Relations entre tous les organismes vivant dans un écosystème
Aujourd'hui, les agriculteurs souhaitent produire plus et mieux tout en limitant leurs impacts
sur leur territoire. Ainsi, pour réduire les effets sur l'environnement ou encore la santé, ces
derniers se tournent vers la lutte intégrée et plus précisément la lutte biologique pour limiter la
pression des ravageurs sur les cultures tout en réduisant l'usage des produits phytosanitaires.
Mais parler de « lutte biologique », c'est en premier lieu parler de relation entre les êtres
vivants,
Types de relations :
Au sein d’un écosystème, il existe deux grands types de relations :
- Des relations entre la biocénose et le biotope
- Et des relations entre les organismes vivant au sein d’une biocénose.
Ces interactions biotiques sont d’ailleurs diversement influencées par des modifications
du biotope. L’ensemble de toutes ces relations forme la base du fonctionnement de
chaque écosystème.
Il existe 4 grands types de relations entre organismes vivants :
- La prédation (qui mange qui ?),
- La compétition (qui est le premier à se nourrir ou à se reproduire ?),
- Le mutualisme, pouvant aller jusqu’à la symbiose (qui aide qui ?),
- Et le parasitisme, dont les relations hôtes-pathogènes (qui attaque qui ?).
1. COMPÉTITION, COMMENSALISME ET AMENSALISME :
- Dans une relation de compétition (figure 9a), deux organismes vivants luttent pour
coloniser un même territoire ou pour utiliser une même ressource : par exemple,
deux plantes voisines de la même espèce ou d’espèces différentes sont en compétition
pour la lumière (photosynthèse), l’eau et les sels minéraux du sol. On distingue la
compétition intraspécifique de la compétition interspécifique. La compétition est
rare quand les ressources sont très abondantes mais elle s’amplifie quand les
ressources sont limitées. Elle joue un rôle clé dans le maintien de l’équilibre entre
les ressources d’un milieu et la densité d’une population.
- Le commensalisme est une relation dans laquelle l’hôte donne une partie de sa
nourriture à son commensal, en général sans rien recevoir en échange. Il s’agit de
l’exploitation d’une espèce par une autre, mais l’hôte continue à vivre normalement et
parfois même ignore totalement son commensal. (C’est le cas du liseron, qui utilise le
rosier pour s’accrocher et profiter de la lumière)
- L’amensalisme est une relation très fréquente dans laquelle une espèce inhibe le
développement de l’autre. L’allélopathie est en une forme particulière,
très fréquente chez les espèces végétales : une plante sécrète des
molécules empêchant soit la germination des graines d’autres
espèces, soit le développement de leurs racines ou de leurs parties
aériennes. Au contraire, certains composés allélopathiques activent la
croissance ou assurent la protection d’autres espèces.
Exemple : la phacélie (Phacelia tanacetifolia), utilisée en agriculture biologique car elle
libère une molécule herbicide qui limite la germination et le développement de
nombreuses adventices
2. PREDATION ET PARASITISME :
La prédation permet le maintien des équilibres écologiques. Un prédateur
tue des proies pour s’en nourrir ou pour nourrir sa progéniture. Il existe des
prédateurs phytophages (qui se nourrissent de végétaux) et des prédateurs
zoophages (qui se nourrissent d’animaux). Les relations proies-prédateurs
forment la base des réseaux trophiques caractéristiques de chaque
écosystème.
Exemple : Les chrysopes sont des insectes bénéfiques connus pour leur
appétit vorace pour divers Ravageurs, ce qui les rend précieux pour le
biocontrôle
Le parasitisme : Dans cette relation, le parasite tire sa nourriture de son hôte, ou se sert
de son hôte pour se reproduire. Ce qui distingue le parasitisme de la prédation c’est que
le parasite cause rarement directement la mort de l’hôte, mais la présence du
parasite entraîne pour l’hôte des inconvénients qui peuvent parfois aller jusqu’à la mort
Exemple : Les cuscutes sont un genre de plantes de près de 150
espèces. Leur particularité est de ne pas avoir beaucoup de
chlorophylle. Elles compensent ce manque en captant leur alimentation
chez d'autres plantes. Elles s'enroulent autour des tiges de l'hôte, et à
l'aide de suçoirs qui perforent les vaisseaux, pompent sa sève. Les
cuscutes parasitent des plantes sauvages, mais aussi cultivées, comme
la pomme de terre, la tomate
3. MUTUALISME ET SYMBIOSE
Le mutualisme est une relation entre plusieurs espèces vivantes (deux ou davantage) qui
tirent un bénéfice de cette interaction. Dans le mutualisme, il n’y a pas, comme entre
symbiotes (ou symbiontes) dans le cas de la symbiose, obligation d’un contact permanent entre
les espèces impliquées. La symbiose est donc un mutualisme obligatoire (un des partenaires
ne peut pas survivre sans l’autre). On parle aussi de « facilitation écologique » pour décrire ces
situations où la présence d’une espèce facilite l’installation, la
survie et/ou la reproduction d’une ou plusieurs autres espèces.
Ex : La pollinisation et la dispersion des graines font partie des
mutualismes les plus connus entre des plantes et des
animaux
Les mycorhizes sont les symbioses végétales les plus répandues
dans les écosystèmes naturels ou cultivés. L’interaction
symbiotique se traduit par la mise en place d’un réseau d’hyphes
extra-matriciel (autour de la racine) qui augmente la surface
d’absorption de l’eau et de nutriments (ex : phosphore, azote…)
des racines. Les champignons reçoivent des sucres issus de la
photosynthèse, par la racine de la plante hôte, énergie qu’ils utilisent pour leur propre survie