TH3196
TH3196
Mémoire
Présenté par
Mohamed CHENNI
Magister
Spécialité : Chimie Moléculaire : Analyse, Modélisation, Synthèse
A mes parents, qu’ils trouvent ici toute ma gratitude pour leur soutien tout au long de mes études
A toute la famille
CHENNI MOHAMED
AVANT-PROPOS
Enfin, j’associe à ces remerciements tous les membres de ma famille, pour leurs
encouragements et toutes les personnes qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation
de ce travail.
Tables des matières
INTRODUCTION GENERALE…............................................................................................2
[Link]……………………………………………………………………………5
III.3. Classification………………………………………………………………………...11
IV. CONCLUSION…………………………………………………………………………...15
[Link] ………………………………………………………………………….17
II.4.1. Caractérisation…………………………………………….....................................28
II.4.1. Caractérisation..……………………………………………...................................31
V. CONCLUSION……………………………………………………………………………48
I. INTRODUCTION ................................................................................................................ 50
II.1.4. Analyse par chromatographie en phase liquide à haute pression (HPLC) ............ 53
V. CONCLUSION ................................................................................................................... 85
Chapitre IV : Etude biologique
I. INTRODUCTION ................................................................................................................ 87
CONCLUSION GENERALE……………………………………………………………….119
BIBLIOGRAPHIE…………………………………………………………………………..122
ANNEXE……………………………………………………………………………………128
Abréviations
Ac : Acétyle
ANRH : Agence Nationale Des Ressource Hydriques
BuOH : Butanol
CC : Chromatographie sur Colonne
CCM : Chromatographie sur Couche Mince
CG/MS : Chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse
CHCl3 : Chloroforme
Cm : Centimètre
DMSO : Diméthylsulfoxide
Fig ou FIG : Figure
g : Gramme
h : Heure
HPLC : Chromatographie en phase Liquide à Haute Pression
I2 : Diiode
INSA : Institut National des Sciences Appliquées
KBr : Bromure de potassium
Kg : Kilogramme
KOH : Hydroxyde de potassium
L : Litre
MeOH : Méthanol
mg : Milligramme
mL : Millilitre
mm : Millimètre
mn : Minute
MV : Matière végétale
N : Normalité
nm : Nanomètre
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
PDA : Potato Dextrose Agar
ppm : Partie par million
PPUR : Presses Polytechniques et Universitaires Romandes
Rdt : Rendement
Tr. : Temps de rétention
% : Pourcentage
°C : Degré Celsius
Résumé
Les principes actifs ou métabolites secondaires des végétaux constituent une source
inépuisable de molécules dotées de propriétés médicamenteuses très recherchées dans le
domaine pharmaceutique.
Le travail que nous avons entrepris porte sur l’étude phytochimique de la racine d’une
plante médicinale Bryonia dioica Jacq., dite Fashira ou Querioua, de la localité de
Bouamama (Oran) et sur l’évaluation de l’activité biologique de son extrait méthanolique.
Les alcaloides, les flavonoides, l’huile essentielle et les tanins, contenus dans
la racine de la Bryone, ont été extraits par différents protocoles expérimentaux. Les méthodes
spectroscopique et chromatographique disponibles que nous avons utilisées nous ont permis
de caractériser les différents principes actifs isolés. La diversité des éléments les composant,
le nombre de combinaison possibles rendent complexe l’établissement de leur structure.
Par ailleurs, les résultats des tests effectués in vitro avec l’extrait méthanolique de la
racine de la Bryone sur des espèces microbiennes, par la méthode de diffusion en milieu
solide, révèlent que l’extrait méthanolique présente une activité vis-à-vis des bactéries testées
et aucune sensibilité n’est observée pour les souches fongiques.
Mots clés : Principes actifs, Bryonia dioica Jacq., Extraction, Analyse, Chromatographie,
Spectroscopie, Activité antimicrobienne
Introduction
Générale
Introduction Générale
Introduction Générale
De par leurs effets thérapeutiques, les principes actifs des végétaux : alcaloïdes,
flavonoïdes, hétérosides, huiles essentielles, quinones, saponosides, tannins, … et vitamines
constituent une source inépuisable de molécules doués de propriétés biologiques et
pharmacologiques très diversifiées.2
De nombreux médicaments renferment des principes actifs extraits des plantes. En effet,
environ 40% des médicaments en contiennent, par exemple en Chine les préparations
traditionnelles à base de plantes représentent entre 30 et 50% de la consommation totale des
médicaments.3
Actuellement, une grande partie de la population mondiale, particulièrement celle des
pays en voie de développement a recours aux remèdes naturels surtout d’origine végétale4.
Par exemple, en Afrique 80% de la population utilise la médication traditionnelle à base
d’extraits de plantes.5
De plus, la médication par les produits de synthèse devient préoccupante car elle présente
de nombreux effets néfastes pour la santé. A cet effet, l’étude de substances actives ou principes
actifs d’origine naturelle moins toxiques et en alternative avec les médicaments de synthèse
suscite un regain d’intérêt des scientifiques, du fait qu’elle permet la mise au point de nouveaux
médicaments. 6
1
Bruneton, J., “Pharmacognosie, Plantes médicinales”, Ed. Lavoisier, Techniques et documentation, Paris, 1999, p.405.
2
a) Beloued, A., “Plantes médicinales d'Algérie”, OPU, Alger. 1998; b) Sallé, J.L., "Le Totum en Phytothérapie’’
Approche de phytothérapie. Ed Frison-Roche. Paris 1991; c) Valnet, J., « Aromathérapie », Traitement des
maladies par les essences de plantes. Ed. Vigot, 2001.
3
Organisation mondiale de la Santé. General Guidelines for Methodologies on Research and Evaluation of
Traditional Medicine. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2002-2005 (référenceWHO/EDM/TRM/2002.1).
4
Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Aide mémoire, N° 134, révisé Mai 2003.
5
Pousset, J.L., Medecine Tropicale, 2006, 66, p.606-609.
6
a) Farnsworth, N. R., Akerele, O., Bingel, A.S., Soejarto, D.D., Guo, Z., Bulletin de l’Organisation mondiale de
la Santé, 1986, 64(2), p.159-175 ; b) Roux, D., Catier, O., “Botanique, pharmacognosie, phytothérapie”, 3ème Ed.
Porphyre, 2007, p.13.
2
Introduction Générale
Notre étude a pour objet de mettre en évidence, en premier lieu les principaux
phytoconstituants de la racine de la Bryone, de tenter d’extraire quelques uns d’entre eux, pour
ensuite les analyser par les méthodes chromatographiques et spectroscopiques.
Notre travail, exposé dans ce mémoire, est partagé en quatre (4) chapitres :
Enfin, une conclusion générale résumera l’ensemble des résultats du travail fourni et les
perspectives envisagées. La composition des réactifs utilisés dans les tests phytochimiques
préliminaires est donnée en annexe.
7
Ouis, N., “Mise en évidence, Extraction et Analyse de quelques principes actifs de l’Anis, du Fenouil et du
Persil”, Mémoire de Magister, Université d'Oran Es-Sénia, 2004.
8
Quezel, P., Santa, S., “Nouvelles Flore De L’Algérie et des Régions Méridionales”, Ed. CNRS, 1963, p.893.
3
Chapitre I
Les Cucurbitaceae
Chapitre I Les Cucurbitaceae
I. INTRODUCTION
Le règne végétal comprend une infinité de plantes. Ces derniers s’utilisent à divers et
multiples fins : alimentaires, ornementales, …et médicinales.
Les plantes sont classées en espèces, genres, ordres, …et familles botaniques. La
famille des Cucurbitaceae comprend environ 825 espèces réparties en 120 genres, pour la
plupart réparties dans les régions subtropicales et tropicales du globe.9 C’est une famille qui
constitue une source d'alimentation importante pour les êtres humains.10
Les Cucurbitaceae sont des plantes annuelles, vivaces à appareil végétatif aérien
généralement herbacé, à tige rampante ou grimpante par des vrilles opposées aux feuilles, qui
s’enroulent dans un sens, puis dans l’autre autour des objets environnants.
Les tiges, assez grêles, souvent cannelées, sillonnées et anguleuses par la présence de
collenchyme, peuvent dépasser 10 m de long.
Au niveau des nœuds se différencie un complexe axillaire comprenant une ou
plusieurs feuilles, une vrille, une ou plusieurs inflorescences, ou encore une ramification. Les
feuilles, alternes et exstipulées, peuvent varier considérablement de forme au sein d'une même
9
Mabberley, D. I., “The Plant Book” Camb. Univ. Press, Cambridge, New York, 1987.
10
Qaiser, M., et A. Perveen, Pak. J. Bot., 2008, 40(1), p.9-16.
11
Encyclopédie Microsoft® Encarta ® en ligne 2008.
5
Chapitre I Les Cucurbitaceae
espèce. Elles sont simples, entières, tri- ou palmatilobées. Plusieurs Cucurbitaceae vivaces
possèdent des racines charnues et volumineuses.12
Les fleurs sont unisexuées (plantes monoïques ou dioïques). Les sépales et les pétales
sont au nombre de cinq (05) généralement et les pétales sont soudés au moins à la base. Les
étamines sont également plus ou moins soudées par les filets.
Chez les fleurs mâles, les étamines sont soudées les unes aux autres. Chez les fleurs
femelles, le gynécée est composé de trois carpelles et d'un ovaire infère qui donnera un fruit.
L'inflorescence que l'on rencontre le plus souvent est une cyme. Une cyme est une
inflorescence simple, dans laquelle l'axe principal est terminé par une fleur (Fig. I.1).13
12
[Link]
13
Roques, H., “Précis de botanique pharmaceutique : Phanérogamie“ Ed. Librairie Maloine, Paris, 1959.
6
Chapitre I Les Cucurbitaceae
Les fruits sont en général des baies à exocarpe, généralement coriace ou induré, ou
plus rarement une capsule sèche ou charnue à déhiscence variable. Ils contiennent des graines
aplaties à albumen fugace ou absent (Fig. I.2).14
La Bryone tire son origine des mots « Bryone » et « bryô » qui signifient
respectivement pousser et vigoureux en grec, puisqu’elle croît très rapidement et pousse
avec vigueur.
14
Spichiger, R. E., Figeat, M., “Botanique systématique des plantes à fleurs : une approche phylogénétique
nouvelle des angiospermes des régions tempérées et tropicales“ Ed. PPUR, Lausanne, 2002, p.413.
7
Chapitre I Les Cucurbitaceae
En Algérie, elle est commune partout dans les régions du Tell et plus rare ailleurs. Elle
pousse parmi les broussailles et dans les forêts.15
El-Hassi
Coca-cola
Rocher
Elle est limitée au Nord par la forêt du Murdjadjou, à l’ouest par la commune de
Misserghin, au Sud par la commune d’Es-sénia (Fig. I.3) 16, à l’Est par la Deuxième Région
Militaire et le Stade Habib Bouakeul (Fig. I.4).
Cette zone est caractérisée par 400 Ha de terrains agricoles et de zone urbaine, constituée par
des terrains meubles, mi-rocheux et rocheux qui représentent environ 160 Ha.17
15
Ait Youcef, M., Brette, J. P., “Plantes Médicinales De Kabylie“ Ed. Ibis Press, 2006, p.75.
16
Sourissou, B., “Etude Hydrogéologique du Massif de Murdjadjou d’Oran“ Ed. ANRH, 1976.
17
Chenni, F. Z., Mémoire de Magister, Département de biologie, Université de Sidi Bel Abbès, 2005.
8
Chapitre I Les Cucurbitaceae
9
Chapitre I Les Cucurbitaceae
10
Chapitre I Les Cucurbitaceae
III.3. Classification
Le genre Bryone comprend douze espèces réparties en Europe et en Asie.18 Toutes les
espèces sont dioïques à part Bryona alba qui est monoïque. Seules les espèces Bryonia alba
Linn. et Bryonia dioica Jacq. sont utilisées en médecine et se distinguent entre elles par la
couleur de leurs baies, les unes sont noires et les autres sont rouges.19
La Bryone dioïque occupe la position suivante dans la classification12 des plantes :
Classe : Dicotylédones
Sous-classe : Dilleniidae
Ordre : Violales
Famille : Cucurbitaceae
Genre : Bryone
Espèce : Dioïque
Le nom scientifique de la Bryone est : Bryonia dioica Jacq. Il faut noter que plusieurs
noms et synonymes lui sont attribués dans la littérature :
Synonymes : Bryonia acuta Desf., Bryonia cretica ssp. dioica (Jaq) Tutin.
Noms Vernaculaires : Fachira, Querioua, âneb d-dib « raisin du chacal », Karma
beida « arbre blanc », Luwwâya « celle qui s’enroule ». 15
Autres noms : Bryone, Bryone dioïque, Couleuvrée, Navet du diable, Vigne blanche,
Herbe de feu, Ipéca indigène.20
18
Bailey, L. H., “The Standard Cyclopedia of Horticulture“, The Mac-MillianCompany, New-York, 1950,
Vol.1, p.453-83.
19
Rendle, A. B., “The Classification of Flowering Plants”, The University Press Cambridge, 1959, Vol.2,
p.216-27.
20
Debelmas, A., Delaveau, P., “Guide des plantes dangereuses“, 2éme Ed. Maloine, Paris, 1978, p.105-106.
11
Chapitre I Les Cucurbitaceae
La Bryone est une plante dioïque : elle possède des fleurs mâles à étamines et des
fleurs femelles à carpelles sur des pieds différents. L’ovaire infère est constitué de trois carpelles.
L’inflorescence est en petit corymbe. C’est une plante vivace, très commune dans les
haies, possédant une racine rameuse, longue, fusiforme, charnue, d’un blanc jaunâtre, à stries
transversales parfois grosse comme le bras.
Ses tiges sont grêles, sarmenteuses, cannelées, velues et grimpantes. Elles peuvent
atteindre 6 m de long. Ses feuilles alternes, palmatilobées, calleuses, rudes au toucher,
présentent à la base de leur pétiole une longue vrille enroulée en spirale. 13
12
Chapitre I Les Cucurbitaceae
Il porte au sommet les restes jaunâtres des stigmates. Il est de couleur verte, puis
orange, puis rouge pourpre à maturité (durant l’automne). Il contient 4 à 6 graines appelées
« pépins ». Elles sont de forme aplatie, elliptique, avec une extrémité arrondie et l’autre
pointue (longueur 5 mm; largeur 3 mm ; épaisseur 2 mm); elles sont dépourvues d’albumen et
sont de couleur jaune à brunâtre. 15
La Bryone présente à la fois des effets toxiques et thérapeutiques par sa racine, son
suc… et ses fruits. Elle a figuré dans la pharmacopée française jusqu’en 1884. Cet intérêt à
cette époque est dû à son emploi à très faibles doses (à raison de 1 à 2 g) comme purgatif
drastique qui a été recommandé dans le traitement des œdèmes,…et des congestions
cérébrales. Toutefois, il faut l’utiliser avec précaution car c’est un remède dangereux pouvant
donner lieu à des diarrhées cholériformes et hémorragiques.21
La racine de la plante Bryone a été employée dans différents pays en médecine
vétérinaire, en usage interne, en médecine populaire comme vomitifs d’où son appellation
ipéca indigène 20 et comme anti-laiteux (pour arrêter l’allaitement en s’opposant à la montée
laiteuse). Cet usage a conduit à des accidents avec vertiges, diarrhées et convulsions.21
21
Paris, R., Moyse, H., “Précis de matière médicale. Tome III : Pharmacognosie spéciale, Dicotylédones“ Ed.
Masson, 1971.
13
Chapitre I Les Cucurbitaceae
En Afrique du Nord le suc de la plante fraîche était employé en usage interne, comme
purgatif très violent et bon vermifuge. En usage externe, Il s’utilise dans le traitement des
ulcères, de la gale et de la lèpre. 22
En Tunisie23 et au Maroc la Bryone est employée prudemment car le contact avec des
racines fraîches, de la poudre de racine ou du suc de la plante provoque sur la peau des
irritations, des rougeurs,… et des inflammations graves qui peuvent suppurer.24La racine est
employée au Maroc en usage interne. Néanmoins, elle entraîne de nombreuses intoxications,
parfois mortelles par surdosages thérapeutiques.25
Aussi la Bryone est un remède populaire utilisé comme purgatif et dans le traitement
de la goutte.26 Elle favorise aussi l'évacuation des mucosités bronchiques. On la recommande
essentiellement en cas d'affections rhumatismales douloureuses et inflammatoires, tels que
l'ulcère du duodénum, l'asthme, les bronchites et les pleurésies.27
Elle fait également baisser la tension artérielle. La plante entière est un antiviral
puissant. Les recherches indiquent qu'elle serait adaptogénique c’est-a-dire qu’elle aiderait
l'organisme à s'adapter au stress.28
En outre, la Bryone est préconisée souvent dans le traitement de nombreux cancers
(colon, abdomen, sein, peau, glande,… etc.) à tous les stades de la cancérogenèse.29
En Algérie, la racine, seule partie de la plante à être utilisée, était employée en usage
interne, comme :
- Purgatif drastique dans les affections rhumatismales
- Diurétique
- Base de préparations homéopathiques.30
22
Le Floc’h, E., “Contribution à une étude ethnobotanique de la flore tunisienne“, Tunis, 1983, p.402.
23
Boukef, M, K., “Les plantes dans la médecine traditionnelle tunisienne“, Ed. Librairie Larose, Paris, 1986, p.350.
24
Bellakhdar, J., “La pharmacopée marocaine traditionnelle“. Ibis Press, Paris, 1997.
25
Charnot, A., “Toxicologie au Maroc. Mémoire de la Société des Sciences Naturelles au Maroc“, Ed. Siège
de l'I.S., Rabat, 1945.
26
Evans, W.C., “A Text Book of Pharmacognosy”, 14th Ed. WB Saunders Company Ltd., 24-28 Oval Road,
London, 1997, p.44, 474, 489-94.
27
Youngken, W.H., “Text Book of Pharmacognosy”, 6th Ed. The Blakiston Division, McGraw Hill Book
Company Inc., New-York, 1950, p.478-658.
28
Paul Iserin., “Encyclopedie des plantes médicinales“, 2éme Ed. Larousse, 2001, p.180.
29
Duke, A. J., DuCellier, J., Duke, K. P., “Handbook of Medicinal Herbs“, 2e Ed, CRC Press, 2002, p.621.
30
Fourement, P., Roques, H., “Répertoire des Plantes Médicinales et Aromatiques d'Algérie“, Imprimerie P.
Guiauchain, Alger, 1942, p.159.
14
Chapitre I Les Cucurbitaceae
IV. CONCLUSION
Il ressort de cette étude que la famille des Curcubitaceae comprend des légumes, des
fruits, des plantes décoratives,… et une plante médicinale : la Bryone. Cette dernière a été très
utilisée par le passé comme purgatif. Outre sa toxicité, elle offre, par ailleurs, tout un éventail
d’activités biologiques : vermifuge, anti-cancérigène, anti-rhumatismale, anti-inflammatoire,
anti-stress…etc. Ses multiples et diverses propriétés thérapeutiques sont dues aux composants
ou principes actifs qu’elle contient. Le chapitre suivant aura pour objectif de mettre en
évidence les principaux phytoconstituants de la racine de la Bryone.
31
Cecchini, T., “Encyclopédie des plantes Médicinales“ Ed. De Vecchi, 1993, p.66.
15
Chapitre II
Screening Phytochimique
Chapitre II Screening phytochimique
I. INTRODUCTION
Le règne végétal renferme deux types de métabolites qui se différencient entre eux par
leur constitution, leur rôle et leur emploi :
Les métabolites primaires (glucides, protides, lipides,… et acides nucléiques) qui sont
présents en permanence chez les plantes et sont indispensables à la croissance et à la
reproduction des plantes.
Les métabolites secondaires ou principes actifs dont la proportion varie selon la famille,
le genre et l’espèce ne sont pas impliqués dans le développement des plantes.
Avant d’entamer nos tests phytochimiques proprement dit sur la racine de la Bryone, Il
nous a semblé judicieux de donner un bref aperçu sur les différents principes actifs des plantes
et sur leur mise en évidence à savoir : Alcaloïdes, flavonoïdes, huiles essentielles,
saponosides,….et tanins.
Les principes actifs sont des molécules de structure assez complexe à propriétés
thérapeutiques très diversifiées.
32
Pengelly, A., “Constituents of medicinal plants“, 2éme Ed. Sunflower Herbals, 1996, p.77-99.
17
Chapitre II Screening phytochimique
Les alcaloïdes ont des masses moléculaires variant de 100 à 900. Ils sont au nombre de
10 000 composés dont le premier à avoir été découvert, en 1803 par Derosne, est la narcotine
de l'opium. Du point de vue chimique, ils sont classés selon la nature du noyau hétérocyclique
présent dans la molécule (Fig. II.1).33
N Me N
Pyridine
Tropane
N
N N
Imidazole Pyrrolizine
Indole H
A titre indicatif, quelques structures d’alcaloïdes sont rassemblées dans la figure II.2.
33
Woolley, J. G., “Plant Alkaloids in Encyclopedia of life sciences“, Nature Publishing Group, 2001.
18
Chapitre II Screening phytochimique
N
N
H
Hygrine
(+) Conïne
HO
N
O
Nicotine N
Quinine
Berbérine Emétine
Codéine
Cocaïne
Les alcaloïdes non oxygénés sont liquides à température ambiante, volatils, entraînables
à la vapeur d’eau comme par exemple la coniine, la nicotine…, par contre les alcaloïdes
oxygénés sont solides cristallisables et parfois colorés : berbérine, sanguinarine…. Certains
alcaloïdes sont doués de pouvoir rotatoire. Ils ont la propriété de former des sels et d'être
amers. Les alcaloïdes bases sont, en général, insolubles ou peu solubles dans l’eau, solubles
dans les solvants organiques apolaires ou peu polaires. Leurs sels sont généralement solubles
dans l’eau et dans les alcools dilués. 1
Ce sont pour la plupart des poisons végétaux très actifs, dotés d'une action spécifique.
La médecine les emploie le plus souvent à l'état pur. Il est à noter que les alcaloïdes jouent, à
faibles doses, le rôle d’anesthésiques locaux (cocaïne), d’analgésiques (morphine),
20
Chapitre II Screening phytochimique
3’ 4’ 5’ Anthocyanidines correspondantes
H OH H Pélargonidine
OH OH H Cyanidine
34
a) Harborne, J., B., “Comparative biochemistrie of the flavonoïds”, Academic Press, New York, 1967, p.1-30;
b) Brouillard, R., « The flavonoids », Advances inceserch since, 1986, Ed. [Link], Chapman and Hall,
London, 1993, p.525-538.
35
a) Harborne, J., B., Grayer, R.,J., “The flavonoids”, Advances in research since, 1980, [Link],
Chapman and Hall, London, 1988, p.1-20; b) Mc-Clure, J. W., « Biochemastry of plants phenolics », éds. T.
Swain, J. B. Harborne et C. F. Van Sumere, Plenum Press, New York, 1979, p.525; c) Merlin, J. C., Statoua,
A. et Brouillard, R., « Phytochemistry », 1985, 24, p.1575-1581.
21
Chapitre II Screening phytochimique
OH OH OH Delphinidine
OCH3 OH H Péonidine
OH OH OCH3 Pétunidine
Elles sont peu utilisées dans l’industrie alimentaire et cosmétique, et ceci du fait de leur
instabilité vis-à-vis des facteurs physico-chimiques incontournables (lumière, température et
pH), ainsi que par leur sensibilité aux sulfites (souvent utilisés comme conservateurs) et aux
métaux (présents dans les boîtes de conserves).1
22
Chapitre II Screening phytochimique
36
Diehl, M. A., Schulz, C. M., Shaw, D. A., and Williams, T. M.,’’Bioflavonoïds: a new approach in cosmetics.”
Cosmetics & toiletries manufacture worldwide, 2001, p.6.
37
Richter, G., “Métabolisme des végétaux: physiologie et biochimie“ Ed. PPUR, 1993, p.330-340.
23
Chapitre II Screening phytochimique
OH O
O
Flavanones
O O
Flavones
Chalcones 3'
2' 4'
B
8 1 1' 5'
O O 2 O
7
6'
A
6 3
3 OH OH
5 4
O Anthocyanidines
Flavane
Flavonols
O
O
3 OH
4
3 OH OH
Flavan-3-ols Flavan-3,4-diols
Figure II.4 : Structure des différents types de flavonoïdes à partir du squelette flavane
Les flavonoïdes sont des solides cristallisés dont la teinte varie du blanc au jaune vif.
La grande diversité de leurs couleurs dépend principalement du nombre de groupements
phénoliques, ou des groupements méthoxy (OCH3), portés par leur cycle B. Ils sont solubles
dans les solvants organiques apolaires.
Il faut souligner que le noyau flavonoïde est souvent lié à un sucre pour former un
hétéroside qui est soluble dans l’eau, l’alcool et les solvants organiques polaires mais
insolubles dans les solvants organiques apolaires.1
38
Bovy, A., Phytochemistry., 2004, Vol.65, p.2631-2648.
39
Woodman, O. L., Meeker, W. F., Boujaoude, M., J. Cardiovasc. Pharmacol., 2005, Vol. 46, n°3, p.302-309.
40
Van Hoof, L., Vanden Berghe, D. A., Hatfield, G. M., Vlietinck, A. J., Planta Medica., 1984, 50, p.513-517.
41
Brasseur, T., J. Pharm. Belg. 1989, 44, p. 235-241.
42
Hertog, M.G., Feskens, E.J., Hollman, P.C., Katan, M.B., Kromhout, D., Lancet., 1993, 342, p.1007-1011.
25
Chapitre II Screening phytochimique
C- Hétérosides
OH
HO OH
La liaison entre la génine et l’ose se fait de
O OH
HO carbone à carbone. Parmi les flavonoïdes les
HO O
plus fréquents, on peut citer la vitexine.44
OH O
Vitexine
N-Hétérosides
Ce sont des dérivés du ribose ou du désoxyribose liés à des bases pour former les
nucléosides, présents dans toutes les cellules (ARN et ADN).45 En outre, la liaison
hérérosidique se produit entre la fonction réductrice de l’ose et une fonction amine.
43
Guignard, J.L., " Biochimie végétale", Ed. Masson, Paris, 2000, p. 231-241.
44
Ribéreau-Gayon, P., « Les composés phénoliques », Dunod, 1968,7, p.120.
45
Charles A. Q., Linden, G., « Abrégé de biochimie alimentaire », 4émeEd. 1997, p.118-119.
26
Chapitre II Screening phytochimique
O-Hétérosides
CH2OH
O
H
O CH2 O C Amygdaline
OH
HO C N
(Amandes amères) 45
HO OH
HO
OH
Digitoxoside (digitale)
Mélitoside (mélilot)
S- Hétérosides
27
Chapitre II Screening phytochimique
II.4.1. Caractérisation
La caractérisation des hétérosides s’effectue par l’apparition d’une couleur plus ou
moins intense selon la structure de l’hétéroside à partir d’un extrait chloroformique additionné
d’une solution d’hydroxyle d’ammonium.
46
El Abed, D., et Kambouche, N., « Les huiles essentielles » Ed. Dar El Gharb, 2003.
28
Chapitre II Screening phytochimique
Elles sont solubles dans l’alcool et dans la plupart des solvants organiques. La teneur
des huiles essentielles est généralement faible, elle est de l’ordre de 1% à 5%. Il existe
quelques exceptions comme par exemple la Badiane de Chine, où la teneur en essence est
supérieure à 5%.
Les terpènes et les composés aromatiques du phénylpropane sont les principaux composants
des huiles essentielles. Le squelette carboné des terpènes dérive formellement du squelette
ramifié en C5 de l’isoprène (2méthylbuta-1,3-diène : C5H8). Ils résultent de la condensation de
deux ou plusieurs unités isopréniques. Selon le nombre d’unités associées,
47
on les classe en :
Hémiterpènes (C5)
Monoterpènes-(C10)
Sesquiterpènes(C15)
Diterpènes(C20)
TriterpènesC30)
Tétraterpènes-(C40) et polyterpènes.
A titre indicatif, quelques-unes de leurs structures sont représentées sur la figure II.5.
47
Allinger, N.L., Cava, M.P., Dejougle, C.R., Jonhson, C.R., Lebel, N.A. et Stevens, C.L., “Chimie organique“,
Ediscience Mc Graw. Hill, Paris, 1975, p.813.
48
Finar, I.L., "Organic chemistry", Ed. Longman Scientific et Technical, 1994, Vol. II, p.354.
29
Chapitre II Screening phytochimique
CHO O
OH O
Bornéol Camphre
-Terpinéol -Pinène
O CHO
OCH3
OH
Eugénol Vanilline
E-anéthol Cinnamaldéhyde
(girofle)
(anis, fenouil) (cannelle)
30
Chapitre II Screening phytochimique
II.5.1. Caractérisation
Les terpènes, principaux constituants des huiles essentielles, sont mis en évidence
comme les stérols insaturés par la réaction de Salkowski (addition d'acide sulfurique à la
solution chloroformique) :
Coloration jaune avec une fluorescence verte : phase inférieure sulfurique
Coloration rouge : phase supérieure chloroformique
49
Bakkali, F., Averbeck, S., Averbeck, D., Idaomar, M., Food and Chemical Toxicology, 2008, 46, p.446-475.
50
Duke, J. Ac., Phytochemical and Ethnobotanical Databases, Site Internet : « [Link]
[Link]».
31
Chapitre II Screening phytochimique
anti-tumorale, anti-inflammatoire;
β-Caryophyllène
sédatif; pesticide; insectifuge.
Analgésique; antimicrobien;
antispasmodique; antioxydant;
Myrcène
anti-épileptique; hypothermie; pesticide;
insectifuge.
3
5
4
o-Quinone
p-Quinone
32
Chapitre II Screening phytochimique
R1 = OH, R2 = H : Juglone
R1 = H, R2 = OH : Lawsone
Anthraquinone
Les quinones libres sont solubles dans les solvants organiques et insolubles dans l’eau.
Leurs hétérosides sont solubles dans l’eau et les solutions hydro-alcooliques. Elles absorbent
dans le domaine UV. 1
33
Chapitre II Screening phytochimique
20 21
19
12 H
13 18 22
11 17
25 26 28
1 9 14
16
2
10 8 15
H
3 5 27
4 7
HO 6
H
24 23
β-amyrine
Saponosides stéroïdiques
Ils sont surtout représentés chez les Angiospermes Monocotylédones. La structure de
leur aglycone en C27 dérive uniquement de celle du stérane. La diosgénine en est un exemple.
21 26 27
O 25
18 H 20
12 22 24
17
11 13 23
19 O
H 16
1 9 14
2 H
10 8 15
H H
3 7
5
HO 4 6
Diosgénine
Du point de vue chimique, Ils se caractérisent également par un radical glucidique
(glucose, galactose) rattaché au groupe hydroxyle du carbone 3.
34
Chapitre II Screening phytochimique
Ils ont une importance économique comme source de composés stéroïdaux, leur
aglycone étant libéré de son oligoholoside pour synthétiser des stéroïdes humains.
Leur propriété physique principale est de réduire fortement la tension superficielle des
systèmes hétérogènes. Toutes les saponines sont fortement moussantes et constituent
d'excellents émulsifiants. Ils sont difficilement cristallisables. Ils sont solubles dans l’eau,
l’alcool dilué et dans les solvants organiques apolaires.37
Par examen par les rayons UV de la CCM qui révèle une fluorescence bleue pour les
saponines triterpéniques et jaune pour les stéroïdiques.
Par réaction de Libermann qui consiste à dissoudre les saponines dans l'acide
sulfurique concentré, on observe successivement une coloration jaune, rouge, bleu vert
ou bleu violet.
51
Dohou, N., Yamni, K., Tahrouch, S., Idrissi, H., Badoc, A., Gmira, N., Bull. Soc. Pharm., Bordeaux, 2003, 142, p.61-78.
35
Chapitre II Screening phytochimique
Stérane
Cholestérol
Ils sont très répandus dans la nature où on les rencontre à tous les échelons du règne
végétal et du règne animal. Les stéroïdes naturels sont ainsi répartis en quatre séries :
Les acides biliaires
Les hormones stéroïdes
Les vitamines D
,…et Les stérols.
Les stérols sont des alcools secondaires, solides, saturés ou non, qui possèdent un
noyau polycyclique dérivé du phénanthrène et un groupement hydroxyle caractéristique en
C3. Ils se différencient les uns des autres par le nombre et la position des doubles liaisons dans
le noyau et par la structure de la chaîne latérale greffée sur le carbone 17. D’après l’origine
biologique on distingue deux types de stérols :
36
Chapitre II Screening phytochimique
Zoostérols : Ce sont des stérols d’origine animale, les plus importants sont le
cholestérol et certaines hormones stéroïdiques.
Phytostérols : Ce sont des stérols d’origine végétale, les plus importants sont
l’ergostérol, le sitostérol,… et le stigmastérol.52
52
Audigié, C., Zonszain, F., “Biochimie structurale“, Ed. Doin, 1991, p.246-252.
53
Takechi, M., Uno, C., Tanaka, Y., Phytochemistry, 1991, 30, p.2557-2558.
54
Inoue, K., Kubota, S., Seyama Y., Investigative Ophtalmology & Visual Science, 2000, 41, p.991-997.
37
Chapitre II Screening phytochimique
Propriétés anti-inflammatoires,
anti-cholestérol55
Traitement de l’hyperplasie de la
Sitostérol prostate56
Renforce le système immunitaire
(tuberculose, VIH, …)57
Ils sont localisés dans les feuilles, l’écorce et les fruits de nombreuses plantes. Ils font
ainsi partie intégrante de notre alimentation (thé, divers fruits…).
55
Wong, N. C., Can. J. Cardiol, 2001, 17, p.715-721.
56
Aurad. Atif, B., Gan, Y., Fink, C. S., Nutr. Cancer, 2000, 36, p.74-78.
57
Park, E. H., Kahng, J. H., Lee, S. H., Shin, K. H., Fitoterapia, 2001, 72, p.288-290.
58
Bate. Smith, E. C., Swain, T., ‘’Flavanoïd compounds in Comparative Biochemistry’’ Academic Press, New-York,
1962, 3, p.755-809.
38
Chapitre II Screening phytochimique
OH
HO
O OH O
O
O
O
HO OH OH
OH OH
Acide gallique Acide ellagique
OH
HO
O OR
6 5 1
HO CO O 2
4
OR
HO CO O 3
RO
HO
OH
Figure II.8 : Exemple de structure de tanin hydrolysable (Tannin ellagique)
Tanins condensés
Les tanins condensés ou tanins catéchiques sont des polymères formés par la
condensation d’unités flavonoïdes reliées par des liaisons fortes carbone-carbone le plus
souvent 4→8 ou 4→6 non hydrolysables. Ils sont également appelés proanthocyanidines,
nom provenant de leur capacité à libérer des anthocyanidines de couleur rouge par rupture de
la liaison interflavane en milieu acide et en conditions d’oxydation.
39
Chapitre II Screening phytochimique
OH
OH
HO O
OH
OH
OH
HO O
OH
OH
OH
Figure II.9 : Exemple de structure de tanins condensés
Les tanins se dissolvent dans l'eau sous forme de solutions colloïdales. Ils sont
solubles dans les alcools et l'acétone. Ils sont précipités de leur solution aqueuse par de
nombreux réactifs, ils précipitent avec les sels de métaux lourds tels que le fer, le plomb, le
zinc et le cuivre.1
40
Chapitre II Screening phytochimique
Les tanins avec les polyphénols possèdent des propriétés biologiques remarquables. Ils
ont une activité anti-oxydante59, anti-cancérigène, anti-inflammatoire dans les cas de brûlures,
anti-virale60, anti-diarrhéique, action anti-septique, vasoconstricteur de petits vaisseaux
(hémorroïdes, blessures superficielles) et possèderaient un rôle préventif contre les maladies
cardiovasculaires61.
Comme nous venons de l’exposer, les plantes contiennent plusieurs principes actifs
(flavonoïdes, alcaloïdes, tanins,… et H.E) qui se différencient entre eux par leur structure
chimique et leurs effets. Ces métabolites secondaires, substances extractibles, représentent un
grand intérêt dans de multiples industries (pharmacie, parfumerie, agro-alimentaire,
cosmétique…).
L’extraction de ces principes actifs nécessite préalablement leur mise en évidence au
sein de la plante. Pour notre part, nous nous sommes intéressés à la mise en évidence des
principes actifs présents au niveau de la racine de la Bryone (Bryonia dioica).
Afin de rechercher les constituants présents dans la racine de la Bryone, sujet de notre
étude, nous avons eu recours à différentes méthodes de détection qui consistent à réaliser des
réactions spécifiques conduisant à l’apparition d’un précipité ou un changement de couleur
confirmant la présence de ces phytoconstituants.
Plusieurs techniques ont été mises en œuvre afin de déceler la présence des principes
actifs au niveau de la racine de Bryonia dioica récoltée à Bouamama (région ouest d’Oran) en
Octobre 2008.
Après avoir récupéré la racine, nous l’avons lavé à l’eau courante, découpé en
rondelles (ou rouelles), puis séché au soleil et conservé, à température ambiante, dans un
endroit sec et à l’abri de la lumière. Après cela, les rondelles ont été broyées pour obtenir une
poudre fine, qui a servi à effectuer nos expériences.
59
Nakao, M., Takio, S., Ono, K., Phytochemistry, 1998, 49, 8, p.2379-2382.
60
a) Saint-Cricq de Gaulejac, N., Provost C., Vivas N., J. Agric. Food Chem., 1999, 47, p.425-431; b) Soleas,
G. J., Diamandis E. P., Goldberg, D. M., J. Clin. Lab. An., 1997, 11, p.287-313.
61
a) Frankel E.N., German J.B., Kinsella J.E., Parks E., Kanner J., Lancet, 1993, 341, p.454-457; b) Renaud S.,
de Lorgeril M., Lancet, 1992, 339, p.1523-1526.
41
Chapitre II Screening phytochimique
Les tests chimiques de détection des phytoconstituants ont été effectués à partir du
végétal épuisé dans différents milieu : eau, éthanol, …, milieu acide, milieu basique.
Amidon :
Traiter 1mL de la solution préparée avec l’empois d’amidon ou avec l’iode I2.
L’apparition de la couleur bleu violacée indique la présence d’amidon.
Composés réducteurs :
Traiter 2 mL de la solution avec quelques gouttes de la liqueur de Fehling (0,5 mL
de réactif A et 0,5 mL de réactif B, mélange extemporané) et chauffer. L’apparition d’un
précipité rouge brique indique la présence d’hydrates de carbone.
Saponosides :
Après refroidissement de la solution, on introduit 6 mL de la solution dans un tube à
essai et on agite fortement pendant 30 secondes. Ensuite, on mesure la hauteur de la mousse
qui indique la teneur en saponosides après un repos de 20 mn :
Tanins :
Traiter 1mL de la solution aqueuse avec 1 mL d’eau et quelques gouttes d’une solution
de chlorure ferrique (FeCl3) à 1%. L’apparition d’une coloration vert foncée ou bleu-verdâtre
indique la présence de tanins.
42
Chapitre II Screening phytochimique
Réactif de Stiasny
10 mL de formol à 30 % et 5 mL d'acide chlorhydrique concentré sont ajoutés à 5 mL
de la solution à tester. Le mélange est chauffé au bain-marie pendant 15 mn.
L’obtention d’un précipité montre la présence de tanins catéchiques. Pour les tanins
galliques, nous avons filtré la solution précédente. Ensuite, on ajoute au filtrat recueilli 5mL
d’acétate de sodium et 3 gouttes de FeCl3. L’apparition d’une coloration bleu-noir intense,
signe la présence de tanins galliques.
Réactif de Bath Smith
À 2 mL d’infusé on ajoute 2 mL d’HCL à 20 %. Le mélange est porté à l’ébullition. En
présence des tannins catéchiques on aura un précipité de couleur rouge brique. (Apparition
d’une couleur vert bouteille).
Anthracénosides :
Traiter 8mL de la solution extractive éthérique avec le réactif de Bornträger.
L’apparition d’une couleur qui varie de l’orange-rouge au violet pourpre indique la présence
d’anthracénosides.
Anthocyanosides :
Doser la phase aqueuse acide par une solution de soude (NaOH).
Un changement de couleur en fonction du pH prouve la présence des anthocyanosides.
pH < 3 la solution se colore en rouge, coloration qui décroît quand le pH
augmente vers la neutralité.
4 < pH < 6 la solution prend une coloration bleue.
Composés réducteurs :
Ajouter 2 mL d’eau distillée et quelques gouttes de la liqueur de Fehling à 1mL de
l’extrait éthanolique puis chauffer. La formation d’un précipité rouge brique prouve la
présence de sucres.
Flavonoïdes :
Ajouter quelques gouttes d’acide chlorhydrique concentré (HCl) à 5 mL de l’extrait
éthanolique en présence de 0,5g de tournures de magnésium (Mg). La présence des
flavonoïdes est indiqué par l’apparition d’une couleur : rose-orangé (flavones) ; rouge
(flavonols) ; rouge, violet, bleu (flavonones) et pas de coloration (isoflavones).
44
Chapitre II Screening phytochimique
Stérols et stéroïdes :
Deux essais ont été réalisés :
Traiter le résidu obtenu après évaporation de 10mL d’extrait éthanolique avec
10 mL de chloroforme (CHCl3). Après filtration, on ajoute quelques gouttes d’acide
sulfurique (H2SO4) concentré à 5 mL de la solution chloroformique en présence de 5 mL
d’anhydride acétique. Agiter puis laisser reposer.
L’apparition d’une coloration violacée fugace virant au vert indique la présence des stérols et
stéroïdes.
Dissoudre le résidu obtenu par évaporation de 10mL de l’extrait alcoolique dans
0,5 mL de chloroforme (CHCl3). Traiter le filtrat avec 1mL d’acide sulfurique concentré.
L’apparition d’une couleur rouge superposée à une couleur jaune-verdâtre indique
la présence des stérols et stéroïdes.
Tanins :
Traiter 2 mL de la solution éthanolique avec quelques gouttes d’une solution de chlorure
ferrique (FeCl3) à 1%. Puis les Réactifs de Stiasny et Bath Smith sont utilisés.
L’apparition de la couleur verte ou bleu verdâtre indique la présence des tanins.
Anthraquinones
Ajouter 1mL d’une solution de potasse [KOH aqueux 10% (v/v)] à l’extrait
chloroformique. Après agitation, la présence des anthraquinones est confirmée par un virage
de la phase aqueuse au rouge.
45
Chapitre II Screening phytochimique
Les substances extractibles par l’eau, l’éthanol,…le milieu acide ou basique à partir de
la racine de la Bryone ont donné lieu à la formation d’un précipité ou à l’apparition d’un
changement de couleur confirmant la présence de différents phytoconstituants contenus dans
la plante étudiée. Les résultats des tests chimiques de détection des phytoconstituants de la
racine de la Bryone épuisée par l’eau sont consignés sur le tableau II.4.
Tableau II.4 : Résultats des tests chimiques de détection des principes actifs de l’extrait
aqueux de la racine
La Mousse +
Saponosides
Indice de mousse 100
FeCl3 +
On note que tous les tests répertoriés sur le tableau II.2 sont positifs ; ce qui signifie
que la racine de la Bryone contient de l’amidon, des composés réducteurs (sucres), des
saponosides et des tanins.
Tableau II.5 : Résultats des tests chimiques de détection des principes actifs de l’extrait
éthanolique de la racine
Réactif de Mayer +
Alcaloïdes
Réactif de Wagner +
Flavonoïdes HClConcentré + Mg +
FeCl3 +
On remarque également, que tous les tests effectués sur l’extrait éthanolique sont
positifs ; ce qui indique que la racine de la Bryone contient des alcaloïdes, des
anthocyanosides, des anthracénosides, des composés réducteurs (sucres), des flavonoïdes, des
stérols, des stéroïdes et des tanins.
47
Chapitre II Screening phytochimique
Tableau II.6 : Résultats des tests chimiques de détection des principes actifs de la racine
épuisée au CHCl3 et H2SO4
Stérols insaturés et
terpènes Chloroforme H2SO4 Concentré +
V. CONCLUSION
Nous avons montré par cette étude la diversité structurale des phytoconstituants
des plantes, leur rôle et leur caractérisation. Par ailleurs, le screening phytochimique effectué
sur la racine de la Bryone, par épuisement à l’aide de divers solvants révèlent :
48
Chapitre III
Extraction et Analyse de
quelques principes actifs
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
I. INTRODUCTION
A notre connaissance aucune étude n’a été réalisée sur les constituants chimiques et
l’activité biologique de la Bryone en Algérie, ni dans les pays du Maghreb. Toutefois, la
littérature signale la présence d’alcaloïdes62, de flavonoïdes, 63de glycosides, 64de saponosides, 65
66
de triterpènes …et quelques traces d’huile essentielle.67 Les résultats des tests chimiques
positifs que nous avons obtenus sur la mise en évidence des phytoconstituants (cf. chapitre II)
nous ont incités à tenter d’extraire les alcaloïdes, les flavonoïdes, l’huile essentielle,…et les
tanins contenus dans la racine de Bryonia dioica.
Dans le but d’analyser ces principes actifs isolés à partir de la racine de la Bryone, nous
avons eu recours à la chromatographie ainsi qu’à la spectroscopie.
Ces techniques permettent d’avoir des données conduisant à l’identification des structures
moléculaires organiques. Les plus utilisées au cours de notre travail ont été : CCM, CC, CG/SM,
HPLC; UV, IR, RMN 1H et RMN 13C.
62
Raffauf, R. F., “A Handbook of Alkaloids and Alkaloid-Containing Plants“, Smith Kline and French Laboratories,
Philadelphia, 1970, p.24-33.
63
a)Proliac, A., Chaboud, A., et Raynaud, J., Pharm Acta Helv, 1989, 64, p.207-208 ; b) Krauze-Baranowska, M. et
Cisowski W., Phytochemistry, 1995, Vol.39, N°3, p. 727-29.
64
P.J. Hylands et J. Kosugi, Phytochemistry, 1982, 21(6), p.1379-84.
65
Oobayashi, K., Yoshikawa, K., et Arihara, S., Phytochemistry, 1992, 31 (3), p. 943-46.
66
a) Hylands, P.J., Oskoni, M.T., Phytochemistry, 1979, 18 (11), p.1843-45; b) Hylands, P.J., Mansour, E.S.,
Oskoui., M.T., J. Chem. Soc., 1, 1980, p.2933-66.
67
Karryev, M.D., Artemeva, M.V., Meshcheryakov A. A., and Rozhkova L.I., Izv Akad Nauk Turkm SSR Ser
Biol Nauk, 1981, 4, p.54-66.
50
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
choix des phases stationnaire et mobile (éluant). Les phases stationnaires les plus utilisées en
chromatographie sur couche mince sont le gel de silice, l’alumine et la cellulose en poudre.
Nous rapportons dans ce qui suit le protocole effectué pour l’huile essentielle de la Bryone.
Protocole expérimental :
Sur une plaque de gel de silice de 2 × 5 cm, on trace au crayon un trait horizontal à une distance
de 0,5 cm du bord inférieur et à 0,2 cm du bord supérieur. On dilue l’H.E dans l’éther et on
dépose une goutte sur le trait du bord inférieur. La plaque est alors introduite dans une cuve
contenant l’éluant : éther/éther de pétrole (1 : 4) à une hauteur de 0,5 cm.
Lorsque l’éluant atteint le front de la plaque, cette dernière est retirée de la cuve et puis
séchée. Les taches apparaissant à l’aide d’un révélateur sont caractérisées par un facteur de
rétension (Rf) qui est défini comme étant le rapport entre la distance parcourue par la substance
(X) sur la distance parcourue par le front de l’éluant (Y) :
51
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
L’élution peut se faire sous forme d’un gradient. En principe, la phase mobile est
composée des mêmes solvants que ceux utilisés pour la CCM. Toutefois, l’élution peut être
accélérée grâce à l’addition progressive de solvant de plus en plus polaire par rapport à la phase
initiale. Les différentes fractions sont collectées dans des tubes à essais. Ces fractions sont
ensuite analysées par CCM décrite précédemment.
68
Lodish, H., Berk, A., Matsudaira, P., Darnell, J., Kaiser, C., Masson, L., “Biologie moléculaire de la cellule“,
3émeEd. Deboeck, Bruxelles, 2005, p.94-95.
69
Skoog, A., Holler, F., Nieman, A., “Principes d’analyse instrumentale”, Ed. De Boeck, Paris, 2003, p.528.
52
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
mélange. La spectrométrie de masse associée permet d'obtenir le spectre de masse de chacun des
constituants et bien souvent de les identifier.
La technique CG/SM consiste à injecter l’échantillon à analyser dans l'appareil de CG.
Les gaz ionisés sont injectés dans un spectrographe de masse. On obtient pour chaque pic de CG
un temps de rétention correspondant et un spectre de masse permettant de caractériser le
composé obtenu.
53
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
connaître ou de déterminer la composition chimique d’un mélange, par comparaison avec des
témoins.70
70
Skoog, D.A., West, D.W., Holler, F.J., Buess-Herman, C., “Chimie analytique“, Ed. De Boeck, Bruxelles, 1997,
p.557-63.
71
Peter, K., Vollhardt, C., Schore, N., “Traité de chimie organique“, 4émeEd. De Boeck, Bruxelles, 2004, p.444-49.
54
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
72
Silverstein, R.M., Bassler, G.C., Morill, T.C., Larue, E., “Identification spectrométrique de composés organiques“, 5émeEd.
De Boeck, Bruxelles, 2004, p.165-71.
55
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
réfrigérant dans le mélange. Ainsi, on récupère le filtrat après la fin du chauffage pour entamer
l’extraction par différents solvants afin de récupérer le produit final ([Link].1).
III.2. Hydrodistillation
C’est une méthode qui est utilisée principalement pour extraire les huiles essentielles
(H.E). Elle consiste à porter à ébullition un mélange de matière végétale et d’eau. La vapeur
d'eau formée entraîne les composés organiques à l'état gazeux vers le réfrigérant qui sont
récupérés dans un ballon. Le distillat, ainsi obtenu est introduit dans une ampoule à décanter afin
de séparer l’eau de l’H.E par extraction avec des solvants tels que l’hexane ou le
dichlorométhane par exemple ([Link].2).
56
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
Protocole expérimental :
Le principe de l’extraction des alcaloïdes en milieu basique peut se faire par deux
méthodes, l’une utilisant le bicarbonate, l’autre l’ammoniac. Pour notre part, nous avons utilisé
l’ammoniac (Schéma III.1).
57
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
Une quantité de 100g de matière végétale (racine broyée en poudre) est submergée dans
200mL de solution ammoniacale (NH4OH) à 10% pendant 24h. Ensuite, les bases libérées sont
portées au reflux pendant 20h dans 500mL de méthanol. Après filtration la solution obtenue est
extraite par l’éther puis acidifiée à l’aide d’une solution d’acide chlorhydrique (HCl) 1N.
Après décantation, la phase aqueuse acide obtenue est alcalinisée par une solution de
soude (NaOH : 1N), puis extraite avec trois solvants de polarité croissante : le dichlorométhane,
l’acétate d’éthyle et le butanol. Les solutions organiques sont alors évaporées après séchage sur
Na2SO4.
Le schéma III.1 représente le principe de l’extraction des alcaloïdes.
100 g de MV
Evaporation
Extraction à l’aide de l’éther
Epuisement par HCl 1N
NaOH (1N)
CH2Cl2, AcOEt et BuOH
Na2SO4 puis évaporation
Schéma III.1: Différentes étapes d’extraction des alcaloïdes en milieu basique par le méthanol
Les résultats obtenus lors de l’extraction des alcaloïdes par chauffage au reflux dans le
méthanol sont reportés dans le tableau III.1.
58
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
Les spectres IR ont été réalisés sur un appareil JASCO FT/IR-4200 à transformée de
fourrier sur des échantillons conditionnés en pastilles de KBr. Les nombres d’ondes sont
exprimés en cm-1. Le spectre IR de la fraction 1 représenté sur la figure III.3 montre différentes
bandes caractéristiques :
Une bande intense et large correspondant aux vibrations d’allongement d’un OH ou NH,
vibrations de valence qui apparaissent vers 3301,54cm-1.
Une bande petite et large correspondant aux vibrations d’allongement des CH aliphatiques
vers 2400,94cm-1.
Deux bandes intenses relatifs aux doubles liaisons C=C du benzène vers 1153,22 et
1085,73cm-1.
Une multitude de bandes correspondant aux vibrations de déformation hors du plan des CH
du benzène à 982,554 – 820,563 - 619,038 -470,546 - 418,477.
59
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
60
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
Le spectre IR de l’extrait 3 reproduit sur la figure III.4 montre les bandes caractéristiques
suivantes :
Une bande intense et large correspondant aux vibrations d’allongement d’un OH ou NH,
vibrations de valence qui apparaissent vers 3375,78cm-1.
Une bande petite correspondant aux vibrations d’allongement des CH aliphatiques vers
2929,34cm-1.
Une bande intense qui peut correspondre à C=C, C=O, C=N, ou N=O vers 1662,34cm-1.
Une bande d’intensité moyenne correspondant aux doubles liaisons C=C vers 1420,32cm-1.
Une bande d’intensité moyenne correspondant aux liaisons C-C, CO, CN vers 1050,05cm-1.
Une multitude de bandes correspondant aux vibrations de déformation hors du plan des CH
du cycle aromatique à 669,178 -420,406 cm-1.
* Bande large et intense qui est caractéristique d’une bande OH ou NH. Il est difficile de
distinguer l’une de l’autre.
61
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
62
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
Spectroscopie RMN 1H
L’analyse par spectroscopie RMN de l’extrait 1 d’alcaloïde montre un signal sous forme
de quintuplet à 2,5ppm correspondant au DMSO et trois signaux sous forme de multiplet de 7,45
à 7,48ppm, de 8,02 à 8,04ppm et à 8,49ppm.
Sur la base des données spectroscopiques obtenues (IR et RMN) et en nous aidant de la
littérature, la structure que nous pouvons proposer pour l’extrait 1 d’alcaloïde est probablement
la bryonicine, un alcaloïde contenu dans les espèces du genre bryone.73
Une multitude de pics est enregistrée sur le spectre RMN du proton de l’extrait 3 reportée
sur la figure III.6. On note le signal du solvant (DMSO), un signal dans la région des systèmes
aromatiques. Toutefois, l’attribution des signaux observés n’a pu être établie.
73
Couplan, F., “Le règne végétale : Plantes sauvages comestibles “, Ed. Ellebore, 2009, p.201-202.
63
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
64
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
65
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
Protocole expérimental :
Une macération de 100g de matière végétale (racine broyée en poudre) dans le méthanol
est réalisée pendant 24h. Après filtration, on recueille un filtrat qui est laissé de côté. La plante
est réextraite une seconde fois avec le méthanol dans les mêmes conditions. Après évaporation
des deux filtrats, on ajoute de l’eau à la solution obtenue. Après cela, on met en œuvre une série
d’extraction liquide-liquide par des solvants de polarité croissante :
Les solutions organiques sont alors évaporées à sec après séchage sur Na2SO4.
Le schéma III.2 représente le principe de l’extraction des flavonoïdes.
66
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
100 g de MV
Macération avec le MeOH (2x24h)
Filtration
Evaporation
Extraction avec l’H2O et l’éther
Evaporation AcOEt
Extrait 1
Flavonoïdes libres
Phase Organique Phase aqueuse
(Génines)
Evaporation n-butanol
Extrait 3
Majorité des flavonoïdes
glycosidiques
Les résultats obtenus lors de l’extraction des flavonoïdes par macération sont regroupés
dans le tableau III.2.
Tableau III.2 : Résultats d’extraction des flavonoïdes
67
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
L’analyse par CCM des trois extraits a été effectuée. Sur la plaque CCM de l’extrait 1,
on observe 5 spots très rapprochés; l’extrait 2 montre plusieurs spots.
Après plusieurs essais pour rechercher le meilleur éluant pour la CCM, nous avons opté
pour le système : Toluène/acétate d’éthyle/acide formique (5 : 4 : 1).
Nous avons regroupé les Rf des différents spots observés pour l’extrait 1 sur le tableau III.3.
N° de Taches Rf Couleur
1 0,42 Marron
2 0,49 Bleu-noir
3 0,64 Bleu
4 0,74 Mauve
5 0,61 vert
Nous avons tenté de séparer les différents composés révélés par CCM par CC. Il nous a
été impossible de le faire. Le spectre RMN du 1 H de l’extrait 1 est inexploitable ([Link].7).
Après cela, nous avons effectué la CG/Masse des trois extraits isolés.
68
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
69
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
74
Duke, A.J., “Handbook of Phytochemical Constituents of GRAS Herbs and other economic plants“, Ed. CRC Press,
1992, p.114.
70
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
71
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
72
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
73
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
Protocole expérimental :
100 g de MV
H.E
74
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
Les résultats obtenus lors de nos extractions répétées de l’huile essentielle par
hydrodistillation durant 5h sont consignés dans le tableau III.4.
Les rendements d’extraction calculés par le rapport de la quantité d’H.E sur la quantité de
la matière végétale, son exprimés en pourcentage.
Au vu des résultats ci-dessus, on note que le rendement d’extraction de l’huile essentielle
de la Bryone dioïque est très faible, ce qui est conforme avec la littérature. L’opération
d’hydrodistillation n’est pas reproductible car les différentes extractions conduisent à un extrait
de couleur différente.
Nous avons effectué six (06) extractions successives avec 50g de matière végétale pour
chaque extraction. Les quantités obtenues ont été regroupées, ce qui nous a permis d’avoir 50 mg
d’H.E de couleur marron foncé. Les résultats des mesures du Rf [éluant : éther/éther de pétrole
(1 : 4)] des constituants de l’H.E sont reportés sur le tableau III.5.
N° de Taches Rf Couleur
1 0,13 Mauve
2 0,32 Marron
3 0,44 Bleu
4 0,52 Mauve
5 0,61 Orange
75
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
76
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
77
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
100g de racine broyée en poudre sont introduits dans un ballon de 1L surmonté d’un
réfrigérant et contenant 200mL d’éther de pétrole. Le mélange ainsi formé est porté au reflux
pendant 2h. La racine dégraissée est séparée par filtration.
Protocole expérimental :
78
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
100g de MV
Les résultats obtenus lors de l’extraction des tannins par chauffage au reflux sont reportés
dans le tableau III.5.
79
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
80
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
Spectroscopie IR
L’échantillon à analyser a été réalisé sur des pastilles de bromure de potassium (KBr).
L’examen du spectre Infrarouge ([Link].14) des tanins extraits montre l’existence des bandes
suivantes :
Une bande intense et large correspondant aux vibrations d’allongement des groupements OH,
vibrations de valence qui apparaissent vers 3417,24cm-1.
Deux bandes d’intensité faible à 2917,77 et 2850,27cm-1 relatives aux vibrations d’élongation
des (C-H) oléfiniques.
Une bande de moyenne intensité à 1658,48cm-1 attribuable aux vibrations d’élongation des
liaisons aromatiques C=C ou C=O.
Une bande d’intensité faible correspondant aux vibrations de déformation des groupements
OH située à 1405,85cm-1.
Une multitude de bandes relatives aux vibrations de déformation hors du plan des CH des
cycles benzéniques à 982,554 – 606,503 -423,298cm-1.
81
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
82
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
L’analyse par HPLC a été réalisée sur un appareil Agilent 1100 HPLC-UV, avec
détecteur de barrettes de diode et détecteur de diffusion de la lumière par évaporation Sedex,
modèle 75, Séparation, quantification de composés organiques non volatils.
L’analyse par chromatographie en phase liquide à haute pression (HPLC) des tanins a
conduit au chromatogramme représenté sur la figure III.15. Nous avons injecté 10L de l’extrait
et utilisé comme solvant : eau-acide formique / Acétonitrile-acide formique.
Le chromatogramme enregistré révèle trois (03) principaux pics et d’autres pics
minoritaires. Les résultats obtenus sont mentionnés sur le tableau III.6.
N° de Pic 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Tr. 2,78 3,04 3,13 28,83 29,66 30,04 31,26 32,01 35,01
Chaque pic a été caractérisé par son temps de rétention. Néanmoins, aucune identification
structurale n’a pu être effectuée par absence d’échantillons authentiques de référence.
83
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
84
Chapitre III Extraction et analyse de quelques principes actifs
V. CONCLUSION
85
Chapitre IV
Etude Biologique
Chapitre IV Etude biologique
I. INTRODUCTION
La médication par les plantes date depuis les temps les plus reculés. Actuellement, elle
connaît un regain d’intérêt auprès des populations. Près de 80% de la population Africaine ont
recours aux plantes pour se soigner et n’ont pas accès aux médicaments dits modernes.
Plusieurs principes actifs isolés des plantes sont devenus des médicaments efficaces.
II.1. Matériel
Pour la mise en évidence de l’activité biologique, huit (08) souches bactériennes et
quatre (04) fongiques ont été testées vis-à-vis de l’extrait méthanolique de la racine de la
Bryone.
87
Chapitre IV Etude biologique
Provenance
Provenance
88
Chapitre IV Etude biologique
Souches bactériennes
Enterococcus faecalis
Les entérocoques sont susceptibles de contaminer les aliments comme les produits laitiers et
les viandes. Chez l'homme, les entérocoques sont des bactéries pathogènes opportunistes
responsables de septicémies, d’endocardites, d’infections urinaires, de surinfections des plaies
(notamment chirurgicales), de méningites, d’infections nosocomiales.75
Micrococcus luteus
C’est une bactérie de forme arrondie (coccus) à Gram positif, aérobie, appartenant à la
famille des Micrococcaceae.76 Elle a pour habitat le sol, l’eau. Elle est fréquente sur la peau
de l'homme. Cet organisme a été reconnu comme étant un pathogène opportuniste et
responsable d’arthrite, d’endocardites, de méningites, suppuration intracrânienne et
pneumonie chez les patients immunodéprimés.77
75
Avril, J. L., Fauchère J. L., “Bactériologie générale et médicale“, Ed. Ellipses, Paris, 2002.
76
Young, M., et al., [Link]. 2010, Vol. 192, N°3, p.841-860.
77
Yang, S., Sugawara, S., Monodane, T., Nishijima, M., Adachi, Y., Akashi, S., Miyake, K., Hase, S., Takada,
H., Infection and Immunity, 2001, Vol. 69, N°4, p.2025-2030.
78
a) Avril, J. L., Dabernat, H., Denis, F., Monteil., H., “Bactériologie Clinique“ 2émeEd. Ellipses, 1992, p.9-21;
b) Nauciel, C., Vildé, J-L “Bactériologie médicale“ Ed. Elsevier Masson, 2005, p.77.
89
Chapitre IV Etude biologique
C’est un grand bacille à Gram positif, groupé en chaînette, mobile, aérobie strict.
Il appartient à la famille des Bacillaceae. C’est un saprophyte du sol, de l’air, de l’eau,… et
des plantes. Il n’est pas considéré comme pathogène pour l’homme, mais il peut contaminer
des aliments et peut exceptionnellement provoquer des intoxications alimentaires.79
Corynebacterium sp.
79
a) Schaechter, M., Piggot, P. J., “Encyclopedia of Microbiology: Bacillus subtilis“, Ed. Elsevier, USA, 2009,
p.54; b) Hugo, W. B., Russell, A. D., “Pharmaceutical Microbiology“, 6émeEd. Blackwell science Ltd, 1998, p.27.
80
Schaechter, M., Smith, K. F., Oram, D. M., “Encyclopedia of Microbiology: Corynebacteria. including
diphtheria“ Ed. Elsevier, USA, 2009, p.94-106.
90
Chapitre IV Etude biologique
C’est un bacille mobile à Gram négatif, aérobie strict. Il est connu sous le nom de bacille
pyocyanique, parce que l’une de ses caractéristiques principales est la production d’un
pigment bleu ou pyocyanine. C'est un germe qui vit normalement à l'état de saprophyte dans
l'eau et le sol humide ou sur les végétaux. Par ailleurs, cette bactérie peut vivre en
commensale au niveau du tube digestif de l’homme et de divers animaux.78
Elle est responsable de redoutables infections hospitalières ou nosocomiales surtout chez les
malades affaiblis aux défenses diminuées ou ayant une affection sévère (diabète, brûlures,
arthrite…).81
Souches fongiques
* Champignons filamenteux
Aspergillus niger est une moisissure cosmopolite. Elle fait partie des champignons
Ascomycètes très petits, extrêmement répandus dans l’environnement. Ce champignon vit au
dépend des matières organiques en décomposition et se développe dans les céréales, les fruits,
les légumes moisis et diverses plantes.82Il est responsable de la pourriture des arachides et
d’autres plantes. Il est pathogène et responsable dans les atteintes pulmonaires. Il est souvent
retrouvé dans les otites du conduit auditif externe.83
Les Fusariums sont des champignons cosmopolites, retrouvés dans le sol, l’air ou l’eau, et
qui parasitent de très nombreuses plantes, notamment les fruits et les légumes auxquels ils
provoquent diverses maladies.82 La contamination a lieu principalement par les racines et
81
Keynes, S. A., Due, S. L., Paul, B., ‘’Age and Ageing’’, 2009, 38, p.245-246 et références citées.
82
Guillaume, V., “Mycologie : auto-évaluation, manipulations“, Ed. De Boeck Université, Bruxelles, 2006.
83
Kayser, F. H., “Medical Microbiology“, Ed. Thieme, Stuttgart, 2005, p.364-365.
91
Chapitre IV Etude biologique
s’étend dans les plantes par le système vasculaire; ce qui implique que cette espèce est
considérée comme l’agent causal de la fusariose vasculaire de la tomate.84
* Les levures
C’est l’espèce la plus fréquente en pathologie humaine du genre Candida. Elle est
retrouvée chez 83% de la population. Cette levure saprophyte est responsable d’infection
superficielle ne survenant que chez des individus immunodéprimés. Elle provoque alors des
infections fongiques candidoses essentiellement au niveau des muqueuses buccale, digestive
et gynécologique.85
Saccharomyces oviformis
Saccharomyces oviformis est une levure de forme ovoïde et résistante à l’alcool. Elle est
utilisée, parmi tous les ferments, levains, levures,…dans le pain, les yaourts, la bière et le
vin.86
84
Reis, A., Costa, H., Boiteux, L.S., Lopes, C.A., Fitopatologia Brasileira, 2005, Vol.30, p.426-428.
85
Hart, T., Shears, P., “ Atlas de poche de microbiologie“, Ed. Médecine-Sciences, Paris, 1997, p.240.
86
Site Internet : Levure de [Link]
92
Chapitre IV Etude biologique
toujours en contact avec du solvant fraîchement distillé. L’extraction est terminée lorsque le
solvant d’extraction devient de plus en plus très coloré. ([Link].1).
93
Chapitre IV Etude biologique
Bouillon nutritif…………………………………………...1L
Agar-agar………………………………………………….20g
Ajuster le pH à …………………………………………….7
Gélose de Mueller Hinton (M.H) :
Bouillon de Mueller-Hinton ………………………………1L
Agar-agar…………………………………………………20g
Ajuster le pH à ……………………………………………7,4
200g de pomme de terre sont lavés, découpés en petits cubes et portés à l’ébullition
pendant une 1h dans 1L d’eau distillée. On complète le filtrat récupéré à 1L avec de l’eau
distillée. On ajuste le pH après ajout du glucose, ensuite la solution à chaud est additionnée de
20g d’Agar-agar.
N. B : Tous les milieux sont stérilisés par Autoclavage à 120°C pendant 30 minutes.
94
Chapitre IV Etude biologique
II.2. Méthodes
II.2.2.1. Bactéries
Les huit souches bactériennes conservées sont ensemencées dans des boîtes de Pétri
contenant 20mL de gélose nutritive et incubées à 37°C pendant 24h, afin de stimuler leur
croissance.
II.2.2.2. Champignons
On prélève des implants de 5mm de côté à partir de cultures mères des souches
fongiques filamenteuses conservées, qui sont ensemencés sur milieu PDA en boîte de Pétri.
Les boîtes sont incubées à 25°C pendant 7 jours.
Les levures sont ensemencées par la méthode des stries sur milieu Sabouraud en
boîtes de Pétri. Ces dernières sont incubées à 25°C pendant 48h.
95
Chapitre IV Etude biologique
Préparation de l’inoculum
À partir d’une préculture âgée de 24h ensemencée sur une gélose nutritive, on prélève
3 à 4 colonies bien isolées avec une anse et les émulsionner dans un tube contenant 10mL de
bouillon nutritif.
Après 24 heures d’incubation à 37°C, on compare le tube de la suspension bactérienne
avec le tube de l’étalon 0,5 Mac Farland (108UFC/mL) contre une fiche de papier blanc avec
des lignes noires pour ajuster la turbidité de la suspension. La turbidité peut être diminuée en
ajoutant plus de bouillon nutritif stérile, ou bien augmentée par l’augmentation de la durée
d’incubation.
87
Joffin, J., Leyral, G.,’’ Microbiologie Technique’’, 1996, p.43.
96
Chapitre IV Etude biologique
Emulsionner dans
un tube contenant
10mL de B.N
Ajuster la
turbidité avec Incubation à
l’étalon 0,5 37°C pendant
Etalon 0,5 Mac Farland 24h
Mac Farland
Couler 20mL de gélose de M.H dans des boîtes de Pétri, Puis, introduire ces
boîtes dans l’étuve à 37°C pendant 30mn avant de les ensemencer pour
éliminer l’humidité.
Déposer les disques imprégnés d’extrait MeOH dans les boîtes testées
et les disques imprégnés de MeOH dans les boîtes témoins
97
Chapitre IV Etude biologique
Les concentrations des suspensions sporales doivent être égales à 5,4 x 106 spores par mL.
98
Chapitre IV Etude biologique
99
Chapitre IV Etude biologique
100
Chapitre IV Etude biologique
Ajuster la
turbidité avec Emulsionner dans
Incubation de
l’étalon 0,5 un tube contenant
24h à 25°C 10mL de B.N
Mac Farland
Etalon 0,5
Mac Farland
Couler 20mL de milieu Sabouraud dans des boîtes de Pétri, Puis, introduire
ces boîtes dans l’étuve à 37°C pendant 30mn avant de les ensemencer pour
éliminer l’humidité
Déposer les disques imprégnés d’extrait MeOH dans les boîtes testées
et les disques imprégnés de MeOH dans les boîtes témoins
101
Chapitre IV Etude biologique
Nous avons eu recours à l’antibiogramme qui est une méthode efficace pour
déterminer l’effet antimicrobien de l’extrait méthanolique de la Bryone dioïque sur les micro-
organismes testés.
Pour cela la sensibilité des souches testées est déterminée en mesurant les diamètres
des zones d’inhibition dans les deux sens perpendiculaires autour des disques.
102
Chapitre IV Etude biologique
PLANCHE I
FIG I.1 : Résultat sur la croissance d’Enterococcus faecalis, après 24h d’incubation à 37°C,
sur milieu Mueller-Hinton.
A : boîte témoin.
B : boîte testée.
FIG I.2 : Résultat sur la croissance de Micrococcus luteus MCIM8166, après 24h
d’incubation à 37°C, sur milieu Mueller-Hinton.
A : boîte témoin.
B : boîte testée.
FIG I.3 : Résultat sur la croissance de Staphylococcus aureus ATCC 6538, après 24h
d’incubation à 37°C, sur milieu Mueller-Hinton.
A : boîte témoin.
B : boîte testée.
103
Chapitre IV Etude biologique
FIG I.4 : Résultat sur la croissance de Bacillus subtilis ATCC 6633, après 24h d’incubation à
37°C, sur milieu Mueller-Hinton.
A : boîte témoin.
B : boîte testée.
FIG I.5 : Résultat sur la croissance de Corynebacterium sp., après 24h d’incubation à 37°C,
sur milieu Mueller-Hinton.
A : boîte témoin.
B : boîte testée.
FIG I.6 : Résultat sur la croissance d’Escherichia coli ATCC 25922, après 24h
d’incubation à 37°C, sur milieu Mueller-Hinton.
A : boîte témoin.
B : boîte testée.
FIG I.7 : Résultat sur la croissance de Proteus mirabilis ATCC 29906, après 24h
d’incubation à 37°C, sur milieu Mueller-Hinton.
A : boîte témoin.
B : boîte testée.
FIG I.8 : Résultat sur la croissance de Pseudomonas aeruginosa ATCC 14028, après 24h
d’incubation à 37°C, sur milieu Mueller-Hinton.
A : boîte témoin.
B : boîte testée.
104
Chapitre IV Etude biologique
III.1. Bactéries
PLANCHE I
105
Chapitre IV Etude biologique
106
Chapitre IV Etude biologique
107
Chapitre IV Etude biologique
108
Chapitre IV Etude biologique
PLANCHE II
FIG II.1 : Résultat sur la croissance d’Aspergillus niger ATCC1640, après 48h à 72h
d’incubation à 25°C, sur milieu PDA.
A : boîte témoin.
B : boîte testée.
FIG II.2 : Résultat sur la croissance Fusarium oxysporum [Link] lycopersici (f.o.l), après 48h à
72h d’incubation à 25°C, sur milieu PDA.
A : boîte témoin.
B : boîte testée.
109
Chapitre IV Etude biologique
PLANCHE II
110
Chapitre IV Etude biologique
PLANCHE III
FIG III.1 : Résultat sur la croissance de Candida albicans ATCC 10231, après 24h
d’incubation à 25°C, sur milieu PDA.
A : boîte témoin.
B : boîte testée.
A : boîte témoin.
B : boîte testée.
111
Chapitre IV Etude biologique
PLANCHE III
112
Chapitre IV Etude biologique
Au vu des résultats obtenus au cours de nos expériences, on constate que les disques
imbibés de l’extrait méthanolique sont entourés par des zones d’inhibition, ce qui traduit une
absence de croissance microbienne. Les tableaux IV.1-3 regroupent les résultats de la mesure
des diamètres d’inhibition pour les bactéries.
Tableaux IV.1 : Diamètres (Φ) des zones d’inhibition des Bactéries en forme de sphère :
Les cocci à Gram positif, après 24h d’incubation à 37°C, sur milieu M-H.
Micrococcus luteus 6 mm 8 mm
Staphylococcus aureus 7 mm 15 mm
Tableaux IV.2 : Diamètres (Φ) des zones d’inhibition des Bactéries en forme de bâtonnet :
Les bacilles à Gram positif, après 24h d’incubation à 37°C, sur milieu M-H.
Corynebacterium sp. 6 mm 6 mm
Tableaux IV.3 : Diamètres (Φ) des zones d’inhibition des Bactéries en forme de bâtonnet :
Les bacilles à Gram négatif, après 24h d’incubation à 37°C, sur milieu M-H.
Proteus mirabilis 6 mm 10 mm
Pseudomonas aeruginosa 6 mm 10 mm
113
Chapitre IV Etude biologique
Pour les tests antibactériens, l’intervalle des diamètres d’inhibition mesurés est
compris entre 6 et 15 mm. On remarque que l’extrait méthanolique de la Bryone a agi
positivement sur l’ensemble des souches bactériennes sauf pour Corynebacterium sp.
L’inhibition la plus élevée est observée avec les bactéries à Gram positif et particulièrement
pour Staphylococcus aureus.
Les diamètres d’inhibition mesurés pour les souches fongiques sont rassemblés sur
les tableaux IV.4 et IV.5.
Tableaux IV.4 : Diamètres (Φ) des zones d’inhibition des champignons filamenteux, après
48h à 72h d’incubation à 28°C, sur milieu PDA.
Aspergillus niger 6 mm 6 mm
Fusarium oxysporum 6 mm 6 mm
Tableaux IV.5 : Diamètres (Φ) des zones d’inhibition des levures, après 24h d’incubation à
25°C, sur milieu PDA.
Candida albicans 6 mm 6 mm
Saccharomyces oviformis 6 mm 6 mm
Pour les tests antifongiques, d’après la mesure des diamètres, aucune variation de la
dimension des zones d’inhibition par rapport au témoin n’est observée; ce qui signifie que
l’extrait méthanolique de la Bryone n’a aucun effet sur toutes les souches fongiques testées.
114
Chapitre IV Etude biologique
Figure IV.2 : Influence de l’extrait méthanolique de la Bryone sur les souches bactériennes
115
Chapitre IV Etude biologique
Figure IV.3 : Influence de l’extrait méthanolique de la racine de la Bryone sur les souches fongiques
116
Chapitre IV Etude biologique
V. CONCLUSION
Les tests biologiques réalisés montrent clairement que les germes sont sensibles
à l’extrait méthanolique de la Bryone. Toutefois, aucune activité n’est observée pour les
différentes espèces fongiques testées. Les résultats des tests indiquent que la Bryone montre
une efficacité contre la population bactérienne jusqu’à atteindre 15mm d’inhibition pour
Staphylococcus aureus.
117
Conclusion
Générale
Conclusion
Conclusion Générale
Le travail que nous avons mené sur l’étude chimique et microbiologique de la racine
de Bryonia dioica provenant de la localité de Bouamama (région ouest d’Oran) nous a permis
de dégager les points essentiels suivants :
Les Curcubitaceae dont fait partie la Bryone sont une famille qui comprend différents sortes
de plantes : des légumes, des fruits, des plantes décoratives,…Cette plante se caractérise par
son action purgatif, diverses propriétés thérapeutiques (anti-inflammatoire, vermifuge,…et
anti-cancérigène) et une certaine toxicité.
Aussi, les constituants chimiques des plantes sont de structure variée et représentent
une source de remèdes populaires des plus efficaces, surtout dans les pays en voie de
développement et sont à la base de nombreux médicaments.
119
Conclusion
Par ailleurs, les tests anti-microbiens ont permis d’estimer le pouvoir de l’extrait
méthanolique de la racine de la Bryone sur huit (08) espèces bactériennes et quatre (04)
espèces fongiques (2 champignons filamenteux et 2 levures).
120
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126
Annexe
Préparation des réactifs
Empois d’amidon
Disposer 1g d’amidon de blé dans 10 mL d’eau distillée froide. Ajouter ensuite 90 mL d’eau
bouillante à la pâte formée en agitant constamment, amener le mélange à ébullition pendant 5mn et
laisser refroidir.
Liqueurs de Fehling
La solution est un mélange de deux solutions :
Solution A : Dissoudre 8.66g de CuSO4, 5H2O dans une eau contenant quelques gouttes d’acide
sulfurique (H2SO4) 0,1N, diluer ensuite la solution à 125 mL.
Solution B : Dissoudre 15g de NaOH et 43,25 g de tartrate de sodium et de potassium dans 50 mL
d’eau. Filtrer puis diluer la solution à 125 mL.
Les deux solutions à volume égal sont mélangées au moment de l’emploi.
Réactif de Bornträger
C’est une solution de dilution d’ammoniac à 10% agitée avec un volume égal d’extrait
étherique à tester.
Réactif de Bouchardat
C’est une solution contenant 2g d’iode et 2g d’iodure de potassium dissous dans 100mL d’eau
distillée.
Réactif de Dragendorff
128
Réactif de Mayer
Dissoudre 1,35g du chlorure de mercure (HgCl2) et 5g d’iodure de potassium (KI) dans 60mL
d’eau distillée. Ensuite, agiter jusqu’à dissolution et compléter le volume à 100mL.
Réaction de Salkowski
C’est une solution chloroformique additionnée d’un égal volume d’acide sulfurique
concentré.
Réactif de Wagner
Dissoudre 2g d’iodure de potassium (KI) et 6g d’iode (I2) dans 60mL d’eau distillée. Ajuster
le volume total à 100mL.
Réactif de Stiasny
10mL de formol à 30 % et 5 ml d'acide chlorhydrique concentré sont ajoutés à 5mL de la
solution à tester. Le mélange est chauffé au bain-marie pendant 15 min.
129
Figure.1 : Spectre de masse des échantillons de référence de l’extrait 1 des flavonoïdes à 34,601 mn
130
Figure.2 : Spectre de masse des échantillons de référence de l’extrait 1 des flavonoïdes à 13,540 mn
131
Figure.3 : Spectre de masse des échantillons de référence de l’extrait 1 des flavonoïdes à 17,920 mn
132
Figure.4 : Spectre de masse des échantillons de référence de l’extrait 1 des flavonoïdes à 4,334 mn
133
Figure.5 : Spectre de masse des échantillons de référence de l’extrait 2 des flavonoïdes à 37,176 mn
134
Figure.6 : Spectre de masse des échantillons de référence de l’extrait 3 des flavonoïdes à 40,006 mn
135
Glossaire
Aérobie : se dit des micro-organismes qui ne peuvent se développer qu’en présence d’air ou d’oxygène.
Albumen : tissus de réserve d’une graine enveloppant l’embryon de la plante.
Amas : Assemblage, accumulation, entassement de plusieurs choses.
Amoebicide : substance traitant l'amibiase, qui est une infection parasitaire.
Anaérobie : se dit des micro-organismes qui peuvent vivre sans oxygène.
Analgésique : supprime la douleur.
Anesthésique : qui provoque une privation complète ou partielle de la faculté de sentir.
Angiosperme : sous embranchement de phanérogame qui englobe les plantes à fleurs.
Antibactérien : inhibe et détruit les bactéries.
Anti-diarrhéique : lutte contre les diarrhées.
Antiémétique : qui à la propriété d’arrêter le vomissement.
Antifongique : actif contre les champignons et les levures parasites.
Anti-herpétique : lutte contre l’herpès.
Antihypertenseur : protège contre l’augmentation de la tension vasculaire.
Anti-inflammatoire : qui combat les inflammations.
Antimicrobien : inhibe et détruit les microbes.
Antioxydant : permet aux aliments de résister à l’oxydation et à une détérioration graduelle.
Antipaludique : qui agit sur le paludisme : maladie parasitaire qui se manifeste par des accès de fièvres.
Antiparasitaire : lutte contre les parasites animaux et végétaux.
Antiseptique : détruit les microbes et empêche leur développement.
Antispasmodique : lutte contre les spasmes.
Anti-tumorale : détruit les tumeurs.
Antivirale : toute substance active contre les virus.
Bractée : petite feuille située à la base du pédoncule [Link] qui recouvre la fleur avant son développement
Calice : enveloppe extérieure des fleurs.
Cannelé : rayure profonde de la tige de certaines plantes.
Carpelle : organe femelle d’une fleur, c’est le compartiment dont est constitué l'ovaire.
Cataplasme : compresse humide que l’on applique sur une partie du corps comme agent thérapeutique.
Collenchyme : tissu de soutien des végétaux, constitué de cellulose.
Contusion : lésion produite par un choc sans déchirure de la peau.
Coriace : tenace, flexible et plus ou moins épais comme le cuir.
136
Corymbe : inflorescence dans lequel les pédoncules sont de longueur différente et s’élèvent en
divergeant de telle sorte que les fleurs soient sur un même plan.
Cosmopolite : se dit d’un micro-organisme à distribution géographique très vaste et répandue dans divers pays.
Cotylédon : feuille embryonnaire, issue de la graine, qui se développe au-dessus ou sous la surface du sol.
Déhiscence : ouverture spontanée d'organes végétaux clos comme les fruits secs.
Dicotylédones : classe regroupant les plantes dont les graines ont 2 cotylédons. En général, ses
plantes ont des feuilles à nervures ramifiées et des fleurs du type 4 ou 5. Appelée aussi
Magnoliopsida.
Dioïque : terme désignant une plante dont les fleurs mâles et les fleurs femelles se trouvent sur des pieds différents.
Diurétique : substance permet d’augmenter la sécrétion urinaire.
Duodénum : première portion de l’intestin grêle.
Ensemencement : action d’ensemencer : déposer des microbes ou leurs spores sur un milieu de culture approprié.
Etamine : organe mâle de la reproduction chez les végétaux supérieurs ou angiospermes.
Exocarpe : couche externe de la paroi d’un fruit.
Exstipulé : dépourvu de stipule, absence de petite feuille supplémentaire.
Gale : affection contagieuse de la peau.
Goutte : maladie inflammatoire qui affecte particulièrement les articulations.
Grêle : long et mince.
Gynécée : ensemble des carpelles d'une même fleur.
Hémolytique : qui rapport avec l’hémolyse qui provoque la destruction des globules rouges.
Hyperplasie : développement excessif d’un tissu ou d’un organe.
Incubation : développement silencieux dans l’organisme d’un germe qui a pénétré et ne
manifeste pas encore chimiquement sa présence.
Induré : devenu dur, en parlant d'un tissu organique.
Inflorescence : manière dont les fleurs sont disposées dans la plante.
Lèpre : maladie infectieuse de la peau ou du système nerveux due au bacille de Hansen.
Moisissures : noms de petits champignons qui se développent sur les substances qu’ils altèrent.
Monoïque : terme désignant une plante qui porte des fleurs mâle et des fleurs femelles séparées
les unes des autres, mais sur un même pied.
Œdème : gonflement survenant dans les tissus sous-cutanés par suite d’une infiltration de liquide séreux.
Palmatilobée : terme qualifiant les feuilles palmées qui ont des lobes arrondis.
Pathogène : qui peut provoquer une ou des maladies.
Péritriche : se dit des micro-organismes ayant des flagelles implantés tout autour.
Pétale : chacune des parties dont est composée la corolle d’une fleur.
137
Pétiole : partie rétrécie de la feuille, qui lui sert de support.
Pleurésie : inflammation de la plèvre, membrane séreuse qui entoure le thorax et les poumons.
Purgatif : qui a la propriété de purger, d’évacuer le contenu de l’intestin.
Saprophyte : se dit des microbes qui se nourrissent de matières mortes et ne nuisent pas à l’organisme.
Sarmenteuse : tige flexible et grimpante, ayant besoin d’appui.
Sépale : chacune des pièces formant le calice d’une fleur.
Suppurer : laisser écouler du liquide jaunâtre qui se forme lors de l’infection d’une plaie.
Ubiquitaire : se dit des microbes qui peuvent être présents dans de très nombreux tissus de l’organisme.
Velue : couvert de poils longs, mou et rapprochés.
Vermifuge : se dit d’un remède qui a la propriété d’expulser les vers intestinaux.
138