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Ce document traite de l'algèbre des formes modulaires libres sur un sous-groupe de congruence de SL(2, Z), en prouvant que l'algèbre M∗(Γ) est libre si et seulement si la surface de Riemann compacte Γ extbackslash H ∪ P1(Q) est de genre nul. Il établit également des propositions sur la dépendance algébrique des fonctions modulaires et les relations entre elles. Enfin, il démontre que si M∗(Γ) est libre, alors K(Γ) est engendré par une fonction unique, ce qui implique que la surface de Riemann est isomorphe à la sphère de Riemann.

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Ce document traite de l'algèbre des formes modulaires libres sur un sous-groupe de congruence de SL(2, Z), en prouvant que l'algèbre M∗(Γ) est libre si et seulement si la surface de Riemann compacte Γ extbackslash H ∪ P1(Q) est de genre nul. Il établit également des propositions sur la dépendance algébrique des fonctions modulaires et les relations entre elles. Enfin, il démontre que si M∗(Γ) est libre, alors K(Γ) est engendré par une fonction unique, ce qui implique que la surface de Riemann est isomorphe à la sphère de Riemann.

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ALGÈBRE DE FORMES MODULAIRES LIBRES

Soit Γ un sous-groupe de congruence de SL(2, Z). Dans tout ce texte on appelle


fonction modulaire sur Γ une forme modulaire méromorphe de poids 0, c’est-à-dire
une fonction méromorphe sur la surface de Riemann compacte Γ\H ∪ P1 (Q). On
note K (Γ) le corps des fonctions modulaires sur Γ. Enfin, on note
M
M∗ (Γ) = Mk (Γ)
k∈N

l’algèbre des formes modulaires sur Γ. Notre but est la preuve du

Théorème 1. Soit Γ un sous-groupe de congruence de SL(2, Z). L’algèbre M∗ (Γ) est


libre si et seulement si la surface de Riemann compacte Γ\H ∪P1 (Q) est de genre nul.

Puisque le genre de Γ\H ∪ P1 (Q) est aussi la dimension de l’espace vectoriel des
formes paraboliques de poids 2 sur Γ, on en déduit le

Corollaire 2. Soit Γ un sous-groupe de congruence de SL(2, Z). L’algèbre M∗ (Γ) est


libre si et seulement s’il n’existe pas de forme parabolique de poids 2 sur Γ autre que
0.

Proposition 3. Soit Γ un sous-groupe de congruence de SL(2, Z) et f et g deux fonc-


tions modulaires sur Γ. Alors il existe un polynôme P ∈ C[X , Y ] non identiquement
nul tel que P( f , g ) = 0.

Démonstration. Puisque Γ un sous-groupe de congruence de SL(2, Z), on consi-


dère N tel que Γ(N) ⊂ Γ. C’est un sous-groupe normal d’indice fini de SL(2, Z) et
SL(2, Z)/Γ(N) agit sur K (Γ(N)) par
MΓ(N) . . . f (z) = f (M z) (M ∈ SL(2, Z)).
Le corps fixe de cette action est
K (Γ(N))SL(2,Z)/Γ(N) = f ∈ K (Γ(N)) : f (M z) = f (z), ∀M ∈ SL(2, Z)
© ª

= K (SL(2, Z))
= C( j )
de sorte que l’extension C( j ) ⊂ K (Γ(N)) est finie donc algébrique. Soit maintenant
f et g deux éléments de K (Γ). Ils sont tous deux algébriques sur C( j ) donc algébri-
quement dépendant sur C. 
Proposition 4. Soit Γ un sous-groupe de congruence de SL(2, Z) et f , g , h trois formes
modulaires sur Γ. Alors il existe un polynôme P ∈ C[X , Y , Z ] non identiquement nul
tel que P( f , g , h) = 0.
1
2 ALGÈBRE DE FORMES MODULAIRES LIBRES

Démonstration. On note k( f ), k(g ), k(h) les poids respectifs de f , g et h. Puisque


f k(h) h −k( f ) et g k(h) h −k(g ) sont deux fonctions modulaires, on déduit de la proposi-
tion 3 l’existence de P ∈ C[X , Y ] non identiquement nul tel que
³ ´
P f k(h) h −k( f ) , g k(h) h −k(g ) = 0.

On écrit
c(α, β)X α Y β
X
P=
α≤A
β≤B
et le polynôme
c(α, β)X α Y β Z (A−α)k( f )+(B−β)k(g )
X
α≤A
β≤B
annule ( f , g , h). 
Démonstration du théorème 1. On suppose que M∗ (Γ) est libre. On va montrer que
K (Γ) est engendré par une fonction unique (alors appelée Hauptmodul). Soit f ∈
K (Γ). Dans un domaine fondamental fixé de Γ\H , elle n’admet qu’un nombre fini
de pôles qu’on note (en répétant avec multiplicité) a1 , . . . , aq . Si i ∞ est un pôle de f ,
on note ω∞ son ordre, sinon on pose ω∞ = 0. Puisque la forme parabolique primi-
tive ∆ de poids 12 sur SL(2, Z) ne s’annule pas sur H et s’annule en i ∞ à l’ordre 1,
on a
q µ
E4 (ai )3

ω∞ 3
f∆ ∆ ∈ M12(q+ω∞ (Γ)
Y
E4 −
i =1 ∆(ai )
avec E4 la série d’Eisenstein de poids 4 sur SL(2, Z). Il existe donc deux formes mo-
dulaires g et h, de même poids 12k telles que f = g /h.
Puisque M∗ est libre, en tant qu’algèbre elle est engendrée par des formes modu-
laires algébriquement indépendantes sur C. D’après la proposition 4, cette famille
contient au plus deux éléments. Puisque E4 et E6 , la série d’Eisenstein de poids 6 sur
SL(2, Z), sont des formes modulaires de M∗ (Γ) algébriquement indépendantes sur
C, il existe F et G telles que M∗ = C[F,G]. Puisque E4 ∈ C[F,G] l’une au moins des
deux fonctions F et G, disons G est de poids k(G) ≤ 4 et donc k(G) | 12. En notant
k(F ) le poids de F , on a alors
c(α, β)F αG β
X
g=
(α,β)∈N
αk(F )+βk(G)=12k

c(α, β)F αG β .
X
=
(α,β)∈N
αk(F )+βk(G)=k(G)`

Ainsi
¶αδ/k(G)
g F k(G)/δ
µ
c(α, β)
X
=
G` (α,β)∈N G k(F )/δ
αk(F )+βk(G)=k(G)`
ALGÈBRE DE FORMES MODULAIRES LIBRES 3

en notant δ = pgdc (k(F ), k(G)). L’égalité αk(F )+βk(G) = k(G)` implique bien k(G)/δ |
α. Finalement
g
∈ C jΓ
£ ¤
G `
avec
F k(G)/δ
jΓ = k(F )/δ .
G
Puisque
g h −1
µ ¶
f = `
G G`
on en déduit K (Γ) = C( jΓ ). Il en résulte que la surface de Riemann compacte Γ\H ∪
P1 (Q) est isomorphe à la sphère de Riemann P1 (C) et est donc de genre 0. 

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