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Cours 9 Doc Élèves

Le document explore la puissance de la nature à travers ses manifestations étranges, destructrices et vengeresses, en s'appuyant sur des œuvres d'auteurs comme Verne et Haushofer. Il souligne la relation complexe entre l'homme et la nature, où l'homme, en cherchant à dominer, finit par être dominé par celle-ci. Des réflexions sur la symbolique de la nature et les conséquences de l'hybris humaine sont également abordées.

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Le document explore la puissance de la nature à travers ses manifestations étranges, destructrices et vengeresses, en s'appuyant sur des œuvres d'auteurs comme Verne et Haushofer. Il souligne la relation complexe entre l'homme et la nature, où l'homme, en cherchant à dominer, finit par être dominé par celle-ci. Des réflexions sur la symbolique de la nature et les conséquences de l'hybris humaine sont également abordées.

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SPE FERMAT 2025-2026 Expériences de la nature

COURS 9

Puissance (angoissante) de la nature

La Grande Vague de Kanagawa, 1830, estampe de Hokusai

I/L’étrangeté comme manifestations de la puissance de la nature

-Haushofer « « j’entendis distinctement le tintement clair d’une cloche dans le lointain. S’il n’était pas dans ma tête, le
son ne pouvait provenir que du village. Là-bas il n’y avait plus aucun homme. L’orage avait sans doute mis les cloches
en mouvement. C’était un bruit fantomatique, quelque chose que je n’aurais pas dû entendre et que j’entendais quand
même. »108
-Verne : II chap 13
Conseil «lorsqu’il ne pourra pas aller plus loin il s’arrêtera.
Je n’en jurerais pas ! », répondis-je.

1
chap 14-15 mais « un énorme bloc de glace, une montagne entière s’est retournée »
chap 16 « faute d’air »
« légendes terratologiques »
-Canguilhem : « l’intelligence ne peut s’appliquer à la vie qu’en reconnaissant l’originalité de la vie »16
-on a habitude de « voir le même engendrer le même. Il suffit d’une déception de cette confiance, d’un écart
morphologique, d’une apparence d’équivocité spécifique, pour qu’une crainte radicale s’empare de nous. »219
-monstre = « c’est un vivant dont la valeur est de repoussoir »221

II/La destruction comme manifestation de la puissance de la nature

-Verne le blessé « le mourant dont la vie se retirait peu à peu »243


-Verne 383« les roches lisses, noires, polies, sans une mousse »
-Haushofer « Perle devenue un pauvre tas ensanglanté »143 Taureau « baignant dans une mare de sang »318
-Haushofer : êtres de pierre « entièrement [inorganiques] »65 « la chose n’était pas un être vivant »24 « un sommeil de
pierre » 135 « un néant de pierre » 156
-Canguilhem la mort = « la menace permanente et inconditionnelle de décomposition de l’organisme /.../ la limitation
par l’extérieur, la négation du vivant par le non-vivant »22
-Canguilhem : selon Lamarck 175 « le milieu est ici, vraiment extérieur, au sens propre du mot, il est étranger, il ne fait
rien pour la vie »

-VERNE : 607« le fond de ces mers offrait l’aspect d’un champs de bataille, où gisaient encore tous ces vaincus de
l’Océan »
-Haushofer « la pensée de mes vingt-six dents me plonge dans un morne désespoir. Elles sont fixées dans mes gencives
comme de petites bombes prêtes à exploser » 79
-« dans le cyclamen, le rouge de l’été et le bleu de l’automne se fondent en mauve eet leur parfum semble retenir une
dernière fois la douceur passée ; mais si on le respire trop longuement, on y sent une toute autre odeur, celle de la
décomposition et de la mort. » 114
- un « chamois mort contre la paroi. ...la lèpre blanche de gale qui recouvrait le front et les yeux comme un champignon
vénéneux »147
-CANGUILHEM : le malade se voir contraint d’adopter des « normes vitalement inférieures ou dépréciées » qui ne lui
permettent plus « un genre de vie qui était antérieurement le sien »214

III/La « vengeance » de la nature

-Michel SERRES Le Contrat naturel (1990):« Oubliez donc le mot environnement, usité en ces matières. Il suppose
que nous autres hommes siégeons au centre d'un système de choses gravitant autour de nous, nombrils de l'univers,
maîtres et possesseurs de la nature. Cela rappelle une ère révolue où le modèle géocentré reflétait notre narcissisme,
manière de mépriser le monde. Non. Celui-ci a existé sans nos inimaginables ancêtres, pourrait bien aujourd'hui exister
sans nous, existera demain ou plus tard encore sans aucun d'entre nos possibles descendants, alors que nous ne pouvons
exister sans lui. De sorte qu'il faut bien le placer au centre et nous à sa périphérie, comme des parasites. Nous sommes
devenus si peu maîtres du monde qu'à force de le maîtriser, il nous maîtrise enfin à son tour. Par lui, avec lui et en lui,
nous partageons un même destin temporel. Il va nous posséder plus encore que nous le possédons. Ainsi les anciens
parasites sont mis en danger de mort par les excès commis sur leurs hôtes. »

-HAUSHOFER : « on est en train de payer le fait que toutes les bêtes de proie aient été décimées depuis longtemps et
que le gibier n’ait plus d’ennemi naturel à l’exception de l’homme » 119
-VERNE Aronnax : « savez-vous ce qui s’est produit depuis que les hommes ont presque entièrement anéanti ces races
utiles ? » 573
- « s’il faut en croire Toussenel, ce fléau n’est rien encore auprès de celui qui frappera nos descendants, lorsque les mers
seront dépeuplées de baleines et de phoques »573
-Canguilhem : « dans un organisme, on observe des phénomènes d’auto-construction, d’auto-conservation, d’auto-
régulation, d’auto-réparation »149

2
-« « l’homme vivant tire de son rapport à l’homme savant […] une sorte d’inconsciente fatuité qui lui fait préférer son
milieu propre à ceux des autres vivants »196
-mais erreur de « la prétention de la science à dissoudre dans l’anonymat de l’environnement mécanique, physique et
chimique ces centres d’organisation, d’adaptation et d’invention que sont les êtres vivants »196

IV/Significations symboliques de la (toute-)puissance de la nature ?

-l’hybris, le déluge dans La Genèse

HAUSHOFER« les conduites de gaz, les centrales électriques et les oléoducs montrent leur vrai visage lamentable. On
en avait fait des dieux au lieu de s’en servir comme d’objets d’usage. » 258-259
-les voitures « font de bons nichoirs » 259
VERNE : Ned Land :« Il est puissant votre capitaine ; mais, mille diables ! il n’est pas plus puissant que la nature, et là
où elle a mis des bornes , il faut qu’on s’arrête bon gré mal gré » (509).
-Canguilhem : « le Moyen Age conserve l’identification du monstrueux au délictueux »223

https://
[Link]/
franceculture/podcasts/la-
culture-change-le-monde/
les-dents-de-la-mer-de-
steven-spielberg-1975-
3879997

-Orphée, Oreste/ les Erinyes


-Haushofer : 276 « Les corneilles se tenaient pendant des heures immobiles sur les pins et attendaient. Leurs sombres
contours aux larges becs, se détachant sur le ciel d’un gris-rose, avaient quelque chose qui m’émouvait. Vie étrangère et
pourtant familière, sang rouge sous le noir plumage, elles me paraissaient être le symbole de la patience stoïque. Une
patience qui a peu de chose à espérer et qui attend tout simplement, prête à accepter le bon comme le mauvais. J’en
savais si peu sur les corneilles ; si j’étais morte dans la clairière, elles m’auraient déchirée et déchiquetée, fidèles à leur
devoir qui est de débarrasser la forêt de ses charognes. »
-Verne : « deux hommes entre tous les hommes »
-Canguilhem : il y a « tensions entre l’homme et le milieu »12 « la connaissance est fille de la peur humaine »14
-« la pensée n’est rien d’autre que le décollement de l’homme et du monde » 12

-Haushofer : « je fais ma toilette tous les jours, me brosse les dents, lave mon linge et nettoie la maison »51 « peur de
cesser d’appartenir au genre humain » 51
-Verne : 129 « je sentais, - ou plutôt je croyais sentir, - l’appareil s’enfoncer vers lees couches les plus reculées de la
mer. De violents cauchemars m’obsédaient. »
-« l’homme des eaux » titre du chap X partie I
-« les forêts que je possède ne demandent au soleil ni sa lumière ni sa chaleur. […] Elles ne sont connues que de moi
seul. Elles ne poussent que pour moi seul »204-205
-Canguilhem : « inscrire le mécanique dans l’organique » 163

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