Chapitre II TRACTION COMPRESSION
Introduction
Un aspect très important dans la conception des structures est la détermination de la
capacité de ces dernières à transmettre ou à supporter les charges qui leurs sont appliquées.
Si le but de tout calcul est d’éviter la destruction, les règles de construction exigent
que les contraintes de service soient sensiblement inférieures à celles que devraient supporter
la structure. L’aptitude d’une structure à supporter des charges est appelé la résistance.
L’objectif de ce chapitre est l’étude des méthodes d’évaluation ou de vérification de la
résistance d’un élément de la structure sur la base d’un état de contrainte ou de déformation
connu en un point de l’élément.
Essai de traction
Essai le plus classique, il consiste à exercer sur une éprouvette normalisée (pièce de
dimensions normalisées fabriquée dans le matériau à tester), cylindrique ou parallélépipédique
(plate), deux actions mécaniques et opposées qui vont la déformer progressivement puis la
rompre.
Ces deux sollicitations simples sont distinctes et un certain nombre de matériaux ont un
comportement différent en extension et en compression (par exemple, la fonte grise Ft20 a
pour contrainte limite élastique en extension 20 MPa et pour contrainte limite élastique en
compression 150 MPa). Cependant dans les deux cas nous arriverons aux mêmes relations de
contraintes et de déformations.
Dans un grand nombre d'applications l’une de ces sollicitations sur une pièce entraîne I'autre
sollicitation sur la pièce qui assure la liaison (immobilisation de deux pièces par vis, boulons
ou goujons).
Dans le repère (G, X, y, z) lie a la section, extension et compression se différencieront par le
signe de I'effort normal F > 0 extension, F < 0 compression.
Par sont vecteur normal n.
Définitions :
Une poutre est sollicitée à l'extension simple lorsqu'elle est soumise à deux forces directement
opposées qui tendent à l'allonger et appliquées au centre de la surface des sections extrêmes.
Dans le repère R (G, x, y, z) de définition des sollicitations :
Une poutre "courte" est sollicitée à la compression simple lorsqu'elle est soumise à deux
forces directement opposées qui tendent à la raccourcir et appliquées au centre de la surface
des sections extrêmes.
Contraintes :
Dans les deux sollicitations, extension et compression, elles s'expriment de la même façon :
( dans le cas d’une répartition uniforme des contraintes)
Conditions de résistance :
Pour des raisons de sécurité, la contrainte normale doit rester inférieure à une valeur
limite appelée contrainte pratique à l’extension ou à la compression.
La contrainte pratique ou admissible est obtenu en divisant la limite élastique Re par un
coefficient de sécurité α : ad ≤ Re
Module d'élasticité longitudinale E (N/mm²) ou MPa
Il caractérise la pente de la droite de proportionnalité précédente et l'élasticité du matériau
testé. Plus E est grand, plus le matériau est rigide et inversement.
Exemples : acier E = 200 000 MPa et élastomère E = 1 MPa.
Loi de Hooke
En déformation élastique, la contrainte normale est proportionnelle à l’allongement relatif.
Cette loi, ou équation de la droite OA, traduit la proportionnalité : en MPa, E en MPa et
sans unité).
Limite élastique Re (Mpa)
Elle marque la fin du domaine élastique (au point A). Pour les valeurs supérieures le matériau
ne se déforme plus élastiquement mais plastiquement (l'éprouvette ne retrouve plus ses
dimensions initiales après "déchargement", il subsiste un allongement permanent).
Limite conventionnelle d'élasticité Re 0,2 MPa
On utilise cette détermination pour les courbes de traction où le palier de fin de limite
élastique n'apparaît pas nettement. Pour la mesure de Re on tolère une légère déformation
permanente de 0,2% (A% = 0,2).
Limite maximale Rm (Mpa)
C'est la contrainte maximale que peut supporter le matériau avant d'atteindre la zone de
striction. Utilisé dans le calcul des organes de sécurité. Souvent appelée résistance à la
rupture.
Phénomène d'écrouissage
Surtout employé en compression, il permet d'augmenter la limite élastique Re sans modifier la
résistance à la rupture Rr. Dans un premier temps le matériau est déformé plastiquement avant
point de striction, chemin OB. Au relâchement le "déchargement" se fait suivant la droite BO'
parallèle à OA. Après remise en charge, la nouvelle courbe caractéristique du matériau est
devenue O'BC avec Reb comme nouvelle limite élastique.
Courbe caractéristique de divers matériaux
Exemple d’application :
Soit un barreau de section constante ‘S’ et de longueur ‘l ’, sollicité par un effort de traction N,
comme l’indique la figure ci-contre :
On supposant que le poids du barreau est négligeable, déterminer :
a- la contrainte de traction dans le barreau ;
b- l’allongement de l’extrémité libre B.
On donne :
l = 1.50m , = 30 mm, N= 2t , E =2.105 MPa