Cours GSF
Cours GSF
Les entreprises doivent, à la fin de chaque exercice comptable (souvent le 31 décembre de chaque année), remettre
à l’administration : un bilan, un compte de résultat et des annexes.
Le patrimoine représente l’ensemble des biens possédés et les dettes. Les biens possédés sont appelés des actifs
alors que tout ce qui sert à financer l’entreprise (dettes et capitaux propres) sont appelés passifs.
L’actif immobilisé appelé aussi « immobilisations » : ce sont les éléments qui vont rester durablement dans
l’entreprise (plus d’un an). Ce sont donc des emplois durables conditionnant le fonctionnement de l’entreprise.
L’actif circulant : ce sont des éléments dont le temps de présence dans l’entreprise sera en général inférieur à
un an. Ils correspondent à des emplois « courts » en termes de durée.
Les immobilisations sont des biens que possède l’entreprise, en général de valeur importante (une machine-outil
numérique, des camions) et qui y resteront de façon durable, c’est-à-dire plus d’un an.
Ils resteront durablement car ils ne sont pas détruits par le premier usage (à la différence d’un carburant par
exemple) mais se détériorent au fur et à mesure du temps. Pour la grande partie d’entre eux, ce sont des outils de
production. On distinguera :
Les immobilisations incorporelles : par exemple les logiciels et fonds de commerce (il s’agit de l’acquisition de
la clientèle et non des locaux).
Les immobilisations corporelles : terrains, bâtiments, matériels…
Les immobilisations financières : actions détenues dans des filiales ou prêts consentis à des tiers.
Les actifs circulants sont des biens dont la valeur va varier sur l’année et resteront moins d’un an dans l’entreprise.
Quatre postes constituent l’actif circulant. Le mot circulant signifie que ces postes vont se renouveler rapidement
et sans cesse lors du cycle d’exploitation de l’entreprise.
Dans une entreprise qui revend ce qu’elle a acheté sans le transformer (on parle d’entreprise commerciale ou de
négoce), le cycle d’exploitation se déroule comme suit :
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1 – La librairie achète des livres à ses fournisseurs (les maisons
d’édition).
2 – La librairie stocke les livres (en rayon et en réserves)
3 – La librairie vend les livres à des clients.
4 – Parmi ceux-ci une école lui a acheté 500 ouvrages et a
obtenu de ne les régler que plus tard. La librairie a donc une
créance sur cette école.
5 – La librairie encaisse l’argent immédiatement lorsqu’elle
vend à un particulier (il règle « au comptant »). Elle encaissera
la vente faite à l’école plus tard.
Les stocks :
Les créances : une créance traduit le fait que l’entreprise va recevoir dans le futur le paiement d’un tiers,
généralement le client.
Les valeurs mobilières de placement : Il s’agit d’actions d’autres entreprises qui ont été achetées dans le but
de les revendre rapidement en réalisant une plus-value.
Le passif regroupe tous les éléments qui permettent de financer l’entreprise. On y trouve tout ce que l’entreprise
doit. Une dette traduit le fait que dans le futur l’entreprise devra payer un montant à un tiers. Par exemple,
l’entreprise achète des biens ou services à un fournisseur qui lui permet de régler plus tard. Entre le moment où
elle a acheté et le moment où elle devra régler, l’entreprise est en situation de dette vis-à-vis de son fournisseur.
Une dette peut aussi naître à l’occasion d’un emprunt auprès d’une banque.
Les capitaux propres sont donc un type de dette particulier car l’entreprise les « doit » à ses associés. En cas de
dissolution, les associés se partageront les capitaux propres. On peut dire qu’il s’agit d’une dette à échéance infinie.
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2.2 Les dettes
Il s’agit d’argent que l’entreprise doit à un tiers (banques, fournisseurs, Etat…). A la différence des capitaux propres,
ce sont de véritables dettes qui ont chacune une échéance précise. Elles comprennent :
Les emprunts, qui sont des dettes à long terme (plusieurs années).
Les dettes à court terme (dont la durée maximale est normalement de 3 mois), par exemple les dettes vis-à-vis
des fournisseurs. Ainsi, les comptes bancaires à découvert sont inclus dans la ligne emprunt au passif du bilan
de manière à rassembler dans un même poste tout ce qui est dû à la banque (emprunts + découvert).
BILAN N
Actif Passif
Actif immobilisé Capitaux propres
- Capital social
Immobilisations incorporelles - Réserves
Frais d’établissement - Report à nouveau
Frais de développement - Résultat N
Brevets et licences
Fonds de commerce Provisions pour risques et charges
Autres immobilisations incorporelles
Dettes
- Immobilisations corporelles - Emprunts
Terrains - Dettes fournisseurs
Constructions - Dettes fiscales et sociales
Installations techniques, matériels et outillages - Dettes sur immobilisations
industriels - Autres dettes
Autres immobilisations corporelles
- Immobilisations financières
Participations
Titres immobilisés (plus d’un an)
Prêts
Autres immobilisations financières
Actif circulant
- Stocks :
Matières premières et autres approvisionnements
En cours de biens et services
Produits intermédiaires
Produits finis
Marchandises
- Créances
- Valeurs mobilières de placement (moins d’un an)
- Disponibilités
TOTAL TOTAL
Le résultat est la différence entre l’actif (les biens) et le passif (les dettes). Si les actifs sont supérieurs au passif
alors le résultat est positif (bénéfice) et sera inscrit avec le signe +. Dans le cas contraire, il s’agira d’un résultat
négatif (perte) inscrite avec le signe -.
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TD 1
Etablissements de bilan
A. Dans le bilan de fin d'exercice N de la société Hautop, on lit ces données : capital, 1 600 000 € ; clients, 700 000 €;
fournisseurs, 1 360 000 €; fonds en banque, 300 000 €; espèces en caisse, 50 000 €; le matériel industriel est estimé
à 1 400 000 €; les matières premières et les produits fabriqués respectivement à 500 000 € et 800 000 €; l'entreprise
est propriétaire de brevets d'invention, qu'elle a acquis pour 300 000 €; elle doit, payable dans cinq ans, 700 000 € à
un établissement financier.
A l'aide de ces renseignements, indiquer la nature et le montant du résultat, seul poste du bilan à ne
pas figurer dans la liste ci-dessus.
Présenter le bilan.
Quelle est la valeur nette du patrimoine de cette entreprise ou situation nette ?
B. Un commerçant qui a créé son entreprise de négoce au début de l'année N avec un capital de 50 000 €, établit fin
décembre son bilan, afin de déterminer le résultat de son activité.
Il possède un mobilier de bureau valant 10 000 €, les marchandises en magasin valent 135 000 €, il possède en outre
23 000 € en caisse et ses clients lui doivent 20 000 € ; il a dû emprunter 30 000 € à M. Martin ; le montant des factures
de ses fournisseurs qu'il n'a pas encore réglées est de 120 000 €.
CORRECTION APPLICATION A
Dettes financières
ACTIF CIRCULANT Emprunts 700 000
Disponibilités
Banque 300 000
Caisse 50 000
TOTAL GÉNÉRAL (I+II) 4 050 000 TOTAL GÉNÉRAL (I+II) 4 050 000
4
CORRECTION APPLICATION B
Disponibilités
Caisse 23 000
TOTAL GÉNÉRAL (I+II) 188 000 TOTAL GÉNÉRAL (I+II) 188 000
C. Vous êtes chargé d’établir le bilan du 1er janvier N et du 31 décembre N de l’entreprise Ledoux
Le 1er janvier N, M Ledoux ouvre une épicerie fine à l’aide d’un apport de 500 000 € et d’un crédit à long terme
accordé par la Bred de 200 000 € Il acquiert à cet effet :
Un fonds de commerce de 450 000 € qu’il fait aménager pour 140 000 € ;
Une camionnette de livraison pour 52 000 € ;
Des étagères et présentoirs pour exposer ses marchandises pour 22 000 € ;
Des réfrigérateurs et congélateurs pour 8 250 € ;
Du matériel informatique pour 1 150 € ;
Des logiciels de caisse et de gestion des stocks pour 600 € ;
Des marchandises pour 200 000 € qui seront réglées à crédit.
Le 31 décembre N, après une année d’activité, la valeur des différents éléments est la suivante :
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D. LES VARIATIONS DE POSTES DU BILAN
Banque 10 000
Caisse 5 000
Total (II) 65 000
Total général (I+II) 265 000 Total général (I+II) 265 000
Opération 1 : Achat d'une machine-outil pour 4 000 €, payée par chèque bancaire.
Opération 2 : Le client A nous règle 650 €, en espèces.
Opération 3 : Nous déposons 2 000 € à la banque, prélevés dans la caisse.
Opération 4 : Nous affectons la totalité du résultat aux réserves.
Opération 5 : Nous remboursons une partie (5 000 €) de l'emprunt de la B.N.P.
Opération 6 : Achat de marchandises à crédit pour 10 000 €.
CORRECTION APPLICATION C
BILAN 1
Matériels 54 000
Banque 6 000
Total 265 000 Total 265 000
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BILAN 2
Clients 29 350
Caisse 5 650
Total 265 000 Total 265 000
BILAN 3
Banque 8 000
Caisse 3 650
Total 265 000 Total 265 000
BILAN 4
Réserves 20 000
BILAN 5
Banque 3 000 Emprunts 100 000
Total 260 000 Total 260 000
BILAN 6
Stock de march. 30 000 Fournisseurs 90 000
Total 270 000 Total 270 000
BILAN 7
Banque 63 000 Capital 100 000
Total 330 000 Total 330 000
BILAN 8
Stock de march. 20 000 Résultat 10 000
Clients 49 350
Total 340 000 Total 340 000
BILAN 9
Stock de march. 15 000 Résultat 9 000
Clients 53 350
Total 339 000 Total 339 000
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E. OBJET ET CONTENU DES DOCUMENTS DE SYNTHESE
Le montant non encore encaissé d’une vente de Créance client : il s’agit d’un droit à se faire payer que possède
l’entreprise sur son client.
logiciel réalisée la semaine dernière
2. Pour ces postes, précisez s’il s’agit d’une dette réelle, latente ou s’il ne s’agit pas d’une dette :
POSTES COMMENTAIRES
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F. CONSTITUTION D’UN BILAN D’OUVERTURE
Quatre amis décident de lancer une start-up d’exploitation de logiciels graphiques liés à l’Internet. Pour démarrer
leur entreprise, l’un des quatre apporte un immeuble d’une valeur de 2 M€. Les trois autres font chacun un
apport de 200 000 €.
Afin de lancer l’exploitation de leur activité, les quatre associés font réaliser par un cabinet une étude de marché
comparative qui leur est facturée 15 000 €. De plus, ils ont à supporter des frais de recherche et développement
pour 25 000 €.
Pour s’installer, ils font réaliser des travaux dans l’immeuble pour un montant de 600 000 €. Enfin, ils déposent
sur un compte bancaire ouvert au nom de leur start-up une somme de 25 000 € destinée à couvrir d’éventuels
achats supplémentaires non anticipés.
1. Calculer les montants totaux respectifs des apports et des besoins et définir si les apports
constitués suffisent à couvrir la totalité des besoins. Quelles solutions préconisez-vous pour
rétablir l’équilibre financier ?
2. Supposant qu’un emprunt bancaire a été contracté pour financer le différentiel des besoins,
dressez le bilan d’ouverture de cette start-up.
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Chapitre 2
Qu’est-ce qu’un compte de résultat ?
Comme son nom l’indique, il a pour vocation de montrer comment s’est créé le résultat au travers des différentes
opérations réalisées durant l’année.
Le bilan décrit le patrimoine de l’entreprise, c’est-à-dire ce qu’elle possède et ce qu’elle doit, mais il ne dit rien sur
les opérations réalisées dans l’année. C’est une photo d’un patrimoine à une certaine date.
Le compte de résultat, lui, décrit l’activité de l’entreprise durant un an : c’est le film de l’activité. Il recense les actes
économiques qui se sont déroulés dans l’année, sans se préoccuper de leur dénouement financier (le règlement).
Ainsi, si l’entreprise achète des matières et qu’elles lui sont livrées en décembre N par le fournisseur, le compte de
résultat de l’année N prendra en compte cette opération, même si le règlement n’a lieu qu’au début de l’année
N+1.
L’entreprise consomme des matières, des prestations de service, des heures de travail… pour réaliser des biens ou
services. Si le montant de ses ventes aux clients (c’est-à-dire ses produits au sens « comptable ») est supérieur à ce
qu’elle a consommé (ce sont ses charges au sens « comptable »), alors le résultat de l’entreprise sera un bénéfice.
Dans le cas contraire ce sera une perte.
Ainsi, le résultat de l’entreprise est la différence entre ses produits et ses charges. Les produits constituant les
ressources et les charges les emplois.
Les principaux produits obtenus par l’entreprise en une année d’activité sont les suivants :
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2.1. SITUATION 1 : LES PRODUITS SONT SUPERIEURS AUX CHARGES (LE RESULTAT EST
ALORS UN BENEFICE)
Si une entreprise achète des marchandises au comptant pour 100 000 € et qu’elle revend pour 200 000 €, son
compte de résultat se présentera ainsi :
Si au 31 décembre, les achats et les ventes n’avaient toujours pas été réglés, cela n’aurait absolument rien changé
à la présentation du compte de résultat de l’année N. (Ce document ne se préoccupe que des actes économiques,
pas des règlements). Cela confirme que résultat et trésorerie sont deux choses différentes.
L’inscription du bénéfice dans la colonne des « charges » peut sembler déroutante mais elle traduit en fait qu’il
manque mathématiquement des charges à hauteur de 100 000 € pour que la colonne « charges » soit égale à celle
des « produits ».
2.2. SITUATION 2 : LES CHARGES SONT SUPERIEURES AUX PRODUITS (LE RESULTAT EST
ALORS UNE PERTE)
Si les marchandises achetées au comptant pour 100 000 € étaient revendues 50 000 €, le compte de résultat se
présenterait ainsi :
L’inscription de la perte dans la colonne des « Produits » traduit en fait qu’il manque mathématiquement des
produits à hauteur de 50 000 € pour que la colonne « Produits » soit égale à celle des « Charges ».
► IMMOBILISATION : Bien durable acquis par l'entreprise pour lui permettre d'exercer son activité.
Ces biens peuvent être renouvelés mais à intervalles éloignés, tous les 5, 10, 20 ans ou plus. Une immobilisation
n’est pas détruite ou consommée dès sa première utilisation. Par conséquent, l'acquisition d'une immobilisation
augmente la valeur du patrimoine de l’entreprise.
- Les immobilisations incorporelles : droit au bail, fonds commercial, brevets, marques, logiciel.
- Les immobilisations corporelles : terrains, matériels….
- Les immobilisations financières : titres de participation, prêts….
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► CHARGE : Bien ou un service acquis par l'entreprise pour les besoins quotidiens de son activité.
- Les matières premières ou éléments entrant dans la composition des produits fabriqués,
- Les fournitures et services permettant de faire fonctionner l'appareil de production,
- Les dépenses que l'entreprise doit engager en vertu d'obligations légales (impôts, taxes diverses...).
Ex : l’eau, l’électricité, le gaz, carburant, papier à en-tête, billet d’avion pour les commerciaux,
Prenons l’exemple de l’ordinateur pour bien les distinguer : Il s'agit d'un bien durable qui ne disparaît pas à la
première utilisation ; Il entre dans le patrimoine de l’entreprise et sera donc classé parmi les immobilisations.
La secrétaire qui utilise la machine fournit un travail ; elle reçoit un salaire en contrepartie de sa participation au
fonctionnement de l’entreprise. Celui-ci est une charge qui apparaîtra dans le compte de résultat. Le papier, les
rubans, l’électricité consommés par la machine sont utilisés peu de temps ; ce sont des charges apparaissant au
compte de résultat.
NOTA : Le fisc admet que le petit matériel et outillage de faible valeur soit considéré comme les charges (pourtant
ils ne sont pas consommés à la première utilisation). L’intérêt d’inscrire ces éléments en charge est que leur
montant est immédiatement déductible. Les entreprises sont autorisées à passer en charges immédiatement
déductibles : les matériels et outillages et le matériel de bureau d’une valeur unitaire hors taxe n’excédant pas 500
€ et le mobilier de bureau à condition qu’il soit acheté en petit nombre et que ses éléments ne puissent constituer
un ensemble (mobilier d’une salle de cours).
Contrairement à une immobilisation, une charge engagée au cours d'un exercice n'a plus de valeur à la fin de
celui-ci.
Connaître le résultat de l’entreprise est une chose, mais savoir comment il s’est formé est encore plus éclairant.
Provient-il des activités habituelles de l’entreprise ou par un événement particulier ?
Pour cela, les charges comme les produits sont classés en trois grandes catégories :
COMPTE DE RESULTAT
Charges Produits
Charges d’exploitation Produits d’exploitation
Charges financières Produits financiers
Charges exceptionnelles Produits exceptionnels
Participation des salariés
Impôts sur les bénéfices _____________ ___________
Total charges Total produits
Bénéfice P-C Perte C-P
TOTAL X TOTAL X
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4.1. Le niveau d’exploitation
Sont classés dans cette rubrique tous les actes économiques qui ont un lien direct avec l’exploitation, c’est-à-dire
le métier de l’entreprise.
Par exemple, dans les produits d’exploitation on trouve les ventes de biens ou services faits par l’entreprise. En
charges d’exploitation on y trouve les achats, les frais de personnel, les impôts et taxes, etc.
COMPTE DE RESULTAT
Charges d’exploitation Produits d’exploitation
Achats de marchandises Ventes de marchandises
Achats de matières premières et Production vendue de biens et
autres approvisionnements services
Achats de fournitures non Travaux
stockables Etudes
Charges externes*
Impôts et taxes
Salaires et traitements …
Charges sociales = Chiffre d’affaires
Dotations aux amortissements et Reprises sur amortissements et
provisions d’exploitation provisions d’exploitation
Autres charges d’exploitation
Y sont inscrits tous les actes économiques qui ont un caractère financier, c’est-à-dire qu’ils dépendent du loyer de
l’argent (l’intérêt), du cours des monnaies ou du cours des actions. Les charges et produits financiers les plus
fréquents sont les suivants :
- Intérêts (en charges) : ce sont les intérêts versés sur les emprunts ou les découverts bancaires ;
- Escomptes accordés (en charges) : quand un client paie de façon anticipée sa facture, on peut lui accorder un
escompte qui est une réduction financière ;
- Intérêts (en produits) : intérêts reçus sur des prêts réalisés par l’entreprise ;
- Revenus des titres de participation (en produits) : revenus sur des placements financiers à long terme (plus d’un
an) comme des actions détenues sur des filiales par exemple ;
- Revenus de valeurs mobilières de placement (en produits) : revenus sur des placements à court terme (placés
dans l’actif circulant du bilan dans la rubrique VMP ;
- Escomptes obtenus (en produits) : réduction financière quand l’entreprise paie une facture à un fournisseur
avant l’échéance
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COMPTE DE RESULTAT
Charges d’exploitation Produits d’exploitation
Y figurent tous les actes économiques dits exceptionnels, soit parce qu’ils sont non récurrents, non habituels (vente
d’immobilisations, pénalité), soit parce qu’ils n’ont ni un caractère d’exploitation, ni un caractère financier.
COMPTE DE RESULTAT
Charges d’exploitation Produits d’exploitation
L’impôt sur les bénéfices qui est en principe d’un tiers du résultat réalisé.
COMPTE DE RESULTAT
Charges d’exploitation Produits d’exploitation
Bénéfice Perte
TOTAL TOTAL
Ce bénéfice ou cette perte sera le résultat final de l’entreprise (appelé aussi résultat net comptable). C’est lui que
l’on retrouve au passif du bilan sur la ligne « Résultat ».
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4.5. Quelques remarques sur le compte de résultat
Décrivant l’activité de l’entreprise pendant l’année, il est remis à zéro chaque 1 er janvier pour décrire l’activité de
la nouvelle année qui commence.
Ce n’est évidemment pas le cas du bilan, car ce que possédait et devait l’entreprise le 31/12/N-1, elle le possède,
et le doit toujours le 1/1/N
Un résultat positif (appelé bénéfice) traduit l’aptitude de l’entreprise à vendre ses produits ou services plus
chers qu’ils ne coûtent. On dit alors que l’entreprise est profitable ou rentable.
Une trésorerie positive traduit l’aptitude de l’entreprise à gérer efficacement ses flux de trésorerie, c’est-
à-dire à toujours avoir des encaissements supérieurs à ses décaissements.
EXEMPLE
Durant l’année N, elle ne réalise que deux opérations, toutes deux réalisées en décembre :
Le compte de résultat, enregistrant les actes économiques sans tenir compte des paiements, s’établira ainsi au
31/12 N :
COMPTE DE RESULTAT N
Charges d’exploitation Produits d’exploitation
Achats de marchandises 1 000 Ventes de marchandises 1 300
Bénéfice 300
TOTAL 1 300 TOTAL 1 300
Ces deux opérations ayant eu lieu en décembre N, elles doivent toutes deux figurer dans le compte de résultat de
l’année N. Ce bénéfice est donc bien la mesure de la profitabilité de l’entreprise lors de l’année N.
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TD 2
Le compte de résultat
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Compte de résultat au 31/12/N
Charges Montants Produits Montants
Charges d’exploitation Produits d’exploitation
Achats de marchandises 81 800 Ventes de marchandises 205 000
Variations de stocks de marchandises 12 040 Production vendue 1 250 000
Achats de matières premières 700 400 Subvention d’exploitation 150 000
Variations de stocks de matières premières 16 900
Frais de télécommunication 350
Achats de fournitures non stockables 12 080
Achat de fourniture d’entretien et petit
équipement 4 890
Honoraires 6 250
Prime d’assurance 10 200
Entretien et réparation 17 600
Achat de fournitures administratives 1 170
Redevance de crédit-bail mobilier 12 890
Impôts, taxes et versements assimilés 15 700
Salaires et traitements 256 800
Charges sociales 82 300
Dotations aux amortissements et provisions 307 050
Total charges d’exploitation 1 538 420 Total produits d’exploitation 1 400 000
Charges financières Produits financiers 34 350
Intérêts et charges assimilées 12 500 Produits financiers de participation
Total des charges financières 12 500 Total des produits financiers 34 350
Charges exceptionnelles Produits exceptionnels
Produits exceptionnels sur opérations
en capital 478 150
Total des charges exceptionnelles 0 Total des produits exceptionnels 478 150
Impôts sur les bénéfices
Total charges 1 550 920 Total produits 1 912 500
Bénéfice 361 580 Perte
Total général 1 912 500 Total général 1 912 500
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[Link] vous demande, à travers ce compte de résultat d’une société, de donner le plus de renseignements possibles
(activité, rentabilité etc.).
CHARGES EXERCICE N
Charges d’exploitation
Achats de marchandises 71 100
Variation de stock - 2 000
Achats de matières premières et autres approvisionnements 1 118 600
Variation de stock 27 000
Autres achats et charges externes 523 900
Impôts, taxes et versements assimilés 207 800
Salaires et traitements 437 000
Charges sociales 220 000
Dotations aux amortissements et aux provisions :
- Sur immobilisations : dotations aux amortissements 217 000
- Sur immobilisations : dotations aux provisions
- Sur actif circulant : dotations aux provisions 24 000
- Pour risques et charges : dotations aux provisions 44 000
Autres charges 49 600
Charges financières
Dotations aux amortissements et aux provisions 30 000
Intérêts et charges assimilées 101 300
Différences négatives de change 6 400
Charges nettes sur cessions de valeurs mobilières de placement 5 000
Charges exceptionnelles
Sur opérations de gestion 17 000
Sur opérations en capital 47 000
Dotations aux amortissements et aux provisions 34 200
Total des charges exceptionnelles (IV) 98 200
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PRODUITS EXERCICE N N-1
Produits d’exploitation
Ventes de marchandises 100 000
Production vendue 2 526 900
Produits financiers
De participations 90 000
D’autres valeurs mobilières et créances de l’actif immobilisé
Autres intérêts et produits assimilés
Reprises sur provisions et transferts de charges financières 4 700
Différences positives de change
Produits nets sur cessions de valeurs mobilières de placement 3 500
Produits exceptionnels
Sur opérations de gestion
Sur opérations en capital 68 400
Reprises sur provisions et transferts de charges exceptionnelles 11 000
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TD 3
Intégration de la variation des stocks
Opérations de l'année N :
1- Achats de matières premières : 120 000 € (1/3 à crédit, 2/3 au comptant par chèque) ;
2- Achats de marchandises : 320 000 € (100 000 € à crédit) ;
3- Règlement par chèques bancaire :
- divers travaux d'entretien : 14 500 €
- l'intérêt annuel (taux 10%) de l'emprunt de 400 000 €
- La rémunération des salariés : 550 000 €
4- Règlement contre espèces :
- des timbres-poste : 520 €
- une insertion publicitaire dans un journal local : 820 €
5- Vente dans l'année d'un terrain pour 330 000 €. Il a été acquis en 76 pour 250 000 €
6- Vente de marchandises : 503 000 €
7- Ventes de produits finis : 713 000 €
8- La société OLIVIA reçoit en N, 12 730 € de dividendes des actions qu'elle détient.
Présenter un extrait de CDR et de bilan (en variation) pour chacune des 8 opérations sans tenir compte
des opérations précédentes.
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CDR 5 BILAN 5 (en variation)
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TD 4
Etablissements d’un compte de résultat
Au cours de l'année N qui s'est terminé par une perte de 4 260 €, l’entreprise Labelafer a enregistré les éléments
suivants (€) :
1. Etablir le compte de résultat de l’année N en prenant un soin particulier à la présentation puis calculer la
marge commerciale, la production de l'exercice et la consommation de matières premières.
2. Quelle est la différence entre une entreprise commerciale et une entreprise industrielle
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TD 5
ARTICULATION BILAN – COMPTE DE RESULTAT
EXERCICE 1.
M. Gaspi créée une entreprise de commerce de cadeaux. Pour cela, il apporte 500 000 € qui constituent son apport
personnel en capital. Il rachète un fonds de commerce pour 700 000 € et aménage le magasin de rayonnages,
d'installations diverses pour un montant de 120 000 €. Il verse une caution fixée à 9 000 € pour la location des murs
et il souhaite disposer dans un premier temps de 15 000 € de liquidités déposées en banque.
BILAN D’OUVERTURE
ACTIF MONTANT PASSIF MONTANT
Total 15 000
Après une première année d'activité, la situation du commerce de M. Gaspi est la suivante :
Toutes les charges ont été réglées pendant l’année sauf les achats de cadeaux dont 50% sont à régler en N+1.
Les ventes ont été effectuées pour les ¾ au comptant.
Par ailleurs, il y a un stock final de marchandises évalué à 5000 €.
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Présenter le compte de résultat après cette première année.
COMPTE DE RESULTAT N
CHARGES MONTANT PRODUITS MONTANT
Total 10 320
TRESORERIE (BANQUE)
ENCAISSEMENTS MONTANT DECAISSEMENTS MONTANT
Solde initial 15 000 Achats décaissés 102 000
Ventes encaissées 262 500 Autres achats et charges externes 14 750
Intérêts reçus 300 Salaires et charges sociales 19 125
Intérêts 10 320
Solde
Solde positif 131 605
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Dresser le bilan après cette première année d'activité.
BILAN N
ACTIF MONTANT PASSIF MONTANT
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EXERCICE 2.
M. Labro et Sadan ont décidé de créer une petite entreprise sociétaire de pose de parquets, papiers peints et
moquette. Ils font un apport en capital de 50 000 €. Cet apport en numéraire est déposé à la banque dès la
constitution de la société, en l'occurrence le 01/01/N.
BILAN D’OUVERTURE
ACTIF MONTANT PASSIF MONTANT
Pendant l'année N, la firme a effectué (et réglé) plusieurs opérations liées à son activité :
Les travaux sont facturés à 80 € le m2. On vous signale que les deux associés aidés d'un ouvrier ont traité 20 000
m2. Ces travaux sont réglés au comptant sauf pour quelques clients devant encore 75 000 €.
Les charges supportées et réglées par la société pendant l'année N sont les suivantes :
- Salaires et cotisations sociales afférentes : 84 564 € ;
- Divers impôts et taxes (hors TVA et impôts sur les bénéfices) : 15 310 € ;
- Électricité : 18 000 € ;
- Téléphone : 7 500 € ;
- Essence pour la camionnette : 24 000 € ;
- Intérêts liés à un emprunt de 60 000 € effectué pour financer la camionnette achetée en N au taux annuel de
9%. La durée de remboursement est de 6 ans sur la base de remboursements avec amortissements constants
de 10 000 € par an, le premier remboursement est prévu en N+1, mais les intérêts annuels sont réglés dès la
fin de la première année de l’emprunt ;
Les associés acquièrent en décembre une deuxième ponceuse pour 29 700 € (paiement dans 3 mois).
27
Présenter le compte de résultat de la société à la fin de N
COMPTE DE RESULTAT N
CHARGES MONTANT PRODUITS MONTANT
CHARGES FINANCIERES
Intérêts 5 400
Total 5 400
Total charges 317 354 Total produits 1 600 000
Bénéfice 1 282 646 Perte
1 600 000 1 600 000
TRESORERIE 31/12/NN
ENCAISSEMENTS MONTANT DECAISSEMENTS MONTANT
Solde initial 50 000 Ponceuse n°1 18 500
Ventes encaissées 1 525 000 Camionnette 65 000
Emprunts 60 000 Achats de fournitures 32 580
Autres achats et charges externes 179 500
Impôts et taxes 15 310
Salaires et charges sociales 84 564
Intérêts 5 400
29
TD 6
SYNTHESE BILAN / COMPTE DE RESULTAT
Opérations réalisées en N :
CDR 1 BILAN 1
Matériels 104 000 Résultat 0
Fournisseurs 152 000
Résultat = 0 Total 692 000 Total 692 000
CDR 2 BILAN 2
Achats de marchandises Banque 28 000 Résultat -10 000
10 000
Résultat = -10 000 Total 682 000 Total 682 000
CDR 3 BILAN 3
Achats de matières Résultat -13 500
premières 3 500 Caisse 0
Résultat = - – 3 500 Total 678 500 Total 678 500
CDR 4 BILAN 4
Banque 18 000 Résultat -13 500
Caisse 10 000
Résultat : 0 Total 678 500 Total 678 500
CDR 5 BILAN 5
Production vendue 18 000 Clients 100 500 Résultat 4 500
CDR 7 BILAN 7
Autres achats et charges Ventes de produits finis Banque 28 000 Résultat 2 500
externes 2 000 18 000
Résultat = -2 000 Total 694 Total 694500
CDR 8 BILAN 8
Charges externes 3 000 Banque 25 000 Résultat - 500
CDR 9 BILAN 9
Charges externes 250 Caisse 9 750 Résultat - 750
CDR 10 BILAN 10
Moins-values sur opération Matériels 82 000 Résultat -7 750
en Banque 40 000
Capital 7 000
Résultat = -7 000 Total 684 Total 60
CDR 11 BILAN 11
VMP 15 000 Résultat -7 750
Banque 25 000
31
CDR 12 BILAN 12
Banque 6 500 Résultat -7 750
Fournisseurs 133 500
CDR 13 BILAN 13
Ventes de produits finis Banque 31 500 Résultat 29 750
25 000
CDR 14 BILAN 14
Ventes de marchandises Clients 101 000 Résultat 29 750
12 500
CDR 15 BILAN 15
Ventes de marchandises - Clients 98 500 Résultat 27 250
2 500
CDR 16 BILAN 16
Charges externes 4 500 Banque 27 000 Résultat 22 750
CDR 17 BILAN 17
Dividendes 2 000 Banque 29 000 Résultat 24 750
CDR 18 BILAN 18
Charges externes 4 800 Banque 24 200 Résultat 19 950
CDR 19 BILAN 19
Achats de matières Résultat 2 450
premières 17 500 Fournisseurs 151 000
CDR 20 BILAN 20
Intérêts 1 100 Clients 100 500 Résultat 1 350
Emprunts 99 000
CDR 21 BILAN 21
∆ stocks de marchandises ∆s S95 000 50
-3 000
∆ stocks de
Résultat = + 6 000 Total 687 Total 68
32
COMPTE DE RESULTAT DORPA N
CHARGES D'EXPLOITATION
PRODUITS D'EXPLOITATION
Achats de marchandises 10 000 Ventes de marchandises 10 000
Variation des stocks de marchandises - 3 000 Ventes de produits finis 43 000
Achats de matières premières 21 000 Production stockée 5 000
Variation des stocks de mat. premières 2 000
Autres achats et charges externes 14 500
10 000
T (1) 54 550 T(1) 58 000
BILAN DORPA N
33
34
Chapitre 3
Les opérations de haut de bilan
La plupart des entreprises sont créées uniquement par des apports d’argent sous forme de chèques ou virements. On parle
alors d’apports en numéraires. Mais il arrive aussi que les actionnaires apportent, en plus des numéraires, des éléments dont
l’entreprise va avoir besoin (local, stock de composants…). On parle alors d’ apports en nature.
Exemple.
Féru d’antiquités, M Broc écume tous les weekends les brocantes. Il a ainsi accumulé dans son garage tout un stock de meubles
et bibelots. Le 1er janvier N, il décide avec un ami d’exploiter le garage et son contenu et d’en faire un magasin d’antiquités.
Ainsi les deux actionnaires apportent à la création de l’entreprise : 10 000 € en numéraires, un garage estimé à 30 000 € et un
stock de meubles et bibelots estimé à 40 000 €
Exemple.
M. Broc, pour transporter les gros meubles, a besoin d’un petit camion d’une valeur de 10 000 €. Il sait très bien que s’il utilise
les 10 000 € en disponibilités pour régler le camion, l’entreprise sera incapable de faire face aux premières factures qui
arriveront (eau, électricité…).
Ce même 1er janvier, il contracte donc un emprunt de 8 000 € sur 5 ans au taux d’intérêt de 3% remboursable par amortissement
constant du capital, chaque 31 décembre. Cela signifie que le montant de l’emprunt (on parle du capital de l’emprunt, à ne pas
confondre avec le capital social) sera remboursé en 5 tranches égales de 1 600 €.
L’obtention de l’emprunt n’a créé aucun résultat car l’entreprise ne s’est pas enrichie.
En N, l’entreprise a seulement vendu des bibelots pour 1 000 € le 15 avril et a été réglée comptant. D’autre part, la très faible
activité de l’entreprise durant l’année N ne l’a conduite à acquérir le petit camion (pour 10 000 €) qu’en toute fin d’année N (le
26 décembre). Elle l’a réglé au comptant. (Elle aurait de ce fait pu emprunter plus tard mais ce qui est fait est fait !!!).
Suite à ces opérations, les comptes de résultat et bilan de l’entreprise le 26 décembre N sont les suivants :
35
Charges COMPTE DE RESULTAT AU 26/12/N Produits
Ventes de marchandises 1 000
Bénéfice 1 000
Le 31 décembre N, l’entreprise doit commencer à rembourser l’emprunt. On dit qu’elle doit payer la première annuité de
l’emprunt (en effet les entreprises remboursent le plus souvent leurs emprunts une fois par an, d’où le terme « annuité », alors
que les particuliers remboursent en général tous les mois et on parle alors de mensualités).
Toute annuité (ou mensualité) comprend toujours deux éléments : le capital remboursé et les intérêts.
- Diminuer les disponibilités, car le banquier prélève 1 600 € sur le compte bancaire de l’entreprise,
- Diminuer le montant de l’emprunt au passif car l’entreprise ne doit plus 8 000 € mais 6 400 €.
36
2.2.2. Le paiement des intérêts de l’emprunt
Les intérêts de l’emprunt doivent être inscrits en charges financières car à la différence du capital qui, lui, a été versé par la
banque à l’origine, les intérêts demandent un effort à l’entreprise. Il faudra qu’elle génère des liquidités sur ses autres activités
pour pouvoir les payer. C’est pourquoi on utilise l’expression « payer des intérêts » et non « rembourser des intérêts ».
On peut aussi concevoir les intérêts comme le coût d’un service qui a été vendu à l’entreprise (les intérêts sont le loyer de
l’argent).
Suite au paiement des intérêts de l’emprunt, le compte de résultat et le bilan au 31 décembre sont les suivants :
C’est une taxe sur la consommation finale d’un bien. Cet impôt indirect rapport environ 45% des recettes d’impôt de l’Etat
français (environ 3 à 4 fois plus que l’impôt sur le revenu !!!!).
Tout ce que l’entreprise consomme constitue une consommation intermédiaire, même si le lien avec le produit fini est très
lointain (une immobilisation, le café offert aux visiteurs…)
Elle est calculée en appliquant un taux au montant hors taxes (H.T.) du produit ou du service. En l’ajoutant au montant H.T. on
obtient le montant toutes taxes comprises (T.T.C.).
37
3.3 Quel est le mécanisme de la TVA ?
Lorsque l’entreprise achète des biens ou services à un fournisseur pour 1 000 € H.T. (ou acquiert une immobilisation pour le
même montant), ce fournisseur est obligé d’adresser une facture mentionnant les éléments suivants :
Montant H.T. 1 000 €
TVA à 20% 200 €
Montant T.T.C. 1 200 €
L’entreprise lui réglera bien sûr le montant T.T.C. (au comptant ou plus tard). En revanche l’Etat rendra à l’entreprise cette TVA,
appelée TVA déductible. La TVA est donc bien neutre pour l’entreprise, par conséquent ce n’est pas une charge.
Si l’entreprise revend ce qu’elle a acheté, à un client pour 2 500 € H.T., la facture se présentera ainsi :
Montant H.T. 2 500 €
TVA à 20% 500 €
Montant T.T.C. 3 000 €
Le client réglera donc à l’entreprise un montant T.T.C. de 3 000 €. L’entreprise devra rendre à l’Etat cette TVA, appelée TVA
collectée au sens où l’entreprise l’a « collectée » auprès du client pour le compte de l’Etat.
La TVA est là encore neutre pour l’entreprise. Donc, l’entreprise est concernée par la TVA mais elle ne la supporte pas et n’en
profite pas.
DE CE FAIT IL N’Y AURA JAMAIS DE TVA (NI DE MONTANTS TTC) DANS LE COMPTE DE RESULTAT (puisque celui -ci enregistre les
charges et les produits).
38
TD 6
LES OPERATIONS
COMMERCIALES
39
40
CHAPITRE 4
Lors de la détermination du résultat de l’exercice, il faut comparer le chiffre d’affaires avec le coût des marchandises vendues
(cas d’une entreprise commerciale) ou le coût de production des produits vendus (cas d’une entreprise industrielle).
Cela suppose un suivi des ventes de marchandises ou de produits finis (c’est-à-dire des sorties de stocks) sur l’exercice.
Dans le cas d’une entreprise commerciale, le chiffre d’affaires lié aux ventes de marchandises d’une période ne s’explique pas
par les seuls achats de marchandises de la période. En effet, une partie des marchandises achetées dans la période peut ne pas
être vendue sur la période et donc se retrouver en stock de fin de période. A l’inverse, une partie des ventes de la période peut
provenir de marchandises en stock en début de période, c’est-à-dire d’achats réalisés sur la période passée.
Par conséquent, pour le coût des ventes, il faut s’intéresser aux marchandises vendues plutôt qu’aux seules marchandises
achetées sur la période. Cela suppose de prendre en considération le montant du stock initial (en début de période) et du
stock final (en fin de période).
La société Magasins Meilleurs Prix commence l’année avec un stock de marchandises de 40 000 €.
Au cours de l’année, elle achète des marchandises pour un montant de 189 000 €. A la fin de l’année, le stock final
s’élève à 75 000 €.
Le stock initial et les marchandises achetées dans l’année représentent le total des marchandises disponibles pour
réaliser les ventes :
Le stock final représente les invendus en fin d’année. Cela signifie que les marchandises vendues dans l’année
représentent un coût correspondant au coût des marchandises disponibles pour la vente moins le stock final, soit :
Cela revient à écrire que le coût des marchandises vendues correspond aux achats de marchandises plus la
variation de stocks qui est égale au stock initial moins le stock final :
Achats de marchandises de l’année 189 000 Le stock a augmenté de 35 000, passant de 40 000 à
Variation de stock -35 000 75 000, cela signifie qu’une partie des achats n’a pas
Coût des marchandises vendues 154 000 été vendue et est donc venue augmenter le stock.
Ces calculs se traduisent par la présentation de deux comptes séparés au compte de résultat :
COMPTE DE RESULTAT
Charges Produits
Achats de marchandises 189 000
Variation de stocks de marchandises -35 000
41
Dans le cas d’une entreprise industrielle, il y a des stocks de matières premières et de produits fabriqués. Pour les
stocks de matières premières, il faut procéder de manière identique que pour les marchandises, avec des variations
de stocks qui figurent dans les charges du compte de résultat. On calcule alors le coût des matières premières
consommées (c’est-à-dire le coût de la sortie des stocks) qui se traduit ainsi dans le compte de résultat :
COMPTE DE RESULTAT
Charges Produits
Achats de matières premières
Variation de stocks de matières premières (SI – SF)
Pour les stocks de produits fabriqués, la façon de procéder diffère car les produits ne sont pas achetés mais
fabriqués par l’entreprise elle-même. Leur variation de stock figure en produits au compte de résultat.
La société Roazon Production commence l’année avec un stock de produits fabriqués de 60 000 €. En fin d’année,
le stock final est évalué à 42 000 €. Sur l’année, les ventes réalisées s’élèvent à 710 000 €.
Le stock de clôture de produits fabriqués représente le coût de production des produits fabriqués invendus. Sur
l’année, ce stock diminue de 18 000 €, cela signifie qu’une partie des ventes de la période résulte de produits
fabriqués sur la période passée. Le calcul du résultat de l’exercice suppose donc de tenir compte di coût de
production des sorties de stocks qui correspond à des charges supportées sur l’année passée. Au compte de
résultat, les produits apparaissent ainsi :
COMPTE DE RESULTAT
Charges Produits
Ventes de produits finis 710 000
Variation de stocks (SF – SI) -18 000
Total 692 000
Le total de 692 000 € correspond au chiffre d’affaires réalisé après déduction du coût de production des sorties
de stocks liées à des produits fabriqués sur la période passée. S’agissant du coût de production des produits
fabriqués et vendus sur l’exercice, ils sont déjà intégrés au niveau des différents postes de charges du compte de
résultat.
Construire le compte de résultat et le bilan suppose d’évaluer les stocks. La variation du stock sur un exercice
impacte le résultat. Quant au stock final, il apparaît au bilan.
Pour valoriser les sorties de stocks, il convient de faire une hypothèse sur la sortie des éléments en stock.
L’hypothèse retenue ne reflète d’ailleurs pas nécessairement la manière dont les stocks circulent effectivement
dans l’entreprise. Ces trois hypothèses sont les suivantes :
La méthode du coût moyen unitaire pondéré (CMUP) évalue les sorties de stocks sur la base d’un coût moyen
pondéré de l’ensemble des éléments en stock.
La méthode du dernier entré, premier sorti (DEPS), aussi connue sous le nom de LIFO (Last In First Out)
considère que les sorties de stocks concernent en priorité les éléments les plus récents du stock.
La méthode du premier entré, premier sorti (PEPS), à l’inverse, considère que les sorties de stocks concernent
en priorité les éléments les plus récents du stock.
42
En période de variation des prix, la méthode retenue peut avoir des conséquences importantes.
Exemple
Le 1er mai, une entreprise démarre une activité commerciale. Voici les transactions du premier mois :
CMUP = [(10 000 x 10) + (20 000 x 13) ] / (10 000 + 20 000) = 12 €
- Le prix d’achat (après déduction des remises commerciales et des escomptes de règlements),
- Les droits de douane et autres taxes non récupérables (ce qui n’est pas le cas de la TVA généralement),
- Les frais de transport, de manutention et autres coûts directement attribuables à l’achat
43
TD 7
Burod’oc fait du négoce de mobilier de bureau. Le 1/1/N, son bilan se présente ainsi :
L’emprunt a été souscrit à l’origine le 1er janvier N sur une durée de 6 ans. Il est remboursé chaque 31 décembre
par amortissement constant du capital. L’intérêt, au taux de 6,2%, est réglé également au 31 décembre de chaque
année.
1er juin : achat de 200 bureaux pour une valeur totale de 216 000 € ; paiement à 90 jours.
9 octobre : achat de 180 bureaux pour une valeur totale de 192 600 € ; paiement à 90 jours.
44
Chapitre 5
POURQUOI FAUT-IL TENIR COMPTE DE L’EVOLUTION
DES STOCKS DE PRODUITS ?
1. LE PROBLEME
Deux amis ont mis au point un produit nouveau. Il s’agit d’un mini-compteur d’eau qui peut s’adapter sur tous les types de
robinets que l’on peut trouver dans un logement. Son intérêt, en période d’augmentation constante du prix de l’eau, est de
savoir instantanément combien on a consommé sur chaque point d’eau de la maison, plutôt que de découvrir a posteriori (et
souvent avec effroi…) le montant de la facture d’eau.
Le produit, techniquement, est extrêmement simple. Il est constitué d’une « bague filtrante » adaptable sur tout robinet et
d’un instrument de mesure du débit (débitmètre). Le but est de faire commercialiser le produit (baptisé AQUASTOP) par les
spécialistes du bricolage, notamment les chaînes spécialisées (Leroy Merlin, Castorama, Bricorama…).
On souhaite confier la fabrication des deux sous-ensembles (bague et débitmètre) à deux sous-traitants et de se consacrer à
l’assemblage des deux composants et au réglage du débitmètre.
Le prix d’achat de la bague est de 3 €, celui du débitmètre est de 6 €, le temps de montage par les ouvriers est estimé à 6
minutes (le coût de l’heure en salaire et charges sociales est de 30 €) et le réglage, pour des questions de réglementations, est
confié à l’APAVE (organisme spécialisé dans la qualité) et coûte 3 € par AQUASTOP. Le coût de production du produit est donc
de 15 €. Il sera vendu 20 €.
Le 1er octobre N, les deux amis décident de créer leur société, qui s’appellera ECOLEAU, avec les apports suivants :
- Numéraires : 1 500 000 € ;
- Stocks de bagues : 3 000 à 3 € ;
- Stock de débitmètre : 3 000 à 6 €.
Actif Passif
Stocks de bagues 9 000 Capital 1 527 000
Stocks de débitmètres 18 000
Banque 1 500 000
Total 1 527 000 Total 1 527 000
Les créateurs, afin d’alléger les charges de l’entreprise durant les six premiers mois, ont décidé de ne pas prendre de salaires.
Sur la période de novembre et décembre, ils décident de lancer en fabrication globalement 30 000 AQUASTOP et donc
achètent exactement les quantités correspondantes des deux composants. Il faudra donc régler aux ouvriers 3 000 heures à
30 €, et payer la facture de 90 000 € à l’APAVE.
La société, afin de faire connaître son produit, décide de faire en décembre N une campagne de publicité confiée à une agence
et qui coûte 100 000 €. Donc, au 31 décembre N, le compte de résultat, pour ce qui est des charges est le suivant :
Charges Produits
Achats de matières premières 270 000
Variation de stock de matières premières 0
Autres achats et charges externes 190 000
Salaires 90 000
Total 550 000
Il serait injuste de dire que l’entreprise a fait une perte de 550 000 € (la somme des charges) car en contrepartie, elle a fabriqué
30 000 AQUASTOP qu’elle possède et qui représente une certaine valeur même si ECOLEAU ne les a pas encore vendus. Elle
les a donc en stock, ce qui va générer une évolution du stock (on l’appelle en fait « production stockée »).
Cette production stockée sera inscrite du côté des produits (en faisant cette fois comme calcul : SF – SI car s’il ne s’agit pas
encore d’une vente, cela constitue bien une valeur pour l’entreprise.
45
2. LE CALCUL DE LA PRODUCTION STOCKEE
Ils doivent être valorisés au coût de production, hors coût de commercialisation. On considère en effet que les coûts de
commercialisation ont été engagés pour les produits vendus. Ainsi, les frais de publicité n’interviennent pas dans la valorisation
du stock final.
Ces stocks de produits finis apparaîtront donc au bilan pour ce qu’ils ont coûté à produire, 450 000 €. De ce fait la production
stockée s’établira à : 450 000 € - 0 € = 450 000 €.
Charges Produits
Achats de matières premières et autres Production stockée
approvisionnements - AQUASTOP (SF – SI) 450 000
- Bagues 90 000
- Débitmètres 180 000
Variation de stock de matières premières
et autres approvisionnements
- Bagues 0
- Débitmètres 0
Autres achats et charges externes
- Prestations APAVE 90 000
- Agence de publicité 100 000
Salaires et traitements 90 000 PERTE 100 000
Total 550 000 Total 550 000
L’entreprise a consommé 550 000 €, et elle n’a créé de la valeur que pour 450 000 € (c’est sa production en l’absence de tout
chiffre d’affaires) ; elle s’est donc appauvrie de 100 000 €, ce que confirme le bilan :
Actif Passif
Stocks de matières premières et Capital 1 527 000
autres approvisionnements Résultat - 100 000
- Bagues 9 000
- Débitmètres 18 000
Stocks de produits finis
- AQUASTOP 450 000
Banque 950 000
Total 1 427 000 Total 1 427 000
Le solde en banque est obtenu en partant du montant initial (1 500 000 €) et en soustrayant tout ce qui a été payé.
La perte est justifiée car 100 000 € ont été engagés en publicité sans générer de ventes !!!
Tous les stocks qui ont été achetés par l’entreprise, à savoir :
- marchandises
- matières premières
- autres approvisionnements,
voient leur variation s’inscrire du côté des charges sous la rubrique « variation de stock » (de manière à reconstruire la
notion de consommation) en faisant le calcul : SI – SF
Tous les stocks qui ont été produits par l’entreprise (que leur fabrication soit terminée ou pas) (et non pas vendus ce qui
est différent) à savoir :
- produits semi-finis ;
- Encours de biens ou de services ;
- Produits finis,
voient leur évolution s’inscrire du côté des produits sous la rubrique « production stockée » (de manière à reconstruire la
notion de production) en faisant le calcul : SF - SI
En poursuivant le scénario, si on imagine que le 2 janvier N+1 ECOLEAU vende 20 000 AQUASTOP à LEROY MERLIN au prix de
20 €, pour lesquels elle a des coûts de transport de 20 000 € (elle a utilisé les services de l’entreprise SERNAM.) On conviendra
qu’elle n’a fabriqué aucun AQUASTOP en N+1.
COMPTE DE RESULTAT
Charges Produits
Autres achats et charges externes Production vendue 400 000
- Prestation SERNAM 20 000 Production stockée -300 000
Bénéfice 80 000
Total 100 000 Total 100 000
Les articles sortis du stock l’ont été au CMUP (15 €), la sortie de stock a donc été de 300 000 € (20 000 x 15 €). Le stock final
est donc de 150 000 € (10 000 x 15 €)
La production stockée se chiffre à -300 000 €, donc elle peut être négative, ce qui correspond à un déstockage.
La production vendue (qui peut être de biens ou de services) correspond aux ventes réalisées ; Le chiffre d’affaires est donc de
400 000 €, en effet le CA est uniquement constitué des ventes de marchandises et de la production vendue de biens
ou de services à l’exclusion de toute autre rubrique.
NB : la somme de la production vendue et de la production stockée donne la production de l’entreprise, (ici 100 000 €).
En fait cette production est valorisée (pour la production vendue) en prix de vente, elle inclut donc la marge réalisée par
l’entreprise. Donc en N+1, l’entreprise n’a matériellement rien produit si ce n’est la marge réalisée.
5.2. LE BILAN
47
BILAN AU 2 JANVIER N+1
Actif Passif
Stocks de matières premières et Capital 1 527 000
autres approvisionnements Résultat N+1 80 000
- Bagues 9 000 Report à nouveau -100 000
- Débitmètres 18 000
Stocks de produits finis
- AQUASTOP 150 000
Banque 1 330 000
Total 1 507 000 Total 1 507000
Le stock final de produits finis se chiffre à 150 000 € (10 000 x 15 €).
Le solde en banque est obtenu en partant de la situation au 31 décembre N (950 000 €) et en ajoutant ce qui a été encaissé et
en soustrayant ce qui a été réglé, à savoir :
48
TD 8
Marges sur ventes de produits finis
Une entreprise de fabrication de sous-vêtements féminins présente le 1er janvier N le bilan suivant :
Actif Passif
Les achats sont réglés à 60 jours, les ventes à 90 jours et les salaires en fin de mois.
49
Chapitre 7
LES AMORTISSEMENTS
1 - NOTIONS D'AMORTISSEMENT
- Les acquisitions d'immobilisations sont enregistrées dans un compte de bilan. Par conséquent, il n'y
a aucune incidence sur le résultat de l'exercice. Pourtant, cette opération représente une charge. En
effet, les immobilisations subissent une dépréciation avec le temps, donc une perte de valeur. C'est
le rôle de l'amortissement de tenir compte de cette perte de valeur.
- L'amortissement est donc une charge mais une charge d'une nature particulière car elle ne se traduit
pas par un décaissement (sortie d'argent), ce dernier ayant eu lieu lors de l'acquisition du bien. C'est
pourquoi on parle de charge calculée ou non décaissée.
- Fonction comptable
Il permet de garantir la sincérité du bilan et l'image fidèle qu'il doit révéler.
- Fonction financière
Il constitue une charge venant réduire le résultat, or celle-ci n'est pas décaissée. Cette baisse du
résultat interdit alors aux actionnaires de distribuer le supplément de bénéfice qui serait apparu en
cas d'absence d'amortissement. Donc les sommes correspondant à l'amortissement restent à la
disposition de l'entreprise. Il s'ensuit qu'il constitue une source de financement pour l'entreprise.
- Fonction économique
Il permet de répartir le coût d'acquisition de l'immobilisation sur sa durée d'utilisation. On respecte
alors le principe d'indépendance des exercices.
- Valeur d'origine (VO) : prix d'acquisition du bien. Il est toujours hors TVA récupérable.
- Valeur comptable nette (V.N.C.) : différence, à une date donnée, entre la valeur d'origine et la
somme des annuités d'amortissement pratiqués à cette date. C’est la valeur d’inscription au bilan des
immobilisations.
- Annuités : somme calculée et comptabilisée chaque année. On parle de dotation aux amortissements.
50
L'évaluation de la dépréciation future d'un bien s'établit dans un plan d'amortissement. Pour chaque
bien on détermine une durée probable d'utilisation (durée de vie). La loi fiscale préconise des durées
normales d'utilisation :
A - LE SYSTEME LINEAIRE
Il constitue la méthode normale d'amortissement. Il revient à répartir de manière égale la dépréciation sur
la durée probable d'utilisation du bien.
1 - Principe
- L’amortissement linéaire doit être calculé à partir de la date exacte de mise en service du bien (à ne pas
confondre avec la date d'acquisition pouvant lui être antérieure)
- Si le bien est mis en service en cours d'exercice comptable, la première annuité doit être réduite au
prorata du temps d'utilisation (règle du prorata temporis). Ce prorata est calculé en jours (l'année est
comptée à 360 jours)
3 - Exemple de plan
Un matériel est acquis le 1/01/2021 et mis en service le 1/06/2021 pour 200 000 € (durée de vie : 5 ans).
1 - Principe
Ex. : Matériel ; V.O. = 100 000 € ; td = 40%. A1 = 100 000 x 0,4 = 40 000 => V.N.C.1= 60 000 ; A2 = 60
000 x 0,4 = 24 000 => V.N.C.2 =36 000 ; A3 = 36 000 x 0,4 = 14 400 => V.N.C.3 = 21 600 etc...
Remarques :
1° Le taux d'amortissement dégressif (td) est obtenu en appliquant au taux linéaire (t l) des coefficients
fixés par la législation fiscale. Les coefficients sont de :
- 1,5 si la durée de vie est de 3 ou 4 années
- 2 si elle est de 5 ou 6 années
- 2,5 si elle est supérieure à 6 années
2° En cas d'acquisition en cours d'année, le calcul de la première annuité se fait prorata temporis et se
calcule à partir du premier jour du mois d'acquisition. Ex. : pour un bien acquis le 31/7/06, la première
annuité sera calculée à compter du 1/7/06 même si le bien est mis en service le 15/8/06. Cette première
annuité se détermine en mois.
3° Si on applique intégralement ce système, il est impossible d'amortir complètement le bien car il reste
toujours une V.N.C. C'est pourquoi on doit cesser de pratiquer le dégressif à un moment donné pour
terminer dans les délais voulus en passant au mode linéaire.
Règle : on pratique le système linéaire à partir de l'année où le taux linéaire, calculé sur le nombre
d'années restant à amortir, devient supérieur au dégressif.
2 - Exemple
Une machine est acquise le 31/08/2021 pour 9 600 € H.T. Durée de vie prévue : 5 ans.
Ce système revient à majorer la charge d'amortissement des premières années par un jeu d’écriture. Il
s'ensuit une réduction du bénéfice et donc de l'impôt. C'est pourquoi la législation fiscale limite le
nombre de biens amortissables dégressivement aux :
52
- Biens d'équipement industriel : matériel utilisé dans les opérations de fabrication, transformation,
transport ; matériel de manutention, installation antipollution, installation de sécurité, bâtiment
industriel dont la durée de vie n'excède pas 15 ans, camions d'une charge utile supérieure à 2 tonnes
mais les camionnettes et véhicules de tourisme en sont exclus.
- Equipement mobilier et immobilier utilisés dans l'hôtellerie
- Immeubles industriels de construction légère (baraque de chantier)
A cette restriction s'ajoutent des conditions de forme à savoir que seuls les biens acquis neufs sont
admis et la durée d'utilisation doit être d'au moins 3 ans.
4 – PRESENTATION DU BILAN
L'actif est présenté en 3 colonnes, la première pour la valeur d'origine, la deuxième pour les
amortissements et la troisième pour la différence à savoir la valeur comptable nette. La colonne
amortissement enregistre le cumul des amortissements c'est à dire toutes les dotations effectuées depuis
l'acquisition du bien jusqu'à la date d'établissement du bilan.
BILAN N
ACTIF PASSIF
EX N EX N-1
Brut Amortissements Net Net
Immo V.O. Cumul Différence
Donc, les amortissements ne diminuent pas directement les comptes d'actif qui se déprécient.
Les biens totalement amortis, c'est à dire ceux dont la VNC est nulle, doivent être maintenus au bilan s'ils
sont encore utilisés.
53
TD 8
LES AMORTISSEMENTS
1) Un turbo encabulateur a été acquis le 18.12.N pour 1 760 000 €. On décide d'effectuer
l'amortissement dégressif sur 8 ans.
2) On amortit un matériel suivant le système dégressif. Cela donne lieu aux trois premiers
amortissements suivants :
3) Au 31.12.N, après inventaire, le matériel industriel de la société Mekka-Stagnett figure au bilan pour
une valeur nette comptable de 55 371,10 €. Il a été acquis en janvier N-3 et amorti dégressivement
sur 10 ans.
54
TD 8
MATHEMATIQUES FINANCIERES
a) On place une somme de 50 000 € pendant 3 ans, rémunéré à un taux d'intérêt de 8%.
Quelle est sa valeur acquise si la somme est placée à intérêts simples ? à intérêts composés ?
b) On place un capital de 65 000 € à intérêts composés pendant 6 ans et 9 mois, au taux annuel de 8%.
Calculer sa valeur acquise à la fin de la période de placement.
e) Une personne dispose de 10 000 €, le 31-12 N+1. En supposant que le taux moyen de dépréciation monétaire
se soit élevé à 10% ces deux dernières années, Calculer la valeur actuelle de son avoir au 01-01-N.
f) Un capital placé pendant quatre ans à intérêts composés au taux annuel de 7,5% donne une valeur acquise
égale à 86 805,49 €. Quel est le montant du capital ?
g) On s'engage à verser le premier janvier de chaque année une somme de 10 000 € pendant 3 ans.
- Date du premier versement : 01-01-N
- Date du dernier versement : 01-01-N+2
- Date de retrait de la valeur acquise : 31-12-N+2
- Taux de capitalisation : 11%
-
Calculer la valeur acquise au 31-12-N+2 ?
h) Une personne décide de verser régulièrement chaque année une somme de 15 000 €
- Date du premier versement : 01-01-N
- Date du dernier versement : 01-01-N+14
- Taux de capitalisation : 12%
Calculer la valeur acquise le jour du dernier versement, une période après le dernier versement, 4
périodes après le dernier versement.
i) On doit recevoir 3 sommes de 10 000 € chacune, la première étant versée le 31-12-N. En supposant que le taux
de dépréciation monétaire soit de 10% au cours de la période des versements, de quel pouvoir d’achat
dispose-t-on en euros constants le 01-01-N ?
j) Une société prévoit que ses recettes prévisionnelles pour une activité spécifique seront les suivantes au cours
des 5 prochaines années : 150 000 €, 180 000 €, 200 000 €, 200 000 €, 200 000 €. En prenant un taux
d'actualisation de 5%, quelle sera la valeur actuelle de toutes ces sommes au début de l'année 1 ?
55
Chapitre 8
Théorie des emprunts, problématique
L’emprunt ordinaire ne comporte qu’un seul prêteur (le banquier) par opposition à l’emprunt obligataire qui en
comporte une multitude. L’emprunteur doit payer au préteur des annuités.
Formalisation :
Capital
Période Intérêts Amortissements Annuités
restant dû
1 iV0 A1 a1 = iV0 + A1 V1 = V0 – A1
2 iV1 A2 a2 = iV1 + A2 V2 = V1 – A2
… … … … …
p iVp-1 Ap ap = iVp-1 + Ap Vp = Vp-1 – Ap
p+1 iVp Ap+1 ap+1 = iVp + Ap+1 Vp+1 = Vp – A p+1
… … … … …
n iVn-1 An an = iVn-1 + An Vn = Vn-1 - An
Dans le cadre du système d’emprunts à remboursements constants, démontrer que l’on a toujours :
Vo i
ap+1 – ap = -
n
Dans le cadre du système d’emprunts à annuités constantes, démontrer les relations suivantes :
Ap+1 = Ap(1+i)
et
Vo i
a=
1 – (1+i) -n
56
Chapitre 8
Théorie des emprunts, démonstration des formules
1. RELATION AMORTISSEMENTS-ANNUITES
ap+1 - ap = iVp + Ap+1 –iVp-1 - Ap ; or, Vp = Vp-1 – Ap => ap+1 - ap = iVp-1 - i Ap + Ap+1 – iVp-1 - Ap
Vo i
ap+1 – ap = - Progression arithmétique décroissante de raison : -V0i/n
n
Comme V0 = A1 + A2 + A3 … + An
A1 [(1+i)n -1]
V0 =
i
a (1+i) –n [(1+i)n – 1]
V0 =
i
a [1 - (1+i)-n]
V0 =
i
Vo i
a=
1 – (1+i) -n
57
TD 8
Théorie des emprunts
1. Une personne emprunte 200 000 € remboursables en 5 amortissements constants. Sachant que le taux
d’intérêt annuel est de 12 %, dressez le tableau d’amortissement de l’emprunt.
3. Vous disposez du tableau d’amortissement suivant d’un emprunt indivis remboursable par annuités
constantes.
Capital restant dû en
Années Intérêts Amortissements Annuités
début de période
1 36 967,72
2 31 563,88
3
4 175 256,14
5 123 319,16
...
n
Il est demandé :
4. Une entreprise souscrit un emprunt de 200 000 € le 1/1/N auprès du crédit vinicole (taux d’intérêt : 11,5 %)
remboursable en 10 annuités constantes.
58
59
Chapitre 10
LE CHOIX DES INVESTISSEMENTS
1 LES PARAMETRES
Investir, c’est acquérir un bien dont on attend des avantages durables. C’est donc renoncer à une liquidité
immédiate dans l’espoir de gains futurs.
Investissement de remplacement
Investissement de maintien Investissement forcé
Investissement stratégique défensif
L’investissement forcé correspond aux investissements qu’il est nécessaire d’entreprendre pour maintenir l’outil
de travail en état. Ce type de dépense est considéré comme indispensable pour la survie de l’entreprise. Il peut
être considéré comme volontaire s’il est entrepris avant que l’outil ne devienne obsolète.
Les investissements volontaires sont ceux qui permettent d’atteindre des objectifs déterminés par la stratégie
de l’entreprise. Ce type de dépense n’est a priori pas vital pour l’avenir immédiat, mais il conditionne la croissance
et le développement de l’entreprise.
L’intérêt de cette classification est de faire la part des investissements pour lesquels il est possible d’envisager un
calcul rationnel (seconde catégorie), de ceux qui s’imposent, y compris contre toute rationalité financière
(première catégorie). Il est clair également que si une priorité doit être établie, elle ira a priori aux investissements
de maintien.
60
Investissements de diversification. Ils se traduisent également par une augmentation de la capacité,
mais dans un domaine nouveau pour l’entreprise (exemple : lancement par BIC de rasoirs jetables).
Investissement d’innovation. Ils sont conçus pour exploiter une nouvelle technologie. Ils nécessitent
souvent une réorganisation des modalités de production et une redéfinition des compétences et des
postes de travail.
Investissements sociaux. Ils sont destinés à améliorer les conditions de vie du personnel : crèches,
cantines, salles de sport… Ils se traduisent par une meilleure productivité et par une plus grande stabilité
du personnel (réduction du turnover).
On distingue dans ce cas les investissements productifs dont le but est d’améliorer la rentabilité des
investissements non productifs dont le but est d’améliorer le confort et pour lesquels il n’est pas possible de faire
un calcul de rentabilité puisque les gains attendus ne peuvent faire l’objet d’une précision suffisante. Seuls les
investissements productifs font l’objet d’un calcul de rentabilité puisque leur impact sur le chiffre d’affaires et les
coûts sont mesurables.
0 1 2 … n
-I FMN1 FMN2 … FMNn
Dépense initiale qui mesure le volume des fonds que l’entreprise consacre au projet. Il comprend :
- Coût d’achat du bien,
- Frais d’études préalables au projet,
- Coût de transport et droits de douanes,
- Frais de mise en service,
- Formation du personnel
- Besoin supplémentaire en fonds de roulement.
Un investissement engendre à chaque période de sa durée de vie des flux monétaires positifs (Encaissements) et
des flux monétaires négatifs (Décaissements). On a d’une manière générale : FMt = Et – Dt
Brut : Avant IS (Impôt sur les sociétés)
Net : Après IS
IS =1/3 BB (Bénéfice brut)
Exemple : Voici les comptes d’une entreprise pour l’année N (en H€) : CA = 2 000
Achats = 300
Salaires = 200
DAP = 600
Calculez le bénéfice brut, le bénéfice net, l’impôt sur les sociétés, le flux monétaire brut et le flux monétaire net.
61
BB = 2 000 – 300 – 200 – 600 = 900
IS = 900/3 = 300
BN = 900 – 300 = 600
FMB = 2 000 – 300 – 200 = 1 500
FMN = 1 500 – 300 = 1 200
FMNt = FMBt - ISt (1 500 – 300)
FMNt = BNt + DAPt (600 + 600)
0 1 2 3
- 240 100 100 100
2 L’ACTUALISATION
Faire du calcul économique, c'est principalement comparer des coûts et des avantages monétairement évaluables.
Les uns et les autres sont datés : autrement dit, les coûts sont subis à certains moments et les avantages sont
obtenus à d'autres moments. Pour en faire le bilan, il faut rendre comparable ces coûts et ces avantages subis ou
perçus à des moments différents. C'est l'objet de l'actualisation.
Soit le projet d'investissement X suivant. L'investissement initial de 240 € est effectué à la fin de l'année 0. Il
correspond à des machines d'une durée de vie de 3 ans. Les profits (différence entre les recettes et les coûts) sont
de 100 € chaque année (pour simplifier, on suppose qu'ils sont touchés le dernier jour des années 1,2 et 3).
Le projet est apparemment rentable puisqu'il rapporte 300 € alors qu'il ne coûte que 240 €. En réalité, les choses
sont moins simples car on ne peut pas comparer directement deux sommes reçues à deux dates différentes.
Une somme de 100 € placée aujourd'hui à 10% rapporte 10 € au bout d'un an et sont donc devenus 110 €. Replacés
une année de plus au même taux, ces 110 € rapportent 11 € ; ils sont ainsi devenus 121 € ; replacés encore une
année, les 121 € rapportent 12,1 € ; ils sont donc devenus 133,1 €. Les 100 € initiaux ont donc été multipliés par 1,1
à l'issue de la première année ; à nouveau par 1,1 au cours de la deuxième : soit par 1,1 x 1,1, c'est à dire (1,1)2 ou
1,21 ; enfin, à l'issue de la troisième année, les 133,1 € obtenus correspondent bien à 100 € multipliés par (1,1)3.
C’est le principe des intérêts composés : une somme S placée n années au taux d'intérêt r devient S (1 + r) n.
L'actualisation est la réciproque de ce phénomène.
LE COEFFICIENT D'ACTUALISATION
Imaginons que le taux d'intérêt soit encore de 10 % et que vous deviez recevoir 242 € dans un an. Quelle somme
accepteriez-vous de recevoir aujourd'hui pour renoncer à ces 242 € dans un an ? La réponse est 220 €. Placé
aujourd'hui au taux 10 %, ces 220 € vous rapporteraient en effet 22 € ; ils seraient donc devenus 242 € dans un an
(ils auraient été multipliés par 1,1). Autrement dit, 242 € dans un an et 220 € aujourd'hui sont des sommes
équivalentes. On dit que 220 € est la valeur actuelle des 242 €. Pour obtenir cette valeur actuelle, il a suffi de
diviser 242 par 1,1 ou - ce qui revient au même- de les multiplient par 1/1.1 soit 0,9091. Ce nombre est appelé
coefficient d'actualisation. Si le taux d'intérêt est r, le coefficient d'actualisation d'une somme disponible dans un
an est donc 1/1+r.
Imaginons maintenant que vous ne deviez recevoir les 242 € que dans deux ans. Quelle est la valeur actuelle, c'est
à dire la somme qu'il vous serait indifférent de recevoir aujourd'hui à la place des 242 € ? Cette somme, si vous la
placiez pendant 2 ans, devrait devenir 242 €. Or, une somme placée pendant deux ans à 10 % voit par définition
62
sa valeur multipliée par 1,1 chaque année, c'est à dire au total par (1,1) 2, soit par 1,21. La valeur actuelle de 242 € à
recevoir dans deux ans est donc 242/1,21 = 200 (par le jeu des intérêts composés, 200 € aujourd'hui donneront
242 € dans deux ans). Le coefficient d'actualisation est donc maintenant de (1/1,1 2) soit 0,8264.
Récapitulons. 242 € à recevoir dans un an valent aujourd'hui 220 €. Mais seulement 200 € s'ils sont à recevoir dans
les deux ans. Autrement dit plus la somme à recevoir est éloignée, plus sa valeur actuelle est faible. C'est logique
puisque le coefficient d'actualisation diminue avec la durée : 0,9091 pour une somme disponible dans un an.
0,8264 si elle l'est dans deux ans ; (1/1,13) c'est à dire 0,7513 si la somme est disponible seulement dans 3 ans :
d'une façon générale (1/1+r) n si la somme à actualiser doit être reçue dans n années. La valeur actuelle des profits
du projet X est donc la somme :
(1/1,1) x 100 € + (1/1,12) x 100 € + (1/1,13) x 100 € = (0,9091 x 100€) + (0,8264 x 100 €) + (0,7513 x 100 €).
La valeur actuelle dépend du niveau auquel on actualise : plus le taux d'actualisation r est élevé, plus la valeur
actuelle est faible, puisque r apparaît au dénominateur du coefficient d'actualisation. Par exemple, si n = 3, le
coefficient est de 0,864 avec un taux de 5 %, de 0,751 avec un taux de 10 % et de 0,578 si le taux est de 20 %
Nous disposons maintenant de tous les éléments pour étudier le projet X. Le tableau donne les valeurs actuelles
des profits attendus de l'investissement. Il suffit pour chaque année de multiplier 100 € (profit attendu) par le
coefficient d’actualisation (1/1+r) qui convient. On a calculé plus haut ceux qui correspondent à r = 10 %. La valeur
actuelle nette des profits des trois années est dans ce cas de 248,69 €. Compte tenu d'un investissement initial de
240 €, la valeur actuelle nette du projet est donc de 8,69 €.
On constate que la valeur actuelle des profits est d'autant plus faible que le taux d'actualisation (le taux d'intérêt)
est élevé. C'est logique : plus ce taux est élevé, plus les profits futurs sont réduits par l'actualisation.
Il existe un taux - 12,045 % exactement - pour lequel la valeur actuelle des profits est égale à celle de
l'investissement. Ce taux d'actualisation qui annule la valeur actuelle nette est en général appelé le taux interne
de rendement de l'investissement par les spécialistes de la gestion et le taux de rentabilité interne par les
économistes. Il s'agit d'une définition rigoureuse de la rentabilité. Si l'entrepreneur emprunte les fonds nécessaires
au projet x à un taux d'intérêt supérieur à ce taux de rendement, il fait des pertes. S'il emprunte à un taux d'intérêt
inférieur, il réalise un profit. S'il emprunte au même taux, le profit réalisé est nul.
Le taux interne de rendement permet de classer tous les projets d'investissement par ordre de rentabilité
décroissante. Au fur et à mesure que le taux de rentabilité baisse, le nombre de projets rentables augmente : le
volume de l'investissement doit donc augmenter.
63
3 LES CRITERES DE CHOIX
C’est un indicateur de risque. Il s’agit du temps nécessaire pour récupérer les capitaux investis. Un projet est
considéré comme rentable si son délai de récupération ne dépasse pas un délai maximum déterminé par
l’entreprise. S’il existe plusieurs projets concurrents dont le délai de récupération est inférieur au délai de
récupération maximal, c’est celui dont le délai de récupération est le plus court qui doit être choisi.
Si l’on note :
D : Délai de récupération ;
𝐈
I : Coût de l’investissement ; Si les flux monétaires sont constants : 𝐃 = 𝐅𝐌𝐍
FMN : Flux monétaire net
Si les flux monétaires sont irréguliers annuellement, il suffit de calculer les flux monétaires cumulés jusqu’à l’année
pour laquelle le montant obtenu atteint ou dépasse l’investissement initial.
D = 2 ans et 8 mois
Il est préférable de calculer le délai nécessaire pour que la valeur des flux monétaires actualisés égale le montant investi.
Soit un investissement de 20 000 € dont les FMN sont, taux d’actualisation 10%. (Année à 360 jours) :
Année Flux monétaires nets Flux monétaires actualisés Flux monétaires actualisés cumulés
1 12 000 € 12 000 (1,1)-1 = 10 909 10 909 €
2 7 000 € 7 000 (1,1)-2 = 5 785 16 694 €
3 6 000 € 6 000 (1,1)-3 = 4 508 21 202 €
4 6 000 € 6 000 (1,1)-4 = 4 098 25 300 €
Des flux de trésorerie non pris en compte. Ce critère prend uniquement en compte la rapidité avec laquelle
l’investissement initial peut être récupéré. Il occulte toutefois des informations pertinentes, notamment les flux de
trésorerie postérieurs à la période de récupération. Elle risque de conduire à négliger des investissements avec un
long délai de récupération alors même qu’ils peuvent s’avérer très rentables.
64
Un mode de gestion du risque rudimentaire. En favorisant les projets dont le délai est court, ce critère permet
de gérer le risque. Toutefois, il risque d’occulter d’autres risques (surestimation de la demande prévisionnelle, sous-
estimation des coûts de fonctionnement…).
La détermination d’un délai de récupération cible. Aucune base objective ne peut être utilisée pour déterminer
cette cible, il s’agit juste d’une question de jugement. (Voir l’encadré « De la théorie à la pratique »).
La VAN est la valeur actualisée des flux monétaires prévus de laquelle on déduit le montant de l’investissement
lui-même actualisé s’il y a lieu.
Soit I l’investissement, FMNt le flux monétaire prévu pour la période t, i le taux d’actualisation :
𝒏
- Meilleur taux de placement sur le marché financier sans risque + quelques points pour tenir compte des
erreurs de prévisions et du risque ;
- Taux moyen de rentabilité des capitaux investis (Rare !)
L’indice de rentabilité (IR) est le rapport de la valeur actualisée des flux monétaires prévus d’un projet au montant
de l’investissement (I).
65
𝑭𝑴𝑵 𝒂𝒄𝒕𝒖𝒂𝒍𝒊𝒔é𝒔
𝑰𝑹 =
𝑰
Il convient de choisir les projets ayant un indice supérieur à 1, donc ceux qui rapportent plus qu’ils ne coûtent.
Le TRI est le taux d’actualisation qui, appliqué aux flux monétaires d’un projet, leur donne une valeur égale au
montant de l’investissement. C’est donc le taux qui annule la VAN.
Le TRI r est tel que :
𝒏
−𝑰 + ∑ 𝑭𝑴𝑵𝒕 (𝟏 + 𝒓)−𝒕 = 𝟎
𝒕=𝟏
Si TIR ≥ i => oui
Si TIR < i => non
𝟏 − 𝑭𝑴𝑵(𝟏 + 𝒓)−𝒏
𝑰=
𝒓
Dans le cas où les flux monétaires ne sont pas constants, il faut découvrir la solution par tâtonnements, car il s’agit
d’une équation de degré n.
On actualise les flux monétaires à un certain taux ; si la valeur actuelle nette obtenue est positive, le taux utilisé
est trop faible, on refait le calcul avec un taux plus élevé ; si la valeur actuelle nette obtenue est négative, le taux
utilisé est trop fort, on refait le calcul avec un taux plus faible. On procède ainsi de façon à obtenir deux taux
situés de part et d’autre du taux de rendement recherché. Pour terminer, il convient d’interpoler.
VAN
Interpolation
linéaire
198,08
20%
i
-8,86 10
%
𝑟 − 0,1 0 − 198,08
= => 𝑟 = 19,50%
0,2 − 0,1 −8,86 − 198,08
66
4 CAS PARTICULIERS
Premier cas
0 1 2 3
(A)
-100 90 20 20
0 1 2 3
(B)
-100 10 20 130
Compte tenu d’un taux d’actualisation de 8%, quel est le projet le plus rentable ?
A B CHOIX
VAN 16,36 29,61 B DIVERGENCE
TIR 20% 19% A
Pourquoi ?
La divergence de résultat est due aux hypothèses différentes quant au taux de réinvestissement des flux
monétaires. La formule de la VAN suppose implicitement que les flux monétaires sont réinvestis au taux
d’actualisation alors que la formule du TIR suppose qu’ils sont réinvestis au taux du TIR.
Comment faire ?
Solution proposée par SOLOMON consistant à prendre en considération une hypothèse explicite de taux de
réinvestissement des flux monétaires et à calculer la VAN globale et le TIR global.
Calcul de la VANG : on détermine d’abord la valeur acquise par les flux monétaires au taux de
réinvestissement choisi puis on ramène cette somme à l’époque 0 en l’actualisant au taux de d’actualisation.
En ôtant I on obtient la VANG.
𝒏
VANG = −𝑰 + [∑𝒕=𝟏 𝑭𝑴𝑵𝒕 (𝟏 + 𝒋)𝒏−𝒕 ](𝟏 + 𝒊)−𝒏
Calcul du TIRG : on recherche le taux d’actualisation r qui rend la VANG nulle, donc r tel que :
𝒏
Soit j = 18%
TIRG (A) : r tel que : VANG (A) = 0 => -100 + [90(1,18)2 + 20(1,18) + 20]] (1+r) -3 = 0 => r = 19%
TIRG (B) : r tel que : VANG (B) = 0 => -100 + [10(1,18)2 + 20(1,18) + 130]] (1+r) -3 = 0 => r = 18%
67
Deuxième cas
0 1 2
(A)
-100 90 40
0 1 2 3
(B)
-100 20 60 70
Compte tenu d’un taux d’actualisation de 10%, quel est le projet le plus rentable ?
Solution
a) Effectuer le calcul de rentabilité sur une durée de vie égale au PPCM des deux durées de vie en
supposant les projets renouvelés à l’identique.
0 1 2 3 4 5 6
(A)
- 100 90 -60 90 -60 90 40
0 1 2 3 4 5 6
(B)
-100 20 60 -30 20 60 70
- Peut conduire à des calculs lourds sur des durée de vie très longue ;
- Repose sur une hypothèse peu réaliste, celle du renouvellement à l’identique (néglige le phénomène du
progrès technologique et celui de l’inflation)
b) Raisonner sur la durée de vie la plus courte en prenant en compte la valeur résiduelle du projet le
plus long à l’échéance choisie
0 1 2
(B)
-100 20 60 + 50 = 110
c) Se donner un taux de réinvestissement des FMN et calculer la VANG et le TIRG sur une durée de vie égale à la durée de
vie du projet le plus long
Si taux de réinvestissement de 12%, on a :
VANG (A) = -100 + [90 (1,12)2 + 40(1,12)] (1,1) -3 = 18,5
VANG (B) = -100 + [20 (1,12)2 + 60(1,12) + 70] (1,1) -3 = 22
68
5 DECISION D’INVESTISSEMENT EN AVENIR INDETERMINE
L’avenir est indéterminé lorsqu’on n’est pas capable de donner de probabilité à la survenue d’événements futurs.
Une entreprise étudie 4 projets dans 3 contextes différents. Après étude, les VAN sont fournies ci-après :
1) Critère de Bayes-Laplace
Pour chaque projet, on calcule la moyenne arithmétique des VAN possibles et le choix porte sur le projet pour
lequel la moyenne est la plus grande.
Projet A : 1 167
Projet B : 1 233 Non car on suppose qu’il y a équiprobabilité ici !!!!
Projet C : 800 Ce n’est pas un critère adapté à ce type de contexte
Projet D : 833
2) Critère de Wald
On détermine la VAN la plus faible de chaque projet et on choisi le projet pour lequel cette VAN la plus faible
est la plus forte :
A : 1 000
B : 800
C : -100
D : 400
On choisit A
Critère adapté à la psychologie d’un investisseur prudent craignant surtout les mauvais résultats.
3) Critère du Maximax
4) Critère de Hurwicz
On calcule, pour chaque projet, une moyenne arithmétique pondérée (H) du résultat le meilleur (M) et du résultat
le moins bon (m). Les coefficients de pondération sont 𝞪 pour M et (1-𝞪) pour m. Ils sont compris entre 0 et 1.
On donne à 𝞪 une valeur proche de 1 quand le décideur est audacieux et proche de 0 quand il est prudent.
69
𝞪 = 0,2 𝞪 = 0,7
A 1 300 x 0,2 + 1 000 x 0,8 = 1 060 1 300 x 0,7 + 1 000 x 0,3 = 1 210
B 940 1 290
C 320 1 370
D 540 890
5) Critère de Savage
Il consiste :
- A identifier, pour chaque événement, le projet qui donnerait le meilleur résultat si cet événement se réalisait ;
- A calculer, pour chaque événement supposé réalisé, les manques à gagner (regrets) qui résulteraient de
l’adoption des autres projets que celui identifié au premier point. On obtient alors une matrice des regrets.
- A déterminer, pour chaque projet, le regret maximal ;
- A choisir le projet pour lequel le regret maximal est minimal.
70
TD 10
Les critères de choix des investissements
1) La société Tavu a mis au point un produit nouveau susceptible d’intéresser un large public. La direction du marketing
a établi les prévisions d’encaissement et de décaissement portant sur 5 ans. Au-delà, il est fort probable que le
produit devra, sinon être abandonné, du moins être transformé.
La direction des services techniques et la direction financière ont calculé que la production envisagée nécessiterait un
investissement de 700 K€. Cet investissement serait constitué par un ensemble de machines représentant une valeur
de 600 K€ et par une augmentation du besoin en fonds de roulement de 100 K€. Les machines seraient amorties
linéairement sur cinq ans et leur valeur résiduelle serait nulle. Au terme de la cinquième année, il y aurait récupération
du besoin en fonds de roulement. Les décaissements et encaissements d’exploitation (donc sans tenir compte de
l’impôt) relatifs à cet investissement ont été évalués comme suit :
ANNEE 1 2 3 4 5
Décaissements prévus (K€) 400 450 520 540 500
Encaissements prévus (K€) 520 730 1 000 885 640
Compte tenu d’un taux d’actualisation de 10% et d’un taux d’impôt de 33%, on vous demande d’évaluer la rentabilité de
cet investissement par la méthode de la VAN et celle du TIR.
2) Un projet d’investissement nommé Kenta de 100 000 €, amortissable en linéaire sur 4 ans a fait l’objet d’une étude
de laquelle on extrait les informations suivantes :
ANNEE 1 2 3 4
Nombre d’unités produites et vendues 1 000 1 200 1 400 1 700
Prix de vente unitaire 100 103 106 109
Coût variable unitaire 50,909 54,515 46,909 53, 652
Charges fixes y compris amortissements 40 000 40 000 50 000 50 000
La valeur résiduelle est nulle. L’impôt sur les bénéfices est d’un tiers.
Calculer le taux de rentabilité interne et la valeur actuelle nette, au taux de 10%, de ce projet.
L’investissement étant spécifique, il est difficile de lui attribuer une valeur résiduelle. Celle-ci pourrait d’ailleurs
être négative (si l’entreprise devait faire appel à une société spécialisée pour se débarrasser du matériel).
En désignant par X cette valeur résiduelle, exprimer la VAN en fonction de X en prenant 10% comme taux d’actualisation.
Pour quelle valeur de X la valeur actualisée nette serait-elle nulle ? Quel serait alors le taux interne de rentabilité ?
3) L'entreprise TOOL PROFESSIONAL est une importante société spécialisée dans la production de machines-outils. Les
dirigeantes souhaitent développer leur activité internationale afin de répondre aux besoins des pays émergents.
L'investissement à réaliser serait de 850 000 €, amortissable sur cinq ans selon le système dégressif fiscal français
(le coefficient à appliquer est de 2). La valeur résiduelle est supposée nulle.
Les études économiques entreprises montrent que la première année le chiffre d'affaires espéré serait de l’ordre de 550
000 €, avec une croissance de 10% chaque année. Les charges d'exploitation (hors amortissements et impôts sur les
sociétés) seraient la première année de 330 000 € et croîtraient ensuite constamment chaque année de 8 000 €. Le
besoin en fonds de roulement d'exploitation induit par cette activité représenterait 18 jours de chiffre d'affaires (5%). Ce
BFR est nécessaire dès le début de chaque année et supposé récupéré au terme des cinq ans (lancement d'une nouvelle
activité).
L'entreprise est soumise au taux de l'impôt sur les sociétés qui est d’un tiers. L'entreprise est et restera bénéficiaire sur
les autres activités traditionnelles.
71
Ce type d'investissement qui concerne une activité internationale est relativement risqué, aussi un taux de rentabilité de
14% est souhaité par les dirigeants. Ils pensent que les retours sur investissement devraient permettre de le rentabiliser
après environ trois années d'activité.
72
73
ANALYSE
FINANCIERE
_____________________________________________________________________________________________
L’analyse financière permet aux dirigeants d’apprécier, à partir du bilan et du compte de résultat, la
performance et l’équilibre financier de leur entreprise, de prendre des mesures correctives si nécessaires
et d’anticiper les impacts financiers de leurs décisions.
Elle peut aussi être réalisée par les autres parties prenantes de l’entreprise comme les banques, les
clients, les fournisseurs, les actionnaires, les salariés, etc.
Cette analyse s’appuie sur la construction d’un tableau des soldes intermédiaires de gestion, d’un bilan
fonctionnel et sur le calcul de ratios financiers.
74
1. ANALYSE DES PERFORMANCES FINANCIERES
75
La CAF mesure la capacité de l’entreprise à s’autofinancer avant prélèvement des dividendes. Elle
correspond à des flux de trésorerie potentiel issu des opérations de gestion de l’année. Il s’agit d’une
source de financement interne que l’entreprise peut utiliser pour financer ses investissements ou pour
rembourser des emprunts. Pour la calculer, seuls les produits encaissables et les charges décaissables
(hors opérations de cession) sont intégrés.
On peut la calculer de deux manières :
Année
Résultat net
+ Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions
- Reprises sur amortissements, dépréciation et provisions
+ Valeur comptable des éléments d’actifs cédés
- Produit des cessions des éléments d’actifs cédés
= CAF
Année
EBE
+ Produits financiers encaissables
- Charges financières décaissables
+ Produits exceptionnels encaissables
- charges exceptionnelles décaissables
- Impôts sur les sociétés
= CAF
3 L’autofinancement
Il correspond aux ressources de financement dégagées par l’entreprise après rémunération de ses
propriétaires. A partir de la CAF il est possible da calculer l’autofinancement, en lui ôtant les dividendes.
Le taux de marge commerciale. Tout d’abord, la marge commerciale fournit des informations sur le
pouvoir de négociation de l’entreprise sur ses prix de vente et ses prix d’achat. Le taux de marge
commerciale permet d’évaluer sa capacité à dégager de la marge pour 100 € de CA. Il se calcule
ainsi :
𝐦𝐚𝐫𝐠𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐫𝐜𝐢𝐚𝐥𝐞
𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐫𝐠𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐫𝐜𝐢𝐚𝐥𝐞 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎
𝐂𝐡𝐢𝐟𝐟𝐫𝐞 𝐝′𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬
76
Le taux de valeur ajoutée (et la répartition de la valeur ajoutée). Il permet d’apprécier la création de
richesse par l’entreprise et traduit son aptitude à rémunérer ses différentes parties prenantes.
𝐕𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞
𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎
𝐂𝐡𝐢𝐟𝐟𝐫𝐞 𝐝′𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬
Pour étudier la répartition de la valeur ajoutée, les ratios suivants peuvent être calculés :
𝐂𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥
𝐏𝐚𝐫𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞 𝐚𝐥𝐥𝐨𝐮é𝐞 𝐚𝐮 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎
𝐂𝐡𝐢𝐟𝐟𝐫𝐞 𝐝′ 𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬𝐕𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞
𝐂𝐀𝐅 − 𝐃𝐢𝐯𝐢𝐝𝐞𝐧𝐝𝐞𝐬
𝐏𝐚𝐫𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞 𝐚𝐥𝐥𝐨𝐮é𝐞 à 𝐥′𝐚𝐮𝐭𝐨𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎
𝐕𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞
𝐃𝐢𝐯𝐢𝐝𝐞𝐧𝐝𝐞𝐬
𝐏𝐚𝐫𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞 𝐚𝐥𝐥𝐨𝐮é𝐞 𝐚𝐮𝐱 𝐚𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎
𝐕𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞
Le taux d’excédent brut d’exploitation (EBE). L’EBE est un indicateur fortement suivi en pratique car
il correspond au flux potentiel de trésorerie généré par l’exploitation avant prise en compte des
politiques d’amortissement et de financement. Le taux d’EBE se calcule ainsi :
𝐄𝐁𝐄
𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝′𝐄𝐁𝐄 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎
𝐂𝐡𝐢𝐟𝐟𝐫𝐞 𝐝′𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬
𝐑é𝐬𝐮𝐥𝐭𝐚𝐭 𝐝′𝐞𝐱𝐩𝐥𝐨𝐢𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧
𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐫𝐠𝐞 𝐨𝐩é𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎
𝐂𝐡𝐢𝐟𝐟𝐫𝐞 𝐝′𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬
Illustration : les taux de marge opérationnelle de grands constructeurs automobiles sont les suivants :
77
𝐑é𝐬𝐮𝐥𝐭𝐚𝐭 𝐧𝐞𝐭
𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐫𝐠𝐞 𝐧𝐞𝐭𝐭𝐞 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎
𝐂𝐡𝐢𝐟𝐟𝐫𝐞 𝐝′𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬
78
5 L’analyse de l’équilibre financier
L’analyse de l’équilibre financier d’une entreprise permet d’évaluer la bonne adéquation entre les moyens
économiques et les ressources financières mobilisées. Elle suppose de construire un bilan fonctionnel qui reclasse
les différents postes du bilan selon leur fonction : investissement, financement, exploitation et trésorerie.
La fonction investissement renvoie aux emplois stables, c’est-à-dire les investissements que l’entreprise a réalisé
en immobilisations. Ces actifs de long terme doivent être couverts par des ressources de long terme qui
comprennent les capitaux propres et les dettes supérieures à un an.
La fonction exploitation est liée aux éléments de l’actif circulant (hors disponibilités) utilisés dans le cadre du cycle
d’exploitation ainsi qu’aux dettes liées à l’activité.
La trésorerie est la conséquence des choix réalisés au niveau des trois fonctions (investissement, financement et
exploitation).
Le bilan fonctionnel est construit à partir des valeurs historiques des actifs et non de leur valeur actuelle. C’est
pour cela que les postes d’actif sont représentés pour leur valeur brute.
Quant aux amortissements et dépréciations, ils sont ajoutés aux ressources stables : comme ils ne se traduisent
pas par des décaissements, ils constituent des ressources stables qui participent au financement (autofinancement)
des immobilisations.
B. Equilibre financier
Apprécier l’équilibre de la structure financière de l’entreprise consiste à étudier comment les besoins de
financement sont couverts par des ressources, en distinguant les trois fonctions (investissement, financement et
exploitation).
79
B.1 Fonds de roulement (FR)
Le fonds de roulement (FR) évalue l’excédent de ressources stables (à long terme) après financement des emplois
stables (à long terme). Il doit être positif, ce qui correspond à une ressource nette, c’est-à-dire que les emplois
stables doivent être financés par des ressources stables.
Il arrive que le BFR soit négatif. Cela signifie que l’activité de l’entreprise génère un excédent de ressources et non
un besoin de financement. Cette situation est fréquente dans le secteur de la grande distribution car les
consommateurs règlent au comptant alors que les entreprises bénéficient de délai de règlement de leurs
fournisseurs. De plus, la rotation des stocks y est importante.
- Si le FR est supérieur au BFR, les fonds non utilisés se retrouvent en disponibilités, ce qui correspond à une
trésorerie nette positive.
- Si le FR est insuffisant, la part du BFR non financée sera couverte par du découvert bancaire (les concours
bancaires courants), ce qui aboutit à une trésorerie nette négative.
- Si le FR correspond exactement au BFR, la trésorerie est nulle.
Trésorerie nette = trésorerie active – trésorerie passive
Les ressources stables doivent financer les emplois stables, donc le FR doit être positif.
Le BFR doit être financé par des ressources stables, le FR doit être supérieur au BFR.
80
C. Equilibre financier : exemple de configurations
1
Besoins de Ressources
financements nets nettes
2
Besoins de Ressources
financements nets nettes
3
Besoins de Ressources
financements nets nettes
Les emplois stables sont financés par des ressources
stables. Le BFR est négatif, il correspond donc à une
FR > 0 ressource nette. Ces deux ressources nettes (FR positif et
TN > 0
BFR négatif) se retrouvent en disponibilités, c’est-à-dire
en trésorerie nette positive. Cette situation se retrouve
BFR < 0 dans la grande distribution.
4
Besoins de Ressources
financements nets nettes
Il n’y a pas suffisamment de ressources stables pour
FR < 0 financer les emplois stables, le FR est donc négatif. Au
même titre que le BFR positif, il représente un besoin de
TN < 0 financement net. Ces deux besoins nets de financement
(FR négatif et BFR positif) sont couverts par des
BFR > 0 découverts (trésorerie nette négative). Cette situation
est très dangereuse.
81
6 Application : société Alexis
► L’entreprise Alexis est spécialisée dans la vente en gros de tapis. Voici son compte de résultat (milliers d’euros):
N N-1
Chiffre d’affaires 2 681 2 240
Achats de marchandises 2 378 1 804
Variations des stocks de marchandises -106 -59
Charges externes 33 26
Charges de personnel 285 192
Impôts et taxes 12 9
Dotations aux amortissements 32 25
Résultat d’exploitation 47 243
Produits financiers 0 0
Charges financières 32 18
Résultat financier -32 -18
Produits exceptionnels 2 2
Charges exceptionnelles 3 12
Impôts sur les sociétés 3 50
Résultat net 11 165
Informations complémentaires :
- Des dividendes d’un montant de 40 millions d’euros sont versés chaque année.
- L’entreprise emploie,13 661 salariés au 1re janvier N-1, 13 995 au 1er janvier N et 18 623 au 1er janvier N+1.
- En N, l’entreprise met en place un nouvel entrepôt et un nouveau centre de distribution afin d’accroître son
activité.
82
► Voici le bilan de l’année N de l’entreprise Alexis (milliers d’euros) :
ACTIF N N-1
Brut Amort. Net Brut Amort. Net
et dép. et dép.
Actif immobilisé
Terrains et constructions 472 35 437 401 20 381
Matériels et outillages 217 57 160 169 40 129
689 92 597 570 60 510
Actifs circulants
Stocks 406 406 300 300
Clients 273 273 240 240
Disponibilités 0 0 4 4
679 679 544 544
Total de l’actif 1 368 92 1 276 1 114 60 1 054
PASSIF N N-1
Capitaux propres
Capital social 300 300
Réserves 223 98
Résultat de l’exercice 11 165
534 563
Dettes
Emprunts auprès des établissements de crédit (1) 376 200
Fournisseurs 364 261
Dettes fiscales et sociales 2 30
Total du passif 1 276 1 054
(1) dont concours bancaires courants de 76 à la date de clôture de l’exercice N
Informations complémentaires
La valeur nominale d’une action est de 0,50 €. La valeur de marché des actions à la fin de la période de
référence est de 2,50 € en N-1 et de 1,50 € en N.
Toutes les ventes et tous les achats sont réalisés à crédit.
Des dividendes d’un montant de 40 millions d’euros sont versés chaque année.
83
ACTIF N N-1
Emplois stables
Immobilisations incorporelles Les immobilisations sont intégrées dans les emplois stables
Immobilisations corporelles 689 570 pour leur valeur brute, c’est-à-dire leur valeur d’origine
Immobilisations financières
689 570
Actif circulant d’exploitation
Stocks 406 300
Clients 273 240
679 540
Trésorerie active 0 4
Total 1 368 1 114
PASSIF N N-1
Ressources stables Les dettes financières relevant des ressources stables ne
Capitaux propres 534 563 comprennent pas les concours bancaires courants qui
Dettes financières 300 200 relèvent, eux, du court terme et donc de la trésorerie passive.
Amort. et dép. 92 60 Le montant pour N est donc de 300 (376 – 76)
926 823
Passif circulant d’exploitation
Fournisseurs 364 261
Dettes fiscales et sociales 2 30
366 291
Trésorerie passive
Concours bancaires courants) 76
Total 1 368 1 114
N N-1 Variation
Ventes de marchandises 2 681 2 240 19,7%
- Achats de marchandises 2 378 1 804
+/- Variation des stocks de marchandises -106 -59
= Marge commerciale 409 495 -17,4%
- Charges externes 33 26
= Valeur ajoutée 376 469 -19,8%
- Charges de personnel 285 192
- Impôts et taxes 12 9
= Excédent brut d’exploitation 79 268 -70,5%
84
Calcul de la CAF de l’entreprise Alexis de deux façons différentes :
N N-1
Résultat net 11 165
+ Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions 32 25
- Reprises sur amortissements, dépréciation et provisions 0 0
+ Valeur comptable des éléments d’actifs cédés 0 0
- Produit des cessions des éléments d’actifs cédés 0 0
= CAF 43 190
-Dividendes 40 40
= Autofinancement 3 150
N N-1
EBE 79 268
+ Produits financiers encaissables 0 0
- Charges financières décaissables 32 18
+ Produits exceptionnels encaissables 2 2
- charges exceptionnelles décaissables 3 12
- Impôts sur les sociétés 3 50
= CAF 43 190
𝟒𝟗𝟓
𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐫𝐠𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐫𝐜𝐢𝐚𝐥𝐞 𝐍 − 𝟏 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎 = 𝟐𝟐, 𝟏%
𝟐𝟐𝟒𝟎
𝟒𝟎𝟗
𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐫𝐠𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐫𝐜𝐢𝐚𝐥𝐞 𝐍 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎 = 𝟏𝟓, 𝟑%
𝟐 𝟔𝟖𝟏
Entre N et N+, le CA a augmenté de 19,7% mais la marge commerciale a diminué de 17,4 %. Cela se traduit par une
forte baisse du taux de marge commerciale qui passe de 22,1% à 15,3%. Cette dégradation s’explique par la hausse
du coût d’achat des marchandises vendues de 30,5%, nettement supérieure à la croissance de l’activité. Il se peut
que les prix de vente aient diminué également. Ces observations sont à mettre en lien avec la mise en place du
nouvel entrepôt et du nouveau centre de distribution qui a sans doute conduit l’entreprise à revoir sa politique
commerciale.
𝟒𝟔𝟗
𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐕𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞 𝐍 − 𝟏 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎 = 𝟐𝟎, 𝟗%
𝟐𝟐𝟒𝟎
𝟑𝟕𝟔
𝐓𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐫𝐠𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐫𝐜𝐢𝐚𝐥𝐞 𝐍 = 𝒙 𝟏𝟎𝟎 = 𝟏𝟒%
𝟐 𝟔𝟖𝟏
Malgré une augmentation du chiffre d’affaires de 19,7%, la valeur ajoutée a diminué de 19,8%, d’où un taux de
valeur ajoutée qui baisse de 20,9% à 14%. Cela signifie que la valeur ajoutée ne représente plus que 14% du chiffre
d’affaires. Cette dégradation supplémentaire s’explique par une hausse des charges variables de 69,3%, plus rapide
que l’activité.
85
N N-1 La répartition de la valeur ajoutée montre que le personnel constitue
Personnel 75,8% 40,9% le poste le plus important avec une consommation de la valeur ajoutée
Etat 4% 12,6% à hauteur de 40,9% en N-1 et 75,8% en N. Cela permet de chiffrer
Prêteurs 8,5% 3,8% l’impact de la hausse des effectifs de 33,1%, calculée lors de l’analyse
Autofinancement 0,8% 32% du tableau des SIG, sur le poids des charges de personnel dans la valeur
Actionnaires 10,6% 8,5% ajoutée. La part de la valeur ajoutée consacrée à l’autofinancement de
l’entreprise a fortement diminué de 32% en N-1 à 0,8% en N en raison
d’une baisse de la profitabilité. Paradoxalement, la part des associés
dans la valeur ajoutée s’est accrue, passant de 8,5% à 10,6%.
86
LES COÛTS PARTIELS
Les méthodes des coûts partiels visent ainsi à un pilotage par le calcul des marges qui mesurent la capacité
contributive des différents produits aux charges communes.
Une marge est un résultat intermédiaire. C’est la différence entre un prix de vente et un coût partiel. Il y a autant
de marges que de coût partiel (marge sur coûts variables, marge sur coût direct, marge sur coût
d’approvisionnement etc.)
Un résultat est le solde final, la marge « ultime ». Pour un produit vendu, le résultat est la différence entre le prix
de vente et le coût complet de revient.
Les méthodes des coûts partiels visent à n’inclure dans les coûts que :
Il existe un grand nombre de typologies de charges (et de coûts). La typologie principale consiste à les classer en
quatre grandes catégories :
DIRECTES INDIRECTES
Les méthodes des coûts partiels ne s’intéressent qu’à une ou plusieurs de ces quatre catégories de charges.
La distinction entre ces catégories n’est pas toujours facile. Selon le degré d’analyse, l’accès aux informations ou
l’horizon de l’étude, des simplifications peuvent être réalisées. Par exemple, les charges de personnel peuvent être
considérées à court terme comme des charges fixes indirectes, mais sur le long terme comme des charges
variables directes.
87
I. La méthode des coûts variables
Le coût variable est constitué de l’ensemble des charges qui varient avec le volume d’activité (production ou
vente) :
La méthode des coûts variables est une méthode qui ne s’intéresse qu’à la partie variable des charges.
Directes Indirectes
Variables X X
Fixes X
Les charges fixes sont constantes pour une structure donnée. Elles varient « brutalement » par palier quand un
changement de structure est effectué.
La somme des charges variables doit couvrir les charges fixes pour que le résultat soit positif.
EXEMPLE. Voici un extrait de la comptabilité de gestion d’une entreprise proposant deux produits :
𝐌𝐒𝐂𝐕
𝐭=
𝐂𝐀
Ce taux est utile pour comparer les performances des biens produits : plus le taux de marge sur coûts variables
est élevé, plus le produit est performant.
Produits A Produits B
Taux de MSCV 40% 53,33%
B contribue plus que A à la couverture des charges fixes, il est plus performant que A.
88
[Link] méthode des coûts spécifiques
Cette méthode est un prolongement de la méthode des coûts variables. On l’appelle d’ailleurs aussi « méthode
des coûts variables évolués ».
L’idée sous-jacente est d’identifier tous les coûts qui disparaissent lorsqu’on arrête la production d’un produit ou
service. Ces coûts qui disparaissent sont les coûts spécifiques.
- De charges variables ;
- De charges fixes spécifiques : charges fixes pouvant être rattachées sans arbitraire à un coût (charges fixes
directes).
Directes Indirectes
Variables X X
Fixes X
2) Définition de la marge sur coût spécifique et du taux de marge sur coût spécifique
Pour chaque produit, la marge sur coût spécifique correspond à la différence entre la marge sur coût variable et
le coût fixe spécifique.
Cette marge permet de mesurer la contribution de chaque produit à la couverture des charges de structure
(ou charges communes) qui sont, par définition, fixes et indirects.
Plus la marge sur coût spécifique est élevée, plus le produit contribue à la couverture des charges communes.
EXEMPLE. Une analyse plus précise des charges fixes de 1 350 € indique que 500 € sont spécifiques au
produit A et 350 € spécifique au produit B.
Les charges fixes communes constituent une masse non répartie entre les objets de coût.
Produits A Produits B
Taux de marge sur coût spécifique -10% 30%
89
III. Application
Une entreprise produit et vend trois produits X, Y et Z pour lesquels les éléments suivants sont communiqués :
X Y Z
Chiffre d’affaires 50 000 € 180 000 € 100 000 €
Charges directes 50 000 € 90 000 € 90 000 €
Charges indirectes 20 000 € 10 000 € 20 000 €
Les charges variables sont de 30 000 € pour X, 80 000 € pour Y et 60 000 € pour Z.
Les charges fixes spécifiques sont de 30 000 pour X, 10 000 € pour Y et 30 000 € pour Z.
X Y Z Total
Chiffre d’affaires 50 000 € 180 000 € 100 000 € 330 000 €
Coût complet 70 000 € 100 000 € 110 000 € 280 000 €
Résultat -20 000 € 80 000 € -10 000 € 50 000 €
X Y Z Total
Chiffre d’affaires 50 000 € 180 000 € 100 000 € 330 000 €
Coût variable 30 000 € 80 000 € 60 000 € 170 000 €
MSCV 20 000 € 100 000 € 40 000 € 160 000 €
Charges fixes 110 000 €
Résultat 50 000 €
X Y Z Total
Chiffre d’affaires 50 000 € 180 000 € 100 000 € 330 000 €
Coûts variables 30 000 € 80 000 € 60 000 € 170 000 €
MSCV 20 000 € 100 000 € 40 000 € 160 000 €
Charges fixes spécifiques 30 000 € 10 000 € 30 000 € 70 000 €
Charges fixes communes 40 000 €
Résultat 50 000 €
Commentaire
90
IV. Synthèse
MSCV + + + -
MSCS + + - -
Résultat + - - -
Pas de Le produit n’est pas Le produit n’est pas Le produit n’est
problème rentable à long terme, rentable, comme à long pas rentable à
particulier. mais à court terme, terme, comme à court long terme, et
Idéal. cesser de le terme. Cesser de le aucune solution
commercialiser serait commercialiser pourrait n’est envisageable
pire que de continuer améliorer le résultat, mais pour changer cette
car il contribue à comme la MSCV est situation à court
absorber les coûts de positive, il faut chercher à terme tant que la
structure. augmenter le volume des MSCV est
ventes qui permettra négative.
peut-être de couvrir les
frais fixes spécifiques.
91
LES DECISIONS ASSOCIEES AUX
COÛTS PARTIELS
Cette gestion doit notamment veiller à ce que l’entreprise ne consacre pas de l’énergie à entretenir des produits
non rentables. Il est en effet du ressort du contrôleur de gestion de repérer ces produits et d’en proposer
l’abandon, si aucune alternative ne s’avère possible.
Cette décision de suppression sera, au final, prise par la direction générale, après avoir étudié tous les paramètres
(techniques, commerciaux, stratégiques…) et pas seulement ceux relevant de l’analyse des coûts.
Changement des plaquettes de freins (par paires), activité désignée par les lettres PF.
Elle a mis en évidence par type de prestation et sur une année son CA, son coût variable, sa marge sur coûts
variables, son coût fixe spécifique et sa marge sur coût spécifique. Les résultats sont les suivants :
A PE PN PF TOTAL
Prix de vente de la prestation 170 140 150 60
Nombre de prestations faites 2 000 1 500 3 000 1 000 7 500
Chiffre d’affaires 340 000 210 000 450 000 60 000 1 060 000
Coût matière par prestation 100 80 100 45
Autres coûts variables par prestation 20 20 10 0
Coût variable unitaire 120 100 110 45
MSCV unitaire 50 40 40 15
MSCV 100 000 60 000 120 000 15 000 295 000
CFS 50 000 50 000 60 000 30 000 190 000
MSCS 50 000 10 000 60 000 - 15 000 105 000
Coût fixes non spécifiques 63 600
Résultat 41 400
L’agence supporte des charges fixes non spécifiques (rémunération du responsable, assurance, nettoyage…) de
63 600 €
Le responsable de l’agence envisage la suppression de la prestation plaquette de frein. D’autant plus que son CA
est marginal par rapport aux autres prestations.
92
Les résultats de cette suppression sont les suivants :
A PE PN TOTAL
CA 340 000 210 000 450 000 1 000 000
MSCV 100 000 60 000 120 000 280 000
CFS 50 000 50 000 60 000 160 000
MSCS 50 000 10 000 60 000 120 000
CFNS 21 624 63 600
Résultat 56 400
On voit que le résultat total de l’entreprise s’est amélioré. En effet il est passé de 41 400 € avec les quatre types
de prestations à 56 400 € en supprimant les plaquettes de frein. Cette amélioration de 15 000 € correspond à la
MSCS de la prestation plaquette de frein qui était négative et qui a disparu.
En d’autres termes, les charges communes de structure de l’entreprise sont restées inchangées, mais la prestation
plaquettes de frein n’arrivait pas à couvrir ses propres charges, dès lors en la supprimant, on supprime aussi la
marge sur coûts spécifiques négative qu’elle engendrait.
Donc, en dehors des questions de stratégie (notamment les élasticités des ventes d’un produit par rapport à un
autre), la décision de supprimer la prestation plaquettes de frein est une bonne décision.
Sous l’angle de la rentabilité, un produit dont la marge sur coûts spécifiques est négative
doit être abandonné.
Avant d’entériner cette décision, il est toutefois prudent d’apprécier si une faible augmentation des ventes en
quantité serait susceptible de rendre la marge sur coût spécifique positive.
Il convient pour cela de calculer le seuil de rentabilité spécifique en quantités obtenu comme suit :
La MSCVU de l’activité PF est égale à : 15 €, ses coûts spécifiques sont égaux à : 30 000 €. Le seuil de rentabilité
spécifique est donc égal à 30 000 /15, soit 2 000.
Ces quantités correspondent bien à un doublement des ventes actuelles. Il appartient bien sûr à l’entreprise
d’apprécier si ce doublement des ventes constitue un objectif accessible à court terme ou pas. La réponse risque
d’être négative et incitera à abandonner le produit.
93
Après avoir entériné cette décision, les responsables décident d’envisager l’abandon de la prestation Pot
d’échappement. Ceci reviendrait à ne conserver que deux types de prestations, les changements d’amortisseurs
et les changements de pneus.
On s’aperçoit que le résultat s’est détérioré, car l’entreprise qui gagnait 56 400 € suite à l’abandon des plaquettes
de freins, voit son résultat retomber à 46 400 €
L’agence MIDAS, pour conserver sa part de marché dans la région, souhaiterait récupérer sur les trois prestations
restantes, le CA qu’elle a perdu (60 000 €) en supprimant la prestation plaquettes de frein.
L’idée est de lancer une campagne publicitaire locale sur une des trois prestations restantes, pour récupérer sur
la prestation choisie, le CA perdu. Le coût de la campagne publicitaire est de 3 000 € et lui sera évidemment
affecté. Il s’ajoutera donc aux autres charges fixes spécifiques de la prestation en question.
Quelle que soit celle-ci, il n’y aura ni augmentation des charges fixes spécifiques des autres prestations, ni
augmentation des charges fixes non spécifiques de l’entreprise.
La question qui se pose est : sur quelle prestation faut-il réaliser la campagne de publicité ?
Pour récupérer les 60 000 € de CA perdu sur les plaquettes de frein, il faudrait selon la prestation choisie pour
supporter la campagne publicitaire, y réaliser les nombres d’interventions qui suivent :
Amortisseurs : 60 000/170 = 353, Pots d’échappement : 60 000/140 = 429, Pneus : 60 000/150 = 400
Il suffit de calculer le résultat marginal apporté par ces prestations supplémentaires dans chaque cas.
A PE PN
Nombre de prestations en plus 353 429 400
MSCVU 50 40 40
MSCV supplémentaire 17 640 17 100 16 000
Frais fixes spécifiques supplémentaires 3 000 3 000 3 000
Résultat marginal 14 640 14 100 13 000
En première analyse, on pourrait en conclure que si on souhaite augmenter le CA de 60 000 €, il faut choisir le
produit pour lequel la MSCV unitaire est la plus forte.
Ce raisonnement n’est pas tout à fait juste car sinon les deux autres produits qui ont la même MSCV unitaire
devraient apporter le même supplément de résultat, or ils sont différents (14 100 € contre 13 000 €).
94
En fait si l’activité changement de pots d’échappement apporte plus de résultat complémentaire que l’autre, c’est
que la première possède une MSCV rapportée au CA plus élevée. C’est ce que l’on appelle le taux de marge sur
coût variable.
A PE PN
MSCVU 50 40 40
Prix de vente 170 140 150
Taux de MSCV 0,294 0,286 0,267
Les taux de MSCV obtenus signifient que pour chaque euro de CA réalisé, A dégage une MSCV de 0,294 €.
C’est donc pour cette raison que la prestation « amortisseur » est celle qui apporte le plus de résultat
supplémentaire (et non parce que sa MSCV par produit est la plus forte) et aussi pour celle-là que la prestation
« pots d’échappement » apporte un résultat supplémentaire plus élevé que la prestation « pneu » (alors que leur
MSCVU sont égales).
En revanche, si l’entreprise avait souhaité non pas réaliser un CA de 60 000 € mais par exemple vendre 400
prestations supplémentaires (quel que soit le type de prestation retenu) pour compenser la perte de part de
marché liée à l’abandon des plaquettes de frein, il aurait fallu alors lancer la campagne publicitaire sur l’activité
« changer les amortisseurs », car c’est elle qui génère la MSCV par produit la plus élevée.
Dans ce cas le résultat supplémentaire apporté par les deux autres produits aurait été identique (car ils ont la
même MSCV par produit) comme le montrent les résultats suivants :
A PE PN
Quantités supplémentaires 400 400 400
MSCVU 50 40 40
MSCV supplémentaire 20 000 16 000 16 000
CFS supplémentaire 3 000 3 000 3 000
Résultat marginal 17 000 13 000 13 000
Cependant le responsable avait jusqu’alors oublié une contrainte : L’agence possède 6 ponts élévateurs. Compte
tenu des quantités réalisées pour chacune d’entre elles dans la situation initiale, les 4 types de prestations les
utilisent complètement.
95
L’abandon des plaquettes de frein a permis de libérer les ponts élévateurs pendant 300 heures. De plus on connaît
le temps d’utilisation des ponts pour chacune des trois prestations restantes. Ils sont les suivants :
A PE PN
Heures d’utilisation des ponts 3 1 1,5
Le problème consiste donc à choisir le produit qui, dans les 300 heures imparties, apportera le résultat
supplémentaire le plus élevé.
Il ne s’agit pas là de savoir si l’objectif que s’est donné l’entreprise est exprimé en termes de CA ou de nombre de
prestation. En effet, l’un et l’autre se trouve déterminé par la contrainte de production (ici la disponibilité des
ponts), comme le montre le tableau ci-dessous :
A PE PN
Nombre d’heures libérées 300 300 300
Temps par prestation 3 1 1,5
Nombre de prestations supplémentaires possibles 100 300 200
Prix de vente de la prestation 170 140 150
CA supplémentaire possible 17 000 42 000 30 000
On pourrait bien sûr, à partir de là calculer quels sont, pour le nombre de prestations supplémentaires possibles
dans chaque cas, les coûts variables, puis les soustraire des CA supplémentaires et trouver les résultats
additionnels correspondants. Mais il existe un moyen plus rapide consistant à déterminer à partir d’un critère qui
tienne compte des éléments suivants :
- Mais aussi le temps pendant lequel chaque prestation utilise les ponts (en effet un produit à forte MSCVU,
mais très consommateur de temps en termes d’utilisation des ponts n’est pas intéressant).
En d’autres termes, l’entreprise ayant une ressource limitée (les ponts), elle doit l’allouer prioritairement au produit
le plus rentable compte tenu des capacités disponibles de cette ressource (300 heures).
Le critère à choisir ici est donc la MSCV par unité de ressource limitée, c'est-à-dire la MSCV par heure d’utilisation
des ponts.
A PE PN
MSCVU 50 40 40
Temps d’utilisation de pont par prestation 3 1 1,5
MSCV par heure d’utilisation des ponts 16,67 40 26,67
Cela signifie donc qu’une heure d’utilisation des ponts génère une MSCV de 16,67 € pour le changement
d’amortisseur, 40 € pour le changement de pot d’échappement et 26,67 pour le changement de pneu. Il faudra
donc bien évidemment consacrer les 300 heures libérées à l’activité « changement de pots d’échappement ».
Une vérification par le calcul du résultat apporté par chacun des trois choix possibles lève les derniers doutes :
A PE PN
Quantités supplémentaires 100 300 200
MSCVU 50 40 40
MSCV supplémentaire 5 000 12 000 8 000
Résultat marginal 5 000 12 000 8 000
96
IV. Application
ENONCE
Une entreprise fabrique des produits X et Y et les écoule dans deux régions différentes.
Une étude prévisionnelle laisse espérer la vente de 80 000 X et 15 000 Y dans la région 1 ; 20 000 X et 10 000 Y
dans la région 2.
Les coûts prévisionnels sont calculés pour la fabrication et la vente de 100 000 X et 25 000 Y.
X Y
Charges variables 50 € par unité 80 € par unité
Charges fixes spécifiques 1 000 000 € 500 000 €
Charges fixes indirectes 200 000 €
X Y
Charges variables 5% du chiffre d’affaires 5% du chiffre d’affaires
Charges fixes spécifiques 2 000 000 € 1 200 000 €
Charges fixes indirectes 100 000 €
Politique tarifaire
X Y
Prix de vente 100 € 140 €
Madame D. Likate se demande si elle doit continuer à vendre dans les deux régions.
1. Calculez la marge sur coûts spécifiques pour chaque région et le résultat prévisionnel.
2. Aider D. Likate à prendre une décision.
3. Vérifiez en calculant le résultat qu’obtiendrait l’entreprise en abandonnant les ventes de la région 2.
CORRIGE.
Coût de production de X et Y
Résultat prévisionnel
Marge globale : 2 395 000 + 230 000 2 625 000
Charges fixes indirectes 2 300 000
- Charges de production : 1 000 000 + 500 000 + 200 000 = 1 700 000
- Charges de distribution : 100 000
- Frais généraux : 500 000
Résultat prévisionnel 325 000
2. Décision à prendre
Il vaut mieux continuer à vendre dans les deux régions. Si, par exemple, on abandonne la région 2, le résultat
risque de diminuer de 230 000 €, c’est-à-dire de la marge sur coûts spécifiques que l’on peut réaliser dans la
région 2.
3. Vérification
Si on abandonne la région 2, on n’aura plus besoin de fabriquer que 800 000 X et 15 000 Y
98
Coût de production de X et Y
Région 1
X : 50 x 80 000 4 000 000
Coût de production variable
Y : 80 x 15 000 1 200 000
X : 5 x 80 000 400 000
Charges variables de distribution (1)
Y : 7 x 15 000 105 000
Charges fixes directes de distribution 2 000 000
Coût spécifique 7 705 000
X : 100 x 80 000
Chiffre d’affaires 10 100 000
Y : 140 x 15 000
MSCS 2 395 000
Charges fixes indirectes (2) 2 300 000
- Charges de production :
1 000 000 + 500 000 + 200 000 1 700 000
- Charges de distribution 100 000
- Frais généraux 500 000
99
100
LE DIRECT COSTING ET LA RELATION
COÛT – VOLUME - PROFIT
Le direct costing est la méthode des coûts variables consistant à n’intégrer dans le coût des produits que les charges variables.
Une charge variable est une charge proportionnelle à l’activité de l’entreprise c’est-à-dire aux quantités produites ou
vendues.
Elles sont donc directement liées au fonctionnement de l’exploitation.
Exemple : matières premières, main d’œuvre directe de production, emballages, commissions vendeurs, transport sur
ventes.
On a : CV = CVU x Q
CV = Charges variables
U : unitaire (c’est-à-dire pour un produit)
Q : quantité produite
Une charge fixe est indépendante du volume d’activité, pour une structure donnée.
Une structure est une organisation productive caractérisée par un nombre donné de machines et d’opérateurs qui en
définissent la capacité productive. La structure fait référence au court terme car tout investissement supplémentaire de
production peut la modifier. A un horizon de 3 ou 4 ans, aucune charge ne peut être considéré comme fixe.
Elles sont liées à l’existence même du système de production. Donc, même en l’absence d’activité (aucune production), il
y a un niveau incompressible de charges fixes.
- Sur une échelle de production donnée, les charges fixes sont constantes : CF = b et unitairement on a : CFU = b/x.
Plus on produit, plus les coûts fixes unitaires baissent.
- Au-delà elles augmentent par paliers. En effet, une structure donnée ne peut répondre à la croissance (nécessité
d’investir).
CT = CV + CF = CVU x Q + CF
Remarques :
- En cas de sous-traitance, les CF baissent parallèlement à une augmentation des CV ;
- Les économies de charges variables sont délicates dans la mesure où elles peuvent se faire au détriment de la qualité.
101
II COMPTE DE RESULTAT DIFFERENTIEL
Le compte de résultat différentiel est un tableau synthétisant les informations sur les prix, les différentes charges et les marges
permettant aux décideurs d’éclairer différentes situations.
La marge sur coût variable (MSCV) se définit comme la différence entre le chiffre d’affaires (CA) et l’ensemble des charges
variables (CV) nécessaires à l’obtention du produit.
CA = p x Q
CV = CVU x Q
Le chiffre d’affaires, les charges variables et, par conséquent, la marge sur coûts variables sont proportionnelles aux quantités.
Si le prix de vente est inchangé sur toute la période de référence des calculs, on peut écrire que la marge sur coûts variable
est proportionnelle au chiffre d’affaires. On définit alors deux taux :
Le taux de marge sur coût variable (t), souvent appelé « taux de marge » : rapport entre la marge sur coût variable et le
chiffre d’affaires
𝐌𝐒𝐂𝐕
𝐭=
𝑪𝑨
Le taux de charges variables t’: rapport entre les charges variables et le chiffre d’affaires
𝐂𝐕
𝐭′ =
𝑪𝑨
On a : t + t’= 1
Le compte de résultat différentiel est un tableau qui, pour chaque étape du processus d’exploitation, regroupe les prix de
vente, les charges variables, les différentes marges sur coûts variables, les charges fixes et le résultat.
Exemple
Formalisation :
On a donc : MSCV = [Link] => R = [Link] - CF (Relation Coût – Volume – Profit) ou R = MSCVU.Q – CF
Exemple : On vend un stylo 0,9 € aux clients. Son coût variable est de 0,4 €.
Exprimez MSCV en fonction de CA puis en fonction de Q
102
p = 0,9 €
CVU = 0,4 €
t = MSCV/CA = (CA -CV)/CA = (p – CVU)/p =(0,9 – 0,4)/0,9 = 55,56%
MSCVU = 0,9 – 0,4 = 0,5 €
t’= CV/CA = CVU/p = 0,4/0,9 = 44,44%
t + t’ = 100
Ici : MSCV = 0,5556 CA
MSCV = 0,5 Q
- En Valeur
𝑪𝑭
Au SR : MSCV = CF => t x CA* = CF => CA* = 𝒕
- En Volume :
𝑪𝑭
Au SR : MSCV = CF => (p – CVU) Q* = CF=> Q* = 𝑴𝑺𝑪𝑽𝑼
Ne pas confondre t qui représente la MSCV exprimée pour 1 € de CA et MSCVU la MSCV exprimée pour un produit
Q* = CA*/p
CA 10 000 000 €
CV 8 000 000 € Ici les CV seront toujours de 80% du CA et la MSCV de 20% du CA
MSCV 2 000 000 €
CF 1 500 000 €
R 500 000 €
103
IV LE PILOTAGE DES RISQUES D’EXPLOITATION
Un risque d’exploitation est un élément perturbateur plus ou moins grave non anticipé qui touche les conditions de
fonctionnement d’une installation productive.
Le concept de seuil de rentabilité permet d’étudier les risques liés au déroulement de l’exploitation selon plusieurs critères
comme la rentabilité, la sécurité et la flexibilité.
La sécurité désigne une situation calme résultant de l’absence réelle ou prévue de danger. Pour une organisation, c’est le
niveau d’exploitation qui permet de réaliser la production en palliant les aléas et les dysfonctionnements.
La flexibilité d’une organisation exprime sa capacité à réagir face aux évolutions internes ou externes.
Indicateurs de pilotage
Sous l’hypothèse d’une réalisation régulière du chiffre d’affaires, il est possible d’utiliser les règles de proportionnalité
pour déterminer la date à laquelle le seuil a été ou sera atteint.
Exemple : pour un CA de 300 000 € annuel, quand le seuil de 257 000 € sera-t-il atteint ?
𝟏𝟐
Durée = 𝟐𝟓𝟕 𝟎𝟎𝟎 + 𝟑𝟎𝟎 𝟎𝟎𝟎 = 𝟏𝟎, 𝟐𝟖 𝒎𝒐𝒊𝒔 soit 10 mois + 0,28 mois. Sur une base d’une durée de 30 jours par mois on
a : (0,28 x 30) = 8 ou 9 jours soit 10 mois et 8 ou 9 jours.
Elle mesure le niveau de dépassement du seuil de rentabilité. Elle se calcule comme suit :
La marge de sécurité indique la baisse maximale possible de chiffre d’affaires qu’une entreprise peut supporter sans faire
de perte. On peut aussi la calculer d’une autre manière :
CF t x CA - CF R
MS = CA – CA* = CA - = =
t t t
Néanmoins, la marge de sécurité est mieux appréciée de manière relative, à travers l’indice de sécurité.
CA – CA*
IS =
CA
Elle représente le pourcentage maximal de baisse de chiffre d’affaires qu’une entreprise peut supporter sans faire de perte.
De la même manière que la marge de sécurité, il est possible de calculer l’indice de sécurité à partir du résultat.
104
CA – CA* R/t R
IS = = =
CA CA MSCV
CA – CA* (p x Q) – (p x Q*) Q – Q*
IS = = =
CA pxQ Q
CA 10 000 000 €
CV 8 000 000 €
MSCV 2 000 000 €
CF 1 500 000 €
R 500 000 €
4) L’indice de prélèvement
L’indice de prélèvement représente le pourcentage de chiffre d’affaires permettant de couvrir les charges fixes :
CF
IP =
CA
Il est évident que plus l’indice est élevé, c’est-à-dire proche de 1, plus il est difficile d’atteindre le seuil de rentabilité. Au-
delà de 1, il vaut mieux renoncer.
C’est un excellent indicateur de risque car, dans la réalité, plus les charges fixes sont élevées plus le risque augmente.
Une entreprise dont les charges fixes sont importantes est obligée, en cas de crise, de supporter ces charges. Elle peut
donc difficilement adapter son outil de production. Ceci explique pourquoi les entreprises ont tendance à sous-traiter
(externaliser) : cela permet de transférer le risque sur l’entreprise sous-traitante. Il est également évident que plus les
charges fixes sont élevées, plus le seuil de rentabilité est difficile à atteindre.
Il mesure le degré de sensibilité du résultat par rapport au chiffre d’affaires. C’est la variation relative du résultat sur la
variation relative du chiffre d’affaires. Comme il s’agit d’un rapport de pourcentage, il n’a pas d’unité. Sa formule est :
∆R
R Un levier de 7 signifie que si le chiffre d’affaires
LO =
∆CA augmente de 1% alors le résultat augmente de 7 % !!
CA
Son calcul nécessite de connaître les données de deux périodes consécutives.
105
(1) (2) (3)
∆R ∆R ∆MSCV
R ∆CA ∆CA ∆MSCV CA CA MSCV
LO = = = = x = t x =
∆CA R R ∆CA R R R
CA CA CA
MAIS ATTENTION ! En effet dans la phase (2) du développement, on a dit : MSCV/CA = t ce qui est vrai sauf qu’ici on est
en variation. Et cela ne peut être vrai qu’à la stricte condition que t soit constant c’est-à-dire que le prix de vente p doit
être constant ainsi que le coût variable unitaire CVU. Autrement dit il faut que la variation du chiffre d’affaires ne provienne
que d’une variation des quantités vendues.
Si ces conditions ne sont pas remplies alors la formule est totalement fausse.
∆R
R MSCV
LO = Sinon on calcule comme suit : LO =
∆CA R
CA
En ajoutant les conditions pour que la dernière formule soit bonne (t constant => p et CVU constants)
LO = t CA t CA CA CA CA 1
= = = = =
R t x CA - CF CA – CF/t CA – CA* MS IS
Le levier opérationnel doit s’interpréter à l’inverse de l’indice de sécurité. Plus l’indice de sécurité est élevé, moins le risque
est grand. A l’inverse, plus le levier opérationnel est élevé plus le risque est grand.
Mais ce qui est intéressant dans le levier opérationnel, c’est qu’il met en lumière la contrepartie du risque : l’opportunité
de faire des bénéfices si l’activité varie.
Admettons que les ventes soient égales au seuil de rentabilité. Le résultat est alors nul. La marge de sécurité est nulle ainsi
que l’indice de sécurité. On peut alors dire que le risque d’exploitation est élevé puisqu’on est très proche de faire des
pertes. Dans le même temps, une augmentation même très faible des ventes permettra de passer d’un résultat nul à un
résultat positif. Le levier opérationnel sera alors infini (car on divise par zéro).
Autrement dit, plus l’entreprise est proche du seuil de rentabilité, moins la marge de sécurité est grande, plus le risque
est élevé, mais plus une petite variation des ventes aura un impact important sur le résultat puisqu’il permet de s’éloigner
de cette situation risquée !
Le levier opérationnel mesure donc la même chose que le seuil de rentabilité ou la marge de sécurité, mais en mettant en
évidence la contrepartie du risque : l’opportunité de faire des bénéfices.
106
Exemple : soit une entreprise ayant réalisé en N :
Vérifions : supposons qu’en N+1, son CA augmente de 50%, le compte de résultat différentiel serait
Elle mesure le degré de sensibilité de la demande D (quantités demandées) par rapport au prix de vente p.
C’est donc la variation relative de la demande sur la variation relative du prix de vente. C’est donc un rapport de
pourcentage et par conséquent sans unité. Sa formule est la suivante :
NB : ∆D = demande nouvelle moins demande ancienne et ∆P = prix de vente nouveau - prix de vente ancien. Au
dénominateur, il s’agit toujours de la donnée ancienne.
Exemple : si en N la demande d’un produit s’élève à 100 pour un prix de vente de 90 € et qu’en N+1 elle est de 120 pour
un prix de 81 €, elle est de :
(120-100)
100
eD/P = = -2
(81-90)
90
Les biens de luxe ont des élasticités nulles voire légèrement positives. Ce phénomène est appelé effet Veblen du nom de
l’économiste qui a démontré que l’achat de ce type de biens correspond à un effet de « snobisme » et par conséquent
toute baisse du prix se traduit par une baisse de la demande (Hermès, Dior et Cie…).
Il est possible que la consommation d’un bien ou d’un service varie non pas car son prix a été modifié, mais parce que le
prix d’un autre bien ou service a varié (une variation de prix des billets d’avion sur les lignes françaises a une influence sur
les ventes de billets de train).
L’élasticité croisée de la demande mesure le degré de sensibilité de la demande d’un bien par rapport au prix d’un autre
bien.
107
Si dans une ville se trouvent deux entreprises de restauration rapide dans une même rue : une sandwicherie vendant ses
sandwichs 4 €, et un kebab vendant ses sandwichs grecs 5 €. Le prix du kebab augmente de 20%, cela entraîne certains
consommateurs de kébabs a préféré consommer des sandwichs. La consommation de sandwich augmente alors de 10%.
Calculez l’élasticité-prix croisée de la consommation de sandwich par rapport au prix du kebab, et déduisez-en la formule
générale de l’élasticité-prix croisée
∆DX - Pour les biens substituables (qui satisfont un même besoin comme :
orange/pamplemousse ; billet TGV/billet d’avion…), elle est positive (si le prix du
DX TGV baisse, la demande de billet d’avion baisse)
eDX/PY = - Pour les biens complémentaires, (caoutchouc/pneu ; imprimante/ordinateur) elle
∆PY est négative (si le prix du caoutchouc augmente, la demande de pneu baisse)
PY - Pour les biens indépendants, elle est nulle (cocaïne/farine)
Lorsque deux produits sont vendus dans la même entreprise, l’élasticité croisée est souvent positive : lorsque le prix du
produit X baisse, le volume des ventes de X augmente et le volume des ventes de Y diminue. Ex : une banque propose
deux types de livrets épargne. Lorsque la rémunération de l’un augmente, les clients diminuent les versements qu’ils
effectuaient sur l’autre pour orienter leur épargne vers ce produit.
108
8. Le prix psychologique
Également appelé prix d’acceptabilité, c’est le prix qu’un maximum de clients accepterait de payer. C’est donc celui pour
lequel la demande est la plus forte. Il ne doit être ni trop élevé (trop cher), ni trop faible (signe de mauvaise qualité).
Il est déterminé grâce à une enquête auprès d’un échantillon de clients auquel on propose différents prix de vente pour un
produit donné. Deux questions sont posées :
1. Au-delà de quel prix n’achèteriez-vous pas le produit parce que vous le jugez trop cher ? (Prix excessif) ;
2. En dessous de quel prix n’achèteriez-vous pas le produit parce que vous jugeriez sa qualité trop faible ? (Prix
trop faible, qualité médiocre).
Une fois les réponses collectées, on calcule les fréquences cumulées croissantes f1 des réponses obtenues à la première
question et les fréquences cumulées décroissantes f2 pour la seconde question.
Pour chaque niveau, on calcule le taux d’acceptabilité qui correspond au pourcentage d’acheteurs potentiels : taux
d’acceptabilité = 1 – (f1 + f2).
Le prix retenu est celui pour lequel le taux d’acceptabilité est le plus élevé. Il correspond au prix psychologique.
Exemple : l’entreprise alpha hésite à proposer un produit à un prix situé entre 12 € et 14 €. Elle a interrogé 620 personnes sur
leur perception de différents niveaux de prix. Voici les résultats :
Prix proposé Nombre de réponses « Prix trop élevé » Nombre de réponses « Prix trop faible »
12,00 € - 125
12,20 € - 105
12,40 € - 92
12,60 € 20 85
12,80 € 40 75
13,00 € 55 65
13,20 € 60 50
13,40 € 105 23
13,60 € 108 -
13,80 € 110 -
14,00 € 122 -
Total 620 620
109
Atrou
Compléter les sommes laissées en blanc pour chacun de ces quatre cas indépendants :
Montvert
Montvert produit et commercialise des stylos. Le chiffre d’affaires actuel est de vingt millions d’euros par an pour un prix
de vente de 2 € par stylo. Les charges fixes sont de 3 600 000 € par an. Le coût unitaire variable est de 1,20 €.
Dubol
La société anonyme Dubol a des charges fixes de 900 000 € et un taux de charges variables de 80%. La société a réalisé
un bénéfice net de 280 000 € en N. Le taux de l’impôt sur les bénéfices des sociétés est d’un tiers du bénéfice.
Calculer le résultat hors impôt, la marge sur coût variable, le chiffre d’affaires et le seuil de rentabilité.
CHF
La ville de Genève accorde une subvention annuelle forfaitaire de 400 000 francs suisses (CHF) à une association
d’assistance aux toxicomanes. La totalité de la subvention est utilisée par l’association, notamment pour distribuer les
produits de substitution aux personnes dont l’état le justifie. Le coût variable de ces distributions est de 400 CHF par
client et par an. Les charges fixes de l’association s’élèvent à 150 000 CHF.
110
Pilier-Debars
M. Pilier-Debars exploite deux bars restaurants ouverts 24 heures sur 24. Les charges fixes des deux bars restaurants
totalisent ensemble 450 000 € par an. On y sert aussi bien une tasse de café qu’un repas complet. La note moyenne
par client est de 8 €. Le coût moyen des aliments, boissons et autres éléments variables, représente 3,20 € par client.
Le taux de l’impôt sur les bénéfices est d’un tiers du bénéfice.
1. Quel est le chiffre d’affaires nécessaires pour obtenir un bénéfice net de 100 000 € ?
2. Combien de clients faut-il servir pour réaliser un bénéfice net de 100 000 € ? Quel est le point mort exprimé en
nombre de clients ?
3. Quel est le bénéfice net si l’on a servi 150 000 clients ?
KO
Philippe Hercut est le manager du champion de boxe Albert Ebask. Il organise un nouveau match où Ebask va mettre
son titre en jeu. Le match sera retransmis sur un réseau câblé qui applique le paiement à la séance par les
téléspectateurs. Tout abonné au câble devra payer 2,99 € pour regarder l’émission, dont 1,60 € sera reversé à Hercut
qui versera à Ebask une rémunération fixe de 200 000 € plus le quart de ce qu’il reçoit de l’exploitant du réseau câblé.
Hercut a fait une estimation de la distribution de probabilité des abonnés qui regarderont la retransmission du combat
de boxe.
Bonpied
La société Bonpied exploite une chaîne de magasins de chaussures. Ces magasins vendent dix modèles de chaussures
à bon marché pour hommes. Les paires de chaussures de n’importe quel modèle ont toutes le même coût et le même
prix de vente. Un directeur est à la tête de chacun des magasins. Il reçoit un salaire fixe. Les vendeurs reçoivent aussi un
salaire fixe auquel s’ajoute une commission sur les ventes. Bonpied étudie le projet d’ouverture d’un nouveau magasin
dont la structure des coûts serait la suivante :
112
KARCHER
Karcher fabrique des bancs de lavage pour station-service, centre auto d’hypermarché…
Elle commercialise actuellement trois modèles : LAVA 100, LAVA 300 et LAVA 500.
LAVA 500 est multi-programme et garantit une qualité de nettoyage et de séchage exceptionnelle. Son prix est relativement
élevé, 1 000 000 € pose comprise.
Ces machines bénéficient d’un an de garantie pièces et main-d’œuvre et sont généralement vendues avec un contrat de
maintenance reconductible annuellement par accord tacite. L’ensemble des clients souscrit ce contrat et amortit son matériel
sur 5 ans.
Afin d’améliorer le travail des commerciaux, la direction commerciale a commandé à la direction financière une étude détaillée
sur chacun des produits afin de fournir aux représentants un argumentaire commercial solide.
L’année fait 52 semaines, mais les stations ou centres auto sont ouverts 6 jours sur 7.
1. Déterminer le seuil de rentabilité en nombre de lavages par an, par jour et le résultat de chaque modèle.
2. Evaluer l’impact d’une baisse de 10% du prix de vente unitaire moyen d’un lavage sachant que l’on a observé une
élasticité de la demande par rapport au prix de – 1,5. Pour cela vous calculerez les mêmes indicateurs qu’à la
question 1. Conclure.
113
Gamma
Gamma fabrique des articles de série. La dirigeante de la société prévoit une hausse importante de la concurrence sur
ce segment de marché dès le début de l'année N.
Vous êtes chargé d'intervenir en janvier N sur une étude prévisionnelle de l'année N et de l'année N+1 afin de conseiller
la dirigeante sur les orientations à prendre.
Il est convenu qu'un certain nombre d'hypothèses doivent être testées tout en retenant les principes suivants :
- maintien des conditions d'exploitation de l'année N-1 ;
- volonté de développer le chiffre d'affaires après absorption des charges fixes.
I. ETUDE DE L'EXPLOITATION DE N - 1
Vous sélectionnez dans les documents comptables de N-1, les renseignements suivants :
2) En déduire la date à laquelle le seuil de rentabilité a été atteint. Calculer le levier opérationnel. Faire les
commentaires et donner la signification des résultats obtenus.
3) A partir de cette date, de quel pourcentage maximum aurait pu être diminué le prix de vente unitaire ?
4) Quelle diminution annuelle aurait pu supporter les ventes sans pour autant entraîner un résultat déficitaire ?
Une étude de marché estime que l'élasticité des ventes en volume par rapport au prix s’élève à - 3 sur ce segment. En
conservant les conditions d'exploitation de N-1, vous devez étudier les conséquences des hypothèses suivantes.
5) Dans le cas d'une réduction annuelle de 10% du prix de vente, estimer le résultat attendu en N. Comparer avec le
résultat sans diminution de prix. Faire les commentaires nécessaires. En quoi l'utilisation du coefficient de volatilité
est-elle impropre dans ce cas ?
7) Dans le cas où l'élasticité reste de -3, quel devrait être le taux de marge minimum pour obtenir un résultat au moins
égal au résultat de N-1.
114
Montbazillac
La société alimentaire lyonnaise vend des produits fins et des vins. Le gérant étudie une nouvelle politique de prix pour
un produit récemment introduit dans le catalogue « bloc de foie gras à l’armagnac » et pour deux vins fins du Périgord :
le Gaillac et le Montbazillac. Il a fait réaliser une étude d’élasticité prix de la demande de ces produits. Les
renseignements relatifs au bloc de foie gras sont portés dans l’annexe 1 et ceux concernant les vins dans l’annexe 2.
Situation actuelle
Prix de vente : 19 € (les concurrents vendent des produits de même valeur gastronomique à des prix supérieurs).
Coût d’achat : 14 €
Ventes : 4 000 produits par an.
Produits commercialisés : deux vins qui peuvent être considérés comme substituables, malgré leurs qualités gustatives
différentes : Gaillac blanc et Château Montbazillac.
Ventes actuelles : - Gaillac : 25 000 bouteilles à 3,60 € l’une (prix d’achat : 2,60 €)
- Montbazillac : 13 000 bouteilles à 5,20 € l’une (prix d’achat : 3,60 €)
- 0,5 + 0,4
Gaillac
1. Prix du bloc de foie gras : calculer le prix qui permet de maximiser la marge commerciale dégagée par ce produit.
115
Lepyg
En N, Lepyg a réalisé un résultat de 600 000 € pour un chiffre d'affaires de 11 000 000 €. Le compte de résultat prévisionnel de
N+1 de l'entreprise est établi sur la base de plusieurs hypothèses alternatives. On considérera que l'activité ne comporte que
des ventes d'un produit unique.
Hypothèse 1
- Ventes de 2 000 unités à 6 000 €.
- Charges fixes : 1 200 000 €.
- Charges variables :
D’achat et de production : 4 200 € par unité,
De distribution : 10% du chiffre d'affaires.
Hypothèse 2
Une politique de prix de vente adéquate pourrait permettre d'améliorer le résultat prévisionnel de l'hypothèse 1 et il ressort
d'une étude de clientèle que l'élasticité de la demande à la firme est de - 10 (au niveau considéré, pour une « fourchette » de
variation du prix de vente unitaire n'excédant pas 8% en plus ou en moins).
Hypothèse 3
En fait, si l'entreprise veut produire plus de 2 800 unités, elle doit modifier sa structure, ce qui entraîne :
Calculer le résultat courant pour une production finale en N+1, de 3 200 unités, en supposant ce changement de structure
réalisé de façon instantanée au cours de l'année N+1 (après production de 1 000 unités).
NB : Cette question est indépendante de la précédente (car on considère que le prix de vente unitaire reste fixé à 6 000 €.
Malion
La société Malion fabrique des montres. Le responsable mercatique étudie le prix auquel il conviendrait de proposer un modèle
X. La première année, le produit a été vendu 600 €. Les ventes se sont élevées à 9 000 unités. Le coût variable unitaire est de
340 € et le montant des coûts fixes est de 2 000 K€. L'étude de marché a permis de déterminer que l'élasticité de la demande
par rapport au prix pour une montre est de - 2.
ETUDE DE LA RENTABILITE
1) En reprenant la fonction de résultat déterminée dans la question 2, calculer les niveaux de prix pour lesquels le
résultat est nul. En déduire la zone de rentabilité.
2) Vérifier votre calcul en calculant le résultat pour les niveaux de prix déterminés.
116
OUTILS DE MESURE DU
RISQUE D’EXPLOITATION
Pour Polux, entreprise concurrente de Castor, qui sous-traite une grande partie
de sa production, on relève pour la même période :
117
ALTEOS
ALTEOS fabrique des sirops à base de fruits et plantes dont les qualités nutritives et gustatives sont
exceptionnelles. Elle souhaite diversifier son activité autour de l’exploitation des fleurs de sureau dont elle maîtrise
l’approvisionnement. Sa saveur exceptionnelle est très appréciée tant en France qu’en Allemagne. Deux produits
seraient à proposer conjointement pour avoir un impact suffisant auprès des distributeurs : le sirop et la liqueur.
Le lancement de ce projet suppose la couverture d’un certain nombre de coûts fixes spécifiques aux deux
produits : un local, des cuves inox, des frais fixes de recherche et développement et de logistique. Elle vous
demande d’établir la rentabilité de ce projet.
Hypothèse retenue : 2 bouteilles de sirop pour une bouteille de liqueur fabriquée et vendue.
Sirop Liqueur
Ventes prévisionnelles maximum 82 000 bouteilles 41 000 bouteilles
Poids en fleurs pour une bouteille 400 g 880 g
1. Calculer le nombre minimal de bouteilles de sirop et de liqueur à vendre pour atteindre le seuil de rentabilité dans
l’hypothèse retenue (à savoir deux bouteilles de sirop pour une bouteille de liqueur). En déduire le chiffre d’affaires
correspondant.
2. Pour un chiffre d’affaires prévisionnel de 676 500 € sur l’ensemble de ces deux produits, et dans l’hypothèse d’une
activité régulière, calculer le levier opérationnel puis la date d’atteinte du seuil de rentabilité.
3. A quelles conditions l’utilisation de ce seuil de rentabilité comme outil de décision est pertinente ?
Dans son rapport de présentation des deux nouveaux produits sur la base d’une composition des ventes de deux
bouteilles de sirop pour une bouteille de liqueur, le directeur a affirmé ces trois propos :
4. Commenter, à partir des réponses obtenues aux questions précédentes chacune de ces trois affirmations en y
apportant toutes les justifications pertinentes.
Le directeur financier souhaite optimiser la rentabilité de cette nouvelle activité, la composition des ventes n’étant
pas pour lui une contrainte puisque toutes les études de marché prouvent que la demande en boissons à base de
plantes est très importante pour ces deux types de produits.
5. En utilisant un raisonnement fondé sur l’utilisation du facteur rare (ou méthode des goulots d’étranglement),
déterminer le programme de production qui permet de maximiser la marge sur coûts variables :
5.1. Présenter le système à résoudre (fonction économique et contraintes) ;
5.2. Résoudre le système en expliquant et justifiant les calculs intermédiaires (méthode des goulets
d’étranglement) ;
5.3. En déduire le résultat optimal. Commenter la pertinence de la solution trouvée.
118
MATHE
L’entreprise Mathé produit et vend deux produits X et Y. Les données sont les suivantes :
Produit X Produit Y
Prix de vente 50 € 20 €
Charges variables de production 30 € 10 €
Charges variables de distribution 2€ 3€
Volume des ventes 10 000 50 000
On admet dans un premier temps que les variations de prix d’un produit n’affectent que ce produit et n’ont pas
d’incidence sur l’autre. Pour le produit X, l’élasticité de la demande par rapport au prix est égale à -2.
3. Calculer le prix optimal et le résultat optimal. (On ne modifie rien sur le produit Y). Etablir le compte de résultat
différentiel correspondant au prix optimal (avec les deux produits). Quelles sont les limites de ce calcul ?
En réalité, il y a des élasticités croisées et la variation du prix d’un produit a des conséquences, non seulement sur
ce même produit, mais aussi sur l’autre.
Produit X -2 0,5
Produit Y 0,2 -1
4. Déterminer les conséquences de l’action suivante : augmentation du prix de vente de X de 7%, le prix de Y restant
inchangé. Etablir le compte de résultat différentiel avec les deux produits.
119
KBH
KBH est une PME familiale alsacienne longtemps spécialisée dans la fabrication de pâtisseries salées, spécialité
régionale traditionnelle.
Depuis quelques années, elle s’est diversifiée dans la fabrication de produits sucrés (macarons notamment) et a
également commencé à se diversifier à l’étranger en ouvrant des succursales de vente en Suisse et en Allemagne.
Pour la période « N », l’analyse du chiffre d’affaires par « produits-marchés » se présente ainsi (milliers d’euros) :
Les charges variables directes peuvent être affectées comme suit (en milliers d’euros) :
Les charges fixes s’élèvent à 13 400 000 € et peuvent être analysées comme suit (milliers d’euros) :
Les prix de vente des produits sont identiques sur les différents marchés, par simplification.
Les ateliers dédiés à la production des produits salés et des produits sucrés sont utilisés respectivement à 90% et
82% de leur capacité.
Les réseaux de distribution dédiés à la commercialisation des produits sur le marché domestique et sur le marché
étranger sont utilisés respectivement à 70% et à 50% de leur capacité.
1) Présenter une analyse des résultats de la période N faisant apparaître les différents niveaux de marge (sur coûts
variables et sur coûts spécifiques), en raisonnant :
3) Relativiser vos jugements en rappelant les hypothèses très restrictives qui sont retenues dans l’analyse
différentielle en coûts partiels de type direct costing.
4) Que se passerait-il si, dans les conditions actuelles, on décidait de restructurer l’entreprise en abandonnant les
marchés à l’étranger ? De combien pourrait, théoriquement, varier le résultat global, et quelle serait sa valeur ?
Donner des exemples d’éléments, non pris en compte dans les hypothèses simplificatrices implicites retenues,
et qu’il faudrait intégrer dans les calculs.
120
On suppose dans tout ce qui suit que la société KBH a décidé d’abandonner ses activités à l’étranger et de se
recentrer sur le marché domestique.
Par ailleurs, dans un premier temps, elle n’envisage pas de modifier sa politique commerciale sur le marché
domestique.
5) Dans ces conditions, refaites une analyse des résultats en calculant les divers niveaux de marge.
6) Commenter la situation et suggérez une décision permettant d’améliorer le résultat de la société. Quel est le
niveau maximal que la société peut atteindre ?
Une étude a montré que le marché domestique des produits salés était saturé. Même une baisse de prix ou une
augmentation sensible des dépenses publicitaires seraient inefficaces pour augmenter les ventes.
En revanche, pour les produits sucrés, un potentiel de développement existe. Mais la direction hésite entre
supprimer l’activité produits sucrés, jugée pas assez rentable, et tenter de redynamiser les ventes par une action
de formation et de motivation des vendeurs.
7) De combien faudrait-il augmenter les ventes de produits sucrés, en pourcentage, pour que la contribution de
cette activité aux résultats redevienne positive ?
Depuis plusieurs années, les ventes de produits salés sur le marché domestique ont été très régulières. On dispose
des statistiques commerciales suivantes, en milliers d’euros constants :
La société envisage pour N+1 une « fourchette budgétaire » entre 19 800 et 19 900 milliers d’euros pour ces
produits.
8) Calculer la probabilité de se situer à l’intérieur de cette fourchette en N+1 en faisant l’hypothèse que les ventes
suivent une loi normale. Commenter.
Pour l’établissement des prévisions budgétaires de « N+1 », on retient finalement les hypothèses suivantes pour le
marché domestique :
La direction a décidé de mettre en place pour N+1 une politique rationnelle d’approvisionnement pour les matières
premières utilisées (farine, sucre,) utilisant le modèle de Wilson, dans le but de diminuer les coûts de la fonction
approvisionnement. Mais une incertitude subsiste sur l’impact du niveau du stock de sécurité retenu sur la valeur
de la « quantité économique » optimale à commander.
10) Démontrer que cette quantité, notée X, ne dépend pas du stock de sécurité, noté S.
On notera K le coût de passation variable d’une commande, C le coût de détention d’une unité pendant la période
budgétaire, et Q la quantité globale à commander pendant cette période budgétaire.
La société KBH étudie la possibilité de modifier le prix des produits sucrés afin de bénéficier d’un effet d’élasticité
sur les ventes.
121
Une étude de marché a montré que par rapport aux performances enregistrées en N, une baisse moyenne de prix
de 10% entraînerait une hausse du volume des ventes des produits sucrés de 20%.
11) Exprimer la marge sur coûts variables, notée M, réalisée avec les produits sucrés sur le marché domestique en
fonction de x (x étant le taux de variation du prix exprimée en pourcentage). Vérifier que pour x=0 (pas de
changement dans la politique de prix par rapport à la période N), on retrouve bien la marge calculée plus haut.
12) Quelles sont les politiques de prix extrêmes qui seraient suicidaires, c'est-à-dire qui rendraient M négative ?
13) Calculer la fonction dérivée de M par rapport à x, et déterminer la politique de prix optimale, c'est-à-dire la
valeur de x qui permettrait de maximiser la marge.
14) Vérifier la pertinence de votre calcul en représentant graphiquement M en fonction de x. (Pour cette question,
on calculera M également pour x=+10%, -10%, +30% et -30%)
122
Application corrigée : KBH
Produits
Salés Sucrés
Marchés
Domestique 19 800 – 13 200 = 6 600 10 000 – 7 500 = 2 500
Étranger 7 200 – 4 800 = 2 400 6 400 – 4 800 = 1 600
Produits
Total Produits salés
sucrés
Marge sur coûts variables :
- sur marché domestique 9 100 6 600 2 500
- sur marchés étranger 4 000 2 400 1 600
Total des MSCV 13 100 9 000 4 100
Charges fixes spécifiques 6 000 3 200 2 800
Marges sur coûts spécifiques 7 100 5 800 1 300
Charges fixes non spécifiques :
- de commercialisation (2 100 + 4 200) 6 300
- d’administration
1 100
Résultat global - 300
Marché
Eléments Total Marché étranger
domestique
Marge sur coûts variables :
- sur les produits salés 9 000 6 600 2 400
- sur les produits sucrés 4 100 2 500 1 600
Total des MSCV 13 100 9 100 4 000
Charges fixes spécifiques 6 300 2 100 4 200
Marges sur coûts spécifiques 6 800 7 000 - 200
Charges fixes non spécifiques :
- de production 6 000
(3 200 + 2 800)
- d’administration 1 100
Résultat global - 300
Marché Marché
Marché Marché
étranger étranger
Eléments Total domestique domestique
produits produits
produits salés produits sucrés
salés sucrés
MSCV 13 100 6 600 2 500 2 400 1 600
Charges fixes :
- production 6 000
- commercialisation 6 300
- administration 1 100
Résultat global - 300
123
Question 2 : commentaires
Toutes les MSCV sont positives donc les quatre couples produits-marchés sont intrinsèquement rentables.
En revanche le Résultat est négatif donc nous sommes devant un problème de SR qui n’est pas atteint, ce
qui pose à l’entreprise un dilemme :
- Soit on peut augmenter les ventes pour augmenter les marges (politique de commercialisation
plus dynamique)
- Soit on peut baisser les frais fixes (politique d’économie sur les frais généraux ou politique de
restructuration)
Les MSCS par produit sont positives donc il faut conserver les deux lignes de produits, en revanche la MSCS
à l’international est négative donc il faut s’interroger sur l’opportunité de persévérer dans la politique
d’internationalisation. (Dilemme).
Question 4
R = - 300 + 200 = - 100 => Amélioration du résultat sans toutefois restaurer la rentabilité.
Produits
Eléments Total Produits salés
sucrés
Si abandon du sucré alors R = -100 + 300 = 200 Mais on abandonne toute stratégie de diversification en
revenant à la situation initiale c’est-à-dire le métier et le marché de base.
(2 800 – 2 500) /2 500 = 12%. Objectif accessible à court terme.
124
100 000
Variance = = 20 000
5
P{V<19 900} – P{V<19 800} = p {t< (19 900 – 20 000)/141,42} - P{t <(19 800 – 20 000)/141.42} = P{ t < -0,707}
- P{t < -1,414}
Question 9
Si le prix est multiplié par 1 + 0,01 x, les ventes sont multipliées par 1 – 0,02 x
M = MSCV = CA - CV
M = [(10 000 (1 + 0,01x) (1 – 0,02x)] – [10 000 * 0,75 (1 – 0,02x)] = 10 000 (1 – 0,02x) (1 + 0,01x – 0,75)
= 10 000 (1 – 0,02x) (0,25 + 0,01x)
Si x = 0 => M = 2 500
Politique de prix annulant la marge
M = 0 si x = 50% ou si x = - 25%
Question 10
125
Krokenbourg
PREMIERE PARTIE
Krokenbourg produit et commercialise de la bière en fût (BF), de la bière de luxe (BL) et du panaché (PA) via un réseau de
quatre grossistes situés à Strasbourg (ST), Paris (PA), Marseille (MA) et Bordeaux (BO).
Charges fixes spécifiques aux produits (BL : 50 000 €, BF : 140 000 €, PA : 30 000 €).
Charges spécifiques aux marchés (ST : 60 000 €, PA : 60 000 €, MA : 40 000 €, BO : 40 000 €).
Les autres frais variables, par unité de produit, pour l’année N sont les suivants :
PRIX DE VENTE
STRASBOURG PARIS MARSEILLE BORDEAUX
POUR N
Bière de luxe 3 3 2,6 2,2
Bière en fûts 140 150 120 110
Panaché 2,2 2,4 2 2
Pour l’année N+1, les prix, les coûts unitaires variables et les charges fixes spécifiques sont inchangés ; en revanche, les marchés
potentiels ont évolué ainsi :
Capacités de production, en unités de produits, pour N+1 (BL : 280 000 ; BF : 25 000 ; PA : 150 000).
1. Calculer, pour l’année N, les marges sur coûts variables par couple produit-marché, les taux de marge sur coûts
variables puis les marges sur coûts spécifiques par marché, par produit et enfin le résultat global.
2. Commentez les résultats obtenus.
3. Compte tenu des capacités de production et des marchés potentiels de N+1, déterminer le programme optimal
de production puis calculer pour N+1 les marges sur coûts variables par couple produit-marché, puis les marges
sur coûts spécifiques par marché, par produit et le résultat global.
4. Commentez les résultats obtenus.
5. Proposez des mesures pour optimiser le résultat global de N+1 et calculer ce résultat.
6. Quelles sont les limites de ce type d’analyse ?
DEUXIEME PARTIE
126
En vue d’une relance de l’activité dans la région bordelaise, Krokenbourg désire s’associer avec un partenaire local. Celui-ci est
sensible à la détermination du (ou des) seuil(s) de rentabilité, ainsi qu’aux possibilités de développement par des politiques
de prix.
Il est décidé d’explorer le marché de la bière en fûts auprès des débitants de boissons pour les convaincre de se lancer dans la
bière en fûts et, si possible, de se lancer dans la bière de luxe puis dans le panaché.
Les débitants de boissons pratiquent un coefficient multiplicateur de 2,5 pour déterminer le prix de vente au consommateur
final (soit : PV au consommateur = 2,5 x PV du grossiste).
Le prix de vente aux grossistes d’un fût de 30 litres est actuellement à 120 €. Les grossistes ont l’habitude de pratiquer un
coefficient multiplicateur de 1,25.
Les débitants de boissons considèrent que l’investissement dans une tireuse (machine permettant de délivrer des « demi ») et
dans l’aménagement induit de 5 000 € doit être rentabilisé en un an.
De plus, les frais de gestion se chiffrent à 1 000 € par an, les frais de manutention à 500 € par mois et les frais de service des
verres à 300 € par mois.
Le grossiste estime ses charges fixes à 40 000 € par an et ses charges variables (autres que le prix d’achat des fûts) à 10% du
chiffre d’affaires.
On considère que la demande adressée aux grossistes serait de 4 000 fûts par an, ce qui correspond à 50 cafetiers distribuant
80 fûts par an.
Un cabinet de conseil en marketing a estimé l’élasticité de la demande par rapport aux prix a -2 que ce soit pour la demande
des cafetiers aux grossistes ou pour la demande des consommateurs finaux adressée aux cafetiers.
1. Quel est le seuil de rentabilité en nombre de fûts pour la région bordelaise du point de vue du grossiste ? Quelle
est la marge de sécurité relative (ou indice de sécurité) ?
2. Quel est le seuil de rentabilité en nombre de fûts du point de vue du cafetier ? Quelle est la marge de sécurité
relative (ou indice de sécurité) ?
3. Commenter ces deux résultats.
4. Krokenbourg désire étudier une possibilité d’optimiser le résultat par une politique de prix adéquate. Quels taux
de variation de prix x peuvent être envisagés par les débitants de boissons (ce sera x1) ou les grossistes (ce sera
x2) pour arriver à un résultat maximum ?
5. Comment concilier le fait que x1 soit différent de x2 ?
127
Tomator
La société Tomator, installée à Buchy, commercialise depuis 1980 des boîtes de concentré de tomate. Elle s’est lancée
dans la fabrication de sauce tomate en 1990 et de jus de tomate en 1995.
Les ventes se font uniquement à partir de dépôts où les grossistes viennent s’approvisionner. La société en possède ou
en loue à Metz, Paris, Lyon et Toulouse. Les prix pratiqués sont plus élevés à Paris alors que des prix plus bas sont
consentis à Lyon et Toulouse afin de faciliter l’implantation récente.
Les résultats ayant nettement baissé l’an passé, et la capacité de production étant presque utilisée au maximum, le
responsable commercial se demande si on ne devrait pas essayer d’écouler les produits sur les marchés les plus
rentables dans la mesure où la progression des ventes est possible.
Vous trouverez ci-après tous les éléments permettant d’analyser les résultats de l’année écoulée et de fixer les bases
d’une meilleure politique de distribution pour cette année.
■ COÛTS VARIABLES
Matières premières, énergie, main-d’œuvre. Pour chaque unité produite, ils sont estimés ainsi :
- Jus 0,95 €
- Concentré 3,80 €
- Sauce 2,60 €
Transport. Les frais à l’unité (exprimés en €) sont résumés dans le tableau suivant :
Frais de commercialisation (commissions, promotion sur le lieu de vente, etc.). Ils sont estimés à 10% du prix
de vente de chaque marché
■ COÛTS FIXES
- Jus 25 000 €
- Concentré 70 000 €
- Sauce 15 000 €
128
LES MARCHES
a) Calculer, dans un tableau, la marge sur coût variable (unitaires et totales) réalisée pour chaque couple
produit/marché.
b) Calculer la marge sur coût spécifique par produit.
c) Calculer la marge sur coût spécifique par marché.
d) Calculer le résultat à partir des réponses aux questions précédentes, en admettant que la variation du stock
est nulle.
a) En vue de réaliser le profit maximum, et sur la base des coûts et des prix de vente de l’an passé, déterminer
le programme de production et de vente.
b) Calculer le résultat prévisionnel correspondant à ce programme
129
CORRECTION DU CAS TOMATOR
- Supprimer les couples produits marchés pour lesquels la MSCV est négative soit sauce à Lyon et Jus à
Toulouse
- Développer pour un produit donné et dans les limites de la capacité de production les marchés où la MSCV
unitaire est la plus forte
- Enfin, vérifier qu’avec le programme retenu, certaines MSCS ne soient pas négatives
130
JUS :
Paris : 90 000
Metz : 50 000
Lyon : 100 000
Total : 240 000
Taux d’utilisation de la capacité de production : 240 000/280 000 = 86%
CONCENTRE :
Paris : 85 000
Metz : 100 000
Lyon : 40 000
Toulouse : 25 000
Taux d’utilisation de la capacité de production : 100%
SAUCE :
Paris : 27 000
Metz : 23 000
Taux d’utilisation de la capacité de production : 100%
131
RELAXEO
La société RELAXEO fabrique et commercialise des fauteuils de relaxation motorisés permettant le massage automatique du
dos. Elle propose trois modèles :
Le modèle FITNESS, très simple dans sa conception, équipé de deux moteurs seulement ;
Le modèle CONFORT, équipé de trois moteurs et pouvant être programmé en 4 modes différents de massage ;
Le modèle LUXE, équipé de 4 moteurs, d’un modèle « intelligent » de reconnaissance morphologique permettant
d’adapter le massage en fonction des individus, d’un lecteur MP3 et d’écouteurs intégrés.
Toutes les pièces composant les fauteuils sont fabriquées par des sous-traitants, la société RELAXEO n’ayant qu’une activité
d’assemblage. La production est en flux tendus et les stocks sont négligeables.
Le marché des fauteuils de relaxation est un marché qui arrive à maturité et concerne les particuliers, mais aussi les
professionnels : gestionnaires d’aires de repos autoroutières, restaurateurs, entreprises adeptes du « repos anti-stress », etc.
La société est particulièrement bien positionnée sur ce créneau avec son modèle « Confort » qui est considéré comme
présentant un bon modèle qualité-prix.
Sur les produits d’entrée de gamme bon marché, les producteurs européens sont actuellement très sévèrement concurrencés
par des nouveaux entrants, notamment asiatiques, et on peut trouver chez les VPCistes et sur internet des produits très simples,
notamment en termes de motorisation, pour 300 ou 400 €.
Pour échapper à cette concurrence, plusieurs grands du secteur se sont lancés dans une stratégie de différenciation haut de
gamme, en proposant des modèles très sophistiqués au niveau de la programmation et des fonctionnalités annexes (comme
l’équipement audio) et en faisant exploser les budgets de recherche-développement.
TRAVAI A FAIRE
1. Calculer les marges sur coûts variables et les marges sur coûts spécifiques (ou « contributions ») totales
par produit, ainsi que le résultat global pour l’année N.
2. Commenter les résultats de la question 1, en indiquant les orientations qui vous semblent nécessaires au
niveau de la stratégie commerciale. En particulier, conviendrait-il d’abandonner certains modèles ?
Une étude de marché montre que l’élasticité de la demande des modèles Fitness par rapport au prix de ce produit est
égale à – 2.
Pour dynamiser les ventes de ce modèle, la direction envisage de baisser le prix de 5%, espérant ainsi restaurer une
contribution positive.
3. Calculer l’impact prévisionnel sur le résultat de l’entreprise et conclure sur l’opportunité d’une telle
décision. Etait-il nécessaire de faire les calculs pour conclure ?
132
4. Sachant que l’élasticité de la demande des modèles Fitness par rapport au prix de ce produit est égale à
– 2, que se passerait-il si on augmentait le prix du modèle Fitness de 5% ? de 10% ? de 15% ? Commenter.
5. Sachant que l’élasticité de la demande des modèles Fitness par rapport au prix de ce produit est égale à
– 2, exprimer la marge sur coûts variables totale apportée par le modèle Fitness, notée M, en fonction de
la variation relative du prix.
6. Déduire de la question précédente le prix optimal du modèle Fitness.
7. Commenter la situation et indiquer si l’entreprise a intérêt à modifier son prix, ou à abandonner le produit.
Faut-il relativiser ces conclusions ? Que proposeriez-vous ?
La direction souhaite savoir si elle peut compter durablement sur la contribution du produit Confort.
On supposera que la demande en volume de produits Confort suit depuis plusieurs années une loi normale et que la
structure des coûts reste inchangée. Les paramètres de la loi normale seront calculés à partir des statistiques de ventes
en volume et l’écart type sera arrondi à la troisième décimale.
8. Quel est la probabilité de réaliser en N+1 une contribution pour ce produit au moins égale à celle de l’année
N?
La direction envisage d’établir ses prévisions budgétaires pour N+1 en tablant sur une augmentation des ventes de
fauteuils Confort d’au moins 5% en volume.
9. Qu’en pensez-vous ?
10. Sans faire de calculs supplémentaires, que peut-on dire de la probabilité de se situer en N+1 dans une
« fourchette » comprise entre – 5 et + 5% d’évolution des ventes en volume pour le modèle Confort ?
11. Rappeler la définition de la notion de marge de sécurité. Cette notion peut-elle s’appliquer au modèle
Luxe ? Si oui, calculer la marge de sécurité de ce modèle pour l’année N.
La société envisage de consentir un effort publicitaire important pour promouvoir les ventes du modèle Luxe. Une
étude de marché semble montrer qu’en consacrant un budget de 50 000 € en encarts publicitaires dans la presse
hebdomadaire, les ventes pourraient augmenter de 50% en volume.
133
Le coût marginal
1. Définition et finalité
Le coût marginal (Cm) est l’augmentation du coût consécutive à une augmentation de la production. On
dit aussi qu’il s’agit du coût de la dernière unité produite (unité : objet, lot, série, commande…). Son
intérêt est de répondre à la question : doit-on accepter une nouvelle commande ?
Il comprend toujours des charges variables mais aussi des charges fixes quand la structure doit être
modifiée.
2. Exemple
• Production mensuelle : 10 articles vendus 2 500 € l’un ; leur coût est le suivant :
• Peut-on accepter la commande d’un 11ème article dont le prix de vente serait de 1 500 € ?
On fabrique 10 000 unités par mois d’un produit vendu 56 € l’unité, et le coût de ces 10 000 unités est le
suivant :
On reçoit, pour un mois donné, une commande supplémentaire de 4 000 unités. Son exécution ne
provoquerait pas un accroissement des charges fixes mais le prix de vente serait de 35 € l’unité.
On reprend les mêmes données mais en supposant que l’exécution de la commande provoque un
accroissement de 14 000 € de charges fixes.
4. Aspects mathématiques
134
4.1 L’optimum de productivité (ou optimum technique)
C’est l’activité qui permet de réaliser la production au coût moyen le plus faible et donc au bénéfice
unitaire le plus élevé.
On démontre mathématiquement que cela se produit quand le coût moyen est égal au coût marginal
(point P sur le graphique)
Coût
Coût marginal Coût unitaire
Quantités
P
Optimum
technique
Le résultat de l’entreprise augmente tant qu’une unité supplémentaire rapporte plus qu’elle ne coûte.
On appelle optimum de rentabilité le niveau de production pour lequel le bénéfice global est maximal
(global et non unitaire).
L’optimum de rentabilité ou optimum économique est atteint quand le coût marginal, Cm, est égal au
prix de vente ou recette marginale, Rm, (point R sur le graphique).
Coût
Coût marginal
Rm = Cm
Quantités
R
Optimum de
rentabilité
135
Le bénéfice global continue d’augmenter tant que le prix de vente est supérieur au coût marginal ; mais à
la limite, quand il est égal au coût marginal et donc quand R m = Cm, la dernière unité n’apporte ni bénéfice
ni perte.
On compare le coût supplémentaire engendré par la décision (y compris les charges de structure
nécessaires) au chiffre d’affaires supplémentaire espéré.
Si, actuellement, on fabrique des pièces détachées utilisées dans la production, on peut calculer le coût
spécifique que cela entraîne et le comparer au prix que nous paierions si on achétait ces pièces à un sous-
traitant.
► Exemple
Un imprimeur envisage d’éditer un ouvrage broché. Il évalue les frais variables à 28 € par unité et les frais
fixes à 240 000 € par période.
a) Sachant qu’il souhaite réaliser un bénéfice de 20% de son coût de revient, déterminer le prix de
vente à pratiquer s’il vend 2 000, 3 000 ou 4 000 exemplaires par période.
• Calculer le nombre d’exemplaires à vendre par période pour atteindre le point mort.
• S’il vend 3 000 ouvrages, quel sera son résultat ?
• A quel prix faut-il vendre ces exemplaires si on veut obtenir un résultat identique à celui que l’on
aurait en refusant de traiter avec lui :
• Si on traite avec ce diffuseur québécois à 100 € l’unité, quel sera le résultat global de l’entreprise :
● Si cela ne réduit pas nos ventes en France ?
● Si cela entraîne une réduction de nos ventes en France de 75 unités ?
136
Le coût marginal – Applications de cours
Production mensuelle : 10 articles vendus 2 500 € l’un ; leur coût est le suivant :
Peut-on accepter la commande d’un 11ème article dont le prix de vente serait de 1 500 € ?
2. On fabrique 10 000 unités par mois d’un produit vendu 56 € l’un. Voici le coût de ces 10 000 unités :
On reçoit, pour un mois donné, une commande supplémentaire de 4 000 unités. Son exécution ne provoquerait pas un
accroissement des charges fixes mais le prix de vente serait de 35 € l’unité.
3. On reprend les mêmes données mais en supposant que l’exécution de la commande provoque un accroissement de 14 000
€ de charges fixes.
4. Un imprimeur envisage d’éditer un ouvrage broché. Il évalue les frais variables à 28 € par unité et les frais fixes à 240 000
€ par période.
a) Sachant qu’il souhaite réaliser un bénéfice de 20% de son coût de revient, déterminer le prix de vente à pratiquer s’il
vend 2 000, 3 000 ou 4 000 exemplaires par période.
- Calculer le nombre d’exemplaires à vendre par période pour atteindre le point mort.
- S’il vend 3 000 ouvrages, quel sera son résultat ?
c) Un diffuseur québécois souhaite en acquérir 500 exemplaires cartonnés. Le cartonnage entraînerait un accroissement
du coût variable unitaire de 2 € et une augmentation des frais fixes de 24 000 €.
- A quel prix faut-il vendre ces exemplaires si on veut obtenir un résultat identique à celui que l’on aurait
en refusant de traiter avec lui :
Si cela ne réduit pas nos ventes en France ?
Si cela entraîne une réduction de nos ventes en France de 75 unités ?
- Si on traite avec ce diffuseur québécois à 100 € l’unité, quel sera le résultat global :
Si cela ne réduit pas nos ventes en France ?
Si cela entraîne une réduction de nos ventes en France de 75 unités ?
137
Fianchetto
La société Fianchetto est une petite entreprise spécialisée dans la production sur commande de meubles de rangement pour
tirages papier grands formats. Sa clientèle est composée essentiellement de cabinets d’architectes, d’artistes graveurs et de
photographes professionnels.
Son directeur, M. Fouroix, vous demande votre avis quant à deux propositions qui lui ont été faites lors du Salon des
professionnels du meuble industriel. Vous avez déjà bien avancé dans le travail et avez pu avoir l’entretien suivant avec M.
Fouroix, portant sur la proposition faite par le cabinet d’architectes :
M. Fouroix : Eh bien, mon cher, je ne sais même pas si c’est la peine de perdre notre temps à étudier cette
proposition car le prix proposé est inférieur à notre coût de revient.
Vous : C’est vrai, mais il faut bien voir que cet accroissement de notre production va avoir pour conséquence
une baisse de notre coût de revient ; d’après mes calculs, il devrait passer de 900 € à 852 €.
M. Fouroix : Pour ce qui est des calculs, je vous fais confiance, mais j’ai quand même raison : ce nouveau coût
de revient reste encore supérieur au prix proposé. Je pense qu’il faut en rester là.
Vous : Certes, mais sauf votre respect, il y a une faille dans votre raisonnement car…
M. Fouroix : Ecoutez, c’est vous le spécialiste de la gestion et là, je suis un peu pressé : remettez-moi un petit
topo ce soir pour me permettre de prendre une décision éclairée.
Pour mener à bien votre travail, vous disposez des informations chiffrées fournies ci-dessous :
A. Prévisions de production----------------------------------------------------------------------------------------------
Avant proposition, elle était de 2 550 meubles vendus 1 200 € l’unité. Cette production correspond à 85% de la capacité de
production maximale et son coût de revient est de 2 295 000 € dont 1 275 000 € de charges fixes.
B. Capacité de production------------------------------------------------------------------------------------------------
Pour produire au-delà de 85% de la capacité de production, il est nécessaire d’avoir recours à des heures supplémentaires ou
à du personnel intérimaire, ce qui entraîne une hausse de 11% du coût variable par unité supplémentaire.
Pour réaliser une production excédant la capacité maximale, il est nécessaire de remplacer l’ancien matériel par des machines
plus performantes permettant ainsi de majorer de 15% la capacité actuelle. Le remplacement de l’ancien matériel entraîne une
augmentation de 200 000 € des charges de structure et une réduction de 20 € du coût variable unitaire.
Lors du Salon des professionnels du meuble industriel, M. Fouroix a rencontré le directeur des achats d’un cabinet d’architectes,
qui lui a proposé d’acquérir un lot de 300 meubles pour un prix global de 240 000 €.
Au cours de ce même salon, M. Fouroix a reçu une offre émanant d’un studio d’art photographique ; ce dernier propose
d’acheter 800 meubles au prix unitaire de 750 €.
138
Microvol
Microvol est une société spécialisée dans les moteurs d’avion pour modèles réduits. On vous donne le tableau indiquant le
coût de revient global pour chaque type de moteur :
TYPES DE MOTEURS
4,5 cm3 6 cm3
Eléments de coût :
Matières premières 5 190 3 460
Matières consommables 180 55
Pièces détachées 2 925 2 145
Main d’œuvre 18 000 12 000
Frais de production 4 800 3 200
Frais de distribution 1 200 785
32 295 21 645
Quantités produites mensuellement 150 80
Prix de vente unitaire 210 260
1. En admettant :
- Que les frais de production sont considérés comme variables à 60% et ceux de distribution à 80% ;
- Que le total des charges fixes spécifiques peut être évalué à 1 200 € pour les moteurs de 4,5 cm3 et 1 000 € pour les
moteurs de 6 cm3.
Calculer, pour chaque type de moteur, la marge sur coûts spécifiques ainsi que le seuil de rentabilité spécifique.
2. Une entreprise spécialisée dans la fabrication et la commercialisation de modèles réduits désire vendre des voitures
équipées de moteurs 4,5 cm3. Elle propose à Microvol de lui en confier la fabrication. La production actuelle, 200 moteurs
par mois, s’écoule facilement. Les charges fixes mensuelles sont de 1 600 € et les charges variables unitaires à 192€. Au-
delà de cette production de 200 moteurs, les charges fixes devraient doubler en raison de nouveaux investissements.
1) Présenter dans un tableau pour des productions de 200, 240, 280 et 320 moteurs :
- Le coût global de production
- Le coût moyen
- Le coût marginal de série,
- Le coût marginal par moteur.
2) Préciser en fournissant toutes justifications utiles si la société aurait intérêt à accepter la proposition qui lui
est faite selon que le marché porterait sur la livraison de 40, 80 ou 120 moteurs par mois, vendus au prix de
210 €.
139
Entreprise Rizoto
I) Rizoto occupe une position dominante sur son marché régional. Elle est en pleine expansion. A la fin de l’année N,
elle ne fabriquait et ne vendait qu’un seul produit. La production de cette année-là a été telle que le coût moyen des séries
fabriquées et livrées à la clientèle était minimum. Le prix de vente de la série était égal à ce coût moyen minimum majoré de
7 150 €.
A cette date, le seul concurrent de l’entreprise étant en difficultés sérieuses, et la capacité de production (15 séries) n’étant pas
utilisée au mieux, il a été décidé de fabriquer et vendre dorénavant le nombre de séries maximisant le bénéfice. En outre, en
vue d’éliminer le concurrent, les dirigeants ont décidé de procéder à la vente de trois séries-réclames, puis de reprendre les
livraisons dans les conditions normales.
Vers la fin de l’année, il s’avère (les ventes-réclame ayant été un gros succès) que le concurrent est définitivement éliminé. La
décision de réinvestir est alors prise de façon à occuper la place laissée vacante par le concurrent malheureux.
Le coût marginal des séries était le suivant pour les années N et N+1.
1 36 300 9 8 300
2 13 200 10 10 000
3 10 700 11 12 300
4 8 800 12 15 200
5 7 500 13 18 700
6 6 800 14 22 900
7 6 700 15 27 900
8 7 200
Déterminer le nombre de séries fabriquées et vendues au cours de l’année N. Calculer le prix de vente normal de la
série. En déduire le bénéfice réalisé au cours de cet exercice. (L’exercice coïncide avec l’année civile et l’entreprise
écoule toute sa production)
II) Le nombre de séries fabriquées et vendues durant l’année N+1 par l’entreprise a donc été tel que le bénéfice eût été
maximum sans la baisse des prix résultant des ventes-réclame. Les séries ont été livrées sur le marché de la manière suivante :
d’abord le nombre de séries nécessaires à la réalisation d’un bénéfice de l’ordre de 40 000 €, puis les trois séries-réclame à un
prix moyen de 12 000 €, enfin les autres séries vendues au prix normal.
1. Déterminer le nombre de séries fabriquées et vendues pendant l’année N+1, et le bénéfice normal correspondant.
2. Quel est le numéro des séries écoulées lors des ventes-réclame ? A quel prix moyen aurait-on pu les vendre s’il
avait été jugé utile de ne réaliser aucun bénéfice sur ces séries ?
3. Quel bénéfice l’entreprise a-t-elle finalement réalisé au cours de l’exercice N+1 ?
III) Une étude des coûts marginaux de séries supplémentaires à partir de la 16ème du produit traditionnel, destinés à
occuper la place laissée vacante par le concurrent, a fourni les résultats suivants : 16ème série : 15 000 € ; les cinq séries suivantes :
9 000 € la série.
Le prix de vente normal ayant été abaissé à 17 000 € la série pour l’année N+2, le bénéfice sera-t-il plus élevé si on
vend les 21 séries que l’on pourra fabriquer ?
140
Les techniques de gestion de la production
Une machine M permet de fabriquer deux produits P et Q, mais l'un et l'autre ne peuvent être produits simultanément. 30
unités de P ou 50 unités de Q peuvent être fabriqués à l'heure, mais la machine M n'est disponible que 100 heures par semaine.
Chaque unité de P et de Q laisse respectivement une marge de 10 € et de 30 €. Les demandes sont telles que l'on ne doit pas
produire plus de 2 000 unités de P, ni plus de 4 000 unités de Q par semaine.
On se demande quelles sont les quantités X1 de P et X2 de Q à produire, compte tenu des contraintes de la machine, tout en
réalisant le profit maximum.
Une entreprise fabrique deux articles : A et B. Le processus de production impose aux deux articles le passage par les ateliers
usinage et assemblage :
USINAGE ASSEMBLAGE
Article A (en heures) 1h 2,5 h
Article B (en heures) 1,5 h 1,5 h
Capacité mensuelle en heures 3 000 h 4 500 h
A B
Capacités mensuelles de ventes 1 600 1 800
Volume de stockage par produit (en m3) 1 1
Marge unitaire nette en € 30 40
Le mode de distribution adopté suppose le stockage des articles produits au cours du mois et qui ne seront livrés qu'au début
du mois suivant. Le volume total disponible est de 3 400 m 3.
Déterminer par le simplexe le programme mensuel de production permettant de réaliser le résultat maximal.
3.1 - Une entreprise fabrique deux produits X et Y dont les marges sont respectivement de 120 € et 150 €. Ils passent par deux
ateliers A1 et A2. Les temps nécessaires à la fabrication sont résumés dans ce tableau :
3.2 - Supposons qu'une entreprise fabrique trois produits (P1, P2, P3) et que la matière première incorporée dans ces trois
produits soit un facteur rare. L'entreprise a un stock de 875 kg de matière. La demande potentielle s'élève à 550 unités pour
P1, 1 000 unités pour P2 et 550 unités pour P3. La marge sur coût variable de chaque produit est respectivement de 150, 95 et
175 €. Les produits consomment respectivement (en kg de matière première) : 0,5 kg par unité de P1, 0,25 kg par unité de P2,
0,75 kg par unité de P3.
141
3.3 La société Deauville-Plage exploite une paillote dans une station balnéaire fréquentée. Elle y vend des kébabs et des
boissons à emporter. Judas Brico, le gérant, doit décider de l’espace occupé par quatre boissons différentes dans la vitrine
réfrigérée. Les données significatives sont les suivantes :
La vitrine de ces boissons présente une longueur totale de 12 mètres. Judas désire que chaque boisson occupe au moins un
mètre et six mètres au plus.
142
MONTFORT
La société Montfort fabrique des produits destinés à un usage professionnel dans le montage des charpentes. Un de ces
produits, le support SES, dont la rentabilité n'est pas satisfaisante apparaît comme trop complexe du point de vue de sa
fabrication. Monsieur JEAN, le dirigeant de la société, propose de le remplacer par trois produits nouveaux qu'il a
personnellement étudiés. Ceux-ci possèdent une fonction similaire au produit SES avec des critères de présentation et
de forme plus soignés. Des contacts avec les professionnels de la construction ont permis de démontrer que ces trois
produits avaient des chances équivalentes d'être accueillis favorablement par le marché, l'inconvénient d'avoir trois
produits pour le même usage étant contrebalancé par la possibilité de bénéficier de choix plus étendus au niveau
ergonomique. Pour le dirigeant de la société MONTFORT, ces trois produits peuvent même apporter une certaine
dynamisation de la demande.
Il reste donc à réfléchir sur la production qui sera mise en œuvre sachant que les contraintes liées à la fabrication de ces
trois produits sont différentes.
Modalités de la production
Les heures machine disponibles pour la production des trois produits, compte tenu de l'arrêt de la fabrication du produit
SES et des heures de sous-activité s'élèvent à :
- 483 heures de découpage,
- 436 heures de pliage,
- 433 heures de perçage.
NB : il est fortement conseillé, pour la résolution, de multiplier les termes du programme à optimiser par 300.
Le travail demandé va donc consister à déterminer la combinaison de produits X, Y et Z qu'il faudra produire pour
optimiser le résultat trimestriel sur ces produits.
143
CONTEXTE 1 : MODE DE RESOLUTION GRAPHIQUE
1. Monsieur JEAN qui doute encore de la fiabilité technique du produit Y, vous demande dans un premier temps de
déterminer la combinaison de produits X et Z qui optimise le résultat.
3. Que devient le programme de production s'il est possible d'augmenter le nombre d'heures de découpage de 50
heures ?
Les deux contextes précédents n'intègrent pas le comportement des consommateurs vis-à-vis de l'arbitrage qu'ils seront
tentés de faire par rapport aux trois produits. Monsieur JEAN a donc réalisé une petite étude sur les possibilités de ventes
et a recueilli les informations suivantes qui se définissent comme des contraintes de marché :
En outre, compte tenu d'un investissement relativement limité (9 000 € de charges fixes supplémentaires), Monsieur
JEAN est en mesure de desserrer les contraintes liées au découpage et au perçage de telle sorte que l'on puisse les
supprimer compte tenu des contraintes de marché. La seule contrainte liée aux facteurs de production est la limite de
436 heures pour l'opération de pliage.
6. Sans faire les calculs, présenter les modifications à apporter au programme linéaire du « contexte 2 » pour que celui-
ci intègre les contraintes de marché énoncées précédemment.
144
PROBLEME DE MINIMISATION COMPORTANT DEUX VARIABLES
La Saudel envisage de confier à son unité de production du Nord-Est l’élaboration des coussinets et des
paliers demandés par certains industriels ; cette fabrication devra répondre aux contraintes mensuelles
suivantes :
Fabrication minimale :
Coussinets : 4 000 unités,
Paliers : 5 000 unités.
La matière première sera livrée par l’usine principale à l’unité de production qui devra traiter un
minimum de 36 000 kg de matière.
Compte tenu des perspectives de développement ultérieur, le maximum d’heures de main d’œuvre
est fixé à 10 000.
Renseignements complémentaires :
Coussinets Paliers
Matière première par produit 2 kg 3 kg
Main d’œuvre par produit 1 heure 0,5 heure
Poids du produit fini 1,5 kg 2 kg
La société souhaite déterminer le programme mensuel de fabrication des coussinets et des paliers
sachant que le coût des transports mis en place entre l’unité de production et l’usine principale
pour l’acheminement des matières premières et le retour des produits finis devra être rendu
minimal ; le prix de ce transport a été estimé à 2 € par kilo de matière ou de produit fini transporté.
La société Dual fabrique, entre autres, deux produits P1 et P2 dont les marges sur coûts variables sont
respectivement de 16 € et de 10 €.
La production de ces produits nécessite le passage dans trois ateliers pendant des temps de fabrication
exprimés en heures dans le tableau suivant :
Capacité de
P1 P2
l’atelier
Atelier 1 1 2,5 195
Atelier 2 2 1 160
Atelier 3 1 1,5 120
Déterminer le prix de location des ateliers pour que le coût soit minimal pour le donneur d’ordre
et acceptable pour la société Dual
145
GESTION DES STOCKS – APPLICATIONS DU COURS
Soit une entreprise dont les fabrications nécessitent 15 composants différents dont les consommations annuelles
sont les suivantes (en K €) :
La consommation annuelle régulière d’une matière P porte sur une quantité totale de 9 000 kg. Le coût
de passation d’une commande s’établit à 200 €, le taux de possession du stock de cette matière est de
20% et le coût unitaire d’achat s’élève à 72 €.
L’entreprise Karim fabrique un aliment pour chats dans la composition duquel entre du potassium. La
consommation annuelle de cette matière première est de 6 tonnes.
- Prix d’achat : 4 € le kg,
- Coût de passation d’une commande : 20 €
- Le coût de possession du stock peut être évalué à 2 € par mois pour 100 kg,
- Le stock de sécurité est fixé à 400 kg.
Soit une consommation annuelle de 12 000 articles, un coût de passation des commandes de 200 € et un taux
de possession du stock évalué à 12%. Le fournisseur propose les conditions de prix suivantes :
- p = 42 € pour des commandes inférieures à 900 produits,
- p = 40 € pour les commandes comprises entre 900 et 1 200 produits,
- p = 38 € pour des commandes supérieures à 1 200 produits.
146
APPLICATION 4. MODELE DE WILSON ET PENURIE
Reprendre les données de l’application 2 en admettant que le taux de pénurie s’élève à 85,3%.
Dans le rayon alimentaire d’une grande surface, un produit alimentaire périssable A est mis en rayon tous les
2 jours. La demande D sur ces 2 jours suit la loi de probabilité suivante :
d 5 6 7 8 9
P(D = d) 0,1 0,3 0,3 0,2 0,1
Pour une usine de confection, le stock de début de saison d’un modèle unique doit permettre de faire face à la
demande de la saison. Cette demande suit une loi normale de moyenne 4 000 et d’écart type 500. Ce modèle a
un coût variable de fabrication de 100 €. Il est vendu 180 € et les invendus en fin de saison sont soldés 60 €.
APPLICATION 7. BUDGETISATION
L'expérience des années précédentes a montré, par ailleurs, que passer une commande coûte 600 € et que le
taux de possession du stock moyen représente annuellement 12% de la valeur de ce stock. Le directeur des
approvisionnements vous charge du travail suivant :
b. Budgétisation :
- Dans une première démarche, le directeur désire passer des commandes d'un montant constant à des
périodes irrégulières. Dresser le calendrier des commandes et des livraisons pour N par la méthode
comptable puis par la méthode graphique. On admettra que les livraisons ont toujours lieu dans la première
semaine du mois.
- Ensuite, le directeur désire, pour introduire plus de régularité dans la procédure des approvisionnements,
passer N commandes à intervalles réguliers mais de valeur irrégulière. Dresser le nouveau calendrier en
utilisant la méthode comptable puis la méthode graphique (mettre en évidence sur le graphique le
montant variable de commandes et de livraisons). La première livraison a lieu début janvier.
147
Gestion des approvisionnements
Exercice A
Dans le cadre de la gestion budgétaire, la responsable du centre Production de la société A doit élaborer son
budget. La responsable des ventes lui a en effet transmis son programme.
On vous missionne pour l’aider. Le programme doit satisfaire la politique de stockage du service :
Contrainte 1 : de façon à assurer la sécurité des approvisionnements, il faut chaque début de mois posséder
au moins le volume des ventes du mois en question ;
Contrainte 2 : le niveau de stock doit être minimum de façon à minimiser les coûts de possession du stock.
La capacité maximale de production est de 700 unités. Il faut reconstituer au 30 juin un stock de 1 000 unités.
Exercice B
Un composant entre dans la fabrication d’un produit P. La production est régulière et donc les sorties de stock de
ce composant le sont aussi. Elles s’élèvent à 1 200 composants par an. Le coût unitaire du composant s’élève à
250 €. Le taux annuel d’immobilisation du capital est égal 4%, le coût physique du stockage s’élève à 4,40 € par
composant et par an.
Afin de simplifier les commandes, les livraisons sont toujours du même volume, à intervalles de temps constants,
la date de livraison étant la date où le niveau du stock est nul.
Le responsable de production a fait état des coûts cachés de non-production qui sont entraînés par la nature du
stock de ce composant, suite à des retards de livraison du fournisseur. Il est ainsi décidé de conserver un stock de
sécurité correspondant à deux mois de consommation.
Des négociations ont été menées auprès du fournisseur. Une première proposition est transmise à l’entreprise
proposant une remise de 0,50 € par composant à partir de 300 unités commandées. Le coût de passation serait
alors de 90 €.
148
GESTION DES STOCKS
1 La société SEBM fabrique des modules d’échafaudages. La politique d’approvisionnement est définie selon le
modèle de Wilson.
Le nombre de commandes sera arrondi à la valeur la plus proche et les quantités à la centaine la plus proche
3 La société B consomme 33 000 embrayages hydrauliques par an. Le coût d’une commande est estimé à 412,50 €.
Le coût de stockage est de 0,01 € par unité et par jour ouvrable. Il y a 250 jours ouvrables par an.
3 - Calculer la quantité optimale et le coût minimum annuel s’il existe un stock de sécurité de 2 000 unités.
4 - Calculer la quantité optimale et le coût minimum annuel s’il existe un stock de sécurité de 18% de la quantité
commandée.
149
4 La société MAT distribue des quads. Elle a identifié la loi de la demande mensuelle :
d 0 1 2 3 4
P(d) 0.1 0.4 0.3 0.15 0.05
La vente d’un quad procure un gain de 800 €. Tout invendu, au contraire, entraîne une perte de 200 € (frais
administratifs, de stockage, etc.)
2 - Calculer l’espérance mathématique de gain net correspondant à chaque niveau de stock possible. La solution
doit être fournie, autant que possible, sous forme matricielle. Déduisez-en la valeur du stock correspondant au
plus grand gain possible.
On suppose maintenant qu’il y a un coût de pénurie de 400 € pour chaque vente manquée.
3 - Construire la matrice des résultats. En déduire la valeur du stock correspondant au plus grand gain possible.
d 0 1 2 3 4
P(d) 0.3 0.25 0.2 0.15 0.1
150
SOFRALEC
- Livraison par lots de 500 unités; une commande peut comprendre plusieurs lots;
- Le stockage représente des frais de détention s'élevant à 20% du prix d'achat et des frais
de transport de ces résistances qui sont stockées ;
2. La société a contacté un autre fournisseur local qui lui propose ces conditions :
151
ZEBU
L’entreprise ZEBU désire optimiser les quantités commandées pour une pièce PX dont les achats
représentent un montant annuel important.
SOCAB
L’entreprise SOCAB souhaite optimiser sa politique d’approvisionnement concernant une marchandise M,
en fonction des éléments suivants :
Une année civile correspond à 300 jours ouvrables et le stockage de 1 000 € de marchandises coûte 20 €
par jour ouvrable.
152
Charges fixes, semi-fixes, variables à partir de charges totales
1. L’entreprise CHALON observe une évolution de ses charges au regard de différents niveaux d’activité. Elle
aimerait connaître la part de charges fixes et de charges variables.
153
La marge sur coût variable multiproduits
1. BREVILLY commercialise trois gammes de produits : des tables, des armoires et des bibliothèques. L’an passé,
elle a vendu 1 000 tables, 300 armoires et 100 bibliothèques. Le coût variable unitaire d’une table est de 120 €
pour un prix de vente TTC de 360 € ; celui d’une armoire est de 300 €, elle est vendue 1 080 € TTC l’unité. Le
coût variable unitaire d’une bibliothèque est de 412,50 € pour un prix de vente TTC de 1 980 €. Le taux de TVA
est de 20%. Les charges fixes de structure communes à l’ensemble des gammes se montent à 350 000 €.
1) Etablir un tableau mettant en évidence la marge sur coût variable de chacune des gammes et le
montant total, ainsi que le résultat d’exploitation.
2) Identifiez quelle gamme de produits vous parait la plus rentable.
3) Quelle autre question devriez-vous vous poser pour affiner la réponse.
2. BREVILLY commercialise quatre gammes de produit noté de A à D. Elle a procédé à une analyse de ses charges
qui met en évidence les éléments suivants :
3. DUPEPS commercialise des barres de chocolat vitaminées sur tout le territoire français qu’elle achète à des
producteurs spécialisés. Elle souhaite étudier la rentabilité de ses canaux de distribution, à savoir : les GMS
(grandes et moyennes surfaces), les CHR (cafés, hôtels, restaurants) ainsi que les distributeurs automatiques
(DA) mis en place dans les collectivités (écoles, entreprises, lieux publics). Vous disposez du tableau suivant :
1) Calculez la marge sur coût variable totale, unitaire et le taux de marge des canaux de distribution.
2) Expliquez l’équation de la marge sur coût variable en fonction des volumes de vente.
3) Si vous pouviez vendre 1 000 barres supplémentaires, quel canal de distribution auriez-vous
intérêt à utiliser ? Précisez l’indicateur que vous utiliserez pour prendre votre décision, ses
avantages et ses inconvénients.
4) Si vous baissez de 20% le prix de vente en GMS, quelle augmentation en pourcentage des volumes
actuels GMS devrez-vous obtenir pour ne pas dégrader la rentabilité ?
154
Seuil de rentabilité global et spécifique à mix constant
1. Vous souhaitez comparer deux entreprises assez similaires car elles réalisent le même chiffre d’affaires et le
même résultat mais ont des structures de coûts très différentes :
Laure Loge
Chiffre d’affaires 250 K€ 250 K€
Charges variables 210 K€ 150 K€
Charges fixes 20 K€ 80 K€
Résultat 20 € 20 €
1) Calculez la marge sur coûts variables et le taux de marge pour ces entreprises.
2) Calculez le seuil de rentabilité en valeur pour ces entreprises.
3) Quelle interprétation pouvez-vous faire des résultats obtenus ?
2. Vous disposez des données de l’entreprise LVMH sur 4 gammes de produits dans ce tableau :
LVMH a décidé d’abandonner le produit « Sac ». Par ailleurs, l’analyse des charges vous précise le montant
des charges fixes non spécifiques et des volumes vendus :
3) Calculer le seuil de rentabilité global à mix produit constant en volume de cette entreprise.
4) Calculez le seuil de rentabilité global à mix produit constant en valeur.
5) Contrôlez la cohérence de vos calculs à partir des résultats aux deux questions précédentes.
6) Que pouvez-vous conclure ?
155
3. Vous disposez des données suivantes pour l’entreprise Buitoni commercialisant pâtes et
sauces :
1) Complétez le tableau.
2) Calculez les seuils de rentabilité spécifiques en volume des deux produits.
3) Calculez le seuil de rentabilité global à mix produit constant en volume.
4) Si la direction souhaite porter la MSCS de la Sauce à 100 000 €, quel sera le volume nécessaire
pour atteindre cet objectif ?
Buitoni envisage de lancer un nouveau produit. Son prix de vente unitaire serait de 1 000 €
et son coût variable unitaire de 700 €. Les frais spécifiques relatifs à ce nouveau produit
sont de 100 000 €.
5) Quel est le volume minimum d’unités à vendre de ce nouveau produit pour que ce lancement soit
intéressant en termes de rentabilité ?
6) Si on lance ce produit, que deviendrait le seuil de rentabilité global ?
7) Quelle conclusion pouvez-vous tirer ?
156
Seuil de rentabilité global et spécifique à mix variable
1) La cafétéria de l’INSA propose à ses clients deux menus bio. Pour la période étudiée, Hanane vous communique
les résultats suivants :
1) Calculez le chiffre d’affaires total nécessaire pour obtenir un résultat de 10 000 € en gardant la
même proportion de menus A et de menus B.
2) Si le mix produit entre les deux menus peut changer, déterminez l’équation qui donnera le seuil
de rentabilité global en volume de repas.
3) Représenter graphiquement le segment de droite donnant les différentes combinaisons de seuil
de rentabilité pour A et B.
2) La société Peunault commercialise des véhicules pour des particuliers en deux segments de marché : les SUV
et les voitures de sport. Au cours de la période précédente, la gérante a noté ces éléments :
SUV Sport
MSCVU 6 000 € 12 000 €
Composition des ventes (Mix) 75% 25%
Charges fixes spécifiques 10 000 € 35 000 €
Charges fixes communes 180 000 €
1) Calculez les seuils de rentabilité spécifiques en volume pour les SUV d’une part et les véhicules
de sport d’autre part.
2) Calculez le seuil de rentabilité global en volume à mix constant.
3) Pourquoi ce seuil global n’est pas la somme des seuils calculés à la première question ?
4) Peut-on déterminer de multiples seuils de rentabilité ? En considérant quelles hypothèses ?
5) Déterminez l’équation permettant de calculer ces différents seuils.
157
Marge de sécurité et indice de sécurité
1. Une entreprise dont le chiffre d’affaires s’élève cette année à 450 K€ a déterminé son seuil de rentabilité à
360 K€. Son domaine d’activité a connu au cours des années passées de nombreux bouleversements, ce qui
l’expose à des fluctuations de la demande commerciale d’une année sur l’autre. Il n’est, en effet, pas rare de
constater des amplitudes annuelles de +30% à -35% en termes de chiffre d’affaires. Le contexte actuel et futur
ne devrait pas être très différent de ce qui a été constaté dans le passé.
1) Calculez la marge de sécurité en euros ainsi que l’indice de sécurité de cette entreprise.
2) Au regard du contexte décrit, que pouvez-vous en conclure ?
3) Quelle recommandation devriez-vous formuler aux dirigeantes de cette entreprise ?
2. L’entreprise BonBois fabrique des meubles en bois. Sa directrice de fabrication s’interroge sur le choix de deux
modalités de production : soit une fabrication interne (Hypothèse A), soit un scénario de sous-traitance
(Hypothèse B).
Dans le cas A, le taux de marge sur coûts variables s’élèverait à 60% et les coûts fixes représentant des coûts
de conception, fabrication et commercialisation s’élèveraient à 7 500 K€.
Dans le cas B, le taux de marge sur coûts variables s’élèverait à 40% et les coûts fixes représentant les coûts
de conception et commercialisation uniquement s’élèveraient à 3 000 K€.
Les prévisions de la directrice donnent à penser que l’entreprise pourrait obtenir un chiffre d’affaire
prévisionnel pour l’année prochaine de 18 000 K€. Le taux d’impôt sur les sociétés est de 34%.
1) Calculez dans les deux hypothèses le résultat net en considérant que cette entreprise n’a pas de
dette financière et aucun élément exceptionnel.
2) Calculez la marge de sécurité et l’indice de sécurité.
3) Quelle modalité de production conseillez-vous si la directrice veut minimiser le risque
d’exploitation ?
158
Le levier opérationnel et son utilisation
1. Une entreprise a un chiffre d’affaires de 840 K€ et présente un taux de marge sur coûts variables de 40%. Ses
charges fixes sont de 300 K€.
2. En considérant une entreprise avec un chiffre d’affaires de 900 K€ pour 10 000 unités vendues. Sa marge sur
coût variable unitaire est de 40 € et ses charges fixes totales de 250 K€.
159
Les coûts partiels pour des décisions d’abandon
1. L’entreprise Florent, après une dizaine d’années de croissance et une offre marketing élargie, réfléchit à mieux
organiser son développement sur le plan économique.
En moyenne, pour 10 produits de la gamme G2 vendus, un produit de la gamme G1 est associé à la vente. La
gamme G3 est indépendante des deux autres gammes.
Si une gamme est arrêtée, on considérera que ses coûts fixes spécifiques pourront être évités en totalité.
Une étude de marché a estimé le potentiel de développement, c’est-à-dire le montant maximum de ventes
par an : les données figurent dans le tableau ci-dessus. Pour atteindre ce potentiel, les coûts spécifiques
devront être doublés.
Aidez la direction à faire les choix nécessaires en déterminant si une gamme doit être arrêtée, si
une gamme doit être développée à son potentiel. Précisez vos raisons.
2. La filiale française de la société REMINCOUR distribue du matériel informatique sur trois départements de la
région Normandie. Ses résultats financiers pour l’année passée sont les suivants :
La direction est préoccupée par la perte affichée par l’agence Calvados et mène une étude sur l’arrêt de
commercialisation. Cette étude nous apprend que tous les coûts variables pourront être évités dans cette
agence mais seulement 100 K€ sur les 300 K€ pourront être réduits.
160
Les coûts moyens et la courbe d’apprentissage
1. L’entreprise BONCOIN a connu au cours des trois dernières années une forte évolution de son activité et de sa
structure de coûts. En année 2, ses ventes ont augmenté de 50% et elle a dû trouver de nouveaux fournisseurs
pour sécuriser ses approvisionnements. Cependant, ces derniers vont pratiquer en année 3 des prix plus élevés
que ceux qu’avait BONCOIN en année 1 ou 2. Cette croissance des ventes s’est poursuivie en année 3 où
l’entreprise ne pouvait plus faire face à la demande avec ses capacités installées. Elle a donc dû s’agrandir en
termes d’espace et d’équipements.
2. L’entreprise ELECTY vient de recevoir un nouveau modèle de trottinette électrique destiné à être vendu à des
utilisateurs occasionnels. Le coût actuel d’assemblage par unité est de 200 € soit 40 € x 5 heures d’assemblage.
Le taux horaire est constant dans le temps car l’entreprise utilise de la main-d’œuvre qualifiée qui lui est fidèle.
Le management de l’entreprise considère que le temps d’assemblage s’améliorera graduellement avec
l’expérience et estime à 80% la courbe d’apprentissage par lot de 100 trottinettes produites.
Une chaîne de distributeurs franchisés vient de contacter l’entreprise pour lui proposer d’acheter un premier
lot. Si ce lot est satisfaisant, elle achètera aussitôt un deuxième puis un troisième lot. A compter du troisième
lot, l’assemblage pourrait alors fabriquer des lots de 150 trottinettes.
161
Les coûts marginaux
1. L’entreprise DETERRE commercialise des biens de grande consommation. Elle cherche à optimiser ses coûts de
production et réalise, pour cela, une étude empirique de ses charges sur ses différents niveaux de production :
1) Calculez, pour ces différents niveaux de production, le coût moyen unitaire, le coût marginal
unitaire.
2) Représentez graphiquement ces données.
3) Que peut-on observer ? Comment peut-on interpréter les résultats obtenus ?
2. La société AIRFLOP, compagnie aérienne régionale, assure un vol chaque semaine entre deux grandes
métropoles de l’ouest de la France. Elle vous a communiqué les informations suivantes :
Les charges fixes du vol comprennent la masse salariale de l’équipage (pilote, copilote et hôtesse),
l’amortissement de l’avion, les taxes aéroport, la partie fixe de kérosène et l’entretien et le nettoyage de l’avion
soit : 20 000 €.
Pour son prochain vol, la compagnie constate, quelques jours avant, que le taux de remplissage du vol n’est
que de 50%.
Pour obtenir un meilleur taux de remplissage, elle baisse le tarif en faisant une offre promotionnelle
exceptionnelle à 70 €, son taux de remplissage passe alors à 80%.
162
Les coûts partiels pour une décision de prix de vente
1. L’entreprise VAVIT commercialise, auprès d’autres entreprises, des pièces détachées pour véhicules industriels :
pots d’échappement principalement.
Le prix de vente moyen d’un pot est de 200 €. Son volume de vente actuel est de 10 000 unités l’an, ce qui est
considéré comme une activité normale. La capacité annuelle est de 12 000 unités.
En ce début d’année, un industriel contacte VAVIT car il compte remplacer tous les pots d’échappement de
ses véhicules de par le monde. Ce volume représenterait 1 500 unités.
Cependant, cet industriel souhaite bénéficier de conditions commerciales avantageuses et notamment d’un
prix bien inférieur au prix moyen actuel c’est-à-dire la moitié !
2. La SAS DEVILLE fabrique et vend 2 000 unités par mois d’un produit au prix de 2 950 € l’unité. La production
de 2 000 unités correspond à l’activité normale, laquelle représente 85% de l’activité maximale.
La proposition n°1 concerne une commande mensuelle de 300 unités au prix unitaire de 2 600 € ;
La proposition n°2 concerne une commande mensuelle de 1 000 unités au prix unitaire de 2 300 €.
En cas de changement de structure (capacité actuelle dépassée), la SAS devrait réaliser un investissement qui
augmentera les charges fixes de 30% de leur montant actuel.
Les deux propositions concernent des commandes mensuelles renouvelables tous les mois.
163
Les coûts partiels pour une décision d’investissement
Considérons une entreprise réalisant un chiffre d’affaires annuel de 800 000 € qui utilise un équipement
particulier pour fabriquer ses produits vendus en moyenne 40 € l’unité.
Cet équipement a été acheté il y a 10 ans ; sa valeur nette comptable est de 60 000 €. Les experts techniques
pensent qu’il pourrait être encore utilisé pendant trois ans, date à laquelle il n’aura plus aucune valeur
marchande. Cependant, s’il était vendu aujourd’hui, l’entreprise pourrait encaisser 50 000 €.
L’achat d’un nouvel équipement coûterait 400 000 € ; s’il était revendu dans trois ans, l’entreprise encaisserait
300 000 €.
Actuellement, les coûts d’exploitation sont de 5 € par unité et passeraient à 4 € avec le nouvel équipement.
164
LA COMPTABILITE DE GESTION
Comptabilité financière Comptabilité de gestion
1. Produit des données à l'attention d'utilisateurs 1. Produit des données à l'attention d'utilisateurs
externes internes
3. Est normalisée (c'est-à-dire qu'elle est soumise à 3. Est très peu normalisée. Elle est adaptable et
des règles précises d'élaboration et de contingente dans ses techniques
présentation)
4. Met l'accent sur la pertinence et la fiabilité des
4. Doit générer des données précises et actuelles données
6. Considère l'entreprise dans sa globalité sur le plan 6. Se focalise sur des parties de l'entreprise
de la gestion
7. En dehors des techniques de calculs de coûts
7. A l'origine, s'est édifiée par elle-même (sur des fondés sur l'analyse et la pratique des entreprises,
bases économiques et juridiques) elle est essentiellement issue d'autres disciplines
comme la statistique ou la recherche
8. Est un outil de preuve et de contrôle des dirigeants opérationnelle
165
LA METHODE DES COUTS COMPLETS
Le coût complet d’un produit ou d’une prestation est égal à l’ensemble des charges pouvant lui être rattachées.
Elle est fondée sur la seule distinction entre les charges directes et indirectes.
Elle permet :
d’effectuer des choix stratégiques à long terme portant sur la conception des produits, la fixation des prix, la
définition des politiques commerciales ;
d’obtenir des résultats analytiques et gérer le portefeuille de produits et d’activité ; de fixer le prix de vente
lors du lancement d’un nouveau produit (Voire application Descartes ci-dessous) ;
de satisfaire certaines obligations légales, par exemple évaluer le stock de matière première et produits finis.
Application Descartes
La coopérative Descartes, qui s’approvisionne en matières premières auprès des agriculteurs locaux, fabrique et
commercialise deux types de produits en conserve : des haricots et des petits pois extra-fins, conditionnés en boîtes
de 500 g. Vous disposez des informations suivantes :
Corrigé
Résultat courant réalisé sur chaque produit
167
ANNEXE - LE CALCUL DES COÛTS EN CASCADE (CHAÎNAGE DES COÛTS)
6) Chiffre d’affaires
- Coût de revient des produits vendus
= Résultat
Meubléco 1
168
La société Meubleco fabrique deux modèles de chaises destinées aux collectivités : un modèle courant (C) et un
modèle avec accoudoirs (L) La production est organisée de la manière suivante :
les armatures, identiques pour les deux modèles, sont fabriquées dans l'atelier A à partir de tubes de métal
achetés à l'extérieur;
les deux types de sièges (C et L) sont moulés dans l'atelier B à partir de PVC;
les différentes pièces sont assemblées dans un atelier de montage à l'aide de vis spéciales.
2.1 Achats
Vis : 180 000 vis spéciales à 0,50 € l'unité (prix payé au fournisseur).
Outre le prix payé au fournisseur, l'entreprise a supporté des frais d'achat divers (passation des commandes,
transports…) qui sont évalués à 0,20 € par mètre de tube et 0,30 € par kg de PVC. Les frais accessoires d'achat
sont négligeables pour les vis.
39 500 kg de PVC ont été utilisés pour mouler les sièges (19 500 kg pour les sièges C et 20 000 kg pour les
sièges L) ;
Les frais de fabrication sont de 198 650 € (104 650 € pour les sièges C, 94 000 € pour les sièges L).
Cet atelier a terminé le montage de 12 000 chaises C et 9 500 chaises L. Pour ce faire il a été consommé :
Les frais de fabrication se sont élevés à 246 400 € (116 400 € pour le montage des chaises C et 130 000 € pour
le montage des chaises L).
2.5 Ventes
169
L'entreprise a vendu durant le mois de janvier :
11 000 chaises C à 75 € ;
9 000 chaises L à 90 €.
Pour distribuer ces produits, elle a supporté 167 000 € de frais (77 000 € pour les chaises C, 90 000 € pour les
chaises L).
NOTA :
On ne discutera pas la répartition des charges indiquées. Cette répartition est cependant, comme on le verra plus
loin, difficile à faire et constitue un des problèmes principaux de la comptabilité analytique.
1. Déterminer :
170
1.1 Calcul des coûts d'achat des matières et fournitures
Eléments Q PU Total
Tubes utilisés 153 500 3,20 491 200
Frais atelier A 258 800
Coût de production 25 000 30 750 000
Eléments Q PU Total
Stock initial - - -
Entrées 25 000 30 750 000
Total 25 000 30 750 000
Sorties 21 580 30 647 400
Stock final 3 420 102 600
Sièges C Sièges L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
PVC utilisés 19 500 5,30 103 350 20 000 5,30 106 000
Frais atelier B 104 650 94 000
Coût de production 13 000 16 208 000 10 000 20 200 000
Sièges C Sièges L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
Stock initial - - - - - -
Entrées 13 000 16 208 000 10 000 20 200 000
Total 13 000 16 208 000 10 000 20 200 000
Sorties 12 100 16 193 600 9 580 20 191 600
Stock final 900 14 400 420 8 400
171
1.4 Coût de production des chaises C et L
Chaises C Chaises L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
Armatures utilisés 12 050a 30 361 500 9 530 30 285 900
Sièges C utilisés 12 100 16 193 600
Sièges L utilisés 9 580 20 191 600
Vis utilisées 73 000 0,50 36 500 77 000 0,50 38 500
Frais atelier de montage 116 400 130 000
Coût de production 12 000 59 708 000 9 500 68 646 000
a) Pour fabriquer les 12 000 chaises C, on aurait dû théoriquement utiliser 12 000 en moyenne pour faire une chai
=> Fiches de stock des chaises C et L
Chaises C Chaises L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
Stock initial - - - - - -
Entrées 12 000 59 708 000 9 500 68 646 000
Total 12 000 59 708 000 9 500 68 646 000
Sorties 11 000 59 649 000 9 000 68 612 000
Stock final 1 000 59 000 500 34 000
Chaises C Chaises L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
Coût de production des
11 000 59 649 000 9 000 68 612 000
chaises vendues
Frais de distribution 77 000 90 000
Coût de revient 11 000 66 726 000 9 000 78 702 000
Prix de vente 11 000 75 825 000 9 000 90 810 000
Résultats analytiques 11 000 9 99 000 9 000 12 108 000
Meubléco 2
172
L'activité du mois de février de la société Meubléco est la suivante :
1. Achats
Frais d'achat : 0,25 € par mètre de tube et 0,34 € par kg de PVC pour les livraisons reçues durant le mois.
2. Atelier A
3. Atelier B
PVC utilisé : 21 000 kg pour les sièges C et 22 500 kg pour les sièges L
Frais de fabrication : 113 330 € pour les sièges C et 101 875 € pour les sièges L
4. Atelier de montage
Matières consommées :
Frais de fabrication : 120 830 € pour les chaises C et 141 193 € pour les chaises L.
5. Ventes
Frais de distribution : 95 445 € pour les chaises C et 98 980 € pour les chaises L.
NB : vous utiliserez la moyenne pondérée (arrondie à deux décimales entre le coût du stock initial et celui des entrées
du mois) pour valoriser les sorties de stock.
173
Tubes PVC Vis
Eléments Q PU Total Q PU Total Q PU Total
Prix d'achat 160 000 3,10 496 000 60 000 5,15 309 000 160 000 0,52 83 200
Frais d'achat 160 000 0,25 40 000 60 000 0,34 20 400 - - -
Coût d'achat 160 000 3,35 536 000 60 000 5,49 329 400 160 000 0,52 83 200
Eléments Q PU Total
Tubes utilisés 159 000 3,34 531 060
Frais atelier A 274 940
Coût de production 26 000 31 806 000
Eléments Q PU Total
Stock initial 3 420 102 600
Entrées 26 000 30 806 000
Total 29 420 30,88 908 600
Sorties 23 150 30,88 714 872
Stock final 6 270 193 728
Sièges C Sièges L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
PVC utilisés 21 000 5,47 114 870 22 500 5,47 123 075
Frais atelier B 113 330 101 875
Coût de production 14 000 16,30 228 200 11 000 20,45 224 950
Sièges C Sièges L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
Stock initial 900 14 400 420 8 400
Entrées 14 000 228 200 11 000 224 950
Total 14 900 16,28 242 600 11 420 20,43 233 350
Sorties 13 150 16,28 214 082 10 100 20,43 206 343
Stock final 1 750 28 518 1 320 27 007
174
Chaises C Chaises L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
Armatures utilisés 13 100 30,88 404 528 10 050 30,88 310 344
Sièges C utilisés 13 150 16,28 214 082
Sièges L utilisés 10 100 20,43 206 343
Vis utilisées 78 000 0,52 40 560 81 000 0,52 42 120
Frais atelier de montage 120 830 141 193
Coût de production 13 000 60 780 000 10 000 70 700 000
Chaises C Chaises L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
Stock initial 1 000 59 000 500 34 000
Entrées 13 000 780 000 10 000 700 000
Total 14 000 59,93 839 000 10 500 69,90 734 000
Sorties 13 500 59,93 809 055 9 800 69,90 685 020
Stock final 500 29 945 700 48 980
Chaises C Chaises L
Eléments
Q PU Total Q PU Total
Coût de production des
13 500 59,93 809 055 9 800 69,90 685 020
chaises vendues
Frais de distribution 95 445 98 980
Coût de revient 13 500 67 904 500 9 800 80 784 000
Prix de vente 13 500 75 1 012 500 9 800 90 882 000
Résultats analytiques 13 500 8 108 000 9 800 10 98 000
175
Elle repose sur le postulat que les objets de coût (produit, service, fonction…) consomment différentes ressources
nécessaires à leur fabrication. Ces ressources ont un coût, somme de charges directes et indirectes.
Une charge directe (ou coût direct ou spécifique) ne concerne qu’un seul objet de coût. On peut donc sans
ambiguïté l’affecter à cet objet.
Une charge indirecte est commune à plusieurs objets de coûts. Il est donc nécessaire de la répartir dans les
différents objets de coûts concernés, ce qui exige un traitement préalable comprenant toujours une certaine
part d’arbitraire.
Découpage de l’entreprise en centres d’analyse qui comprennent des centres auxiliaires et des centres
principaux.
Répartition primaire : les charges indirectes sont réparties dans les différents centres d’analyse.
Répartition secondaire : les charges des centres auxiliaires sont déversées dans les centres principaux à l’aide
de clés de répartition. (Voire application TOK et KAR pour le cas des prestations réciproques).
Calcul du chaînage des coûts (les coûts sont hiérarchisés) : pour chaque étape du processus, on calcule un coût
complet, somme des charges directes et indirectes. Chaque fois qu’il y a stockage, le calcul des coûts est arrêté
et il y a construction d’une fiche de stock de façon à évaluer les sorties de stock qui figureront à l’étape suivante.
(Voir annexe page suivante)
Obtention du coût de revient complet des produits vendus. Toutes les charges ont été incorporées.
2.1 Définition
C’est une division de l’unité comptable dans laquelle sont regroupés les charges indirectes de l’entreprise. Après
traitement, elles seront imputées aux coûts des produits.
Les centres sont déterminés par le contrôleur de gestion en fonction de la complexité de l’entreprise et reposent
souvent sur des critères d’organisation (administration, entretien, production…). Ils correspondent très souvent
aux fonctions de l’entreprise.
Il doit être pertinent c’est-à-dire qu’il doit permettre d’imputer à un produit tous les coûts induits par la production
de ce produit et ceux-là seulement. Pour cette raison, il doit :
Disposer de moyens propres en personnel et en matériel de façon à ce que les charges puissent être réparties
entre les centres de manière rationnelle ;
Avoir une activité homogène, c’est-à-dire que toutes les ressources (personnel, matière…) doivent être
consommées dans les mêmes proportions pour toutes les tâches du centre ;
176
Avoir une activité mesurable.
3.1 Définition
L’activité des centres est mesurée en unités d’œuvre. Une unité d’œuvre correspond à une mesure de l’activité
d’un centre d’analyse. Sa fonction est de permettre :
3.2 Typologie
Les unités d’œuvre des centres opérationnels sont souvent des unités physiques, le plus souvent volumiques c’est-
à-dire proportionnel au volume de production (heure de main d’œuvre, heure machine, poids, nombre d’unités
produites). S’il n’est pas possible de définir une unité d’œuvre physique pour mesurer l’activité, l’unité de mesure
est alors monétaire et est appelée « assiette de frais ».
Pour être représentative de l’activité du centre d’analyse, l’unité d’œuvre doit être telle que le montant des charges
indirectes du centre varie proportionnellement au nombre d’unités d’œuvre consommées. L’étude de cette
représentation passe le plus souvent par la recherche d’une corrélation statistique forte entre le montant des
charges indirectes du centre et les consommations de l’unité d’œuvre retenue.
On doit effectuer une répartition primaire et une répartition secondaire des charges indirectes.
La répartition primaire consiste à ventiler les charges indirectes entre les centres d’analyse en fonction de leur
finalité. On doit donc distinguer deux catégories de centres :
– Les centres principaux sont les centres où sont mis en œuvre les moyens de production, de vente de
l’entreprise (approvisionnement, fabrication, conditionnement, expédition…).
– Les centres auxiliaires assurent les fonctions de coordination et d’organisation interne à l’entreprise
(gestion du personnel, entretien du matériel, gestion financière…). Ces centres fournissent des
prestations aux autres centres mais ne travaillent pas directement pour les produits fabriqués.
La répartition secondaire a pour but de répartir les charges des centres auxiliaires entre les centres principaux.
La répartition se fait à l’aide d’une clé de répartition. A l’issue de la répartition secondaire, les charges des
centres auxiliaires sont égales à 0. Le total des charges indirectes de l’entreprise n’est alors réparti que sur les
centres principaux.
On obtient le coût unitaire de l’unité d’œuvre en divisant le montant total des charges indirectes imputées dans
chaque centre par le nombre d’unités d’œuvre consommées pendant la période dans le centre.
177
𝑴𝒐𝒏𝒕𝒂𝒏𝒕 𝒅𝒆𝒔 𝒄𝒉𝒂𝒓𝒈𝒆𝒔 𝒊𝒏𝒅𝒊𝒓𝒆𝒄𝒕𝒆𝒔 𝒅𝒖 𝒄𝒆𝒏𝒕𝒓𝒆
𝑪𝑼𝑶 =
𝒏𝒐𝒎𝒃𝒓𝒆 𝒅′ 𝒖𝒏𝒊𝒕é𝒔 𝒅′ 𝒐𝒆𝒖𝒗𝒓𝒆 𝒄𝒐𝒏𝒔𝒐𝒎𝒎é𝒆𝒔
Les charges indirectes sont imputées à l’objet de coût proportionnellement au nombre d’unités d’œuvre
consommées par l’objet de coût.
178
Application sur la répartition secondaire
Le tableau simplifié de répartition des charges indirectes de la société TOK se présente comme suit, après
répartition primaire :
« Gestion des personnels » fournit 10% de ses prestations au centre « Gestion des bâtiments », 30% au centre
« Gestion des matériels » et 20% à chaque centre principal.
« Gestion des bâtiments » fournit 20% de ses prestations au centre « Gestion des matériels » et
respectivement 30%, 40% et 10% aux centres principaux.
« Gestion des matériels » fournit respectivement 20%, 40% et 40% de ses prestations aux centres principaux.
Corrigé
Centres auxiliaires Centres principaux
Totaux Gestion des Gestion des Gestion des
Achat Production Vente
personnels bâtiments matériels
Totaux après
répartition primaire
130 000 8 000 18 000 9 000 30 000 20 000 45 000
Gestion des
personnels
Gestion des
bâtiments
Gestion des
matériels
Totaux après
répartition
secondaire
Le tableau de répartition des charges indirectes de la société KAR se présente comme suit :
179
Corrigé
180
Application Coût d’acquisition et valorisation des stocks
Dans la société Tirole les mouvements de stocks concernant la matière première P ont été les suivants au cours du
mois de février :
Corrigé
Méthode du CMUP de fin de période
Date Libellés Q PU Montant Date Libellés Q PU Montant
01/02 Stock initial 300 20 6 000 06/02 BS n° 030 200 22 4 400
12/02 BR n° 0102 500 22 11 000 19/02 BS n° 031 400 22 8 800
22/02 BR n° 0103 300 24 7 200 27/02 BS n°032 350 22 7 700
28/02 Stock final 150 22 3 300
Totaux 1 100 22 24 200 Totaux 1 100 22 24 200
Valorisation
Méthodes Commentaires
Consommations Stock final
Permet un lissage des fluctuations des
CMUP en fin de période 20 900 3 300 coûts d’acquisition mais n’autorise qu’avec
retard une valorisation des sorties.
Présente l’intérêt d’une valorisation
immédiate des sorties et d’un lissage des
fluctuations des coûts d’acquisition. Il reste
CMUP après chaque
20 740 3 460 que la détermination du CMUP après
entrée
chaque entrée est délicate en raison des
décalages dans la transmission de certaines
factures
Valorise les stocks au coût le plus récent,
mais intègre avec retard l’augmentation
FIFO (PEPS) 20 600 3 600 des coûts d’acquisition. En période
d’inflation, le coût des produits est sous-
évalué.
Les coûts suivent les variations de prix,
LIFO (DEPS) 21 100 3 100 mais le stock final est sous-évalué en
période d’inflation.
182
1.1 PRINCIPES
Les coûts d’achat se situent au premier stade du cycle d’activité de l’entreprise, qu’elle soit :
1.2 COMPOSITION
Elles comprennent :
Ce sont les charges des centres d’analyse tels que « approvisionnement », « magasin », « réception des livraisons »,
dont l’activité est mesurée en unité d’œuvre (quantité achetée : kg, tonne, mètre, litre, palette, etc.)
Les calculs sont présentés sous forme de tableaux pour chaque élément acheté (nature d’achat, élément de charges
directes, éléments de charges indirectes, coût unitaire, quantité, montant).
183
1. PRINCIPES
Les calculs de coûts de production concernent les entreprises industrielles qui transforment les matières premières
en produits intermédiaires ou produits semi-finis ou en produits finis. Les éléments de coût se situent au stade de
la fabrication dans le cycle d’activité de l’entreprise.
Les évaluations de coûts de production sont de plus en plus effectuées pour les activités de services du secteur
tertiaire (banques, assurances, hôtels, transporteurs, agences de voyage, etc.)
2. COMPOSITION
Elles comprennent :
Le coût d’achat des matières premières consommées ou utilisées, évalué à partir des sorties de stock, selon la
méthode de l’inventaire permanent au CMUP le plus souvent.
Les charges de main d’œuvre directe de production : rémunérations des ouvriers, des techniciens, des
responsables d’atelier…
Ce sont les charges réparties dans les différents centres d’analyse principaux tels que : « Atelier de production »,
« Montage », « Assemblage », etc. dont l’activité est mesurée en unités d’œuvre de production (nombre d’heures
de main d’œuvre directe, nombre d’heures machines, nombre de produit, etc.)
Les coûts des unités d’œuvre seront ensuite imputés au coût de chaque catégorie de produit en fonction du nombre
d’unités d’œuvre nécessaire.
3. METHODE DE CALCUL
Les calculs sont présentés sous forme de tableaux pour chaque élément de coût de production (charges directes,
charges indirectes) avec coût unitaire, quantité, montant.
Ils comprennent :
Les charges de main d’œuvre directe : rémunérations des vendeurs, des représentants, des livreurs, des
commerciaux, …
Les charges de distribution : dépenses de publicité, frais d’emballages, frais de transports,
Les charges indirectes du centre d’analyse « Distribution » imputées aux marchandises ou aux produits vendus.
Elles comprennent :
1. DEFINITION
Toutes les charges engagées pour la vente de marchandises dans une entreprise commerciale (hypermarché,
vente par correspondance, net market, etc.)
Toutes les charges engagées pour la fabrication et la vente de produits dans une entreprise industrielle
(constructeur d’automobiles, fabricant de porcelaine, de vêtements, etc.)
Toutes les charges engagées pour des activités agricoles (élevage, production de céréales, etc.)
Toutes les charges nécessaires à la production de services dans une entreprise prestataire (pressing, salon de
coiffure, entreprise de nettoyage de locaux, services informatiques, entreprise spécialisée dans l’entretien
d’espaces verts, etc.)
des ventes de produits finis (ou production vendue) dans une entreprise industrielle :
Chiffre d’affaires = Prix de vente unitaire x Quantité vendue de produits finis
Il s’agit des résultats globaux ou unitaires sur la vente de chaque catégorie de marchandises, de chaque catégorie
de produits finis, de chaque prestation de service.
Résultat de gestion =
Chiffre d’affaires
-
Coût de revient des quantités vendues ou des prestations réalisées
Laflope fabrique des jupes et des chemisiers. Le tissu est réceptionné dans le centre Achats, il est ensuite stocké.
Le tissu est alors coupé, puis cousu dans un atelier Fabrication. Les jupes sont enfin terminées dans l’atelier
Finition. La répartition primaire des charges indirectes dans les centres d’analyse est la suivante :
186
Administration Entretien Achats Fabrication Finition Distribution Total
Total primaire 12 500 4 000 6 975 26 850 7 850 4 585 62 760
Administration 10% 20% 40% 20% 10% 100%
Entretien 10% 60% 20% 10% 100%
On retient les unités d’œuvre qui suivent pour chacun des centres principaux :
- Achats : nombre de mètres carrés de tissu achetés ;
- Fabrication : nombre d’heures de main d’œuvre directe ;
- Finition : nombre de pièces terminées ;
- Distribution : euro de vente.
CONSOMMATIONS
Atelier Fabrication : Il est coupé et cousu :
Jupes : 5 000 unités (2m2 de tissu par jupe)
Chemisiers : 4 000 unités (2m2 de tissu par chemisier)
Atelier Finition : Il est fini :
Jupes : 4 000 unités
Chemisiers : 3 600 unités
STOCKS INITIAUX (Les sorties de stocks sont valorisées au coût moyen unitaire pondéré.)
Tissu : 4 000 m2, pour un montant de 30 000 € ;
Jupes cousues : pas de stock initial ;
Chemisiers cousus : 1 000 unités pour un montant de 18 000 € ;
Jupes finies : 300 unités pour un montant de 9 200 € ;
Chemisiers finis : pas de stock initial.
VENTES
Prix de vente unitaire de la jupe : 30 €, quantité vendue : 3 800.
Prix de vente unitaire du chemisier : 28 €, quantité vendue : 3 500.
CORRIGE
2. Déterminer les coûts pour chacune des étapes et les résultats analytiques par produit. Commentez.
On obtient le coût moyen unitaire pondéré en divisant la valeur globale du stock (192 000) par le nombre
de m2 en stock.
Calcul du coût de production des produits coupés et cousus. Objet de coût : jupes et chemisiers cousus
188
Entrées 5 000 25 125 000 4 000 20,5 82 000
Total 5 000 25 125 000 5 000 20 100 000
Sorties 4 000 25 100 000 3 600 20 72 000
Stock final 1 000 25 25 000 1 400 20 28 000
Calcul du coût de production des produits finis. Objet de coût : jupes et chemisiers finis
Jupes Chemisiers
Montant Montant Montant Montant
Quantité Quantité
unitaire global Unitaire Global
Stock initial 300 9 200 0 0
Entrées 4 000 29,5 118 000 3 600 23 82 800
Total 4 300 29,58 127 200 3 600 23 82 800
Sorties 3 800 29,58 112 404 3 500 23 80 500
Stock final 500 29,58 14 796 100 23 2 300
Jupes Chemisiers
Montant Montant Montant Montant Total
Quantité Quantité
unitaire global Unitaire Global
Coût de production des
produits vendus 3 800 29,58 112 404 3 500 23 80 500 192 904
Charges indirectes de 114 000 0,03 3 4f20 98 000 0,03 2 940 6 360
distribution
Coût de revient des produits
3 800 30,48 115 824 3 500 23,84 83 440 199 264
vendus
Chiffre d’affaires 3 800 30 114 000 3 500 28 98 000 212 000
Résultat analytique 3 800 - 0.48 - 1 824 3 500 4,16 14 560 12 736
L’activité est rentable. En effet, le résultat analytique est positif. Le taux de profitabilité est de 6 %
Charges Produits
Achats 152 000 Ventes 212 000
Variations de stocks -18 000 Variation des stocks 42 896
Personnel 45 400
Autres charges 62 760
189
Résultat : bénéfice 12 736
Total 254 896 Total 254 896
4. Peut-on prévoir quel sera le résultat analytique global qui serait obtenu si le nombre de jupes produites et
vendues était doublé ?
190
APPLICATION : le cas Baston
Gaston Baston, artisan, fabrique des tables et des chaises en bois. Il propose deux modèles, une table ronde pour
6 personnes, et une rectangulaire pour 8 personnes avec rallonges qui permet ainsi de se transformer en une table
pour 12 personnes.
Il s’interroge sur la technique d’évaluation des coûts de production de chaque modèle, de façon à déterminer le
prix de vente de ceux-ci. En effet, il souhaite que son bénéfice soit égal à 20% du coût de revient.
Première partie.
La livraison de bois nécessaire à la fabrication des modèles est faite en début de mois. Le prix d’achat d’un kg de
bois est de 10 €.
1. Faire l’inventaire des charges supportées par l’artisan. Quelles sont les charges directes ? Quelles
sont les charges indirectes ? Proposez des clés de répartition pour les charges indirectes
répertoriées.
2. Calculez le coût d’achat du bois pour chaque production dans les deux cas suivants :
3. Calculez le montant du coût de production d’un meuble de chaque modèle, puis son prix de vente.
En déduire le résultat analytique du mois de janvier.
a. Dans le cas où les charges de livraison sont réparties proportionnellement aux kg de bois et
les autres charges proportionnellement au coût de production, hors autres charges.
b. Dans le cas où les charges de livraison sont réparties proportionnellement aux nombre de kg
de bois achetés et les autres charges proportionnellement au nombre d’heures de main
d’œuvre.
c. Commentez.
191
Deuxième partie.
Dans les parties qui suivent, les charges de livraison seront réparties au prorata du nombre de kg achetés et les
autres charges au prorata du nombre de main d’œuvre.
Le prix de vente d’une table ronde est fixé à 1 060 € et celui d’une rectangulaire à 810 €.
Suite à une inondation au courant du premier semestre de l’année précédente, une partie du stock de bois et des
en-cours de production avait été détruite. Gaston reçoit de son assureur, en février de l’année en cours, un chèque
de 2 000 € comme indemnité de remboursement.
Le nombre de tables de chaque modèle produites et vendues est le même qu’au mois de janvier (10 rondes et 10
rectangulaires)
3. Commentez.
Troisième partie.
Gaston a la possibilité de stocker le bois livré dans une cour. Afin de minimiser le montant des charges de livraison,
il décide d’acheter la quantité maximale de bois possible à chaque livraison. De ce fait, en début de période, il
dispose d’un stock initial.
Le stock initial au début du mois de mai est de 200 kg, pour un montant de 2 400 €.
a) la méthode du CMUP.
b) la méthode du PEPS. On admettra dans ce cas que les deux productions sont menées de front, c’est-à-dire que
le bois sorti de stock l’est chaque fois moitié pour les tables rondes, moitié pour les rectangulaires.
5. Commentez.
7. Commentez.
192
Quatrième partie.
Il s’avère assez rapidement que le nouveau mode de livraison génère de nombreuses pertes. En effet, le bois
stocké en extérieur s’abime avec les intempéries. Gaston décide donc de revenir à une livraison en début de mois
des quantités nécessaires à sa production.
Par ailleurs, à partir de juillet, le nombre de tables de chaque modèle commandé par le grossiste est égal à 20
tables rondes, et 20 rectangulaires.
1. Avec le développement de son activité (elle a doublé), le montant des charges a augmenté. A-t-il également
doublé ? Quelle nouvelle classification des charges peut-on proposer ?
2. Le prix d’achat du bois est à nouveau égal à 10 € par kg, avec un coût de livraison égal à 2 000 €, répartis
proportionnellement au nombre de kg de bois achetés. Les autres charges sont réparties
proportionnellement au nombre d’heures de main d’œuvre consommées. Calculez le résultat analytique de
chaque meuble et le résultat global. Comparez avec les résultats obtenus dans la deuxième partie.
Commentez.
3. Un examen plus approfondi des « autres charges » a permis de constater que sur les 3 198 € de charges
enregistrées en janvier de l’année précédente, 1 300 € étaient des charges variables, proportionnelles au
nombre d’heures de main d’œuvre, 1 898 € étaient fixes.
En déduire le montant des autres charges correspondant au nouveau volume d’activité. Quelles hypothèses
simplificatrices formule-t-on ?
193
LA METHODE DES COÛTS CIBLES (TARGET COSTING)
I. INTRODUCTION
La méthode du coût cible (ou target costing) a été développée dans l’automobile au Japon dans les années 1970.
Elle cherche à améliorer les caractéristiques d’un produit en analysant l’importance relative accordée par le client
à ses différentes fonctions. Elle s’inscrit dans une démarche marketing car tout part du client.
Elle s’inscrit dans une démarche d’analyse du coût global qui consiste à analyser la rentabilité sur l’ensemble du
cycle de vie, depuis le coût de conception jusqu’au coût de destruction.
On peut définir le coût cible comme un ensemble de méthodes et d’outils de gestion visant à adapter le coût
prévisionnel des produits aux objectifs fixés pour l’ensemble du cycle de vie, sous la contrainte du marché.
La méthode du coût cible se fonde sur le principe que le prix de vente est imposé par le marché. Le prix de vente
ne dépend donc pas du coût, et c’est au contraire le coût qui doit être adapté au prix de marché.
Le coût cible apparaît donc comme une variable d’action limitée par deux contraintes :
L’équation traditionnelle issue de la vision « ingénieur » de l’entreprise :Prix de vente = Coût de revient imposé
par le processus industriel + Marge devient, dans une vision « marketing » de l’entreprise : Coût cible = Prix de
vente imposé par le marché - Profit cible
B. LA PHASE AMONT DE CONCEPTION
194
La gestion ne s’intéresse trop souvent qu’à la phase de production. Or, actuellement, 70 % à 90 % des coûts sont
des coûts de conception (en amont de la production) et des coûts de maintenance et de services liés au produit (en
aval de la production). En conséquence, c’est dès la phase de conception que se joue la profitabilité future des
produits nouveaux.
La méthode du coût cible repose sur le constat qu’environ 80 % des coûts du cycle de vie d’un produit sont pré-
engagés lorsque la première unité du produit est lancée en fabrication alors même que 80 % de ces coûts ne seront
effectivement dépensés qu’après cette date.
Ainsi, la majorité des coûts qui seront supportés durant les phases de production et de distribution des produits
dépend de choix réalisés lors des phases de conception et de développement.
Exemple :
Un fabricant d’automobile peut se poser la question de savoir s’il équipe son nouveau modèle d’un moteur tout électrique ou
hybride. Ce choix est effectué très tôt dans le cycle de vie du produit, bien avant que la production ne soit lancée. Le coût de
production est donc encore nul. Pourtant, lorsque les premiers modèles sont assemblés, le choix du type de motorisation ne
pourra plus être remis en cause. Une grande partie des coûts sera conditionnée par ce choix. S’il s’avère que la technologie tout
électrique est 20 % plus chère que ce que les prévisions estimaient, il ne sera plus possible pour autant de revenir à une
motorisation hybride. C’est cette idée qui est exprimée lorsque l’on dit que 80 % des coûts sont pré-engagés (ou décidés) avant
que la production ne soit lancée. La gestion de production pourra au mieux tenter d’optimiser les 20% de coûts opérationnels
restant.
Les coûts décidés sont maîtrisables : choix de sous-traitance, de technologie, analyse de la valeur, etc.
Les coûts dépensés sont suivis par le contrôle de gestion comptable classique.
Le coût cible se déduit du prix de vente imposé par le marché et du profit cible.
Pour déterminer un prix de vente cible, on doit déterminer le prix psychologique. Le prix psychologique est le prix
que le client est prêt à payer pour obtenir un bien ou service. Ce prix peut être sans comparaison avec le coût de
revient du produit. Une manière de déterminer ce prix de vente cible consiste à poser deux questions aux personnes
interrogées par sondage :
1. A partir de quel prix n’achèteriez-vous pas le produit parce que trop cher ?
2. En dessous de quel prix n’achèteriez-vous pas le produit parce que de qualité insuffisante ?
En posant ces deux questions, les personnes interrogées établissent une fourchette de prix qui leur semble
raisonnable pour acquérir un produit. Le prix cible est alors le prix tel qu’il maximise le volume des ventes.
Application :
Réponses aux questionnaires
Prix Q1 Q2
100 € 0 2
150 € 2 4
200 € 4 10
250 € 5 2
300 € 6 2
350 € 2 0
400 € 1 0
Total 20 20
Ce prix de vente cible est établi sur la durée de vie du produit. En effet, il faut considérer l’ensemble des évolutions
possibles au cours du cycle de vie du produit.
Application :
Après avoir établi un questionnaire, l’équipe marketing d’une entreprise a effectué un sondage auprès de 1 200
utilisateurs pour étudier les attentes du marché concernant le produit CX. Le CX serait lancé début N+1. Pour ce
premier exercice le prix de vente pourrait être fixé à 9 €. En N+2, l’effet nouveauté s’estompant, le prix de vente
devrait être ramené à 8 € et à 7 € en N+3 et 6 € en N+4. On considère pour la gamme CX un cycle de vie de 4 ans.
Au-delà, l’entreprise devra proposer un produit de substitution. Les prévisions de vente portent sur 1 000 articles
en N+1, 2 000 en N+2, 2 000 articles en N+3 et 1 000 en N+4. Quel est le prix de vente cible moyen ?
C’est la marge que l’entreprise souhaite obtenir sur un produit ou un service. Elle découle des options stratégiques
de l’entreprise. Cette marge cible n’est pas figée, elle est évolutive sur le cycle de vie du produit, aussi une marge
cible moyenne est calculée.
Application :
L’entreprise a un objectif de marge de 40% en N+1, 30% en N+2, puis 20% en N+3 et N+4. En reprenant les données
de l’exemple précédent, déterminez le coût cible
3) Décomposition du coût cible
196
A ce stade, le coût cible n’est pas opératoire car trop global. Il doit être décomposé en fonction des composantes
en coûts cibles partiels. Cette décomposition nécessite :
- Identifier les différentes fonctions que le produit est censé remplir auprès des consommateurs (par exemple,
fonction de confort, fonction de sécurité, esthétique…) ;
- Evaluer, à l’aide d’études de marchés, l’importance relative que le consommateur attribue à chacune des
fonctions (par exemple, 70% de la décision d’achat est attribuable à la fonction confort) ;
- Identifier les caractéristiques du produit qui permettent de remplir ces fonctions (par exemple, la fonction de
sécurité d’une porte est assurée par l’ajout d’un témoin lumineux de fermeture) ;
- Quantifier le coût cible de chacune de ces caractéristiques (ou composants).
Le coût cible global représente ainsi une mesure de la valeur perçue par le consommateur, ce qu’il est prêt à payer
pour l’ensemble des fonctions attachées au produit, et chaque composant du produit doit engendrer un coût (coût
cible par composant) correspondant à la valeur que lui attribue le consommateur.
B. OPTIMISATION DU COÛT
L’objectif de la méthode des coûts cibles (et de sa décomposition par fonction) est de comparer le coût cible
(importance accordée par le consommateur à chaque fonction) et son coût prévu (contraintes techniques) afin d’en
tirer des conséquences en termes d’optimisation.
Lorsque le coût estimé est peu différent du coût cible, il n’y a pas de recommandation particulière à effectuer. Mais
lorsque le coût estimé d’un composant est sensiblement différent de son coût cible, l’objectif est alors de
s’interroger sur la cause de l’écart :
- Si le coût estimé du composant est inférieur à son coût cible, la situation est a priori favorable mais l’entreprise
doit se demander s’il ne conviendrait pas de développer et d’améliorer le composant pour satisfaire encore
mieux le client.
- Si le coût estimé du composant est supérieur à son coût cible, l’entreprise doit chercher à diminuer le coût du
composant car il n’est pas en adéquation avec l’importance relative accordée par le client à la fonction qu’il
remplit.
Des techniques d’optimisation sont à mettre en œuvre. Les améliorations doivent toujours être effectuées dans
une perspective valeur-coût : il ne s’agit pas de réduire le coût si cela devait affecter la valeur perçue, mais
d’optimiser le rapport entre ces deux dimensions.
Ce processus d’amélioration peut être mis en œuvre à toutes les étapes du cycle de vie :
1. Pendant la conception
L’analyse de la valeur, appelée ingénierie de la valeur quand est appliquée des la phase de conception d’un produit
est fondée sur l’idée que ce qui importe pour un produit ce sont les fonctions qu’il exerce et que, dans un souci de
bonne gestion, celles-ci doivent être assurées à moindre coût.
Elle passe par une analyse fonctionnelle pour recenser, caractériser, hiérarchiser et valoriser les fonctions du
produit. Chacune des fonctions identifiées doit être valorisée pour le producteur (coût) et pour le client (prix que
le client est prêt à payer pour cette fonction).
La valeur correspond à la capacité de chacune des fonctions d’un produit à satisfaire les besoins du client. Pour le
client, la valeur est un élément évolutif et subjectif. Par exemple, une paire de lunettes peut procurer une meilleure
vision pour certains et être un accessoire de mode pour d’autres.
197
Trois types de fonction existent dans l’analyse fonctionnelle :
Les fonctions de service du produit : c’est ce qui satisfait directement le besoin de l’utilisateur. Au sein
même des fonctions de service, on retrouve les fonctions d’usage (le fait de gérer son agenda professionnel
pour un smartphone, le fait d’écrire pour un stylo) et les fonctions d’estime (le fait que le smartphone
propose un coloris et un design attractif ou qu’il soit « à la mode », ou un stylo plaqué).
Les fonctions techniques des éléments du produit (ensembles, sous-ensembles, pièces élémentaires…) :
c’est ce qui définit leurs relations mutuelles dans une conception donnée (la batterie du téléphone doit
s’encastrer facilement dans la coque, l’agrafe du stylo doit se fixer sur le capuchon). Elles sont également
appelées « fonction de construction ».
Les fonctions contraintes : fonctions qui permettent le respect des normes et/ou des contraintes physiques
(une matière non inflammable pour les peluches, par exemple).
Chaque fonction fait l’objet d’une mesure du « degré d’importance » et du « degré de qualité ».
Le degré d’importance est l’ordre de priorité que l’utilisateur accorde à la fonction par rapport aux autres fonctions.
Le degré de qualité correspond à la valeur qu’il accorde à la fonction.
La valeur de la fonction est la combinaison du degré de qualité de la fonction et son degré d’importance.
L’analyse fonctionnelle permet d’éliminer une multitude de « petites tâches » inutiles et d’adapter le bien en
fonction des besoins du consommateur pour obtenir non pas la qualité maximale mais la qualité optimale.
Exemple : Fonctionnalités d’un briquet
- Allumer une cigarette : la flamme n’est pas indispensable, pouvant être remplacée par l’incandescence (allume-cigares) ;
- Allumer une cuisinière : la flamme est alors inutile, il suffit d’une étincelle ;
- Produire de la lumière : briquets agités à bout de bras dans les spectacles. Les briquets jetables sont alors peu pratiques
car ils brûlent les doigts ;
- Ne pas produire de la lumière comme les briquets à amadou utilisé dans les tranchées pendant la Grande Guerre, pour
éviter d’être vu ;
- Procurer du prestige à son détenteur (briquet en or) ;
- Être facile à ranger sur soi : ils doivent être petits ;
- Être facile à ranger sur un meuble : ils doivent être assez volumineux et lourd ;
- Pouvoir fonctionner par tous temps : briquet à pétrole ou à essence qui s’allume par grand vent. Les briquets au butane
sont inutilisables en dessous de -10° C, car le gaz gèle. On pourrait imaginer un briquet au propane.
Exemple : le prix des automobiles est à peu près constant depuis une vingtaine d’années mais les fonctionnalités offertes par
les modèles récents sont nettement supérieures à ce qu’elles étaient précédemment, surtout sur la consommation de carburant
et la sécurité. Les supports de batterie, qui étaient autrefois en tôles revêtue de plomb, sont aujourd’hui en plastique. Les
fonctions sont les mêmes à moindre coût.
Il est inutile de dépenser beaucoup pour créer des fonctions peu ou pas demandées par le consommateur.
Exemple : la plupart des machines à laver n’utilisent que deux ou trois programmes, alors que des dizaines sont disponibles.
L’optimisation peut se poursuivre par l’effet d’apprentissage et par une dynamique de progrès (kaizen).
Pendant la phase de production, la maintenance des coûts consiste à contrôler les coûts réels pour les maintenir
proches des coûts cibles et pour éliminer les causes d’écart.
198
Création de valeur et target costing -Target SA -
La société Target SA, fabricant de lampes électroniques, envisage de mettre sur le marché un nouveau
produit. Sa durée de vie prévue est de 3 ans, temps de réaction des concurrents. L’étude de marché
réalisée montre que le prix de vente serait compris entre 13 € la première année et 12 € les années
suivantes. Le volume des ventes serait de 100 000 la première année, d’environ 70 000 la deuxième et de
50 000 la troisième.
Les dirigeants fixent à 25% leur objectif de marge sur le chiffre d’affaires la première année et à 10% les
années suivantes.
Tableau de ventilation des composants du produit et de leur coût estimé
Ampoule Boîtier métal Interrupteur Type soudure Total
Importance relative 20% 40% 30% 10%
Coût estimé 3,32 € 4,75 € 4,12 € 1,9 €
L’étude de marché a révélé que les clients accepteraient un boîtier en plastique sans baisse des prix de
vente. Le coût estimé du boîtier est de 4,40 €. Au cours des deux années suivantes, la réduction des coûts
de stockage engendrerait une économie de 0,25 € par produit vendu. Par ailleurs, la réduction en volume
de production entraînerait un désinvestissement et une réduction des effectifs en N+2 pour un montant
de 42 000 €.
3. Compte tenu de ces informations, serait-il possible d’atteindre le coût cible pour le composant boîtier ?
4. Quelle démarche l’entreprise doit-elle adopter par rapport au coût cible du nouveau produit ?
199
HUMANISER POUR MIEUX CAPITALISER
Quand Frederick Winslow Taylor (1856-1915) a conçu son modèle d’organisation scientifique
du travail, il avait une vision claire de ce qu’il voulait obtenir des ouvriers : qu’ils
n’interviennent pas sur les méthodes et les rythmes de travail selon leurs intérêts, au
détriment de la productivité. « Le remplacement du mode empirique de direction par le
système scientifique de direction ne consiste pas seulement en une étude de la vitesse
convenable d’exécution d’un travail et des outils à utiliser dans l’atelier ; il nécessite
également un changement complet de l’état d’esprit des ouvriers de l’atelier vis-à-vis de leur
travail et de leurs employeurs », explique-t-il alors. Il s’agit d’arracher leur docilité, voire leur
adhésion, afin d’obtenir le meilleur rendement possible. De ses analyses en atelier, Taylor
avait tiré cette conclusion : il ne faut pas laisser le savoir aux ouvriers car ils représentent un
pouvoir, celui de décider de l’organisation de leur travail. Il faut être en mesure de leur
imposer les méthodes jugées les plus efficaces et faire en sorte qu’ils s’en satisfassent.
En parallèle, ou plutôt en complément, s’est diffusée la pensée d’Elton Mayo, sur la base de
ce que l’on a appelé « l’effet Hawthorne » du nom de l’usine de la Western Electric (en
Illinois) où ont été réalisées des expériences de 1924 à 1939. Celles-ci ont montré qu’il suffit
de s’intéresser à un groupe de travailleurs et de tenter quelques menues modifications
(d’éclairage, de positionnement des machines, etc.) pour augmenter la productivité. La seule
intention de la direction compterait bien plus que le contenu du changement lui-même. Plus
tard, les travaux du Tavistock Institute of Human Relations, créé en 1947 à Londres grâce au
mécénat de la Rockefeller Foundation, donneront une légitimité moderne à l’introduction
de la psychologie et de la psychanalyse au sein des directions chargées de gérer la main-
d’œuvre.
Bien entendu, il ne s’agit pas de combler réellement les besoins des travailleurs, mais de leur
donner le sentiment que c’est ce que veulent les dirigeants, afin de les motiver pour être le
plus productifs possible. « La bonne nouvelle que l’on peut tirer de l’effet Hawthorne, c’est
que vous n’avez pas à introduire d’énormes changements pour obtenir des résultats, précise
l’auteur. Comme pour l’exemple de l’éclairage, ce sont au contraire les petits changements
qui feront des merveilles sur votre productivité. En tant qu’équipe, mais aussi de manière
individuelle ! Que vous changiez la disposition de vos bureaux, la décoration de votre open
space, ou que vous y installiez des plantes, cela aura un effet positif sur la productivité de
votre équipe. » On connaît les séances de yoga, de méditation, de fou rire, sans oublier les
salles de jeux video, de baby-foot et de sieste, ou encore les conciergeries, etc. La liste
s’étend à n’en plus finir.
200
En retour, les salariés sont censés donner tout d’eux-mêmes selon la rationalité imposée par
la direction en matière de finalité, de rentabilité et de qualité. Pour nourrir cette orientation,
on ne lésine pas sur les cabinets de consultants, qui sont les éclaireurs omniprésents de la
politique managériale. Le marché du conseil en ressources humaines (RH), qui réunit
psychologues, psychanalystes, sociologues, philosophes, ergonomes, économistes,
informaticiens, sportifs de haut niveau, a doublé entre 2009 et 2019, selon Syntec Conseil,
et devrait encore doubler d’ici à 2031. Il compte plus de 150 000 entreprises en France et
120 000 salariés, dont 80% de cadres. Il a représenté 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires
en 2021. « Les expériences d’Hawthorne ont marqué un tournant significatif dans les
recherches en sciences sociales et en management. Comme toutes les théories, le tout est d’y
puiser ce qui est pertinent pour votre entreprise, et pourra s’y appliquer sans bouleverser
complètement son organisation », conclut l’Edhec. Chacun y prend en effet ce qui lui sera
utile. Les modalités d’instrumentalisation des sentiments des salariés sont de multiples
natures, et elles peuvent parfois surprendre comme le montre cet entretien avec deux jeunes
commerciaux, passés par une grande école de commerce et embauchés au même moment
dans une start-up :
David. – J’avais demandé 35 000 euros fixe. Ils m’ont fait une proposition à 32 000 euros
fixe, j’accepte pour être au même niveau que Paul. Le boss m’a dit : « Très bien que tout le
monde soit à égalité. »
Paul. – En fin d’année, le patron fait un grand meeting à vingt-cinq : « On a fait de très
mauvais résultats, personne n’aura de prime sur l’intéressement. » On s’est dit « putain ! ».
Mais après la réunion, le patron nous a gardés David et moi et nous a dit : « J’ai menti, il y
aura des primes pour vous, vous vous êtes bien battus. On vous donne car vous partez avec
la dalle (vous êtes motivés). Mais on vous donne sur des objectifs pas atteints, moi le boss, je
me prive pour vous. J’ai menti aux autres (les collègues), il faut que vous mentiez aussi. Je
vous fais confiance, il faut que vous mentiez aussi… » On était hyper proches des autres, ils
voulaient aussi leurs primes, mais on n’a rien dit, on a eu honte. Je n’en reviens pas qu’on
soit restés encore douze mois après ça.
David. – Ben, on était bien payés, je n’étais pas d’accord avec mes valeurs, mais
franchement, c’était un gros chèque. Le boss m’a dit « fais tes preuves ». Les autres nous ont
dit « vous avez eu une prime ? » ; on a dit « non ». Est- ce que c’est normal d’avoir un patron
comme ça ?
Paul. – Ça fait bizarre. Le salariat, ça fait des traumatismes. Le boss nous disait : « faites
vos preuves. On verra si vous êtes des chevaux de course ou de trait. » Mais il y avait
beaucoup d’événements organisés, un ou deux apéros par semaine, il payait le champagne,
le rosé, petits fours. Il est notre pote, il vient en boîte avec nous, il joue au pote. Mais quand
tu parles business, il vrille, c’est plus le même regard. »
Utilisée pour motiver, la mobilisation stratégique des sentiments peut également servir à
générer stress et angoisse, afin de faire plier ou de se débarrasser de de salariés. Ainsi, quand
la direction de France Telecom prépare la privatisation de cette grande entreprise publique,
elle cherche à faire partir, sans licenciements, 22 000 agents qui y travaillent, soit un salarié
sur cinq. A les faire partir « par la petite porte ou la fenêtre », explique, le 20 octobre 2006,
le président-directeur général Didier Lombard à ses cadres supérieurs.
Deux plans – NEXT (nouvelle expérience des télécommunications) et ACT (anticipations et
compétences pour la transformation) – sont élaborés. S’ensuivent des pratiques
managériales systématiques visant à déstabiliser les agents pour les pousser dehors :
mutations brutales sans formation, incitations pressantes à des reconversions sans
cohérence avec leur itinéraire professionnel et disqualifiantes, pressions, humiliations,
harcèlements. La suite tragique, qui s’est soldée par des suicides (ou des tentatives), des
201
dépressions et des maladies, a fini par être révélée au grand public à travers deux procès :
un premier au tribunal correctionnel débouchant en décembre 2019 sur une condamnation
de trois dirigeants pour harcèlement moral institutionnel, et un second en appel qui
confirme la condamnation pour deux d’entre eux, tout en ramenant la peine de prison à un
an avec sursis (contre un an dont quatre mois ferme en première instance).
Les méthodes managériales mobilisant les ressorts psychologiques des employés ne
prennent évidemment pas toutes un tour aussi outrancier. Mais, pour atteindre les objectifs
économiques et financiers qu’elles se sont fixés, les directions recourent fréquemment à des
stratégies qui se focalisent sur la subjectivité des salariés pour arraisonner leurs émotions,
leur affectivité, leurs angoisses. Les investiguer sur le même mode que celles adoptées pour
les gestions de produits, de la communication, du marketing, des technologies, de la
recherche, de la concurrence, du droit, des finances etc., met en lumière l’énergie, les
dépenses, la succession d’innovations engagées par les employeurs pour arriver à leurs fins.
Des modèles sont élaborés et développés, des enquêtes systématiquement menées pour
outiller ces politiques, grâce à des questionnaires internes qui tentent de quantifier la qualité
de vie au travail, des baromètres qui suivent les humeurs des salariés. Les entretiens
individuels avec le supérieur hiérarchique immédiat (N+1) visent à analyser la performance
de chacun et à fixer des objectifs, mais aussi à évaluer la personnalité du travailleur, sa
motivation, sa résilience.
C’est ainsi qu’il faut désormais comprendre le terme « ressources humaines ». Nul complot
contre les salariés de la part d’une armée souterraine de consultants au service des
dirigeants ; mais une organisation du travail s’imposant aux salariés sans discussion possible
(dans la « vieille » logique taylorienne), où le management (dans l’esprit de l’école des
relations humaines) mobilise et sursollicite les spécificités humaines, notamment
émotionnelles, pour mieux les retourner, les façonner, sur une base individuelle, dans un
contexte de mise en concurrence des unes avec les autres et de chacun avec lui-même.
La seule remise en cause qui peut faire son chemin est celle conçue et orchestrée par certains
patrons eux-mêmes. C’est le cas de la mouvance des « entreprises libérées »,
particulièrement développée en France, avec des sociétés comme Décathlon, Michelin,
Airbus, la MAIF, Kiabi, etc. Elles suppriment une grande partie de la hiérarchie intermédiaire
et des fonctions opérationnelles, pour confier plus de responsabilités et de tâches aux
salariés de base réunis en groupe. L’idée est qu’une fois définis les objectifs, les critères et
les moyens, il est utile de mettre à profit le savoir et l’expérience des travailleurs et de leur
laisser une certaine liberté.
Ces derniers sont ainsi mis en condition de s’automotiver, s’autodiscipliner et s’autogérer.
Cet enrôlement dans les fonctions qui ne leur sont pas attribuées dans le management
dominant, pas nécessairement rétribuées, est censé être considéré comme une forme de
reconnaissance et de confiance accordée par le leader (l’employeur) à ses subordonnés.
Cette élaboration organisationnelle se fonde sur une critique (proche du mea culpa) de la
posture patronale traditionnellement assisse sur la méfiance à l’encontre des salariés, qu’il
faut contraindre et contrôler par une bureaucratie et une hiérarchie coûteuse et
paralysantes.
Pour être légitime, toute critique du management contemporain doit venir de la seule
sphère patronale, lui permettant de se renouveler, tel un caméléon, et de diriger, tel un boa,
toutes les formes de contestation éventuelles. Celles des autres - syndicalistes, chercheurs
ou experts en sciences sociales- se voit le plus souvent taxée d’archaïsme, de passéisme,
d’irréalisme, voire de complotisme. Quant à celle des salariés eux-mêmes, soumis à un lien
de subordination de plus en plus personnalisé, elle a bien du mal à se formuler en dehors
des cabinets médicaux ou du secret de famille.
202
Danièle Linhart
203
Richard Thaler, Prix Nobel d’économie en 2017 pour ses travaux d’économie
comportementale raconte sa trajectoire de chercheur non conformiste dans
un monde académique figé dans ses certitudes théoriques.
Cela fait une quarantaine d’années, depuis mes études de troisième cycle, que je m’intéresse aux mille
et une manières dont les gens diffèrent des créatures imaginaires dont sont peuplés les modèles*
économiques. Jamais il ne m’est venu à l’idée de dire que les gens n’étaient pas normaux : nous sommes
tous, autant que nous sommes, des êtres humains - Homo sapiens. Le problème vient plutôt du modèle
utilisé par les économistes, un modèle qui remplace Homo sapiens par une créature fictive appelée
Homo economicus, et, que je préfère quant à moi, pour faire court, appeler « Econo ». Comparés à ces
Econos fictifs, les humains se comportent souvent très mal, ce qui signifie que les modèles économiques
font à leur sujet beaucoup de prédictions fausses, lesquelles peuvent avoir des conséquences graves.
Pratiquement aucun économiste, par exemple, n’a vu venir la crise financière de 2007-2008* ; pire
encore, beaucoup pensaient que le krach et ses répercussions étaient des choses qui ne pouvaient tout
simplement jamais se produire.
La seconde raison pour laquelle l’économie est considérée comme la plus puissante des sciences
sociales est d’ordre intellectuel. Cette puissance vient du fait qu’elle dispose d’une théorie centrale
unifiée d’où découle presque tout le reste. Quand on dit « théorie économique », tout le monde sait ce
que cela signifie. Aucune autre science sociale ne dispose d’une assise similaire. Les théories des autres
sciences sociales tendent à se spécialiser, à expliquer ce qui se passe dans telle ou telle situation. En
réalité, les économistes comparent souvent leur champ à la physique : comme celle-ci, la théorie
économique a été construite à partir de quelques prémisses fondamentales.
Le principe premier de la théorie économique est que les gens font des choix « optimaux ». Entre tous
les biens et services que pourrait acheter une famille, elle choisira toujours ce qu’il y a de mieux
relativement à ses moyens. De plus, les idées et les croyances sur la base desquelles les Econos font leur
choix sont censées ne jamais être biaisées. Ce qui veut dire que nos choix se font toujours en fonction
de ce que les économistes appellent des « anticipations rationnelles ». Si les personnes qui créent une
entreprise croient, en moyenne, que leurs chances de réussite sont de 75%, alors ce chiffre sera une
bonne estimation du nombre réel de celles qui vont réussir. L’Econo n’a jamais trop confiance en lui.
Ce principe d’optimisation sous contrainte, qui signifie que l’on choisit toujours ce qu’il y a de mieux
dans le cadre d’un budget ayant certaines limites, s’ajoute à un autre cheval de bataille de la théorie
économique : l’équilibre. Sur les marchés dits concurrentiels, où les prix sont libres de baisser ou de
monter, les fluctuations de prix se font de sorte que l’ordre égale la demande. On peut résumer cela
par cette équation : optimisation + équilibre = théorie économique. Il s’agit d’une combinaison
puissante, qui n’a pas d’équivalent dans les autres sciences sociales.
Mais il y a un petit problème : les principes sur lesquels repose la théorie économique sont défectueux.
Premièrement, les problèmes d’optimisation auxquels sont confrontés les individus ordinaires sont
204
souvent, pour eux, trop difficile à résoudre, même de façon approximative. Un magasin d’alimentation
de taille moyenne propose à la clientèle des millions de combinaisons d’articles et de produits
susceptibles d’entrer dans le budget de la famille. Celle-ci va-t-elle vraiment choisir la meilleure d’entre
elles ? Sans oublier que nous devons faire face à des problèmes bien plus ardus que le choix d’un
produit : celui d’une carrière, d’un prêt immobilier, d’un conjoint, par exemple. Compte tenu du taux
d’échec que l’on observe dans l’ensemble de ces domaines, il paraît difficile de défendre l’idée que tous
ces choix sont réellement optimaux.
Deuxièmement, les croyances et les convictions à partir desquelles les gens font leur choix ne sont pas
dépourvus de biais*. L’excès de confiance ne fait peut-être pas partie du vocabulaire des économistes
mais c’est un trait fort ancien de la nature humaine, et il existe d’innombrables autres biais qui ont
d’ailleurs été documentés par les psychologues.
Troisièmement, il y a bien d’autres facteurs qui ne sont pas pris en compte par le modèle d’optimisation.
Dans un monde d’Econos, longue est la liste des choses supposées sans pertinence. Un Econo ne
penserait pas recevoir de cadeau le jour de l’année où il se trouve, par hasard, qu’il est né ou qu’il s’est
marié. Quelle différence cela devrait-il faire ? En réalité, l’Econo serait complètement désorienté par
l’idée même de cadeau. Il saurait que l’argent liquide est le meilleur cadeau possible, car l’argent permet
d’acheter ce qui est optimal. Je vous déconseille cependant, sauf si vous êtes marié à un ou une
économiste, de lui offrir de l’argent pour votre anniversaire de mariage. Et à la réflexion, même si vous
faites ce métier, ce n’est probablement pas une bonne idée non plus.
Vous savez, comme moi, que nous ne vivons pas dans un monde d’Econos mais dans un monde
d’humains. Et comme la plupart des économistes sont la plupart des humains, ils le savent sans doute
eux aussi. Adam Smith, le père de la pensée économique moderne, a reconnu explicitement ce fait. En
1759, avant donc son « magnum opus », Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations,
il avait publié un ouvrage sur les « passions » humaines, un mot qui n’apparait dans aucun manuel
d’économie. L’Econo est sans passion : c’est un optimisateur à sans froid. Un peu comme M. Spock dans
Star trek.
C’est pourtant ce modèle dépassionné de comportement économique, fondée sur une population
composée exclusivement d’Econos, qui a élevé la discipline économique au sommet d’influence qui est
aujourd’hui le sien. Au fil des années, les critiques ont été balayées d’un revers de main, doublé
d’excuses indigentes, d’explications invraisemblables et de données empiriques embarrassantes. Mais
à chacune de ces critiques il a été répondu par des études qui ont progressivement fait monter les
enchères. Il n’est déjà pas facile d’écarter des études attestant de mauvais choix effectués dans des
domaines aussi importants que l’épargne retraite, le choix d’un prêt immobilier ou d’un placement en
bourse. Et il est totalement impossible de ne pas tenir compte de la série de booms, de bulles et de
krachs que l’on a observée sur les marchés financiers à partir du 19 octobre 1987, le jour où le prix des
actions a baissé de plus de 20% dans le monde entier, en l’absence de toute mauvaise nouvelle
substantielle, et qui fut suivie, quelques années plus tard, d’une bulle et d’un effondrement des valeurs
technologiques, lesquels ont bientôt cédé la place, après quelques années encore, à une bulle des prix
de l’immobilier, qui, lorsqu’elle a explosé à son tour, a provoqué une crise financière mondiale.
Il est temps d’arrêter de s’excuser. Nous avons besoin, dans la recherche en économie, d’une approche
enrichie qui reconnaisse l’existence et la pertinence des humains. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est
pas nécessaire, pour ce faire, de jeter tout ce que nous savons sur la manière dont fonctionnent les
économies et les marchés. Les théories qui reposent sur l’hypothèse que nous sommes tous des Econos
ne doivent pas forcément être mises au placard. Elles peuvent encore servir de point de départ à des
modèles plus réalistes. Dans certaines circonstances, par exemple quand les problèmes à résoudre sont
simples ou que les acteurs de l’économie ont des compétences très spécialisés, alors les modèles à
205
Econos peuvent donner une approximation correcte de ce qui se passe dans le monde réel. Mais,
comme on le verra, ces situations sont moins souvent la règle que l’exception.
Pour une large part de la théorie économique, l’hypothèse selon laquelle tous les agents ont toujours
un comportement optimal n’est pas considérée comme problématique, même quand les individus
observés ne sont pas des experts. Ainsi, il est assez simple de prédire que les agriculteurs utiliseront
davantage d’engrais en cas de baisse de prix des engrais, même si beaucoup mettront du temps à
modifier leurs pratiques en réaction aux évolutions du marché. La prédiction est sûre parce qu’elle n’est
pas précise : tout ce qu’elle dit, c’est le sens dans lequel va s’exercer l’effet. Ce qui revient à dire que, si
des pommes tombent d’un pommier, elles iront plutôt vers le bas que vers le haut. La prédiction est
juste, mais il ne s’agit pas pour autant de la définition de la loi de la gravitation.
Les économistes ont en revanche des difficultés chaque fois qu’ils font une prédiction très spécifique
dépendant expressément du fait que la totalité des sujets concernés soient économiquement avertis.
Revenons à nos agriculteurs. Imaginons que des scientifiques découvrent que ces derniers seraient plus
riches s’ils utilisaient plus ou moins d’engrais qu’ils ne le font généralement. Si l’on pouvait supposer
qu’ils rectifieraient tous le tir dès l’instant qu’ils disposent tous de l’information, alors il n’y aurait pas
de meilleure prescription politique que de faire en sorte que cette information soit librement accessible.
Il suffirait de publier la découverte, de permettre aux agriculteurs d’en prendre connaissance, et de
laisser la magie des marchés opérer.
Mais, en réalité, à moins que les agriculteurs ne soient tous des Econos, ce serait un mauvais conseil.
Peut-être les multinationales de l’agroalimentaire vont-elles s’emparer rapidement des dernières
découvertes scientifiques, mais comment vont se comporter les paysans d’Inde ou d’Afrique ?
De même, si vous croyez que tout un chacun va épargner exactement ce dont il a besoin pour sa retraite,
comment le feraient tout Econos, et que vous en déduisez qu’il n’y a aucune raison d’aider les gens à
épargner (disons, en créant des régimes de retraite), alors vous manquez une belle occasion d’améliorer
leur sort. Et si vous êtes banquier central et que vous croyez que l’apparition de bulles financières est
théoriquement impossible, alors vous pouvez faire de graves erreurs comme l’ancien président de la
Reserve fédérale Alan Greenspan. On peut lui reconnaître le mérite de l’avoir lui-même admis.
Il n’est cependant pas nécessaire de mettre fin à l’élaboration de nouveaux modèles abstraits décrivant
le comportement d’Econos imaginaires. Cependant, il faut arrêter de croire que ces modèles permettent
de donner une description exacte des comportements humains, et cesser de prendre des décisions
politiques sur la base d’analyses aussi erronées. Il est temps de s’intéresser aux facteurs prétendument
non pertinents.
Il est déjà difficile de changer l’opinion des gens sur ce qu’ils mangent au petit déjeuner, mais il est bien
plus compliqué de modifier leur jugement sur des problèmes qu’ils ont étudiés toute leur vie. Pendant
des années, de nombreux économistes ont fortement résisté aux exhortations à fonder leur modèle sur
une description plus juste du comportement humain. Cependant, grâce à l’arrivée de jeunes
économistes créatifs qui n’ont pas hésité à prendre des risques et à s’écarter de la manière traditionnelle
de faire de l’économie, le rêve d’une théorie économique enrichie est en train de se réaliser. Ce champ
nouveau est connu sous le nom d’économie « comportementale ». Il ne s’agit pas d’une discipline
nouvelle : c’est toujours de la théorie économique, mais dans laquelle ont été injectées de fortes doses
de psychologie et diverses autres sciences sociales.
La principale raison pour laquelle il est nécessaire d’intégrer les humains au sein des théories
économiques, c’est que cela doit permettre d’améliorer la précision des prédictions faites dans le cadre
de ces théories. Mais prendre en compte les « personnes réelles » présente un autre avantage :
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l’économie comportementale est bien plus intéressante et plus amusante que l’économie
conventionnelle. Elle est le contraire d’une science triste.
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