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Introduction Générale Mémoire

Les Niayes du Sénégal, un écosystème unique, sont caractérisées par des conditions favorables à l'agriculture, à la pêche et au tourisme, mais subissent des pressions anthropiques qui menacent leur durabilité. Le document examine les impacts des activités humaines sur l'environnement et propose une réévaluation vers des pratiques agricoles plus écologiques. La région fait face à des défis climatiques et hydrologiques qui aggravent la dégradation de son écosystème, soulignant l'importance de la conservation des ressources naturelles.

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Introduction Générale Mémoire

Les Niayes du Sénégal, un écosystème unique, sont caractérisées par des conditions favorables à l'agriculture, à la pêche et au tourisme, mais subissent des pressions anthropiques qui menacent leur durabilité. Le document examine les impacts des activités humaines sur l'environnement et propose une réévaluation vers des pratiques agricoles plus écologiques. La région fait face à des défis climatiques et hydrologiques qui aggravent la dégradation de son écosystème, soulignant l'importance de la conservation des ressources naturelles.

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Introduction Générale

1. Contexte et justification
Les Niayes du Sénégal situées sur la frange littorale qui s'étend de Saint-Louis à Dakar constituent
un écosystème particulier et unique en Afrique. En effet, ses particularités physiques, à savoir sa
position géographique, son micro climat et ses caractéristiques hydrologiques et
hydrogéologiques, font que cette partie du pays dispose de conditions naturelles favorables à
l'épanouissement de l'Homme.
Cette région dispose d'un important potentiel en ressources, naturelles qui font l'objet de
diverses exploitations. Ce qui fait que les secteurs d'activités sont très nombreux dans la région.
On peut citer parmi ces activités, la pêche, l'élevage, mais surtout l'agriculture qui est l'activité
dominante.
La commune de Mboro, dans la région naturelles des Niayes, surnommée ‘’le grenier à légumes’’
du Sénégal, est une importante zone de maraichage et de pêche ou le tourisme meriterait d’etre
developpé.

2. Objectifs
Appréhender les conséquences à court, moyen et long terme des activités anthropiques sur
l'environnement afin de reconsidérer le système agricole actuel et d'aller vers un système plus
écologique.

3. HYPOTHESES

Les Niayes possèdent un important potentiel en ressources naturelles renouvelables mais pas
inépuisables.

Ces ressources sont soumises à la pression des agriculteurs qui ne se soucient pas de leur
pérennisation.

Les maraîchers semblent ignorer que la continuité de leur activité dépend de la survie de
l'écosystème.

4. Méthodologie
4.1. Revue documentaires
4.2. Visites de terrain
a. Phase de prospection
b. Phase de questionnaire
b.1. l’échantillonnage
b.2. le questionnaire
b.3. l’enquête proprement dite
4.3 le traitement et l’analyse de l’information

5 définitions des concepts

Cadre physique
La zone des Niayes réputée pour son exubérance sur le plan végétal se présente aujourd'hui, en
certains endroits du périmètre, nettement entamée avec un éclaircissement général de la couverture
végétale et un état végétatif médiocre de certaines essences ligneuses typiques de la région.

Cette évolution tient à la fois du cadre physique qu'humain qui imposent des conditions
particulièrement sévères à la végétation. L'évolution constatée dans les trois éléments que sont les
nappes, les systèmes dunaires et la végétation a été en réalité impulsée par la péjoration généralisée
des conditions climatiques depuis quelques décennies. Les cadres géomorphologiques,
climatologiques, hydrologiques, phytogéographiques ou humains présentent entre eux une
remarquable interdépendance, ce qui contribue fondamentalement à la fragilité d'ensemble du
milieu qui est fortement conditionné par l'évolution de chaque élément pris individuellement et dans
ses relations avec les autres.

I. LE CADRE GEOMORPHOLOGIQUE

Le vaste manteau de sables qui recouvre et commande l'aspect du paysage dans la région des Niayes
résulte de la juxtaposition de plusieurs systèmes dunaires marquant l'évolution morpho-climatique
du Quaternaire.

Coupe schématique ouest/est de la zone des Niayes Source : PEZERIL ET AL 1986

Deux systèmes dunaires principaux ont été individualisés dans l'espace et dans le temps : le système
dunaire littoral constitués par les dunes vives (dunes blanches) et les dunes semi- fixées (dunes
jaunes) et le système dunaire continental formé par les dunes fixées (dunes rouges).
Figure 3 : Schéma descriptif de la géomorphologie des Niayes Source : BRGM 1983

A l'interface de ce système apparaissent les niayes qui sont des dépressions interdunaires
constituant un réseau de cuvettes morcelées et de chenaux qui découpent le système des dunes
Ogoliennes

Les dunes blanches

Ce système borde le littoral de la Grande Côte avec une largeur rarement supérieure à 2km. Les
dunes blanches contrastent nettement avec les autres formations. Appelée aussi dunes vives, cet
ensemble présente des formes multiples et complexes en raison de l'intense activité géodynamique
qui les caractérise. Elles présentent une végétation faible essentiellement halophile à cause de la
présence d'embruns marins.

Les dunes jaunes

Les dunes jaunes ou dunes semi-fixées occupent l'arrière-plan des dunes blanches. Elles s'étendent
de Dakar à Saint Louis sur une profondeur de 0,2 à 2km. Cet ensemble bien individualisé se termine
par une barre dunaire qui par endroit atteint 30m de haut. Semi-fixées par la végétation, ces dunes
présentent néanmoins des secteurs qui traduisent une tendance au ravivement.

1.3 Les dunes rouges

Constituant l'ensemble le plus important, les dunes rouges ou dunes fixées font suite au
système de dunes jaunes. Leur mise en place remonte à l'Ogolien ce qui leur vaut aussi

l'appellation de dunes Ogoliennes. Servant de cadre aux niayes ce système se distingue par des
altitudes faibles et son aspect « végétalisé ».

1.4 Les niayes

Entre les systèmes dunaires, les dépressions hydromorphes se rencontrent tout au long de la Grande
Côte. Ces cuvettes sont caractérisées par des fluctuations de la nappe phréatique au cours de
l'année. Principalement deux unités peuvent être distinguées dans ce que l'on a coutume
d'appeler niayes :

-D'abord les ndioukis qui correspondent à des dépressions peu profondes logées dans les bas-fonds
hydromorphes des dunes blanches

-Ensuite les khours situées à l'interface des dunes rouges correspondant à des vestiges d'anciens
réseaux hydrographiques et sont de ce fait en dimension et en taille plus impressionnants que
les ndioukis.

1.5 La dynamique des systèmes dunaires

Les conditions géomorphologiques décrites ci- haut sont de nature à engendrer d'importantes
activités géodynamiques. Surtout si l'on considère la Grande Côte comme une zone aux conditions
anémométriques relativement intenses.

La direction des principaux courants aériens conjuguée à la granulométrie et à la compacité des


sables de la zone permet de définir 6m/s comme vitesse moyenne11 de mise en activité des
sédiments. Par ailleurs cette vitesse est fréquemment atteinte sur la Grande Côte. Les conséquences
d'une telle activité sont essentiellement l'ensablement, le saupoudrage des cuvettes et l'avancée du
front dunaire vers l'intérieur des terres. « L'analyse diachronique des diverses prises de vue
aériennes permet de mettre en évidence l'accroissement des faciès dunaires vifs dans les dunes
blanches et la remise en mouvement des dunes jaunes semifixées ». (BLOUIN, 1990) 12.

Il faut aussi mentionner que les rapports sont inverses entre la couverture végétale et l'efficience des
vents sur les sols dans la mesure où un bon recouvrement permet de fixer le matériel sableux et de
réduire considérablement la mobilité des particules.

II. LE CADRE CLIMATIQUE

La région des Niayes avec une pluviosité n'excédant pas 500mm parvient à entretenir des essences
qui dans leur milieu d'origine ont des exigences hydriques qui culminent autours de 1500mm/an.
Cette capacité à maintenir une végétation assez hydrophile à des latitudes qui ne s'y prêtent pas
vraiment est en partie due à des conditions climatiques particulières. Par ailleurs on attribue, dans
une large mesure, à la réduction des précipitations et à la migration des isohyètes vers le sud, ces
dernières décennies, l'apparition de conditions drastiques qui ont servi de catalyseur pour les
processus de dégradations naturelles et anthropiques.

De telles constations posent au moins trois questions majeures.

· D'abord comment expliquer cette originalité phytogéographique d'un point de vue climatique ?
11-
Moyenne déterminée par A.T Diaw (1980) 12 -Conservation des terroirs du littoral

· Ensuite quelle analyse explicative apporter aux processus qui ont présidé à

l'installation prolongée d'une sécheresse, vecteur de désertification et


d'uniformisation du paysage végétal dans cette zone ?

· Quel avenir envisager pour la flore subguinéenne et dans une moindre mesure la flore soudanienne
dans le cadre d'un durcissement des conditions climatiques ?

2.1 Les particularités climatiques


Inscrit par les premiers chercheurs dans un domaine dit subcanarien (à cause de l'influence du
courant froid des Canaris), la région est aujourd'hui reconnue comme appartenant au domaine
soudano-sahélien ou encore le domaine de l'alizé maritime stable. Cette bande littorale nord est un
domaine de transition entre le climat tropical sec et le climat tropical subaride. Elle est divisée entre
le domaine «sahélien sud« au nord et le domaine «soudanien nord« au sud. Les limites y sont très
peu précises et dépendent des variations de hauteurs d'eau précipitées.

Les conditions climatiques sur la Grande Côte sont assujetties aux courants anticycloniques liés à
l'existence de centres d'action localisés à des latitudes supérieures. L'anticyclone des Açores, le plus
influent dans le secteur littoral, apporte au climat une composante boréale avec des vents qui
soufflent de novembre à juin. A partir de février cet anticyclone se déplace vers les basses latitudes.
L'anticyclone maghrébin est quant à lui à l'origine de l'harmattan qui est un vent chaud et sec se
manifestant de février à mai. L'anticyclone de Saint Hélène venant de l'Atlantique sud provoque des
flux qui engendrent la mousson. Les différentes discontinuités issues des fronts provoquent un jeu de
forces qui détermine le type de temps sur la Grande Côte.

Cette région aux caractères azonaux marqués, est sous l'influence de conditions locales spéciales qui
président au maintien d'un environnement particulier. Celui-ci est mis en évidence à travers certains
éléments du climat, notamment la modération des températures, l'humidité atmosphérique,
l'exposition aux alizés etc.

2.1.1 La température

La température est l'élément climatique le plus affecté par la situation géographique littorale de la
région. L'importance des alizés contribue à modérer les températures qui descendent en dessous de
20° C. Notons qu'à l'approche du littoral on passe en régime uni- modal avec un maximum d'hivers
boréal (décembre - mai) et un maximum localisé en octobre. Contrairement à l'intérieur du pays,
l'amplitude thermique diurne est faible (15 à 17°C). En définitif c'est la température qui rend mieux
compte de l'existence d'un domaine littoral qui s'oppose au domaine continental.

2.1.2 L'humidité atmosphérique

Les régimes pluviométriques et thermiques particuliers de la zone de Niayes influencent largement


l'humidité relative. Le fait que l'air soit en permanence chargé de vapeur d'eau accroît la différence
entre les conditions côtières et l'intérieur. L'humidité relative est à son maximum pendant la saison
des pluies, elle demeure toujours supérieure à 50% en saison sèche sauf en cas d'incursion de
l'harmattan. La fréquence des alizés est l'explication principale à la forte humidité relative. Cette
humidité est favorable à la rosée matinale. Celleci étant un phénomène quasi quotidien, induit un
impact non négligeable sur la végétation en compensation à l'absence de précipitation pendant la
saison sèche.

Années

2.1.3 Les vents

Considéré comme le facteur climatique qui impulse les conditions locales particulières, le vent est
sans nul doute l'élément climatique le plus important de la région des Niayes. L'exposition de la
bande littorale aux flux de l'alizé maritime est largement responsable de l'originalité du milieu.

Avec une composante essentiellement nord, les alizés maritimes sont capables de faire sentir leur
effet jusqu'au 200 km à l'intérieur des terres. Dès le mois de mai, le régime de mousson s'annonce
par un renforcement des vents du sud, au détriment des vents du nord. L'harmattan quant à lui n'est
ressenti sur la Côte que durant une courte période, mais contribue à une hausse sensible de la
température.

2.2 Le déficit pluviométrique

La diminution et la rareté des pluies sont les éléments fondamentaux qui ont déclenché tous les
processus naturels et anthropiques que nous observons aujourd'hui. Le milieu connaît une péjoration
climatique sans précédent par sa gravité et sa durée. Elle s'est accompagnée de modifications
paysagères.

Il convient à cet effet de rappeler que la Grande Côte est soumise à un régime pluviométrique plus
aléatoire que les zones de l'intérieur. La principale perturbation pluviométrique du Sénégal étant
produite par les lignes de grains, alors que ces dernières à l'approche de la côte entrent en contact
avec les flux océaniques qui, en fonction de leurs caractéristiques hygrométriques et thermiques,
peuvent devenir des facteurs contraignants pour le déclenchement des précipitations, ce qui
explique que parfois la pluviosité des zones côtières est défavorisée par rapport à celle de l'intérieur.
Les moyennes enregistrées ne dépendent pas seulement de la position de l'équateur météorologique
ou du nombre de perturbations pluvioorageuses mobiles mais également de l'activité des alizés
maritimes qui à cette période de l'année (hivernage) sont censés être affaiblis.

La dépendance du Sénégal et surtout du domaine sahélien vis-à-vis des lignes de grains en termes
d'apport pluvial expose le pays à une plus grande vulnérabilité en raison de la très grande variabilité
interannuelle du nombre de lignes de grain.

Certains dates rendent à cet effet assez bien compte de cette vulnérabilité : 1950, 1975, 1983. La
région des Niayes peut, selon les années et en raison de son caractère transitoire, enregistrer des
pluviosités caractéristiques de la zone sahélienne ou de la zone soudanienne. En plus de cette
variabilité importante, il est de plus en plus noté une régression d'ensemble des isohyètes 300, 400
et 500 mm vers le Sud.

La réduction généralisée des moyennes par rapport à la normale est constatée, mais plus inquiétant
encore, on note un glissement des normales les unes par rapport aux autres. « A Saint Louis la
normale (1901-1930) était de 409,6 mm ; elle passe à 341,7mm pour la période de 1931-1960 soit
une baisse de 67,9 mm. La normale continue de descendre avec une baisse de 79,4 mm entre 1961-
1990 par rapport à la précédente » (A.L Ndiaye 1995).

Ces fluctuations erratiques des facteurs climatiques font peser sur le devenir de la végétation des
Niayes une inquiétude d'autant plus justifiée que les actions anthropiques s'ajoutent à ces
contraintes naturelles. La sécheresse générale dans laquelle a été plongé le pays tout entier a eu sur
les niayes centrales des conséquences spécifiques en raison des systèmes dunaires sur lesquels
repose le paysage. On constate sur la végétation une réduction de la diversité avec une raréfaction
des essences guinéennes ou même soudaniennes. Sur ce plan la végétation se conforme de plus en
plus au domaine climatique. Il est noté une réduction significative des effectifs d'Elaeis
guineensis13 pourtant très caractéristiques de la zone.

III. LE CADRE HYDROLOGIQUE ET HYDROGEOLOGIQUE

Ce cadre sera abordé essentiellement sous deux angles, d'abord comme la conséquence de la
variabilité climatique et comme principal facteur d'alimentation en eau de certaines essences à
travers les nappes.

3.1 Les conditions hydrologiques et hydrogéologiques


La région des Niayes ne possède pas aujourd'hui de réseaux hydrographiques, cependant sa
morphologie laisse entrevoir les vestiges d'une ancienne vallée fluviale exoréique perpendiculaire à
la côte ([Link] 1986). Il existe néanmoins des petits marigots qui autorisent un ruissellement pendant
la saison des pluies et un chapelet de lacs pérennes ou le plus souvent temporaires.

Le massif dunaire qui jalonne le littoral constitue un système aquifère phréatique qui repose sur des
nappes du Maestrichtien, du Paléocène, de l'Eocène et du Quaternaire.

La ressource hydrologique directement accessible pour les cultures et certaines essences ligneuses
est constituée par les nappes du Quaternaire. A la base des sables se trouve un substratum marneux
ou marno-calcaire. Les études menées par la FAO en 1974 montrent qu'il y a une remontée du
substratum du Sud au Nord de la région. Le toit de la nappe est atteint entre 4m au niveau des
dépressions et 11m sur les dunes les plus élevées, ce qui conditionnement fortement l'organisation
des espèces des hauteurs vers les bas fond.

3 .2 Les implications pour la nappe phréatique

Même si selon le rapport final sur l'inventaire biophysique de la région, moins de 4% des possibilités
des nappes du Quaternaire et du Continental Terminal sont actuellement exploitées, il faut
reconnaître que la recharge de celles-ci reste absolument tributaire de la pluviosité d'où
d'importantes variations du niveau de la nappe en fonction de la variabilité saisonnière et
interannuelle. « Dans les niayes centrales les fluctuations piézométriques peuvent atteindre jusqu'à
0,27m /an » (R .Ndiaye.2000). L'analyse des photos aériennes de 1954 à 2000 montre un
assèchement progressif des nappes affleurantes. En 1954 toutes les cuvettes ou presque étaient
inondées, en 1978 l'affleurement était de plus en plus temporaire pour devenir finalement
exceptionnel aujourd'hui.

V. LE CADRE PHYTOGEOGRAPHIQUE

Ce cadre est sans doute le plus important dans le contexte de notre analyse. Nous pourrions sans
porter atteinte à la substance de notre étude la réserver pour la seconde partie mais il nous semble
nécessaire de le fixer dès le départ. Eu égard à la limite spatiale que nous nous somme donnée 14, il
devient indispensable pour comprendre la dynamique d'ensemble qui régie la végétation dans cette
zone, de procéder au préalable à une description sommaire de celle-ci à l'Est (dune rouge) et à
l'ouest (dunes jaune) de la bande considérée afin de pouvoir, par la suite, l'éliminer de nos
observations.

Car s'il est vrai que la végétation des niayes en question est atypique, il faut reconnaître qu'elle subit
de plus en plus un processus d'uniformisation vis avis de la végétation plus steppique qui subsiste sur
les dunes jaunes semi-fixées et celle à caractère plus savanicole des dunes rouges.

4.1 Les paysages végétaux

Les formations végétales qui s'étendent dans la partie centrale de la zone des Niayes présentent une
certaine diversité qui peut rendre leur classification délicate.

Distinguons par simple commodité celles des dunes blanches et jaunes de celles des dunes rouges.

4.1.1 Les dunes blanches et jaunes

Cette végétation pseudo-steppique est une formation d'origine édaphique colonisant un substrat peu
évolué et marqué par une dynamique éolienne intense qui entrave son développement vers la
savane. Il s'agit d'une végétation composée d'espèces pionnières qui fait suite à un processus
d'ensablement d'envergure considérable.

On note juste en arrière de la bande de filao des dunes blanches, une végétation qui perce un peu
partout le mince placage d'apport sableux (sable blanc) constituant une couverture très clairsemée.
En progressant vers l'Est on rencontre une densité plus importante composée essentiellement
d'essences épineuses à l'exception de Parinari macrophylla qui se présente ici sous un aspect très
rabougri. Du fait de ce nanisme, qui affecte d'ailleurs la majorité des essences, l'aspect d'ensemble
de la formation est plutôt buissonnant avec toute fois des secteurs isolés que l'on peut associer à la
savane arbustive ou boisée.

D'une faible diversité floristique, ces pseudo-steppes sont marquées par la présence d'essences telles
que Acacia ataxacantha, Dychrostasys cinerea, Maytenus senegalensis, Opuntia tuna et Balanites
aegyptiaca qui constituent, en dehors des essences exotiques, les espèces majoritaires.

4.1.2 Les dunes rouges

Sur ce flanc Est des niayes apparaît une interaction intéressante entre la végétation et les activités de
l'homme, ceci du fait de l'agencement d'établissements humains tout le long de la régionale 70 bis
qui sert souvent ici de limite artificielle. La topographie étant nettement moins marquée que vers
l'ouest, l'organisation de la végétation ne s'y calque plus vraiment,
14-
Uniquement la bande renfermant les dépressions ou niayes

on retrouve pratiquement les mêmes essences dans les dépressions et sur les sommets émoussés.
Des individus esseulés d'Adansonia digitata, d'Acacia albida, d'Acacia seyal, de Balanites
aegyptiaca et plus occasionnellement de Parinari et d'Anacardium se rencontrent çà et là. La strate
sous ligneuse est dominée par trois essences caractéristiques que sont Guiera senegalensis, Anonna
senegalensis et Boscia senegalensis. Les plantes herbacées sont peu développées avec une hauteur
rarement supérieure à 50 cm. On y retrouve des graminées tels que Cenchrus biflorus mais
également certaines rampantes à l'image de Leptadenia hastata, Ceropegia praetermissa, Merremia
tridentata, Momordica balsamina.

Le statut de savane qui est associé à cette zone tient au paysage herbeux et buissonnant qu'elle
présente en association avec plusieurs arbres et arbustes distribués de manière disparate. Cette
savane à forte connotation sahélienne (par la nature des ligneux) comporte de nombreuses marques
d'activités humaines qui rompent la continuité herbeuse faisant appelle à de nouvelles notions
comme parc arboré ou boisé. On observe de nombreuses traces d'activités culturales (culture
pluviale) qui font aujourd'hui l'objet d'un abandon de plus en plus systématique. Le secteur semble
aussi s'être transformé en zone de pâturage pour le bétail.

V. LE CADRE SOCIO-ECONOMIQUE

En 1878, l'annuaire du Sénégal décrit les Niayes comme une région où se rencontrent une végétation
forte, des lacs, des mares et des fontaines. Mais les années passant, les ressources végétales ont
fortement régressé à mesure que s'affirmait l'emprise humaine sur le milieu15. Cette situation suscite
pour nous des interrogations de fond. En effet comment légitimer une réflexion qui s'exerce sur une
population à majorité rurale dont la principale activité agricole commence à poser des questions de
plus en plus poignantes pour le devenir de l'écosystème naturel ?

Il semble de bon sens que nous commencions par comprendre la dynamique, la structure et
l'organisation de cette population. Nous nous permettons de restreindre les considérations
démographiques et socioéconomiques à la communauté rurale de Darou Khoudoss dans laquelle est
entièrement logée notre zone d'étude et dans une moindre mesure à la commune de Mboro.

5.1 L'hiérarchisation sociale

Les sociétés de la Grande Côte ont hérité de leur tradition des modes d'organisation sociale qu'ils
adaptent plus moins aux contraintes et réalités actuelles. Ces sociétés pour la plupart rurales sont
structurées autour de codes hiérarchiques qui les consolident. Le pouvoir est détenu par un notable
(par délégation), l'aîné de la famille issue de la génération la plus ancienne. Il appartient à ce chef
d'exercer certaines prérogatives dont notamment l'organisation sociale de la vie, la gestion du
patrimoine foncier de la communauté, la résolution de problèmes internes, la représentation du
village devant les autorités administratives etc. D'autres personnes, Marabout, imam, notables ont
un rôle d'assistants et de conseillers et peuvent dans certains domaines intervenir dans la gestion du
village.

L'organisation des sociétés wolofs se fait selon une hiérarchisation en castes. On a donc la
caste des « geer » autrement dit la caste supérieure constituée d'agriculteurs de pêcheurs et
15
-Rappelons tout de même que la sécheresse et le déficit pluviométrique y sont pour beaucoup

d'éleveurs. Ensuite on a la caste des « neeon » qui est celles des artisans spécialisés. Chez les peuls le
principe est sensiblement le même. Ainsi on a les hommes libres non « castés » qui dominent les
groupes subalternes (pêcheur, artisans).

5.2 Le peuplement et l'occupation du sol

Actuellement très attractive la Grande Côte sénégalaise n'a pas toujours drainés les populations
surtout dans les zones rurales. C'est au 13eme siècle que les premiers occupants, que certains disent
originaires du Mandingue et d'autres du Niger, sont signalés. Vers 1680 des peul profitent de
l'humidité estivale de cette zone pour transhumer avec leurs bétails et repartent durant la saison des
pluies. Au 18eme siècle, les instabilités dans le Djolof conjuguées aux razzias des esclavagistes
conduisent les wolof à se fixer sur la Grande Côte. Ensuite la période coloniale avec le passage du
courrier de Dakar à Saint Louis par la Grande Côte est à l'origine de la naissance de la piste des
Niayes.

Les postes fortifiés à Mboro, Lompoul, Pout et Mbidje attiraient de plus en plus la population. Des
minorités s'ajoutent à ces ethnies pour constituer la population de la région des Niayes. Notons que
la grande mobilité qui caractérisait les populations de la région qui se déplaçaient d'une zone
écologique à une autre dans le but de tirer partie des ressources variées est aujourd'hui
considérablement réduite par les contraintes foncières et l'appauvrissement de la zone en
ressources.

Le peuplement humain d'une manière générale est plus important au Sud (vers le siège de CR et vers
Mboro) qu'au Nord (avec des terroirs isolés comme Lompoul ou Mbétèt I) et à l'Est (à cause de la
régionale70) qu'à l'Ouest (où il ya surtout des hameaux). Par ailleurs, le type d'habitat diffère que
l'on soit à l'intérieur ou sur la côte. « La distribution des habitats dans la zone des Niayes reste
fortement corrélée aux systèmes dunaires et aux conditions écologiques.» (J.M Chastel. 1982) 16. Sur
les dunes blanches, s'égrainent les hameaux peuls comme keur Samba Radié, Lite ou encore Keur
Alle Mar dont la forme rappelle leur tradition nomade. Les hameaux sont marqués par une très forte
dispersion et leur position sur les dunes littorales s'explique par le souci d'échapper aux moustiques.
Plus à l'Est, on assiste à une densification de l'occupation par rapport aux dunes blanches. Les
populations à majorité wolofs occupent alors les bords des niayes les plus fertiles, perchés au
sommet des dunes.

5.3 La démographie

La population de la communauté rurale de Darou Khoudoss était estimée, selon le PLD, à 39 684
habitants en 2003, soit une densité moyenne de 76 habitants au km2. Notons cependant que les
difficultés d'accès à certains villages rendent ces chiffres très relatifs. Cette population est
inégalement repartie entre les 66 villages et les 24 hameaux officiellement répertoriés. La taille des
villages dans la région des Niayes centrales demeure très variable, 72% d'entre eux demeurent
inférieur à 500 personnes. Les villages de moins de 100 personnes se distribuent en parts à peu prés
égales entre les dunes littorales et les dunes rouges. Quant aux villages qui comptent moins de 200
personnes, près de 60% se localisent sur les dunes littorales.

5.4 Les activités

Présentant à l'origine d'immenses avantages pour l'agriculture (culture de légumes ou de riz


dans les dépressions, culture pluviale dans le diéri) avec des ressources hydriques

apparemment inépuisables, la région des Niayes constituait une zone de prédilection pour bon
nombre d'activités (ENDA17). Mais ce milieu exceptionnel à fait l'objet d'une exploitation sans borne
de ses ressources provoquant une rupture d'équilibre18 qui a conduit à l'abandon progressif des
secteurs moins rentables.

Même si la commune de Mboro dispose d'abondantes terres de culture (cuvettes, niayes) propices
au maraîchage et à l'arboriculture, l'agriculture qui était naguère l'activité quasi-exclusive de presque
toutes les familles, occupe de nos jours seulement 17,2% de la population active 19. La zone voit
certaines activités rurales de plus en plus délaissées, les cultures pluviales (manioc, mil, niébé) sont
en voie d'abandon, la pèche et l'élevage qui sont des activités essentielles pour certaines
communautés sont de plus en plus jumelées au maraîchage. Tout porte finalement à accentuer le
rabattement de la population sur les cuvettes maraîchères dont l'exploitation semble seule à même
d'apporter des revenus conséquents aux ménages de cette région.

L'exclusivité du rapport que nous avons choisi d'établir entre la végétation et le maraîchage nous a
obligé donc en amont de cette réflexion à considérer les autres facteurs susceptibles d'influer sur
l'évolution de la végétation. Car il est extrêmement périlleux dans le contexte d'un milieu aussi
interactif de rattacher systématiquement à une seule cause les variations de la végétation
17
-Pratique de la conservation de l'eau et des sols dans la région des Niayes - ENDA, ODI (1999)
18
-Impossibilité de reconstitution ou de régénération de la ressource exploitée
19
- Etude d'impact du projet Zircon de la Grande Côte

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