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Ce mémoire présente la synthèse et la caractérisation physicochimique de la benzocaïne, un anesthésique local. Réalisé par Nacima Hammami et Fouzia Hamoudi sous la direction du Dr N. Hadhoum, il aborde les propriétés, le mécanisme d'action et les méthodes d'évaluation de la qualité de la benzocaïne. Le document inclut également une revue de la littérature sur les anesthésiques locaux et des résultats expérimentaux détaillés.

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Ce mémoire présente la synthèse et la caractérisation physicochimique de la benzocaïne, un anesthésique local. Réalisé par Nacima Hammami et Fouzia Hamoudi sous la direction du Dr N. Hadhoum, il aborde les propriétés, le mécanisme d'action et les méthodes d'évaluation de la qualité de la benzocaïne. Le document inclut également une revue de la littérature sur les anesthésiques locaux et des résultats expérimentaux détaillés.

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‫اﻟﺠﻤﮭﻮرﯾﺔ اﻟﺠﺰاﺋﺮﯾﺔ اﻟﺪﯾﻤﻘﺮاطﯿﺔ اﻟﺸﻌﺒﯿﺔ‬

Ministère de l’Enseignement Supérieur


‫وزارة اﻟﺘﻌﻠﯿﻢ اﻟﻌﺎﻟﻲ واﻟﺒﺤﺚ اﻟﻌﻠﻤﻲ‬
et de la Recherche Scientifique

Université Mouloud Mammeri ‫ﺟﺎﻣﻌﺔ ﻣﻮﻟﻮد ﻣﻌﻤﺮي‬


FACULTE DE MEDECINE ‫ﻛﻠﯿﺔ اﻟﻄﺐ‬
TIZI OUZOU ‫ﺗﯿﺰي وزو‬

Département de Pharmacie
N° D’ORDRE : 011/FM/DP/2016

MEMOIRE DE FIN D’ETUDES

Présenté et soutenu publiquement

Le : 27 Juin 2016

En vue de l’obtention du Diplôme de Docteur en Pharmacie

Thème :

Synthèse et caractérisation physicochimique d’un


anesthésique local : La BENZOCAINE

Réalisé par :
Melle Nacima HAMMAMI.
Melle Fouzia HAMOUDI.

Encadrées par :
Dr [Link].

Composition du jury :

- Mr MAMOU Marzouk. MAHU Faculté de Médecine UMMTO Président de jury


- Mme HADHOUM Nadia. MAHU Faculté de Médecine UMMTO Promotrice
- Mme MOUHOUB Latifa. MAHU Faculté de Médecine UMMTO Examinatrice
Année universitaire : 2015 – 2016
Dédicaces

Je dédie cet humble travail à:

Mes très chers parents, vraiment aucune dédicace ne saurait exprimer mon attachement,
mon amour et mon affection, je leur offre ce modeste travail en témoignage de tous les
sacrifices et l’immense tendresse dont ils ont toujours su me combler. Qu’Allah me les
préserve et prolonge leur vie.

Mes chers frères : Kamel, Malik, Abdennour, Jugurtha et Touhami qui m’ont toujours
soutenue et encouragée.

Mes chères sœurs : Nora, Malika, Samia, Farida et Amina Qu’Allah les protège et les
couvre de bonheur et de prospérité.

Mes beaux frères, mes belles sœurs, mes neveux et mes nièces.

Ma chère amie Fouzia avec qui j’ai réalisé ce modeste travail pour son sérieux, sa
modestie et avec qui j’ai aimé travailler ainsi qu’à toute sa famille.

Mon ami Mourad pour son amitié, sa bonne humeur et ses compétences.

Ainsi qu’à tous ceux qui me sont chers.

Nacima
Dédicaces

Je dédie ce mémoire à :

Mes chers parents qu’aucune dédicace ne puisse exprimer mes sincères sentiments, pour leur
patience illimitée, leur encouragement continu, leur aide, en témoignage de mon profond
amour et respect pour leurs grands sacrifices. Je prie le bon Dieu de les bénir, de veiller sur
eux, en espérant qu’ils seront toujours fiers de moi.

Mes chers frères et sœurs, pour leur grand amour et leur soutien qu’ils trouvent ici
l’expression de ma haute gratitude.

Mon très cher fiancé Tawfik.

A ma chère amie Nacima avec qui j’ai réalisé ce modeste travail pour son sérieux, sa
modestie et avec qui j’ai aimé travailler ainsi qu’à toute sa famille.

Et à toute personne qui m’a aidée à franchir un horizon dans ma vie.

Fouzia
Remerciements

Au terme de ce travail, nous tenons à exprimer notre reconnaissance et nos sincères


remerciements à tous ceux qui nous ont aidés à la réalisation de ce manuscrit.

En premier lieu, nous exprimons particulièrement notre reconnaissance à notre respectueuse


promotrice Dr HADHOUM Nadia, maitre assistante hospitalo-universitaire en chimie
thérapeutique au département de Pharmacie, Faculté de Médecine, Université Mouloud
Mammeri de Tizi Ouzou, d’avoir accepté de nous encadrer pour notre projet de fin d’études,
ainsi que pour son soutien, ses remarques pertinentes et son encouragement.

Nos sincères remerciements s’adressent également à :

Docteur MAMOU Marzouk, maitre assistant hospitalo-universitaire en chimie analytique chef


de département de Pharmacie de la Faculté de Médecine, Université Mouloud Mammeri de
Tizi Ouzou, pour nous avoir fait l’honneur de présider notre jury, et de nous avoir aidé dans
notre pratique.

Docteur MOUHOUB Latifa, maitre assistante hospitalo-universitaire en pharmacologie au


département de Pharmacie de la Faculté de Médecine, Université Mouloud Mammeri de Tizi
Ouzou, pour avoir accepté d’examiner notre travail, et de faire partie du jury.

Nous témoignons notre reconnaissance à :

Docteur IMOUDECHE Hichem, maitre assistant hospitalo-universitaire en chimie minérale


au département de Pharmacie de la Faculté de Médecine de Blida et toute son équipe de
travail au niveau du Centre de Recherche et de Développement SAIDAL, qui nous a
accueillis, et mit à notre disposition les équipements nécessaires à la réalisation de nos
expérimentations.

Nos remerciements s’adressent également à :

Mme LALAMI, ingénieure du laboratoire de chimie thérapeutique au département de


Pharmacie de la Faculté de Médecine, Université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou.

Dr TOUBAL Lamia et Dr BOURSOUTI Mourad, résidents en chimie analytique au


département de Pharmacie de la Faculté de Médecine, Université Mouloud Mammeri de Tizi
Ouzou pour leur aide et leur présence amicale.
TABLE DES MATIERES
Liste des abréviations
Liste des tableaux
Liste des figures
Introduction et objectifs ................................................................................................................. 1

REVUE DE LA LITTERATURE
CHAPITRE I : GENERALITES SUR L’ANESTHESIE ET LES
ANESTHESIQUES LOCAUX

1. Définition de l’anesthésie ......................................................................................................... 2


1.1. Anesthésie générale ................................................................................................................ 2
1.2. Anesthésie loco-régionale....................................................................................................... 3
2. Etude des anesthésiques locaux ................................................................................................. 4
2.1. Aperçu historique.................................................................................................................... 4
2.2. Définition d’un anesthésique local ......................................................................................... 5
2.3. Classification des anesthésiques locaux ................................................................................. 6
2.3.1. Les anesthésiques locaux de type ester ................................................................................ 7
2.3.2. Les anesthésiques locaux de type amide ............................................................................. 7
2.4. Propriétés physicochimiques des anesthésiques locaux ......................................................... 8
2.4.1. La liposolubilité ................................................................................................................... 9
2.4.2. Le degré d’ionisation ................................................................................................. 9
2.5. Relation structure-activité des anesthésiques locaux .................................................... 10
2.5.1. Le cycle aromatique .................................................................................................. 11
2.5.2. La liaison intermédiaire ............................................................................................ 11
2.5.3. La chaine intermédiaire............................................................................................. 11
2.5.4. Le groupe amine ....................................................................................................... 12
2.5.5. La chiralité ............................................................................................................... 12
2.6. Pharmacocinétique des anesthésiques locaux ........................................................................ 12
2.6.1. Résorption et concentration au niveau du site d'action .....................................................................13
2.6.2. Distribution ......................................................................................................................... 13
[Link]. La fixation aux protéines ................................................................................................. 14
2.6.3. Métabolisme ....................................................................................................................... 16
[Link]. Esters................................................................................................................................ 16
[Link]. Amides ............................................................................................................................. 16

2.6.4. Elimination ......................................................................................................................... 17


2.7. Mécanisme d’action des anesthésiques locaux ...................................................................... 18

i
2.7.1. Rappel physiologique sur le potentiel d’action .................................................................. 18
2.7.2. Mécanisme d’action des anesthésiques locaux sur la fibre nerveuse ................................. 18
[Link]. Action au niveau du canal sodique .................................................................................. 18
[Link]. Action sur les autres canaux transmembranaires ............................................................. 20
2.7.3. Autres effets des anesthésiques locaux ............................................................................... 20
[Link]. Effets cardio-vasculaires .................................................................................................. 20
[Link]. Effets respiratoires ........................................................................................................... 21
[Link]. Action sur le métabolisme oxydatif ................................................................................. 21
[Link]. Effets sur le système nerveux central .............................................................................. 21
[Link]. Effet anti-inflammatoire .................................................................................................. 22

CHAPITRE II : ETUDE DE LA BENZOCAÏNE

1. Aperçu historique...................................................................................................................... 23
2. Structure chimique .................................................................................................................... 23
3. Propriétés physicochimiques .................................................................................................... 24
3.1. Aspect .................................................................................................................................... 24
3.2. Point de fusion ....................................................................................................................... 24
3.3. Solubilité ................................................................................................................................ 24
3.4. Constante de dissociation ...................................................................................................... 24
3.5. Spectre d’absorption dans l’ultraviolet .................................................................................. 24
4. Mécanisme d’action .................................................................................................................. 24
5. Pharmacocinétique .................................................................................................................... 25
6. Indications thérapeutiques ........................................................................................................ 25
7. Posologie et mode d’administration ......................................................................................... 26
8. Contre-indications..................................................................................................................... 26
9. Effets indésirables..................................................................................................................... 27
10. Interactions médicamenteuses ................................................................................................ 27
11. Grossesse et allaitement .......................................................................................................... 27
11.1. Grossesse ............................................................................................................................. 27
11.2. Allaitement .......................................................................................................................... 27
12. Toxicité ................................................................................................................................... 28

ii
PARTIE PRATIQUE
1. Matériel et méthodes ........................................................................................... 30
1.1. Obtention de la benzocaïne par synthèse chimique ............................................................... 30
1.1.1. Protocole de synthèse ......................................................................................................... 31
1.1.2. Mécanisme réactionnel ....................................................................................................... 35
1.1.3. Calcul du rendement ........................................................................................................... 36
[Link]. Définition ......................................................................................................................... 36
[Link]. Calcul de la masse théorique de la benzocaïne................................................................ 36
1.2. Evaluation de la qualité de la benzocaïne synthétisée ........................................................... 37
1.2.1. Caractères organoleptiques ................................................................................................. 37
1.2.2. Analyse des cristaux obtenus par microscopie électronique à balayage (MEB) ................ 37
[Link]. Appareil utilisé................................................................................................................. 37
[Link]. Technique proprement dite .............................................................................................. 38
1.2.3. Analyse de la solubilité de la benzocaïne synthétisée ........................................................ 38
[Link]. Définition ......................................................................................................................... 38
[Link]. Mode opératoire ............................................................................................................... 38
1.2.4. Identification de la substance active synthétisée ................................................................ 38
[Link]. Détermination du point de fusion .................................................................................... 38
[Link]. Caractérisations par des techniques spectroscopiques ..................................................... 39
[Link]. Caractérisation par des réactions colorimétriques ........................................................... 41
1.2.5. Essais .................................................................................................................................. 44
[Link]. Aspect de la solution de benzocaïne synthétisée ............................................................. 44
[Link]. Acidité ou alcalinité ......................................................................................................... 47
1.2.6. Détermination de la teneur en principe actif par protométrie en milieu non aqueux ........ 48
[Link]. Réactifs utilisés ................................................................................................................ 48
[Link]. Préparation des solutions ................................................................................................. 49
[Link]. Mode opératoire ............................................................................................................... 50
2. Résultats et discussion ......................................................................................... 51
2.1. Calcul du rendement de la réaction ....................................................................................... 51
2.1.1. Détermination du réactif limitant........................................................................................ 51
2.1.2. Calcul de la masse théorique de la benzocaïne................................................................... 52
2.1.3. Calcul du rendement ........................................................................................................... 52
2.2. Evaluation de la qualité de la benzocaïne synthétisée ........................................................... 53
2.2.1. Caractères organoleptiques ................................................................................................. 53
2.2.2. Analyse des cristaux obtenus par microscopie électronique à balayage (MEB) ................. 54
2.2.3. Analyse de la solubilité de la benzocaïne synthétisée ........................................................ 56
2.3. Identification de la substance active synthétisée ................................................................... 56

iii
2.3.1. Détermination du point de fusion ....................................................................................... 56
2.3.2. Caractérisations par des techniques spectroscopiques ........................................................ 57
[Link]. Spectroscopie d’absorption dans l’infrarouge ................................................................. 57
[Link]. Spectroscopie d’absorption dans l’UV-Visible ............................................................... 60
2.3.3. Caractérisation par des réactions colorimétriques .............................................................. 62
[Link]. Réactions d’orientations vers la fonction amine primaire aromatique ............................ 62
[Link]. Réactions propres aux amines primaires ......................................................................... 63
[Link]. Réactions des amines aromatiques .................................................................................. 63
2.4. Essais ..................................................................................................................................... 65
2.4.1. Aspect de la solution de benzocaïne synthétisée ................................................................ 65
[Link]. Test de la limpidité .......................................................................................................... 65
[Link]. Degré de coloration.......................................................................................................... 66
2.4.2. Acidité ou alcalinité ............................................................................................................ 68
2.5. Détermination de la teneur en principe actif par protométrie en milieu non aqueux ............ 69
2.5.1. Détermination du titre de l’acide perchlorique ................................................................... 69
2.5.2. Dosage de la benzocaïne par l’acide perchlorique ............................................................. 70
Conclusion .................................................................................................................................... 72
Références bibliographiques......................................................................................................... 73
Liste des annexes .......................................................................................................................... 76
Résumé
Abstract

iv
Liste des abréviations

°C : degré Celsius
AGA : Alpha Glycoprotéine Acide
AMPc : Adénosine Mono-Phosphate cyclique
ATP : Adénosine Tri-Phosphate
ATP ase Na+/K+: Adénosine Tri-Phosphatase Na+/K+
BIM: Benzocaine Induced Methemoglobinemia
CAS : Chemical Abstract Service
cm : Centimètre
cmHg : Centimètre de mercure
Cm : Concentration molaire
Cp : Concentration pondérale
d : Densité
FDA: Food and Drug Administration
g: gramme
gNa: Conductance du sodium
gK: Conductance du potassium
G6PD: Glucose 6 Phospho Deshydrogénase
Hb : Hémoglobine
Inj: Injectable
IR : infrarouge
IUPAC :Inernational Union of Pure and Applied Chemistry
Kg : Kilogramme
l : Litre
m : Masse
M : Molarité
MEGX : méthyl-éthyl-glycine-xylidide
MetHb : Méthémoglobine
µg : Microgramme
mg : Milligramme
ml : Millilitre

v
mn : Minute
mol : Mole
Mr : Masse relative
mV : Millivolt
n : Quantité de matière
NADH : Nicotinamide adénine Dinucléotide protonée
nm : Nanomètre
P : pureté
PABA : Acide para-amino-benzoïque
PE : Prise d’essai
PPX : Pipécolyl-xylidine
R : Rendement de synthèse
SEM : Scanning Electron Microscopy
SSPI : Salle de Surveillance Post Interventionnelle
T : Teneur
UV-VIS : Ultraviolet Visible
V : Volume

vi
Liste des tableaux

Tableau I : Quelques anesthésiques locaux de type amino-ester ................................................. 7


Tableau II : Quelques anesthésiques locaux de type amino-amide .............................................. 7
Tableau III : Solubilité de la benzocaïne à 20°C dans divers solvants ........................................ 24
Tableau IV: Matériel de synthèse et de purification de la benzocaïne......................................... 32
Tableau V: Réactifs utilisés pour la synthèse et la purification de la benzocaïne........................ 32
Tableau VI : Tableau d’avancement de la réaction de synthèse de la benzocaïne....................... 36
Tableau VII: Tableau exprimant la solubilité d’une substance .................................................... 38
Tableau VIII : Réactifs utilisés dans la réaction de Bouchardât .................................................. 41
Tableau IX : Réactifs utilisés dans la réaction de l’aldéhyde formique ....................................... 42
Tableau X : Réactifs utilisés dans la réaction des amines aromatiques ....................................... 43

Tableau XI : Réactifs utilisés dans la détermination du degré de coloration ............................... 44


Tableau XII: Les solutions étalons ............................................................................................... 45
Tableau XIII : Les solutions témoins ........................................................................................... 46
Tableau XIV : Réactifs utilisés dans l’essai acidité ou alcalinité................................................. 47
Tableau XV: Réactifs utilisés dans la détermination de la teneur en principe actif..................... 48
Tableau XVI : Tableau représentant les prises d’essai du bicarbonate de potassium et les
volumes de fin de titrage par l’acide perchlorique ....................................................................... 50
Tableau XVII : Tableau représentant les prises d’essai de la benzocaïne et les volumes de fin
de titrage par l’acide perchlorique ................................................................................................ 50
Tableau XVIII : Nombre de moles mises en jeu .......................................................................... 51
Tableau XIX : Pics d’absorption des différentes fonctions dans l’infrarouge ............................. 60
Tableau XX : Tableau représentant les prises d’essai du bicarbonate de potassium, les
volumes de fin de titrage par l’acide perchlorique et les concentrations ..................................... 69
Tableau XXI : Tableau représentant les volumes de fin de titrage par l’acide perchlorique et
les masses calculées de la benzocaïne .......................................................................................... 70
Tableau XXII: Tableau représentant les volumes de fin de titrage par l’acide perchlorique, les
masses calculées de la benzocaïne et les teneurs ......................................................................... 71

vii
Liste de figures

Figure 01 : Les différents types d’anesthésie locale selon le lieu d’administration des
anesthésiques locaux .................................................................................................................... 3
Figure 02 : Structure chimique de la cocaïne et de ses produits d’hydrolyse .............................. 4
Figure 03 : Structure chimique des anesthésiques locaux ............................................................ 6
Figure 04 : Efficacité et dissociation de la molécule d’anesthésique local en fonction du pH ... 10
Figure 05 : Fonction des canaux sodique et potassique et mouvements des ions Na+ et K+ ...... 18
Figure 06 : Structure chimique de la benzocaïne ......................................................................... 23
Figure 07 : Structure tridimensionnelle de la benzocaïne ............................................................ 23
Figure 08 : Mécanisme d’action de la benzocaïne ....................................................................... 25
Figure 09 : Montage d’un chauffage à reflux ............................................................................... 31
Figure 10 : Réaction de synthèse de la benzocaïne ...................................................................... 31
Figure 11 : Mécanisme réactionnel de la synthèse de la benzocaïne ........................................... 35
Figure 12 : Réaction de synthèse de la benzocaïne ...................................................................... 36
Figure 13 : Microscope électronique à balayage Philips ESEM XL-30 couplé à un système
complet de microanalyse EDS ..................................................................................................... 37
Figure 14 : Fusiomètre de type BÜTCHI melting point B545 ..................................................... 39
Figure 15 : Spectromètre FT-IR Perkin Elmer Spectrum Two .................................................... 40
Figure 16 : Spectromètre UV-VIS de type Perkin Elmer UV-VIS spectrometer Lambda 25 ..... 41
Figure 17 : Benzocaïne sous forme de cristaux blancs ................................................................ 53
Figure 18 : Benzocaïne sous forme de poudre cristalline blanche ............................................... 54
Figure 19 : Benzocaïne sous forme de cristaux blancs après recristallisation ............................ 54
Figure 20 : Observation au microscope électronique de la benzocaïne synthétisée (les cristaux
blanc obtenus par chauffage directe sur plaque chauffante à 100°C) .......................................... 55
Figure 21 : Observation au microscope électronique de la benzocaïne synthétisée (la poudre
cristalline blanche obtenue par chauffage au bain d’huile à 100°C) ............................................ 55
Figure 22 : La solubilité de la benzocaïne dans l’eau, l’alcool éthylique, l’éther et le
chloroforme .................................................................................................................................. 56
Figure 23 : Spectre d’absorption dans l’infrarouge de la poudre cristalline blanche (chauffage
au bain d’huile à 100°C)............................................................................................................... 57
Figure 24 : Spectre d’absorption dans l’infrarouge de la benzocaïne recristallisée (chauffage
au bain d’eau à 100°C) ................................................................................................................. 58
Figure 25 : Spectre d’absorption dans l’infrarouge de la benzocaïne sous forme de cristaux
blancs (chauffage sur plaque chauffante à 100°C) ....................................................................... 58
Figure 26 : Spectre infrarouge de référence de la benzocaïne selon le CLARKE ....................... 59

viii
Figure 27 : Structure chimique de la benzocaïne ......................................................................... 59
Figure 28 : Spectre d’absorption dans l’UV-VIS de la benzocaïne sous forme de cristaux
(chauffage direct sur plaque chauffante à 100°C) ........................................................................ 60
Figure 29 : Spectre d’absorption dans l’UV-VIS de la benzocaïne sous forme de poudre
cristalline (chauffage au bain d’huile à 100°C) ............................................................................ 61
Figure 30 : Spectre d’absorption dans l’UV-VIS de la benzocaïne recristallisée (chauffage au
bain-marie à 100°C) ..................................................................................................................... 61
Figure 31 : Spectre d’absorption dans l’UV-VIS de référence de la benzocaïne selon le
CLARKE ...................................................................................................................................... 62
Figure 32 : Réaction de la benzocaïne avec le réactif de Bouchardât .......................................... 62
Figure 33 : Réaction de la benzocaïne avec l’aldéhyde formique ................................................ 63
Figure 34 : Apparition d’un précipité blanc ................................................................................. 63
Figure 35 : Réaction de diazotation de la benzocaïne .................................................................. 64
Figure 36 : Réaction de la copulation avec le béta naphtol .......................................................... 64
Figure 37 : Apparition d’un précipité rouge orangé ..................................................................... 65
Figure 38 : Résultat du test de limpidité ...................................................................................... 65
Figure 39 : Solution de benzocaïne préparée et la gamme étalon brune ...................................... 66
Figure 40 : Solution de benzocaïne préparée et la gamme étalon jaune-brune ............................ 66
Figure 41 : Solution de benzocaïne préparée et la gamme étalon jaune ...................................... 67
Figure 42 : Solution de benzocaïne préparée et la gamme étalon jaune-verte ............................. 67
Figure 43 : Solution de benzocaïne préparée et la gamme étalon rouge .........................................68
Figure 44 : Résultat de l’essai acidité ou alcalinité ...................................................................... 68
Figure 45 : Schéma récapitulatif du principe de fonctionnement d’un MEB ............................. 76
Figure 46 : Schéma du principe d’un spectromètre FT-IR ........................................................... 78
Figure 47 : Principe du fonctionnement d’un spectrophotomètre UV-VIS ................................. 80

ix
Introduction et objectifs

Les souffrances atroces du patient au cours de l’opération pesaient sur le chirurgien, il ne


pouvait envisager une opération sans serrement de cœur. La seule façon de réduire cette
tension nerveuse était d’abréger le plus possible la durée de l’intervention, ce qui nécessitait
une dextérité extraordinaire et n’était pas toujours en faveur du travail bien fait.

Dès la haute antiquité, les hommes ont cherché des remèdes capables de calmer ces
souffrances d’où la découverte de l’anesthésie et des anesthésiques locaux.

Dans le cadre de ce mémoire, nous nous sommes intéressées à une substance active
découverte par Ritsert en 1890, inscrite de nos jours dans les différentes pharmacopées
comme la Pharmacopée Européenne, utilisée pour ses propriétés anesthésiques locales et pour
laquelle, diverses formes galéniques ont vu le jour afin de s’adapter aux besoins de
l’anesthésie : Il s’agit de la benzocaïne.

L’objectif principal de notre travail était l’obtention de cet anesthésique local par synthèse
chimique en se basant sur la réaction d’estérification de l’acide para-amino-benzoïque, en
adaptant un chauffage à reflux et en utilisant soit un bain-marie, bain d’huile ou chauffage
direct sur plaque chauffante ainsi que, la caractérisation structurale et le contrôle
physicochimique de cette molécule qui se font selon la pharmacopée en vigueur.

Notre travail est organisé en deux parties :

 La première est une étude bibliographique, dans laquelle, nous rapportons d’abord un rappel
sur l’anesthésie et les anesthésiques locaux puis une étude de la benzocaïne ;
 La deuxième partie est une étude expérimentale, qui consiste à synthétiser la benzocaïne en
une seule étape à l’échelle du laboratoire de chimie thérapeutique au département de
pharmacie de la faculté de médecine, Université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, puis une
identification et une caractérisation du produit synthétisé conformément aux exigences de la
Pharmacopée Européenne.

1
PARTIE I : REVUE DE LA LITTERATURE
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

1. Définition de l’anesthésie

L’anesthésie est la perte réversible de la conscience et des sensations douloureuses,


volontairement provoquée dans le but de permettre le geste chirurgical. Elle englobe deux
effets majeurs : L’analgésie qui est l’absence de sensation douloureuse, thermique et tactile, et
la narcose qui est la perte de la conscience. Il doit y avoir une suppression des mouvements
volontaires, des mouvements réflexes et du tonus musculaire (relâchement musculaire).
Classiquement, on distingue l'anesthésie générale et l'anesthésie locorégionale [1, 2].

1.1. Anesthésie générale

L’anesthésie générale est l’absence de toutes les sensations. Elle est définie comme la
combinaison d'une perte de conscience réversible, d'une amnésie, d'une analgésie, d'une
relaxation musculaire, et d'une atténuation des réflexes sensoriels, somatiques et hormonaux.

Elle s’obtient de deux manières :

 Mono-anesthésie : C’est une ancienne méthode, en utilisant un seul anesthésique, souvent


les doses nécessaires pour avoir une anesthésie satisfaisante sont proches des doses toxiques.
 Anesthésie balancée ou combinée : C’est une méthode moderne, elle requiert
l'administration d'un hypnotique ou d'un halogéné qui assurent le sommeil, d'un curare qui
paralyse la musculature et d'un opioïde qui prévient la douleur et la réponse neurovégétative
sympathique.
L'anesthésie générale se déroule en trois étapes :
 Première étape : L’induction (endormissement), réalisée par voie veineuse ou par inhalation.
Elle requiert un contrôle des voies aériennes du patient suite à la diminution voire à l'arrêt de
la ventilation.
 Deuxième étape : L'entretien, réalisé en utilisant des agents gazeux (halogénés) et/ou des
agents administrés par voie intraveineuse, de façon intermittente ou continue. La qualité de
l'anesthésie s'apprécie essentiellement en observant les variations de pression artérielle et de
fréquence cardiaque. Il requiert un réchauffement du patient afin de le conserver en
normothermie et de limiter au maximum les pertes caloriques, une compensation des pertes
hydro électrolytiques ainsi que les pertes sanguines, si elles existent.
 Troisième étape : Le réveil, résultat de l'élimination partielle ou totale des agents
anesthésiques administrés, il est suivi du transfert du patient en Salle de Surveillance Post
Interventionnelle (S.S.P.I.) pour une surveillance des risques post-opératoires et post-
anesthésiques du patient (surveillance et maintien des grandes fonctions vitales, préventions et
traitements de toutes complications, évaluation et prise en charge de la douleur) [1].

2
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

1.2. Anesthésie loco-régionale


régionale

L'anesthésie loco-régionale
régionale est une perte partielle ou totale de sensation obtenue par
l’administration de substances appelées anesthésiques locaux.

Selon l’étendue de la région à anesthésier, diverses administrations sont pratiquées (figure


01) :

 Anesthésie terminale ou de surface : Dans ce cas la peau n’est pas directement anesthésiable
car l’épiderme ne laisse pas pénétrer les anesthésiques locaux qui sont des sels organiques
fortement ionisés. La pénétration cutanée est plus facile lorsque l’anesthésique est sous forme
de base dissoute dans un milieu gras. La pénétration
pénétration dans les muqueuses est plus aisée et l’on
procède à l’application sur les muqueuses oculaire, trachéale, urétrale, vaginale, dans les cas
de prurit, démangeaisons, irritations oculaire, pharyngée…
pharyngée
 Anesthésie d’infiltration : Dans ce cas,cas l’anesthésique local est injecté en intradermique ou
en sous-cutané,
cutané, l’effet est immédiat et de durée dépendante de l’anesthésique choisi.
 Anesthésie de conduction : Elle consiste en l’injection
l’injection de l’anesthésique local au voisinage
d’un gros tronc nerveux déterminant ainsi l’anesthésie de la région innervée, située en aval.
Cette modalité est aussi appelée anesthésie tronculaire.
 Infiltration ganglionnaire ou sympathique : Les es anesthésiques locaux sont également
utiliséss pour bloquer la conduction
conductio autonome sympathique motrice [1, 3].

Figure 01 : Les différents types d’anesthésie locale selon le lieu d’administration


des anesthésiques locaux [3].

3
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

2. Etude des anesthésiques locaux

2.1. Aperçu historique

Comme pour de nombreux médicaments modernes, les premières pistes pour la conception
des anesthésiques locaux cliniquement utiles proviennent de sources naturelles.

Erythroxylum coca Lam) sont


Dès 1532, les propriétés anesthésiques de feuilles de coca (Erythroxylum
devenues connues chez les européens à travers les indigènes du Pérou, qui mâchaient des
feuilles de coca pour un sentiment général de bien-être
bien être et pour réduire la faim. La salive de
mastication des feuilles a été souvent utilisée par ces
ces indigènes pour sou
soulager les plaies
douloureuses. Le principe actif de la feuille de coca, cependant, n'a été découvert qu'en 1860
par Albert Niemann,, qui a obtenu un alcaloïde cristallin à partir des feuilles de coca, à lequel
il donna le nom de la cocaïne, et qui a noté son
son effet anesthésiant sur la langue. Bien que
Moréno y Maiz en 1868 se soit d'abord posé la question de savoir si la cocaïne pourrait être
utilisée comme un anesthésique local, c’est Von Anrep en 1880, après de nombreuses
expériences sur des animaux, qui a recommandé que la cocaïne peut être utilisée cliniquement
comme un anesthésique local.

Le premier rapport de l’utilisation chirurgicale de la cocaïne est apparu en 1884 par Carl
Köller,, un ophtalmologiste autrichien. Cette découverte a conduit au développement rapide de
nouveaux agents anesthésiques locaux, et techniques d'anesthésie.

Bien que la structure de cocaïne n’ait pas été connue jusqu'en 1924, de nombreuses tentatives
ont été faites pour préparer les nouveaux analogues de la cocaïne. En ou
outre, la cocaïne est
facilement décomposée en ecgonine et acide benzoïque après hydrolyse (figure 02).

Figure 02 : Structure chimique de la cocaïne et de ses produits d’hydrolyse [4].

4
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

Après la détermination de la structure chimique de l'ecgonine, plusieurs dérivés ont été


synthétisés. Il a vite était réalisé qu'une variété des esters de benzoyle d'amino-alcools
comme la benzoyltropine présentait une bonne anesthésie locale sans aucune dépendance
(inconvénient de la cocaïne). D’autres travaux ont aboutit à l'élimination du groupe 2-
carbométhoxy de la cocaïne qui était responsable de la toxicomanie. Cette découverte a
finalement conduit à la synthèse de la procaïne en 1905 (commercialisée sous le nom de
novocaïne), qui est devenue le prototype pour l’anesthésie locale pendant près d'un demi-
siècle, en grande partie parce qu’elle ne présentait pas de toxicités locales observées avec la
cocaïne.

Après l'introduction de la procaïne en thérapeutique, des centaines d'analogues structuraux


ont été préparés et leur propriété d’anesthésie locale examinée dans une tentative d'identifier
des agents avec une puissance et une durée d'action améliorées par rapport à la faible et courte
durée d'action de la procaïne. Parmi ces composés on cite la tétracaïne qui est un agent
anesthésique local de type ester utilisé dans la rachianesthésie.

En 1890, Ritsert avait synthétisé la benzocaïne qui est un agent anesthésique topique avec de
bonnes propriétés anesthésiantes et une faible toxicité. La benzocaïne était peu soluble dans
l’eau ce qui a limité la préparation de solutions injectables.

La découverte fortuite de l'activité anesthésique locale d'un autre produit naturel, isogramine,
en 1935 par Von Euler et Erdtman était le véritable point tournant dans le développement
d'agents anesthésiques locaux. Cette observation a conduit à la synthèse de la lidocaïne
(xylocaïne) par Löfgren en 1946; la lidocaïne était le premier anesthésique local non irritant,
de type amide avec de bonnes propriétés anesthésiques locales et présentant moins de
réactions allergiques par rapport aux analogues de la procaïne, stable en solution aqueuse en
raison de sa fonction amide.

Bien qu'un certain nombre d'agents anesthésiques locaux actuels soient introduits sur le
marché, le médicament anesthésique local idéal a, malheureusement, pas encore été produit
[4].

2.2. Définition d’un anesthésique local

Un anesthésique local est un médicament capable de supprimer de façon réversible, par action
locale, la sensibilité à la douleur. L’anesthésie locale est réalisée par la cocaïne, premier
anesthésique découvert, et divers produits de synthèse [5].

5
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

2.3. Classification des anesthésiques locaux

Les molécules anesthésiques locales se caractérisent par


par une structure commune décrite par
Löfgren en 1946 (figure 03). Elle comporte :

 Un groupe lipophile constitué par un cycle benzénique, qui lui confère une capac capacité de
diffusion et de fixation ;
 Un groupe hydrophile constitué le plus souvent par un groupe amine secondaire ou tertiaire,
qui lui confère une hydrosolubilité et détermine ses capacités de diffusion au niveau sanguin
et tissulaire ;
 Une chaine intermédiaire carbonée simple ou ramifiéeramifiée d’une longueur variable
variable. Cette
longueur va jouer un rôle
ôle important ; l’allongement de cette chaîne améliore la lipos
liposolubilité
alors que son raccourcissement favorise l’hydrosolubilité.

La liaison entre la chaine intermédiaire et le pôle lipophile définit la famille de l’anesthésique


local et conditionne son métabolisme.
métabolisme On distingue deux grandes familles d’anesthésiques
locaux : Les amino-esters
esters et les amino-amides
amino [1, 6, 7, 8, 9, 10].

Figure 03 : Structure chimique des anesthésiques locaux [10]


[10].

6
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

2.3.1. Anesthésiques locaux de type ester

Ce sont des dérivés de l’acide para-aminobenzoïque, ils possèdent une fonction amine en
para, et sont les plus allergisants [11].

Tableau I : Quelques anesthésiques locaux type amino-ester.


DCI Présentation Type d’anesthésie locale
Procaïne -PROCAÏNE AGUETTANT : -Anesthésie locale d’infiltration
Solution inj. 1% et de conduction.
-PROCAÏNE BIOSTABILEX :
Solution inj. 2%
-PROCAÏNE LAVOISIER : Solution
inj. 1 et 2%
Oxybuprocaïne -CÉBÉSINE : Collyre à 0.4% -Anesthésie oculaire de contact.
-NOVÉSINE : Collyre à 0.4%
-OXYBUPROCAÏNE FAURE :
Collyre à 0.4%
Tétracaïne -TÉTRACAÏNE FAURE : Collyre à -Anesthésie oculaire de contact.
1%
Benzocaïne -TOPEX : Gel 20% -Anesthésie buccale de contact.

2.3.2. Anesthésiques locaux de type amide

Les dérivés « amino-amides » ne possèdent pas de fonction amine en « para » et ce sont les
moins allergisants [11].

Tableau II : Quelques anesthésiques locaux type amino-amide.

DCI Présentation Type d’anesthésie locale


Lidocaïne -XYLOCAÏNE : Solution pour application -Anesthésie de surface, cutanée et
locale 5% muqueuse.
-XYLOCAÏNE à la naphazoline : Solution
pour application locale à la naphazoline 5%
-XYLOCAÏNE NÉBULISEUR : Solution -Anesthésie locale des
pour inhalation 5% muqueuses buccales, laryngées,
-XYLOCAÏNE urétrale : Gel 2% pour trachéobronchiques.
instillation urétrale -Anesthésie locale avant
-DYNEXAN 2% : Pâte gingivale endoscopie urétrale.
-XYLOCAÏNE visqueuse : Gel oral 2%
-XYLOCONTACT : Crème à usage dentaire -Anesthésie locale buccale et
7.48% œsophagogastrique.
-XYLOCAÏNE sans conservateur : Solution
inj. à 0.5, 1 et 2%
-LIDOCAÏNE AGUETTANT : Solution inj. -Anesthésie loco-régionale par
à 0.5, 1 et 2% infiltration et injection
-MÉSOCAÏNE : Solution inj. à 0.5 et 1% intravasculaire.

7
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

-XYLOCAÏNE ADRÉNALINE : Solution -Anesthésie loco-régionale par


inj. à 1 et 2% infiltration.
-XYLOCAÏNE ADRÉNALINE
AGUETTANT : Solution inj. à 1 et 2% -Rachianesthésie.
-XYLOCAÏNE pour rachianesthésie :
Solution inj. intrarachidienne à 5%
Bupivacaïne -MARCAÏNE : Solution inj. à 0.25 et 0.50% -Anesthésies loco-régionales,
-BUPIVACAÏNE AGUETTANT : Solution caudales, péridurales, plexiques,
inj. à 0.25 et 0.50% tronculaires.
-BUPIVACAÏNE BRAUN : Solution inj. à
0.25 et 0.50%
-BUPIVACAÏNE DAKOTA PHARM :
Solution inj. à 0.25 et 0.50%
-BUPIVACAÏNE ADRÉNALINE -Anesthésies loco-régionales,
AGUETTANT : Solution inj. à 0.25 et 0.50% caudales, péridurales, plexiques,
-BUPIVACAÏNE ADRÉNALINE tronculaires avec adrénaline.
QUALIMED : Solution inj. à 0.25 et 0.50%
-MARCAÏNE RACHIANESTHÉSIE : -Rachianesthésie.
Solution inj. intrarachidienne 20 mg/4 ml
-BUPIVACAÏNE RACHIANESTHÉSIE
AGUETTANT : Solution inj.
intrarachidienne 0.5%
-BUPIVACAÏNE QUALIMED : Solution inj.
intrarachidienne 20 mg/4 ml
Étidocaïne -DURANEST : Solution inj. 1% -Anesthésies loco-régionales,
-DURANEST ADRÉNALINE : Solution inj.
caudales, péridurales (sauf
1% obstétricale), plexiques,
tronculaires.
Mépivacaïne -CARBOCAÏNE : solution inj. 1 et 2% -Anesthésies loco-régionales,
caudales, péridurales, plexiques,
tronculaires.
Ropivacaïne -NAROPÉINE 2 mg/ml : Solution inj. 2 -Anesthésies loco-régionales,
mg/ml perfusion péridurale, infiltration
-NAROPÉINE 10 mg/ml et 7.5 mg/ml : pariétale.
Solution inj. 10 mg/ml ou 7.5 mg/ml
Pramocaïne -TRONOTHANE : Gel pour application -Anesthésie anorectale.
locale à 1%

2.4. Propriétés physicochimiques

Trois propriétés essentielles déterminent la puissance et la durée d'action d’une molécule


ayant un effet anesthésique local : La liposolubilité, la fixation protéique et le degré
d’ionisation.

8
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

2.4.1. La liposolubilité

La lipophilie traduit la tendance d’un composé à s’associer aux membranes lipidiques, elle
est estimée en fonction de la solubilité dans un solvant hydrophobe comme l’octanol.
Chaque anesthésique local est caractérisé par un coefficient de partage octanol/eau. Cette
propriété est en corrélation avec la puissance, car une plus grande partie de la dose
administrée peut entrer dans les neurones et atteindre les sites d'action situés sur la face
interne des canaux sodiques.

Le caractère lipophile d’un anesthésique local peut être modifié en modifiant la chaîne alkyle
sur l’amine tertiaire ou le noyau aromatique. Ainsi la présence d’un radical butyl sur le noyau
benzénique (tétracaïne) ou sur la fonction amine (bupivacaïne) améliore la liposolubilité et
donc raccourcit le délai d’action. La liposolubilité augmente la toxicité, de sorte que l'index
thérapeutique est plus bas pour les médicaments hydrophobes [10, 12].

2.4.3. Le degré d’ionisation

Les anesthésiques locaux sont des bases faibles, l'amine terminale peut exister sous une
forme tertiaire non-ionisée liposoluble (B) qui seule traverse les membranes nerveuses, ou
comme une forme quaternaire chargée positivement (BH+) et qui est hydrosoluble. Ainsi
pour que les anesthésiques locaux soient solubles et stables en solution, ils sont formulés
sous forme de sel de chlorhydrate. Par conséquent, les molécules sont injectées sous forme
quaternaire soluble dans l’eau, cette forme ne pénètre pas dans le neurone. Le temps de
déclenchement de l'anesthésie locale ou appelé également le temps de latence correspond
au temps nécessaire pour le passage de la forme BH+ à la forme non ionisée B
liposoluble.

La proportion relative de chacune des deux formes dépend du pH du milieu et du pKa de


la molécule, en accord avec l'équation d’Henderson-Hasselbach [13] :

pH = pKa- log (BH+/B)

Par définition, le pKa d'une molécule représente le pH pour lequel 50% des molécules
existent sous forme tertiaire soluble dans les lipides et 50% sous forme quaternaire soluble
dans l'eau. La constante d'ionisation (pKa) de l'anesthésique permet de prédire la
proportion de molécules qui existe dans les états (BH+) et (B) en fonction du pH.

9
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

Lee pKa détermine le temps de latence :

 Plus le pKa est proche du pH physiologique plus le temps de latence est réduit ;
 Plus il est élevé, la fraction neutre qui seule traverse les membranes nerveuses est en
faible proportion et le temps de latence sera plus long.
Le pKa de la plupart des
es anesthésiques locaux est >7,4
7,4 (pH physiologique), et donc une
plus grande proportionn des molécules est ionisée lorsqu'ils
lorsqu'il sont injecté
injectés dans les tissus
ayant un pH normal de 7,4. En outre, le milieu acide associé à l'inflammation des tissus
favorise la configuration quaternaire, soluble
sol dans l'eau ce qui explique la difficulté
d’anesthésier
ier les tissus inflammés ou infectés
infecté (figure 04) [12].

Figure 04 : Efficacité et dissociation de la molécule d’anesthésique


’anesthésique local en fonction du
pH [6].

2.5. Relation structure-activité


activité des anesthésiques locaux

La structure de base d’un anesthésique local comprend trois éléments principaux : Un


groupement aromatique et un groupement amine, réunis par une chaine intermédiaire
hydrocarbonée [9, 12, 13].

10
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

2.5.1. Le cycle aromatique

L'intensité et la durée de l'effet anesthésique local sont directement liées à la liposolubilité


de la molécule, qui dépend du noyau aromatique. Ainsi des modifications de la structure de
ce noyau entrainent des modifications de la liposolubilité et donc de la puissance
anesthésique.

L'addition de substituant ou de groupements lipophiles (halogènes, groupements alkyles ou


cycliques) au niveau du cycle aromatique ou de l'azote terminal conditionne la liposolubilité
des différents produits.

La substitution avec des groupements donneurs d’électron (OH, NH2…) en position ortho et
para augmente la densité électronique du cycle aromatique à la fois par résonance et par effet
inductif, ce qui améliore l'activité anesthésique locale par rapport aux analogues non
substitués.

La substitution aux positions 2 et 6 du cycle aromatique par des méthyles (CH3) a pour but
de diminuer la vitesse d'hydrolyse de l'ester ou de l'amide [13].

2.5.2. La liaison intermédiaire

La stabilité, la durée d’action ainsi que la toxicité d’un anesthésique local dépendent de la
nature de la liaison entre le cycle aromatique et la chaine intermédiaire.

La liaison de type ester est très rapidement métabolisée par des estérases non spécifiques.
Tandis que, la liaison de type amide résiste aux réactions d’hydrolyse et elle est
métabolisée par les amidases au niveau du foie. Par conséquent, les anesthésiques locaux
de type ester sont moins stables, ont une durée d’action courte, et une toxicité réduite par
rapport aux anesthésiques locaux de type amide.

L’insertion des petits groupes alkyles autour de la fonction ester empêche l'hydrolyse par
les estérases [13].

2.5.3. La chaine intermédiaire

L’allongement de la chaîne intermédiaire augmente l’activité de la molécule et sa


liposolubilité mais également le risque d’induction d’effets indésirables. Il augmente
également la liaison aux protéines plasmatiques donc une activité intrinsèque plus

11
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

marquée et une durée d’action prolongée. La substitution latérale de cette chaine par un
groupement alkyl accroit la liposolubilité de l’anesthésique local [13].

2.5.4. Le groupe amine

L’amine tertiaire correspond au pôle hydrophile. Elle joue un rôle dans l’hydrosolubilité de la
molécule et donc dans la répartition sanguine, dans la diffusion, ainsi que dans l’ionisation.
Les anesthésiques locaux sous forme libre neutre (non ionisée) traversent aisément les
membranes, ce qui permet un début d’action rapide [13].

2.5.5. La chiralité

De nombreuses molécules d’anesthésiques locaux comportent un carbone asymétrique. On


distingue différents isomères optiques (énantiomères). La lidocaïne ne comporte pas de
carbone asymétriques et donc pas d’énantiomères. La plupart des autres amino-amides
(mépivacaïne, prilocaïne, bupivacaïne) renferment un carbone asymétrique. La
ropivacaïne est un énantiomère S pur. Il en est de même pour la lévobupivacaïne,
énantiomère S de la bupivacaïne [12].

Il existe d’importantes différences d’activité et de toxicité entre les formes lévogyres (-) et
dextrogyres (+) de ces produits. Ainsi, les formes lévogyres sont moins toxiques que les
formes dextrogyres et les mélanges racémiques (mélange de deux énantiomères en
concentration égale). Cette différence s’explique par le fait que les énantiomères
lévogyres ont un taux de fixation aux protéines plasmatiques plus élevé (+50%) et une
action limitée sur les canaux sodiques [14].

2.6. Pharmacocinétique des anesthésiques locaux

La concentration sanguine des anesthésiques locaux dépend de la quantité injectée, de


l’absorption à partir du site d’injection, de la distribution tissulaire ainsi que de la
biotransformation et de l’excrétion de chacun des produits. Un certain nombre de facteurs
individuels influence la concentration sanguine en modifiant la distribution : L’âge, l’état
cardiovasculaire et hépatique [12, 14].

12
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

2.6.1. Résorption et concentration au niveau du site d'action

Les anesthésiques locaux tendent à diffuser à partir de leur point d’application, bien qu’ils
soient le plus souvent utilisés en administration locale (à l’exception de la lidocaïne qui est
employée par voie intraveineuse en cardiologie).

L’importance et la vitesse de la résorption dépend de la vascularisation du tissu. Ainsi, on


peut obtenir des concentrations identiques à celles observées après une injection intraveineuse
par application sur une muqueuse richement vascularisée (pharyngée ou respiratoire). Cette
diffusion systémique explique les effets indésirables cardiaques et neurologiques observés,
pour palier à cet inconvénient, on ajoute à la préparation un vasoconstricteur comme
l’adrénaline, généralement à la concentration de 5 μg/ml. De plus la vasoconstriction prolonge
la durée d’action de l’anesthésique local en augmentant le séjour du composé sur son site
d’action.

Quel que soit l’anesthésique local considéré, les pics d’absorption sont plus élevés en passant
du bloc intercostal, péridural, du plexus brachial et sciatique à la voie sous-cutanée. La
richesse de la vascularisation et la surface d’absorption de ces tissus expliquent ces
différences.

L’absorption au niveau de l’espace péridural est plus complexe, faisant intervenir les
méninges mais également la graisse et les vaisseaux périduraux. La rétention par les graisses
des anesthésiques locaux les plus liposolubles, conduit à minorer la concentration au pic, tout
en prolongeant l’action locale. Dans ces conditions, la décroissance de la concentration
sanguine est sous la dépendance directe du relargage péridural.

L’âge du sujet intervient également, on observe une diminution de l’absorption en raison de la


modification de la vascularisation [10, 12].

2.6.2. Distribution

Les anesthésiques locaux possèdent un grand volume de distribution. Ils se distribuent dans
tout l’organisme, mais leur concentration dans les tissus varie en fonction de la
vascularisation de ces derniers. De ce fait, la distribution initiale se fait vers le cerveau, le
cœur, les poumons, le foie et les reins. Le gradient de concentration s’inversant rapidement,
l’anesthésique local quitte alors ces différents organes pour se distribuer dans les tissus moins

13
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

vascularisés mais de forte capacitance, tels les muscles et le tissu graisseux. Compte tenu de
sa masse, le muscle squelettique représente le réservoir principal des anesthésiques locaux.

Les phénomènes de distribution interviennent peu dans la cinétique observée en période


postopératoire. Lors d'une injection unique, il faut environ deux à trois heures pour que la
courbe de concentration artérielle croise celle de concentration veineuse. Ceci se voit avec
tous les agents et montre l'importance du phénomène de distribution. La distribution semble
arriver à son équilibre après environ 12 à 18 heures d'administration. Le volume de
distribution des anesthésiques locaux de type amide est d'environ 1.5 à 2 l/kg, ce qui permet
un relatif effet tampon lors des variations de concentrations brutales [10, 12].

[Link]. La fixation aux protéines

Les anesthésiques locaux se fixent aux composants du sang (hématies et protéines


sériques comme l'ɑ1-glycoprotéine acide (AGA) et l'albumine). Ces différents systèmes
ont une importance différente, l’AGA étant de loin le plus important car il est spécifique
[10, 12].

[Link]. Fixation aux hématies

Les éléments figurés du sang interviennent peu dans la fixation des anesthésiques locaux
(le rapport de concentration entre le sang et le plasma varie de 65 à 80%, ce qui
correspond à environ 15-30% des molécules des anesthésiques locaux présentes dans le
sang fixées par les globules rouges). La fixation aux hématies est non saturable et peut
prendre de l'importance dans deux situations opposées :

- Lorsque la concentration sanguine est très élevée, au-delà des concentrations toxiques ;
- A l'inverse lors d'une anémie.
Dans le premier cas, les systèmes habituels de fixation (AGA en particulier) sont dépassés
et tous les autres systèmes, hématies, sérum et albumine vont être mis en jeu. Dans le
second cas, les hématies fixent moins de 15% des molécules d'anesthésiques locaux
lorsque l'hématocrite est en dessous de 30%, cela pouvant entraîner un débordement plus
rapide des autres systèmes comme celui de l’orosomucoïde (AGA) [10, 12].

[Link]. Liaison aux protéines sériques

La liaison des anesthésiques locaux de type amide aux protéines plasmatiques est
importante. Comme toutes les bases faibles, les amides sont principalement liés à l'AGA

14
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

et à l'albumine sérique. L'AGA est 50 à 80 fois moins abondant dans le plasma que ne le
soit l'albumine, en particulier chez le nourrisson. La fixation des anesthésiques locaux à
l'albumine sérique se caractérise par une faible affinité mais une grande capacité
(pratiquement insaturable) tandis que l'affinité de la fixation à l'AGA est élevée mais la
capacité est faible [12].

a. Liaison à l’ɑ1-glycoprotéine acide

L'AGA, ou orosomucoïde, est la principale protéine sérique impliquée dans la liaison des
amides. C'est une des protéines impliquées dans la réaction dite de «phase aiguë».

Sa concentration est faible à la naissance (0.20 g/l) et augmente progressivement au cours


de la première année de vie jusqu'à 0.8 à 1 g/l. La concentration d'AGA augmente en cas
de syndrome inflammatoire et en particulier dans les six heures qui suivent une
intervention chirurgicale ou un traumatisme. De plus, tous les états inflammatoires, dont
le cancer, s'accompagnent d'une modification structurelle de la protéine avec
augmentation de l'affinité pour les molécules comme les anesthésiques locaux. Chez le
nourrisson, la liaison à l'AGA est rapidement saturée aux concentrations usuelles. Les
capacités de fixation des anesthésiques locaux sont donc réduites durant les six à neuf
premiers mois de vie. Il conviendra d'en tenir compte dans les posologies utilisées à cet
âge. Chez la femme enceinte, les concentrations d’orosomucoïde sont plus faibles,
exposant aux risques d’une augmentation de la fraction libre de l’anesthésique local. Cette
augmentation de la fraction libre d’anesthésique local ne semble cependant pas être
suffisante pour augmenter le risque de survenue d’effets indésirables cardiovasculaires et
neurologiques [10, 12].

b. Liaison à l'albumine

L'albumine est la protéine la plus abondante dans le sérum, sa concentration moyenne


étant de 40 g/l chez l'adulte. Lorsque la fixation à l'AGA est saturée, deux systèmes
continuent à fixer les anesthésiques locaux: Les érythrocytes et l'albumine. Pratiquement
toutes les hypo-albuminémies s'accompagnent d'une augmentation du taux d'AGA. Seul le
syndrome néphrotique voit une baisse majeure des deux protéines sériques, ce qui peut
entraîner une importante diminution des capacités de fixation des anesthésiques locaux
[10, 12].

15
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

2.6.3. Métabolisme

[Link]. Esters

Les anesthésiques locaux sous forme ester sont hydrolysés dans le sérum et les hématies par
des estérases non spécifiques (pseudo-cholinestérases). Seule la cocaïne subit un métabolisme
hépatique. Les esters ont longtemps été considérés comme des agents très sûrs à cause de la
dégradation plasmatique rapide. En effet, leurs métabolites sont inactifs et non toxiques et
seul l'acide para-aminobenzoïque peut induire des réactions toxiques, principalement d'origine
allergique. Certains patients présentant une déficience en pseudo-cholinestérases, peuvent
présenter des réactions toxiques [10, 12].

[Link]. Amides

Après leur passage dans le courant sanguin, les anesthésiques locaux sous forme amide sont
éliminés par le foie. Cette élimination passe par le système du cytochrome P950. La lidocaïne
et la bupivacaïne sont principalement métabolisées par l'isoenzyme CYP3A4W, alors que la
ropivacaïne est principalement métabolisée par le CYPIA2 et dans une moindre mesure par le
CYP3A4. Ces enzymes ne sont pas matures à la naissance, ce qui explique que la
bupivacaïne, qui a une clairance basse à la naissance, voit sa clairance augmenter dans la
première année de la vie. En ce qui concerne la ropivacaïne, le phénomène semble encore plus
important puisque le CYPIA2 est déficient à la naissance et met plusieurs années avant d'être
totalement fonctionnel. Ainsi, il a été démontré que la clairance de la ropivacaïne atteint son
maximum vers l'âge de 8 ans. La clairance de la bupivacaïne comme celle de la ropivacaïne
est de 3 à 6 ml/min/kg au cours d'une administration prolongée. Cette clairance est
relativement faible (elle représente un tiers à un cinquième du débit sanguin hépatique). Elle
est plus faible que celle qui est observée après administration unique. L'augmentation de la
fixation protéique est en grande partie responsable de cette diminution de la clairance. En
effet, après 12 à 24 heures d'administration, la concentration libre atteint un plateau aussi bien
chez l'adulte que chez l'enfant. Néanmoins, une baisse de clairance intrinsèque au cours du
temps ne peut pas être exclue. Certains métabolites pourraient être toxiques [10, 12].

16
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

2.6.4. Élimination

Les anesthésiques locaux sont excrétés sous forme inchangée par le rein à moins de 5%. Les
altérations de la fonction rénale ne modifient pas la clairance des anesthésiques locaux mais
il existe un risque d’accumulation de leurs métabolites actifs [14].

2.7. Mécanisme d’action des anesthésiques locaux

2.7.1. Rappel physiologique sur le potentiel d’action

Le potentiel de repos dépend de la concentration des électrolytes dans le cytoplasme et les


liquides extracellulaires et de leurs mouvements de part et d'autre de la membrane axonale. Sa
valeur varie entre - 60 et - 90 mV. Durant la dépolarisation d'un nerf, la conductance au
sodium (gNa) croît rapidement, modifiant le potentiel de repos de - 90 mV à - 50 mV. A ce
potentiel-seuil, (gNa) croît très rapidement et le potentiel de membrane s'élève à + 30 mV.

Au cours de la dépolarisation locale de la membrane, la propagation de l'influx se produit


lorsque le potentiel-seuil est atteint. Le potentiel d'action est une dépolarisation transitoire de
la membrane, résultant de la brève variation de la conductance au sodium. Cette rapide
augmentation de (gNa), appelée activation, permet l'entrée massive des ions sodium dans la
cellule et dépolarise la membrane. La repolarisation est due d'une part à l'inhibition
progressive de la conductance au sodium et d'autre part à l'augmentation de la conductance au
potassium (gK), entraînant une sortie de K+ de la cellule ; les augmentations de la
conductance au sodium et au potassium sont dépendantes du potentiel de membrane
(dépendance au voltage). L'ATPase Na+/K+ reconstitue le gradient de sodium et de potassium
de part et d'autre de la membrane. Le potentiel de repos est ainsi rétabli ; la membrane est
prête à subir une nouvelle dépolarisation dans les conditions physiologiques (figure 05) [4].

17
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

es canaux sodique et potassique et mouvements des ions Na+et K+.


Figure 05 : Fonction des

A: Au repos, le canal de sodium est fermé et il y a un excès relatif d'ions sodium dans l'espace
extracellulaire et un excès relatif d'ions potassium dans l'espace
l'e intracellulaire
intracellulaire.
B: Suite à un stimulusus suffisant, le canal sodique voltage-dépendant s’ouvre permettant aux
ions sodium d’entrer à l'intérieur du neurone, ce qui entraîne une dépolarisation
dépolarisation.
C: Au sommet du potentiel ntiel d'action, les canaux sodiques se mettent spontanément à l'état
inactivé, ce qui empêche
êche la poursuite de l'entrée du sodium. Simultanément, les canaux
potassiques s’ouvrent,, et le potassium descend son gradient de concentration pour rendre le
neurone négatif à l’intérieur
intérieur par rapport à l'extérieur, ce qui entraîne la repolarisation.
potassium (Na+/K+ adénosine triphosphatase
D: La pompe sodium-potassium riphosphatase (ATPase)) échange trois
molécules de sodium
odium intracellulaires pour deux molécules de potassium assium extracellulaires,
restaurant ainsi le potentiel de repos et la fermeture du canal sodique [7].

2.7.2. Mécanisme d’action des anesthésiques locaux sur la fibre nerveuse

[Link]. Action au niveau du canal sodique

Les anesthésiques locaux sont responsables d’un blocage réversible des sensations en
prévenant ou diminuant la conduction de l’influx nerveux aux alentours du site de leur
application ou de leur injection. Leur mode d’action principal consiste en la diminution de la

18
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

perméabilité des cellules membranaires des nerfs aux ions sodiques, ils exercent aussi un effet
stabilisant de membrane.

Les anesthésiques locaux bloquent la conduction en diminuant ou empêchant l’importante


augmentation transitoire de la perméabilité membranaire aux ions sodiques, qui survient
normalement lors d’une dépolarisation légère de la membrane. Cette action des anesthésiques
locaux est due à leur interaction directe avec les canaux sodiques voltage-dépendants.
Lorsque l’action anesthésique se développe progressivement dans un nerf, le seuil électrique
d’excitabilité augmente, le taux d’augmentation du potentiel d’action diminue et la
conduction pulsée diminue. Ces facteurs diminuent la probabilité de la propagation du
potentiel d’action et la conduction nerveuse s’éteint. Les anesthésiques locaux modifient la
cinétique du canal en augmentant la probabilité d’inactivation de celui-ci.

L’intensité du bloc dépend de la constante de vitesse de liaison de la molécule au canal qui


représente l’affinité. Elle est également fonction de son potentiel de repos. Ainsi un nerf au
repos est moins sensible aux anesthésiques locaux qu’un nerf stimulé de manière répétée. Des
fréquences de stimulation élevées et des potentiels de membrane importants augmentent le
degré du bloc anesthésique. Ceci s’explique par le fait que la forme ionisée de la molécule
d’anesthésique local ne peut atteindre son récepteur que si le canal sodique est ouvert et par le
fait que l’anesthésique local se lie plus fermement et donc stabilise le canal sodique lorsqu’il
est sous forme inactive. La relation qui lie la fréquence de stimulation et l’anesthésique local
dépend aussi de la vitesse de dissociation de son récepteur dans le pore du canal sodique. La
fixation globale de l’anesthésique local est donc augmentée par l’activation des canaux pour
deux raisons : Il y a plus de sites de fixation accessibles pendant l’activation (modèles des
récepteurs gardés) et la dissociation de l’anesthésique local depuis les canaux activés est plus
lente qu’à partir des canaux de repos (modèle des récepteurs modulés). Ainsi si la fréquence
de stimulation est lente, le bloc est d’intensité modérée (bloc tonique), alors que lorsque la
fréquence de stimulation s’accroît, l’intensité du bloc augmente progressivement pour
atteindre un plateau dépendant de la fréquence de stimulation et de la nature de l’agent (bloc
phasique) [10, 12].

[Link]. Action sur les autres canaux transmembranaires

Les anesthésiques locaux peuvent se lier à d’autres protéines membranaires. En particulier, ils
peuvent bloquer des canaux potassiques et à un moindre degré, des canaux calciques. La

19
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

sensibilité du canal potassique à l’action des anesthésiques locaux se rencontre pour une
gamme de concentration huit à dix fois supérieure à celle nécessaire pour bloquer le canal
sodique. L’effet prédominant est une simple réduction de la perméabilité de la membrane au
flux potassique, indépendant du potentiel de la membrane. La sensibilité des canaux
potassiques dépend du type de fibres utilisées, de la vitesse de conduction de la fibre
(myélinisée ou non) et du type de l’anesthésique local. Le blocage des canaux potassiques
semble participer aux effets arythmogènes des anesthésiques locaux et celui des canaux
calciques semble favoriser leurs effets inotropes négatifs [10, 12].

2.7.3. Autres effets des anesthésiques locaux

[Link]. Effets cardio-vasculaires

La plupart des anesthésiques locaux ont un effet anti-arythmique, surtout connu avec la
lidocaïne [13]. Ils ralentissent la vitesse de dépolarisation dans les fibres de Purkinje et le
muscle ventriculaire, réduisent la durée du potentiel d’action et de la période réfractaire et
diminuent l’excitabilité ventriculaire. Aux posologies habituelles, la lidocaïne n’a pas d’action
sur la conduction auriculo-ventriculaire et intra-ventriculaire. En revanche, à posologie plus
élevée, la conduction est ralentie à tous les niveaux. Les anesthésiques locaux ont un effet
propre bradycardisant et inotrope négatif compensé par une stimulation d’origine centrale.

Tous les anesthésiques locaux peuvent avoir des effets arythmogènes, surtout décrits avec la
bupivacaïne qui peut être responsable de sévères troubles du rythme ventriculaire (tachycardie
ou fibrillation) ou de troubles de la conduction (blocs auriculo-ventriculaires ou intra-
ventriculaires, torsade de pointe). Cet effet particulier de la bupivacaïne peut être dû à des
effets myocardiques directs (bloc phasique prédominant, fort pouvoir bloqueur calcique et
potassique) et des effets indirects d’origine centrale.

Les anesthésiques locaux ont également des effets sur l’activité mécanique du muscle
cardiaque. Ils ont une action inotrope négative, dépendant de la dose, sur le muscle isolé.
Cette dépression de la contractilité est proportionnelle à la puissance d’action sur le nerf isolé.
L’effet inotrope négatif pourrait être en rapport avec une inhibition de la production d’AMP
cyclique, ainsi que des interactions avec la respiration mitochondriale [10, 12].

20
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

[Link]. Effets respiratoires

Les effets respiratoires sont controversés et ont surtout été mis en évidence chez l’animal. Ils
dépendent également de la concentration en anesthésique local. A des concentrations élevées,
les anesthésiques locaux vont entraîner une dépression des chémorécepteurs, ainsi que des
récepteurs trachéobronchiques. Les résultats des études concernant les réponses ventilatoires à
l’hypoxie et au CO2 sont contradictoires. Certains ont décrit une légère réponse ventilatoire à
l’hypoxie. Pour d’autres, les anesthésiques locaux ne modifient pas la mécanique ventilatoire
du sujet sain mais augmentent de façon modérée la réponse ventilatoire au CO2. Enfin, aucun
effet de la lidocaïne, de la mépivacaïne et de la bupivacaïne sur la réponse à l’hypoxie ou à
l’hypercapnie n’a été retrouvé dans certaines études. Au niveau des vaisseaux pulmonaires, on
note une vasoconstriction limitée aux veines pulmonaires par la lidocaïne à faible
concentration qui concerne également le versant artériel avec l’augmentation des doses [10,
12].

[Link]. Action sur le métabolisme oxydatif

Les anesthésiques locaux perturbent les fonctions mitochondriales en inhibant le transport des
électrons. Par ailleurs, il a été démontré un effet découplant spécifique avec la bupivacaïne,
effet en partie responsable de certains effets indésirables de cette molécule. Cet effet ne
s’observe qu’à des concentrations cent fois supérieures à celles observées dans le plasma des
patients au cours d’une anesthésie locorégionale [10, 12].

[Link]. Effets sur le système nerveux central

Les anesthésiques locaux traversent facilement la barrière hémato-méningée, en raison de leur


liposolubilité. A faible posologie (2 mg/kg) correspondant à un taux plasmatique entre 0.5 à 4
μg/ml, la lidocaïne possède un effet anticonvulsivant. Par ailleurs, même si la question est
encore débattue, il semblerait que les anesthésiques locaux possèdent une action analgésique
propre, ce qui a conduit à les proposer pour le traitement de certaines neuropathies
périphériques, notamment cancéreuses.

Lorsque les concentrations plasmatiques augmentent, d’autres signes neurologiques


(dysesthésies péribuccales, acouphènes, troubles visuels, secousses musculaires,
convulsions…) vont apparaître, signes annonciateurs d’une toxicité systémique, notamment

21
Revue de la littérature Chapitre I : Généralités

avec la lidocaïne, imposant une prise en charge spécifique pour éviter la survenue d’un arrêt
respiratoire, d’un coma voire décès [10, 12].

[Link]. Effet anti-inflammatoire

Les propriétés anti-inflammatoires des anesthésiques locaux sont connues depuis plus de dix
ans. Ainsi, la bupivacaïne comme d’autres anesthésiques locaux de la classe des amides
diminue les phénomènes inflammatoires médiés par les leucocytes in vivo et in vitro. Les
anesthésiques locaux inhibent l’agrégation plaquettaire in vivo et in vitro. L’effet anti-
inflammatoire se caractérise également par une diminution de la production des radicaux
libres au cours de la perfusion après ischémie [10, 12].

22
Revue
evue de la littérature Chapitre II : Etude
tude de la benzocaïne

1. Aperçu historique

La benzocaïne est le para-aminobenzoate


aminobenzoate d’éthyle, elle a été synthétisée
étisée pour la première fois
par un chimiste allemand Ritsert en 1890,
1890 et en raison de sa faible toxicité et de ses bonnes
propriétés anesthésiques locales,
es, il lui a été donnée le nom commercial de ««Anesthesin».

En 1901, cette substance a été pharmacologiquement testée par Robert--Rostock et il a été


démontré qu’elle possédait des propriétés anesthésiques remarquables.
s. En 11902, différentes
formulations (poudre, pâte, pastille, dragée et pommade) dee la benzocaïne
benzocaïne, étaient mises sur
le marché sous le nom commercial de «Anesthesin»
«Anesthesin [15].

2. Structure chimique

La benzocaïne est un ester


ster d’éthyle d’un acide benzoïque substitué (figure 06 et 07)
07). Elle est
préparée à partir de l’acide 4-amino
4 amino benzoïque et de l’éthanol en présence d’un catalyseur
acide et dans des conditions anhydres [15, 16, 17].

- Synonymes : Anaesthesinum, Anesthamine, Ethoforme, Aminobenzoate d’éthyle ;


- Dénomination scientifique (sselon l’IUPAC) : Ethyl 4-aminobenzoate ;
- Formule chimique brute : C9H11NO2 ;
- Masse molaire : 165.2 g/mol ;
- Numéro de CAS : [94-09-7].
7].

Figure 06 : Structure
tructure chimique
chimiq Figure 07 : Structure tridimensionnelle
de la benzocaïne [16].
[16] de la benzocaïne
benzocaïne.

23
Revue de la littérature Chapitre II : Etude de la benzocaïne

3. Propriétés physicochimiques

3.1. Aspect

La benzocaïne est une base se présentant sous forme de poudre cristalline blanche ou
sensiblement blanche ou sous forme de cristaux incolores [16].

3.2. Point de fusion

La benzocaïne fond entre 89 à 92°C [16].

3.3. Solubilité

La solubilité de la benzocaïne dans divers solvants à 20 °C est donnée dans le tableau III [16].

Tableau III : La solubilité de la benzocaïne à 20 °C dans divers solvants


Solvant Solubilité (volume du solvant en ml par un g
de benzocaïne)
Eau 2500
Alcool 8
Chloroforme 2
Ether 4

3.4. Constante de dissociation

La constante de dissociation acide de la benzocaïne est pKa=2,8 à 25°C [17].

3.5. Spectre d’absorption dans l’ultraviolet

La benzocaïne en solution absorbe le rayonnement ultraviolet et donne différents maximums


d’absorption dans différentes solutions. Dans le méthanol ou l'éthanol, HCl 0.1 M et NaOH
0.1 M, elle a des maximums d'absorption à 220, 293 ; 272 et 285 respectivement [17].

4. Mécanisme d’action

La benzocaïne agit au niveau du neurone en interférant avec le processus d’excitation et de


conduction. Sous forme de base, son principal lieu d’action est la membrane axonale riche en
lipides, sur la surface interne du neurone où le pH est plus acide elle reprend une forme
cationique. A ce niveau, la benzocaïne bloque la conduction nerveuse par diminution de la
perméabilité membranaire aux ions sodium qui survient lors de la phase de dépolarisation
(figure 08) [7, 18].

24
Revue
evue de la littérature Chapitre II : Etude
tude de la benzocaïne

Figure 08 : Mécanisme d’action de la benzocaïne [7].

5. Pharmacocinétique

La benzocaïne
enzocaïne est mal absorbée
absorbé par la peau intacte, bien
en absorbée par les muqueuses. L
Le
degré d’absorption de la benzocaïne par la peau et les muqueuses augmente avec la surface
de celles-ci, la présencee de lésions, les coupures, les abrasions et la quantité de l’anesthésique
local appliqué. La benzocaïne est métabolisée par les cholinestérases du plasma et du foie, en
produisant le PABA. Elle est excrétée par voie urinaire [19].

6. Indications thérapeutiques
thérapeutique

 La benzocaïne seule (TOPEX® 20% gel) est indiquée en anesthésie locale de contact de la
muqueuse de la cavité buccale avant intervention douloureuse.

 En association avec :
La néomycine (ENZYMICINE® bâton pour usage dentaire, NEOCONES® cône pour usage
-La
dentaire) : Traitement adjuvant des alvéolites après contrôle
contrôle et nettoyage de l’alvéole ;
L’oxyde de zinc, le butoforme, le résorcinol et l’hydroxyquinoléine (NESTOSYL®
-L’oxyde
pommade) : Traitement symptomatique local du prurit, en particulier
particulier suite aux piqures
d’insectes ;
La résorcine et l’amyléine chlorhydrate (PARACAMF® solution pour usage dentaire) :
-La
Traitement adjuvant des alvéolites après contrôle
con et nettoyage de l’alvéole ;
-L’enoxolone, le bromure sesquihydraté (PHLEBOCREME®
romure de dodéclonium, et l’esculoside sesquihydraté
crème rectale, PHLEBOSUP suppositoires, SEDORRHOIDE CRISE HEMORROIDAIRE®
®

crème rectale, SEDORRHOIDE CRISE HEMORROIDAIRE® suppositoire) : Traitement


symptomatique des manifestations douloureuses et prurigineuses anales en particul
particulier dans la
crise hémorroïdaire ;
Le chlorhydrate de cinchocaïne et de tétracaïne (TRUE TEST® dispositif transdermique
-Le
N°5) : Ce médicament est à usage diagnostique uniquement, il aide au diagnostic des
allergènes responsables
onsables d'un eczéma de contact [18].

25
Revue de la littérature Chapitre II : Etude de la benzocaïne

7. Posologie et mode d’administration

 La benzocaïne seule (TOPEX® 20% gel) : Application locale, unique ou réitérée, d'une petite
quantité de gel sur la muqueuse buccale.

 En association avec :

-La néomycine (ENZYMICINE® bâton pour usage dentaire, NEOCONES® cône pour usage
dentaire) : Application locale stricte. Prélever de façon aseptique dans le flacon puis insérer
un ou deux cônes dans l'alvéole dentaire après contrôle et détersion de l'alvéole. Pour
l'insertion dans une très petite alvéole, il est possible de couper les cônes. La forme des cônes
permet une préhension facile à l'aide d'une précelle ;
-L’oxyde de zinc, le butoforme, le résorcinol et l’hydroxyquinoléine (NESTOSYL®
pommade) : Voie cutanée. Réservé à l'adulte et à l'enfant de plus de 12 ans. Un à trois
applications par jour. L'indication ne justifie pas un traitement prolongé (un à deux jours) ;
-La résorcine et l’amyléine chlorhydrate (PARACAMF® solution pour usage dentaire) :
Application locale stricte.
*Traitement préventif de l'alvéolite: Après l'avulsion, remplir l'alvéole avec deux ou trois
gouttes de produit, associé éventuellement à un pansement alvéolaire ;
*Traitement curatif de l'alvéolite sèche : Déterger soigneusement l'alvéole par lavage à l'eau
tiède additionnée d'un quart de son volume de solution diluée d'eau oxygénée (dix volumes).
L'application du produit pendant un à deux minutes à l'aide d'un petit morceau de gaze permet
grâce à son action anesthésique de pratiquer un petit curetage osseux, destiné à rétablir la
circulation sanguine des parois de l'alvéole. Placer ensuite une mèche de gaze ordinaire
imprégnée de produit suivant le principe chirurgical du pliage accordéon. Laisser à demeure
pendant 24 heures. Un seul pansement suffit habituellement pour obtenir la guérison ;
-L’enoxolone, le bromure de dodéclonium, et l’esculoside sesquihydraté (PHLEBOCREME®
crème rectale, PHLEBOSUP® suppositoires, SEDORRHOIDE CRISE HEMORROIDAIRE®
crème rectale, SEDORRHOIDE CRISE HEMORROIDAIRE® suppositoire) : deux ou trois
suppositoires par jour ;
-Le chlorhydrate de cinchocaïne et de tétracaïne (TRUE TEST® dispositif transdermique
N°5) : Pour chaque allergène, la concentration a été fixée de manière à être suffisante pour
déclencher une réaction, même chez des patients faiblement sensibilisés, mais suffisamment
faible pour minimiser les risques de réaction irritante.
Le meilleur emplacement pour appliquer les bandes est la partie supérieure du dos, à environ
cinq cm de part et d'autre de la ligne médiane. Le patient doit conserver le TRUE Test
pendant au moins 48 heures. La bande est ensuite retirée, soit par le patient lui-même, soit par
le médecin. La réaction doit être lue entre 72 et 96 heures après l'application, c'est à dire
lorsque les réactions allergiques sont complètement développées et que les éventuelles
réactions d'irritation bénignes se sont atténuées.
Chez l'enfant, l'innocuité de TRUE Test n'a pas été établie [18].

8. Contre-indications

- Hypersensibilité à la benzocaïne ;
- Sensibilité aux substances méthémoglobinisantes, notamment chez les nourrissons et les
enfants ;
- Sensibilité croisée : Sensibilité générale aux substances du groupe para qui comprend outre
la benzocaïne, la procaïne, le paraphenylènediamine, l’acide para-amino-salicylique,

26
Revue de la littérature Chapitre II : Etude de la benzocaïne

sulfanilamide, l’aniline, les colorants azoïques et les esters du PABA utilisés comme produits
solaires ;
- Hypersensibilité à l’un des constituants de la préparation tel que les stabilisants, les
colorants, les bases… ;
- Personnes ayant une intolérance connue à l’alcool pour les produits qui le contiennent ;
- Enfants moins de deux ans en raison du risque accru de méthémoglobinémie [18, 19].

9. Effets indésirables

- Maux de tête ;
- Hyperthermie ;
- Nausées et vomissements ;
- Aggravation de la sensation douloureuse, rougeur, enflement, ou irritation autour ou à
l’intérieur de la cavité buccale ;
- Réactions allergiques de type eczéma de contact et choc anaphylactique ;
- Rares cas de méthémoglobinémie transitoire [18, 19].

10. Interactions médicamenteuses

Compte tenu des interférences médicamenteuses possibles (antagonisme, inactivation),


l'emploi simultané ou successif d'autres médicaments pour application locale est déconseillé.
Le risque d’interactions entre la benzocaïne et d’autres médicaments est faible. Parce que peu,
voire aucune, quantité de benzocaïne n’est absorbée dans le sang. La toxicité de la benzocaïne
peut être accentuée par l’administration concomitante d’inhibiteurs de la cholinestérase [18,
19].

11. Grossesse et allaitement

11.1. Grossesse

La FDA (United State Food and Drug Administration) a classé la benzocaïne dans la
catégorie C. La catégorie C signifie que les études de reproduction chez l'animal ont montré
un effet négatif sur le fœtus, et qu’aucune étude adéquate et bien contrôlée chez les femmes
n’a été faite, mais les avantages potentiels peuvent justifier l'utilisation du médicament chez
les femmes enceintes en dépit des risques potentiels [20].

11.2. Allaitement

Il n'y a pas de données concernant le passage de la benzocaïne dans le lait maternel.


Cependant, compte tenu du mode d'administration, l'allaitement est possible au décours du
traitement [21].

27
Revue de la littérature Chapitre II : Etude de la benzocaïne

12. Toxicité

La benzocaïne peut causer une méthémoglobinémie, une maladie qui compromet la capacité
des globules rouges à transporter l’oxygène dans le corps, cette maladie est connue sous le
nom de BIM (Benzocaine Induced Methemoglobinemia).

La pathogénèse de la BIM n’est pas totalement comprise, certains chercheurs croient que la
benzocaïne provoque l’oxydation de l’Hb en MetHb qui se produit plus rapidement que la
réduction de la MetHb en Hb, d’autres croient que la benzocaïne est un oxydant indirect car
elle est métabolisée en phenylhydroxylamine qui interagit avec de l’O2 en produisant un
puissant radical libre O2- (anion superoxyde puissant agent oxydant).

Les symptômes de la BIM incluent notamment la confusion, la fatigue, les maux de tête, les
nausées, l’essoufflement, l’altération du rythme cardiaque ainsi que la décoloration de la peau
ou des lèvres (qui deviennent pâles, grises ou bleutées). Ces symptômes peuvent survenir
après une ou plusieurs utilisations, dans un délai variant de quelques minutes à deux heures.
Dans de rares cas, la BIM peut entraîner un état de stupeur, un coma et même la mort [21].

Les facteurs de risque :

-Enfants de moins de six mois ;


-Forte concentration (>20%) de la benzocaïne ;
-Toute anomalie congénitale qui interfère avec la production de l’Hb (les
hémoglobinopathies) tel que : Carence en G6PD, en pyruvate kinase, en MetHb réductase
NADH dépendante ;
-Toute condition médicale qui affecte le transport de l’O2 (ex : Anémie, dysfonctionnement
pulmonaire, atteinte cardiaque) ;
-Acidose métabolique grave parce que la réduction de MetHb en Hb est inhibée en milieu
acide ainsi il est indispensable de maintenir un pH normal chez les patients recevant la
benzocaïne ;
-Les aliments riches en nitrates car ils sont transformés chimiquement par la flore gastro-
intestinale en nitrites qui sont des puissants oxydants de l’Hb [21].

 Le traitement de la BIM :

Le bleu de méthylène est l'antidote spécifique pour la benzocaïne, il augmente la conversion


de la MetHb en Hb en réduisant le taux de l’Hb oxydée. La posologie est de 1 à 2 mg/kg par
dose (ou de 0.1 à 0.2 mg/kg d'une solution à 1%). Le bleu de méthylène doit être administré si
la valeur de la MetHb est supérieure à 30% ou si la toxicité clinique grave est présente. La
décontamination gastro-intestinale avec du charbon n’est généralement pas nécessaire parce
que les gels ou lotions contenant de la benzocaïne sont généralement rapidement absorbés. Si

28
Revue de la littérature Chapitre II : Etude de la benzocaïne

le patient est asymptomatique ou si la valeur de la MetHb est inférieure à 15%, le patient


devrait être observé pendant six heures et ensuite déchargé. En cas de libération, le patient
doit être suivi dans les 24 heures pour tout essoufflement, fatigue croissante ou douleur
thoracique [21].

29
PARTIE II : PARTIE PRATIQUE
Partie pratique Matériel et méthodes

1. Matériel et méthodes

1.1. Obtention de la benzocaïne par synthèse chimique

La synthèse chimique permet de préparer une grande variété d’espèces chimiques, celles-ci
peuvent être identiques aux espèces naturelles ou complètement nouvelles. Elle demeure la
principale voie de synthèse de la plupart des médicaments actuellement commercialisés, soit
par synthèse totale ou par hémisynthèse (synthèse de molécule à partir de composés naturels
qui possèdent déjà une partie de la molécule visée).

Différents procédés ont été proposés pour l’obtention de la benzocaïne, des procédés qui se
font en une seule étape (estérification) à partir de l’acide para-aminobenzoïque et d’autres en
plusieurs étapes (oxydation, estérification, réduction) à partir du para-nitrotoluène.

Dans notre étude, nous allons nous intéresser aux procédés qui se font en une seule étape à
partir du PABA en utilisant un chauffage à reflux et en se basant sur la cristallisation du
produit.

 Principe du chauffage à reflux

Le montage du chauffage à reflux est couramment utilisé en synthèse. Il s’agit d’une


technique rencontrée habituellement au laboratoire, et utilisant une verrerie adaptée aux
quantités de produits utilisés.

Il est constitué d’un réacteur (ballon rodé) surmonté d’un réfrigérant à eau. Le chauffage sera
assuré soit par un chauffe ballon, un bain-marie, un bain de sable ou un bain d’huile. La
température du bain pourra être contrôlée à l’aide d’un thermomètre (figure 09).

Ce chauffage permet d’augmenter la vitesse des transformations chimiques lors des synthèses
en augmentant la température qui est un facteur cinétique. Il permet également d’éviter les
pertes de matière en condensant les vapeurs formées : Du fait de l’augmentation de la
température, certaines espèces chimiques s’évaporent, ces vapeurs se condensent au contact
des parois froides du réfrigérant et retombent dans le milieu réactionnel [22].

30
Partie pratique Matériel et méthodes

Figure 09 : Montage d’un chauffage à reflux.

 Principe de la cristallisation

La cristallisation est une opération de séparation et de purification de produits minéraux ou


organiques qui conduit, grâce à un changement d’état, à partir de leur état liquide à la
formation de solides [23].

 Définition de l’estérification

C’est une réaction qui consiste à faire réagir un alcool avec un acide carboxylique. Il se forme
alors un ester et de l’eau. C’est une réaction lente, sans dégagement de chaleur (athermique) et
limitée [24].

1.1.1. Protocole de synthèse

La benzocaïne est obtenue par estérification du PABA avec l’éthanol en présence de l’acide
sulfurique selon la réaction suivante (figure 10) :

Figure 10 : Réaction de synthèse de la benzocaïne.

31
Partie pratique Matériel et méthodes

Réactifs et matériels utilisés


 Matériels

Le matériel utilisé pour la synthèse et la purification de la benzocaïne est présenté dans le


tableau ci-dessous :

Tableau IV : Matériel de synthèse et de purification de la benzocaïne

Verrerie Appareillage Autres


-Ballon
Ballon monocol à fond plat -Etuve ; -Pissette ;
de 250 ml ; -Balance analytique ; -Spatule ;
-Béchers
Béchers de 40, 100 et de -Hotte ; -Pinces ;
300ml ; -Agitateur ; -Papier
Papier filtre ;
-Eprouvettes
Eprouvettes graduées de 25 -Montage à reflux ; -Papier pH ;
et de 100 ml ; -Support élévateur ; -Barreaux
Barreaux aimantés ;
-Fioles
Fioles de 100, 250 et de -Machine à glace ; -Pince
Pince en bois ;
500ml ; -Plaque chauffante avec -Thermomètre.
Thermomètre.
-Erlenmeyer de 250ml ; agitation magnétique ;
-Entonnoir büchner ; - Pompe à vide.
-Fiole à vide ;
-Cristallisoir ;
-Baguette en verre ;
-Verres de montre ;
-Entonnoir en verre.

 Réactifs

Les réactifs utilisés pour la synthèse et la purification de la benzocaïne sont représentés dans
le tableau V.

Tableau V : Réactifs utilisés pour la synthèse et la purification de la benzocaïne

Réactifs Données physicochimiques Précautions


Acide para Formule brute : C7H7NO2
aminobenzoïque 98% N° CAS : 150-13-0
m/m Mr : 137.13g/mol
PF : 188.5°C
ƍ 1.38g/cm3
ƍ:
Ethanol 96° Formule brute : C2H6O
N° CAS : 64-17-5
Mr : 46.07g/mol
PF: -114°C
PE: 79°C
79
Lot : SZBB1100V
Acide sulfurique 95-97 % Formule brute : H2sSO4
N° CAS : 7664-93-9
Mr : 98.08g/mol

32
Partie pratique Matériel et méthodes

PF: 3°C
3
PE: 337°C
337
Lot : SZBB0730V
Carbonate de sodium Formule brute : CNa2O3
N° CAS : 497-19-8
Mr : 105.99 g/mol
PF : 851°C
ƍ : 2.532g/cm3
Eau distillée Formule brute : H2O
Mr : 18.015g/mol
d:1

Mode opératoire

Etape 1 : Synthèse de la benzocaïne impure

- Dans un ballon de 250ml, introduire progressivement :


- 2.7g de PABA ;
- 40ml d’éthanol.
- Mettre le ballon dans un bain de glace, agiter doucement et ajouter goutte à goutte 2.5ml
d’acide sulfurique ;
- Adapter un chauffage à reflux, et porter le mélange à 100°C pendant 75 mn par chauffage
direct sur plaque chauffante, dans un bain-marie
bain ou dans un bain d’huile.

Etape 2 : Séparation de la benzocaïne

- Laisser refroidir le mélange, verser dans un bécher ;


- Ajouter sous agitation une solution saturée de Na2CO3à 20% jusqu’à l’obtention d’un
pH ≈ 9, il se forme un précipité blanc ;
- Filtrer et essorer sur büchner ;
- Purifier le filtrat par l’une des deux méthodes ci-dessous
ci :
 La cristallisation
- Additionner au filtrat 10ml d’eau distillée ;
- Refroidir dans un bain de glace ;
- Filtrer et essorer sur büchner ;
- La benzocaïne est obtenue sur un papier
papi filtre préalablement pesé ;
- Laisser sécher à l’air libre.
 L’extraction liquide-liquide
liquide
- Mettre le filtrat dans une ampoule à décanter, ajouter 25ml d’éther ;
- Agiter et laisser décanter ;
-Séparer
Séparer les deux phases qui se sont formées, garder la phase organique ;
- Ajouter 25ml d’éther à la phase aqueuse ;
- Agiter et laisser décanter ;
- Séparer les deux phases ;
- Eliminer la phase aqueuse et garder la phase organique ;
- Réunir les deux phases organiques ;
- Ajouter quelques cristaux de sulfate de magnésium anhydre, laisser agir 15 minutes ;
- Filtrer et essorer sur büchner ;

33
Partie pratique Matériel et méthodes

- Eliminer le précipité et garder le filtrat ;


- Evaporer le filtrat sous hotte ;
- Refroidir l’huile obtenue dans un bain de glace jusqu’à solidification ;
- Filtrer sous vide ;
- La benzocaïne est obtenue sur un papier filtre préalablement pesé ;
- Laisser sécher à l’air libre.

Sachant que le PABA et l’éthanol à 96° ne sont pas pures à 100% (PPABA= 98%, Péthanol=
96%) nous devons corriger la masse et le volume à prélever respectivement avant d’entamer
la synthèse.
L’acide para-amino-benzoïque

- Calcul de la masse du PABA réellement pesée (X)

100g du réactif 98% du PABA


Pe 2.7 g
Pe = (2.7 x 100) / 98

Pe = 2.755 g

L’éthanol à 96°

100 ml du réactif 96 ml d’éthanol


V corrigé 40 ml
V corrigé = 40 x 100 / 96 = 41.66 ml

V corrigé= 41.66 ml

34
Partie pratique Matériel et méthodes

1.1.2. Mécanisme réactionnel


réactionne

Acide para-amino-benzoïque
para

Benzocaïne

Figure 11 : Mécanisme réactionnel de la synthèse de la benzocaïne.

35
Partie pratique Matériel et méthodes

1.1.3. Calcul du rendement

[Link]. Définition

Le rendement d’une réaction d’estérification est le rapport de masse expérimentale sur la


masse théorique. Il est exprimé en pourcentage (%) :

Masse expérimentale
R= × 100 (%)
Masse théorique

[Link]. Calcul de la masse théorique de la benzocaïne

La benzocaïne est obtenue par estérification d’une mole de PABA avec une mole d’éthanol,
en présence de l’acide sulfurique comme l’illustre la figure 12 :

PABA Ethanol Benzocaïne Eau


Figure 12 : Réaction de synthèse de la benzocaïne.

Le déroulement de cette réaction de synthèse est résumé dans le tableau VI.

Tableau VI : Tableau d’avancement de la réaction de synthèse de la benzocaïne

PABA + Ethanol Benzocaïne + Eau

Etat initial n1 n2 0 0
Etat intermédiaire n1-X n2-X X X
Etat final n1-Xmax n2-Xmax Xmax Xmax

Selon la réaction mise en jeu, nous avons une mole de PABA qui réagit avec une mole
d’éthanol pour donner une mole de benzocaïne, les coefficients stœchiométriques étant égaux
à 1 ; le réactif limitant est celui qui a la plus petite quantité initiale. Xmax représente le nombre
de moles initiales de ce réactif limitant.

La formule de calcul de la masse théorique de la benzocaïne est la suivante :


n benzocaïne= Xmax = m benzocaïne / Mr benzocaïne

36
Partie pratique Matériel et méthodes

m benzocaïne= Xmax × Mr benzocaïne

Donc la formule de calcul du rendement de la réaction de synthèse de la benzocaïne s’écrit


comme suit :

Masse expérimentale
R= × 100 (%)
Xmax × Mr benzocaïne

1.2. Evaluation de la qualité de la benzocaïne synthétisée

1.2.1. Caractères organoleptiques

Les caractères organoleptiques sont déterminés par une simple observation visuelle des
cristaux obtenus et de la poudre obtenue après purification du produit.

1.2.2. Analyse des cristaux obtenus par microscopie électronique à balayage (MEB)

[Link]. Appareil utilisé

Afin d’étudier les différents échantillons de benzocaïne synthétisée sur le plan


microscopique, nous avons utilisé un MEB de type Philips XL30 couplé à un système
complet de microanalyse EDS (figure 13).

Figure 13: Microscope électronique à balayage Philips ESEM XL-30 couplé à un système
complet de microanalyse EDS.

37
Partie pratique Matériel et méthodes

[Link]. Technique proprement dite

- Déposer l’échantillon de benzocaïne à examiner sur le porte objet du MEB ;


- Recueillir l’image.

1.2.3. Analyse de la solubilité de la benzocaïne synthétisée

[Link]. Définition

La solubilité d’un composé dans un solvant est la quantité maximale pouvant passer en
solution dans un volume donné. Au-delà, la solution est saturée et le composé ne se dissout
plus .Elle est exprimée en g/l ou en mol/l [16].

Comme l’illustre le tableau VII.

Tableau VII : Tableau exprimant la solubilité d’une substance [16]

Les termes descriptifs Volumes approximatifs de solvant en ml /g de substance


Très soluble Inférieur à 1
Facilement soluble de 1 à 10
Soluble de 10 à 30
Assez soluble de 30 à 100
Peu soluble de 100 à 1000
Très peu soluble de 1000 à 10000
Pratiquement insoluble Plus de 10000

[Link]. Mode opératoire

- Dans des tubes à vice, dissoudre 0,1g de la benzocaïne synthétisée dans 250ml, 0,4ml, 0,8ml
et 0,2ml respectivement d’eau distillée, d’alcool éthylique à 96°, d’éther et de chloroforme ;
- Agiter et noter l’observation [26].

1.2.4. Identification de la substance active synthétisée

[Link]. Point de fusion

a. Appareil utilisé

La Pharmacopée Européenne préconise la méthode au tube capillaire. Ainsi, pour déterminer


le point de fusion de la benzocaïne synthétisée nous avons utilisé le BÜCHI melting point
B545 (figure 14).

38
Partie pratique Matériel et méthodes

Figure14 : Fusiomètre de type BÜCHI melting point B545.

b. Technique proprement dite

- Augmenter la température du fusiomètre ;


- Remplir les tubes capillaires fins du fusiomètre avec l’échantillon de benzocaïne ;
- Faire tomber la benzocaïne au fond du tube en tapotant sur ce dernier ;
- Placer les tubes capillaires dans le fusiomètre une fois la température du fusiomètre atteint
84°C (une température inférieure au point de fusion présumé de 5 °C) ;
- Augmenter doucement la température (la vitesse de chauffage est de 1 °C/mn) ;
- Observer à travers la loupe la liquéfaction de la benzocaïne ;
- Lire la valeur du point de fusion après avoir entendu le deuxième bip sonore.

[Link]. Caractérisation par des techniques spectroscopiques

a. Spectroscopie d’absorption dans l’infrarouge

[Link] utilisé

Pour l’identification de notre substance active synthétisée, nous avons utilisé le Perkin Elmer
Spectrum Two FT-IR Spectrometer (figure 15).

39
Partie pratique Matériel et méthodes

Figure 15: Spectromètre FT-IR Perkin Elmer Spectrum Two.

a2. Technique proprement dite :

- Déposer directement l’échantillon de benzocaïne sur le cristal (diamant) ;


- Réaliser l’analyse par le spectrophotomètre.

b. Spectroscopie d’absorption dans l’UV-Visible

b1. Appareil utilisé

Afin d’obtenir le spectre des différents échantillons de benzocaïne synthétisée, nous avons
utilisé un spectromètre UV-VIS de type Perkin Elmer UV/VIS Spectrometer Lambda 25
(figure 16).

40
Partie pratique Matériel et méthodes

Figure 16 : Spectromètre UV-VIS


UV VIS de type Perkin Elmer UV/VIS Spectrometer Lambda 25.

b2. Technique proprement dite

 Préparer une solution de benzocaïne dans l’éthanol 96° à 10-4M :


Dans une fiole de 100 ml peser 165.2 mg de benzocaïne, dissoudre dans un volume
suffisant d’éthanol et compléter au trait
trait de jauge avec le même solvant, faire une dilution
au 1/100 dans le même solvant.
 Réaliser le blanc du spectrophotomètre pour éliminer l’absorbance ddu solvant utilisé
(éthanol à 96°)
 Remplir la cuve avec la solution de benzocaïne à 10-4M ;
 Faire la lecture entre 200et 400 nanomètre.

[Link].
4.3. Caractérisation par des réactions colorimétriques

a. Réactions d'orientation vers la fonction amine primaire : Réaction de Bouchardât

Réactifs utilisés

Tableau VIII : Réactifs


R utilisés dans la réaction de Bouchardât

Réactifs Données physicochimiques Précautions


Eau distillée Formule brute : H2O
Mr : 18.015g/mol
d:1
Iode bisublimé : 99,8% Formule brute : I2
N° CAS : 7553-56-2
Mr : 253.81g/mol
Lot : 940721
Iodure de potassium Formule brute : KI
N° CAS : 7681-11-0
Mr : 166,00 g/mol
PF : 686°C

41
Partie pratique Matériel et méthodes

PE : 1330°C
Perte à la dessiccation (105°) :
max 0.5
0. %
Lot : 61900

Mode opératoire

 Préparation du réactif de Bouchardât

-Le
Le réactif de Bouchardât est une solution iodo-iodurée
iodo iodurée à deux pour cent 2% ;
-Dissoudre
Dissoudre 2g d’iode bisublimé et 4g d’iodure de potassium dans une quantité suffisante
d’eau distillée puis compléter à 100ml avec le même solvant ;
-Conserver le réactif dans un flacon brun [28].

 Technique

A une quantité suffisante de benzocaïne, ajouter quelques gouttes du réactif de Bouchardât,


agiter et noter l’observation [28].
[28

b. Réactionss propres aux amines primaires : Action de l’aldéhyde formique

Réactifs utilisés

Tableau IX : Réactifs
éactifs utilisés dans la réaction de l’aldéhyde formique

Réactifs Données physicochimiques Précautions


Aldéhyde formique Formule brute : CH2O
N° CAS : 50-00-0
Mr : 30,026g/mol
pKa : 13.27
PF : -92°C
PE : -19.5°C
ƍ : 0.8g/cm3

Mode opératoire

Dans un tube à essai, placer une quantité suffisante de benzocaïne et ajouter quelques gouttes
d’aldéhyde formique, agiter et noter l’observation [28].

42
Partie pratique Matériel et méthodes

c. Réactions des amines aromatiques : Diazocopulation

Réactifs utilisés

Tableau X : Réactifs
éactifs utilisés dans la réaction des amines aromatiques

Réactifs Données physicochimiques Précautions


Acide chlorhydrique Formule brute : HCl
N° CAS : 7647-01-0
Mr : 36.46g/mol
Nitrite de sodium Formule brute : NaNO2
N° CAS : 7632-00-0
Mr : 68.99 g/mol
PF :280°C
PE : 320°C
ƍ 2.2g/cm3
ƍ:
Béta naphtol Formule brute : C10H8O
N° CAS : 135-19-3
Mr : 144.169 g/mol
PF :120.85°C
PE : 285.55°C
3
ƍ
ƍ:1.22g/cm
Ammoniaque Formule brute : NH4OH
N° CAS : 1336-21-6
Mr : 33.05 g/mol
PF :-58 °C
PE : 38 °C
pKa:9. à 25°C
pKa:9.25
Eau distillée Formule brute : H2O
Mr : 18.015g/mol
d:1

Mode opératoire

 Préparation des réactifs

- Nitrite de sodium à 2% : Dissoudre 2g de nitrite de sodium dans une petite quantité d’eau
distillée puis compléter à 100ml avec le même solvant ;
Conserver le réactif dans un flacon coloré bien bouché à l’abri de la chaleur et de la lumière.
- Béta naphtol à 1% dans NH4OHdilué au ½ : Dissoudre 1g de béta naphtol dans une petite
quantité de NH4OHdilué au ½ puis compléter à100ml avec le même solvant [29].

 Technique

- Dans un tube à essai, placer une quantité suffisante de benzocaïne, ajouter 2ml d’acide
chlorhydrique et 1ml de nitrite de sodium
sodium à 2%, agiter puis chauffer, laisser refroidir ;
- Au même tube placé dans un bain de glace (5°C),
(5°C) ajouter 1ml de béta naphtol à 1% dans
NH4OHdilué
dilué au ½, agiter puis noter l’observation.

43
Partie pratique Matériel et méthodes

- Dans
ans un second tube à essai
essai servant comme témoin, mettre 2ml d’acide chlorhydrique et
1ml de nitrite de sodium à 2%, agiter puis chauffer, laisser refroidir ;
- Au même tube placé dans un bain de glace (5°C), ajouter 1ml de béta naphtol à 1% dans
NH4OHdilué au ½, agiter puis noter l’observation [29].

1.2.5. Essais
[Link].
.1. Aspect de la solution de benzocaïne synthétisée

a. Test de limpidité

Dans des tubes à essai identiques, de verre neutre, incolore et transparent, d’un diamètre
intérieur de 15-25 mm et à fond plat, comparez le liquide à examiner,, à savoir la solution de
benzocaïne dans l’éthanol, avec l’eau
l’ distillée et l’éthanol à 96° [26].

b. Degré de coloration d’une solution de benzocaïne

Réactifs utilisés

Tableau XI : Réactifs
éactifs utilisés dans la détermination du degré de coloration
Réactifs Données physicochimiques Précautions
Chlorure ferrique 97% Formule brute : Cl3Fe
N° CAS: 7705-08-0
Mr : 162.20 g/mol
PF : 304°C
PE : 306°C
Lot : SZBC0710V
Chlorure de cobalt Formule brute : Cl2 Co. 6H2O
N° CAS : 7791-13-1
Mr : 237.93 g/mol
PF :735°C
PE : 1049°C
Lot : B7791131-04-1
Sulfate de cuivre Formule brute : CuSO4
N° CAS : 7758-98-7
Mr:159.609g/mol
PE : 650°C
ƍ :3.6g/cm3
Acide chlorhydrique Formule brute : HCl
N° CAS : 7647-01-0
Mr : 36.46g/mol
Eau distillée Formule brute : H2O
Mr : 18.015g/mol
d:1

44
Partie pratique Matériel et méthodes

Préparation des solutions

- Solutions primaires

 Solution jaune

Dissoudre 46g de chlorure ferrique dans 900ml d’un mélange de 25ml d’acide chlorhydrique
et de 975mld’eau distillée. Puis compléter à 1000ml avec le même mélange [16].

 Solution rouge

Dissoudre 60g de chlorure de cobalt dans 900ml d’un mélange de 25ml d’acide chlorhydrique
et de 975mld’eau distillée. Puis compléter à 1000ml avec le même mélange [16].

 Solution bleue

Dissoudre 63g de sulfate de cuivre dans 900ml d’un mélange de 25ml d’acide chlorhydrique
et de 975mld’eau distillée. Puis compléter à 100ml avec le même mélange [16].

- Solutions étalons

A partir des trois solutions primaires, nous procédons à la préparation des solutions étalons
qui sont au nombre de cinq [16], résumées dans le tableau XII.

Tableau XII : Les solutions étalons [16]


Volumes en millilitres
Solution Solution jaune Solution Solution bleue Acide chlorhydrique
étalon (ml) rouge (ml) (ml) à 10g/l de HCl (ml)
B (brun) 3.0 3.0 2.4 1.6
JB (jaune- 2.4 1.0 0.4 6.2
brun)
J (jaune) 2.4 0.6 0.0 7.0
JV (jaune- 9.6 0.2 0.2 0.0
vert)
R (rouge) 1.0 2.0 0.0 7.0

- Solutions témoins

Les solutions témoins sont préparées à partir des solutions étalons [16], comme l’illustre le
tableau XIII.

45
Partie pratique Matériel et méthodes

Tableau XIII : Les solutions témoins [16]

Solutions témoins B
Solution témoin Solution étalon B (ml) Solution chlorhydrique à 1%
P/V en HCl (ml)
B1 75.0 25.0
B2 50.0 50.0
B3 37.5 62.0
B4 25.0 75.0
B5 12.5 87.5
B6 5.0 95.0
B7 2.5 97.5
B8 1.5 98.5
B9 1.0 99.0
Solution témoin JB
Solution témoin Solution étalon JB (ml) Solution chlorhydrique à 1%
P/V en HCl (ml)
JB1 100.0 0.0
JB2 75.0 25.0
JB3 50.0 50.0
JB4 25.0 75.0
JB5 12.5 87.5
JB6 5.0 95.0
JB7 2.5 97.5
Solution témoin J
Solution témoin Solution étalon JB (ml) Solution chlorhydrique à 1%
P/V en HCl (ml)
J1 100.0 0.0
J2 75.0 25.0
J3 50.0 50.0
J4 25.0 75.0
J5 12.5 87.5
J6 5.0 95.0
J7 2.5 97.5
Solution témoin JV
Solution témoin Solution étalon JV (ml) Solution chlorhydrique à 1%
P/V en HCl (ml)
JV1 25.0 75.0
JV2 15.0 85.0
JV3 8.5 91.5
JV4 5.0 95.0
JV5 3.0 97.0
JV6 1.5 98.5
JV7 0.75 99.25
Solution témoin R
Solution témoin Solution étalon JB (ml) Solution chlorhydrique à 1%
P/V en HCl (ml)
R1 100.0 0.0
R2 75.0 25.0
R3 50.0 50.0
R4 37.5 62.5
R5 25.0 75.0
R6 12.5 87.5
R7 5.0 95.0

46
Partie pratique Matériel et méthodes

- Solution à examiner

Dissoudre 1g de benzocaïne dans 10 ml d’éthanol. Agiter jusqu’à dissolution complète.

Technique proprement dite

Dans des tubes à essai identiques,


identiques, de verre neutre, incolore et transparent d’un diamètre
intérieur de 15-25mm
25mm et à fond plat. Comparer le liquide à examiner aux différentes solutions
témoins. Apprécier les nuances à la lumière du jour [26].

[Link]. Acidité ou alcalinité

Réactifs utilisés

Tableau XIV : Réactifs


R utilisés dans l’essai acidité ou alcalinité

Réactifs Données physicochimiques Précautions


Ethanol 96% Formule brute : C2H6O
N° CAS: 64-17-5
Mr : 46.07g/mol
PF: -114°C
PE: 79°C
79
Lot : SZBB1100V
Phénolphtaléine Formule brute : C20H14O4
N° CAS : 77-09-08
Mr : 318.3g/mol
PF: 258 à 263°C
Zone du virage : pH=8.2 (incolore) à
pH=10.0(rose)
Hydroxyde de sodium Formule brute : NaOH
N° CAS: 1310-73-2
Mr : 39.997g/mol
PF: 318°C
PE: 1390°C
1390
ƍ 2.1g/cm3
ƍ:
Lot : B1310-73-2-0913-011
Eau distillée Formule brute : H2O
Mr : 18.015g/mol
d:1

47
Partie pratique Matériel et méthodes

Préparation des réactifs

a. Phénolphtaléine

Dissoudre 0.1g de phénolphtaléine dans 80ml d’éthanol et compléter à 100ml avec de l’eau.

b. Eau exempte de CO2

Faire bouillir de l’eau distillée pendant quelques minutes puis laisser refroidir à l’abri de l’air.

c. Solution d’hydroxyde de sodium à 0.01M


0.

Dissoudre 0.4g
4g de NaOH dans 100ml d’eau distillée. Puis faire une dilution au 1/100 [26].

Technique proprement dite


di

- Dans un erlenmeyer dissoudre 0.5g de benzocaïne


nzocaïne dans 10ml d’éthanol 96° neutralisé au
préalable en présence de 0.05ml de solution de phénolphtaléine ;
- Ajouter 10ml d’eau exempte de dioxyde de carbone ;
-Titrer
Titrer avec une solution de NaOH à 0.01M jusqu’à jusqu’à apparition d’une coloration rose
persistante de l’indicateur.

La solution reste incolore et le virage de l’indicateur ne nécessite pas plus de 0.5ml de NaOH
à 0.01M [26].

1.2.6.. Détermination de la teneur en principe actif par protométrie en milieu non aqueux

[Link]. Réactifs utilisés

Tableau XV : Réactifs utilisés dans la détermination de la teneur en principe actif


Réactifs Données physicochimiques Précautions
Acide perchlorique Formule brute : HClO4
N° CAS : 7601-90-3
Mr : 100.459g/mol
pKa : -8
PF : -112°C
PE : 19°C
d : 1.7
Acide acétique glacial Formule brute : C2H4O2
99% N° CAS : 64-19-7
Mr : 60.05 g/mol
d : 1.05
Lot : 83310
Bicarbonate de potassium Formule brute : KHCO3
N° CAS : 298-14-6
Mr : 100.11 g/mol

48
Partie pratique Matériel et méthodes

PF : 100 à 200°C
ƍ : 2.17g/cm3
Violet cristallisé Formule brute : C25H30CIN3
N° CAS : 548-62-9
Mr : 400.98g/mol
PF: 205°C
205
Lot : #SLBF2007V
Le virage pH0.0 (jaune) – pH
1.8 (bleu violet)

[Link]. Préparation des solutions

a. Solution du violet cristallisé

- Dans
ans une fiole de 100 ml dissoudre 0.1 g du violet cristallisé dans un volume suffisant
d’acide acétique puis compléter avec le même solvant jusqu’au trait de jauge.

b. Solution d’acide perchlorique 0.1 M

Par définition
 La densité signifie que : 1litre de solution pèse d Kg (1000 d g)
 La pureté signifie que : 100g de solution
solution contient P g d’acide perchlorique
1 litre 1000 d (g) m HClO
H 4

100 g P (g)
m = 10 d P (g)

La masse dans un litre c’est la concentration pondérale Cp


Donc : Cp = 10 d P
La concentration molaire : Cm = Cp / Mr
Cm = 10 d P / Mr
Cm = 10 x 1.7x 71 / 100 = 12.07 mol/l

Cm = 12.07 mol/l

Cmère x Vprélevé = Cfille x Vfille


Vprélevé= Cfille x Vfille/Cmère
Vprélevé= 0.1 x 250 / 12.07 = 2.07 ml
Vprélevé= 2.07 ml

49
Partie pratique Matériel et méthodes

- Dans une fiole de 250 ml mélanger un volume suffisant de l’acide acétique glacial avec 2.07
ml d’acide perchlorique compléter jusqu’au trait de jauge avec le même solvant.

c. Préparation de la solution étalon de bicarbonate de potassium 0.05 M

- Dissoudre la prise d’essai de bicarbonate de potassium dans 30 ml d’acide acétique glacial ;


- Refaire cette opération deux fois.

[Link]. Mode opératoire

a. Essai de sensibilité du violet cristallisé

- A 50 ml d’acide acétique glacial ajouter deux gouttes du violet cristallisé. La solution est
bleu pourpre ;
- Ajouter 0.1ml d’acide perchlorique 0.1M, la solution vire au bleu-vert [15].

b. Détermination du titre de l’acide perchlorique

- A la solution étalon de bicarbonate de potassium préalablement préparées, ajouter 0.05 ml


du violet cristallisé une coloration bleu-violacée apparaît ;
- Titrer avec la solution d’acide perchlorique 0.1M jusqu’au virage au jaune, noter le volume
de fin de titrage;
- Refaire cette opération deux fois [15].

Tableau XVI : Tableau représentant les prises d’essai du bicarbonate de potassium et les
volumes de fin de titrage par l’acide perchlorique
Prise d’essai (mg) Volume de fin de titrage (ml)
Pe1 = 150.12 V1 = 21.8
Pe2 = 153.64 V2 = 22.6
Pe3 = 148.95 V3 = 21.5

c. Dosage de la benzocaïne par l’acide perchlorique

- Faire dissoudre la prise d’essai de la benzocaïne dans 30ml d’acide acétique glacial ;
- Ajouter 0.05ml du violet cristallisé une coloration bleu-violacée apparaît;
-Titrer avec la solution d’acide perchlorique 0.1M jusqu’au virage au jaune, noter le volume
de fin de titrage;
- Refaire cette opération deux fois [15].

Tableau XVII : Tableau représentant les prises d’essai de la benzocaïne et les volumes de fin
de titrage par l’acide perchlorique
Prise d’essai (mg) Volume de fin de titrage (ml)
Pe1 = 150.40 V1 = 13.6
Pe2 =153.56 V2 = 13.5
Pe3 = 151.50 V3 = 13.7

50
Partie pratique Résultats et discussion

2. Résultats et discussion

Dans notre étude, nous ne pouvons pas séparer la discussion des résultats, car pour passer à
l’étape de la détermination de la teneur en principe actif et le reste des essais nous devons
confirmer que nous avions réellement obtenu la benzocaïne.

2.1. Calcul du rendement de la réaction

2.1.1. Détermination du réactif limitant

- Calcul de la quantité initiale du PABA

Soit n1 le nombre de mole du PABA


n1 = mPABA / MrPABA

n1 = 2.7 / 137.13= 0.0197mol

n1=0.0197 mol

- Calcul de la quantité initiale de l’éthanol

Soit n2 le nombre de mole de l’éthanol


n2 = méthanol / Mréthanol
n2 = Véthanol ×ƍ éthanol / Mréthanol

n2 = 40 × 0.789 / 46.07 = 0.685 mol

n2= 0.685 mol


Le réactif limitant de la réaction d’estérification est le PABA car n1 < n2
Xmax = n1 = 0.0197 ml

Tableau XVIII : Nombre de moles mises en jeu.

PABA + Ethanol Benzocaïne + Eau


Etat initial (valeur en 0.0197 0.685 0 0
mole)
Etat intermédiaire (en 0.0197-X 0.685 –X X X
fonction de X)
Etat final (en fonction de 0.0197- Xmax 0.685-Xmax Xmax Xmax
Xmax)
Etat final (valeur en mole) 0 0.6653 0.0197 0.0197

51
Partie pratique Résultats et discussion

2.1.2. Calcul de la masse théorique de la benzocaïne

n benzocaïne = Xmax = m benzocaïne / Mr benzocaïne

m benzocaïne = Xmax × Mr benzocaïne

m benzocaïne = 0.0197 × 165.2

m benzocaïne = 3.25g

2.1.3. Calcul du rendement

Masse expérimentale
R= × 100 (%)
Masse théorique

 Calcul du rendement de la synthèse en utilisant le bain-marie

Après le séchage nous avons effectué la pesée :

m benzocaïne exp = masse totale – poids du papier filtre


m benzocaïne exp = 2.69 – 1.10 = 1.59 g
m benzocaïne exp = 1.59 g
R1 = (1.59/3.25) x 100 = 48.92%

R1 = 48.92%

 Calcul du rendement de la synthèse en utilisant le bain d’huile

Après le séchage nous avons effectué la pesée :


m benzocaïne exp = masse totale – poids du papier filtre
m benzocaïne exp = 2.13 – 0.55
m benzocaïne exp = 1.58 g
R2 = (1.58/3.25) x 100 = 48.62%

R2 = 48.62%

52
Partie pratique Résultats et discussion

 Calcul du rendement de la synthèse en chauffant directement sur la plaque


chauffante

Après le séchage nous avons effectué la pesée :


m benzocaïne exp = masse totale – poids du papier filtre
m benzocaïne exp = 3.25 – 1.12
m benzocaïne exp = 2.13 g
R3 = (2.13/3.25) x 100 = 65.54%

R3 = 65.54%

Le meilleur rendement a été obtenu par chauffage direct sur plaque chauffante.

2.2. Evaluation de la qualité de la benzocaïne synthétisée

2.2.1. Caractères organoleptiques

L’analyse visuelle de la benzocaïne synthétisée portant sur l’aspect et la couleur a révélé des
cristaux blancs (chauffage direct sur plaque chauffante) et une poudre cristalline blanche
(chauffage au bain d’huile). Ce résultat est conforme aux spécifications de la Pharmacopée
Européenne.

Figure 17: Benzocaïne sous forme de cristaux blancs.

53
Partie pratique Résultats et discussion

Figure 18: Benzocaïne sous forme de poudre cristalline blanche.

Figure 19: Benzocaïne sous forme de cristaux blancs après recristallisation.

2.2.2. Analyse des cristaux obtenus par microscopie électronique à balayage (MEB)

L’observation des échantillons de la benzocaïne au microscope électronique à balayage à


différentes échelles (20µm, 50 µm, 100 µm et 200 µm) a permis d’apprécier l’aspect des
cristaux (figure 20 et 21).

54
Partie pratique Résultats et discussion

kkf

Figure 20 : Observation au microscope électronique de la benzocaïne synthétisée (les cristaux


blancs obtenus par chauffage directe sur plaque chauffante à 100°C).

Figure 21 : Observation au microscope électronique de la benzocaïne synthétisée (la poudre


cristalline blanche obtenue par chauffage au bain d’huile à 100°C).

55
Partie pratique Résultats et discussion

L’analyse des échantillons de la benzocaïne au MEB confirme l’aspect cristallin de la


molécule avec une surface lisse.

2.2.3. Analyse de la solubilité de la benzocaïne synthétisée

- La benzocaïne est très peu soluble dans l’eau distillée (1g dans 2500ml) ;
- Facilement soluble dans l’alcool éthylique 96°, l’éther et le chloroforme (1g dans 8ml, 4ml,
2ml respectivement), comme l’illustre la figure 22.

Figure 22 : La solubilité de la benzocaïne dans l’eau, l’alcool éthylique, l’éther et le


chloroforme.

2.3. Identification de la substance active synthétisée

2.3.1. Détermination du point de fusion

Le point de fusion de la benzocaïne doit être compris dans l’intervalle suivant : [89°C-92°C]
selon la Pharmacopée Européenne.

Le point de fusion de chaque échantillon de benzocaïne est déterminé trois fois, une moyenne
de ces trois valeurs est calculée.

 La benzocaïne sous forme de cristaux :

PF1 = 90.0 °C
PF2 = 91.0 °C
PF3 = 90.9 °C
PF moy = (90.0 + 91.0 + 90.9) / 3 = 90.6 °C

PF moy = 90.6 °C

56
Partie pratique Résultats et discussion

Le point de fusion de la benzocaïne sous forme de cristaux est de : 90.6 °C. Cette valeur est
comprise dans l’intervalle exigé par la Pharmacopée Européenne.

 La benzocaïne sous forme de poudre cristalline :

PF1 = 89.6 °C
PF2 = 90.0 °C
PF3 = 90.3 °C
PF moy = (89.6 + 90.0 + 90.3) / 3 = 89.9 °C

PF moy = 89.9 °C

Le point de fusion de la benzocaïne sous forme de poudre cristalline est de : 89.9 °C. Cette
valeur est comprise dans l’intervalle exigé par la Pharmacopée Européenne.

2.3.2. Caractérisation par des techniques spectroscopiques

[Link]. Spectroscopie d’absorption dans l’infrarouge

Après analyse par spectroscopie d’absorption dans l’infrarouge des trois échantillons de la
benzocaïne synthétisée, nous avons obtenu les spectres ci-dessous :

Figure 23: Spectre d’absorption dans l’infrarouge de la benzocaïne sous forme de poudre
cristalline blanche (chauffage au bain d’huile à 100°C).

57
Partie pratique Résultats et discussion

Figure 24: Spectre d’absorption dans l’infrarouge de la benzocaïne recristallisée (chauffage au


bain-marie à 100°C).

Figure 25 : Spectre d’absorption dans l’infrarouge de la benzocaïne sous forme de cristaux


blancs (chauffage sur plaque chauffante à 100°C).

58
Partie pratique Résultats et discussion

Figure 26 : Spectre infrarouge de référence de la benzocaïne selon le CLARKE


CLARKE.

Les principaux pics d’absorption dans l’infrarouge de la


l benzocaïne sont : 1280, 1598, 1170,
1315 et 1634 cm-1.

Après
près comparaison des différents spectres obtenus de la benzocaïne synthéti
synthétisée avec celui de
référence, nous avons remarqué qu’ils sont comparables.
compara

Les pics caractéristiques des différentes fonctions sont retrouvés et sont représ
représentés dans le
tableau XIX. La figue 27 montre les trois parties de la benzocaïne donnant les pics
caractéristiques.

Fonction ester

Cycle aromatique

Fonction amine

Figure 27 : Structure chimique de la benzocaïne.

59
Partie pratique Résultats et discussion

Tableau XIX : Pics d’absorption des différentes fonctions dans l’infrarouge

Types de liaison Valeurs Benzocaïne Benzocaïne Benzocaïne


théoriques de synthétisée synthétisée synthétisée
référence (chauffage (chauffage au (chauffage au
cm-1 direct sur bain-marie) bain d’huile)
plaque cm-1 cm-1
chauffante)
cm-1
Elongation (N-H) 1650-1550 1633.21 1633.48 1633.29
Elongation (C=C) 1600-1500 1592.89 1593.99 1593.64
aromatique
Elongation (C-N) 1350-1250 1309.69 1309.75 1309.86
Elongation(C-O) 1320-1250 1271.90 1272.69 1273.07
Elongation (C=O) 1250-1100 1170.10 1170.26 1170.38
aromatique

[Link]. Spectroscopie d’absorption dans l’UV-Visible

La benzocaïne dissoute dans l’alcool éthylique 96° absorbe dans l’UV et présente deux
maximums d’absorption caractéristiques de la molécule (293nm et 220nm), et c’est conforme
aux données de la littérature.

Figure 28: Spectre d’absorption dans l’UV-VIS de la benzocaïne sous forme de cristaux
(chauffage direct sur plaque chauffante à 100°C).

60
Partie pratique Résultats et discussion

Figure 29: Spectre d’absorption dans l’UV-VIS de la benzocaïne sous forme de poudre
cristalline (chauffage au bain d’huile à 100°C).

Figure 30: Spectre d’absorption dans l’UV-VIS de la benzocaïne recristallisée (chauffage au


bain-marie à 100°C).

61
Partie pratique Résultats et discussion

Figure 31:: Spectre d’absorption dans l’UV-VIS


l’UV de référence de la benzocaïne selon le
CLARKE.

2.3.3. Caractérisation par des réactions colorimétriques

[Link]. Réactions d’orientation vers la fonction amine primaire aromatique


aromatique: Réaction de
Bouchardât

C’est une réaction d’orientation vers la fonction amine primaire aromatique


aromatique, l’action du
réactif de Bouchardât sur la fonction amine de la benzocaïne conduit à la formation d’un
précipité de périodures brun- chocolat.

Figure 32:: Réaction de la benzocaïne avec le réactif de Bouchardât.

62
Partie pratique Résultats et discussion

[Link].. Réactions propres aux amines primaires: Action de l’aldéhyde formique

C’est une réaction propre aux amines primaires, conduisant à la formation d’u
d’un dérivé
méthylénique (figure 33)) sous forme d’un précipité blanc (figure 34).

Figure 33 : Réaction de la benzocaïne avec l’aldéhyde formique.

Figure 34 : Apparition d’un précipité blanc.

[Link].. Réactions des amines aromatiques : La diazocopulation

C’est une réaction d’orientation vers la classe des amines primaires aromatiques conduisant à
la formation d’un précipité rouge orangé
or ngé (composé azoïque) (figure 37
37), cette réaction se
déroule en deux étapes :

63
Partie pratique Résultats et discussion

- La diazotation :

Figure 355: Réaction de diazotation de la benzocaïne.

- La copulation : en milieu alcalin avec le béta naphtol

Figure 36:: Réaction de la copulation avec le béta naphtol.

64
Partie pratique Résultats et discussion

Figure 37: Apparition d’un précipité rouge orangé.

2.4. Essais

2.4.1. Aspect de la solution de benzocaïne synthétisée

[Link]. Test de limpidité

En comparant notre solution de benzocaïne avec l’eau et l’éthanol 96°, on déduit qu’elle est
limpide comme l’illustre la figure 38 :

Figure 38 : Résultat du test de limpidité.

65
Partie pratique Résultats et discussion

[Link]. Degré de coloration

 Comparaison de la solution de benzocaïne à la gamme étalon brune

Figure 39 : Solution de benzocaïne préparée et la gamme étalon brune.

Après comparaison de la solution de benzocaïne préparée avec la gamme étalon brune, nous
avons remarqué qu’elle ne présente pas une coloration brune.

 Comparaison de la solution de benzocaïne à la gamme étalon jaune-brune

Figure 40 : Solution de benzocaïne préparée et la gamme étalon jaune-brune.

Après comparaison de la solution de benzocaïne préparée avec la gamme étalon jaune-brune,


nous avons remarqué qu’elle ne présente pas une coloration jaune-brune.

66
Partie pratique Résultats et discussion

 Comparaison de la solution de benzocaïne à la gamme étalon jaune

Figure 41 : Solution de benzocaïne préparée et la gamme étalon jaune.

Après comparaison de la solution de benzocaïne préparée avec la gamme étalon jaune, nous
avons remarqué qu’elle ne présente pas une coloration jaune.

 Comparaison de la solution de benzocaïne à la gamme étalon jaune-verte

Figure 42 : Solution de benzocaïne préparée et la gamme étalon jaune-verte.

Après comparaison de la solution de benzocaïne préparée avec la gamme étalon jaune-verte,


nous avons remarqué qu’elle ne présente pas une coloration jaune-verte.

67
Partie pratique Résultats et discussion

 Comparaison de la solution de benzocaïne à la gamme étalon rouge

Figure 43 : Solution de benzocaïne préparée et la gamme étalon rouge.

Après comparaison de la solution de benzocaïne préparée avec la gamme étalon rouge, nous
avons remarqué qu’elle ne présente pas une coloration rouge.

D’après les résultats de la comparaison de la solution de benzocaïne préparée avec les


différentes gammes étalons, à savoir la brune, la jaune-brune, la jaune, la jaune-verte et la
rouge. Nous concluons que la solution de benzocaïne est incolore.

2.4.2. Acidité ou alcalinité

Le volume d’hydroxyde de sodium 0.01M nécessaire pour l’appréciation du virage de


l’indicateur coloré est de 0.4 ml n’excédant pas 0.5ml qui est exigé par la Pharmacopée
Européenne.

Figure 44 : Résultat de l’essai d’acidité ou alcalinité

68
Partie pratique Résultats et discussion

2.5. Détermination de la teneur en principe actif par protométrie en milieu non aqueux

2.5.1. Détermination du titre de l’acide perchlorique

1 mole de bicarbonate de potassium 1 mole d’acide perchlorique


Pe / MrKHCO3 de bicarbonate de potassium 1 mole d’acide perchlorique
Pe de bicarbonate de potassium MrKHCO3 x CHClO4 x VHClO4

Pe = MrKHCO3 x CHClO4 x VHClO4


Donc: CHClO4 = Pe / (MrKHCO3 x VHClO4 )
CHClO4 = Pe / (100 x VHClO4 )

Application numérique :

C1 = Pe1 / (100 x V1) = 150.12 / (100 x 21.8) = 0.0688 M


C2 = Pe2 / (100 x V2) = 153.64 / (100 x 22.6) = 0.0679 M
C3 = Pe3 / (100 x V3) = 148.95 / (100 x 21.5) = 0.0692 M

Tableau XX : Tableau représentant les prises d’essai du bicarbonate de potassium et les


volumes de fin de titrage par l’acide perchlorique et les concentrations.

Prise d’essai (mg) Volume de fin de titrage (ml) Concentration C (M)


Pe1 = 150.12 V1 = 21.8 0.0688
Pe2 = 153.64 V2 = 22.6 0.0679
Pe3 = 148.95 V3 = 21.5 0.0692

La moyenne (X) = (C1+C2+C3) / 3 = (0.0688+0.0679+0.0692) / 3 = 0.0686M

X= 0.0686M

∑( )
L’écart type = ( )

X : la moyenne des concentrations

n : nombre des échantillons

( ) ( ) ( )
L’écart type = ( )

( . . ) ( . . ) ( . . )
L’écart type = ( )

69
Partie pratique Résultats et discussion

L’écart type = 0.000676

L’écart type permet de traduire le degré de précision (reproductibilité) des différentes


mesures qui ont été faites par la même méthode de dosage en définissant un intervalle de
confiance : [X - écart type ; X+ écart type], dans lequel au moins deux des trois
concentrations doivent être incluses.
Notre intervalle de certitude est : [0.0679 ; 0.0693] dans lequel les concentrations obtenues
dans les trois essais sont incluses.

2.5.2. Dosage de la benzocaïne par l’acide perchlorique

1 mole de benzocaïne 1 mole d’acide perchlorique


mcalculée / Mrbenzocaïne de benzocaïne 1 mole d’acide perchlorique
mcalculée de benzocaïne Mrbenzocaïne x CHClO4 x VHClO4
mcalculée = Mrbenzocaïne x CHClO4 x VHClO4
mcalculée = 165.2 x 0.0686 x VHClO4
mcalculée = 11.33 x VHClO4

Application numérique :

mcalculée1 = 11.33 x V1 = 11.33 x 13.6 = 154.09 mg


mcalculée2 = 11.33 x V2 = 11.33 x 13.5 = 152.96 mg
mcalculée3 = 11.33 x V3 = 11.33 x 13.7 = 155.22 mg

Tableau XXI : Tableau représentant les volumes de fin de titrage par l’acide perchlorique et
les masses calculées de la benzocaïne.

Volume de fin de titrage (ml) Masse calculée (mg)


V1 = 13.6 mcalculée1 = 154.09
V2 = 13.5 mcalculée2 = 152.96
V3 = 13.7 mcalculée3 = 155.22

 Calcul de la teneur

La teneur (T) = (mcalculée / Pe) x 100 (%)


T1 = (154.09 / 150.40) x 100 = 102.4 %
T2 = (152.96 / 150.40) x 100 = 101.7 %
T3 = (155.22 / 150.40) x 100 = 103.2 %

70
Partie pratique Résultats et discussion

Tableau XXII: Tableau représentant les volumes de fin de titrage par l’acide perchlorique, les
masses calculées de la benzocaïne et les teneurs.

Volume de fin de titrage (ml) Masse calculée (mg) Teneur (%)


V1 = 13.6 mcalculée 1 = 154.09 T1 = 102.4
V2 = 13.5 mcalculée 1 = 154.09 T2 = 101.7
V3 = 13.7 mcalculée 3 = 155.22 T3 = 103.2

La moyenne (X) = (T1+T2+T3) / 3 = (102.4 + 101.7 + 103.2) / 3 = 102.4 %

X= 102.4 %

∑( )
L’écart type = ( )

X : la moyenne des concentrations

n : nombre des échantillons

( ) ( ) ( )
L’écart type = ( )

( . . ) ( . . ) ( . . )
L’écart type = ( )

L’écart type = 0.75

L’écart type permet de traduire le degré de précision (reproductibilité) des différentes


mesures qui ont été faites par la même méthode en définissant un intervalle de confiance: [X -
écart type ; X+ écart type], dans lequel au moins deux des trois teneurs doivent être incluses.
Notre intervalle de certitude est : [101.65 ; 103.15] dans lequel deux des teneurs obtenues
dans les trois essais sont incluses.

Selon la Pharmacopée Européenne la teneur de la benzocaïne doit être comprise entre 99.0%
et 101.0%.

La teneur de notre matière première est de 102.4%, valeur acceptable mais il faut insister sur
la purification par recristallisation pour éliminer le maximum d’impuretés.

71
Conclusion

L’objectif principal de notre travail était l’obtention de la benzocaïne par synthèse chimique
en se basant sur la réaction d’estérification de l’acide para-amino-benzoïque.

Dans un premier temps, nous avons procédé à la synthèse chimique de la benzocaïne et nous
avons obtenu un bon rendement avec les trois méthodes de chauffage utilisées, le meilleur
rendement était obtenu avec le chauffage direct sur plaque chauffante.
Dans un deuxième temps, nous nous sommes intéressées à la caractérisation et l’identification
de la benzocaïne synthétisée, sachant que c’est une matière première monographiée, pour cela
nous nous sommes basées sur les différentes techniques de la Pharmacopée Européenne.

La benzocaïne obtenue a subi un contrôle physicochimique à savoir la détermination de ses


caractères organoleptiques, l’analyse de ses cristaux au microscope électronique à balayage,
l’analyse de sa solubilité dans différents solvants et les résultats obtenus étaient conformes à
la monographie.

Nous nous sommes intéressées également à l’identification de la benzocaïne synthétisée pour


cela, nous avons utilisé des méthodes spectrales (infrarouge et ultraviolet-visible) et les
spectres obtenus ont bien montré la présence des pics caractéristiques cités dans le CLARKE.
Les réactions colorimétriques ont confirmé la présence d’une fonction amine primaire
aromatique. La valeur du point de fusion était comprise dans l’intervalle exigé par la
monographie.

Les difficultés rencontrées tout au long de notre travail sont de deux ordres, d’abord les
difficultés concernant la partie théorique, plus précisément l’étude de la benzocaïne, qui nous
a posée beaucoup de problèmes vue le manque de documentation sur cette molécule, et les
difficultés sur le plan pratique concernant la détermination de la teneur en principe actif.

Dans notre travail, nous avons obtenu la benzocaïne en utilisant un procédé qui se fait en une
seule étape à partir de l’acide para-amino-benzoïque, mais il existe d’autres procédés qui se
font en plusieurs étapes : Oxydation, estérification et réduction comme le procédés à partir du
para-nitrotoluène qui peut faire l’objet d’un autre thème de mémoire.

72
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infrarouge. In : Atkins PW. Chimie analytique Partie V Les méthodes spectrochimiques. 8e
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[35] Rouessac A, Rouessac F, Cruché D. Spectrométrie d’absorption de l’ultraviolet et du
visible. In: Rouessac A, Rouessac F. ANALYSE CHIMIQUE: Méthodes et techniques
instrumentales modernes, Cours et exercices corrigés. 6e éd. Paris: DUNOD; 2004. p. 141-
160.
[36] Atkins PW. Spectroscopie d’absorption moléculaire: La spectroscopie d’absorption
moléculaire dans l’ultraviolet et le visible. In: Atkins PW. Chimie analytique Partie V Les
méthodes spectrochimiques. 8e éd. Bruxelles: de boeck/cole, cengage learning; 2004. p. 784-
792.
[37] Atkins PW. Introduction aux méthodes spectrochimiques: Les limites de validité de la loi
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Bruxelles: de boeck/cole, cengage learning; 2004. p. 729-730.
[38] Bouakkaz BA. Rappel des méthodes analytiques: Méthodes protométriques. In:
Bouakkaz BA. Contrôle physico-chimique des médicaments. Université de Canstantine III;
2013. p. 3.

75
LISTE DES ANNEXES
Annexe I : Principe des techniques
 Principe de la microscopie électronique à balayage

La microscopie électronique à balayage est un outil indispensable dans l’exploration du


monde microscopique. Son utilisation est courante en biologie, chimie, médecine, géologie,
métallurgie ainsi qu’en mécanique. Comme son nom l’indique, elle utilise un faisceau
d’électrons produit par une cathode. L’interaction entre ces électrons et l’échantillon
provoque la formation d’électrons
électrons secondaires de plus faible énergie, qui est amplifiée puis
détectée et convertie en un signal électrique. Ce processus est
est réalisé en chaque point de
l’échantillon par un balayage du microscope. Ainsi, l’image est obtenue séquentiellement
point par point en déplaçant le faisceau d’électrons primaires sur la surface de l’échantillon.
Le rapport entre le format de l’écran et celui de la zone balayée sur l’échantillon détermine le
grandissement (figure 45) [31,
31, 32].
32

Figure 45 : Schéma récapitulatif du principe de fonctionnement d’un MEB.

76
 Principe de la détermination du point de fusion
La température de fusion d’une espèce chimique correspond à la température à laquelle la
dernière particule solide de substance passe à l’état liquide. C’est une constante sûre, dont la
détermination pourra permettre à la fois l’identification et la vérification de l’absence de
substances étrangères. Toute modification de cette valeur permet d’affirmer une non-identité
ou un défaut de pureté. Cependant, cette détermination ne pourra en aucun cas préciser la
nature de l’impureté.

Pour déterminer le point de fusion, la Pharmacopée préconise soit le bloc de Maquenne, soit
le point de fusion en tube capillaire. D’autres procédés classiques existent comme le banc de
Kofler [27].

 Principe de la spectroscopie d’absorption dans l’infrarouge


 La spectroscopie infrarouge

La spectroscopie IR est basée sur l’interaction de la lumière IR avec le nuage électronique des
liaisons chimiques. L’absorption d’énergie permet à un électron d’une liaison chimique de
passer d’un état fondamental à un état excité. Dans le cas de la spectroscopie d’absorption IR,
le rayonnement émis par la source polychromatique n’est généralement pas assez énergétique
pour provoquer des transitions électroniques, mais il induit des transitions entre les niveaux
d’énergie vibrationnelle. Lors de cette interaction, il y a émission de radiations à des
longueurs d’onde différentes de celle de la radiation incidente.

Il existe deux grands types d’appareils. Leurs différences résident essentiellement dans le
système de sélecteurs de longueurs d’onde. Les premiers spectromètres infrarouges sont de
type dispersif, les seconds sont de type non dispersif (les spectromètres FT-IR de l’anglais
Fourier Transform InfraRed). Ces derniers ont été développés pour apporter une réponse aux
limitations des spectromètres dispersifs qui ne peuvent mesurer l'intensité que dans une
gamme réduite de longueurs d'onde à un instant donné. La difficulté principale à résoudre
était celle de la lenteur de l’acquisition. Il était indispensable d’imaginer un dispositif
mesurant toutes les fréquences simultanément. Ce dispositif est l’interféromètre [34].

 La spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier

Le rayonnement IR provenant de la source est polychromatique, tout d'abord séparé par


l’interféromètre en deux faisceaux équivalents dont l'un est focalisé sur une cellule de

77
référence et l'autre sur une cellule contenant l'échantillon, ce dernier
dernier traverse alors le
compartiment échantillon et est recombiné au faisceau de référence grâce à un miroir à
secteur tournant. Ce faisceau recombiné passe ensuite par la fente du monochromateur à
réseau. Le monochromateur consiste le plus souvent en un réseau
réseau capable de disperser le
rayonnement incident en ses diverses longueurs d'onde. Ce réseau est de plus en rotation
constante afin de pouvoir focaliser chaque longueur d'onde l'une après l'autre sur un détecteur.
Le détecteur le plus utilisé est un détecteur
détecteur pyroélectrique. Il s'agit d'un cristal de Deuterium
Tryglycine Sulfate (DTGS). En dessous d'une température connue comme “point de Curie”,
les corps ferroélectriques, comme le DTGS, montrent une forte polarisation spontanée entre
certaines faces du cristal.
istal. Si la température d'un tel cristal varie, sous l'action d'un
rayonnement IR, sa polarisation varie. On obtient ainsi une variation de tension fonction de la
variation de température du cristal. Ce détecteur détecte les variations de température et lles
transforme en variation d’intensité. Cette différence d'intensité permet alors facilement
d'obtenir la transmittance (T), qui s'exprime généralement en pourcentage (%). L'intensité du
faisceau qui arrive au détecteur est traduite sous forme d'interférogramme,
d'interférogramme, qui est ensuite
traité par Transformée de FOURIER. L'acquisition des interférogrammes et leurs
transformations en spectres sont assurées par un mini-ordinateur
mini ordinateur incorporé au spectromètre
(figure 46) [33, 34].

Figure 46 : Schéma du principe d’un spectromètre FT-IR


IR.

78
 Principe de la spectroscopie
pectroscopie d’absorption dans l’UV-Visible
l’UV Visible
La spectroscopie d’absorption dans l’UV et le visible est une méthode très commune dans les
laboratoires. Elle est basée sur la propriété des molécules d’absorber
d’absorber des radiations
lumineuses dans la plage spectrale s’étendant du proche ultraviolet au très proche infrarouge,
soit entre 180 et 1100 nm. D’une manière générale elle apporte peu d’information
d’informations
structurales, mais elle a, en revanche, beaucoup d’applications
ications en analyse quantitative. Les
spectromètres UV/Visible permettent d’obtenir le spectre des composés examinés sous la
forme d’un tracé de l’absorbance en fonction des longueurs d’onde repérées en abscisses
(figure 47) [35, 36].

 Loi d’absorption de la lumière - loi de Beer-Lambert

Soit une lumière monochromatique traversant une solution absorbante de concentration C


contenue dans une cuve d’épaisseur l. Une partie de ce rayonnement sera absorbée par
l’échantillon et une partie sera
sera transmise. Bouguer, Lambert et Beer ont étudié la
transmittance T qui est une mesure de l’atténuation d’un faisceau lumineux monochromatique
basée sur la comparaison entre l’intensité lumineuse transmise (I)
( ) et l’intensité incidente ((I0)
[37].

On obtient alors la relation connue sous le nom de loi de Beer-Lambert :


A = - log T = e ×l ×C
e : le coefficient d’absorption molaire donné en cm-1 .mol-1.l
l : la longueur de la cuve donnée en cm
C : la concentration de la solution donnée en mol.l-1
 Validité de la loi de Beer--Lambert
La loi de Beer-Lambert
Lambert s'applique pour des radiations monochromatiques et sa validité est
bonne lorsqu'on travaille avec des solutions suffisamment diluées pour ne pas modifier les
propriétés des moléculess (association, complexation …) [37].

79
Figure 47 : Principe de fonctionnement d’un spectrophotomètre UV
UV-VIS.

 Principe de la protométrie en milieu non aqueux

La protométrie en milieu non aqueux met en jeux des réactions acide/base dans des solvants
autres que l’eau comme l’acide acétique.

Elle est mise en œuvre quand :

- Le composé à doser est insoluble dans l’eau ;


- La force de l’acide ou de la base est trop faible pour être dosé en milieu aqueux ;
- Un mélange de polyacides ou polybases [38].

80
Annexe II : Pictogrammes de sécurité

Inflammable Dangereux pour l’environnement

Nocif, irritant Risque mutagène

Corrosif Toxique

Xn Nocif Comburant

81
Annexe III : Pharmacopée Européenne et CLARKE

82
83
84
Résumé
La benzocaïne est un anesthésique local très ancien, de la famille des amino-esters dérivant de l’acide
para-aminobenzoïque. Il s’agit d’un anesthésique local utilisé en application topique dans des
préparations pour soulager le prurit ou encore les crises hémorroïdaires.
Notre travail a porté sur la synthèse chimique de la benzocaïne ensuite, la caractérisation
physicochimique de cette molécule en adoptant une série de tests et de réactions décrites dans la
Pharmacopée Européenne.
Nous avons obtenu la benzocaïne par une réaction d’estérification du PABA, et ceci avec différentes
techniques de chauffage (chauffage au bain-marie, au bain d’huile ou directement sur plaque
chauffante), le meilleur rendementétait obtenu par chauffage direct sur plaque chauffante.
La benzocaïne obtenue sous forme d’une poudre cristalline blanche ou de cristaux blancs a subi un
contrôle physicochimique. L’analyse de ces derniers au MEB a confirmé l’aspect cristallin de la
molécule avec une surface lisse. L’analyse de sa solubilité dans différents solvants (eau, éthanol, éther
et chloroforme) était conforme aux données de la Pharmacopée.
Pour l’identification de la benzocaïne synthétisée, nous avons utilisé des méthodes spectrales (IR et
UV-VIS), des réactions colorimétriques et la détermination du point de fusion. Le spectre IR obtenu
était superposable avec le spectre de référence, le spectre UV-VIS a montré la présence des deux
maximums d’absorption caractéristiques de la benzocaïne, et la valeur obtenue du point de fusion était
comprise dans l’intervalle exigé par la monographie. La présence d’une fonction amine primaire
aromatique dans la structure de la benzocaïne a été confirmée par les réactions colorimétriques. La
teneur en principe actif déterminé par protométrie en milieu non aqueux était légèrement supérieure
aux normes exigées.
Donc dans l’ensemble, la benzocaïne synthétisée répondait aux exigences de la Pharmacopée
Européenne, et les résultats étaient satisfaisants.
Mots clés :Benzocaïne, anesthésique, PABA, synthèse, identification.

Abstract
Benzocaine is a very old local anesthetic, from the family of amino esters derived from para-amino
benzoic acid. It’s a local anesthetic which is used topically in preparations to relieve itching or
hemorrhoidal crises.
Our work has focused on the chemical synthesis of benzocaïne, then physicochemical characterization
of this molecule through a series of tests and reactions described in the European Pharmacopoeia.
We obtained benzocaine by an esterification reaction of PABA, and this with different heating
methods (heating in a water bath, an oil bath or directly on hot plate), the best return was obtained by
direct heating on a hot plate.
Benzocaine obtained as a white crystalline powder or white crystals underwent a physicochemical
control. The analysis of these lasts in a SEM confirmed the crystalline appearance of the molecule with
a smooth surface. The analysis of its solubility in various solvents (water, ethanol, ether and
chloroform) was in accordance with data of the Pharmacopoeia.
To identify the synthesized benzocaine, we used spectral methods (IR and UV-VIS), colorimetric
reactions and determining the melting point. The IR spectrum obtained was superimposed with the
reference spectrum, UV-VIS spectrum showed the presence of two absorption maxima characteristic
of benzocaine and the value obtained of the melting point was within the range required by the
monograph. The presence of an aromatic primary amine function in the structure of the benzocaine
was confirmed by the colorimetric reactions. The active ingredient content determined by protometry
in a non-aqueous environment was slightly higher than the required standards.
So overall, the synthesized benzocaine responds to the requirements of the European Pharmacopoeia,
and the results were satisfactory.
Keywords: Benzocaine, anesthetic, PABA, synthesis, identification.

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