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Cours GSF

Le bilan comptable est un document essentiel pour les entreprises, représentant leur patrimoine à un instant donné, incluant les actifs (biens possédés) et les passifs (dettes). Les actifs sont divisés en immobilisés (durables) et circulants (à court terme), tandis que les passifs comprennent les capitaux propres et les dettes. Le résultat est la différence entre l'actif et le passif, indiquant si l'entreprise est en bénéfice ou en perte.

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Cours GSF

Le bilan comptable est un document essentiel pour les entreprises, représentant leur patrimoine à un instant donné, incluant les actifs (biens possédés) et les passifs (dettes). Les actifs sont divisés en immobilisés (durables) et circulants (à court terme), tandis que les passifs comprennent les capitaux propres et les dettes. Le résultat est la différence entre l'actif et le passif, indiquant si l'entreprise est en bénéfice ou en perte.

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Chapitre 1

Qu’est-ce qu’un bilan ?

Les entreprises doivent, à la fin de chaque exercice comptable (souvent le 31 décembre de chaque année), remettre
à l’administration : un bilan, un compte de résultat et des annexes.

Le bilan comptable représente le patrimoine de l’entreprise à un instant T.

Le patrimoine représente l’ensemble des biens possédés et les dettes. Les biens possédés sont appelés des actifs
alors que tout ce qui sert à financer l’entreprise (dettes et capitaux propres) sont appelés passifs.

1. Que trouve-t-on à l’actif du bilan ?

On y trouve deux grands blocs :

 L’actif immobilisé appelé aussi « immobilisations » : ce sont les éléments qui vont rester durablement dans
l’entreprise (plus d’un an). Ce sont donc des emplois durables conditionnant le fonctionnement de l’entreprise.

 L’actif circulant : ce sont des éléments dont le temps de présence dans l’entreprise sera en général inférieur à
un an. Ils correspondent à des emplois « courts » en termes de durée.

1.1 L’actif immobilisé

Les immobilisations sont des biens que possède l’entreprise, en général de valeur importante (une machine-outil
numérique, des camions) et qui y resteront de façon durable, c’est-à-dire plus d’un an.

Ils resteront durablement car ils ne sont pas détruits par le premier usage (à la différence d’un carburant par
exemple) mais se détériorent au fur et à mesure du temps. Pour la grande partie d’entre eux, ce sont des outils de
production. On distinguera :

 Les immobilisations incorporelles : par exemple les logiciels et fonds de commerce (il s’agit de l’acquisition de
la clientèle et non des locaux).
 Les immobilisations corporelles : terrains, bâtiments, matériels…
 Les immobilisations financières : actions détenues dans des filiales ou prêts consentis à des tiers.

1.2 L’actif circulant

Les actifs circulants sont des biens dont la valeur va varier sur l’année et resteront moins d’un an dans l’entreprise.

Quatre postes constituent l’actif circulant. Le mot circulant signifie que ces postes vont se renouveler rapidement
et sans cesse lors du cycle d’exploitation de l’entreprise.

Dans une entreprise qui revend ce qu’elle a acheté sans le transformer (on parle d’entreprise commerciale ou de
négoce), le cycle d’exploitation se déroule comme suit :

1
1 – La librairie achète des livres à ses fournisseurs (les maisons
d’édition).
2 – La librairie stocke les livres (en rayon et en réserves)
3 – La librairie vend les livres à des clients.
4 – Parmi ceux-ci une école lui a acheté 500 ouvrages et a
obtenu de ne les régler que plus tard. La librairie a donc une
créance sur cette école.
5 – La librairie encaisse l’argent immédiatement lorsqu’elle
vend à un particulier (il règle « au comptant »). Elle encaissera
la vente faite à l’école plus tard.

Parmi les actifs circulants, on trouve :

 Les stocks :

 Matières premières et autres approvisionnements (biens utilisés dans le processus de production).


 Produits finis (les produits fabriqués par l’entreprise).
 Marchandises qui sont achetées et revendues en l’état sans transformation. Darty achète des aspirateurs
au fabricant pour les revendre (activité commerciale ou de négoce).

 Les créances : une créance traduit le fait que l’entreprise va recevoir dans le futur le paiement d’un tiers,
généralement le client.

 Les valeurs mobilières de placement : Il s’agit d’actions d’autres entreprises qui ont été achetées dans le but
de les revendre rapidement en réalisant une plus-value.

 Les disponibilités : celles-ci regroupent :

 L’argent disponible sur le compte en banque,


 L’argent disponible dans la caisse (c’est-à-dire le tiroir-caisse) de l’entreprise.

2. Que trouve-t-on au passif du bilan ?

Le passif regroupe tous les éléments qui permettent de financer l’entreprise. On y trouve tout ce que l’entreprise
doit. Une dette traduit le fait que dans le futur l’entreprise devra payer un montant à un tiers. Par exemple,
l’entreprise achète des biens ou services à un fournisseur qui lui permet de régler plus tard. Entre le moment où
elle a acheté et le moment où elle devra régler, l’entreprise est en situation de dette vis-à-vis de son fournisseur.
Une dette peut aussi naître à l’occasion d’un emprunt auprès d’une banque.

Le passif du bilan est constitué de deux grands blocs :

 Les capitaux propres qui sont des dettes particulières.


 Les dettes, les vraies !!!

2.1 Les capitaux propres

Ce sont les ressources financières que possède l’entreprise. On y trouve :


 Le capital qui représente l’apport qui a été fait en argent ou en bien par les associés de l’entreprise.
 Le résultat qui représente le bénéfice ou la perte qui a été réalisée sur l’année.
 Les réserves qui représentent le montant du résultat qui n’a pas été distribué aux associés.

Les capitaux propres sont donc un type de dette particulier car l’entreprise les « doit » à ses associés. En cas de
dissolution, les associés se partageront les capitaux propres. On peut dire qu’il s’agit d’une dette à échéance infinie.
2
2.2 Les dettes

Il s’agit d’argent que l’entreprise doit à un tiers (banques, fournisseurs, Etat…). A la différence des capitaux propres,
ce sont de véritables dettes qui ont chacune une échéance précise. Elles comprennent :

 Les emprunts, qui sont des dettes à long terme (plusieurs années).
 Les dettes à court terme (dont la durée maximale est normalement de 3 mois), par exemple les dettes vis-à-vis
des fournisseurs. Ainsi, les comptes bancaires à découvert sont inclus dans la ligne emprunt au passif du bilan
de manière à rassembler dans un même poste tout ce qui est dû à la banque (emprunts + découvert).

BILAN N
Actif Passif
Actif immobilisé Capitaux propres
- Capital social
Immobilisations incorporelles - Réserves
 Frais d’établissement - Report à nouveau
 Frais de développement - Résultat N
 Brevets et licences
 Fonds de commerce Provisions pour risques et charges
 Autres immobilisations incorporelles
Dettes
- Immobilisations corporelles - Emprunts
 Terrains - Dettes fournisseurs
 Constructions - Dettes fiscales et sociales
 Installations techniques, matériels et outillages - Dettes sur immobilisations
industriels - Autres dettes
 Autres immobilisations corporelles

- Immobilisations financières
 Participations
 Titres immobilisés (plus d’un an)
 Prêts
 Autres immobilisations financières

Actif circulant
- Stocks :
 Matières premières et autres approvisionnements
 En cours de biens et services
 Produits intermédiaires
 Produits finis
 Marchandises
- Créances
- Valeurs mobilières de placement (moins d’un an)
- Disponibilités

TOTAL TOTAL

Le résultat est la différence entre l’actif (les biens) et le passif (les dettes). Si les actifs sont supérieurs au passif
alors le résultat est positif (bénéfice) et sera inscrit avec le signe +. Dans le cas contraire, il s’agira d’un résultat
négatif (perte) inscrite avec le signe -.

3
TD 1
Etablissements de bilan

A. Dans le bilan de fin d'exercice N de la société Hautop, on lit ces données : capital, 1 600 000 € ; clients, 700 000 €;
fournisseurs, 1 360 000 €; fonds en banque, 300 000 €; espèces en caisse, 50 000 €; le matériel industriel est estimé
à 1 400 000 €; les matières premières et les produits fabriqués respectivement à 500 000 € et 800 000 €; l'entreprise
est propriétaire de brevets d'invention, qu'elle a acquis pour 300 000 €; elle doit, payable dans cinq ans, 700 000 € à
un établissement financier.

 A l'aide de ces renseignements, indiquer la nature et le montant du résultat, seul poste du bilan à ne
pas figurer dans la liste ci-dessus.
 Présenter le bilan.
 Quelle est la valeur nette du patrimoine de cette entreprise ou situation nette ?

B. Un commerçant qui a créé son entreprise de négoce au début de l'année N avec un capital de 50 000 €, établit fin
décembre son bilan, afin de déterminer le résultat de son activité.
Il possède un mobilier de bureau valant 10 000 €, les marchandises en magasin valent 135 000 €, il possède en outre
23 000 € en caisse et ses clients lui doivent 20 000 € ; il a dû emprunter 30 000 € à M. Martin ; le montant des factures
de ses fournisseurs qu'il n'a pas encore réglées est de 120 000 €.

 Quel est le résultat de l'exercice ?


 Etablir le bilan de fin décembre, quel est le montant de la situation nette ?

CORRECTION APPLICATION A

ACTIF BILAN AU 31 / 12 / N PASSIF

ACTIF IMMOBILISÉ CAPITAUX PROPRES


Capital 1 600 000
Immobilisations incorporelles Résultat N 390 000
Brevets 300 000
Immobilisations corporelles TOTAL (I) 1 990 000
Matériels 1 400 000
TOTAL (I) 1 700 000
DETTES

Dettes financières
ACTIF CIRCULANT Emprunts 700 000

Stocks et en-cours Dettes d'exploitation


Matières premières 500 000 Fournisseurs 1 360 000
Produits finis 800 000
TOTAL (II) 2 060 000
Créances
Clients 700 000

Disponibilités
Banque 300 000
Caisse 50 000

TOTAL (II) 2 350 000

TOTAL GÉNÉRAL (I+II) 4 050 000 TOTAL GÉNÉRAL (I+II) 4 050 000

4
CORRECTION APPLICATION B

ACTIF BILAN AU 31 / 12 / N PASSIF

ACTIF IMMOBILISÉ CAPITAUX PROPRES


Capital 50 000
Immobilisations corporelles Résultat -12 000
Mobilier 10 000
TOTAL (I) 38 000

TOTAL (I) 10 000


DETTES
Dettes financières
ACTIF CIRCULANT Emprunts 30 000

Stocks et en-cours Dettes d'exploitation


Marchandises 135 000 Fournisseurs 120 000

Créances TOTAL (II) 150 000


Clients 20 000

Disponibilités
Caisse 23 000

TOTAL (II) 178 000

TOTAL GÉNÉRAL (I+II) 188 000 TOTAL GÉNÉRAL (I+II) 188 000

C. Vous êtes chargé d’établir le bilan du 1er janvier N et du 31 décembre N de l’entreprise Ledoux

Le 1er janvier N, M Ledoux ouvre une épicerie fine à l’aide d’un apport de 500 000 € et d’un crédit à long terme
accordé par la Bred de 200 000 € Il acquiert à cet effet :

 Un fonds de commerce de 450 000 € qu’il fait aménager pour 140 000 € ;
 Une camionnette de livraison pour 52 000 € ;
 Des étagères et présentoirs pour exposer ses marchandises pour 22 000 € ;
 Des réfrigérateurs et congélateurs pour 8 250 € ;
 Du matériel informatique pour 1 150 € ;
 Des logiciels de caisse et de gestion des stocks pour 600 € ;
 Des marchandises pour 200 000 € qui seront réglées à crédit.

Il ouvre un compte à sa banque et y dépose 24 000 €. Il a constitué un fonds de caisse de 2 000 €.

Le 31 décembre N, après une année d’activité, la valeur des différents éléments est la suivante :

 On constate une perte de valeur des immobilisations corporelles de 10% ;


 Le stock de marchandises est de 325 000 € dont 175 000 € seront réglés à crédit ;
 Créances sur les clients : 2 000 € ;
 Avoir en banque : 28 000 € ;
 Avoir en caisse : 3 000 € ;
 Emprunts, après remboursement partiel il reste dû : 180 000 €
 Dettes à payer auprès des impôts : 15 000 €.

1) Présenter le bilan au 1er janvier N.


2) Etablir le bilan au 31 décembre N.
3) Déterminer le montant du résultat.

5
D. LES VARIATIONS DE POSTES DU BILAN

L’entreprise JUVAMINE présente ce bilan de fin d’année :

ACTIF BILAN AU 31 /12/ N - 1 PASSIF

ACTIF IMMOBILISE CAPITAUX PROPRES


Immobilisations corporelles Capital 40 000
Réserves 15 000
Terrains 100 000 Résultat N-1 5 000
Bâtiments 50 000 Total (I) 60 000
Matériels 50 000
Total (I) 200 000 DETTES

ACTIF CIRCULANT Dettes financières


Emprunt B.N.P. 105 000
Stock en cours Dettes d'exploitation
Stock marchandises 20 000 Fournisseurs 80 000
Créances Dettes diverses
Clients 30 000 Dettes fiscales 20 000
Disponibilités Total (II) 205 000

Banque 10 000
Caisse 5 000
Total (II) 65 000
Total général (I+II) 265 000 Total général (I+II) 265 000

Au cours de l'année N les opérations suivantes ont été réalisées :

A. Mouvements n'affectant pas les capitaux propres :

Opération 1 : Achat d'une machine-outil pour 4 000 €, payée par chèque bancaire.
Opération 2 : Le client A nous règle 650 €, en espèces.
Opération 3 : Nous déposons 2 000 € à la banque, prélevés dans la caisse.
Opération 4 : Nous affectons la totalité du résultat aux réserves.
Opération 5 : Nous remboursons une partie (5 000 €) de l'emprunt de la B.N.P.
Opération 6 : Achat de marchandises à crédit pour 10 000 €.

B. Mouvements affectant les capitaux propres :

2.1 Variation du capital

Opération 7 : Pour améliorer la situation financière, l'exploitant apporte 60 000 € (à la banque).

2.2 Opérations génératrices de bénéfices ou de pertes

Opération 8 : L'entreprise vend 20 000 € des marchandises achetées 10 000 €.


Opération 9 : L'entreprise vend 4 000 € des marchandises achetées 5 000 €

Il vous est demandé de présenter le bilan de l'entreprise à l'issue de ces 9 opérations.

CORRECTION APPLICATION C

BILAN 1
Matériels 54 000
Banque 6 000
Total 265 000 Total 265 000
6
BILAN 2
Clients 29 350
Caisse 5 650
Total 265 000 Total 265 000

BILAN 3
Banque 8 000
Caisse 3 650
Total 265 000 Total 265 000

BILAN 4
Réserves 20 000

Total 265 000 Total 265 000

BILAN 5
Banque 3 000 Emprunts 100 000
Total 260 000 Total 260 000

BILAN 6
Stock de march. 30 000 Fournisseurs 90 000
Total 270 000 Total 270 000

BILAN 7
Banque 63 000 Capital 100 000
Total 330 000 Total 330 000

BILAN 8
Stock de march. 20 000 Résultat 10 000
Clients 49 350
Total 340 000 Total 340 000

BILAN 9
Stock de march. 15 000 Résultat 9 000
Clients 53 350
Total 339 000 Total 339 000

ACTIF BILAN AU 31 /12/ N PASSIF

ACTIF IMMOBILISE CAPITAUX PROPRES


Immobilisations corporelles Capital 100 000
Réserves 20 000
Terrains 100 000 Résultat N 9 000
Bâtiments 50 000 Total (I) 129 000
Matériels 54 000
Total (I) 204 000 DETTES

ACTIF CIRCULANT Dettes financières


Emprunt B.N.P. 100 000
Stock en cours Dettes d'exploitation
Stock marchandises 15 000 Fournisseurs 90 000
Créances Dettes diverses
Clients 53 350 Dettes fiscales 20 000
Disponibilités
Banque 63 000
Caisse 3 650 Total (II) 210 000
Total (II) 135 000
Total général (I+II) 339 000 Total général (I+II) 339 000

7
E. OBJET ET CONTENU DES DOCUMENTS DE SYNTHESE

1. Préciser à quelle catégorie de l’actif du bilan appartiennent les postes suivants :

POSTES CATEGORIE D’ACTIF

Immobilisation incorporelle : c’est un outil de production au sens


Logiciel utilisé par l’entreprise large que l’entreprise va utiliser pendant plusieurs années.
Stock de marchandises : son temps de présence dans l’entreprise
Logiciel acheté par l’entreprise pour le revendre est normalement très court, il va être revendu sans
transformation.
Stock de produits finis : son temps de présence dans l’entreprise
Logiciel fabriqué par l’entreprise pour le vendre est normalement très court, il a été « produit » pa.

Immobilisation incorporelle : il n’est pas fait de différence au


Logiciel fabriqué par l’entreprise pour l’utiliser bilan entre immobilisations achetées ou créées.

Valeurs mobilières de placement : leur temps de présence dans


Des actions achetées pour spéculer l’entreprise est normalement court. Elles seront vendues en cas
de besoin ou d’opportunité de plus-value.
Des actions achetées pour contrôler la société Immobilisations financières : la volonté de contrôler impose de
d’où elles proviennent conserver ces actions pendant plusieurs années.

Le montant non encore encaissé d’une vente de Créance client : il s’agit d’un droit à se faire payer que possède
l’entreprise sur son client.
logiciel réalisée la semaine dernière

2. Pour ces postes, précisez s’il s’agit d’une dette réelle, latente ou s’il ne s’agit pas d’une dette :

POSTES COMMENTAIRES

Tant que l’entreprise vit, c’est une dette fictive. Elle


Capital social
devient réelle en cas de dissolution de l’entreprise.
C’est une dette fictive aussi, qui cependant peut devenir
Réserves réelle si les actionnaires décident d’y puiser pour
« arrondir » leu
C’est une dette fictive car le résultat appartient aux
Résultat actionnaires. Elle deviendra réelle pour la partie dont les
actionnaires décideront la distribution (dividendes).
Il ne s’agit plus d’une dette, seule la partie restant à
La partie déjà remboursée des emprunts
rembourser au prêteur constitue une dette réelle.
Les achats effectués la semaine dernière que
l’entreprise n’a pas encore réglés. C’est une dette réelle.

Il s’agit d’une dette réelle, en effet en cas d’impossibilité de


Un acompte reçu d’un client sur une commande
réaliser la commande, il faudra rendre cet acompte au
qu’on doit lui livrer prochainement
client.

Il s’agit d’une dette réelle car le résultat appartient aux


Les dividendes décidés et non encore versés aux
actionnaires, ainsi dès lors qu’ils ont pris la décision de
actionnaires.
distribution, les dividendes leur sont dus.

L’entreprise a utilisé de l’argent qui appartient en fait à


Le découvert bancaire
sque. Elle devra lui rendre, il s’agit bien d’une dette réelle.

8
F. CONSTITUTION D’UN BILAN D’OUVERTURE

Quatre amis décident de lancer une start-up d’exploitation de logiciels graphiques liés à l’Internet. Pour démarrer
leur entreprise, l’un des quatre apporte un immeuble d’une valeur de 2 M€. Les trois autres font chacun un
apport de 200 000 €.

Afin de lancer l’exploitation de leur activité, les quatre associés font réaliser par un cabinet une étude de marché
comparative qui leur est facturée 15 000 €. De plus, ils ont à supporter des frais de recherche et développement
pour 25 000 €.

Pour débuter leur activité, ils acquièrent différents types de matériels :

- Du matériel informatique : 140 000 € ;


- Des logiciels CAO : 60 000 € ;
- Du matériel divers (fax, scanners,) : 90 000 €

Pour s’installer, ils font réaliser des travaux dans l’immeuble pour un montant de 600 000 €. Enfin, ils déposent
sur un compte bancaire ouvert au nom de leur start-up une somme de 25 000 € destinée à couvrir d’éventuels
achats supplémentaires non anticipés.

1. Calculer les montants totaux respectifs des apports et des besoins et définir si les apports
constitués suffisent à couvrir la totalité des besoins. Quelles solutions préconisez-vous pour
rétablir l’équilibre financier ?

2. Supposant qu’un emprunt bancaire a été contracté pour financer le différentiel des besoins,
dressez le bilan d’ouverture de cette start-up.

9
10
Chapitre 2
Qu’est-ce qu’un compte de résultat ?

Comme son nom l’indique, il a pour vocation de montrer comment s’est créé le résultat au travers des différentes
opérations réalisées durant l’année.

1. A quoi sert un compte de résultat ?

Le bilan décrit le patrimoine de l’entreprise, c’est-à-dire ce qu’elle possède et ce qu’elle doit, mais il ne dit rien sur
les opérations réalisées dans l’année. C’est une photo d’un patrimoine à une certaine date.

Le compte de résultat, lui, décrit l’activité de l’entreprise durant un an : c’est le film de l’activité. Il recense les actes
économiques qui se sont déroulés dans l’année, sans se préoccuper de leur dénouement financier (le règlement).
Ainsi, si l’entreprise achète des matières et qu’elles lui sont livrées en décembre N par le fournisseur, le compte de
résultat de l’année N prendra en compte cette opération, même si le règlement n’a lieu qu’au début de l’année
N+1.

2. Que trouve-t-on dans un compte de résultat ?

L’entreprise consomme des matières, des prestations de service, des heures de travail… pour réaliser des biens ou
services. Si le montant de ses ventes aux clients (c’est-à-dire ses produits au sens « comptable ») est supérieur à ce
qu’elle a consommé (ce sont ses charges au sens « comptable »), alors le résultat de l’entreprise sera un bénéfice.
Dans le cas contraire ce sera une perte.

Ainsi, le résultat de l’entreprise est la différence entre ses produits et ses charges. Les produits constituant les
ressources et les charges les emplois.

Charges COMPTE DE RESULTAT Produits


EMPLOIS RESSOURCES

Les principaux produits obtenus par l’entreprise en une année d’activité sont les suivants :

 Ventes de marchandises, de produits ou de services ;


 Intérêts des placements financiers ;
 Ventes d’immobilisations ;

Les principales charges supportées en douze mois sont les suivantes :

 Achats de marchandises, de matières premières, de prestations… (les acquisitions d’immobilisations


figurent dans le bilan et non dans le compte de résultat) ;

 Les impôts, les salaires, les frais financiers…

Deux situations sont possibles :

11
2.1. SITUATION 1 : LES PRODUITS SONT SUPERIEURS AUX CHARGES (LE RESULTAT EST
ALORS UN BENEFICE)

Si une entreprise achète des marchandises au comptant pour 100 000 € et qu’elle revend pour 200 000 €, son
compte de résultat se présentera ainsi :

Charges COMPTE DE RESULTAT Produit


Achats de marchandises 100 000 Ventes de marchandises 200 000
Bénéfice 100 000
TOTAL 200 000 TOTAL 200 000

Si au 31 décembre, les achats et les ventes n’avaient toujours pas été réglés, cela n’aurait absolument rien changé
à la présentation du compte de résultat de l’année N. (Ce document ne se préoccupe que des actes économiques,
pas des règlements). Cela confirme que résultat et trésorerie sont deux choses différentes.

L’inscription du bénéfice dans la colonne des « charges » peut sembler déroutante mais elle traduit en fait qu’il
manque mathématiquement des charges à hauteur de 100 000 € pour que la colonne « charges » soit égale à celle
des « produits ».

2.2. SITUATION 2 : LES CHARGES SONT SUPERIEURES AUX PRODUITS (LE RESULTAT EST
ALORS UNE PERTE)

Si les marchandises achetées au comptant pour 100 000 € étaient revendues 50 000 €, le compte de résultat se
présenterait ainsi :

Charges COMPTE DE RESULTAT Produits


Achats de marchandises 100 000 Ventes de marchandises 50 000
Perte 50 000
TOTAL 100 000 TOTAL 100 000

L’inscription de la perte dans la colonne des « Produits » traduit en fait qu’il manque mathématiquement des
produits à hauteur de 50 000 € pour que la colonne « Produits » soit égale à celle des « Charges ».

3. Comment distinguer les immobilisations des charges ?


Les acquisitions de biens ou de services faites constituent-elles des immobilisations ou bien des charges ? Cette
question est importante car dans un cas on utilisera un compte de bilan, dans l'autre un compte de résultat.

► IMMOBILISATION : Bien durable acquis par l'entreprise pour lui permettre d'exercer son activité.

Ces biens peuvent être renouvelés mais à intervalles éloignés, tous les 5, 10, 20 ans ou plus. Une immobilisation
n’est pas détruite ou consommée dès sa première utilisation. Par conséquent, l'acquisition d'une immobilisation
augmente la valeur du patrimoine de l’entreprise.

On distingue 3 catégories d’immobilisations :

- Les immobilisations incorporelles : droit au bail, fonds commercial, brevets, marques, logiciel.
- Les immobilisations corporelles : terrains, matériels….
- Les immobilisations financières : titres de participation, prêts….

Les immobilisations sont des postes figurant à l'actif du bilan.

12
► CHARGE : Bien ou un service acquis par l'entreprise pour les besoins quotidiens de son activité.

Sont, par exemple, des charges :

- Les matières premières ou éléments entrant dans la composition des produits fabriqués,
- Les fournitures et services permettant de faire fonctionner l'appareil de production,
- Les dépenses que l'entreprise doit engager en vertu d'obligations légales (impôts, taxes diverses...).

Ex : l’eau, l’électricité, le gaz, carburant, papier à en-tête, billet d’avion pour les commerciaux,

Prenons l’exemple de l’ordinateur pour bien les distinguer : Il s'agit d'un bien durable qui ne disparaît pas à la
première utilisation ; Il entre dans le patrimoine de l’entreprise et sera donc classé parmi les immobilisations.
La secrétaire qui utilise la machine fournit un travail ; elle reçoit un salaire en contrepartie de sa participation au
fonctionnement de l’entreprise. Celui-ci est une charge qui apparaîtra dans le compte de résultat. Le papier, les
rubans, l’électricité consommés par la machine sont utilisés peu de temps ; ce sont des charges apparaissant au
compte de résultat.

NOTA : Le fisc admet que le petit matériel et outillage de faible valeur soit considéré comme les charges (pourtant
ils ne sont pas consommés à la première utilisation). L’intérêt d’inscrire ces éléments en charge est que leur
montant est immédiatement déductible. Les entreprises sont autorisées à passer en charges immédiatement
déductibles : les matériels et outillages et le matériel de bureau d’une valeur unitaire hors taxe n’excédant pas 500
€ et le mobilier de bureau à condition qu’il soit acheté en petit nombre et que ses éléments ne puissent constituer
un ensemble (mobilier d’une salle de cours).

Contrairement à une immobilisation, une charge engagée au cours d'un exercice n'a plus de valeur à la fin de
celui-ci.

4. Comment est découpé le compte de résultat ?

Connaître le résultat de l’entreprise est une chose, mais savoir comment il s’est formé est encore plus éclairant.
Provient-il des activités habituelles de l’entreprise ou par un événement particulier ?

Pour cela, les charges comme les produits sont classés en trois grandes catégories :

 Les charges et produits d’exploitation ;


 Les charges et produits financiers ;
 Les charges et produits exceptionnels.

COMPTE DE RESULTAT
Charges Produits
Charges d’exploitation Produits d’exploitation
Charges financières Produits financiers
Charges exceptionnelles Produits exceptionnels
Participation des salariés
Impôts sur les bénéfices _____________ ___________
Total charges Total produits
Bénéfice P-C Perte C-P
TOTAL X TOTAL X

13
4.1. Le niveau d’exploitation

Sont classés dans cette rubrique tous les actes économiques qui ont un lien direct avec l’exploitation, c’est-à-dire
le métier de l’entreprise.

Par exemple, dans les produits d’exploitation on trouve les ventes de biens ou services faits par l’entreprise. En
charges d’exploitation on y trouve les achats, les frais de personnel, les impôts et taxes, etc.

COMPTE DE RESULTAT
Charges d’exploitation Produits d’exploitation
Achats de marchandises Ventes de marchandises
Achats de matières premières et Production vendue de biens et
autres approvisionnements services
Achats de fournitures non Travaux
stockables Etudes
Charges externes*
Impôts et taxes
Salaires et traitements …
Charges sociales = Chiffre d’affaires
Dotations aux amortissements et Reprises sur amortissements et
provisions d’exploitation provisions d’exploitation
Autres charges d’exploitation

* Le poste charges externes regroupe divers éléments tels que :


- Fournitures non stockables : gaz, électricité, essence…
- Location : dépenses correspondant aux règlements des loyers
- Frais de télécommunication : dépenses de téléphonie
- Honoraires : dépenses effectuées auprès des comptables, juristes, etc.
- Entretien et réparation : frais liés à l’entretien et à la réparation du matériel et de l’entreprise
- Redevance de crédit-bail mobilier : loyers qui sont payés pour utiliser du matériel (machine à café, gros
équipement, …)
- Assurances
- Rémunération du personnel intérimaire
- Publicité
- Déplacements

4.2. Le niveau financier

Y sont inscrits tous les actes économiques qui ont un caractère financier, c’est-à-dire qu’ils dépendent du loyer de
l’argent (l’intérêt), du cours des monnaies ou du cours des actions. Les charges et produits financiers les plus
fréquents sont les suivants :

- Intérêts (en charges) : ce sont les intérêts versés sur les emprunts ou les découverts bancaires ;
- Escomptes accordés (en charges) : quand un client paie de façon anticipée sa facture, on peut lui accorder un
escompte qui est une réduction financière ;
- Intérêts (en produits) : intérêts reçus sur des prêts réalisés par l’entreprise ;
- Revenus des titres de participation (en produits) : revenus sur des placements financiers à long terme (plus d’un
an) comme des actions détenues sur des filiales par exemple ;
- Revenus de valeurs mobilières de placement (en produits) : revenus sur des placements à court terme (placés
dans l’actif circulant du bilan dans la rubrique VMP ;
- Escomptes obtenus (en produits) : réduction financière quand l’entreprise paie une facture à un fournisseur
avant l’échéance

14
COMPTE DE RESULTAT
Charges d’exploitation Produits d’exploitation

Charges financières Produits financiers


Intérêts et charges assimilées Intérêts perçus
Escomptes accordés Escomptes obtenus
Dotation aux amortissements et Revenu des placements
provisions financières Revenu de participations
Revenus des VMP
Reprises sur amortissements et
provisions financières

4.3. Le niveau exceptionnel

Y figurent tous les actes économiques dits exceptionnels, soit parce qu’ils sont non récurrents, non habituels (vente
d’immobilisations, pénalité), soit parce qu’ils n’ont ni un caractère d’exploitation, ni un caractère financier.

COMPTE DE RESULTAT
Charges d’exploitation Produits d’exploitation

Charges financières Produits financiers

Charges exceptionnelles Produits exceptionnels


- sur opérations de gestion - sur opérations de gestion
- sur opérations en capital - sur opérations en capital

4.4. Les charges « hors catégorie »

Y figurent deux rubriques :

 La participation des salariés au bénéfice de l’entreprise ;

 L’impôt sur les bénéfices qui est en principe d’un tiers du résultat réalisé.

COMPTE DE RESULTAT
Charges d’exploitation Produits d’exploitation

Charges financières Produits financiers

Charges exceptionnelles Produits exceptionnels

Participation des salariés Hors


Impôt sur les bénéfices catégorie

Bénéfice Perte
TOTAL TOTAL

Ce bénéfice ou cette perte sera le résultat final de l’entreprise (appelé aussi résultat net comptable). C’est lui que
l’on retrouve au passif du bilan sur la ligne « Résultat ».

15
4.5. Quelques remarques sur le compte de résultat

Décrivant l’activité de l’entreprise pendant l’année, il est remis à zéro chaque 1 er janvier pour décrire l’activité de
la nouvelle année qui commence.

Ce n’est évidemment pas le cas du bilan, car ce que possédait et devait l’entreprise le 31/12/N-1, elle le possède,
et le doit toujours le 1/1/N

D’autre part il ne faut pas confondre le résultat de l’entreprise et sa trésorerie :

 Un résultat positif (appelé bénéfice) traduit l’aptitude de l’entreprise à vendre ses produits ou services plus
chers qu’ils ne coûtent. On dit alors que l’entreprise est profitable ou rentable.
 Une trésorerie positive traduit l’aptitude de l’entreprise à gérer efficacement ses flux de trésorerie, c’est-
à-dire à toujours avoir des encaissements supérieurs à ses décaissements.

EXEMPLE

Soit une entreprise dont la trésorerie est nulle au 1er janvier N.

Durant l’année N, elle ne réalise que deux opérations, toutes deux réalisées en décembre :

 Le 15 décembre N elle achète des marchandises réglées au comptant pour 1 000 €,


 Le 17 décembre elle revend toutes ces marchandises pour 1 300 €, mais elle sera réglée à 90 jours (en mars
N+1).

Le compte de résultat, enregistrant les actes économiques sans tenir compte des paiements, s’établira ainsi au
31/12 N :

COMPTE DE RESULTAT N
Charges d’exploitation Produits d’exploitation
Achats de marchandises 1 000 Ventes de marchandises 1 300
Bénéfice 300
TOTAL 1 300 TOTAL 1 300

Ces deux opérations ayant eu lieu en décembre N, elles doivent toutes deux figurer dans le compte de résultat de
l’année N. Ce bénéfice est donc bien la mesure de la profitabilité de l’entreprise lors de l’année N.

En revanche, la trésorerie au 31 décembre est la suivante :

Compte bancaire Commentaire


Solde de trésorerie au 1/1/N 0 L’entreprise se trouve à découvert car elle a mal géré ses
Paiements des achats de paiements, elle s’est laissée imposer par son fournisseur un
marchandises - 1 000 paiement comptant de ses achats et a autorisé au contraire
Encaissements des ventes de son client à ne la payer que dans 3 mois.
marchandises 0 Le diagnostic est donc mitigé :
= Solde en banque au 31 /12/N - 1 000  Elle est profitable car son résultat est positif ;
 Mais elle gère mal sa trésorerie car elle est à découvert.
Il faut donc toujours regarder ces deux rubriques pour porter
un jugement sur la santé financière d’une entreprise.

16
TD 2
Le compte de résultat

A. On a identifié ces éléments dans une comptabilité (en euros) :

Charges sociales 82 300


Subvention d’exploitation 150 000
Produits exceptionnels sur opérations en capital 478 150
Dotations aux amortissements et provisions d’exploitation 307 050
Variations de stocks de marchandises 12 040
Ventes de marchandises 205 000
Frais de télécommunication 350
Achats de fournitures non stockables 12 080
Produits financiers de participation 34 500
Achats de fourniture d’entretien et de petit équipement 4 890
Achats de marchandises 81 800
Ventes de produits finis 1 045 000
Intérêts et charges assimilées 12 500
Honoraires 6 250
Impôts, taxes et versements assimilés 15 700
Achats de matières premières 700 400
Primes d’assurance 10 200
Entretien et réparation 17 600
Salaires et traitements 256 800
Redevance de crédit-bail mobilier 12 890
Variation de stocks de matières premières 16 900
Achats de fournitures administratives 1 170

Etablir le compte de résultat de cette entreprise

17
Compte de résultat au 31/12/N
Charges Montants Produits Montants
Charges d’exploitation Produits d’exploitation
Achats de marchandises 81 800 Ventes de marchandises 205 000
Variations de stocks de marchandises 12 040 Production vendue 1 250 000
Achats de matières premières 700 400 Subvention d’exploitation 150 000
Variations de stocks de matières premières 16 900
Frais de télécommunication 350
Achats de fournitures non stockables 12 080
Achat de fourniture d’entretien et petit
équipement 4 890
Honoraires 6 250
Prime d’assurance 10 200
Entretien et réparation 17 600
Achat de fournitures administratives 1 170
Redevance de crédit-bail mobilier 12 890
Impôts, taxes et versements assimilés 15 700
Salaires et traitements 256 800
Charges sociales 82 300
Dotations aux amortissements et provisions 307 050

Total charges d’exploitation 1 538 420 Total produits d’exploitation 1 400 000
Charges financières Produits financiers 34 350
Intérêts et charges assimilées 12 500 Produits financiers de participation

Total des charges financières 12 500 Total des produits financiers 34 350
Charges exceptionnelles Produits exceptionnels
Produits exceptionnels sur opérations
en capital 478 150

Total des charges exceptionnelles 0 Total des produits exceptionnels 478 150
Impôts sur les bénéfices
Total charges 1 550 920 Total produits 1 912 500
Bénéfice 361 580 Perte
Total général 1 912 500 Total général 1 912 500

18
[Link] vous demande, à travers ce compte de résultat d’une société, de donner le plus de renseignements possibles
(activité, rentabilité etc.).

CHARGES EXERCICE N

Charges d’exploitation
Achats de marchandises 71 100
Variation de stock - 2 000
Achats de matières premières et autres approvisionnements 1 118 600
Variation de stock 27 000
Autres achats et charges externes 523 900
Impôts, taxes et versements assimilés 207 800
Salaires et traitements 437 000
Charges sociales 220 000
Dotations aux amortissements et aux provisions :
- Sur immobilisations : dotations aux amortissements 217 000
- Sur immobilisations : dotations aux provisions
- Sur actif circulant : dotations aux provisions 24 000
- Pour risques et charges : dotations aux provisions 44 000
Autres charges 49 600

Total des charges d’exploitation (I) 2 938 000

Quote – part de résultat sur opérations faites en commun (II) 3 000

Charges financières
Dotations aux amortissements et aux provisions 30 000
Intérêts et charges assimilées 101 300
Différences négatives de change 6 400
Charges nettes sur cessions de valeurs mobilières de placement 5 000

Total des charges financières (III) 142 700

Charges exceptionnelles
Sur opérations de gestion 17 000
Sur opérations en capital 47 000
Dotations aux amortissements et aux provisions 34 200
Total des charges exceptionnelles (IV) 98 200

Participation des salariés aux fruits de l’expansion (V) 27 000


Impôts sur les bénéfices (VI) 73 000

Total des charges (I +II + III + IV + V + VI) 3 281 900

Solde créditeur = bénéfice 95 300


TOTAL GÉNÉRAL 3 377 200

19
PRODUITS EXERCICE N N-1

Produits d’exploitation
Ventes de marchandises 100 000
Production vendue 2 526 900

Sous-total A - Montant net du chiffre d’affaires 2 626 900

Production stockée 76 000


Production immobilisée 328 000
Subvention d’exploitation
Reprises sur provisions (et amortissements), transferts de charges 148 800
Autres produits 10 900

Sous-total B 563 700

Total des produits d’exploitation (A + B) (I) 3 190 600

Quote – part de résultat sur opérations faites en commun (II) 9 000

Produits financiers
De participations 90 000
D’autres valeurs mobilières et créances de l’actif immobilisé
Autres intérêts et produits assimilés
Reprises sur provisions et transferts de charges financières 4 700
Différences positives de change
Produits nets sur cessions de valeurs mobilières de placement 3 500

Total des produits financiers (III) 98 200

Produits exceptionnels
Sur opérations de gestion
Sur opérations en capital 68 400
Reprises sur provisions et transferts de charges exceptionnelles 11 000

Total des produits exceptionnels (IV) 79 400

Total des produits (I + II + III + IV) 3 377 200

Solde créditeur = perte


TOTAL GÉNÉRAL 3 377 200

20
TD 3
Intégration de la variation des stocks

Le bilan de la société OLIVIA au 31/12/N-1 nous fournit les informations suivantes :

● Stocks de matières premières 26 200 €


● Stocks de produits finis 38 190 €
● Stocks de marchandises 45 000 €

Opérations de l'année N :

1- Achats de matières premières : 120 000 € (1/3 à crédit, 2/3 au comptant par chèque) ;
2- Achats de marchandises : 320 000 € (100 000 € à crédit) ;
3- Règlement par chèques bancaire :
- divers travaux d'entretien : 14 500 €
- l'intérêt annuel (taux 10%) de l'emprunt de 400 000 €
- La rémunération des salariés : 550 000 €
4- Règlement contre espèces :
- des timbres-poste : 520 €
- une insertion publicitaire dans un journal local : 820 €
5- Vente dans l'année d'un terrain pour 330 000 €. Il a été acquis en 76 pour 250 000 €
6- Vente de marchandises : 503 000 €
7- Ventes de produits finis : 713 000 €
8- La société OLIVIA reçoit en N, 12 730 € de dividendes des actions qu'elle détient.

L'inventaire physique des stocks au 31/12/N nous indique leur valeur :

● Stocks de matières premières 29 200 €


● Stocks de produits finis 36 300 €
● Stocks de marchandises 23 000 €

Présenter un extrait de CDR et de bilan (en variation) pour chacune des 8 opérations sans tenir compte
des opérations précédentes.

CDR 1 BILAN 1 (en variation)

Résultat : Total Total

CDR 2 BILAN 2 (en variation)

Résultat = Total Total

CDR 3 BILAN 3 (en variation)

Résultat = Total Total

CDR 4 BILAN 4 (en variation)

Résultat : Total Total

21
CDR 5 BILAN 5 (en variation)

Résultat = Total Total

CDR 6 BILAN 6 (en variation)

Résultat Total Total

CDR 7 BILAN 7 (en variation)

Résultat = Total Total

CDR 8 BILAN 8 (en variation)

Résultat = Total Total

CDR 9 BILAN 9 (en variation)

Résultat = Total Total

22
TD 4
Etablissements d’un compte de résultat

Au cours de l'année N qui s'est terminé par une perte de 4 260 €, l’entreprise Labelafer a enregistré les éléments
suivants (€) :

- Achats de matières premières 1 208 700


- Intérêts et charges assimilées 155 000
- Salaires et traitements 1 790 160
- Produits financiers de participations 28 600
- Achats de marchandises 644 000
- Charges externes 598 100
- Produits exceptionnels sur opérations de gestion 170 000
- Autres charges de gestion courante 25 000
- Ventes de marchandises 1 352 400
- Ventes de produits finis 4 430 500
- Autres produits de gestion courante 73 500
- Participation des salariés 102 800
- Charges exceptionnelles sur opération de gestion 210 000
- Impôts, taxes et versements assimilés 182 700
- Impôt sur les bénéfices 250 900
- Charges sociales 750 800

On vous indique, en outre, la valeur des stocks : AU 1/1/N AU 31/12/N

- Matières premières 252 500 A retrouver


- Marchandises 199 000 141 000
- Produits finis 213 700 58 600

1. Etablir le compte de résultat de l’année N en prenant un soin particulier à la présentation puis calculer la
marge commerciale, la production de l'exercice et la consommation de matières premières.

2. Quelle est la différence entre une entreprise commerciale et une entreprise industrielle

23
TD 5
ARTICULATION BILAN – COMPTE DE RESULTAT

EXERCICE 1.

M. Gaspi créée une entreprise de commerce de cadeaux. Pour cela, il apporte 500 000 € qui constituent son apport
personnel en capital. Il rachète un fonds de commerce pour 700 000 € et aménage le magasin de rayonnages,
d'installations diverses pour un montant de 120 000 €. Il verse une caution fixée à 9 000 € pour la location des murs
et il souhaite disposer dans un premier temps de 15 000 € de liquidités déposées en banque.

a) Quel est le montant d'emprunt nécessaire pour compléter l'apport en capital ?


b) Présenter le bilan d'ouverture de l'entreprise.

BILAN D’OUVERTURE
ACTIF MONTANT PASSIF MONTANT

ACTIF IMMOBILISE CAPITAUX PROPRES


Fonds commercial 700 000 Capital 500 000
Aménagements 120 000
Caution 9 000 Total 500 000

Total 829 000 DETTES


Emprunts 344 000
ACTIF CIRCULANT
Total 344 000
Banque 15 000

Total 15 000

844 000 844 000

Quelle est la situation nette : 500 000 €

Après une première année d'activité, la situation du commerce de M. Gaspi est la suivante :

- Achats de cadeaux : 204 000 €, dont 50% à crédit ;


- Salaires et cotisations sociales (salariales et patronales) : 19 125 € ;
- Facture de téléphone : 1 250 € ;
- Ventes de marchandises : 350 000 € ;
- Le capital emprunté n'a pas été remboursé au cours de la période mais des intérêts ont été réglés, sachant que
le taux d'intérêt annuel est de 3 % et que les charges d'intérêts sont calculées sur le capital dû ;
- Facture d'électricité : 4 500 € ;
- Loyer du magasin : 9 000 € ;
- Intérêts reçus pour un placement de trésorerie excédentaire : 300 €.

Toutes les charges ont été réglées pendant l’année sauf les achats de cadeaux dont 50% sont à régler en N+1.
Les ventes ont été effectuées pour les ¾ au comptant.
Par ailleurs, il y a un stock final de marchandises évalué à 5000 €.

24
Présenter le compte de résultat après cette première année.

COMPTE DE RESULTAT N
CHARGES MONTANT PRODUITS MONTANT

CHARGES D’EXPLOITATION PRODUITS D’EXPLOITATION


Achats de marchandises 204 000 Ventes de marchandises 350 000
Var des stocks - 5 000
Autres achats et charges externes 14 750
Salaires et charges sociales 19 125 Total 350 000

Total 232 875 PRODUITS FINANCIERS


Intérêts 300

CHARGES FINANCIERES Total 300


Intérêts 10 320

Total 10 320

Total charges 243 195 Total produits 350 300


Bénéfice 107 105 Perte
350 300 350 300

Calculer le montant des disponibilités dont dispose M. Gaspi à la fin de l’année.

TRESORERIE (BANQUE)
ENCAISSEMENTS MONTANT DECAISSEMENTS MONTANT
Solde initial 15 000 Achats décaissés 102 000
Ventes encaissées 262 500 Autres achats et charges externes 14 750
Intérêts reçus 300 Salaires et charges sociales 19 125
Intérêts 10 320

Total 277 800 Total 146 195

Solde
Solde positif 131 605

277 800 Total 277 800

25
Dresser le bilan après cette première année d'activité.

BILAN N
ACTIF MONTANT PASSIF MONTANT

ACTIF IMMOBILISE CAPITAUX PROPRES


Fonds commercial 700 000 Capital 500 000
Aménagements 120 000 Résultat N 107 105
Caution 9 000
Total 607 105

Total 829 000 DETTES


Emprunts 344 000
ACTIF CIRCULANT Fournisseurs 102 000
STOCKS 5 000
Clients 87 500
Banque 131 605
Total 446 000

Total 224 105


1 053 105 1 053 105

26
EXERCICE 2.

M. Labro et Sadan ont décidé de créer une petite entreprise sociétaire de pose de parquets, papiers peints et
moquette. Ils font un apport en capital de 50 000 €. Cet apport en numéraire est déposé à la banque dès la
constitution de la société, en l'occurrence le 01/01/N.

Présenter le bilan de cette société au 01/01/N.

BILAN D’OUVERTURE
ACTIF MONTANT PASSIF MONTANT

ACTIF CIRCULANT CAPITAUX PROPRES


Banque 50 000 Capital 50 000
Total 50 000 Total 50 000

Quelle est la situation nette : 50 000 €

Pendant l'année N, la firme a effectué (et réglé) plusieurs opérations liées à son activité :

- Acquisition d'une ponceuse aspirante : 18 500 € ;


- Achat d'une camionnette de transport : 65 000 € ;
- Achats de pinceaux, rabots, brosses : 32 580 € (ce sont des objets dont la durée de vie est brève, en tout cas
ceux qui restent en fin d'année N n'ont plus aucune valeur) ;
- Achats de vernis, colle, cires, solvants et de teintures : 130 000 € (à la fin de décembre N, ils ont été consommés
intégralement).

Les travaux sont facturés à 80 € le m2. On vous signale que les deux associés aidés d'un ouvrier ont traité 20 000
m2. Ces travaux sont réglés au comptant sauf pour quelques clients devant encore 75 000 €.

Les charges supportées et réglées par la société pendant l'année N sont les suivantes :
- Salaires et cotisations sociales afférentes : 84 564 € ;
- Divers impôts et taxes (hors TVA et impôts sur les bénéfices) : 15 310 € ;
- Électricité : 18 000 € ;
- Téléphone : 7 500 € ;
- Essence pour la camionnette : 24 000 € ;
- Intérêts liés à un emprunt de 60 000 € effectué pour financer la camionnette achetée en N au taux annuel de
9%. La durée de remboursement est de 6 ans sur la base de remboursements avec amortissements constants
de 10 000 € par an, le premier remboursement est prévu en N+1, mais les intérêts annuels sont réglés dès la
fin de la première année de l’emprunt ;

Les associés acquièrent en décembre une deuxième ponceuse pour 29 700 € (paiement dans 3 mois).

27
Présenter le compte de résultat de la société à la fin de N

COMPTE DE RESULTAT N
CHARGES MONTANT PRODUITS MONTANT

CHARGES D’EXPLOITATION PRODUITS D’EXPLOITATION


Achats de fournitures 32 580 Prestations de services (Travaux) 1 600 000
Autres achats et charges externes 179 500
Impôts et taxes 15 310 Total 1 600 000
Salaires et charges sociales 84 564
Total 311 954

CHARGES FINANCIERES
Intérêts 5 400
Total 5 400
Total charges 317 354 Total produits 1 600 000
Bénéfice 1 282 646 Perte
1 600 000 1 600 000

Déterminer dans un tableau la situation de la trésorerie après une année d'activité

TRESORERIE 31/12/NN
ENCAISSEMENTS MONTANT DECAISSEMENTS MONTANT
Solde initial 50 000 Ponceuse n°1 18 500
Ventes encaissées 1 525 000 Camionnette 65 000
Emprunts 60 000 Achats de fournitures 32 580
Autres achats et charges externes 179 500
Impôts et taxes 15 310
Salaires et charges sociales 84 564
Intérêts 5 400

Total 400 854

Solde positif 1 234 146


Total 1 635 000 Total 1 635 000

Dresser le bilan à fin N

BILAN FIN D’EXERCICE 31/12/ N


ACTIF MONTANT PASSIF MONTANT
ACTIF IMMOBILISE CAPITAUX PROPRES
Matériels industriels 48 200 Capital 50 000
Matériels de transport 65 000 Résultat N 1 282 646
Total 1 332 646
Total 113 200
DETTES
Emprunts 60 000
ACTIF CIRCULANT Fournisseurs d’immobilisations 29 700
Clients 75 000 Total 89 700
Banque 1 234 146
Total 1 309 146
1 422 346 1 422 346
28
a) Quelle est la situation nette : 1 332 646 €.
Après cette année d'activité en N, les deux associés décident d'un commun accord d'affecter le résultat bénéficiaire.
Ils laissent 282 646 € dans l'entreprise dans la perspective de futurs investissements, et ils prélèvent le reste du
bénéfice qu'ils partagent.

Présenter le nouveau bilan de l'entreprise fin N après répartition du résultat.

BILAN N APRES AFFECTATION DU RESULTAT


ACTIF MONTANT PASSIF MONTANT
ACTIF IMMOBILISE CAPITAUX PROPRES
Matériels industriels 48 200 Capital 50 000
Matériels de transport 65 000 Réserves 282 646
Total 332 646
Total 113 200
DETTES
Emprunts 60 000
ACTIF CIRCULANT Fournisseurs 29 700
Clients 75 000 Total 89 700
Banque 234 146
Total 309 146
422 346 422 346

29
TD 6
SYNTHESE BILAN / COMPTE DE RESULTAT

On vous communique le bilan de la société DORPA au 31-12-N-1

ACTIF IMMOBILISE CAPITAUX PROPRES


● Immobilisation corporelles - Capital 250 000
- Terrains 100 000 - Réserves 180 000
- Constructions 130 000
- Matériels industriels 85 500
● Immobilisations financières Total (I) 430 000
- Prêts 28 000
Total (I) 343 500
ACTIF CIRCULANT DETTES
● Stocks et en cours
- matières premières 35 000 - Emprunts 110 000
- produits finis 90 000 - Fournisseurs 133 500
- marchandises 81 000 Total (II) 243 500
● Créances
- Clients 82 500
● Disponibilités
- Banque 38 000
- Caisse 3 500
Total (II) 330 000
Total Général (I + II) 673 500 Total général (I +II) 673 500

Opérations réalisées en N :

1- Achat d'un matériel à crédit à « X » pour 18 500 €.


2- Achat de marchandises au comptant (chèques bancaire) pour 10 000 €.
3- Achat de matières premières en espèces pour 3 500 €.
4- On dépose en caisse 10 000 € prélevés sur le compte bancaire.
5- Vente de produits finis pour 18 000 €. On accorde un crédit au client Marris.
6- Le client Marris nous règle les deux tiers de sa dette par chèque bancaire.
7- Règlement d'une facture d'électricité de 2 000 € par chèque bancaire.
8- Règlement des frais de location d'un entrepôt, 3 000 € par chèque bancaire.
9- On achète en espèce des timbres-postaux pour une somme de 250 €.
10 -On vend un matériel 15 000 €. Ce matériel avait coûté 22 000 €. (Chèque).
11 -On achète 100 actions de la Société « LOMA » à 150 € l'une (chèque).
12 -On règle les 18 500 € dus à « X ».
13 -Vente de produits finis pour 25 000 €. Règlement par chèque bancaire.
14 -Vente à crédit de marchandises à Lejeune pour 12 500 €.
15 -Lejeune nous retourne 2 500 € de marchandises non conformes.
16 -On règle une facture concernant des annonces parues dans divers journaux : 4 500 € par chèque
17 -On reçoit 20 € de dividendes par action « LOMA ».
18 -On règle une prime d'assurance de 4 800 € par chèque.
19 -On achète à crédit des matières premières pour 17 500 €.
20 - On fait un chèque de 12 100 € en remboursement de l'emprunt. Les 10/11 ème de la somme représentent
l'amortissement de cet emprunt ; le complément représente la charge d'intérêt.
21 - Les stocks au 31/12/N sont les suivants :
● Stocks de matières premières 33 000 € - Stocks de marchandises 84 000 €
● Stocks de produits finis 95 000 €
30
Présenter les extraits du bilan et du compte de résultat N pour chaque opération en cumulant les
comptes puis établir les comptes finaux.

CDR 1 BILAN 1
Matériels 104 000 Résultat 0
Fournisseurs 152 000
Résultat = 0 Total 692 000 Total 692 000

CDR 2 BILAN 2
Achats de marchandises Banque 28 000 Résultat -10 000
10 000
Résultat = -10 000 Total 682 000 Total 682 000

CDR 3 BILAN 3
Achats de matières Résultat -13 500
premières 3 500 Caisse 0
Résultat = - – 3 500 Total 678 500 Total 678 500

CDR 4 BILAN 4
Banque 18 000 Résultat -13 500
Caisse 10 000
Résultat : 0 Total 678 500 Total 678 500

CDR 5 BILAN 5
Production vendue 18 000 Clients 100 500 Résultat 4 500

Résultat = + 18 000 Total 696 500 Total 696 500


CDR 6 BILAN 6
Clients 88 500 Résultat 4 500
Banque 30 000
Résultat = 0 Total 696 500 Total 696 500

CDR 7 BILAN 7
Autres achats et charges Ventes de produits finis Banque 28 000 Résultat 2 500
externes 2 000 18 000
Résultat = -2 000 Total 694 Total 694500

CDR 8 BILAN 8
Charges externes 3 000 Banque 25 000 Résultat - 500

Résultat = -3 000 Total 691 Total 690

CDR 9 BILAN 9
Charges externes 250 Caisse 9 750 Résultat - 750

Résultat = -250 Total 650 Total 250

CDR 10 BILAN 10
Moins-values sur opération Matériels 82 000 Résultat -7 750
en Banque 40 000
Capital 7 000
Résultat = -7 000 Total 684 Total 60

CDR 11 BILAN 11
VMP 15 000 Résultat -7 750
Banque 25 000

Résultat = + 0 Total 684 Total 684

31
CDR 12 BILAN 12
Banque 6 500 Résultat -7 750
Fournisseurs 133 500

Résultat = 0 Total 667 Total 667

CDR 13 BILAN 13
Ventes de produits finis Banque 31 500 Résultat 29 750
25 000

Résultat = + 25 000 Total 703 Total 703

CDR 14 BILAN 14
Ventes de marchandises Clients 101 000 Résultat 29 750
12 500

Résultat = + 12 500 Total 750 Total 750

CDR 15 BILAN 15
Ventes de marchandises - Clients 98 500 Résultat 27 250
2 500

Résultat = -2 500 Total 700 Total 700

CDR 16 BILAN 16
Charges externes 4 500 Banque 27 000 Résultat 22 750

Résultat = -4 500 Total 0 Total 690

CDR 17 BILAN 17
Dividendes 2 000 Banque 29 000 Résultat 24 750

Résultat = + 2 000 Total 698 Total 650

CDR 18 BILAN 18
Charges externes 4 800 Banque 24 200 Résultat 19 950

Résultat = + 4 800 Total 693 Total 650

CDR 19 BILAN 19
Achats de matières Résultat 2 450
premières 17 500 Fournisseurs 151 000

Résultat = -17 500 Total 693 Total 650

CDR 20 BILAN 20
Intérêts 1 100 Clients 100 500 Résultat 1 350
Emprunts 99 000

Résultat = -1 100 Total 681 Total 650

CDR 21 BILAN 21
∆ stocks de marchandises ∆s S95 000 50
-3 000
∆ stocks de
Résultat = + 6 000 Total 687 Total 68

32
COMPTE DE RESULTAT DORPA N

CHARGES D'EXPLOITATION
PRODUITS D'EXPLOITATION
Achats de marchandises 10 000 Ventes de marchandises 10 000
Variation des stocks de marchandises - 3 000 Ventes de produits finis 43 000
Achats de matières premières 21 000 Production stockée 5 000
Variation des stocks de mat. premières 2 000
Autres achats et charges externes 14 500
10 000
T (1) 54 550 T(1) 58 000

CHARGES FINANCIERES PRODUITS FINANCIERS


Intérêts des emprunts 1 100 Revenus des V.M.P. 2 000
T (2) 1 100 T (2) 2 000

CHARGES EXCEPTIONNELLES PRODUITS EXCEPTIONNELS


Sur opérations en capital 22 000 P.C.E.A. 15 000
T (3) 22 000 15 000

BENEFICE 7 350 PERTE

TOTAL 75 000 TOTAL 75 000

BILAN DORPA N

ACTIF IMMOBILISE CAPITAUX PROPRES


Terrains 100 000 Capital 250 000
Constructions 130 000 Réserves 180 000
Matériels industriels 82 000 Résultat N 7 350
Prêts 28 000
T (1) 437 350
T (1) 340 000

ACTIF CIRCULANT DETTES


Stocks de matières premières 33 000 • Financières
Stocks de produits finis 95 000 - Emprunts 99 000
Stocks de marchandises 84 000 • Exploitation
Clients 98 500 - Fournisseurs 151 000
Valeurs mobilières de placement 15 000
Banque 12 100
T (2) 250 000
Caisse 9 750
T (2) 347 350

TOTAL 687 350 TOTAL 687 350

33
34
Chapitre 3
Les opérations de haut de bilan

1. Comment s’enregistre les apports des actionnaires ?

La plupart des entreprises sont créées uniquement par des apports d’argent sous forme de chèques ou virements. On parle
alors d’apports en numéraires. Mais il arrive aussi que les actionnaires apportent, en plus des numéraires, des éléments dont
l’entreprise va avoir besoin (local, stock de composants…). On parle alors d’ apports en nature.

Exemple.

Féru d’antiquités, M Broc écume tous les weekends les brocantes. Il a ainsi accumulé dans son garage tout un stock de meubles
et bibelots. Le 1er janvier N, il décide avec un ami d’exploiter le garage et son contenu et d’en faire un magasin d’antiquités.
Ainsi les deux actionnaires apportent à la création de l’entreprise : 10 000 € en numéraires, un garage estimé à 30 000 € et un
stock de meubles et bibelots estimé à 40 000 €

Actif BILAN Passif


Actif immobilisé Capitaux propres
Constructions 30 000 Capital social 80 000
Actif circulant
Stock de marchandises 40 000
Disponibilités 10 000
TOTAL 80 000 TOTAL 80 000

2. Comment s’enregistre un emprunt ?

2.1. L’obtention d’un emprunt

Exemple.

M. Broc, pour transporter les gros meubles, a besoin d’un petit camion d’une valeur de 10 000 €. Il sait très bien que s’il utilise
les 10 000 € en disponibilités pour régler le camion, l’entreprise sera incapable de faire face aux premières factures qui
arriveront (eau, électricité…).

Ce même 1er janvier, il contracte donc un emprunt de 8 000 € sur 5 ans au taux d’intérêt de 3% remboursable par amortissement
constant du capital, chaque 31 décembre. Cela signifie que le montant de l’emprunt (on parle du capital de l’emprunt, à ne pas
confondre avec le capital social) sera remboursé en 5 tranches égales de 1 600 €.

Le bilan après l’obtention de l’emprunt est donc le suivant :

Actif BILAN DE CREATION LE 01/01/N Passif


Actif immobilisé Capitaux propres
Constructions 30 000 Capital social 80 000
Actif circulant Dettes
Stock de marchandises 40 000 Emprunt 8 000
Disponibilité 18 000
TOTAL 88 000 TOTAL 88 000

L’obtention de l’emprunt n’a créé aucun résultat car l’entreprise ne s’est pas enrichie.

En N, l’entreprise a seulement vendu des bibelots pour 1 000 € le 15 avril et a été réglée comptant. D’autre part, la très faible
activité de l’entreprise durant l’année N ne l’a conduite à acquérir le petit camion (pour 10 000 €) qu’en toute fin d’année N (le
26 décembre). Elle l’a réglé au comptant. (Elle aurait de ce fait pu emprunter plus tard mais ce qui est fait est fait !!!).

Suite à ces opérations, les comptes de résultat et bilan de l’entreprise le 26 décembre N sont les suivants :

35
Charges COMPTE DE RESULTAT AU 26/12/N Produits
Ventes de marchandises 1 000
Bénéfice 1 000

Actif BILAN LE 26/12/N Passif


Actif immobilisé Capitaux propres
Constructions 30 000 Capital social 80 000
Matériel de transport 10 000 Résultat 1 000

Actif circulant Dettes


Stock de marchandises Emprunt 8 000
40 000
Disponibilités 9 000
TOTAL 89 000 TOTAL 89 000

2.2 Le remboursement d’un emprunt

Le 31 décembre N, l’entreprise doit commencer à rembourser l’emprunt. On dit qu’elle doit payer la première annuité de
l’emprunt (en effet les entreprises remboursent le plus souvent leurs emprunts une fois par an, d’où le terme « annuité », alors
que les particuliers remboursent en général tous les mois et on parle alors de mensualités).

Toute annuité (ou mensualité) comprend toujours deux éléments : le capital remboursé et les intérêts.

Tableau de remboursement (ou d’amortissement) de l’emprunt :

Capital dû Remboursements Capital dû


Dates Intérêts Annuités
(Début de période) (Amortissements) (Fin de période)
31/12/N 8 000 240 1 600 1 840 6 400
31/12/N+1 6 400 192 1 600 1 792 4 800
31/12/N+2 4 800 144 1 600 1 744 3 200
31/12/N+3 3 200 96 1 600 1 696 1 600
31/12/N+4 1 600 48 1 600 1 648 0
Totaux 720 8 000 8 720

2.2.1. Le remboursement du capital de l’emprunt

Il doit avoir deux conséquences :

- Diminuer les disponibilités, car le banquier prélève 1 600 € sur le compte bancaire de l’entreprise,
- Diminuer le montant de l’emprunt au passif car l’entreprise ne doit plus 8 000 € mais 6 400 €.

Suite au remboursement du capital de l’emprunt, les comptes se présenteront ainsi au 31/12/N :

Charges COMPTE DE RESULTAT AU 31/12/N Produits


Ventes de marchandises 1 000
Bénéfice 1 000
TOTAL 1 000 TOTAL 1 000

Actif BILAN AU 31/12/N Passif


Actif immobilisé Capitaux propres
Constructions 30 000 Capital social 80 000
Matériel de transport 10 000 Résultat 1 000

Actif circulant Dettes


Stock de marchandises 40 000 Emprunt 6 400
Disponibilités 7 400
TOTAL 87 400 TOTAL 87 400

36
2.2.2. Le paiement des intérêts de l’emprunt

Les intérêts de l’emprunt doivent être inscrits en charges financières car à la différence du capital qui, lui, a été versé par la
banque à l’origine, les intérêts demandent un effort à l’entreprise. Il faudra qu’elle génère des liquidités sur ses autres activités
pour pouvoir les payer. C’est pourquoi on utilise l’expression « payer des intérêts » et non « rembourser des intérêts ».

On peut aussi concevoir les intérêts comme le coût d’un service qui a été vendu à l’entreprise (les intérêts sont le loyer de
l’argent).

Suite au paiement des intérêts de l’emprunt, le compte de résultat et le bilan au 31 décembre sont les suivants :

Charges COMPTE DE RESULTAT AU 31/12/N Produits


Charges financières Ventes de marchandises 1 000
Intérêts et charges assimilées 240
Bénéfice 760
TOTAL 1 000 TOTAL 1 000

Actif BILAN AU 31/12/N Passif


Actif immobilisé Capitaux propres
Constructions 30 000 Capital social 80 000
Matériel de transport 10 000 Résultat 760

Actif circulant Dettes


Stock de marchandises 40 000 Emprunt 6 400
Disponibilités 7 160
TOTAL 87 160 TOTAL 87 160

3. Comment fonctionne la taxe à la valeur ajoutée (TVA)

3.1. Qu’est-ce-que la TVA ?

C’est une taxe sur la consommation finale d’un bien. Cet impôt indirect rapport environ 45% des recettes d’impôt de l’Etat
français (environ 3 à 4 fois plus que l’impôt sur le revenu !!!!).

Tout ce que l’entreprise consomme constitue une consommation intermédiaire, même si le lien avec le produit fini est très
lointain (une immobilisation, le café offert aux visiteurs…)

3.2. Quels sont les taux de TVA et comment se calcule-t-elle ?

Elle est calculée en appliquant un taux au montant hors taxes (H.T.) du produit ou du service. En l’ajoutant au montant H.T. on
obtient le montant toutes taxes comprises (T.T.C.).

Les principaux taux en vigueur sont :

 Taux normal : 20%


 Taux intermédiaires : 10%. Il concerne la restauration, la vente de produits alimentaires préparés, les transports, les
travaux de rénovation dans les logements anciens.
 Taux réduit : 5,5%. Il concerne les produits alimentaires, les boissons sans alcool, les cantines scolaires, les livres.

37
3.3 Quel est le mécanisme de la TVA ?

 Concernant les achats de biens et services et acquisitions d’immobilisations :

Lorsque l’entreprise achète des biens ou services à un fournisseur pour 1 000 € H.T. (ou acquiert une immobilisation pour le
même montant), ce fournisseur est obligé d’adresser une facture mentionnant les éléments suivants :
Montant H.T. 1 000 €
TVA à 20% 200 €
Montant T.T.C. 1 200 €

L’entreprise lui réglera bien sûr le montant T.T.C. (au comptant ou plus tard). En revanche l’Etat rendra à l’entreprise cette TVA,
appelée TVA déductible. La TVA est donc bien neutre pour l’entreprise, par conséquent ce n’est pas une charge.

 Concernant les ventes de biens et services et les cessions d’immobilisations :

Si l’entreprise revend ce qu’elle a acheté, à un client pour 2 500 € H.T., la facture se présentera ainsi :
Montant H.T. 2 500 €
TVA à 20% 500 €
Montant T.T.C. 3 000 €

Le client réglera donc à l’entreprise un montant T.T.C. de 3 000 €. L’entreprise devra rendre à l’Etat cette TVA, appelée TVA
collectée au sens où l’entreprise l’a « collectée » auprès du client pour le compte de l’Etat.

La TVA est là encore neutre pour l’entreprise. Donc, l’entreprise est concernée par la TVA mais elle ne la supporte pas et n’en
profite pas.

DE CE FAIT IL N’Y AURA JAMAIS DE TVA (NI DE MONTANTS TTC) DANS LE COMPTE DE RESULTAT (puisque celui -ci enregistre les
charges et les produits).

3.4 Quel est l’impact de la TVA sur les comptes de l’entreprise ?

Cas d’un achat de biens et services ou d’une acquisition d’immobilisation

La facture d’achat de l’exemple s’enregistrera ainsi :

Charges COMPTE DE RESULTAT Produits


Achats de marchandises 1 000

Actif BILAN Passif


Créances Capitaux propres
Autres créances 200 Résultat -1 000
Dettes
Découvert (si paiement comptant) 1 200
Ou Fournisseurs (si paiement à crédit)

Cas d’une vente de biens et services

La facture de vente s’enregistrera ainsi :

Charges COMPTE DE RESULTAT Produits


Ventes de marchandises 2 500

Actif BILAN Passif


Créances Capitaux propres
Clients 3 000 Résultat 2 500
ou disponibilités Dettes
TVA collectée 500

38
TD 6
LES OPERATIONS
COMMERCIALES

1. L’entreprise Marcelle a réalisé les opérations suivantes en € :


Opérations Mars HT Avril HT
Ventes de marchandises diverses (TVA à 20%) 4 760 500 3 489 000
Ventes de produits alimentaires (TVA 5,5%) 890 000 1 087 600
Achats de biens et services divers (TVA à 20%) 2 987 540 2 100 000
Achats d’immobilisations (TVA à 10%) 398 000 879 000
Achats de produits alimentaires (TVA à 5,5%) 557 210 217 125

1° Calculer la TVA due au titre du mois de mars.


2° Calculer la TVA due au titre du mois d’avril.
3° Dans quelles situations une entreprise peut-elle avoir un crédit de TVA ?

2. On vous communique le bilan de l’entreprise Savok au 31-12-N


Bilan N
Constructions 40 000 Capital 100 000
Matériels de transport 40 000 Réserves 20 000
Stocks de marchandises 40 000 Emprunts 60 000
Clients (1) 59 800 Fournisseurs (2) 11 960
Banque 13 660 TVA à payer 1 500
Total 193 460 Total 193 460
(1) La moitié sera réglé en janvier (2) à régler en janvier

Opérations de janvier N+1 :

 Achat d’un camion pour 30 000 € TTC, paiement à 60 jours.


 Achats de marchandises pour 60 000 € TTC, paiement à 45 jours.
 Ventes de marchandises pour 96 000 € TTC ; paiement 20% au comptant et 80% à deux mois.
 Réception d’une facture d’eau pour 1 000 € HT, paiement en mars.
 Paiement des salaires de janvier : 12 000 € dont 50% de charges sociales.
 Fin janvier, il reste 50 000 € de marchandises en stock.

Présenter le compte de résultat et le bilan fin janvier N+1.

39
40
CHAPITRE 4

COMPTABILISATION ET EVALUATION DES STOCKS

1. Les stocks au bilan et au compte de résultat

Lors de la détermination du résultat de l’exercice, il faut comparer le chiffre d’affaires avec le coût des marchandises vendues
(cas d’une entreprise commerciale) ou le coût de production des produits vendus (cas d’une entreprise industrielle).

Cela suppose un suivi des ventes de marchandises ou de produits finis (c’est-à-dire des sorties de stocks) sur l’exercice.

Dans le cas d’une entreprise commerciale, le chiffre d’affaires lié aux ventes de marchandises d’une période ne s’explique pas
par les seuls achats de marchandises de la période. En effet, une partie des marchandises achetées dans la période peut ne pas
être vendue sur la période et donc se retrouver en stock de fin de période. A l’inverse, une partie des ventes de la période peut
provenir de marchandises en stock en début de période, c’est-à-dire d’achats réalisés sur la période passée.

Par conséquent, pour le coût des ventes, il faut s’intéresser aux marchandises vendues plutôt qu’aux seules marchandises
achetées sur la période. Cela suppose de prendre en considération le montant du stock initial (en début de période) et du
stock final (en fin de période).

Exemple pour les marchandises et matières premières

La société Magasins Meilleurs Prix commence l’année avec un stock de marchandises de 40 000 €.
Au cours de l’année, elle achète des marchandises pour un montant de 189 000 €. A la fin de l’année, le stock final
s’élève à 75 000 €.

Le stock initial et les marchandises achetées dans l’année représentent le total des marchandises disponibles pour
réaliser les ventes :

Stock initial 40 000


Achats de marchandises de l’année 189 000
Marchandises disponibles pour la vente 229 000

Le stock final représente les invendus en fin d’année. Cela signifie que les marchandises vendues dans l’année
représentent un coût correspondant au coût des marchandises disponibles pour la vente moins le stock final, soit :

Marchandises disponibles pour la vente 229 000


Stock final -75 000
Coût des marchandises vendues 154 000

Cela revient à écrire que le coût des marchandises vendues correspond aux achats de marchandises plus la
variation de stocks qui est égale au stock initial moins le stock final :

Achats de marchandises de l’année 189 000 Le stock a augmenté de 35 000, passant de 40 000 à
Variation de stock -35 000 75 000, cela signifie qu’une partie des achats n’a pas
Coût des marchandises vendues 154 000 été vendue et est donc venue augmenter le stock.

Ces calculs se traduisent par la présentation de deux comptes séparés au compte de résultat :

COMPTE DE RESULTAT
Charges Produits
Achats de marchandises 189 000
Variation de stocks de marchandises -35 000

41
Dans le cas d’une entreprise industrielle, il y a des stocks de matières premières et de produits fabriqués. Pour les
stocks de matières premières, il faut procéder de manière identique que pour les marchandises, avec des variations
de stocks qui figurent dans les charges du compte de résultat. On calcule alors le coût des matières premières
consommées (c’est-à-dire le coût de la sortie des stocks) qui se traduit ainsi dans le compte de résultat :

COMPTE DE RESULTAT
Charges Produits
Achats de matières premières
Variation de stocks de matières premières (SI – SF)

Pour les stocks de produits fabriqués, la façon de procéder diffère car les produits ne sont pas achetés mais
fabriqués par l’entreprise elle-même. Leur variation de stock figure en produits au compte de résultat.

Exemple pour les produits finis

La société Roazon Production commence l’année avec un stock de produits fabriqués de 60 000 €. En fin d’année,
le stock final est évalué à 42 000 €. Sur l’année, les ventes réalisées s’élèvent à 710 000 €.

Le stock de clôture de produits fabriqués représente le coût de production des produits fabriqués invendus. Sur
l’année, ce stock diminue de 18 000 €, cela signifie qu’une partie des ventes de la période résulte de produits
fabriqués sur la période passée. Le calcul du résultat de l’exercice suppose donc de tenir compte di coût de
production des sorties de stocks qui correspond à des charges supportées sur l’année passée. Au compte de
résultat, les produits apparaissent ainsi :

COMPTE DE RESULTAT
Charges Produits
Ventes de produits finis 710 000
Variation de stocks (SF – SI) -18 000
Total 692 000

Le total de 692 000 € correspond au chiffre d’affaires réalisé après déduction du coût de production des sorties
de stocks liées à des produits fabriqués sur la période passée. S’agissant du coût de production des produits
fabriqués et vendus sur l’exercice, ils sont déjà intégrés au niveau des différents postes de charges du compte de
résultat.

2. La valorisation des sorties de stocks

Construire le compte de résultat et le bilan suppose d’évaluer les stocks. La variation du stock sur un exercice
impacte le résultat. Quant au stock final, il apparaît au bilan.

Pour valoriser les sorties de stocks, il convient de faire une hypothèse sur la sortie des éléments en stock.
L’hypothèse retenue ne reflète d’ailleurs pas nécessairement la manière dont les stocks circulent effectivement
dans l’entreprise. Ces trois hypothèses sont les suivantes :

 La méthode du coût moyen unitaire pondéré (CMUP) évalue les sorties de stocks sur la base d’un coût moyen
pondéré de l’ensemble des éléments en stock.

 La méthode du dernier entré, premier sorti (DEPS), aussi connue sous le nom de LIFO (Last In First Out)
considère que les sorties de stocks concernent en priorité les éléments les plus récents du stock.

 La méthode du premier entré, premier sorti (PEPS), à l’inverse, considère que les sorties de stocks concernent
en priorité les éléments les plus récents du stock.

42
En période de variation des prix, la méthode retenue peut avoir des conséquences importantes.

Exemple

Le 1er mai, une entreprise démarre une activité commerciale. Voici les transactions du premier mois :

Dates Nombre de tonnes Coût par tonne


2 mai – Achats 10 000 10 €
10 mai – Achat 20 000 13 €
18 mai - Ventes 9 000

A. Méthode du premier entré, premier sorti (PEPS ou FIFO)

Coût des marchandises vendues 9 000 tonnes à 10 €/tonne 90 000 €


Stock final 1 000 tonnes à 10 €/tonne 10 000 €
20 000 tonnes à 13 €/tonne 260 000 €
Valorisation du stock final 270 000 €

B. Méthode du dernier entré, premier sorti (DEPS ou LIFO)

Coût des marchandises vendues 9 000 tonnes à 13 €/tonne 117 000 €


Stock final 10 000 tonnes à 10 €/tonne 100 000 €
11 000 tonnes à 13 €/tonne 143 000 €
Valorisation du stock final 243 000 €

C. Méthode du coût moyen unitaire pondéré (CMUP)

CMUP = [(10 000 x 10) + (20 000 x 13) ] / (10 000 + 20 000) = 12 €

Coût des marchandises vendues 9 000 tonnes à 12 €/tonne 108 000 €


Stock final 21 000 tonnes à 12 €/tonne 252 0000 €
Valorisation du stock final 252 000 €

Supposons que les 9 000 tonnes sont vendues à 15 € la tonne.

a) Calculer la marge commerciale dans les trois cas.


b) Dans l’hypothèse de prix à la hausse, que constater au sujet des différentes évaluations du résultat et des stocks
selon la méthode utilisée ?
c) Supposons que les prix baissent, quelles seraient alors vos observations au sujet de la marge commerciale et de
la valorisation du stock final ?

3. La valorisation des entrées en stocks


- Les stocks de biens achetés (marchandises, matières premières,) sont évalués au coût d’achat ;
- Les stocks de produits semi-finis, finis et d’en-cours au coût de production, hors coût de distribution.

Le coût d’achat comprend :

- Le prix d’achat (après déduction des remises commerciales et des escomptes de règlements),
- Les droits de douane et autres taxes non récupérables (ce qui n’est pas le cas de la TVA généralement),
- Les frais de transport, de manutention et autres coûts directement attribuables à l’achat

43
TD 7

Marges sur ventes de marchandises

Burod’oc fait du négoce de mobilier de bureau. Le 1/1/N, son bilan se présente ainsi :

Actif BILAN au 1-1-N Passif

Immobilisations 400 000 Capital 400 000


Stock marchandises 300 000 Réserves 200 000
Banque 200 000 Emprunt 300 000
900 000 900 000

L’entreprise valorise ses stocks en FIFO.

Le stock au 1-1-N est composé de 300 bureaux à 1 000 € pièce.

L’emprunt a été souscrit à l’origine le 1er janvier N sur une durée de 6 ans. Il est remboursé chaque 31 décembre
par amortissement constant du capital. L’intérêt, au taux de 6,2%, est réglé également au 31 décembre de chaque
année.

Durant l’année N l’entreprise procède aux achats et ventes suivants :

 12 février : achat de 150 bureaux à 1 050 € l’unité ; paiement à 60 jours.

 25 mars : vente de 420 bureaux à 1 500 € l’unité ; paiement à 60 jours.

 1er juin : achat de 200 bureaux pour une valeur totale de 216 000 € ; paiement à 90 jours.

 20 juillet : achat de 250 bureaux à 1 100 € l’unité ; paiement à 90 jours.

 5 août : vente de 440 bureaux à 1 450 € l’unité ; paiement à 30 jours.

 9 octobre : achat de 180 bureaux pour une valeur totale de 192 600 € ; paiement à 90 jours.

 5 novembre : vente de 200 bureaux à 1 550 € l’unité ; paiement à 60 jours.

1) Présenter le tableau complet de l’amortissement de l’emprunt

2) Etablir le compte de résultat et le bilan au 31 décembre N.

44
Chapitre 5
POURQUOI FAUT-IL TENIR COMPTE DE L’EVOLUTION
DES STOCKS DE PRODUITS ?

1. LE PROBLEME

Deux amis ont mis au point un produit nouveau. Il s’agit d’un mini-compteur d’eau qui peut s’adapter sur tous les types de
robinets que l’on peut trouver dans un logement. Son intérêt, en période d’augmentation constante du prix de l’eau, est de
savoir instantanément combien on a consommé sur chaque point d’eau de la maison, plutôt que de découvrir a posteriori (et
souvent avec effroi…) le montant de la facture d’eau.

Le produit, techniquement, est extrêmement simple. Il est constitué d’une « bague filtrante » adaptable sur tout robinet et
d’un instrument de mesure du débit (débitmètre). Le but est de faire commercialiser le produit (baptisé AQUASTOP) par les
spécialistes du bricolage, notamment les chaînes spécialisées (Leroy Merlin, Castorama, Bricorama…).

On souhaite confier la fabrication des deux sous-ensembles (bague et débitmètre) à deux sous-traitants et de se consacrer à
l’assemblage des deux composants et au réglage du débitmètre.

Le prix d’achat de la bague est de 3 €, celui du débitmètre est de 6 €, le temps de montage par les ouvriers est estimé à 6
minutes (le coût de l’heure en salaire et charges sociales est de 30 €) et le réglage, pour des questions de réglementations, est
confié à l’APAVE (organisme spécialisé dans la qualité) et coûte 3 € par AQUASTOP. Le coût de production du produit est donc
de 15 €. Il sera vendu 20 €.

Le 1er octobre N, les deux amis décident de créer leur société, qui s’appellera ECOLEAU, avec les apports suivants :
- Numéraires : 1 500 000 € ;
- Stocks de bagues : 3 000 à 3 € ;
- Stock de débitmètre : 3 000 à 6 €.

Le bilan de création est donc le suivant :

Actif Passif
Stocks de bagues 9 000 Capital 1 527 000
Stocks de débitmètres 18 000
Banque 1 500 000
Total 1 527 000 Total 1 527 000

Les créateurs, afin d’alléger les charges de l’entreprise durant les six premiers mois, ont décidé de ne pas prendre de salaires.
Sur la période de novembre et décembre, ils décident de lancer en fabrication globalement 30 000 AQUASTOP et donc
achètent exactement les quantités correspondantes des deux composants. Il faudra donc régler aux ouvriers 3 000 heures à
30 €, et payer la facture de 90 000 € à l’APAVE.

La société, afin de faire connaître son produit, décide de faire en décembre N une campagne de publicité confiée à une agence
et qui coûte 100 000 €. Donc, au 31 décembre N, le compte de résultat, pour ce qui est des charges est le suivant :

Charges Produits
Achats de matières premières 270 000
Variation de stock de matières premières 0
Autres achats et charges externes 190 000
Salaires 90 000
Total 550 000

Il serait injuste de dire que l’entreprise a fait une perte de 550 000 € (la somme des charges) car en contrepartie, elle a fabriqué
30 000 AQUASTOP qu’elle possède et qui représente une certaine valeur même si ECOLEAU ne les a pas encore vendus. Elle
les a donc en stock, ce qui va générer une évolution du stock (on l’appelle en fait « production stockée »).

Cette production stockée sera inscrite du côté des produits (en faisant cette fois comme calcul : SF – SI car s’il ne s’agit pas
encore d’une vente, cela constitue bien une valeur pour l’entreprise.

45
2. LE CALCUL DE LA PRODUCTION STOCKEE

Combien valent ces stocks de produits finis ?

Ils doivent être valorisés au coût de production, hors coût de commercialisation. On considère en effet que les coûts de
commercialisation ont été engagés pour les produits vendus. Ainsi, les frais de publicité n’interviennent pas dans la valorisation
du stock final.

On a consommé pour ces produits :

- Bagues : 90 000 € soit les achats + la variation de stock


- Débitmètre : 180 000 € soit les achats + la variation de stock
- Prestation APAVE : 90 000 €
- Salaires : 90 000 €
- Total : 450 000 €

Ces stocks de produits finis apparaîtront donc au bilan pour ce qu’ils ont coûté à produire, 450 000 €. De ce fait la production
stockée s’établira à : 450 000 € - 0 € = 450 000 €.

3. L’ACTE DE PRODUIRE ET LES DOCUMENTS DE SYNTHESE

Finalement, compte tenu de la production stockée, le compte de résultat sera le suivant :

Charges Produits
Achats de matières premières et autres Production stockée
approvisionnements - AQUASTOP (SF – SI) 450 000
- Bagues 90 000
- Débitmètres 180 000
Variation de stock de matières premières
et autres approvisionnements
- Bagues 0
- Débitmètres 0
Autres achats et charges externes
- Prestations APAVE 90 000
- Agence de publicité 100 000
Salaires et traitements 90 000 PERTE 100 000
Total 550 000 Total 550 000

L’entreprise a consommé 550 000 €, et elle n’a créé de la valeur que pour 450 000 € (c’est sa production en l’absence de tout
chiffre d’affaires) ; elle s’est donc appauvrie de 100 000 €, ce que confirme le bilan :

Actif Passif
Stocks de matières premières et Capital 1 527 000
autres approvisionnements Résultat - 100 000
- Bagues 9 000
- Débitmètres 18 000
Stocks de produits finis
- AQUASTOP 450 000
Banque 950 000
Total 1 427 000 Total 1 427 000

Le solde en banque est obtenu en partant du montant initial (1 500 000 €) et en soustrayant tout ce qui a été payé.
La perte est justifiée car 100 000 € ont été engagés en publicité sans générer de ventes !!!

4. COMMENT INSCRIRE LES VARIATIONS DE STOCKS


46
Concernant les stocks au bilan, tous les stocks, de quelque nature qu’ils soient, se trouvent à l’actif car ils représentent des
éléments que contrôlent l’entreprise et dont elle est propriétaire.
Pour la variation des stocks et la production stockée, la règle est la suivante :

 Tous les stocks qui ont été achetés par l’entreprise, à savoir :
- marchandises
- matières premières
- autres approvisionnements,
voient leur variation s’inscrire du côté des charges sous la rubrique « variation de stock » (de manière à reconstruire la
notion de consommation) en faisant le calcul : SI – SF

 Tous les stocks qui ont été produits par l’entreprise (que leur fabrication soit terminée ou pas) (et non pas vendus ce qui
est différent) à savoir :
- produits semi-finis ;
- Encours de biens ou de services ;
- Produits finis,
voient leur évolution s’inscrire du côté des produits sous la rubrique « production stockée » (de manière à reconstruire la
notion de production) en faisant le calcul : SF - SI

5. LA PRODUCTION VENDUE ET LES DOCUMENTS DE SYNTHESE

En poursuivant le scénario, si on imagine que le 2 janvier N+1 ECOLEAU vende 20 000 AQUASTOP à LEROY MERLIN au prix de
20 €, pour lesquels elle a des coûts de transport de 20 000 € (elle a utilisé les services de l’entreprise SERNAM.) On conviendra
qu’elle n’a fabriqué aucun AQUASTOP en N+1.

Les documents de synthèse le 2 janvier au soir seront les suivants :

5.1. LE COMPTE DE RESULTAT

COMPTE DE RESULTAT
Charges Produits
Autres achats et charges externes Production vendue 400 000
- Prestation SERNAM 20 000 Production stockée -300 000
Bénéfice 80 000
Total 100 000 Total 100 000

Les articles sortis du stock l’ont été au CMUP (15 €), la sortie de stock a donc été de 300 000 € (20 000 x 15 €). Le stock final
est donc de 150 000 € (10 000 x 15 €)

La production stockée se chiffre à -300 000 €, donc elle peut être négative, ce qui correspond à un déstockage.

La production vendue (qui peut être de biens ou de services) correspond aux ventes réalisées ; Le chiffre d’affaires est donc de
400 000 €, en effet le CA est uniquement constitué des ventes de marchandises et de la production vendue de biens
ou de services à l’exclusion de toute autre rubrique.

Le bénéfice se chiffre donc à 80 000 €.

NB : la somme de la production vendue et de la production stockée donne la production de l’entreprise, (ici 100 000 €).

En fait cette production est valorisée (pour la production vendue) en prix de vente, elle inclut donc la marge réalisée par
l’entreprise. Donc en N+1, l’entreprise n’a matériellement rien produit si ce n’est la marge réalisée.

5.2. LE BILAN

47
BILAN AU 2 JANVIER N+1
Actif Passif
Stocks de matières premières et Capital 1 527 000
autres approvisionnements Résultat N+1 80 000
- Bagues 9 000 Report à nouveau -100 000
- Débitmètres 18 000
Stocks de produits finis
- AQUASTOP 150 000
Banque 1 330 000
Total 1 507 000 Total 1 507000

Les stocks d’autres approvisionnements n’ont pas bougé.

Le stock final de produits finis se chiffre à 150 000 € (10 000 x 15 €).

Le solde en banque est obtenu en partant de la situation au 31 décembre N (950 000 €) et en ajoutant ce qui a été encaissé et
en soustrayant ce qui a été réglé, à savoir :

Ventes d’AQUASTOP 400 000 €


Règlement auprès de la SERNAM 20 000 €

Le résultat négatif de l’année N, en l’absence de réserves est placé en report à nouveau.

48
TD 8
Marges sur ventes de produits finis

Une entreprise de fabrication de sous-vêtements féminins présente le 1er janvier N le bilan suivant :

Actif Passif

Immobilisations 216 000 Capital 1 900 000


Stock tissu 150 000 Réserves 200 000
Stock armature 100 000 Fournisseurs * 50 000
Stock soutien-gorge 84 000
Banque 1 600 000
2 150 000 2 150 000

* A régler fin janvier

Les stocks de tissu sont constitués de 30 000 pièces à 5 €.

Les stocks d’armature sont constitués de 25 000 pièces à 4 €.

Les stocks de soutien-gorge sont constitués de 5 600 pièces à 15 €.


<
Il faut pour fabriquer un soutien-gorge une pièce de tissu, deux armatures et 2 € de salaires.

Les achats sont réglés à 60 jours, les ventes à 90 jours et les salaires en fin de mois.

En janvier, les opérations suivantes sont réalisées :

→ Achat de 96 000 pièces de tissu à 5,20 € la pièce ;

→ Achat de 210 000 armatures à 3,90 € la pièce ;

→ Fabrication de 100 000 soutien-gorge ;

→ Vente de 98 000 soutien-gorge à 16 € pièce.

1. Calculer le coût de production des soutien-gorge fabriqués en janvier N.

2. Etablissez le compte de résultat et le bilan au 31 janvier N.

3. Que pensez-vous de la future trésorerie de l’entreprise ?

49
Chapitre 7
LES AMORTISSEMENTS

1 - NOTIONS D'AMORTISSEMENT

- Les acquisitions d'immobilisations sont enregistrées dans un compte de bilan. Par conséquent, il n'y
a aucune incidence sur le résultat de l'exercice. Pourtant, cette opération représente une charge. En
effet, les immobilisations subissent une dépréciation avec le temps, donc une perte de valeur. C'est
le rôle de l'amortissement de tenir compte de cette perte de valeur.

- Le plan comptable le définit comme la « constatation comptable d'un amoindrissement de la valeur


d'un élément d'actif résultant de l'usage, du temps, de changement de technique ou de toute autre
cause dont les effets sont irréversibles ». Il ressort de cette définition que les biens qui ne se déprécient
pas à l'usage ni au temps ne sont pas amortis (terrains, fonds de commerce, titres immobilisés...). Si
ces biens subissaient une dépréciation, celle-ci serait constatée par voie de provision.

- L'amortissement est donc une charge mais une charge d'une nature particulière car elle ne se traduit
pas par un décaissement (sortie d'argent), ce dernier ayant eu lieu lors de l'acquisition du bien. C'est
pourquoi on parle de charge calculée ou non décaissée.

2 - LES FONCTIONS DE L'AMORTISSEMENT

- Fonction comptable
Il permet de garantir la sincérité du bilan et l'image fidèle qu'il doit révéler.

- Fonction financière
Il constitue une charge venant réduire le résultat, or celle-ci n'est pas décaissée. Cette baisse du
résultat interdit alors aux actionnaires de distribuer le supplément de bénéfice qui serait apparu en
cas d'absence d'amortissement. Donc les sommes correspondant à l'amortissement restent à la
disposition de l'entreprise. Il s'ensuit qu'il constitue une source de financement pour l'entreprise.

- Fonction économique
Il permet de répartir le coût d'acquisition de l'immobilisation sur sa durée d'utilisation. On respecte
alors le principe d'indépendance des exercices.

3- LE CALCUL DES AMORTISSEMENTS

- Valeur d'origine (VO) : prix d'acquisition du bien. Il est toujours hors TVA récupérable.
- Valeur comptable nette (V.N.C.) : différence, à une date donnée, entre la valeur d'origine et la
somme des annuités d'amortissement pratiqués à cette date. C’est la valeur d’inscription au bilan des
immobilisations.
- Annuités : somme calculée et comptabilisée chaque année. On parle de dotation aux amortissements.

50
L'évaluation de la dépréciation future d'un bien s'établit dans un plan d'amortissement. Pour chaque
bien on détermine une durée probable d'utilisation (durée de vie). La loi fiscale préconise des durées
normales d'utilisation :

- Bâtiment administratif : 25 ans


- Bâtiment industriel : 20 ans
- Matériel industriel : 10 ans Toutefois, les entreprises peuvent s'écarter de ces
- Mobilier de bureau : 10 ans durées indicatives. Il leur faudra alors justifier les
- Voiture : 5 ans écarts auprès de l'administration fiscale en cas de
- Poids lourd : 4 ans contrôle.
- Brevet : durée d'exclusivité qu'il confère

4 - LES SYSTEMES D'AMORTISSEMENT

A - LE SYSTEME LINEAIRE

Il constitue la méthode normale d'amortissement. Il revient à répartir de manière égale la dépréciation sur
la durée probable d'utilisation du bien.

1 - Principe

- Détermination de n, durée prévue d'utilisation


- A la fin de n, on doit obligatoirement avoir : V.N.C. = 0
- Taux d'amortissement en % : tl = Error! %
- Annuité = Vo x tl

2 - Calcul de la première annuité

- L’amortissement linéaire doit être calculé à partir de la date exacte de mise en service du bien (à ne pas
confondre avec la date d'acquisition pouvant lui être antérieure)

- Si le bien est mis en service en cours d'exercice comptable, la première annuité doit être réduite au
prorata du temps d'utilisation (règle du prorata temporis). Ce prorata est calculé en jours (l'année est
comptée à 360 jours)

3 - Exemple de plan

Un matériel est acquis le 1/01/2021 et mis en service le 1/06/2021 pour 200 000 € (durée de vie : 5 ans).

VO = 200 000 € ; n = 5 ; tl = 20%


Annuités Cumul des
Année V.N.C. en fin d'exercice
d'amortissement amortissements
2021 23 333 23 333 176 667
2022 40 000 63 333 136 667
2023 40 000 103 333 96 667
2024 40 000 143 333 56 667
2025 40 000 183 333 16 667
2026 16 667 200 000 0
B - SYSTEME DEGRESSIF
51
Institué en 1960 pour relancer les investissements, il permet de mieux coller à la réalité en calculant un
amortissement plus élevé les premières années.

1 - Principe

On calcule l'annuité d'amortissement en appliquant le taux dégressif retenu t d à la V.N.C. La remarque


1° explique le calcul de td.

Ex. : Matériel ; V.O. = 100 000 € ; td = 40%. A1 = 100 000 x 0,4 = 40 000 => V.N.C.1= 60 000 ; A2 = 60
000 x 0,4 = 24 000 => V.N.C.2 =36 000 ; A3 = 36 000 x 0,4 = 14 400 => V.N.C.3 = 21 600 etc...

Remarques :

1° Le taux d'amortissement dégressif (td) est obtenu en appliquant au taux linéaire (t l) des coefficients
fixés par la législation fiscale. Les coefficients sont de :
- 1,5 si la durée de vie est de 3 ou 4 années
- 2 si elle est de 5 ou 6 années
- 2,5 si elle est supérieure à 6 années
2° En cas d'acquisition en cours d'année, le calcul de la première annuité se fait prorata temporis et se
calcule à partir du premier jour du mois d'acquisition. Ex. : pour un bien acquis le 31/7/06, la première
annuité sera calculée à compter du 1/7/06 même si le bien est mis en service le 15/8/06. Cette première
annuité se détermine en mois.

3° Si on applique intégralement ce système, il est impossible d'amortir complètement le bien car il reste
toujours une V.N.C. C'est pourquoi on doit cesser de pratiquer le dégressif à un moment donné pour
terminer dans les délais voulus en passant au mode linéaire.

Règle : on pratique le système linéaire à partir de l'année où le taux linéaire, calculé sur le nombre
d'années restant à amortir, devient supérieur au dégressif.

2 - Exemple

Une machine est acquise le 31/08/2021 pour 9 600 € H.T. Durée de vie prévue : 5 ans.

V.N.C. Annuité Amortissements V.N.C.


Année
début d'exercice d'amortissement cumulés fin d'exercice
2021 9 600 1 600 1 600 8 000
2 022 8 000 3 200 4 800 4 800
2 023 4 800 1 920 6 720 2 880
2 024 2 880 1 440 8 160 1 440
2 025 1 440 1 440 9 600 0

3 - Biens amortissables en dégressif

Ce système revient à majorer la charge d'amortissement des premières années par un jeu d’écriture. Il
s'ensuit une réduction du bénéfice et donc de l'impôt. C'est pourquoi la législation fiscale limite le
nombre de biens amortissables dégressivement aux :

52
- Biens d'équipement industriel : matériel utilisé dans les opérations de fabrication, transformation,
transport ; matériel de manutention, installation antipollution, installation de sécurité, bâtiment
industriel dont la durée de vie n'excède pas 15 ans, camions d'une charge utile supérieure à 2 tonnes
mais les camionnettes et véhicules de tourisme en sont exclus.
- Equipement mobilier et immobilier utilisés dans l'hôtellerie
- Immeubles industriels de construction légère (baraque de chantier)

A cette restriction s'ajoutent des conditions de forme à savoir que seuls les biens acquis neufs sont
admis et la durée d'utilisation doit être d'au moins 3 ans.

4 – PRESENTATION DU BILAN

L'actif est présenté en 3 colonnes, la première pour la valeur d'origine, la deuxième pour les
amortissements et la troisième pour la différence à savoir la valeur comptable nette. La colonne
amortissement enregistre le cumul des amortissements c'est à dire toutes les dotations effectuées depuis
l'acquisition du bien jusqu'à la date d'établissement du bilan.

BILAN N
ACTIF PASSIF
EX N EX N-1
Brut Amortissements Net Net
Immo V.O. Cumul Différence

Donc, les amortissements ne diminuent pas directement les comptes d'actif qui se déprécient.
Les biens totalement amortis, c'est à dire ceux dont la VNC est nulle, doivent être maintenus au bilan s'ils
sont encore utilisés.

53
TD 8
LES AMORTISSEMENTS

1) Un turbo encabulateur a été acquis le 18.12.N pour 1 760 000 €. On décide d'effectuer
l'amortissement dégressif sur 8 ans.

Présenter le tableau d'amortissement


Présenter l'extrait du compte de résultat et du bilan au 31 décembre N et au 31 décembre
N+4.
Quelle sera l'influence de l'amortissement sur le résultat de ces exercices ?

2) On amortit un matériel suivant le système dégressif. Cela donne lieu aux trois premiers
amortissements suivants :

- première année 4 000 €


- deuxième année 6 400 €
- troisième année 3 840 €
… …

Indiquer : la valeur d’origine, le taux d’amortissement et la date (mois) d’acquisition de ce matériel.


(Exercice clos le 31 décembre).

3) Au 31.12.N, après inventaire, le matériel industriel de la société Mekka-Stagnett figure au bilan pour
une valeur nette comptable de 55 371,10 €. Il a été acquis en janvier N-3 et amorti dégressivement
sur 10 ans.

Retrouver sa valeur d'origine

54
TD 8

MATHEMATIQUES FINANCIERES

a) On place une somme de 50 000 € pendant 3 ans, rémunéré à un taux d'intérêt de 8%.
Quelle est sa valeur acquise si la somme est placée à intérêts simples ? à intérêts composés ?

b) On place un capital de 65 000 € à intérêts composés pendant 6 ans et 9 mois, au taux annuel de 8%.
Calculer sa valeur acquise à la fin de la période de placement.

c) Quel taux d'intérêt semestriel équivaut à une capitalisation annuelle de 12% ?

d) Calculer la valeur acquise par un capital de 20 000 € placé :


- Au taux annuel de 10% pendant un an
- Au taux proportionnel trimestriel.

e) Une personne dispose de 10 000 €, le 31-12 N+1. En supposant que le taux moyen de dépréciation monétaire
se soit élevé à 10% ces deux dernières années, Calculer la valeur actuelle de son avoir au 01-01-N.

f) Un capital placé pendant quatre ans à intérêts composés au taux annuel de 7,5% donne une valeur acquise
égale à 86 805,49 €. Quel est le montant du capital ?

g) On s'engage à verser le premier janvier de chaque année une somme de 10 000 € pendant 3 ans.
- Date du premier versement : 01-01-N
- Date du dernier versement : 01-01-N+2
- Date de retrait de la valeur acquise : 31-12-N+2
- Taux de capitalisation : 11%
-
Calculer la valeur acquise au 31-12-N+2 ?

h) Une personne décide de verser régulièrement chaque année une somme de 15 000 €
- Date du premier versement : 01-01-N
- Date du dernier versement : 01-01-N+14
- Taux de capitalisation : 12%

Calculer la valeur acquise le jour du dernier versement, une période après le dernier versement, 4
périodes après le dernier versement.

i) On doit recevoir 3 sommes de 10 000 € chacune, la première étant versée le 31-12-N. En supposant que le taux
de dépréciation monétaire soit de 10% au cours de la période des versements, de quel pouvoir d’achat
dispose-t-on en euros constants le 01-01-N ?

j) Une société prévoit que ses recettes prévisionnelles pour une activité spécifique seront les suivantes au cours
des 5 prochaines années : 150 000 €, 180 000 €, 200 000 €, 200 000 €, 200 000 €. En prenant un taux
d'actualisation de 5%, quelle sera la valeur actuelle de toutes ces sommes au début de l'année 1 ?

55
Chapitre 8
Théorie des emprunts, problématique

L’emprunt ordinaire ne comporte qu’un seul prêteur (le banquier) par opposition à l’emprunt obligataire qui en
comporte une multitude. L’emprunteur doit payer au préteur des annuités.

Annuités = Remboursement (Amortissement) d’une fraction de l’emprunt + Intérêts sur le capital


restant dû

Deux systèmes de remboursement sont possibles

1. Système à Amortissements constants => annuités diminuent (Cas général)


2. Système à annuités constantes => amortissements augmentent (Cas français)

Formalisation :

V0 : montant du capital emprunté,


a1, a2,…, an : annuités successives des années 1, 2,…, n ;
A1, A2…, An : amortissements successifs des années 1, 2…, n ;
V1, V2, …, Vn : capital restant dû après paiement de la 1ère, 2ème, nième annuités ;
i : taux nominal de l’emprunt ;
n : durée de l’emprunt.

Tableau général de remboursement

Capital
Période Intérêts Amortissements Annuités
restant dû

1 iV0 A1 a1 = iV0 + A1 V1 = V0 – A1
2 iV1 A2 a2 = iV1 + A2 V2 = V1 – A2
… … … … …
p iVp-1 Ap ap = iVp-1 + Ap Vp = Vp-1 – Ap
p+1 iVp Ap+1 ap+1 = iVp + Ap+1 Vp+1 = Vp – A p+1
… … … … …
n iVn-1 An an = iVn-1 + An Vn = Vn-1 - An

Dans le cadre du système d’emprunts à remboursements constants, démontrer que l’on a toujours :

Vo i
ap+1 – ap = -
n

Dans le cadre du système d’emprunts à annuités constantes, démontrer les relations suivantes :

Ap+1 = Ap(1+i)
et

Vo i
a=
1 – (1+i) -n

56
Chapitre 8
Théorie des emprunts, démonstration des formules

1. RELATION AMORTISSEMENTS-ANNUITES

ap+1 - ap = iVp + Ap+1 –iVp-1 - Ap ; or, Vp = Vp-1 – Ap => ap+1 - ap = iVp-1 - i Ap + Ap+1 – iVp-1 - Ap

=> ap+1 - ap = Ap+1 - Ap (1+i) toujours vrai

Dans le cadre du système d’emprunts à remboursements constants, on a toujours : A = V0/n

Vo i
ap+1 – ap = - Progression arithmétique décroissante de raison : -V0i/n
n

Dans le cadre du système d’emprunts à annuités constantes, on a toujours :

Ap+1 = Ap (1+i) Relation très importante

Comme V0 = A1 + A2 + A3 … + An

On a : V0 = A1 + A1(1+i) + A1(1+i)2 … + A1(1+i) n-1

A1 [(1+i)n -1]
V0 =
i

3 RELATION CAPITAL EMPRUNTE – ANNUITES

Ligne 1 : a1 = iV0 + A1 et V1 = V0 – A1 => V1 = V0 – a1 + iV0=> V1 = V0 (1+i) – a1

Ligne 2 : a2 = iV1 + A2 et V2 = V1 – A2 => V2 = V1 – a2 + iV1=> V2 = V1 (1+i) – a2

=> V2 = V0 (1+i)2 – a1(1+i) – a2

Ligne n : Vn = V0 (1+i) n - a1(1+i) n-1 - a2(1+i) n-2 - … - an-1 (1+i) - an

Or, Vn = 0 => V0 (1+i) n = a1(1+i) n-1 + a2(1+i) n-2 + … + an-1 (1+i) - an

=> V0 = a1(1+i) -1 + a2(1+i) -2 … + an-1 (1+i) –(n-1) + an(1+i) -n

Si les annuités sont constantes : V0 = a (1+i) -1 + a (1+i) -2 - … + a (1+i) –n

a (1+i) –n [(1+i)n – 1]
V0 =
i

a [1 - (1+i)-n]
V0 =
i

Vo i
a=
1 – (1+i) -n

57
TD 8
Théorie des emprunts

1. Une personne emprunte 200 000 € remboursables en 5 amortissements constants. Sachant que le taux
d’intérêt annuel est de 12 %, dressez le tableau d’amortissement de l’emprunt.

2. Même question, sachant que les annuités sont constantes.

3. Vous disposez du tableau d’amortissement suivant d’un emprunt indivis remboursable par annuités
constantes.

Capital restant dû en
Années Intérêts Amortissements Annuités
début de période
1 36 967,72
2 31 563,88
3
4 175 256,14
5 123 319,16
...
n

Il est demandé :

a. Le calcul du taux d’intérêt


b. Le montant du capital restant dû au début de la deuxième période
c. Le montant du capital emprunté
d. Le montant de l’annuité
e. La durée de l’emprunt
f. De terminer le tableau.

4. Une entreprise souscrit un emprunt de 200 000 € le 1/1/N auprès du crédit vinicole (taux d’intérêt : 11,5 %)
remboursable en 10 annuités constantes.

a. Présenter les deux premières lignes du tableau d’amortissement de l’emprunt.


b. Calculer directement le montant du septième amortissement puis du huitième intérêt à verser

Le 1/1/N + 4, l’entreprise décide de rembourser cet emprunt par anticipation.

c. Déterminer la somme à verser à cette date au crédit vinicole.

5. Le tableau d’amortissement d’un emprunt amortissable par 8 annuités constantes indique :

 Intérêts payés l’avant dernière année : 36 605,72 €


 Intérêts payés la dernière année : 19 257,01 €

a. Calculer le taux d’intérêt et l’annuité constante ?


b. Calculer le montant initial de l’emprunt

58
59
Chapitre 10
LE CHOIX DES INVESTISSEMENTS

1 LES PARAMETRES

Investir, c’est acquérir un bien dont on attend des avantages durables. C’est donc renoncer à une liquidité
immédiate dans l’espoir de gains futurs.

1.1 Typologie des investissements

a) La classification de J. Dean établit ces distinctions :

Type économique Type décisionnel Type opérationnel

Investissement de remplacement
Investissement de maintien Investissement forcé
Investissement stratégique défensif

Investissement stratégique offensif


Investissement d’expansion Investissement volontaire Investissement de modernisation
Investissement de croissance

L’investissement forcé correspond aux investissements qu’il est nécessaire d’entreprendre pour maintenir l’outil
de travail en état. Ce type de dépense est considéré comme indispensable pour la survie de l’entreprise. Il peut
être considéré comme volontaire s’il est entrepris avant que l’outil ne devienne obsolète.

Les investissements volontaires sont ceux qui permettent d’atteindre des objectifs déterminés par la stratégie
de l’entreprise. Ce type de dépense n’est a priori pas vital pour l’avenir immédiat, mais il conditionne la croissance
et le développement de l’entreprise.

L’intérêt de cette classification est de faire la part des investissements pour lesquels il est possible d’envisager un
calcul rationnel (seconde catégorie), de ceux qui s’imposent, y compris contre toute rationalité financière
(première catégorie). Il est clair également que si une priorité doit être établie, elle ira a priori aux investissements
de maintien.

b) Classification fondée sur la nature et l’objectif

Selon la nature Selon l’objectif

 Corporels : terrain, bâtiments, matériels et mobiliers  Expansion


 Financières : titres de participation, autres titres  Diversification
immobilisés  Renouvellement
 Incorporels : fonds de commerce, brevets, recherche et  Innovation
développement, formation…  Sociaux

 Investissements d’expansion. Ils contribuent à l’augmentation de la capacité de production ou de


distribution de l’entreprise, dans le même domaine que celui déjà exercé. Il peut s’agir d’investissements
internes ou externes (acquisition d’autres entreprises appartenant au même secteur d’activité).

60
 Investissements de diversification. Ils se traduisent également par une augmentation de la capacité,
mais dans un domaine nouveau pour l’entreprise (exemple : lancement par BIC de rasoirs jetables).

 Investissement de renouvellement (ou de remplacement). Il s’agit de remplacer les investissements


devenus obsolètes et généralement totalement amortis. Le renouvellement à l’identique étant rarement
possible, ils s’accompagnent souvent de gains de productivité (machines plus performantes) ou de
changement des produits ou prestations.

 Investissement d’innovation. Ils sont conçus pour exploiter une nouvelle technologie. Ils nécessitent
souvent une réorganisation des modalités de production et une redéfinition des compétences et des
postes de travail.

 Investissements sociaux. Ils sont destinés à améliorer les conditions de vie du personnel : crèches,
cantines, salles de sport… Ils se traduisent par une meilleure productivité et par une plus grande stabilité
du personnel (réduction du turnover).

c) Type d’investissement et évaluation de la rentabilité

On distingue dans ce cas les investissements productifs dont le but est d’améliorer la rentabilité des
investissements non productifs dont le but est d’améliorer le confort et pour lesquels il n’est pas possible de faire
un calcul de rentabilité puisque les gains attendus ne peuvent faire l’objet d’une précision suffisante. Seuls les
investissements productifs font l’objet d’un calcul de rentabilité puisque leur impact sur le chiffre d’affaires et les
coûts sont mesurables.

0 1 2 … n
-I FMN1 FMN2 … FMNn

1.2 Le coût de l’investissement (I)

Dépense initiale qui mesure le volume des fonds que l’entreprise consacre au projet. Il comprend :
- Coût d’achat du bien,
- Frais d’études préalables au projet,
- Coût de transport et droits de douanes,
- Frais de mise en service,
- Formation du personnel
- Besoin supplémentaire en fonds de roulement.

1.3 Les flux monétaires nets (FMN)

Un investissement engendre à chaque période de sa durée de vie des flux monétaires positifs (Encaissements) et
des flux monétaires négatifs (Décaissements). On a d’une manière générale : FMt = Et – Dt
Brut : Avant IS (Impôt sur les sociétés)
Net : Après IS
IS =1/3 BB (Bénéfice brut)

Exemple : Voici les comptes d’une entreprise pour l’année N (en H€) : CA = 2 000
Achats = 300
Salaires = 200
DAP = 600

Calculez le bénéfice brut, le bénéfice net, l’impôt sur les sociétés, le flux monétaire brut et le flux monétaire net.

61
BB = 2 000 – 300 – 200 – 600 = 900
IS = 900/3 = 300
BN = 900 – 300 = 600
FMB = 2 000 – 300 – 200 = 1 500
FMN = 1 500 – 300 = 1 200
FMNt = FMBt - ISt (1 500 – 300)
FMNt = BNt + DAPt (600 + 600)

Exemple : Un investissement doit rapporter les flux monétaires nets suivants :

0 1 2 3
- 240 100 100 100

Faut-il réaliser le projet ? Ça dépend ! du taux d’actualisation

2 L’ACTUALISATION

Faire du calcul économique, c'est principalement comparer des coûts et des avantages monétairement évaluables.
Les uns et les autres sont datés : autrement dit, les coûts sont subis à certains moments et les avantages sont
obtenus à d'autres moments. Pour en faire le bilan, il faut rendre comparable ces coûts et ces avantages subis ou
perçus à des moments différents. C'est l'objet de l'actualisation.

Soit le projet d'investissement X suivant. L'investissement initial de 240 € est effectué à la fin de l'année 0. Il
correspond à des machines d'une durée de vie de 3 ans. Les profits (différence entre les recettes et les coûts) sont
de 100 € chaque année (pour simplifier, on suppose qu'ils sont touchés le dernier jour des années 1,2 et 3).

Le projet est apparemment rentable puisqu'il rapporte 300 € alors qu'il ne coûte que 240 €. En réalité, les choses
sont moins simples car on ne peut pas comparer directement deux sommes reçues à deux dates différentes.

LES INTERETS COMPOSES

Une somme de 100 € placée aujourd'hui à 10% rapporte 10 € au bout d'un an et sont donc devenus 110 €. Replacés
une année de plus au même taux, ces 110 € rapportent 11 € ; ils sont ainsi devenus 121 € ; replacés encore une
année, les 121 € rapportent 12,1 € ; ils sont donc devenus 133,1 €. Les 100 € initiaux ont donc été multipliés par 1,1
à l'issue de la première année ; à nouveau par 1,1 au cours de la deuxième : soit par 1,1 x 1,1, c'est à dire (1,1)2 ou
1,21 ; enfin, à l'issue de la troisième année, les 133,1 € obtenus correspondent bien à 100 € multipliés par (1,1)3.
C’est le principe des intérêts composés : une somme S placée n années au taux d'intérêt r devient S (1 + r) n.
L'actualisation est la réciproque de ce phénomène.

LE COEFFICIENT D'ACTUALISATION

Imaginons que le taux d'intérêt soit encore de 10 % et que vous deviez recevoir 242 € dans un an. Quelle somme
accepteriez-vous de recevoir aujourd'hui pour renoncer à ces 242 € dans un an ? La réponse est 220 €. Placé
aujourd'hui au taux 10 %, ces 220 € vous rapporteraient en effet 22 € ; ils seraient donc devenus 242 € dans un an
(ils auraient été multipliés par 1,1). Autrement dit, 242 € dans un an et 220 € aujourd'hui sont des sommes
équivalentes. On dit que 220 € est la valeur actuelle des 242 €. Pour obtenir cette valeur actuelle, il a suffi de
diviser 242 par 1,1 ou - ce qui revient au même- de les multiplient par 1/1.1 soit 0,9091. Ce nombre est appelé
coefficient d'actualisation. Si le taux d'intérêt est r, le coefficient d'actualisation d'une somme disponible dans un
an est donc 1/1+r.

Imaginons maintenant que vous ne deviez recevoir les 242 € que dans deux ans. Quelle est la valeur actuelle, c'est
à dire la somme qu'il vous serait indifférent de recevoir aujourd'hui à la place des 242 € ? Cette somme, si vous la
placiez pendant 2 ans, devrait devenir 242 €. Or, une somme placée pendant deux ans à 10 % voit par définition

62
sa valeur multipliée par 1,1 chaque année, c'est à dire au total par (1,1) 2, soit par 1,21. La valeur actuelle de 242 € à
recevoir dans deux ans est donc 242/1,21 = 200 (par le jeu des intérêts composés, 200 € aujourd'hui donneront
242 € dans deux ans). Le coefficient d'actualisation est donc maintenant de (1/1,1 2) soit 0,8264.

Récapitulons. 242 € à recevoir dans un an valent aujourd'hui 220 €. Mais seulement 200 € s'ils sont à recevoir dans
les deux ans. Autrement dit plus la somme à recevoir est éloignée, plus sa valeur actuelle est faible. C'est logique
puisque le coefficient d'actualisation diminue avec la durée : 0,9091 pour une somme disponible dans un an.
0,8264 si elle l'est dans deux ans ; (1/1,13) c'est à dire 0,7513 si la somme est disponible seulement dans 3 ans :
d'une façon générale (1/1+r) n si la somme à actualiser doit être reçue dans n années. La valeur actuelle des profits
du projet X est donc la somme :
(1/1,1) x 100 € + (1/1,12) x 100 € + (1/1,13) x 100 € = (0,9091 x 100€) + (0,8264 x 100 €) + (0,7513 x 100 €).

Les résultats sont dans le tableau suivant :

VALEUR ACTUELLE DES PROFITS DU PROJET X


i en % Année 1 Année 2 Année 3 Total Valeur actuelle nette du
projet*
0 100 100 100 300 60
5 95,24 90,70 86,38 272,32 32,32
10 90,91 82,64 75,13 248,69 8,69
12,045 89,25 79,66 71,09 240 0
15 86,96 75,61 65,75 228,32 - 11,68
20 83,33 69,44 57,87 210,65 - 29,35
* C'est la valeur actualisée des FMN moins la valeur de l'investissement initial

LA VALEUR ACTUELLE NETTE

La valeur actuelle dépend du niveau auquel on actualise : plus le taux d'actualisation r est élevé, plus la valeur
actuelle est faible, puisque r apparaît au dénominateur du coefficient d'actualisation. Par exemple, si n = 3, le
coefficient est de 0,864 avec un taux de 5 %, de 0,751 avec un taux de 10 % et de 0,578 si le taux est de 20 %

Nous disposons maintenant de tous les éléments pour étudier le projet X. Le tableau donne les valeurs actuelles
des profits attendus de l'investissement. Il suffit pour chaque année de multiplier 100 € (profit attendu) par le
coefficient d’actualisation (1/1+r) qui convient. On a calculé plus haut ceux qui correspondent à r = 10 %. La valeur
actuelle nette des profits des trois années est dans ce cas de 248,69 €. Compte tenu d'un investissement initial de
240 €, la valeur actuelle nette du projet est donc de 8,69 €.

On constate que la valeur actuelle des profits est d'autant plus faible que le taux d'actualisation (le taux d'intérêt)
est élevé. C'est logique : plus ce taux est élevé, plus les profits futurs sont réduits par l'actualisation.

TAUX INTERNE DE RENDEMENT OU TAUX DE RENTABILITE INTERNE

Il existe un taux - 12,045 % exactement - pour lequel la valeur actuelle des profits est égale à celle de
l'investissement. Ce taux d'actualisation qui annule la valeur actuelle nette est en général appelé le taux interne
de rendement de l'investissement par les spécialistes de la gestion et le taux de rentabilité interne par les
économistes. Il s'agit d'une définition rigoureuse de la rentabilité. Si l'entrepreneur emprunte les fonds nécessaires
au projet x à un taux d'intérêt supérieur à ce taux de rendement, il fait des pertes. S'il emprunte à un taux d'intérêt
inférieur, il réalise un profit. S'il emprunte au même taux, le profit réalisé est nul.

Le taux interne de rendement permet de classer tous les projets d'investissement par ordre de rentabilité
décroissante. Au fur et à mesure que le taux de rentabilité baisse, le nombre de projets rentables augmente : le
volume de l'investissement doit donc augmenter.

63
3 LES CRITERES DE CHOIX

3.1 LE DELAI DE RECUPERATION (PAY BACK)

3.1.1 Signification, interprétation et calcul

C’est un indicateur de risque. Il s’agit du temps nécessaire pour récupérer les capitaux investis. Un projet est
considéré comme rentable si son délai de récupération ne dépasse pas un délai maximum déterminé par
l’entreprise. S’il existe plusieurs projets concurrents dont le délai de récupération est inférieur au délai de
récupération maximal, c’est celui dont le délai de récupération est le plus court qui doit être choisi.

Si l’on note :
D : Délai de récupération ;
𝐈
I : Coût de l’investissement ; Si les flux monétaires sont constants : 𝐃 = 𝐅𝐌𝐍
FMN : Flux monétaire net

Si les flux monétaires sont irréguliers annuellement, il suffit de calculer les flux monétaires cumulés jusqu’à l’année
pour laquelle le montant obtenu atteint ou dépasse l’investissement initial.

Soit un investissement de 50 000 € dont les FMN sont les suivants :

Années Flux monétaires nets Flux monétaires cumulés


1 20 000 € 20 000 €
2 10 000 € 30 000 €
3 30 000 € 60 000 €
4 10 000 € 70 000 €
5 60 000 € 130 000 €

D = 2 ans et 8 mois

Il est préférable de calculer le délai nécessaire pour que la valeur des flux monétaires actualisés égale le montant investi.

Soit un investissement de 20 000 € dont les FMN sont, taux d’actualisation 10%. (Année à 360 jours) :

Année Flux monétaires nets Flux monétaires actualisés Flux monétaires actualisés cumulés
1 12 000 € 12 000 (1,1)-1 = 10 909 10 909 €
2 7 000 € 7 000 (1,1)-2 = 5 785 16 694 €
3 6 000 € 6 000 (1,1)-3 = 4 508 21 202 €
4 6 000 € 6 000 (1,1)-4 = 4 098 25 300 €

D = 2 ans et 264 jours

3.1.2 Limites du délai de récupération

 Des flux de trésorerie non pris en compte. Ce critère prend uniquement en compte la rapidité avec laquelle
l’investissement initial peut être récupéré. Il occulte toutefois des informations pertinentes, notamment les flux de
trésorerie postérieurs à la période de récupération. Elle risque de conduire à négliger des investissements avec un
long délai de récupération alors même qu’ils peuvent s’avérer très rentables.

64
 Un mode de gestion du risque rudimentaire. En favorisant les projets dont le délai est court, ce critère permet
de gérer le risque. Toutefois, il risque d’occulter d’autres risques (surestimation de la demande prévisionnelle, sous-
estimation des coûts de fonctionnement…).
 La détermination d’un délai de récupération cible. Aucune base objective ne peut être utilisée pour déterminer
cette cible, il s’agit juste d’une question de jugement. (Voir l’encadré « De la théorie à la pratique »).

Une nouvelle acquisition d’Eurobio Scientific séduit les investisseurs


Le groupe spécialisé dans le diagnostic médical De plus, GenDx affiche une belle dynamique
in vitro, Eurobio Scientific, a annoncé avoir commerciale sur le premier semestre avec des
signé un accord en vue d’acquérir GenDx pour facturations portées à 11,2 millions d’euros et
un montant de 135 millions d’euros. GenDx est une profitabilité accrue avec un EBE de 5,4
un des leaders du typage HLA, notamment millions d’euros (48,2% des ventes).
pour la compatibilité de greffe d’organes. Les Pour Eurobio, cette opération renforcera le
investisseurs apprécient la nouvelle, l’action volume d’affaires du diagnostic
gagne plus de 5%. transplantation, qui représentait 23,8% du
En bourse, les investisseurs ont salué la chiffre d’affaires hors Covid en 2021 (le
nouvelle. Il faut dire que c’était l’acquisition groupe français a vu ses facturations dopées par
tant attendue selon les analystes qui décrivent les tests).
GenDx comme une « société très profitable ».
L’entreprise néerlandaise a enregistré un Source : Les Echos, le 18 août 2022.
chiffre d’affaires de 17 millions d’euros et un
EBE de 6,9 millions d’euros (40,6% des
ventes).

3.2 LA VALEUR ACTUALISEE NETTE (VAN)

La VAN est la valeur actualisée des flux monétaires prévus de laquelle on déduit le montant de l’investissement
lui-même actualisé s’il y a lieu.

Soit I l’investissement, FMNt le flux monétaire prévu pour la période t, i le taux d’actualisation :
𝒏

𝑽𝑨𝑵 = −𝑰 + ∑ 𝑭𝑴𝑵𝒕 (𝟏 + 𝒊)−𝒕


𝒕=𝟏
La VAN est une différence entre ce que doit rapporter l’investissement et le coût de celui-ci.
Si VAN ≥ 0 => oui, Si VAN < 0 => non

Choix du taux d’actualisation :

- Meilleur taux de placement sur le marché financier sans risque + quelques points pour tenir compte des
erreurs de prévisions et du risque ;
- Taux moyen de rentabilité des capitaux investis (Rare !)

3.3 L’INDICE DE RENTABILITE (OU INDICE DE PROFITABILITE)

L’indice de rentabilité (IR) est le rapport de la valeur actualisée des flux monétaires prévus d’un projet au montant
de l’investissement (I).

65
 𝑭𝑴𝑵 𝒂𝒄𝒕𝒖𝒂𝒍𝒊𝒔é𝒔
𝑰𝑹 =
𝑰

Il convient de choisir les projets ayant un indice supérieur à 1, donc ceux qui rapportent plus qu’ils ne coûtent.

3.4 LE TAUX DE RENDEMENT INTERNE (TRI)

Le TRI est le taux d’actualisation qui, appliqué aux flux monétaires d’un projet, leur donne une valeur égale au
montant de l’investissement. C’est donc le taux qui annule la VAN.
Le TRI r est tel que :
𝒏

−𝑰 + ∑ 𝑭𝑴𝑵𝒕 (𝟏 + 𝒓)−𝒕 = 𝟎
𝒕=𝟏
Si TIR ≥ i => oui
Si TIR < i => non

Si les flux monétaires sont constants, le calcul s’effectue comme suit :

𝟏 − 𝑭𝑴𝑵(𝟏 + 𝒓)−𝒏
𝑰=
𝒓

Dans le cas où les flux monétaires ne sont pas constants, il faut découvrir la solution par tâtonnements, car il s’agit
d’une équation de degré n.
On actualise les flux monétaires à un certain taux ; si la valeur actuelle nette obtenue est positive, le taux utilisé
est trop faible, on refait le calcul avec un taux plus élevé ; si la valeur actuelle nette obtenue est négative, le taux
utilisé est trop fort, on refait le calcul avec un taux plus faible. On procède ainsi de façon à obtenir deux taux
situés de part et d’autre du taux de rendement recherché. Pour terminer, il convient d’interpoler.

VAN

Interpolation
linéaire

198,08

20%
i
-8,86 10
%

𝑟 − 0,1 0 − 198,08
= => 𝑟 = 19,50%
0,2 − 0,1 −8,86 − 198,08

66
4 CAS PARTICULIERS

Premier cas

0 1 2 3
(A)
-100 90 20 20

0 1 2 3
(B)
-100 10 20 130

Compte tenu d’un taux d’actualisation de 8%, quel est le projet le plus rentable ?

A B CHOIX
VAN 16,36 29,61 B DIVERGENCE
TIR 20% 19% A

Pourquoi ?

La divergence de résultat est due aux hypothèses différentes quant au taux de réinvestissement des flux
monétaires. La formule de la VAN suppose implicitement que les flux monétaires sont réinvestis au taux
d’actualisation alors que la formule du TIR suppose qu’ils sont réinvestis au taux du TIR.

Comment faire ?

Solution proposée par SOLOMON consistant à prendre en considération une hypothèse explicite de taux de
réinvestissement des flux monétaires et à calculer la VAN globale et le TIR global.

 Calcul de la VANG : on détermine d’abord la valeur acquise par les flux monétaires au taux de
réinvestissement choisi puis on ramène cette somme à l’époque 0 en l’actualisant au taux de d’actualisation.
En ôtant I on obtient la VANG.

Soit j le taux de réinvestissement choisi :

𝒏
VANG = −𝑰 + [∑𝒕=𝟏 𝑭𝑴𝑵𝒕 (𝟏 + 𝒋)𝒏−𝒕 ](𝟏 + 𝒊)−𝒏

 Calcul du TIRG : on recherche le taux d’actualisation r qui rend la VANG nulle, donc r tel que :
𝒏

−𝑰 + [∑ 𝑭𝑴𝑵𝒕 (𝟏 + 𝒋)𝒏−𝒕 ](𝟏 + 𝒓)−𝒏 = 𝟎


𝒕=𝟏

Soit j = 18%

VANG (A) = -100 + [90 (1,18)2 + 20(1,18) + 20] (1,08) -3 = 34,09

VANG (B) = -100 + [10 (1,18)2 + 20(1,18) + 130]] (1,08) -3 = 33

TIRG (A) : r tel que : VANG (A) = 0 => -100 + [90(1,18)2 + 20(1,18) + 20]] (1+r) -3 = 0 => r = 19%

TIRG (B) : r tel que : VANG (B) = 0 => -100 + [10(1,18)2 + 20(1,18) + 130]] (1+r) -3 = 0 => r = 18%

67
Deuxième cas

0 1 2
(A)
-100 90 40

0 1 2 3
(B)
-100 20 60 70

Compte tenu d’un taux d’actualisation de 10%, quel est le projet le plus rentable ?

VAN (A) = 14,85


VAN (B) = 20,36

Solution

a) Effectuer le calcul de rentabilité sur une durée de vie égale au PPCM des deux durées de vie en
supposant les projets renouvelés à l’identique.

0 1 2 3 4 5 6
(A)
- 100 90 -60 90 -60 90 40

0 1 2 3 4 5 6
(B)
-100 20 60 -30 20 60 70

VAN (A) = 37,31


VAN (B) = 35,61

- Peut conduire à des calculs lourds sur des durée de vie très longue ;
- Repose sur une hypothèse peu réaliste, celle du renouvellement à l’identique (néglige le phénomène du
progrès technologique et celui de l’inflation)

b) Raisonner sur la durée de vie la plus courte en prenant en compte la valeur résiduelle du projet le
plus long à l’échéance choisie

Supposons que le projet B puisse être revendu 50 à la fin de l’année 2

0 1 2
(B)
-100 20 60 + 50 = 110

VAN (B) = 9,04


Problème : comment déterminer la valeur résiduelle ?

c) Se donner un taux de réinvestissement des FMN et calculer la VANG et le TIRG sur une durée de vie égale à la durée de
vie du projet le plus long
Si taux de réinvestissement de 12%, on a :
VANG (A) = -100 + [90 (1,12)2 + 40(1,12)] (1,1) -3 = 18,5
VANG (B) = -100 + [20 (1,12)2 + 60(1,12) + 70] (1,1) -3 = 22

TIRG (A) = 16%


TIRG (B) = 17,5%

68
5 DECISION D’INVESTISSEMENT EN AVENIR INDETERMINE

L’avenir est indéterminé lorsqu’on n’est pas capable de donner de probabilité à la survenue d’événements futurs.

Une entreprise étudie 4 projets dans 3 contextes différents. Après étude, les VAN sont fournies ci-après :

Faible croissance Croissance moyenne Croissance forte


Projet A 1 000 1 300 1 200
Projet B 800 1400 1 500
Projet C -100 500 2 000
Projet D 1 100 1 000 400

1) Critère de Bayes-Laplace

Pour chaque projet, on calcule la moyenne arithmétique des VAN possibles et le choix porte sur le projet pour
lequel la moyenne est la plus grande.

Projet A : 1 167
Projet B : 1 233 Non car on suppose qu’il y a équiprobabilité ici !!!!
Projet C : 800 Ce n’est pas un critère adapté à ce type de contexte
Projet D : 833

2) Critère de Wald

On détermine la VAN la plus faible de chaque projet et on choisi le projet pour lequel cette VAN la plus faible
est la plus forte :
A : 1 000
B : 800
C : -100
D : 400

On choisit A
Critère adapté à la psychologie d’un investisseur prudent craignant surtout les mauvais résultats.

3) Critère du Maximax

On choisit le projet donnant le meilleur résultat. => C


Critère très audacieux ne tenant pas compte des risques de perte.

4) Critère de Hurwicz

On calcule, pour chaque projet, une moyenne arithmétique pondérée (H) du résultat le meilleur (M) et du résultat
le moins bon (m). Les coefficients de pondération sont 𝞪 pour M et (1-𝞪) pour m. Ils sont compris entre 0 et 1.

On donne à 𝞪 une valeur proche de 1 quand le décideur est audacieux et proche de 0 quand il est prudent.

H = 𝞪 M + (1- 𝞪)m => On retient le projet pour lequel H est maximal.

69
𝞪 = 0,2 𝞪 = 0,7
A 1 300 x 0,2 + 1 000 x 0,8 = 1 060 1 300 x 0,7 + 1 000 x 0,3 = 1 210
B 940 1 290
C 320 1 370
D 540 890

5) Critère de Savage

Il consiste :

- A identifier, pour chaque événement, le projet qui donnerait le meilleur résultat si cet événement se réalisait ;
- A calculer, pour chaque événement supposé réalisé, les manques à gagner (regrets) qui résulteraient de
l’adoption des autres projets que celui identifié au premier point. On obtient alors une matrice des regrets.
- A déterminer, pour chaque projet, le regret maximal ;
- A choisir le projet pour lequel le regret maximal est minimal.

Matrice des regrets :

Faible croissance Croissance moyenne Croissance forte


Projet A 100 100 800
Projet B 300 0 500
Projet C 1 200 900 0
Projet D 0 400 1 600

70
TD 10
Les critères de choix des investissements

1) La société Tavu a mis au point un produit nouveau susceptible d’intéresser un large public. La direction du marketing
a établi les prévisions d’encaissement et de décaissement portant sur 5 ans. Au-delà, il est fort probable que le
produit devra, sinon être abandonné, du moins être transformé.

La direction des services techniques et la direction financière ont calculé que la production envisagée nécessiterait un
investissement de 700 K€. Cet investissement serait constitué par un ensemble de machines représentant une valeur
de 600 K€ et par une augmentation du besoin en fonds de roulement de 100 K€. Les machines seraient amorties
linéairement sur cinq ans et leur valeur résiduelle serait nulle. Au terme de la cinquième année, il y aurait récupération
du besoin en fonds de roulement. Les décaissements et encaissements d’exploitation (donc sans tenir compte de
l’impôt) relatifs à cet investissement ont été évalués comme suit :

ANNEE 1 2 3 4 5
Décaissements prévus (K€) 400 450 520 540 500
Encaissements prévus (K€) 520 730 1 000 885 640

Compte tenu d’un taux d’actualisation de 10% et d’un taux d’impôt de 33%, on vous demande d’évaluer la rentabilité de
cet investissement par la méthode de la VAN et celle du TIR.

2) Un projet d’investissement nommé Kenta de 100 000 €, amortissable en linéaire sur 4 ans a fait l’objet d’une étude
de laquelle on extrait les informations suivantes :

ANNEE 1 2 3 4
Nombre d’unités produites et vendues 1 000 1 200 1 400 1 700
Prix de vente unitaire 100 103 106 109
Coût variable unitaire 50,909 54,515 46,909 53, 652
Charges fixes y compris amortissements 40 000 40 000 50 000 50 000

La valeur résiduelle est nulle. L’impôt sur les bénéfices est d’un tiers.

Calculer le taux de rentabilité interne et la valeur actuelle nette, au taux de 10%, de ce projet.

L’investissement étant spécifique, il est difficile de lui attribuer une valeur résiduelle. Celle-ci pourrait d’ailleurs
être négative (si l’entreprise devait faire appel à une société spécialisée pour se débarrasser du matériel).

En désignant par X cette valeur résiduelle, exprimer la VAN en fonction de X en prenant 10% comme taux d’actualisation.
Pour quelle valeur de X la valeur actualisée nette serait-elle nulle ? Quel serait alors le taux interne de rentabilité ?

3) L'entreprise TOOL PROFESSIONAL est une importante société spécialisée dans la production de machines-outils. Les
dirigeantes souhaitent développer leur activité internationale afin de répondre aux besoins des pays émergents.
L'investissement à réaliser serait de 850 000 €, amortissable sur cinq ans selon le système dégressif fiscal français
(le coefficient à appliquer est de 2). La valeur résiduelle est supposée nulle.

Les études économiques entreprises montrent que la première année le chiffre d'affaires espéré serait de l’ordre de 550
000 €, avec une croissance de 10% chaque année. Les charges d'exploitation (hors amortissements et impôts sur les
sociétés) seraient la première année de 330 000 € et croîtraient ensuite constamment chaque année de 8 000 €. Le
besoin en fonds de roulement d'exploitation induit par cette activité représenterait 18 jours de chiffre d'affaires (5%). Ce
BFR est nécessaire dès le début de chaque année et supposé récupéré au terme des cinq ans (lancement d'une nouvelle
activité).

L'entreprise est soumise au taux de l'impôt sur les sociétés qui est d’un tiers. L'entreprise est et restera bénéficiaire sur
les autres activités traditionnelles.

71
Ce type d'investissement qui concerne une activité internationale est relativement risqué, aussi un taux de rentabilité de
14% est souhaité par les dirigeants. Ils pensent que les retours sur investissement devraient permettre de le rentabiliser
après environ trois années d'activité.

1) Déterminer les flux de trésorerie prévisionnels induits par cet investissement.

2) Evaluer la rentabilité de cet investissement en déterminant successivement :


- le délai de récupération du capital investi (pay-back sans actualisation) ;
- le délai de récupération du capital investi actualisé ;
- la valeur actuelle nette
- le taux de rentabilité interne.

3) Conseiller les dirigeants sur la décision à prendre concernant cet investissement.

72
73
ANALYSE
FINANCIERE
_____________________________________________________________________________________________

L’analyse financière permet aux dirigeants d’apprécier, à partir du bilan et du compte de résultat, la
performance et l’équilibre financier de leur entreprise, de prendre des mesures correctives si nécessaires
et d’anticiper les impacts financiers de leurs décisions.

Elle peut aussi être réalisée par les autres parties prenantes de l’entreprise comme les banques, les
clients, les fournisseurs, les actionnaires, les salariés, etc.

Cette analyse s’appuie sur la construction d’un tableau des soldes intermédiaires de gestion, d’un bilan
fonctionnel et sur le calcul de ratios financiers.

74
1. ANALYSE DES PERFORMANCES FINANCIERES

A Les soldes intermédiaires de gestion


L’analyse des performances de l’entreprise suppose de construire le tableau des soldes intermédiaires de gestion
(SIG) qui s’appuie sur le compte de résultat élaboré en comptabilité. Ce document fait ressortir les indicateurs de
gestion permettant de mieux comprendre la formation du résultat de l’exercice (bénéfice ou perte).

Tableau Soldes intermédiaires de gestion


Année
Ventes de marchandises - La marge commerciale ne concerne
- Achats de marchandises que les entreprises de négoce (achat de
+/- Variation des stocks de marchandises marchandise pour la revente)
- La production est un indicateur de
= Marge commerciale performance reflétant le niveau
d’activité de production.
Production vendue - La valeur ajoutée traduit la capacité de
+/- Production stockée l’entreprise à créer de la valeur. Cette
= Production de l’exercice valeur sera répartie entre les
différentes parties prenantes ayant
Production de l’exercice contribué à sa création.
+ Marge commerciale - L’EBE correspond à un « résultat
- Achats de matières premières économique ». Il s’agit de la marge
+/- Variation de stocks de matières premières dégagée par l’activité d’exploitation
- Charges externes indépendant de la politique
d’investissement (non prise en compte
= Valeur ajoutée des amortissements), de financement
et fiscale. C’est pourquoi c’est le
- Charges de personnel
meilleur indicateur de comparaison
- Impôts et taxes interentreprise.
= Excédent brut d’exploitation - Le résultat d’exploitation mesure la
performance de l’entreprise
- Dotations aux amortissements, dépréciations et indépendamment de sa politique
provisions financière Il prend en compte la
- Autres charges politique d’investissement (Intègre la
+ Reprises sur amortissements, dépréciations et charge d’amortissement.)
provisions - Le RCAI mesure la performance en
+ Autres produits intégrant l’incidence de la politique de
financement.
= Résultat d’exploitation
+ Produits financiers
- Charges financières
= Résultat courant avant impôt
+ Produits exceptionnels
- Charges exceptionnelles
- Impôts sur les bénéfices
= Résultat net

Calculer les soldes intermédiaires de gestion pour l’entreprise Alexis


2 La capacite d’autofinancement

75
La CAF mesure la capacité de l’entreprise à s’autofinancer avant prélèvement des dividendes. Elle
correspond à des flux de trésorerie potentiel issu des opérations de gestion de l’année. Il s’agit d’une
source de financement interne que l’entreprise peut utiliser pour financer ses investissements ou pour
rembourser des emprunts. Pour la calculer, seuls les produits encaissables et les charges décaissables
(hors opérations de cession) sont intégrés.
On peut la calculer de deux manières :

Année
Résultat net
+ Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions
- Reprises sur amortissements, dépréciation et provisions
+ Valeur comptable des éléments d’actifs cédés
- Produit des cessions des éléments d’actifs cédés
= CAF

Année
EBE
+ Produits financiers encaissables
- Charges financières décaissables
+ Produits exceptionnels encaissables
- charges exceptionnelles décaissables
- Impôts sur les sociétés
= CAF

Calculer la capacité d’autofinancement pour l’entreprise Alexis

3 L’autofinancement

Il correspond aux ressources de financement dégagées par l’entreprise après rémunération de ses
propriétaires. A partir de la CAF il est possible da calculer l’autofinancement, en lui ôtant les dividendes.

Calculer l’autofinancement de l’entreprise Alexis

4 L’analyse de la profitabilité par les ratios

 Le taux de marge commerciale. Tout d’abord, la marge commerciale fournit des informations sur le
pouvoir de négociation de l’entreprise sur ses prix de vente et ses prix d’achat. Le taux de marge
commerciale permet d’évaluer sa capacité à dégager de la marge pour 100 € de CA. Il se calcule
ainsi :

𝐦𝐚𝐫𝐠𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐫𝐜𝐢𝐚𝐥𝐞
𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐫𝐠𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐫𝐜𝐢𝐚𝐥𝐞 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎
𝐂𝐡𝐢𝐟𝐟𝐫𝐞 𝐝′𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬

76
 Le taux de valeur ajoutée (et la répartition de la valeur ajoutée). Il permet d’apprécier la création de
richesse par l’entreprise et traduit son aptitude à rémunérer ses différentes parties prenantes.

𝐕𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞
𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎
𝐂𝐡𝐢𝐟𝐟𝐫𝐞 𝐝′𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬

Pour étudier la répartition de la valeur ajoutée, les ratios suivants peuvent être calculés :

𝐂𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥
𝐏𝐚𝐫𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞 𝐚𝐥𝐥𝐨𝐮é𝐞 𝐚𝐮 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎
𝐂𝐡𝐢𝐟𝐟𝐫𝐞 𝐝′ 𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬𝐕𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞

𝐈𝐦𝐩ô𝐭𝐬 𝐞𝐭 𝐭𝐚𝐱𝐞𝐬 + 𝐈𝐦𝐩ô𝐭 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐜𝐢é𝐭é𝐬


𝐏𝐚𝐫𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞 𝐚𝐥𝐥𝐨𝐮é𝐞 à 𝐥′𝐄𝐭𝐚𝐭 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎
𝐕𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞

𝐂𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐬 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐢è𝐫𝐞𝐬 (𝐡𝐨𝐫𝐬 𝐝𝐨𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬)


𝐏𝐚𝐫𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞 𝐚𝐥𝐥𝐨𝐮é𝐞 𝐚𝐮𝐱 𝐩𝐫ê𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎
𝐕𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞

𝐂𝐀𝐅 − 𝐃𝐢𝐯𝐢𝐝𝐞𝐧𝐝𝐞𝐬
𝐏𝐚𝐫𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞 𝐚𝐥𝐥𝐨𝐮é𝐞 à 𝐥′𝐚𝐮𝐭𝐨𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎
𝐕𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞

𝐃𝐢𝐯𝐢𝐝𝐞𝐧𝐝𝐞𝐬
𝐏𝐚𝐫𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞 𝐚𝐥𝐥𝐨𝐮é𝐞 𝐚𝐮𝐱 𝐚𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎
𝐕𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞

 Le taux d’excédent brut d’exploitation (EBE). L’EBE est un indicateur fortement suivi en pratique car
il correspond au flux potentiel de trésorerie généré par l’exploitation avant prise en compte des
politiques d’amortissement et de financement. Le taux d’EBE se calcule ainsi :

𝐄𝐁𝐄
𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝′𝐄𝐁𝐄 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎
𝐂𝐡𝐢𝐟𝐟𝐫𝐞 𝐝′𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬

 Le taux de marge opérationnelle. Il exprime le résultat d’exploitation par rapport au chiffre


d’affaires. Selon le secteur d’activité, ce ratio présente des montants très différents. Par exemple, les
supermarchés ont tendance à pratiquer des prix bas et réalisent ainsi de faibles marges. Leur objectif
est d’augmenter les ventes afin d’accroître leur résultat d’exploitation. A l’inverse, les bijoutiers
dégagent des marges opérationnelles plus élevées mais leur volume de vente est plus faible.

𝐑é𝐬𝐮𝐥𝐭𝐚𝐭 𝐝′𝐞𝐱𝐩𝐥𝐨𝐢𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧
𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐫𝐠𝐞 𝐨𝐩é𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎
𝐂𝐡𝐢𝐟𝐟𝐫𝐞 𝐝′𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬

Illustration : les taux de marge opérationnelle de grands constructeurs automobiles sont les suivants :

- BMW : entre 8 et 10%


- Volvo : 8% On constate une grande
- Nissan : 6% disparité du taux de
- Volkswagen : 6% marge opérationnelle
- Daimler : entre 8 et 10 % selon les constructeurs
- Renault : entre 3 et 4% européens.
- Ford : 8%

 Le taux de marge nette. Il termine l’analyse de la rentabilité et se calcule ainsi :

77
𝐑é𝐬𝐮𝐥𝐭𝐚𝐭 𝐧𝐞𝐭
𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐫𝐠𝐞 𝐧𝐞𝐭𝐭𝐞 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎
𝐂𝐡𝐢𝐟𝐟𝐫𝐞 𝐝′𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬

Appliquer les différents ratios à l’entreprise Alexis

78
5 L’analyse de l’équilibre financier

L’analyse de l’équilibre financier d’une entreprise permet d’évaluer la bonne adéquation entre les moyens
économiques et les ressources financières mobilisées. Elle suppose de construire un bilan fonctionnel qui reclasse
les différents postes du bilan selon leur fonction : investissement, financement, exploitation et trésorerie.

A. Structure du bilan fonctionnel

La fonction investissement renvoie aux emplois stables, c’est-à-dire les investissements que l’entreprise a réalisé
en immobilisations. Ces actifs de long terme doivent être couverts par des ressources de long terme qui
comprennent les capitaux propres et les dettes supérieures à un an.

La fonction exploitation est liée aux éléments de l’actif circulant (hors disponibilités) utilisés dans le cadre du cycle
d’exploitation ainsi qu’aux dettes liées à l’activité.

La trésorerie est la conséquence des choix réalisés au niveau des trois fonctions (investissement, financement et
exploitation).

Le bilan fonctionnel est construit à partir des valeurs historiques des actifs et non de leur valeur actuelle. C’est
pour cela que les postes d’actif sont représentés pour leur valeur brute.

Quant aux amortissements et dépréciations, ils sont ajoutés aux ressources stables : comme ils ne se traduisent
pas par des décaissements, ils constituent des ressources stables qui participent au financement (autofinancement)
des immobilisations.

Exemple de bilan fonctionnel synthétique

ACTIF Année PASSIF Année


Emplois stables Ressources stables
Immobilisations incorporelles Capitaux propres
Immobilisations corporelles Dettes financières
Immobilisations financières Amortissements et dépréciations
Actif circulant d’exploitation Passif circulant d’exploitation
Stocks Fournisseurs
Clients Dettes fiscales et sociales
Créances diverses Dettes diverses
Trésorerie active Trésorerie passive
Disponibilités Concours bancaires courants
TOTAL ACTIF TOTAL PASSIF

Etablir le bilan fonctionnel de l’entreprise Alexis

B. Equilibre financier

Apprécier l’équilibre de la structure financière de l’entreprise consiste à étudier comment les besoins de
financement sont couverts par des ressources, en distinguant les trois fonctions (investissement, financement et
exploitation).

L’équilibre financier aboutit à un solde de trésorerie (trésorerie nette).

79
B.1 Fonds de roulement (FR)
Le fonds de roulement (FR) évalue l’excédent de ressources stables (à long terme) après financement des emplois
stables (à long terme). Il doit être positif, ce qui correspond à une ressource nette, c’est-à-dire que les emplois
stables doivent être financés par des ressources stables.

Fonds de roulement = ressources stables – emplois stables

B.2 Besoin en fonds de roulement (BFR)


Le décalage lié aux délais de règlement des créances clients et des dettes crée un besoin de financement qui est
accentué avec la présence des stocks à financer. Il s’agit du besoin en fonds de roulement (BFR). Le montant du BFR
dépend de la durée de stockage, des délais de règlements des clients et des fournisseurs ainsi que de l’activité de
l’entreprise. Un BFR positif indique un besoin de financement net. Il se calcule ainsi :

BFR= actif circulant d’exploitation – passif circulant d’exploitation

Il arrive que le BFR soit négatif. Cela signifie que l’activité de l’entreprise génère un excédent de ressources et non
un besoin de financement. Cette situation est fréquente dans le secteur de la grande distribution car les
consommateurs règlent au comptant alors que les entreprises bénéficient de délai de règlement de leurs
fournisseurs. De plus, la rotation des stocks y est importante.

B.3 Trésorerie nette


La confrontation du FR et du BFR qu’il doit financer aboutit à un solde de trésorerie appelé trésorerie nette. Cette
trésorerie nette résulta des choix faits en matière d’investissement, de financement et d’exploitation. Elle dépend
de la capacité de l’entreprise à financer les besoins de son cycle d’exploitation (le BFR) par son excédent de
ressources à long terme (le FR). Habituellement, le BFR doit être financé par le fonds de roulement :

- Si le FR est supérieur au BFR, les fonds non utilisés se retrouvent en disponibilités, ce qui correspond à une
trésorerie nette positive.
- Si le FR est insuffisant, la part du BFR non financée sera couverte par du découvert bancaire (les concours
bancaires courants), ce qui aboutit à une trésorerie nette négative.
- Si le FR correspond exactement au BFR, la trésorerie est nulle.
Trésorerie nette = trésorerie active – trésorerie passive

En résumé, deux règles doivent être respectées :

 Les ressources stables doivent financer les emplois stables, donc le FR doit être positif.
 Le BFR doit être financé par des ressources stables, le FR doit être supérieur au BFR.

Evaluer l’équilibre financier de l’entreprise Alexis

80
C. Equilibre financier : exemple de configurations

1
Besoins de Ressources
financements nets nettes

BFR > 0 Situation idéale, le FR est positif, c’est-à-dire que les


ressources stables couvrent les emplois stables. Il
FR > 0 permet de financer l’intégralité du BFR. Le solde du FR se
retrouve en disponibilités (trésorerie nette positive).
TN > 0

2
Besoins de Ressources
financements nets nettes

Bien que positif, le FR est insuffisant pour financer


FR > 0 totalement le BFR. Le montant du BFR non financé
BFR > 0 par le FR est couvert par des découverts bancaires,
d’où une trésorerie négative. Cette situation est
TN < 0 potentiellement dangereuse si elle s’installe.

3
Besoins de Ressources
financements nets nettes
Les emplois stables sont financés par des ressources
stables. Le BFR est négatif, il correspond donc à une
FR > 0 ressource nette. Ces deux ressources nettes (FR positif et
TN > 0
BFR négatif) se retrouvent en disponibilités, c’est-à-dire
en trésorerie nette positive. Cette situation se retrouve
BFR < 0 dans la grande distribution.

4
Besoins de Ressources
financements nets nettes
Il n’y a pas suffisamment de ressources stables pour
FR < 0 financer les emplois stables, le FR est donc négatif. Au
même titre que le BFR positif, il représente un besoin de
TN < 0 financement net. Ces deux besoins nets de financement
(FR négatif et BFR positif) sont couverts par des
BFR > 0 découverts (trésorerie nette négative). Cette situation
est très dangereuse.

81
6 Application : société Alexis

► L’entreprise Alexis est spécialisée dans la vente en gros de tapis. Voici son compte de résultat (milliers d’euros):

N N-1
Chiffre d’affaires 2 681 2 240
Achats de marchandises 2 378 1 804
Variations des stocks de marchandises -106 -59
Charges externes 33 26
Charges de personnel 285 192
Impôts et taxes 12 9
Dotations aux amortissements 32 25
Résultat d’exploitation 47 243
Produits financiers 0 0
Charges financières 32 18
Résultat financier -32 -18
Produits exceptionnels 2 2
Charges exceptionnelles 3 12
Impôts sur les sociétés 3 50
Résultat net 11 165

Informations complémentaires :

- Des dividendes d’un montant de 40 millions d’euros sont versés chaque année.
- L’entreprise emploie,13 661 salariés au 1re janvier N-1, 13 995 au 1er janvier N et 18 623 au 1er janvier N+1.
- En N, l’entreprise met en place un nouvel entrepôt et un nouveau centre de distribution afin d’accroître son
activité.

82
► Voici le bilan de l’année N de l’entreprise Alexis (milliers d’euros) :

ACTIF N N-1
Brut Amort. Net Brut Amort. Net
et dép. et dép.
Actif immobilisé
Terrains et constructions 472 35 437 401 20 381
Matériels et outillages 217 57 160 169 40 129
689 92 597 570 60 510
Actifs circulants
Stocks 406 406 300 300
Clients 273 273 240 240
Disponibilités 0 0 4 4
679 679 544 544
Total de l’actif 1 368 92 1 276 1 114 60 1 054

PASSIF N N-1
Capitaux propres
Capital social 300 300
Réserves 223 98
Résultat de l’exercice 11 165
534 563
Dettes
Emprunts auprès des établissements de crédit (1) 376 200
Fournisseurs 364 261
Dettes fiscales et sociales 2 30
Total du passif 1 276 1 054
(1) dont concours bancaires courants de 76 à la date de clôture de l’exercice N

Informations complémentaires

 La valeur nominale d’une action est de 0,50 €. La valeur de marché des actions à la fin de la période de
référence est de 2,50 € en N-1 et de 1,50 € en N.
 Toutes les ventes et tous les achats sont réalisés à crédit.
 Des dividendes d’un montant de 40 millions d’euros sont versés chaque année.

83
ACTIF N N-1
Emplois stables
Immobilisations incorporelles Les immobilisations sont intégrées dans les emplois stables
Immobilisations corporelles 689 570 pour leur valeur brute, c’est-à-dire leur valeur d’origine
Immobilisations financières
689 570
Actif circulant d’exploitation
Stocks 406 300
Clients 273 240
679 540
Trésorerie active 0 4
Total 1 368 1 114
PASSIF N N-1
Ressources stables Les dettes financières relevant des ressources stables ne
Capitaux propres 534 563 comprennent pas les concours bancaires courants qui
Dettes financières 300 200 relèvent, eux, du court terme et donc de la trésorerie passive.
Amort. et dép. 92 60 Le montant pour N est donc de 300 (376 – 76)
926 823
Passif circulant d’exploitation
Fournisseurs 364 261
Dettes fiscales et sociales 2 30
366 291
Trésorerie passive
Concours bancaires courants) 76
Total 1 368 1 114

Tableau des SIG de l’entreprise Alexis (en K€)

N N-1 Variation
Ventes de marchandises 2 681 2 240 19,7%
- Achats de marchandises 2 378 1 804
+/- Variation des stocks de marchandises -106 -59
= Marge commerciale 409 495 -17,4%
- Charges externes 33 26
= Valeur ajoutée 376 469 -19,8%
- Charges de personnel 285 192
- Impôts et taxes 12 9
= Excédent brut d’exploitation 79 268 -70,5%

- Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions 32 25

= Résultat d’exploitation 47 243 -80,7%


+ Produits financiers 0 0
- Charges financières 32 18
= Résultat courant avant impôt 15 225 -93,3%
+ Produits exceptionnels 2 2
- Charges exceptionnelles 3 12
- Impôts sur les bénéfices 3 50
= Résultat net 11 165 -93,3%

84
Calcul de la CAF de l’entreprise Alexis de deux façons différentes :

N N-1
Résultat net 11 165
+ Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions 32 25
- Reprises sur amortissements, dépréciation et provisions 0 0
+ Valeur comptable des éléments d’actifs cédés 0 0
- Produit des cessions des éléments d’actifs cédés 0 0
= CAF 43 190
-Dividendes 40 40
= Autofinancement 3 150

N N-1
EBE 79 268
+ Produits financiers encaissables 0 0
- Charges financières décaissables 32 18
+ Produits exceptionnels encaissables 2 2
- charges exceptionnelles décaissables 3 12
- Impôts sur les sociétés 3 50
= CAF 43 190

𝟒𝟗𝟓
𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐫𝐠𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐫𝐜𝐢𝐚𝐥𝐞 𝐍 − 𝟏 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎 = 𝟐𝟐, 𝟏%
𝟐𝟐𝟒𝟎

𝟒𝟎𝟗
𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐫𝐠𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐫𝐜𝐢𝐚𝐥𝐞 𝐍 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎 = 𝟏𝟓, 𝟑%
𝟐 𝟔𝟖𝟏

Entre N et N+, le CA a augmenté de 19,7% mais la marge commerciale a diminué de 17,4 %. Cela se traduit par une
forte baisse du taux de marge commerciale qui passe de 22,1% à 15,3%. Cette dégradation s’explique par la hausse
du coût d’achat des marchandises vendues de 30,5%, nettement supérieure à la croissance de l’activité. Il se peut
que les prix de vente aient diminué également. Ces observations sont à mettre en lien avec la mise en place du
nouvel entrepôt et du nouveau centre de distribution qui a sans doute conduit l’entreprise à revoir sa politique
commerciale.

𝟒𝟔𝟗
𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐕𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞 𝐍 − 𝟏 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎 = 𝟐𝟎, 𝟗%
𝟐𝟐𝟒𝟎

𝟑𝟕𝟔
𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐫𝐠𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐫𝐜𝐢𝐚𝐥𝐞 𝐍 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎 = 𝟏𝟒%
𝟐 𝟔𝟖𝟏

Malgré une augmentation du chiffre d’affaires de 19,7%, la valeur ajoutée a diminué de 19,8%, d’où un taux de
valeur ajoutée qui baisse de 20,9% à 14%. Cela signifie que la valeur ajoutée ne représente plus que 14% du chiffre
d’affaires. Cette dégradation supplémentaire s’explique par une hausse des charges variables de 69,3%, plus rapide
que l’activité.

85
N N-1 La répartition de la valeur ajoutée montre que le personnel constitue
Personnel 75,8% 40,9% le poste le plus important avec une consommation de la valeur ajoutée
Etat 4% 12,6% à hauteur de 40,9% en N-1 et 75,8% en N. Cela permet de chiffrer
Prêteurs 8,5% 3,8% l’impact de la hausse des effectifs de 33,1%, calculée lors de l’analyse
Autofinancement 0,8% 32% du tableau des SIG, sur le poids des charges de personnel dans la valeur
Actionnaires 10,6% 8,5% ajoutée. La part de la valeur ajoutée consacrée à l’autofinancement de
l’entreprise a fortement diminué de 32% en N-1 à 0,8% en N en raison
d’une baisse de la profitabilité. Paradoxalement, la part des associés
dans la valeur ajoutée s’est accrue, passant de 8,5% à 10,6%.

86
LES COÛTS PARTIELS

I. La compréhension des charges


L’approche par les coûts partiels consiste à ne retenir dans les coûts des produits que la partie jugée pertinente
des charges, les autres charges étant constituées en masse qui ne seront pas réparties.

Les méthodes des coûts partiels visent ainsi à un pilotage par le calcul des marges qui mesurent la capacité
contributive des différents produits aux charges communes.

Une marge est un résultat intermédiaire. C’est la différence entre un prix de vente et un coût partiel. Il y a autant
de marges que de coût partiel (marge sur coûts variables, marge sur coût direct, marge sur coût
d’approvisionnement etc.)

Un résultat est le solde final, la marge « ultime ». Pour un produit vendu, le résultat est la différence entre le prix
de vente et le coût complet de revient.

Marge = Chiffre d’affaires – Coût partiel

Les méthodes des coûts partiels visent à n’inclure dans les coûts que :

- Des charges affectables sans ambiguïté (notion de traçabilité) ;


- Des charges contrôlables, c’est-à-dire maîtrisées par les décideurs.

Il existe un grand nombre de typologies de charges (et de coûts). La typologie principale consiste à les classer en
quatre grandes catégories :

DIRECTES INDIRECTES

Charges opérationnelles : Charges variables indirectes :


 Matières consommées ;  Energie consommée ;
VARIABLES  Marchandises vendues ;  Frais de transport ;
 Charges de personnel (MOD),  Dépenses de communication.
 Sous-traitance.

Charges spécifiques : Charges de structure :


 Dotations aux amortissements de  Charges administratives ;
FIXES moyens exclusivement dédiés à un  Charges de personnel ;
objet de coût ;  Loyers
 Charges de personnel.

Les méthodes des coûts partiels ne s’intéressent qu’à une ou plusieurs de ces quatre catégories de charges.

La distinction entre ces catégories n’est pas toujours facile. Selon le degré d’analyse, l’accès aux informations ou
l’horizon de l’étude, des simplifications peuvent être réalisées. Par exemple, les charges de personnel peuvent être
considérées à court terme comme des charges fixes indirectes, mais sur le long terme comme des charges
variables directes.

87
I. La méthode des coûts variables

1) Définition du coût variable et de la marge sur coût variables

Le coût variable est constitué de l’ensemble des charges qui varient avec le volume d’activité (production ou
vente) :

- Si l’activité double, le coût variable double également.


- Si l’activité disparaît, le coût variable devient nul.

La méthode des coûts variables est une méthode qui ne s’intéresse qu’à la partie variable des charges.

Directes Indirectes
Variables X X
Fixes X

Les charges fixes sont constantes pour une structure donnée. Elles varient « brutalement » par palier quand un
changement de structure est effectué.

La somme des charges variables doit couvrir les charges fixes pour que le résultat soit positif.

EXEMPLE. Voici un extrait de la comptabilité de gestion d’une entreprise proposant deux produits :

500 produits A vendus 300 produits B vendus


Chiffre d’affaires 1 000 € 1 500 €
Charges variables 600 € 700 €
Charges fixes 1 350 €

Les charges variables sont directes et les charges fixes indirectes.

Produits A Produits B Total


Chiffre d’affaires 1 000 € 1 500 € 2 500 €
Charges variables 600 € 700 € 1 300 €
Marge sur coûts variables 400 € 800 € 1 200 €
Charges fixes 1 350 €
Résultat - 150 €

2) Le taux de marge sur coût variable

C’est le rapport entre la marge sur coûts variables et le chiffre d’affaires.

𝐌𝐒𝐂𝐕
𝐭=
𝐂𝐀

Ce taux est utile pour comparer les performances des biens produits : plus le taux de marge sur coûts variables
est élevé, plus le produit est performant.

Produits A Produits B
Taux de MSCV 40% 53,33%

B contribue plus que A à la couverture des charges fixes, il est plus performant que A.

88
[Link] méthode des coûts spécifiques

Cette méthode est un prolongement de la méthode des coûts variables. On l’appelle d’ailleurs aussi « méthode
des coûts variables évolués ».

1) Définition du coût spécifique

L’idée sous-jacente est d’identifier tous les coûts qui disparaissent lorsqu’on arrête la production d’un produit ou
service. Ces coûts qui disparaissent sont les coûts spécifiques.

Le coût spécifique est donc constitué :

- De charges variables ;
- De charges fixes spécifiques : charges fixes pouvant être rattachées sans arbitraire à un coût (charges fixes
directes).

Directes Indirectes
Variables X X
Fixes X

2) Définition de la marge sur coût spécifique et du taux de marge sur coût spécifique

Pour chaque produit, la marge sur coût spécifique correspond à la différence entre la marge sur coût variable et
le coût fixe spécifique.

Cette marge permet de mesurer la contribution de chaque produit à la couverture des charges de structure
(ou charges communes) qui sont, par définition, fixes et indirects.

Plus la marge sur coût spécifique est élevée, plus le produit contribue à la couverture des charges communes.

EXEMPLE. Une analyse plus précise des charges fixes de 1 350 € indique que 500 € sont spécifiques au
produit A et 350 € spécifique au produit B.

Produits A Produits B Total


Marge sur coûts variables 400 € 800 € 1 200 €
Charges fixes spécifiques 500 € 350 € 850 €
MSCS -100 € 450 € 350 €
Charges fixes communes 500 €
Résultat - 150 €

Les charges fixes communes constituent une masse non répartie entre les objets de coût.

𝐌𝐚𝐫𝐠𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐜𝐨û𝐭 𝐬𝐩é𝐜𝐢𝐟𝐢𝐪𝐮𝐞


𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐫𝐠𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐜𝐨û𝐭 𝐬𝐩é𝐜𝐢𝐟𝐢𝐪𝐮𝐞 =
𝐂𝐀

Produits A Produits B
Taux de marge sur coût spécifique -10% 30%

89
III. Application

Une entreprise produit et vend trois produits X, Y et Z pour lesquels les éléments suivants sont communiqués :

X Y Z
Chiffre d’affaires 50 000 € 180 000 € 100 000 €
Charges directes 50 000 € 90 000 € 90 000 €
Charges indirectes 20 000 € 10 000 € 20 000 €

Les charges variables sont de 30 000 € pour X, 80 000 € pour Y et 60 000 € pour Z.

Les charges fixes spécifiques sont de 30 000 pour X, 10 000 € pour Y et 30 000 € pour Z.

1) Calcul des résultats en coûts complets

X Y Z Total
Chiffre d’affaires 50 000 € 180 000 € 100 000 € 330 000 €
Coût complet 70 000 € 100 000 € 110 000 € 280 000 €
Résultat -20 000 € 80 000 € -10 000 € 50 000 €

2) Calcul des marges sur coûts variables

X Y Z Total
Chiffre d’affaires 50 000 € 180 000 € 100 000 € 330 000 €
Coût variable 30 000 € 80 000 € 60 000 € 170 000 €
MSCV 20 000 € 100 000 € 40 000 € 160 000 €
Charges fixes 110 000 €
Résultat 50 000 €

3) Calcul des marges sur coûts spécifiques

X Y Z Total
Chiffre d’affaires 50 000 € 180 000 € 100 000 € 330 000 €
Coûts variables 30 000 € 80 000 € 60 000 € 170 000 €
MSCV 20 000 € 100 000 € 40 000 € 160 000 €
Charges fixes spécifiques 30 000 € 10 000 € 30 000 € 70 000 €
Charges fixes communes 40 000 €
Résultat 50 000 €

Commentaire

90
IV. Synthèse

MSCV + + + -
MSCS + + - -
Résultat + - - -
Pas de Le produit n’est pas Le produit n’est pas Le produit n’est
problème rentable à long terme, rentable, comme à long pas rentable à
particulier. mais à court terme, terme, comme à court long terme, et
Idéal. cesser de le terme. Cesser de le aucune solution
commercialiser serait commercialiser pourrait n’est envisageable
pire que de continuer améliorer le résultat, mais pour changer cette
car il contribue à comme la MSCV est situation à court
absorber les coûts de positive, il faut chercher à terme tant que la
structure. augmenter le volume des MSCV est
ventes qui permettra négative.
peut-être de couvrir les
frais fixes spécifiques.

91
LES DECISIONS ASSOCIEES AUX
COÛTS PARTIELS

I. Décision d’abandon d’un produit


Les entreprises étant le plus souvent présentes sur plusieurs marchés, et développant sur chacun plusieurs
produits, elles se trouvent à la tête d’un portefeuille de produits dont elles doivent assurer la gestion.

Cette gestion doit notamment veiller à ce que l’entreprise ne consacre pas de l’énergie à entretenir des produits
non rentables. Il est en effet du ressort du contrôleur de gestion de repérer ces produits et d’en proposer
l’abandon, si aucune alternative ne s’avère possible.

Cette décision de suppression sera, au final, prise par la direction générale, après avoir étudié tous les paramètres
(techniques, commerciaux, stratégiques…) et pas seulement ceux relevant de l’analyse des coûts.

EXEMPLE. Une agence MIDAS se livre essentiellement à quatre types de prestations :

 Changement d’amortisseurs (par paires), activité désignée par la lettre A ;

 Changement de pot d’échappement, activité désignée par les lettres PE ;

 Changement de pneus (par paires), activité désignée par les lettres PN ;

 Changement des plaquettes de freins (par paires), activité désignée par les lettres PF.

Elle a mis en évidence par type de prestation et sur une année son CA, son coût variable, sa marge sur coûts
variables, son coût fixe spécifique et sa marge sur coût spécifique. Les résultats sont les suivants :

A PE PN PF TOTAL
Prix de vente de la prestation 170 140 150 60
Nombre de prestations faites 2 000 1 500 3 000 1 000 7 500
Chiffre d’affaires 340 000 210 000 450 000 60 000 1 060 000
Coût matière par prestation 100 80 100 45
Autres coûts variables par prestation 20 20 10 0
Coût variable unitaire 120 100 110 45
MSCV unitaire 50 40 40 15
MSCV 100 000 60 000 120 000 15 000 295 000
CFS 50 000 50 000 60 000 30 000 190 000
MSCS 50 000 10 000 60 000 - 15 000 105 000
Coût fixes non spécifiques 63 600
Résultat 41 400

L’agence supporte des charges fixes non spécifiques (rémunération du responsable, assurance, nettoyage…) de
63 600 €

Le responsable de l’agence envisage la suppression de la prestation plaquette de frein. D’autant plus que son CA
est marginal par rapport aux autres prestations.

92
Les résultats de cette suppression sont les suivants :

A PE PN TOTAL
CA 340 000 210 000 450 000 1 000 000
MSCV 100 000 60 000 120 000 280 000
CFS 50 000 50 000 60 000 160 000
MSCS 50 000 10 000 60 000 120 000
CFNS 21 624 63 600
Résultat 56 400

On voit que le résultat total de l’entreprise s’est amélioré. En effet il est passé de 41 400 € avec les quatre types
de prestations à 56 400 € en supprimant les plaquettes de frein. Cette amélioration de 15 000 € correspond à la
MSCS de la prestation plaquette de frein qui était négative et qui a disparu.

En d’autres termes, les charges communes de structure de l’entreprise sont restées inchangées, mais la prestation
plaquettes de frein n’arrivait pas à couvrir ses propres charges, dès lors en la supprimant, on supprime aussi la
marge sur coûts spécifiques négative qu’elle engendrait.

Donc, en dehors des questions de stratégie (notamment les élasticités des ventes d’un produit par rapport à un
autre), la décision de supprimer la prestation plaquettes de frein est une bonne décision.

La règle est alors la suivante :

Sous l’angle de la rentabilité, un produit dont la marge sur coûts spécifiques est négative
doit être abandonné.

Avant d’entériner cette décision, il est toutefois prudent d’apprécier si une faible augmentation des ventes en
quantité serait susceptible de rendre la marge sur coût spécifique positive.

Il convient pour cela de calculer le seuil de rentabilité spécifique en quantités obtenu comme suit :

Coûts fixes spécifiques du produit


SRS (en quantités) =
Marge sur coûts variables unitaire du produit

La MSCVU de l’activité PF est égale à : 15 €, ses coûts spécifiques sont égaux à : 30 000 €. Le seuil de rentabilité
spécifique est donc égal à 30 000 /15, soit 2 000.

Vérification : Prix de vente de la prestation 60


Nombre de prestations 2 000
CA 120 000
Coût matière par prestation 45
Autres coûts variables par prestation 0
Coût variable unitaire 45
MSCVU 15
MSCV 30 000
Charges fixes spécifiques 30 000
Marge sur coûts spécifiques 0

Ces quantités correspondent bien à un doublement des ventes actuelles. Il appartient bien sûr à l’entreprise
d’apprécier si ce doublement des ventes constitue un objectif accessible à court terme ou pas. La réponse risque
d’être négative et incitera à abandonner le produit.

93
Après avoir entériné cette décision, les responsables décident d’envisager l’abandon de la prestation Pot
d’échappement. Ceci reviendrait à ne conserver que deux types de prestations, les changements d’amortisseurs
et les changements de pneus.

La simulation donne : A PN TOTAL


CA 340 000 450 000 790 000
MSCV 100 000 120 000 220 000
CFS 50 000 60 000 110 000
CFNS 27 372 36 228 63 600
Résultat 22 628 23 772 46 400

On s’aperçoit que le résultat s’est détérioré, car l’entreprise qui gagnait 56 400 € suite à l’abandon des plaquettes
de freins, voit son résultat retomber à 46 400 €

II. Décision de développement d’un produit


Les entreprises disposant de ressources limitées (financières, techniques, commerciales…), elles se trouvent dans
l’obligation de procéder à des arbitrages : à quelle ligne de produit convient-il d’allouer les ressources existantes ?
Quel produit mérite d’être développé ?

L’agence MIDAS, pour conserver sa part de marché dans la région, souhaiterait récupérer sur les trois prestations
restantes, le CA qu’elle a perdu (60 000 €) en supprimant la prestation plaquettes de frein.

L’idée est de lancer une campagne publicitaire locale sur une des trois prestations restantes, pour récupérer sur
la prestation choisie, le CA perdu. Le coût de la campagne publicitaire est de 3 000 € et lui sera évidemment
affecté. Il s’ajoutera donc aux autres charges fixes spécifiques de la prestation en question.

Quelle que soit celle-ci, il n’y aura ni augmentation des charges fixes spécifiques des autres prestations, ni
augmentation des charges fixes non spécifiques de l’entreprise.

La question qui se pose est : sur quelle prestation faut-il réaliser la campagne de publicité ?

Pour récupérer les 60 000 € de CA perdu sur les plaquettes de frein, il faudrait selon la prestation choisie pour
supporter la campagne publicitaire, y réaliser les nombres d’interventions qui suivent :

Amortisseurs : 60 000/170 = 353, Pots d’échappement : 60 000/140 = 429, Pneus : 60 000/150 = 400

Il suffit de calculer le résultat marginal apporté par ces prestations supplémentaires dans chaque cas.

A PE PN
Nombre de prestations en plus 353 429 400
MSCVU 50 40 40
MSCV supplémentaire 17 640 17 100 16 000
Frais fixes spécifiques supplémentaires 3 000 3 000 3 000
Résultat marginal 14 640 14 100 13 000

Il faut donc faire porter prioritairement la campagne sur les amortisseurs.

En première analyse, on pourrait en conclure que si on souhaite augmenter le CA de 60 000 €, il faut choisir le
produit pour lequel la MSCV unitaire est la plus forte.

Ce raisonnement n’est pas tout à fait juste car sinon les deux autres produits qui ont la même MSCV unitaire
devraient apporter le même supplément de résultat, or ils sont différents (14 100 € contre 13 000 €).
94
En fait si l’activité changement de pots d’échappement apporte plus de résultat complémentaire que l’autre, c’est
que la première possède une MSCV rapportée au CA plus élevée. C’est ce que l’on appelle le taux de marge sur
coût variable.

A PE PN
MSCVU 50 40 40
Prix de vente 170 140 150
Taux de MSCV 0,294 0,286 0,267

Les taux de MSCV obtenus signifient que pour chaque euro de CA réalisé, A dégage une MSCV de 0,294 €.

C’est donc pour cette raison que la prestation « amortisseur » est celle qui apporte le plus de résultat
supplémentaire (et non parce que sa MSCV par produit est la plus forte) et aussi pour celle-là que la prestation
« pots d’échappement » apporte un résultat supplémentaire plus élevé que la prestation « pneu » (alors que leur
MSCVU sont égales).

En revanche, si l’entreprise avait souhaité non pas réaliser un CA de 60 000 € mais par exemple vendre 400
prestations supplémentaires (quel que soit le type de prestation retenu) pour compenser la perte de part de
marché liée à l’abandon des plaquettes de frein, il aurait fallu alors lancer la campagne publicitaire sur l’activité
« changer les amortisseurs », car c’est elle qui génère la MSCV par produit la plus élevée.

Dans ce cas le résultat supplémentaire apporté par les deux autres produits aurait été identique (car ils ont la
même MSCV par produit) comme le montrent les résultats suivants :

A PE PN
Quantités supplémentaires 400 400 400
MSCVU 50 40 40
MSCV supplémentaire 20 000 16 000 16 000
CFS supplémentaire 3 000 3 000 3 000
Résultat marginal 17 000 13 000 13 000

Donc, en résumé, les règles sont les suivantes :

Si l’entreprise hésite entre différents produits pour atteindre un objectif exprimé en


termes de CA, elle doit choisir le produit dont le taux de MSCV est le plus élevé ;

Si l’entreprise hésite entre différents produits pour atteindre un objectif exprimé en


quantités de produits, elle doit choisir le produit dont la MSCVU est la plus élevée.

III. Décision de développement et contraintes

Comment intégrer les contraintes techniques de production dans le processus décisionnel ?

Finalement, le responsable de l’agence décide d’abandonner l’idée de campagne publicitaire. On va simplement


inciter les mécaniciens à promouvoir l’une des trois prestations restantes auprès des clients pour en développer
les ventes.

Cependant le responsable avait jusqu’alors oublié une contrainte : L’agence possède 6 ponts élévateurs. Compte
tenu des quantités réalisées pour chacune d’entre elles dans la situation initiale, les 4 types de prestations les
utilisent complètement.

95
L’abandon des plaquettes de frein a permis de libérer les ponts élévateurs pendant 300 heures. De plus on connaît
le temps d’utilisation des ponts pour chacune des trois prestations restantes. Ils sont les suivants :

A PE PN
Heures d’utilisation des ponts 3 1 1,5

Le problème consiste donc à choisir le produit qui, dans les 300 heures imparties, apportera le résultat
supplémentaire le plus élevé.

Il ne s’agit pas là de savoir si l’objectif que s’est donné l’entreprise est exprimé en termes de CA ou de nombre de
prestation. En effet, l’un et l’autre se trouve déterminé par la contrainte de production (ici la disponibilité des
ponts), comme le montre le tableau ci-dessous :

A PE PN
Nombre d’heures libérées 300 300 300
Temps par prestation 3 1 1,5
Nombre de prestations supplémentaires possibles 100 300 200
Prix de vente de la prestation 170 140 150
CA supplémentaire possible 17 000 42 000 30 000

On pourrait bien sûr, à partir de là calculer quels sont, pour le nombre de prestations supplémentaires possibles
dans chaque cas, les coûts variables, puis les soustraire des CA supplémentaires et trouver les résultats
additionnels correspondants. Mais il existe un moyen plus rapide consistant à déterminer à partir d’un critère qui
tienne compte des éléments suivants :

- La MSCVU apportée par chaque prestation

- Mais aussi le temps pendant lequel chaque prestation utilise les ponts (en effet un produit à forte MSCVU,
mais très consommateur de temps en termes d’utilisation des ponts n’est pas intéressant).

En d’autres termes, l’entreprise ayant une ressource limitée (les ponts), elle doit l’allouer prioritairement au produit
le plus rentable compte tenu des capacités disponibles de cette ressource (300 heures).

Le critère à choisir ici est donc la MSCV par unité de ressource limitée, c'est-à-dire la MSCV par heure d’utilisation
des ponts.

A PE PN
MSCVU 50 40 40
Temps d’utilisation de pont par prestation 3 1 1,5
MSCV par heure d’utilisation des ponts 16,67 40 26,67

Cela signifie donc qu’une heure d’utilisation des ponts génère une MSCV de 16,67 € pour le changement
d’amortisseur, 40 € pour le changement de pot d’échappement et 26,67 pour le changement de pneu. Il faudra
donc bien évidemment consacrer les 300 heures libérées à l’activité « changement de pots d’échappement ».

Une vérification par le calcul du résultat apporté par chacun des trois choix possibles lève les derniers doutes :

A PE PN
Quantités supplémentaires 100 300 200
MSCVU 50 40 40
MSCV supplémentaire 5 000 12 000 8 000
Résultat marginal 5 000 12 000 8 000

96
IV. Application

ENONCE

Une entreprise fabrique des produits X et Y et les écoule dans deux régions différentes.

Une étude prévisionnelle laisse espérer la vente de 80 000 X et 15 000 Y dans la région 1 ; 20 000 X et 10 000 Y
dans la région 2.

Les coûts prévisionnels sont calculés pour la fabrication et la vente de 100 000 X et 25 000 Y.

Charges de production prévisionnelles

X Y
Charges variables 50 € par unité 80 € par unité
Charges fixes spécifiques 1 000 000 € 500 000 €
Charges fixes indirectes 200 000 €

Charges de distribution prévisionnelles

X Y
Charges variables 5% du chiffre d’affaires 5% du chiffre d’affaires
Charges fixes spécifiques 2 000 000 € 1 200 000 €
Charges fixes indirectes 100 000 €

Frais généraux : 500 000 €

Politique tarifaire

X Y
Prix de vente 100 € 140 €

Madame D. Likate se demande si elle doit continuer à vendre dans les deux régions.

1. Calculez la marge sur coûts spécifiques pour chaque région et le résultat prévisionnel.
2. Aider D. Likate à prendre une décision.
3. Vérifiez en calculant le résultat qu’obtiendrait l’entreprise en abandonnant les ventes de la région 2.

CORRIGE.

1. Aide à la prise de décision

Coût de production de X et Y

X (100 000) Y (25 000)


Charges variables 50 € x 100 000 5 000 000 80 € x 25 000 2 000 000
Charges fixes spécifiques 1 000 000 500 000
Coût spécifique 6 000 000 2 500 000
Coût spécifique unitaire 60 100

Charges de distribution prévisionnelles


97
X Y
X : 50 x 80 000 4 000 000 X : 50 x 20 000 1 000 000
Coût de production variable
Y : 80 x 15 000 1 200 000 Y : 80 x 10 000 800 000
X : 5 x 80 000 400 000 X : 5 x 20 000 100 000
Charges variables de distribution (1)
Y : 7 x 15 000 105 000 Y : 7 x 10 000 70 000
Charges fixes directes de distribution 2 000 000 1 200 000
Coût spécifique 7 705 000 3 170 000
X : 100 x 80 000 X : 100 x 20 000
Chiffre d’affaires 10 100 000 3 400 000
Y : 140 x 15 000 Y : 140 x 10 000
MSCS 2 395 000 230 000

(1) Pour X : 100 x % = 5 €. Pour Y : 140 x % = 7 €

Résultat prévisionnel
Marge globale : 2 395 000 + 230 000 2 625 000
Charges fixes indirectes 2 300 000
- Charges de production : 1 000 000 + 500 000 + 200 000 = 1 700 000
- Charges de distribution : 100 000
- Frais généraux : 500 000
Résultat prévisionnel 325 000

2. Décision à prendre

Il vaut mieux continuer à vendre dans les deux régions. Si, par exemple, on abandonne la région 2, le résultat
risque de diminuer de 230 000 €, c’est-à-dire de la marge sur coûts spécifiques que l’on peut réaliser dans la
région 2.

3. Vérification

Si on abandonne la région 2, on n’aura plus besoin de fabriquer que 800 000 X et 15 000 Y

98
Coût de production de X et Y

X (80 000) Y (15 000)


Charges variables 50 € x 80 000 4 000 000 80 € x 15 000 1 200 000
Charges fixes spécifiques 1 000 000 500 000
Coût spécifique 5 000 000 1 700 000
Coût spécifique unitaire 62,50 113,33

Région 1
X : 50 x 80 000 4 000 000
Coût de production variable
Y : 80 x 15 000 1 200 000
X : 5 x 80 000 400 000
Charges variables de distribution (1)
Y : 7 x 15 000 105 000
Charges fixes directes de distribution 2 000 000
Coût spécifique 7 705 000
X : 100 x 80 000
Chiffre d’affaires 10 100 000
Y : 140 x 15 000
MSCS 2 395 000
Charges fixes indirectes (2) 2 300 000
- Charges de production :
1 000 000 + 500 000 + 200 000 1 700 000
- Charges de distribution 100 000
- Frais généraux 500 000

Résultat (3) 95 000

(1) on retrouve la même valeur qu’à la première question.


(2) A proprement parler toutes les charges sont directes si on analyse par région, puisqu’il n’y a plus qu’une région.
(3) Le résultat a bien baissé de 230 000 € par rapport au calcul effectué à la première question

99
100
LE DIRECT COSTING ET LA RELATION
COÛT – VOLUME - PROFIT

Le direct costing est la méthode des coûts variables consistant à n’intégrer dans le coût des produits que les charges variables.

I MODELE DE COMPORTEMENT DES CHARGES

1) Les charges variables (ou opérationnelles)

Une charge variable est une charge proportionnelle à l’activité de l’entreprise c’est-à-dire aux quantités produites ou
vendues.
Elles sont donc directement liées au fonctionnement de l’exploitation.

Exemple : matières premières, main d’œuvre directe de production, emballages, commissions vendeurs, transport sur
ventes.

On a : CV = CVU x Q

CV = Charges variables
U : unitaire (c’est-à-dire pour un produit)
Q : quantité produite

2) Les charges fixes (structurelles)

Une charge fixe est indépendante du volume d’activité, pour une structure donnée.

Une structure est une organisation productive caractérisée par un nombre donné de machines et d’opérateurs qui en
définissent la capacité productive. La structure fait référence au court terme car tout investissement supplémentaire de
production peut la modifier. A un horizon de 3 ou 4 ans, aucune charge ne peut être considéré comme fixe.

Elles sont liées à l’existence même du système de production. Donc, même en l’absence d’activité (aucune production), il
y a un niveau incompressible de charges fixes.

Exemple : amortissements, loyers, publicité, rémunération du personnel en CDI, assurances …

- Sur une échelle de production donnée, les charges fixes sont constantes : CF = b et unitairement on a : CFU = b/x.
Plus on produit, plus les coûts fixes unitaires baissent.
- Au-delà elles augmentent par paliers. En effet, une structure donnée ne peut répondre à la croissance (nécessité
d’investir).

3) Le coût total (de revient, complet, full cost)

CT = CV + CF = CVU x Q + CF

4) Le coût moyen (unitaire)

CM = CT/x = (CV + CF) /QQ = (CVU x Q + CF) /Q = CVU + CF/Q

Remarques :
- En cas de sous-traitance, les CF baissent parallèlement à une augmentation des CV ;
- Les économies de charges variables sont délicates dans la mesure où elles peuvent se faire au détriment de la qualité.

101
II COMPTE DE RESULTAT DIFFERENTIEL

Le compte de résultat différentiel est un tableau synthétisant les informations sur les prix, les différentes charges et les marges
permettant aux décideurs d’éclairer différentes situations.

1. Les éléments du compte de résultat différentiel

La marge sur coût variable (MSCV) se définit comme la différence entre le chiffre d’affaires (CA) et l’ensemble des charges
variables (CV) nécessaires à l’obtention du produit.

CA = p x Q

CV = CVU x Q

MSCV = (p – CVU) Q = MSCVU x Q

Charges fixes (CF) Résultat (R)

Le chiffre d’affaires, les charges variables et, par conséquent, la marge sur coûts variables sont proportionnelles aux quantités.

Si le prix de vente est inchangé sur toute la période de référence des calculs, on peut écrire que la marge sur coûts variable
est proportionnelle au chiffre d’affaires. On définit alors deux taux :

 Le taux de marge sur coût variable (t), souvent appelé « taux de marge » : rapport entre la marge sur coût variable et le
chiffre d’affaires
𝐌𝐒𝐂𝐕
𝐭=
𝑪𝑨
 Le taux de charges variables t’: rapport entre les charges variables et le chiffre d’affaires

𝐂𝐕
𝐭′ =
𝑪𝑨
On a : t + t’= 1

2. Présentation du compte de résultat différentiel

Le compte de résultat différentiel est un tableau qui, pour chaque étape du processus d’exploitation, regroupe les prix de
vente, les charges variables, les différentes marges sur coûts variables, les charges fixes et le résultat.

Exemple

Chiffre d’affaires (CA) 300 000


- Charges variables (CV) 195 000
= Marge sur coût variable (MSCV) 105 000 Taux de marge sur coût variable : 105 000/300 000 = 35%
- Coûts fixes 90 000
= Résultat 15 000 Taux de profitabilité = 15 000/300 000 = 5%

Formalisation :

CA (CA = p.Q) p : prix de vente du produit


- CV (CV = CVU.Q) t’ : taux de CV = CV/CA
= MSCV MSCV = (p – CVU)Q = MSCVU.Q t : taux de MSCV = MSCV/CA (t représente la MSCV réalisée pour 1€ de CA)
- CF
= R

On a donc : MSCV = [Link] => R = [Link] - CF (Relation Coût – Volume – Profit) ou R = MSCVU.Q – CF
Exemple : On vend un stylo 0,9 € aux clients. Son coût variable est de 0,4 €.
Exprimez MSCV en fonction de CA puis en fonction de Q

102
p = 0,9 €
CVU = 0,4 €
t = MSCV/CA = (CA -CV)/CA = (p – CVU)/p =(0,9 – 0,4)/0,9 = 55,56%
MSCVU = 0,9 – 0,4 = 0,5 €
t’= CV/CA = CVU/p = 0,4/0,9 = 44,44%
t + t’ = 100
Ici : MSCV = 0,5556 CA
MSCV = 0,5 Q

III LE SEUIL DE RENTABILITE (BREAK EVEN POINT)


C’est le niveau des ventes à partir duquel une activité est rentable. A ce point le chiffre d’affaires couvre la totalité des charges
et le résultat est donc nul.

On peut l’exprimer en valeur (en € de CA) ou en volume (en quantité de produit Q)

- En Valeur
𝑪𝑭
Au SR : MSCV = CF => t x CA* = CF => CA* = 𝒕

- En Volume :
𝑪𝑭
Au SR : MSCV = CF => (p – CVU) Q* = CF=> Q* = 𝑴𝑺𝑪𝑽𝑼

Ne pas confondre t qui représente la MSCV exprimée pour 1 € de CA et MSCVU la MSCV exprimée pour un produit

CA* différent de Q* sauf si : p = 1 €

Q* = CA*/p

Exemple : Soit une entreprise avec les données suivantes pour N :

CA 10 000 000 €
CV 8 000 000 € Ici les CV seront toujours de 80% du CA et la MSCV de 20% du CA
MSCV 2 000 000 €
CF 1 500 000 €
R 500 000 €

Quel est le seuil de rentabilité ?

CA* = 9 500 000 FAUX Car si CA baisse alors CV baisse


t = 0,2 => CA* = 1 500 000/0,2 = 7 500 000 €
Vérification :
CA 7 500 000 €
CV : 0,8 x 7 500 000 6 000 000 €
MSCV 1 500 000 €
CF 1 500 000 €
R 0

(10 000 000 – 7 500 000) 0,2 = 500 000 €

103
IV LE PILOTAGE DES RISQUES D’EXPLOITATION
Un risque d’exploitation est un élément perturbateur plus ou moins grave non anticipé qui touche les conditions de
fonctionnement d’une installation productive.

Le concept de seuil de rentabilité permet d’étudier les risques liés au déroulement de l’exploitation selon plusieurs critères
comme la rentabilité, la sécurité et la flexibilité.

La sécurité désigne une situation calme résultant de l’absence réelle ou prévue de danger. Pour une organisation, c’est le
niveau d’exploitation qui permet de réaliser la production en palliant les aléas et les dysfonctionnements.

La flexibilité d’une organisation exprime sa capacité à réagir face aux évolutions internes ou externes.

Il est possible de définir plusieurs indicateurs de pilotage de la sécurité et de la flexibilité :

Indicateurs de pilotage

 Date du seuil de rentabilité


Sécurité  Marge de sécurité
 Indice de sécurité
 Indice de prélèvement
Flexibilité
 Levier opérationnel

1) La date du seuil de rentabilité (point mort)

Sous l’hypothèse d’une réalisation régulière du chiffre d’affaires, il est possible d’utiliser les règles de proportionnalité
pour déterminer la date à laquelle le seuil a été ou sera atteint.

Exemple : pour un CA de 300 000 € annuel, quand le seuil de 257 000 € sera-t-il atteint ?

𝟏𝟐
Durée = 𝟐𝟓𝟕 𝟎𝟎𝟎 + 𝟑𝟎𝟎 𝟎𝟎𝟎 = 𝟏𝟎, 𝟐𝟖 𝒎𝒐𝒊𝒔 soit 10 mois + 0,28 mois. Sur une base d’une durée de 30 jours par mois on
a : (0,28 x 30) = 8 ou 9 jours soit 10 mois et 8 ou 9 jours.

2) La marge de sécurité (marge de sécurité absolue)

Elle mesure le niveau de dépassement du seuil de rentabilité. Elle se calcule comme suit :

MS = CA – CA* (en valeur) ou : MS = Q – Q* (en quantités)

La marge de sécurité indique la baisse maximale possible de chiffre d’affaires qu’une entreprise peut supporter sans faire
de perte. On peut aussi la calculer d’une autre manière :

CF t x CA - CF R
MS = CA – CA* = CA - = =
t t t

Néanmoins, la marge de sécurité est mieux appréciée de manière relative, à travers l’indice de sécurité.

3) L’indice de sécurité (marge de sécurité relative)

C’est la marge de sécurité rapportée au chiffre d’affaires.

CA – CA*
IS =
CA
Elle représente le pourcentage maximal de baisse de chiffre d’affaires qu’une entreprise peut supporter sans faire de perte.
De la même manière que la marge de sécurité, il est possible de calculer l’indice de sécurité à partir du résultat.
104
CA – CA* R/t R
IS = = =
CA CA MSCV

Une autre formulation est aussi envisageable :

CA – CA* (p x Q) – (p x Q*) Q – Q*
IS = = =
CA pxQ Q

Exemple. Soit une entreprise ayant réalisé en N :

CA 10 000 000 €
CV 8 000 000 €
MSCV 2 000 000 €
CF 1 500 000 €
R 500 000 €

CA* = 7 500 000 € (1 500 000/0,2)

Interprétation : C’est la baisse maximale possible de chiffre d’affaires qu’une


MSA = 2 500 000 €
D’où : entreprise peut supporter sans être déficitaire. Si le CA baisse en N+1 de 25%,
MSR = 25 %
l’entreprise aura un résultat nul. Au-delà elle serait en perte.

MSA = R/t = 500 000/0,2 = 2 500 000 €


On a aussi en appliquant les autres formules :
MSR = R/MSCV = 500 000/2 000 000 = 25%

4) L’indice de prélèvement

L’indice de prélèvement représente le pourcentage de chiffre d’affaires permettant de couvrir les charges fixes :

CF
IP =
CA

Il est évident que plus l’indice est élevé, c’est-à-dire proche de 1, plus il est difficile d’atteindre le seuil de rentabilité. Au-
delà de 1, il vaut mieux renoncer.

C’est un excellent indicateur de risque car, dans la réalité, plus les charges fixes sont élevées plus le risque augmente.

Une entreprise dont les charges fixes sont importantes est obligée, en cas de crise, de supporter ces charges. Elle peut
donc difficilement adapter son outil de production. Ceci explique pourquoi les entreprises ont tendance à sous-traiter
(externaliser) : cela permet de transférer le risque sur l’entreprise sous-traitante. Il est également évident que plus les
charges fixes sont élevées, plus le seuil de rentabilité est difficile à atteindre.

5) Le levier opérationnel (ou coefficient de volatilité) leverage operating

Il mesure le degré de sensibilité du résultat par rapport au chiffre d’affaires. C’est la variation relative du résultat sur la
variation relative du chiffre d’affaires. Comme il s’agit d’un rapport de pourcentage, il n’a pas d’unité. Sa formule est :

∆R
R Un levier de 7 signifie que si le chiffre d’affaires
LO =
∆CA augmente de 1% alors le résultat augmente de 7 % !!
CA
Son calcul nécessite de connaître les données de deux périodes consécutives.

Il est possible de simplifier son calcul :

105
(1) (2) (3)

∆R ∆R ∆MSCV
R ∆CA ∆CA ∆MSCV CA CA MSCV
LO = = = = x = t x =
∆CA R R ∆CA R R R
CA CA CA

(1) R = MSCV – CF donc ∆R = ∆MSCV puisque ∆CF = 0


(2) MSCV/CA = t
(3) t x CA = MSCV

MAIS ATTENTION ! En effet dans la phase (2) du développement, on a dit : MSCV/CA = t ce qui est vrai sauf qu’ici on est
en variation. Et cela ne peut être vrai qu’à la stricte condition que t soit constant c’est-à-dire que le prix de vente p doit
être constant ainsi que le coût variable unitaire CVU. Autrement dit il faut que la variation du chiffre d’affaires ne provienne
que d’une variation des quantités vendues.

Si ces conditions ne sont pas remplies alors la formule est totalement fausse.

Donc si on dispose de toutes les données, on calcule le LO comme suit :

∆R
R MSCV
LO = Sinon on calcule comme suit : LO =
∆CA R
CA

En ajoutant les conditions pour que la dernière formule soit bonne (t constant => p et CVU constants)

Une autre formulation est possible :

LO = t CA t CA CA CA CA 1
= = = = =
R t x CA - CF CA – CF/t CA – CA* MS IS

Le levier opérationnel doit s’interpréter à l’inverse de l’indice de sécurité. Plus l’indice de sécurité est élevé, moins le risque
est grand. A l’inverse, plus le levier opérationnel est élevé plus le risque est grand.

Mais ce qui est intéressant dans le levier opérationnel, c’est qu’il met en lumière la contrepartie du risque : l’opportunité
de faire des bénéfices si l’activité varie.

Admettons que les ventes soient égales au seuil de rentabilité. Le résultat est alors nul. La marge de sécurité est nulle ainsi
que l’indice de sécurité. On peut alors dire que le risque d’exploitation est élevé puisqu’on est très proche de faire des
pertes. Dans le même temps, une augmentation même très faible des ventes permettra de passer d’un résultat nul à un
résultat positif. Le levier opérationnel sera alors infini (car on divise par zéro).

Autrement dit, plus l’entreprise est proche du seuil de rentabilité, moins la marge de sécurité est grande, plus le risque
est élevé, mais plus une petite variation des ventes aura un impact important sur le résultat puisqu’il permet de s’éloigner
de cette situation risquée !

Le levier opérationnel mesure donc la même chose que le seuil de rentabilité ou la marge de sécurité, mais en mettant en
évidence la contrepartie du risque : l’opportunité de faire des bénéfices.

106
Exemple : soit une entreprise ayant réalisé en N :

CA 10 000 000 € t’= 80%


CV 8 000 000 €
MSCV 2 000 000 € t = 20%
CF 1 500 000 €
R 500 000 €
Son LO est de : MSCV/R = 2 000 000 /500 000 = 4 (si t constant)

Donc, quand le CA augmente de 1%, le R augmente de 4%


Normalement, si le CA augmente de 50%, le R doit augmenter de 4 x 50% = 200%

Vérifions : supposons qu’en N+1, son CA augmente de 50%, le compte de résultat différentiel serait

CA 15 000 000 € + 50%


CV 12 000 000 € + 50%
Le résultat a augmenté de 200% pour une
MSCV 3 000 000 € + 50% augmentation de 50% du chiffre d’affaires, ce qui est
CF 1 500 000 € - cohérent avec le levier de 4 trouvé précédemment.
R 1 500 000 € + 200%

6) L’élasticité simple de la demande par rapport au prix

Elle mesure le degré de sensibilité de la demande D (quantités demandées) par rapport au prix de vente p.

C’est donc la variation relative de la demande sur la variation relative du prix de vente. C’est donc un rapport de
pourcentage et par conséquent sans unité. Sa formule est la suivante :

∆D - Etant un rapport de pourcentage, elle n’a pas d’unité


- Elle est négative généralement (sauf produits de luxe)
D Une élasticité de -3 signifie que si l’on baisse le prix de 1% alors la demande augmente de
eD/P = -
∆P 3% (ou si on augmente le prix de 1% alors la demande baisse de 3%)
- Elle n’est pas continue mais dépend du niveau de prix auquel on la calcule
P
- Elle n’est valable que pour des petites variations de prix

NB : ∆D = demande nouvelle moins demande ancienne et ∆P = prix de vente nouveau - prix de vente ancien. Au
dénominateur, il s’agit toujours de la donnée ancienne.

Exemple : si en N la demande d’un produit s’élève à 100 pour un prix de vente de 90 € et qu’en N+1 elle est de 120 pour
un prix de 81 €, elle est de :

(120-100)
100
eD/P = = -2
(81-90)
90

Les biens de luxe ont des élasticités nulles voire légèrement positives. Ce phénomène est appelé effet Veblen du nom de
l’économiste qui a démontré que l’achat de ce type de biens correspond à un effet de « snobisme » et par conséquent
toute baisse du prix se traduit par une baisse de la demande (Hermès, Dior et Cie…).

7) L’élasticité croisée de la demande par rapport au prix

Il est possible que la consommation d’un bien ou d’un service varie non pas car son prix a été modifié, mais parce que le
prix d’un autre bien ou service a varié (une variation de prix des billets d’avion sur les lignes françaises a une influence sur
les ventes de billets de train).

L’élasticité croisée de la demande mesure le degré de sensibilité de la demande d’un bien par rapport au prix d’un autre
bien.

107
Si dans une ville se trouvent deux entreprises de restauration rapide dans une même rue : une sandwicherie vendant ses
sandwichs 4 €, et un kebab vendant ses sandwichs grecs 5 €. Le prix du kebab augmente de 20%, cela entraîne certains
consommateurs de kébabs a préféré consommer des sandwichs. La consommation de sandwich augmente alors de 10%.

Calculez l’élasticité-prix croisée de la consommation de sandwich par rapport au prix du kebab, et déduisez-en la formule
générale de l’élasticité-prix croisée

La formule est la suivante :

∆DX - Pour les biens substituables (qui satisfont un même besoin comme :
orange/pamplemousse ; billet TGV/billet d’avion…), elle est positive (si le prix du
DX TGV baisse, la demande de billet d’avion baisse)
eDX/PY = - Pour les biens complémentaires, (caoutchouc/pneu ; imprimante/ordinateur) elle
∆PY est négative (si le prix du caoutchouc augmente, la demande de pneu baisse)
PY - Pour les biens indépendants, elle est nulle (cocaïne/farine)

Lorsque deux produits sont vendus dans la même entreprise, l’élasticité croisée est souvent positive : lorsque le prix du
produit X baisse, le volume des ventes de X augmente et le volume des ventes de Y diminue. Ex : une banque propose
deux types de livrets épargne. Lorsque la rémunération de l’un augmente, les clients diminuent les versements qu’ils
effectuaient sur l’autre pour orienter leur épargne vers ce produit.

108
8. Le prix psychologique

Également appelé prix d’acceptabilité, c’est le prix qu’un maximum de clients accepterait de payer. C’est donc celui pour
lequel la demande est la plus forte. Il ne doit être ni trop élevé (trop cher), ni trop faible (signe de mauvaise qualité).

Il est déterminé grâce à une enquête auprès d’un échantillon de clients auquel on propose différents prix de vente pour un
produit donné. Deux questions sont posées :

1. Au-delà de quel prix n’achèteriez-vous pas le produit parce que vous le jugez trop cher ? (Prix excessif) ;

2. En dessous de quel prix n’achèteriez-vous pas le produit parce que vous jugeriez sa qualité trop faible ? (Prix
trop faible, qualité médiocre).

Une fois les réponses collectées, on calcule les fréquences cumulées croissantes f1 des réponses obtenues à la première
question et les fréquences cumulées décroissantes f2 pour la seconde question.

Pour chaque niveau, on calcule le taux d’acceptabilité qui correspond au pourcentage d’acheteurs potentiels : taux
d’acceptabilité = 1 – (f1 + f2).

Le prix retenu est celui pour lequel le taux d’acceptabilité est le plus élevé. Il correspond au prix psychologique.

Exemple : l’entreprise alpha hésite à proposer un produit à un prix situé entre 12 € et 14 €. Elle a interrogé 620 personnes sur
leur perception de différents niveaux de prix. Voici les résultats :

Prix proposé Nombre de réponses « Prix trop élevé » Nombre de réponses « Prix trop faible »
12,00 € - 125
12,20 € - 105
12,40 € - 92
12,60 € 20 85
12,80 € 40 75
13,00 € 55 65
13,20 € 60 50
13,40 € 105 23
13,60 € 108 -
13,80 € 110 -
14,00 € 122 -
Total 620 620

109
Atrou

Compléter les sommes laissées en blanc pour chacun de ces quatre cas indépendants :

Coût Marge sur


Prix de Quantités Résultat
Cas variable coût Charges fixes
vente vendues d’exploitation
unitaire variable
A 30 € 20 € 70 000 700 000 715 000 -15 000 €
B 25 € 20 € 180 000 900 000 € 800 000 € 100 000 €
C 12 € 10 € 150 000 300 000 € 220 000 € 80 000 €
D 20 € 14 € 20 000 120 000 € 108 000 € 12 000 €

Montvert

Montvert produit et commercialise des stylos. Le chiffre d’affaires actuel est de vingt millions d’euros par an pour un prix
de vente de 2 € par stylo. Les charges fixes sont de 3 600 000 € par an. Le coût unitaire variable est de 1,20 €.

Travail à faire en traitant chaque cas séparément :

1. Quel est actuellement le résultat d’exploitation annuel ?


2. Quel est actuellement le seuil de rentabilité exprimé en valeur ?
3. Calculer le nouveau résultat d’exploitation pour chacun des changements indépendants suivants :
- Une augmentation de 0,16 € du coût variable unitaire ;
- Une augmentation de 10% des charges fixes et une augmentation de 10% des quantités vendues,
- Une diminution de 20% du prix de vente, une diminution de 10% du coût unitaire variable et une
augmentation de 40% des quantités vendues ;
4. Calculer le nouveau seuil de rentabilité, exprimé en volume, pour chacun des changements suivants :
- Une augmentation de 10% des charges fixes ;
- Une augmentation de 10% du prix de vente et une hausse des charges fixes de 80 000 €.

Dubol

La société anonyme Dubol a des charges fixes de 900 000 € et un taux de charges variables de 80%. La société a réalisé
un bénéfice net de 280 000 € en N. Le taux de l’impôt sur les bénéfices des sociétés est d’un tiers du bénéfice.

Calculer le résultat hors impôt, la marge sur coût variable, le chiffre d’affaires et le seuil de rentabilité.

CHF

La ville de Genève accorde une subvention annuelle forfaitaire de 400 000 francs suisses (CHF) à une association
d’assistance aux toxicomanes. La totalité de la subvention est utilisée par l’association, notamment pour distribuer les
produits de substitution aux personnes dont l’état le justifie. Le coût variable de ces distributions est de 400 CHF par
client et par an. Les charges fixes de l’association s’élèvent à 150 000 CHF.

1. Combien de patients pourront être aidés dans l’année ?


2. Supposer que la subvention soit réduite de 10% l’année suivante. Les charges fixes restent les mêmes. Les patients
traités bénéficieront du même niveau d’assistance. Combien de patients pourront être aidés l’année suivante ?
3. Comme dans la question 2, supposer une réduction de 10% de la subvention. Les charges fixes restent les mêmes.
Le médecin au service de l’association a toute liberté pour décider de la dose de produits de substitution à prescrire
à chaque patient. Il ne veut pas diminuer le nombre de toxicomanes assistés. Quel serait le coût moyen annuel de
la prescription pour un patient ? Calculer le pourcentage de diminution du coût moyen annuel de la prescription par
patient.

110
Pilier-Debars

M. Pilier-Debars exploite deux bars restaurants ouverts 24 heures sur 24. Les charges fixes des deux bars restaurants
totalisent ensemble 450 000 € par an. On y sert aussi bien une tasse de café qu’un repas complet. La note moyenne
par client est de 8 €. Le coût moyen des aliments, boissons et autres éléments variables, représente 3,20 € par client.
Le taux de l’impôt sur les bénéfices est d’un tiers du bénéfice.

1. Quel est le chiffre d’affaires nécessaires pour obtenir un bénéfice net de 100 000 € ?
2. Combien de clients faut-il servir pour réaliser un bénéfice net de 100 000 € ? Quel est le point mort exprimé en
nombre de clients ?
3. Quel est le bénéfice net si l’on a servi 150 000 clients ?

KO

Philippe Hercut est le manager du champion de boxe Albert Ebask. Il organise un nouveau match où Ebask va mettre
son titre en jeu. Le match sera retransmis sur un réseau câblé qui applique le paiement à la séance par les
téléspectateurs. Tout abonné au câble devra payer 2,99 € pour regarder l’émission, dont 1,60 € sera reversé à Hercut
qui versera à Ebask une rémunération fixe de 200 000 € plus le quart de ce qu’il reçoit de l’exploitant du réseau câblé.

Hercut a fait une estimation de la distribution de probabilité des abonnés qui regarderont la retransmission du combat
de boxe.

Nombre d’abonnés Probabilité


Regardant le match
100 000 5%
200 000 10%
300 000 30%
400 000 35%
500 000 15%
1 000 000 5%

1. Quelle est l’espérance mathématique de la rémunération que Hercut versera à Ebask ?


2. Admettre que le seul facteur incertain soit le nombre d’abonnés au câble payant pour regarder le combat de boxe.
Hercut voudrait connaître son seuil de rentabilité, étant donné que ses propres charges fixes s’élèvent à 100 000 €
et que ses charges variables sont de 0,20 € par abonné regardant le combat (inclure le paiement de Hercut à Ebask
dans votre réponse).

Bonpied

La société Bonpied exploite une chaîne de magasins de chaussures. Ces magasins vendent dix modèles de chaussures
à bon marché pour hommes. Les paires de chaussures de n’importe quel modèle ont toutes le même coût et le même
prix de vente. Un directeur est à la tête de chacun des magasins. Il reçoit un salaire fixe. Les vendeurs reçoivent aussi un
salaire fixe auquel s’ajoute une commission sur les ventes. Bonpied étudie le projet d’ouverture d’un nouveau magasin
dont la structure des coûts serait la suivante :

Données unitaires (par paire de chaussures)


Prix de vente 45 €
Coût d’achat 29,25 €
Commission du vendeur (charges comprises) 2,25 €
Coût unitaire variable 31,50 €
Charges fixes annuelles
Loyer 90 000 €
Charges de personnel 300 000 €
Publicité 120 000 €
Autres charges fixes 30 000 €
Total des charges fixes 540 000 €

Travail à faire (les questions sont indépendantes) :


1. Quel est le seuil de rentabilité annuel en quantités vendues et en euros ?
2. Si le magasin vend 35 000 paires de chaussures, quelle sera sa perte d’exploitation ?
3. Si l’on supprimait les commissions sur ventes au profit d’une augmentation de 121 500 € du salaire fixe des
vendeurs (charges comprises), quel serait le seuil de rentabilité annuel exprimé en quantités et en euros ?
111
4. Revenir aux données initiales. Si le directeur du magasin recevait une prime de 0,45 € (charges comprises) par paire
de chaussures vendue en plus de son fixe, quel serait le seuil de rentabilité annuel exprimé en quantités annuelles
et en euros ?
5. Revenir aux données initiales. Si le directeur du magasin recevait une prime de 0,45 € (charges comprises) par paire
de chaussures vendue au-delà du seuil de rentabilité, quel serait le résultat d’exploitation du magasin dans
l’hypothèse de la vente de 50 000 paires de chaussures ? (Cette prime de 0,45 € s’ajoute aux commissions des
vendeurs et aux salaires fixes du directeur et des vendeurs).

112
KARCHER

Karcher fabrique des bancs de lavage pour station-service, centre auto d’hypermarché…

Elle commercialise actuellement trois modèles : LAVA 100, LAVA 300 et LAVA 500.

Le premier modèle est mono-programme et se vend 400 000 € pose comprise.

Le second modèle est tri-programme et se vend 600 000 € pose comprise.

LAVA 500 est multi-programme et garantit une qualité de nettoyage et de séchage exceptionnelle. Son prix est relativement
élevé, 1 000 000 € pose comprise.

Ces machines bénéficient d’un an de garantie pièces et main-d’œuvre et sont généralement vendues avec un contrat de
maintenance reconductible annuellement par accord tacite. L’ensemble des clients souscrit ce contrat et amortit son matériel
sur 5 ans.

Afin d’améliorer le travail des commerciaux, la direction commerciale a commandé à la direction financière une étude détaillée
sur chacun des produits afin de fournir aux représentants un argumentaire commercial solide.

Une étude statistique a permis de faire ressortir les éléments suivants :

LAVA LAVA LAVA


ELEMENTS D’INFORMATIONS
100 300 500

Nombre de lavages quotidiens 120 160 180


Prix de vente unitaire moyen d’un lavage 12 20 30
Frais variables (eau, savon…) par lavage 3 6 12
Frais fixes de gestion (hors contrat de maintenance) 25 000 69 000 115 000
Abonnement contrat de maintenance 30 000 35 000 45 000
Durée d’amortissement 5 ans 5 ans 5 ans
Prix de vente catalogue 400 000 600 000 1 000 000

L’année fait 52 semaines, mais les stations ou centres auto sont ouverts 6 jours sur 7.

1. Déterminer le seuil de rentabilité en nombre de lavages par an, par jour et le résultat de chaque modèle.

2. Evaluer l’impact d’une baisse de 10% du prix de vente unitaire moyen d’un lavage sachant que l’on a observé une
élasticité de la demande par rapport au prix de – 1,5. Pour cela vous calculerez les mêmes indicateurs qu’à la
question 1. Conclure.

113
Gamma

Gamma fabrique des articles de série. La dirigeante de la société prévoit une hausse importante de la concurrence sur
ce segment de marché dès le début de l'année N.

Vous êtes chargé d'intervenir en janvier N sur une étude prévisionnelle de l'année N et de l'année N+1 afin de conseiller
la dirigeante sur les orientations à prendre.

Il est convenu qu'un certain nombre d'hypothèses doivent être testées tout en retenant les principes suivants :
- maintien des conditions d'exploitation de l'année N-1 ;
- volonté de développer le chiffre d'affaires après absorption des charges fixes.

I. ETUDE DE L'EXPLOITATION DE N - 1

Vous sélectionnez dans les documents comptables de N-1, les renseignements suivants :

Montant (en €) Dont variable

- Chiffre d'affaires 625 400


- Consommations de matières premières 147 267 100%
- Frais de main-d'œuvre 130 200 100%
- Frais de fabrication 100 800 2/3
- Frais d'administration 80 325 2/5
- Frais d'entretien 49 920 100%
- Frais sur ventes 52 380 9/20

1) Présenter compte de résultat différentiel de N-1.

2) En déduire la date à laquelle le seuil de rentabilité a été atteint. Calculer le levier opérationnel. Faire les
commentaires et donner la signification des résultats obtenus.

3) A partir de cette date, de quel pourcentage maximum aurait pu être diminué le prix de vente unitaire ?

4) Quelle diminution annuelle aurait pu supporter les ventes sans pour autant entraîner un résultat déficitaire ?

II. PREVISIONS DES RESULTATS DE N

Une étude de marché estime que l'élasticité des ventes en volume par rapport au prix s’élève à - 3 sur ce segment. En
conservant les conditions d'exploitation de N-1, vous devez étudier les conséquences des hypothèses suivantes.

5) Dans le cas d'une réduction annuelle de 10% du prix de vente, estimer le résultat attendu en N. Comparer avec le
résultat sans diminution de prix. Faire les commentaires nécessaires. En quoi l'utilisation du coefficient de volatilité
est-elle impropre dans ce cas ?

6) Quelle est l'élasticité maximum qui permettrait de ne pas abaisser le résultat ?

7) Dans le cas où l'élasticité reste de -3, quel devrait être le taux de marge minimum pour obtenir un résultat au moins
égal au résultat de N-1.

114
Montbazillac

La société alimentaire lyonnaise vend des produits fins et des vins. Le gérant étudie une nouvelle politique de prix pour
un produit récemment introduit dans le catalogue « bloc de foie gras à l’armagnac » et pour deux vins fins du Périgord :
le Gaillac et le Montbazillac. Il a fait réaliser une étude d’élasticité prix de la demande de ces produits. Les
renseignements relatifs au bloc de foie gras sont portés dans l’annexe 1 et ceux concernant les vins dans l’annexe 2.

Annexe 1 – Renseignements relatifs aux blocs de foie gras

 Situation actuelle

Prix de vente : 19 € (les concurrents vendent des produits de même valeur gastronomique à des prix supérieurs).
Coût d’achat : 14 €
Ventes : 4 000 produits par an.

 Elasticité en cas de baisse des prix : + 0,5

 Elasticité en cas d’augmentation des prix : - passage de 19 à 20 € : élasticité = + 0,5


- passage de 20 à 21 € : élasticité = - 1
- passage de 21 à 22 € : élasticité = - 2,2
- passage de 22 à 23 € : élasticité = - 3,5
- passage de 23 à 24 € : élasticité = - 5

Annexe 2 – Renseignements relatifs aux vins du Périgord

 Produits commercialisés : deux vins qui peuvent être considérés comme substituables, malgré leurs qualités gustatives
différentes : Gaillac blanc et Château Montbazillac.

 Ventes actuelles : - Gaillac : 25 000 bouteilles à 3,60 € l’une (prix d’achat : 2,60 €)
- Montbazillac : 13 000 bouteilles à 5,20 € l’une (prix d’achat : 3,60 €)

 Elasticités demande / prix :

Demande Gaillac Montbazillac


Prix

- 0,5 + 0,4
Gaillac

Montbazillac + 0,2 - 0,2

1. Prix du bloc de foie gras : calculer le prix qui permet de maximiser la marge commerciale dégagée par ce produit.

2. Prix des vins du Périgord


2.1 Calculer la marge commerciale actuelle.
2.2 Calculer le volume des ventes et la marge commerciale si l’entreprise décide de baisser de 0,1 € le prix de vente du
vin de Gaillac.
2 .3 Calculer le niveau des ventes et la marge commerciale si l’entreprise décide d’augmenter de 0,1 € le prix de vente
du vin de Montbazillac

115
Lepyg

En N, Lepyg a réalisé un résultat de 600 000 € pour un chiffre d'affaires de 11 000 000 €. Le compte de résultat prévisionnel de
N+1 de l'entreprise est établi sur la base de plusieurs hypothèses alternatives. On considérera que l'activité ne comporte que
des ventes d'un produit unique.

Hypothèse 1
- Ventes de 2 000 unités à 6 000 €.
- Charges fixes : 1 200 000 €.
- Charges variables :
 D’achat et de production : 4 200 € par unité,
 De distribution : 10% du chiffre d'affaires.

1. Indiquer le résultat prévisionnel.


2. Calculer le « levier opérationnel », au niveau prévu.

Hypothèse 2
Une politique de prix de vente adéquate pourrait permettre d'améliorer le résultat prévisionnel de l'hypothèse 1 et il ressort
d'une étude de clientèle que l'élasticité de la demande à la firme est de - 10 (au niveau considéré, pour une « fourchette » de
variation du prix de vente unitaire n'excédant pas 8% en plus ou en moins).

Déterminer le prix de vente assurant le résultat optimal

Hypothèse 3
En fait, si l'entreprise veut produire plus de 2 800 unités, elle doit modifier sa structure, ce qui entraîne :

- Une augmentation des charges fixes de 300 000 €,


- Une réduction des coûts d'achat et de production de 5% de leur montant unitaire actuel.

Calculer le résultat courant pour une production finale en N+1, de 3 200 unités, en supposant ce changement de structure
réalisé de façon instantanée au cours de l'année N+1 (après production de 1 000 unités).

NB : Cette question est indépendante de la précédente (car on considère que le prix de vente unitaire reste fixé à 6 000 €.

Malion

La société Malion fabrique des montres. Le responsable mercatique étudie le prix auquel il conviendrait de proposer un modèle
X. La première année, le produit a été vendu 600 €. Les ventes se sont élevées à 9 000 unités. Le coût variable unitaire est de
340 € et le montant des coûts fixes est de 2 000 K€. L'étude de marché a permis de déterminer que l'élasticité de la demande
par rapport au prix pour une montre est de - 2.

ETUDE DE LA FONCTION DEMANDE

1) Exprimer la variation de la demande en fonction de la variation du prix


2) Exprimer, en fonction du taux de variation x du prix : Le niveau de la demande ; le chiffre d’affaires ; le résultat.

ETUDE DE LA RENTABILITE

1) En reprenant la fonction de résultat déterminée dans la question 2, calculer les niveaux de prix pour lesquels le
résultat est nul. En déduire la zone de rentabilité.
2) Vérifier votre calcul en calculant le résultat pour les niveaux de prix déterminés.

ETUDE DU PRIX OPTIMAL

1) En utilisant la fonction de résultat, déterminer le prix qui optimise ce résultat.


2) Discuter les prix de vente possible du modèle X.

116
OUTILS DE MESURE DU
RISQUE D’EXPLOITATION

Castor fabrique et vend un produit P. On dispose, pour la période N, des


informations suivantes :

- Ventes : 50 000 unités ;


- Prix de vente unitaire : 80 € ;
- Charges variables unitaires : 20 € ;
- Charges fixes de la période : 2 100 000 €.

1. Etablir le compte de résultat différentiel puis apprécier le risque de l’entreprise à travers


tous les indicateurs connus.
2. Etablir le compte de résultat différentiel pour ces niveaux d’activité : 0, 25 000 et 75 000.
Peut-on trouver les résultats plus rapidement ?
3. Déterminer les équations des fonctions CV, MSCV, CT et R en fonction de l’activité Q, puis
en fonction du Chiffre d’affaires CA.
4. Construire le compte de résultat différentiel correspondant à une baisse de 10% des
quantités produites, les conditions d’exploitation étant inchangées. Quelle est la variation
relative du résultat ?
5. Retrouvez le résultat précédent à partir du levier opérationnel.

Pour Polux, entreprise concurrente de Castor, qui sous-traite une grande partie
de sa production, on relève pour la même période :

- Ventes : 50 000 unités ;


- Prix de vente : 80 € ;
- Charges variables unitaires : 50 € ;
- Charges fixes de la période : 600 000 €.

6. Etablir le compte de résultat différentiel puis apprécier le risque de l’entreprise Polux à


travers tous les indicateurs connus. Comparer les indicateurs avec ceux de Castel.
7. Déterminer le résultat pour chacune des entreprises sous les deux hypothèses suivantes :
 Baisse de 10% des quantités ;
 Augmentation de 10% des quantités.
 Commenter.

117
ALTEOS

ALTEOS fabrique des sirops à base de fruits et plantes dont les qualités nutritives et gustatives sont
exceptionnelles. Elle souhaite diversifier son activité autour de l’exploitation des fleurs de sureau dont elle maîtrise
l’approvisionnement. Sa saveur exceptionnelle est très appréciée tant en France qu’en Allemagne. Deux produits
seraient à proposer conjointement pour avoir un impact suffisant auprès des distributeurs : le sirop et la liqueur.

Le lancement de ce projet suppose la couverture d’un certain nombre de coûts fixes spécifiques aux deux
produits : un local, des cuves inox, des frais fixes de recherche et développement et de logistique. Elle vous
demande d’établir la rentabilité de ce projet.

ELEMENTS PREVISIONNELS RELATIFS AU PROJET « FLEURS DE SUREAU »

Hypothèse retenue : 2 bouteilles de sirop pour une bouteille de liqueur fabriquée et vendue.

Produits à base de fleurs de sureau Sirop Liqueur


Prix d’une bouteille 4,5 € 7,5 €
Coût variable unitaire 2,4 € 3,4 €
Coûts fixes spécifiques à l’ensemble des produits à base de sureau 289 670 €

CONTRAINTES D’APPROVISIONNEMENT EN FLEURS DE SUREAU

L’approvisionnement en fleurs de sureau sera limité la première année à 65 tonnes.

Sirop Liqueur
Ventes prévisionnelles maximum 82 000 bouteilles 41 000 bouteilles
Poids en fleurs pour une bouteille 400 g 880 g

1. Calculer le nombre minimal de bouteilles de sirop et de liqueur à vendre pour atteindre le seuil de rentabilité dans
l’hypothèse retenue (à savoir deux bouteilles de sirop pour une bouteille de liqueur). En déduire le chiffre d’affaires
correspondant.
2. Pour un chiffre d’affaires prévisionnel de 676 500 € sur l’ensemble de ces deux produits, et dans l’hypothèse d’une
activité régulière, calculer le levier opérationnel puis la date d’atteinte du seuil de rentabilité.
3. A quelles conditions l’utilisation de ce seuil de rentabilité comme outil de décision est pertinente ?

Dans son rapport de présentation des deux nouveaux produits sur la base d’une composition des ventes de deux
bouteilles de sirop pour une bouteille de liqueur, le directeur a affirmé ces trois propos :

1 : « l’activité sera rentable dès le premier semestre » ;


2 : « si le chiffre d’affaires augmente plus que prévu, cela aura un fort effet sur le résultat » ;
3 : « cette nouvelle activité est peu risquée ».

4. Commenter, à partir des réponses obtenues aux questions précédentes chacune de ces trois affirmations en y
apportant toutes les justifications pertinentes.

Le directeur financier souhaite optimiser la rentabilité de cette nouvelle activité, la composition des ventes n’étant
pas pour lui une contrainte puisque toutes les études de marché prouvent que la demande en boissons à base de
plantes est très importante pour ces deux types de produits.

5. En utilisant un raisonnement fondé sur l’utilisation du facteur rare (ou méthode des goulots d’étranglement),
déterminer le programme de production qui permet de maximiser la marge sur coûts variables :
5.1. Présenter le système à résoudre (fonction économique et contraintes) ;
5.2. Résoudre le système en expliquant et justifiant les calculs intermédiaires (méthode des goulets
d’étranglement) ;
5.3. En déduire le résultat optimal. Commenter la pertinence de la solution trouvée.

118
MATHE

L’entreprise Mathé produit et vend deux produits X et Y. Les données sont les suivantes :

Produit X Produit Y
Prix de vente 50 € 20 €
Charges variables de production 30 € 10 €
Charges variables de distribution 2€ 3€
Volume des ventes 10 000 50 000

Les charges fixes communes s’élèvent à 300 000 €

1. Présenter le compte de résultat différentiel

On admet dans un premier temps que les variations de prix d’un produit n’affectent que ce produit et n’ont pas
d’incidence sur l’autre. Pour le produit X, l’élasticité de la demande par rapport au prix est égale à -2.

2. Présenter le compte de résultat différentiel si le prix du produit X augmente de 5%. Commenter.

3. Calculer le prix optimal et le résultat optimal. (On ne modifie rien sur le produit Y). Etablir le compte de résultat
différentiel correspondant au prix optimal (avec les deux produits). Quelles sont les limites de ce calcul ?

En réalité, il y a des élasticités croisées et la variation du prix d’un produit a des conséquences, non seulement sur
ce même produit, mais aussi sur l’autre.

On dispose du tableau des élasticité suivantes :

Prix Demande Produit X Produit Y

Produit X -2 0,5

Produit Y 0,2 -1

4. Déterminer les conséquences de l’action suivante : augmentation du prix de vente de X de 7%, le prix de Y restant
inchangé. Etablir le compte de résultat différentiel avec les deux produits.

119
KBH
KBH est une PME familiale alsacienne longtemps spécialisée dans la fabrication de pâtisseries salées, spécialité
régionale traditionnelle.

Depuis quelques années, elle s’est diversifiée dans la fabrication de produits sucrés (macarons notamment) et a
également commencé à se diversifier à l’étranger en ouvrant des succursales de vente en Suisse et en Allemagne.

Pour la période « N », l’analyse du chiffre d’affaires par « produits-marchés » se présente ainsi (milliers d’euros) :

Produits Salés Sucrés


Marchés
Domestique 19 800 10 000
Etranger 7 200 6 400

Les charges variables directes peuvent être affectées comme suit (en milliers d’euros) :

Produits Salés Sucrés


Marchés
Domestique 13 200 7 500
Etranger 4 800 4 800

Les charges fixes s’élèvent à 13 400 000 € et peuvent être analysées comme suit (milliers d’euros) :

- charges de production spécifiques aux produits salés 3 200


- charges de production spécifiques aux produits sucrés 2 800
- charges de commercialisation spécifiques au marché domestique 2 100
- charges de commercialisation spécifiques au marché étranger 4 200
- autres charges (administration) 1 100
TOTAL 13 400

Les prix de vente des produits sont identiques sur les différents marchés, par simplification.

Les ateliers dédiés à la production des produits salés et des produits sucrés sont utilisés respectivement à 90% et
82% de leur capacité.

Les réseaux de distribution dédiés à la commercialisation des produits sur le marché domestique et sur le marché
étranger sont utilisés respectivement à 70% et à 50% de leur capacité.

1) Présenter une analyse des résultats de la période N faisant apparaître les différents niveaux de marge (sur coûts
variables et sur coûts spécifiques), en raisonnant :

a. Par produits, tous marchés confondus ;


b. Par marchés, tous produits confondus ;
c. Par couples « produits-marchés ».

2) Commenter les résultats obtenus à la question précédente ;

3) Relativiser vos jugements en rappelant les hypothèses très restrictives qui sont retenues dans l’analyse
différentielle en coûts partiels de type direct costing.

4) Que se passerait-il si, dans les conditions actuelles, on décidait de restructurer l’entreprise en abandonnant les
marchés à l’étranger ? De combien pourrait, théoriquement, varier le résultat global, et quelle serait sa valeur ?
Donner des exemples d’éléments, non pris en compte dans les hypothèses simplificatrices implicites retenues,
et qu’il faudrait intégrer dans les calculs.

120
On suppose dans tout ce qui suit que la société KBH a décidé d’abandonner ses activités à l’étranger et de se
recentrer sur le marché domestique.

Par ailleurs, dans un premier temps, elle n’envisage pas de modifier sa politique commerciale sur le marché
domestique.

5) Dans ces conditions, refaites une analyse des résultats en calculant les divers niveaux de marge.

6) Commenter la situation et suggérez une décision permettant d’améliorer le résultat de la société. Quel est le
niveau maximal que la société peut atteindre ?

Une étude a montré que le marché domestique des produits salés était saturé. Même une baisse de prix ou une
augmentation sensible des dépenses publicitaires seraient inefficaces pour augmenter les ventes.

En revanche, pour les produits sucrés, un potentiel de développement existe. Mais la direction hésite entre
supprimer l’activité produits sucrés, jugée pas assez rentable, et tenter de redynamiser les ventes par une action
de formation et de motivation des vendeurs.

7) De combien faudrait-il augmenter les ventes de produits sucrés, en pourcentage, pour que la contribution de
cette activité aux résultats redevienne positive ?

Depuis plusieurs années, les ventes de produits salés sur le marché domestique ont été très régulières. On dispose
des statistiques commerciales suivantes, en milliers d’euros constants :

N : 19 800 ; N-1 : 20 100 ; N-2 : 19 900 ; N-3 : 20 000 ; N-4 : 20 200

La société envisage pour N+1 une « fourchette budgétaire » entre 19 800 et 19 900 milliers d’euros pour ces
produits.

8) Calculer la probabilité de se situer à l’intérieur de cette fourchette en N+1 en faisant l’hypothèse que les ventes
suivent une loi normale. Commenter.

Pour l’établissement des prévisions budgétaires de « N+1 », on retient finalement les hypothèses suivantes pour le
marché domestique :

- Ventes de produits salés : 20 100 milliers d’euros


- Ventes de produits sucrés : 11 000 milliers d’euros

9) Calculer le coût prévisionnel de la sous-activité au niveau de la production.

La direction a décidé de mettre en place pour N+1 une politique rationnelle d’approvisionnement pour les matières
premières utilisées (farine, sucre,) utilisant le modèle de Wilson, dans le but de diminuer les coûts de la fonction
approvisionnement. Mais une incertitude subsiste sur l’impact du niveau du stock de sécurité retenu sur la valeur
de la « quantité économique » optimale à commander.

10) Démontrer que cette quantité, notée X, ne dépend pas du stock de sécurité, noté S.

On notera K le coût de passation variable d’une commande, C le coût de détention d’une unité pendant la période
budgétaire, et Q la quantité globale à commander pendant cette période budgétaire.

On exprimera le coût total T d’approvisionnement en fonction de X, et on recherchera les conditions de


minimisation du coût total.

La société KBH étudie la possibilité de modifier le prix des produits sucrés afin de bénéficier d’un effet d’élasticité
sur les ventes.

121
Une étude de marché a montré que par rapport aux performances enregistrées en N, une baisse moyenne de prix
de 10% entraînerait une hausse du volume des ventes des produits sucrés de 20%.

11) Exprimer la marge sur coûts variables, notée M, réalisée avec les produits sucrés sur le marché domestique en
fonction de x (x étant le taux de variation du prix exprimée en pourcentage). Vérifier que pour x=0 (pas de
changement dans la politique de prix par rapport à la période N), on retrouve bien la marge calculée plus haut.

12) Quelles sont les politiques de prix extrêmes qui seraient suicidaires, c'est-à-dire qui rendraient M négative ?

13) Calculer la fonction dérivée de M par rapport à x, et déterminer la politique de prix optimale, c'est-à-dire la
valeur de x qui permettrait de maximiser la marge.

14) Vérifier la pertinence de votre calcul en représentant graphiquement M en fonction de x. (Pour cette question,
on calculera M également pour x=+10%, -10%, +30% et -30%)

122
Application corrigée : KBH

Question 1 : analyse des résultats (en milliers d’euro)

Calcul des MSCV par couple produit-marché

Produits
Salés Sucrés
Marchés
Domestique 19 800 – 13 200 = 6 600 10 000 – 7 500 = 2 500
Étranger 7 200 – 4 800 = 2 400 6 400 – 4 800 = 1 600

a) Analyse par produits (en milliers d’euros)

Produits
Total Produits salés
sucrés
Marge sur coûts variables :
- sur marché domestique 9 100 6 600 2 500
- sur marchés étranger 4 000 2 400 1 600
Total des MSCV 13 100 9 000 4 100
Charges fixes spécifiques 6 000 3 200 2 800
Marges sur coûts spécifiques 7 100 5 800 1 300
Charges fixes non spécifiques :
- de commercialisation (2 100 + 4 200) 6 300
- d’administration
1 100
Résultat global - 300

b) Analyse par marchés (en milliers d’euros)

Marché
Eléments Total Marché étranger
domestique
Marge sur coûts variables :
- sur les produits salés 9 000 6 600 2 400
- sur les produits sucrés 4 100 2 500 1 600
Total des MSCV 13 100 9 100 4 000
Charges fixes spécifiques 6 300 2 100 4 200
Marges sur coûts spécifiques 6 800 7 000 - 200
Charges fixes non spécifiques :
- de production 6 000
(3 200 + 2 800)
- d’administration 1 100
Résultat global - 300

c) Analyse par couple produits-marchés (en euro)

Marché Marché
Marché Marché
étranger étranger
Eléments Total domestique domestique
produits produits
produits salés produits sucrés
salés sucrés
MSCV 13 100 6 600 2 500 2 400 1 600
Charges fixes :
- production 6 000
- commercialisation 6 300
- administration 1 100
Résultat global - 300

123
Question 2 : commentaires

Toutes les MSCV sont positives donc les quatre couples produits-marchés sont intrinsèquement rentables.
En revanche le Résultat est négatif donc nous sommes devant un problème de SR qui n’est pas atteint, ce
qui pose à l’entreprise un dilemme :

- Soit on peut augmenter les ventes pour augmenter les marges (politique de commercialisation
plus dynamique)
- Soit on peut baisser les frais fixes (politique d’économie sur les frais généraux ou politique de
restructuration)

Les MSCS par produit sont positives donc il faut conserver les deux lignes de produits, en revanche la MSCS
à l’international est négative donc il faut s’interroger sur l’opportunité de persévérer dans la politique
d’internationalisation. (Dilemme).

Question 3 : limites du modèle :

Modèle de court terme


La décomposition des charges doit être correcte entre variables et fixes et entre spécifiques et non
spécifiques

Question 4

R = - 300 + 200 = - 100 => Amélioration du résultat sans toutefois restaurer la rentabilité.

Non prise en compte des coûts de restructuration (indemnités de licenciement ou « réaffectation » du


personnel)
L’arrêt de l’internationalisation => baisse de la production => baisse des achats de MP => remise en cause
des remises accordées par les fournisseurs => baisse des marges sur les produits restants

Question 5 : conséquences de l’arrêt de l’activité à l’étranger

Produits
Eléments Total Produits salés
sucrés

Marge sur coûts variables 9 100 6 600 2 500


Charges fixes spécifiques 6 000 3 200 2 800
Marges sur coûts spécifiques 3 100 3 400 - 300
Charges fixes non spécifiques :
- de commercialisation 2 100
- d’administration 1 100
Résultat global - 100

Si abandon du sucré alors R = -100 + 300 = 200 Mais on abandonne toute stratégie de diversification en
revenant à la situation initiale c’est-à-dire le métier et le marché de base.
(2 800 – 2 500) /2 500 = 12%. Objectif accessible à court terme.

Question 6 : probabilité d’être dans la fourchette budgétaire

Périodes Ventes Ecart à la moyenne Ecart au carré


N 19 800 - 200 40 000
N-1 20 100 100 10 000
N-2 19 900 - 100 10 000
N-3 20 000 0 0
N-4 20 200 200 40 000
100 000
100 000
Moyenne = = 20 000
5

124
100 000
Variance = = 20 000
5

Ecart type = 141,42135

P{V<19 900} – P{V<19 800} = p {t< (19 900 – 20 000)/141,42} - P{t <(19 800 – 20 000)/141.42} = P{ t < -0,707}
- P{t < -1,414}

P{t < -0,707} = 1- P{t < 0.707} = 1- 0.76 = 0.24


P{t < -1,414} = 1- P{t <1,414} = 1- 0.92 = 0.08
0.24 – 0.08 = 0.16 (16% de chances d’atteindre l’objectif)

Question 9

Si le prix est multiplié par 1 + 0,01 x, les ventes sont multipliées par 1 – 0,02 x

M = MSCV = CA - CV
M = [(10 000 (1 + 0,01x) (1 – 0,02x)] – [10 000 * 0,75 (1 – 0,02x)] = 10 000 (1 – 0,02x) (1 + 0,01x – 0,75)
= 10 000 (1 – 0,02x) (0,25 + 0,01x)

=> M = -2x2 + 50x + 2 500 (en milliers d’euros)

Si x = 0 => M = 2 500
Politique de prix annulant la marge
M = 0 si x = 50% ou si x = - 25%

Question 10

M’= 0 pour x = 12,5%


M* = 2 812,5 K€

125
Krokenbourg

PREMIERE PARTIE

Krokenbourg produit et commercialise de la bière en fût (BF), de la bière de luxe (BL) et du panaché (PA) via un réseau de
quatre grossistes situés à Strasbourg (ST), Paris (PA), Marseille (MA) et Bordeaux (BO).

Charges fixes spécifiques aux produits (BL : 50 000 €, BF : 140 000 €, PA : 30 000 €).

Charges spécifiques aux marchés (ST : 60 000 €, PA : 60 000 €, MA : 40 000 €, BO : 40 000 €).

Frais généraux de l’entreprise se chiffrent à 350 000 €.

Le coût variable de distribution est de 10% du chiffre d’affaires.

Les autres frais variables, par unité de produit, pour l’année N sont les suivants :

FRAIS VARIABLES BIERE DE LUXE BIERE EN FUTS PANACHE


ST PA MA BO ST PA MA BO ST PA MA BO
Matières premières 0,45 0,45 0,45 0,45 26 26 26 26 0,3 0,3 0,3 0,3
Main d’œuvre 1,2 1,2 1,2 1,2 40 40 40 40 1 1 1 1
Transport 0,08 0,2 0,2 0,3 8 12 14 18 0,08 0,2 0,2 0,3

PRIX DE VENTE
STRASBOURG PARIS MARSEILLE BORDEAUX
POUR N
Bière de luxe 3 3 2,6 2,2
Bière en fûts 140 150 120 110
Panaché 2,2 2,4 2 2

VENTES EN N (UNITES) STRASBOURG PARIS MARSEILLE BORDEAUX


Bière de luxe 120 000 70 000 43 000 18 000
Bière en fûts 8 000 6 500 2 400 2 500
Panaché 54 000 32 000 28 000 32 000

Pour l’année N+1, les prix, les coûts unitaires variables et les charges fixes spécifiques sont inchangés ; en revanche, les marchés
potentiels ont évolué ainsi :

MARCHE POTENTIEL N+1 STRASBOURG PARIS MARSEILLE BORDEAUX


Bière de luxe 150 000 90 000 50 000 30 000
Bière en fûts 10 000 8 500 4 000 4 000
Panaché 60 000 80 000 50 000 50 000

Capacités de production, en unités de produits, pour N+1 (BL : 280 000 ; BF : 25 000 ; PA : 150 000).

1. Calculer, pour l’année N, les marges sur coûts variables par couple produit-marché, les taux de marge sur coûts
variables puis les marges sur coûts spécifiques par marché, par produit et enfin le résultat global.
2. Commentez les résultats obtenus.
3. Compte tenu des capacités de production et des marchés potentiels de N+1, déterminer le programme optimal
de production puis calculer pour N+1 les marges sur coûts variables par couple produit-marché, puis les marges
sur coûts spécifiques par marché, par produit et le résultat global.
4. Commentez les résultats obtenus.
5. Proposez des mesures pour optimiser le résultat global de N+1 et calculer ce résultat.
6. Quelles sont les limites de ce type d’analyse ?

DEUXIEME PARTIE
126
En vue d’une relance de l’activité dans la région bordelaise, Krokenbourg désire s’associer avec un partenaire local. Celui-ci est
sensible à la détermination du (ou des) seuil(s) de rentabilité, ainsi qu’aux possibilités de développement par des politiques
de prix.

Il est décidé d’explorer le marché de la bière en fûts auprès des débitants de boissons pour les convaincre de se lancer dans la
bière en fûts et, si possible, de se lancer dans la bière de luxe puis dans le panaché.

Les débitants de boissons pratiquent un coefficient multiplicateur de 2,5 pour déterminer le prix de vente au consommateur
final (soit : PV au consommateur = 2,5 x PV du grossiste).

Le prix de vente aux grossistes d’un fût de 30 litres est actuellement à 120 €. Les grossistes ont l’habitude de pratiquer un
coefficient multiplicateur de 1,25.

Les débitants de boissons considèrent que l’investissement dans une tireuse (machine permettant de délivrer des « demi ») et
dans l’aménagement induit de 5 000 € doit être rentabilisé en un an.

De plus, les frais de gestion se chiffrent à 1 000 € par an, les frais de manutention à 500 € par mois et les frais de service des
verres à 300 € par mois.

Le grossiste estime ses charges fixes à 40 000 € par an et ses charges variables (autres que le prix d’achat des fûts) à 10% du
chiffre d’affaires.

On considère que la demande adressée aux grossistes serait de 4 000 fûts par an, ce qui correspond à 50 cafetiers distribuant
80 fûts par an.

Un cabinet de conseil en marketing a estimé l’élasticité de la demande par rapport aux prix a -2 que ce soit pour la demande
des cafetiers aux grossistes ou pour la demande des consommateurs finaux adressée aux cafetiers.

1. Quel est le seuil de rentabilité en nombre de fûts pour la région bordelaise du point de vue du grossiste ? Quelle
est la marge de sécurité relative (ou indice de sécurité) ?
2. Quel est le seuil de rentabilité en nombre de fûts du point de vue du cafetier ? Quelle est la marge de sécurité
relative (ou indice de sécurité) ?
3. Commenter ces deux résultats.
4. Krokenbourg désire étudier une possibilité d’optimiser le résultat par une politique de prix adéquate. Quels taux
de variation de prix x peuvent être envisagés par les débitants de boissons (ce sera x1) ou les grossistes (ce sera
x2) pour arriver à un résultat maximum ?
5. Comment concilier le fait que x1 soit différent de x2 ?

127
Tomator

La société Tomator, installée à Buchy, commercialise depuis 1980 des boîtes de concentré de tomate. Elle s’est lancée
dans la fabrication de sauce tomate en 1990 et de jus de tomate en 1995.

Les ventes se font uniquement à partir de dépôts où les grossistes viennent s’approvisionner. La société en possède ou
en loue à Metz, Paris, Lyon et Toulouse. Les prix pratiqués sont plus élevés à Paris alors que des prix plus bas sont
consentis à Lyon et Toulouse afin de faciliter l’implantation récente.

Les résultats ayant nettement baissé l’an passé, et la capacité de production étant presque utilisée au maximum, le
responsable commercial se demande si on ne devrait pas essayer d’écouler les produits sur les marchés les plus
rentables dans la mesure où la progression des ventes est possible.

Vous trouverez ci-après tous les éléments permettant d’analyser les résultats de l’année écoulée et de fixer les bases
d’une meilleure politique de distribution pour cette année.

LES COÛTS DE L’ANNEE ECOULEE

■ COÛTS VARIABLES

 Matières premières, énergie, main-d’œuvre. Pour chaque unité produite, ils sont estimés ainsi :

- Jus 0,95 €
- Concentré 3,80 €
- Sauce 2,60 €

 Transport. Les frais à l’unité (exprimés en €) sont résumés dans le tableau suivant :

Metz Paris Lyon Toulouse


Jus 0,15 0,12 0,08 0,10
Concentré 0,20 0,16 0,10 0,15
Sauce 0,30 0,24 0,16 0,20

 Frais de commercialisation (commissions, promotion sur le lieu de vente, etc.). Ils sont estimés à 10% du prix
de vente de chaque marché

■ COÛTS FIXES

 Fabrication : Il s’agit essentiellement de l’amortissement des matériels des ateliers.

- Jus 25 000 €
- Concentré 70 000 €
- Sauce 15 000 €

 Distribution : Il s’agit essentiellement de charges dues à l’existence de dépôts régionaux.

Metz 30 000 € Lyon 20 000 €


Paris 30 000 € Toulouse 20 000 €

 Frais généraux de la société. Ils se sont élevés à 220 000 €

128
LES MARCHES

 Prix de vente pratiqués

Metz Paris Lyon Toulouse


Jus 1,40 1,50 1,30 1,10
Concentré 7,00 7,40 6,80 6,00
Sauce 3,40 3,60 3,00 3,20

 Quantités vendues l’année écoulée

Metz Paris Lyon Toulouse


Jus 50 000 70 000 80 000 50 000
Concentré 80 000 65 000 24 000 25 000
Sauce 18 000 11 000 9 000 10 000

 Possibilités de vente cette année

Metz Paris Lyon Toulouse


Jus 50 000 90 000 100 000 80 000
Concentré 100 000 85 000 40 000 40 000
Sauce 27 000 27 000 17 000 17 000

LA CAPACITE DE PRODUCTION POUR CETTE ANNEE

Une utilisation convenable des matériels et installations permettra de produire :

- Jus 280 000


- Concentré 250 000
- Sauce 50 000

1. Analyser les coûts de l’année écoulée :

a) Calculer, dans un tableau, la marge sur coût variable (unitaires et totales) réalisée pour chaque couple
produit/marché.
b) Calculer la marge sur coût spécifique par produit.
c) Calculer la marge sur coût spécifique par marché.
d) Calculer le résultat à partir des réponses aux questions précédentes, en admettant que la variation du stock
est nulle.

2. Détermination du programme de cette année :

a) En vue de réaliser le profit maximum, et sur la base des coûts et des prix de vente de l’an passé, déterminer
le programme de production et de vente.
b) Calculer le résultat prévisionnel correspondant à ce programme

Donner votre sentiment sur ce programme.

129
CORRECTION DU CAS TOMATOR

MARGE SUR COÛT VARIABLE DE L’ANNEE ECOULEE

JUS CONCENTRE SAUCE


M P L T M P L T M P L T
CVU 1,24 1,22 1,16 1,16 4,7 4,7 4,58 4,55 3,24 3,2 3,06 3,12
p 1,4 1,5 1,3 1,1 7 7,4 6,8 6 3,4 3,6 3 3,2
MSCVU 0,16 0,28 0,14 -0,06 2,3 2,7 2,22 1,45 0,16 0,4 -0,06 0,08
Quantités 50 000 70 000 80 000 50 000 80 000 65 000 24 25 18 11 9 10
000 000 000 000 000 000
MSCV 8 000 19 600 11 200 -3 000 184 000 175 500 53 36 2 880 4 400 -540 800
280 250
MSCV 492 370

R = 492 370 (MSCV) – 430 000 (CF) = 62 370 €

2 MARGE SUR COÛT SPECIFIQUE PAR PRODUIT

JUS CONCENTRE SAUCE


METZ 8 000 184 000 2 880
PARIS 19 600 175 500 4 400
LYON 11 200 53 280 -540
TOULOUSE -3 000 36 250 800
MSCV/Produit 35 800 449 030 7 540
CFS/Produit 25 000 70 000 15 000
MSCS/produit 10 800 379 030 -7 460
MSCS TOTALE/produit 382 370

R = 382 370 – 100 000 – 220 000 = 62 370 €

2 MARGE SUR COÛT SPECIFIQUE PAR MARCHE

METZ PARIS LYON TOULOUSE


JUS 8 000 19 600 11 200 -3 000
CONCENTRE 184 000 175 500 53 280 36 250
SAUCE 2 880 4 400 -540 800
MSCV/Marché 194 880 199 500 63 940 34 050
CFS/Marché 30 000 30 000 20 000 20 000
MSCS/Marché 164 880 169 500 43 940 14 050
MSCS/Marché TOTALE 392 370

R = 392 370 – 110 000 – 220 000 = 62 370 €

3. SIMULATION PROGRAMME OPTIMUM

- Supprimer les couples produits marchés pour lesquels la MSCV est négative soit sauce à Lyon et Jus à
Toulouse
- Développer pour un produit donné et dans les limites de la capacité de production les marchés où la MSCV
unitaire est la plus forte
- Enfin, vérifier qu’avec le programme retenu, certaines MSCS ne soient pas négatives
130
JUS :
Paris : 90 000
Metz : 50 000
Lyon : 100 000
Total : 240 000
Taux d’utilisation de la capacité de production : 240 000/280 000 = 86%

CONCENTRE :
Paris : 85 000
Metz : 100 000
Lyon : 40 000
Toulouse : 25 000
Taux d’utilisation de la capacité de production : 100%

SAUCE :
Paris : 27 000
Metz : 23 000
Taux d’utilisation de la capacité de production : 100%

JUS CONCENTRE SAUCE


M P L T M P L T M P L T
MSCVU 0,16 0,28 0,14 0 2,3 2,7 2,22 1,45 0,16 0,4 0 0
Quantités 50 000 90 000 100 000 - 100 85 000 40 000 25 000 23 000 27 000 - -
000
MSCV 8 000 25 200 14 000 0 230 229 88 800 36 250 3 680 10 800 0 0
000 500
MSCV/Produit 47 200 584 550 14 480
CFS/Produit 25 000 70 000 15 000
MSCS/Produit 22 200 514 550 -520

4. MARGE SUR COÛT SPECIFIQUE PAR MARCHE

METZ PARIS LYON TOULOUSE


JUS 8 000 25 200 14 000 0
CONCENTRE 230 000 229 500 88 800 36 250
MSCV/Marché 238 000 254 700 102 800 36 250
CFS/Marché 30 000 30 000 20 000 20 000
MSCS/Marché 208 000 224 700 82 800 16 250

Résultat = 531 750 – 25 000 – 70 000 – 220 000 = 216 750

Sentiment sur ce programme :

131
RELAXEO

La société RELAXEO fabrique et commercialise des fauteuils de relaxation motorisés permettant le massage automatique du
dos. Elle propose trois modèles :

 Le modèle FITNESS, très simple dans sa conception, équipé de deux moteurs seulement ;
 Le modèle CONFORT, équipé de trois moteurs et pouvant être programmé en 4 modes différents de massage ;
 Le modèle LUXE, équipé de 4 moteurs, d’un modèle « intelligent » de reconnaissance morphologique permettant
d’adapter le massage en fonction des individus, d’un lecteur MP3 et d’écouteurs intégrés.

Toutes les pièces composant les fauteuils sont fabriquées par des sous-traitants, la société RELAXEO n’ayant qu’une activité
d’assemblage. La production est en flux tendus et les stocks sont négligeables.

Le marché des fauteuils de relaxation est un marché qui arrive à maturité et concerne les particuliers, mais aussi les
professionnels : gestionnaires d’aires de repos autoroutières, restaurateurs, entreprises adeptes du « repos anti-stress », etc.
La société est particulièrement bien positionnée sur ce créneau avec son modèle « Confort » qui est considéré comme
présentant un bon modèle qualité-prix.

Sur les produits d’entrée de gamme bon marché, les producteurs européens sont actuellement très sévèrement concurrencés
par des nouveaux entrants, notamment asiatiques, et on peut trouver chez les VPCistes et sur internet des produits très simples,
notamment en termes de motorisation, pour 300 ou 400 €.

Pour échapper à cette concurrence, plusieurs grands du secteur se sont lancés dans une stratégie de différenciation haut de
gamme, en proposant des modèles très sophistiqués au niveau de la programmation et des fonctionnalités annexes (comme
l’équipement audio) et en faisant exploser les budgets de recherche-développement.

Pour l’année N, on dispose des informations suivantes (en euros) :

Modèle Fitness Confort Luxe


Prix de vente 800 1 800 3 500
Charges variables unitaires de production 750 1 120 2 810
Charges variables unitaires de distribution 60 280 490
Charges fixes spécifiques globales de production 110 000 205 000 180 000
Charges fixes spécifiques globales de distribution 20 000 45 000 40 000

Les charges fixes non spécifiques sont de 1 215 000 €.

On donne les statistiques de ventes en volume : Année Fitness Confort Luxe


N-4 2 090 4 005 -
N-3 2 100 3 985 350
N-2 2 050 4 030 710
N-1 1 980 3 980 805
N 2 000 4 000 800

TRAVAI A FAIRE

1. Calculer les marges sur coûts variables et les marges sur coûts spécifiques (ou « contributions ») totales
par produit, ainsi que le résultat global pour l’année N.
2. Commenter les résultats de la question 1, en indiquant les orientations qui vous semblent nécessaires au
niveau de la stratégie commerciale. En particulier, conviendrait-il d’abandonner certains modèles ?

Une étude de marché montre que l’élasticité de la demande des modèles Fitness par rapport au prix de ce produit est
égale à – 2.
Pour dynamiser les ventes de ce modèle, la direction envisage de baisser le prix de 5%, espérant ainsi restaurer une
contribution positive.

3. Calculer l’impact prévisionnel sur le résultat de l’entreprise et conclure sur l’opportunité d’une telle
décision. Etait-il nécessaire de faire les calculs pour conclure ?

132
4. Sachant que l’élasticité de la demande des modèles Fitness par rapport au prix de ce produit est égale à
– 2, que se passerait-il si on augmentait le prix du modèle Fitness de 5% ? de 10% ? de 15% ? Commenter.
5. Sachant que l’élasticité de la demande des modèles Fitness par rapport au prix de ce produit est égale à
– 2, exprimer la marge sur coûts variables totale apportée par le modèle Fitness, notée M, en fonction de
la variation relative du prix.
6. Déduire de la question précédente le prix optimal du modèle Fitness.
7. Commenter la situation et indiquer si l’entreprise a intérêt à modifier son prix, ou à abandonner le produit.
Faut-il relativiser ces conclusions ? Que proposeriez-vous ?

La direction souhaite savoir si elle peut compter durablement sur la contribution du produit Confort.
On supposera que la demande en volume de produits Confort suit depuis plusieurs années une loi normale et que la
structure des coûts reste inchangée. Les paramètres de la loi normale seront calculés à partir des statistiques de ventes
en volume et l’écart type sera arrondi à la troisième décimale.

8. Quel est la probabilité de réaliser en N+1 une contribution pour ce produit au moins égale à celle de l’année
N?

La direction envisage d’établir ses prévisions budgétaires pour N+1 en tablant sur une augmentation des ventes de
fauteuils Confort d’au moins 5% en volume.

9. Qu’en pensez-vous ?
10. Sans faire de calculs supplémentaires, que peut-on dire de la probabilité de se situer en N+1 dans une
« fourchette » comprise entre – 5 et + 5% d’évolution des ventes en volume pour le modèle Confort ?
11. Rappeler la définition de la notion de marge de sécurité. Cette notion peut-elle s’appliquer au modèle
Luxe ? Si oui, calculer la marge de sécurité de ce modèle pour l’année N.

La société envisage de consentir un effort publicitaire important pour promouvoir les ventes du modèle Luxe. Une
étude de marché semble montrer qu’en consacrant un budget de 50 000 € en encarts publicitaires dans la presse
hebdomadaire, les ventes pourraient augmenter de 50% en volume.

12. Qu’en pensez-vous ?


13. A partir de quel pourcentage d’augmentation des ventes cet effort publicitaire est-il rentable ? Calculer
les ventes correspondantes.
14. A partir de quel pourcentage d’augmentation des ventes le projet permet-il de rendre la contribution
apportée par le modèle Luxe positive ? Calculer les ventes correspondantes.

133
Le coût marginal
1. Définition et finalité

Le coût marginal (Cm) est l’augmentation du coût consécutive à une augmentation de la production. On
dit aussi qu’il s’agit du coût de la dernière unité produite (unité : objet, lot, série, commande…). Son
intérêt est de répondre à la question : doit-on accepter une nouvelle commande ?
Il comprend toujours des charges variables mais aussi des charges fixes quand la structure doit être
modifiée.

2. Exemple

• Production mensuelle : 10 articles vendus 2 500 € l’un ; leur coût est le suivant :

V: 12 000 € (1 200 € par unité)


F: 8 000 €
Total 20 000 € (2 000 € par unité)

• Peut-on accepter la commande d’un 11ème article dont le prix de vente serait de 1 500 € ?

3. Acceptation ou refus d’une commande

► Exemple 1 : charges fixes inchangées

On fabrique 10 000 unités par mois d’un produit vendu 56 € l’unité, et le coût de ces 10 000 unités est le
suivant :

V: 300 000 € (30 € par unité)


F: 182 000 €
Total 482 000 € (48,20 € par unité)

On reçoit, pour un mois donné, une commande supplémentaire de 4 000 unités. Son exécution ne
provoquerait pas un accroissement des charges fixes mais le prix de vente serait de 35 € l’unité.

• Doit-on accepter cette commande ? Répondre en adoptant un raisonnement global et à la marge.

► Exemple 2 : charges fixes augmentées

On reprend les mêmes données mais en supposant que l’exécution de la commande provoque un
accroissement de 14 000 € de charges fixes.

• Doit-on accepter cette commande ? (Raisonnement global et à la marge)

4. Aspects mathématiques
134
4.1 L’optimum de productivité (ou optimum technique)

C’est l’activité qui permet de réaliser la production au coût moyen le plus faible et donc au bénéfice
unitaire le plus élevé.

On démontre mathématiquement que cela se produit quand le coût moyen est égal au coût marginal
(point P sur le graphique)

Coût
Coût marginal Coût unitaire

Coût unitaire minimum

Quantités

P
Optimum
technique

4.2 L’optimum de rentabilité (ou optimum économique)

Le résultat de l’entreprise augmente tant qu’une unité supplémentaire rapporte plus qu’elle ne coûte.
On appelle optimum de rentabilité le niveau de production pour lequel le bénéfice global est maximal
(global et non unitaire).

L’optimum de rentabilité ou optimum économique est atteint quand le coût marginal, Cm, est égal au
prix de vente ou recette marginale, Rm, (point R sur le graphique).

Coût

Coût marginal

Prix de vente unitaire

Rm = Cm

Quantités

R
Optimum de
rentabilité

135
Le bénéfice global continue d’augmenter tant que le prix de vente est supérieur au coût marginal ; mais à
la limite, quand il est égal au coût marginal et donc quand R m = Cm, la dernière unité n’apporte ni bénéfice
ni perte.

5. Utilisation du coût marginal pour la gestion

• Opportunité d’accroître une production

On compare le coût supplémentaire engendré par la décision (y compris les charges de structure
nécessaires) au chiffre d’affaires supplémentaire espéré.

• Choix entre fabrication et sous-traitance

Si, actuellement, on fabrique des pièces détachées utilisées dans la production, on peut calculer le coût
spécifique que cela entraîne et le comparer au prix que nous paierions si on achétait ces pièces à un sous-
traitant.

► Exemple

Un imprimeur envisage d’éditer un ouvrage broché. Il évalue les frais variables à 28 € par unité et les frais
fixes à 240 000 € par période.

a) Sachant qu’il souhaite réaliser un bénéfice de 20% de son coût de revient, déterminer le prix de
vente à pratiquer s’il vend 2 000, 3 000 ou 4 000 exemplaires par période.

b) Finalement, il fixe le prix de vente à 124 €.

• Calculer le nombre d’exemplaires à vendre par période pour atteindre le point mort.
• S’il vend 3 000 ouvrages, quel sera son résultat ?

c) Un diffuseur québécois souhaite en acquérir 500 exemplaires cartonnés. Le cartonnage


entraînerait un accroissement du coût variable unitaire de 2 € et une augmentation des frais fixes
de 24 000 €.

• A quel prix faut-il vendre ces exemplaires si on veut obtenir un résultat identique à celui que l’on
aurait en refusant de traiter avec lui :

● Si cela ne réduit pas nos ventes en France ?


● Si cela entraîne une réduction de nos ventes en France de 75 unités ?

• Si on traite avec ce diffuseur québécois à 100 € l’unité, quel sera le résultat global de l’entreprise :
● Si cela ne réduit pas nos ventes en France ?
● Si cela entraîne une réduction de nos ventes en France de 75 unités ?

136
Le coût marginal – Applications de cours

1. On dispose des informations suivantes sur une entreprise :

Production mensuelle : 10 articles vendus 2 500 € l’un ; leur coût est le suivant :

V: 12 000 € (1 200 € par unité)


F: 8 000 €
Total 20 000 € (2 000 € par unité)

Peut-on accepter la commande d’un 11ème article dont le prix de vente serait de 1 500 € ?

2. On fabrique 10 000 unités par mois d’un produit vendu 56 € l’un. Voici le coût de ces 10 000 unités :

V: 300 000 € (30 € par unité)


F: 182 000 €
Total 482 000 € (48,20 € par unité)

On reçoit, pour un mois donné, une commande supplémentaire de 4 000 unités. Son exécution ne provoquerait pas un
accroissement des charges fixes mais le prix de vente serait de 35 € l’unité.

Doit-on accepter cette commande ? Adopter un raisonnement global et à la marge.

3. On reprend les mêmes données mais en supposant que l’exécution de la commande provoque un accroissement de 14 000
€ de charges fixes.

Doit-on accepter cette commande ? (Raisonnement global et à la marge)

4. Un imprimeur envisage d’éditer un ouvrage broché. Il évalue les frais variables à 28 € par unité et les frais fixes à 240 000
€ par période.

a) Sachant qu’il souhaite réaliser un bénéfice de 20% de son coût de revient, déterminer le prix de vente à pratiquer s’il
vend 2 000, 3 000 ou 4 000 exemplaires par période.

b) Finalement, il fixe le prix de vente à 124 €.

- Calculer le nombre d’exemplaires à vendre par période pour atteindre le point mort.
- S’il vend 3 000 ouvrages, quel sera son résultat ?

c) Un diffuseur québécois souhaite en acquérir 500 exemplaires cartonnés. Le cartonnage entraînerait un accroissement
du coût variable unitaire de 2 € et une augmentation des frais fixes de 24 000 €.

- A quel prix faut-il vendre ces exemplaires si on veut obtenir un résultat identique à celui que l’on aurait
en refusant de traiter avec lui :
 Si cela ne réduit pas nos ventes en France ?
 Si cela entraîne une réduction de nos ventes en France de 75 unités ?

- Si on traite avec ce diffuseur québécois à 100 € l’unité, quel sera le résultat global :
 Si cela ne réduit pas nos ventes en France ?
 Si cela entraîne une réduction de nos ventes en France de 75 unités ?

137
Fianchetto

La société Fianchetto est une petite entreprise spécialisée dans la production sur commande de meubles de rangement pour
tirages papier grands formats. Sa clientèle est composée essentiellement de cabinets d’architectes, d’artistes graveurs et de
photographes professionnels.

Son directeur, M. Fouroix, vous demande votre avis quant à deux propositions qui lui ont été faites lors du Salon des
professionnels du meuble industriel. Vous avez déjà bien avancé dans le travail et avez pu avoir l’entretien suivant avec M.
Fouroix, portant sur la proposition faite par le cabinet d’architectes :

M. Fouroix : Eh bien, mon cher, je ne sais même pas si c’est la peine de perdre notre temps à étudier cette
proposition car le prix proposé est inférieur à notre coût de revient.
Vous : C’est vrai, mais il faut bien voir que cet accroissement de notre production va avoir pour conséquence
une baisse de notre coût de revient ; d’après mes calculs, il devrait passer de 900 € à 852 €.
M. Fouroix : Pour ce qui est des calculs, je vous fais confiance, mais j’ai quand même raison : ce nouveau coût
de revient reste encore supérieur au prix proposé. Je pense qu’il faut en rester là.
Vous : Certes, mais sauf votre respect, il y a une faille dans votre raisonnement car…
M. Fouroix : Ecoutez, c’est vous le spécialiste de la gestion et là, je suis un peu pressé : remettez-moi un petit
topo ce soir pour me permettre de prendre une décision éclairée.

Pour mener à bien votre travail, vous disposez des informations chiffrées fournies ci-dessous :

A. Prévisions de production----------------------------------------------------------------------------------------------

Avant proposition, elle était de 2 550 meubles vendus 1 200 € l’unité. Cette production correspond à 85% de la capacité de
production maximale et son coût de revient est de 2 295 000 € dont 1 275 000 € de charges fixes.

B. Capacité de production------------------------------------------------------------------------------------------------

Pour produire au-delà de 85% de la capacité de production, il est nécessaire d’avoir recours à des heures supplémentaires ou
à du personnel intérimaire, ce qui entraîne une hausse de 11% du coût variable par unité supplémentaire.

Pour réaliser une production excédant la capacité maximale, il est nécessaire de remplacer l’ancien matériel par des machines
plus performantes permettant ainsi de majorer de 15% la capacité actuelle. Le remplacement de l’ancien matériel entraîne une
augmentation de 200 000 € des charges de structure et une réduction de 20 € du coût variable unitaire.

C. Proposition du cabinet d’architectes---------------------------------------------------------------------------

Lors du Salon des professionnels du meuble industriel, M. Fouroix a rencontré le directeur des achats d’un cabinet d’architectes,
qui lui a proposé d’acquérir un lot de 300 meubles pour un prix global de 240 000 €.

D. Proposition du studio d’art photographique----------------------------------------------------------------

Au cours de ce même salon, M. Fouroix a reçu une offre émanant d’un studio d’art photographique ; ce dernier propose
d’acheter 800 meubles au prix unitaire de 750 €.

1) Calculer le résultat de l’entreprise si ces deux propositions sont refusées.


2) Calculer le résultat marginal lié à la proposition du cabinet d’architectes, ainsi que le résultat global de
l’entreprise et retrouver le coût de revient unitaire annoncé à M. Fouroix.
3) Expliquer à M. Fouroix à l’aide d’éléments chiffrés la « faille » que vous avez repérée dans son raisonnement.
4) Indiquez si la proposition du studio d’art peut être acceptée.
5) Après examen de ces deux propositions, répondez à M. Fouroix en lui indiquant la solution qui vous semble
souhaitable (refus des deux propositions, acceptation de l’une ou de l’autre, acceptation des 2

138
Microvol
Microvol est une société spécialisée dans les moteurs d’avion pour modèles réduits. On vous donne le tableau indiquant le
coût de revient global pour chaque type de moteur :

TYPES DE MOTEURS
4,5 cm3 6 cm3
Eléments de coût :
Matières premières 5 190 3 460
Matières consommables 180 55
Pièces détachées 2 925 2 145
Main d’œuvre 18 000 12 000
Frais de production 4 800 3 200
Frais de distribution 1 200 785
32 295 21 645
Quantités produites mensuellement 150 80
Prix de vente unitaire 210 260

1. En admettant :

- Que les frais de production sont considérés comme variables à 60% et ceux de distribution à 80% ;
- Que le total des charges fixes spécifiques peut être évalué à 1 200 € pour les moteurs de 4,5 cm3 et 1 000 € pour les
moteurs de 6 cm3.

Calculer, pour chaque type de moteur, la marge sur coûts spécifiques ainsi que le seuil de rentabilité spécifique.

2. Une entreprise spécialisée dans la fabrication et la commercialisation de modèles réduits désire vendre des voitures
équipées de moteurs 4,5 cm3. Elle propose à Microvol de lui en confier la fabrication. La production actuelle, 200 moteurs
par mois, s’écoule facilement. Les charges fixes mensuelles sont de 1 600 € et les charges variables unitaires à 192€. Au-
delà de cette production de 200 moteurs, les charges fixes devraient doubler en raison de nouveaux investissements.

Sachant que les séries de fabrication sont de 40 moteurs :

1) Présenter dans un tableau pour des productions de 200, 240, 280 et 320 moteurs :
- Le coût global de production
- Le coût moyen
- Le coût marginal de série,
- Le coût marginal par moteur.

2) Préciser en fournissant toutes justifications utiles si la société aurait intérêt à accepter la proposition qui lui
est faite selon que le marché porterait sur la livraison de 40, 80 ou 120 moteurs par mois, vendus au prix de
210 €.

139
Entreprise Rizoto

I) Rizoto occupe une position dominante sur son marché régional. Elle est en pleine expansion. A la fin de l’année N,
elle ne fabriquait et ne vendait qu’un seul produit. La production de cette année-là a été telle que le coût moyen des séries
fabriquées et livrées à la clientèle était minimum. Le prix de vente de la série était égal à ce coût moyen minimum majoré de
7 150 €.

A cette date, le seul concurrent de l’entreprise étant en difficultés sérieuses, et la capacité de production (15 séries) n’étant pas
utilisée au mieux, il a été décidé de fabriquer et vendre dorénavant le nombre de séries maximisant le bénéfice. En outre, en
vue d’éliminer le concurrent, les dirigeants ont décidé de procéder à la vente de trois séries-réclames, puis de reprendre les
livraisons dans les conditions normales.

Vers la fin de l’année, il s’avère (les ventes-réclame ayant été un gros succès) que le concurrent est définitivement éliminé. La
décision de réinvestir est alors prise de façon à occuper la place laissée vacante par le concurrent malheureux.

Le coût marginal des séries était le suivant pour les années N et N+1.

N° de la série Coût marginal N° de la série Coût marginal

1 36 300 9 8 300
2 13 200 10 10 000
3 10 700 11 12 300
4 8 800 12 15 200
5 7 500 13 18 700
6 6 800 14 22 900
7 6 700 15 27 900
8 7 200

Déterminer le nombre de séries fabriquées et vendues au cours de l’année N. Calculer le prix de vente normal de la
série. En déduire le bénéfice réalisé au cours de cet exercice. (L’exercice coïncide avec l’année civile et l’entreprise
écoule toute sa production)

II) Le nombre de séries fabriquées et vendues durant l’année N+1 par l’entreprise a donc été tel que le bénéfice eût été
maximum sans la baisse des prix résultant des ventes-réclame. Les séries ont été livrées sur le marché de la manière suivante :
d’abord le nombre de séries nécessaires à la réalisation d’un bénéfice de l’ordre de 40 000 €, puis les trois séries-réclame à un
prix moyen de 12 000 €, enfin les autres séries vendues au prix normal.

1. Déterminer le nombre de séries fabriquées et vendues pendant l’année N+1, et le bénéfice normal correspondant.
2. Quel est le numéro des séries écoulées lors des ventes-réclame ? A quel prix moyen aurait-on pu les vendre s’il
avait été jugé utile de ne réaliser aucun bénéfice sur ces séries ?
3. Quel bénéfice l’entreprise a-t-elle finalement réalisé au cours de l’exercice N+1 ?

III) Une étude des coûts marginaux de séries supplémentaires à partir de la 16ème du produit traditionnel, destinés à
occuper la place laissée vacante par le concurrent, a fourni les résultats suivants : 16ème série : 15 000 € ; les cinq séries suivantes :
9 000 € la série.

Le prix de vente normal ayant été abaissé à 17 000 € la série pour l’année N+2, le bénéfice sera-t-il plus élevé si on
vend les 21 séries que l’on pourra fabriquer ?

140
Les techniques de gestion de la production

1. La programmation linéaire : méthode graphique

Une machine M permet de fabriquer deux produits P et Q, mais l'un et l'autre ne peuvent être produits simultanément. 30
unités de P ou 50 unités de Q peuvent être fabriqués à l'heure, mais la machine M n'est disponible que 100 heures par semaine.
Chaque unité de P et de Q laisse respectivement une marge de 10 € et de 30 €. Les demandes sont telles que l'on ne doit pas
produire plus de 2 000 unités de P, ni plus de 4 000 unités de Q par semaine.

On se demande quelles sont les quantités X1 de P et X2 de Q à produire, compte tenu des contraintes de la machine, tout en
réalisant le profit maximum.

On résoudra le problème par la méthode graphique et celle du simplexe

2. Programmation linéaire : méthode du simplexe

Une entreprise fabrique deux articles : A et B. Le processus de production impose aux deux articles le passage par les ateliers
usinage et assemblage :

USINAGE ASSEMBLAGE
Article A (en heures) 1h 2,5 h
Article B (en heures) 1,5 h 1,5 h
Capacité mensuelle en heures 3 000 h 4 500 h

Le service commercial vous communique les indications suivantes :

A B
Capacités mensuelles de ventes 1 600 1 800
Volume de stockage par produit (en m3) 1 1
Marge unitaire nette en € 30 40

Le mode de distribution adopté suppose le stockage des articles produits au cours du mois et qui ne seront livrés qu'au début
du mois suivant. Le volume total disponible est de 3 400 m 3.

Déterminer par le simplexe le programme mensuel de production permettant de réaliser le résultat maximal.

3. Méthode des facteurs rares et goulets d'étranglement

3.1 - Une entreprise fabrique deux produits X et Y dont les marges sont respectivement de 120 € et 150 €. Ils passent par deux
ateliers A1 et A2. Les temps nécessaires à la fabrication sont résumés dans ce tableau :

Produit Produit Capacité maximale


X Y par atelier
Atelier A1 2 3 450 heures
Atelier A2 4 5 900 heures

La capacité d'écoulement sur le marché des produits est de 120 X et 80 Y.

Quel produit privilégier compte tenu des contraintes ?

3.2 - Supposons qu'une entreprise fabrique trois produits (P1, P2, P3) et que la matière première incorporée dans ces trois
produits soit un facteur rare. L'entreprise a un stock de 875 kg de matière. La demande potentielle s'élève à 550 unités pour
P1, 1 000 unités pour P2 et 550 unités pour P3. La marge sur coût variable de chaque produit est respectivement de 150, 95 et
175 €. Les produits consomment respectivement (en kg de matière première) : 0,5 kg par unité de P1, 0,25 kg par unité de P2,
0,75 kg par unité de P3.

Quel est le programme de production optimal ?

141
3.3 La société Deauville-Plage exploite une paillote dans une station balnéaire fréquentée. Elle y vend des kébabs et des
boissons à emporter. Judas Brico, le gérant, doit décider de l’espace occupé par quatre boissons différentes dans la vitrine
réfrigérée. Les données significatives sont les suivantes :

Coca Limonade Thé glacé Orangina


Prix de vente d’une caisse 108 € 115,20 € 158,40 € 230,40 €
Coût variable d’une caisse 81 € 91,20 € 120,60 € 181,20 €
Nombre de caisses vendues chaque jour par
mètre linéaire de vitrine 25 24 4 5

La vitrine de ces boissons présente une longueur totale de 12 mètres. Judas désire que chaque boisson occupe au moins un
mètre et six mètres au plus.

Quelle répartition de la longueur de la vitrine disponible conseilleriez-vous à Judas ?

142
MONTFORT

La société Montfort fabrique des produits destinés à un usage professionnel dans le montage des charpentes. Un de ces
produits, le support SES, dont la rentabilité n'est pas satisfaisante apparaît comme trop complexe du point de vue de sa
fabrication. Monsieur JEAN, le dirigeant de la société, propose de le remplacer par trois produits nouveaux qu'il a
personnellement étudiés. Ceux-ci possèdent une fonction similaire au produit SES avec des critères de présentation et
de forme plus soignés. Des contacts avec les professionnels de la construction ont permis de démontrer que ces trois
produits avaient des chances équivalentes d'être accueillis favorablement par le marché, l'inconvénient d'avoir trois
produits pour le même usage étant contrebalancé par la possibilité de bénéficier de choix plus étendus au niveau
ergonomique. Pour le dirigeant de la société MONTFORT, ces trois produits peuvent même apporter une certaine
dynamisation de la demande.

Il reste donc à réfléchir sur la production qui sera mise en œuvre sachant que les contraintes liées à la fabrication de ces
trois produits sont différentes.

Modalités de la production

Les trois produits sont nommés X, Y et Z dans un premier temps.

Rendement en nombre de 1 heure de 1 heure de 1 heure de


produits par heure opération * découpage pliage perçage

Produit X 200 150 100


Produit Y 200 120 240
Produit Z 200 100 250
* Une heure opération = une heure machine = une heure de main-d'œuvre directe.

Les heures machine disponibles pour la production des trois produits, compte tenu de l'arrêt de la fabrication du produit
SES et des heures de sous-activité s'élèvent à :
- 483 heures de découpage,
- 436 heures de pliage,
- 433 heures de perçage.

Ces heures sont données pour un trimestre d'activité.

Le coût variable est constitué par :


- La consommation de matière. Celle-ci est identique pour chaque type de produit et s'élève à 1,30 € par
unité.
- La main-d'œuvre directe. Le coût horaire de cette dernière est de 72,20 €.
- Le prix de vente sera le même pour chaque produit, soit 4,50 € l'unité.

Le coût fixe est estimé à 82 000 € par trimestre.

NB : il est fortement conseillé, pour la résolution, de multiplier les termes du programme à optimiser par 300.

Le travail demandé va donc consister à déterminer la combinaison de produits X, Y et Z qu'il faudra produire pour
optimiser le résultat trimestriel sur ces produits.

Nous nous placerons pour cela dans trois contextes différents :

143
CONTEXTE 1 : MODE DE RESOLUTION GRAPHIQUE

1. Monsieur JEAN qui doute encore de la fiabilité technique du produit Y, vous demande dans un premier temps de
déterminer la combinaison de produits X et Z qui optimise le résultat.

CONTEXTE 2 : METHODE DU SIMPLEXE

2. Déterminer la combinaison optimale de produits X, Y et Z à fabriquer par la méthode des tableaux.

3. Que devient le programme de production s'il est possible d'augmenter le nombre d'heures de découpage de 50
heures ?

4. Même question avec l'opération de perçage.

CONTEXTE 3 : OPTIMISATION EN PRESENCE D'UN FACTEUR RARE

Les deux contextes précédents n'intègrent pas le comportement des consommateurs vis-à-vis de l'arbitrage qu'ils seront
tentés de faire par rapport aux trois produits. Monsieur JEAN a donc réalisé une petite étude sur les possibilités de ventes
et a recueilli les informations suivantes qui se définissent comme des contraintes de marché :

- Produit X : maximum de 30 000 unités par trimestre


- Produit Y : maximum de 18 000 unités par trimestre
- Produit Z : maximum de 30 000 unités par trimestre

En outre, compte tenu d'un investissement relativement limité (9 000 € de charges fixes supplémentaires), Monsieur
JEAN est en mesure de desserrer les contraintes liées au découpage et au perçage de telle sorte que l'on puisse les
supprimer compte tenu des contraintes de marché. La seule contrainte liée aux facteurs de production est la limite de
436 heures pour l'opération de pliage.

5. Compte tenu des informations précédentes, déterminer le niveau optimum.

6. Sans faire les calculs, présenter les modifications à apporter au programme linéaire du « contexte 2 » pour que celui-
ci intègre les contraintes de marché énoncées précédemment.

144
PROBLEME DE MINIMISATION COMPORTANT DEUX VARIABLES

La Saudel envisage de confier à son unité de production du Nord-Est l’élaboration des coussinets et des
paliers demandés par certains industriels ; cette fabrication devra répondre aux contraintes mensuelles
suivantes :

 Fabrication minimale :
 Coussinets : 4 000 unités,
 Paliers : 5 000 unités.

 La matière première sera livrée par l’usine principale à l’unité de production qui devra traiter un
minimum de 36 000 kg de matière.

 Compte tenu des perspectives de développement ultérieur, le maximum d’heures de main d’œuvre
est fixé à 10 000.

 Renseignements complémentaires :
Coussinets Paliers
Matière première par produit 2 kg 3 kg
Main d’œuvre par produit 1 heure 0,5 heure
Poids du produit fini 1,5 kg 2 kg

La société souhaite déterminer le programme mensuel de fabrication des coussinets et des paliers
sachant que le coût des transports mis en place entre l’unité de production et l’usine principale
pour l’acheminement des matières premières et le retour des produits finis devra être rendu
minimal ; le prix de ce transport a été estimé à 2 € par kilo de matière ou de produit fini transporté.

PROBLEME DE MINIMISATION COMPORTANT TROIS VARIABLES OU PLUS

La société Dual fabrique, entre autres, deux produits P1 et P2 dont les marges sur coûts variables sont
respectivement de 16 € et de 10 €.

La production de ces produits nécessite le passage dans trois ateliers pendant des temps de fabrication
exprimés en heures dans le tableau suivant :

Capacité de
P1 P2
l’atelier
Atelier 1 1 2,5 195
Atelier 2 2 1 160
Atelier 3 1 1,5 120

Un donneur d’ordre s’adresse à la société Dual pour un contrat de sous-traitance.

Déterminer le prix de location des ateliers pour que le coût soit minimal pour le donneur d’ordre
et acceptable pour la société Dual

145
GESTION DES STOCKS – APPLICATIONS DU COURS

APPLICATION1. COURBE DE CONCENTRATION DES CONSOMMATIONS

Soit une entreprise dont les fabrications nécessitent 15 composants différents dont les consommations annuelles
sont les suivantes (en K €) :

Composants A1 A2 A3 A4 A5 A6 A7 A8 A9 A10 A11 A12 A13 A14 A15


Consommation 20 50 1 050 180 420 40 60 25 90 410 40 21 22 15 111

On vous demande d’établir la courbe de concentration de ces consommations.

APPLICATION 2. MODELE DE WILSON PUR

 La consommation annuelle régulière d’une matière P porte sur une quantité totale de 9 000 kg. Le coût
de passation d’une commande s’établit à 200 €, le taux de possession du stock de cette matière est de
20% et le coût unitaire d’achat s’élève à 72 €.

a. Quelle quantité commander pour minimiser le coût de gestion du stock ?


b. En déduire le nombre de commande et le coût de stockage.

 L’entreprise Karim fabrique un aliment pour chats dans la composition duquel entre du potassium. La
consommation annuelle de cette matière première est de 6 tonnes.
- Prix d’achat : 4 € le kg,
- Coût de passation d’une commande : 20 €
- Le coût de possession du stock peut être évalué à 2 € par mois pour 100 kg,
- Le stock de sécurité est fixé à 400 kg.

a. Déterminer la quantité économique à commander.


b. Déterminer le niveau du stock après la livraison.

 La société Hyperhuhu, importante affaire de distribution exploite des supérettes.


Dans la majorité des supérettes, qui sont directement approvisionnées par les grossistes, on a remarqué
que la vente quotidienne de viande pendant la période estivale connaît une augmentation sensible. Une
étude fait apparaître que :
- En juin, juillet, août et septembre, les statistiques de vente révèlent une consommation moyenne
de 60 kg par jour et par supérette ;
- Chaque réapprovisionnement de supérette occasionne 19,20 € de frais.
- Le coût moyen journalier de stockage d'un kg de viande est de quatre centimes ;
- Durant la période estivale, il n'y a aucun jour de fermeture hebdomadaire ;
- Le coût d'achat moyen de 1 kg de viande est de 30 €.

Déterminer, pour la seule période estivale, le rythme optimal d’approvisionnement.

APPLICATION 3. MODELE DE WILSON ET TARIFS DEGRESSIFS

Soit une consommation annuelle de 12 000 articles, un coût de passation des commandes de 200 € et un taux
de possession du stock évalué à 12%. Le fournisseur propose les conditions de prix suivantes :
- p = 42 € pour des commandes inférieures à 900 produits,
- p = 40 € pour les commandes comprises entre 900 et 1 200 produits,
- p = 38 € pour des commandes supérieures à 1 200 produits.

Quelle quantité doit-on commander pour minimiser le coût total d’approvisionnement ?

146
APPLICATION 4. MODELE DE WILSON ET PENURIE

Reprendre les données de l’application 2 en admettant que le taux de pénurie s’élève à 85,3%.

APPLICATION 5. MODELE DE GESTION EN AVENIR ALEATOIRE - CAS D’UNE DEMANDE DISCRETE

Dans le rayon alimentaire d’une grande surface, un produit alimentaire périssable A est mis en rayon tous les
2 jours. La demande D sur ces 2 jours suit la loi de probabilité suivante :

d 5 6 7 8 9
P(D = d) 0,1 0,3 0,3 0,2 0,1

A a un coût de revient de 5 € par unité ; il est revendu 8 €.


En cas de non vente, A est revendu à une entreprise qui l’utilise pour l’alimentation d’animaux au prix de 4 €.

Déterminer la quantité optimale à mettre en rayon au début de chaque période de 2 jours.

APPLICATION 6. MODELE DE GESTION EN AVENIR ALEATOIRE - CAS D’UNE DEMANDE CONTINUE

Pour une usine de confection, le stock de début de saison d’un modèle unique doit permettre de faire face à la
demande de la saison. Cette demande suit une loi normale de moyenne 4 000 et d’écart type 500. Ce modèle a
un coût variable de fabrication de 100 €. Il est vendu 180 € et les invendus en fin de saison sont soldés 60 €.

Déterminer la quantité optimale à mettre en fabrication en début de saison.

APPLICATION 7. BUDGETISATION

Le directeur des approvisionnements de la SPP désire améliorer la méthode d'approvisionnement actuellement


pratiquée. Dans la catégorie des matières premières, qu'il désire suivre de façon serrée, se trouve une matière
dont le prix standard d'achat à l'unité est de 90 €. Le délai de réapprovisionnement est de deux mois, le stock
de sécurité de 200 unités. Le stock au 31/12/N-1 est de 800. Pour N, la consommation prévisionnelle mensuelle
a été établie comme suit (en unités) :

Janvier 400 Mai 300 Septembre 300


Février 500 Juin 400 Octobre 300
Mars 300 Juillet 100 Novembre 400
Avril 400 Août 100 Décembre 500

L'expérience des années précédentes a montré, par ailleurs, que passer une commande coûte 600 € et que le
taux de possession du stock moyen représente annuellement 12% de la valeur de ce stock. Le directeur des
approvisionnements vous charge du travail suivant :

a. Calcul de la cadence optimale d'approvisionnement et du lot économique (arrondir à l'unité supérieure).

b. Budgétisation :

- Dans une première démarche, le directeur désire passer des commandes d'un montant constant à des
périodes irrégulières. Dresser le calendrier des commandes et des livraisons pour N par la méthode
comptable puis par la méthode graphique. On admettra que les livraisons ont toujours lieu dans la première
semaine du mois.

- Ensuite, le directeur désire, pour introduire plus de régularité dans la procédure des approvisionnements,
passer N commandes à intervalles réguliers mais de valeur irrégulière. Dresser le nouveau calendrier en
utilisant la méthode comptable puis la méthode graphique (mettre en évidence sur le graphique le
montant variable de commandes et de livraisons). La première livraison a lieu début janvier.

147
Gestion des approvisionnements

Exercice A

Dans le cadre de la gestion budgétaire, la responsable du centre Production de la société A doit élaborer son
budget. La responsable des ventes lui a en effet transmis son programme.

Prévisions Janvier Février Mars Avril Mai Juin


Volume des ventes 700 500 600 700 600 400

On vous missionne pour l’aider. Le programme doit satisfaire la politique de stockage du service :

 Contrainte 1 : de façon à assurer la sécurité des approvisionnements, il faut chaque début de mois posséder
au moins le volume des ventes du mois en question ;

 Contrainte 2 : le niveau de stock doit être minimum de façon à minimiser les coûts de possession du stock.

La capacité maximale de production est de 700 unités. Il faut reconstituer au 30 juin un stock de 1 000 unités.

Les ventes sont supposées régulières à l’intérieur de chaque mois.


TS
Construire le programme semestriel de production.

Exercice B

Un composant entre dans la fabrication d’un produit P. La production est régulière et donc les sorties de stock de
ce composant le sont aussi. Elles s’élèvent à 1 200 composants par an. Le coût unitaire du composant s’élève à
250 €. Le taux annuel d’immobilisation du capital est égal 4%, le coût physique du stockage s’élève à 4,40 € par
composant et par an.

Afin de simplifier les commandes, les livraisons sont toujours du même volume, à intervalles de temps constants,
la date de livraison étant la date où le niveau du stock est nul.

Actuellement, 10 commandes sont passées dans l’année.

Chaque passation de commande génère un coût de 60 €.

1. Calculer le coût annuel actuel de gestion des stocks.


2. Déterminer le programme d’approvisionnement qu’il conviendrait de mettre en place pour que le coût de
gestion soit minimum ainsi que l’économie qui en résulterait.

Le responsable de production a fait état des coûts cachés de non-production qui sont entraînés par la nature du
stock de ce composant, suite à des retards de livraison du fournisseur. Il est ainsi décidé de conserver un stock de
sécurité correspondant à deux mois de consommation.

3. Déterminer l’augmentation du coût de gestion suite à cette décision.

Des négociations ont été menées auprès du fournisseur. Une première proposition est transmise à l’entreprise
proposant une remise de 0,50 € par composant à partir de 300 unités commandées. Le coût de passation serait
alors de 90 €.

4. Faut-il accepter cette proposition ?


5. A partir de quel taux de remise deviendrait-il intéressant de passer des commandes de 300 composants ?

148
GESTION DES STOCKS

1 La société SEBM fabrique des modules d’échafaudages. La politique d’approvisionnement est définie selon le
modèle de Wilson.

Consommation Coût Coût de lancement Taux de possession


Approvisionnement
annuelle unitaire d’une commande du stock

Tube diamètre 25 479 600 0,4 € 5 10%

Plastique granulé 147 000 1,5 8 20%

Colorant 24 500 6 8 25%

Pour chacun des approvisionnements concernés, calculer la quantité économique à commander.

Le nombre de commandes sera arrondi à la valeur la plus proche et les quantités à la centaine la plus proche

2 Soit Q la quantité commandée.

Hypothèse 1 Hypothèse 2 Hypothèse 3


Coût de passation unitaire 80 € 600 € 500 €
2% de la valeur par
0,10 € par unité 3 € par unité
Coût de possession trimestre
par mois par an
Prix = 100 €
Consommation annuelle 4 800 30 000 3 000

1 - Etablir l’équation du coût total dans les trois hypothèses

2 - Déterminer Q*, T*, N*, et K*

3 La société B consomme 33 000 embrayages hydrauliques par an. Le coût d’une commande est estimé à 412,50 €.
Le coût de stockage est de 0,01 € par unité et par jour ouvrable. Il y a 250 jours ouvrables par an.

1 - Calculez la quantité optimale et le coût minimum annuel.

3 - Calculer la quantité optimale et le coût minimum annuel s’il existe un stock de sécurité de 2 000 unités.

4 - Calculer la quantité optimale et le coût minimum annuel s’il existe un stock de sécurité de 18% de la quantité
commandée.

149
4 La société MAT distribue des quads. Elle a identifié la loi de la demande mensuelle :

d 0 1 2 3 4
P(d) 0.1 0.4 0.3 0.15 0.05

La vente d’un quad procure un gain de 800 €. Tout invendu, au contraire, entraîne une perte de 200 € (frais
administratifs, de stockage, etc.)

1 - Présenter la matrice des résultats possibles (décision en ligne et événement en colonne).

2 - Calculer l’espérance mathématique de gain net correspondant à chaque niveau de stock possible. La solution
doit être fournie, autant que possible, sous forme matricielle. Déduisez-en la valeur du stock correspondant au
plus grand gain possible.

On suppose maintenant qu’il y a un coût de pénurie de 400 € pour chaque vente manquée.

3 - Construire la matrice des résultats. En déduire la valeur du stock correspondant au plus grand gain possible.

5 La demande de l’entreprise SLAK est donnée par la distribution suivante :

d 0 1 2 3 4
P(d) 0.3 0.25 0.2 0.15 0.1

Le coût de stockage pendant la période est de 2 €. Le coût de pénurie est de 6 €.

1 - Construisez la matrice des stocks moyens et des pénuries totales.

2 - Déduisez-en la matrice des coûts.

3 - Calculez les espérances mathématiques de coûts.

4 - Déterminer la solution optimale.

5 - Comment évolue la solution en fonction du coût de pénurie et du coût de stockage.

150
SOFRALEC

Le service des approvisionnements de la SOFRALEC commande des résistances électriques à


une entreprise située dans le sud de la Chine. Vous disposez des informations suivantes :

- Prix d'achat : 50 € l'unité;

- Livraison par lots de 500 unités; une commande peut comprendre plusieurs lots;

- Coût du transport d'un lot : 1 000 €;

- Délai de livraison variable : 10 jours à 25 jours maximum;

- Consommation annuelle (régulière) : 45 000 unités;

- Une commande entraîne des coûts de passation de 200 €;

- Le stockage représente des frais de détention s'élevant à 20% du prix d'achat et des frais
de transport de ces résistances qui sont stockées ;

- Les commandes sont passées 20 fois l'an par quantités égales.

1. Cette politique vous semble-t-elle rationnelle et optimale ? Que proposez-vous ?

2. La société a contacté un autre fournisseur local qui lui propose ces conditions :

- prix d'achat de la résistance : 54 €;


- délai de livraison : de 7 à 15 jours maximum;
- livraison par lots de 500 appareils;
- coût du transport d'un lot : 300 €.

Y a-t-il lieu de s'adresser à ce deuxième fournisseur ? (pour résoudre cette question, il


faudra tenir compte du stock de sécurité moyen consécutif au choix du fournisseur. On
admettra que ce stock de sécurité est consommé une fois sur deux.)

Pour le fournisseur retenu, à quel niveau de stock correspond le déclenchement de la


commande ?

151
ZEBU
L’entreprise ZEBU désire optimiser les quantités commandées pour une pièce PX dont les achats
représentent un montant annuel important.

Nombre de pièces achetées par an : 9 000


Prix unitaire : 100 €
Coût de passation d’une commande : 1 000 €
Coût de possession du stock : 20% du stock moyen en valeur

1. Déterminer la quantité économique à commander.


2. La société passe 10 commandes par an ; calculer le coût total d’approvisionnement et de stockage.
3. Le fournisseur propose un rabais de 2 € par pièce à condition que chaque commande porte sur 3 000
pièces. L’entreprise a-t-elle intérêt à accepter cette proposition ?
4. A partir de quelle valeur, exprimée en pourcentage du prix de vente initial, la proposition de rabais
du fournisseur est-elle intéressante ?

SOCAB
L’entreprise SOCAB souhaite optimiser sa politique d’approvisionnement concernant une marchandise M,
en fonction des éléments suivants :

- la demande journalière est de 10 unités,


- le coût de lancement d’une commande est de 180 €,
- le coût de stockage est proportionnel à la valeur du stock et au temps de stockage exprimé en
jours ouvrables.

Une année civile correspond à 300 jours ouvrables et le stockage de 1 000 € de marchandises coûte 20 €
par jour ouvrable.

1. Donner l’expression du coût total de gestion de ce stock en fonction de la quantité q commandée


à chaque période et du prix unitaire p.
2. En déduire pour P = 50 la quantité optimale de commande.
3. On suppose maintenant que le fournisseur consent des tarifs dégressifs si les quantités
commandées dépassent 50 unités :

- P = 50 pour les commandes inférieures à 50 unités.


- P = 45 pour les commandes entre 50 et 80 unités ;
- P = 40 pour les commandes supérieures à 80 unités ;

Donner l’expression du coût total d’approvisionnement et déterminer la nouvelle politique optimale.


(Faire une représentation graphique du coût total d’approvisionnement).

152
Charges fixes, semi-fixes, variables à partir de charges totales

1. L’entreprise CHALON observe une évolution de ses charges au regard de différents niveaux d’activité. Elle
aimerait connaître la part de charges fixes et de charges variables.

Production 100 120 180 300 350 400


Charges totales 1 450 € 1 540 € 1 810 € 2 350 € 2 575 € 2 800 €
Charges variables
Charges fixes

1) Expliquez comment vous pouvez trouver les charges variables.


2) Déduisez-en le montant des charges fixes.
3) Etablir l’équation du coût total en fonction de l’activité.

2. L’entreprise CHALON a relevé deux autres profils d’évolution décrits ci-après :

Production 100 120 180 300 350 400


Charges totales 1 680 € 1 740 € 1 920 € 2 900 € 3 050 € 3 200 €
Charges variables
Charges fixes

Production 100 120 180 300 350 400


Charges totales 1 500 € 1 560 € 1 740 € 2 750 € 2 875 € 3 000 €
Charges variables
Charges fixes

1) Calculez, dans chacun des cas, le différentiel d’activité et de charges.


2) Calculer le rapport entre le ratio différentiel de charges et le différentiel d’activité.
3) Interprétez les changements éventuels.
4) Déterminez les valeurs du coût variable unitaire et les montants des charges fixes.

153
La marge sur coût variable multiproduits

1. BREVILLY commercialise trois gammes de produits : des tables, des armoires et des bibliothèques. L’an passé,
elle a vendu 1 000 tables, 300 armoires et 100 bibliothèques. Le coût variable unitaire d’une table est de 120 €
pour un prix de vente TTC de 360 € ; celui d’une armoire est de 300 €, elle est vendue 1 080 € TTC l’unité. Le
coût variable unitaire d’une bibliothèque est de 412,50 € pour un prix de vente TTC de 1 980 €. Le taux de TVA
est de 20%. Les charges fixes de structure communes à l’ensemble des gammes se montent à 350 000 €.

1) Etablir un tableau mettant en évidence la marge sur coût variable de chacune des gammes et le
montant total, ainsi que le résultat d’exploitation.
2) Identifiez quelle gamme de produits vous parait la plus rentable.
3) Quelle autre question devriez-vous vous poser pour affiner la réponse.

2. BREVILLY commercialise quatre gammes de produit noté de A à D. Elle a procédé à une analyse de ses charges
qui met en évidence les éléments suivants :

Gamme A Gamme B Gamme C Gamme D TOTAL


Quantités de produits 1 000 1 000 2 500 1 500 6 000
Chiffre d’affaires 100 000 € 120 000 € 100 000 € 60 000 €
Coûts variables totaux 50 000 €
MSCV 40 000 €
MSCVU 32 €
Taux de MSCV 40%
Charges fixes 110 000 €
Résultat

1) Complétez le tableau. Rédigez quelques lignes sur la rentabilité de cette entreprise.


2) Recalculez le résultat de l’entreprise sans la gamme D.
3) Si vous pouviez augmenter le volume des ventes de 1 000 unités, quelles gammes devraient en
bénéficier prioritairement ?

3. DUPEPS commercialise des barres de chocolat vitaminées sur tout le territoire français qu’elle achète à des
producteurs spécialisés. Elle souhaite étudier la rentabilité de ses canaux de distribution, à savoir : les GMS
(grandes et moyennes surfaces), les CHR (cafés, hôtels, restaurants) ainsi que les distributeurs automatiques
(DA) mis en place dans les collectivités (écoles, entreprises, lieux publics). Vous disposez du tableau suivant :

GMS CHR DA TOTAL


Volume des ventes 10 000 1 000 5 000 16 000
Prix de vente moyen au distributeur 2€ 2,50 € 3€
Chiffre d’affaires 20 000 € 2 500 € 15 000 € 37 500 €
Coûts variables de production 10 000 € 1 000 € 5 000 € 16 000 €
Coûts variables de distribution 1 500 € 1 000 € 4 000 € 6 500 €
Coûts fixes 14 000 €
Résultat 1 000 €

1) Calculez la marge sur coût variable totale, unitaire et le taux de marge des canaux de distribution.
2) Expliquez l’équation de la marge sur coût variable en fonction des volumes de vente.
3) Si vous pouviez vendre 1 000 barres supplémentaires, quel canal de distribution auriez-vous
intérêt à utiliser ? Précisez l’indicateur que vous utiliserez pour prendre votre décision, ses
avantages et ses inconvénients.
4) Si vous baissez de 20% le prix de vente en GMS, quelle augmentation en pourcentage des volumes
actuels GMS devrez-vous obtenir pour ne pas dégrader la rentabilité ?

154
Seuil de rentabilité global et spécifique à mix constant

1. Vous souhaitez comparer deux entreprises assez similaires car elles réalisent le même chiffre d’affaires et le
même résultat mais ont des structures de coûts très différentes :

Laure Loge
Chiffre d’affaires 250 K€ 250 K€
Charges variables 210 K€ 150 K€
Charges fixes 20 K€ 80 K€
Résultat 20 € 20 €

1) Calculez la marge sur coûts variables et le taux de marge pour ces entreprises.
2) Calculez le seuil de rentabilité en valeur pour ces entreprises.
3) Quelle interprétation pouvez-vous faire des résultats obtenus ?

2. Vous disposez des données de l’entreprise LVMH sur 4 gammes de produits dans ce tableau :

Valise Parfum Champagne Sac


Chiffre d’affaires 100 000 € 50 000 € 75 000 € 25 000 €
Coûts variables 50 000 € 45 000 € 60 000 € 30 000 €
MSCV 50 000 € 5 000 € 15 000 € -5 000 €
Coûts fixes spécifiques 20 000 € 10 000 € 10 000 € 10 000 €
MSCS 30 000 € -5 000 € 5 000 € -15 000 €

1) Calculez le seuil de rentabilité spécifique pour chaque produit. Que remarquez-vous ?


2) Quelle augmentation de chiffre d’affaires serait nécessaire au « parfum » pour obtenir une
MSCS positive ?

LVMH a décidé d’abandonner le produit « Sac ». Par ailleurs, l’analyse des charges vous précise le montant
des charges fixes non spécifiques et des volumes vendus :

Valise Parfum Champagne Total


Chiffre d’affaires 100 000 € 50 000 € 75 000 € 225 000 €
Volume en unités 10 000 1 000 4 000 15 000
Coûts variables 50 000 € 45 000 € 60 000 € 155 000 €
MSCV 50 000 € 5 000 € 15 000 € 70 000 €
Coûts fixes spécifiques 20 000 € 10 000 € 10 000 € 40 000 €
MSCS 30 000 € -5 000 € 5 000 € 20 000 €
Charges fixes non spécifiques 10 000 €

3) Calculer le seuil de rentabilité global à mix produit constant en volume de cette entreprise.
4) Calculez le seuil de rentabilité global à mix produit constant en valeur.
5) Contrôlez la cohérence de vos calculs à partir des résultats aux deux questions précédentes.
6) Que pouvez-vous conclure ?

155
3. Vous disposez des données suivantes pour l’entreprise Buitoni commercialisant pâtes et
sauces :

Volume Total Volume Total


Unitaire Unitaire
Pâtes Pâtes Sauce Sauce
CA 2 000 1 500 € 3 000 000 € 12 000 500 € 6 000 000 €
CV 750 € 400 €
MSCV
CFS 600 000 € 1 400 000 €
MSCS
CFNS 500 000 €
R

1) Complétez le tableau.
2) Calculez les seuils de rentabilité spécifiques en volume des deux produits.
3) Calculez le seuil de rentabilité global à mix produit constant en volume.
4) Si la direction souhaite porter la MSCS de la Sauce à 100 000 €, quel sera le volume nécessaire
pour atteindre cet objectif ?

Buitoni envisage de lancer un nouveau produit. Son prix de vente unitaire serait de 1 000 €
et son coût variable unitaire de 700 €. Les frais spécifiques relatifs à ce nouveau produit
sont de 100 000 €.

5) Quel est le volume minimum d’unités à vendre de ce nouveau produit pour que ce lancement soit
intéressant en termes de rentabilité ?
6) Si on lance ce produit, que deviendrait le seuil de rentabilité global ?
7) Quelle conclusion pouvez-vous tirer ?

156
Seuil de rentabilité global et spécifique à mix variable

1) La cafétéria de l’INSA propose à ses clients deux menus bio. Pour la période étudiée, Hanane vous communique
les résultats suivants :

Menu A Menu B Total

Chiffre d’affaires 20 000 € 18 000 € 38 000 €


Volume de repas 1 000 2 000 3 000
Coûts variables 15 000 € 10 000 € 25 000 €
Marge sur coût variable 5 000 € 8 000 € 13 000 €
Coût fixe spécifiques 2 000 € 1 000 € 3 000 €
Marge sur coûts spécifiques 3 000 € 7 000 € 10 000 €
Coût fixe non spécifique 8 000 €
Résultat 2 000 €

1) Calculez le chiffre d’affaires total nécessaire pour obtenir un résultat de 10 000 € en gardant la
même proportion de menus A et de menus B.
2) Si le mix produit entre les deux menus peut changer, déterminez l’équation qui donnera le seuil
de rentabilité global en volume de repas.
3) Représenter graphiquement le segment de droite donnant les différentes combinaisons de seuil
de rentabilité pour A et B.

2) La société Peunault commercialise des véhicules pour des particuliers en deux segments de marché : les SUV
et les voitures de sport. Au cours de la période précédente, la gérante a noté ces éléments :

SUV Sport
MSCVU 6 000 € 12 000 €
Composition des ventes (Mix) 75% 25%
Charges fixes spécifiques 10 000 € 35 000 €
Charges fixes communes 180 000 €

1) Calculez les seuils de rentabilité spécifiques en volume pour les SUV d’une part et les véhicules
de sport d’autre part.
2) Calculez le seuil de rentabilité global en volume à mix constant.
3) Pourquoi ce seuil global n’est pas la somme des seuils calculés à la première question ?
4) Peut-on déterminer de multiples seuils de rentabilité ? En considérant quelles hypothèses ?
5) Déterminez l’équation permettant de calculer ces différents seuils.

157
Marge de sécurité et indice de sécurité

1. Une entreprise dont le chiffre d’affaires s’élève cette année à 450 K€ a déterminé son seuil de rentabilité à
360 K€. Son domaine d’activité a connu au cours des années passées de nombreux bouleversements, ce qui
l’expose à des fluctuations de la demande commerciale d’une année sur l’autre. Il n’est, en effet, pas rare de
constater des amplitudes annuelles de +30% à -35% en termes de chiffre d’affaires. Le contexte actuel et futur
ne devrait pas être très différent de ce qui a été constaté dans le passé.

1) Calculez la marge de sécurité en euros ainsi que l’indice de sécurité de cette entreprise.
2) Au regard du contexte décrit, que pouvez-vous en conclure ?
3) Quelle recommandation devriez-vous formuler aux dirigeantes de cette entreprise ?

2. L’entreprise BonBois fabrique des meubles en bois. Sa directrice de fabrication s’interroge sur le choix de deux
modalités de production : soit une fabrication interne (Hypothèse A), soit un scénario de sous-traitance
(Hypothèse B).

Dans le cas A, le taux de marge sur coûts variables s’élèverait à 60% et les coûts fixes représentant des coûts
de conception, fabrication et commercialisation s’élèveraient à 7 500 K€.

Dans le cas B, le taux de marge sur coûts variables s’élèverait à 40% et les coûts fixes représentant les coûts
de conception et commercialisation uniquement s’élèveraient à 3 000 K€.

Les prévisions de la directrice donnent à penser que l’entreprise pourrait obtenir un chiffre d’affaire
prévisionnel pour l’année prochaine de 18 000 K€. Le taux d’impôt sur les sociétés est de 34%.

1) Calculez dans les deux hypothèses le résultat net en considérant que cette entreprise n’a pas de
dette financière et aucun élément exceptionnel.
2) Calculez la marge de sécurité et l’indice de sécurité.
3) Quelle modalité de production conseillez-vous si la directrice veut minimiser le risque
d’exploitation ?

158
Le levier opérationnel et son utilisation

1. Une entreprise a un chiffre d’affaires de 840 K€ et présente un taux de marge sur coûts variables de 40%. Ses
charges fixes sont de 300 K€.

1) Calculer son résultat.


2) Déterminer son levier opérationnel.
3) Si la prévision de croissance du chiffre d’affaires est de 10% l’an prochain, déterminez, à l’aide
du levier opérationnel calculé, le résultat prévisible.
4) Recalculez ce résultat en détaillant chiffre d’affaires et marge.
5) Vérifiez que vous avez obtenu le même résultat.

2. En considérant une entreprise avec un chiffre d’affaires de 900 K€ pour 10 000 unités vendues. Sa marge sur
coût variable unitaire est de 40 € et ses charges fixes totales de 250 K€.

1) Calculer son résultat d’exploitation.


2) Calculer son seuil de rentabilité.
3) Calculer sa marge et son indice de sécurité.
4) Calculer son levier opérationnel.
5) Quel lien peut être mis en évidence entre l’indice de sécurité et le levier opérationnel ?
6) Si l’entreprise augmente son chiffre d’affaires de 20% grâce à une augmentation de ses volumes,
sans accroître ses charges fixes, quel sera l’impact sur son levier opérationnel ?

159
Les coûts partiels pour des décisions d’abandon

1. L’entreprise Florent, après une dizaine d’années de croissance et une offre marketing élargie, réfléchit à mieux
organiser son développement sur le plan économique.

Gamme G1 Gamme G2 Gamme G3


Volume 10 000 5 000 5 000
Chiffre d’affaires 500 000 € 100 000 € 750 000 €
Coûts variables 250 000 € 120 000 € 250 000 €
Coûts fixes spécifiques 50 000 € 10 000 € 140 000 €
Potentiel de développement 15 000 5 200 8 000

En moyenne, pour 10 produits de la gamme G2 vendus, un produit de la gamme G1 est associé à la vente. La
gamme G3 est indépendante des deux autres gammes.

Si une gamme est arrêtée, on considérera que ses coûts fixes spécifiques pourront être évités en totalité.

Une étude de marché a estimé le potentiel de développement, c’est-à-dire le montant maximum de ventes
par an : les données figurent dans le tableau ci-dessus. Pour atteindre ce potentiel, les coûts spécifiques
devront être doublés.

Aidez la direction à faire les choix nécessaires en déterminant si une gamme doit être arrêtée, si
une gamme doit être développée à son potentiel. Précisez vos raisons.

2. La filiale française de la société REMINCOUR distribue du matériel informatique sur trois départements de la
région Normandie. Ses résultats financiers pour l’année passée sont les suivants :

En K€ Orne Manche Calvados Total


Chiffre d’affaires 800 1 100 700 2 600
Charges variables 400 560 640 1 600
MSCV 400 540 60 1 000
Coûts fixes 200 300 300 800
Résultat 200 240 -240 200

La direction est préoccupée par la perte affichée par l’agence Calvados et mène une étude sur l’arrêt de
commercialisation. Cette étude nous apprend que tous les coûts variables pourront être évités dans cette
agence mais seulement 100 K€ sur les 300 K€ pourront être réduits.

Fait-il fermer l’agence Calvados ?

160
Les coûts moyens et la courbe d’apprentissage

1. L’entreprise BONCOIN a connu au cours des trois dernières années une forte évolution de son activité et de sa
structure de coûts. En année 2, ses ventes ont augmenté de 50% et elle a dû trouver de nouveaux fournisseurs
pour sécuriser ses approvisionnements. Cependant, ces derniers vont pratiquer en année 3 des prix plus élevés
que ceux qu’avait BONCOIN en année 1 ou 2. Cette croissance des ventes s’est poursuivie en année 3 où
l’entreprise ne pouvait plus faire face à la demande avec ses capacités installées. Elle a donc dû s’agrandir en
termes d’espace et d’équipements.

Année 1 Année 2 Année 3


Volume d’activité 10 000 15 000 25 000
Charges variables 100 000 € 135 000 € 275 000 €
Charges fixes 60 000 € 60 000 € 150 000 €

1) Calculez le coût moyen unitaire dans les différentes situations d’activité.


2) Analysez la composition des coûts et expliquez l’évolution du coût moyen unitaire.

2. L’entreprise ELECTY vient de recevoir un nouveau modèle de trottinette électrique destiné à être vendu à des
utilisateurs occasionnels. Le coût actuel d’assemblage par unité est de 200 € soit 40 € x 5 heures d’assemblage.
Le taux horaire est constant dans le temps car l’entreprise utilise de la main-d’œuvre qualifiée qui lui est fidèle.
Le management de l’entreprise considère que le temps d’assemblage s’améliorera graduellement avec
l’expérience et estime à 80% la courbe d’apprentissage par lot de 100 trottinettes produites.

Une chaîne de distributeurs franchisés vient de contacter l’entreprise pour lui proposer d’acheter un premier
lot. Si ce lot est satisfaisant, elle achètera aussitôt un deuxième puis un troisième lot. A compter du troisième
lot, l’assemblage pourrait alors fabriquer des lots de 150 trottinettes.

1) Calculez le coût de production unitaire selon qu’il provient du premier, du deuxième ou du


troisième lot.
2) Que pouvez-vous en conclure ?

161
Les coûts marginaux

1. L’entreprise DETERRE commercialise des biens de grande consommation. Elle cherche à optimiser ses coûts de
production et réalise, pour cela, une étude empirique de ses charges sur ses différents niveaux de production :

Quantités produites Charges totales de production


200 600 000 €
400 1 080 000 €
600 1 458 000 €
800 1 752 000 €
1 000 2 010 000 €

1) Calculez, pour ces différents niveaux de production, le coût moyen unitaire, le coût marginal
unitaire.
2) Représentez graphiquement ces données.
3) Que peut-on observer ? Comment peut-on interpréter les résultats obtenus ?

2. La société AIRFLOP, compagnie aérienne régionale, assure un vol chaque semaine entre deux grandes
métropoles de l’ouest de la France. Elle vous a communiqué les informations suivantes :

 Prix du billet Aller simple : 150 € par personne ;


 Avion d’une capacité de 200 passagers ;
 Les dépenses variant selon le nombre de passagers sont :
 Part variable de kérosène : 20 € par passager ;
 Repas servi : 5 € par passager ;
 Enregistrement et bagages passagers : 5 € par passager.

Les charges fixes du vol comprennent la masse salariale de l’équipage (pilote, copilote et hôtesse),
l’amortissement de l’avion, les taxes aéroport, la partie fixe de kérosène et l’entretien et le nettoyage de l’avion
soit : 20 000 €.

Pour son prochain vol, la compagnie constate, quelques jours avant, que le taux de remplissage du vol n’est
que de 50%.

Pour obtenir un meilleur taux de remplissage, elle baisse le tarif en faisant une offre promotionnelle
exceptionnelle à 70 €, son taux de remplissage passe alors à 80%.

1) Calculez le résultat d’exploitation du vol dans les conditions initiales.


2) Calculez le résultat d’exploitation du vol dans les conditions avec promotion.
3) Pour être à 100% de remplissage, jusqu’à quel prix pourrait-elle vendre les derniers billets tout en
engrangeant un résultat d’exploitation supérieur ?
4) Que peut-on en conclure ?

162
Les coûts partiels pour une décision de prix de vente

1. L’entreprise VAVIT commercialise, auprès d’autres entreprises, des pièces détachées pour véhicules industriels :
pots d’échappement principalement.

Le prix de vente moyen d’un pot est de 200 €. Son volume de vente actuel est de 10 000 unités l’an, ce qui est
considéré comme une activité normale. La capacité annuelle est de 12 000 unités.

La structure de coût de cette entreprise est la suivante :

 Coût unitaire des matériaux : 60 € ;


 Autres charges variables totales : 500 000 € ;
 Charges fixes spécifiques : 100 000 € ;
 Charges fixes non spécifiques : 600 000 €.

En ce début d’année, un industriel contacte VAVIT car il compte remplacer tous les pots d’échappement de
ses véhicules de par le monde. Ce volume représenterait 1 500 unités.

Cependant, cet industriel souhaite bénéficier de conditions commerciales avantageuses et notamment d’un
prix bien inférieur au prix moyen actuel c’est-à-dire la moitié !

1) Calculez le montant du résultat d’exploitation sans cette commande supplémentaire.


2) Calculez le montant du résultat d’exploitation avec cette commande supplémentaire.
3) Acceptez-vous cette commande additionnelle ?
4) Déduisez-en une règle générale pour la prise de décision.

2. La SAS DEVILLE fabrique et vend 2 000 unités par mois d’un produit au prix de 2 950 € l’unité. La production
de 2 000 unités correspond à l’activité normale, laquelle représente 85% de l’activité maximale.

Les données concernant la production de 2 000 unités sont les suivantes :

 Coût variable : 3 600 000 € ;


 Coût fixe : 1 800 000 € ;
 Soit un coût de revient unitaire de 2 700 €

La SAS reçoit deux propositions de commandes supplémentaires :

 La proposition n°1 concerne une commande mensuelle de 300 unités au prix unitaire de 2 600 € ;
 La proposition n°2 concerne une commande mensuelle de 1 000 unités au prix unitaire de 2 300 €.

En cas de changement de structure (capacité actuelle dépassée), la SAS devrait réaliser un investissement qui
augmentera les charges fixes de 30% de leur montant actuel.

Les deux propositions concernent des commandes mensuelles renouvelables tous les mois.

1) Quel est le gain de la proposition n°1 ?


2) Quel est le gain de la proposition n°2 ?
3) Si la SAS ne peut accepter qu’une proposition, laquelle doit-elle choisir ?

163
Les coûts partiels pour une décision d’investissement

Considérons une entreprise réalisant un chiffre d’affaires annuel de 800 000 € qui utilise un équipement
particulier pour fabriquer ses produits vendus en moyenne 40 € l’unité.

Cet équipement a été acheté il y a 10 ans ; sa valeur nette comptable est de 60 000 €. Les experts techniques
pensent qu’il pourrait être encore utilisé pendant trois ans, date à laquelle il n’aura plus aucune valeur
marchande. Cependant, s’il était vendu aujourd’hui, l’entreprise pourrait encaisser 50 000 €.

L’achat d’un nouvel équipement coûterait 400 000 € ; s’il était revendu dans trois ans, l’entreprise encaisserait
300 000 €.

Actuellement, les coûts d’exploitation sont de 5 € par unité et passeraient à 4 € avec le nouvel équipement.

1. Identifiez les coûts pertinents permettant de répondre à la question.


2. Que doit faire l’entreprise : acheter le nouvel équipement maintenant ou dans trois ans ?

164
LA COMPTABILITE DE GESTION
Comptabilité financière Comptabilité de gestion

1. Produit des données à l'attention d'utilisateurs 1. Produit des données à l'attention d'utilisateurs
externes internes

2. Est requise par la loi 2. N'est pas requise par la loi

3. Est normalisée (c'est-à-dire qu'elle est soumise à 3. Est très peu normalisée. Elle est adaptable et
des règles précises d'élaboration et de contingente dans ses techniques
présentation)
4. Met l'accent sur la pertinence et la fiabilité des
4. Doit générer des données précises et actuelles données

5. Met l'accent sur le passé 5. Est essentiellement tournée vers le futur

6. Considère l'entreprise dans sa globalité sur le plan 6. Se focalise sur des parties de l'entreprise
de la gestion
7. En dehors des techniques de calculs de coûts
7. A l'origine, s'est édifiée par elle-même (sur des fondés sur l'analyse et la pratique des entreprises,
bases économiques et juridiques) elle est essentiellement issue d'autres disciplines
comme la statistique ou la recherche
8. Est un outil de preuve et de contrôle des dirigeants opérationnelle

8. N'est pas une fin en soi, mais un moyen.

165
LA METHODE DES COUTS COMPLETS
Le coût complet d’un produit ou d’une prestation est égal à l’ensemble des charges pouvant lui être rattachées.

Elle est fondée sur la seule distinction entre les charges directes et indirectes.

Elle permet :

 d’effectuer des choix stratégiques à long terme portant sur la conception des produits, la fixation des prix, la
définition des politiques commerciales ;

 de comprendre la formation des coûts des produits et prestations puisqu’elle calcule :

- Les coûts d’achat,


- Les coûts de production, C’est ce qu’on appelle le chaînage des coûts ou coûts en cascade.
- Les coûts hors production, Voire page suivante les étapes détaillées et faire le cas Meubléco.
- Les coûts de revient.

 d’obtenir des résultats analytiques et gérer le portefeuille de produits et d’activité ; de fixer le prix de vente
lors du lancement d’un nouveau produit (Voire application Descartes ci-dessous) ;

 d’établir des devis ;

 de satisfaire certaines obligations légales, par exemple évaluer le stock de matière première et produits finis.

Application Descartes

La coopérative Descartes, qui s’approvisionne en matières premières auprès des agriculteurs locaux, fabrique et
commercialise deux types de produits en conserve : des haricots et des petits pois extra-fins, conditionnés en boîtes
de 500 g. Vous disposez des informations suivantes :

 Le compte de résultat de la coopérative Descartes


 La ventilation des charges entre les deux articles.

 Déterminer le résultat courant réalisé sur chaque produit et commenter.

Compte de résultat de la coopérative Descartes


Charges Montants Produits Montants
Achats de haricots verts 300 000 Ventes de conserves de haricots verts 410 000
Achats de petits pois 200 000 Ventes de conserves de petits pois 335 000
Variation du stock de haricot -20 000
Variation du stock de petits pois 30 000
Services extérieurs 15 000
Impôts et taxes 12 000
Personnel 160 000
Financières 16 500
Dotations aux amortissements 22 000
Bénéfice 9 500
Total 745 000 Total 745 000
Ventilation des charges entre les deux articles
166
Charges Conserves haricots Conserves petits pois
Services extérieurs 2/3 1/3
Impôts et taxes 65% 35%
Personnel 3/5 2/5
Financières 60% 40%
Dotation aux amortissements ½ ½

Corrigé
Résultat courant réalisé sur chaque produit

Charges Conserves haricots Conserves petits pois


Consommations de matières premières 280 000 230 000
Services extérieurs 10 000 5 000
Impôts et taxes 7 800 4 200
Personnel 96 000 64 000
Financières 9 900 6 600
Dotations aux amortissements 11 000 11 000
Total des charges 414 700 320 800
Chiffre d’affaires 410 000 335 000
Résultat analytique -4 700 14 200

167
ANNEXE - LE CALCUL DES COÛTS EN CASCADE (CHAÎNAGE DES COÛTS)

1) Prix d’achat des matières premières achetées


+ Frais d’approvisionnement
= Coût d’achat des matières achetées

2) Coût d’achat des matières premières achetées


+ Stock initial de matières premières
– Stock final de matières premières*
= Coût d’achat des matières premières consommées
* valorisé par un inventaire permanent des matières premières (voire le cas
Tirole)

3) Coût d’achat des matières premières consommées


+ Loyers des locaux de production
+ Frais de personnel de production
+ Dotations aux amortissements du matériel
+ Autres frais liés à la production
= Cout de production des produits fabriqués

4) Coût de production des produits fabriqués


+ Stock initial de produits finis
- Stock final de produits finis*
= Coût de production des produits vendus
* valorisé par un inventaire permanent des produits finis

5) Coût de production des produits vendus


+ Coût de commercialisation
+ Coûts administratifs
+ Coûts de la R&D
= Coût de revient des produits vendus

6) Chiffre d’affaires
- Coût de revient des produits vendus
= Résultat

Meubléco 1
168
La société Meubleco fabrique deux modèles de chaises destinées aux collectivités : un modèle courant (C) et un
modèle avec accoudoirs (L) La production est organisée de la manière suivante :

 les armatures, identiques pour les deux modèles, sont fabriquées dans l'atelier A à partir de tubes de métal
achetés à l'extérieur;

 les deux types de sièges (C et L) sont moulés dans l'atelier B à partir de PVC;

 les différentes pièces sont assemblées dans un atelier de montage à l'aide de vis spéciales.

Activité du mois de janvier


Au cours de janvier, premier mois d'activité de l'entreprise, les opérations suivantes ont été enregistrées :

2.1 Achats

 Tubes : 160 000 mètres à 3 € le mètre (prix payé au fournisseur) ;

 PVC : 45 000 kg à 5 € le kg (prix payé au fournisseur) ;

 Vis : 180 000 vis spéciales à 0,50 € l'unité (prix payé au fournisseur).

Outre le prix payé au fournisseur, l'entreprise a supporté des frais d'achat divers (passation des commandes,
transports…) qui sont évalués à 0,20 € par mètre de tube et 0,30 € par kg de PVC. Les frais accessoires d'achat
sont négligeables pour les vis.

2.2 Atelier A (fabrication des armatures)

L'atelier A a fabriqué 25 000 armatures durant le mois de janvier. Pour ce faire :

 il a été consommé 153 500 mètres de tubes;

 les frais de fabrication se sont élevés à 258 800 €

2.3 Atelier B (fabrication des sièges C et L)

L'atelier B a produit 13 000 sièges C et 10 000 sièges L :

 39 500 kg de PVC ont été utilisés pour mouler les sièges (19 500 kg pour les sièges C et 20 000 kg pour les
sièges L) ;

 Les frais de fabrication sont de 198 650 € (104 650 € pour les sièges C, 94 000 € pour les sièges L).

2.4 Atelier de montage (chaises C et L)

Cet atelier a terminé le montage de 12 000 chaises C et 9 500 chaises L. Pour ce faire il a été consommé :

 pour les chaises C : 12 050 armatures, 12 100 sièges et 73 000 vis;

 pour les chaises L : 9 530 armatures, 9 580 sièges et 77 000 vis.

Les frais de fabrication se sont élevés à 246 400 € (116 400 € pour le montage des chaises C et 130 000 € pour
le montage des chaises L).
2.5 Ventes

169
L'entreprise a vendu durant le mois de janvier :

 11 000 chaises C à 75 € ;

 9 000 chaises L à 90 €.

Pour distribuer ces produits, elle a supporté 167 000 € de frais (77 000 € pour les chaises C, 90 000 € pour les
chaises L).

NOTA :

L'entreprise ne disposait d'aucun stock au 1er janvier.

On ne discutera pas la répartition des charges indiquées. Cette répartition est cependant, comme on le verra plus
loin, difficile à faire et constitue un des problèmes principaux de la comptabilité analytique.

1. Déterminer :

1.1 le coût d'achat des tubes, du PVC, des vis;

1.2 le coût de production des armatures;

1.3 le coût de production des sièges C et L

1.4 le coût de production des chaises C et L;

1.5 le coût de revient des chaises C et L vendues;

1.6 le résultat analytique sur les chaises C et L. En déduire le résultat de la période.

2. Présenter le compte de résultat du mois de janvier à l'aide des documents ci-dessus.

170
1.1 Calcul des coûts d'achat des matières et fournitures

Tubes PVC Vis


Eléments Q PU Total Q PU Total Q PU Total
Prix d'achat 160 000 3 480 000 45 000 5 225 000 180 000 0,5 90 000
Frais d'achat 160 000 0,2 32 000 45 000 0,30 13 500 - - -
Coût d'achat 160 000 3,20 512 000 45 000 5,30 238 500 180 000 0,5 90 000

=> Fiches de stock des matières et fournitures

Tubes PVC Vis


Eléments Q PU Total Q PU Total Q PU Total
Stock initial - - - - - - - - -
Entrées 160 000 3,20 512 000 45 000 5,30 238 500 180 000 0,5 90 000
Total 160 000 3,20 512 000 45 000 5,30 238 500 180 000 0,5 90 000
Sorties 153 500 3,20 491 200 39 500 5,30 209 350 150 000 0,50 75 000
Stock final 6 500 20 800 5 500 29 150 30 000 15 000

1.2 Coût de production des armatures

Eléments Q PU Total
Tubes utilisés 153 500 3,20 491 200
Frais atelier A 258 800
Coût de production 25 000 30 750 000

=> Fiche de stock des armatures

Eléments Q PU Total
Stock initial - - -
Entrées 25 000 30 750 000
Total 25 000 30 750 000
Sorties 21 580 30 647 400
Stock final 3 420 102 600

1.3 Coût de production des sièges C et L

Sièges C Sièges L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
PVC utilisés 19 500 5,30 103 350 20 000 5,30 106 000
Frais atelier B 104 650 94 000
Coût de production 13 000 16 208 000 10 000 20 200 000

=> Fiches de stock des sièges C et L

Sièges C Sièges L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
Stock initial - - - - - -
Entrées 13 000 16 208 000 10 000 20 200 000
Total 13 000 16 208 000 10 000 20 200 000
Sorties 12 100 16 193 600 9 580 20 191 600
Stock final 900 14 400 420 8 400

171
1.4 Coût de production des chaises C et L

Chaises C Chaises L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
Armatures utilisés 12 050a 30 361 500 9 530 30 285 900
Sièges C utilisés 12 100 16 193 600
Sièges L utilisés 9 580 20 191 600
Vis utilisées 73 000 0,50 36 500 77 000 0,50 38 500
Frais atelier de montage 116 400 130 000
Coût de production 12 000 59 708 000 9 500 68 646 000

a) Pour fabriquer les 12 000 chaises C, on aurait dû théoriquement utiliser 12 000 en moyenne pour faire une chai
=> Fiches de stock des chaises C et L

Chaises C Chaises L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
Stock initial - - - - - -
Entrées 12 000 59 708 000 9 500 68 646 000
Total 12 000 59 708 000 9 500 68 646 000
Sorties 11 000 59 649 000 9 000 68 612 000
Stock final 1 000 59 000 500 34 000

1.5 Coût de revient des chaises vendues et résultats analytiques

Chaises C Chaises L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
Coût de production des
11 000 59 649 000 9 000 68 612 000
chaises vendues
Frais de distribution 77 000 90 000
Coût de revient 11 000 66 726 000 9 000 78 702 000
Prix de vente 11 000 75 825 000 9 000 90 810 000
Résultats analytiques 11 000 9 99 000 9 000 12 108 000

Résultat analytique global : 99 000 + 108 000 = 207 000 €

2. Compte de résultat de janvier

Achat de tubes 480 000 Production vendue 1 635 000


Variation de stock - 20 800 Production stockée :
Achat de PVC 225 000 - Armatures 102 600
Variation de stock - 29 150 - Sièges C 14 400
Achat de vis 90 000 - Sièges L 8 400
Variation de stock - 15 000 - Chaises C 59 000
Autres charges1 916 350 - Chaises L 34 000
Résultat 207 000
1 853 400 1 853 400

Meubléco 2
172
L'activité du mois de février de la société Meubléco est la suivante :

1. Achats

 Tubes : 160 000 mètres à 3,10 € le mètre (en moyenne)

 PVC : 60 000 kg à 5,15 € le kg (en moyenne)

 Vis : 160 000 vis à 0,52 € l'unité (en moyenne)

Frais d'achat : 0,25 € par mètre de tube et 0,34 € par kg de PVC pour les livraisons reçues durant le mois.

2. Atelier A

 Production : 26 000 armatures

 Tubes consommés : 159 000 mètres

 Frais de fabrication : 274 940 €

3. Atelier B

 Production : 14 000 sièges C et 11 000 sièges L

 PVC utilisé : 21 000 kg pour les sièges C et 22 500 kg pour les sièges L

 Frais de fabrication : 113 330 € pour les sièges C et 101 875 € pour les sièges L

4. Atelier de montage

Production : 13 000 chaises C et 10 000 chaises L

Matières consommées :

 pour les chaises C : 13 100 armatures, 13 150 sièges C et 78 000 vis;

 pour les chaises L : 10 050 armatures, 10 100 sièges L et 81 000 vis.

Frais de fabrication : 120 830 € pour les chaises C et 141 193 € pour les chaises L.

5. Ventes

L'entreprise a vendu 13 500 chaises C à 75 € et 9 800 chaises L à 90 €.

Frais de distribution : 95 445 € pour les chaises C et 98 980 € pour les chaises L.

1. Calculer les coûts et les résultats analytiques relatifs au mois de février.

NB : vous utiliserez la moyenne pondérée (arrondie à deux décimales entre le coût du stock initial et celui des entrées
du mois) pour valoriser les sorties de stock.

2. Vérifier en présentant le compte de résultat schématique.


1. Calcul des coûts d'achat des matières et fournitures

173
Tubes PVC Vis
Eléments Q PU Total Q PU Total Q PU Total
Prix d'achat 160 000 3,10 496 000 60 000 5,15 309 000 160 000 0,52 83 200
Frais d'achat 160 000 0,25 40 000 60 000 0,34 20 400 - - -
Coût d'achat 160 000 3,35 536 000 60 000 5,49 329 400 160 000 0,52 83 200

=> Fiches de stock des matières et fournitures

Tubes PVC Vis


Eléments Q PU Total Q PU Total Q PU Total
Stock initial 6 500 20 800 5 500 29 150 30 000 15 000
Entrées 160 000 536 000 60 000 329 400 160 000 83 200
Total 166 500 3,34 556 800 65 500 5,47 358 550 190 000 0,52 98 200
Sorties 159 000 3,34 531 060 43 500 5,47 237 945 159 000 0,52 82 680
Stock final 7 500 25 740 22 000 120 605 31 000 15 520

1.2 Coût de production des armatures

Eléments Q PU Total
Tubes utilisés 159 000 3,34 531 060
Frais atelier A 274 940
Coût de production 26 000 31 806 000

=> Fiche de stock des armatures

Eléments Q PU Total
Stock initial 3 420 102 600
Entrées 26 000 30 806 000
Total 29 420 30,88 908 600
Sorties 23 150 30,88 714 872
Stock final 6 270 193 728

1.3 Coût de production des sièges C et L

Sièges C Sièges L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
PVC utilisés 21 000 5,47 114 870 22 500 5,47 123 075
Frais atelier B 113 330 101 875
Coût de production 14 000 16,30 228 200 11 000 20,45 224 950

=> Fiches de stock des sièges C et L

Sièges C Sièges L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
Stock initial 900 14 400 420 8 400
Entrées 14 000 228 200 11 000 224 950
Total 14 900 16,28 242 600 11 420 20,43 233 350
Sorties 13 150 16,28 214 082 10 100 20,43 206 343
Stock final 1 750 28 518 1 320 27 007

1.4 Coût de production des chaises C et L

174
Chaises C Chaises L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
Armatures utilisés 13 100 30,88 404 528 10 050 30,88 310 344
Sièges C utilisés 13 150 16,28 214 082
Sièges L utilisés 10 100 20,43 206 343
Vis utilisées 78 000 0,52 40 560 81 000 0,52 42 120
Frais atelier de montage 120 830 141 193
Coût de production 13 000 60 780 000 10 000 70 700 000

=> Fiches de stock des chaises C et L

Chaises C Chaises L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
Stock initial 1 000 59 000 500 34 000
Entrées 13 000 780 000 10 000 700 000
Total 14 000 59,93 839 000 10 500 69,90 734 000
Sorties 13 500 59,93 809 055 9 800 69,90 685 020
Stock final 500 29 945 700 48 980

1.5 Coût de revient des chaises vendues et résultats analytiques

Chaises C Chaises L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
Coût de production des
13 500 59,93 809 055 9 800 69,90 685 020
chaises vendues
Frais de distribution 95 445 98 980
Coût de revient 13 500 67 904 500 9 800 80 784 000
Prix de vente 13 500 75 1 012 500 9 800 90 882 000
Résultats analytiques 13 500 8 108 000 9 800 10 98 000

Résultat analytique global : 108 000 € + 98 000 € = 206 000 €


3. Compte de résultat de février

Achat de tubes 496 000 Production vendue 1 894 500


Variation de stock - 4 940 Production stockée :
Achat de PVC 309 000 - Armatures 91 128
Variation de stock - 91 455 - Sièges C 14 118
Achat de vis 83 200 - Sièges L 18 607
Variation de stock - 520 - Chaises C - 29 055
Frais d'achat 60 400 - Chaises L 14 980
Frais d'atelier A 274 940
Frais d'atelier B (113 330 + 101 875) 215 205
Frais montage (120 830 + 141 193)
Frais de distribution (95 445 + 98 980) 262 023

Résultat 194 06 000


2 004 278 2 004 278

Chapitre 1 - LA METHODE DES CENTRES D’ANALYSE -

175
Elle repose sur le postulat que les objets de coût (produit, service, fonction…) consomment différentes ressources
nécessaires à leur fabrication. Ces ressources ont un coût, somme de charges directes et indirectes.

 Une charge directe (ou coût direct ou spécifique) ne concerne qu’un seul objet de coût. On peut donc sans
ambiguïté l’affecter à cet objet.

 Une charge indirecte est commune à plusieurs objets de coûts. Il est donc nécessaire de la répartir dans les
différents objets de coûts concernés, ce qui exige un traitement préalable comprenant toujours une certaine
part d’arbitraire.

1. LA METHODE ET SES PRINCIPES

 Classification des charges incorporables aux coûts en charges directes et indirectes.

 Découpage de l’entreprise en centres d’analyse qui comprennent des centres auxiliaires et des centres
principaux.

 Répartition primaire : les charges indirectes sont réparties dans les différents centres d’analyse.

 Répartition secondaire : les charges des centres auxiliaires sont déversées dans les centres principaux à l’aide
de clés de répartition. (Voire application TOK et KAR pour le cas des prestations réciproques).

 Calcul du chaînage des coûts (les coûts sont hiérarchisés) : pour chaque étape du processus, on calcule un coût
complet, somme des charges directes et indirectes. Chaque fois qu’il y a stockage, le calcul des coûts est arrêté
et il y a construction d’une fiche de stock de façon à évaluer les sorties de stock qui figureront à l’étape suivante.
(Voir annexe page suivante)

 Obtention du coût de revient complet des produits vendus. Toutes les charges ont été incorporées.

 Calcul du résultat analytique de chaque objet de coût.

2. LES CENTRES D’ANALYSE

2.1 Définition

C’est une division de l’unité comptable dans laquelle sont regroupés les charges indirectes de l’entreprise. Après
traitement, elles seront imputées aux coûts des produits.

Les centres sont déterminés par le contrôleur de gestion en fonction de la complexité de l’entreprise et reposent
souvent sur des critères d’organisation (administration, entretien, production…). Ils correspondent très souvent
aux fonctions de l’entreprise.

2.2 Qualité d’un centre d’analyse

Il doit être pertinent c’est-à-dire qu’il doit permettre d’imputer à un produit tous les coûts induits par la production
de ce produit et ceux-là seulement. Pour cette raison, il doit :
 Disposer de moyens propres en personnel et en matériel de façon à ce que les charges puissent être réparties
entre les centres de manière rationnelle ;
 Avoir une activité homogène, c’est-à-dire que toutes les ressources (personnel, matière…) doivent être
consommées dans les mêmes proportions pour toutes les tâches du centre ;
176
 Avoir une activité mesurable.

3. LA MESURE DE L’ACTIVITE D’UN LES CENTRES D’ANALYSE

3.1 Définition

L’activité des centres est mesurée en unités d’œuvre. Une unité d’œuvre correspond à une mesure de l’activité
d’un centre d’analyse. Sa fonction est de permettre :

 de céder le coût d’un centre à d’autres centres ;


 d’imputer les charges d’un centre aux différents objets de coûts.

3.2 Typologie

Les unités d’œuvre des centres opérationnels sont souvent des unités physiques, le plus souvent volumiques c’est-
à-dire proportionnel au volume de production (heure de main d’œuvre, heure machine, poids, nombre d’unités
produites). S’il n’est pas possible de définir une unité d’œuvre physique pour mesurer l’activité, l’unité de mesure
est alors monétaire et est appelée « assiette de frais ».

3.3 Choix de l’unité d’œuvre ou de l’assiette de frais

Pour être représentative de l’activité du centre d’analyse, l’unité d’œuvre doit être telle que le montant des charges
indirectes du centre varie proportionnellement au nombre d’unités d’œuvre consommées. L’étude de cette
représentation passe le plus souvent par la recherche d’une corrélation statistique forte entre le montant des
charges indirectes du centre et les consommations de l’unité d’œuvre retenue.

4. REPARTITION DES CHARGES INDIRECTES DANS LES CENTRES D’ANALYSE

On doit effectuer une répartition primaire et une répartition secondaire des charges indirectes.

 La répartition primaire consiste à ventiler les charges indirectes entre les centres d’analyse en fonction de leur
finalité. On doit donc distinguer deux catégories de centres :

– Les centres principaux sont les centres où sont mis en œuvre les moyens de production, de vente de
l’entreprise (approvisionnement, fabrication, conditionnement, expédition…).

– Les centres auxiliaires assurent les fonctions de coordination et d’organisation interne à l’entreprise
(gestion du personnel, entretien du matériel, gestion financière…). Ces centres fournissent des
prestations aux autres centres mais ne travaillent pas directement pour les produits fabriqués.

 La répartition secondaire a pour but de répartir les charges des centres auxiliaires entre les centres principaux.
La répartition se fait à l’aide d’une clé de répartition. A l’issue de la répartition secondaire, les charges des
centres auxiliaires sont égales à 0. Le total des charges indirectes de l’entreprise n’est alors réparti que sur les
centres principaux.

5. CALCUL DU COUT DES UNITES D’ŒUVRE

On obtient le coût unitaire de l’unité d’œuvre en divisant le montant total des charges indirectes imputées dans
chaque centre par le nombre d’unités d’œuvre consommées pendant la période dans le centre.

177
𝑴𝒐𝒏𝒕𝒂𝒏𝒕 𝒅𝒆𝒔 𝒄𝒉𝒂𝒓𝒈𝒆𝒔 𝒊𝒏𝒅𝒊𝒓𝒆𝒄𝒕𝒆𝒔 𝒅𝒖 𝒄𝒆𝒏𝒕𝒓𝒆
𝑪𝑼𝑶 =
𝒏𝒐𝒎𝒃𝒓𝒆 𝒅′ 𝒖𝒏𝒊𝒕é𝒔 𝒅′ 𝒐𝒆𝒖𝒗𝒓𝒆 𝒄𝒐𝒏𝒔𝒐𝒎𝒎é𝒆𝒔

6. IMPUTATION DU COUT DES CENTRES AUX OBJETS DE COÛT

Cette imputation se fait à l’aide des consommations d’unités d’œuvre.

Les charges indirectes sont imputées à l’objet de coût proportionnellement au nombre d’unités d’œuvre
consommées par l’objet de coût.

Coût Montant des charges imputées à un objet de coût


=
Nombre d’unités d’œuvre consommées par l’objet de coût
X
Coût unitaire de l’unité d’œuvre

178
Application sur la répartition secondaire

► Sans prestations réciproques : le cas TOK

Le tableau simplifié de répartition des charges indirectes de la société TOK se présente comme suit, après
répartition primaire :

Centres auxiliaires Centres principaux


Totaux Gestion des Gestion des Gestion des
Achat Production Vente
personnels bâtiments matériels
Totaux après
répartition primaire 130 000 8 000 18 000 9 000 30 000 20 000 45 000

 « Gestion des personnels » fournit 10% de ses prestations au centre « Gestion des bâtiments », 30% au centre
« Gestion des matériels » et 20% à chaque centre principal.

 « Gestion des bâtiments » fournit 20% de ses prestations au centre « Gestion des matériels » et
respectivement 30%, 40% et 10% aux centres principaux.

 « Gestion des matériels » fournit respectivement 20%, 40% et 40% de ses prestations aux centres principaux.

Corrigé
Centres auxiliaires Centres principaux
Totaux Gestion des Gestion des Gestion des
Achat Production Vente
personnels bâtiments matériels
Totaux après
répartition primaire
130 000 8 000 18 000 9 000 30 000 20 000 45 000
Gestion des
personnels
Gestion des
bâtiments
Gestion des
matériels
Totaux après
répartition
secondaire

► Avec prestations réciproques le cas KAR

Le tableau de répartition des charges indirectes de la société KAR se présente comme suit :

Centres auxiliaires Centres principaux


Totaux
Transport Entretien Achat Fabrication Distribution
Totaux après
répartition 45 460 7 000 9 600 6 700 15 460 6 700
primaire
Répartition
5% 40% 35% 20%
Transport
Répartition
10% 25% 15% 50%
Entretien
Kg de Heure de
Nature de l’Unité matière main- Chiffre
d’œuvre (UO) première d’œuvre d’affaires
achetée directe
Nombre d’UO 4 200 6 000 7 500

179
Corrigé

Centres auxiliaires Centres principaux


Totaux
Transport Entretien Achat Fabrication Distribution
Totaux après
répartition 45 460 7 000 9 600 6 700 15 460 6 700
primaire
Répartition
Transport
Répartition
Entretien
Totaux après
répartition
secondaire
Kg de Heure de
Nature de
matière main- Chiffre
l’Unité d’œuvre
première d’œuvre d’affaires
(UO)
achetée directe
Nombre d’UO 4 200 6 000 7 500
Coût de l’UO

180
Application Coût d’acquisition et valorisation des stocks
Dans la société Tirole les mouvements de stocks concernant la matière première P ont été les suivants au cours du
mois de février :

1er février - stock initial 300 kg à 20 €


6 février - bon de sortie n° 030 200 kg
12 février - bon de réception BR n° 0102 500 kg à 22 €
19 février - bon de sortie BS n° 031 400 kg
22 février - bon de réception BR n° 013 300 kg à 24 €
27 février - bon de sortie BS n° 032 350 kg

1) Présenter le compte de stock selon les 4 méthodes


2) Comparer les résultats obtenus selon chaque méthode

Corrigé
Méthode du CMUP de fin de période
Date Libellés Q PU Montant Date Libellés Q PU Montant
01/02 Stock initial 300 20 6 000 06/02 BS n° 030 200 22 4 400
12/02 BR n° 0102 500 22 11 000 19/02 BS n° 031 400 22 8 800
22/02 BR n° 0103 300 24 7 200 27/02 BS n°032 350 22 7 700
28/02 Stock final 150 22 3 300
Totaux 1 100 22 24 200 Totaux 1 100 22 24 200

Méthode du CMUP après chaque entrée


Entrées Sorties Stocks
Date Libellés Q PU Montant Q PU Montant Q PU Montant
01/02 Stock initial 300 20 6 000
06/02 BS n° 030 200 20 4 000 100 20 2 000
12/02 BR n° 0102 500 22 11 000 600 21,667 13 000
19/02 BS n° 031 400 21.667 8 667 200 21,667 4 333
22/02 BR n° 0103 300 24 7 200 500 23,066 11 533
27/02 BS n° 032 350 23,066 8 073 150 23,066 3 460
28/02 Totaux 800 18 200 950 20 740
28/02 Stock final 150 3 460

Méthode FIFO (PEPS)


Entrées Sorties Stocks
Date Libellés Q PU Montant Q PU Montant Q PU Montant
01/02 Stock initial 300 20 6 000
06/02 BS n° 030 200 20 4 000 100 20 2 000
12/02 BR n° 0102 500 22 11 000 100 20 2 000
500 22 11 000
19/02 BS n° 031 100 20 2 000
300 22 6 600 200 22 4 400
22/02 BR n° 0103 300 24 7 200 200 22 4 400
300 24 7 200
27/02 BS n° 032 200 22 4 400
150 24 3 600 150 24 3 600
28/02 Totaux 800 18 200 950 20 600
28/02 Stock final 150 3 600

Méthode LIFO (DEPS)


181
Entrées Sorties Stocks
Date Libellés Q PU Montant Q PU Montant Q PU Montant
01/02 Stock initial 300 20 6 000
06/02 BS n° 030 200 20 4 000 100 20 2 000
12/02 BR n° 0102 500 22 11 000 100 20 2 000
500 22 11 000
19/02 BS n° 031 400 22 8 800 100 20 2 000
300 22 6 600 100 22 2 200
22/02 BR n° 0103 300 24 7 200 100 20 2 000
100 22 2 200
300 24 7 200
27/02 BS n° 032 300 24 7 200 100 20 2 000
50 22 1 100 50 22 1 100
28/02 Totaux 800 18 200 950 21 100
28/02 Stock final 150 3 100

Comparer les résultats obtenus selon chaque méthode

Valorisation
Méthodes Commentaires
Consommations Stock final
Permet un lissage des fluctuations des
CMUP en fin de période 20 900 3 300 coûts d’acquisition mais n’autorise qu’avec
retard une valorisation des sorties.
Présente l’intérêt d’une valorisation
immédiate des sorties et d’un lissage des
fluctuations des coûts d’acquisition. Il reste
CMUP après chaque
20 740 3 460 que la détermination du CMUP après
entrée
chaque entrée est délicate en raison des
décalages dans la transmission de certaines
factures
Valorise les stocks au coût le plus récent,
mais intègre avec retard l’augmentation
FIFO (PEPS) 20 600 3 600 des coûts d’acquisition. En période
d’inflation, le coût des produits est sous-
évalué.
Les coûts suivent les variations de prix,
LIFO (DEPS) 21 100 3 100 mais le stock final est sous-évalué en
période d’inflation.

Chapitre 2 - LES COÛTS D’ACHAT -

182
1.1 PRINCIPES

Les coûts d’achat se situent au premier stade du cycle d’activité de l’entreprise, qu’elle soit :

 Commerciale avec calcul du coût d’achat de chaque marchandise,


 Industrielle avec calcul du coût d’achat de chaque matière première et de chaque fourniture consommable,
 De services avec calcul du coût d’achat de chaque fourniture ou prestation utilisée.

1.2 COMPOSITION

1.2.1 Charges directes

Elles comprennent :

 Les prix d’achat


 Les frais accessoires d’achat : transports, commissions, emballages, assurance…
 Les charges de main d’œuvre directe (MOD) : rémunérations des réceptionnaires, des magasiniers, des
responsables d’achat, …

1.2.2 Charges indirectes

Ce sont les charges des centres d’analyse tels que « approvisionnement », « magasin », « réception des livraisons »,
dont l’activité est mesurée en unité d’œuvre (quantité achetée : kg, tonne, mètre, litre, palette, etc.)

1.2.3 Méthode de calcul

Les calculs sont présentés sous forme de tableaux pour chaque élément acheté (nature d’achat, élément de charges
directes, éléments de charges indirectes, coût unitaire, quantité, montant).

COUT D’ACHAT TOTAL


=
Prix d’achat + charges directes d’achat + charges indirectes d’achat

COUT D’ACHAT UNITAIRE = Coût d’achat total / Quantité achetée

Chapitre 3 - LES COÛTS DE PRODUCTION -

183
1. PRINCIPES

Les calculs de coûts de production concernent les entreprises industrielles qui transforment les matières premières
en produits intermédiaires ou produits semi-finis ou en produits finis. Les éléments de coût se situent au stade de
la fabrication dans le cycle d’activité de l’entreprise.

Les évaluations de coûts de production sont de plus en plus effectuées pour les activités de services du secteur
tertiaire (banques, assurances, hôtels, transporteurs, agences de voyage, etc.)

2. COMPOSITION

2.2.1. Charges directes

Elles comprennent :

 Le coût d’achat des matières premières consommées ou utilisées, évalué à partir des sorties de stock, selon la
méthode de l’inventaire permanent au CMUP le plus souvent.

 Les charges de main d’œuvre directe de production : rémunérations des ouvriers, des techniciens, des
responsables d’atelier…

 Les frais de fournitures éventuels (vis, huile, colle, écrou, …)

2.2.2. Charges indirectes

Ce sont les charges réparties dans les différents centres d’analyse principaux tels que : « Atelier de production »,
« Montage », « Assemblage », etc. dont l’activité est mesurée en unités d’œuvre de production (nombre d’heures
de main d’œuvre directe, nombre d’heures machines, nombre de produit, etc.)

Les coûts des unités d’œuvre seront ensuite imputés au coût de chaque catégorie de produit en fonction du nombre
d’unités d’œuvre nécessaire.

3. METHODE DE CALCUL

Les calculs sont présentés sous forme de tableaux pour chaque élément de coût de production (charges directes,
charges indirectes) avec coût unitaire, quantité, montant.

COUT DE PRODUCTION TOTAL =

Coût d’achat des matières premières utilisées ou consommées


+
Charges de main d’œuvre directe de production
+
Charges indirectes de production imputées

COUT DE PRODUCTION UNITAIRE = Coût de production total / Quantité fabriquée

Chapitre 4 - LES COÛTS HORS PRODUCTION -


184
Les coûts hors production se situent en fin de cycle d’activité, dans une entreprise industrielle ou de production de
services.

1. LES COUTS DE DISTRIBUTION

Ils comprennent :

 Les charges de main d’œuvre directe : rémunérations des vendeurs, des représentants, des livreurs, des
commerciaux, …
 Les charges de distribution : dépenses de publicité, frais d’emballages, frais de transports,
 Les charges indirectes du centre d’analyse « Distribution » imputées aux marchandises ou aux produits vendus.

2. LES AUTRES CHARGES HORS PRODUCTION

Elles comprennent :

 Les charges indirectes du centre « Administration »,


 Les charges indirectes du centre « Gestion financière »,
 Les autres charges incorporables éventuelles : assurances, commissions d’intermédiaires, frais de courtages,
dépense du service après-vente, …

Chapitre 5 - LES COÛTS DE REVIENT -

1. DEFINITION

Un coût de revient regroupe, selon la nature de l’activité :

 Toutes les charges engagées pour la vente de marchandises dans une entreprise commerciale (hypermarché,
vente par correspondance, net market, etc.)
 Toutes les charges engagées pour la fabrication et la vente de produits dans une entreprise industrielle
(constructeur d’automobiles, fabricant de porcelaine, de vêtements, etc.)
 Toutes les charges engagées pour des activités agricoles (élevage, production de céréales, etc.)
 Toutes les charges nécessaires à la production de services dans une entreprise prestataire (pressing, salon de
coiffure, entreprise de nettoyage de locaux, services informatiques, entreprise spécialisée dans l’entretien
d’espaces verts, etc.)

Le coût de revient comprend :

 le coût de production des produits finis vendus au CMUP le plus souvent,


 le coût de la distribution,
 les coûts hors production.

Chapitre 6 - LES VENTES (CHIFFRE D’AFFAIRES) -


Selon l’activité de l’entreprise, il s’agit :
185
 des ventes de marchandises dans une entreprise commerciale :
Chiffre d’affaires = Prix de vente unitaire x Quantité vendue de marchandises

 des ventes de produits finis (ou production vendue) dans une entreprise industrielle :
Chiffre d’affaires = Prix de vente unitaire x Quantité vendue de produits finis

 des prestations de services pour une entreprise prestataire :


Chiffre d’affaires = Prix d’une prestation x Nombre de prestations réalisées

Chapitre 7 - LES RESULTATS ANALYTIQUES -

Il s’agit des résultats globaux ou unitaires sur la vente de chaque catégorie de marchandises, de chaque catégorie
de produits finis, de chaque prestation de service.

Résultat de gestion =

Chiffre d’affaires
-
Coût de revient des quantités vendues ou des prestations réalisées

Chapitre 8 - APPLICATION CAS LAFLOPE -

Laflope fabrique des jupes et des chemisiers. Le tissu est réceptionné dans le centre Achats, il est ensuite stocké.
Le tissu est alors coupé, puis cousu dans un atelier Fabrication. Les jupes sont enfin terminées dans l’atelier
Finition. La répartition primaire des charges indirectes dans les centres d’analyse est la suivante :
186
Administration Entretien Achats Fabrication Finition Distribution Total
Total primaire 12 500 4 000 6 975 26 850 7 850 4 585 62 760
Administration 10% 20% 40% 20% 10% 100%
Entretien 10% 60% 20% 10% 100%

On retient les unités d’œuvre qui suivent pour chacun des centres principaux :
- Achats : nombre de mètres carrés de tissu achetés ;
- Fabrication : nombre d’heures de main d’œuvre directe ;
- Finition : nombre de pièces terminées ;
- Distribution : euro de vente.

On a par ailleurs les informations suivantes :

ACHATS : tissu au prix unitaire de 7,60 € le m2 ; quantité achetée : 20 000 m2

CONSOMMATIONS
 Atelier Fabrication : Il est coupé et cousu :
 Jupes : 5 000 unités (2m2 de tissu par jupe)
 Chemisiers : 4 000 unités (2m2 de tissu par chemisier)
 Atelier Finition : Il est fini :
 Jupes : 4 000 unités
 Chemisiers : 3 600 unités

MAIN D’ŒUVRE DIRECTE


 Atelier Fabrication : 20 € de l’heure de main d’œuvre. 1 400 heures de travail ont été dénombrées.
On compte 12 minutes par jupe et 6 minutes par chemisier ;
 Atelier Finition : 15 € de l’heure de main d’œuvre. 1 160 heures de travail ont été dénombrées. On
compte 12 minutes par jupe et 6 minutes par chemisier.

STOCKS INITIAUX (Les sorties de stocks sont valorisées au coût moyen unitaire pondéré.)
 Tissu : 4 000 m2, pour un montant de 30 000 € ;
 Jupes cousues : pas de stock initial ;
 Chemisiers cousus : 1 000 unités pour un montant de 18 000 € ;
 Jupes finies : 300 unités pour un montant de 9 200 € ;
 Chemisiers finis : pas de stock initial.

VENTES
 Prix de vente unitaire de la jupe : 30 €, quantité vendue : 3 800.
 Prix de vente unitaire du chemisier : 28 €, quantité vendue : 3 500.

1. Construire le tableau de répartition des charges indirectes.


2. Déterminer les coûts pour chacune des étapes ainsi que les résultats analytiques par produit. Commentez.
3. Etablir le compte de résultat.
4. Peut-on prévoir quel sera le résultat analytique global si le nombre de jupes produites et vendues était doublé ?

CORRIGE

1. Construire le tableau de répartition des charges indirectes.

Administration Entretien Achats Fabrication Finition Distribution Total


Total primaire 12 500 4 000 6 975 26 850 7 850 4 585 62 760
187
Administration -12 500 1 250 2 500 5 000 2 500 1 250 0
Entretien -5 250 525 3 150 1 050 525 0
Total secondaire 0 0 10 000 35 000 11 400 6 360 62 760
Nombre Nombre
m2 de tissu Euro de
Nature de l’UO d’heures de pièces
acheté vente
de MOD terminées
Nombre d’UO
20 000 1 400 7 600 212 000
consommées
Coût unitaire de
0,5 25 1,5 0,03
l’UO

2. Déterminer les coûts pour chacune des étapes et les résultats analytiques par produit. Commentez.

 Calcul du coût d’achat du tissu

Quantités Montant unitaire Total


Prix d’achat 20 000 7,6 152 000
Charges d’approvisionnement 20 000 0,5 10 000
Coût d’achat 20 000 8,1 162 000

 Fiche de stock du tissu

Quantités Montant unitaire Total


Stock initial 4 000 7,5 30 000
Entrées 20 000 8,1 162 000
Total 24 000 8* 192 000
Sorties 18 000 8 144 000
Stock final 6 000 8 48 000

 On obtient le coût moyen unitaire pondéré en divisant la valeur globale du stock (192 000) par le nombre
de m2 en stock.

 Calcul du coût de production des produits coupés et cousus. Objet de coût : jupes et chemisiers cousus

ATELIER FABRICATION Jupes Chemisiers


Montant Montant Montant Montant Total
Quantité Quantité
unitaire global Unitaire Global
Charges directes :
- tissu 10 000 8 80 000 8 000 8 64 000 144 000
- MOD 1 000 20 20 000 400 20 8 000 28 000
Charges indirectes :
- Fabrication 1 000 25 25 000 400 25 10 000 35 000
Coût de production des
5 000 25 125 000 4 000 20,5 82 000 207 000
pièces cousues

 Fiche de stock des jupes et chemisiers cousus

Jupes cousues Chemisiers cousus


Montant Montant Montant Montant
Quantité Quantité
unitaire global Unitaire Global
Stock initial 0 0 1 000 18 18 000

188
Entrées 5 000 25 125 000 4 000 20,5 82 000
Total 5 000 25 125 000 5 000 20 100 000
Sorties 4 000 25 100 000 3 600 20 72 000
Stock final 1 000 25 25 000 1 400 20 28 000

 Calcul du coût de production des produits finis. Objet de coût : jupes et chemisiers finis

FINITION Jupes finies Chemisiers finis


Montant Montant Montant Montant Total
Quantité Quantité
unitaire global Unitaire Global
Charges directes :
- pièces cousues 4 000 25 100 000 3 600 20 72 000 172 000
- MOD finition 800 15 12 000 360 15 5 400 17 400
Charges indirectes :
- Finition 4 000 1,5 6 000 3 600 1,5 5 400 11 400
Coût de production des
4 000 29,5 118 000 3 600 23 82 800 200 800
pièces finies

 Fiche de stock des jupes et chemisiers finis

Jupes Chemisiers
Montant Montant Montant Montant
Quantité Quantité
unitaire global Unitaire Global
Stock initial 300 9 200 0 0
Entrées 4 000 29,5 118 000 3 600 23 82 800
Total 4 300 29,58 127 200 3 600 23 82 800
Sorties 3 800 29,58 112 404 3 500 23 80 500
Stock final 500 29,58 14 796 100 23 2 300

 Calcul du coût de revient des produits vendus.

Jupes Chemisiers
Montant Montant Montant Montant Total
Quantité Quantité
unitaire global Unitaire Global
Coût de production des
produits vendus 3 800 29,58 112 404 3 500 23 80 500 192 904
Charges indirectes de 114 000 0,03 3 4f20 98 000 0,03 2 940 6 360
distribution
Coût de revient des produits
3 800 30,48 115 824 3 500 23,84 83 440 199 264
vendus
Chiffre d’affaires 3 800 30 114 000 3 500 28 98 000 212 000
Résultat analytique 3 800 - 0.48 - 1 824 3 500 4,16 14 560 12 736

L’activité est rentable. En effet, le résultat analytique est positif. Le taux de profitabilité est de 6 %

3. Etablir le compte de résultat.

Charges Produits
Achats 152 000 Ventes 212 000
Variations de stocks -18 000 Variation des stocks 42 896
Personnel 45 400
Autres charges 62 760
189
Résultat : bénéfice 12 736
Total 254 896 Total 254 896

4. Peut-on prévoir quel sera le résultat analytique global qui serait obtenu si le nombre de jupes produites et
vendues était doublé ?

190
APPLICATION : le cas Baston

Gaston Baston, artisan, fabrique des tables et des chaises en bois. Il propose deux modèles, une table ronde pour
6 personnes, et une rectangulaire pour 8 personnes avec rallonges qui permet ainsi de se transformer en une table
pour 12 personnes.

Il s’interroge sur la technique d’évaluation des coûts de production de chaque modèle, de façon à déterminer le
prix de vente de ceux-ci. En effet, il souhaite que son bénéfice soit égal à 20% du coût de revient.

Il dispose des informations suivantes :

 La fabrication d’une table ronde nécessite 10 kg de bois, et 8 heures de main d’œuvre


 La fabrication d’une table rectangulaire nécessite 15 kg de bois, et 5 heures de main d’œuvre
 Coût de livraison du bois : 2 000 €, pour une quantité commandée allant de 1 à 1 000 kg
 Coût horaire de main d’œuvre : 60 €/h
 Autres charges (amortissement des machines-outils, dépenses d’énergie, entretien des locaux, retirement des
déchets…) : 3 198 € par mois
 Les charges de distribution s’élèvent à 5 € par table ronde, et à 3 € par table rectangulaire

Première partie.

Gaston travaille à la commande, pour un grossiste.

Pour janvier, il a enregistré la commande de 10 meubles de chaque modèle.

La livraison de bois nécessaire à la fabrication des modèles est faite en début de mois. Le prix d’achat d’un kg de
bois est de 10 €.

1. Faire l’inventaire des charges supportées par l’artisan. Quelles sont les charges directes ? Quelles
sont les charges indirectes ? Proposez des clés de répartition pour les charges indirectes
répertoriées.

2. Calculez le coût d’achat du bois pour chaque production dans les deux cas suivants :

a. les charges de livraison sont réparties proportionnellement au nombre de kg achetés.


b. Les charges de livraison sont réparties proportionnellement au nombre de meubles de chaque
modèle fabriqué.
c. Commentez.

3. Calculez le montant du coût de production d’un meuble de chaque modèle, puis son prix de vente.
En déduire le résultat analytique du mois de janvier.

a. Dans le cas où les charges de livraison sont réparties proportionnellement aux kg de bois et
les autres charges proportionnellement au coût de production, hors autres charges.
b. Dans le cas où les charges de livraison sont réparties proportionnellement aux nombre de kg
de bois achetés et les autres charges proportionnellement au nombre d’heures de main
d’œuvre.
c. Commentez.

4. Construire le compte de résultat de la comptabilité financière.

191
Deuxième partie.

Dans les parties qui suivent, les charges de livraison seront réparties au prorata du nombre de kg achetés et les
autres charges au prorata du nombre de main d’œuvre.

Le prix de vente d’une table ronde est fixé à 1 060 € et celui d’une rectangulaire à 810 €.

Suite à une inondation au courant du premier semestre de l’année précédente, une partie du stock de bois et des
en-cours de production avait été détruite. Gaston reçoit de son assureur, en février de l’année en cours, un chèque
de 2 000 € comme indemnité de remboursement.

Le nombre de tables de chaque modèle produites et vendues est le même qu’au mois de janvier (10 rondes et 10
rectangulaires)

1. Calculez le résultat analytique.

2. Construire le compte de résultat de la comptabilité financière.

3. Commentez.

Troisième partie.

Gaston a la possibilité de stocker le bois livré dans une cour. Afin de minimiser le montant des charges de livraison,
il décide d’acheter la quantité maximale de bois possible à chaque livraison. De ce fait, en début de période, il
dispose d’un stock initial.

Le stock initial au début du mois de mai est de 200 kg, pour un montant de 2 400 €.

Les achats de mai sont de 1 000 kg de bois, à 13 € le kg.

Le montant des charges de livraison reste égal à 2 000 €.

La production (entièrement vendue) est toujours de 10 tables rondes et 10 rectangulaires.

Gaston envisage deux méthodes de valorisation des stocks :

a) la méthode du CMUP.
b) la méthode du PEPS. On admettra dans ce cas que les deux productions sont menées de front, c’est-à-dire que
le bois sorti de stock l’est chaque fois moitié pour les tables rondes, moitié pour les rectangulaires.

Dans chacun des deux cas :

1. Construire les fiches de stock de bois. Commentez.

2. Calculez le coût de production unitaire de chaque modèle.

3. En déduire le coût de revient et le résultat analytique.

4. Construire le compte de résultat de la comptabilité financière.

5. Commentez.

6. Construire le compte de résultat de la comptabilité financière.

7. Commentez.

192
Quatrième partie.

Il s’avère assez rapidement que le nouveau mode de livraison génère de nombreuses pertes. En effet, le bois
stocké en extérieur s’abime avec les intempéries. Gaston décide donc de revenir à une livraison en début de mois
des quantités nécessaires à sa production.

Par ailleurs, à partir de juillet, le nombre de tables de chaque modèle commandé par le grossiste est égal à 20
tables rondes, et 20 rectangulaires.

1. Avec le développement de son activité (elle a doublé), le montant des charges a augmenté. A-t-il également
doublé ? Quelle nouvelle classification des charges peut-on proposer ?

2. Le prix d’achat du bois est à nouveau égal à 10 € par kg, avec un coût de livraison égal à 2 000 €, répartis
proportionnellement au nombre de kg de bois achetés. Les autres charges sont réparties
proportionnellement au nombre d’heures de main d’œuvre consommées. Calculez le résultat analytique de
chaque meuble et le résultat global. Comparez avec les résultats obtenus dans la deuxième partie.
Commentez.

3. Un examen plus approfondi des « autres charges » a permis de constater que sur les 3 198 € de charges
enregistrées en janvier de l’année précédente, 1 300 € étaient des charges variables, proportionnelles au
nombre d’heures de main d’œuvre, 1 898 € étaient fixes.
En déduire le montant des autres charges correspondant au nouveau volume d’activité. Quelles hypothèses
simplificatrices formule-t-on ?

d. les charges de livraison sont réparties proportionnellement au nombre de kg achetés.


e. Les charges de livraison sont réparties proportionnellement au nombre de meubles de chaque modèle
fabriqué.

193
LA METHODE DES COÛTS CIBLES (TARGET COSTING)

I. INTRODUCTION

La méthode du coût cible (ou target costing) a été développée dans l’automobile au Japon dans les années 1970.
Elle cherche à améliorer les caractéristiques d’un produit en analysant l’importance relative accordée par le client
à ses différentes fonctions. Elle s’inscrit dans une démarche marketing car tout part du client.

Le fournisseur roi Prix de vente = Coût estimé + Marge cible


Années
1960 (marché porteur) (fixé librement) (imposé par l’état de la (taux de marge fixé
technique) librement)

Le client roi Profit = Prix de vente - Coût estimé estimé


Années
(domination du client) (non maîtrisé car (imposé par le marché) (imposé par l’état de
1970
faible pouvoir de la technique)
marché)

Le partenariat client- Coût cible = Prix de vente - Marge cible


fournisseur

Années (recherche de solution


1980 gagnant gagnant) (à atteindre par (fondée sur la valeur (résultant de la
l’analyse de la valeur) perçue par le client) planification
stratégique des
profits)

II. FONDEMENT DE LA METHODE

Elle s’inscrit dans une démarche d’analyse du coût global qui consiste à analyser la rentabilité sur l’ensemble du
cycle de vie, depuis le coût de conception jusqu’au coût de destruction.

On peut définir le coût cible comme un ensemble de méthodes et d’outils de gestion visant à adapter le coût
prévisionnel des produits aux objectifs fixés pour l’ensemble du cycle de vie, sous la contrainte du marché.

A. UNE APPROCHE MARKETING

La méthode du coût cible se fonde sur le principe que le prix de vente est imposé par le marché. Le prix de vente
ne dépend donc pas du coût, et c’est au contraire le coût qui doit être adapté au prix de marché.

Le coût cible apparaît donc comme une variable d’action limitée par deux contraintes :

- le prix imposé par le marché ;


- la marge choisie par l’entreprise.

L’équation traditionnelle issue de la vision « ingénieur » de l’entreprise :Prix de vente = Coût de revient imposé
par le processus industriel + Marge devient, dans une vision « marketing » de l’entreprise : Coût cible = Prix de
vente imposé par le marché - Profit cible
B. LA PHASE AMONT DE CONCEPTION
194
La gestion ne s’intéresse trop souvent qu’à la phase de production. Or, actuellement, 70 % à 90 % des coûts sont
des coûts de conception (en amont de la production) et des coûts de maintenance et de services liés au produit (en
aval de la production). En conséquence, c’est dès la phase de conception que se joue la profitabilité future des
produits nouveaux.

La méthode du coût cible repose sur le constat qu’environ 80 % des coûts du cycle de vie d’un produit sont pré-
engagés lorsque la première unité du produit est lancée en fabrication alors même que 80 % de ces coûts ne seront
effectivement dépensés qu’après cette date.

Ainsi, la majorité des coûts qui seront supportés durant les phases de production et de distribution des produits
dépend de choix réalisés lors des phases de conception et de développement.

Exemple :
Un fabricant d’automobile peut se poser la question de savoir s’il équipe son nouveau modèle d’un moteur tout électrique ou
hybride. Ce choix est effectué très tôt dans le cycle de vie du produit, bien avant que la production ne soit lancée. Le coût de
production est donc encore nul. Pourtant, lorsque les premiers modèles sont assemblés, le choix du type de motorisation ne
pourra plus être remis en cause. Une grande partie des coûts sera conditionnée par ce choix. S’il s’avère que la technologie tout
électrique est 20 % plus chère que ce que les prévisions estimaient, il ne sera plus possible pour autant de revenir à une
motorisation hybride. C’est cette idée qui est exprimée lorsque l’on dit que 80 % des coûts sont pré-engagés (ou décidés) avant
que la production ne soit lancée. La gestion de production pourra au mieux tenter d’optimiser les 20% de coûts opérationnels
restant.

Les coûts décidés sont maîtrisables : choix de sous-traitance, de technologie, analyse de la valeur, etc.

Les coûts dépensés sont suivis par le contrôle de gestion comptable classique.

III. MISE EN ŒUVRE DE LA METHODE


195
A. DETERMINATION DU COÛT CIBLE

Le coût cible se déduit du prix de vente imposé par le marché et du profit cible.

1) La fixation du prix de vente cible

Pour déterminer un prix de vente cible, on doit déterminer le prix psychologique. Le prix psychologique est le prix
que le client est prêt à payer pour obtenir un bien ou service. Ce prix peut être sans comparaison avec le coût de
revient du produit. Une manière de déterminer ce prix de vente cible consiste à poser deux questions aux personnes
interrogées par sondage :

1. A partir de quel prix n’achèteriez-vous pas le produit parce que trop cher ?
2. En dessous de quel prix n’achèteriez-vous pas le produit parce que de qualité insuffisante ?

En posant ces deux questions, les personnes interrogées établissent une fourchette de prix qui leur semble
raisonnable pour acquérir un produit. Le prix cible est alors le prix tel qu’il maximise le volume des ventes.

Application :
Réponses aux questionnaires
Prix Q1 Q2
100 € 0 2
150 € 2 4
200 € 4 10
250 € 5 2
300 € 6 2
350 € 2 0
400 € 1 0
Total 20 20

Ce prix de vente cible est établi sur la durée de vie du produit. En effet, il faut considérer l’ensemble des évolutions
possibles au cours du cycle de vie du produit.

Application :
Après avoir établi un questionnaire, l’équipe marketing d’une entreprise a effectué un sondage auprès de 1 200
utilisateurs pour étudier les attentes du marché concernant le produit CX. Le CX serait lancé début N+1. Pour ce
premier exercice le prix de vente pourrait être fixé à 9 €. En N+2, l’effet nouveauté s’estompant, le prix de vente
devrait être ramené à 8 € et à 7 € en N+3 et 6 € en N+4. On considère pour la gamme CX un cycle de vie de 4 ans.
Au-delà, l’entreprise devra proposer un produit de substitution. Les prévisions de vente portent sur 1 000 articles
en N+1, 2 000 en N+2, 2 000 articles en N+3 et 1 000 en N+4. Quel est le prix de vente cible moyen ?

2) La fixation du profit cible

C’est la marge que l’entreprise souhaite obtenir sur un produit ou un service. Elle découle des options stratégiques
de l’entreprise. Cette marge cible n’est pas figée, elle est évolutive sur le cycle de vie du produit, aussi une marge
cible moyenne est calculée.

Application :
L’entreprise a un objectif de marge de 40% en N+1, 30% en N+2, puis 20% en N+3 et N+4. En reprenant les données
de l’exemple précédent, déterminez le coût cible
3) Décomposition du coût cible

196
A ce stade, le coût cible n’est pas opératoire car trop global. Il doit être décomposé en fonction des composantes
en coûts cibles partiels. Cette décomposition nécessite :

- Identifier les différentes fonctions que le produit est censé remplir auprès des consommateurs (par exemple,
fonction de confort, fonction de sécurité, esthétique…) ;
- Evaluer, à l’aide d’études de marchés, l’importance relative que le consommateur attribue à chacune des
fonctions (par exemple, 70% de la décision d’achat est attribuable à la fonction confort) ;
- Identifier les caractéristiques du produit qui permettent de remplir ces fonctions (par exemple, la fonction de
sécurité d’une porte est assurée par l’ajout d’un témoin lumineux de fermeture) ;
- Quantifier le coût cible de chacune de ces caractéristiques (ou composants).

Le coût cible global représente ainsi une mesure de la valeur perçue par le consommateur, ce qu’il est prêt à payer
pour l’ensemble des fonctions attachées au produit, et chaque composant du produit doit engendrer un coût (coût
cible par composant) correspondant à la valeur que lui attribue le consommateur.

B. OPTIMISATION DU COÛT

L’objectif de la méthode des coûts cibles (et de sa décomposition par fonction) est de comparer le coût cible
(importance accordée par le consommateur à chaque fonction) et son coût prévu (contraintes techniques) afin d’en
tirer des conséquences en termes d’optimisation.

Lorsque le coût estimé est peu différent du coût cible, il n’y a pas de recommandation particulière à effectuer. Mais
lorsque le coût estimé d’un composant est sensiblement différent de son coût cible, l’objectif est alors de
s’interroger sur la cause de l’écart :

- Si le coût estimé du composant est inférieur à son coût cible, la situation est a priori favorable mais l’entreprise
doit se demander s’il ne conviendrait pas de développer et d’améliorer le composant pour satisfaire encore
mieux le client.

- Si le coût estimé du composant est supérieur à son coût cible, l’entreprise doit chercher à diminuer le coût du
composant car il n’est pas en adéquation avec l’importance relative accordée par le client à la fonction qu’il
remplit.

Des techniques d’optimisation sont à mettre en œuvre. Les améliorations doivent toujours être effectuées dans
une perspective valeur-coût : il ne s’agit pas de réduire le coût si cela devait affecter la valeur perçue, mais
d’optimiser le rapport entre ces deux dimensions.

Ce processus d’amélioration peut être mis en œuvre à toutes les étapes du cycle de vie :

1. Pendant la conception

L’analyse de la valeur, appelée ingénierie de la valeur quand est appliquée des la phase de conception d’un produit
est fondée sur l’idée que ce qui importe pour un produit ce sont les fonctions qu’il exerce et que, dans un souci de
bonne gestion, celles-ci doivent être assurées à moindre coût.

Elle passe par une analyse fonctionnelle pour recenser, caractériser, hiérarchiser et valoriser les fonctions du
produit. Chacune des fonctions identifiées doit être valorisée pour le producteur (coût) et pour le client (prix que
le client est prêt à payer pour cette fonction).

La valeur correspond à la capacité de chacune des fonctions d’un produit à satisfaire les besoins du client. Pour le
client, la valeur est un élément évolutif et subjectif. Par exemple, une paire de lunettes peut procurer une meilleure
vision pour certains et être un accessoire de mode pour d’autres.

197
Trois types de fonction existent dans l’analyse fonctionnelle :

 Les fonctions de service du produit : c’est ce qui satisfait directement le besoin de l’utilisateur. Au sein
même des fonctions de service, on retrouve les fonctions d’usage (le fait de gérer son agenda professionnel
pour un smartphone, le fait d’écrire pour un stylo) et les fonctions d’estime (le fait que le smartphone
propose un coloris et un design attractif ou qu’il soit « à la mode », ou un stylo plaqué).

 Les fonctions techniques des éléments du produit (ensembles, sous-ensembles, pièces élémentaires…) :
c’est ce qui définit leurs relations mutuelles dans une conception donnée (la batterie du téléphone doit
s’encastrer facilement dans la coque, l’agrafe du stylo doit se fixer sur le capuchon). Elles sont également
appelées « fonction de construction ».

 Les fonctions contraintes : fonctions qui permettent le respect des normes et/ou des contraintes physiques
(une matière non inflammable pour les peluches, par exemple).

Chaque fonction fait l’objet d’une mesure du « degré d’importance » et du « degré de qualité ».
Le degré d’importance est l’ordre de priorité que l’utilisateur accorde à la fonction par rapport aux autres fonctions.
Le degré de qualité correspond à la valeur qu’il accorde à la fonction.
La valeur de la fonction est la combinaison du degré de qualité de la fonction et son degré d’importance.
L’analyse fonctionnelle permet d’éliminer une multitude de « petites tâches » inutiles et d’adapter le bien en
fonction des besoins du consommateur pour obtenir non pas la qualité maximale mais la qualité optimale.
Exemple : Fonctionnalités d’un briquet
- Allumer une cigarette : la flamme n’est pas indispensable, pouvant être remplacée par l’incandescence (allume-cigares) ;
- Allumer une cuisinière : la flamme est alors inutile, il suffit d’une étincelle ;
- Produire de la lumière : briquets agités à bout de bras dans les spectacles. Les briquets jetables sont alors peu pratiques
car ils brûlent les doigts ;
- Ne pas produire de la lumière comme les briquets à amadou utilisé dans les tranchées pendant la Grande Guerre, pour
éviter d’être vu ;
- Procurer du prestige à son détenteur (briquet en or) ;
- Être facile à ranger sur soi : ils doivent être petits ;
- Être facile à ranger sur un meuble : ils doivent être assez volumineux et lourd ;
- Pouvoir fonctionner par tous temps : briquet à pétrole ou à essence qui s’allume par grand vent. Les briquets au butane
sont inutilisables en dessous de -10° C, car le gaz gèle. On pourrait imaginer un briquet au propane.

L’analyse de la valeur va alors chercher à maximiser :


- Les fonctionnalités du produit à coût constant,
- Diminuer le prix à fonctionnalités constantes.

Exemple : le prix des automobiles est à peu près constant depuis une vingtaine d’années mais les fonctionnalités offertes par
les modèles récents sont nettement supérieures à ce qu’elles étaient précédemment, surtout sur la consommation de carburant
et la sécurité. Les supports de batterie, qui étaient autrefois en tôles revêtue de plomb, sont aujourd’hui en plastique. Les
fonctions sont les mêmes à moindre coût.

Il est inutile de dépenser beaucoup pour créer des fonctions peu ou pas demandées par le consommateur.

Exemple : la plupart des machines à laver n’utilisent que deux ou trois programmes, alors que des dizaines sont disponibles.

2. Pendant la phase de production

L’optimisation peut se poursuivre par l’effet d’apprentissage et par une dynamique de progrès (kaizen).

Pendant la phase de production, la maintenance des coûts consiste à contrôler les coûts réels pour les maintenir
proches des coûts cibles et pour éliminer les causes d’écart.
198
Création de valeur et target costing -Target SA -

La société Target SA, fabricant de lampes électroniques, envisage de mettre sur le marché un nouveau
produit. Sa durée de vie prévue est de 3 ans, temps de réaction des concurrents. L’étude de marché
réalisée montre que le prix de vente serait compris entre 13 € la première année et 12 € les années
suivantes. Le volume des ventes serait de 100 000 la première année, d’environ 70 000 la deuxième et de
50 000 la troisième.
Les dirigeants fixent à 25% leur objectif de marge sur le chiffre d’affaires la première année et à 10% les
années suivantes.
Tableau de ventilation des composants du produit et de leur coût estimé
Ampoule Boîtier métal Interrupteur Type soudure Total
Importance relative 20% 40% 30% 10%
Coût estimé 3,32 € 4,75 € 4,12 € 1,9 €

1. Présentez sous forme de tableau les calculs :


 Du prix cible ;
 Du profit cible,
 De la ventilation du coût cible par composant du produit.

2. Comparez le coût cible et le coût estimé (ventilé par composant).

L’étude de marché a révélé que les clients accepteraient un boîtier en plastique sans baisse des prix de
vente. Le coût estimé du boîtier est de 4,40 €. Au cours des deux années suivantes, la réduction des coûts
de stockage engendrerait une économie de 0,25 € par produit vendu. Par ailleurs, la réduction en volume
de production entraînerait un désinvestissement et une réduction des effectifs en N+2 pour un montant
de 42 000 €.

3. Compte tenu de ces informations, serait-il possible d’atteindre le coût cible pour le composant boîtier ?

4. Quelle démarche l’entreprise doit-elle adopter par rapport au coût cible du nouveau produit ?

199
HUMANISER POUR MIEUX CAPITALISER

Quand Frederick Winslow Taylor (1856-1915) a conçu son modèle d’organisation scientifique
du travail, il avait une vision claire de ce qu’il voulait obtenir des ouvriers : qu’ils
n’interviennent pas sur les méthodes et les rythmes de travail selon leurs intérêts, au
détriment de la productivité. « Le remplacement du mode empirique de direction par le
système scientifique de direction ne consiste pas seulement en une étude de la vitesse
convenable d’exécution d’un travail et des outils à utiliser dans l’atelier ; il nécessite
également un changement complet de l’état d’esprit des ouvriers de l’atelier vis-à-vis de leur
travail et de leurs employeurs », explique-t-il alors. Il s’agit d’arracher leur docilité, voire leur
adhésion, afin d’obtenir le meilleur rendement possible. De ses analyses en atelier, Taylor
avait tiré cette conclusion : il ne faut pas laisser le savoir aux ouvriers car ils représentent un
pouvoir, celui de décider de l’organisation de leur travail. Il faut être en mesure de leur
imposer les méthodes jugées les plus efficaces et faire en sorte qu’ils s’en satisfassent.

En parallèle, ou plutôt en complément, s’est diffusée la pensée d’Elton Mayo, sur la base de
ce que l’on a appelé « l’effet Hawthorne » du nom de l’usine de la Western Electric (en
Illinois) où ont été réalisées des expériences de 1924 à 1939. Celles-ci ont montré qu’il suffit
de s’intéresser à un groupe de travailleurs et de tenter quelques menues modifications
(d’éclairage, de positionnement des machines, etc.) pour augmenter la productivité. La seule
intention de la direction compterait bien plus que le contenu du changement lui-même. Plus
tard, les travaux du Tavistock Institute of Human Relations, créé en 1947 à Londres grâce au
mécénat de la Rockefeller Foundation, donneront une légitimité moderne à l’introduction
de la psychologie et de la psychanalyse au sein des directions chargées de gérer la main-
d’œuvre.

Cette approche continuera de se développer et de s’affirmer. L’idée que les travailleurs


peuvent être amenés à réagir comme on le souhaite si l’on joue sur leur besoin de
reconnaissance constitue une arme précieuse pour les manageurs. Elle est toujours
d’actualité, comme le montre un article publié en mars 2021 par l’Ecole des hautes études
commerciales du Nord (Edhec)-Business School : « Contrairement à ce que beaucoup
pourraient croire, les êtres humains ne sont pas tant motivés par des facteurs économiques
que des facteurs émotionnels. Le sentiment d’être impliqués et le fait de recevoir de
l’attention de la part de leurs superviseurs leur donneront la sensation que leurs
préoccupations sont prises en compte. » Susciter chez le personnel l’idée que la direction a
en permanence le souci de son bien-être, qu’elle cherche à satisfaire ses aspirations est
devenu la boussole de nombreuses pratiques managériales contemporaines.

Bien entendu, il ne s’agit pas de combler réellement les besoins des travailleurs, mais de leur
donner le sentiment que c’est ce que veulent les dirigeants, afin de les motiver pour être le
plus productifs possible. « La bonne nouvelle que l’on peut tirer de l’effet Hawthorne, c’est
que vous n’avez pas à introduire d’énormes changements pour obtenir des résultats, précise
l’auteur. Comme pour l’exemple de l’éclairage, ce sont au contraire les petits changements
qui feront des merveilles sur votre productivité. En tant qu’équipe, mais aussi de manière
individuelle ! Que vous changiez la disposition de vos bureaux, la décoration de votre open
space, ou que vous y installiez des plantes, cela aura un effet positif sur la productivité de
votre équipe. » On connaît les séances de yoga, de méditation, de fou rire, sans oublier les
salles de jeux video, de baby-foot et de sieste, ou encore les conciergeries, etc. La liste
s’étend à n’en plus finir.

200
En retour, les salariés sont censés donner tout d’eux-mêmes selon la rationalité imposée par
la direction en matière de finalité, de rentabilité et de qualité. Pour nourrir cette orientation,
on ne lésine pas sur les cabinets de consultants, qui sont les éclaireurs omniprésents de la
politique managériale. Le marché du conseil en ressources humaines (RH), qui réunit
psychologues, psychanalystes, sociologues, philosophes, ergonomes, économistes,
informaticiens, sportifs de haut niveau, a doublé entre 2009 et 2019, selon Syntec Conseil,
et devrait encore doubler d’ici à 2031. Il compte plus de 150 000 entreprises en France et
120 000 salariés, dont 80% de cadres. Il a représenté 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires
en 2021. « Les expériences d’Hawthorne ont marqué un tournant significatif dans les
recherches en sciences sociales et en management. Comme toutes les théories, le tout est d’y
puiser ce qui est pertinent pour votre entreprise, et pourra s’y appliquer sans bouleverser
complètement son organisation », conclut l’Edhec. Chacun y prend en effet ce qui lui sera
utile. Les modalités d’instrumentalisation des sentiments des salariés sont de multiples
natures, et elles peuvent parfois surprendre comme le montre cet entretien avec deux jeunes
commerciaux, passés par une grande école de commerce et embauchés au même moment
dans une start-up :

David. – J’avais demandé 35 000 euros fixe. Ils m’ont fait une proposition à 32 000 euros
fixe, j’accepte pour être au même niveau que Paul. Le boss m’a dit : « Très bien que tout le
monde soit à égalité. »
Paul. – En fin d’année, le patron fait un grand meeting à vingt-cinq : « On a fait de très
mauvais résultats, personne n’aura de prime sur l’intéressement. » On s’est dit « putain ! ».
Mais après la réunion, le patron nous a gardés David et moi et nous a dit : « J’ai menti, il y
aura des primes pour vous, vous vous êtes bien battus. On vous donne car vous partez avec
la dalle (vous êtes motivés). Mais on vous donne sur des objectifs pas atteints, moi le boss, je
me prive pour vous. J’ai menti aux autres (les collègues), il faut que vous mentiez aussi. Je
vous fais confiance, il faut que vous mentiez aussi… » On était hyper proches des autres, ils
voulaient aussi leurs primes, mais on n’a rien dit, on a eu honte. Je n’en reviens pas qu’on
soit restés encore douze mois après ça.
David. – Ben, on était bien payés, je n’étais pas d’accord avec mes valeurs, mais
franchement, c’était un gros chèque. Le boss m’a dit « fais tes preuves ». Les autres nous ont
dit « vous avez eu une prime ? » ; on a dit « non ». Est- ce que c’est normal d’avoir un patron
comme ça ?
Paul. – Ça fait bizarre. Le salariat, ça fait des traumatismes. Le boss nous disait : « faites
vos preuves. On verra si vous êtes des chevaux de course ou de trait. » Mais il y avait
beaucoup d’événements organisés, un ou deux apéros par semaine, il payait le champagne,
le rosé, petits fours. Il est notre pote, il vient en boîte avec nous, il joue au pote. Mais quand
tu parles business, il vrille, c’est plus le même regard. »

Utilisée pour motiver, la mobilisation stratégique des sentiments peut également servir à
générer stress et angoisse, afin de faire plier ou de se débarrasser de de salariés. Ainsi, quand
la direction de France Telecom prépare la privatisation de cette grande entreprise publique,
elle cherche à faire partir, sans licenciements, 22 000 agents qui y travaillent, soit un salarié
sur cinq. A les faire partir « par la petite porte ou la fenêtre », explique, le 20 octobre 2006,
le président-directeur général Didier Lombard à ses cadres supérieurs.
Deux plans – NEXT (nouvelle expérience des télécommunications) et ACT (anticipations et
compétences pour la transformation) – sont élaborés. S’ensuivent des pratiques
managériales systématiques visant à déstabiliser les agents pour les pousser dehors :
mutations brutales sans formation, incitations pressantes à des reconversions sans
cohérence avec leur itinéraire professionnel et disqualifiantes, pressions, humiliations,
harcèlements. La suite tragique, qui s’est soldée par des suicides (ou des tentatives), des

201
dépressions et des maladies, a fini par être révélée au grand public à travers deux procès :
un premier au tribunal correctionnel débouchant en décembre 2019 sur une condamnation
de trois dirigeants pour harcèlement moral institutionnel, et un second en appel qui
confirme la condamnation pour deux d’entre eux, tout en ramenant la peine de prison à un
an avec sursis (contre un an dont quatre mois ferme en première instance).
Les méthodes managériales mobilisant les ressorts psychologiques des employés ne
prennent évidemment pas toutes un tour aussi outrancier. Mais, pour atteindre les objectifs
économiques et financiers qu’elles se sont fixés, les directions recourent fréquemment à des
stratégies qui se focalisent sur la subjectivité des salariés pour arraisonner leurs émotions,
leur affectivité, leurs angoisses. Les investiguer sur le même mode que celles adoptées pour
les gestions de produits, de la communication, du marketing, des technologies, de la
recherche, de la concurrence, du droit, des finances etc., met en lumière l’énergie, les
dépenses, la succession d’innovations engagées par les employeurs pour arriver à leurs fins.
Des modèles sont élaborés et développés, des enquêtes systématiquement menées pour
outiller ces politiques, grâce à des questionnaires internes qui tentent de quantifier la qualité
de vie au travail, des baromètres qui suivent les humeurs des salariés. Les entretiens
individuels avec le supérieur hiérarchique immédiat (N+1) visent à analyser la performance
de chacun et à fixer des objectifs, mais aussi à évaluer la personnalité du travailleur, sa
motivation, sa résilience.

C’est ainsi qu’il faut désormais comprendre le terme « ressources humaines ». Nul complot
contre les salariés de la part d’une armée souterraine de consultants au service des
dirigeants ; mais une organisation du travail s’imposant aux salariés sans discussion possible
(dans la « vieille » logique taylorienne), où le management (dans l’esprit de l’école des
relations humaines) mobilise et sursollicite les spécificités humaines, notamment
émotionnelles, pour mieux les retourner, les façonner, sur une base individuelle, dans un
contexte de mise en concurrence des unes avec les autres et de chacun avec lui-même.
La seule remise en cause qui peut faire son chemin est celle conçue et orchestrée par certains
patrons eux-mêmes. C’est le cas de la mouvance des « entreprises libérées »,
particulièrement développée en France, avec des sociétés comme Décathlon, Michelin,
Airbus, la MAIF, Kiabi, etc. Elles suppriment une grande partie de la hiérarchie intermédiaire
et des fonctions opérationnelles, pour confier plus de responsabilités et de tâches aux
salariés de base réunis en groupe. L’idée est qu’une fois définis les objectifs, les critères et
les moyens, il est utile de mettre à profit le savoir et l’expérience des travailleurs et de leur
laisser une certaine liberté.
Ces derniers sont ainsi mis en condition de s’automotiver, s’autodiscipliner et s’autogérer.
Cet enrôlement dans les fonctions qui ne leur sont pas attribuées dans le management
dominant, pas nécessairement rétribuées, est censé être considéré comme une forme de
reconnaissance et de confiance accordée par le leader (l’employeur) à ses subordonnés.
Cette élaboration organisationnelle se fonde sur une critique (proche du mea culpa) de la
posture patronale traditionnellement assisse sur la méfiance à l’encontre des salariés, qu’il
faut contraindre et contrôler par une bureaucratie et une hiérarchie coûteuse et
paralysantes.

Pour être légitime, toute critique du management contemporain doit venir de la seule
sphère patronale, lui permettant de se renouveler, tel un caméléon, et de diriger, tel un boa,
toutes les formes de contestation éventuelles. Celles des autres - syndicalistes, chercheurs
ou experts en sciences sociales- se voit le plus souvent taxée d’archaïsme, de passéisme,
d’irréalisme, voire de complotisme. Quant à celle des salariés eux-mêmes, soumis à un lien
de subordination de plus en plus personnalisé, elle a bien du mal à se formuler en dehors
des cabinets médicaux ou du secret de famille.

202
Danièle Linhart

203
Richard Thaler, Prix Nobel d’économie en 2017 pour ses travaux d’économie
comportementale raconte sa trajectoire de chercheur non conformiste dans
un monde académique figé dans ses certitudes théoriques.

Cela fait une quarantaine d’années, depuis mes études de troisième cycle, que je m’intéresse aux mille
et une manières dont les gens diffèrent des créatures imaginaires dont sont peuplés les modèles*
économiques. Jamais il ne m’est venu à l’idée de dire que les gens n’étaient pas normaux : nous sommes
tous, autant que nous sommes, des êtres humains - Homo sapiens. Le problème vient plutôt du modèle
utilisé par les économistes, un modèle qui remplace Homo sapiens par une créature fictive appelée
Homo economicus, et, que je préfère quant à moi, pour faire court, appeler « Econo ». Comparés à ces
Econos fictifs, les humains se comportent souvent très mal, ce qui signifie que les modèles économiques
font à leur sujet beaucoup de prédictions fausses, lesquelles peuvent avoir des conséquences graves.
Pratiquement aucun économiste, par exemple, n’a vu venir la crise financière de 2007-2008* ; pire
encore, beaucoup pensaient que le krach et ses répercussions étaient des choses qui ne pouvaient tout
simplement jamais se produire.

Paradoxalement, l’existence de modèles formels reposant sur cette conception erronée du


comportement humain est précisément ce qui fait que l’économie à la réputation d’être la plus
puissante des sciences sociales, et ce pour deux raisons. La première est incontestable : de tous les
praticiens des sciences sociales, il n’en est guère qui aient plus d’influence sur les politiques publiques
que les économistes. De fait, ces derniers exercent même un véritable monopole en matière de conseil
auprès des décideurs politiques. Jusqu’à très récemment, rares étaient les non-économistes invités à la
fête, et quand ils l’étaient on les traitait un peu comme les enfants qui, au cours des repas de famille,
sont priés de manger en bout de table, quand ce n’est pas dans la cuisine, et de ne pas faire trop de
bruit.

La seconde raison pour laquelle l’économie est considérée comme la plus puissante des sciences
sociales est d’ordre intellectuel. Cette puissance vient du fait qu’elle dispose d’une théorie centrale
unifiée d’où découle presque tout le reste. Quand on dit « théorie économique », tout le monde sait ce
que cela signifie. Aucune autre science sociale ne dispose d’une assise similaire. Les théories des autres
sciences sociales tendent à se spécialiser, à expliquer ce qui se passe dans telle ou telle situation. En
réalité, les économistes comparent souvent leur champ à la physique : comme celle-ci, la théorie
économique a été construite à partir de quelques prémisses fondamentales.

Le principe premier de la théorie économique est que les gens font des choix « optimaux ». Entre tous
les biens et services que pourrait acheter une famille, elle choisira toujours ce qu’il y a de mieux
relativement à ses moyens. De plus, les idées et les croyances sur la base desquelles les Econos font leur
choix sont censées ne jamais être biaisées. Ce qui veut dire que nos choix se font toujours en fonction
de ce que les économistes appellent des « anticipations rationnelles ». Si les personnes qui créent une
entreprise croient, en moyenne, que leurs chances de réussite sont de 75%, alors ce chiffre sera une
bonne estimation du nombre réel de celles qui vont réussir. L’Econo n’a jamais trop confiance en lui.

Ce principe d’optimisation sous contrainte, qui signifie que l’on choisit toujours ce qu’il y a de mieux
dans le cadre d’un budget ayant certaines limites, s’ajoute à un autre cheval de bataille de la théorie
économique : l’équilibre. Sur les marchés dits concurrentiels, où les prix sont libres de baisser ou de
monter, les fluctuations de prix se font de sorte que l’ordre égale la demande. On peut résumer cela
par cette équation : optimisation + équilibre = théorie économique. Il s’agit d’une combinaison
puissante, qui n’a pas d’équivalent dans les autres sciences sociales.

Mais il y a un petit problème : les principes sur lesquels repose la théorie économique sont défectueux.
Premièrement, les problèmes d’optimisation auxquels sont confrontés les individus ordinaires sont
204
souvent, pour eux, trop difficile à résoudre, même de façon approximative. Un magasin d’alimentation
de taille moyenne propose à la clientèle des millions de combinaisons d’articles et de produits
susceptibles d’entrer dans le budget de la famille. Celle-ci va-t-elle vraiment choisir la meilleure d’entre
elles ? Sans oublier que nous devons faire face à des problèmes bien plus ardus que le choix d’un
produit : celui d’une carrière, d’un prêt immobilier, d’un conjoint, par exemple. Compte tenu du taux
d’échec que l’on observe dans l’ensemble de ces domaines, il paraît difficile de défendre l’idée que tous
ces choix sont réellement optimaux.

Deuxièmement, les croyances et les convictions à partir desquelles les gens font leur choix ne sont pas
dépourvus de biais*. L’excès de confiance ne fait peut-être pas partie du vocabulaire des économistes
mais c’est un trait fort ancien de la nature humaine, et il existe d’innombrables autres biais qui ont
d’ailleurs été documentés par les psychologues.

Troisièmement, il y a bien d’autres facteurs qui ne sont pas pris en compte par le modèle d’optimisation.
Dans un monde d’Econos, longue est la liste des choses supposées sans pertinence. Un Econo ne
penserait pas recevoir de cadeau le jour de l’année où il se trouve, par hasard, qu’il est né ou qu’il s’est
marié. Quelle différence cela devrait-il faire ? En réalité, l’Econo serait complètement désorienté par
l’idée même de cadeau. Il saurait que l’argent liquide est le meilleur cadeau possible, car l’argent permet
d’acheter ce qui est optimal. Je vous déconseille cependant, sauf si vous êtes marié à un ou une
économiste, de lui offrir de l’argent pour votre anniversaire de mariage. Et à la réflexion, même si vous
faites ce métier, ce n’est probablement pas une bonne idée non plus.

Vous savez, comme moi, que nous ne vivons pas dans un monde d’Econos mais dans un monde
d’humains. Et comme la plupart des économistes sont la plupart des humains, ils le savent sans doute
eux aussi. Adam Smith, le père de la pensée économique moderne, a reconnu explicitement ce fait. En
1759, avant donc son « magnum opus », Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations,
il avait publié un ouvrage sur les « passions » humaines, un mot qui n’apparait dans aucun manuel
d’économie. L’Econo est sans passion : c’est un optimisateur à sans froid. Un peu comme M. Spock dans
Star trek.

C’est pourtant ce modèle dépassionné de comportement économique, fondée sur une population
composée exclusivement d’Econos, qui a élevé la discipline économique au sommet d’influence qui est
aujourd’hui le sien. Au fil des années, les critiques ont été balayées d’un revers de main, doublé
d’excuses indigentes, d’explications invraisemblables et de données empiriques embarrassantes. Mais
à chacune de ces critiques il a été répondu par des études qui ont progressivement fait monter les
enchères. Il n’est déjà pas facile d’écarter des études attestant de mauvais choix effectués dans des
domaines aussi importants que l’épargne retraite, le choix d’un prêt immobilier ou d’un placement en
bourse. Et il est totalement impossible de ne pas tenir compte de la série de booms, de bulles et de
krachs que l’on a observée sur les marchés financiers à partir du 19 octobre 1987, le jour où le prix des
actions a baissé de plus de 20% dans le monde entier, en l’absence de toute mauvaise nouvelle
substantielle, et qui fut suivie, quelques années plus tard, d’une bulle et d’un effondrement des valeurs
technologiques, lesquels ont bientôt cédé la place, après quelques années encore, à une bulle des prix
de l’immobilier, qui, lorsqu’elle a explosé à son tour, a provoqué une crise financière mondiale.

Il est temps d’arrêter de s’excuser. Nous avons besoin, dans la recherche en économie, d’une approche
enrichie qui reconnaisse l’existence et la pertinence des humains. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est
pas nécessaire, pour ce faire, de jeter tout ce que nous savons sur la manière dont fonctionnent les
économies et les marchés. Les théories qui reposent sur l’hypothèse que nous sommes tous des Econos
ne doivent pas forcément être mises au placard. Elles peuvent encore servir de point de départ à des
modèles plus réalistes. Dans certaines circonstances, par exemple quand les problèmes à résoudre sont
simples ou que les acteurs de l’économie ont des compétences très spécialisés, alors les modèles à

205
Econos peuvent donner une approximation correcte de ce qui se passe dans le monde réel. Mais,
comme on le verra, ces situations sont moins souvent la règle que l’exception.

Pour une large part de la théorie économique, l’hypothèse selon laquelle tous les agents ont toujours
un comportement optimal n’est pas considérée comme problématique, même quand les individus
observés ne sont pas des experts. Ainsi, il est assez simple de prédire que les agriculteurs utiliseront
davantage d’engrais en cas de baisse de prix des engrais, même si beaucoup mettront du temps à
modifier leurs pratiques en réaction aux évolutions du marché. La prédiction est sûre parce qu’elle n’est
pas précise : tout ce qu’elle dit, c’est le sens dans lequel va s’exercer l’effet. Ce qui revient à dire que, si
des pommes tombent d’un pommier, elles iront plutôt vers le bas que vers le haut. La prédiction est
juste, mais il ne s’agit pas pour autant de la définition de la loi de la gravitation.

Les économistes ont en revanche des difficultés chaque fois qu’ils font une prédiction très spécifique
dépendant expressément du fait que la totalité des sujets concernés soient économiquement avertis.
Revenons à nos agriculteurs. Imaginons que des scientifiques découvrent que ces derniers seraient plus
riches s’ils utilisaient plus ou moins d’engrais qu’ils ne le font généralement. Si l’on pouvait supposer
qu’ils rectifieraient tous le tir dès l’instant qu’ils disposent tous de l’information, alors il n’y aurait pas
de meilleure prescription politique que de faire en sorte que cette information soit librement accessible.
Il suffirait de publier la découverte, de permettre aux agriculteurs d’en prendre connaissance, et de
laisser la magie des marchés opérer.

Mais, en réalité, à moins que les agriculteurs ne soient tous des Econos, ce serait un mauvais conseil.
Peut-être les multinationales de l’agroalimentaire vont-elles s’emparer rapidement des dernières
découvertes scientifiques, mais comment vont se comporter les paysans d’Inde ou d’Afrique ?

De même, si vous croyez que tout un chacun va épargner exactement ce dont il a besoin pour sa retraite,
comment le feraient tout Econos, et que vous en déduisez qu’il n’y a aucune raison d’aider les gens à
épargner (disons, en créant des régimes de retraite), alors vous manquez une belle occasion d’améliorer
leur sort. Et si vous êtes banquier central et que vous croyez que l’apparition de bulles financières est
théoriquement impossible, alors vous pouvez faire de graves erreurs comme l’ancien président de la
Reserve fédérale Alan Greenspan. On peut lui reconnaître le mérite de l’avoir lui-même admis.

Il n’est cependant pas nécessaire de mettre fin à l’élaboration de nouveaux modèles abstraits décrivant
le comportement d’Econos imaginaires. Cependant, il faut arrêter de croire que ces modèles permettent
de donner une description exacte des comportements humains, et cesser de prendre des décisions
politiques sur la base d’analyses aussi erronées. Il est temps de s’intéresser aux facteurs prétendument
non pertinents.

Il est déjà difficile de changer l’opinion des gens sur ce qu’ils mangent au petit déjeuner, mais il est bien
plus compliqué de modifier leur jugement sur des problèmes qu’ils ont étudiés toute leur vie. Pendant
des années, de nombreux économistes ont fortement résisté aux exhortations à fonder leur modèle sur
une description plus juste du comportement humain. Cependant, grâce à l’arrivée de jeunes
économistes créatifs qui n’ont pas hésité à prendre des risques et à s’écarter de la manière traditionnelle
de faire de l’économie, le rêve d’une théorie économique enrichie est en train de se réaliser. Ce champ
nouveau est connu sous le nom d’économie « comportementale ». Il ne s’agit pas d’une discipline
nouvelle : c’est toujours de la théorie économique, mais dans laquelle ont été injectées de fortes doses
de psychologie et diverses autres sciences sociales.

La principale raison pour laquelle il est nécessaire d’intégrer les humains au sein des théories
économiques, c’est que cela doit permettre d’améliorer la précision des prédictions faites dans le cadre
de ces théories. Mais prendre en compte les « personnes réelles » présente un autre avantage :

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l’économie comportementale est bien plus intéressante et plus amusante que l’économie
conventionnelle. Elle est le contraire d’une science triste.

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