code de l’Environnement pour ce qui est
de l’air, ainsi que les lois du 16/12/1964 puis du 03/01/1992 et du
30/12/2006 pour ce qui est de l’eau, etc.).
Cette affirmation se retrouve aussi dans le Code Rural (article L.200-2) :
« Les lois et règlements organisent le droit de chacun à un
environnement sain […]. Il est du devoir de chacun de veiller à la
sauvegarde et de contribuer à la protection de l’environnement ». Ainsi,
ce concept permet d’asseoir les bases d’une reconnaissance à un
environnement sain en contribuant à affirmer d’une part que c’est
d’intérêt général, d’autre part qu’on peut le rattacher à la défense des
droits de l’homme confortés par une forte dimension internationale.
Cependant, comme les concepts présentés précédemment, le droit à un
environnement de qualité, s’il fait quasiment l’unanimité au plan
théorique, connait beaucoup de difficultés à être traduit dans les faits que
ce soit au niveau national ou au plan mondial.
Il en est de même pour d’autres concepts comme celui de solidarité
écologique affirmant l’étroite interdépendance des êtres vivants entre
eux et avec les milieux naturels ou aménagés. Faire sien ce concept
implique qu’on reconnaisse que l’espèce humaine n’est qu’une partie de
la communauté du vivant. En conséquence, les humains devraient donc
juger leurs actions d’après leurs conséquences sur cette communauté du
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vivant dans son ensemble, en favorisant une approche systémique. Cela
conduit à élargir considérablement le champ de la responsabilité tout en
posant le problème de la détermination de ceux qui seront désignés
comme ayant compétence pour exprimer les griefs de cette communauté
du vivant.
Aboutissement ou synthèse de tous les concepts rapidement dépeints,
l’affirmation de la nécessité d’une transition écologique pourrait tenir une
place non négligeable au cours des prochaines années dans l’évolution
du droit de l’environnement. En effet, une réflexion holiste sur
l’environnement oblige à penser autrement l’organisation du monde, en
envisageant un autre type de croissance, une autre mondialisation à
mettre en place dans les vingt prochaines années. Cette transition
écologique doit se traduire simultanément en trois révolutions :
- La révolution de « l’habiter »,
- La révolution du « déplacer »,
- La révolution du « décarboner » .
Si cette transition est admise dans son inéluctabilité et dans la nécessité
d’être réalisée rapidement (sous peine de la fin de l’Anthropocène) il faut
qu’elle soit encadrée par le droit de l’environnement, contribuant ainsi,
avec bien d’autres disciplines scientifiques, à définir un « futur
souhaitable », concept appelé à se substituer à celui de développement
durable (ou soutenable) dont l’usure se fait de plus en plus sentir.
Que l’on adopte ou récuse les concepts ci-dessus présentés,
indéniablement ils ont contribué à la mise en exergue des principes
autour desquels a été bâti le droit de l’environnement.
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CHAPITRE DEUXIEME. LES PRINCIPES
Pour ce qui est des grands principes sur lesquels se fonde actuellement
le droit de l’environnement, on peut les différencier en trois familles.
Dans la première famille, il y a ceux qu’on peut définir comme des
principes d’anticipation, c’est-à-dire des principes auxquels on se
réfère prioritairement EN AMONT du fait environnemental objet d’un
encadrement juridique : ce sont les principes de prévention et de
précaution, qu’il ne faut surtout pas confondre. D’ailleurs leur affirmation
ne s’est pas faite simultanément et, de nos jours encore, le principe de
précaution suscite, par exemple pour ce qui est de son champ
d’application, plus de controverses que le principe de prévention.
La seconde famille peut être définie comme celle à laquelle on se réfère
postérieurement à l’évènement environnemental, EN AVAL, lorsqu’il
s’agit essentiellement de réparer, corriger, remédier : c’est le principe
pollueur-payeur qui va alors être invoqué mais son interprétation,
simple a priori, peut faire l’objet de discussions en fonction du degré
d’explication utilisé.
Une troisième famille peut être déterminée par la transversalité de son
domaine de mise en œuvre dans le droit de l’environnement, en lien
évidemment avec les principes de prévention, de précaution et pollueur-
payeur : elle rassemble tout ce qui est relatif à la transparence,
l’information, la participation, la coopération. L’influence du droit
européen est loin d’y être négligeable sans pour autant qu’on puisse être
certain qu’il faille y inclure les principes d’intégration, de subsidiarité et
de proportionnalité.
En dernier lieu, ne serait-ce que pour le citer, il faut s’interroger sur le
principe de non-régressivité dont l’hypothétique mise en application
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ressort bien davantage du champ de la réflexion politique que de
l’analyse juridique en tant qu’il semble sous-entendre que le pouvoir du
législateur devrait être limité ou orienté…
SECTION I. Les principes d’anticipation
Dix années séparent l’application réelle dans la législation française des
principes de prévention (Loi Barnier de 1995) et de précaution (Charte
de l’Environnement de 2005). La différence est parfois difficile à établir
entre eux, expliquant de nombreuses confusions dans le langage des
décideurs, d’autant plus que certains estiment que la loi Barnier (numéro
95-101 du 2 février 1995) mettait déjà en place le principe de précaution
en énonçant que « l’absence de certitudes, compte tenu des
connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas
retarder l’adoption de mesures effectives et proportionnées visant à
prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à
l’environnement à un coût économiquement acceptable ».
A compter de 2005, en tout cas, il y a unanimité pour reconnaitre que
ces deux principes tiennent un rôle important dans la structuration du
droit de l’environnement.
La distinction à faire entre eux est que le principe de prévention est
invoqué lorsque le risque est avéré, indiscutablement identifié, qualifié
et/ou quantifié tandis que le principe de précaution est mis en avant
quand le risque est suspecté, fortement soupçonné, relevant du domaine
de la probabilité plus que de la possible hypothèse, sans être encore
admis par tous comme étant certain.
1. Le principe de prévention
Le principe d’action préventive ou de prévention est d’une très grande
importance en droit de l’environnement. Il vise à organiser une
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intervention en amont de l’évènement environnemental susceptible de
perturber un équilibre écologique. Dans la mesure du possible, sa mise
en œuvre doit permettre d’éviter toute atteinte à l’environnement ou, à
tout le moins, d’en limiter les effets négatifs d’autant plus facilement que
le principe de prévention est invoqué lorsque le risque est avéré,
reconnu, indiscutable.
Il trouve son origine dans le droit international à la faveur d’un litige
opposant les USA et le Canada en raison d’émissions de soufre
générées par une usine canadienne (la Fonderie du Trail) et impactant
des agriculteurs des Etats-Unis en 1941. A cette occasion, le tribunal
arbitral avait justifié sa décision par une obligation pour l’entreprise
industrielle de prévenir la pollution transfrontalière (obligation de « due
diligence »).
Cette contrainte a été élargie par de nombreuses conventions
internationales comme la convention de Londres du 29 décembre 1972
organisant la prévention de la pollution des mers du fait de l’immersion
de déchets, la convention d’Espoo du 25 février 1991, la convention du 9
mai 1992 relative au changement climatique, la convention du 5 juin
1992 consacrée à la biodiversité, la convention de Paris pour la
protection du milieu marin du Nord-est Atlantique de 1992 – texte
mentionnant que les parties signataires « tiennent pleinement compte de
la mise en œuvre des derniers progrès techniques réalisés et des
méthodes conçues afin de prévenir et de supprimer intégralement la
pollution » et veillent à « faire appliquer les meilleures techniques
disponibles et la meilleure pratique environnementale ». Cette approche
se retrouve aussi dans la déclaration du Sommet de Rio, toujours en
1992.
Au niveau du droit européen, si dès 1972 les chefs d’Etat et de
gouvernement affirment qu’« il convient de mettre en œuvre une
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politique communautaire de l’environnement », c’est l’Acte Unique –
entré en vigueur le 1er juillet 1987 – qui donne une réelle importance au
principe de prévention. Le traité sur le fonctionnement de l’Union
Européenne, dans son article 174, paragraphe 2, va ensuite préciser que
la politique de la Communauté, pour ce qui est de l’environnement, « est
fondée sur les principes de précaution et d’action préventive, sur le
principe de la correction, par priorité à la source, des atteintes à
l’environnement, et sur le principe de pollueur-payeur ».
En France, le principe de prévention est totalement reconnu grâce à la
loi Barnier du 2 février 1995. Le point essentiel à en retenir est le lien très
fort à établir avec la notion de risque avéré d’une atteinte à
l’environnement.
En effet, si originellement dans le vocabulaire juridique la prévention est
évoquée en matière de droit du travail et de la sécurité sociale (le droit
de la prévention étant alors défini comme l’ensemble des mesures
techniques et/ou réglementaires visant à tenter d’éviter les maladies et
les accidents), pour ce qui est du droit de l’environnement le principe de
prévention implique, pour qu’il soit mis en œuvre, que soient établies
avec certitude d’une part l’existence d’un aléa (peu importe que celui-ci
soit d’origine dite naturelle ou anthropique), d’autre part l’émergence
d’effets négatifs que la survenance de cet aléa aurait sur un (ou des)
enjeu(x).
Toute la difficulté réside évidemment dans la reconnaissance de l’aléa et
dans la délimitation de l’enjeu. Selon les méthodes choisies (probabiliste
ou déterministe par exemple), l’aléa peut être considéré comme fort ou
faible. De même, il peut y avoir controverse, en matière de risque dit
naturel, sur « le temps de retour » (décennal, centennal, millénaire ?)
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d’une avalanche ou d’une inondation ou bien à propos du zonage d’un
territoire possiblement impacté, de la quantité ou/et de la qualité des
espèces faunistiques ou floristiques pouvant être significativement
atteintes par l’action envisagée, etc.
Réfléchir sur le principe de prévention oblige donc à s’interroger sur la
question de l’expertise, tout particulièrement sur son indépendance. Il
faut, en effet, poser le problème du financement de cette expertise. C’est
au pétitionnaire qu’échoit cette charge et donc le droit de choisir les
entités qui rédigeront études d’impact et dossiers de présentation
d’installations soumises à autorisation dans le cadre de la loi du 10 juillet
1976 (qui, d’ailleurs, dans ce domaine n’entrera en vigueur qu’après le
décret d’application du 12 octobre 1977).
Pour la mise en œuvre du principe de prévention, l’étude d’impact est
nécessaire mais est-elle suffisante ? Certes, au fil du temps, son contenu
et son mode de présentation ont évolué vers plus de lisibilité tandis que
la jurisprudence a permis de mieux cerner la notion d’insuffisance pour
ce type de document. Mais, pour certains, des progrès restent à faire en
ce domaine tout comme pour la procédure d’autorisation préalable,
surtout pour ce qui est relatif aux ICPE (relevant de la police spéciale du
préfet).
Relève également du principe de prévention l’invitation faite à la
personne morale ou physique dont le projet est susceptible de porter
atteinte à l’environnement de recourir aux « meilleurs techniques
disponibles » (article L 110-1-II-2e du Code de l’Environnement),
prioritairement bien sûr en agissant à la source dans le but d’éviter ou, à
tout le moins, réduire les nuisances et pollutions.
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Cette approche intégrée est théoriquement fort satisfaisante mais, dans
les faits, se révèle limitée par la notion de « coût économiquement
acceptable ». Jusqu’à quel point de remise en question de l’équilibre
financier de l’entité porteuse de projet est-on disposé à aller afin de
prévenir les effets négatifs sur l’environnement ? Comment conjuguer le
coût « écologiquement » acceptable avec le coût « économiquement »
acceptable ?
Réfléchir sur le principe de prévention implique aussi un questionnement
sur l’importance à accorder à la normalisation en distinguant quatre
grands types de normes : qualité, émission, produit, procédé. Etablies
soit par des organismes professionnels soit par des autorités publiques
(tant au plan international que national) elles permettent à tous d’avoir
des références communes balisant la gestion de l’environnement, par
exemple pour ce qui est du recours aux audits qui sont plus des
procédés de contrôle a posteriori de la mise en œuvre du principe de
prévention que des outils utilisés a priori.
2. Le principe de précaution
En filigrane dans le droit allemand des années 1960 (avec le «
vorsorgeprinzip » qu’on peut traduire par « principe de prévoyance » et
visant à prendre des « mesures nécessaires et raisonnables » afin
d’empêcher qu’une action soit négative sur l’environnement), le principe
de précaution apparait au niveau du droit international dans la
convention-cadre sur la protection de la couche d’ozone signée à Vienne
le 22 mars 1985 (puis dans le protocole de Montréal du 16 septembre
1987) ainsi qu’à l’occasion de la deuxième conférence internationale sur
la protection de la Mer du Nord à Londres les 24 et 25 novembre 1987.
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Le rapport Brundtland de 1988 s’y réfère également, ce qui explique son
énonciation dans l’article 15 de la déclaration de Rio de Janeiro du 13
juin 1992 : « Pour protéger l’environnement, des mesures de précaution
doivent être largement appliquées par les Etats selon leurs capacités. En
cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l’absence de
certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre
à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir la
dégradation de l’environnement ».
Au seul niveau du droit européen il est introduit le 7 février 1992 par le
traité de Maastricht (article 130 R § 2 devenu article 174), puis appliqué
par la justice européenne (affaire « National Farmer Union » relative à un
problème de santé publique et non d’environnement au sens strict le 5
mai 1998, affaires « Artedogan Gmbh et autres » du 26 novembre 2002
et « Solvay Pharmaceuticals » du 21 octobre 2003).
Le 2 février 1995, la loi Barnier lui fait place en droit français (article
L.110-1-I-1° du Code de l’Environnement) en affirmant : « l’absence de
certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques
du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives et
proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et
irréversibles à l’environnement à un coût économiquement acceptable ».
En vérité, ne serait-ce que par les procédures d’autorisation de mise sur
le marché, d’assurance qualité, par les obligations de confinement et de
surdimensionnement (dans des domaines comme la pharmacie, la
chimie, le nucléaire, l’aéronautique) ce principe inspirait déjà des pans
entiers de la réglementation française avant d’être consacré
formellement en 1995 au niveau législatif.
Objet de controverses importantes entre ceux qui le définissent comme
un principe d’abstraction contraignant à l’inaction totale, tant qu’il y
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a doute, donc à la stagnation économique si ce n’est au déclin et ceux
qui y voient un principe d’action impliquant qu’en situation d’incertitude
on s’oblige à approfondir les recherches afin de lever toute ambiguïté sur
les aspects négatifs ou positifs de ce qui est proposé, ce qui permettrait
d’opérer au mieux, le principe de précaution est devenu un point fort de
la Charte de l’Environnement (article 5 de la loi constitutionnelle numéro
2005-205 du 1er mars 2005, JO du 2 mars 2005).
A compter de mars 2005, on constate donc une inversion de la charge
de la preuve en matière de gestion d’un risque pour l’environnement :
alors que, globalement, une hypothèse non démontrée était considérée
comme non valide jusqu’à la dernière décennie du vingtième siècle, un
nouveau rapport au savoir est introduit. On peut en déduire que
davantage de considération est désormais accordée aux opinions
marginales et dissidentes, aux interrogations. Les certitudes sont
relativisées et un nouveau questionnement apparaît non seulement sur
la relation de causalité mais également sur la mesure et la réalité de
l’éventuel dommage. Les juges sont dorénavant invités à trancher d’une
part en fonction de ce qu’on sait ou devrait savoir, d’autre part en
fonction de ce dont on se doute ou devrait se douter.
Selon l’importance accordée à la primauté possible de l’économique, on
en déduira soit qu’il est potentiellement justifié, soit qu’il est impératif, de
limiter, encadrer ou empêcher certaines actions possiblement
dangereuses pour l’environnement sans attendre que ce danger soit
scientifiquement établi de façon certaine dans un espace et un temps
restant à définir. Avec l’affirmation du principe de précaution, on
changerait de paradigme : si le dix-neuvième siècle a été celui de la «
prévoyance » et le vingtième siècle celui de la « prévention », le vingt-et-
unième siècle deviendrait celui de la « précaution », indissociable d’une
19
politique de développement durable pour les uns, simple version
modernisée de la notion de « prudence » pour les autres.
Depuis mars 2005, donc, il est affirmé que « lorsque la réalisation d’un
dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques,
pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les
autorités publiques veilleront, par application du principe de précaution,
et dans leurs domaines d’attribution, à la mise en œuvre de procédures
d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et
proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage ». Reste à
conjuguer la mise en œuvre de l’article 5 de la Charte de 2005 avec
l’article L 110-1-II du Code de l’Environnement puisque la Charte parle
de dommage qui « pourrait affecter de manière grave et irréversible
l’environnement » alors que le Code invite, sans employer le
conditionnel, à « prévenir un risque de dommages graves et irréversibles
à l’environnement à un coût « économiquement acceptable » ».
Ainsi, tant le Code que la Charte laissent planer un certain flou aussi
bien pour ce qui est de l’incertitude scientifique concernant les effets de
l’action envisagée qu’en matière de risque de dommage, tout
particulièrement s’agissant de l’irréversibilité, sans même aborder la
définition d’un coût économiquement acceptable ni le questionnement
relatif au renversement de la charge de la preuve.
Prenons l’exemple de l’implantation de structures permettant de relayer
des émissions de radiotéléphonie ou de produire de l’électricité à partir
d’énergies renouvelables comme la force éolienne ou la force
hydraulique : mâts ou pylônes, chaussées ou barrages peuvent être
déconstruits (la démonstration en a été faite avec le démantèlement du
parc éolien de Sallèles Limousis dans l’Aude, l’effacement du barrage de
20
Kernansquillec dans les Côtes d’Armor, etc.) et on peut estimer qu’il n’y
a pas de possibilité d’atteinte irréversible au paysage mais la controverse
n’est pas éteinte en ce qui concerne les équilibres écologiques
faunistiques et floristiques.
A n’en pas douter, la mise en œuvre du principe de précaution nécessite
une interprétation jurisprudentielle entraînant la polémique. Liant des
interrogations portant sur des valeurs économiques mais aussi éthiques,
le principe de précaution, comme le principe de prévention, vise à
l’anticipation par rapport à l’activité proposée. Ce n’est pas le cas du
principe pollueur-payeur qui est essentiellement invoqué
postérieurement, à des fins curatives en quelque sorte.
SECTION II. Le principe de réparation
S’il n’a pas été possible d’intervenir par anticipation, il est souvent loisible
d’agir en aval d’un évènement ayant perturbé un équilibre
environnemental pour tenter d’en pallier les aspects négatifs. C’est
l’essentiel de ce qu’on espère du principe pollueur-payeur
Le principe pollueur-payeur
Principe curatif, sa première énonciation en a été faite par le Conseil de
l’OCDE, le 26 mai 1972, dans le cadre de l’adoption de principes
directeurs relatifs aux aspects économiques des politiques
environnementales au niveau international, par le biais de la
Recommandation numéro 128. Considéré comme un mécanisme
d’allocation efficace des coûts et ne visant pas prioritairement à établir
un contrôle optimal de la pollution, il ne prendra pas immédiatement une
grande importance du fait même de l’OCDE qui, dans une autre
Recommandation numéro 233 du 14 novembre 1974, permettra de
nombreuses exceptions à sa mise en œuvre.
21
Néanmoins, progressivement, il y est fait référence dans de nombreux
accords internationaux comme la Convention de Londres du 29
décembre 1972, le texte relatif à la pollution d’origine tellurique en
Méditerranée du 17 mai 1980, la convention sur la protection des Alpes
du 7 novembre 1991 ou la Convention de Lugano (datée du 21 juin
1993) portant sur la responsabilité civile liée à l’exercice d’activités
dangereuses pour l’environnement.
Ce ne sont là que quelques exemples d’une dynamique confortée
relativement par la Déclaration de Rio de Janeiro de 1992 proclamant
(seizième principe) que « les autorités nationales doivent s’efforcer de
promouvoir l’internalisation des coûts de protection de l’environnement et
l’utilisation d’instruments économiques compte tenu de l’idée que c’est le
pollueur qui doit, en principe, assumer le coût de la pollution, en ayant en
vue l’intérêt du public et sans fausser le jeu du commerce international et
de l’investissement ».
Au niveau européen, le premier programme d’action des Communautés
le reprend dès le 22 novembre 1973 et les Recommandations
Européennes des 7 novembre 1974 et 3 mars 1975 en précisent les
contours. Le traité de Maastricht, entré en vigueur le 1 er juillet 1987
(article 130 R du Traité de Rome devenu 174-2), lui donne plus de valeur
en le rendant directement opposable à tous, sa force étant réaffirmée par
le biais de l’article 130 S (devenu 175).
Globalement, sa mise en œuvre reste dépendante de la
Recommandation 75-436 (du 3 mars 1975) qui énonce que « les
personnes physiques et morales, de droit privé ou public, responsables
d’une pollution doivent payer les frais des mesures nécessaires pour
éviter cette pollution ou la réduire afin de respecter les normes et les
22
mesures équivalentes permettant d’atteindre les objectifs de qualité ou,
lorsque ces objectifs n’existent pas, afin de respecter les normes et les
mesures équivalentes fixées par les pouvoirs publics ».
Mais cela oblige à s’interroger sur les mécanismes de définition des
normes auxquelles il faudra se référer pour apprécier si elles ont été
respectées. Toujours est-il que le principe pollueur-payeur, tel
qu’appréhendé par les institutions européennes, ne peut plus être ignoré
au plan national.
Si on le retrouve dans le droit allemand en tant que principe
responsable-payeur (verursacherprinzip) ou dans l’article 2 de la loi
fédérale helvétique du 7 octobre 1983, au niveau français c’est dans
l’article L 200-1 du nouveau Code Rural (« les frais résultant des
mesures de prévention, de réduction de la pollution et de lutte contre
celle-ci doivent être supportés par le pollueur ») et surtout dans la loi
Barnier du 2 février 1995 (article L 110-1-II-3° du Code de
l’Environnement) qu’il est énoncé.
Désormais, en théorie tout au moins, ce n’est pas à la collectivité de
financer les coûts de la lutte contre la pollution mais à la personne
physique ou morale qui l’a causée. En ce sens, on peut établir un lien
avec l’article 37 du décret d’application 77-1133 du 21 septembre 1977
relatif à la loi 76-663 du 19 juillet 1976 sur les ICPE (article L 511-1 et s.
du Code de l’Environnement), organisant l’obligation de remise en état, à
la cessation d’activité, pour éviter tout danger ou inconvénient.
Etant repris implicitement dans la Charte de l’Environnement de 2005
qui, dans son article 4, énonce que « toute personne doit contribuer à la
réparation des dommages qu’elle cause à l’environnement dans les
conditions définies par la loi » on pourrait estimer que le principe
pollueur-payeur a, dorénavant, valeur constitutionnelle. Parallèlement,
23
son effectivité serait renforcée par la loi 2008-757 du 1 er août 2008
(article L 161 et s. du Code de l’Environnement) et le décret d’application
2009-468 du 23 avril 2009 (article R 161-1 et s. du Code de
l’Environnement), en association avec la Directive Européenne 2004-35
du 21 avril 2004.
Pourtant, ce principe pollueur-payeur est encore critiqué. Ainsi, Michel
Serres y voit une tautologie et assure : « l’équation pollueur-payeur
n’arrête rien. C’est une complaisance (…). Il vaut mieux prévenir que
guérir »1.
D’autres estiment que, dans une certaine mesure, il s’agit d’un principe
payeur-pollueur laissant de larges possibilités de polluer à la condition
que l’on soit capable, ensuite ou parallèlement, de financer taxes et
redevances instituées pour encadrer, limiter - à défaut d’empêcher - une
pollution. Certains affirment qu’en définitive c’est toujours le
consommateur et/ou le contribuable qui paie : soit l’auteur de la pollution
intègre cette dépense dans ses calculs de coût de production et la
répercute sur sa clientèle, soit il ne peut faire face à ce qui serait un
surcoût, quitte à être mis en faillite, et c’est la collectivité qui prend en
charge la dépollution. Les mécanismes actuellement utilisés pour mettre
en œuvre le principe pollueur-payeur n’auraient donc qu’une efficacité
relative. Il n’en demeure pas moins qu’il faut les connaître, même si,
essentiellement, ils relèvent de la politique fiscale. Dans ce domaine on
peut mettre en exergue divers systèmes de redevances et taxes, établies
à des fins redistributives et parfois préventives, comme les redevances
perçues par les agences financières de bassin pour l’eau, les taxes sur
les nuisances sonores aéroportuaires, les taxes sur les déchets, et, bien
sûr, la taxe générale sur les activités polluantes. Il faut également
1 « Entretien avec Michel Serres - Le droit peut sauver la nature », revue Pouvoirs, numéro 127, novembre 2022,
page 10.
24
mentionner le rôle des mécanismes de compensation et le recours à la
technique des fonds d’indemnisation.
Au niveau du droit de la responsabilité, la mise en œuvre du principe
pollueur-payeur n’est pas aussi aisée qu’on pourrait le supposer. La
Charte de l’Environnement en limite l’application d’une part en impliquant
qu’il ne peut être invoqué que s’il y a « dommage avéré », d’autre part en
renvoyant aux « conditions définies par la loi ». Quantifier et qualifier le
dommage environnemental pose de grandes difficultés tout comme
établir un lien de causalité entre une activité et une pollution. De même,
la recherche de la responsabilité aussi bien pour faute que sans faute
soulève de larges controverses.
Appréhendé comme « principe aval » du droit de l’environnement, le
principe pollueur-payeur reste donc l’objet d’interrogations et son emploi
concret laisse plus circonspect que son énonciation théorique.
En est-il de même pour les « principes transversaux » ?
SECTION III. Les principes transversaux
III.1. Le principe de subsidiarité
Très largement, les principes transversaux mis en œuvre en droit de
l’environnement ne lui sont pas vraiment spécifiques. Il en est ainsi, par
exemple, du principe de subsidiarité, énoncé tout particulièrement dans
le préambule du Traité de l’Union Européenne (12e alinéa) et dans
l’article 3 B §2 du Traité CE modifié par le Traité de Maastricht (« Dans
les domaines qui ne relèvent pas de sa compétence exclusive, la
Communauté n’intervient, conformément au principe de subsidiarité, que
si et dans la mesure où les objectifs de l’action envisagée ne peuvent
pas être réalisés de manière suffisante par les Etats membres et peuvent
25
donc, en raison des dimensions ou des effets de l’action envisagée être
mieux réalisés au niveau communautaire »).
Le Traité d’Amsterdam, d’octobre 1997, a précisé que « pour être
justifiée, une action de la Communauté doit répondre aux deux aspects
du principe de subsidiarité : les objectifs de l’action proposée ne peuvent
pas être réalisés de manière suffisante par l’action des Etats membres
dans le cadre de leur système constitutionnel national et peuvent donc
être mieux réalisés par une action de la Communauté ». Le droit
communautaire de l’environnement peut ainsi prendre une place non
négligeable mais en préservant une marge de manœuvre pour les Etats
membres, par exemple en matière d’énonciation de contraintes plus
fortes en matière de protection des équilibres écologiques.
III.2. Le principe de proportionnalité
Toutefois, on doit conjuguer le recours au principe de subsidiarité avec
l’application du principe de proportionnalité (dont l’origine est très
ancienne puisque, déjà, Aristote l’évoquait en affirmant que « le juste »
correspond à « un milieu entre deux extrêmes, qui sans cela ne seraient
plus en proportion car la proportion est un milieu et le juste une
proportion », cette nécessité de la proportionnalité étant reprise par le
Code Justinien), que G. Braibant2 en 1974 définit comme un « principe
innommé du droit administratif » mis en œuvre par le Conseil d’Etat «
sans le savoir ou, plus exactement, sans le dire », très lié au contrôle
jurisprudentiel dans le cadre du « bilan coûts-avantages » dont
l’importance est indéniable en droit de l’environnement.
Le principe de proportionnalité a acquis une portée plus grande sous
l’influence du droit européen qui a mis en avant la nécessité de «
2 G. BRAIBANT, « Le principe de proportionnalité. Le juge et le droit public », Mélanges offerts à Marcel
Waline, Paris : LGDJ, 1974, tome 1, page 297.
26
compromis raisonnable » (CJCE, 21/06/1958, Affaire 13/57) et de «
niveau de protection raisonnable » (CJCE, 20/09/1998, Affaire 302/86).
En le qualifiant de « principe général de droit communautaire » la CJCE
va affirmer que le principe de proportionnalité « exige que les actes des
institutions communautaires ne dépassent pas les limites de ce qui est
approprié et nécessaire à la réalisation des objectifs légitimement
poursuivis par la réglementation en cause, étant entendu que quand un
choix s’offre entre plusieurs mesures appropriées, il convient de recourir
à la moins contraignante et que les inconvénients causés ne doivent pas
être démesurés par rapport aux buts visés » (CJCE, 12/09/1996, Affaires
254 et 255/94 et 269/94).
Le Traité d’Amsterdam (article 5 alinéa 3, reprenant l’article 3 B alinéa 3
du Traité de l’Union modifié par le Traité de Maastricht) dispose d’ailleurs
que « l’action de la Communauté n’excède pas ce qu’il est nécessaire
pour atteindre les objectifs du Traité » et cela est particulièrement valable
en droit de l’environnement. Le juge a donc un rôle majeur à tenir pour
pondérer avantages et inconvénients et établir le lien indispensable entre
le but présenté comme d’intérêt général qu’est l’application de la règle
environnementale et les moyens perçus souvent comme atteintes aux
libertés et aux droits des particuliers.
III.3. Le principe d’intégration
Subsidiarité et proportionnalité sont à associer avec un autre principe
transversal : le principe d’intégration, visant à assurer la compatibilité et
le bon fonctionnement entre elles des normes et réglementations.
Essentiellement d’origine communautaire, ce principe implique que
toutes les politiques sectorielles doivent répondre aux exigences de
protection de l’environnement adoptées par les institutions européennes.
27
Inscrit à l’article 130 R §2 du Traité CE (« les exigences en matière de
protection de l’environnement doivent être intégrées dans la définition et
la mise en œuvre des autres politiques de la Communauté »), puis à
l’article 6 CE (ancien article 3 C) par les rédacteurs du Traité
d’Amsterdam (« les exigences de protection de l’environnement doivent
être intégrées dans la définition et la mise en œuvre des politiques et des
actions de la communauté visées à l’article 3, en particulier afin de
promouvoir le développement durable »), sa mise en application était
souhaitée dès 1983 par la Commission Européenne qui demandait une «
stratégie globale d’intégration de la dimension environnementale
(Troisième Programme d’Action 1893-1986, JOCE, série C46,
17/02/1983, page 1). Elle s’est faite progressivement et n’est pas encore
d’une parfaite homogénéité. En droit français, la Charte de
l’Environnement affirme dans son article 6 cette obligation d’intégration
dans l’ensemble des politiques françaises, en mentionnant la nécessité
de concilier le progrès social, le développement économique avec la
protection et la mise en valeur de l’environnement, ce qui est
relativement contradictoire et peut être vecteur d’une dilution du droit de
l’environnement.
III.4. L’obligation de recourir aux meilleures techniques
disponibles
Néanmoins, on peut espérer que cet affaiblissement est empêché par
l’énonciation d’un quatrième principe transversal qui est celui de
l’obligation de recourir aux meilleures techniques disponibles. Le droit
européen en parle comme le « stade de développement le plus efficace
et avancé des activités et de leurs modes d’exploitation, démontrant
l’aptitude pratique de techniques particulières visant à éviter et à réduire
28
de manière générale les émissions et l’impact sur l’environnement dans
son ensemble » (Directive 96/61/CE du Conseil, 24/09/1996, article 2).
Pour la pêche industrielle, par exemple, cela se traduit par un
encadrement précis des techniques utilisées (Règlement Européen
894/97) mais on peut aussi citer le cas de la Directive IPPC ou du
Règlement REACH. Au niveau du droit français, ce principe est édicté
dans le cadre de l’article L 110-1-II-2° du Code de l’Environnement qui
fait référence aux « meilleures techniques disponibles à un coût
économiquement acceptable » à tous les stades de la fabrication du
produit, de la vie de l’installation industrielle ou agricole, quelle que soit
l’activité susceptible d’avoir un impact sur l’environnement, etc. L’enjeu,
évidemment, est dans l’équilibre à établir entre le coût de la technique et
son efficacité environnementale. Le choix du point d’équilibre est selon
les cas financier ou politique.
Peuvent contribuer à établir ce choix, d’autres principes mis en œuvre
transversalement qui sont les principes de transparence, d’information,
etc.
Certains auteurs souhaitent inclure parmi les principes transversaux la
non-régressivité. Cette notion doit être abordée avec circonspection car
elle conduit à remettre en question le pouvoir du législateur en
démocratie. Ce n’est pas au technicien du droit de statuer sur le «
progrès » ou le « recul » en matière de « bonne » gestion de
l’environnement que peut représenter l’abolition ou la modification de
telle ou telle loi relative à la qualité de l’air, l’utilisation des espaces
littoraux ou la sauvegarde d’une espèce de prédateurs. Certes il peut et
doit avoir une opinion à ce sujet en tant que citoyen mais il ne peut se
substituer au législateur, désigné par une majorité d’électeurs qui
29
déterminent ainsi quelle place doit être accordée au droit de
l’environnement.
30
Conclusion
Cette brève présentation des concepts et principes à la base du droit de
l’environnement ne peut passer sous silence que ceux-ci sont
susceptibles d’entrer en conflit avec d’autres concepts et principes
participant, tout autant si ce n’est plus, au socle de notre système
juridique global et contribuant au « vivre ensemble » dans les sociétés
occidentales : il s’agit entre autres de tout ce qui est lié à l’exercice des
libertés individuelles (pouvant être en contradiction avec l’intérêt de la
collectivité) et, bien évidemment, de tout ce qui peut remettre en
question le respect du droit de propriété « inviolable et sacré », la
définition des biens privés (c’est-à-dire exclusifs et rivaux) et des biens
publics (c’est-à-dire non-exclusifs et non-rivaux). En fait, réfléchir sur la
définition et la portée des concepts et principes fondant le droit de
l’environnement implique tôt ou tard de s’interroger sur la notion de «
bien commun » et d’« intérêt public », d’« usage » et de « propriété » et
peser toute l’importance à accorder aux « biens de fonctionnalité ». Cela
oblige également à clarifier les priorités entre l’impératif de production et
l’impératif de protection, clarification relevant sans doute davantage d’un
choix philosophique que d’un encadrement juridique.
31
DEUXIÈME PARTIE. NOTIONS ESSENTIELLES SUR L’ÉVOLUTION
ET LA DÉGRADATION DE L’ENVIRONNEMENT
Chapitre Premier. LES NOTIONS DE BASE DE L’ENVIRONNEMENT
I.1. Définitions
Substitué au mot ‘milieu’ sous l’influence du terme américain
correspondant au mot « environnement », le terme environnement
recouvre l’ensemble des facteurs biologiques, chimiques et physiques
dont dépendent la planète terre et la prospérité d’une population.
Le groupe de travail du Conseil de Réflexion de l’Association
Internationale pour l’environnement et le développement en donne la
définition suivante : « L’environnement est l’ensemble des milieux
d’influence humaine, naturelle, économique et socioculturelle qui,
agissant sur l’individu à tout instant de sa vie quotidienne, déterminent
en grande partie son comportement affectif, spirituel, social et culturel ».
L’environnement représente, à un moment donné, l’ensemble des agents
physiques, chimiques et biologiques ainsi que des facteurs sociaux
susceptibles d’avoir un effet direct ou indirect, immédiat ou à long terme
sur les êtres vivants et les activités humaines.
La définition simplifiée du mot environnement correspond au cadre de
vie, qu'il soit d'origine naturelle ou construit par l'homme. Il fournit de
nombreuses ressources dont l'homme a besoin pour son existence et
son bien-être, tout en étant simultanément une source de nuisance et
d'inquiétude pour ce qui touche de près ou de loin à sa santé et à ses
biens. Ceci concerne les pollutions d'origine diverses jusqu'aux
cataclysmes climatiques.
Une autre définition de l’environnement de l'homme, annoncée dans la
conférence de Stockholm sur l'environnement humain en 1972 est celle-
32
ci : « l'ensemble des rapports parfois de nature conflictuelle qu'il
entretient avec le milieu dans lequel il vit et qui nécessite des arbitrages
au niveau de la société ».
Les composantes de l’environnement
En se référant à la Loi N° 11/009 du 09 juillet 2011 portant principes
fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement (journal officiel,
numéro spécial du 16 juillet 2011) dans son premier chapitre sur les
dispositions générales, section 1ère : de l’objet et des définitions, dans
l’article 2, au sens de la Loi, on entend par :
Air : couche atmosphérique qui enveloppe la surface terrestre
nécessaire à la vie et dont la modification physique, chimique ou autre
peut porter atteinte à l’environnement et à la sante ;
Aire protégée : zone géographiquement désignée, délimitée,
règlementée et gérée en vue d’atteindre des objectifs spécifiques de
conservation ;
Assainissement : ensemble des interventions visant l’amélioration des
conditions qui, dans le milieu physique de la vie humaine, influent ou
sont susceptibles d’influer favorablement sur le bien-être physique,
mental et social ;
Audit environnemental : outil de gestion consistant en une évaluation
systématique, documentée, périodique et objective de l’efficacité des
systèmes et des processus organisationnels et gestionnaires conçus
pour assurer la protection de l’environnement ;
33
Conservation : mesures de gestion permettant une utilisation durable
des ressources naturelles et des écosystèmes forestiers, y compris leur
protection, entretien, restauration et amélioration ;
Déchets biomédicaux et de soins de santé : déchets produits ou
provenant des activités médicales ;
Déchet : tout résidu d’un processus de production ou d’utilisation, toute
substance solide, liquide ou gazeuse, matériau ou produit ou, plus
généralement, tout bien meuble éliminé, destiné à être éliminé ou devant
être éliminé en vertu des lois et règlements en vigueur ;
Déchets dangereux : déchets ou substances qui, par leur nature
dangereuse toxique, radioactive, explosive, inflammable, biologique ou
bactérienne, sont susceptibles de constituer un danger pour la santé et
l’environnement, et qui sont éliminés, ou qui doivent être éliminés, ou
qu’il est possible d’éliminer, et qui appartiennent à l’une des catégories
définies comme telles par des mesures d’exécution de la présente loi.
Déchets domestiques : déchets de toutes sortes provenant des
ménages, des immeubles administratifs ou commerciaux et,
généralement, de tous établissements recevant le public, tels que les
marchés, les écoles, les casernes et les prisons ;
Déchets industriels : déchets de quelque nature que ce soit,
provenant du processus de fabrication, de transformation ou d’utilisation
industrielle ;
Ecosystème : complexe dynamique formé de communautés des
plantes, d’animaux et de microorganismes et de leur environnement non
vivant qui, par leur interaction, forment une unité fonctionnelle ;
34
Effluent : rejet liquide ou gazeux d’origine domestique, agricole,
industrielle ou artisanale, traité ou non, déversé directement ou
indirectement dans l’environnement ;
Emission : rejet direct ou indirect, à partir de sources ponctuelles ou
diffuses d’une installation, de substances, de vibrations, de chaleur ou
de bruit dans l’air, l’eau ou le sol ;
Mesures de gestion permettant une utilisation durable des ressources
naturelles et des écosystèmes forestiers, y compris leurs protection,
entretien, restauration et amélioration ;
Environnement : ensemble des éléments naturels ou artificiels et des
équilibres biologiques et géochimiques auxquels ils participent, ainsi que
des facteurs économiques, sociaux et culturels qui favorisent l’existence,
la transformation et le développement du milieu, des organismes vivants
et des activités humaines ;
Erosion : ensemble des actions de l’homme, des eaux et des agents
atmosphériques qui provoquent la dégradation du relief ;
Etablissements humains : ensemble des agglomérations urbaines et
rurales, quels que soient leur type et leur taille ainsi que l’ensemble des
infrastructures dont elles disposent pour assurer à leurs habitants une
existence saine et décente ;
Evaluation environnementale : examen systématique des facteurs
environnementaux au niveaux tant de l’élaboration des politiques, des
programmes et des plans que de la prise de décision ;
Monument : œuvre architecturale, de sculpture ou de peinture,
éléments, qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue
de l’histoire, de l’art ou de la science ;
35
Nuisances : éléments préjudiciables à la santé ou à l’environnement.
Elles comprennent aussi tous faits de nature à créer ou provoquer un
trouble ou une perturbation ;
Pollueur : personne physique ou morale responsable de la pollution ;
Pollution : introduction directe ou indirecte, par l’activité humaine, de
substances, de vibrations, de chaleur ou de bruit dans l’air, l’eau ou le
sol, susceptibles de porter atteinte à la santé ou à la qualité de
l’environnement, entrainer des détériorations aux biens matériels ou une
entrave à l’agrément de l’environnement ou à d’autres utilisations
légitimes de ce dernier ;
Gêne pour le voisinage. Elles peuvent être sonores, olfactives ou
visuelles ;
Gestion des déchets : collecte, transport, stockage, mise en décharge,
recyclage et élimination des déchets, y compris la surveillance des sites
d’élimination ;
Paysage : ensemble des zones territoriales qui se distinguent par des
différences dans les formes du relief, de la végétation, de l’utilisation et
des caractéristiques d’ordre esthétique ;
Plan d’aménagement : document contenant la description, la
programmation et le contrôle de l’aménagement d’une forêt dans le
temps et dans l’espace ;
Polluant : élément ou rejet solide, liquide ou gazeux, tout déchet, odeur,
chaleur, son, vibration, rayonnement ou combinaison de ceux-ci,
susceptibles de provoquer une pollution ;
Les autres concepts liés à l’environnement :
La Qualité de la vie
36
Tous les problèmes liés à l’environnement ont comme soubassement la
qualité de la vie. Cette dernière se réfère à un ensemble plus large : aux
agents physiques, chimiques et biologiques qui constituent le milieu et
qui ont pour but d’assurer la vie et la prospérité d’une population,
auxquels s’ajoutent des facteurs sociaux en vue de contribuer au confort
matériel et moral de cette population et d’accroître son bien-être.
C’est un état évalué en fonction de ses effets sur les êtres vivants et
leurs biens.
Politique environnementale (Gouvernance environnementale)
C’est celle selon laquelle une société détermine et organise des actions
ou processus visant à l’usage, à la sauvegarde et à l’amélioration du
cadre de vie naturel, spatio-temporel et humain. C’est aussi l’ensemble
des moyens permettant de favoriser une meilleure prise de conscience
collective et individuelle des problèmes de l’environnement en vue
d’améliorer la qualité de l’existence de divers usagers des espaces. Ces
moyens peuvent être des lois, l’éducation, l’animation et la concertation.
Le pays met en place des structures, qu’elles soient étatiques ou privées
(ONGD) de protection de la nature.
C’est à ce sujet qu’en RDC, il est créé une Vice-Primature ayant en
charge l’Environnement et le Développement durable.
La gouvernance environnementale exige alors un dialogue aussi
permanent entre les différents acteurs tels que les gestionnaires, les
scientifiques et les usagers en vue d’une meilleure compréhension de
l’environnement global du pays. D’où un lien étroit entre les termes
Environnement, Aménagement et Écologie.
I.2. Interaction environnement - Homme – Démographie
37
L’évolution de la notion d’environnement écologique est liée à celle des
primates et de l’apparition de l’espèce « Homo sapiens » ou l’homme
moderne. La population des grands primates (gorilles, chimpanzés,
orang-outang), occupant la terre il y a de cela 10 millions d’années, est
constituée de 100.000 individus. C’étaient des êtres craintifs, mal armés
par la nature, plutôt décimés par des prédateurs et se nourrissant de
plantes et de petites proies.
L’homme moderne a pu, en très peu de temps, transformer la biosphère.
Grâce à ses capacités cérébrales permettant les apprentissages rapides,
l’adaptation aux changements environnementaux ainsi que la
transmission des connaissances, l’homme est arrivé, il y a 100 milles
ans, à maîtriser le feu, se chauffer, s’éclairer, éloigner ses prédateurs et
créer des groupes sociaux. Ces actions ont permis d’augmenter sa
durée de vie et d’assurer son expansion démographique.
Comment l’homme a-t-il modifié son environnement ?
Après avoir domestiqué le feu, les hommes ont commencé à modifier
leur environnement et ce, en favorisant la production de certains
végétaux utiles, en exterminant les animaux venimeux et dangereux et
en allumant des incendies pour défraîchir et ouvrir des espaces. Nous
pouvons citer à titre d’exemple, les aborigènes qui ont éradiqué une
grande partie de la forêt, causant ainsi la raréfaction de certaines
espèces animales et végétales. L’Homo sapiens a été aussi accusé de
l’extinction de la mégafaune nord-tempérée (mammouth, rhinocéros
laineux et autres grands animaux).
D’autres facteurs climatiques et catastrophes naturelles ont contribué à
la raréfaction de ces espèces comme les périodes de glaciations
successives (Il est difficile de juger que l’homme est le seul «
38
exterminateur » de certaines espèces animales et végétales puisqu’il est
né en Afrique et c’est le seul continent qui a su garder sa faune)
A. La transition agricole.
L’agriculture et l’élevage sont apparus (indépendamment) au Moyen –
orient, en Chine et en Amérique centrale, il y a de cela environ 10.000
ans. Une apparition progressive et simultanée à l’évolution de la chasse.
L’activité de chasse a causé la disparition de plusieurs autres espèces
animales comme le Dodo de Madagascar ou l’aurochs de Varsovie.
L’agriculture a connu une grande expansion, alimentée par de nouvelles
découvertes alimentaires qui ont aidé à améliorer les conditions de vie et
donc à prolonger la durée de vie des êtres vivants et à favoriser une
croissance démographique démesurée.
B. Transition industrielle
Autre que les effets de l’agriculture sur la faune et la flore, l’apparition de
forge, de verrerie, de constructions navales, de tanneries, ... a contribué
à défraichir les forêts et à polluer les rivières.
C. La démographie, bouc émissaire
Après une longue période de faible croissance démographique, la
population humaine a connu un essor considérable au XIXème et au
XXème siècles. On estime qu’elle devrait plafonner à la fin du XXI siècle
aux alentours de 10 milliards d’individus.
La croissance démographique serait-elle responsable de la pauvreté, de
l’instabilité sociale, des crises écologiques, etc. ?
L’expansion démographique implique plus d’individus à nourrir et donc
plus d’espace à cultiver. Ce fait implique forcément une grande
39
exploitation des ressources naturelles physiques (eau, sol, etc.) ou de
ressources vivantes (poissons marins, têtes bovines, ovines, etc.).
La croissance démographique est non homogène.
En effet, six pays totalisent actuellement la moitié de la croissance
annuelle. Il s’agit de l’Inde, la Chine, le Pakistan, le Nigeria, le
Bangladesh et L’Indonésie.
Les nations développées totalisent une population stable de 1,2 milliard
d’individus. Dans certains pays développés, (Japon, Allemagne, Italie,
etc.) la population a même baissé.
La problématique démographique est traitée par les politiciens avec
beaucoup de réserves.
En effet, réduire les naissances concerne en premier lieu les pays en
développement. Elles constituent néanmoins une force de travail et une
assurance sur l’avenir. Si les pays du nord accusent
l’explosion démographique des pays du sud d’être une des causes
majeures de la dégradation de l’environnement, ces derniers affirment en
retour que les problèmes écologiques proviennent essentiellement des
modes de développement adoptés par les pays industrialisés.
Par convention, on dira que tout dépend du projet social adopté (les
choix prioritaires en matière de développement économique et social),
c’est ainsi que notre démographie conditionnera l’ampleur de l’impact de
nos activités sur la biosphère.
40
Chap. II : ENVIRONNEMENT ET RESSOURCES NATURELLES
Nous distinguons différents types d’environnement : environnement
économique, politique, social, industriel, culturel, etc. Dans le cadre de
cet enseignement, nous nous intéressons à l’environnement écologique,
lié à notre planète terre où l’homme évolue.
I. Caractéristiques de la planète terre
Commençons par donner une présentation de la planète terre selon la
description du professeur Gérard Mégie : « Depuis les origines, la
planète Terre se comporte comme un système interactif complexe. Les
conditions qui ont permis l’apparition de l’Homme résultent d’un équilibre
précaire entre les océans, l’atmosphère, l’énergie solaire et la biosphère.
Équilibre dynamique et non statique, caractérisé par les échanges
permanents soumis eux-mêmes aux variations des paramètres
cosmiques. C’est dans le rayonnement solaire que la terre puise
l’énergie nécessaire aux transformations thermodynamiques et
chimiques qui prennent naissance à sa surface ». La planète terre est la
seule planète du système solaire constituée à la fois d’une biosphère
(êtres vivants), d’océans et de continents. Elle est constituée de 4
enveloppes externes :
- La lithosphère, d’une épaisseur moyenne de 100 Km couvrant
la surface de la terre
- L’hydrosphère : d’une épaisseur moyenne de 3800m. Elle est
formée essentiellement par l’eau liquide des océans (+97%),
des glaciers, des calottes polaires, de l’eau de l’atmosphère, du
sol, des fleuves, des nappes phréatiques, etc.
41
- L’atmosphère : subdivisée depuis le sol en troposphère,
stratosphère, mésosphère et thermosphère qui est la couche la
plus élevée.
- La biosphère : c’est l’ensemble des êtres vivants qui occupent
une mince pellicule à l’interface entre le lithosphère et
l’atmosphère.
II. Les ressources de la planète Terre
A. L’eau :
La présence de l'eau sur terre est la principale caractéristique de cette
planète, qui la différencie des autres planètes et explique la notion de vie
et de croissance. La quantité d'eau totale sur terre est de 1400km3 dont
1365km3 sont des eaux salées. Les eaux douces sont difficilement
estimables. En effet, 97% sont contenues dans le sol et les couches
profondes de la terre. Aussi la quantité d'eau piégée dans les calottes
glaciaires est mal connue.
a. Usages : 4500 km3 sont prélevées chaque année sur la planète.
L'agriculture en consomme plus de 70% contre 20% pour l'industrie
(production électrique) et 10% pour l'usage domestique
b. Problématique : La ressource est abondante mais très inégalement
répartie. Sa qualité aussi diffère, limitant ainsi son usage ou exigeant
des traitements onéreux pour la rendre potable ou à la limite utilisable
dans certains secteurs économiques.
B. L’air :
Un autre élément spécifique à la terre et indispensable à la vie est l'air et
spécialement, l'oxygène (O2, à hauteur de 21%).
42
- Usages : l'air et spécifiquement l'oxygène (O2) est indispensable
au développement et au maintien de la vie sur terre, car il est à
la base de la respiration des organismes vivants.
- Problématique : La pollution de l'air est une menace pour la
santé de l'homme et ceci s'explique par les activités polluantes
de l'homme (à l'ozone, aux oxydes divers, à l’agriculture, aux
particules fines issues de l'industrie ou aux gaz d'échappement).
43
C. Les énergies fossiles :
86% des énergies primaires sont livrées par les énergies fossiles :
1. Le pétrole
- Usages : Production de chaleur et d'électricité, carburant
d’automobiles, etc.
- Problématique : demande importante + répartition Inégale +
tensions géopolitiques.
2. Le gaz naturel
- Usages : Production de chaleur et d'électricité, carburant alternatif
- Problématique : demande importante + répartition inégale +
tensions géopolitiques.
3. Le charbon
- Usages : Production de chaleur et d'électricité, sidérurgie,
cimenterie.
44
- Problématique : Accélération des émissions de gaz carbonique et
d'oxydes de soufre ou d'azote.
4. L’uranium
- Usages : Production d'électricité dans des réacteurs nucléaires.
- Problématique : moins de 30 pays disposent de la technologie
nécessaire + problèmes de gestion des déchets radioactifs.
D. Les autres énergies
Ce qu'on peut dire concernant ces énergies c'est que le potentiel
dépasse la demande. Le seul point critique c'est que les technologies
actuelles ne permettent d'en exploiter qu'une infime partie.
1. Solaire
- Usages : Production de chaleur et d'électricité.
- Problématique : Les rendements de conversion solaire en
électricité sont faibles (10%) et les capteurs solaires (silicium) sont
coûteux à produire.
Energie intermittente.
2. Hydraulique
- Usages : Production d'électricité
- Problématique : L'installation de barrages sur les fleuves
s'accompagne d'une modification des écosystèmes, de l'inondation
de terres et du déplacement des populations locales.
E. La biodiversité :
Les scientifiques recensent près de 1,7 millions d'espèces.
45
- Usages : La biodiversité fournit de nombreux biens et services à
l’homme : approvisionnement en nourriture, eau douce et bois,
stock de molécules chimiques utilisées en pharmacologie,
assainissement des eaux et sols pollués, régulation des
inondations et de l'érosion.
- Problématique : Destruction de l'habitat naturel, pollution (de
l'eau, de l'air, des sols) ou encore réchauffement climatique sont
autant de menace pour la biodiversité. Avec pour conséquence,
la perturbation des écosystèmes et des services rendus à
l’homme (Services
Environnementaux/Ecosystémiques/Ecologiques). La forêt
tropicale est aujourd'hui particulièrement menacée.
F. Les sols :
Les terres arables couvrent 1,5 milliard d'hectares
- Usages : Le sol est le support naturel de la vie animale et
végétale. Abritant plus de 80% de la biomasse vivant sur terre, il
représente un milieu dynamique et vivant qui participe aussi au
cycle de l'eau. Dans ce cycle, il remplit les fonctions de
régulation et d'épuration. Ces sols sont exploités par l'homme
pour différentes fins.
- Problématique : On observe une dégradation de la moitié des
sols cultivables. Les principales causes sont : l'érosion éolienne
et hydrique ainsi que l'altération chimique (acidification,
salinisation). Les pratiques agricoles comme l'usage des
pesticides causent aussi la dégradation des sols. Autre
phénomène observé : l'inégalité dans la distribution naturelle
des terres cultivables entre le Nord et le Sud ainsi que la
présence intensive du Sahara.
46
G. Les ressources alimentaires :
L'Asie produit près de la moitié de ces ressources alimentaires. En voici
quelques exemples : le blé (2221Millions de tonne Mt), plantes sucrières
(1650 Mt), légumes (903Mt), tubercules (737Mt), fruits (526Mt), viandes
(27 Mt), poissons (141Mt).
- Usages : Alimentation de l'homme et de l'animal
- Problématique : L'accès aux ressources est inégal. Plus de 800
millions de personnes dans le monde sont mal nourries. La
pression démographique et les changements d'habitudes
alimentaires, explique la croissance de la demande de ces
ressources et engendre une augmentation de leur prix
47
Chap. IV : POLITIQUE DE PRESERVATION DE L’ENVIRONNEMENT
Dans les chapitres précédents, il a été mis en exergue le rôle «
destructeur » de l’homme dans la modification de son environnement
ainsi que la nécessité d’agir rapidement, efficacement et durablement
pour préserver notre environnement. L’action de l’homme sera une
action à long terme et globale, touchant tous les secteurs économiques
et toutes les activités des ménages.
IV.1. Secteur agricole
Le nombre d’hommes sur terre estimé pour l’année 2050 est de l’ordre
de 9 milliards, soit un dédoublement de la population en 50 ans. Notons
aussi que le nombre d’affamés dans le monde a atteint des seuils
inquiétants.
A l’échelle mondiale, les terres arables ne sont pas en pénurie (1,5
milliards d’ha, urbanisation et forêts comprises). Certes, la répartition de
ces terres est inégale.
Leur fertilité est aussi différente d’une zone à une autre, rendant
l’autosuffisance en produits agricoles difficile à atteindre dans différentes
zones du monde.
Autre phénomène observé, est le passage à l’exploitation agricole
inadaptée ou intensive.
La terre peut devenir non productive surtout dans les zones arides
(désertification). Les facteurs climatiques, vents et pluies acides,
éliminent aussi la terre fertile et laissant la roche ou le sable. L’évolution
technologique et scientifique en matière d’agronomie, n’a pas apportée
ses fruits dans les zones où on a besoin d’un accroissement du
rendement.
48
Les variétés les plus productives nécessitent une abondance d’engrais,
de pesticide et d’eau, conditions pas toujours réalisables dans les pays
du sud.
Elles ont aussi un effet néfaste sur les réserves en eau, déjà rares dans
les pays à climat aride et semi-aride et sur le sol (engrais et pesticides).
Ces derniers sont pour certains, extrait de ressources fossiles à réserves
limitées.
(Le phosphate et la potasse). D’autres, comme les engrais azotés, sont
fabriqués avec d’importantes quantités de gaz naturel ; quant aux
pesticides, ils proviennent de la pétrochimie et donc leurs prix sont
fortement corrélés à ceux du pétrole et du gaz naturel.
Ce que nous observons depuis plusieurs années, c’est une certaine
résistance des nuisibles aux insecticides, réduisant les rendements
agricoles et augmentant le prix de ces produits et leur toxicité en
conséquence.
Une action rapide est nécessaire pour préserver les ressources
naturelles et protéger le secteur agricole, fragilisé par une demande
croissante des pays à forte densité démographiques qui ont certes de
faibles rendements agricoles.
Les actions peuvent se résumer en :
A. Une diversification des exploitations :
- Exploitation plus diversifiée et donc moins vulnérable aux ravageurs.
- Rotation des cultures.
- Recyclage des déchets pour créer des écosystèmes super productifs
avec des plantations diversifiées.
B. Irrigation minimale mais meilleure
49
- Systèmes d’irrigation économe, (goutte à goutte, asperseurs, etc.)
- Réutilisation des eaux usées traitées (avec contrôle de la qualité et
de la production).
- Petites retenues d’eau, aux murets et aux terrasses consolidées par
les arbres.
C. Plantation adaptée
- Plantes plus productives.
- Plantes plus résistantes aux sels.
- Plantes plus résistantes à l’aridité et aux ravageurs.
- Plantes plus résistantes à la pollution.
D. Suppression du labour
On peut utiliser des moyens moins agressifs que le labour, comme
disposer les graines dans des trous profonds ou sillons (économie
d’énergie et préservation de la fertilité des terres).
E. Recours aux légumineuses
La réduction des fertilisants phosphatés est possible en produisant plus
de légumineuses (luzerne, sainfoin, pois, etc.). Ces produits enrichissent
considérablement le sol en azote sans recours au gaz naturel mais plutôt
à l’énergie solaire
F. Investir dans les hommes
- Education et formation continue,
- Octroi de crédit,
- Aide sociale pour intégration.
50
IV.2. Industrie, produire avec moins.
Plusieurs actions sont possibles :
A. Introduction de nouveaux matériaux
- Matériaux plus légers,
- Matériaux biodégradables.
B. Réservation du pétrole aux usages nobles
- Engrais, solvant, plastique, nylon, résine et lubrifiants,
- Voitures roulants sans pétrole.
C. Amélioration de l’efficacité énergétique
- Moins de consommation de carburant (ex : usage des bicyclettes en
ville).
- Appareils industriels nécessitant moins de carburant.
- Minimiser la circulation (usage des moyens informatiques pour la
circulation du courrier, payement de facture, etc.).
D. Recyclage
- Les déchets de certaines industries peuvent devenir de la matière
première pour d’autres
- Recyclage interne au sein d’une même entreprise industrielle (exp :
eau usée traitée puis introduite dans les chaine de production comme
eau de refroidissement, recharge des cartouches, etc.).
E. Location des produits
51
Il s’agit de louer le produit, réduire le temps de l’usage, ce qui limite les
quantités produites, réduire les coûts de production et augmenter la
durée de vie du produit(Produits de circulation : voiture, bicyclette, etc.).
IV.3. Déchets, valoriser plutôt que jeter.
La population mondiale collecte entre 2,5 et 4 milliards de tonnes de
déchets (hors construction et démolition, mines et agriculture). Un grand
nombre de décharges publiques sont arrivées à saturation et la gestion
des déchets devient de plus en plus difficile. En effet, les déchets
s’accumulent, les incinérateurs polluent et les recyclages sont à la traîne.
Nous observons aussi, que malgré une réglementation stricte, près de la
moitié des rejets de déchets dans le monde se fait en toute illégalité,
surtout dans les pays en développement (PED).
En effet, plus des 70% des déchets industriels dans les pays en
développement sont déversés directement déversés dans les eaux sans
aucun traitement. Un taux inquiétant et menaçant l’environnement
aquatique. Autres menaces, celles des importations des déchets des
pays industrialisés vers l’Afrique ou l’Asie et s’en débarrasser au moindre
coût, sans traitement ni tri.
La circulation des déchets dans le monde reste pour la moitié illégale.
Au niveau des pays développés, le classement des déchets selon le
degré de toxicité reste encore à débattre puisqu’on peut trouver dans
des déchets banals des produits toxiques. Des chiffres intrigants
montrent que les pays industrialisés produisent les plus grands taux de
déchets dans le monde, soit 700kg/an pour un Américain contre 540 et
120 pour un européen ou un Africain.
Il s’agit là d’une forme de valorisation des déchets parmi d’autres
solutions efficaces :
52
53
Figure 1 : Système de gestion des déchets
A. Incinération pour produire de l’énergie
Cette technique permet de réduire les déchets biodégradables en gaz.
Le problème qui se pose est que la constitution des déchets à incinérer
n’est pas connue d’avance pour pouvoir estimer la quantité de fioul
obtenu (ordre de grandeur : 5 à 7 tonnes de déchets pour obtenir 1 tonne
de fioul). Un tri convenable des déchets (recyclage du verre et des
métaux qui ne brûlent pas, déchets fermentescibles humides comme les
déchets de cuisine). Si on élimine aussi le papier et le carton pour le
recyclage, la quantité d’énergie produite diminue.
Cette méthode a été classée très peu rentable vu les rendements en
énergie et comparés à ceux rendus par d’autres techniques de
recyclage, plus respectueuses de l’environnement.
B. Transformation en gaz et nouveaux carburants
Il s’agit de ne pas brûler directement les déchets mais les transformer
par procédé de thermolyse en carburant plus efficace.
La technique consiste à chauffer les déchets à plus de 350 et 700° en
l’absence d’oxygène. Les matières organiques se séparent ainsi, en gaz
et en solide. A la fin du procédé, un produit similaire au charbon (de
basse qualité) appelé « coke » est réutilisé dans les secteurs industriels
comme la sidérurgie, cimenterie, centrale électrique et chaufferie,
gourmands en combustibles. Ce projet est encore au stade de
l’expérimentation. Autres techniques sont efficaces comme la torche à
plasma12, sont au stade de l’expérimentation et d’amélioration de
l’efficacité.
C. Utilisation pour le compostage.
54
Il s’agit d’une forme de valorisation des déchets organiques (végétaux,
déchets de cuisine, papiers, boues d’épandage des stations d’épuration)
par fermentation en présence d’oxygène par des micro- et des
macroorganismes (lombrics, cloportes). A la fin d’une période de 4 mois,
on obtient un type de terreau riche en nutriments, pouvant servir comme
engrais pour les cultures. L’expérience a bien réussi en Alexandrie en
Egypte, où on utilise le quart des déchets pour fertiliser les terres
gagnées par le désert.
D. Recyclage maximal.
Augmenter le taux de recyclage de certains produits. C’est le cas des
voitures actuelles dont le taux de recyclage a atteint 85%, il devrait
passer à 95% pour l’année 2015. Il faudrait donc considérer cet aspect
de recyclage dès la conception des éléments qui constituent le produit
final.
IV.4. Air et eau
La pollution de l’air et de l’eau affecte sensiblement la santé humaine.
Plus de 75000 cas de décès par an, causés par des maladies
pulmonaires, cardio-vasculaires ou vasculaires cérébrales sont
enregistrés en Chine.
Les principaux facteurs recensés sont les particules solides et liquides
dans l’air, chargés de sulfates, nitrates, ammonium, composés
organiques et métaux lourds.
Il en est de même pour les fleuves chinois où 54% sont impropres à la
consommation. Chose qui explique le taux élevé de malades des
cancers digestifs. Un autre facteur est alarmant est celui du
réchauffement climatique qui contribuent à la prolifération de certains
pollueurs
55
(Ozone). L’eau est aussi polluée par les rejets toxiques dans les milieux
aquatiques.
Les potentielles actions à entreprendre sont :
A. Arrêt des émissions de polluants à la source
- Conception de moteurs plus efficaces pour limiter les rejets des pots
d’échappement,
- Amélioration des pots catalytiques,
- Renforcement de la législation concernant les matériaux produits,
- Diminution de l’application de polluants à la surface du sol,
- Limitation des entrées de micropolluants comme les médicaments.
B. Dépollution grâce à la lumière naturelle
Cela consiste à exploiter la lumière du soleil pour dépolluer l’eau et l’air.
Ce principe est possible grâce au photo catalyse.
C. Réutilisation des eaux usées traitées
La réutilisation des eaux usées traitées (EUT) permet de réduire les
rejets dans le milieu récepteur. Plusieurs applications sont possibles. Les
usages les plus fréquents sont :
- La réutilisation agricole,
- Arrosage des parcours de golf,
- Arrosage des espaces verts et lavage des parcs.
D. Recharge des nappes souterraines
Les EUT ainsi que les déchets nucléaires peuvent être stockés dans des
nappes souterraines (à différentes profondeurs et selon le type de
56
polluant). Les effets d’une telle action à long terme ne sont pas encore
évalués après l’étape d’entrée des polluants.
IV.5. Les écosystèmes, préserver la biodiversité.
La modification de l’environnement par l’homme ne fait que croitre :
grandes routes, bâtiments, usines, chantiers, etc. Les conséquences de
ces actions se matérialisent par la modification des écosystèmes, la
raréfaction de la faune et de la flore (16000 animaux et plantes
menacés) voire, leur extinction (au cours des dernières années, on
recense plus de 260 extinctions de vertébrés, soit une multiplication du
rythme d’extinction par plus de 100).
La disparition de Certaines espèces perturbe les écosystèmes et les
services rendus par ces variétés de plantes et d’animaux. Ces services
se divisent en trois catégories :
- Services d’approvisionnement : nourriture, eau douce, bois, stock
génétique, etc.
- Services de régulation : stabilisation du climat, régulation des
inondations ou l’érosion, assainissement des eaux usées, l’air et les
sols contaminés
- Services culturels : divertissement, culture, esthétique et
spiritualité.
Afin de préserver les ressources naturelles de la faune et de la flore, il
faut :
A. Création d’espaces protégés
Les espaces protégés dans le monde couvrent 11,6% du globe
(antarctique compris). Une grande partie de ces espaces protégés sont
dans les pays pauvres, incapables de préserver réellement ces espaces
uniques par leurs caractéristiques de biodiversité.
57
B. Développement des modes d’exploitation durables
- Imposition de méthodes d’exploitation (pêche, chasse, sylviculture,
agriculture, exploitation minière, etc.) raisonnées et protectrice ;
- Instauration d’une réglementation de sanction et de mécanismes
d’incitation à la préservation de l’environnement
écologique.
C. Protection des espèces
Il faut instaurer des conventions pour protéger les espèces végétales et
animales menacées.
D. Rémunération des services
environnementaux/écosystémiques/écologiques (PSE)
Le paiement des services
environnementaux/écologiques/écosystémiques consiste à fournir une
incitation directe aux propriétaires terriens à respecter l’environnement et
à ne pas modifier les espaces. Il s’agit donc d’une motivation à intégrer
la dimension environnementale dans leurs décisions.
IV.6. Urbanisme, repenser la ville.
Partout dans le monde, les villes ne cessent de s’étaler.
Citons le cas de l’Europe ou plus de 75% de la population est urbaine. Il
a été aussi constaté qu’en vingt ans, les superficies des zones urbaines
a augmenté, quatre fois plus vite que la population. L’étalement des
zones urbaines est attrayant mais présente des inconvénients pour celui
qui se déplace ainsi que pour la pollution de l’air par les véhicules. Les
parcelles périurbaines sont de plus en plus envahies par les
constructions de pavillons individuels. La nouvelle politique qui contribue
à la préservation de l’environnement consiste en :
58
A. Construction des villes plus compactes
Les logements collectifs (immeubles à plusieurs étages) sont plus
recommandés que les pavillons individuels pour limiter l’étalement de la
ville vers les zones agricoles voisines.
B. Mélange de lieux de vie, de travail et de commerce Pour
minimiser les déplacements, il est nécessaire de concevoir des villes
où se réunit lieux de travails, de vie et de commerce.
C. Construction en boucle
Le réseau de transport collectif ne doit plus se faire sur un mode radial
(les lignes convergent vers la ville) alors que celui des routes est à la fois
radial et en rocade.
Dans le cas contraire on favorise le déplacement par voiture et donc plus
de pollution et de consommation d’énergie
D. Plus d’espace vert dans les quartiers
- Plus de végétal (toiture, bordure de rue, parking),
- Plus de jardins collectifs.
E. Utilisation des énergies locales
- Chaleur à partir du soleil
- Utilisation des biogaz
59
TROISIÈME PARTIE : LES QUERELLES/CONFLITS ÉCOLOGIQUES
CHAPITRE PREMIER. GÉNÉRALITÉS SUR L’ÉCOLOGIE
Section I. cadre conceptuel
I.1. Définitions
Le mot « écologie » a été créé en 1866, par le biologiste allemand Ernst
Haeckel, à partir de deux mots grecs : oikos qui veut dire : maison,
habitat, et logos qui signifie science. L’écologie apparaît donc comme la
science de l’habitat, étudiant les conditions d'existence des êtres vivants
et les interactions de toute nature qui existent entre ces êtres vivants et
leurs milieux. Il s'agit de comprendre les mécanismes qui permettent aux
différentes espèces d'organismes de survivre et de coexister en se
partageant ou en se disputant les ressources disponibles (espace,
temps, énergie, matière). Par extension, l’écologie s’appuie sur des
sciences connexes telles la climatologie, l'hydrologie, l'océanographie, la
chimie, la géologie, la pédologie, la physiologie, la génétique, l’éthologie,
... etc. Ce qui fait de l’écologie, une science pluridisciplinaire !
I.2. Domaines d’intervention
Les études écologiques portent conventionnellement sur trois niveaux :
L’individu, la population et la communauté.
60
• Un individu est un spécimen d’une espèce donnée.
• Une population est un groupe d’individus de la même espèce occupant
un territoire particulier à une période donnée.
• Une communauté ou biocénose est l’ensemble des populations d’un
même milieu, peuplement animal (zoocénose) et peuplement végétal
(phytocénose) qui vivent dans les mêmes conditions de milieu et au
voisinage les uns des autres.
Chacun de ces trois niveaux fait l’objet d’une division de l’écologie :
• l’individu concerne l’autoécologie : c’est la science qui étudie les
rapports d’une seule espèce avec son milieu. Elle définit les limites de
tolérances et les préférences de l’espèce étudiée vis-à-vis des divers
facteurs écologiques et examine l’action du milieu sur la morphologie, la
physiologie et l’éthologie.
• la population concerne l’écologie des populations ou la dynamique des
populations : c’est la science qui étudie les caractéristiques qualitatives
et quantitatives des populations : elle analyse les variations d’abondance
des diverses espèces pour en rechercher les causes et si possible les
prévoir.
• la biocénose concerne la synécologie : c’est la science qui analyse les
rapports entre les individus qui appartiennent aux diverses espèces d’un
même groupement et de ceux-ci avec leurs milieux.
I.3. Notion de système écologique : Ecosystème
Un système écologique ou écosystème fut défini par le botaniste anglais
Arthur Tansley en 1935.
Un écosystème est par définition un système, c’est-à-dire un ensemble
d’éléments en interaction les uns avec les autres. C’est un système
61
biologique formé par deux éléments indissociables, la biocénose et le
biotope.
La biocénose est l’ensemble des organismes qui vivent ensemble
(zoocénose, phyocénose, microbiocénose, mycocénose…).
Le biotope (écotope) est le fragment de la biosphère qui fournit à la
biocénose le milieu abiotique indispensable. Il se définit également
comme étant l’ensemble des facteurs écologiques abiotiques (substrat,
sol « édaphotope », climat « climatope ») qui caractérisent le milieu où
vit une biocénose déterminée.
La biosphère est la partie de l’écorce terrestre où la vie est possible. La
biosphère comprend une partie de la lithosphère (partie solide de
l’écorce terrestre), une partie de l’atmosphère (la couche gazeuse
entourant la Terre) et une partie de l’hydrosphère (partie du système
terrestre constituée d'eau). La biosphère désigne l’ensemble de ces
milieux et tous les êtres vivants qui y vivent.
Exemple : une forêt constituée d’arbres, de plantes herbacées,
d’animaux et d’un sol.
Ecosystème : forêt.
Biocénose : phytocénose (arbres, plantes herbacées) et zoocénose
(animaux).
Biotope : sol.
La notion d'écosystème est multiscalaire (multi-échelle), c'est à dire
qu'elle peut s'appliquer à des portions de dimensions variables de la
biosphère ; un lac, une prairie, ou un arbre mort…
Suivant l’échelle de l’écosystème nous avons :
- un micro-écosystème : exemple un arbre ;
62
- un méso-écosystème : exemple une forêt ;
- un macro-écosystème : exemple une région.
Les écosystèmes sont souvent classés par référence aux biotopes
concernés. On parlera de :
• Ecosystèmes continentaux (ou terrestres) tels que : les écosystèmes
forestiers (forêts), les écosystèmes prairiaux (prairies), les
agroécosystèmes (systèmes agricoles);
• Ecosystèmes des eaux continentales, pour les écosystèmes lentiques
des eaux calmes à renouvellement lent (lacs, marécages, étangs) ou
écosystèmes lotiques des eaux courantes (rivières, fleuves) ;
• Ecosystèmes océaniques (les mers, les océans)
SECTION II. LE MILIEU ET SES ELEMENTS
II.1. Notion de niche écologique
Les organismes d’une espèce donnée peuvent maintenir des populations
viables seulement dans un certain registre de conditions, pour des
ressources particulières, dans un environnement donné et pendant des
périodes particulières. Le recoupement de ces facteurs décrit la niche,
qui est la position que l’organisme occupe dans son environnement,
comprenant les conditions dans lesquelles il est trouvé, les ressources
qu’il utilise et le temps qu’il y passe.
Les organismes peuvent changer de niches quand ils se développent.
Exemple : les crapauds communs occupent un environnement aquatique
(s’alimentent d’algues et de détritus) avant de se métamorphoser en
adultes, où ils deviennent terrestres (s’alimentent d’insectes).
Stade Jeune Adulte
63
Environneme Terrestr
Aquatique
nt e
Algues +
Alimentation Insectes
détritus
II.2. Notion d’habitat
Contrairement à la niche, l’habitat d’un organisme est l’environnement
physique dans lequel un organisme est trouvé.
Les habitats contiennent beaucoup de niches et maintiennent de
nombreuses espèces différentes.
Exemple : Une forêt comporte un vaste nombre de niches pour un choix
de oiseaux (sitelles, bécasses), de mammifères (souris de bois, renards),
d’insectes (papillons, coléoptères, pucerons) et de plantes (anémones de
bois, mousses, lichen).
II.3. Notion de facteurs de milieu
On appelle « facteur écologique » tout élément du milieu pouvant agir
directement sur les êtres vivants.
Les facteurs écologiques sont de deux types :
Facteurs abiotiques : ensemble des caractéristiques physico-chimiques
du milieu tel que les facteurs climatiques (température, pluviosité,
lumière, vent…), édaphiques (texture et structure du sol, composition
chimique, …)…
Facteurs biotiques : ensemble des interactions qui existent entre des
individus de la même espèce ou d’espèces différentes : prédation,
parasitisme, compétition, symbiose, commensalisme, ...etc.
64
II.4. Interaction du milieu et des êtres vivants
Les réactions des êtres vivants face aux variations des facteurs physico-
chimiques du milieu intéressent la morphologie, la physiologie, le
comportement.
Les êtres vivants sont éliminés totalement, ou bien leurs effectifs sont
fortement réduits lorsque l’intensité des facteurs écologiques est proche
des limites de tolérance ou les dépasse.
A- Loi de tolérance (intervalle de tolérance)
Enoncée par Shelford en 1911, la loi de la tolérance stipule que pour tout
facteur de l’environnement existe un domaine de valeurs (ou intervalle
de tolérance) dans lequel tout processus écologique sous la dépendance
de ce facteur pourra s’effectuer normalement. C’est seulement à
l’intérieur de cet intervalle que la vie de tel ou tel organisme, population
ou biocénose est possible. La borne inférieure le long de ce gradient
délimite la mort par carence, la borne supérieure délimite la mort par
toxicité. A l’intérieur de l’intervalle de tolérance, existe une valeur
optimale, dénommée « préférendum » ou « optimum écologique »
pour lesquelles le métabolisme de l’espèce ou de la communauté
considérée s’effectue à une vitesse maximale. (L’abondance de l’espèce
est maximale au voisinage de l’optimum écologique).
La valence écologique d'une espèce représente sa capacité à supporter
les variations plus ou moins grandes d'un facteur écologique. Elle
représente la capacité à coloniser ou à peupler un biotope donné.
• Une espèce à forte valence écologique c’est-à-dire capable de peupler
des milieux très différents et supporter des variations importantes de
l’intensité des facteurs écologiques, est dite euryèce.
65
• Une espèce à faible valence écologique ne pourra supporter que des
variations limitées des facteurs écologiques, elle est dite sténoèce.
• Une espèce à valence écologique moyenne, est dite mesoèce.
B- Loi du minimum
On doit à Liebig (1840) la loi du minimum qui stipule que la croissance
d’un végétal n’est possible que dans la mesure où tous les éléments
indispensables pour l’assurer sont présents en quantités suffisantes
dans le sol. Ce sont les éléments déficitaires (dont la concentration est
inférieure à une valeur minimum) qui conditionnent et limitent la
croissance.
La loi de Liebig est généralisée à l’ensemble des facteurs écologiques
sous forme d’une loi dite « loi des facteurs limitant ».
C- Facteur limitant
Un facteur écologique joue le rôle d’un facteur limitant lorsqu’il est absent
ou réduit au-dessous d’un seuil critique ou bien s’il excède le niveau
maximum tolérable. C’est le facteur limitant qui empêchera l’installation
et la croissance d’un organisme dans un milieu.
SECTION III. FACTEURS ABIOTIQUES
A- Facteurs climatiques
1. Définition du climat
Le climat est l'ensemble des conditions atmosphériques et
météorologiques propres à une région du globe. Le climat d'une région
est déterminé à partir de l'étude des paramètres météorologiques
(température, taux d'humidité, précipitations, force et direction du vent,
durée d'insolation, etc.) évalués sur plusieurs dizaines d'années.
66
2. Principaux facteurs climatiques
Les éléments du climat qui jouent un rôle écologique sont nombreux. Les
principaux sont la température, l’humidité et la pluviosité, l’éclairement et
la photopériode (Répartition, dans la journée, entre la durée de la phase
diurne et celle de la phase obscure). D’autres, comme le vent et la neige,
ont une moindre importance, mais ils peuvent dans certains cas avoir un
rôle non négligeable.
2.1. Température
La température est l’élément du climat le plus important étant donné que
tous les processus métaboliques en dépendent. Des phénomènes
comme la photosynthèse, la respiration, la digestion suivent la loi de
van’t Hoff qui précise que la vitesse d’une réaction est fonction de la
température.
La grande majorité des êtres vivants ne peut subsister que dans un
intervalle de températures comprise entre 0 et 50°C en moyenne. Les
températures trop basses ou trop élevées déclenchent chez certains
animaux un état de dormance (quiescence) appelé estivation ou
hibernation. Dans les deux cas, le développement est quasiment arrêté.
Les limites des aires de répartition géographique sont souvent
déterminées par la température qui agit comme facteur limitant. Très
souvent ce sont les températures extrêmes plutôt que les moyennes qui
limitent l’installation d’une espèce dans un milieu.
2.2. Humidité et pluviosité
L’eau représente de 70 à 90% des tissus de beaucoup d’espèces en état
de vie active. L’approvisionnement en eau et la réduction des pertes
constituent des problèmes écologiques et physiologiques fondamentaux.
67
En fonction de leurs besoins en eaux, et par conséquent de leur
répartition dans les milieux, on distingue :
Des espèces aquatiques qui vivent dans l’eau en permanence (ex :
poissons) ;
Des espèces hygrophiles qui vivent dans des milieux humides (ex :
amphibiens) ;
Des espèces mésophiles dont les besoins en eau sont modérés et qui
supportent des alternances de saison sèche et de saison humide;
Des espèces xérophiles qui vivent dans les milieux secs où le déficit en
eau est accentué (espèces des déserts).
Les êtres vivants s’adaptent à la sécheresse selon des modalités très
variées :
Chez les végétaux
- Réduction de l’évapotranspiration par développement de structures
cuticulaires imperméables.
- Réduction du nombre de stomates.
- Réduction de la surface des feuilles qui sont transformées en
écailles ou en épines.
- Les feuilles tombent à la saison sèche et se reforment après
chaque pluie.
- Le végétal assure son alimentation en eau grâce à un appareil
souterrain puissant.
- Mise en réserve d’eau dans les tissus aquifères associés à une
bonne protection épidermique.
Chez les animaux
- Utilisation de l’eau contenue dans les aliments.
68
- Réduction de l’excrétion de l’eau par émission d’une urine de plus
en plus concentrée.
- Utilisation de l’eau du métabolisme formée par l’oxydation des graisses
(dromadaire).
2.3. Lumière et ensoleillement
L’ensoleillement est défini comme étant la durée pendant laquelle le
soleil a brillé. Le rayonnement solaire est composé essentiellement de
lumière visible, de rayons Infrarouge et de rayons Ultraviolet.
L’éclairement a une action importante non seulement par son intensité et
sa nature (longueur d’onde) mais aussi par la durée de son action
(photopériode). La photopériode croit de l’Equateur vers les Pôles. A
l’Equateur, les jours sont rigoureusement égaux aux nuits, pendant toute
l’année. Au Tropiques, l’inégalité reste faible et pratiquement sans
influence. Aux très hautes latitudes, c’est-à-dire au-delà du cercle
polaire, nuits et jours dépassent les 24h, pour atteindre 6mois de jours et
6mois de nuit aux Pôles mêmes. L’atmosphère joue le rôle d’écran ou
mieux de filtre en arrêtant certaines radiations et en laissant passer
d’autres. En effet, l’atmosphère absorbe une part du rayonnement
solaire, et diffuse une autre portion.
A ces deux actions s’ajoute un phénomène de réflexion.
Action sur les végétaux
Les végétaux sont adaptés à l’intensité et à la durée de l’éclairement.
Cette adaptation est importante lorsque les végétaux passent du stade
végétatif (phase de croissance et de développement) au stade
reproductif (floraison).
Les végétaux peuvent être divisés en trois catégories :
69
• Les végétaux de jours courts : ils ne fleuriront que si la photopériode au
moment de l’éclosion des bourgeons est inférieure ou égale à 12h
d’éclairement.
• Les végétaux de jours longs : qui ont besoin pour fleurir d’au moins 12h
d’éclairement.
• Les indifférents : la durée d’éclairement ne joue aucun rôle dans la
floraison.
Action sur les animaux
Chez les animaux, le rôle essentiel de la photopériode réside dans
l’entretien des rythmes biologiques saisonniers, quotidiens (circadiens)
ou lunaires.
• Rythmes biologiques saisonniers : ils sont de deux types :
- Rythme de reproduction chez les vertébrés : ils ont pour résultat de
faire coïncider la période de reproduction avec la saison favorable.
- Diapause : la photopériode est le facteur essentiel qui déclenche chez
l’animal l’entrée en diapause avant que ne survienne la saison
défavorable.
• Rythmes quotidiens ou circadiens
Il s’agit de rythmes dont la période est égale à 24h. Ils sont entretenus
par un mécanisme interne mal connu appelé « horloge biologique », dont
le réglage est conditionné par l’éclairement et la température.
• Rythmes lunaires
Il s’agit de rythmes d’activité déclenchés par la lumière lunaire. Ils sont
surtout connus chez les animaux marins.
2.4. Vent
70
Le vent résulte du mouvement de l'atmosphère entre les hautes et
basses pressions. L’impact de ce facteur sur les êtres vivants peut se
résumer comme suit :
• Il a un pouvoir desséchant car il augmente l’évaporation.
• Il a aussi un pouvoir de refroidissement considérable.
• Le vent est un agent de dispersion des animaux et des végétaux.
• L’activité des insectes est ralentie par le vent.
• Les coups de vent, en abattant des arbres en forêt, créent des
clairières dans lesquelles des jeunes arbres peuvent se développer.
• Le vent a un effet mécanique sur les végétaux qui sont couchés au sol
et prennent des formes particulières appelées anémomorphose.
2.5. Neige
C’est un facteur écologique important en montagne. La couverture de
neige protège le sol du refroidissement. Sous un mètre de neige, la
température du sol est de -0,6°C, alors qu’elle est de -33,7°C à la
surface.
B. Facteurs édaphiques
1. Définition du sol
Le sol est un milieu vivant complexe et dynamique, définit comme étant
la formation naturelle de surface, à structure meuble et d'épaisseur
variable, résultant de la transformation de la roche mère sous-jacente
sous l'influence de divers processus : physiques, chimiques et
biologiques, au contact de l'atmosphère et des êtres vivants. Il est formé
d'une fraction minérale et de matière organique. Végétaux et animaux
71
puisent du sol l'eau et les sels minéraux et trouvent l’abri et/ou le support
indispensable à leur épanouissement.
2. Les facteurs édaphiques
2.1. La texture du sol
La texture du sol est définie par la grosseur des particules qui le
composent : graviers, sables, limons, argiles (granulométrie : mesure de
la forme, de la dimension et de la répartition en différentes classes des
grains et des particules de la matière divisée) :
Particule Diamètre
Graviers >2 mm
Sables grossiers 2 mm à 0,2 mm
Sables fins 0,2 mm à 20 µm
Limons 20 µm à 2µm
Argiles < 2µm
En fonction de la proportion de ces différentes fractions
granulométriques, on détermine les textures suivantes :
- Textures fines : comportent un taux élevé d’argile (>20%) et
correspondent à des sols dits « lourds », difficiles à travailler, mais qui
présentent un optimum de rétention d’eau.
- Textures sableuses ou grossières : elles caractérisent les sols
légers manquant de cohésion et qui ont tendance à s’assécher
saisonnièrement.
- Textures moyennes : on distingue deux types :
72
---Les limons argilo-sableux qui ne contiennent pas plus de 30 à 35% de
limons, qui ont une texture parfaitement équilibrée et qui correspond aux
meilleurs terres dites « franches ».
--- Les sols à texture limoneuse, qui contiennent plus de 35% de limons,
sont pauvres en humus (matière organique du sol provenant de la
décomposition partielle des matières animales et végétales).
Sur le plan biologique, la granulométrie intervient dans la répartition des
animaux et des eaux souterraines. Nombreux organismes tels que les
vers de terre préfèrent les sols limoneux ou argilo-sableux, tout comme
quelques espèces de coléoptères qui préfèrent les sols argileux et/ou
limoneux, présentant une teneur élevée en éléments fins et qui ont la
faculté de retenir l’eau nécessaire, contrairement aux éléments grossiers
qui permettent une dessiccation trop rapide du sol.
2.2. La structure du sol
La structure est l'organisation du sol. Elle se définit également comme
étant l’arrangement spatial des particules de sables, de limons et
d’argiles. On distingue principalement trois types de structures :
- Particulaire : où les éléments du sol ne sont pas liés, le sol est très
meuble (sols sableux).
- Massive : où les éléments du sol sont liés par des ciments (matière
organique, calcaire) durcies en une masse très résistante discontinue
ou continue (sols argileux). Ce type de sol est compact et peu poreux.
Il empêche cependant, les migrations verticales des animaux sensibles
à la température et à l’humidité et ainsi en interdire l’existence.
- Fragmentaire : où les éléments sont liés par des matières
organiques et forment des agrégats (Assemblage hétérogène de
73
substances ou d’éléments qui adhèrent solidement entre eux) de tailles
plus ou moins importantes.
Cette structure est la plus favorable à la vie des êtres vivants, car elle
comporte une proportion suffisante de vides ou de pores qui favorisent la
vie des racines et l’activité biologique en général, en permettant la
circulation de l’air et de l’eau.
2.3. L’eau du sol
L’eau est présente dans le sol sous quatre états particuliers :
- L’eau hygroscopique : provient de l’humidité atmosphérique et
forme une mince pellicule autour des particules du sol. Elle est retenue
très énergiquement et ne peut être utilisée par les organismes vivants.
- L’eau capillaire non absorbable : occupe les pores d’un diamètre
inférieur à 0,2 mm. Elle est également retenue trop énergiquement
pour être utilisée par les organismes vivants. Seuls certains
organismes très adaptés peuvent l’utiliser.
- L’eau capillaire absorbable : située dans les pores dont les
dimensions sont comprises entre 0,2 et 0,8mm. Elle est absorbée par
les végétaux et elle permet l’activité des bactéries et des petits
Protozoaires comme les flagellés.
- L’eau de gravité : occupe de façon temporaire les plus grands pores du
sol. Cette eau s’écoule sous l’action de la pesanteur.
2.4. Le pH du sol
Le pH du sol est la résultante de l’ensemble de divers facteurs
pédologiques. En effet, la solution du sol contient des ions H+ provenant
de :
- L’altération de la roche mère
- L’humification de la matière organique (synthèse d’acide humique)
74
- L’activité biologique
- L’effet des engrais acidifiants
Le pH dépend également de la nature de la couverture végétale et des
conditions climatiques (température et pluviosité) :
- Les pH basiques (supérieurs à 7,5) caractérisent les sols qui se
développent sur une roche mère calcaire. On les rencontre
généralement dans les climats secs ou saisonnièrement secs et sous
une végétation présentant des feuilles à décomposition rapide Les pH
acides (entre 4 et 6,5) se rencontrent beaucoup plus sous les climats
humides et froids favorables à une accumulation de la matière
organique. Ils caractérisent les forêts de conifères. Ils se forment
surtout sur les roches siliceuses et les roches granitiques.
Les organismes vivants tels que les Protozoaires supportent des
variations de pH de 3,9 à 9,7 suivant les espèces : certaines sont plutôt
acidophiles alors que d’autres sont basophiles. Les neutrophiles sont les
plus représentées dans la nature.
2.5. La composition chimique
Les divers types de sols ont des compositions chimiques très variées.
Les éléments les plus étudiés en ce qui concerne leur action sur la faune
et la flore sont les chlorures et le calcium.
Les sols salés, ayant des teneurs importantes en chlorure de sodium, ont
une flore et une faune très particulière. Les plantes des sols salés sont
des halophytes.
En fonction de leurs préférences, les plantes sont classées en calcicoles
(espèces capables de supporter des teneurs élevées en calcaire), et
calcifuges (espèces qui ne supportent que de faibles traces de calcium).
75
Quant aux animaux, le calcium est nécessaire pour beaucoup d’animaux
du sol.
Les sols dits anormaux renferment de fortes concentrations d’éléments
plus ou moins toxiques : soufre, magnésium…etc. Les métaux lourds
exercent sur la végétation une action toxique qui entraine la sélection
d’espèces dites toxico-résistantes ou métallophytes formant des
associations végétales particulières.
SECTION IV. FACTEURS BIOTIQUES
Les facteurs biotiques sont l’ensemble des actions que les organismes
vivants exercent directement les uns sur les autres. Ces interactions,
appelées coactions, sont de deux types :
- Homotypiques ou intraspécifiques, lorsqu’elles se produisent entre
individus de la même espèce,
- Hétérotypiques ou interspécifiques, lorsqu’elles ont lieu entre
individus d’espèces différentes.
1. Coactions homotypiques
1.1. L’effet de groupe
On parle d’effet de groupe lorsque des modifications ont lieu chez des
animaux de la même espèce, quand ils sont groupés par deux ou plus
de deux. L’effet de groupe est connu chez de nombreuses espèces
d’insectes ou de vertébrés, qui ne peuvent se reproduire normalement et
survivre que lorsqu’elles sont représentées par des populations assez
nombreuses.
76
Exemple : On estime qu’un troupeau d’éléphants d’Afrique doit renfermer
au moins 25 individus pour pouvoir survivre : la lutte contre les ennemis
et la recherche de la nourriture sont facilitées par la vie en commun.
1.2. L’effet de masse
A l’inverse de l’effet de groupe, l’effet de masse se produit, quand le
milieu, souvent surpeuplé, provoque une compétition sévère aux
conséquences néfastes pour les individus. Les effets néfastes de ces
compétitions ont des conséquences sur le métabolisme et la physiologie
des individus qui se traduisent par des perturbations, comme la baisse
du taux de fécondité, la diminution de la natalité, l’augmentation de la
mortalité. Chez certains organismes, le surpeuplement entraine des
phénomènes appelés phénomènes d’auto élimination.
1.3. La compétition intraspécifique
Ce type de compétition peut intervenir pour de très faibles densités de
population, et se manifeste de façons très diverses :
- Apparaît dans les comportements territoriaux, c’est-à-dire lorsque
l’animal défend une certaine surface contre les incursions des autres
individus.
- Le maintien d’une hiérarchie sociale avec des individus dominants
et des individus dominés.
- La compétition alimentaire entre individus de la même espèce est
intense quand la densité de la population, devient élevée. Sa
conséquence la plus fréquente est la baisse du taux de croissance des
populations.
Chez les végétaux, la compétition intraspécifique, liée aux fortes
densités se fait surtout pour l’eau et la lumière. Elle a pour conséquence
77
une diminution du nombre de graines formées et/ou une mortalité
importante qui réduit fortement les effectifs.
2. Coactions hétérotypiques
La cohabitation de deux espèces peut avoir sur chacune d’entre elles
une influence nulle, favorable ou défavorable.
2.1. Le neutralisme
On parle de neutralisme lorsque les deux espèces sont indépendantes :
elles cohabitent sans avoir aucune influence l’une sur l’autre.
2.2. La compétition interspécifique
La compétition interspécifique peut être définit comme étant la recherche
active, par les membres de deux ou plusieurs espèces, d’une même
ressource du milieu (nourriture, abri, lieu de ponte, etc…).
Dans la compétition interspécifique, chaque espèce agit
défavorablement sur l’autre. La compétition est d’autant plus grande
entre deux espèces qu’elles sont plus voisines.
Cependant, deux espèces ayant exactement les mêmes besoins ne
peuvent cohabiter, l’une d’elle étant forcément éliminée au bout d’un
certain temps. C’est le principe de Gause ou principe d’exclusion
compétitive.
2.3. La prédation
Le prédateur est tout organisme libre qui se nourrit aux dépend d’un
autre. Il tue sa proie pour la manger. Les prédateurs peuvent être
polyphages (s’attaquant à un grand nombre d’espèces), oligophages (se
nourrissant de quelques espèces), ou monophages (ne subsistant qu’au
dépend d’une seule espèce).
78
2.4. Le parasitisme
Le parasite est un organisme qui ne mène pas une vie libre : il est au
moins, à un stade de son développement, lié à la surface (ectoparasite)
ou à l’intérieur (endoparasite) de son hôte.
On peut considérer le parasitisme comme un cas particulier de la
prédation. Cependant, le parasite n'est pas vraiment un prédateur car il
n'a pas pour but de tuer l'hôte. Le parasite doit s'adapter pour rencontrer
l'hôte et survivre au détriment de ce dernier. L'hôte doit s'adapter pour ne
pas rencontrer le parasite et s’en débarrasser si la rencontre a eu lieu.
Tout comme les prédateurs, les parasites peuvent être polyphages,
oligophages ou monophages.
2.5. Le commensalisme
Interaction entre une espèce, dite commensale, qui en tire profit de
l’association et une espèce hôte qui n’en tire ni avantage ni nuisance.
Les deux espèces exercent l’une sur l’autre des coactions de tolérance
réciproque.
Exemple : Les animaux qui s’installent et qui sont tolérés dans les gites
des autres espèces.
2.6. Le mutualisme
C’est une interaction dans laquelle les deux partenaires trouvent un
avantage, celui-ci pouvant être la protection contre les ennemis, la
dispersion, la pollinisation, l’apport de nutriments…
Exemple : Les graines des arbres doivent être dispersées au loin pour
survivre et germer. Cette dispersion est l’œuvre d’oiseaux, de singes…
qui en tirent profit de l’arbre (alimentation, abri…).
79
L’association obligatoire et indispensable entre deux espèces est une
forme de mutualisme à laquelle on réserve le nom de symbiose. Dans
cette association, chaque espèce ne peut survivre, croitre et se
développer qu’en présence de l’autre.
Exemple : Les lichens sont formés par l’association d’une algue et d’un
champignon.
2.7. L’amensalisme
C’est une interaction dans laquelle une espèce est éliminée par une
autre espèce qui secrète une substance toxique.
Dans les interactions entre végétaux, l’amensalisme est souvent appelé
allélopathie.
Exemple : Le Noyer rejette par ses racines, une substance volatile
toxique, qui explique la pauvreté de la végétation sous cet arbre.
80
SECTION V. STRUCTURE ET FONCTIONNEMENT DES
ECOSYSTEMES
1. La biosphère et ses constituants
Biosphère signifie, littéralement, sphère de la vie, c’est-à-dire l’ensemble
de la vie terrestre. Les êtres vivants sont localisés sur une couche étroite
à la surface de la Terre. Celle-ci comprend la basse atmosphère, Les
océans, mers, lacs et cours d’eau que l’on regroupe sous le nom
d’hydrosphère et la mince pellicule superficielle des terres émergées
appelés lithosphère.
L’épaisseur de la biosphère varie considérablement d’un point à un autre
puisque la vie pénètre jusque dans les fosses océaniques au-delà de 10
000 m de profondeur alors que dans la lithosphère, on ne trouve guère
trace de vie au-delà d’une dizaine de mètres. Dans l’atmosphère, par
suite de la raréfaction de l’oxygène, les êtres vivants se font plus rares
avec l’altitude et vivent rarement à plus de 10 000 m.
La source majeure d’énergie dans la biosphère est le soleil. L’autre
source importante est l’énergie géothermique.
Grâce à la photosynthèse, les plantes transforment l’énergie solaire en
énergie chimique, et les animaux en mangeant ces plantes ou en se
mangeant entre eux, la récupèrent.
2. Organisation de la biosphère
Le niveau le plus élémentaire d’organisation du vivant est la cellule.
Celle-ci est intégrée dans l’individu qui s’intègre dans une population. La
population fait partie d’une communauté ou biocénose. La biocénose
s’intègre à son tour dans l’écosystème. L’ensemble des écosystèmes
forment la biosphère qui est le niveau le plus élevé du vivant.
81
Un écosystème est constitué par l’ensemble des êtres vivants
(biocénose) et du milieu dans lequel ils vivent (biotope).
Le biotope fournit l’énergie, la matière organique et inorganique d’origine
abiotique. La biocénose comporte trois catégories d’organismes : des
producteurs de matières organiques, des consommateurs de cette
matière et des décomposeurs qui la recyclent. Les végétaux captent
l’énergie solaire et fabriquent des glucides qui seront transformés en
d’autres catégories de produits, ils seront broutés par les herbivores qui
seront dévorés par des carnivores. Les décomposeurs consomment les
déchets et les cadavres de tous et permettent ainsi le retour au milieu de
diverses substances. Par son unité, son organisation et son
fonctionnement, l’écosystème apparaît comme le maillon de base de la
biosphère.
3. La chaîne trophique/alimentaire
3.1. Définitions
Une chaîne trophique ou chaîne alimentaire est une succession
d’organismes dont chacun vit au dépend du précédent.
Tout écosystème comporte un ensemble d’espèces animales et
végétales qui peuvent être réparties en trois groupes : les producteurs,
les consommateurs et les décomposeurs.
3.1.1. Les producteurs
Ce sont les végétaux autotrophes photosynthétiques (plantes vertes,
phytoplancton : cyanobactéries ou algues bleus : organisme procaryote).
Ayant le statut de producteurs primaires, ils constituent le premier niveau
trophique de l’écosystème. En effet, grâce à la photosynthèse ils
élaborent la matière organique à partir de matières strictement minérales
fournies par le milieu extérieur abiotique.
82
3.1.2. Les consommateurs
Il s’agit d’êtres vivants, dits hétérotrophes, qui se nourrissent des
matières organiques complexes déjà élaborées qu’ils prélèvent sur
d’autres êtres vivants. Ils se considèrent comme étant des producteurs
secondaires. Les consommateurs occupent un niveau trophique différent
en fonction de leur régime alimentaire. On distingue les consommateurs
de matière fraiche et les consommateurs de cadavres.
a. Les consommateurs de matière fraiche, il s’agit de :
- Consommateurs primaires (C1) : Ce sont les phytophages qui mangent
les producteurs. Ce sont en général des animaux, appelés herbivores
(mammifères herbivores, insectes, crustacés : crevette), mais aussi plus
rarement des parasites végétaux et animaux des plantes vertes.
- Consommateurs secondaires (C2) : Prédateurs de C1. Il s’agit de
carnivores se nourrissant d’herbivores (mammifères carnassiers,
rapaces, insectes , …).
- Consommateurs tertiaires (C3) : Prédateurs de C2. Ce sont donc des
carnivores qui se nourrissent de carnivores (oiseaux insectivores,
rapaces, insectes , …).
Le plus souvent, un consommateur est omnivore et appartient donc à
plusieurs niveaux trophiques.
Les C2 et les C3 sont soit des prédateurs qui capturent leurs proies, soit
des parasites d’animaux.
b. Les consommateurs de cadavres d’animaux
Les charognards ou nécrophages désignent les espèces qui se
nourrissent des cadavres d’animaux frais ou décomposés. Ils terminent
souvent le travail des carnivores. Exemple : Chacal, Vautour, …
83
3.1.3. Les décomposeurs ou détritivores
Les décomposeurs sont les différents organismes et microorganismes
qui s’attaquent aux cadavres et aux excrétas et les décomposent peu à
peu en assurant le retour progressif au monde minéral des éléments
contenus dans la matière organique.
- Saprophyte : Organisme végétal se nourrissant de matières
organiques en cours de décomposition.
Exemple : Champignons.
- Saprophage : Organisme animal qui se nourrit de matières
organiques en cours de décomposition.
Exemple : Bactéries.
- Détritivore : Invertébré qui se nourrit de détritus ou débris
d’animaux et/ou de végétaux.
Exemple : Protozoaires, lombrics, nématodes, cloportes.
- Coprophage : Animal qui se nourrit d’excréments.
Exemple : Bousier.
Producteurs primaires, consommateurs et décomposeurs sont liés par
une chaîne alimentaire. Le caractère cyclique de la chaîne est assuré
par les décomposeurs.
3.1.4. Les fixateurs d’azote
Ils ont une position particulière dans la chaîne trophique. Leur nutrition
azotée se fait à partir de l’azote moléculaire.
Quant au carbone et à l’énergie nécessaire à leur nutrition, ils utilisent
des matières organiques plus élaborées qu’ils prennent à certains
détritus ou à des racines ou feuilles des autotrophes. Ils sont donc
84
autotrophes pour ce qui est de l’azote et hétérotrophes du point de vue
carbone. C’est le cas des Azotobacter en fixation non symbiotique et les
Rhizobiums en fixation symbiotique.
3.2. Différents types de chaînes trophiques
Il existe trois principaux types de chaines trophiques linéaires :
- Chaîne de prédateurs
Dans cette chaîne, le nombre d’individus diminue d’un niveau trophique
à l’autre, mais leurs tailles augmentent (règle d’Elton énoncée en 1921).
Exemple : (100) Producteurs + (3) Herbivores + (1) Carnivore.
- Chaîne de parasites
Cela va au contraire d’organismes de grandes tailles vers des
organismes plus petits, mais de plus en plus nombreux (la règle d’Elton
n’est pas vérifiée dans ce cas).
Exemple : (50) Herbes + (2) Mammifères herbivores + (80) Puces +
(150) Leptomonas.
- Chaîne de détritivores
Va de la matière organique morte vers des organismes de plus en plus
petits (microscopiques) et nombreux (la règle d’Elton n’est pas vérifiée
dans ce cas).
Exemple : (1) Cadavre + (80) Nématodes + (250) Bactéries.
3.3. Représentation graphique des chaînes trophiques
La schématisation de la structure des biocénoses est généralement
conçue à l’aide de pyramides écologiques, qui correspondent à la
superposition de rectangles horizontaux de même hauteur, mais de
longueurs proportionnelles au nombre d’individus, à la biomasse ou à la
85
quantité d’énergie présentes dans chaque niveau trophique. On parle
alors de pyramide des nombres, des biomasses ou des énergies.
3.4. Le réseau trophique
Le réseau trophique se définit comme un ensemble de chaînes
alimentaires reliées entre elles au sein d’un écosystème et par lesquelles
l’énergie et la matière circulent. Il se définit également comme étant
l’ensemble des relations trophiques existant à l’intérieur d’une biocénose
entre les diverses catégories écologiques d’êtres vivants constituants
cette dernière (producteurs, consommateurs et décomposeurs).
4. Transfert d’énergie et rendements
4.1. Définitions
- Productivité brute (PB) : Quantité de matière vivante produite pendant
une unité de temps, par un niveau trophique donné.
- Productivité nette (PN) : Productivité brute moins la quantité de matière
vivante dégradée par la respiration.
PN = PB – R.
- Productivité primaire : Productivité nette des autotrophes
chlorophylliens.
- Productivité secondaire : Productivité nette des herbivores, des
carnivores et des décomposeurs.
4.2. Transfert d’énergie
Les relations trophiques qui existent entre les niveaux d’une chaîne
trophique se traduisent par des transferts d’énergie d’un niveau à l’autre.
- Une partie de la lumière solaire absorbée par le végétal est
dissipée sous forme de chaleur.
86
- Le reste est utilisé pour la synthèse de substances organiques
(photosynthèse) et correspond à la Productivité primaire Brute (PB).
- Une partie de (PB) est perdue pour la Respiration (R1).
- Le reste constitue la Productivité primaire Nette (PN).
- Une partie de (PN) sert à l’augmentation de la biomasse végétale
avant d’être la proie des bactéries et des autres décomposeurs.
- Le reste de (PN), sert d’aliment aux herbivores qui absorbent ainsi
une quantité d’énergie Ingérée (I1).
- La quantité d’énergie ingérée (I1) correspond à ce qui réellement
utilisé ou Assimilé (A1) par l’herbivore, plus ce qui est rejeté (Non
Assimilée) (NA1) sous la forme d’excréments et de déchets : I1= A1+
NA1
- La fraction assimilée (A1) sert d’une part à la Productivité
Secondaire (PS1) et d’autre part aux dépenses Respiratoires (R2).
On peut continuer le même raisonnement pour les carnivores.
Ainsi, du soleil aux consommateurs (1er, 2ème ou 3ème ordre), l’énergie
s’écoule de niveau trophique en niveau trophique, diminuant à chaque
transfert d’un chainon à un autre. On parle donc de flux d’énergie. Le flux
d’énergie qui traverse un niveau trophique donné correspond à la totalité
de l’énergie assimilée à ce niveau, c’est-à-dire à la somme de la
productivité nette et des substances perdues par la respiration.
Dans le cas des producteurs primaires, ce flux est : PB = PN + R1.
Le flux d’énergie qui traverse le niveau trophique des herbivores est : A1
= PS1 + R2.
Plus on s'éloigne du producteur primaire, plus la production de matière
vivante est faible. Le passage d'un niveau alimentaire à un autre entraîne
une perte de matière considérable.
87
4.3. Les rendements
A chaque étape du flux, de l’organisme mangé à l’organisme mangeur et
à l’intérieur de chacun d’eux, de l’énergie est perdue. On peut donc
caractériser les divers organismes du point de vue bioénergétique, par
leur aptitude à diminuer ces pertes d’énergie. Cette aptitude est évaluée
par les calculs de rendements :
- Rendement écologique : C’est le rapport de la production nette du
niveau trophique de rang (n) à la production nette du niveau trophique
de rang (n-1) : (PS1/PN x 100) ou (PS2/PS1 x 100).
- Rendement d’exploitation : C’est le rapport de l’énergie ingérée (I)
à l’énergie disponible. C’est la production nette de la proie : (I1/PN x
100) ou (I2/PS1x 100).
- Rendement de production nette : Qui est le rapport de la
production nette à l’énergie assimilée :
(PS2/A2x100) ou (PS1/A1x100). Ce rendement intéresse les éleveurs,
car il exprime la possibilité pour une espèce de former la plus grande
quantité possible de viande à partir d’une quantité donnée d’aliments.
4.4. Stabilité des écosystèmes
Les ressources disponibles, régulées par les facteurs physico-chimiques
du milieu, contrôlent les chaines trophiques depuis les producteurs
jusqu’aux prédateurs. C’est la théorie du contrôle des communautés par
les ressources (éléments nutritifs), ou contrôle bottom-up (du bas vers le
haut).
Exemple : La relation existante entre la teneur en phosphates des
océans + la quantité des planctons + taille des poissons qui s’en
nourrissent.
88
A l’inverse, le fonctionnement d’un écosystème dépend de la prédation
exercée par les niveaux trophiques supérieurs sur les niveaux trophiques
inférieurs. C’est le contrôle top-down.
Exemple : Effet régulateur d’une population de carnivores (loups) sur une
population de proies (lièvres).
Les deux contrôles interviennent simultanément dans les écosystèmes et
peuvent être complémentaires. Les modifications par l’homme d’un
niveau trophique peuvent amplifier l’un ou l’autre des deux contrôles et
entrainer une instabilité de l’écosystème.
Exemples :
- Augmentation des ressources en éléments nutritifs (amplification
du contrôle bottom-up). Cas de la pollution organique des eaux ou
eutrophisation.
- Diminution d’abondance d’un prédateur de haut niveau (amplification
du contrôle top-down). Cas de la chasse ou de la pêche.
5. Les cycles biogéochimiques
Il existe une circulation de la matière dans chaque écosystème où des
molécules ou des éléments chimiques, reviennent sans cesse à leur
point de départ et que l’on peut qualifier de cyclique, à la différence des
transferts d’énergie. Le passage alternatif des éléments, ou molécules,
entre milieu inorganique et matière vivante, est appelé cycle
biogéochimique. Celui-ci correspond à un cycle biologique (cycle interne
à l’écosystème qui correspond aux échanges entre les organismes)
auquel se greffe un cycle géochimique (cycle de grandes dimensions,
pouvant intéresser la biosphère entière et qui concernent les transports
dans le milieu non vivant).
89
On peut distinguer trois principaux types de cycles biogéochimiques :
• Le cycle de l'eau.
• Le cycle des éléments à phase gazeuse prédominante (carbone,
oxygène, azote).
• Le cycle des éléments à phase sédimentaire prédominante (phosphore,
potassium etc.).
5.1. Le cycle de l'eau
Le cycle de l'eau consiste en un échange d'eau entre les différents
compartiments de la Terre : l'hydrosphère, l'atmosphère et la
lithosphère .
Sous l'effet de la chaleur du soleil, l'eau des mers, des fleuves et des
lacs s'évapore. L'évapotranspiration joue un rôle également important
dans le cycle de l'eau. Elle est accélérée par les végétaux qui transpirent
de grandes quantités d'eau par leur système foliaire. De plus, leurs
racines, accélèrent ces mouvements ascendants de l'eau dans le sens
sol--atmosphère. Cette eau rejoint alors l'atmosphère sous forme de
vapeur d'eau (nuages). Les nuages sont poussés par le vent. Lorsqu'ils
traversent des régions froides, la vapeur d'eau se condense. Elle
retombe sur le sol, sous forme de pluie, de neige ou de grêle. Les 7/9 du
volume total de ces précipitations retombent à la surface des océans et
les 2/9 seulement sur les continents. La circulation de l'eau dans la
lithosphère emprunte trois voies :
- Le ruissellement : phénomène d'écoulement des eaux à la surface
des sols.
- L'infiltration : phénomène de pénétration des eaux dans le sol, à
travers les fissures naturelles des sols et des roches, assurant ainsi
l’alimentation des nappes phréatiques.
90
- La percolation : phénomène de migration de l’eau à travers les sols
(jusqu’à la nappe phréatique).
Ruissellement, infiltration et percolation assurent l'alimentation des cours
d'eau qui restituent en dernier lieu l'eau à l'hydrosphère.
Figure 01 : Cycle de l’eau.
5.2. Le cycle du carbone
Lors de la respiration, les êtres vivants consomment de l'oxygène et
rejettent du dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère. De même, les
industries, les véhicules de transports rejettent du CO2 dans
l'atmosphère après combustion d'un carburant, en présence d'oxygène.
Les éruptions volcaniques sont également considérées comme source
naturelle de CO2. Le CO2 est absorbé par les plantes (photosynthèse) et
l'eau (dissolution). Photosynthèse et dissolution sont les phénomènes
permettant le recyclage du gaz carbonique (Fig.05).
91
Après la photosynthèse, le carbone se combine avec d'autres éléments
pour former des molécules complexes, qui après la mort de la plante
seront dégradées très lentement en charbon. Lors de leur combustion,
ces combustibles fossiles formeront à nouveau du CO2.
Le CO2 de l'air et celui dissous dans l'eau constituent la seule source de
carbone inorganique à partir de laquelle s'élaborent toutes les
substances biochimiques constituant la cellule vivante (grâce à
l'assimilation chlorophyllienne).
Au cours de la respiration des autotrophes, des hétérotrophes et de
divers autres organismes, le gaz carbonique est dégagé parallèlement à
la consommation d'oxygène.
Le dégagement de CO2 a lieu également au cours des fermentations qui
conduisent à une décomposition partielle des substrats dans des
conditions anaérobies.
Dans les sols, il se produit souvent un ralentissement du cycle du
carbone : les matières organiques ne sont pas entièrement minéralisées
mais transformées en un ensemble de composés organiques acides (les
acides humiques).
Dans certains cas les matières organiques ne sont pas entièrement
minéralisées et elles s'accumulent dans diverses formations
sédimentaires. II se produit une stagnation et même un blocage du cycle
du carbone. C'est le cas actuellement de la formation de tourbe ou par le
passé de la constitution de grands dépôts de houille, de pétrole et
d'autres hydrocarbures fossiles.
Cependant, nous produisons trop de dioxyde de carbone et notre Terre
n'arrive plus à le recycler. Le taux de CO2 dans l'atmosphère augmente
et le climat se réchauffe. En effet, le CO2 présent dans l'atmosphère
92
permet de piéger la chaleur du soleil qui rend la vie possible sur Terre.
C'est ce qu'on appelle l'effet de serre. En augmentant la concentration de
CO2 dans l'atmosphère, l'équilibre de notre écosystème est perturbé. Le
climat se réchauffe et cela peut avoir des conséquences graves sur la
vie sur Terre : les calottes glaciaires pourraient fondre et augmenter le
niveau des mers en certains points provoquant des inondations,
augmentation des conditions climatiques extrêmes comme les tempêtes,
les raz de marée, la sécheresse... etc.
Figure 02 : Cycle du carbone.
5.3. Le cycle du phosphore
En dépit de la rareté du phosphore minéral dans la biosphère, cet
élément reste important pour la matière vivante (c’est un constituant de
l’ADN, de l’ARN et de l’ATP). Son réservoir principal est constitué par
diverses roches qui cèdent peu à peu leurs phosphates aux
écosystèmes.
93
Dans le milieu terrestre, la concentration en phosphore assimilable est
souvent faible et joue le rôle de facteur limitant.
Ce phosphore est mis en circulation par lessivage (ou érosion) et
dissolution et introduit ainsi dans les écosystèmes terrestres où il est
absorbé par les végétaux. Ceux-ci l'incorporent dans diverses
substances organiques et le font ainsi passer dans les réseaux
trophiques. Puis les phosphates organiques sont restitués au sol avec
les cadavres, déchets et excréta produits par les êtres vivants, attaqués
par les micro-organismes et retransformés en ortho phosphates
minéraux, à nouveaux disponibles pour les plantes vertes et autres
autotrophes.
Le phosphore est introduit dans les écosystèmes aquatiques par les
eaux de ruissellement. Celles-ci vont ensuite rejoindre les océans,
permettant ainsi le développement du phytoplancton et des animaux des
divers maillons de la chaîne trophique.
Le passage du phosphore de l’état organique à l’état inorganique est
assuré par des bactéries et des champignons.
Un retour partiel des phosphates des océans vers les terres émergées
s'effectue par l'intermédiaire des oiseaux marins ichtyophages ou
piscivores par le biais de gisements de guano.
Cependant, dans les océans, le cycle du phosphore se fait avec des
pertes, puisqu’une partie importante des phosphates entrainée en mer
se retrouve immobilisée dans les sédiments profonds (fragments de
cadavres de poissons, non consommés par les détritivores et les
décomposeurs). Lorsqu’il n’existe pas de courants ascendants
permettant la remontée des eaux en surface, la pénurie de phosphore
est un facteur limitant. Le cycle du phosphore est donc incomplet et
94
ouvert. Du fait de sa rareté et en raison de ces pertes pour le cycle, le
phosphore constitue donc le principal facteur limitant qui contrôle la
majeure partie de la production primaire.
5.4. Le cycle de l’azote
Le principal réservoir de l'azote est l'atmosphère qui en renferme 79% en
poids. La formation de nitrates par voie inorganique s'effectue sans
cesse dans l'atmosphère par suite des décharges-électriques lors des
orages. Mais, elle ne joue qu'un rôle secondaire par rapport à celui des
micro-organismes nitrifiants. Ces derniers sont surtout représentés par
des bactéries, soit libres (Azotobacter, Clostridium, Rhodospirillum), soit
symbiotiques (Rhizobium). Dans le milieu aquatique ce sont surtout les
algues cyanophycées (algues bleues) qui sont fixatrices de l'azote
gazeux.
L'azote nitrique ainsi élaboré par ces nombreux micro-organismes
terrestres ou aquatiques est finalement absorbé par les végétaux, amené
dans les feuilles et transformé en ammoniaque, grâce à une enzyme
spécifique, la nitrate réductase. Ensuite, l'ammoniaque est transformée
en azote aminé puis en protéines.
Les protéines et autres formes de l'azote organique contenues dans les
cadavres, excréta et déchets organiques vont être attaquées par des
microorganismes bio réducteurs (bactéries et champignons) qui
produisent l'énergie dont ils ont besoin par la décomposition de cet azote
organique qui est ensuite transformé en ammoniaque, c'est
l'ammonification.
Une partie de cet azote ammoniacal peut être absorbé directement par
les végétaux, mais il peut être aussi utilisé par des bactéries nitrifiantes
(les Nitrosomonas) pour produire leur énergie métabolique. Celles-ci
95
transforment l'ammoniaque NH4+ en nitrite, N02-, c'est la nitritation, puis
les Nitrobacter le transforment en N03-, c'est la nitratation.
L'ion nitrate N03- est alors absorbé par les végétaux.
L'azote retourne constamment à l'air sous l'action des bactéries
dénitrifiantes (Pseudomonas) qui sont capables de décomposer l'ion
N03- en N2 qui se volatilise et retourne à l'air; mais le rôle de ces
bactéries est heureusement peu important.
Une partie non négligeable des nitrates peut être lessivée par les eaux
de ruissellement et entraînée en mer. L'azote peut alors être immobilisé
par incorporation aux sédiments profonds. Cependant, il est en grande
partie repris par les organismes du phytoplancton et il entre dans une
chaîne alimentaire aboutissant à des oiseaux qui le ramènent, par leurs
déjections, au milieu terrestre sous la forme de guano.
96
CHAPITRE DEUXIÈME. LES CONFLITS ECOLOGIQUES
II.1. Bref aperçu de l’historiographie environnementale
II.2. Typologie des conflits écologiques
II.3. Lien avec le développement durable
CHAPITRE TROISIÈME. Cartographie des conflits écologiques
III.1. Sur le plan international
III.2. Sur le plan interne
QUATRIÈME PARTIE. LES ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX
L'objectif de cette partie est de découvrir les grandes problématiques
actuelles en matière d'environnement. Ces problématiques renvoient
d'une part aux limites planétaires et à la capacité des écosystèmes à
supporter les pressions qui ont pour principale origine les activités
humaines.
Le changement climatique et l'érosion de la biodiversité sont au
cœur de ces questions. Elles renvoient d'autre part à la finitude des
ressources naturelles, comme par exemple les ressources minérales et
énergétiques. La question posée est alors celle de l'épuisement de
ces ressources, qui requiert à la fois de les gérer au mieux et de les
substituer par d'autres ressources, plus renouvelables.
Cette partie entend apporter des connaissances de base, pour tous les
étudiants et ce quel que soit le parcours de formation qu'ils suivent. Elle
propose en complément des ouvertures disciplinaires pour montrer que
ces questions engagent tous les domaines de connaissance et tous les
secteurs d'activité de nos sociétés.
97
98
CHAPITRE PREMIER : POLLUTION ET DEGRADATION
ENVIRONNEMENTALE
I.1. LA POLLUTION
A. Définitions.
La pollution est l’ensemble des rejets de composés toxiques libérés par
l’homme dans le milieu récepteur (continental, océanique et
atmosphérique). Certaines substances libérées sont d’origine naturelle
mais présentent un danger pour les organismes et perturbent l’équilibre
général de l’environnement
La pollution désigne la dégradation d’un biotope par l’introduction
délibérée de l’homme de substances ou des radiations, entrainant une
perturbation plus ou moins importante de l’écosystème. Elle peut aussi
avoir pour cause un phénomène géologique comme l’éruption
volcanique.
99
Une définition contemporaine du terme pollution la renvoie à un
phénomène ou élément perturbateur d’un équilibre établi et plus
particulièrement si cet élément est nuisible à la vie. La pollution peut être
anthropique ou d’origine non humaine.
La pollution d’origine humaine peut avoir un impact très important sur
l’écosystème comme en témoigne le réchauffement climatique qui
transforme le climat général de la terre et de son écosystème, entrainant
l’apparition des maladies inconnues jusqu’alors dans certaines zones
géographiques, des migrations de certaines espèces, voire leur
extinction locale.
B. Origines des polluants et principaux éléments.
Les trois causes principales de pollution sont : La
production et la consommation des combustibles fossiles, les activités
dues aux diverses industries chimiques et les activités agricoles
(itinérance, engrais et pesticides).
Il n’existe en fait qu’un nombre restreint de substances – inertes -
introduites par l’homme dans l’environnement et n’ayant aucune action
sur la biosphère. Tout élément ou composé chimique est pratiquement
susceptible de devenir un polluant. On peut les classer selon différents
critères (nature chimique, compartiment contaminé, source d’émission et
organismes cibles)
Les polluants sont absorbés puis accumulés et concentrés dans les
organismes animaux et végétaux. Il existe un indicateur qui permet de
mesurer la concentration des polluants.
100
Il est nécessaire de définir la notion de bio-indicateurs, qui permettent
d’évaluer la qualité de l’environnement :
- Les bio-indicateurs :
Ce sont des espèces végétales terrestres (exp : le lichens), ou
aquatiques (exp : Algues, les moules) ainsi que des espèces animales
terrestres (exp : ver de terre) qui ont une capacité de bioconcentration
des éléments toxiques présents dans le milieu où ils vivent.
Ainsi, l’analyse de ces organismes permet de déceler les pollutions les
plus faibles qu’il serait difficile de mettre en évidence par l’analyse
directe de la terre, de l’air ou de l’eau.
C. Types de pollution
On parle de « pollution diffuse » lorsque les sources d’un polluant sont
multiples (pots d’échappement, épandage de pesticides, etc.) et de «
pollution chronique » lors des émissions répétées ou constantes de
polluant et parfois lorsqu’un polluant est très rémanent.
a. Pollution de l’air
La pollution de l’air, provoquée par des polluants dits atmosphériques est
plus délicate à réglementer efficacement dans un cadre local ou national
que la plupart d’autres formes de pollutions.
Des conventions mondiales concernent les polluants destructeurs de la
couche d’ozone ou les gaz à effet de serre, tous capables de modifier le
101
fonctionnement planétaire du monde vivant. Elle intègre la pollution
biologique induite par des taux anormaux ou anormalement allergènes
des microbes, virus, pollens ou spores fongiques. Les effets allergènes
(rhinite, conjonctivite, asthme) de ces particules biologiques sont en
augmentation, et ils semblent souvent exacerbés par les polluants
urbains et générés par les transports.
C’est une forme de pollution définie par une altération de la pureté de
l’air, par une ou plusieurs substances ou particules présentes à des
concentrations et durant des temps suffisants pour créer un effet toxique
ou écotoxique.
Les principales sources de la pollution de l’air sont : les véhicules à
moteur, les installations de chauffage, les centrales thermiques et les
installations industrielles : CO2, dioxyde de soufre et de l’azote, les
poussières, les particules radioactives, les produits chimiques (Pesticides
et certains engrais), etc.
b. Pollution des sols
La pollution du sol peut être diffuse ou locale, d’origine industrielle,
agricole (suite à l’usage massif d’engrais ou pesticides qui s’infiltrent
dans les sols). Ces pollutions agricoles peuvent avoir plusieurs impacts
sur la santé humaine en touchant les nappes phréatiques d’une part et
en contaminant par bioaccumulation les cultures sur ces sols d’autre
part.
c. pollution de l’eau
La pollution de l’eau peut avoir diverses origines parmi lesquelles :
- Les exploitations agricoles industrielles : qui rejettent divers
produits présents dans les engrais (comme les nitrates) ou les produits
102
phytosanitaires peuvent polluer les nappes phréatiques et entrainer la
fermeture de points de captages d’eau potable si leur présence est trop
importante.
- L’industrie : dont ses sous-produits sont des sources de pollution
de l’eau. Parmi les plus importantes ; il s’agit principalement des produits
chimiques et d’hydrocarbures.
- Les eaux usées : si elles ne sont pas traitées et recyclées
correctement, elles peuvent être une source de pollution de l’eau. Dans
les pays développés, des législations ont été mises en place, obligeant
un traitement des eaux usées.
d. Pollution sensitive
Récemment, les termes « pollution sonore » et « pollution visuelle » ont
été proposés pour designer la nuisance croissante censée être
provoquée par les sons agressifs (voiture, train, avion, musique), les
images violentes ou considérées comme telles (essentiellement la
publicité et la télévision) ou un urbanisme déplaisant.
Le terme a été spécifiquement choisi pour relier la pollution « physique »
et la « pollution mentale » sans que ce terme se réduise à désigner un
dérangement psychique : en effet, il est possible que les pollutions
sonores, notamment, induisent des états de stress et provoquent des
maladies somatiques.
e. pollution par type ou agents polluants
- Pollution industrielle ;
- Pollution atmosphérique ;
103
- Pollution liée au transport (pollution automobile) ;
- Pollution thermique ;
- Pollution lumineuse ;
- Pollution spatiale ;
- Pollution par les armes et explosifs - pollution radioactive - pollution
chimique, etc.
D. Effets de la pollution sur l’environnement
1. Effet sur l’atmosphère :
Les effets des polluants sur l’atmosphère sont de plus en plus évident et
se matérialisent essentiellement par :
1.1. L’accroissement de l’effet de serre :
Commençons par définir et présenter l’effet de serre.
Il s’agit d’un effet naturel, à l’origine, bénéfique à la vie humaine puisqu’il
permettait à l’eau de rester dans l’état liquide et minimisait le risque de
glaciation. Il s’agit des gaz contenus à l’état de trace dans l’atmosphère
(vapeur d’eau, CO2, méthane, composés sulfurés et composés azotés).
L’augmentation de la concentration en Gaz à
Effet de Serre (GES) dans l’atmosphère, due à l’activité humaine conduit
à la présence d’effet de serre ADDITIONNEL.
L’effet de serre additionnel a pour effet un réchauffement global de la
planète. Depuis 1990, la planète a connu une hausse globale de sa
température, passant de 0,3 à 0,7°C en 20 ans. Le groupement
Intergouvernemental d’Etude du Climat GIEC (IPCC, en anglais) nous
annonce une augmentation moyenne de la température allant de 1,4 à
5,8°C de la température moyenne du globe.
104
Cette augmentation n’est pas uniforme bien au contraire, on va assister
à des événements extrêmes (tempête, cyclone, canicule, sécheresse,
coup de froid, etc.). Le cycle de l’eau va être modifié ce qui
conduira à une sécheresse accrue dans certaines zones ; inondation et
crues dans d’autres.
Ils préconisent certains déséquilibres si la température augmente de 2,5°
d’ici la fin de ce 21 siècle :
- Augmentation moyenne de 65cm des niveaux marins (inondation
et disparition de certaines zones côtières ;
- Fonte de 50% des glaciers mondiaux ;
- Changement dans les débits des rivières et les niveaux des lacs ;
- Augmentation générale des températures et des précipitations,
favorisant le développement des maladies et des parasites.
1.2. L’affaiblissement de la couche d’ozone stratosphérique :
Se trouvant à près de 90% dans la stratosphère, la couche d’ozone se
trouve entre 15 et 40km d’altitude. Il s’agit d’un dérivé de l’oxygène qui
joue un rôle important pour la biosphère en absorbant une partie du
rayonnement solaire ultra-violet et en éliminant les courtes longueurs
d’onde comprises entre 240 et 300 nanomètres.
Ces rayonnements et ces ondes sont reconnu à l’origine de maladies
cancérigènes et mutagènes, susceptible de détruire les cellules vivantes.
En 1985, on découvre un trou dans l’ozone d’une surface supérieure à
celle des Etats Unis d’Amérique au-dessus du pôle sud.
Les premiers accusés dans l’apparition de ce trou sont les CFC
(Chlorofluorocarbure), gaz très utilisé dans l’industrie avant 1987,
remplacé par le HCFC moins nocifs. La chine continue à produire des
CFC.
105
2. Effet sur le sol et sur les milieux aquatiques :
L’homme, par ses fonctions biologiques, rejette des déchets organiques
qui seront éliminés dans les milieux récepteurs. Ces déchets, plus ou
moins naturels, peuvent être toxiques dans le cas d’une grande
population et d’un manque de traitements appropriés. Les activités
industrielles sont beaucoup plus polluantes à cause de la consommation
et de la production de produits chimiques. Les déchets évacués sont de
plus en plus toxiques. Leur stockage dans le milieu récepteur est nocif,
aussi bien pour l’environnement que pour l’homme. Citons, à titre
d’exemples, l’effet du déversement d’une grande quantité de cyanure
dans la rivière hongroise Tiszla, puis dans le fleuve du Danube en
mars 2000 et ce, sur des centaines de kilomètres.
On peut aussi citer le cas de la fuite d’isocyanate de méthyle dans
une usine de Bhopal, en Inde. Cet accident a tué 3500 personnes et en
a blessé plusieurs centaines de milliers. Autres exemples d’effets nocifs
des produits chimiques, mais cette fois à long terme (durant plus de trois
décennies) est celui du rejet de mercure d’une usine à Minamata, au
Japon, lequel a causé la mort et les maladies neurologiques de milliers
de personnes (1960).
Le cas exemplatif de l’existence de ces conflits écologiques en
République démocratique du Congo est celui de la pollution des eaux
de la rivière Tshopo par la Bralima qui y déverse des déchets
industriels non traités et de natures diverses, au mépris de la santé
humaine et animale des populations riveraines.
On peut aussi citer les Polluants Organiques Persistants (POP), à qui on
lie généralement le phénomène de bioconcentration. Ces substances se
lient généralement à la graisse des tissus animaux, et donc plus ils
vieillissent, plus ils sont contaminés. Ils peuvent même se concentrer
106
dans les chaines alimentaires et constituer une menace pour les grands
prédateurs (cas d’un Ours blanc qui mangerait des poissons contaminés
à l’un des POP). Beaucoup de désastres écologiques menacent
l’équilibre des systèmes et les rendent vulnérables.
3. Effet sur la santé humaine
Les premières préoccupations environnementales sont relatives aux
atteintes à la santé humaine, bien plus qu’à la destruction des milieux ou
la réduction de la biodiversité. Une morbidité importante (la fumée des
usines, l’émission des tanneries, etc.,) générée par certains processus
de production est apparue avant même la révolution industrielle. De
même, les déchets des villes et les égouts furent rapidement identifiés
comme une source de maladies. Grâce au progrès de la médecine, la
santé humaine s’est beaucoup améliorée et l’espérance de vie a
augmenté. Il faut reconnaitre toutefois, que plusieurs maladies
infectieuses ont apparu ainsi que la propagation du cancer sous ses
différentes formes.
L’activité industrielle, l’émission des gaz toxiques, des déchets liquides et
solides dans l’environnement expliquent l’apparition de plusieurs
maladies et cancers. La recherche médicale a permis de vaincre
certaines de ces maladies, d’en réduire l’effet d’autres et elle demeure
incapable de résoudre d’autres cas plus compliqués. L’effet le plus
tangible de la pollution sur la santé humaine est celui de l’apparition de
plusieurs formes d’allergies chroniques.
I.2. Le Réchauffement climatique
A. Définition
Le réchauffement climatique, aussi appelé réchauffement planétaire, ou
encore réchauffement global, est un phénomène d’augmentation de la
107
température moyenne des océans et de l’atmosphère à l’échelle
mondiale et sur plusieurs années (25 ans tout au moins).
B. Observations liées au réchauffement climatique actuel
Plusieurs changements ont été observés dans le monde, lesquels
semblent cohérents avec l’existence d’un réchauffement planétaire.
Cependant, le lien entre ce réchauffement et les observations faites n’est
pas toujours clairement défini.
I.3. Le climat
Selon le troisième rapport du GIEC (Groupe d’experts
Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat), la répartition des
précipitations s’est modifiée au cours du XXe siècle. En particulier, les
précipitations seraient devenues plus importantes aux latitudes
moyennes et hautes de l’hémisphère nord, et moins importantes dans
les zones subtropicales de ce même hémisphère. D’autres experts
estiment toutefois les données actuelles trop rares et incomplètes pour
qu’une tendance à la hausse ou à la baisse des précipitations puisse se
dégager sur des zones de cette ampleur. On observe également depuis
1988 une diminution notable de la couverture de neige printanière aux
latitudes moyennes de l’hémisphère nord.
Cette diminution est préoccupante car cette couverture neigeuse
contribue à l’humidité des sols et aux ressources en eau.
I.4. Les pratiques agricoles
Le climat et en particulier les températures ont un effet sur la date de
semis et de récoltes agricoles. Dans nombre de cas, les dates de
vendanges sont régulièrement avancées. De plus, ces phénomènes
peuvent être décrits sur plusieurs décennies car ces dates de vendanges
ont été consignées dans le passé et archivées. De tels documents sont
108
utilisés pour déterminer les températures à des périodes ou les
thermomètres n’existaient pas ou manquaient de précision.
Plusieurs équipes de chercheurs ont observé une modification de l’aire
de répartition de différentes espèces animales et végétales. Dans
certains cas, en particulier lorsque cette aire se déplace vers le nord ou
vers les plus hautes altitudes, le réchauffement climatique planétaire est
parfois proposé comme cause de ces modifications.
La pratique culturale itinérante sur brûlis pratiquée en Afrique
subsaharienne reste aujourd’hui une des causes importantes favorisant
le réchauffement planétaire.
I.5. Les cyclones tropicaux
Une étude publiée en 2005 indique une augmentation globale de
l’intensité des cyclones entre 1970 et 2004, le nombre total de cyclones
étant en diminution pendant la même période. Selon cette étude, il est
possible que cette augmentation d’intensité soit liée au réchauffement
climatique, mais la période d’observation est trop courte et le rôle des
cyclones dans les flux atmosphériques et océaniques n’est pas
suffisamment connu pour que cette relation soit établie avec certitude.
I.6. Réchauffement des océans et l’élévation du niveau de la mer
D’après de nouvelles données, entre la période 1958-1976 et le milieu
des années 90, il y a probablement eu une diminution d’environ 40 pour
cent de l’épaisseur des glaces de mer arctiques pour la période comprise
entre la fin de l’été et le début de l’automne, cette diminution étant
beaucoup moins marquée en hiver.
On observe un réchauffement des océans qui diminue avec la
profondeur. On estime que les océans ont absorbé à ce jour plus de 80
% de la chaleur ajoutée au système climatique. Ce réchauffement
109
entraine une montée du niveau de la mer par dilatation thermique des
océans et la fonte de glace arctique.
D’après les données marégraphiques, le niveau moyen des mers s’est
élevé au XXe siècle de 1,0 à 2,0 millimètres par an, la valeur centrale
s’établissant à 1,5 millimètre par an (cette valeur ne devrait pas être
considérée comme la meilleure valeur estimée).
Ce phénomène aura des effets néfastes sur tout pour les pays côtiers
qui ont occupés de zones de plus bas niveau comme la Hollande.
1. Les moteurs du Réchauffement climatique
Selon la grande majorité des scientifiques, le réchauffement climatique
est largement attribué à un « effet de serre » additionnel dû aux rejets de
gaz à effet de serre produits par les activités humaines et principalement
les émissions du CO2.
Les concentrations actuelles de CO2 dépassent 35 % de celle de l’ère
préindustrielle ; elles sont passées de 280 ppm à l’époque préindustrielle
à 379 ppm en 2005 et celles de méthane ont augmenté de 150%.
Les activités humaines telles que l’utilisation des combustibles pour
l’industrie et l’automobile ainsi que la déforestation sont à la base de la
concentration du CO2 dans l’atmosphère et contribuent à raison de 80 %
pour l’industrie et 20 % pour la déforestation au changement climatique.
2. Effet de serre
L’effet de serre est un phénomène naturel et vital. En effet, des
molécules de CO2 et autres gaz à effet de serre sont naturellement
présentes dans l’atmosphère à une certaine concentration afin de
maintenir à la surface de la terre grâce à leur propriété de piégeage du
rayonnement infrarouge une température minimale compatible avec la
110
vie. En l’absence de ces gaz, il ferait moins de 18° C sur la terre qui
serait alors intégralement couverte de glace.
Du fait des activités humaines, la teneur de l’atmosphère en CO2 et
autres gaz à effet de serre ne cesse de croître ; il en résulte donc une
élévation de la température et des changements environnementaux.
C’est ce réchauffement de la planète qui est appelé effet de serre
additionnel.
Les conséquences de l’effet de serre additionnel sont redoutables et déjà
visibles. Le réchauffement de la planète pourrait provoquer la fonte des
calottes glaciaires, ce qui entraînerait une élévation précipitée du niveau
de la mer. Dans les zones côtières, les terres de basses altitudes
pourraient alors être englouties par les eaux. Par ailleurs, il n’est pas
certain que l’agriculture, les forêts, les écosystèmes et la nature en
générale s’adaptent aisément à ces élévations de température et aux
changements climatiques qui en résulteraient.
Selon les scénarii développés par le Groupe intergouvernemental
d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), sans un changement radical
de nos modes de vie et de production, les concentrations de CO2 et
autres gaz à effet de serre dans l’atmosphère devraient continuer de
croître dans les décennies à venir et les températures augmenteront de
1,4°C à 5,8°C d’ici à la fin du siècle.
2.1. Le principe de l’effet de serre
Le soleil émet en permanence un rayonnement qui se propage dans
l’espace. Une partie de ce rayonnement solaire qui traverse l’atmosphère
terrestre est absorbée par la surface de la terre. Celle-ci émet en retour
un rayonnement infrarouge (de la chaleur) en direction de l’espace.
Cependant, une partie de ce rayonnement infrarouge est renvoyée en
111
direction de la surface terrestre par certains gaz atmosphériques dits «
gaz à effet de serre ».
2.2. Les principaux gaz à effet de serre
Les principaux gaz à effet de serre sont le dioxyde de carbone (CO2) qui
est responsable de 60% de l’effet de serre additionnel et qui provient
essentiellement de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz
naturel, le méthane(NH4) et l’oxyde nitreux(NO3) qui sont issus de
l’agriculture et des changements dans l’utilisation des terres, l’ozone(O3)
qui est émane des gaz qui s’échappent des tuyaux d’échappement des
automobiles, et les gaz industriels à longues durée de vie que sont les
chlorofluorocarbones (CFC), les hydrofluorocarbures (HFC) et les
hydrocarbures perfluorés (PFC).
Les Etats-Unis constituent le premier émetteur mondial de gaz à effet de
serre avec 20 à 25% des émissions.
Ensuite viennent dans l’ordre la Chine et l’Union Européenne. L’Inde
occupe la cinquième place.
2.2. Conséquences du réchauffement climatique sur l’homme
et la biodiversité
Au-delà des conséquences directes, physiques, et climatiques du
réchauffement planétaire, celui-ci influe également sur les écosystèmes,
en particulier en modifiant la biodiversité. La capacité de nombreux
écosystèmes à s’adapter naturellement sera probablement dépassée par
les combinaisons de :
- bouleversements climatiques : inondations, incendies des forêts,
sècheresses, insectes, acidification des océans ;
112
- changements mondiaux : changements d’affectation des sols
(déboisement, barrages), pollution, surexploitation des ressources.
Le déséquilibre naturel qui s’en suivra pourrait entrainer la disparition de
plusieurs espèces animales et végétales.
C’est une préoccupation dont les États doivent en tenir compte car
l’ensemble de la population humaine souffrira des répercussions dues à
ces effets physiques et écologiques.
Certains systèmes naturels seront plus affectés que d’autres par le
réchauffement global ; les systèmes les plus sensibles sont : les glaciers,
les mangroves, les forêts boréales et tropicale, les écosystèmes polaires
et alpins, les prairies humides.
[Link]équences négatives pour l’humanité
- Une baisse des rendements agricoles potentiels dans la plupart
des zones de production,
- Une diminution des ressources en eau dans la plupart des régions
sèches tropicales et subtropicales,
- Une baisse du débit des sources d’eau issues de la fonte des
glaces et des neiges, suite à la disparition de ces glaces et neiges,
- Une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes
comme les pluies torrentielles, les tempêtes et les sècheresses, ainsi
qu’une augmentation de l’impact de ces phénomènes sur l’agriculture
- Une augmentation des feux de forêt durant les étés plus chauds
- L’extension des zones infestées par les maladies comme le
choléra ou le paludisme
- Des risques d’inondation accrus, à la fois à cause de l’élévation du
niveau de la mer.
[Link]équences positives pour l’humanité
113
- Une faible mortalité hivernale aux moyennes et hautes latitudes par
opposition à une mortalité estivale plus élevée ;
- Une augmentation éventuelle des ressources en eau dans
certaines régions sèches tropicales ;
- L’ouverture des nouvelles voies maritimes dans l’arctique canadien
suite à la fonte des glaces.
114
CINQUIÈME PARTIE. ENVIRONNEMENT EN SCIENCES JURIDIQUES
CHAPITRE PREMIER. LE DROIT DE L’ENVIRONNEMENT
Ce chapitre a pour objectif de faire le point sur certaines grandes
questions du droit de l’environnement. Sans pouvoir prétendre à
l’exhaustivité, il permettra aux étudiants, aux professionnels ainsi qu’à
toute personne intéressée d’aborder et de comprendre le droit de
l’environnement applicable en France quelles que soient ses sources.
Il est structuré en 5 parties :
- Les sources du droit de l’environnement et ses acteurs permettant
de comprendre les interactions entre les sources internationales,
communautaires et nationales, ainsi que le rôle joué par les différents
acteurs ;
- La préservation du patrimoine naturel qui traite des
réglementations relatives à la protection des espèces mais également
aux prélèvements autorisés tels que la chasse et la pêche ;
- La protection des espaces qui aborde les espaces faisant l’objet
d’une protection spécifique en fonction de leur intérêt écologique, de
leur rareté ou de leur fragilité... ;
- Les pollutions et nuisances comprenant les réglementations
relatives aux installations classées incommodes, insalubres ou
dangereuses, les déchets et le bruit ;
- La protection des milieux qui sont des milieux récepteurs : l’eau,
l’air et la mer.
Cette partie est destinée aux étudiants de licence et master, aux
professionnels, aux associations, aux administrations, ainsi qu’à toute
personne qui souhaite tout simplement s’informer sur la matière.
SECTION I. – Les sources du droit de l’environnement
115
1 – Les sources françaises du droit de l’environnement
2 – Les sources européennes du droit de l’environnement
Les traités, les programmes d’action, le droit dérivé.
3 – Les sources internationales
Les traités, les déclarations, la jurisprudence internationale.
SECTION II – Les grands principes
1 – Le développement durable et l’intégration
2 – Prévention, précaution, Information/participation, pollueur-payeur
3 – Les nouveaux principes du Code de l’environnement
Le principe de solidarité écologique, le principe de l’utilisation durable, le
principe de complémentarité entre l’environnement, l’agriculture,
l’aquaculture et la gestion durable des forêts, le principe de non-
régression.
SECTION III. – Les acteurs
1 – Le ministère en charge de l’Environnement
L’administration centrale et les services déconcentrés.
2 – Les collectivités territoriales
3 – Les institutions et organes de l’Union européenne et les
organisations internationales
Les institutions et organes de l’UE et les organisations internationales.
4 – Les associations
La préservation du patrimoine naturel
SECTION IV– La préservation de la biodiversité
116
1 – Les outils de la préservation de la biodiversité
■ La définition
■ La gouvernance de la biodiversité
2 – Stratégie et planification
■ La stratégie nationale pour la biodiversité
■ Le schéma de cohérence écologique, les orientations nationales et les
trames vertes et bleues
a) La trame verte et bleue (TVB)
b) Les Orientations nationales pour la préservation et la remise en bon
état des continuités écologiques
c) Le schéma régional d’aménagement, de développement durable et
d’égalité des territoires
3 – La préservation des espèces
La protection des espèces menacées, les plans nationaux d’action et les
espèces envahissantes.
117
CHAPITRE DEUXIÈME. CONSTRUCTION DU DROIT CONGOLAIS DE
L’ENVIRONNEMENT
Cfr cour de droit congolais de l’environnement (L2 LMD)
CHAPITRE TROISIÈME. LES MÉCANISMES DE RÉSOLUTION DE
CONFLITS ÉCOLOGIQUES/ENVIRONNEMENTAUX.
III.1. MÉCANISMES JURIDIQUES
III.2. MÉCANISMES EXTRA-JURIDIQUES
III.3. CAS PRATIQUES DE RÉSOLUTION DE LITIGES
ENVIRONNEMENTAUX
CONCLUSION
118
BIBLIOGRAPHIE
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