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CRM1700
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Bloc B : Le droit criminel raconté de l'intérieur et la
légitimité des peines
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Petit rappel avant de débuter le module…
Sont matière à examen:
1. Le contenu des diapositives qui suivent;
2. Les lectures obligatoires (voir à cet effet l’onglet Lectures obligatoires dans votre Brightspace);
3. Les capsules audio/vidéo avec l’icône suivant ;
4. L’ensemble des liens hypertextes avec l’icône. .
Pour ce qui est des liens hypertextes identifiés par l’icône ILS NE SONT PAS MATIÈRE À
EXAMEN. L’œil signifie que vous pouvez y jeter un œil car le contenu vient aider à la
compréhension du cours. Il permet d’illustrer ou d’approfondir les notions et les idées présentées
dans les diapositives. La décision d’en consulter quelques-uns ou la totalité vous appartient selon
votre temps et vos intérêts.
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Introduction au module
(Visionner la vidéo via l’hyperlien)
Module 7
4
Vers une justice plus juste ?
Dans le module 6, nous avons montré combien il était difficile de voir advenir
une justice sans discriminations. Ce constat pourrait suffire à établir que nous ne nous
dirigeons pas vers une justice plus juste.
Mais la question d’une justice juste peut aussi être approchée sous deux autres
angles.
Tout d’abord, nous verrons à travers le processus de reportabilité que bien des
comportements qu’il serait juste de retrouver devant le système de justice pénale ne
s’y retrouveront pas, et ce pour diverses raisons qui n’ont pas toujours à voir avec
la justice.
On a par exemple vu dans le cours (module 3 sur les illégalismes privilégiés) que
la résistance de certains groupes ou la complexité de certaines situations peuvent
faciliter la non-intervention du système pénal.
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Quand entrer dans le système pénal et y faire ensuite
un bout de chemin ne vont pas de soi
Mais bien d’autres éléments peuvent faciliter ou au contraire rendre difficile l’entrée d’une affaire
dans le système pénal. En effet,
• Tous les cas définissables comme crimes n’ont pas les mêmes chances d’avoir des
témoins en mesure de les définir comme tels (par exemple, une vitre brisée par
un voleur).
• Par ailleurs, il ne suffit pas qu’un acte soit définissable comme crime pour que les
acteurs qui soient impliqués dans sa commission (victimes/témoins) le définissent
comme tel (par exemple, de la violence conjugale).
• Et il ne suffit pas non plus qu’un acte soit vécu comme un crime par des personnes
impliquées dans ce qui s’est passé pour que le système pénal en soit informé… et
pour qu’il intervienne (par exemple un vol de vélo).
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Quand entrer dans le système pénal et y faire ensuite
un bout de chemin ne vont pas de soi
Pour illustrer comment des comportements criminalisables peuvent connaître des « parcours » très
différents dans le système de justice pénale, Charette (2015) a comparé les statistiques de deux types
d’actes différents, soit les voies de fait graves et le trafic de stupéfiants. Comme son tableau l’indique,
dès la première étape, soit le signalement à la police, les voies de fait graves sont beaucoup plus
souvent rapportées à la police que le trafic de stupéfiants (55,6% vs 9,4%). D’étape en étape, les
différences statistiques continuent…
Au-delà de ces deux types d’actes, regardons maintenant les raisons qui sous-tendent,
l’entrée, ou non, d’un acte dans le système pénal. 8
Quand entrer dans le système pénal et y faire ensuite
un bout de chemin ne vont pas de soi
Pour qu’un lien se fasse entre la commission d’un acte, sa connaissance et enfin sa reconnaissance
pour et par le système pénal, il faut qu’un mécanisme complexe s’y intercale, le processus
de reportabilité (Cousineau, 1996).
Autrement dit, la lecture d’un acte comme comportement criminalisable doit pouvoir faire
partie des options envisageables par les acteurs impliqués (ce qui ne veut pas dire pour autant
qu’ils vont l’envisager).
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Quand entrer dans le système pénal et y faire ensuite
un bout de chemin ne vont pas de soi
Comme nous le disions précédemment, pour que le processus de reportabilité soit mené à terme
(reconnaissance par le système pénal que le cas est bien admissible comme comportement
criminalisable), bien des étapes doivent être franchies et bien des obstacles peuvent les freiner
voire stopper le processus au complet.
Voici quelques-uns de ces obstacles qui peuvent faire échouer le processus de reportabilité :
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Quand entrer dans le système pénal et y faire ensuite
un bout de chemin ne vont pas de soi
2. Le processus peut échouer parce que l’acte n’est pas défini comme criminel par les personnes
directement ou indirectement impliquées (« auteur/victime »*, témoins, personnes de confiance
approchées ensuite, etc.). L’acte peut même ne pas être défini comme problématique.
3. Le processus peut échouer parce que l’acte n’est pas renvoyé** vers le système pénal (que ce soit
par les personnes directement touchées ou par des intermédiaires).
4. Le processus peut même échouer quand le cas se rend jusqu’au système pénal puisqu’il est tout à
fait possible que les acteurs du monde policier ou judiciaire considèrent que le cas en question ne
remplit pas les conditions requises pour être jugé comme crime.
*Nous mettons des guillemets parce que c’est un découpage opéré par le système pénal qui ne rend
pas toujours justice à la manière dont les parties impliquées vivent la complexité d’une interaction.
** La police est essentiellement réactive, elle attend qu’on l’appelle ou qu’on porte plainte. Ensuite, elle
décide de l’opportunité d’enquêter et de transmettre le dossier au procureur ( Porter plainte à la
police, Comment ? Et ensuite ?) . Elle peut cependant aussi être proactive (voir module 8).
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1. La visibilité de l’acte
o Imaginons que j’attrape une maladie après m’être baigné. Vais-je faire le
lien avec le fait que des compagnies y ont jeté des produits toxiques ?
Autrement dit, vais-je même savoir qu’un tel acte a été posé ?
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1. La visibilité de l’acte
Quels sont maintenant les cas où les personnes touchées par l’acte ne pourront pas compter
sur des témoins pour aider leur cause ?
Il y a d’abord les cas sans témoins : violence domestique ; violence contre des travailleuses du sexe de
plus en plus obligées de s’isoler avec la législation canadienne qui criminalise leurs clients (module 1).
Il y a ensuite les cas où les témoins ne se révèlent d’aucune aide, faute de crédibilité dans nos sociétés
actuelles: quand les cas concernent des travailleuses du sexe, des personnes qui cumulent les
vulnérabilités (itinérance, consommation, problèmes de santé mentale), il n’est pas rare que les témoins
de ce qui s’est passé aient le même profil. Leur point de vue est alors souvent peu pris en compte par la
police, laissant le cas invisible et le lancement de tout processus de reportabilité inenvisageable.
Il y a enfin les cas où des témoins sans crédibilité sociale pèseront encore moins lourds, quoi qu’ils décident
de dire ou de faire, parce qu’ils seront cette fois face à d’autres témoins non seulement très peu enclins à
visibiliser l’acte mais par ailleurs socialement crédibles. Pensons à des détenus présents lors du décès de l’un
d’entre eux suite à une intervention des services correctionnels ou encore, jusqu’il y a 20, 30 ans, à ces situations
où des jeunes se voyaient imposer des relations intimes par des prêtres, parfois au vu et au su de tous (prêtres
comme jeunes).
• Bien sûr, une époque n’est pas nécessairement une autre : des témoins peuvent gagner du galon (les
jeunes qui subissent des agressions) et d’autres perdre une grand part de leur crédibilité (c’est sans
doute le cas des prêtres aujourd’hui et cela pourrait être le cas des policiers demain chaque fois
que leur intervention conduira au décès de membres de minorités ethniques).
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2. La définition de l’acte
2.1 Parce que d’autres interprétations peuvent sembler plus légitimes aux acteurs
eux-mêmes.
• Noel 2020. Une itinérante avec son jeune enfant se fait surprendre par une commerçante
alors qu’elle tente maladroitement de cacher un doudou sous son chandail. Émue, la
commerçante choisit de ne rien voir . Ce n’est pas un crime, se dit-elle, juste un cadeau pour son
enfant.
• Nadine demande à Robert de l’aider à mourir même si elle ne rentre pas dans les conditions
prévues par la loi. Tétraplégique, elle ne peut pas s’enlever la vie elle-même et a besoin de son
ami. Si le suicide n’est plus un crime au Canada, aider quelqu’un à mettre fin à ses jours en
dehors de la législation prévue est un crime très grave mais pour Nadine et Robert, c’est juste
un pacte entre deux vieux amis (le premier qui voulait en finir pouvait compter sur l’autre…).
• Zoé a 22 ans et une déficience intellectuelle importante. Elle vient d’avoir une relation
sexuelle avec Daniel, un voisin et « bon ami » qui voulait lui faire découvrir un « nouveau jeu
». Zoé semble ravie. Ses proches, quand ils l’apprennent, le sont nettement moins mais sans
trop savoir comment se positionner. Les personnes handicapées ont bien sûr droit à une vie
sexuelle mais dans certains cas, « le manque de connaissance en ce qui concerne leur
sexualité, leur corps et leurs droits ainsi que les difficultés d’appréciation du caractère
inacceptable de l’abus ou de l’agression les rendent plus vulnérables que le reste de la
population ». Il semble ainsi que la majorité des femmes ayant une déficience intellectuelle
ont été victimes d’une agression sexuelle au moins une fois dans leur vie et qu’entre 40 et 70 %
d’entre elles auraient déjà été agressées avant 18 ans.
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2. La définition de l’acte
2.2 Parce que le statut social des auteurs peut empêcher les acteurs concernés
d’imaginer qu’il y ait eu crime.
• Lors d’un examen gynécologique, une dame a l’impression que le médecin a des
gestes inappropriés puis se ravise : c’est un médecin quand même ! Juste de la maladresse sans
doute…
• C’est aussi le cas de parents qui ne pouvaient imaginer qu’un prêtre pose la main sur
leur enfant.
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3. Le renvoi de l’acte
3. Le renvoi de l’acte : le processus peut échouer parce que l’acte n’est pas
renvoyé vers le système pénal (que ce soit par les personnes directement
touchées ou par des intermédiaires).
• Le renvoi de l’acte ne dépend bien sûr pas toujours des personnes directement touchées. En effet, la police
ou des témoins qui appellent 911 peuvent lancer le processus de reportabilité.
• Il y a aussi toute une série de cas, notamment de violence contre les personnes, qui seront rapportés à
la police ou à d’autres services d’urgence quand ces situations arrivent dans des espaces publics ou
encore dans des espaces privés mal insonorisés…
• Tout comme il y a évidemment des cas où les personnes impliquées refusent d’emblée de voir
leur interaction sur le mode auteur/victime (voir définition de l’acte) et n’auraient donc aucune
raison d’être partie prenante d’un processus de reportabilité en renvoyant l’acte à la police / au
système pénal.
o Pensons par exemple à un trafiquant de drogue qui se fait voler sa cargaison…
• Mais il y a également nombre de cas où les personnes touchées peuvent hésiter à renvoyer
l’acte.
o Par exemple, si elles ne sont pas d’accord entre elles sur les suites à lui donner parce qu’elles ne le
perçoivent pas de la même façon (on peut penser ici à plusieurs personnes touchées par un
même acte ou encore à des personnes touchées qui se confient à d’autres et qui ne
s’entendent pas sur le sens de ce qui s’est passé).
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3. Le renvoi de l’acte
Prenons un exemple aussi simple qu’éclairant (Hulsman, Célis, 1982). Imaginons
six étudiants qui cohabitent en appartement. Ils se sont cotisés pour acheter ensemble un
magnifique téléviseur High-Tech qui a coûté une petite fortune. Un matin, un vacarme
épouvantable retentit. Cinq d’entre eux sortent de leur lit et se précipitent dans le
salon. Ils y découvrent Martin, le 6e étudiant, un marteau à la main et le téléviseur
réduit en miettes. Martin dépose le marteau et s’apprête à parler.
• Joe, fou furieux, ne lui en laisse pas le temps, et appelle déjà la police.
• Joshua, inquiet pour Martin et pour eux, veut appeler une ambulance et espère un
internement.
• Mohamed ne laisse pas parler Martin non plus mais l’informe du montant de la facture.
• Keith veut lui éviter une telle facture et lui demande plutôt quelle tâche il pourrait
accomplir jusqu’à la fin de l’année (on est en septembre) pour réparer sa faute : la
vaisselle ? Les poubelles ?
• Se rappelant soudainement de tensions persistantes dans le groupe depuis 10 jours,
Patrick s’adresse lui à tout le monde (Martin compris) en se demandant tout haut
comment le groupe a pu en arriver là (autrement dit, qu’un de ses membres – peu
importe que ce soit Martin, cela aurait pu être n’importe qui d’autre du groupe –
saute une coche).
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3. Le renvoi de l’acte
Que nous apprend cette histoire des 6 étudiants ?
• Que ce n’est pas parce qu’une situation permet une mise en cause
individuelle qu’elle conduira à l’identification d’une faute morale
(l’ambulance appelée par Joshua).
• Que ce n’est pas parce qu’une situation permet une mise en cause
individuelle que c’est cette interprétation qui sera privilégiée (la remise en
question du groupe par Patrick).
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3. Le renvoi de l’acte
Mais il y a également nombre de cas où les personnes touchées peuvent hésiter à renvoyer
l’acte alors même qu’elles considèrent avoir été victimes d’un crime.
• Pensons à un jeune qui, pour être intégré dans son équipe de hockey, doit subir une
initiation l’obligeant à des actes sexuels dégradants. Va-t-il porter plainte ? Son sentiment
d’injustice et la violence psychologique subie vont-ils prendre le dessus sur le souci
de ne pas publiciser ce qui s’est passé, de ne pas renoncer à un sport qu’il aime, de ne pas
apparaître comme peu courageux, etc. ?
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3. Le renvoi de l’acte
Ceci dit, si passer par les médias comporte son lot de risques pour les victimes, certaines
seront malgré tout prêtes à les prendre. Se considérant oubliées par la justice ou n’ayant
aucune confiance en elle, ces victimes chercheront d’autres voies pour attirer l’attention sur
leurs drames personnels. Dans ce cadre, les médias (notamment sociaux) pourront vite
devenir tentants…
Passer par une autre voie que le renvoi à la justice pénale pour dénoncer ce qui nous
arrive peut par ailleurs remplir plusieurs objectifs.
• Par exemple, passer par la justice d’opinion en l’absence de confiance en la justice par les
tribunaux ( #MeToo : la justice d’opinion a-t-elle détruit la présomption d’innocence ?).
• Ou encore passer par les médias pour faciliter et se frayer un passage vers la justice.
Or, dans certains cas, les deux attentes peuvent être déçues parce que les médias
censurent l’information qui leur est apportée :
Quand l’éditeur d’un journal cède aux pressions des caïds de Winnipeg
21
4. L’admissibilité de l’acte
4. L’admissibilité de l’acte : Quand les policiers et/ou les acteurs du monde
judiciaire sont informés de l’existence dudit acte*, vont-ils pour autant permettre
à cette situation de se rendre plus loin ?
La police va-t-elle faire une enquête ? La Couronne va-t-elle considérer que le cas mérite des
poursuites ?
• Aujourd’hui encore, la police peut par exemple être moins alerte quand il s’agit d’enquêter sur la violence
à l’endroit de [Link] [Link].s voire sur leur disparition (comme les travailleuses du sexe ou les
femmes autochtones).
o Pensons au tueur en série Robert Pickton qui aurait sans doute pu être arrêté bien plus tôt
(La police fera son mea culpa en 2010) si tous les témoins avaient été écoutés dès les premières
inquiétudes à l’égard des disparitions de ces femmes.
o Tristement, la récente Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées ne
semble pas pointer de changements majeurs lors des 10 dernières années écoulées.
o Il faut dire que le silence assourdissant (politique comme médiatique) qui a longtemps entouré le sort
de ces femmes aide aussi à comprendre pourquoi la police n’a pas fait de ces enquêtes une
priorité. Femmes et filles autochtones disparues et assassinées au Canada
o Inversement, et pour rester sur le cas autochtone, on notera également leur effrayante
surreprésentation dans les pénitenciers canadiens. 40 % des Canadiennes détenues et 30 % des
Canadiens détenus sont en effet autochtones alors que ces communautés ne représentent que
5% de la population canadienne – voir module 10.
* Qu’ils soient informés par les victimes, par les témoins ou encore par divers organismes sociaux ou de la santé
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4. L’admissibilité de l’acte
Autrement dit, avant de blâmer uniquement des policiers ou des acteurs du monde
judiciaire sur ces discriminations et sur cette non-prise en charge rapide du système pénal, il faut se
rappeler que ces discriminations sont systémiques, et non pas uniquement le lot d’un ou
deux individus racistes ou encore de nos institutions de contrôle social (police, cour de
justice, etc.).
• Sur les inégalités profondes qui traversent la société dans laquelle ces
institutions opèrent : les quasi-ghettos dans lesquels sont confinés nombre de
communautés autochtones condensent en effet au même endroit toutes les facettes
de la vulnérabilité humaine : traumatisme postcolonial transgénérationnel,
marginalisation sous diverses formes (pauvreté, logement précaire, itinérance, accès
difficile à l’éducation, à l’emploi, aux soins de santé et au soutien culturel), violence
intrafamiliale, consommation.
Réclamer notre pouvoir et notre place : le rapport final de l’Enquête nationale sur les
femmes et les filles autochtones disparues et assassinée
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4. L’admissibilité de l’acte
Bref, qu’il s’agisse d’enquêtes bâclées ou d’incarcérations précipitées, nous sommes chaque
fois là devant des affaires qui, de façon consciente ou non, ont malheureusement été
gérées de manière expéditive et empreintes de préjugés de part de la police et de notre système de
justice.
Des constats qui ne semblent finalement pas si éloignés des études mentionnées dans le
module 6 (ex. Bernier, Cellard, 1996 ; Garfinkel, 1949) concernant le statut social moindre de
certains de nos supposés « concitoyens ».
Il est toutefois important de noter que les institutions comme la police et la justice essaient
d’apprendre de leurs erreurs en se demandant pourquoi ils continuent à passer à côté de tel ou tel
cas, pourquoi telle population se retrouve davantage incarcérée, etc.
La police fait par exemple de plus en plus réviser par des groupes de défense des victimes la
manière dont ses patrouilleurs et ses enquêteurs traitent les plaintes d’agression sexuelle.
Agressions sexuelles : le « modèle de Philadelphie » expliqué par son initiatrice
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Vers une justice plus juste ? L’exemple de la négociation de
plaidoyers de culpabilité (NPC)
Demandons-nous maintenant si notre système de justice s’applique à toujours faire
respecter les principes supposés le caractériser, comme celui de la présomption d’innocence ou
encore le fait de pas être contraint de témoigner contre soi-même.
• À partir de l’exemple de la négociation fréquente de plaidoyers de culpabilité, nous verrons
que ce n’est pas toujours le cas.
De quoi s’agit-il ?
La négociation de plaidoyers de culpabilité (NPC) est « une entente suivant laquelle
l'accusé accepte de plaider coupable, le poursuivant s'engageant en échange à adopter ou à
ne pas adopter une ligne de conduite donnée » (Commission de réforme du droit du
Canada). La négociation de plaidoyers
Autrement dit, le procureur, en échange d’une culpabilité de l’accusé, s’engage à lui donner quelque
chose en retour ; ce quelque chose pouvant être modeste ou plus substantiel selon le dossier ou les
circonstances qui l’entourent.
• Car selon que le dossier repose sur des preuves solides ou sur quelques témoignages
incertains, il est évident que le procureur ne donnera pas à l’accusé (et à son avocat)
la même marge de manœuvre dans la négociation.
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Négociation de plaidoyers de culpabilité
Dans cette entente entre la Poursuite et la Défense, que reste-t-il à
faire pour le juge ?
La négociation sur le plaidoyer de culpabilité
n’est pas codifiée comme telle mais il est
généralement attendu du juge qu’il suive les
recommandations conjointes des avocats, à
moins :
• Que la peine proposée soit susceptible de
déconsidérer l’administration de la justice
(par exemple une peine qui ferait perdre au
public renseigné et raisonnable sa
confiance dans le système pénal)
• Que la peine soit contraire à l’intérêt
public. R. c. Anthony-Cook (2016)
• Autrement dit, si une recommandation
conjointe de la Couronne et de la Défense
peut sembler trop clémente ou trop sévère
aux yeux du public, le juge n’est pas tenu
de l’accepter.
Dans les faits, des décisions considérées
comme inadéquates sont cependant
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rares.
Négociation de plaidoyers de culpabilité
Quel est l’intérêt de l’État (le procureur de la Couronne) à prendre part à de telles
négociations ?
1. Accélérer le traitement des affaires judiciaires.
• Comme nous l’avons vu avec l’arrêt Jordan présenté précédemment, le système pénal a des
retards chroniques et la NPC est devenu en quelque sorte un mode de survie
institutionnel.
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Négociation de plaidoyers de culpabilité
Quel est l’intérêt de l’accusé à prendre part à de telles négociations ? (suite)
3. Réduire la durée de la procédure.
• La procédure de la NPC dure quelques minutes quand il s’agit d’affaires mineures et peut
s’étendre à quelques semaines (voire quelques mois) quand il s’agit de crimes graves alors que
les délais nécessaires à la tenue d’un procès sont toujours beaucoup plus longs (et onéreux).
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Négociation de plaidoyers de culpabilité
Comme son nom l’indique, vous aurez compris que la négociation de plaidoyers de
culpabilité implique de la négociation et vise à arriver à des ententes.
Mais sur quoi négocient les parties et tentent-ils de s’entendre ?
On retrouve généralement trois grands terrains de négociations/ententes:
1. Négociations/ententes sur les accusations
2. Négociations/ententes sur la peine
3. Négociations/ententes sur les faits
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1. Négociations/ententes sur les accusations
1. Accusation ramenée à une infraction moindre et incluse.
Si ce cas de figure peut sembler choquant (surtout dans le contexte actuel où on rappelle
constamment combien les agressions sexuelles sont trop souvent minimisées), il sera justifié par
le procureur de la façon suivante : en cas d’agression sexuelle commise sans témoin et dans un
passé assez lointain, la preuve repose essentiellement sur le témoignage de la victime et les
risques de perdre le procès sont plus élevés, surtout si celle-ci n’est pas en mesure ou en état de
témoigner en détail ces événements-là.
• Car s’il y a procès, c’est ce qu’elle devra faire. Et pour ne pas revivre des expériences
traumatisantes, la victime peut donc parfois elle aussi préférer, faute de mieux, l’option d’une
NPC.
• Par ailleurs, s’il y a procès et que la preuve repose entièrement sur des témoignages, des jugements
favorables à l'accusé ont plus de chance d’advenir.
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Négociation de plaidoyers de culpabilité
À noter que l’accusé peut aussi vouloir attendre le jour du procès avant de négocier
en espérant que les témoins (surtout la victime) ne se présentent pas.
Regardons maintenant les distinctions entre les NPC pour les affaires « mineures »
(procédure sommaire) et celles plus « majeures » (acte criminel, ici les homicides).
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1. La négociation du nombre de chefs d’accusation
dans les affaires plus « mineures »
• Juges, policiers, victimes et accusés sont moins présents dans les débats (même si
les victimes sont, de manière générale, de plus en plus sollicitées dans la NPC).
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2. La négociation du type de chef d’accusation dans les affaires « majeures »
• Pour un meurtre au 1er degré, qui renvoie généralement* au meurtre prémédité et/ou planifié
et de propos délibéré (art. 231 du CCC), la peine encourue est l’emprisonnement à
perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans de pénitencier.
• Alors que pour un meurtre au 2e degré, c’est-à-dire tout autre homicide intentionnel
non défini pour le 1er degré,
• Si la peine est aussi l’emprisonnement à perpétuité, le délai avant de pouvoir faire
une demande d’admissibilité à une libération conditionnelle peut être ici fixé par le
juge à « seulement » 10 ans de pénitencier (en théorie, ce délai peut cependant là aussi
courir jusqu’à 25 ans).
*Pour davantage d’information sur les autres types d’homicide considérés au Canada comme des
meurtre au 1er degré, voir [Link]
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2. La négociation du type de chef d’accusation dans les affaires «
majeures »
La différence entre les peines encourues est encore plus marquée si le chef
d’accusation retenu est l’homicide involontaire coupable ou la négligence criminelle ayant entrainé la
mort. En effet, pour
• L’homicide involontaire coupable, qui représente tout homicide commis par une
personne qui n'avait pas l'intention spécifique de causer la mort ou de poser l'acte qui l'a
entraînée, qu'elle ait agi sous le coup d'une impulsion soudaine ou par suite d'une
imprudence ou d'une négligence, aucune peine minimale d’emprisonnement
obligatoire n’est requise (sauf s’il y a usage d’une arme à feu - quatre ans).
• Et si c’est la négligence criminelle ayant entraîné la mort qui est retenue par la
Cour, c’est-à-dire accomplir un acte (ou omettre de faire quelque chose que l’on a
l’obligation légale de faire) en faisant preuve d’une insouciance déréglée ou téméraire à
l’égard de la vie ou de la sécurité d’autrui, là encore aucune peine minimale
d’emprisonnement obligatoire n’est requise.
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2. La négociation du type de chef d’accusation dans les affaires
«majeures »
Comme vous venez de le constater, les peines divergent grandement selon les différents types d’homicides.
Une personne pourrait par exemple être tentée d’entrer dans une NPC en plaidant coupable pour un
meurtre au 2e degré, et ce même si elle n’avait pas l’intention de causer la mort. Pourquoi ? Uniquement pour
éviter de se retrouver reconnue coupable d’un meurtre au 1er degré et de devoir attendre alors au moins 25
ans avant de pouvoir espérer une libération conditionnelle.
Prenons un autre exemple : une personne pourrait être tentée de plaider coupable pour homicide
involontaire (aucune peine minimale d’emprisonnement obligatoire) si un procureur agite devant elle le
spectre d’une accusation pour meurtre au 2e degré (peine d’emprisonnement à perpétuité).
• Pour rappel, un homicide involontaire coupable (HIC) peut notamment être invoqué si la
personne qui a tué a agi ainsi dans un accès de colère causé par une provocation soudaine.
Pensons à l’exemple d’un individu qui tue « accidentellement » un ami lors d’une partie de
chasse après n’avoir suivi aucune consigne de sécurité élémentaire. Ici nous sommes moins
dans le quasi-meurtre (bar) que dans le quasi-accident et le procureur aura donc sans doute
moins d’atouts dans son jeu pour négocier (faire croire qu’il peut jouer la carte du
meurtre).
Quoi qu’il en soit, les HIC couvrent un large éventail de situations et constituent par là un
enjeu très important dans la NPC.
Nous verrons par exemple au module 8 que dans des cas qui oscillent entre meurtre et
suicide assisté (affaires Cadotte et Latimer), l’HIC est parfois retenu (Cadotte), parfois pas
(Latimer).
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Facteurs qui influencent l’orientation et le résultat des négociations
(pour affaires mineures comme majeures)
Comme vous pouvez le comprendre maintenant, la NPC est marqué par un rapport de
force entre la Défense et la Poursuite. Et ce rapport de force dépend de plusieurs facteurs:
1. Validité de la preuve
• Il y a bien sûr d’abord le poids ou la
force de la preuve. En a-t-on plusieurs
dans le dossier ? Sont-elles de qualité,
sont-elles fiables (personnes crédibles ?
En mesure de témoigner ? Etc.)
• Si lors d’un braquage, l’accusé fait un
beau sourire à la caméra juste au-dessus
de lui, le procureur aura peu de pression
et peu de raisons de négocier sur le
mode du dialogue…
2. Circonstances atténuantes ou
aggravantes
• Qui, selon les cas, peuvent aider l’une
des parties ou tout simplement aider
à aboutir à une vraie entente.
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Facteurs qui influencent l’orientation et le résultat des négociations
(pour affaires mineures comme majeures)
3. Policiers
• Les policiers jouent eux aussi un rôle sur l’orientation prise par les négociations. D’abord
parce qu’ils mettent en forme les dossiers judiciaires ; ensuite, parce qu’ils récoltent les
données pour alimenter le dossier ; enfin, parce que les plus zélés d’entre eux peuvent
beaucoup s’investir pour faire avancer les enquêtes (plus présentes dans les crimes graves).
4. Juges
• Si nous verrons plus loin dans le module que les juges paraissent parfois quelque peu
interchangeables ; dans les interactions concrètes comme dans les décisions qu’ils prennent, ils
peuvent être distingués entre eux par les avocats de la Couronne et de la Défense.
• Il y aurait ainsi les juges cléments, sévères, imprévisibles, etc. La perception que les avocats
auront des juges pourra alors aussi influencer leur manière de travailler en prévision des
négociations à mener avec tel ou tel « profil » (de juge).
7. Victimes
• Les procureurs peuvent leur demander leur avis. Par exemple, « voulez-vous des
interdits de contact dans les conditions à imposer au condamné ? ». Mais les
procureurs seront généralement plus réticents à les consulter pour la longueur de
la peine par exemple.
Au Canada, le casier judiciaire ne se réfère à aucune définition officielle, il n’est défini clairement dans aucune
loi. Toutefois, il serait juste de mentionner que le casier judiciaire est une inscription dans un registre
administré par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans lequel on conserve de l'information sur
l’identification du contrevenant, ses accusations, ses condamnations, ses empreintes digitales, etc. Selon
les données de la GRC, plus de quatre millions de Canadiens ont un casier judiciaire soit près de 15 % de la
population. Les conséquences du casier judiciaire sont nombreuses et touchent non seulement les
personnes judiciarisées, mais aussi leurs proches. Les principaux problèmes observés touchent l'emploi,
les assurances, le logement et les déplacements transfrontaliers.
Cette inscription est faite dès qu’une personne est déclarée coupable d’avoir commis une ou plusieurs
infractions criminelles en contravention de lois telles que le Code criminel et la Loi réglementant certaines
drogues et autres substances. Les infractions aux lois pénales provinciales ou municipales ne donnent pas lieu
à un casier judiciaire. Par exemple, si vous contrevenez au Code de la sécurité routière du Québec, vous n'aurez
pas de casier judiciaire.
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Sans mauvais jeu de mot, les résultats de la NPC
valent-ils la peine pour l’accusé ?
D’une certaine manière, nous ignorons si celui qui a plaidé coupable s’en est moins mal
tiré qu’avec un procès puisque ce dernier n’a pas eu lieu.
• Pour les affaires mineures, la différence avec ce qu’aurait pu donner un procès semble
plutôt dérisoire (peu de divergences d’opinions entre avocats, car il y a un tarif ou
barème sentenciel informel produit à travers la pratique quotidienne).
• La marge de manœuvre concernant la sentence va tout au plus :
o Se chiffrer en quelques centaines voire quelques dizaines de dollars (dans le cadre d’une amende).
o Concerner des conditions de probation (module 12) plus souples ou moins nombreuses.
o Conduire au gain de quelques semaines d’emprisonnement évitées.
Pour les affaires majeures, la négociation dépendra davantage du dossier que le procureur a
entre les mains (type de preuve, etc.). Son objectif à lui étant une condamnation de
l’accusé, il peut – en cas de dossier plus fragile – accepter que ce dernier plaide coupable à
un chef d’accusation moindre.
Mais comme Gravel (1991 : 14) le concluait déjà il y a trente ans : contrairement à ce
qu’on pourrait penser, la NPC ne permet pas à l’accusé de bénéficier d’une
réduction substantielle des accusations et de la sentence.
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Conclusion NPC : Vers une justice plus juste ?
Quoi qu’il en soit, dans le cadre d’une NPC, les juges ne sont plus appelés à rendre
un verdict concernant la culpabilité des inculpés et à juger de la « véracité » des
évènements puisqu’à travers ces négociations préalables, la majorité de ceux-ci
ont déjà « reconnu » leur culpabilité.
Le travail du juge est dès lors de plus en plus de nature sentencielle. Et encore… La
NPC ne vise en effet pas seulement à éviter divers inconvénients liés à la tenue
d’un procès, elle vise aussi à contourner le pouvoir discrétionnaire du juge en
matière de détermination de la peine.
Les procès définis dans le module 5 sont donc dans les faits de plus en plus rares, si
du moins on les définit comme ces lieux où obligation est faite à la Poursuite de
défaire la présomption d’innocence dont jouit légalement le prévenu.
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Conclusion NPC : Vers une justice plus juste ?
Et comme nous l’avons déjà mentionné plus haut, la NPC entre donc en contradiction
flagrante à la fois avec la protection contre l’auto-incrimination et la présomption d’innocence.
Qui plus est, puisque la NPC est sous-tendue par un rapport de force qui varie, certains
types d’accusés seront alors confrontés à des rapports de force iniques.
Les rapports de force lors des négociations des plaidoyers de culpabilité
De plus, sachant qu’entre 80 et 90 % des causes criminelles se règlent par cette voie (un
plaidoyer de culpabilité de l’accusé), il est difficile de parler d’une justice qui serait de plus
en plus… juste…ou à tout le moins appelée à rendre Justice.
Bref, si à la fin du module 5, nous avions montré que les textes juridiques contemporains
s’étaient multipliés pour qu’une justice pénale plus juste voie le jour, nous venons d’attirer
votre attention sur le fait que ce type d’initiative ne porte pas toujours fruit...souvent pour
des raisons procédurales et/ou administratives, qui viennent prendre le pas sur les
principes de Justice.
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Conclusion
Et si le module 5 pouvait laisser penser à une évolution optimiste du droit criminel canadien et de son
application, le module 7 nous invite – comme d’autres avant lui (modules 3, 4 et 6) – à plus de prudence.
Une justice qui serait bientôt juste ?, nous demandions-nous au début du module 7. Que retenir après
l’avoir parcouru et avoir lu, avant lui, les modules 5 et 6 ?
• Que s’il y a des améliorations notables depuis la justice de la Nouvelle-France et la sinistre
Doctrine de la sévérité maximale, la justice actuelle peut difficilement être qualifiée de juste quand,
outre les discriminations systémiques qui continuent à la traverser (module 6), elle reste
caractérisée par :
o Des disparités évidentes concernant les affaires à même d’y circuler (voir le processus de
reportabilité).
o Le non-respect de certains de ses propres fondements (voir la présomption d’innocence et le fait
de pas être contraint de témoigner contre soi-même qui se retrouvent battus en brèche par la NPC).
Voyons maintenant, dans le module 8, à quels objectifs les peines répondent, et surtout la plus
symbolique d’entre elles (la peine d’emprisonnement). Punit-on pour enfermer, enferme-t-on pour
punir ? Peut-on punir sans enfermer ? Peut-on dénoncer sans punir ? Peut-on questionner sans
dénoncer ?...
Capsule conclusive : 48
Quelques questions pour guider votre étude du module