Avant-propos
La Résistance des Matériaux (RDM) occupe une place essentielle dans la formation des
étudiants en Génie Mécanique et Production. Elle constitue un lien fondamental entre les
bases de la mécanique générale et les applications industrielles rencontrées dans la conception,
la fabrication et l’exploitation des systèmes mécaniques.
Ce cours a pour objectif principal de permettre à l’étudiant de comprendre le comportement
des pièces mécaniques soumises à des sollicitations mécaniques, d’identifier les efforts
internes qui en résultent et de vérifier que ces pièces peuvent remplir leur fonction sans rupture
ni déformation excessive. L’accent est mis sur une approche simple, progressive et
appliquée, adaptée au niveau de la première année et aux exigences du domaine GMP.
Les notions théoriques sont volontairement limitées à l’essentiel et sont systématiquement
accompagnées d’applications concrètes, inspirées de situations industrielles réelles : arbres de
transmission, poutres, axes, assemblages mécaniques, supports, etc. Le cours privilégie ainsi le
raisonnement mécanique, la compréhension physique des phénomènes et le
dimensionnement pratique des pièces, plutôt qu’un formalisme mathématique complexe.
À l’issue de cette unité d’enseignement, l’étudiant devra être capable de :
• identifier les sollicitations mécaniques agissant sur une pièce ou une structure simple ;
• déterminer les efforts internes correspondants ;
• calculer les contraintes et les déformations associées ;
• vérifier les conditions de résistance, de rigidité et de sécurité ;
• appliquer les méthodes de base de dimensionnement des éléments mécaniques courants.
La maîtrise des contenus de ce cours constitue un pré-requis indispensable pour les
enseignements ultérieurs en conception mécanique, résistance avancée des matériaux et
structures mécaniques.
Note aux étudiants
La Résistance des Matériaux est une matière structurante de votre formation en Génie
Mécanique et Production. Elle exige rigueur, régularité et entraînement. La compréhension des
concepts est progressive : chaque chapitre s’appuie directement sur les notions abordées
précédemment.
Il est fortement recommandé aux étudiants de :
• revoir régulièrement les notions de statique et de mécanique générale ;
• apprendre les définitions, les hypothèses et les formules fondamentales ;
• s’exercer systématiquement sur les travaux dirigés et les applications pratiques ;
• relier chaque notion théorique à un cas industriel concret.
La réussite dans cette unité d’enseignement repose autant sur la compréhension physique des
phénomènes que sur la capacité à effectuer des calculs simples et cohérents. Une attention
particulière devra être portée à la présentation des résultats, au respect des unités et à
l’interprétation des valeurs obtenues.
Ce cours constitue une base essentielle pour la suite de votre parcours académique et
professionnel. Une bonne maîtrise de la Résistance des Matériaux facilitera l’apprentissage des
disciplines avancées du génie mécanique et renforcera vos compétences en conception et en
production industrielle.
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Chapitre 1 : RAPPELS DE QUELQUES NOTIONS FONDAMENTALES
I. Notion de moment
1. Moment d’une force par rapport à un axe
Le moment de 𝐹⃗ par rapport à l’axe OO’ (Figure ci-dessous) est proportionnel à l’intensité de
cette force ainsi qu’à la distance (d) qui sépare l’axe de la ligne d’action de cette force. Le
moment est défini comme suit : M=F x d
Moment d’une force par rapport à un axe
2. Moment d’un vecteur par rapport à un point
Le moment d’un vecteur par rapport à un point P quelconque de l’espace est un vecteur défini
⃗⃗⃗𝑃 (𝐴𝐵
par la relation suivante : 𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗) = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑃𝐴 ∧ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐴𝐵
Propriétés
• Soit un vecteur A ' B ' équipollent a AB (c’est-à-dire que les ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐴'𝐵'et ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐴𝐵 sont parallèles, de
même sens et de même grandeur), on a : 𝑀 ⃗⃗⃗𝑃 (𝐴𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ) = 𝑃𝐴' ∧ 𝐴'𝐵'
• Soient P et P’ deux points quelconques de l’espace, on a :
⃗⃗⃗𝑃' (𝐴𝐵
𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ) = 𝑀
⃗⃗⃗𝑃 (𝐴𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ∧ 𝐴'𝐵'
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ) + 𝑃'𝑃 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ : Formule de changement de l’origine des moments.
Application
Soient A(1,-1,2) ; B(2,1,0) et C(-2,0,1)
1) Calculer 𝑀 ⃗⃗⃗𝑂 (𝐴𝐵
⃗⃗⃗⃗⃗⃗)
2) Calculer 𝑀 ⃗⃗⃗𝐶 (𝐴𝐵
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ )
3) Calculer 𝑀 ⃗⃗⃗𝐶 (𝐴𝐵
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ) par la formule de changement de l’origine des moments
3. Moment d’un vecteur
par rapport à un axe
Le moment d’un vecteur AB par rapport à un axe est le produit scalaire entre le moment du
vecteur AB par rapport à un point P quelconque de l’axe et un vecteur unitaire u de l’axe .
⃗⃗⃗/𝛥 (𝐴𝐵
𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗) = 𝑀
⃗⃗⃗𝑃 (𝐴𝐵
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ). 𝑢
⃗⃗
Remarque : le moment d’un vecteur par rapport à un axe est indépendant du point choisi sur
cet axe
Application
⃗⃗⃗/(𝑂,𝑖⃗)(𝐴𝐵
Soient 𝐴(1, −1,2) ; 𝐵(2,1,0) 𝑒𝑡 𝐶(−2,0,1). Calculer 𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ )
II. les Torseurs
1. Definition
Un torseur {𝜏} est un ensemble défini par 2 éléments :
• Le vecteur 𝑅⃗⃗ appelé la résultante du torseur
2
• Le champ de vecteur 𝑀 ⃗⃗⃗𝐴 appelé le moment du torseur au point A.
𝑅⃗⃗
Le torseur {𝜏} s’écrit au point A par la façon suivante : {𝜏}𝐴 = { }
𝑀⃗⃗⃗𝐴
𝐴
Avec le point A appelé centre de reduction du torseur {𝜏} (c’est-à-dire le point que l'on choisit
pour définir le moment). 𝑅⃗⃗ et 𝑀⃗⃗⃗𝐴 sont appelés les éléments de réduction du torseur {𝜏} au point
A.
Application
Soit 𝐴(1, −1,2) ; 𝐵(2,1,0) 𝑒𝑡 𝐶(−2,0,1). Déterminer le torseur {𝜏} au point C dont la résultante
est le vecteur ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐴𝐵 .
2. Opération sur les torseur
𝑅⃗⃗ 𝑅⃗⃗
Soient {𝜏1 }𝐴 = { 1 } et {𝜏2 }𝐵 = { 2 } on ne peut effectuer aucune opération que si les 2
⃗⃗⃗1𝐴
𝑀 𝑀⃗⃗⃗2𝐵
𝐴 𝐵
torseurs {𝜏1 } et {𝜏2 } sont écrits au même centre de réduction.
a. changement du centre de réduction d’un torseur
𝑅⃗⃗2
Le torseur {𝜏2 } s’écrit au point A comme suit : {𝜏2 }𝐴 = { }
𝑀⃗⃗⃗2𝐴 = 𝑀
⃗⃗⃗2𝐵 + 𝐴𝐵
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ∧ 𝑅⃗⃗2
𝐴
b. somme de deux torseurs
𝑅⃗⃗ + 𝑅⃗⃗2
C’est un torseur {𝜏} défini par : {𝜏}𝐴 = {𝜏1 }𝐴 + {𝜏2 }𝐴 = { 1 }
⃗⃗⃗1𝐴 + 𝑀
𝑀 ⃗⃗⃗2𝐴
𝐴
c. Multiplication d’un torseur par un reel
𝜆. 𝑅⃗⃗1
Soit 𝜆 ∈ ℝ 𝜆. {𝜏1 }𝐴 = { }
⃗⃗⃗1𝐴
𝜆. 𝑀 𝐴
Produit ou comoment de 2 torseurs
C’est un scalaire K défini par :
𝑅⃗⃗1 𝑅⃗⃗
𝐾 = {𝜏1 }𝐴 ⊗ {𝜏2 }𝐴 = { } ⊗ { 2 } = 𝑅⃗⃗1 . 𝑀
⃗⃗⃗2𝐴 + 𝑅⃗⃗2 . 𝑀
⃗⃗⃗1𝐴
⃗⃗⃗1𝐴
𝑀 ⃗⃗⃗2𝐴
𝑀
𝐴 𝐴
d. Equivalent de 2 torseurs
On dit que 2 toreurs sont équivalents s’ils ont les mêmes éléments de reduction en tout point.
𝑅⃗⃗ = 𝑅⃗⃗2 𝑅⃗⃗ = 𝑅⃗⃗2
{𝜏1 }𝐴 = {𝜏2 }𝐴 ⇔ { 1 }⇔{ 1 } en tout point.
⃗⃗⃗1𝐴 = 𝑀
𝑀 ⃗⃗⃗2𝐴 ⃗⃗⃗1 = 𝑀
𝑀 ⃗⃗⃗2
Exemple
En mécanique générale, les corps sont supposés indéformables. On peut donc remplacer un
torseur par un torseur équivalent.
Par exemple, le torseur associé à la force F de la première poutre AB est équivalent au torseur
associé à la charge repartie q de la deuxième poutre AB.
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Ainsi, on peut remplacer la charge repartie q par une charge concentrée 𝐹 = 𝑞𝑙 appliquée au
milieu de la longueur chargée.
III : Statique
1. Généralités
a. Point matériel
Un point matériel est un corps dont on peut négliger les dimensions devant les dimensions
caractéristiques du système de référence ou du phénomène étudié.
Un solide peut donc être assimilé à un point matériel lorsque ses dimensions n’ont aucune
influence sur sa position, son mouvement ou sur l’action des forces qui s’exercent sur lui.
Un point matériel est repéré dans l’espace par la position de son centre de gravité (ou centre
de masse).
b. Solide rigide
Un solide rigide est un corps indéformable, c’est-à-dire qu’il conserve sa forme et ses
dimensions au cours du temps, quelles que soient les actions mécaniques qu’il subit.
c. Système matériel
Un système matériel est un ensemble de points matériels ou de solides formant une quantité
de matière dont la masse reste constante au cours de l’étude.
d. Statique
La statique est la branche de la mécanique qui étudie l’équilibre des systèmes matériels
soumis à des forces extérieures, lorsque ces systèmes sont au repos (ou en mouvement
uniforme).
e. Degré de liberté d’un système en RDM
Le degré de liberté d’un corps est le nombre minimal de paramètres indépendants
nécessaires pour décrire complètement sa position et son orientation dans l’espace.
Le mouvement d’un système constitué d’un corps rigide libre peut se décomposer en :
• Dans l’espace (repère Oxyz) : 6 degrés de liberté
o 3 degrés de liberté en translation suivant les axes Ox, Oy et Oz
o 3 degrés de liberté en rotation autour des axes Ox, Oy et Oz
Dans le plan (Oxy), un corps rigide possède 3 degrés de liberté :
• 2 degrés de liberté en translation suivant les axes Ox et Oy
• 1 degré de liberté en rotation autour de l’axe Oz
Soit :
• 2 translations
• 1 rotation
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NB : Pour empêcher tous les mouvements d’un corps rigide, à l’exception des
déformations élastiques, il est nécessaire d’introduire au moins autant de liaisons que le
nombre de degrés de liberté du corps.
Les liaisons mécaniques ont pour rôle de réduire le nombre de degrés de liberté d’un
système en limitant ou en supprimant certains mouvements possibles.
2. Force
a. Définition
Une force est une action mécanique exercée sur un corps pouvant modifier son état de repos,
son mouvement ou sa forme.
b. Différents types de forces
➢ Forces extérieures
Elles représentent l’action des autres corps sur le solide étudié. Elles comprennent :
• Les charges : le poids propre du solide étudié et les surcharges appliquées.
• Les réactions d’appuis du solide.
➢ Forces intérieures
Elles représentent l’interaction entre l’ensemble des points matériels constituant le corps rigide.
Elles comprennent :
• Les forces à distance : les forces d’action et de réaction de Newton
• Les forces de contact : si deux solides sont en contact, le premier exerce sur le deuxième
au point de contact une force 𝐹⃗1/2 et réciproquement le deuxième exerce sur le premier au
point de contact une force 𝐹⃗2/1.
c. Modélisation des liaisons :
➢ Liaison appui-simple (ou sphère cylindre) : L’appui simple introduit une seule inconnue
dans l’étude de la poutre.
Symbole et modélisation d’une liaison appui-simple.
L’appui simple est une liaison caractérisé par :
• Le déplacement suivant l’axe y est empêché
• Le déplacement suivant l’axe x et la rotation autour de l’axe z sont permises.
Par conséquences, la réaction d’un appui simple admet donc une seule composante non nulle
Ry
Par exemple un système matériel S1 est en appui simple sur un système matériel S2 si le
contact peut être supposé ponctuel ou suivant une arête, et a lieu sans frottement.
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L’appui simple impose un seul blocage en translation dans la direction normale à la surface
d’appui. Il fait ainsi naître une force de liaison dans cette direction.
➢ Articulation ou Liaison rotule: cette liaison est très fréquente. L’articulation introduit 2
inconnues, par projection sur deux directions du plan moyen.
Symbole et modélisation d’une liaison rotule.
L’articulation est une liaison caractérisé par :
• Les déplacements suivant les axes x et y sont empêchés
• La rotation autour de l’axe z est permise
Par conséquent, la réaction d’une articulation admet deux composantes non nulles Rx et Ry
➢ Liaison encastrement : Ce type d’appui introduit donc 3 inconnues, les deux projections
de R sur deux axes du plan moyen et l’intensité du Moment M perpendiculaire au plan
moyen.
Symbole et modélisation d’une liaison encastrement.
L’encastrement est une liaison caractérisé par :
• Le déplacement suivant les axes x et y et la rotation autour de l’axe z sont empêchés.
Par conséquent, la réaction d’une articulation admet 3 composantes non nulles Rx ; Ry et M z .
d. Les charges :
En théorie des poutres, on distingue en général deux types de charges :
• Les charges concentrées qui s'appliquent en un point de la poutre et définie par un torseur
en ce point d'application. Si ce torseur se réduit à une résultante, on l'appelle force
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concentrée. Si ce torseur se réduit à un couple (ou un moment) on l'appelle moment
concentré.
• Les charges réparties qui sont distribuées continûment le long d'un segment de la poutre
et sont représentées par un champs de vecteurs uniforme ou non. La résultante des forces
repartie se trouve au centre de gravité des forces repartie. Dans le cas d’une répartition
rectangulaire ou triangulaire le centre de gravité s’écrit :
3. Principe fondamental de la statique PFS
a. Equilibre d’un solide
Un solide (S) est en équilibre si le torseur résultant des forces extérieures qui agissent sur lui
est nul
⃗⃗
{𝜏𝐹𝑒𝑥𝑡 /𝑠 } = {0}
⃗0⃗
Ce qui nous donne les deux équations vectorielles suivantes
∑ 𝐹⃗ = ⃗0⃗
𝑒𝑥𝑡
{
∑𝑀 ⃗⃗⃗𝐴 (𝐹⃗ ) = ⃗0⃗
𝑒𝑥𝑡
b. Degré hyperstatique
Le degré d’hyperstatique permet de définir la stabilité de la structure. Il est déterminé par la
relation suivante :
ℎ = 𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒𝑠 é𝑞𝑢𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 − 𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑖𝑛𝑐𝑜𝑛𝑛𝑢𝑠
Le nombre des équations est défini par les 2 cas suivants :
• Pour une structure spatiale, on obtient 6 équations de la statique
∑ 𝐹𝑥 = ∑ 𝐹𝑦 = ∑ 𝐹𝑧 = 0
{
∑ 𝑀𝑥 = ∑ 𝑀𝑦 = ∑ 𝑀𝑧 = 0
• Pour une structure plane dans le plan (𝑂, 𝑥, 𝑦), on obtient 3 équations de la statique :
∑ 𝐹𝑥 = ∑ 𝐹𝑦 = 0
{
∑ 𝑀𝑧 = 0
Le nombre des inconnus est égal au nombre des réactions d’appuis dans la structure
Conséquences :
• Si ℎ = 0 ; on dit que la structure est isostatique (stable) : les liaisons sont strictement
suffisantes pour empêcher tous les mouvements
• Si ℎ < 0 :on dit que la structure est hyperstatique (stable) : les liaisons sont
surabondantes
7
• Si h> 0 :on dit que la structure est hypostatique et instable ; les liaisons sont
insuffisantes, le système est mobile : il y a un risque de mécanisme dans la structure.
Exemple
c. Equilibre d’un système matériel
Soit un système matériel composé de n solides. Il peut être en équilibre que si les n solides
sont en équilibre.
Application
On considère la poutre chargée indiquée sur la figure suivante :
1) Déterminer le degré hyperstatique
2) Calculer les réactions d’appuis en A et B. A.N : F=100kN ; q=20kN/m ; l=6m ; a=2m
IV. Trellis simples
1. Definition
Un trellis simple est une structure rigide plane constituée par un assemblage des barres liées
entre elles par des rotules parfaites. Il est très utilisé dans les constructions méttaliques afin
d’offrir à l’ouvrage des portées relativement longues. Le triangles represente sa figure de base
comme le montre la figure ci-dessous.
Les barres des treillis sont généralement des profilés métalliques.
Les nœuds du treillis sont les points de liaison entre les barres. Dans la figure ci-dessus, A, B,
C, D et E sont les nœuds du treillis
Remarque :
• Le poids propre du treillis simple est négligé
• Les liaisons aux bâtis sont des articulations ou des appuis simples.
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• Les charges appliquées sur les treillis sont généralement des forces concentrées aux
nœuds
2. Degré d’hyperstaticité intérieur
On définit le degré d’hyperstaticité intérieur d’un treillis par : h = b + 3 − 2n
Avec
b : nombre des barres du treillis
n : nombre des nœuds du treillis
Conséquences :
• Si h=0 : le treillis est isostatique intérieurement
• h 0 : le treillis est hyperstatique intérieurement
• h 0 : le treillis est instable et il présente un risque de mécanisme
Application
On considère les différentes figures des treillis suivants :
Déterminer si les treillis sont isostatiques ou hyperstatique
3. Calcul des forces interieures
On veut déterminer les efforts interieurs dans les différentes barres d’un trellis simple soumis à
un chargement au niveau de ses nœuds, pour cela, on doit appliquer la méthode des nœuds ou
la méthode des sections.
a. Méthode des nœuds
Cette méthode consiste à isoler les nœuds du trellis un par un et à étudier l’équilibre de chaque
nœud isolé.
Chaque nœud isolé est généralement soumis à des forces extérieures F iext et à l’action des n
barres concourantes en ce nœuds F ij avec j=1 a n.
Exemple
A l’équilibre du nœud 1 :
Remarque :
Dans le choix des nœuds, il faut prendre en consideration qu’on ne peut pas avoir 2 inconnus a
la fois.
Application
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1) Calculer les réactions d’appui en A et C
2) Determiner les efforts interieurs dans les barres 1 et 2
Toutes les barres du trellis ont une même longueur l.
A.N : l=3m et F=60kN
Correction
1)
En appliquant le PFS
2)
On isole le nœud A :
b. Méthode des sections
Cette méthode permet de calculer les efforts interieurs dans certaines barres sans calcul inutile
des efforts dans les autres barres.
Elle permet dans un premier lieu de couper le trellis en 2 parties par une coupe fictive qui
traverse les barres dont on veut calculer les efforts, et dans un deuxieme lieu, à isoler la partie
gauche ou droite coupée.
On applique le PFS sur la partie coupée choisie pour calculer les efforts interieurs dans les
barres coupées :
Remarques :
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• le choix de la coupe ne doit passer que par 3 barres au maximum
• le trellis peut être coupé autant de fois que cela est nécessaire
• les barres peuvent être en compression ou en traction selon le signe de l’effort calculé
dans chaque barre.
Application
On considère le même treillis de l’application précédente :
Déterminer les efforts interieurs dans les barres 2, 3 et 4.
Correction
On éffectue une coupe qui passe par les barres 2, 3 et 4 et on étudie l’équilibre de la partie
gauche du treillis.
V. CARACTÉRISTIQUES GÉOMÉTRIQUES DES SURFACES PLANES
1- MOMENT STATIQUE D’UNE SURFACE PAR RAPPORT À UN AXE
1.1- Définition
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Considérons dans le plan défini par le système d’axe (OXY), la surface (S) définie par
l’ensemble compact des surfaces élémentaires ds₁. On appelle moments statiques de la surface
(S) par rapport aux axes OX et OY, les réels notés respectivement µ𝑆/𝑂𝑋 𝑒𝑡 µ𝑆/𝑂𝑌 tels que :
µ𝑆/𝑂𝑋 = ∬𝑥 2 𝑑𝑠
𝑆
µ𝑆/𝑂𝑌 = ∬𝑦 2 𝑑𝑠
𝑆
Propriété
Considérons dans le plan défini par le système d’axe (OXY), la surface (S) dont les
coordonnées du centre de gravité G sont XG et YG. Les moments statiques de la surface (S)
par rapport aux axes (OX) et (OY) sont alors respectivement les quantités :
𝜇𝑆/𝑂𝑋 = 𝑆 × 𝑌𝐺
𝜇𝑆/𝑂𝑌 = 𝑆 × 𝑋𝐺
Par conséquent, le moment statique d’une surface par rapport à un axe passant par le centre de
gravité de celle-ci est nul :
𝜇𝑆/𝐺𝑋 = 0
𝜇𝑆/𝐺𝑌 = 0
Lorsqu’une figure a un axe de symétrie, un diamètre ou un centre, le centre de gravité se situe
sur cet élément.
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Centre de gravité des formes simples
1.3- Unité et signe du moment statique
Le signe du moment statique dépend de la position du centre de gravité de la surface dans le
système considéré ainsi que l’orientation des axes de ce système. Son unité est le mètre à la
puissance trois (m³).
1.4- Centre de gravité d’une surface plane composée
Pour déterminer les coordonnées du centre de gravité d’une surface plane composée dans un
système d’axe, il est possible de procéder comme suit :
• Décomposer la surface considérée en des surfaces planes simples : rectangles,
triangles, disques.
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• Écrire que le moment statique de la surface composée est égal à la somme des
moments statiques de toutes les surfaces simples la constituant.
𝜇𝑆/𝑂𝑋 = ∑𝑆𝑖 𝑌𝐺𝑖
𝜇𝑆/𝑂𝑌 = ∑𝑆𝑖 𝑋𝐺𝑖
• Calculer le moment statique de chaque surface élémentaire
• Additionner les moments statiques de toutes les surfaces élémentaires (les moments
statiques des surfaces à déduire seront comptées négatifs)
• Calculer les coordonnées 𝑋𝐺 et 𝑌𝐺 du centre de gravité 𝐺 de la surface composée (S)
en posant :
∑𝑆𝑖 𝑋𝐺𝑖
𝑋𝐺 =
∑𝑆𝑖
∑𝑆𝑖 𝑌𝐺𝑖
𝑌𝐺 =
∑𝑆𝑖
Pour les cas les plus complexe, il est possible d’utiliser un tableau semblable au tableau ci-
après
2. Moment d’inertie
2.1 Définition
Considérons dans le plan défini par le système d’axe (OXY), la surface (S) définie par
l’ensemble compact des surfaces élémentaires 𝑑𝑠. On appelle moments d’inertie de la surface
(S) par rapport aux axes OX et OY, les réels notés respectivement 𝐼𝑆/𝑂𝑋 et 𝐼𝑆/𝑂𝑌 tels que :
𝐼𝑆/𝑂𝑋 = ∬𝑦 2 𝑑𝑠
𝑆
𝐼𝑆/𝑂𝑌 = ∬𝑥 2 𝑑𝑠
𝑆
2.2 Propriété
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Le moment d’inertie d’une surface plane (S) par rapport à un axe quelconque (OX) est égal au
moment d’inertie de cette surface par rapport à l’axe (GX) passant par son centre de gravité G
et parallèle à l’axe (OX) ; augmenté du produit de l’aire de la surface (S) par le carré de la
distance 𝑑𝑦 qui sépare les deux axes (OX) et (GX). C’est le théorème de Huygens.
𝑰𝑺/𝑶𝑿 = 𝑰𝑺/𝑮𝑿 + 𝑺 × (𝒅𝒚 )𝟐
𝑰𝑺/𝑶𝒀 = 𝑰𝑺/𝑮𝒀 + 𝑺 × (𝒅𝒙 )𝟐
2.3- Unité et signe du moment d’inertie
Le moment d’inertie est un réel strictement positif à l’exception des moments d’inertie des
surfaces à déduire.
L’unité principale du moment d’inertie est le mètre à la puissance quatre ou même bicarré
(m⁴).
2.4- Moments d’inertie de surfaces usuelles
Nous présentons dans le tableau ci-dessous, les expressions des moments d’inertie des
surfaces simples : rectangle, triangle et disque ; par rapport aux axes (OX), (OY), (GX) et
(GY).
I Gx I Gy IO= I Gz
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2.5- Moment d’inertie d’une surface plane composée
Pour calculer le moment d’inertie d’une surface plane composée par rapport à un axe donné, il
est possible de procéder comme indiqué ci-après :
• Décomposer la surface considérée en des surfaces planes simples (rectangles,
triangles, disques) ;
• Écrire que le moment d’inertie de la surface composée considérée par rapport à l’axe
donné est égal à la somme des moments d’inertie de toutes les surfaces planes simples
dont elle est constituée par rapport audit axe ;
𝐼𝑆/𝑂𝑋 = ∑𝐼𝑆𝑖 /𝑂𝑋
𝐼𝑆/𝑂𝑌 = ∑𝐼𝑆𝑖 /𝑂𝑌
• Calculer et additionner les moments d’inertie par rapport à l’axe considéré de toutes
les surfaces planes élémentaires.
Remarque : l’on affectera du signe moins (-), les moments d’inertie des surfaces à déduire.
Exercice d’application
1. Calculer les coordonnées du centre de gravité 𝐺 dans le système d’axes OXY
2. Calculer les moments d’inertie 𝐼𝑆/𝑂𝑋 et 𝐼𝑆/𝑂𝑌 respectivement par rapport aux axes
(OX) et (OY)
3. Calculer les moments d’inertie 𝐼𝑆/𝑂𝑋 et 𝐼𝑆/𝑂𝑌 respectivement par rapport aux axes
(OX) et (OY)
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