CH 5
CH 5
2 Notion de limite 5
2.1 Limite d’une fonction f en un point a . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2 Limite à droite, limite à gauche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.3 Limite d’une fonction f en ±∞ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.4 Limites infinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4 Fonctions continues 11
4.1 Continuité en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
4.2 Continuité globale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
4.3 Continuité par morceaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
4.4 Continuité uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
• • • • • • • • ••
1 Généralités
1.1 L’ensemble RI
Soit I un intervalle non vide de R. On munit l’ensemble RI des applications de I dans R de
deux lois internes (+) et (.) et d’une loi externe définies par :
1
C HAPITRE 5 L IMITES ET CONTINUITÉ
(f + g)(x) = f x) + g(x)
1. ∀f, g ∈ RI , ∀x ∈ I,
(f g)(x) = f (x)g(x)
2. ∀λ ∈R, ∀f ∈ RI , ∀x ∈ I, (λf )(x) = λf (x).
Proposition 1.1 RI est une algèbre associative, commutative, unitaire ( pour les lois ci-
dessus définies ).
• L’élément neutre pour l’addition est l’application :
θ : I −→ R
x 7−→ θ(x) = 0
• L’élément neutre pour la multiplication est l’application :
e : I −→ R
x 7−→ e(x) = 1
Définition 1.2 Soit f ∈ RI , on appelle graphe de f et on note Γ la partie de I×R définie par :
Γ = {(x, f (x))/x ∈ I}
Démonstration : L’ordre n’est pas total, puisque les deux applications χ{a} et χ{b} ne sont pas
comparables. ( a et b étant deux éléments distincts de I, χA la fonction caractéristique de A )
Les autres propriété sont évidentes. u
t
Définition 1.4 1. Pour f ∈ RI , on note |f |, l’application définie sur I, par |f |(x) = |f (x)|, ∀x ∈ I.
2. Pour f et g, on note
sup(f, g) : I −→ R inf(f, g) : I −→ R
et
x 7−→ sup(f (x), g(x)) x 7−→ inf(f (x), g(x))
On déduit que
1 1
f + + f − = (f + |f |) + (−f + |f |) = |f |
2 2
et
1 1
f + − f − = (f + |f |) − (−f + |f |) = f
2 2
Remarque :
1. f est majorée si, et seulement si, , il existe M ∈R tel que M ≥ f (x), ∀x ∈ I.
2. f est minorée si, et seulement si, , il existe m ∈R tel que m ≤ f (x), ∀x ∈ I.
3. f est bornée si, et seulement si, , il existe une constante M > 0 telle que | f (x) |≤ M ,
∀x ∈ I.
Proposition 1.4 ( et définition ) Si f ∈ RI est majorée ( resp. minorée ) alors f (I) admet une
borne supérieure ( resp. inférieure ) dans R, appelée borne supérieure ( resp. inférieure
) de f et notée sup f (x) ( resp. inf f (x) ).
x∈I x∈I
Remarques :
1. Toute application strictement monotone est injective.
2. Si f : I −→R et g : J −→R sont deux applications croissantes et si f (I) ⊂ J, alors g ◦ f est
croissante. De même si f et g sont décroissante, alors g ◦ f est croissante.
Remarques :
→
− − →
1. Dans un repère orthonormé (O, i , j ), le graphe d’une fonction paire est symétrique par
rapport à l’axe (y 0 oy).
→
− − →
2. Dans un repère orthonormé (O, i , j ), le graphe d’une fonction impaire admet l’origine
pour centre de symétrie.
Remarques :
1. Si T est une période de f , tout nombre kT , où k ∈N, est aussi une période de f . L’une
des périodes positives est plus petite que toutes les autres ; c’est alors ce nombre que l’on
appelle plus précisément période de la fonction f .
2. Pour construire le graphe (Γ) d’une fonction T −périodique, il suffit de construire l’arc
relatif à [α, α + T [, α étant un nombre quelconque et par des translations à droite et à
gauche, parallèles à l’axe des x, on déduit le graphe de f .
Proposition 1.6 L’ensemble des périodes d’une d’une fonction périodique, définie sur R,
est un sous-groupe de (R, +).
Démonstration : Soit f une fonction périodique. Alors 0 est une période de f et si T et T 0 sont
deux périodes de f , T − T 0 est aussi une période de f . u
t
2 Notion de limite
2.1 Limite d’une fonction f en un point a
−
Soit I un intervalle de R non vide et non réduit à un point. On note I l’intervalle fermé de
◦
mêmes extrémités que I, et I l’intervalle ouvert de mêmes extrémités que I.
−
Définition 2.1 Soit a ∈ I . On dit que f admet l ∈R pour limite en a si, et seulement si, :
∀ε > 0, ∃η > 0, ∀x ∈ I, (|x − a| < η =⇒ |f (x) − l| < ε)
Soit α = min(η1 , η2 )
mais
l + l0
l + ε = l0 − ε =
2
ce qui est en contradiction. u
t
Remarques :
1. Si la fonction f admet une limite l en a, alors la fonction h −→ f (a + h) admet la limite l
en 0.
2. Si la fonction f admet une limite l en a, alors la fonction x −→ f (x) − l admet la limite 0
en a.
Exemple : Montrons que f (x) = x2 + 2x a pour limite 3 quand x tend vers 1. Soit ε > 0.
On peut donc affirmer que l’on a |x − 1||x + 3| < ε pour tout nombre x qui vérifié à la fois
|x − 1| < 1 et |x − 1| < 5ε . Le nombre η = inf(1, 5ε ) répond à la question.
Théorème 2.1 Pour que la fonction f admette la limite l en a, il faut et il suffit que : Pour
toute suite (xn )n d’éléments de I telle que lim xn = a, on a lim f (xn ) = l.
n−→+∞ n−→+∞
Pour η,
Ainsi
Donc la suite (xn )n de I ainsi construite converge vers a et (f (xn ))n∈N ne converge pas vers
l. u
t
Proposition 2.2 Soit f : I −→R une fonction. Si lim f (x) = l et si α < l < β, il existe un
x−→a
intervalle J contenant le point a tel que :
Corollaire 2.1 Si lim f (x) = l et si α < f (x) < β, alors l ∈ [α, β].
x−→a
Démonstration : En effet l < α entraînerait l’existence d’un intervalle J tel que, sur I ∩ J, on
aurait f (x) < α ( proposition précédente ), en contradiction avec f (x) ∈ [α, β].
De même l > β conduirait à une contradiction. u
t
Remarque : D’après ce corollaire, si f est positive ( resp.négative ) admet une limite, alors
cette limite est positive ou égale à 0 ( resp.négative ou égale à 0 )
Corollaire 2.2 Si lim f (x) = l, lim g(x) = l0 , l > l0 , il existe un intervalle J contenant le
x−→a x−→a
point a tel que ∀x ∈ I ∩ J, x 6= a =⇒ f (x) > g(x).
Corollaire 2.3 f et g étant des fonctions définies sur un même intervalle J où f (x) > g(x),
si lim f (x) = l et lim g(x) = l0 alors l ≥ l0 .
x−→a x−→a
Proposition 2.3 f , g, h étant des fonctions définies sur le même intervalle I où g(x) ≤
f (x) ≤ h(x) pour tout x ∈ I. Si g et h admettent la même limite l quand x tend vers a, alors
f admet la limite l quand x tend vers a.
donc ε > 0
Proposition 2.5 Si lim f (x) = l et lim f (x) = l existent et sont égales, alors f admet
x−→a+ x−→a−
une limite l en a.
Soit α = inf(η1 , η2 ), alors ∀x ∈ I, (0 < |x − a| < α =⇒ |f (x) − l| < ε). Donc lim f (x) = l. u
t
x−→a
sin(x)
Exemple : La fonction f (x) = |x| , x 6= 0 n’admet pas de limite en 0 : −1 = lim f (x) 6=
x−→0−
lim f (x) = 1.
x−→0+
Définition 2.4 f étant une fonction définie sur un intervalle I de la forme ] − ∞, a[, on dit que f admet
la limite l en −∞ et on écrit l = lim f (x) si, et seulement si,
x−→−∞
1
En effet, ∀x > B =⇒ |f (x) − l| < ε est équivalent à 0 < y < B =⇒ |ϕ(y) − l| < ε.
∀A > 0, ∃η > 0, tel que ∀x ∈ I, |x − a| < η =⇒ f (x) > A ( resp. f (x) < −A ).
Définition 2.6 f étant une fonction définie sur un intervalle I de la forme ]a, +∞[. On dit que f tend
vers +∞ ( resp.−∞) quand x tend vers +∞ et on écrit lim f (x) = +∞ ( resp. lim f (x) = +∞
x−→+∞ x−→−∞
si, et seulement si,
∀A > 0, ∃B > 0, tel que ∀x ∈ I, x > B =⇒ f (x) > A ( resp. f (x) < −A ).
Définition 2.7 f étant une fonction définie sur un intervalle I de la forme ] − ∞, a[. On dit que f tend
vers +∞ ( resp.−∞) quand x tend vers −∞ et on écrit lim f (x) = +∞ ( resp. lim f (x) = −∞
x−→−∞ x−→−∞
si, et seulement si,
∀A > 0, ∃B > 0, tel que ∀x ∈ I, x < −B =⇒ f (x) > A ( resp. f (x) < −A ).
Théorème 2.2 Soient (a, b) ∈ R2 tel que a < b, f :]a, b[−→R une fonction croissante.
1. Si f est majorée, alors f admet une limite finie en b et lim f (x) = sup f (x).
x−→b x∈]a,b[
Démonstration : On va donner une démonstration dans les cas où b est finie ( les cas b = +∞
étant analogue )
1. Par hypothèse, f (]a, b[) est une partie non vide majorée de R, donc admet une borne supé-
rieure l dans R.
Soit ε > 0. Il existe y = f (ξ) ∈ f (]a, b[), avec ξ ∈]a, b[ tel que :
l − ε < f (ξ) ≤ l
Corollaire 2.4 soit f : I −→R une fonction croissante. Alors, en tout point a de I, f admet
une limite à gauche et une limite à droite finies, et :
lim f (x) ≤ f (a) ≤ lim f (x)
x−→a− x−→a+
Démonstration : L’application f est croissante et majorée par f (a) sur I∩] − ∞, a[, et est crois-
sante et minorée par f (a) sur I∩]a, +∞[. u
t
Proposition 3.1 Étant donné deux fonctions f et g ayant chacune une limite fine en a et
un nombre réel λ, les fonctions f + g, λf, f g ont une limite en a et on a :
1. lim (f + g)(x) = lim f (x) + lim g(x)
x−→a x−→a x−→a
2. lim λf (x) = λ lim f (x)
x−→a x−→a
3. lim f g(x) = lim f (x). lim g(x).
x−→a x−→a x−→x0
Théorème 3.1 Étant donné une fonction g ayant une limite non nulle en a, la fonction 1g a
une limite en a et on a : lim g1 (x) = lim 1 g(x) .
x−→a x−→a
Démonstration : Soit ε > 0. Il existe α > 0 et un intervalle J contient a tel que |g(x)| > α,
∀x ∈ J.
d’autre part on a :
1 1 g(x) − l 1
∀xßJ, | − |=| |≤ | g(x) − l |
g(x) l g(x)l |l|α
1
Donc lim = 1l . u
t
x−→a g(x)
Théorème 3.2 ( Composée de deux fonctions ) Soient f une fonction définie sur I et g une
fonction définie sur J tel que f (I) ⊂ J. Si f admet une limite b en a et g admet une limite
l en b alors g ◦ f admet l pour limite en a.
4 Fonctions continues
4.1 Continuité en un point
Définition 4.1 Soient f : I −→R une fonction et a ∈ I. On dit que f est continue en a si, et seulement
si, f admet la limite f (a) quand x tend vers a, c’est-à-dire
(∀ε > 0) (∃α > 0) (∀x ∈ I, |x − a| < α =⇒ |f (x) − f (a)| < ε)
Définition 4.2 Une fonction f définie sur un intervalle contenant a est dite discontinue en a s’elle
n’est pas continue en a.
Remarque : Si f tend vers f (a) seulement quand x tend vers a+ ( resp.a− ), on dit que la
fonction f n’est continue qu’à droite ( resp.à gauche ) en a.
Contrairement à ce qui peut se passer pour les limites, l’existence simultanée de la limite à
droite et la limite à gauche de a entraîne la continuité de f en a. D’où la proposition :
Proposition 4.1 Une fonction f est continue en a si, et seulement si, elle est continue à
droite et à gauche de a.
Exemple : f (x) = E(x) ( E(x) la partie entière de x ). f est discontinue en tout point de Z.
Proposition 4.2 Soient f : I −→R une fonction et a ∈ I. f est continue en a si, et seule-
ment si, pour toute suite (xn )n d’éléments de I convergeant vers a, on a : lim f (xn ) =
n−→∞
f (a).
Corollaire 4.1 Soit (u)n≥0 une suite définie par la relation
un+1 = f (un )
u0 donné
avec f une fonction définie et continue sur un intervalle I de R telle que f (I) ⊂ I.
Si (u)n≥0 est convergente alors sa limite l est solution de l’équation f (x) = x.
Proposition 4.3 Soit f : I −→R une fonction continue sur I. Alors la fonction |f | est
continue sur I.
Remarque : Si f et g sont continues sur I, alors sup(f, g) et inf(f, g) sont continues sur I. En
particulier, si f est continue sur I, alors f + et f − sont continues sur I.
(1) (∃β > 0)(∀y ∈ J) |y − f (a)| < β =⇒ |g(f (x) − g(f (a))| < ε
et la continuité de f en a entraîne :
Définition 4.4 Soit une fonction f : I −→ R définie sur un intervalle contenant a, mais pas en a et
admettant une limite l en a.
Considérons la fonction : g : I −→ R définie par
f (x) si x 6= a
g(x) =
l si x = a
Cette fonction g est continue en a car lim g(x) = g(a). On dit que g est un prolongement par
x−→a
continuité de f en a.
sin(x)
Exemple : f (x) = x si x 6= 0. f n’est pas définie en 0 mais lim f (x) = 1
x−→0
Donc la fonction
g : R −→ R
sin(x)
si x 6= 0
x −→ x
1 si x = 0
est un prolongement par continuité de f en x0 = 0.
Exemples :
1. x 7−→ E(x) ( partie entière de x) est une fonction continue par morceaux sur tout inter-
valle I de R.
2. La fonction définie sur [0, 1] par :
x si 0 ≤ x < 13
f (x) = 2 si x = 13
2 1
2x+1 si 3 ≤ x ≤ 1
Remarque : Le nombre η associé à ε donné ne depend ici que de ε, alors que dans la définition
de la continuité en un point a ∈ I le nombre η associé à ε depend de ε mais aussi de a.
Proposition 4.4 Si une fonction est uniformément continue sur un intervalle I, alors est
continue en tout point de I.
Théorème 4.3 ( Théorème de H EINE ) Toute fonction continue sur un intervalle [a, b] est uniformé-
ment continue sur [a, b].
2. On dit que f est lipschitzienne si, et seulement si, s’il existe k ∈R+ tel que f soit k−lipschitzienne.
Une fonction f : I −→R est dite contractante si, et seulement si, s’il existe k ∈ [0, 1[ tel que f soit k−lipschitzienne.
Proposition 4.5 Toute fonction lipschitzienne sur un intervalle I est uniformément continue sur
cette intervalle.
Exemple : La fonction sinus est uniformément continue sur R puisqu’elle est lipschitzienne.
Il en résulte que : Si f est continue sur [a, b] alors f est bornée sur [a, b] et atteint ses bornes, c’est à dire :
et
Démonstration : Si f est non bornée, ∀n ∈N, ∃xn ∈ [a, b] tel que |f (xn )| ≥ n, (xn )n ⊂ [a, b], d’après le
théorème de B OLZANO - WEIRSTRASS il existe une sous suite (xϕ(n) )n qui converge vers x ∈ [a, b]. Mais
f (xϕ(n) )n ne converge pas, ce qui est absurde.
Soit M = sup f ([a, b]) et m = inf([a, b]). Supposons que ∀x ∈ [a, b], f (x) 6= M , posons alors g(x) =
1 1
M−f (x) pour tout x ∈ [a, b]. g définie et continue sur [a, b], donc il existe N > 0 tel que ∀x ∈ [a, b], | f (x)−M | <
N , c’est-à-dire |M − f (x)| ≥ N1 ∀x ∈ [a, b], ce qui entraîne que : f (x) < M − N1 , donc M ne serait pas la
borne supérieure de f , ce qui est contradictoire. u
t
Remarques : Si f est définie sur un intervalle non fermé ou non borné les conclusions du théorème
peut-être fausse par exemple :
f :] − π2 , π2 [ −→ R
1.
x −→ tan(x)
g : [0, +∞[ −→ R
2.
x −→ 2x2 + 1
Démonstration : Le résultat est trivial si γ = f (a) ou γ = f (b). Supposons donc f (a) < γ < f (b).
Soit l’ensemble
C = {x ∈ [a, b]/f (x) ≤ γ}
C est non vide (a ∈ C) est majoré par b, donc il admet une borne supérieure c, donc ∀n ∈N, ∃xn ∈ C
tel que c − n1 < xn ≤ c, donc (xn )n converge vers c et par suite (f (xn ))n converge vers f (c). On a aussi
f (xn ) < γ ce qui implique f (c) ≤ γ.
D’autre part ∀x > c, on a : f (x) > γ, par passage à la limite, on a : lim + = f (c) ≥ γ. Finalement on a :
x−→c
f (c) = γ. u
t
Cas particulier :
Corollaire 5.1 Si f est continue sur [a, b] et si f (a)f (b) < 0, alors l’équation f (x) = 0 admet au
moins une solution sur [a, b].
f (0) = 1 et f (π) = −1 − π
Application : Tout polynôme de degré impaire admet au moins une racine dans R.
En effet, soit P (x) = an xn +...+a1x+a0 un tel polynôme. Supposons pour simplifier que lim P (x) =
x−→+∞
+∞ et lim P (x) = −∞
x−→−∞
Corollaire 5.2 L’image d’un intervalle par une fonction continue est intervalle.
Démonstration : Soit f une fonction continue sur un intervalle I, montrons que f (I) est intervalle,
c’est-à-dire :
∀(y1 , y2 ) ∈ f (I)2 , [y1 , y2 ] ⊂ f (I)
Soient (y1 , y2 ) ∈ f (I)2 et y ∈ [y1 , y2 ]. Prenons (x1 , x2 ) ∈ I 2 tel que y1 = f (x1 ) et y2 = f (x2 ). D’après
le théorème des valeurs intermédiaires il existe x ∈ I compris entre x1 et x2 tel que y = f (x). Donc
y ∈ f (I). u
t
Proposition 5.1 Si f est continue et strictement croissante sur I, le tableau suivant donne l’inter-
valle f (I) en fonction de I
Démonstration : Montrons par exemple f (]a, b]) =] lim f, f (b)]. On a, puisque f est croissante :
a
∀x ∈ I, f (x) ≤ f (b)
Proposition 5.2 Si f est continue et strictement décroissante sur I, le tableau suivant donne
l’intervalle f (I) en fonction de I
Démonstration : Supposons, pour simplifier, que f est strictement croissante sur l’intervalle I.
1. Soit y et y 0 deux points de f (I). Posons x = f −1 (y) et x0 = f −1 (y 0 ), on ainsi y = f (x) et y 0 = f (x0 ).
D’après la croissance stricte de f , les différences x − x0 et f (x) − f (x0 ) ont le même signe, ce qui
exprime que les différences y − y 0 et f −1 (y) − f −1 (y 0 ) ont aussi le même signe ; et donc f −1 est
strictement croissante.
Si f est strictement monotone, alors f est injective et par conséquent f est une bijection de I dans
f (I).
2. Soit y0 = f (x0 ), x0 = f −1 (y0 ) ∈]a, b[, a = inf I, b = sup I et soit ε > 0, il existe alors α et β deux
points de I tels que :
a < α < x0 < β < b
avec |x0 − α| < ε et |x0 − β| < ε. Posons γ = f (α) et γ 0 = f (β), on a :
γ < y0 < γ 0
et soit 0 < δ ≤ inf(|y0 −γ|, |y0 −γ 0 |). ∀y ∈ f ([a, b]), |y −y0 | < δ on a γ < y < γ 0 donc α ≤ f −1 (y) ≤ β
ce qui entraîne : |f −1 (y) − f −1 (y0 )| < ε, donc f −1 est continue en y0 .
3. Du fait que les points M (x, f (x)) et M 0 (f (x), x) sont symétriques par rapport à la première bis-
sectrice, la courbe de f −1 est symétrique de celle de f par rapport à la première bissectrice. u
t
Remarque : On a :
∀x ∈ I, ∀y ∈ f (I), f (x) = y ⇐⇒ x = f −1 (y)
Théorème et définition 5.1 La fonction x 7−→ xn est une bijection de R+ dans R+ et sa réciproque
√
s’appelle la fonction racine nième et on la note n .
• • • • • • • • ••