Cours C6
Cours C6
Les propriétés acido-basiques se manifestent dans plusieurs aspects de la vie courante : détartrants plus ou
moins corrosifs (acide citrique, vinaigre blanc, acide chlorhydrique), boissons acides, équilibre de l’estomac, etc.
Attention, si des gaz ou des solides interviennent, ou lors d’un titrage, il faut faire le bilan en quantités de
matière (avec ξ).
1 Acides et bases
1.1 Définitions
Définition. Un acide est une espèce susceptible de céder un proton H+ . Une base est susceptible de capter
un proton H+ .
Exemple
Les exemples ci-dessus sont à connaître. Les acides sont indiqués en rouge et les bases en vert.
— l’ion oxonium H3 O+ : H3 O+ = H+ + H2 O (eau)
— l’acide chlorhydrique HCl : HCl = H+ + Cl− (ion chlorure)
— l’acide sulfurique H2 SO4 : H2 SO4 = H+ + HSO−
4 (ion hydrogénosulfate)
— l’acide phosphorique H3 PO4 : H3 PO4 = H+ + H2 PO−
4
— l’acide nitrique HNO3 : HNO3 = H+ + NO−
3 (ion nitrate)
— l’acide éthanoïque CH3 COOH : CH3 COOH = H+ + CH3 COO− (ion éthanoate)
— l’acide carbonique H2 CO3 : H2 CO3 = H+ + HCO−
3 (ion hydrogénocarbonate)
— l’ion ammonium NH+ + +
4 : NH4 = H + NH3 (ammoniac)
— l’eau H2 O : H2 O = H+ + HO− (ion hydroxyde)
Définition. Un acide forme une base quand il libère un proton : c’est sa base conjuguée. Un acide et sa
base forment un couple acide-base.
Exemple
On parlera des couples CH3 COOH/CH3 COO− ou H3 O+ /H2 O par exemple.
Définition. Une espèce qui peut céder plusieurs protons est un polyacide, une qui peut gagner plusieurs
protons est une polybase.
1
Exemple
— L’acide phosphorique (que l’on retrouve dans le coca-cola par exemple) est un triacide :
H3 PO4 = H+ + H2 PO−
4 H2 PO− + 2−
4 = H + HPO4 HPO2− + 3−
4 = H + PO4
— Le dioxyde de carbone dissout prend la forme H2 CO3 (acide carbonique), qui est un diacide :
H2 CO3 = H+ + HCO−
3 HCO− + 2−
3 = H + CO3
La dissolution du dioxyde de carbone atmosphérique dans les océans est à l’origine de l’acidification
des océans.
Définition. Une espèces chimique qui est à la fois un acide ou une base est un ampholyte.
Exemple
— L’eau est un ampholyte : c’est un acide :
— il en est de même pour l’ion hydrogénocarbonate (son acide conjugué est l’acide carbonique, sa base
conjuguée est l’ion carbonate CO2−
3 ).
1.2 Le pH
Définition. Le pH d’une solution aqueuse est :
!
H3 O+
pH = − log où c◦ = 1 mol · L−1
c◦
h i h i
On notera par abus de langage pH = − log H3 O+ , où H3 O+ s’exprime obligatoirement en mol · L−1 .
On a par conséquent :
h i
H3 O+ = 10−pH mol · L−1
Exemple
— La concentration en ions H3 O+ d’une solution de pH égal à 3 est 10−3 mol · L−1 ;
h i
— si le pH est de 5, alors H3 O+ = 10−5 mol · L−1 .
Remarque. Une faible variation de pH peut correspondre à des variations non négligeables de concentration. Par
exemple, depuis 1980, le pH moyen des océans est passé de 8,12 à 8,05. Cela correspond à des concentrations de
7,6 × 10−9 mol · L−1 et 8,9 × 10−9 mol · L−1 , c’est-à-dire une augmentation de 17 % de la concentration.
Mesure du pH
— Nous pouvons utiliser du papier pH, dont la couleur dépend du pH : la comparaison avec une échelle de
teinte permet d’obtenir le pH à une unité près environ
— On peut utiliser un pH-mètre étalonné, dont le fonctionnement n’est pas à connaître.
2
2 Rappel : état d’équilibre d’un système chimique
2.1 Introduction expérimentale
On mesure le pH de plusieurs solutions :
— acide chlorhydrique HCl à 0,01 mol · L−1 : on mesure un pH de 2,0. C’est logique : HCl étant un acide,
il réagit avec l’eau pour former H3 O+ et Cl− . On attend donc que la concentration en ions H3 O+ soit
0,01 mol · L−1 = 10−2 mol · L−1 , donc un pH de 2.
— acide éthanoïque CH3 COOH à 0,01 mol · L−1 : on mesure un pH de 3,4. C’est surprenant, car CH3 COOH
est aussi un acide, on pourrait faire le même raisonnement.
Dressons le tableau d’avancement de la réaction de l’acide avec l’eau :
Dans le cas de l’acide éthanoïque (AH = CH3 COOH), nous avons mesuré :
h i
H3 O+ = 10−3,4 mol · L−1
donc :
xf = 10−3,4 mol · L−1 = 4,0 × 10−4 mol · L−1
L’eau étant en excès, on a :
xmax = 1,0 × 10−2 mol · L−1
Définition. À l’état final, les concentrations sont données par l’avancement final xf . Il ne faut pas le
confondre avec l’avancement maximal xmax où au moins un des réactifs est épuisé.
Définition. Une réaction est totale si xf = xmax , limitée sinon. Quand une réaction est limitée, on la
note avec un signe
Exemple
h i
Dans le cas de l’expérience avec l’acide chlorhydrique : H3 O+ = 10−pH = 10−2 mol · L−1
xf = 10−3,4 mol · L−1 = 4,0 × 10−4 mol · L−1 < xmax : la réaction est limitée
Notion d’équilibre chimique Lorsque l’on met un acide en solution, il peut se passer la réaction CH3 COOH+
H2 O −→ CH3 COO− + H3 O+ . Mais également la réaction (dès que CH3 COO− et H3 O+ sont présents) :
L’équilibre est atteint lorsque les deux réactions se font à la même vitesse.
3
2.3 Quotient de réaction et constante d’équilibre
2.3.1 Le quotient réactionnel
Définition. On considère une réaction chimique quelconque que l’on écrit sous la forme
νA A + νB B νC C + νD D
a (C)νC × a (D)νD
Qr =
a (A)νA × a (B)νB
— si l’espèce A est en solution aqueuse, a (A) désigne sa concentration en mol · L−1 (a (A) = [A] /c◦ ) ;
— si l’espèce A est liquide ou solide, a (A) = 1 ;
— si l’espèce A est gaz, a (A) = pA /p◦ , où pA est la pression partielle de A et p◦ = 1 bar.
Le quotient de réaction est une grandeur qui peut évoluer (comme les concentrations). On peut le calculer
à différents moments de la réaction (état initial, état final, ...)
Loi d’action des masses. À une réaction chimique, on associe une constante d’équilibre, notée K.
C’est une grandeur caractéristique de la réaction. Elle ne dépend que de la réaction considérée et de
la température. Le système tend vers l’équilibre chimique où on a :
Qr,eq = K
Sa constante de réaction est appelée produit ionique et est noté Ke . À 25˚C, Ke = 1,0 × 10−14 .
h i
Ke = H3 O+ × HO−
eq eq
4
3.2 Constantes d’acidité
Soit :
H3 O+ × [A− ]eq
eq
KA =
[AH]eq
On définit pK A = − log (KA ). Les pK A sont des données tabulées qui seront en général données et qui
permettront de connaître les concentrations des différentes espèces en solution.
Exemple
On a :
pK A CH3 COOH/CH3 COO− = 4,8
On a simplement :
Application
Exprimer le KA du couple CH3 COOH/CH3 COO− en fonction des concentrations des espèces en solution.
Ainsi :
H3 O+ × [CH3 COO− ]eq
− eq
KA CH3 COOH/CH3 COO =
[CH3 COOH]eq
Application numérique : D’après le tableau d’avancement rempli à la page 3, on a :
h i
H3 O+ = xeq ; CH3 COO− = xeq
et [CH3 COOH] = c − xeq
avec xeq = 10−pH = 10−3,4 mol · L−1 et c = 10−2 mol · L−1 soit KA = 1,65 × 10−5 = 10−4,8 . On retrouve la
valeur annoncée ci-dessus.
AH + B− A− + BH
Considérons pour l’exemple la réaction acido-basique entre l’ion éthanoate et l’ion ammonium :
CH3 COO− +
(aq) + NH4 (aq) CH3 COOH(aq) + NH3 (aq)
5
Intérêt. On peut exprimer avec un tableau d’avancement les concentrations [CH3 COOH]eq , [NH3 ]eq , etc. en
fonction des concentrations initiales et de l’avancement volumique à l’équilibre xeq . Ainsi, dans l’équation xeq
devient la seule inconnue et on peut alors connaître la composition du système.
Nous allons pouvoir faire apparaître les constantes d’acidité KA des deux couples impliqués. Pour le couple
NH+
4 /NH3 (on note KA1 pour faire plus court) :
H3 O +
× [NH3 ]eq
KA1 = h eq i
NH+
4 eq
−
Pour le couple CH3 COOH/CH3 COO :
H3 O + × [CH3 COO− ]eq
eq
KA2 =
[CH3 COOH]eq
h i
Pour faire apparaître les KA , nous devons faire intervenir H3 O+ :
[CH3 COOH]eq × H3 O+
eq × [NH3 ]eq
K= h i
[CH3 COO− ]eq × [H3 O+ ]eq × NH+
4 eq
Application
Calculer la constante de la réaction CH3 COOH(aq) + HCOO− −
(aq) CH3 COO(aq) + HCOOH(aq) :
La constante de réaction est :
[CH3 COO− ]eq × [HCOOH]eq
K=
[CH3 COOH]eq × [HCOO− ]eq
Ainsi :
[HCOOH]eq × H3 O+ −
eq × [CH3 COO ]eq
K=
[HCOO− ]eq × [H3 O+ ]eq × [HCOOH]eq
On fait apparaître les deux KA :
10−4,8
K= = 10−1,0
10−3,8
Calculer la constante de la réaction CH3 COOH(aq) + HO− −
(aq) CH3 COO(aq) + H2 O(liq) :
La constante de réaction est :
[CH3 COO− ]eq
K=
[CH3 COOH]eq × [HO− ]eq
6
On fait apparaître le KA du couple CH3 COOH/CH3 COO− et le Ke :
!
[A− ]
log =0
[AH]
pH = pK A
!
[A− ]
log > log (1)
[AH]
!
[A− ]
pK A + log > pK A
[AH]
pH > pK A
Si le pH est supérieur au pKa, alors la base prédomine (et réciproquement).
— Si [AH] > A− , on dit que l’acide prédomine. Dans ce cas, on montre de même que :
pH < pK A
7
On peut donc définir, en solution aqueuse, le diagramme de prédominance d’un couple acido-
basique en fonction du pH.
[AH] = A−
Définition.
— Une espèce A est prédominante sur une espèce B si [A] > [B] ;
— une espèce A est majoritaire sur une espèce B si [A] > 10 × [B].
Exemple
— le bleu de bromothymol (BBT) : pK A = 7,3 ;
— la phénolphtaléine : pK A = 9,4 ;
Par exemple, le diagramme de prédominance du BBT est :
[acide] = [base]
7,3
pH
la forme acide est majoritaire 6,3 zone de 8,3 la forme basique est majoritaire
virage
La couleur de la solution donne alors une indication du pH. Le papier pH est basé sur ce principe, en
utilisant plusieurs indicateurs colorés.
Un acide fort a un pK A inférieur à −1 (ainsi la base est tout le temps majoritaire). Une base fort a un pK A
toujours supérieur à 15 (l’acide est tout le temps majoritaire).
8
Exemple
— l’acide chlorhydrique HCl (pK A = −6,3), l’acide sulfurique H2 SO4 (pK A = −3,0), l’acide nitrique
(pK A = −1,4) sont des acides forts ;
— les autres acides vus (acide carbonique, éthanoïque, phosphorique, ion ammonium) sont faibles ;
— l’ion éthanolate CH3 CH2 O− (pK A = 15,5), l’ion amidure NH−
2 (pK A = 28) sont des bases fortes.
Remarque. Ainsi, quand on parle d’une solution d’acide chlorhydrique, il faut comprendre qu’il s’agit d’une solution
−
contenant les ions H3 O+
(aq) et Cl(aq) .
[CH3 COOH]
α (CH3 COOH) =
[CH3 COOH] + [CH3 COO− ]
Le diagramme de distribution des espèces donne les proportions des espèces en fonction du pH :
%
α CH3 COO−
α (CH3 COOH)
100
pH
2 4 pK A 6 8 10 12 14
Il en est de même pour les polyacides : les formes acides prédominent à bas pH, les formes basiques à haut pH.
Application On donne le diagramme de distribution de l’acide carbonique H2 CO3 . Donnez les formes basiques
en solution, attribuez les courbes aux fractions en solution et en déduire les pKa.
%
α (H2 CO3 ) α HCO−
3 α CO2−
3
100
h i h i h i
[H2 CO3 ] = HCO−
3 CO2−
3 = HCO−
3
50
pH
2 4 pK A1 8 pK A2 12 14
9
5 Prédiction des réactions acido-basique et des équilibres
5.1 Cas usuel
Considérons la réaction :
Se fait-elle dans le sens direct ou inverse ? Un diagramme de prédominance permet de répondre à la question :
Quelque soit la valeur du pH, il y a forcément un des réactifs qui est minoritaire sur sa base / acide conjugué :
— Si pH < 5,8, c’est l’ion ammonium seulement ;
— Si 5,8 < pH < 8,2, ce sont les deux réactifs ;
— Si pH > 8,2, c’est l’acide éthanoïque seulement.
Soit l’un est consommé, soit l’autre : les deux réactifs ne peuvent coexister. On retiendra donc le résultat
suivant : s’il existe un domaine où les produits sont simultanément majoritaires, la réaction est quantitative.
Si les domaines de prédominance des deux réactifs sont séparés de plus de 2 sur un axe de pH, alors
la réaction est totale.
Attention
La réciproque peut être fausse si les deux concentrations introduites sont très différentes (la réaction peut
être quasi totale pour deux pK A identiques). Considérons par exemple une réaction :
AH(aq) + B− −
(aq) A(aq) + BH(aq) K◦ = 1
x2
K0 = =1 soit x2 = (c0 − x) (c1 − x) = c0 c1 − (c0 + c1 ) x + x2
(c0 − x) (c1 − x)
c0 c1 c0
x= = ≈ c0 si c1 c0
c0 + c1 1 + cc10
Si :
— les domaines des deux produits sont séparés de plus de 2 sur un axe de pH ;
— les concentrations initiales sont du même ordre ;
alors la réaction est peu avancée.
10
— On est dans le domaine de HO− si :
h i h i h i
HO− > c0 HO− × H3 O+ > c0 H3 O+ H3 O+
⇐⇒ ⇐⇒ − log (Ke ) < − log (c0 ) − log
pH > pK e − pc0
Pour considérer une espèce faisant intervenir l’eau, on considérera ainsi le diagramme suivant :
domaine de domaine de
H3 O+ HO−
pH
pc0 14 − pc0
Question : Quelle réaction considérer ? La réaction de CH3 COOH avec l’eau, celle avec NO− −
2 , celle de NO2
avec l’eau, l’autoprotolyse de l’eau ?
La réaction prépondérante est celle de l’acide le plus fort présent avec la base la plus forte présente.
On place ainsi les couples sur un diagramme de prédominance. On considère la concentration C0 = 0,05 mol · L−1
pour les couples de l’eau (concentration initiale de NO−
2 et CH3 COOH dans le mélange) :
HNO2 − NO−
2 3,2
H3 O+ − H2 O 1,3
Force des acides
11
Il existe un domaine commun de prédominance entre les réactifs : la réaction est équilibrée (par contre on ne
peut pas dire qu’elle est peu avancée car la largeur de l’intervalle est inférieure à 2). Cette réaction fixe donc
les espèces présentes en quantité non négligeable et donc le pH. La constante de cette réaction est :
Ainsi :
x2
K=
(C0 − x)2
On peut résoudre cette équation sur x. La seule racine positive est :
√
K
xeq = √ C0 = 6,8 × 10−3 mol · L−1
1+ K
Ainsi : h i
[CH3 COOH]eq = NO−
2 = 4,32 × 10−2 mol · L−1
eq
Remarque. Si la réaction prépondérante est totale, alors il faut déterminer les espèces encore en présence après
réaction et refaire le raisonnement.
Méthode.
1. Faire la liste des espèces présentes ;
2. placer les différents couples sur un axe de pH, utiliser la concentration la plus élevée pour le c0 des
couples de l’eau ;
3. entourer les espèces présentes : en déduire la réaction prépondérante :
— si cette réaction est non-totale (équilibre ou peu avancée), alors cette réaction fixe la composition
du système (les espèces présentes en quantité non-négligeable) et le pH ;
— sinon, cette réaction épuise le réactif limitant. On reprend à la première étape avec les nouvelles
quantités de matière produites par cette première réaction. On procède autant de fois que
nécessaire jusqu’à trouver une réaction équilibrée.
12
5.4 Application usuelle : pH d’une solution d’acide faible
Problème posé : on considère une solution d’acide éthanoïque à 1,0 × 10−2 mol · L−1 . On donne pK A =
pK A CH3 COOH/CH3 COO− = 4,8. Calculer le pH de la solution.
Réaction prépondérante. Seuls l’eau et l’acide éthanoïque sont présents. La réaction prépondérante est la
réaction entre l’acide le plus fort présent et la base la plus forte présente. On prend c0 = 1,0 × 10−2 mol · L−1
comme concentration de référence pour les couples de l’eau. Les couples présents sont :
pH
Force des bases
H2 O − HO− 12,0
H3 O+ − H2 O 2,0
Force des acides
L’acide le plus fort présent est l’acide éthanoïque, la base la plus forte présente l’eau donc la réaction prépon-
dérante est la réaction acido-basique entre l’acide éthanoïque et l’eau :
2,0 12,0 pH
Il y a un domaine de pH où les réactifs sont tous deux majoritaires (entre 3,0 et 3,8) : la réaction est donc a
priori peu avancée. Cette réaction fixe la composition du système (les espèces présentes) et le pH.
Conclusion. La réaction étant a priori peu avancée, on peut alors supposer xeq c0 . Par ailleurs, cette
réaction est la réaction de l’acide avec l’eau : sa constante est donc la constante d’acidité du couple. Soit :
K = KA = 10−4,8
On a :
H3 O+ × [CH3 COO− ]eq
eq
KA =
[CH3 COOH]eq
13
Or, d’après le tableau d’avancement :
h i
H3 O+ CH3 COO−
= xeq eq = xeq et [CH3 COOH]eq = c0 − xeq
eq
Donc :
x2eq
KA =
c0 − xeq
On suppose xeq c0 . On peut alors écrire :
x2eq p
KA ≈ donc xeq = c0 KA
c0
Pour obtenir le pH, on utilise que :
h i
pH = − log H3 O+ = − log (xeq )
eq
Donc :
1 1 1
pH = − log KA − log c0 soit pH = (pK A + pc0 ) = 3,4
2 2 2
Remarque. Vous pouvez montrer à titre d’exercice que le pH d’une solution de base faible à c0 est :
1
pH = (pK e + pK A − pc0 )
2
6 Titrages acido-basiques
6.1 Titrage acido-basique
Définition. Un titrage acido-basique consiste à titrer une espèce acide par une espèce basique ou inver-
sement.
Considérons par exemple le dosage d’un volume V1 d’acide éthanoïque (concentration c1 ) par la soude
(concentration c2 ) :
CH3 COOH(aq) + HO− −
(aq) −→ CH3 COO(aq) + H2 O(liq)
Burette
Dressons pour commencer le tableau d’avancement : on fait un bilan de matière. Le volume V est le
volume ajouté à la burette.
14
Équation de la réaction CH3 COOH(aq) + HO−
(aq) −→ CH3 COO−
(aq) + H2 O(aq)
La réaction de titrage est une réaction acido-basique. Pour repérer l’équivalence, on peut utiliser :
— La méthode conductimétrique : beaucoup d’espèces acido-basiques étant des ions, le changement de com-
position du système induit un changement de pente au moment de l’équivalence.
Lors d’un titrage conductimétrique, la courbe de titrage σ = f (V ) peut être modélisée par deux droites
sécantes. Le point d’équivalence est le point d’intersection de ces deux droites.
Au début du titrage, on produit des ions éthanoate et on ajoute des ions sodium : la conductivité augmente.
Après l’équivalence, on ajoute des ions hydroxyde et des ions sodium : la conductivité augmente, mais
plus vite car λ◦HO− > λ◦CH3 COO− .
— La méthode pH-métrique. On trace pH = f (V ).
— Au début du titrage, les quantités d’acide éthanoïque et d’ions éthanoate sont du même ordre, donc
le pH est autour du pKa du couple soit 4,8.
— Après l’équivalence, la quantité de matière des ions hydroxyde est élevée, donc le pH sera autour de
11-12.
Ce brusque changement de composition du système (de la liste des espèces présentes en
quantité non négligeable devant c1 V1 ) induit un saut de pH.
pH
10
zone de
8 virage
6
4
2 V
0 2 4 6 8 Veq 12 14 16 18 20
15
Lors d’un titrage pH-métrique, on repère l’équivalence par un « saut de pH », une variation brutale
du pH de la solution.
Nous verrons en travaux pratiques des méthodes (méthode des tangentes, méthodes de la dérivée) pour
identifier précisément la position de ce saut.
— On peut procéder par colorimétrie.
On introduit quelques gouttes d’un indicateur coloré dans le bécher contenant la solution titrante. Aux
bas pH, la forme acide est prédominante et la solution en prend la couleur. Après le saut de pH, c’est la
forme basique. Il faut que la zone de virage soit assez restreinte et correspondent au saut de pH pour que
le virage de l’indicateur coloré corresponde à un volume précis (voir courbe).
16