Examen régional : Académie de Chaouia-Ouardigha (session de juin 2015)
Au milieu de cette ivresse, éclata comme le tonnerre par un beau soleil d'avril, un coup de marteau à
la porte d'entrée. Un silence de mort obscurcit la maison. Au deuxième coup, Rahma cria :
- Qui est là ?
Une voix fragile d'enfant miaula une phrase incompréhensible. Le sang déserta mes joues. Je me
penchai à la fenêtre. Tante Kanza invita l'enfant à pénétrer dans le patio. Après deux minutes d'attente
intolérable, parut la silhouette souffreteuse d'un petit garçon d'une dizaine d'années. Je le reconnus,
c'était Allal El Yacoubi, un élève de notre école coranique. Pris de panique, je me précipitai derrière le
lit, cherchant une cachette. Mes membres tremblaient, mes dents claquaient dans ma bouche, le froid
s'insinuait dans ma poitrine, s'y établissait pour jamais.
Ma mère parlait. Elle disait :
- Il va mieux. Tu remercieras le fqih de t'avoir envoyé prendre de ses nouvelles, tu lui diras qu'il n'est
pas encore assez bien portant pour retourner au Msid. Va, mon fils, qu'Allah t'ouvre les portes de la
connaissance.
La maison se replongea dans un silence épais. Ma mère appela :
- Sidi Mohammed ! Ya, Sidi Mohammed ! Où es-tu ?
Je ne répondis pas.
Elle s'énerva.
- Où es-tu, fils de chien ? Ne peux-tu plus répondre ?
Incapable d'ouvrir la bouche, j'opposai à ces insultes un mutisme offensant.
Elle se lamenta, prit à témoin de son infortune le ciel, la maison, la noble communauté islamique.
- Malheur ! Malheur ! Etre abandonnée de son mari et vivre avec un fils affublé d'une tête de mule est
un si triste sort qu'on n'oserait pas le souhaiter à son ennemi, fût-il un Juif ou un Nazaréen ! Dieu !
Ecoute mes pleurs ! Exauce mes prières.
La porte du ciel devait être grande ouverte. Zineb, partie faire une commission, revint toue essoufflée.
Tout le monde l'entendit crier de la ruelle.
- Mère Zoubida ! Mère Zoubida ! Je t'apporte une bonne nouvelle, une bonne nouvelle !
- Une bonne nouvelle ?
Ma mère s'arrêta de vitupérer contre moi. Zineb, suffoquée par l'émotion, se planta au milieu du patio,
tenta sans y parvenir d'expliquer ce dont il s'agissait. Personne ne comprit le motif de son excitation.
Les femmes avaient abandonné leur ouvrage. Elles regardaient qui par une lucarne, qui par une
fenêtre, Zineb gesticuler au milieu de la cour. Je quittai ma cachette. Zineb s'immobilisa épuisée.
I. ÉTUDE DE TEXTE : (10 points)
A. CONTEXTUALISATION DU TEXTE
1) Recopier et compléter le tableau suivant. (0.25 x 4)
Titre del’œuvre Auteur Genre de l’œuvre Siècle
2) Pour situer le passage, répondez à la question suivante : (1 pt)
-Qu’est ce qui s’est passé juste avant ce passage pour que le fqih envoie Allal El Yacoubi prendre
des nouvelles de Sidi Mohammed ?
B. ANALYSE DU TEXTE
3) Quel est l’élément qui perturba cette « ivresse » ? (1 pt)
4) Relevez dans le texte deux (2) expressions qui montrent la peur ressentie par le narrateur. (1 pt)
5) Pourquoi la maman était-elle en colère ? (1 pt)
6) Quelles étaient les deux causes de l’infortune et du malheur de Lalla Zoubida ? (0,5 pt x 2)
7) Relevez dans le texte quatre mots (4) appartenant au champ lexical de la religion. (0,25 pt x 4)
8) Quelle figure de style est employée dans l’énoncé ? (0,5 pt)
« Une voix fragile d'enfant miaula une phrase incompréhensible. »
-Quel en est l’effet recherché ? (0,5 pt)
C. RÉACTION FACE AU TEXTE
9) D'après votre lecture du roman, quelle est la bonne nouvelle apportée par Zineb ? (1 pt)
10) Dans ce texte, Lalla Zoubida pense que son fils Sidi Mohammed ne l’écoute pas. Ce dernier se
comporte-t-il toujours ainsi à l’égard de ses parents dans tout le roman ? (1 pt)
II. PRODUCTION ÉCRITE : (10 points)
Sujet :
De moins en moins, les gens viennent en aide aux personnes en difficultés ou en danger (personnes
malades, agressées, volées, …).
Que pensez-vous de ce comportement ?
Rédigez un texte argumentatif où vous exprimez votre point de vue en le justifiant par des arguments
et des exemples.