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Cours EUFRAT

Ce document présente des notions sur le rayonnement solaire, y compris le calcul de l'éclairement d'une surface par le rayonnement solaire et les différents types de panneaux solaires. Il décrit la constante solaire, les types de rayonnement (direct et diffus), ainsi que les méthodes de calcul du flux solaire en fonction de divers facteurs tels que l'angle d'incidence et les conditions atmosphériques. Enfin, il aborde les contributions du rayonnement solaire global reçu par une surface et les méthodes pour évaluer ces contributions.

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Cours EUFRAT

Ce document présente des notions sur le rayonnement solaire, y compris le calcul de l'éclairement d'une surface par le rayonnement solaire et les différents types de panneaux solaires. Il décrit la constante solaire, les types de rayonnement (direct et diffus), ainsi que les méthodes de calcul du flux solaire en fonction de divers facteurs tels que l'angle d'incidence et les conditions atmosphériques. Enfin, il aborde les contributions du rayonnement solaire global reçu par une surface et les méthodes pour évaluer ces contributions.

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EnR

NOTIONS SUR LE RAYONNEMENT


SOLAIRE – méthode EUFRAT

1 GENERALITES

L’objet de ce cours est de présentée succinctement quelques notions sur le rayonnement


solaire et notamment le calcul de l’éclairement d’une surface par celui-ci. Ensuite, les
différents types de panneaux solaires seront décrits et les notions de rendement abordées.

2 RAYONNEMENT SOLAIRE

2.1 Généralités

Le flux solaire extraterrestre reçu par la Terre s’élève à une valeur proche de 1400 W/m2 pour
une surface plane perpendiculaire aux rayons et placée au-delà de l’atmosphère. Cette valeur
est aussi appelée constante solaire. Ce flux a une répartition spectrale voisine de celle d’un
corps noir à 6000 K (figure 1). Environ 47% de l’énergie est disponible dans le spectre visible
(0,4 à 0,7 m), 46% dans l’infra rouge et 7% dans l’ultraviolet.

Figure 1 : Spectre énergétique du rayonnement solaire (Bertolo, TI-B2015)

Ces valeurs subissent des variations saisonnières mais dont l’impact sera négligé dans le cadre
de ce cours.

A la traversée de l’atmosphère le rayonnement solaire interagit avec les gaz la composant (N 2,


O2, O3, H2O, etc.) et les particules en suspension. Ces phénomènes d’absorption, diffusion et
réflexion aboutissent à une atténuation du rayonnement. Le rayonnement solaire qui arrive au
sol se décompose ainsi en rayonnement direct et diffus.

• rayonnement direct : en provenance directe du disque solaire. Son intensité


dépend de la masse d’atmosphère traversée et de sa qualité (coefficient de trouble
atmosphérique)
• rayonnement indirect : les éléments diffusants présents dans l’atmosphère
entraînent la diffusion d’une fraction du flux direct en provenance du disque
solaire. La diffusion moléculaire due aux gaz donne la couleur bleue au ciel,
tandis les aérosols sont responsables de la couleur laiteuse. A éclairement
constant, l’intensité du rayonnement est multipliée par trois lorsque la couleur du
ciel passe du bleu foncé au blanc laiteux. L’aspect du ciel est caractérisé par le
coefficient de trouble atmosphérique. La diffusion par aérosols est
particulièrement importante dans les villes et les zones industrielles.

La présence de nuage vient renforcer le phénomène de diffusion et de réflexion. Ainsi, par


temps couvert, le rayonnement au sol est environ égal à 20-25% de celui reçu par ciel clair.

Le phénomène de réflexion existe également au niveau du sol et est caractérisé par la valeur
de l’albedo () qui représente le rapport du flux réfléchi sur le flux incident. Pour la neige
fraîche l’albedo est égal à 0,8. Il est inférieur à 0,10 pour les mers et les océans. Pour les
autres cas la valeur moyenne de 0,20 est couramment utilisée.

diffus ciel

diffus
nuage
direct

réfléchi
sol

Figure 2 : représentation des différentes provenances de rayonnements atteignant une paroi


verticale

2.2 Détermination du flux solaire : approche théorique

La combinaison des mouvements de la Terre et du Soleil conditionne la quantité d’énergie


solaire reçue en un point du globe à un instant donné. La Terre décrit un mouvement
elliptique autour du Soleil qui occupe l’un des foyers de l’ellipse ainsi décrite. Le plan formé
par l’orbite de la Terre et le centre du Soleil est appelé plan écliptique (figure 3).
21 mars
N Equinoxe de printemps

N N 22 décembre
 = 23°27’ Solstice d’hiver
Plan de l’écliptique
 = -23°27’
22 juin
Solstice d’été
N

21 septembre
Equinoxe d’automne

2
Figure 3 : Mouvement de la Terre autour du Soleil (hémisphère nord pour la référence aux
saisons)

D’autre part, la Terre tourne autour d’elle-même autour d’un axe N/S passant par les pôles
géographiques. Une rotation complète s’effectue en 24h environ. Le plan perpendiculaire à
l’axe de rotation de la Terre et passant par son centre est appelé plan équatorial. L’angle
formé par la droite passant par le centre de la Terre et celui du Soleil et par le plan équatorial
est appelé déclinaison et est noté  (figure 3). La combinaison de ces mouvements résulte en
une trajectoire du Soleil dans le ciel différente suivant les saisons (hauteur du soleil et durée
d’ensoleillement)

Pour décrire en un lieu précis la course du Soleil, on utilise deux repères :


• un repère géocentré sur la Terre qui est donnée par l’axe des pôles et le plan
équatorial
• un repère centré sur l’observateur, défini par le plan de l’horizon et la normale
associée (verticale). Cette normale est aussi appelée zenith.

Dans ces deux repères, la position du soleil peut être notée grâce à des coordonnées
angulaires. L’unité de tous les angles présentés ci-après est le degré (°).

Repère géocentré

Chaque point, et donc en particulier la position du Soleil, peut être repéré par sa déclinaison 
et son angle horaire  (figure 4).
N
méridien du lieu

zenith

 

Figure 4 : Coordonnées dans le repère géocentré

Le positionnement du soleil dans ce repère est décrit à partir de sa déclinaison  et son angle
horaire  pour une latitude  donnée.

La latitude est l’angle du zenith par rapport au plan équatorial. La latitude de Paris est
48°51’ Nord (N) soit un angle  = + 48,85° celle de Sydney est 33°57’ S soit  = - 33,95° (on
compte positivement dans l’hémisphère Nord et négativement pour le Sud).

La déclinaison du soleil est considérée comme constante pour une journée donnée. Elle peut
être approximée à 1° près à l’aide de la formule suivante :

 = 23, 45 sin (0 , 986  J − 80 )

3
où J est le numéro du jour (1 pour le 1er Janvier et 365 pour le 31 Décembre). La déclinaison
varie de –23°27’ au solstice d’hiver à 23°27 à celui d’été. Elle est nulle aux équinoxes.

A un instant t, exprimé en temps solaire vrai (TSV), l’angle solaire en degré est donné
simplement par :

 = 15 ( t − 12 )

Le temps solaire vrai, t, est donné par la relation suivante :


t = TU + + t
15

où  est la longitude (comptée positivement vers l’est), TU le temps universel (temps GMT)
qui se réfère au méridien de Greenwich et t un facteur correctif dû aux variations de la
vitesse de rotation de la Terre. Cette correction est de 15 min au maximum et sera donc
systématiquement négligée dans le cadre de ce cours.

Pour le temps universel, 15h, heure locale, à Hong-Kong (GMT +8) équivaut à 7h en temps
universel (TU = 15 – 8 = 7h).

Repère centré sur l’observateur

Dans ce repère délimité par l’horizon et la normale ou verticale du lieu (zenith), la position du
Soleil sera repérée par son azimut  et sa hauteur dans le ciel  (figure 5)

zenith méridien du
lieu

zenith Sud
méridien
zenith
du lieu 


  horizon horizon

Figure 5 : Représentation de  et 

Les valeurs de g et y peuvent se déduire des grandeurs utilisées dans le repère géocentré. On a
les relations suivantes :

sin  = cos  cos  cos  + sin  sin 

L’azimut est donné par la relation :

4
sin  cos  cos  − cos  sin 
cos  =
cos 

Attention, l’azimut devra être affectée du signe négatif si le temps solaire vrai (t) pour lequel
le calcul est fait est inférieur à 12 h.

Connaissant la position du soleil, on peut calculer le rayonnement solaire global (G) reçu par
une surface quelconque et donc en particulier un panneau solaire. Ce rayonnement global se
décompose en trois contributions : le rayonnement solaire direct B, le diffus D et le réfléchi R
par l’environnement. Ces différentes contributions sont évaluées en se basant sur la méthode
EUFRAT.

Le flux global Gp reçu par un plan récepteur d’orientation et d’inclinaison quelconques est
donné par :

1 − cos 
G p = B n cos  i + Dp + G h
   2
compsante composante
direct composante
diffuse réfléchie . par . le . sol

Ces différentes contributions sont illustrées sur la figure 6 :

Figure 6 : différentes contributions reçus par une paroi d’orientation quelconque

flux direct

Le rayonnement solaire direct reçu par une surface quelconque s’écrit :

B i = B n cos  i

Bn est le flux direct reçu par une surface normale (perpendiculaire) aux rayons et i est l’angle
d’incidence. L’angle d’incidence est l’angle formé par la direction des rayons solaires avec la
normale du plan considéré. Le cas de la paroi verticale est représenté sur la figure 7.

5
plan récepteur rayon solaire
rayon solaire

i 
normale 


plan sud S
plan récepteur
sol

Figure 7 : impact d’un rayon solaire sur une paroi verticale : vue de côté et vue de dessus

L’angle d’incidence est donné par l’équation suivante :

cos  i = cos  sin  cos ( −  ) + sin  cos 

où  est l’inclinaison du plan par rapport à l’horizontale et  son orientation par rapport au
plan sud, i.e. l’angle entre sa normale et la normale du plan sud. On compte négativement vers
l’Est pour  et  dont l'origine est le plan Sud.

De ces relations on en déduit les expressions du flux direct pour un plan horizontal B h et un
plan vertical Bv :

B h = B n sin 

B v = B n cos  cos ( −  )

La valeur du flux Bn peut être trouvée à partir de relevés météo ou à partir de relations
théoriques :

 − AM .TL 
B n = B 0  r  exp  
 0 , 9 AM + 9 , 4 

où B0 est la constante solaire prise égale à 1367 W/m2, r la correction pour la distance Terre-
Soleil, AM le trajet optique et TL le facteur de trouble de Linke.

La correction de la distance Terre-Soleil est donnée par :

r = 1 + 0 , 034 cos (0 , 986 J − 2 )

6
Le trajet optique par l’expression suivante :

1 − 0 ,1z
AM =
sin 

où z est l’altitude du lieu en km.

Le facteur de trouble de Linke peut être trouvé à partir des expressions suivantes :

• estimation à partir de la vapeur d’eau Pv (hPa) de l’air ambiant et du coefficient de


trouble d’Angström a :

TL = 1, 6 + 16  A + 0 , 5 ln P v

où a est donné par le tableau suivant en fonction de la couleur de ciel :

Type de ciel clair a


bleu profond 0,02
bleu pur 0,05
bleu clair 0,10
bleu laiteux 0,20
blanchâtre 0,50

• estimation moyenne par zone géographique :

TL = T0 + u cos( 0 , 986 J ) + v sin( 0 , 986 J )

To, u et v sont des constantes qui dépendent du type de climat et sont données dans le tableau
suivant :

zone T0 u v
méditerranéenne, côte 3,25 -1,1 -0,15
méditerranéenne, intérieur des terres 3,15 -0,5 -0,05
atlantique 3,25 -0,7 -0,15
continentale 3,75 -0,2 -0,05
grandes agglomérations 4,05 -0,5 -0,1

flux diffus

L’éclairement diffus reçu par un plan horizontal est donné par :

D h = G h − B h = G h − B n sin 

où Gh est le flux global reçu par un plan horizontal. Il est donné par :

G h = r (1270 − 56 TL )(sin  )( TL + 36 ) 33

7
Pour calculer le flux diffus sur un plan d’orientation quelconque, il faut au préalable calculer
le facteur de conversion de la fraction isotrope. La fraction isotrope est notée F, et elle est
égale à

Bn
F =1−
B0  r

Cette fraction représente la part du flux direct disponible hors atmosphère (B 0 r) convertie en
flux diffus lors de son passage dans celle-ci.

Le facteur de conversion de la fraction isotrope est noté Cp. Il est uniquement fonction de
l’inclinaison du plan et représente sa capacité à intercepter le rayonnement diffus en
provenance de la demi-sphère dont le plan occupe le point central. Il est donné par :

1 + cos 
Cp =
2

Ainsi pour un plan horizontal ( = 0°), le facteur de conversion est égal à 1, ce qui signifie
que 100% du flux diffus peut être reçu par le plan. Pour un plan vertical ( = 0°), le facteur de
conversion vaut 0,5 puisque seul le flux diffus en provenance d’une d’un quart de sphère peut
être vu par la face considérée.

Pour le calcul du flux diffus reçu par le plan récepteur Dp, deux cas coexistent :

cos  i
si  C p alors :
sin 

 cos  i 
D p = D h  FC p + (1 − F ) 
 sin  

sinon, on a :

Dp = Dh  Cp

A partir de l’ensemble des équations vues, il est possible de calculer le flux solaire pour
n’importe quel point du globe et à n’importe quelle heure. Par contre, il convient de se
souvenir que le flux ainsi obtenu est un flux théorique c’est à dire valable par temps clair
(présence de nuages non prise en compte dans le modèle).

Les figures 8 illustrent des valeurs de flux obtenues pour différentes orientations, inclinaisons
et saisons pour la ville d’Orly.

8
EnR

1000 1000
direct
direct
diffus
diffus
800 réfléchi alb 800
réfléchi alb
total
total

Flux (W/m2)
Flux (W/m2)

600 600

400 400

200 200

0 0
0 4 8 12 16 20 24 0 4 8 12 16 20 24
Temps (h) Temps (h)

Figure 8a : été, orientation sud, Figure 8b : hiver , orientation sud,


inclinaison 45° inclinaison 45°

1000 1000
direct direct
diffus diffus
800 réfléchi alb 800 réfléchi alb
total total
Flux (W/m2)

Flux (W/m2)

600 600

400 400

200 200

0 0
0 4 8 12 16 20 24 0 4 8 12 16 20 24
Temps (h) Temps (h)

Figure 8c : été, orientation sud, Figure 8d : été, orientation est,


inclinaison 90 ° inclinaison 90 °

2.3 Flux solaire approche pratique

On peut également utiliser des outils disponibles sur Internet comme le logiciel CalSol
développé par l’INES : [Link] Grâce à cet outil on peut
connaître les données climatiques mensuelles, dont l’ensoleillement, pour différentes villes de
France. Les résultats pour Marseille sont reportés ce-dessous :
Figure 9 : Données climatiques pour Marseille

Les définitions des entrées du tableau sont données ci-après :

• Déclinaison solaire : Valeur calculée. Angle formé par la droite reliant la terre au
soleil et le plan équatorial (positif vers le nord). La déclinaison est égale à zéro
aux équinoxes et varie de + 23,45° (21 juin) à - 23,45° (21 décembre). Pour une
démonstration, voir le site suivant, [Link]
[Link]/physique/perso/gtulloue/Soleil/Mouvement/[Link]

• Durée du jour : Valeur calculée. Intervalle de temps qui sépare le lever du coucher
du Soleil pendant lequel les rayons du Soleil éclairent le ciel. Le lever, le coucher
et la durée dépendent de l'époque de l'année et de la latitude.

• Fraction Solaire : Valeur donnée. Rapport entre la durée entre d'ensoleillement et


la durée du jour. La durée d'ensoleillement est mesurée par un héliographe avec
un seuil de 120 watts par mètre carré sur l'intensité du rayonnement lumineux.

• Insolation : Valeur calculée. La durée d'insolation désigne la somme des


intervalles de temps durant lesquels un objet fixe est soumis au rayonnement
solaire direct, c'est à dire par la présence d'ombres portées nettement dessinées.
On considère alors que la production de telles ombres est possible lorsque l'
éclairement par le Soleil a une valeur au moins égale à 120 watts par mètre carré,
ce qui permet de déterminer à chaque instant s'il y a ou non insolation.

• Constante solaire I0 : Valeur calculée. Cette constante est l'irradiance ou encore le


flux d'énergie lumineuse issu du soleil. La variation de cette valeur est fonction de

10
la distance terre soleil provenant de l'exentricité de l'orbite de la terre. Chaque m2,
situé au sommet de l'atmosphère et placé perpendiculairement au rayonnement
reçoit ce jour

• Irradiation solaire extra terrestre IGO : Valeur calculée. C'est l'énergie lumineuse
reçue du soleil à la surface de la terre sans atmosphère, durant une journée (ou un
mois). Cette valeur est calculée en fonction de la constante solaire, de la latitude
du lieu considéré et de la date choisie.

• Irradiation Global Horizontal IGH : Valeur donnée. C'est l'énergie lumineuse


réelle reçue du soleil à la surface de la terre , durant une journée (ou un mois) en
tenant compte des phénomènes météorologiques. Cette valeur peut être mesurée
ou estimée à partir de la fraction solaire

• Indice de Clarté KT : Valeur calculée. L'indice de clarté est le rapport entre


l'Irradiation Global Horizontal (IGH) et Irradiation solaire extra terrestre (IGO).
C'est l'équivalent de la fraction solaire mais en énergie plutôt quand heure
d'ensoleillement.

• Rapport IDH/IGH : Valeur calculée. Ce rapport est estimée à partir de l'indice de


clareté KT et permet de déterminer l'irradiation diffuse Horizontale, notée IDH, et
l'irradiation Directe Horizontale, notée IBH, sachant que IGH = IDH + IBH,
nécessaire pour calculer l' irradiation solaire suivant une inclinaison et une
orientation déterminées.

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