AGRONOMIE – ENVIRONNEMENT
Emplois, économie, environnement :
Le développement de la filière palmier à huile en Côte-d’Ivoire
Claude JANNOT
Unité de recherche « Performance des systèmes
De culture des plantes pérennes »,
CIRAD, TA B-34/02,
34398 Montpellier cedex 05,
France
[Link]@[Link]
Abstract : The first oil palm plantations in Ivory Coast date back to colonial
times. Development was at
That time privately driven by European companies. Then a period of rapid
expansion followed, from
1963 to 1995, planned by the Ivorian government which received financial
assistance from the Euro-
Pean Community and international institutions. Privatization occurred
under the pressure of the IMF
(International Monetary Fund) through Structural Adjustment Programs,
which entailed a difficult
Period of reorganization. But after several years, stakeholders succeeded
in setting up an inter-
Professional association where all interests are represented. Expansion
resumed, mainly driven by
Downstream refiners and soap manufacturers. The sector is now facing
new challenges : there is a need
To increase the output of raw material, namely the FFB (Fresh Fruit
Bunches), through a better producti-
Vity, especially in smallholdings, and the development of new estates.
Suggestions are made for a
New policy which takes into consideration environmental and social
constraints to promote sustainable
Development.
Key words : oil palm, Ivory Coast, smallholders, sustainable development
Développement
De la filière palmier
A huile en Côte-d’Ivoire
Palmier à huile en Afrique
Et cas de la Côte-d’Ivoire
La filière palmier à huile a commencé à se déve-
Lopper en Côte-d’Ivoire dès la période coloniale,
Dans les années 1910. Son développement s’est
Poursuivi sans interruption jusqu’à présent,
Mais elle se trouve aujourd’hui confrontée à de
Nouveaux enjeux, face à une demande crois-
Sante des pays de la sous-région et à la prise de
Conscience des contraintes environnementales
Et sociales liées au développement des planta-
Tions. Pilotée au départ par des entrepreneurs
Privés européens, elle a connu une croissance
Accélérée au cours des 30 années de gestion
Etatique qui ont suivi l’indépendance, avec
L’apparition d’une classe rurale nouvelle : les
Planteurs villageois de palmiers à huile. La
Côte-d’Ivoire est en effet le seul pays au
Monde (avec la Thaïlande) où l’huile produite
Dans les usines modernes provient majoritaire-
Ment des régimes des petits exploitants.
Imposée par le Fonds monétaire international
(FMI) à la fin des années 1990, la politique de
Privatisation a entraîné la stagnation des surfa-
Ces et contraint à une difficile réorganisation
Des filières. L’arrivée des grands groupes asiati-
Ques : Sime Darby au Liberia, Wilmar et Olam
En Côte-d’Ivoire, au Ghana et au Gabon, qui
Disposent de moyens considérables et qui cher-
Chent à transposer le modèle de développe-
Ment ayant assuré leur fortune en Asie, pourrait
Changer la donne. Cependant, le modèle
Industriel reposant sur des appropriations
Foncières de grande ampleur est controversé,
Et l’accent est mis sur l’implication des popula-
Tions rurales dans le cadre de programmes
Poursuivant à la fois un objectif de croissance,
De couverture des besoins régionaux et de lutte
Contre la pauvreté.
À ce titre, la filière palmier à huile en Côte-
D’Ivoire constitue un cas d’école, de par l’impor-
Tance du secteur des petites plantations (et de sa
Structuration en une véritable interprofession),
Mettant en relief les forces et les faiblesses de ce
Modèle de développement et offrant un terrain
D’étude privilégié pour son amélioration.
Croissance du verger ivoirien
Sous l’impulsion de l’État
À l’indépendance du pays en 1960, hormis la
Palmeraie naturelle exploitée à Grand-Drewin
Et à Dabou, il n’existe que quelques plantations
Industrielles (PI) : 1 950 ha de la PSD (planta-
Tion de la savane de Dabou) appartenant à
L’État ; 1 727 ha appartenant à l’Institut de
Recherches pour les huiles et oléagineux
(IRHO) à Mopoyem ; 580 ha appartenant à la
Société des plantations et huileries de Binger-
Ville (SPHB) et 2 400 ha appartenant à la Société
Des plantations et huileries de Côte-d’Ivoire
(PHCI), du groupe Blohorn. Celui-ci, dont
Les bâtiments occupent trois étages au fond
De la baie de Cocody (huilerie, savonnerie,
Bureaux, dispensaire, maisons d’habitation
Pour la direction et le personnel), consomme
8 000 à 10 000 tonnes d’huile par an, dont la
Moitié provient du Dahomey et de l’ex-Congo
Belge. L’entrée en production de la PHCI,
Attendue en 1963, doit permettre d’éviter de
Recourir à ces importations.
La production d’huile de palmiste atteint 5 à
8 tonnes par jour et celle de savons de ménage
Et de savonnettes 10 000 tonnes par année,
Couvrant les besoins de la Côte-d’Ivoire et de la
Haute-Volta. Les sous-produits, tourteaux et
Glycérine, sont exportés en Europe. Sa filiale, la
« Franco-africaine de raffinage », produit des
Huiles alimentaires et de la margarine (Le Guil-
Lerme, 1962).
En janvier 1963, l’État de Côte-d’Ivoire reçoit du
Fonds européen de développement (FED) une
Première aide non remboursable de 1,15 mil-
Liard de francs CFA destinée à promouvoir la
Culture du palmier à huile dans les milieux villa-
Geois de la partie sud-est du pays. La Sodepalm
Voit le jour au mois de novembre. Puis, en juin
1964, est institué le FER (Fonds d’extension et
De renouvellement pour le développement de
La culture du palmier à huile) destiné à recycler
Les subventions reçues de l’Europe et de l’État
Ivoirien en vue, principalement, de pérenniser
Le développement des petites plantations au
Bénéfice des populations rurales. Une seconde
Aide non remboursable de 8,1 milliards de
Doi : 10.1684/ocl.2010.0344
Francs CFA est reçue du FED en mai 1965.
OCL VOL. 17 N° 6 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2010 393
La stratégie repose sur la mise en service
D’huileries modernes caractérisées par
(Van Looy, 1981) :
– L’abandon des presses hydrauliques au profit
De presses continues à vis jumelées spéciale-
Ment adaptées aux fruits de palmiers amélio-
Rés, presses dont la capacité est un multiple
Des presses hydrauliques alors en usage ;
– L’emploi de turbines à vapeur à contre-
Pression en remplacement des machines à
Vapeur alternatives ;
– L’électrification complète de l’usine ;
– L’utilisation de chaudières à plus haute pres-
Sion (20-24 bars au lieu de 10-12 bars) et à
Vapeur surchauffée.
Ces usines sont construites par Palmindustrie,
Société d’économie mixte créée en 1969. Desti-
Nées à produire une huile de qualité export, elles
Nécessitent une quantité minimum de régimes
A traiter pour une exploitation rentable. Pour
Cela, 3 000 à 4 000 ha de palmiers sont plantés
Le plus rapidement possible en « PI » avec des
Moyens mécaniques sur une forêt déclassée
Par l’État (pour éviter les conflits fonciers).
Ensuite, l’approvisionnement de l’usine est
Complété jusqu’à saturation par le développe-
Ment progressif de petites plantations familia-
Les, dénommées « plantations villageoises »
(PV), dans un rayon de 20 km autour de l’usine.
Le Plan palmier, réalisé de 1963 à 1978, abou-
Tira à la création de 52 000 ha de PI, de
39 000 ha de PV et à la mise en place de
12 huileries de palme pour une capacité totale
D’usinage de 420 tonnes de régimes par heure.
La production annuelle d’huile brute, voisine
De 15 000 tonnes dans les années 1960, est
Multipliée par dix en 20 ans.
La transformation en aval se développe. En
1973, poussée par le besoin d’augmenter sa
Capacité de production et par l’urbanisation
D’Abidjan, la société HSL-Blohorn déménage
Ses installations en zone industrielle de Vridi.
La concurrence apparaît cette même année,
Avec la création de Trituraf, société d’économie
Mixte à majorité d’État, et la construction d’une
Huilerie de coton à Bouaké. D’une capacité de
Trituration de 70 000 tonnes de graines par an,
Correspondant à la production de 10 000 ton-
Nes d’huile, l’usine entrera en activité en 1975.
En 1974, une autre société concurrente voit le
Jour, Cosmivoire, créée à l’initiative d’Alain
Bambara par un groupe d’investisseurs privés
Ivoiriens. L’usine de Cosmivoire, en zone indus-
Trielle de Vridi, entre en production en 1977
Avec la fabrication de savons de ménage et de
Toilette. Elle produira de l’huile raffinée à partir
De 1985-1986 et, plus tard, des produits déri-
Vés (principalement de la margarine).
La filière est administrée par l’État qui a racheté,
En 1977, les actions détenues par le secteur
Privé dans le capital de Palmindustrie. L’objectif
Est de développer la production agricole de
Matières premières et de promouvoir les inves-
Tissements privés pour leur transformation.
Le prix de cession de l’huile brute aux
Industriels locaux est fixé sur la base du prix à
L’exportation moins les frais non exposés (char-
Gement, fret et assurance), et il est exclu que la
Société d’État Palmindustrie investisse dans des
Unités de seconde transformation.
En 1982, André Blohorn vend son entreprise à
Unilever et, en août 1983, Blohorn-Unilever
Prend le contrôle de Trituraf qui menaçait de
Le concurrencer sérieusement en développant
Une production de savon et en s’équipant
D’une unité de raffinage-fractionnement
D’huile de palme.
En 1984, toutes les activités aussi bien agricoles
Qu’industrielles du « Plan palmier » sont
Confiées à Palmindustrie et, en 1988, la Sode-
Palm est rebaptisée CIDV (Compagnie ivoi-
Rienne pour le développement des vivriers).
Le deuxième Plan palmier, réalisé de 1983 à
1990, permet de replanter le verger industriel
A concurrence de 9 000 ha et de l’étendre de
7 000 ha, tandis que le verger villageois est
Porté à 83 000 ha. La production de régimes
Augmente progressivement jusqu’en 1992
Pour s’établir au niveau de 1,2 million de ton-
Nes, correspondant à 275 000 tonnes d’huile
Brute (figure 1).
Privatisation de la filière
Et recompositions successives
Sous la pression du FMI et dans le cadre des
Programmes d’ajustement structurel, l’État
Envisage, dès 1995, de se désengager du sec-
Teur de production primaire et de privatiser
Palmindustrie. Cette privatisation et l’évolution
Ultérieure de la filière vont être dominées par le
Groupe Sifca.
Sifca est au départ une société de négoce de
Café et de cacao créée en 1964 par le Français
Henri Tardivat. Passé entre les mains de Pierre
Billon et de ses associés, dont Yves Lambelin et
Des privés ivoiriens, le groupe Sifca s’affirme
Dans les années 1990 comme le premier expor-
Tateur de fèves, développant une activité de
Transformation et possédant des usines en
Côte-d’Ivoire et en Europe (Anon, 2008a).
En 1995, Sifca rachète Cosmivoire qui connais-
Sait des difficultés financières.
Cette même année, Palmindustrie est mise aux
Enchères en plusieurs lots, dont cinq pour les
Plantations de palmiers à huile et les huileries.
Plusieurs sociétés, tant ivoiriennes qu’étrangè-
Res, se montrent intéressées par la reprise de ces
Activités, notamment :
– Blohorn-Unilever, pour sécuriser son appro-
Visionnement en matières premières ;
– Sifca, en vue de poursuivre la diversification
Récemment entreprise de ses activités ;
– Intercultures (Compagnie internationale des
Cultures) et SIPEF (Société internationale de
Plantation et de finance), sociétés datant de
L’époque coloniale, pour développer leurs
Investissements et diversifier leur implantation
Géographique ;
– Palmafrique, constituée par diverses person-
Nalités politiques associées au groupe
« l’Aiglon », pour prouver le dynamisme du
Secteur privé ivoirien.
Pour présenter une offre, Sifca s’associe à
Blohorn-Unilever et à Intercultures et crée, le
27 juin 1996, la Palm-CI (Société des palmes de
1,00
Régimes (millions de tonnes)
0,20
0,40
0,60
0,80
1,00
1,20
1,40
1968
1970
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
Plantations industrielles Plantations villageoises
Figure 1. Production de régimes du Plan palmier de Côte-d’Ivoire de 1968 à
1995.
394 OCL VOL. 17 N° 6 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2010
Côte-d’Ivoire). Au terme du dépouillement, les
Lots sont attribués :
– A Palm-CI, qui reçoit près des deux tiers des
Actifs, à savoir les lots 1, 3 et 5 représentant :
37 500 ha PI, 56 000 ha PV et neuf huileries
D’une capacité totale de 325 tonnes par heure ;
– A Palmafrique qui obtient le lot 2, à savoir :
8 500 ha PI, 16 000 ha PV et trois huileries
D’une capacité totale de 80 tonnes par heure ;
– Et à Sipef-CI qui obtient le lot 4, à savoir
13 000 ha PI, 9 000 ha PV et deux huileries
D’une capacité totale de 80 tonnes par heure.
Les repreneurs s’engagent à assurer de manière
Transitoire les mêmes services que procurait la
Société d’État, à savoir : la collecte des régimes,
L’entretien des pistes, la fourniture de plants de
Palmier et d’intrants et les conseils techniques.
Dans le même temps, les petits planteurs sont
Regroupés en coopératives, d’une à cinq par
Huilerie. Celles-ci sont destinées à reprendre
Progressivement ces activités à leur compte.
En 1997, Sifca s’associe au Mauricien Harel et
Frères pour participer à la privatisation de la
Filière sucrière ivoirienne et enlève le lot consti-
Tué des complexes de Borotou et de Zuénoula
(11 000 ha produisant 90 000 tonnes de sucre
Par an). La nouvelle entité prend le nom de
Sucrivoire, société anonyme dans laquelle
Sifca possède 29,5 % des parts, Harel 25,5 %
Et l’État de Côte-d’Ivoire 45 % (Anon, 2010).
En 1997 également, à l’occasion de la privati-
Sation de la Sonicog (Société nationale pour
L’industrie des corps gras) au Bénin, Sifca
Acquiert l’huilerie de coton de Bohicon, d’une
Capacité de production de 19 000 tonnes par
Année et crée la SHB (Société des huileries du
Bénin).
Avant l’été 1999, date de la libéralisation totale
Du secteur cacao en Côte-d’Ivoire, Sifca est
Devenue, à la faveur de plusieurs rachats, le
Numéro 1 mondial du cacao. Présent égale-
Ment dans le sucre, le riz et les oléagineux, le
Groupe réalise un chiffre d’affaires consolidé de
750 millions d’euros et recense parmi ses
Actionnaires, à hauteur de 30 %, le premier
Transformateur mondial de cacao, l’américain
WR Grace Cocoa (Anon, 2008a).
En juillet 1999, Sifca rachète au groupe Octide
Finance, qui était devenu en 1995 l’actionnaire
De référence de la Société internationale de
Plantation d’hévéas (SIPH) avec 92 % de parti-
Cipation, toutes ses actions SIPH et SAPH
(Société africaine de plantation d’hévéas –
Filiale de SIPH). Ce faisant, Sifca devient proprié-
Taire de 18 605 ha d’hévéas en Côte-d’Ivoire,
Répartis entre cinq plantations, ainsi que des
12 104 ha de la GREL (Ghana Rubber Estates
Limited), dont SIPH était devenue l’actionnaire
Majoritaire à l’issue de la cession par l’État gha-
Néen en 1997 de 75 % de ses parts à la SIPH et à
Un groupe d’investisseurs locaux (Lambelin,
2006).
Mais WR Grace Cocoa est racheté par Archer
Daniels Midland-ADM, et ce groupe américain
S’empare, fin juillet 2000, de l’ensemble des
Actifs cacaoyers de Sifca (installations de col-
Lecte et industries) à l’occasion d’un montage
Financier complexe associant le groupe mino-
Tier franco-sénégalais Mimran (Losch, 2000).
En 2001, Pierre Billon meurt. Son fils Jean-Louis
A déjà intégré le groupe, mais c’est Yves Lam-
Belin, patron opérationnel, qui présidera à sa
Restructuration. Après la cession des activités
Cacao, il se recentre sur les activités agro-
Industrielles plus porteuses (Anon, 2008).
Le chiffre d’affaires de Sifca, qui s’élevait à
510 milliards de francs CFA en 1999, n’est
Plus que de 110 milliards en 2002 (Maury,
2003).
De 2000 à 2002, la Société des caoutchoucs de
Grand-Béréby (SoGB) plante 5 397 ha de pal-
Miers pour mettre en valeur les bas-fonds de sa
Plantation d’hévéas.
En 2002, Michelin entre au capital de la SAPH à
Hauteur de 9,9 %, dans le cadre d’une aug-
Mentation de celui-ci et, en octobre 2006, la
Compagnie financière Michelin (CFM) apporte
La Michelin Development Co. (MDC), détenant
Des participations majoritaires dans quatre
Plantations situées au Nigeria totalisant
11 000 ha, au capital de la SIPH dont elle
Devient propriétaire à 20 %.
La filière palmier à huile s’organise lors d’un
Atelier national tenu en septembre 2002 à
Grand-Bassam. Ce même mois, les événements
Politiques coupent le pays en deux, et Trituraf
Qui usinait entre 150 000 et 180 000 tonnes de
Graines de coton selon les années, produisant
20 000 à 25 000 tonnes d’huile, cesse ses acti-
Vités. L’année suivante, Unilever se retirera de
Trituraf et vendra ses parts (73 % du capital) à
La société « l’Antilope » du groupe l’Aiglon de la
Famille Kagnassi. Trituraf ne reprendra ses acti-
Vités qu’en février 2004 (Kouamé, 2010).
En décembre 2002, l’État met en place le Fonds
Interprofessionnel pour la recherche et le
Conseil agricoles (Firca), qui est un instrument
Professionnel au service des filières de produc-
Tion et des pouvoirs publics chargé de financer
Les programmes de recherche appliquée, de
Conseil agricole, de formation aux métiers et
De renforcement des capacités des organisa-
Tions agricoles et forestières. Il ne deviendra
Opérationnel pour la filière palmier qu’en
2005, après que les négociations sur la fixation
De la cotisation professionnelle aient abouti
(Anon, 2006).
Décembre 2003 voit la finalisation de la mise en
Place de l’interprofession, intitulée AIPH (Asso-
Ciation interprofessionnelle de la filière palmier
A huile) composée :
– Des coopératives de planteurs, dont la super-
Ficie (100 000 ha) représente plus du double
De celle des PI. Elles sont regroupées au sein
De la Fénacopah-CI (Fédération nationale des
Coopératives de planteurs de palmiers à huile
De Côte-d’Ivoire) ;
– Des sociétés de plantation, représentée par
L’Aprosap-CI (Association professionnelle des
Sociétés agricoles de première transformation
Du palmier à huile de Côte-d’Ivoire) ;
– Des raffineurs et des savonniers représentés
Par le GITHP (Groupement des industriels
Transformateurs de l’huile de palme).
Son objectif est notamment de déterminer le
Prix de cession des produits entre les différents
Echelons de la filière selon un mécanisme défini
D’accord parties.
Vers la fin de l’année 2006, Sifca prend contact
Avec Wilmar International Ltd et Olam Interna-
Tional Ltd, deux leaders de l’agrobusiness mon-
Dial basés à Singapour, pour leur proposer de
Participer au développement de la filière oléagi-
Neuse. Wilmar, premier producteur mondial
D’huile de palme, maîtrise un savoir-faire
Précieux dans la conduite des plantations et la
Transformation des oléagineux. De son côté,
Olam possède de redoutables capacités de
Négoce, de distribution et de gestion des risques
De crédit en Asie, en Europe et en Afrique, dont
Elle connaît bien les marchés (Airault, 2008a).
Au 31 décembre 2006, le capital de Sifca est
Détenu à hauteur de :
– 49,5 % par Parme Investissement, holding
De contrôle de la famille Billon (famille du
Fondateur de Sifca) ;
– 23,8 % par Immoriv, holding de contrôle de
La famille Lambelin ;
– 22,2 % par des investisseurs privés.
Ses activités s’exercent en Côte-d’Ivoire, au
Ghana et au Nigeria, dans le domaine des oléa-
Gineux, du sucre et du caoutchouc (figure 2).
En avril 2007, la SAPH acquiert à 100 % la
Société agricole et industrielle de Bettié
(SAIBE), avec laquelle elle fusionne en juin par
Voie d’absorption, ajoutant ainsi une planta-
Tion de 2 800 ha d’hévéas à son patrimoine.
Trituraf, confrontée à des problèmes financiers,
Suspend à nouveau ses activités en mai 2007.
La faillite de son propriétaire, le groupe
L’Aiglon, est prononcée en Suisse trois mois
Plus tard (Ahoussou, 2009).
En novembre 2007, Wilmar et Olam créent à
Parts égales NAUVU Investments, en vue
D’investir 300 millions de dollars de Singapour
(140,4 millions d’euros) dans le groupe Sifca
(Anon, 2007) et, début décembre 2008, les
Deux Singapouriens entrent à hauteur de
27 % dans le holding. La structure du capital
De Sifca devient alors (Airault, 2008b) :
– La famille Billon : 44,3 % ;
– NAUVU Investments : 27,0 % ;
– Yves Lambelin, à travers Immoriv SA : 20,8 % ;
– Autres : 7,9 %.
En avril 2008, SIPH acquiert 60 % des parts
De Cavalla Rubber Corporation (CRC) qui
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