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CH 5

Le chapitre 5 traite des fonctions réelles d'une variable réelle, en se concentrant sur les limites et la continuité. Il aborde les propriétés des fonctions, les notions de limites, les opérations sur les limites, et les caractéristiques des fonctions continues. Le chapitre inclut également des définitions et propositions relatives aux relations d'ordre, aux fonctions majorées, minorées, et aux fonctions monotones.

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Chapitre 5

F ONCTIONS RÉELLES D ’ UNE VARIABLE RÉELLE


L IMITES ET CONTINUITÉ
Mohamed TARQI

Table des matières


1 Généralités 1
1.1 L’ensemble RI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Relations d’ordre dans RI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3 Fonctions majorées, minorées, bornées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4 Fonctions monotones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.5 Parité et périodicité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

2 Notion de limite 5
2.1 Limite d’une fonction f en un point a . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2 Limite à droite, limite à gauche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.3 Limite d’une fonction f en ±∞ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.4 Limites infinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

3 Opérations sur les limites 10


3.1 Limites finies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3.2 Limites infinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

4 Fonctions continues 11
4.1 Continuité en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
4.2 Continuité globale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
4.3 Continuité par morceaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
4.4 Continuité uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

5 Propriétés des fonctions continues sur un segment 15


5.1 Image d’un segment par une fonction continue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
5.2 Théorème des valeurs intermédiaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
5.3 Fonctions continues et strictement monotone. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

• • • • • • • • ••

1 Généralités
1.1 L’ensemble RI
Soit I un intervalle non vide de R. On munit l’ensemble RI des applications de I dans R de
deux lois internes (+) et (.) et d’une loi externe définies par :

1
C HAPITRE 5 L IMITES ET CONTINUITÉ

(f + g)(x) = f x) + g(x)
1. ∀f, g ∈ RI , ∀x ∈ I,
(f g)(x) = f (x)g(x)
2. ∀λ ∈R, ∀f ∈ RI , ∀x ∈ I, (λf )(x) = λf (x).
Proposition 1.1 RI est une algèbre associative, commutative, unitaire ( pour les lois ci-
dessus définies ).
• L’élément neutre pour l’addition est l’application :
θ : I −→ R
x 7−→ θ(x) = 0
• L’élément neutre pour la multiplication est l’application :
e : I −→ R
x 7−→ e(x) = 1

Remarque : Si I est un intervalle a au moins deux éléments distincts a et b, alors RI contient


des diviseurs de zéro, c’est-à-dire il existe f etg de RI tels que
f 6= 0, g 6= 0 et f g = 0
Par exemple :
f: I −→  R
1 si x = a
x 7−→
0 si x 6= a
g : I −→  R
et 1 si x = b
x 7−→
0 si x 6= b
on a bien f g = 0, alors f et g sont déférentes de 0.
Définition 1.1 1. Si g ∈ RI et si ∀x ∈ I, g(x) 6= 0, on note
1
g : I −→ R
1
x 7−→ g(x)
f 1
2. Si f, g ∈ RI et si ∀x ∈ I, g(x) 6= 0, on note g =f× g

Définition 1.2 Soit f ∈ RI , on appelle graphe de f et on note Γ la partie de I×R définie par :
Γ = {(x, f (x))/x ∈ I}

1.2 Relations d’ordre dans RI


Définition 1.3 Soit I un intervalle non vide de R. On définit sur RI une relation, notée ≤, par :
∀f, g ∈ RI , f ≤ g ⇐⇒ ∀ ∈ I, f (x) ≤ g(x)
Proposition 1.2
1. ≤ est une relation d’ordre sur RI ; cet ordre n’est pas total si I a au moins deux
éléments.
2. ≤ est compatible avec l’addition :
∀f, g, h ∈ RI , (f ≤ g =⇒ f + h ≤ g + h
3. On a ∀f, g, h ∈ RI : f ≤ g et 0 ≤ h =⇒ f h ≤ gh.

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C HAPITRE 5 L IMITES ET CONTINUITÉ

Démonstration : L’ordre n’est pas total, puisque les deux applications χ{a} et χ{b} ne sont pas
comparables. ( a et b étant deux éléments distincts de I, χA la fonction caractéristique de A )
Les autres propriété sont évidentes. u
t

Définition 1.4 1. Pour f ∈ RI , on note |f |, l’application définie sur I, par |f |(x) = |f (x)|, ∀x ∈ I.
2. Pour f et g, on note
sup(f, g) : I −→ R inf(f, g) : I −→ R
et
x 7−→ sup(f (x), g(x)) x 7−→ inf(f (x), g(x))

Proposition 1.3 ∀f, g ∈ RI , sup(f, g) = 12 (f + g + |f − g|) et inf(f, g) = 12 (f + g − |f − g|).

Démonstration : En effet, il suffit de remarquer que :

∀x, y ∈R, max(x, y) = 12 (x + y + |x − y|) et min(x, y) = 12 (x + y − |x − y|.

En particulier, sup(f (x), −f (x) = |f (x)|. u


t

Définition 1.5 Pour tout f de RI , on note f + = sup(f, 0) et f − = sup(−f, 0)

On déduit que
1 1
f + + f − = (f + |f |) + (−f + |f |) = |f |
2 2
et
1 1
f + − f − = (f + |f |) − (−f + |f |) = f
2 2

1.3 Fonctions majorées, minorées, bornées


Définition 1.6 Soit f ∈ RI , avec I un intervalle non vide de R.
1. On dit que f est majorée si f (I) est une partie majorée de R.
2. On dit que f est minorée si f (I) est une partie minorée de R.
3. On dit que f est bornée si elle est majorée et minorée.

Remarque :
1. f est majorée si, et seulement si, , il existe M ∈R tel que M ≥ f (x), ∀x ∈ I.
2. f est minorée si, et seulement si, , il existe m ∈R tel que m ≤ f (x), ∀x ∈ I.
3. f est bornée si, et seulement si, , il existe une constante M > 0 telle que | f (x) |≤ M ,
∀x ∈ I.

Proposition 1.4 ( et définition ) Si f ∈ RI est majorée ( resp. minorée ) alors f (I) admet une
borne supérieure ( resp. inférieure ) dans R, appelée borne supérieure ( resp. inférieure
) de f et notée sup f (x) ( resp. inf f (x) ).
x∈I x∈I

Ce résultat est une conséquence du théorème de la borne supérieure dans R.


On a :
sup f (x) = sup f (I) = sup{f (x)/x ∈ I}
x∈I
et
inf f (x) = inf f (I) = inf{f (x)/x ∈ I}
x∈I

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1.4 Fonctions monotones


Définition 1.7 Soit I un intervalle non vide de R et f ∈ RI .
• On dit que f est une fonction croissante ( resp.décroissante ) si et seulement si
∀x, y ∈ I, x ≤ y =⇒ f (x) ≤ f (y) (resp.f (x) ≥ f (y))
• On dit que f est une fonction strictement croissante ( [Link] décroissante ) si et seulement si
∀x, y ∈ I, x < y =⇒ f (x) < f (y) (resp.f (y) < f (x))
• On dit que f est une fonction monotone ( [Link] monotone ) si et seulement sif est une
fonction croissante ou décroissante ( [Link] croissante ou décroissante )

Remarques :
1. Toute application strictement monotone est injective.
2. Si f : I −→R et g : J −→R sont deux applications croissantes et si f (I) ⊂ J, alors g ◦ f est
croissante. De même si f et g sont décroissante, alors g ◦ f est croissante.

1.5 Parité et périodicité


Définition 1.8 Soit I un intervalle symétrique par rapport à 0, c’est-à-dire ∀x ∈ I, −x ∈ I. Soit
f ∈ RI .
1. On dit est f est paire si, et seulement si, ∀x ∈ I, f (−x) = f (x).
2. On dit est f est impaire si, et seulement si, ∀x ∈ I, f (−x) = −f (x).

Remarques :

− − →
1. Dans un repère orthonormé (O, i , j ), le graphe d’une fonction paire est symétrique par
rapport à l’axe (y 0 oy).

− − →
2. Dans un repère orthonormé (O, i , j ), le graphe d’une fonction impaire admet l’origine
pour centre de symétrie.

Proposition 1.5 Soit I un intervalle symétrique par rapport à 0. Toute fonction f ∈ RI


s’écrit d’une manière unique comme somme d’une fonction paire et une fonction im-
paire.

Démonstration : Soit f ∈ RI , en notant :


g : I −→ R h : I −→ R
1 et 1
x 7−→ 2 (f (x) + f (−x)) x 7−→ 2 (f (x) − f (−x))
il est clair que g est paire, h est impaire et f = h + g.
Supposons qu’il existe g 0 paire, h0 impaire tels que f = g 0 + h0 , alors on a :
0 = (g − g 0 ) + (h − h0 )
donc g − g 0 = h0 − h est à la fois paire et impaire, donc g0 = g et h0 = h. u
t

Définition 1.9 Soient f ∈ RI et T ∈R.


1. On dit que f est T −périodique si, et seulement si, ∀x ∈ I, x + T ∈ I et f (x + T ) = f (x). On
dit que T est une période de f .
2. On dit que f est périodique si, et seulement si, s’il existe T ∈R tel que f soit T −périodique.

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Remarques :
1. Si T est une période de f , tout nombre kT , où k ∈N, est aussi une période de f . L’une
des périodes positives est plus petite que toutes les autres ; c’est alors ce nombre que l’on
appelle plus précisément période de la fonction f .
2. Pour construire le graphe (Γ) d’une fonction T −périodique, il suffit de construire l’arc
relatif à [α, α + T [, α étant un nombre quelconque et par des translations à droite et à
gauche, parallèles à l’axe des x, on déduit le graphe de f .

Exemple : Considérons la fonction définie sur R par :



1 si x ∈ Q
f (x) =
0 si x ∈ R\Q
On vérifie qu’elle admet pour période tout nombre rationnel r, en effet x+r est rationnel ( resp.
irrationnel ) si, et seulement si, x est rationnel ( resp. irrationnel ). Il n’existe pas dans ce cas de
période positive plus petite que toutes les autres.

Proposition 1.6 L’ensemble des périodes d’une d’une fonction périodique, définie sur R,
est un sous-groupe de (R, +).

Démonstration : Soit f une fonction périodique. Alors 0 est une période de f et si T et T 0 sont
deux périodes de f , T − T 0 est aussi une période de f . u
t

2 Notion de limite
2.1 Limite d’une fonction f en un point a

Soit I un intervalle de R non vide et non réduit à un point. On note I l’intervalle fermé de

mêmes extrémités que I, et I l’intervalle ouvert de mêmes extrémités que I.

Définition 2.1 Soit a ∈ I . On dit que f admet l ∈R pour limite en a si, et seulement si, :
∀ε > 0, ∃η > 0, ∀x ∈ I, (|x − a| < η =⇒ |f (x) − l| < ε)

Proposition 2.1 Si f admet une limite l en a, alors l est unique.

Démonstration : Supposons que f admet deux limites l et l0 en a, par exemple l < l0 .


0
Soit ε = l 2−l . Par hypothèse :
∃η1 > 0, ∀x ∈ I, (|x − a| < η1 =⇒ l − ε < f (x) < l + ε)

∃η2 > 0, ∀x ∈ I, (|x − a| < η2 =⇒ l0 − ε < f (x) < l0 + ε)

Soit α = min(η1 , η2 )

∀x ∈ I, (|x − a| < α =⇒ f (x) < l + ε et f (x) > l0 − ε )

mais
l + l0
l + ε = l0 − ε =
2
ce qui est en contradiction. u
t

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Notation : Si f admet la limite l en a, on note l = lim f (x) ou l = lima f ou f (x) −→x−→a l.


x−→a

Remarques :
1. Si la fonction f admet une limite l en a, alors la fonction h −→ f (a + h) admet la limite l
en 0.
2. Si la fonction f admet une limite l en a, alors la fonction x −→ f (x) − l admet la limite 0
en a.

Exemple : Montrons que f (x) = x2 + 2x a pour limite 3 quand x tend vers 1. Soit ε > 0.

|f (x) − 3| < ε ⇐⇒ |x − 1||x + 3| < ε

Bornons-nous au nombres x tels que |x − 1| < 1 ⇐⇒ 0 < x < 2, donc

3 < x + 3 < 5 =⇒ |x + 3| < 5 =⇒ |x − 1||x + 3| < 5|x − 1|

On peut donc affirmer que l’on a |x − 1||x + 3| < ε pour tout nombre x qui vérifié à la fois
|x − 1| < 1 et |x − 1| < 5ε . Le nombre η = inf(1, 5ε ) répond à la question.

Théorème 2.1 Pour que la fonction f admette la limite l en a, il faut et il suffit que : Pour
toute suite (xn )n d’éléments de I telle que lim xn = a, on a lim f (xn ) = l.
n−→+∞ n−→+∞

Démonstration : Par hypothèse :

∀ε > 0, ∃η > 0, ∀x ∈ I, (0 < |x − a| < η =⇒ |f (x) − l| < ε)

Pour η,

∃n0 ∈N, ∃ tel que ∀n ≥ n0 =⇒ |xn − a| < η

Ainsi

∀ε > 0, ∃n0 ∈N, ∀n ≥ n0 =⇒ |f (xn ) − l| < ε)

donc lim f (xn ) = l


n−→+∞
Réciproquement : Supposons que f n’admette pas l pour limite en a, c’est-à-dire

∃ε > 0, ∀η > 0, ∃x ∈ I, (0 < |x − a| < η et |f (x) − l| > ε)

en particulier, ∀n ∈N, pour η = n1 , ∃xn ∈ I tel que


1
(|xn − a| < n et |f (xn ) − l| > ε

Donc la suite (xn )n de I ainsi construite converge vers a et (f (xn ))n∈N ne converge pas vers
l. u
t

Proposition 2.2 Soit f : I −→R une fonction. Si lim f (x) = l et si α < l < β, il existe un
x−→a
intervalle J contenant le point a tel que :

∀x ∈ I ∩ J, x 6= a =⇒ α < f (x) < β.

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Démonstration : Soit ε = inf(l − α, β − l), alors


∀ε > 0, ∃η > 0, ∀x ∈ I, (0 < |x − a| < η =⇒ |f (x) − l| < ε)
et fortiori α < f (x) < β. Il suffit de prendre J =]a − η, a + β[.
En particulier si la limite l est positive ( resp. négative ), il existe un intervalle J contenant a tel
que sur I ∩ J, sauf peut être au point a, f (x) est positif ( resp. négatif ). u
t

Corollaire 2.1 Si lim f (x) = l et si α < f (x) < β, alors l ∈ [α, β].
x−→a

Démonstration : En effet l < α entraînerait l’existence d’un intervalle J tel que, sur I ∩ J, on
aurait f (x) < α ( proposition précédente ), en contradiction avec f (x) ∈ [α, β].
De même l > β conduirait à une contradiction. u
t

Remarque : D’après ce corollaire, si f est positive ( resp.négative ) admet une limite, alors
cette limite est positive ou égale à 0 ( resp.négative ou égale à 0 )
Corollaire 2.2 Si lim f (x) = l, lim g(x) = l0 , l > l0 , il existe un intervalle J contenant le
x−→a x−→a
point a tel que ∀x ∈ I ∩ J, x 6= a =⇒ f (x) > g(x).

Démonstration : Soit l0 ≤ l, d’après le corollaire précédent appliqué successivement à f avec


α = λ et à g avec β = λ

∃J1 =]a − η1 , a + η1 [ tel que ∀x ∈ I ∩ J1 et x 6= 0, f (x) > λ

∃J2 =]a − η2 , a + η2 [ tel que ∀x ∈ I ∩ J2 et x 6= 0, g(x) < λ

Donc il suffit de prendre J = J1 ∩ J2 =]a − α, a + α[, avec α = min(η1 , η2 ). u


t

Corollaire 2.3 f et g étant des fonctions définies sur un même intervalle J où f (x) > g(x),
si lim f (x) = l et lim g(x) = l0 alors l ≥ l0 .
x−→a x−→a

Démonstration : En effet l’hypothèse l0 > l conduirait à une contradiction, d’après ce qui


précède. u
t

Proposition 2.3 f , g, h étant des fonctions définies sur le même intervalle I où g(x) ≤
f (x) ≤ h(x) pour tout x ∈ I. Si g et h admettent la même limite l quand x tend vers a, alors
f admet la limite l quand x tend vers a.

Démonstration : Soit ε > 0


∃η1 > 0, ∀x ∈ I, (|x − a| < η1 =⇒ l − ε < g(x) < l + ε)

∃η2 > 0, ∀x ∈ I, (|x − a| < η2 =⇒ l − ε < h(x) < l + ε)

Soit α = min(η1 , η2 ), donc ∀ε > 0


∃α > 0, ∀x ∈ I, (|x − a| < α =⇒ l − ε < f (x) < l + ε)
donc lim f (x) = l. u
t
x−→a

Proposition 2.4 lim f (x) = l =⇒ lim |f (x)| = |l|.


x−→a x−→a

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Démonstration : Soit ε > 0

∃η > 0, ∀x ∈ I, (|x − a| < η =⇒ |f (x) − l| < ε)

donc ε > 0

∃η > 0, ∀x ∈ I, (|x − a| < η =⇒ ||f (x)| − |l|| < |f (x) − l| < ε)

c’est-à-dire lim |f (x)| = |l|. u


t
x−→a

2.2 Limite à droite, limite à gauche


Définition 2.2 f étant définie sur un intervalle ouvert I dont l’extrémité inférieure est a. On dit que f
admet au point a la limite à droite l ∈R si, et seulement si, :

∀ε > 0, ∃η > 0, ∀x ∈ I, (0 < x − a < η =⇒ |f (x) − l| < ε)

Notations : l = lim f (x) ou l = f (a+ ). Cela n’implique pas l’existence de f (a).


x−→a+
Nous définissons de même la limite à gauche, quand f est définie à gauche de a sur un inter-
valle ouvert dont l’extrémité supérieure est a :

l = lim f (x) ou l = f (a− )


x−→a−

Proposition 2.5 Si lim f (x) = l et lim f (x) = l existent et sont égales, alors f admet
x−→a+ x−→a−
une limite l en a.

Démonstration : Soit ε > 0

∃η1 > 0, ∀x ∈ I, (0 < x − a < η1 =⇒ |f (x) − l| < ε)

∃η2 > 0, ∀x ∈ I, (−η2 < x − a < 0 =⇒ |f (x) − l| < ε)

Soit α = inf(η1 , η2 ), alors ∀x ∈ I, (0 < |x − a| < α =⇒ |f (x) − l| < ε). Donc lim f (x) = l. u
t
x−→a

sin(x)
Exemple : La fonction f (x) = |x| , x 6= 0 n’admet pas de limite en 0 : −1 = lim f (x) 6=
x−→0−
lim f (x) = 1.
x−→0+

2.3 Limite d’une fonction f en ±∞


Définition 2.3 f étant une fonction définie sur un intervalle I de la forme ]a, +∞[, on dit que f admet
la limite l en +∞ et on écrit l = lim si, et seulement si,
x−→+∞

∀ε > 0, ∃A > 0, tel que ∀x ∈ I, x ≥ A =⇒ |f (x) − l| < ε.

Définition 2.4 f étant une fonction définie sur un intervalle I de la forme ] − ∞, a[, on dit que f admet
la limite l en −∞ et on écrit l = lim f (x) si, et seulement si,
x−→−∞

∀ε > 0, ∃B > 0, tel que ∀x ∈ I, x ≤ −B =⇒ |f (x) − l| < ε.

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C HAPITRE 5 L IMITES ET CONTINUITÉ
1 1
Exemple : ∀ε > 0, |x| > ε =⇒ x . On en déduit, en interprétant le signe de x1 , lim 1 = 0−
x−→−∞ x
et lim = 0+ .
x−→+∞

Remarque : Si nous posons ϕ(y) = f ( y1 ), nous constatons que

lim f (x) = l ⇐⇒ lim ϕ(y) = l


x−→+∞ y−→0+

1
En effet, ∀x > B =⇒ |f (x) − l| < ε est équivalent à 0 < y < B =⇒ |ϕ(y) − l| < ε.

2.4 Limites infinies



Définition 2.5 f étant une fonction définie sur un intervalle I et a ∈ I . On dit que f tend vers +∞ (
resp.−∞) quand x tend vers a et on écrit lim f (x) = +∞ ( resp. lim f (x) = −∞ si, et seulement
x−→a x−→a
si,

∀A > 0, ∃η > 0, tel que ∀x ∈ I, |x − a| < η =⇒ f (x) > A ( resp. f (x) < −A ).

Définition 2.6 f étant une fonction définie sur un intervalle I de la forme ]a, +∞[. On dit que f tend
vers +∞ ( resp.−∞) quand x tend vers +∞ et on écrit lim f (x) = +∞ ( resp. lim f (x) = +∞
x−→+∞ x−→−∞
si, et seulement si,

∀A > 0, ∃B > 0, tel que ∀x ∈ I, x > B =⇒ f (x) > A ( resp. f (x) < −A ).

Définition 2.7 f étant une fonction définie sur un intervalle I de la forme ] − ∞, a[. On dit que f tend
vers +∞ ( resp.−∞) quand x tend vers −∞ et on écrit lim f (x) = +∞ ( resp. lim f (x) = −∞
x−→−∞ x−→−∞
si, et seulement si,

∀A > 0, ∃B > 0, tel que ∀x ∈ I, x < −B =⇒ f (x) > A ( resp. f (x) < −A ).

Théorème 2.2 Soient (a, b) ∈ R2 tel que a < b, f :]a, b[−→R une fonction croissante.
1. Si f est majorée, alors f admet une limite finie en b et lim f (x) = sup f (x).
x−→b x∈]a,b[

2. Si f n’est pas croissante, alors f admet +∞ pour limite en b.

Démonstration : On va donner une démonstration dans les cas où b est finie ( les cas b = +∞
étant analogue )
1. Par hypothèse, f (]a, b[) est une partie non vide majorée de R, donc admet une borne supé-
rieure l dans R.
Soit ε > 0. Il existe y = f (ξ) ∈ f (]a, b[), avec ξ ∈]a, b[ tel que :

l − ε < f (ξ) ≤ l

Alors, pour tout x ∈]a, b[ :

ξ ≤ x =⇒ f (ξ) ≤ f (x) =⇒ l − ε ≤ f (x) ≤ l =⇒ |f (x) − l| ≤ ε

Donc pour α = b − ξ > 0, on a :

∀x ∈]a, b[, 0 < b − x ≤ α =⇒ |f (x) − l| ≤ ε.

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C HAPITRE 5 L IMITES ET CONTINUITÉ

Ce qui preuve que lim f (x) = l


x−→b
2. Soit A > 0. Puisque f n’est pas majorée, il existe ξ ∈]a, b[ tel que f (ξ) ≥ A. Or f est croissante,
donc
∀x ∈]a, b[ : x ≥ ξ =⇒ f (x) ≥ f (ξ) ≥ A
Soit α = b − ξ > 0, donc :
∀x ∈]a, b[, 0 < b − x ≤ α =⇒ f (x) ≥ A
ce qui preuve que lim f (x) = +∞. u
t
x−→b

Corollaire 2.4 soit f : I −→R une fonction croissante. Alors, en tout point a de I, f admet
une limite à gauche et une limite à droite finies, et :
lim f (x) ≤ f (a) ≤ lim f (x)
x−→a− x−→a+

Démonstration : L’application f est croissante et majorée par f (a) sur I∩] − ∞, a[, et est crois-
sante et minorée par f (a) sur I∩]a, +∞[. u
t

Remarque : Un résultat analogue pour f décroissante.

3 Opérations sur les limites


3.1 Limites finies
On montre à l’aide de la définition de la limite les résultats suivants :

Proposition 3.1 Étant donné deux fonctions f et g ayant chacune une limite fine en a et
un nombre réel λ, les fonctions f + g, λf, f g ont une limite en a et on a :
1. lim (f + g)(x) = lim f (x) + lim g(x)
x−→a x−→a x−→a
2. lim λf (x) = λ lim f (x)
x−→a x−→a
3. lim f g(x) = lim f (x). lim g(x).
x−→a x−→a x−→x0

Théorème 3.1 Étant donné une fonction g ayant une limite non nulle en a, la fonction 1g a
une limite en a et on a : lim g1 (x) = lim 1 g(x) .
x−→a x−→a

Démonstration : Soit ε > 0. Il existe α > 0 et un intervalle J contient a tel que |g(x)| > α,
∀x ∈ J.
d’autre part on a :
1 1 g(x) − l 1
∀xßJ, | − |=| |≤ | g(x) − l |
g(x) l g(x)l |l|α
1
Donc lim = 1l . u
t
x−→a g(x)

Théorème 3.2 ( Composée de deux fonctions ) Soient f une fonction définie sur I et g une
fonction définie sur J tel que f (I) ⊂ J. Si f admet une limite b en a et g admet une limite
l en b alors g ◦ f admet l pour limite en a.

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Démonstration : Soit ε > 0. Puisque g admet l pour limite en b, alors :


(1) (∃β > 0) (∀y ∈ J), 0 < |y − b)| < β =⇒ |g(y) − l)| < ε
et la limite de f en a entraîne :
(2) (∃α > 0), (∀x ∈ I), 0 < |x − a| < α =⇒ |f (x) − b| < β.
de (1) et (2) on déduit :
(∃α > 0), (∀x ∈ I), 0 < |x − a| < α =⇒ |g(f (x) − l| < ε
Donc g ◦ f admet l comme limite en a. u
t

3.2 Limites infinies


Énonce des résultats : Soient f et g deux fonctions définies sur un intervalle I et a ∈ I. Alors
on les résultats suivants, résumés dans les tableaux ci-dessous.
si f a pour limite et si g a pour limite alors (f + g) a pour limite
1 l +∞ +∞
2 l −∞ −∞
3 +∞ +∞ +∞
4 −∞ −∞ −∞
5 +∞ −∞ on ne peut conclure

si |f | a pour limite et si |g| a pour limite alors |f g| a pour limite


1 l 6= 0 +∞ +∞
2 0 +∞ on ne peut conclure
3 +∞ +∞ +∞
1
si|g| a pour limite alors |g| a pour limite
1 0 +∞
2 +∞ 0

4 Fonctions continues
4.1 Continuité en un point
Définition 4.1 Soient f : I −→R une fonction et a ∈ I. On dit que f est continue en a si, et seulement
si, f admet la limite f (a) quand x tend vers a, c’est-à-dire
(∀ε > 0) (∃α > 0) (∀x ∈ I, |x − a| < α =⇒ |f (x) − f (a)| < ε)
Définition 4.2 Une fonction f définie sur un intervalle contenant a est dite discontinue en a s’elle
n’est pas continue en a.

Remarque : Si f tend vers f (a) seulement quand x tend vers a+ ( resp.a− ), on dit que la
fonction f n’est continue qu’à droite ( resp.à gauche ) en a.
Contrairement à ce qui peut se passer pour les limites, l’existence simultanée de la limite à
droite et la limite à gauche de a entraîne la continuité de f en a. D’où la proposition :
Proposition 4.1 Une fonction f est continue en a si, et seulement si, elle est continue à
droite et à gauche de a.

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Exemple : f (x) = E(x) ( E(x) la partie entière de x ). f est discontinue en tout point de Z.
Proposition 4.2 Soient f : I −→R une fonction et a ∈ I. f est continue en a si, et seule-
ment si, pour toute suite (xn )n d’éléments de I convergeant vers a, on a : lim f (xn ) =
n−→∞
f (a).
Corollaire 4.1 Soit (u)n≥0 une suite définie par la relation

un+1 = f (un )
u0 donné
avec f une fonction définie et continue sur un intervalle I de R telle que f (I) ⊂ I.
Si (u)n≥0 est convergente alors sa limite l est solution de l’équation f (x) = x.

Exemple : Considérons la suite récurrente définie par :



un+1 = sin un .
u0 ∈]0, π2 ]
]0, π0 ] est stable par la fonction sinus, donc ∀n ≥ 0, un ∈]0, π0 ] et un+1 = sin un ≤ un . La suite
(u)n≥0 est décroissante minorée par 0 donc converge vers 0, l’unique solution de l’équation
sin(x) = x.

4.2 Continuité globale


Définition 4.3 Soit f : I −→R une fonction. On dit que f est continue sur l’intervalle I si et seulement
si f est continue en tout point de I. On note C(I, R) l’ensemble des fonctions continues de I dans R.
Théorème 4.1 L’ensemble C(I, R) est une sous-algèbre de RI pour les lois usuelles, c’est-
à-dire :
1. 1 ∈ C(I, R).
2. C(I, R) est R-espace vectoriel pour l’addition et la loi externe.
3. C(I, R) est stable par multiplication.

Proposition 4.3 Soit f : I −→R une fonction continue sur I. Alors la fonction |f | est
continue sur I.

Remarque : Si f et g sont continues sur I, alors sup(f, g) et inf(f, g) sont continues sur I. En
particulier, si f est continue sur I, alors f + et f − sont continues sur I.

Exemples des fonctions continues


1. Toute fonction constante : x 7−→ λ ( λ réel ) est continue sur R
2. Toute fonction polynômiale : x 7−→ an xn + ... + a1 x + a0 est continue sur R.
an xn + ... + a1 x + a0
3. Toute fonction rationnelle : x 7−→ est continue sur son domaine de
bp xp + ... + b1 x + b0
définition.
4. Les fonctions cosinus et sinus x −→ cos(x), x 7−→ sin(x) sont continues sur R.
5. La fonction tangente x 7−→ tan(x) est continue sur R\{ π2 +kπ,k∈ Z}.
Théorème 4.2 ( Composée de deux fonctions )Soient f une fonction définie sur I et g une
fonction définie sur J tel que f (I) ⊂ J. Soit a ⊂ I. Si f est continue en x0 et g est continue
en f (a) alors g ◦ f est continue en a.

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Démonstration : Soit ε > 0. Puisque g est continue en f (a), alors :

(1) (∃β > 0)(∀y ∈ J) |y − f (a)| < β =⇒ |g(f (x) − g(f (a))| < ε

et la continuité de f en a entraîne :

(2) (∃α > 0) (∀x ∈ I) |x − a| < α =⇒ |f (x) − f (a)| < β.

de (1) et (2) on déduit :

(∃α > 0) (∀x ∈ I) |x − a| < α =⇒ |g(f (x) − g(f (a))| < ε

Donc g ◦ f est continue en a. u


t

Prolongement par continuité

Définition 4.4 Soit une fonction f : I −→ R définie sur un intervalle contenant a, mais pas en a et
admettant une limite l en a.
Considérons la fonction : g : I −→ R définie par

f (x) si x 6= a
g(x) =
l si x = a

Cette fonction g est continue en a car lim g(x) = g(a). On dit que g est un prolongement par
x−→a
continuité de f en a.

sin(x)
Exemple : f (x) = x si x 6= 0. f n’est pas définie en 0 mais lim f (x) = 1
x−→0
Donc la fonction
g : R −→ R
sin(x)

si x 6= 0
x −→ x
1 si x = 0
est un prolongement par continuité de f en x0 = 0.

4.3 Continuité par morceaux


Définition 4.5 Une fonction f est dit continue par morceaux sur [a, b] si elle n’a qu’un nombre fini de
points de discontinuité ou elle admet des limites à droite et à gauche finies.
Autrement dit, il existe n de N ∗ , d0 , d1 , ..., dn tels que a = d0 < d1 < .. < dn = b avec f prolongeable
par continuité sur [dk , dk+1 ] pout tout k = 0, 1, ..., n − 1.

Exemples :
1. x 7−→ E(x) ( partie entière de x) est une fonction continue par morceaux sur tout inter-
valle I de R.
2. La fonction définie sur [0, 1] par :

x si 0 ≤ x < 13


f (x) = 2 si x = 13
 2 1
2x+1 si 3 ≤ x ≤ 1

est continue par morceaux.

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4.4 Continuité uniforme


Définition 4.6 Soit f : I −→ R une fonction. On dit que f est uniformément continue sur I, si, et
seulement si, :

∀ε > 0, ∃η > 0, (∀x, y ∈ I et |x − y| < η =⇒ |f (x) − f (y)| < ε)

Remarque : Le nombre η associé à ε donné ne depend ici que de ε, alors que dans la définition
de la continuité en un point a ∈ I le nombre η associé à ε depend de ε mais aussi de a.

Proposition 4.4 Si une fonction est uniformément continue sur un intervalle I, alors est
continue en tout point de I.

Démonstration : En effet, soit ε > 0 et a ∈ I, alors ∃η > 0, ∀x ∈ I, a étant un point fixe de I,


|x − a| < η =⇒ |f (x) − f (a)| < ε. u
t
1
La réciproque du proposition est fausse, considérons par exemple la fonction f (x) = x sur
]0, +∞[. Montrons que la continuité n’est pas uniforme sur ]0, +∞[, c’est-à-dire :

∃ε > 0, ∀η > 0, (∃x, y ∈ I, |x − y| < η et |f (x) − f (y)| ≥ ε)

Montrons que ε = 1 répond à la question :


1
∀η > 1, x = 3 et y = 1 conviennent.
η
∀η ∈]0, 1[, x = 2 et y = η conviennent.

Théorème 4.3 ( Théorème de H EINE ) Toute fonction continue sur un intervalle [a, b] est uniformé-
ment continue sur [a, b].

Démonstration : Si f n’est pas uniformément continue, alors

∃ε > 0, ∀η > 0, ∃x, y ∈ [a, b] tel que |x − y| < η et |f (x) − f (y)| ≥ ε

Pour η = n1 , ∃xn , yn ∈ [a, b] tel que |xn − yn | < n1 et |f (xn ) − f (yn )| ≥ ε


La suite (xn )n étant à éléments de [a, b], donc, d’après le théorème de B OLZANO - WEIERSTRASS,
(xn )n admettrait une sous-suite (xϕ(n) )n qui converge vers x ∈ [a, b], de même la suite (yϕ(n) )n converge
aussi vers x, la continuité de f montre que la suite (|f (xϕ(n) ) − f (yϕ(n) )|)n tend vers 0, ce qui est absurde
car ∀n ∈N, |f (xϕ(n) ) − f (yϕ(n) )| ≥ ε. u
t

Définition 4.7 Soit f : I −→R une fonction.


1. Soit k > 0. On dit que f est k−lipschitzienne si, et seulement si, :

∀x, y ∈ I, |f (x) − f (y)| ≤ k|x − y|.

2. On dit que f est lipschitzienne si, et seulement si, s’il existe k ∈R+ tel que f soit k−lipschitzienne.
Une fonction f : I −→R est dite contractante si, et seulement si, s’il existe k ∈ [0, 1[ tel que f soit k−lipschitzienne.

Remarque : f : I −→R est lipschitzienne si, et seulement si, { f (x)−f


x−y
(y)
/(x, y) ∈ I 2 , x 6= y} est borné.

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Exemple : La fonction sinus est lipschitzienne sur R, en effet :


x−y x+y
∀(x, y) ∈ R2 , | sin x − sin y| = |2 sin( ) cos( )| ≤| x − y |
2 2
puisque ∀t ∈R, | cos(t) |≤ 1 et | sin t |≤| t |.

Proposition 4.5 Toute fonction lipschitzienne sur un intervalle I est uniformément continue sur
cette intervalle.

Démonstration : Soit f une fonction lipschitzienne de rapport k, donc

∀x, y ∈ I, |f (x) − f (y)| ≤ k|x − y|.

Soit maintenant ε > 0, alors ∀x, y ∈ I, |x − y| < ε


k =⇒ |f (x) − f (y)| < ε. u
t

Exemple : La fonction sinus est uniformément continue sur R puisqu’elle est lipschitzienne.

5 Propriétés des fonctions continues sur un segment


5.1 Image d’un segment par une fonction continue
Théorème 5.1 L’image d’un segment par une fonction continue est un segment.

Il en résulte que : Si f est continue sur [a, b] alors f est bornée sur [a, b] et atteint ses bornes, c’est à dire :

∃m, M ∈R tels que f ([a, b]) = [m, M ]

et

∃α ∈ [a, b] tel que f (α) = m et ∃β ∈ [a, b] tel que f (β) = M.

Démonstration : Si f est non bornée, ∀n ∈N, ∃xn ∈ [a, b] tel que |f (xn )| ≥ n, (xn )n ⊂ [a, b], d’après le
théorème de B OLZANO - WEIRSTRASS il existe une sous suite (xϕ(n) )n qui converge vers x ∈ [a, b]. Mais
f (xϕ(n) )n ne converge pas, ce qui est absurde.
Soit M = sup f ([a, b]) et m = inf([a, b]). Supposons que ∀x ∈ [a, b], f (x) 6= M , posons alors g(x) =
1 1
M−f (x) pour tout x ∈ [a, b]. g définie et continue sur [a, b], donc il existe N > 0 tel que ∀x ∈ [a, b], | f (x)−M | <
N , c’est-à-dire |M − f (x)| ≥ N1 ∀x ∈ [a, b], ce qui entraîne que : f (x) < M − N1 , donc M ne serait pas la
borne supérieure de f , ce qui est contradictoire. u
t

Remarques : Si f est définie sur un intervalle non fermé ou non borné les conclusions du théorème
peut-être fausse par exemple :
f :] − π2 , π2 [ −→ R
1.
x −→ tan(x)
g : [0, +∞[ −→ R
2.
x −→ 2x2 + 1

5.2 Théorème des valeurs intermédiaires


Théorème 5.2 ( Théorème des valeurs intermédiaires ) Soient f un fonction continue sur un intervalle
I de R, (a, b) ∈ I 2 (a < b) tel que f (a) ≤ f (b). Alors f prend toute valeur de l’intervalle [f (a), f (b)],
c’est-à-dire :

∀γ ∈ [f (a), f (b)], ∃c ∈ I tel que f (c) = γ.

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Démonstration : Le résultat est trivial si γ = f (a) ou γ = f (b). Supposons donc f (a) < γ < f (b).
Soit l’ensemble
C = {x ∈ [a, b]/f (x) ≤ γ}
C est non vide (a ∈ C) est majoré par b, donc il admet une borne supérieure c, donc ∀n ∈N, ∃xn ∈ C
tel que c − n1 < xn ≤ c, donc (xn )n converge vers c et par suite (f (xn ))n converge vers f (c). On a aussi
f (xn ) < γ ce qui implique f (c) ≤ γ.
D’autre part ∀x > c, on a : f (x) > γ, par passage à la limite, on a : lim + = f (c) ≥ γ. Finalement on a :
x−→c
f (c) = γ. u
t

Cas particulier :
Corollaire 5.1 Si f est continue sur [a, b] et si f (a)f (b) < 0, alors l’équation f (x) = 0 admet au
moins une solution sur [a, b].

Démonstration : Il suffit de remarquer que 0 est compris entre f (a) et f (b). u


t

Exemple : f (x) = cos(x) − x, I = [0, π], on a :

f (0) = 1 et f (π) = −1 − π

donc f (0) f (π) < 0 =⇒ ∃α ∈]0, π[ tel que cos(α) = α.

Application : Tout polynôme de degré impaire admet au moins une racine dans R.
En effet, soit P (x) = an xn +...+a1x+a0 un tel polynôme. Supposons pour simplifier que lim P (x) =
x−→+∞
+∞ et lim P (x) = −∞
x−→−∞

∃A ∈ R+∗ tel que x ≥ A =⇒ P (x) ≥ 1 et x ≤ −A =⇒ P (x) ≤ −1

En particulier P (−A) < 0 < P (A)


donc il existe α ∈ [−A, A] tel que P (α) = 0.

Corollaire 5.2 L’image d’un intervalle par une fonction continue est intervalle.

Démonstration : Soit f une fonction continue sur un intervalle I, montrons que f (I) est intervalle,
c’est-à-dire :
∀(y1 , y2 ) ∈ f (I)2 , [y1 , y2 ] ⊂ f (I)
Soient (y1 , y2 ) ∈ f (I)2 et y ∈ [y1 , y2 ]. Prenons (x1 , x2 ) ∈ I 2 tel que y1 = f (x1 ) et y2 = f (x2 ). D’après
le théorème des valeurs intermédiaires il existe x ∈ I compris entre x1 et x2 tel que y = f (x). Donc
y ∈ f (I). u
t

Proposition 5.1 Si f est continue et strictement croissante sur I, le tableau suivant donne l’inter-
valle f (I) en fonction de I

I [a, b] [a, b[ ]a, b] ]a, b[


f (I) [f (a), f (b)] [f (a), lim f [ ] lim f, f (b)] ] lim f, lim f [
b a a b

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Démonstration : Montrons par exemple f (]a, b]) =] lim f, f (b)]. On a, puisque f est croissante :
a

∀x ∈ I, f (x) ≤ f (b)

et donc f (b) est le plus grand élément de f (I).

1. Si f n’est pas minorée, alors :


f (I) =] − ∞, f (b)]
ce qui donne le résultat puisque lim f = −∞.
b
2. Si f est minorée, sa limite en a est inf f (I) et f (I) est alors un intervalle de bornes f (a) et m = lim f
a
qui est égal à inf f (I) ( car f est croissante )
Comme I n’a pas de plus petit élément, pour tout x ∈ I, on peut trouver y ∈ I tel que y < x, on
aura alors m ≤ f (y) < f (x), ce qui montre que ∀x ∈ I, f (x) 6= m, ce qui implique m ∈
/ f (I).
Donc f (I) =] lim f, f (b)]. u
t
a

Remarque : On a un résultat analogue si f est continue et strictement décroissante sur l’intervalle I :

Proposition 5.2 Si f est continue et strictement décroissante sur I, le tableau suivant donne
l’intervalle f (I) en fonction de I

I [a, b] [a, b[ ]a, b] ]a, b[


f (I) [f (b), f (a)] ] lim f, f (a)] [f (b), lim f [ ] lim f, lim f [
b a b a

5.3 Fonctions continues et strictement monotone.


Théorème 5.3 ( Fondamental )Si f est une fonction continue strictement monotone sur un inter-
valle I de R. Alors :
1. f est une bijection de I sur f (I).
2. La fonction réciproque f −1 est continue, strictement monotone ( dans le même sens que f
) de f (I) sur I.
3. La courbe de f et celle de f −1 sont symétrique par rapport à la première bissectrice.

Démonstration : Supposons, pour simplifier, que f est strictement croissante sur l’intervalle I.
1. Soit y et y 0 deux points de f (I). Posons x = f −1 (y) et x0 = f −1 (y 0 ), on ainsi y = f (x) et y 0 = f (x0 ).
D’après la croissance stricte de f , les différences x − x0 et f (x) − f (x0 ) ont le même signe, ce qui
exprime que les différences y − y 0 et f −1 (y) − f −1 (y 0 ) ont aussi le même signe ; et donc f −1 est
strictement croissante.
Si f est strictement monotone, alors f est injective et par conséquent f est une bijection de I dans
f (I).
2. Soit y0 = f (x0 ), x0 = f −1 (y0 ) ∈]a, b[, a = inf I, b = sup I et soit ε > 0, il existe alors α et β deux
points de I tels que :
a < α < x0 < β < b
avec |x0 − α| < ε et |x0 − β| < ε. Posons γ = f (α) et γ 0 = f (β), on a :

γ < y0 < γ 0

et soit 0 < δ ≤ inf(|y0 −γ|, |y0 −γ 0 |). ∀y ∈ f ([a, b]), |y −y0 | < δ on a γ < y < γ 0 donc α ≤ f −1 (y) ≤ β
ce qui entraîne : |f −1 (y) − f −1 (y0 )| < ε, donc f −1 est continue en y0 .
3. Du fait que les points M (x, f (x)) et M 0 (f (x), x) sont symétriques par rapport à la première bis-
sectrice, la courbe de f −1 est symétrique de celle de f par rapport à la première bissectrice. u
t

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Remarque : On a :
∀x ∈ I, ∀y ∈ f (I), f (x) = y ⇐⇒ x = f −1 (y)

Étude d’un exemple : fonction racine nième .


Soit n ∈ N\{0, 1}, considérons la fonction f définie sur R+ par : f (x) = xn .
◦ f est continue sur R+ ( polynômiale )
◦ Soit (x, y) ∈ R2 : x < y

xn − y n = (x − y)(xn−1 + xn−2 y + ... + y n−1 )


donc xn < y n
Alors f est strictement croissante sur R+ , et

f ([0, +∞[) = [0, lim f (x)[


x−→+∞
= [0, +∞[

Théorème et définition 5.1 La fonction x 7−→ xn est une bijection de R+ dans R+ et sa réciproque

s’appelle la fonction racine nième et on la note n .

On a : ∀x ∈ [0, +∞[, ∀y ∈ [0, +∞[



y = xn ⇐⇒ x = n
y
√ 1
On note aussi : n x = x n .
Par convention x0 = 1 pour x > 0.

• • • • • • • • ••

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